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Empire et géopolitique: Les Frères Musulmans comme supplétifs du Pentagone (thierry Meyssan)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 juillet 2019 by Résistance 71

Article intéressant mais entaché d’une remarque qui nous a forcé à mettre une note en aparté. Ceci fait toujours poser la question: malgré les apparences, pour qui Meyssan pédale t’il vraiment ?… Fragment de réponse plus bas, car commence à se dégager subrepticement un certain canevas…

~ Résistance 71 ~

 


Daesh = Gladio 2.0

 

Les Frères Musulmans comme supplétifs du Pentagone

 

Thierry Meyssan

 

5 juillet 2029

 

url de l’article: https://www.voltairenet.org/article206726.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit comment l’organisation terroriste des Frères musulmans a été intégrée au Pentagone. Elle a été rattachée aux réseaux anti-Soviétiques constitués avec les anciens nazis durant la Guerre froide.

5— Les islamistes pris en main par le Pentagone

Au début des années 1990, le Pentagone décide d’incorporer les islamistes — qui jusque-là dépendaient de la seule CIA — dans ses activités. C’est l’opération Gladio B, en référence aux services secrets de l’Otan en Europe (Gladio A [1]).

Durant une décennie, tous les chefs islamistes — y compris Oussama Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri — se déplacent à bord des avions de l’US Air Force. Le Royaume-Uni, la Turquie et l’Azerbaïdjan participent à l’opération [2]. Par voie de conséquence, les islamistes — qui jusqu’ici étaient des combattants de l’ombre — sont «  publiquement  » intégrés aux forces de l’Otan.

L’Arabie saoudite — à la fois État et propriété privée des Saoud — devient officiellement la société chargée de gérer l’islamisme mondial. Le roi proclame une Loi fondamentale, en 1992, selon laquelle «  L’État protège la foi islamique et applique la charia. Il impose le Bien et combat le Mal. Il accomplit les devoirs de l’islam. (…) La défense de l’islamisme, de la société et de la patrie musulmane est le devoir de chaque sujet du roi.  »

En 1993, Charles, le prince de Galles, place l’Oxford Centre for Islamic Studies sous son patronage, tandis que le chef des services secrets saoudiens, le prince Turki, en prend la direction.

Londres devient ouvertement le centre névralgique du Gladio B, au point que l’on parle de «  Londonistan  » [3]. Sous le parapluie de la Ligue islamique mondiale, les Frères musulmans arabes et la Jamaat-i-Islami pakistanaise créent quantité d’associations culturelles et cultuelles autour de la mosquée de Finsbury Park. Ce dispositif permettra de recruter de nombreux kamikazes, de ceux qui attaqueront l’école russe de Beslan à Richard Reid, le Shoe bomber. Le Londonistan comprend surtout de nombreux médias, maisons d’édition, journaux (Al-Hayat et Asharq Al-Awsat — tous deux dirigés par des enfants de l’actuel roi Salmane d’Arabie —) et télévisions (le groupe MBC du prince Walid ben Talal émet une vingtaine de chaînes), qui ne sont pas destinés à la diaspora musulmane au Royaume-Uni, mais diffusés dans le monde arabe  ; l’accord entre les islamistes et l’Arabie saoudite ayant été étendu au Royaume-Uni — totale liberté d’action, mais interdiction de s’ingérer dans la politique intérieure. Cet ensemble emploie plusieurs milliers de personnes et brasse des quantités d’argent gigantesques. Il restera publiquement en place jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001 où il deviendra impossible aux Britanniques de continuer à le justifier.

Abou Moussab «  Le Syrien  » — un rescapé du coup d’État avorté de Hama devenu agent de liaison entre Ben Laden et le Groupe islamique armé (GIA) algérien — théorise le «  jihad décentralisé  ». Dans son Appel à la résistance islamique mondiale, il pose en termes islamiques la doctrine déjà bien connue de la «  stratégie de la tension  ». Il s’agit de provoquer les autorités pour susciter une terrible répression qui conduira le peuple à se soulever contre elles. Cette théorie a déjà été utilisée par les réseaux Gladio de la CIA/Otan en manipulant l’extrême gauche européenne dans les années 1970-80 (Bande à Baader, Brigades rouges, Action directe). Bien sûr il n’était pas question que cette stratégie aboutisse et la CIA/Otan savait qu’elle n’avait aucune chance d’y parvenir — elle n’a jamais été victorieuse, nulle part —, mais elle entendait utiliser la réaction répressive de l’État pour placer ses hommes au pouvoir. «  Le Syrien  » désigne l’Europe — et surtout pas les États-Unis — comme le prochain champ de bataille des islamistes. Il fuit la France après les attentats de 1995. Deux ans plus tard, il créé à Madrid et au Londonistan l’Islamic Conflict Studies Bureau, sur le modèle d’Aginter Press, que la CIA avait créé à Lisbonne durant les années 1960-70. Les deux structures excellent dans l’organisation d’attentats sous faux drapeaux (de celui attribué à l’extrême gauche Piazza Fontana, en 1969, à ceux attribués aux musulmans à Londres, en 2005).

Simultanément, les Frères élaborent un vaste programme de formation des leaders arabes pro-US. Le Libyen Mahmoud Jibril el-Warfally, professeur à l’université de Pittsburg, leur apprend à parler le «  politiquement correct  ». Il forme ainsi des émirs et des généraux d’Arabie saoudite, du Bahreïn, d’Égypte, des Émirats, de Jordanie, du Koweït, du Maroc et de Tunisie (mais aussi de Singapour). Mêlant principes de Relations publiques et étude des rapports de la Banque mondiale, les pires dictateurs sont désormais capables de disserter sans s’esclaffer de leur idéal démocratique aussi bien que de leur profond respect des Droits de l’Homme.

La guerre contre l’Algérie déborde en France. Jacques Chirac et son ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, interrompent le soutien de Paris aux Frères musulmans et font même interdire les livres de Youssef Al-Qaradâwî (le prêcheur de la Confrérie). Il s’agit pour eux de maintenir la présence française au Maghreb que les Britanniques veulent éradiquer. Le Groupe islamique armé (GIA) prend en otage les passagers du vol Air France Alger/Paris (1994), fait exploser des bombes dans le RER et en divers points de la capitale (1995) et planifie un gigantesque attentat — qui sera déjoué — lors de la Coupe du monde de football (1998), incluant la chute d’un avion sur une centrale électrique nucléaire. Chaque fois, les suspects qui parviennent à fuir trouvent asile au Londonistan.

La guerre de Bosnie-Herzégovine débute en 1992 [4]. Sur instruction de Washington, les services secrets pakistanais (ISI), toujours soutenus financièrement par l’Arabie saoudite, envoient 90 000 hommes y participer contre les Serbes (soutenus par Moscou). Oussama Ben Laden reçoit un passeport diplomatique bosniaque et devient conseiller militaire du président Alija Izetbegovic (dont l’États-unien Richard Perle est conseiller diplomatique et le Français Bernard-Henri Lévy, conseiller médiatique). Il constitue la Légion arabe avec d’anciens combattants d’Afghanistan et distribue le financement de la Ligue islamique mondiale. Par réflexe communautaire ou en compétition avec l’Arabie saoudite, la République islamique d’Iran se porte également au secours des musulmans de Bosnie. En bonne intelligence avec le Pentagone, elle envoie plusieurs centaines de Gardiens de la Révolution et une unité du Hezbollah libanais. Surtout, elle livre l’essentiel des armes utilisées par l’armée bosniaque.

Les services secrets russes, qui pénètrent dans le camp de Ben Laden, constatent que la totalité de la bureaucratie de la Légion arabe est rédigée en anglais et qu’elle reçoit directement ses ordres de l’Otan. Après la guerre, un Tribunal international spécial est créé. Il poursuit de nombreux combattants pour crimes de guerre, mais aucun membre de la Légion arabe.

Après trois ans de calme, la guerre entre musulmans et orthodoxes reprend en ex-Yougoslavie, au Kosovo cette fois. L’armée de libération du Kosovo (UÇK) est composée à partir de groupes mafieux formés au combat par les Forces spéciales allemandes (KSK) sur la base turque d’Incirlik. Les Albanais et les Yougoslaves musulmans ont une culture Naqchbandie. Hakan Fidan, le futur chef des services secrets turcs, est officier de liaison entre l’Otan et la Turquie. Les anciens de la Légion arabe intègrent l’UÇK, dont une brigade est commandée par un des frères d’Ayman Al-Zawahiri. Celle-ci détruit systématiquement les églises et monastères orthodoxes et chasse les chrétiens.

En 1995, renouant avec la tradition des assassinats politiques, Oussama Ben Laden tente d’éliminer le président égyptien, Hosni Moubarak. Il remet cela l’année suivante contre le Guide libyen, Mouammar Kadhafi. Ce deuxième attentat est financé à hauteur de 100 000 livres par les services secrets britanniques qui veulent sanctionner le soutien libyen à la Résistance irlandaise [5]. Toutefois l’opération échoue. Plusieurs officiers libyens fuient au Royaume-Uni. Parmi eux, Ramadan Abidi, dont le fils sera chargé des années plus tard, toujours par les services britanniques, de réaliser un attentat à Manchester. La Libye transmet des preuves à Interpol et émet le premier mandat d’arrêt international contre Oussama Ben Laden en personne, lequel dispose toujours d’un bureau de relations publiques au Londonistan.

En 1998, la Commission arabe des Droits humains est fondée à Paris. Elle est financée par la NED. Son président est le Tunisien Moncef Marzouki, et son porte-parole le Syrien Haytham Manna. Son objectif est de défendre les Frères musulmans arrêtés dans différents pays arabes en raison de leurs activités terroristes. Marzouki est un médecin de gauche travaillant avec eux depuis longtemps et Manna un écrivain qui gère les placements d’Hassan el-Tourabi et des Frères soudanais en Europe. Lorsque Manna se retire, sa compagne reste la directrice de l’association. Il est remplacé par l’Algérien Rachid Mesli, qui lui est avocat, notamment d’Abassi Madani et des Frères algériens.

En 1999 (c’est-à-dire après la guerre du Kosovo et la prise du pouvoir par les islamistes à Grozny), Zbigniew Brzezinski fonde avec une cohorte de néoconservateurs l’American Committee for Peace in Chechnya (Comité américain pour la paix en Tchétchénie). Si la première guerre de Tchétchénie était une affaire intérieure russe dans laquelle quelques islamistes s’étaient immiscés, la seconde vise la création de l’Émirat islamique d’Itchkérie. Brzezinski, qui préparait cette opération depuis plusieurs années, tente de reproduire l’expérience afghane. Les jihadistes tchétchènes, comme Chamil Bassaïev, n’ont pas été formés au Soudan par Ben Laden, mais en Afghanistan par les Talibans. Durant toute la guerre, ils bénéficient du soutien «  humanitaire  » de la Millî Görüs turque de Necmettin Erbakan et de Recep Tayyip Erdogan et de l’«  IHH – Droits de l’Homme et Libertés  ». Cette dernière association turque a été créée en Allemagne sous le nom d’Internationale Humanitäre Hilfe (IHH). Par la suite, ces jihadistes organiseront plusieurs grandes opérations  : notamment contre le Théâtre de Moscou (2002, 170 morts, 700 blessés), contre une école de Beslan (2004, 385 morts, 783 blessés) et contre la ville de Naltchik (2005, 128 morts et 115 blessés). Après le massacre de Beslan et la mort du leader jihadiste Chamil Bassaïev, la Millî Görüs et l’IHH organisent à la mosquée Fatih d’Istanbul de grandes funérailles, sans le corps mais avec des dizaines de milliers de militants.

Durant cette période, trois grands attentats sont attribués à Al-Qaïda. Cependant, aussi importantes que soient ces opérations, elles représentent une déchéance pour les islamistes qui sont intégrés au sein de l’Otan et se voient simultanément ravalés au niveau de terroristes « anti-américains ». 

  • En 1996, un camion piégé fait exploser une tour de huit étages à Khobar en Arabie saoudite, tuant 19 soldats US. D’abord attribué à Al-Qaïda, la responsabilité de l’attentat est reportée sur l’Iran, puis finalement sur personne. 
  • En 1998, deux bombes explosent devant les ambassades états-uniennes à Nairobi (Kenya) et Dar-es-Salam (Tanzanie), tuant 298 Africains – mais aucun États-unien – et blessant plus de 4 500 personnes. Ces attentats sont revendiqués par une mystérieuse Armée islamique de libération des lieux saints. Selon les autorités US, ils auraient été commis par des membres du Jihad islamique égyptien en rétorsion à l’extradition de quatre de leurs membres. Pourtant, les mêmes autorités accusent Oussama Ben Laden d’être le commanditaire et le FBI émet — enfin — un mandat d’arrêt international contre lui. 
  • En 2000, une embarcation suicide vient exploser contre la coque du destroyer USS Cole en rade d’Aden (Yémen). L’attentat est revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), mais un tribunal états-unien en rendra responsable le Soudan.

Ces attentats surviennent alors que la collaboration entre Washington et les islamistes se poursuit. Ainsi, Oussama Ben Laden a conservé son bureau au Londonistan jusqu’en 1999. Situé dans le quartier de Wembley, l’Advice and Reformation Committee (ARC), vise à la fois à diffuser les déclarations de Ben Laden et à couvrir les activités logistiques d’Al-Qaïda, y compris en matière de recrutement, de paiements, et d’acquisition de matériels. Parmi ses collaborateurs à Londres, on trouve le Saoudien Khaled Al-Fawwaz et les Égyptiens Adel Abdel Bary et Ibrahim Eidarous, trois hommes qui font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, mais ont pourtant reçu l’asile politique au Royaume-Uni. C’est en parfaite légalité à Londres que le bureau de Ben Laden publiera en février 1998 son célèbre Appel au Jihad contre les juifs et les croisés. Gravement malade des reins, Ben Laden est hospitalisé, en août 2001, à l’hôpital américain de Dubaï. Un chef d’État du Golfe m’a confirmé lui avoir rendu visite dans sa chambre où sa sécurité était assurée par la CIA.

6— La fusion des deux « Gladio » et la préparation de Daesh

Dans la même logique, l’administration Bush rend les islamistes responsables des gigantesques attentats qui surviennent le 11 septembre 2001 aux États-Unis. La version officielle s’impose bien qu’elle comprenne d’innombrables incohérences. Le secrétaire à la Justice assure que des avions ont été détournés par des islamistes, même si selon les compagnies aériennes, aucun des suspects ne s’est trouvé à bord. Le département de la Défense publiera une vidéo dans laquelle Ben Laden revendique les attentats, alors même qu’il les avait publiquement rejetés et que les experts en reconnaissance faciale et vocale affirment que l’homme de la vidéo n’est pas Ben Laden. Quoi qu’il en soit, ces événements servent de prétexte à Washington et à Londres pour lancer la « Guerre sans fin » et attaquer leurs anciens alliés, les Talibans en Afghanistan, et l’Irak de Saddam Hussein.

Bien qu’il ait souffert d’insuffisance rénale chronique, Oussama Ben Laden succombe à sa maladie le 15 décembre 2001 des suites d’un syndrome de Marfan. Un représentant du MI6 assiste à ses obsèques en Afghanistan. Par la suite, plusieurs sosies plus ou moins ressemblants vont maintenir sa fable en vie, dont un sera lui-même assassiné par Omar Sheikh, en 2005, selon la Première ministre pakistanaise Benazir Bhuto.

En août 2002, le MI6 organise à Londres une conférence des Frères musulmans sur le thème «  La Syrie pour tous  ». Les orateurs y développent l’idée que la Syrie serait opprimée par la secte des alaouites et que seuls les Frères musulmans offriraient une véritable liberté.

Après Sayyed Qutb et Abou Moussab «  Le Syrien  », les islamistes se dotent d’un nouveau stratège, Abou Bakr Naji. En 2004, ce personnage, qui semble n’avoir jamais existé, publie un ouvrage sur Internet, La Gestion de la barbarie, une théorie du chaos [6]. Bien que certains aient cru reconnaître le style d’un auteur égyptien, il semble que l’ouvrage ait été écrit en anglais, puis enrichi de citations coraniques superfétatoires et traduit en arabe. La «  Barbarie  » dans le titre du livre, ne désigne pas le recours à la terreur, mais le retour à l’état de nature avant que la civilisation ne crée l’État. Il s’agit de renvoyer l’Humanité au moment où «  L’homme est un loup pour l’homme  ». La stratégie du chaos tient en trois phases  : 

  • Premièrement, démoraliser et épuiser l’État en l’attaquant sur ses flancs les moins bien protégés. On choisira donc des cibles secondaires, souvent sans intérêt, mais faciles à détruire et dispersées. Il s’agira de donner l’impression d’un soulèvement généralisé, d’une révolution. 
  • Deuxièmement, lorsque l’État se sera retiré des banlieues et des campagnes, conquérir certaines zones et les administrer. On s’appuiera sur la charia pour marquer le passage à une nouvelle forme d’État. Durant cette période, on nouera des alliances avec tous ceux qui s’opposent au Pouvoir et que l’on ne manquera pas d’armer. On mènera alors une guerre de position. 
  • Troisièmement, proclamer l’État islamique.

Ce traité ressort de la science militaire contemporaine. Il accorde une grande place aux opérations psychologiques, notamment à l’usage de la violence spectaculaire. Dans la pratique, cette stratégie n’a rien à voir avec une révolution, mais avec la conquête d’un pays par des puissances extérieures, car elle suppose un investissement massif. Comme toujours dans la littérature subversive, le plus intéressant réside dans ce qui n’est pas dit ou juste cité incidemment  : 

  • la préparation des populations pour qu’elles accueillent les jihadistes suppose la construction préalable d’un réseau de mosquées et d’œuvres sociales, comme cela a été fait en Algérie avant la guerre «  civile  »  ; 
  • pour être menées, les premières opérations militaires nécessitent des armes qu’il faudra importer au préalable. Surtout, par la suite, les jihadistes n’auront aucun moyen de se fournir en armes et encore moins en munitions. Ils devront donc être appuyés de l’extérieur  ; 
  •  l’administration des zones conquises suppose que l’on dispose de hauts fonctionnaires formés à l’avance, comme ceux des armées régulières chargées de «  reconstruire des États  »  ;
  • enfin la guerre de position suppose la construction de très vastes infrastructures qui nécessiteront quantité de matériaux, d’ingénieurs et d’architectes.

De facto, le fait de se réclamer de cet ouvrage atteste que les islamistes entendent continuer à jouer un rôle militaire pour le compte de puissances extérieures, mais cette fois à très grande échelle.

En 2006, les Britanniques demandent à l’émir Hamad du Qatar de placer sa chaîne de télévision panarabe, Al-Jazeera, au service des Frères musulmans [7]. Le Libyen Mahmoud Jibril, qui a formé la famille royale à parler en langage démocratique, est chargé d’introduire pas à pas ses Frères dans la chaîne et de créer des canaux en langues étrangères (anglais, et par la suite bosniaque et turc), ainsi qu’une chaîne pour les enfants. Le prédicateur Youssef Al-Qaradâwî devient «  conseiller religieux  » d’Al-Jazeera. Bien sûr, la chaîne diffusera et validera les enregistrements audio ou vidéo des «  Oussama Ben Laden  ».

Dans la même période, les troupes US en Irak doivent faire face à un soulèvement qui se généralise. Après avoir été abattus par la soudaineté et la brutalité de l’invasion (technique «  du choc et de la stupeur  »), les Irakiens organisent leur résistance. L’ambassadeur états-unien à Bagdad, puis directeur du Renseignement national, John Negroponte, propose de les vaincre en les divisant et en retournant leur colère contre eux-mêmes, c’est-à-dire de transformer la Résistance à l’occupation en guerre civile. Expert en opérations secrètes, il a notamment participé à l’opération Phoenix au Vietnam, puis a organisé la guerre civile au Salvador et l’Iran-Contras au Nicaragua, et a conduit à l’effondrement de la rébellion au Chiapas mexicain*. Negroponte appelle un des hommes sur lesquels il s’est appuyé au Salvador, le colonel James Steele. Il lui confie la charge de créer des milices irakiennes chiites contre les sunnites et sunnites contre les chiites. Pour ce qui est de la milice sunnite, Steele recourt aux islamistes. À partir d’Al-Qaïda en Irak, il arme une coalition tribale, l’Émirat islamique en Irak (futur Daech), sous couvert de la Police spéciale («  Brigade des Loups  »). Pour terrifier les victimes et leurs familles, il forme l’Émirat à la torture selon les méthodes de l’École des Amériques (School of America) et de la Political Warfare Cadres Academy de Taïwan, où il a enseigné. En quelques mois, une nouvelle horreur s’abat sur les Irakiens et les divise selon leur appartenance religieuse. Par la suite, lorsque le général David Petraeus prendra le commandement des troupes états-uniennes dans le pays, il désignera le colonel James H. Coffman pour travailler avec Steele et lui rendre des rapports sur l’opération, tandis que Brett H. McGurk rendra directement compte au président. Les principaux chefs de l’Émirat islamique sont recrutés au camp d’internement de Bucca, mais font l’objet d’une mise en condition à la prison d’Abou Ghraib selon les méthodes de «  lavage de cerveau  » des professeurs Albert D. Biderman et Martin Seligman [8]. Le tout est supervisé depuis Washington par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, dont Steele dépend directement.

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(*) Question et note de R71: D’où Meyssan tient-il que la rébellion zapatiste au Chiapas s’est effondrée ? Elle tient et est plus fortement organisée que jamais 25 ans après sa sortie au grand jour le 1er janvier 1994 ? C’est par ce genre de remarque non fondée, une affirmation sans aucun fondement, que Meyssan discrédite son propos… Il est malheureusement assez coutumier du fait (cf ses tirades sur le Rojava où il fait un amalgame systématique menant à une confusion qu’on peut supposer voulue…). Dommage… Mais on peut aussi se poser légitimement la question: pourquoi fait-il ce genre de réflexions, facilement qualifiables de désinformation ?… Quel est le but ?… Pour qui pédale t’il vraiment ?… Il est intéressant de noter qu’après le Rojava, il s’en prend ici sans aucun fondement et manifestement sans aucune connaissance approfondie du sujet, au Chiapas zapatiste, c’est à dire contre des mouvements anti-étatistes déclarés et avérés. Coïncidence?… On ne le pense pas. Il est de plus en plus clair que Meyssan suit une ligne directrice propagandiste de maintenance de tout mouvement dissident dans le consensus du statu quo oligarchique. Meyssan est et demeure malgré tout un agent du système même s’il s’est rebellée contre sa branche extrémiste des nouveaux cons yankee et ses ramifications planétaires…

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En 2007, Washington informe la Confrérie qu’il va renverser les régimes laïcs du Moyen-Orient élargi, y compris ceux des États alliés, et qu’elle doit se préparer à exercer le pouvoir. La CIA organise des alliances entre les Frères et des personnalités ou des partis laïcs, de tous les États de la région. Simultanément, elle relie les deux branches du «  Gladio  » en tissant des liens entre les groupes nazis occidentaux et les groupes islamistes orientaux.

Ces alliances sont parfois bancales, par exemple lors de la «  Conférence nationale de l’opposition libyenne  », à Londres, les Frères ne parviennent à fédérer autour d’eux que le Groupe islamique combattant en Libye (Al-Qaïda en Libye) et la Confrérie wahhabite sénoussie. La plateforme programmatique prévoit de rétablir la monarchie et de faire de l’islam la religion d’État. Plus convaincante est la constitution du Front de salut national, à Berlin, qui officialise l’union des Frères et de l’ancien vice-président baasiste syrien Abdel Halim Khaddam.

Le 8 mai 2007, à Ternopol (dans l’ouest de l’Ukraine), des groupuscules nazis et islamistes créent un Front anti-impérialiste afin de lutter contre la Russie. Des organisations de Lituanie, de Pologne, d’Ukraine et de Russie y participent, dont les séparatistes islamistes de Crimée, d’Adyguée, du Dagestan, d’Ingouchie, du Kabardino-Balkarie, du Karatchaïévo-Tcherkessie, d’Ossétie, de Tchétchénie. Ne pouvant s’y rendre du fait des sanctions internationales prises contre lui, Dokou Oumarov — qui a aboli la République de Tchétchénie et proclamé l’Émirat islamique d’Itchkérie —, y fait lire sa contribution. Le Front est présidé par le nazi Dmytro Iarosh, qui deviendra lors du coup d’État de Kiev, en février 2014, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale d’Ukraine.

Au Liban, en mai/juin 2007, l’armée nationale entreprend le siège du camp palestinien de Nahr el-Bared, après que des membres du Fatah el-Islam s’y sont retranchés. Les combats durent 32 jours et coûtent la vie à 76 soldats dont une trentaine sont décapités.

En 2010, la Confrérie organise la Flottille de la Liberté via l’IHH. Il s’agit officiellement de braver l’embargo israélien et d’apporter de l’aide humanitaire aux Gazaouis [9]. En réalité, le principal bâtiment de cette équipée change de pavillon durant la traversée et poursuit sous les couleurs turques. De nombreux espions se mêlent aux militants non violents participant à l’expédition, dont un agent irlandais de la CIA, Mahdi Al-Harati. Tombant dans le piège que lui tendent les États-Unis, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, donne l’assaut aux bateaux dans les eaux internationales, faisant 10 morts et 54 blessés. Le monde entier condamne cet acte de piraterie sous l’œil narquois de la Maison-Blanche. Israël, qui fournissait leurs armes aux jihadistes en Afghanistan et a soutenu la création du Hamas contre l’OLP de Yasser Arafat, s’est retourné contre les islamistes en 2008 et les a bombardés, ainsi que la population gazaouie. Nétanyahou paye de cette manière l’opération «  Plomb durci  » qu’il a menée avec l’Arabie saoudite contre l’avis de la Maison-Blanche. En définitive, les passagers de la Flottille sont libérés par Israël. La presse turque montre alors le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan rendant visite dans un hôpital à Mahdi Al-Harati.

[1] NATO’s secret armies : operation Gladio and terrorism in Western Europe, Daniele Ganser, Foreword by Dr. John Prados, Frank Cass/Routledge (2005). Version française : Les armées secrètes de l’Otan, Demi-Lune (2017).

[2] Classified Woman : The Sibel Edmonds Story : A Memoir, Sibel Edmonds (2012).

[3] Londonistan, Melanie Phillips, Encounter Books (2006).

[4] Wie der Dschihad nach Europa kam, Jürgen Elsässer, NP Verlag (2005) ; version française : Comment le Djihad est arrivé en Europe, préface de Jean-Pierre Chevénement, Xenia (2006). Intelligence and the war in Bosnia 1992-1995 : The role of the intelligence and security services, Nederlands Instituut voor Oologsdocumentatie (2010). Al-Qaida’s Jihad in Europe : The Afghan-Bosnian Network, Evan Kohlmann, Berg (2011).

[5] « David Shayler : « J’ai quitté les services secrets britanniques lorsque le MI6 a décidé de financer des associés d’Oussama Ben Laden » », Réseau Voltaire, 18 novembre 2005.

[6] The Management of Savagery : The Most Critical Stage Through Which the Umma Will Pass, Abu Bakr Naji, Harvard University (2006). Version française : Gestion de la barbarie, éd de Paris (2007).

[7] « Wadah Khanfar, Al-Jazeera et le triomphe de la propagande télévisuelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 septembre 2011.

[8] « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

[9] « Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 juin 2010.

 


Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, Yougoslavie, Irak, Libye et chaos organisé…

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Les marchés aux esclaves dans la Libye “libérée” et le silence assourdissant des faucons humanistes

 

Neil Clark for RT

 

1er décembre 2017

 

url de l’article original:

https://www.rt.com/op-edge/411562-libya-slave-markets-nato/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les rapports nous parvenant établissant la vente d’Africains noirs pour 400 US$ sur des marchés aux esclaves se tenant dans la Libye “libérée” est une mise en accusation sans conteste de la soi-disante “intervention humanitaire” menée par l’OTAN pour renverser le gouvernement de Mouammar Kadhafi en 2011.

En mars 2011 des gravures de mode “libérales” occidentales donneurs de leçon de vertu firent équipes avec des va t’en guerre nouveaux cons de la pire espèce pour demander une action afin de “sauver” le peuple libyen du leader despote qui dirigeait le pays depuis la fin des années 1960. “On doit faire quelque chose !” crièrent-ils tous à l’unisson. Et quelque chose fut fait. La Libye fut transformée par l’OTAN d’un pays ayant le plus haut index de développement humanitaire du continent africain en 2009 en un enfer chaotique ayant des gouvernements rivaux, des chefs de guerre et des groupes terroristes se battant pour le contrôle du pays.

Sous l’ère Kadhafi, les Libyens avaient un système de santé et d’éducation gratuit. Le taux d’alphabétisation passa de 25% à 90%. Un rapport du Conseil pour les Droits de l’Homme de l’ONU félicita la Libye pour son système social en janvier 2011 (NdT: soit 2 mois avant sa destruction par l’OTAN bras armé de l’empire…). Bien entendu ce n’était pas parfait et il y avait encore des choses à améliorer et le pays s’y attelait dans bien des domaines.

Dans le Daily Telegraph, journal qui ne peut pas être accusé d’être une groupie de la Jamahiriya libyenne, la Libye fut encensée comme une des six meilleures destinations de croisière nautique en juin 2010.

Les paquebots n’ont plus la Libye sur leurs itinéraires aujourd’hui, bien trop dangereux.

La seule chose de surprenante au sujet des marchés d’esclaves (cela vaut la peine aussi de noter qu’avant le rapport de CNN, l’agence de l’ONU l’IOM avait rapporté également leur existence plus tôt cette année) est que cela surprenne encore quelqu’un. Les droits de l’Homme et le progrès social reculent en général de plusieurs centaines d’années après une “intervention humanitaire” de l’OTAN et ceci n’est pas du tout accidentel. Les “interventions” qui impliquent à dessein de gros bombardements des infrastructure du pays et le démantèlement subséquent de l’appareil d’état sont planifiés pour annihiler des décennies de progrès sociaux. “L’échec du plan” est en fait la partie la plus importante du plan comme le détaille très bien mon collègue Dan Glazebrook dans son livre “Diviser et détruire ou la statégie impérialisre de l’occident dans un âge de crise”.

La Libye fut ciblée, comme la Yougoslavie et l’Irak avant elle, non pas à cause d’une véritable préoccupation qu’un “nouveau Srebrenica” allait se produire mais parce qu’elle est un pays riche en ressources naturelles ayant un gouvernement indépendant d’esprit qui opérait dans un système économique d’état de manière prédominante et ce dans une partie des plus géostratégiques au monde.

Ni la Libye, ni l’Irak ni la Yougoslavie ne répondirent aux ordres du lobby guerrier occidental, lobby de la guerre sans fin, c’est pour cela qu’elle fut programmée pour la destruction. Le chaos qui suit routinièrement la destruction délivrée par l’OTAN est une cruelle expérience pour les locaux qui voient leurs standards de vie plonger et les risques de mourir dans une attaque terroriste violente augmenter dramatiquement, mais cette état de fait est excellent pour les entreprises coloniales occidentales lorsqu’elles entrent en masse dans le “pays libéré”, prenant avantage d’un manque d’autorité centrale.

Bien entendu, tout cela n’est jamais mentionné dans les médias amis de l’OTAN. Le rôle des élites occidentales dans la transformation d’états providence fonctionnant et états à la dérive n’est jamais mentionné dans les rapports des merdias sur ces pays après leur “libération”.

Dans son article récent pour le magazine FAIR, le journaliste Ben Norton a noté comment des rapports “parlaient à profusion de l’esclavage en Libye comme d’un problème de droits humains intemporel et non pas comme un problème politique enraciné dans une histoire très récente.”

Le narratif dominant est que les marchés aux esclaves ont ré-émergé en Libye “comme par magie”. L’”instabilité” est mentionnée mais pas sa cause, à savoir le renversement de régime en 2011 et le soutien de l’occident à des extrémistes dans dans certains cas, à des escadrons de la mort ouvertement racistes. Tout le monde est blâmé pour le chaos en place sauf les lobbyistes et les personnes protégées qui sont en fait responsables.

Le gouvernement français a joué un rôle primordial dans la destruction de la Libye en 2011 et pourtant aujourd’hui, le président français “progressiste” Macron blâme des “Africains” pour le problème de l’esclavage dans le pays. “Qui sont les trafiquants ? Posez-vous cette question, jeunes Africains. Vous êtes incroyables. Qui sont les trafiquants ? Ils sont Africains mes amis, ils sont africains.” Macron, comme d’autres leaders occidentaux, veut nous faire observer cette préoccupation de l’esclavage en mode macro et non pas en mode panoramique. Pourquoi ? Parce que si nous le faisons, automatiquement l’OTAN vient dans le champ, à la vue de tous.

Il y a le même type de blanchiment au sujet de l’Irak et sur la montée de l’EIIL/Daesh. Une fois de plus, nous sommes supposés regarder l’émergence du groupe comme “un truc qui arrive”. Mais l’EIIL n’était en rien une force lorsque le Baathiste séculier Saddam Hussein régnait sur l’Irak, il ne s’est développé que seulement après l’éviction de Saddam du pouvoir et du chaos qui s’ensuivit le démantèlement de l’appareil d’état par les occupants.

Six ans et demi plus tard, il est révélateur de prendre du recul et de regarder ce que les groupies de “l’intervention humanitaire” en Libye disaient au début de 2011 et ce qu’il s’est de facto produit après les 26 500 sorties aériennes de l’OTAN.

Le prix de l’inaction est trop élevé” était le titre d’un article de David Aaronovitch dans The Times du 18 mars 2011. “Si nous ne bombardons pas les chars de Kadhafi, l’Europe devra faire face à une marée de réfugiés et à une nouvelle génération de djihadistes”, en fut le résumé.

Devinez ? L’alliance militaire occidentale bombarda les chars de Kadhafi (et bien plus sur le côté…) et nous avons eu une vague de réfugiés de dimension biblique, incluant le poseur de bombe de Manchester Salman Abedi.

Il n’y a pas eu de mea culpa de la part d’Aaronovitch, ni de son collègue du Times Oliver Kamm qui m’attaqua après que j’eusse écrit un article dans le Daily Express appelant l’OTAN à tout arrêter.

En fait, l’expérience irakienne aurait dû mener tous les véritables humanitaires à s’opposer à l’assaut en règle de l’OTAN. Dans bien des cas, la Libye fut un crime encore plus grave que l’invasion de l’Irak, parce qu’elle est venue après Il n’y avait plus aucune excuse pour ne pas voir comment l’aventure de 2003 s’était transformée, pour soutenir une pareille affaire en Afrique du Nord.

Sans surprise, les politiciens et les experts qui ne pouvaient pas s’arrêter de parler de la Libye en 2011 et de la responsabilité de “protéger” les civils qui incombait à l’occident, semblent bien moins enclins à parler de ce pays aujourd’hui. La Libye et ses problèmes ont complètement disparu des pages des journaux. C’est la même chose après chaque intervention occidentale Toujours la même chose: saturation des médias avant et pendant la “libération”, appels belliqueux irresponsables de l’expertocratie nouveau con/libérale pour une action militaire afin de “sauver le peuple” du tout dernier Hitler en date, puis retour au silence dans l’après attaque alors que le pays concerné est de retour au moyen-âge.

Les “libérateurs” de la Libye ont bougé sur quelque chose de plus important en 2017, la Russophobie pour obsession courante. Tout en fait, pour nous distraire des conséquences des plus désastreuses de leurs actions.

Contrôle et guerre impérialiste perpétuelle… Modus operandi

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Le plan de guerre de l’Empire

Résistance 71

Août 2017

Il suffit de regarder et d’analyser le modus operandi de l’empire anglo-américano-sioniste pour détruire un pays qui résiste à son hégémonie afin d’en tirer la trame standard. Voici comment l’affaire se déroule pas à pas même si tout n’est pas systématiquement employé, l’adaptation et l’innovation au fil tu temps étant aussi d’usage:

  • Envoyer un “assassin économique” dont le rôle est de pousser à la dette le pays concerné, le tout suivi de l’envoi de barbouzes de la CIA ayant pour fonction de former des agents provocateurs intra muros et de les superviser (principe de la corruption par la dette, qui si il échoue est remplacé par un coup d’état, ou une “révolution colorée”)
  • Commencer une campagne de propagande contre les dirigeants et le pays, campagne de diffamation et de diabolisation
  • Les accuser de posséder des armes de destruction massive
  • Dépeindre le pays et le régime comme refusant les plus simples des droits à son peuple
  • Pousser le monde à soutenir un embargo, des sanctions et/ou une zone d’interdiction de survol pour établir un “couloir humanitaire”
  • Commencer les bombardements, ainsi que le soutien et la formation au sol d’une “opposition” armée et d’escadrons de la mort, les protéger des atrocités commises pour terroriser la population et faire glisser la responsabilité sur le régime en place dont il veut se débarrasser
  • Faire ouvrir une banque centrale pour les Rothschild (sous contrôle de la Banque des Règlements Internationaux – BRI – basée à Bâle et dépendante de la City de Londres)
  • Privatiser à outrance et vendre les ressources naturelles à ses sbires des entreprises transnationales
  • Y établir des bases militaires américaines qui contrôleront le pays, instaureront un climat mafieux de terreur et favoriseront tous les trafics en tout genre générant une masse de fric à recycler par les banques et pour financer les opérations ne devant pas être connues ( trafic d’armes, de drogues, d’humains, d’organes)
  • Mettre un régime/gouvernement marionnette

Regardez simplement depuis la fin de la seconde guerre mondiale comment ce modus operandi s’est perfectionné au fil des années pour parvenir à sa plénitude actuelle:

Guatemala (1953), Iran (1956), Congo (1961), Vietnam (1962), Brésil (1964), Grèce (1967), Thaïlande (1971), Chili (1973), Argentine (1978), Nicaragua (1985), Panama (1989), Irak (1991), Afghanistan (2001), Irak (2003), Tunisie-Egypte-Libye (2011), Syrie (2011), Soudan (2013)

En préparation: Iran, Corée du Nord, Vénézuéla, Russie… Aucun pays, même “allié” n’est à l’abri.

Que ce soit clair pour tout le monde: l’empire (l’oligarchie eugéniste qui le mène) n’a pas vraiment d’alliés ou d’ennemis… il n’a que des intérêts à court, moyen et long termes…

Manchester et la stratégie de la tension de l’empire… La connexion du supposé terroriste et des services britanniques par son père…

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Où on apprend le lien du supposé “terroriste” de Manchester, Salman Abedi, avec les services secrets britanniques du MI6 (et donc du réseau Gladio 2.0), via son père, Ramadan Abedi, ancien officier des services de renseignement libyen sous Khadafi, retourné par le MI6 en 1992, travaillant pour les services britanniques, co-créateur en Libye en 1995 du Groupe Islamique Combattant en Libye (GICL), qui deviendra Al Qaïda en Libye et qui créera en 2011 « l’Armée Libre Syrienne », la soi-disante opposition au régime d’Al-Assad, contrôlée, pilotée, entraînée et financée par l’OTAN, le CCG (Qatar, Arabie Saoudite en tête) et Israël.

Plus de détails dans l’article ci-dessous du Réseau Voltaire. N’avait-on pas dit il y a 2 jours qu’on apprendrait bientôt les connexions du présumé perpétrateur de l’attentat et des services de renseignements occidentaux de manière directe ou indirecte… Faut pas être devin, suffit de suivre la parcours fléché.

~ Résistance 71 ~

 

« L’histoire du terrorisme est écrite par l’État, elle est donc éducative. »
~ Guy Debord, 1988 ~

 

Manchester, le MI6, Al Qaïda, Daesh, et Abedi

 

Réseau Voltaire

 

24 mai 2017

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article196454.html

 

Selon Scotland Yard, l’attentat contre les spectateurs du concert d’Ariana Grande à l’Arena de Manchester, le 22 mai 2017, a été commis par Salman Abedi, dont on a heureusement trouvé une carte bancaire dans la poche du cadavre déchiqueté du « terroriste ».

Cet attentat est généralement interprété comme la preuve que le Royaume-Uni n’est pas impliqué dans le terrorisme international et qu’au contraire, il en est une victime.

Salman Abedi est né au Royaume-Uni d’une famille d’immigrés libyens. Il s’est rendu plusieurs fois en Libye au cours des derniers mois, avec ou sans son père.

Ce dernier, chez qui il vivait, Ramadan Abedi, est un ancien officier des services de Renseignement libyens. Il était spécialisé dans la surveillance de la mouvance islamiste, mais deux décennies plus tard n’a pas observé que son fils avait rejoint Daesh.

En 1992, Ramadan Abedi fut retourné par le MI6 britannique et participa à un complot de la Couronne visant à assassiner Mouamar Kadhafi. L’opération ayant été éventée, il fut exfiltré par le MI6 et transféré au Royaume-Uni où il obtint l’asile politique. Il se fixa en 1999 à Whalley Range (sud de Manchester) où réside la petite communauté islamiste libyenne du Royaume-Uni.

En 1994, Ramadan Abedi retourna en Libye pour le compte du MI6. Il participa, fin 1995, à la création du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), branche locale d’Al-Qaïda, aux côtés d’Abdelhakim Belhaj. Le GICL fut alors chargé par le MI6 d’assassiner Mouamar Kadhafi contre 100 000 livres sterling. Cette opération, qui elle aussi échoua, provoqua de vifs débats au sein des services de Sa Majesté, dont la démission de notre ami David Shayler.

De nombreux « anciens membres » du GICL ont également vécu à Whalley Range, dont l’ami des Abedi, Abd al-Baset Azzouz. En 2009, ce dernier rejoint Al-Qaïda au Pakistan et devient un des proches de son chef, Ayman al-Zawahiri. En 2011, il participe au sol à l’opération de l’Otan contre la Libye. Le 11 septembre 2012, il dirige l’opération contre l’ambassadeur des États-Unis en Libye, J. Christopher Stevens, assassiné à Benghazi. Il est arrêté en Turquie et extradé aux États-Unis, en décembre 2014, où il attend son procès.

On ignore si, en 2005, Ramadan Abedi a rejoint les membres du GICL pour former Al-Qaïda en Irak et si, en 2011, il participa à l’opération du MI6 du « printemps arabe » et au rôle de soutien au sol du GICL auprès de l’Otan. Quoi qu’il en soit, il s’installa en Libye à la chute de Kadhafi et y transféra sa famille, laissant ses grands enfants dans la maison familiale de Whalley Range.

Selon l’ancien Premier ministre espagnol, José María Aznar, Abdelhakim Belhaj participe aux attentats de Madrid du 11 mars 2004. Plus tard, il est secrètement arrêté en Malaisie par la CIA et transféré en Libye où il est torturé non pas par des fonctionnaires libyens ou états-uniens, mais par des agents du MI6. Il est finalement libéré lors de l’accord entre Saif el-islam Kadhafi et les jihadistes. Durant la guerre de Libye, Belhaj qui est exilé au Qatar, rejoint la Libye dans un avion de l’émir et commande les opérations au sol en lien avec l’Otan. Le 28 juillet 2011, il organise d’assassinat du général Abdelfattah Younès qui prétendait avoir rejoint les « rebelles », mais auquel il reprochait d’avoir commandé la lutte contre le GICL dans les années 90. En septembre 2011, Belhaj est nommé gouverneur militaire de Tripoli par l’Otan. En 2012, secondé par l’Irlandais Mahdi al-Hatari, il créé l’Armée syrienne libre, puis revient à nouveau en Libye. Le 2 mai 2014, il est reçu au Quai d’Orsay. En décembre 2013, à la suite de la découverte dans les archives de la Jamahiriya arabe libyenne d’une lettre de l’ancien chef du MI6, il lance une procédure à Londres contre le Royaume-Uni pour l’avoir enlevé et torturé neuf ans plus tôt. Les services secrets britanniques placent alors illégalement ses avocats sur écoute et seront finalement contraints de détruire ces enregistrements. Selon le procureur général d’Égypte, Hichem Baraket, en mai 2015, Belhaj devient le principal leader de Daesh en Afrique du Nord ; information reprise par Interpol. Belhaj installe trois camps d’entraînement de Daesh en Libye à Derna (dans l’ancienne propriété d’Abd al-Baset Azzouz), à Syrte et à Sebrata. En octobre 2016, il ouvre à Londres une nouvelle procédure à propos de son enlèvement et de ses torture, cette fois nominativement contre l’ancien directeur du MI6, Sir Mark Allen.

Daesh a revendiqué l’attentat de Manchester, mais sans qualifier Salman Abedi de « martyr ». Après l’attentat, Ramadan Abedi a déclaré son hostilité au jihad à des journalistes qui l’ont joint par téléphone. Il a également affirmé que son fils prévoyait de passer le mois de ramadan avec lui en Libye et qu’il était persuadé de son innocence.

Guerre impérialiste en Syrie: Nouvelle opération de propagande médiatique de la machine occidentale de la guerre perpétuelle…

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Les neocons battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah

 

Jacques-Marie Bourget

 

7 février 2017

 

source: https://www.legrandsoir.info/les-neocons-battus-a-alep-veulent-toujours-la-peau-du-hezbollah.html

 

Alors que la coalition des nouveaux impérialistes se réjouissait par avance d’un coup double à jouer en Syrie, éliminer Bachar et le Hezbollah tout en écorniflant l’Iran, voilà que l’organisation de résistance libanaise sort renforcée de la victoire d’Alep. Il faut donc abattre Nasrallah et ses troupes par un autre moyen, le vieille arme de la CPI et des « crimes de guerre ». La machine est en route.

Ce qui est pénalisant dans le vieillissement ce n’est pas seulement la difficulté que l’on éprouve à lacer ses chaussures, c’est que l’on parle de moments d’histoire que personne n’a connus. Outre les amis bancals qui vous accompagnent sur le chemin du cimetière. Ainsi Geneviève Tabouis, une journaliste qui a déclamé pendant trente ans ses chroniques sur « Radio Luxembourg », ça ne vous dit rien ! Cette amie d’Eleonor Roosevelt et de Joseph Staline avait coutume de démarrer son couplet par un sonore « Attendez-vous à savoir… ».

N’étant ni l’ami de Melania Trump ni le cousin de Vladimir Poutine, je m’autorise quand même à vous lancer mon personnel « Attendez-vous à savoir… ». Attendez-vous à savoir que dans les ateliers de Washington, là où l’on forge si bien le mensonge, une grande campagne est en cours de montage. Une entreprise de première grandeur qui mobilise aussi les orfèvres israéliens, toutes les petites mains du lobby néoconservateur et les forces pures et vives de ces organisations non gouvernementales (sic) qui, par chance et goût de la démocratie, embrassent toujours les vœux de la CIA ou ceux de George Soros. C’est-à-dire la même chose.

Attendez-vous donc à savoir que le Hezbollah, pour le comportement supposé de ses soldats en Syrie, va être livré à l’accusation publique. Certains combattants de cette juste cause rêvent même de l’édification d’une CPI « spéciale », comparable à celle chargée de désigner qui a envoyé Rafic Hariri au ciel.

Lecteurs de combat, donc penseurs de l’autrement, vous avez tout de suite compris l’ambition des manipulateurs et leur enjeu : continuer par d’autres moyens, par l’arme médiatique, leur guerre perdue à Alep. Un ami sincère, un frère pourtant habitué à la magie des montreurs de lune, m’a informé de l’offensive. J’ai été surpris et même meurtri que ce combattant des toutes les libertés tombe dans le panneau : « Si, si, à Alep les miliciens du Hezbollah ont multiplié les atrocités »… Me voilà donc, une fois encore, alors que pour les connaitre je déteste les guerres, obligé de présenter le massacre comme une bagatelle. Et il l’est, si j’ose dire. La certitude est la suivante, si les disciples de Nasralla ont commis des crimes de guerre, il en va tout autant des soldats de la République Arabe de Syrie et de ces humanistes islamistes décrits sous l’alléchante banderole de « Rebelles modérés ». Sans parler des tueurs d’Al Nosra, amis de Fabius, et des barbares de Daech. La guerre est toujours un crime et l’attelage des deux mots est une tautologie.

Attendez-vous donc à ce que nos journaux, qui n’ont rien vu à redire de l’impeccable comportement des criminels de masse agissant – du bon côté – en Afghanistan, en Irak, au Kosovo, en Libye, au Yémen, vous clouent les combattants chiites libanais au pilori planétaire. Alors que Trump ressort son bâton de Guignol contre l’Iran, il est bon que ces admirateurs de l’imam Hussein ne sortent pas trop puissants de ces ruines d’Alep qui ont été aussi un tombeau pour les espoirs de l’OTAN. Comme chacun sait, et comme vous le confirmera une lecture ordinaire du Monde, en dépit de ses dizaines de têtes nucléaires, « Israël est menacé dans sa survie par les criminels du Hezbollah ». D’urgence pendons donc ces soldats chiites si cruels et dangereux. Urgence… urgence… pas si sûr puisque, dans leur soif de justice, les experts du trébuchet mondialisé seront –forcément- occupés à punir dans un tour de rôle d’autres « crimes de guerre », ceux de Kissinger, Bush, Olmert, Clinton, Netanyahou, Sarkozy, du droneur Obama et autres étalons de la démocratie. Rappelons l’incontournable doctrine du vieux maître Vergès : « Vous ne pouvez condamner Barbie sans juger Massu ».

Ayons confiance en l’instinct suicidaire de la presse qui, d’un mensonge l’autre, roule sa toile de cirque pour s’en faire un linceul. Depuis sa chaire du Collège de France, Pierre Bourdieu a fini sa vie en combattant le système des « médias-mensonges ». En chirurgien des idées il évoquait la raison d’agir des journaux, surtout ceux du gratin, vrais chiens de garde de « l’opinion », forts de leur « monopole de la violence symbolique ». Sans être un digne exégète, en parlant aujourd’hui de ces journalistes, je vais extrapoler la pensée du grand sociologue. Faut dire qu’il y a « urgences », comme on l’écrit aux portes des hôpitaux, et mon néo concept post bourdieusien est de dire maintenant que nos nouveaux journalistes détiennent le missile parfait : le « monopole de la diffamation légitime ».

Après qu’aucune star du journalisme vrai, genre Florence Aubenas, n’a été expédiée à Alep pour nous écrire le bilan de six années de guerre, soyons sûrs que les ateliers de la contrefaçon vont nous abreuver d’horribles nouvelles tirées de ce noir et récent passé. En 1999 suite à la guerre du Kosovo qui, même à « zéro mort » du côté des bons ne font pas en dentelles mais en mensonges, l’admirable Edwy Plenel – qui veut être à la presse ce que Marx fut au capital – nous a régalé d’un scoop : « sans l’intervention de l’OTAN des dizaines de milliers de kosovars auraient été exterminés dans un « génocide » ». Eh oui ! La preuve ? Plenel s’était procuré le plan « Fer à cheval », celui qui programmait, planifiait les massacres. Hélas le document d’Edwy était un faux écrit par les services secrets allemands. Zut.

Résumons. Entre des journalistes qui publient des documents façonnés et d’autres qui découvrent du gaz sarin où l’ONU n’en a pas remarqué, l’horizon médiatique est favorablement ouvert aux guerriers de l’info. Eux qui ne passent pas leur temps dans la boue ou les abris de béton mais dans les fauteuils Eames des officines « occidentales ». Celles où l’on invente les « unes » de demain.

Jacques-Marie BOURGET

Chronique publiée dans le mensuel Afrique Asie du mois de février.

De l’importance du suicide dans la « raison (terroriste) d’état »…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 30 septembre 2016 by Résistance 71

Suicides bizarres, modes d’emploi

 

Théophraste R.

 

29 septembre 2016

 

Deux nouvelles qui n’ont rien à voir entre elles, sauf pour le lecteur complotiste.

1- L’ancien ministre libyen du Pétrole avait prudemment confié son carnet secret sur les transactions pétrolières à un parent. Y était noté (entre autres) le versement de 6,5 millions d’euros au Français Nicolas Sarkozy pendant sa campagne pour les présidentielles de 2007. 
Le corps du Lybien a été retrouvé le 29 avril 2012 dans le Danube, à Vienne (Autriche).
 Selon la police autrichienne, une crise cardiaque a provoqué la chute du malheureux dans le fleuve, puis sa noyade.

2- Sketch des Inconnus. Le présentateur du journal télévisé d’Antenne 3 Marseille, nous relate un accident stupide qui a causé la mort d’un patron de clinique et gérant de boite de nuit « qui dormait tranquillement près de sa tronçonneuse quand cette dernière s’est mise en marche toute seule et a découpé le pauvre homme qui, pour lui échapper, a dû sauter par la fenêtre et a atterri dans un baril de béton frais que l’on a retrouvé ce matin immergé au large du vieux port. La police n’exclut cependant pas la thèse du suicide ».

Théophraste R. (ex-élève de Rouletabille)

 

Source: http://www.legrandsoir.info/suicides-bizarres-modes-d-emploi.html

Pentagone et mafia militaire transnationale (OTAN)… Une entreprise criminelle fructifiante à tous les étages (VT)

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Qui pilote l’armée américaine ? Certainement pas Obama

 

Gordon Duff

 

23 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2016/09/20/neo-who-runs-americas-military-surely-not-obama/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que les chiffres des pertes montent au sujet des bombardements intentionnels des positions de l’armée arabe syrienne de Deir Ezzor près de son aéroport et que les familles enterrent leurs morts d’une attaque pas si accidentelle que cela sur un convoi de réfugiés kurdes au nord de la ville de Mandjib, des questions ne manquent pas de se poser. Et de fait celle-ci: qui pilote vraiment l’armée américaine ?

Nous savons ceci, les Etats-Unis savent bombarder. Les avions américains comme les F-16 sont continuellement mis à jour, des millions de dollars dépensés sur chaque appareil, de nouveaux systèmes de bombardement et l’armée US n’utilise que des bombes intelligentes guidées par GPS, les Etats-Unis n’utilisent aucune munition non guidée. Il n’y a donc aucune excuse.

Là encore, les pilotes, les mieux payés et les plus expérimentés au monde, certains ayant une quinzaine d’années d’expérience dans les bombardements de mariages, de funérailles, de villages et de villes autour du monde, beaucoup de ces pilotes ont un décompte de victimes civiles se chiffrant par plusieurs centaines (voire milliers). Où est-ce que je veux en venir ?

Je vois deux choses ici: l’une où l’armée américaine, le Pentagone, répond, par notre estimation, à des éléments extrémistes qui utilisent l’armée américaine comme une force mercenaire en soutien d’un agenda caché formulé par “L’académie de la théorie du chaos” de Tel-Aviv.

L’avant-garde de cette “académie” est l’ Institute for the Study of War (Institut pour l’Étude de la Guerre), un think-tank israélien qui tout simplement passe des ordres au Pentagone, assez souvent semble t’il, afin de saboter la politique étrangère du pays et le plus certainement en soutien de l’EIIL, d’Al-Nosra et autres groupes terroristes.

Il nous apparaît de manière plus évidente que ces groupes terroristes sont contrôlés par les Etats-Unis et Israël, incluant des unités de l’armée turque déguisées en djihadistes. La vaste majorité du reste des forces sont des mercenaires payés par l’Arabie Saoudite. Il n’y a pas d’EIIL/Daesh à proprement parler et la majorité des autres groupes, ils sont maintenant plus de 200, sont tous liés à des entreprises paramilitaires sous-traitantes (NdT: comme Blackwater/Academi ou DynCorps), qui utilisent des ONG et autres vitrines caritatives ou humanitaires pour passer des dhihadistes et même des armes chimiques en Syrie via la Turquie et la Jordanie.

Il y a un autre problème. De quel personnel se compose l’armée états-unienne et l’énorme force privée de voyous et d’assassins, au nombre approchant 150 000, que les Etats-Unis ont inséré au Moyen-Orient et en Asie du Sud ? Après la guerre du Vietnam, des dizaines de milliers d’anciens combattants ont rejoint le mouvement anti-guerre.

Les dissidents par leur nombre seul constituent une force massive. Même l’actuel ministre des affaires étrangères US, John Kerry, un ancien combattant du Vietnam, a parlé ouvertement des atrocités commises par l’armée américaine, atrocités étrangement similaires de celles qui se sont produites “accidentellement” sous sa responsabilité encore et encore et encore.

Aujourd’hui, il n’y a plus aucune voix de l’intérieur ou de l’extérieur de l’armée pour s’élever contre la guerre, seule Chelsea Manning qui pourrit dans une cellule et Pat Tillman, pourrisant dans sa tombe. Quinze ans de guerre et seulement deux voix ? Que peut-on en déduire ?…

Parlant d’expérience personnelle, lorsque l’éditeur de VT, le colonel Jim Hanke et moi-même rencontrons les militaires d’aujourd’hui, nous sommes estomaqués. Ce sont des idiots, beaucoup rien de moins que des criminels de droit commun. Ils admettent ouvertement torturer des gens, trafiquer la drogue et sont invariablement derrière de gros crapauds de pontes qui bouffent les mensonges comme des bonbons.

J’ai rejoint le mouvement anti-guerre en 1970 et suis resté actif en son sein jusqu’au retrait des Etats-Unis du Vietnam (NdT: chute de Saïgon, 1975). Pour certains d’entre nous, la guerre fut une épée à deux tranchants. Le Vietnam est devenu notre maison, pour certains la seule véritable maison qu’ils n’aient jamais connue.

Nous sentions vraiment que la guerre allait durer pour toujours et il nous a été rendu très clair que nous retournerions toujours au Vietnam en quelque capacité que ce soit, militaire ou CIA, pour sortir des Etats-Unis. Aucun d’entre nous n’aimait être ici et nous n’aimons toujours pas.

Ainsi, à la fin de la guerre, nous fûmes très tristes, car le Vietnam représentait un échappatoire de la futile routine de la vie dans ce vide moral et intellectuel qu’étaient devenus les Etats-Unis. Malgré le fait que le combat et les maladies tuèrent près de deux millions de soldats et d’anciens combattants, pour trop d’entre nous, la guerre était la seule maison que nous connaissions.

Note de Résistance 71: Après la chute de Dien Bien Phu en 1954 et la sortie de la France d’Indochine, France qui était soutenue logistiquement par les Etats-Unis, qui jouèrent comme d’habitude un double jeu pour que la colonisation française en Asie du Sud-Est prenne fin ; les Yankees ont repris le flambeau et ont envoyé conseillers techniques et troupes d’assistance au Sud Vietnam après le “partage” du Vietnam en zones Nord et Sud et l’imposition d’une DMZ (Demilitarized Zone) le long du 17ème parallèle. Suite à l’incident (false-flag/mensonge) du Golfe du Tonkin (août 1964), les USA entrent à 100% dans la guerre. Entre la guerre de Corée et leur intervention larvée puis ouverte au Vietnam, les Etats-Unis engagèrent des troupes en Asie entre 1950 et 1975, c’est à dire pendant un quart de siècle !… Imaginez un jeune bidasse engagé à 19 ans en disons 1953, dans l’hypothèse où il aurait survécu et n’aurait pas été estropié, il aurait pu avoir fait un tour en Corée et 3 ou 4 tours au Vietnam + des boulots de contractants paramilitaires ou de renseignement, l’emmenant jusqu’en 1975, à 41 ans dont 22 de guerre !… 22 ans de service comme racketteurs de Wall Street.

Quoi qu’il en soit, pour beaucoup d’entre nous qui on servi en zones de combat, nous n’avons jamais adhéré au programme, jamais cru en la guerre, avons essentiellement refusé de massacrer des civils lorsqu’on nous a ordonné de le faire et on nous a ordonné de le faire, à maintes reprises, tout comme les pilotes américains maintenant reçoivent les ordres, ceci étant évident pour tout le monde y compris ceux ayant une faible capacité de discernement.

Cela demande une très forte flexibilité morale d’ignorer le terrorisme faux-drapeau comme les attentats du 11 septembre qui ont tué des milliers de personnes ou ces guerres sans fin clairement combattues pour l’avancement du gâchis et de la corruption ; et puis il y a cette autre affaire.

Lorsque l’Amérique est arrivé en Afghanistan en 2001, ils avaient des alliés dans la place, les cartels de la drogue afghans. Ceux-ci travaillaient avec la CIA depuis des décennies, cartels aussi connus sous le nom de “l’alliance du nord”. Les Etats-Unis en ont fait la promotion, une minorité pastorale afghane, des membres de tribus migratoires en provenance des steppes russes, qui dominaient et dirigeaient brutalement et par la corruption la majorité Pachtoune.

Ces gens sont aujourd’hui le gouvernement de l’Afghanistan et la guerre d’indépendance continue là-bas mais le contexte sous-jacent est la drogue. L’Amérique a pris l’Afghanistan de nation sans drogue pour l’amener au pire enfer d’adiction à la drogue et au rang de plus gros producteur d’héroïne hautement raffinée au monde.

L’armée américaine a supervisé tous les aspects de ce processus, travaillant en relation très étroite avec des membres du congrès des Etats-Unis, qui personnellement contrôlent l’offre mondiale de l’héroïne.

Pendant des années, les Etats-Unis ont raconté des histoires au sujet des réseaux de drogue des Talibans, au sujet d’aéroports secrets, un peu comme les fadaises racontées en 2001 par Donald Rumsfeld et Tim Russert au sujet de villes souterraines où les comploteurs du 11 septembre se seraient entraînés. En 2001, le ministre de la défense Donald Rumsfeld affirmait qu’il existait une douzaine de ces villes souterraines à travers l’Afghanistan, certaines sur 5 étages en sous-sols, avec des routes et des hôpitaux, abritant des centaines de milliers de personnes, une justification pour une invasion des Etats-Unis…

Nous sommes en 2016 et on doit toujours découvrir ne serait-ce qu’une de ces fameuses “villes” et pourtant personne ne pipe mot, l’armée américaine ne dit jamais rien, ce qui nous ramène à la discussion sur la drogue. Quel est le profit du pentagone ? Comment distribue t’il le cash ? Combien prend un général ?…

Nous savons cela, ils sont payés, nous savons où se trouvent leurs comptes en banque: aux Iˆles Caïmans (NdT: dans les Caraïbes), nous savons qu’ils furent mis en place par Bain Capital qui appartient à Mitt Romney (NdT: un ancien candidat à la présidence des USA pour le parti républicain !!…) et nous savons que cet argent finance des fondations qui lavent plus blancs des milliards de dollars dans des réserves de chasse, dans des entreprises de leasings de Mercédès, envoient des gamins à Harvard et dans une suite sans fin de voyages de débauche dans toutes les capitales du pêchés au monde.

Voilà ce qu’est le véritable Pentagone, ils sont des personnes qui se rendent à des sessions quotidiennes de prières, portent des médailles plein leurs poitrines et se pavanent en s’attendant à l’adulation d’un public américain totalement ignorant.

Le co-fondateur de VT, le colonel David Hackworth, le militaire le plus décoré de ces derniers cent ans, ancien combattant de la seconde guerre mondiale, de Corée et du Vietnam (NdT: qu’avons-nous dit précédemment ?…), est le seul officier à s’être retourné contre le Pentagone (NdT: on pourrait quand même ajouter à cette très courte liste certes, le général de l’US Marine Corps Smedley Butler…). L’écrivain à succès Hackforth passa le reste de sa vie à exposer la corruption sans nom du Pentagone et la complicité militaire dans le ganstérisme de haut niveau.

Hackforth fut unique, il n’y eut personne d’autre à ce niveau, personne n’a parlé, pas sur la drogue, le trafic, ni sur les 3000 milliards de $$ des contribuables volés par les contractants militaires, ni sur la torture et certainement pas non plus sur la tendance pour l’armée à choisir de fonctionner de la sorte autour du monde, ne répondant de ses actes qu’aux banquiers et aux gros trafiquants de drogue qui les ont acheté corps et âmes il y a bien des années.

Nous pourrions étoffer sans discontinuer pendant un bon moment. Il est certain que des groupes bien financés et puissants ainsi qu’un faible leadership politique qui contrôlent Washington, un mélange de banque et de finance, de crime organisé, d’intérêts spéciaux et du nexus de la terreur turco-israélo-saoudien, ont laissé les Etats-Unis prostrés et totalement ouvert à toute subjugation.

L’armée américaine est un plus grand maillon faible que le congrès si on peut le croire, avec son armée de princes pouponnés subjugués depuis longtemps par les ennemis de l’Amérique.

Où donc nous mènera une analyse réaliste ? La vérité est que personne ne veut le savoir et y aller. La vérité, si une telle chose existe, est si sombre, si malveillante, que les vies débauchées des leaders de ce monde font pâles figures en comparaison…

=*=

Article connexe:

https://resistance71.wordpress.com/2016/09/24/resistance-politique-letat-detenteur-du-monopole-de-la-violence-par-son-armee-est-lennemi-de-la-societe-civile-une-voix-quebecoise/

Guerre impérialiste en Syrie… Les USA et Israël couvertures aériennes de l’EIIL, à partir de là où va t’on ?…

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La Russie va t’elle se rendre ?

 

Paul Craig Roberts

 

19 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2016/09/19/will-russia-surrender-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Article connexe: « Simulacre de paix » (Thierry Meyssan)

 

L’effort sincère et diligent du gouvernement russe afin d’empêcher le chaos en Syrie et son afflux inhérent massif de réfugiés vers l’Europe, tout en évitant le conflit avec Washington et ses vassaux, vient de se terminer avec l’attaque intentionnelle des Etats-Unis sur une position connue de tous de l’Armée Arabe Syrienne, torpillant du même coup l’accord de cesser-le-feu pour lequel la Russie à tant sacrifier pour le faire intervenir.

La réponse à ce fait établi par l’ambassadrice du régime Obama à l’ONU, Samantha Power, révèle que Washington est préparé à mentir jusqu’au bout comme un arracheur de dents afin de préserver coûte que coûte son agenda de chaos programmé pour la syrie, comme ce fut fait en Irak et en Libye. Seul Washington est responsable de la guerre en Syrie. Lorsque le parlement britannique et le gouvernement russe bloquèrent l’invasion américaine programmée de la Syrie pour renverser le gouvernement, le régime Obama a développé et financé (fait financer) des groupes “djihadistes” mercenaires prétendant être des “rebelles” syriens luttant pour la démocratie en Syrie. Samantha Power a mis l’histoire queue par dessus tête quand elle a blâmé la guerre sur l’intervention russe en Syrie, intervention faite à l’invitation expresse du gouvernement syrien pour l’aider à lutter contre les djihadistes de l’EIIL que Washington avait envoyés pour déstabiliser Damas. Ce que Samantha veut dire est que si la Russie n’était pas venue à la rescousse de la Syrie, Washington et l’EIIL auraient déjà détruit la Syrie et il n’y aurait pas de guerre.

http://www.informationclearinghouse.info/article45501.htm

L’ambassadeur russe à l’ONU Vitaly Tchourkine a dit que dans sa longue carrière de 40 ans en tant que diplomate, il n’avait jamais vu une performance si haut la main et démagogique que celle de Samantha Power. En cela, Tchourkine semblait vouloir indiquer qu’une telle réponse si irréaliste et tordue à des faits pourtant si bien connus, délivrée par Samantha le laisse sans espoir de solution diplomatique.

http://www.informationclearinghouse.info/article45502.htm

Si le gouvernement russe est finalement arrivé à la conclusion que Washington est déterminé à détruire la stabilité politique en Syrie et de la remplacer par le chaos, cela a pris très longtemps.

Le gouvernement russe a soigneusement évité cette conclusion, parce qu’une fois que la diplomatie est reconnue comme sans effet aucun, alors la force se confronte à la force. Dans le contexte actuel, ceci veut dire une guerre thermo-nucléaire et la fin de toute vie sur Terre.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement russe a diplomatiquement répliqué aux provocations coercitives de Washington, offrant une coopération en lieu et place d’un conflit. Mais Washington veut le conflit quoi qu’il en soit. Les Russes ont prétendu que Washington avait un intérêt commun avec la Russie à combattre le terrorisme, mais celui-ci est l’outil de déstabilisation de Washington contre la Syrie, puis l’Iran et ensuite les provinces musulmanes de la Fédération de Russie et de la Chine.

Washington veut l’hégémonie et non pas la coopération. Maintenant que Samantha Power a si bien clarifié que le gouvernement russe ne peut plus prétendre autre chose, que va faire la Russie (et la Chine) ?

Si la Russie et la Chine ne sont pas préparées à la guerre que leur apporte Washington, vont-elles se rétracter et battre en retraite face à l’agression et sacrifier la Syrie, les provinces séparatistes de l’Ukraine et les multiples îles du Pacifique disputées tandis qu’elles se renforcent ? Ou vont-elles décider de briser l’alliance de l’OTAN en rendant le coût du conflit si transparent aux vassaux européens de Washington ? Il est très clair que l’Europe n’a absolument rien à gagner de l’agression américaine contre la Russie et la Chine.

La russie est-elle incapable de faire quoi que ce soit maintenant que la diplomatie est dans un cul-de-sac avéré ?

Peut-être que ceci est la question déterminante. Aussi loin que puisse le dire quelqu’un qui n’est pas membre du gouvernement russe, la Russie n’est pas complètement en contrôle de sa destinée. Des éléments du gouvernement russe connus sous le vocable “d’intégrationnistes atlantistes” croient que ce qui est le plus important pour la Russie, c’est de faire partie de l’Occident et de s’intégrer dans le système occidental que d’être un pays souverain. Ils argumentent que si des pays comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France ont pu profiter d’être les vassaux des Etats-Unis, alors la Russie peut en faire autant.

Ces Atlantistes affirment que la capacitié stratégique nucléaire de la Russie ainsi que sa masse géographique veulent dire qu’elle peut maintenir une certaine souveraineté et ne se soumettre que partiellement en tant que vassale. Un problème demeure avec cette prise de position: cela assume que les néo-conservateurs se satisfassent d’une hégémonie partielle et incomplète et ne capitaliseraient pas sur la position plus faible russe afin de parvenir à l’hégémonie parfaite.

Le gouvernement russe a toujours probablement espoir qu’au moins quelques gouvernements européens vont reconnaître leur responsabilité et éviter la guerre en sortant de l’OTAN, retirant ainsi le tapis de la couverture politique de sous les pieds de Washington. Mais comme un très haut-fonctionnaire du gouvernement américain me l’avait confié aussi loin que dans les années 1970: “Ils sont en notre pouvoir, ils nous appartiennent.”

Très peu d’espoir peut-être trouvé au sein des médias européens. Udo Ulfkotte, un ancien rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung, a publié un livre dans lequel il montre que la plupart des journalistes européens d’importance émargeaient à la CIA.

http://www.zerohedge.com/news/2016-03-28/top-german-journalist-admits-mainstream-media-completely-fake-we-all-lie-cia

Avec des politiciens et des médias totalement vendus et achetés, d’où pourrait bien provenir un leadership européen ?

Les Européens sont devenus tout à fait accoutumés à leur rôle de vassaux sous-contractants. Comme aucun politicien ou rédacteur en chef de journal européens ne peuvent assumer qu’un acte de rébellion aurait du succès, ils ont bien plus de chance de profiter de leur vie enrichie des cadeaux américains que de prendre un risque pour l’humanité.

Une plus vaste question demeure de savoir si les systèmes socio-économico-politiques survivant peuvent agir pour le bien de l’humanité. Il n’est pas du tout clair que les civilisations capitalistes soient capables d’être humaines, parce que leur valeur est exclusivement fondée sur l’argent., ce qui rend la veulerie, la soif de pouvoir, facteurs tous-puissants. Il est possible que la malfaisance et l’incompétence humaines aient détruit non seulement l’environnement de la planète mais aussi les systèmes sociaux humains. Le mondialisme n’est en aucun cas un système de coopération ; c’est le système, le schéma de domination absolue américaine pour Washington.

Guerre mondiale: Alliance OTAN, Médias, Politiques contre la Russie pour renchérir toute la misère du monde… (John Pilger)

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« Le mythe d’Al Qaïda est bâti sur une base extensive de semies-vérités et de faits cachés. C’est une création de la CIA, élaborée pour se substituer à un ennemi de l’Amérique remplaçant l’URSS. Des officiels américains, à un moment donné, ont pris la décision de fabriquer l’histoire d’un réseau mondial mythique de terroristes islamistes à partir des exploits des moudjahidines afghans. »
~ Peter Chamberlin, BBC ~

« Les peuples, les gouvernements et les économies de toutes les nations doivent servir les besoins des banques et des entreprises multinationales. »
~ Zbigniew Brzezinski ~

 

Provoquer une guerre nucléaire via les médias

 

John Pilger

 

23 août 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/provoking-nuclear-war-by-media

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’exonération d’un homme accusé du pire des crimes, celui de génocide, n’a pas fait les manchettes des journaux, Ni la BBC ni CNN n’ont couvert l’information. Le Guardian de Londres a juste fait un bref commentaire. Une telle admission officielle, si rare en soi, a été enterrée ou supprimée, de manière tout à fait compréhensible. Cela expliquerait bien trop du comment les dirigeants du monde dirigent.

Le Tribunal Pénal International (TPI) pour l’ancienne Yougoslavie de La Haye a lavé subrepticement l’ancien président serbe décédé, Slobodan Milosevic, de tous crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995, incluant le massacre de Srebrenica.

Loin de conspirer avec le leader serbo-bosniaque condamné Radovan Karadzic, Milosevic a, quant à lui, “condamné le nettoyage ethnique”, s’est opposé à Karadzic et a essayé d’arrêter la guerre qui démantelait la Yougoslavie.

Enterrée vers la fin d’un rendu de jugement sur Karadzic long de 2590 pages en février dernier, cette vérité démolit plus avant la propagande qui justifia l’assaut illégal de l’OTAN sur la Serbie en 1999.

Milosevic est mort d’une crise cardiaque en 2006, seul dans sa cellule de La Haye, pendant ce qui s’avéra être un procès bidon fait par un “tribunal international” inventé par les Américains. Une opération cardiaque qui aurait pu lui sauver la vie fut refusée, ses conditions de santé empirèrent, il fut surveillé et maintenu au secret par les officiels américains, comme l’a révélé depuis Wikileaks.

Milosevic était la victime d’une propagande de guerre, qui aujourd’hui ruisselle à torrents sur nos écrans et dans nos journaux et nous apporte un très grand danger, à tous autant que nous sommes. Il fut le démon prototype, vilifié par les médias occidentaux comme étant le “boucher des Balkans”, responsable d’un génocide, spécifiquement dans la province sécessionniste yougoslave du Kosovo. Le premier ministre britannique Tony Blair l’avait affirmé, avait invoqué “l’holocauste” et avait demandé une intervention contre ce “nouvel Hitler”. David Sheffer, l’ambassadeur américain, en fuite pour crimes de guerre (sic), avait déclaré que plus de 220 000 Albanais ethniques mâles de 14 à 59 ans “auraient été massacrés par les forces de Milosevic.”

Ceci fut la justification des bombardements de l’OTAN, emmenés par Clinton et Blair, qui tuèrent des centaines de civils dans les hôpitaux,, les écoles, les églises, les jardins publics, les studios de télévision et qui détruisirent l’infrastructure économique de la Serbie. Ce fut ouvertement idéologique ; dans une célèbre “conférence de paix” à Rambouillet en France, Milosevic fut confronté par Madeleine Albright, la ministre américaine des affaires étrangères, qui plus tard perpétra l’infâmie avec sa remarque que la mort de plus d’une demi million d’enfants irakiens “en valait la peine”.

Albright fit une “offre” à Milosevic, une de celle qu’aucun leader national ne pourrait accepter. A moins qu’il n’accepte l’occupation militaire étrangère de son pays, avec des “forces d’occupation” se tenant en dehors de toute procédure légale et l’imposition de mesures économiques libérales de “libre-échange”, la Serbie serait bombardée. Ceci était contenu dans un “Appendice B”, que les médias ne retranscrirent pas ou supprimèrent purement et simplement. L’objectif était d’écraser le dernier des états socialistes indépendants d’Europe.

Dès que l’OTAN commença les bombardements, il y eut une précipitation de réfugiés kosovars “fuyant l’holocauste”. Lorsque ce fut terminé, des équipes de police internationale allèrent au Kosovo pour exhumer les victimes de “l’holocauste”. Le FBI échoua à y trouver une seule fosse commune et retourna à la maison. L’équipe d’experts légistes espagnole fit de même, son patron dénonçant en colère: “une pirouette sémantique de la part des machines propagandistes de guerre.” Le décompte final des morts au Kosovo fut de 2788 personnes ; ceci incluaient les combattants des deux côtés ainsi que les Serbes et Roms assassinés par le Front de Libération du Kosovo pro-OTAN. Il n’y avait pas eu de génocide. L’attaque de l’OTAN était à la fois une fraude et un crime de guerre.

Mis à part une toute petite fraction des tant vantés missiles de “haute précision” américains, ceux-ci ne touchèrent pas de cibles militaires mais des cibles civiles, incluant les nouveaux studios de la télévision serbe à Belgrade. Seize personnes y furent tuées, incluant un caméraman, des producteurs de programmes et des maquilleuses. Blair décrivit profanement les morts comme étant partie d’un “centre de commandement et de contrôle” serbe. En 2008, la procureure du TPI pour l’ancienne yougoslavie, Carla Del Ponte, a révélé qu’elle avait subi d’énormes pressions pour ne pas faire enquêter sur les crimes de l’OTAN.

Ce fut le modèle dès lors des futures invasions par Washington de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et par procuration de la Syrie. Tout ceci, sous les conventions de Nüremberg, constitue des “crimes importants”, mais tout dépend de la propagande des médias. Tandis que le journalisme de tabloïde/presse de caniveau a joué son rôle traditionnel, ce fut le journalisme sérieux, crédible et le plus souvent de gauche libérale qui fut le plus efficace, comme la promotion évangélique des guerres de Blair par le Guardian de Londres, les mensonges incessants au sujet de Saddam Hussein et ses armes de destruction massive non-existantes, dans l’Observer et le New York Times (NdT: la voix de la CIA) et le martèlement des tambours de guerre sans discontinuer de la part de la BBC ainsi que le silence assourdissant de ses omissions.

Au pic des bombardements, la journaliste de la BBC Kirsty Wark s’entretint avec le général chef des opérations de l’OTAN, Wesley Clark. La ville serbe de Nis venait juste d’être arrosée par des bombes à fragmentation américaines, tuant des femmes des enfants et des personnes âgées dans un marché et dans un hôpital. Wark ne posa aucune question à ce sujet, ni au sujet des morts de civils en Serbie. D’autres furent bien plus éhontés. En février 2003, le jour d’après la mise à feu de l’Irak par le tandem Bush et Blair, la patron du service politique de la BBC, Andrew Marr, se tenait au 10 Downing Street et y faisait un véritable discours de victoire. Il dit à ses auditeurs que Blair avait dit “être capable de prendre Baghdad sans bain de sang et qu’à la fin les Irakiens célébreraient l’évènement et en ces deux points, il a été prouvé vrai.” Aujourd’hui, avec plus d’un million de morts et une société en ruine, les entretiens de Marr sont recommandés par l’ambassade des Etats-Unis à Londres.

Les collègues de Marr firent la queue pour laver Blair plus blanc. Le correspondant de la BBC à Washington, Matt Frei a dit: “Il ne fait aucun doute que le désir d’amener le bien, d’amener les valeurs américaines au reste du monde et spécifiquement au Moyen-Orient… est maintenant lié de manière croissante au pouvoir militaire.”

Cette obéissance aux Etats-Unis et leurs collaborateurs comme force sans importance “amenant le bien” est profondément ancrée dans le journalisme de l’establishement occidental. Elle assure que la catastrophe actuelle en Syrie n’est exclusivement blâmée que sur Bachar Al-Assad, contre lequel l’occident et Israël ont conspiré à renverser depuis longtemps, non pas pour des raisons humanitaires, mais pour consolider le pouvoir agressif d’Israêl dans la région. Les forces djihadistes qui ont été lâchées, armées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Turquie et leur “coalition” par procuration, servent leur rôle à merveille. Ce sont ces forces qui distillent la propagande et les vidéos diffusées en occident, donnent un accès aux journalistes et garantissent une couverture médiatique à sens unique des médias de la guerre en Syrie.

La ville d’Alep fait les manchettes. La plupart des lecteurs ne seront pas au courant que la vaste majorité de la population d’Alep vit dans la partie occidentale de la ville contrôlée par le gouvernement syrien. Que ces gens souffrent de tirs d’artillerie quotidiens de la part de groupes d’Al Qaïda financés et soutenus par l’occident n’est pas nouveau. Le 21 juillet, les bombardiers français et américains ont attaqué un village tenu par le gouvernement dans la province d’Alep, tuant 125 civils. Ceci fut rapporté en page 22 du journal the Guardian, sans aucune photographies.

Ayant créé un djihadisme sous-jacent en Afghanistan dans les années 1980 comme une partie de l’Opération Cyclone, une arme de destruction de l’URSS, les Etats-Unis font la même chose en Syrie. Tout comme les “moudjahidines” afghans, les “rebelles” syriens sont les fantassins des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Beaucoup se battent pour Al Qaïda et ses multiples variantes; certains comme le Front Al Nosra, ont changé de nom pour être en accord avec les sensitivités américaines de l’après 11 septembre. La CIA les gère, avec difficulté, comme elle gère tous les djihadistes dans le monde.

Le but immédiat est de détruire le gouvernement de Damas, qui d’après un sondage des plus crédibles (YouGov Siraj), est soutenu par la majorité des Syriens, ou du moins considéré comme une protection légitime, nonobstant le barbarisme se tenant dans son ombre. Le but à long terme est de refuser à la Russie un allié clef au Moyen-Orient, comme partie d’une guerre d’attrition de l’OTAN contre la Fédération de Russie, qui éventuellement la détruira.

Le risque nucléaire est évident, bien que supprimé par les médias du “monde libre”. Les éditorialistes du Washington Post, après avoir promu la fiction des armes de destruction massive en Irak, demandent qu’Obama attaque la Syrie. Hillary Clinton, qui s’est réjouie publiquement de son rôle de bourreau au cours de la destruction de la Libye, a indiqué de manière répétitive que, comme présidente, elle “irait plus loin” qu’Obama (NdT: Elle a publiquement dit il y a plusieurs années: “moi présidente, nous bombarderons l’Iran !”, la Syrie n’est pas seule dans le colimateur de la harpie laquais des financiers…)

Gareth Porter, un journaliste samizdat (NdT: dissident en URSS) rapportant récemment depuis Washington, a révélé les noms de ceux ayant toutes les chances d’être incorporés dans le cabinet Clinton planifiant d’attaquer la Syrie. Tous ont un historique belligérant datant de la guerre froide. L’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, dit que le prochain président des Etats-Unis devra “considérer ajouter des forces spéciales sur le terrain”. Ce qui est le plus remarquable maintenant avec la marée propagandiste actuelle, c’est son absurdité et sa familiarité patentée. J’ai regardé un certain nombre de films propagandistes d’archives américains des années 1950 lorsque des diplomates, des fonctionnaires, des journalistes étaient victimes d’une “chasse aux sorcières” sous le régime du sénateur McCarthy, après avoir défier la paranoïa et ses mensonges au sujet de la Russie et de la Chine. Comme une tumeur tenace, le culte anti-russe a ressurgit.

En Grande-Bretagne, Luke Harding du Guardian mène la haine anti-Russie du journal au gré d’un flot de parodies journalistiques qui assignent à Vladimir Poutine tous les défauts du monde. Lorsque les fuites dites des documents du Panama furent publiées, la une du Guardian mentionnait Poutine et il y avait une photo de Poutine, même si Poutine n’était nulle part mentionné dans ces fuites.

Comme Milosevic, Poutine est devenu le démon en chef. Ce fut Poutine qui fit abattre l’avion de ligne malais au dessus de l’Ukraine. Titre: “Aussi loin que je sois concerné, Poutine a tué mon fils.” Aucune preuve requise. Poutine fut aussi responsable du renversement par Washington (documenté et acheté) du gouvernement de Kiev en 2014. La sévère campagne russophobe qui s’en suivie, menée par des milices fascistes, contre les populations parlant russe ne fut que le résultat de “l’agression” de Poutine. Empêcher la Crimée de devenir une base de missiles de l’OTAN et protéger une population essentiellement russe qui avait positivement votée dans un referendum pour rejoindre la Fédération de Russie, de laquelle la Crimée fut enlevée et annexée, étaient toujours plus d’exemples de “l’agression” de Poutine. La diffamation par les médias devient immanquablement une guerre par les médias. Si une guerre se déclenche avec la Russie, par design ou par accident, les journalistes en porteront une énorme responsabilité .

Aux Etats-Unis, la campagne anti-russie a été élevée à un niveau de réalité virtuelle. Le colonniste du New York Times, Paul Krugman, un économiste avec un Prix Nobel, a appelé Donald Trump le “candidat sibérien” parce que dit-il, Trump est l’homme de Poutine. Trump a osé suggérer, dans un très rare moment de lucidité, qu’une guerre avec la Russie pourrait bien être une mauvaise idée. En fait, il a été plus loin et a enlevé les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine de la plateforme républicaine. “Ne serait-ce pas excellent si nous nous entendions bien avec la Russie ?” a t’il lâché.

Voilà pourquoi l’establishment libéral va t’en guerre américain le déteste. Le racisme de Trump et sa démagogie hurlante n’ont rien à voir là-dedans. Les archives de Bill et Hillary Clinton sur le racisme et l’extrémisme battent Trump à plate couture à n’importe quel moment (cette semaine est le 20ème anniversaire de la “réforme” clintonnienne de la sécurité sociale qui lança de facto une guerre contre les africains-américains). Quant à Obama: tandis que la police américaine abat à coup de flingues ses compatriotes noirs, le grand espoir siégeant à la Maison Blanche n’a rien fait pour les aider, rien fait pour soulager leur appauvrissement, le tout en menant quatre guerres rapaces et une campagne d’assassinats (par drones) sans précédent.

La CIA a demandé que Trump ne soit pas élu ; les généraux du Pentagone ont fait de même, le New York Times va t’en guerre, soufflant un peu de ses diffamations de basse classe sur Poutine, demande qu’il ne soit pas élu. Il se passe quelque chose. Ces tribunes de la “guerre perpétuelle” sont terrifiées que les affaires rapportant des milliards de dollars avec la guerre, par laquelle les Etats-Unis maintiennent également leur domination, seront amoindries si Trump arrive à un accord avec Poutine, puis avec Xi Jinping de la Chine. Leur panique à la possibilité que la plus grande puissance du monde puisse parler de paix, même si cela a peu de chances d’arriver, serait la farce la plus noire, si les choses n’étaient pas si tendues.

“Trump aurait adoré Staline!” a gémi le vice-président Joe Biden lors d’un rally pour Clinton. Clinton hochant de la tête, il cria “Nous ne courbons jamais l’échine. Nous ne nous agenouillons jamais. Nous n’abandonnons jamais. La ligne d’arrivée nous appartient. Voilà ce que nous sommes. Nous sommes l’Amérique !”

En GB, Jeremy Corbyn a aussi excité une hystérie collective de la part des faiseurs de guerre du parti travailliste ainsi que des médias dévoués à le laminer. Lord West, ancien amiral de la flotte et ministre travailliste l’a bien dit. Corbyn prenait une position anti-guerre jugée “inconcevable” “parce que cela amène les masses non pensantes à voter pour lui.”

Dans un débat avec celui qui défi le leadership Owen Smith, le modérateur demanda à Corbyn: “Comment agiriez-vous devant la violation par Poutine de l’intégrité d’un état membre de l’OTAN?” Corbyn répondit: “Vous devriez en première instance éviter cela. Vous construiriez un bon et durable dialogue avec la Russie… Nous essaierions d’introduire une démilitarisation de la zone frontière entre la Russie, l’Ukraine et les autres pays frontaliers de la Russie en Europe de l’Est. Ce que nous ne pouvons pas permettre, c’est une série d’escalades militaires calamiteuses de chaque côté, ce qui ne peut mener qu’à un grand danger.”

Acculer pour savoir s’il autoriserait la guerre contre la Russie, Corbyn répliqua: “Si vous le devez, je ne veux pas entrer en guerre, ce que je désire est un monde où nous n’aurions pas besoin d’entrer en guerre.”

La ligne qu’emprunte le questionnement des médias doit beaucoup à la montée en flèche des faiseurs de guerre libéraux en Grande-Bretagne (NdT: Idem en France, ce qui démontre bien que tout ceci est planifié ailleurs et transmis aux rouages politiques à la botte de l’agenda oligarchique). Le parti travailliste et les médias leur ont offert de longue date des opportunités de carrière. Pendant un certain temps, le tsunami moral du grand crime commis en Irak les a laissé quelque peu en suspend, leurs inversions de la vérité étant un embarassement temporaire. Nonobstant Chilcot et la montagne de faits incriminants, Blair demeure leur inspiration, parce qu’il fut un “vainqueur”.

Le journalisme ou l’érudisme dissidents ont depuis été systématiquement bannis ou vus comme inappropriés, les idées démocratiques vidées de leurs sens et remplies par une “politique identitaire” qui méprend le genre pour le féminisme et l’angoisse publique avec la libération et ignore volontairement l’état de violence et le profit généré par les armes qui détruisent un nombre incalculable de vies dans des endroits reculés comme le Yémen ou la Syrie et acquiesce pour une guerre nucléaire en Europe et dans le monde.

Le brassage de gens de tous les âges autour de la montée spectaculaire de Jeremy Corbyn contre tout cela dans une certaine nesure. Sa vie a été passée à mettre les feux de la rampe sur les horreurs de la guerre. Le problème de Corbyn et de ses supporteurs, c’est le parti travailliste. En Amérique, le problème des dizaines de milliers de suiveurs de Bernie Sanders fut le parti démocrate, sans mentionner la trahison ultime de leur grand espoir blanc. Aux Etats-Unis, patrie des grands droits civiques et des mouvements anti-guerre, c’est le mouvement Black Lives Matter et ceux comme Codepink qui sont en train de poser les jalons de la version moderne.

Car seul un mouvement qui grossit dans toutes les rues et au travers des frontières, sans abandonner, peut arrêter les va t’en guerre. L’an prochain, il y aura un siècle depuis que Wilfred Owen écrivit ce qui suit. Chaque journaliste devrait le lire et surtout, s’en rappeler.

If you could hear, at every jolt, the blood

Come gargling from the froth-corrupted lungs,

Obscene as cancer, bitter as the cud

Of vile, incurable sores on innocent tongues,

My friend, you would not tell with such high zest

To children ardent for some desperate glory,

The old lie: Dulce et decorum est

Pro patria mori.

Note de Résistance 71: Ce petit “poème en prose”, comme tout texte de ce style, est très difficile à traduire sans en trahir le style et la teneur, nous nous y essayons, mais gardons le texte original ci dessus en référence…

Cela pourrait se traduire comme suit:

 “Si tu pouvais entendre, à chaque décharge, le sang

Gargouillant depuis les poumons viciés de spume,

Obscène comme un cancer, amer comme un surillon

D’aphtes vils et incurables sur des langues innocentes,

Mon ami, tu ne parlerais pas avec un tel enthousiasme

Aux enfants ardents de quelque gloire désespérée,

Du vieux mensonge: Qu’il est doux et bienséant de mourir pour la patrie*.”

 

(*) traduction du latin dans le texte: Dulce et decorum est pro patria mori.

Pays du goulag levant, OTAN, Russie et 3ème guerre mondiale: La déconfiture occidentale annoncée (Pepe Escobar)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 27 mai 2016 by Résistance 71

Ne souhaitez pas trop fort: la Russie est prête à la guerre

Pepe Escobar

23 Mai 2016

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article44725.htm

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ainsi donc les ministres des affaires étrangères des 28 pays membres de l’OTAN se sont réunis à Bruxelles pour un sommet de deux jours, alors que la formidable puissance militaire du Montenegro était adoubée comme nouveau membre.

Le Robocop mondial que se veut être l’OTAN a discuté de manière tout à fait prévisible de l’Afghanistan (une guerre que l’OTAN a ignoblement perdu), de l’Irak ( une guerre que le Pentagone a ignoblement perdu), la Libye (une nation que l’OTAN a transformé en un état décrépi, dévasté par un enfer de guerres miliciennes), la Syrie (une nation que l’OTAN, via la Turquie, aimerait beaucoup envahir et qui est déjà dans un enfer de guerre miliciennes).
Les Afghan doivent maintenant demeurer persuadés que la mission de soutien résolu de l’OTAN, plus le “soutien financier des forces afghanes”, assureront finalement le succès de l’Opération Enduring Freedom pour toujours.

Les Libyens doivent demeurer convaincus, des mots mêmes de la figure de proue de l’OTAN Jens Stoltenberg, que nous “devrons être prêts à soutenir le nouveau gouvernement d’accord national en Libye”.

Stoltenberg a dûment confirmé: “Nous avons déjà décidé d’améliorer notre présence dans la partie orientale de l’alliance. Nos planificateurs militaires ont émis des propositions pour que plusieurs bataillons soient déployés dans plusieurs pays de la région. Aucune décision n’a encore été prise quant au nombre et aux endroits de déploiement.

Ces “quelques bataillons” pathétiques ne vont pas faire perdre le sommeil aux planificateurs russes. La véritable mesure est le déploiement du système Aegis Ashore en Roumanie la semaine dernière, plus un autre à venir en Pologne en 2018. Ceci a été véhémentement opposé par Moscou depuis le début des années 2000. L’argument de l’OTAN que l’Aegis représente une protection contre la “menace” des missiles ballistiques de l’Iran, n’est pas même digne d’un jeu de cour de récrée de maternelle.

Tous les planificateurs russes savent pertinemment que le système Aegis n’est pas un système défensif. Ceci est un changement de règle dangereux, comme dé-localiser la capacité nucléaire américaine en Europe de l’Est. Rien d’étonnant donc à ce que le président Poutine ait dû clarifier que la Russie répondrait “adéquatement” à toute menace envers sa sécurité.

Ainsi, la guerre froide 2.0 vient de se redéclencher.

Un ancien adjoint commandant de l’OTAN a grimpé aux rideaux lorsque des têtes plus saines se demandèrent si Moscou tôt ou tard, n’en aurait pas assez de toutes ces salades et se préparerait pour la guerre.

Ce patriote inutile

On pourrait dire que les isolés du pouvoir néocons et conservateurs néolibéraux de Washington, dans un même élan, ne veulent pas d’une guerre ouverte avec la Russie. Ce qu’ils veulent, à part engranger toujours plus de fric pour le Pentagone, est faire monter la sauce de telle façon que Moscou plie les gaules, argument basé sur une analyse rationnelle du coût. Pourtant le prix du pétrole va inévitableent augmenter en 2016 et sous ce scenario, Washington est grand perdant.. Alors on verra peut-être une augmentation des taux d’intérêts de la Fed (avec bien sûr tout le pognon continuant à aller directement à Wall Street) pour tenter de renverser le scenario.

Des comparaisons de la préparation de l’OTAN actuelle aux préparations de la seconde guerre mondiale ou même de l’OTAN en opposition au Pacte de Varsovie, sont amateures. Le THAAD et les missiles Patriots sont inutiles et ne valent pas un pet de lapin et ce dixit la force de défense israélienne elle-même, c’est pourquoi ils ont essayé de l’améliorer avec le soi-disant “Dôme de Fer”.

Dans le même temps, ces nouveaux “bataillons” militaires de l’OTAN sont sans substance. La poussée de base derrière l’action du Pentagone sous l’égide du nouveau con Ash Carter, continue à vouloir pousser la Russie toujours plus loin en Syrie et en Ukraine (comme si Moscou était réellement militairement impliqué dans un bourbier ukrainien et voudrait même l’être…) ; piéger la Russie dans des guerres par procuration, et la saigner économiquement en incapacitant ses gros revenus sur les exportations de gaz et de pétrole.

La Russie ne veut pas et n’a aucun besoin de la guerre. Et pourtant, le narratif occidental de “l’agression russe” n’arrête jamais. Ainsi, il est toujours très instructif de revenir à cette étude de la RAND Corporation, qui a examiné ce qui se passerait si une guerre éclatait effectivement. RAND a atteint la conclusion “non ambigüe”, après une série de simulations effectuée en 2015, que la Russie pourrait battre à plate couture l’OTAN en juste 60 heures, si pas moins, si jamais il y avait une guerre active sur le sol européen.
Note de Résistance 71: Ah quel progrès avec des armées de métiers !!… Pour ceux de nos lecteurs qui sont assez âgés pour avoir connu l’armée de conscription, il y a plus de 30 ans, il était dit aux trouffions de base appelés et basés en Allemagne dans les régiments français, que la “mission” était de tenir 48 heures contre les hordes bolchéviques pour que çà puisse se réorganiser “à l’arrière” et retarder Ivan Ilitch Tovaritch d’accéder à l’océan Atlantique !… En 30 ans, on est passé de 48 heures d’espérance de vie à 60 (en comptant large)… Les poilus doivent gigoter grave dans leurs tombes… Ces conscrits qui tinrent plus de 4 ans contre les hordes teutonnes du moment…

La RAND Corporation est essentiellement un poste avancé de la CIA, et donc une machine de propagande bien huilée. Pourtant ce n’est pas de la propagande que de dire que les états baltes et l’Ukraine tomberaient en moins de trois jours face à l’armée russe. Quoi qu’il en soit, la suggestion faite que quelques divisions blindées et plus de puissance aérienne supplémentaires de l’OTAN feraient une différence matérielle est une vaste fumisterie.

Le système Aegis change la donne dans la mesure où il qualifie une zone de lancement pour la défense US anti-missiles. Pensez à des missiles américains ayant un temps de vol minimum, de l’ordre de 30 minutes, de Moscou, ceci est une menace certifiée pour la nation russe. L’armée russe a aussi été “sans ambiguité” dans sa réponse, s’il est reconnu que l’OTAN, via la Pentagone, essaie un truc marrant, il y aura des raisons valables pour une frappe préventive au moyen des missiles Iskander-M depuis la Transnitrie, comme pour la destruction des missiles US par des armes de précision placées de manière bien utile.

Dans le même temps, Moscou a été couronnée de succès en Syrie, même si bien entendu les jeux ne sont pas faits. Alors ce qu’il reste au Pentagone, via l’OTAN, est essentiellement de jouer la carte de la tactique de la trouille. Ils savent que la Russie est préparée à la guerre, certainement bien mieux que l’OTAN du reste. Ils savent que ni Poutine, ni l’armée russe ne vont plier à cause de cette terreur de cour de récrée de maternelle. Quant au ton un peut trop conciliant du Kremlin envers Washington, tout çà risque de changer très bientôt.

Dites bonjour à mes S-500

L’armée russe est en phase de tester ses premiers prototypes de défense anti-aérienne et anti-missiles S-500 Prométée alias les 55R6M Triomphateur M, capables de détruire des missiles ballistiques inter-continentaux (MBIC), des missiles de croisière hypersoniques et des avions à une vitesse de plus de Mach 5, aussi capables de détecter et d’attaquer simultanément jusqu’à 10 têtes de missiles à une distance utile de 1300km. Ceci veut dire que les S-500 peuvent pulvériser des missiles balliistiques avant même que leurs têtes nucléaires ne repénètrent dans l’atmosphère terrestre.

Donc dans le cas de l’OTAN patte de velours style RAND Corporation, les S-500 élimineraient complètement toute la puisance aérienne de l’OTAN au-dessus des états baltes, tandis que les missiles ultra avancés de type Kornet détruiraient tous les véhicules blindés de l’OTAN et ceci ne considère même pas l’enfer déchaîné par les armes conventionnelles.

Si çà en vient aux mains de manière nucléaire, les missiles anti-missiles S-400 et spécifiquement les S-500 bloqueraient tous les MBIC américains, les missiles de croisière et les avions furtifs. Les drones offensifs seraient bloqués par des défenses anti-drones. Le S-500 consigne pour ainsi dire les avions furtifs style F-22, F-35 et le B-2 dans les poubelles de la technologie militaire.

La réalité est que la Russie, en termes de développement de missile hypersonique, est en avance d’à peu près quatre générations sur les Etats-Unis si on le mesure par le développement progressif des systèmes S-300, S-400 et S-500. Hypothétiquement, on pourrait décrire le prochain système, déjà sur plan, comme le S-600. Cela prendrait aux Etats-Unis au moins 10 ans pour développer et sortir un nouveau système d’armement efficace, ce qui en termes militaires représente… une génération. Tout planificateur du Pentagone qui vaut son plan de retraite devrait savoir cela.

Les missiles russes – et chinois – sont déjà capables de mettre hors d’état de nuire les systèmes de guidage par satellite des MBIC nucléaires et des missiles de croisière américains. Ils pourraient aussi incapaciter les systèmes d’alerte et de détection rapides que les constellations de satellites donneraient. Le temps de vol d’un MBIC nucléaire lancé depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins russe jusqu•à disons la côte Est-Américaine est de moins de 20 minutes. Ainsi un système de détection et d’alerte très rapide est absolument critique. Ne comptez pas sur la daube des THAAD et des missiles patriots pour faire le boulot. Une fois encore, la technologie hypersonique russe a déjà rendu la totalité du système de défense américain aux Etats-Unis et en Europe complètement obsolète.

Alors pourquoi Moscou est si préoccupée par le placement par le Pentagone de son système Aegis si près des frontières russes ? Une réponse crédible serait de dire que Moscou est toujours concernée par le fait que le complexe militaro-indistriel américian pourrait développer un système de défense anti-missiles vraiment efficace même s’ils ont quatre générations de retard.

En même temps, les planificateurs du Pentagone ont des raisons d’être très inquiets par ce qu’ils savent ou supputent. Aussi, l’armée russe, de manière très asiatique, ne révèle jamais toutes ses cartes. Le point clef doit être répété encore et toujours: le système de défense S-500 est impénétrable et permet à la Russie, pour la première fois dans l’histoire, de lancer une première attaque nucléaire préventive efficacement si elle le désire et si elle choisit de le faire en étant dans le même temps immunisée contre toute rétaliation.

Le reste n’est que blablatage. Et pourtant, attendez-vous à ce que le discours du Pentagone et de l’OTAN demeure le même. Après tout, le complexe militaro-indiustriel et de la sécurité est une hydre dévoreuse de fric et avoir un ennemi puissant en face est une obligation (le “califat” islamiste bidon de Daesh compte pour du beurre…)

Le narratif de la menace demande que la Russie doive accepter docilement d’être encerclée par l’OTAN. La Russie n’a pas le droit de répondre en quelque circonstance que ce soit, toute réponse de sa part sera marquée du sceau de “l’agression russe”. Si la Russie se défend, ceci sera “exposé” comme étant une provocation inacceptable et pourrait même servir de prétexte pour une attaque préemptive de l’OTAN contre la Russie.

Maintenant, laissons les planificateurs du Pentagone/OTAN retourner jouer dans la cour de récrée de leur école maternelle de luxe.