Archive pour anarchie société contre l’état

Révision politico-historique : le leurre et la trahison du concept de « dictature du prolétariat » marxiste (Camillo Berneri)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, documentaire, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 27 juin 2022 by Résistance 71

A _dictature_du_proletariat
… entre communisme autoritaire d’état et anarcho-communisme

Dictature du prolétariat et socialisme d’état

Camillo Berneri

1936

« La dictature du prolétariat est une conception marxiste. 
Suivant Lénine « est seul marxiste celui qui étend la reconnaissance de la lutte de classe à la reconnaissance de la Dictature du prolétariat ». Lénine avait raison : la Dictature du prolétariat n’est, en effet, pour Marx que la conquête de l’État par le prolétariat qui, organisé en une classe politiquement dominante, arrive, au travers du Socialisme d’État, à la suppression de toutes les classes.

Dans la « Critique du Programme de Gotha », écrite par Marx en 1875, on lit :

« Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de la première à la seconde. A cette période correspond une période de transition politique pendant laquelle l’État ne peut être autre chose que la dictature du prolétariat. »

Dans le « Manifeste Communiste »* (1847), il disait déjà :

« Le premier pas dans la voie de la révolution ouvrière est l’élévation du prolétariat au rang de classe dominante… »
« Le prolétariat profitera de sa domination politique pour arracher peu à peu à la bourgeoisie tout le Capital, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l’État, c’est-à-dire dans les mains du prolétariat lui-même organisé comme classe dominante. »

(*) Note de R71 : toujours pénible de voir cela écrit… Le titre original et non altéré du manifeste de Marx est “Manifeste du parti communiste”. Il est effarant de voir que le plus souvent le mot “parti” est éludé, ce qui a été fait par les marxistes pour tromper les gens et faire « oublier » la notion de « parti politique » et d’assujettissement au système étatico-marchand… Ce manifeste constitue une des plus grandes trahisons de la révolution sociale qui existe. Il serait temps de le dénoncer pour ce qu’il est.

Lénine, dans « l’État et la Révolution » ne fait que confirmer la thèse marxiste :

« Le prolétariat a besoin de l’État seulement pendant un certain temps. La suppression de l’État comme but final n’est pas ce qui nous sépare des anarchistes. Mais nous affirmons que pour atteindre ce but, il est indispensable d’utiliser temporairement contre les exploiteurs les instruments, les moyens et les procédés du pouvoir politique, de même qu’il est indispensable, pour supprimer les classes, d’instaurer la dictature temporaire de la classe opprimée. »

« L’État disparaît dans la mesure où il n’y a plus de capitalistes, où il n’y a plus de classes, et où il n’y a plus besoin, par conséquent, d’opprimer « aucune classe ». Mais l’État n’est pas mort complètement tant que survit le « droit bourgeois » qui consacre l’inégalité de fait. Pour que l’État meure complètement, il faut l’avènement du communisme intégral ».

L’État prolétarien est conçu comme une forme politique transitoire, destinée à détruire les classes. Une expropriation graduelle et l’idée d’un capitalisme d’État sont à la base de cette conception. Le programme économique de Lénine, à la veille de la révolution d’octobre se termine par cette phrase : « Le socialisme n’est autre chose qu’un monopole socialiste d’État. »

Suivant Lénine :

« La distinction entre les marxistes et les anarchistes consiste en ceci :

1) Les marxistes, bien que se proposant la destruction complète de l’État, ne la croient réalisable qu’après la destruction des classes par la révolution socialiste, et comme un résultat du triomphe du socialisme qui se terminera dans la destruction de l’État ; les anarchistes veulent la suppression complète de l’État, du jour au lendemain, sans comprendre quelles sont les conditions qui la rendent possible.

2) Les marxistes proclament la nécessité pour le prolétariat de s’emparer du pouvoir politique, de détruire entièrement la vieille machine d’État et de la remplacer par un nouvel appareil,
consistant dans l’organisation des ouvriers armés, sur le type de la Commune ; les anarchistes, en réclamant la destruction de la machine d’État, ne savent pas bien « par quoi » le prolétariat la remplacera, ni « quel usage » il fera du pouvoir révolutionnaire ; ils vont même jusqu’à condamner tout usage du pouvoir politique par le prolétariat révolutionnaire et repoussent la dictature révolutionnaire du prolétariat.

3) Les marxistes veulent préparer le prolétariat à la Révolution en utilisant l’Etat moderne : les anarchistes repoussent cette méthode. »

Lénine déguisait les choses. Les marxistes « ne proposent pas la destruction complète de l’État », mais ils prévoient la disparition naturelle de l’État comme conséquence de la destruction des classes au moyen de la « dictature du prolétariat », c’est-à-dire du Socialisme d’État, tandis que les anarchistes veulent la destruction des classes au moyen d’une révolution sociale, qui supprime, avec les classes, l’État. Les marxistes, en outre, ne proposent pas la conquête armée de la Commune par tout le prolétariat, mais ils proposent la conquête de l’État par le parti qu’ils supposent représenter le prolétariat. Les anarchistes admettent l’usage d’un pouvoir direct par le prolétariat, mais ils comprennent l’organe de ce pouvoir comme formé par l’ensemble des systèmes de gestion communiste – organisations corporatives, institutions communales, régionales et nationales – librement constitués en dehors et à l’encontre de tout monopole politique de parti, et s’efforçant de réduire au minimum la centralisation administrative. Lénine, dans des buts de polémique, simplifie arbitrairement les données de la différence qui existe entre les marxistes et nous.

La formule léniniste : « Les marxistes veulent préparer le prolétariat à la Révolution en utilisant l’appareil d’État moderne » est à la base du jacobinisme léniniste comme elle est à la base du parlementarisme et du ministérialisme social-réformiste.

Aux Congrès socialistes internationaux de Londres (1896) et de Paris (1900), il fut établi que pouvaient adhérer à l’Internationale Socialiste seulement les partis et les organisations ouvrières qui reconnaissaient le principe de la « conquête socialiste des pouvoirs publics par la fraction du prolétariat organisée en parti de classe ». La scission se produisit sur ce point, mais effectivement l’exclusion des anarchistes de l’Internationale n’était que le triomphe du ministérialisme, de l’opportunisme, du « crétinisme parlementaire ».

Les syndicalistes anti-parlementaires et quelques fractions communistes se réclamant du marxisme, repoussent la conquête socialiste pré-révolutionnaire ou révolutionnaire des pouvoirs publics.

Qui jette un regard en arrière sur l’histoire du socialisme après l’exclusion des anarchistes ne peut que constater la dégénérescence graduelle du marxisme comme philosophie politique, au travers, des interprétations et de la pratique social-démocrates.

Le léninisme constitue, sans aucun doute, un retour à l’esprit révolutionnaire du marxisme, mais il constitue aussi un retour aux sophismes et aux abstractions de la métaphysique marxiste.  »

Camillo Berneri

(Article paru dans « Guerra di Classe » n° 4 du 5 novembre 1936)

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

stirner-beats-marx

Astyle

Réflexion critique : de l’aliénation capitaliste (OSRE)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 juin 2022 by Résistance 71

alienationcapitaliste-300x200

Qu’est-ce que l’aliénation capitaliste ?

Rébellion organe de l’OSRE

Mai 2022

Source: https://rebellion-sre.fr/quest-lalienation-capitaliste/

Le capitalisme n’est pas seulement un système économique, il est la matrice qui a engendré le monde moderne et aussi un type humain, que certains ont appelé Homo Oeconomicus, fruit d’une véritable transformation anthropologique. Il a réalisé ce que les régimes totalitaires du XX° siècle avaient rêvé de faire sans pouvoir le réaliser: donner naissance à un homme nouveau et cela à l’échelle mondiale. Armé de sa technique et de son dieu unique, l’Argent, il a conquis le monde, c’est-à-dire qu’il l’a transformé en désert. Désert autour des hommes mais désert aussi en l’homme. Pour comprendre ce nouveau monde et ce nouvel homme, pour savoir comment une telle chose a pu se produire, il faut revenir à un concept fondamental mis en lumière par Karl Marx dans son analyse du capitalisme: l’aliénation.

L’aliénation comme une dépossession

La définition que l’on trouve dans le dictionnaire du mot aliénation nous dit que c’est «l’état de l’individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses) cesse de s’appartenir, est traité comme une chose, devient esclave des choses et des conquêtes même de l’humanité qui se retournent contre lui». Le seul mot français aliénation traduit deux termes allemands utilisés par Marx: Entäusserung (v. entäussern: se défaire de; adj. äusser: extérieur, externe) et Entfremdung (v. entfremden: éloigner, détacher, détourner; adj. fremd: étranger). Ce terme traduit donc un sentiment d’extériorisation, de dépossession de soi et d’étrangeté face au monde et à soi-même. Mais pour Marx il ne peut se comprendre qu’au sein du processus de domination du capital qui passe par l’exploitation, l’aliénation, la réification.

Car cette dépossession est le résultat de l’exploitation capitaliste, c’est-à-dire du fait que dans l’entreprise capitaliste les salariés produisent une valeur équivalente à celle de la force de travail (travail concret qui leur est versé sous forme de salaire) mais aussi une valeur additionnelle (travail abstrait qui donne la plus-value, la valeur, que gardent les capitalistes). Le travail vivant (concret) est transformé en abstraction (la valeur), c’est-à-dire en argent. Dans le monde capitaliste l’immense majorité des individus ne possèdent pas leur outil de travail, ils sont obligés de rejoindre des entreprises qui leur fournissent les moyens de travailler. Ils en sont réduits à vendre leur seul bien, leur force de travail, c’est-à-dire eux-mêmes, pour fabriquer des marchandises. Dés lors leur travail n’est plus qu’une marchandise parmi d’autres et ils doivent agir comme des capitalistes: pour survivre ils doivent impérativement vendre leur marchandise-force de travail sur un marché du travail où les salariés du monde entier sont mis en concurrence. Le salarié est celui qui extériorise sa propre puissance subjective (sa force de travail) en lui donnant, sous la forme d’une marchandise, une existence objective et cela dans le but de gagner un salaire lui permettant d’acquérir d’autres marchandises.

rebellion

Elle n’est pas une fatalité

Ce que Marx a critiqué ce n’est pas le travail en lui-même mais la forme spécifique qu’il a pris dans le monde capitaliste, la forme-marchandise. Le travail n’était pas aliéné, il l’est devenu à la suite d’une transformation sociale dont on peut faire l’histoire (ce que Marx a fait dans le livre I du Capital). Cette forme d’aliénation n’est pas une conséquence inéluctable de l’histoire humaine et elle n’a pas toujours existé comme voudraient nous le faire croire les idéologues du système. Alors que le travail avait permis à l’individu de s’affirmer en tant qu’homme, de dépasser l’animalité, la seule nécessité, pour agir sur son milieu et le maîtriser, il est devenu une forme de servitude. Il n’est plus un but en lui-même, il est devenu un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Ce qui devrait permettre l’affirmation de soi est devenu l’instrument de la négation de soi. Le travail qui était liberté et indépendance devient servitude et enfermement dans un processus abstrait et technique que personne ne maîtrise plus. L’individu aliéné perd toute conscience de sa force, de son pouvoir d’agir et de transformer le monde. Il est dépossédé de la maîtrise du monde qu’il habite et de son destin. De la naissance à la mort, en passant par l’enfance, l’école, le travail, la sexualité, la politique, les loisirs, la vieillesse, tout est laissé aux mains des experts, des techniciens, des gestionnaires. Tout ce qui reste à l’homme, c’est vendre et acheter, c’est se vendre et consommer. La loi du commerce a remplacé les valeurs du travail. Et cette servitude est appelée à ne pas connaître de fin car dans le système capitaliste la production, rebaptisée croissance, est un moyen qui n’a d’autre fin qu’elle même.

L’aliénation capitaliste ne touche pas seulement ceux qui travaillent, elle s’est étendue à tous les humains et au monde entier à travers la domination absolue de l’argent. L’argent est la marchandise- reine, celle qui permet d’avoir toutes les marchandises, celle qui est là pour remplacer tous les liens traditionnels que le développement du capitalisme et l’atomisation des individus ont détruits. L’argent, comme le travail dans le système capitaliste, réduit l’individu à n’être qu’une abstraction. On ne travaille que pour en gagner car il est le signe de la puissance, qui s’appelle aujourd’hui «le pouvoir d’achat». Celui qui en possède n’a aucun pouvoir mais il offre tous les moyens d’en obtenir. L’argent est l’objet absolu de tous désirs, le Désir objectivé, matérialisé. En posséder permet de consommer, d’acquérir tous les objets techniques qui s’offrent comme le moyen d’échapper à cette solitude, à cette angoisse face à un mode devenu étranger et incompréhensible. Mais le sentiment de puissance que procurent ces objets n’est qu’éphémère et, tout comme la production de marchandises, il ne peut avoir de fin car il renforce ce qu’il est censé combattre: l’aliénation et la réification. Ce qui se présente comme un remède n’est que le renforcement du mal et ceux qui le possèdent sont tout autant aliénés que ceux qui n’en ont pas.

BPKM

Une marchandisation de l’humain

Ainsi la particularité de l’aliénation et de la réification capitalistes ne peuvent se comprendre qu’au sein de l’exploitation. D’un travail qui dans les sociétés traditionnelles était intégré dans la vie, le capitalisme a fait quelque chose d’extérieur, une marchandise comme une autre. L’individu aliéné en arrive à considérer le monde, les choses, les autres comme il considère son travail: un moyen pour autre chose. Le monde, la nature ne sont plus que «l’environnement», le décor plus ou moins naturel dans lequel il évolue; les choses ont acquis une vie propre: les objets techniques et les machines qui devaient le servir et l’aider l’emprisonnent toujours davantage en se transformant en prothèses indispensables entre lui et la réalité; les autres sont au mieux des amis virtuels avec qui on n’a de lien que par écran ou téléphone portable interposés mais le plus souvent ils ne sont que des objets vivants mais insignifiants pour lesquels on ne ressent ni haine, ni amour, ni aucune sorte d’empathie, juste de l’indifférence. Enfin «libéré» des devoirs et des obligations traditionnels perçus comme des liens entravant sa liberté, persuadé de n’avoir aucun pouvoir sur ce monde où de toute façon il se sent étranger et qu’il accepte passivement tel qu’il est, il ne reste à l’individu aliéné que lui, que cet ego que la publicité flatte pour mieux l’exploiter. Il cultive sa différence et son originalité, qui ne sont rien d’autre que le produit de l’aliénation. Il ne se préoccupe que de son «développement personnel» en exploitant de son mieux son entreprise: lui-même. Il considère son corps, ses capacités, ses sentiments, ses relations comme des investissements qu’il pense pouvoir gérer rationnellement, en bon manager. Il n’est plus soumis à la dictature de la marchandise, il est devenu marchandise. Il a fait siennes les lois du système capitaliste dont il n’est que le produit et il reproduit à son échelle, envers lui-même et les autres, les mécanismes de domination: exploitation, aliénation, réification. Dés lors le monde ne peut avoir comme seul sens que celui d’un grand marché où tout se vend, où tout s’achète, où tout le monde est en concurrence avec tout le monde, où rien n’est vrai et où tout est permis.

R71slogan

Retour à l’essentiel

On rejoint alors la deuxième définition du mot aliénation donnée par le dictionnaire: «trouble mental passager ou permanent qui rend l’individu comme étranger à lui-même et à la société où il est incapable de se conduire normalement».

Dans le système capitaliste les hommes ne contrôlent pas leur propre activité productive mais sont dominés par les résultats de cette activité. Cette forme de domination prend l’aspect d’une opposition entre les individus et la société, qui se constitue en tant que structure abstraite. Cette domination abstraite est exercée sur les individus par des structures de rapports sociaux quasiment indépendantes, médiatisées par le travail déterminé par la marchandise. Le système capitaliste c’est cette société individualiste où se sont constitués des rapports sociaux tellement objectivés qu’ils ont pris une indépendance complète à l’égard des individus. C’est cette domination abstraite qui amène à la domination de classe et non le contraire. Dénoncer les banques et les oligarchies financières, prendre l’argent aux riches pour le donner aux pauvres, ne changeront en rien les structures du système de domination capitaliste et ne mettront donc pas fin à l’aliénation. Comprendre l’aliénation ce n’est pas en sortir car personne n’est en dehors de ce système et ne peut s’en faire le critique en prenant une position extérieure. Mais la comprendre c’est déjà faire un effort pour en prendre conscience, comprendre que cette domination a une histoire et chercher les voies permettant de la dépasser. Car il ne s’agit pas de revenir à «un bon vieux temps» d’avant l’aliénation, il s’agit de s’approprier ou de se réapproprier ce qui s’est constitué sous une forme aliénée.

Paru initialement dans le numéro 54 dans la revue Rébellion

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

ÉTEIGNONS LES ÉCRANS RALLUMONS NOS VIES

construction_ruines

Réactualisation 2022 : « L’anarchie (pas seulement) pour la jeunesse : mieux comprendre pour mieux agir » PDF (Résistance 71 et JBL1960)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 19 juin 2022 by Résistance 71

Astyle

Résistance 71

19 juin 2022

Jo a réactualisé notre texte publié en 2017 « L’anarchie pour la jeunesse : mieux comprendre pour mieux agir » dans une version tenant compte de la réalité changeante de l’oppression dans ses détails récents.
Ne jamais oublier une chose fondamentale : l’anarchie est ancrée au plus profond de la société humaine, elle en est une matière primordiale. L’Anarchie n’est ni un dogme, ni une doctrine, ni un « -isme » de plus… L’Anarchie est un mode de vie, la concrétisation de la Raison dans l’histoire.

A (re)lire et diffuser sans aucune modération… Le PDF dans sa version 2022 :

l’Anarchie-expliquée-à-la-jeunesse-revisé_2022

vivelacommune

Un autre appel du 18 juin… 1937 celui-là !

Posted in actualité, politique et social, philosophie, documentaire, politique française, militantisme alternatif, crise mondiale, 3eme guerre mondiale, altermondialisme, démocratie participative, autogestion, société libertaire, résistance politique, terrorisme d'état, syndicalisme et anarchisme, guerres hégémoniques, pédagogie libération, neoliberalisme et fascisme, gilets jaunes, société des sociétés with tags , , , , , , , , , , , , , , on 18 juin 2022 by Résistance 71

Etat_revolution_anarchiste

Union Communiste : Action sans confusion !

Source :
http://guerredeclasse.fr/2022/06/10/union-communiste-il-faut-agir-mais-pas-dans-la-confusion/

Tract distribué il y a 85 ans, le 18 juin 1937 au Vel d’Hiv’ de Paris lors d’un meeting politique.

18 juin 2022

Union Communiste
Camarades anarchistes ! Ouvriers révolutionnaires !

Vous avez été conviés à ce meeting pour écouter la voix de la C.N.T. C’est en effet au nom du Comité national de la C.N.T. que Garcia Oliver et Federica Montseny parleront, mais ce n’est pas au nom des ouvriers révolutionnaires d’Espagne, ni des membres de la C.N.T. et de la F.A.I.

Garcia Oliver et Federica Montseny sont deux ministres anarchistes du gouvernement Caballero, lequel gouvernement porte la responsabilité d’avoir provoqué les journées de mai à Barcelone et réprimé le mouvement des ouvriers qui, en armes, défendaient leurs conquêtes menacées.

Garcia Oliver et Federica Montseny sont les plus représentatifs de ces dirigeants de la C.N.T. et de la F.A.I. dont les « Amis de Durruti » ont qualifié ainsi le rôle au cours des journées de mai :

« Nous savions par avance que les comités responsables de la C.N.T. ne pouvaient faire autre chose que de mettre des obstacles à l’avance du prolétariat… Nous sommes les Amis de Durruti et nous avons suffisamment d’autorité pour désavouer ces individus qui ont trahi la classe ouvrière par incapacité et par lâcheté. Quand nous n’avons plus d’ennemis en face, ils remettent de nouveau le pouvoir à Companys, l’ordre public au gouvernement réactionnaire de Valence, et la Conseillerie de Défense au général Pozas. La trahison est formidable. » (Manifeste des « Amis de Durruti » du 8 mai).

Ceux qui ont dit cela luttaient à la tête des ouvriers révolutionnaires de Barcelone, sur les barricades, alors que Garcia Oliver et Federica Montseny accouraient de Valence pour lancer, du poste de radio de la Généralité, des appels au calme et à la cessation de la grève générale.

C’est la trahison des Garcia Oliver, Federica Montseny et de la direction cénétiste qui a permis aux staliniens et aux gardes d’assaut d’assassiner lâchement de nombreux militants révolutionnaires, parmi lesquels C. Berneri et le jeune Francisco Ferrer; et si depuis mai, le gouvernement de Valence peut se permettre de pourchasser les camarades des Amis de Durruti, du POUM, des Jeunesses libertaires et poumistes, ainsi que tous les ouvriers qui veulent conserver leur armes pour défendre les conquêtes de juillet, les Garcia Oliver et Federica Montseny en portent la responsabilité.

Camarades anarchistes ! Ouvriers révolutionnaires !

L’Union anarchiste vous demande de taire vos critiques et de répondre avec « bienveillance » à l’appel du Comité national de la C.N.T. C’est impossible.

Solidarité internationale effective avec les travailleurs espagnols, oui. Avec ceux qui les ont trahis, non.

Ceux qui, seuls, pourraient exprimer à ce meeting la position des ouvriers de la C.N.T. et de la F.A.I., ceux-là sont emprisonnés ou contraints à l’illégalité pour échapper à la répression.

Garcia Oliver et Federica Montseny viennent essayer de justifier leur trahison. Ils vous diront que pour conserver l’unité du front antifasciste, il fallait éviter de triompher des forces contre-révolutionnaires. « Ni vainqueurs, ni vaincus », disaient-ils, pour faire cesser le combat dans les rues de Barcelone.

En fait, après avoir, depuis le 19 juillet 1936, capitulé bien des fois devant les exigences de la bourgeoisie, au nom de l’unité antifasciste, les dirigeants anarchistes en sont arrivés à trahir ouvertement la cause ouvrière.

L’unité antifasciste a été la soumission à la bourgeoisie, elle a mené aux victoires militaires de Franco et aux victoires de la contre-révolution à l’arrière du front.

Camarades, la lutte des classes ne connaît pas de trêve. L’évolution de la situation en Espagne a montré que la bourgeoisie n’a qu’un ennemi : le prolétariat. Pour ne pas l’avoir compris à temps, les travailleurs espagnols viennent de subir une grave défaite. Et maintenant, la bourgeoisie « républicaine et démocratique » va préparer le compromis avec Franco, sous la pression des impérialismes qui imposent leur « médiation ».

Pour battre Franco, il fallait battre Companys et Caballero. Pour vaincre le fascisme, il fallait écraser la bourgeoisie et ses alliés staliniens et socialistes. Il fallait détruire complètement l’État capitaliste et instaurer un pouvoir ouvrier issu des comités de base des travailleurs.

L’apolitisme anarchiste a fait faillite. Pour n’avoir pas voulu faire la politique du prolétariat, les dirigeants de la C.N.T. ont fait celle de la bourgeoisie. Tel est un des grands enseignements de la lutte de nos frères d’Espagne.

Leur lutte n’est pas terminée

Bien des illusions sont tombées après ces journées de mai. Sans aucun doute, nombreux sont les ouvriers qui se préparent à une lutte acharnée.

Constituer des comités de défense de la révolution est leur mot d’ordre. Le pouvoir aux ouvriers est leur objectif.

Pour vaincre le bloc de la bourgeoisie et de ses alliés staliniens, socialistes et dirigeants cénétistes, ils devront rompre nettement avec les traîtres de toutes tendances. Leur avant-garde, c’est-à-dire les militants révolutionnaires des Amis de Durruti, du POUM, des Jeunesses doit se regrouper pour élaborer le programme de la révolution prolétarienne.

Mais, le prolétariat international doit aussi agir

Sinon, nos compagnons d’Espagne seront définitivement battus et nous aussi. La bourgeoisie internationale, y compris la néo-bourgeoisie russe, s’est coalisée contre la révolution espagnole, malgré les antagonismes qui opposent irréductiblement les différents impérialismes.

En France, le Front populaire, le gouvernement Blum, les partis traîtres, les dirigeants syndicaux agissent d’accord avec la bourgeoisie pour étrangler la révolution espagnole. Et si la république espagnole les intéresse, c’est parce qu’à travers elle, l’impérialisme français peut lutter contre les autres impérialismes.

Au moment où le gouvernement « antifasciste » d’Espagne assassine nos camarades, emprisonne et pourchasse les Amis de Durruti, des Jeunesses libertaires et poumistes, notre devoir est d’appeler les travailleurs de toutes les entreprises, bureaux et chantiers, à passer à l’action directe contre les complices français des contre-révolutionnaires d’Espagne, contre ceux qui s’apprêtent à réduire de nouveau nos propres conditions d’existence, contre ceux qui se préparent à entraîner le prolétariat dans une nouvelle guerre impérialiste.

Il faut agir, mais pas dans la confusion

Les révolutionnaires doivent et peuvent s’unir, mais en brisant tous liens avec les partis traîtres et en combattant nettement dans les syndicats les dirigeants staliniens et réformistes.

II n’est pas d’autre voie pour entraîner le prolétariat à l’action, en toute indépendance de classe, et pour frayer la voie à la révolution prolétarienne mondiale.

= = =

Indépendamment, Jo a réactualisé notre diffusion PDF de 2017 « L’anarchie expliquée à la jeunesse » en une très belle version 2022 tenant compte de l’oppression accrue qui nous étouffe toujours plus, jour après jour, semaine après semaine… A lire et diffuser au grand large :

lanarchie-expliquee-a-la-jeunesse-revisee_2022

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

R71 ON NE SE SOUMETTRA PAS

BPKM

Réflexion critique pour en finir avec l’autorité, l’État, la violence et la coercition : l’obscurantisme du concept de dictature du prolétariat…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 juin 2022 by Résistance 71

A _dictature_du_proletariat
… entre communisme autoritaire d’état et anarchisme

“Entre la société capitaliste et la société communiste se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. A quoi correspond une période de transition politique où l’État ne saurait être autre chose que la dictature du prolétariat (souligné par Marx dans la lettre).
Le programme n’a pas à s’occuper pour l’instant, ni de cette dernière, ni de l’État futur dans la société communiste.”
~ Karl Marx dans une lettre à Bracke en mai 1875 envoyée avec “Critique du programme de Gotha” ~
Lettre publiée dans le journal Neue Zeit (Temps Nouveau) en 1891

“L’interprétation essentiellement anarchiste de la nature de l’État par Marx et qui paraît tellement étrange à la lecture dès lors qu’on évoque ses doctrines postérieures, est une preuve évidente de l’origine anarchiste de sa première évolution socialiste. […]
Ce furent Marx et Engels qui essayèrent d’obliger les organisations de la vieille Internationale à développer une action parlementaire, se faisant ainsi les responsables directs de l’embourbement collectif du mouvement ouvrier socialiste dans le parlementarisme bourgeois. […] Marx et le marxisme sont responsables de l’orientation de la classe ouvrière vers le parlementarisme et ils ont tracé le chemin de l’évolution poursuivie dans le parti social-démocrate allemand. C’est quand on aura compris cela que l’on verra que la voie de la libération sociale nous conduit vers la terre heureuse de l’anarchisme en passant bien au dessus du marxisme.”
~ Rudolph Rocker dans “Marx et l’anarchisme”, 1925 ~

Etat_revolution_anarchiste

Anarchisme et la dictature du prolétariat

Réponse à Chris Cutrone

Matthew Crossin

Mai 2022

Source : Platypus Review #146

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

A la conference régionale du Midwest de la Platypus Affiliated Society, Chris Cutone a présenté une lecture sur ce qu’il a nommé, le plus souvent à juste titre, être “la proposition la plus controversée du marxisme” à savoir, l’appel à une “dictature du prolétariat”. Malgré le bagage historique associé avec cette phrase, Cutrone a argumenté qu’il est nécessaire de s’intéresser à la substance de la position de Marx, en rapport à son avis de ce que “c’est de cette façon que le marxisme se distingue” à la fois théroriquement et en pratique organisationnelle. De plus, Cutrone pense que c’est l’abandon par la “gauche” de la “dictature du prolétariat” en tant que “projet intellectuel et programme politique”, qui a résulté en sa mort ou inutilité de tout projet révolutionnaire productif.

Dans cette réponse, je désire examiner la thèse de Cutrone d’une perspective critique anarcho-communiste. Bien que j’ai lu et appris pas mal de choses de la lecture de Marx, je ne me considère pas comme un marxiste ni ne trouve son programme politique (c’est à dire l’approche stratégique de Marx de transformation de la société) convaincant. J’ai argumenté préalablement que les écrits de Marx nous présentent une analyse contradictoire, sous-développée et obscurantiste de l’État, un cadre théorique qui obscurcit les différences et les points communs avec la vision anarchiste de la chose. Comme nous allons le voir, ceci est aussi le cas avec la conception de Marx liée au sujet, de la dictature du prolétariat, dont bien des contradictions sont inclues dans la discussion de Cutrone, à commencer avec la tentative initiale d’en offrir une définition succinte :

Que veulent dire Marx et le marxisme par “dictature du prolétariat” ? Très simplement, la gouvernance politique par la classe travailleuse. La forme d’une telle règle n’a un sens “dictatorial” que dans le sens révolutionnaire, dans le dépassement des normes socio-politiques du gouvernement constitutionnel, dans la transformation politique et sociale. Ce fut édicté pour être un “état d’urgence” et donc une dictature dans le sens de l’antique république romaine, une intervention politique active dans la société de durée limitée.

Bien que la référence à la république romaine soit ambigüe (s’il voulait ne simplement qu’indiquer la nature temporaire de la “dictature”, ce ne fut pas raisonnable de faire référence à une forme temporaire de pouvoir gouvernemental), la définition de Cutrone semble se faire l’écho de la lecture plus libertaire de Marx sur la question. Ceci fut bien articulé par l’érudit Hal Draper qui dit que la dictature du prolétariat est synonyme de l’action révolutionnaire. Dans son travail séminal sur la question, Draper nous dit que “Marx pense aux dictatures (bourgeoises ou du prolétariat) en termes de la nature de classe du pouvoir politique plutôt qu’en termes de formes spécifiques de gouvernement.” Avec une telle lecture, l’expression “dictature du prolétariat” peut donc être réarticulée comme suit : Il s’agit d’une transformation révolutionnaire des relations sociales (et donc nécessairement, un évènement de durée limitée), en dehors et contre les normes politiques du gouvernement constitutionnel.

Il n’y a jusqu’ici aucun conflit avec la position révolutionnaire anarchiste, remontant à l’émergence de l’anarchisme comme véritable mouvement de masse du prolétariat et les contributions influentes de sa fondation par Michel Bakounine. Ceci a été explicitement cité de nombreuses fois. Comme l’écrivit l’anarcho-communiste italien Errico Malatesta à son ami et camarade Luigi Fabbri :

Malatesta_fabbri

[Peut-être] que nos amis bolchévisés n’ont pour intention avec leur expression de “dictature du prolétariat” que de considérer l’acte révolutionnaire des travailleurs prenant possession de la terre et des instruments de travail et d’essayer de constituer une société pour l’organisation d’un mode de vie dans lequel il n’y aurait pas de place pour une classe qui exploiterait et opprimerait les producteurs. Compris de la sorte, la dictature du prolétariat serait un pouvoir efficace pour toute les intentions de tous les travailleurs de briser la société capitaliste, et cela deviendrait immédiatement Anarchie dès l’arrêt de la résistance réactionnaire […] Alors notre désaccord ne serait qu’un désaccord sur les mots.

Fabbri réitère ce sentiment dans son livre “Dictature et révolution” en 1921 (NdT : l’année de la répression sanglante de la commune de Cronstadt par les forces étatiques bolchéviques lénino-trotstkistes…), auquel il attacha la lettre de Malatesta en guise de préface. Dans un chapitre clef du livre intitulé “Le concept anarchiste de la révolution”, Fabbri répond à ceux qui confondent les notions de dictature, d’autorité et d’État avec l’insurrection du prolétariat :

La violence est une chose, l’autorité du gouvernement une autre, qu’elle soit dictatoriale ou non. Si c’est de fait vrai que toutes les autorités gouvernementales reposent sur l’utilisation de la violence, il serait imprécis et erroné de dire que “toute violence” est un acte d’autorité […]. La violence est un moyen, qui prend la personnalité de la fin par laquelle elle est utilisée, de la façon dont elle est utilisée et des gens qui l’utilisent. C’est un acte autoritaire quand elle est utilisés pour forcer les autres à agir de la façon dont le veulent ceux qui sont en charge, quand c’est une émanation des gouvernements et du patronat pour maintenir les gens et les classes en esclavage. […] Au lieu de cela, c’est une violence libertaire, c’est à dire un acte de libération et de liberté, quand elle est utilisé contre ceux qui commandent, par ceux qui ne veulent plus obéir […] quand […] elle est utilisée directement par les opprimés [..] contre le gouvernement et la classe dirigeante. Une telle violence est le processus révolutionnaire ; mais cela cesse d’être libertaire et donc révolutionnaire, dès que, une fois le vieux pouvoir renversé, elle veut devenir le pouvoir lui-même et se cristallise de nouveau dans quelque forme de gouvernement que ce soit.

Dans ces passages, Malatesta et Fabbri réitèrent simplement la position anarchiste standard en regard du besoin d’une expropriation forcée de propriété et de la défense armée de cette transformation sociale (NdT : ce qui implique un peuple en arme à l’image de celui de la France des sections entre 1790 et 1793…). Les anarchistes ont toujours pensé, comme explicité par le grand anarchiste et théoricien allemand Rudolph Rockerque la classe possédante ne laissera jamais tomber ses privilèges de manière spontanée […]  Le jour de la victoire révolutionnaire, le “prolétariat” devra imposer sa volonté aux propriétaires actuels.” Dans le même temps, nous sommes aussi tombés d’accord avec l’assertion de Rocker disant que “la dictature d’une classe ne peut pas exister en tant que telle, ou cela se termine en dernière analyse, en une dictature d’un parti donné qui s’arroge le droit de parler pour cette classe.

Nous pourrions facilement continuer à citer des exemples similaires. Mais la question demeure : est-ce que la conception anarchiste de la règle prolétarienne est équivalente à “la règle politique de la classe laborieuse ?” Cutrone décrit parfaitement la tache de l’obtention du pouvoir politique :

La classe laborieuse mondiale doit être en position de dépasser la reproduction du travail salarié comme source d’évaluation de richesse matérielle. La classe laborieuse doit être en position de rendre illégal le chômage et d’empêcher l’exploitation du travail des pauvres désespérés, doit être en faveur d’orienter la production mondiale vers la production de richesse pour les besoins de l’humanité et de dépasser l’aspect social compulsif du travail comme partie du processus de valorisation du capital, brisant ainsi sont cycle de reproduction.

Mais Cutrone demeure très imprécis sur la façon dont cela se met en pratique, à savoir quelle forme d’organisation sociale “la règle politique de la classe laborieuse” est supposée prendre. Comment par exemple rendre “illégal” le chômage et surtout par quel procédure légale, supervisée par qui ? Quelque gouvernement ou institution socialiste ? Ou bien Cutrone suggère t’il que, au travers de notre activité auto-organisée, hors ou contre l’État, nous devrons forcer ces crises dans la reproduction du capital sur les patrons et les gouvernements ? Ceci serait consistant avec à la fois une vision anarchiste et la notion de dictature du prolétariat en tant qu’évènement se démarquant “des normes sociales et politiques du gouvernement constitutionnel”. C’est inconsistant avec une approche légaliste, mise en place depuis le sommet de la pyramide au travers de la forme étatique.

Cutrone contraste son interprétation de la dictature du prolétariat avec le projet social-démocrate ou même socialiste démocratique de “gouvernance de l’état capitaliste”. “Le problème est la vision marxiste de la dictature du prolétariat en tant que transition vers le socialisme, et non identique à lui.

Ce problème est la possibilité d’évoluer graduellement vers le socialisme en sortant du capitalisme en augmentant le contrôle de l’État au sein de ce même capitalisme. Historiquement, ceci n’a pas produit une classe laborieuse transformant le capitalisme en socialisme, mais plutôt une transformation de ce qui était des “partis socialistes” en partis politiques de gouvernance du capitalisme, transformation les organisations politiques et sociales de la classe laborieuse en des extensions de l’état capitaliste. (NdT : dans cette appellation devenue “clichée” de “capitalisme d’état” comme la Russie soviétique et la Chine dite populaire, toutes deux marxistes, seconde face de la même pièce systémique étatico-marchande dans sa phase capitaliste réelle…)

BPKM
Trouvez l’intrus…

Cette critique de la social-démocratie marxiste dégénérant en ce que nous appelons maintenant la “démocratie sociale”, ou réformisme, aurait pu avoir été écrite par un anarchiste. De fait, elle reflète les prédictions de Bakounine et de ses camarades de la 1ère Internationale, faites en réponse à l’insistance de Marx et de Engels sur des sections s’engageant en politique électorale. Là où Bakounine, avec sa critique matérialiste de l’État, argumentait que “des députés-travailleurs, transplantés dans un environnement bourgeois et devenant des ‘hommes d’état’, par définition, “cessaient d’être des travailleurs” (“car les hommes ne créent pas leur situation, mais au contraire sont créés par celle-ci”), Marx clamait “S’engager en politique est toujours une bonne chose.” Dans un discours à la conférence de l’Internationale de Londres en 1871, il réitéra sa position en disant que “On ne doit pas minimiser le fait d’avoir des travailleurs au parlement. […] Les gouvernements nous sont hostiles. Nous devons leur répondre en utilisant tous les moyens à notre disposition et faire élire des travailleurs au parlement est une victoire sur les gouvernements, mais nous devons choisir les bonnes personnes.

L’évaluation de Cutrone de la même manière se conforme avec des analyses produites par des anarchistes au faîte de la période du socialisme parlementaire. Considérez par exemple, le résumé de Rocker sur ce phénomène dans “Anarcho-syndicalisme : théorie et pratique” :

La participation dans la politique interne de l’état bourgeois n’a pas amené le mouvement des travailleurs l’épaisseur d’un cheveu plus proche du Socialisme, mais, grâce à cette méthode, le socialisme a régulièrement perdu de sa personnalité. […] Dans les esprits des leaders socialistes, les intérêts de l’état-nation furent de plus en plus mélangés aux buts de leur parti jusqu’à ce que finalement, ils devinrent incapables de définir des limites entre les deux. Donc, et de manière inévitable, le mouvement des travailleurs a été graduellement absorbé, intégré dans l’équipement interne de l’état-nation.

De plus, les anarchistes avaient anticipé le déni de Cutrone de cette vision typique disant que cela est simplement matière de “trahison”. Rocker continue :

La vérité ici est que nous avons à faire avec l’assimilation graduelle dans les modes de pensée de la société capitaliste, ce qui est une condition des activités pratiques des partis politiques des travailleurs d’aujourd’hui […]. Ces mêmes partis qui avaient décidés auparavant de conquérir le socialisme se sont vus obligés par la logique de fer des conditions, de sacrifier leurs convictions socialistes, petit à petit, au profit des politiques nationales de l’état. Ils devinrent, sans même que la majorité de leurs adhérents ne s’en rendent compte, une sorte de paratonnerre politique pour la sécurité de l’orde social capitaliste.

Ainsi, il semble que nous serions d’accord entre anarchistes (mais sans Marx) en ce qui a trait de la participation à la politique parlementaire et les conséquences nécessaires de gestion de l’état capitaliste. Ce n’est pas le cas simplement parce que Cutrone justifie sa position en référence à l’affirmation de Marx disant que “sans la dictature du prolétariat, l’état demeure la dictature de la bourgeoisie.[…] la dictature du capital ou la gouvernance de l’état pour les intérêts généraux du capital.

En plus de cela, Cutrone semble aussi désirer distinguer sa lecture de Marx de l’interprétation des staliniens (ou plutôt des neo-staliniens). Ceci est néanmoins troublé par quelques commentaires bizarres sur Cuba, qui font allusion aux contradictions sous-jacentes à sa compréhension de la dictature du prolétariat. Spécifiquement, Cutrone décrit le régime de parti communiste comme “peut-être plus démocratique” que les démocraties libérales typiques, malgré le fait d’être “moins libéraux”. Ceci est certainement une vision formée par une lecture naïve et non-critique du comment le système de nomination électoral cubain se passe, présenté de manière élogieuse. De telles descriptions d’une “démocratie prolétaire” cubaine, qui considère effectivement la formalité du processus électoral en isoloir, ignore que le système entier est, à chaque étape, sujet à un contrôle bureaucratique du parti dirigeant et de son appareil de répression.

Ceci une fois de plus, amène la question de savoir ce que Cutrone veut vraiment dire lorsqu’il parle de “l’État”. Comme mentionné ci-dessus, j’ai souvent argumenté dans le passé, que Marx est lui-même en position contradictoire sur ce point. Dépendant de l’argument qu’il veut développer ou d’envers qui sa polémique est adressée, l’ “État” de Marx peut tout aussi bien être une forme organisationnelle distincte (située au dessus de la société, ayant le pouvoir de créer et de faire appliquer des lois et reproduisant réciproquement la société de classe, tout comme la société de classe reproduit l’État), ou le processus de la révolution lui-même, impliquant nécessairement la suppression forcée du vieil ordre et de ceux qui veulent le raviver. Clairement cette ambigüité envers l’État reflète les interprétations multiples de “la dictature du prolétariat” et, de fait, Marx a déclaré que l’état révolutionnaire ne pouvait pas prendre d’autre forme que celle de cette “dictature”.

Cutrone ne va au cœur de la chose que seulement lorsqu’il est questionné par son auditoire et sa réponse est remarquable d’honnêteté et de clarté :

L’argument anarchiste est que la vision de Marx sur la dictature du prolétariat est en fait une vision pour la dictature sur le prolétariat, sauf que maintenant les accapareurs du produit du travail, de la valeur ajouté, ne seront plus des investisseurs privés, ce seront les gérants en tant que classe, ce sera la classe coordinatrice ou quel que soit le nom donné, ce sera la bureaucratie d’état, etc… Okay, oui ! Ce sera en fait la dictature du prolétariat.

De manière incroyable, Cutrone argumente que la seule raison pour laquelle l’URSS à l’époque ou la Chine moderne, ne peuvent pas être vues comme de véritables dictatures du prolétariat, c’est à cause de leur isolation ; leur incapacité et leur manque de volonté de “contrôler la portion prépondérante du capital global”. L’URSS était, nous dit Cutrone, obligée de “produire les moyens de production” ; en soi une logique étrangère à l’accumulation du capital. C’est dans ce seul sens que Cutrone concède un caractère “autoritaire” ou contre-révolutionnaire à l’URSS et aux autres régimes de parti communiste.

En développant son argument (mis à part la question d’être “obligé” de développer les forces productives), Cutrone évite complètement les questions de forme organisationnelle et de stratégie révolutionnaire et, en résultat, échoue à répondre aux questions concrètes concernant la transformation des relations dans la production. Il ne manifeste aucune préoccupation, ni même une reconnaissance, de la suppression des comités d’usines, des soviets (assemblées) libres, des coopératives paysannes et des organisations politiquement indépendantes, particulièrement celles situées à la gauche des bolchéviques et même des factions plus à gauche du parti lui-même. Ceci pour dire, que comme bien des marxistes, Cutrone ignore le fait exprimé si bien par Malatesta en réponse à Engels : “Quiconque domine les choses, domine les hommes ; quiconque gouverne la production gouverne le producteur.” Il est donc incapable d’examiner les manières dont la destruction violente de la règle d’auto-organisation prolétarienne, dans l’intérêt de maintenir “la dictature du prolétariat”, a reproduit les relations sociales de la société de classe.

Il est bon de noter ici une autre concession de Cutrone alors qu’il admet que, au moment de la 1ère et de la seconde Internationales, la dictature du prolétariat (qui est en fait une dictature sur le prolétariat et donc nécessairement administrée sous une forme étatique) impliquait le transfert de sujets coloniaux pas encore prolétarisés sous le contrôle des gouvernements “révolutionnaires”, qui devaient être établis dans les pays capitalistes les plus avancés. Dans des travaux variés, Bakounine condamna par avance cette position, non seulement en argumentant que la forme étatique de gouvernance ne pourrait jamais que résulter en une dictature sur le prolétariat, mais que même dans son incarnation la plus démocratique, ceci subjuguerait également la soi-disante “plèbe paysanne” et les nations dites “non-civilisées”. Ceci eut des conséquences pratiques dans le temps de vie de ces hommes. Alors que la politique de Bakounine le mena à prendre des positions consistantes anti-impérialistes, comme par exemple s’opposer à la conquête américaine du Mexique, Marx et Engels le plus souvent approuvèrent de tels évènements, les considérant comme partie intégrante d’un processus historique nécessaire de développement politique et économique.

cutrone_a_platypus
Cutrone à la conférence Platypus

En revoyant la discussion de Cutrone sur Marx, nous pouvons conclure qu’il y a plusieurs dimensions dans sa conception de la dictature du prolétariat et qu’elles révèlent des contradictions ayant une réelle conséquence pour les révolutionnaires aujourd’hui. Son instinct premier est de défendre la dictature du prolétariat comme un évènement plutôt qu’une forme organisationnelle, la décrivant comme une action dans laquelle les gouvernements constitutionnels existant et les relations de production sont renversés par la classe travailleuse. Plus tard néanmoins, il clarifie que la dictature du prolétariat prend aussi la forme organisationnelle de l’État, à savoir un ensemble distinct d’institutions, caractérisé par une organisation bureaucratique pyramidale du gouvernement qui affirme le pouvoir unique de faire et d’imposer des lois. Comme le reconnait lui-même Cutrone, il s’en suit naturellement que la vision anarchiste de l’affaire, à savoir une dictature sur le prolétariat, est tout à fait valide et exacte. La gestion étatique maintient le prolétariat comme classe sans contrôle social conscient sur la production et lui impose la logique tout à fait étrangère de la classe propriétaire qui l’exploite et qui voir comme but parfaitement nécessaire sa propre reproduction en tant que classe dirigeante.

On peut se demander comment ces relations pourraient bien “se dissiper”, lorsque leur existence en tant que relations de classe, au sein du cadre de fonctionnement marxiste lui-même, les en empêche. Pour Marx et Engels, les classes doivent disparaître avant que nous ne puissions disposer de l’État et le mettre au rencard, mais l’État (qu’il soit “démocratique” ou dictatorial, (NdR71 : nous l’avons déjà dit à maintes reprises, il n’y a pas de différence entre une “démocratie” et une dictature, ce n’est qu’une question de degré dans le contrôle, la répression et la violence exercés. Les rouages étatiques sont conçus pour maintenir le monopole de la violence dite “légitime” contre les peuples, le reste n’est qu’une question de degré, de ce qui est nécessaire et dicté par les circonstances historico-marchands du moment pour maintenir et augmenter les privilèges de la classe dirigeante…) reproduit la société de classe, que ce soit directement ou indirectement. En d’autres termes, la dictature soi-disant “temporaire” sur le prolétariat devient une affaire d’état permanente.

Nous ne pouvons pourtant pas nous réconforter dans la notion  que la dictature du prolétariat de Cutrone ne ressemble en rien aux états-à-un-parti, qui se sont auto-proclamés “communistes”. En fait, les tentatives initiales de Cutrone de distancier sa politique de celle des néo-staliniens et de leur vision, fait éventuellement place à son autorisation de voir que de tels régimes brutaux pourraient être vus comme compatibles avec son interprétation. En plus de sa défense de Cuba, de l’URSS et de la République Populaire de Chine et même de la République Populaire Démocratique de Corée, elles sont toutes décrites comme ni plus ni moins “démocratiques” que tout autre état.

Plus remarquable encore, Cutrone suggère qu’au faîte du stalinisme, l’URSS était “politiquement participatrice, dynamique. Les procès des purges furent très populaires. Les gens manifestent spontanément, appelant à tuer “la pourriture du vieil ordre de gouvernance”, c’est ce qu’ils appelaient “les vieux bolchéviques”… C’était les jeunes soviétiques, les masses populaires. Une affirmation aussitôt suivie d’une concession : “Est-ce que c’était mis en scène ? Je le présume.” Renversement incroyable, lui-même suivi d’une autre pirouette : “Mais non, c’était populaire… les gens étaient sincères.”

Voilà le numéro d’équilibriste effectué par Cutrone au travers de sa tentative d’élucider le véritable sens donné par Marx à “la dictature du prolétariat”. Son expression réfère simultanément à une action du prolétariat lui-même, ainsi que du gouvernement sur le prolétariat, à quelque chose qui est antithétique à la distorsion stalinienne, pourtant entièrement compatible avec leurs régimes autoritaires (si on peut les appeler “autoritaires”). La théorie de l’État de Marx et donc nécessairement sa théorie de la dictature du prolétariat, a toujours été contradictoire et obscure. L’articulation qu’en fait Cutrone maintient son incohérence et ses qualités obscurantistes, qui ont servi depuis si longtemps comme une arme parfaite aux mains à la fois des champions du gouvernement autoritaire (qu’il soit voulu comme “transitoire” ou autre…) et les ennemis sectaires de l’anarchisme.

construction_ruines

= = =

“Oui, c’est évident si on regarde les détails, alors que Marx tourne autour de Bakounine en théorie, ce furent en fait les prédictions de Bakounine qui s’avérèrent exactes. Bakounine a eu raison sur quelles classes feraient les révolutions et sur ce que serait vraiment une “dictature du prolétariat” dans la pratique. Plus tard, des commentateurs marxistes, typiquement, réfutèrent Bakounine, souvent de manière abrupte et arrogante, disant qu’il n’aurait pas dû avoir raison, mais ils n’ont que bien peu d’explications sur le pourquoi il a eu raison. J’ai passé un peu de temps sur les barricades, bien sûr pas autant que Bakounine, mais certainement plus que la plupart des intellectuels, je pense que je peux comprendre ça…”
~ David Graeber, 2020 ~

“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »
~ Pierre Clastres ~

“Les deux grandes questions incontournables de l’anthropologie politique sont:

1- Qu’est-ce que le pouvoir politique, c’est à dire qu’est-ce que la société ?
2- Comment et pourquoi passe t’on du pouvoir politique non-coercitif au pouvoir politique coercitif, c’est à dire qu’est-ce que l’histoire ?”
~ Pierre Clastres, 1974 ~

= = =

Une vision du communisme anarchiste par un compagnon de la CNT du bâtiment (mars 2021) :

Le communisme libertaire est une pensée politique associant à la fois le communisme et l’anarchisme.

Le communisme, à ne pas confondre avec le parti communiste, est une pensée sociale visant l’abolition de la propriété individuelle et la mise en commun des moyens de productions.

Dans le secteur bâtiment par exemple, tous les travailleurs.ses seraient propriétaires des machines, des locaux utiles à la production et seraient responsables de la gestion des chantiers. Nous ne travaillerons plus pour un patron mais pour la société dans laquelle nous vivons. Nous mettrons donc en pratique l’autogestion, c’est à dire un fonctionnement sans hiérarchie, plus égalitaire, ou chacun.e pourrait donner son avis. Nous déciderons collectivement de notre temps, de nos horaires et de nos conditions de travail.

Il existe par ailleurs deux approches du communismes : le communisme autoritairequi pense nécessaire le maintient d’un État provisoire qui serait une « dictature du prolétariat ». Et le communisme libertaire qui vise l’abolition directe de l’État. Les deux ayant le même but mais pas les mêmes moyens pour y parvenir.

Le communisme libertaire pense les travailleurs.ses capables de s’organiser sans bureaucratie, par la mise en pratique de la démocratie directe. Ce qui nécessite un travail en amont, une réflexion individuelle et collective sur le travail sans patron pour ne pas reproduire les mêmes rapports de dominations. Alors que le communisme autoritaire pense obligatoire le maintient de structures détenant le pouvoir, dirigée par une avant-garde dite éclairée éduquant les travailleurs.

Dans l’idée communiste, l’abolition de la propriété individuelle ne signifie pas que tu ne pourras plus avoir ta propre maison ( par exemple ), simplement qu’elle sera à toi tant que tu en as l’usage. Tu ne pourras donc pas avoir plusieurs logements, si tu n’en as pas l’utilité. Autrement dit, les propriétaires ne pourront plus vivre de l’argent récolté par le simple fait de posséder un bien. Il en est de même pour les patrons propriétaires des moyens de production.

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

voter_agir

commune1a
Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

citation-jean-paul-marat.png

Insurrection, destruction, création, utopie… parce qu’il n’y a pas de solution au sein du système (Dr Bones)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 mai 2022 by Résistance 71

Druillet_trone-du-dieu-noir

“Un trône de pierre Iotaï, Celui qui cherche. Il est là, face à lui, flottant dans l’éther, sombre messager de ceux qui ne sont pas des Hommes, qui ne l’ont jamais été. Ce siège maudit a voyagé pendant des siècles à la recherche de sa proie. Il a franchi des univers et des distances que l’imagination ne peut concevoir, son but : ramener à ses maîtres, L’Être Vivant. Or dans cette contrée du cosmos, Sloane était passé là. Celui qui cherche, alors, a rempli sa mission…”
~ Philippe Druillet, “Les 6 voyages de Lone Sloane”, 1972 ~

“Le prolétariat doit travailler assidûment à sa mission historique universelle, renforcer la puissance de son organisation, la clarté de ses principes. L’heure historique trouvera la classe ouvrière prête et le tout est d’être prêt.”
~ Tract officiel de parti spartakiste “Impérialisme ou Socialisme”, cité par Rosa Luxembourg dans “La crise de la sociale-démocratie”, 1915 ~

“L’organisation révolutionnaire ne peut être que la critique unitaire de la société, c’est à dire une critique qui ne pactise pas avec aucune forme de pouvoir séparé, en aucun point du monde, et une critique prononcée globalement contre tous les aspects de la vie sociale aliénée.”
~ Guy Debord, “La société du spectacle”, 121, 1967 ~

« La destruction est création »
~ Michel Bakounine ~

Insurrection et utopie

Dr Bones

2015

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Mai 2022

“Nous mangeons d’une poubelle et cette poubelle est l’idéologie.”

Tout ça a commencé de manière plutôt innocente. Un ami me posa une question sur FB :

“Comment peux-tu te faire l’avocat d’une révolution anarchique quand ta vision politique est si minoritaire ?”

Le présupposé sous-jacent était bon : dans un pays de plus de 300 millions d’habitants (NdT: en l’occurence les Etats-Unis), comment peut-on appeler pour un soulèvement de la société, le bris des liens sociaux et politiques, alors que si peu de personnes voudraient s’identifier comme anarchistes / socialistes / communistes / gauchistes / anti-capitalistes / ou tout ce que vous voulez dans cette veine ? C’est une question qui est souvent lancée à la gauche et malheureusement beaucoup n’en ont pas encore saisi la dimension.

Dans un sens ceci est un signe. Pour une idéologie ou une vision politique, passer de sa négation et de sa mise en dérision à la demande de donner de véritables exemples concrets dans le monde de ce qui pourrait être fait si elle se mettait en place, est un signe de croissance, c’est un signal, un signe du destin, que le vent est en train de changer et de tourner quelque part en notre faveur et de plus en plus de gens désirent savoir ce qui pourrait bien y avoir plus avant sur ce chemin. C’est une chose que de parler de la maxime : “A chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”, c’en est une autre que de discuter comment les restaurants seraient gérés de manière démocratique, sans profit et qu’est-ce que les gens feront au quotidien dans une société sans état et sans classe.

La question n’est toujours pas facile. On pourrait bien dire même que c’est la question qui a de tout temps incapacité la gauche : “Ok, tout ça est très bien, mais comment comptez-vous mettre tout ça en pratique ? Comment une telle société, un tel monde, naissent-ils ?” Les marxistes purs et durs se fondent sur une croyance religieuse de la marche en avant inévitable de l’histoire, les syndicalistes ne jurent que par le développement de toujours plus de syndicats, les neo-bolchéviques estampillés planifient simplement de saisir le pouvoir et de liquider les ennemis de classe, tandis que les nouveaux venus de la fausse gauche dite “socialiste démocrate” toussottent en faisant passer des lois qui devraient magiquement changer l’équilibre du pouvoir.

Toutes ces options présentent des problèmes difficiles à résoudre. L’histoire a montré être tout sauf inévitable (chaque année depuis 1914 a été “capitalisme tardif”), un MacDonalds propriété des travailleurs est toujours un lieu d’exploitation, personne ne prend la peine d’expliquer d’où vont venir tous ces gens prêts à tuer pour la révolution et la doctrine ridicule des Sandernistas disant que les riches et puissants vont simplement se plier à des impôts plus élevés et à la règle de la loi est si invraisemblable que la seule façon d’y répondre est d’en rire profusément.

Alors, où en sommes-nous ? Où allons-nous d’où nous sommes ? Comment pouvons-nous changer le monde ? Je commencerai avec une question : le monde de qui ?

On n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces

La société, la technologie, la langue et la culture portent toutes les marques et formes de naissance des idéologies sous-jacentes du système duquel elles ont émergé. Marx note :

Les idées de la classe dirigeante sont dans chaque époque, les idées dominantes et dirigeantes, c’est à dire la classe qui dirige la force matérielle de la société et elle est dans le même temps sa force intellectuelle dirigeante. La classe qui a les moyens de la production matérielle, de façon à ce que de manière générale, les idées de ceux qui n’ont pas les moyens de production mentale y soient soumises. Les idées dirigeantes ne sont rien d’autre que l’expression idéale des relations matérielles dominantes, ces relations comprises comme idées ; ainsi avons-nous les relations qui fait d’une classe la classe dirigeante et donc les idées de sa domination.

La classe dirigeante, qu’elle soit capitaliste ou socialiste d’état, informe de et projette sa volonté et sa vision des choses sur le reste de la société par la simple nature des choses d’être la force dominante de cette société.”

Bien sûr nous pouvons politiquement voir cela, mais Marx note que ceci s’étend aussi aux idées, à la culture, à tout ce qui pourrait être identifié à un résultat de l’interaction humaine et de sa pensée.

La volonté d’acier et le mépris profond de la vie humaine, si typiques d’un commissaire politique bolchévique ne furent pas tant des traits de caractères naturels que socialement induits ; des idéaux pris au sein des individus et digérés. Ces traits de caractères cultivés sont venus en provenance directe de l’appel idéologique des jeunes révolutionnaires bolchéviques de s’identifier eux-mêmes comme “durs”, comme étant sans pitié et ne faisant aucun compromis dans leurs objectifs à réaliser. Lorsqu’ils prirent le pouvoir, cela s’étendit à un niveau culturel. Cette caricature, ce trait de caractère politique, est passé hors de contrôle et est devenu une créature, une position, une figure symbolique à adorer, craindre en elle-même. Cela transcenda son existence en tant que simple idée ou sentiment du comment les membres du parti devraient se comporter.

Uber, le service taxi à la mode de l’internet, aurait tout aussi bien pu se manifester dans le monde comme une coopérative en propriété collective et auto-gérée. La plateforme internet en elle-même n’est pas si révolutionnaire que ça, les gens et les outils pour créer ce business existaient depuis un bon moment et pourtant… elle ne prit pas cette forme. Uber émergea et fut formée au travers d’un prisme idéologique qui était parfaitement dans la logique de la classe dominante et dirigeante et d’un CEO qui est quasiment le parfait modèle du capitalisme moderne : 

“Considérons comment Kalanick a traité ses chauffeurs de taxi à New York. Lorsqu’il essaya de les convaincre d’enfreindre la loi pour pousser l’empreinte d’Uber dans la ville, Kalanick offrit alors aux chauffeurs de taxis jaunes (NdT: les taxis officiels de la ville de New York) des iPhones gratuits et leur promit de “s’occuper de tout problème légal surgissant” avec l’entreprise TLC de New York. Quelques mois plus tard, lorsque le service fut forcé de fermer, ces mêmes chauffeurs de taxis reçurent un message de venir au QG d’Uber. Le mag Verge rapporte “Un bon nombre de chauffeurs furent appelés à se rendre au QG d’Uber, disant qu’ils devaient venir pour être payés et qu’ils recevraient un bonus en cash pour se présenter. Lorsque les chauffeurs de taxi se présentèrent, Uber les surprit alors en leur demandant de rendre leur iPhone, les informant que le service taxi Uber n’était plus disponible dans la ville de New York.”

Voilà comment Uber évolue, voilà comment des entreprises entières vont construire et construisent leur système évolutif : par des actions faites sous le diktat et la logique d’une idéologie particulière. Prise comme paroles d’évangile ou rejetées comme étant trop dures par les entreprises, les nouvelles entreprises ne vont différer que dans la nuance apportée à cette idéologie, ce premier “business plan” et vont façonner leurs propres arrangements sociaux et économiques au sein de ce paramètre idéologique. Même les technologies, autrefois considérées comme ´´étant “pures” et non affectées par la politique, se développent le long de ces lignes idéologiques politiques.

“Dans un sens plus profond, beaucoup de technologies peut-on dire, possèdent des qualités politiques inhérentes, dans lesquelles un système technologique donné demande en lui-même ou du moins fortement encourage des schémas spécifiques de relations humaines. Winner (1985) suggère qu’une arme nucléaire par sa simple existence, demande l’introduction d’une chaîne de commandement centralisée et rigidement hiérarchique afin de hautement réguler qui pourra même venir à proximité d’elle, dans quelles conditions et dans quels buts. Il serait simplement insensé de procéder de manière différente. Plus banalement, dans les infrastructures quotidiennes de nos grandes économies, des chemins de fer aux raffineries ce pétrole en passant par l’agriculture de masse et la production de microprocesseurs, la centralisation et la gestion hiérarchique sont plus efficaces pour la mise en place, la production et l’entretien. Ainsi donc la création et persistance de certaines conditions sociales peuvent se produire dans l’environnement opérationnel d’un système technologique tout aussi bien que dans la société au grand large.”

Ce qui est intéressant, c’est le retour que cela crée : la technologie est façonnée par la société (et donc l’idéologie dominante) alors que dans le même temps, la société devient elle-même façonnée par la technologie.

NdR71 : pour nos lecteurs, cela nous ramène à ce que nous avons souvent répété, à savoir que si l’humain crée le système, à un moment donné, le système lui-même crée (idéologiquement et idéalement) aussi les humains pour se perpétuer et fonctionner…C’est pour cela qu’il ne peut en aucun cas y avoir de solution au sein du système.

Alors que les technologies sont construites et mises en pratique, des altérations significatives dans les schémas d’activité humaine et ses institutions prennent déjà forme… la construction d’un système technique qui demande à ce que les êtres humains soient des rouages de ce système, amène une reconstruction des rôles sociaux et des relations. Souvent, ceci est un résultat des requis de fonctionnement du nouveau système : cela ne marchera simplement pas sauf si les attitudes humaines changent afin d’épouser sa forme et son processus. Ainsi, l’acte même d’utiliser les types de machines, de techniques et de systèmes qui nous sont disponibles, génère des schémas d’activités et des attentes qui deviennent bientôt “seconde nature”…

Winner donne plusieurs exemples de technologies employées avec l’intention de dominer, incluant le plan urbain parisien post-1848 fait pour rendre inefficace la guérilla urbaine, les moules de forges hydrauliques introduits dans l’industrie afin de briser les syndicats des ouvriers spécialisés à Chicago et une politique ségrégationniste de passerelles d’autoroutes dans les années 1950 à Long Island, qui rendit intentionnellement des endroits comme la station balnéaire de Jones Beach, inaccessibles par bus, ce qui ferma la porte de ces endroits aux pauvres. Dans tous ces cas de figure, bien que le plan ait été politiquement intentionnel, nous pouvons voir que les arrangements techniques mis en place déterminent les résultats sociaux de façon que cela précède logiquement et temporalement leur déploiement. Il y a des conséquences sociales prévisibles au déploiement d’une technologie ou d’un ensemble de technologies.”

NdR71 : prenons par exemple plus près de nous, l’internet et surtout ce que la pourriture globaliste veut imposer au monde : l’internet des choses, la 5G puis 6G, tout ceci façonne et façonnera les attitudes à venir et conditionnera les gens, de manière forcée, coercitivement, parce qu’il n’y aura plus de choix au nom du “progrès”, à changer leur attitude individuelle et collective…

De fait, nous sommes pris dans une toile d’araignée : nous existons dans un monde non seulement façonné par une mentalité hiérarchique et capitaliste, mais les outils que nous utilisons, incluant notre être social, maintiennent et renforcent cet artifice construit (cette construction artificielle…). L’idéologie façonne le monde qui façonne les gens qui façonnent la technologie et le système qui façonnent le monde, qui façonne les gens etc, etc… Comme l’a fait remarquer justement Slajov Zizek, même ceux qui veulent se rebeller contre le système semblent déjà condamnés à y rester (comme par design ?…)

“Si aujourd’hui, on suit un appel direct à l’action, cette action ne sera pas effectuée dans un espace vide, ceci sera un acte perpétré AU SEIN des coordonnées idéologiques hégémoniques : ceux qui veulent “vraiment faire quelque chose pour aider les gens” sont impliqués dans des exploits (sans aucun doute honorable pour la plupart) comme Médecins sans Frontières, Greenpeace, les campagnes féministes et anti-racistes, qui ne sont pas seulement tolérées par les médias, mais aussi soutenues, même si cela entre en apparence sur le territoire économique (comme par exemple dénoncer et boycotter des entreprises qui ne respectent pas l’écologie ou le travail des enfants), elles sont tolérées et soutenues aussi longtemps qu’elles ne s’approchent pas d’une certaine limite. (NdT : prenons par exemple le mouvement BDS de boycott de l’entité sioniste et de ses activités économiques au nom des droits du peuple palestinien… pas beaucoup de soutien des médias sur ce sujet hein ?…). Ce genre d’activité fournit le parfait exemple d’inter-passivité : de faire des choses afin de ne rien faire, mais d’empêcher que quelque chose ne se passe vraiment, qu’un changement ne s’opère vraiment.”

NdT : C’est le principe de tout RÉFORMISME : tenter de changer quelque chose pour qu’en fait rien ne change fondamentalement, que le système demeure et se perpétue. Le principe du “changer pour que rien ne change !…” qui fait d’autant plus les affaires du système étatico-marchand en place.

Même si le pouvoir d’état est saisi, si les vieux maîtres sont virés, le trône lui-même agit comme un objet maudit qui corrompt ceux qui cherchaient à le détruire. Les gens qui ont lutté pour l’émancipation des travailleurs ont fini par écraser des grèves. Les écolos finissent par discuter de la quantité d’uranium appauvri que l’on peut enterrer dans un endroit et combien peut-on en tirer depuis les chars d’assaut ; des gauchistes anti-austérité finissent par faire envoyer les CRS pour briser les manifs et la liste est sans fin au travers de l’histoire. La simple vérité est que vous pouvez prendre un pauvre bougre et en faire un roi, il sera peut-être un bon roi, mais il devra conserver une certaine position, certaines conditions d’existence, aussi injustes soient-elles, pour simplement être roi. Plus il deviendra attaché à cette position et plus le “pragmatisme” prendra le dessus, excusant des actions qui autrefois lui auraient paru impardonnables, afin de continuer l’action présente de “continuer à œuvrer pour le bien”. Hugo Chavez et Fidel Castro peuvent parler toute la journée durant de la “libération du peuple”, mais le fait est que le peuple n’est pas libéré si soutenir une opinion différente envoie des gens en prison. Ainsi va le système et son trône. Le parti peut changer de couleur et le roi de forme, le trône de l’État et du Capital lui, demeure, continue de propager des schémas exploiteurs et de domination culturelle, de conditions sociales, et d’appareil technologique.

Mais il y a un espoir, même dans les sous-bassements de l’activisme si populaire de nos jours, en cette attitude bizarre démontrée par l’État lorsque les gens, les manifestations et les organisations rencontrent une force par trop excessive. pourquoi donc des millions de personnes peuvent marcher dans les rues, librement, “pourvu qu’ils ne s’approchent pas d’une certaine limite” de comportement ? Quelle est cette ligne, limite à ne pas franchir ? Quelle est cette ligne si jalousement gardée ?…

champignon

Pousser le bouchon le plus loin possible

Vous vous rappelez la crise des missiles cubains ? Quand la grande méchante Union Soviétique nous amena à un poil de la 3ème guerre mondiale, prête à pointer des missiles nucléaires stationnés à Cuba sur nous ? Et comment une diplomatie dure et la bravade américaines leur firent faire volte-face ? Non ? Très bien, parce que ça ne s’est pas passé du tout comme ça. Les soviétiques, armant un allié après une invasion soutenue par les Américains, ont conclu le marché, pas nous : retirez les missiles américains stationnés en Turquie (un pays qui partageait une frontière avec l’URSS) et pointés sur Moscou et nous ferons la même chose. Kennedy a bien aimé l’accord et le fit sien. Ceci révulsa d’horreur l’establishment militaro-industriel, il le prit comme une génuflexion devant les Soviétiques. Vous vous souvenez de l’idéologie n’est-ce pas ? Ils ne le virent pas comme deux individus évitant une guerre nucléaire, leur prisme idéologique ne le permettait pas. Ils voyaient tout cela en fait de manière très hiérarchique, dans une dialectique de la domination : nous nous sommes soumis à une autre puissance. Mais les Soviétiques ne le voyaient pas de cette façon, ni non plus la vaste majorité du monde et c’est là que réside le véritable danger : une nouvelle façon de penser, un glissement de vision fut mis en place et en pratique. Et ceci ne pouvait pas être.

D’autres ont rapporté comment Kennedy avança contre le courant et comment souvent ceux qui étaient contre lui avaient hurler à la guerre. Je pourrais aussi dire que juste lorsque le prix Nobel de la paix Martin Luther King Jr commença à parler de “justice économique” et planifiait l’occupation de Washington D.C jusqu’à la fin de la guerre du Vietnam, a fini lui aussi, mort. De manière intéressante, sa famille gagna un procès pour négligence ayant entraîné la mort (transcription intégrale du procès disponible), laissant entendre que le gouvernement américain le tua. Mais je vais plutôt demeurer avec des faits “acceptés” comme cette longue histoire du programme de contre-espionnage (COINTELPRO), un programme du FBI spécialisé dans l’infiltration, la calomnie, la ruine de réputation et l’estropie des organisations politiques domestiques. Ceci ne fut en rien un jeu d’enfants.

“Infiltration : les agents et informateurs n’ont pas fait qu’espionner les activistes politiques. Leur but principal était de discréditer et de perturber les mouvements politiques. Leur présence même servait à faire perdre la confiance et à éloigner les supporteurs potentiels. Le FBI et la police ont exploité cette peur pour diffamer de véritables activistes comme étant des agents infiltrés.

Guerre psychologique : Le FBI et la police ont utilisé une myriade de “coups foireux” pour handicaper les mouvements progressistes. Ils ont planté de fausses histoires dans les médias et ont publié de faux tracts et autres publications au nom des groupes ciblés. Ils ont falsifié la correspondance, envoyé des lettres anonymes et fait de nombreux coups de téléphone anonymes. Ils ont diffusé de la désinformation au sujet de réunions et d’évènements, ont crée des pseudo-groupes gérés par des agents du gouvernement et ont manipulé ou tordu le bras aux parents, employeurs, propriétaires, administrateurs scolaires et universitaires et autres pour causer bien des problèmes aux activistes, etc…

Harcèlement légal : Le FBI et la police ont abusé et abusent encore du système légal pour harceler les dissidents et les faire passer pour des criminels. des officiers de police se sont parjurés dans leurs témoignages en cour de justice et ont présenté des preuves fabriquées de toute pièce comme prétexte à des arrestations ou des emprisonnements illégaux. Ils ont mis en application les lois fiscales de manière discriminatoire ainsi que d’autres réglementations gouvernementales ; ils ont utilisé une surveillance secrète, des entretiens “d’enquête” et des mises en demeure, convocations devant des grands jurys dans un effort d’intimidation des activistes et de réduire au silence leurs supporteurs.

Emploi illégal de la force : Il y a eu conspiration du FBI et des forces de police locales pour menacer des dissidents ; pour perpétrer des cambriolages et des fouilles / perquisitions illégales afin de fouiller les domiciles des dissidents. Ils ont commis des actes de vandalisme, d’agression, de passage à tabac et d’assassinats. L’objectif était de terroriser ou d’éliminer les dissidents et de perturber leur mouvement et leurs actions…

Le FBI a aussi conspiré avec les départements de police de bien des villes américaines (San Diego, Los Angeles, San Francisco, Oakland, Philadelphie, Chicago) pour encourager à pratiquer plus de raids sur les domiciles des membres du parti des Black Panthers, le plus souvent sans preuve aucune de quelque violation que ce soit de lois fédérales, d’état ou municipales, ce qui eut pour résultat le meurtre par la police de bon nombre de membres du parti des Black Panthers… Afin d’éliminer les leaders des militants noirs qu’ils considéraient dangereux, Le FBI a travaillé avec les polices locales pour cibler des individus en particulier, les accusant de crimes qu’ils n’avaient pas commis, supprimant les faits et choses les disculpant et en les incarcérant sous de faux prétextes et de fausses accusations.”

Quiconque pense que ceci a cessé de nos jours se trompe lourdement, vraiment vraiment lourdement.

“Des participants furent mis en charge d’identifier les résolveurs de problèmes et les ‘causeurs de problème’ et le reste de la population qui serait la cible des opérations de renseignement, de bouger son centre de gravité vers ce qui a pour valeurs et vision des choses ‘l’état final des choses’ selon la stratégie militaire mise en place.”

Laissez-moi vous traduire tout ça : “Nous étudions de manière active les mouvements politiques, identifiant les personnes qui pourraient éventuellement faire changer les choses et qui usent de techniques de propagande pour changer les conversations qu’elles ont ainsi que leurs visions des choses pour mieux cadrer avec la stratégie militaire domestique.” Laissons cela bien décanter.

Pour dire vrai, nous ne connaîtrons probablement jamais la profondeur du terrier du lapin blanc. Mais il y a ici un facteur unificateur : le système se durcit dès que le narratif officiel, l’idéologie elle-même sont démontrés ne pas être les seuls possibles. Ils sont terrifiées par les idées, parce que ce sont elles qui déclenchent les actions. La plus grande menace pour le système n’est pas de seulement d’apprendre que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être, mais de commencer à imaginer un monde où les choses seront différentes. Si quelque chose se situe en dehors “des paramètres du tolérable” pour l’idéologie dominante, cela présuppose qu’il y a des limites au système et s’il y a des limites, il peut vieillir, s’émousser, devenir inutile et finalement… être remplacé.

Ainsi la classe dirigeante va défendre violemment ses doctrines quel qu’en soit le prix. Peut-on vaincre un tel ennemi invincible, un ennemi qui nous a façonné durant toutes nos vies ? Comment pouvons-nous le faire ? Pourrons-nous jamais nous libérer et arrêter de bouffer dans la poubelle de l’idéologie capitaliste ?…

Suivez-moi au fin fond du terrier du lapin blanc, celui que nous fabriquons… Trouvons-nous les uns les autres !

commune1a

“Vous dites que vous voulez une révolution ?” “Pas exactement…”

La magie est la science et l’art de provoquer un changement en conformité avec la volonté.” N’est-ce pas ce qu’ils disent ?

Si le monde entier, de la culture humaine à la technologie, est le résultat de l’idéologie dirigeante et est littéralement façonné par celle-ci, alors nous ne devons rien faire d’autre que de tout changer. La réforme n’est en aucun cas une option parce que le simple fait de fonctionner au sein du système ne fait que renforcer les idéologies existantes. Ceci a été la clef de toute chose : chaque génération règle et adapte l’expérience idéologique existante, la rendant supportable et à son goût du moment, la préservant ainsi. C’est la raison pour laquelle la politique identitaire et les révolutions sociales sont si soutenues. Les gens du haut de la pyramide ne se souvient guère si la définition du mariage par exemple, est élargie ou restreinte, tant que nous continuons de dépendre d’eux pour faire quoi que ce soit. Ils se foutent de savoir si le président est blanc ou noir, tant que nous continuons à les élire, à participer au système. Mais dès que nous commençons à rêver d’une vie en dehors de l’espace mental encadré par les rangers de la bidasserie, celles-ci viennent nous écraser, parce qu’à la minute même où nous pensons le faire, nous créons un espace mental nouveau pour nous-mêmes et pour les autres afin d’y vivre. Vous n’y croyez pas ? C’est à travers ce processus que nous avons abouti au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui :

Ce monde n’est en rien un élément naturel ou intentionnel de la vie humaine, mais plutôt un arrangement artificiel, construit par ceux qui veulent posséder le monde. “Une chose néanmoins est claire, la Nature ne produit pas d’un côté des propriétaires d’argent, de bien et de commodités et de l’autre des humains ne possédant rien d’autre que leur force de travail”, explique Marx. “Cette relation n’a aucun fondement naturel, ni sa base sociale commune à toutes les périodes de l’histoire. Ceci est clairement le résultat d’un développement historique passé, le produit de bien des révolutions économiques, de l’extinction de toute une série de vieilles formes de production sociale.

Ce champ de bataille idéologique est clef. C’est la raison pour laquelle ils se sont gaussés du mouvement Occupy Wall Street et puis soudainement lui ont cassé les reins, c’est la raison pur lequel un mouvement comme “Food Not Bombs” (De la nourriture pas des bombes) et traité bien plus agressivement que tous les rallies et toutes les manifestations néo-nazies. C’est la raison pour laquelle l’autorité d’un flic ne doit jamais être questionnée ; c’est la raison pour laquelle les sans-abris ne sont pas autorisés à construire des structures semi-permanentes et s’en remettre à une aide sociale stigmatisée. Nous nous confrontons à des structures virtuelles, des symboles vivants qui donnent son pouvoir à tout cet artifice.

L’argent fait tout tourner. Ne pas avoir d’argent n’est pas bon. Obéissez à ce qui se veut être l’Autorité. Brisez ces symboles et vous brisez le mauvais sort qu’on nous a jeté. Brisez ce mauvais sort et vous pourriez bien commencer à en jeter vous même.

Parce que voyez-vous, des choses comme le capitalisme, la hiérarchie, ne sont pas que des choses se produisant dans le monde mais qui vivent également dans nos têtes. Ce sont des idées, des constructions, des “fantômes” comme les appelaient Max Stirner. aussi longtemps qu’ils existent dans nos têtes, ils continueront à exister dans le monde extérieur et s’ils existent là, ils façonneront nos pensées et nos actions en ce monde.

L’idéologie est un processus qui est accompli par le soi-disant penseur conscient, certes, mais doté d’une fausse conscience. Les véritables motifs qui le conduisent lui sont inconnus, autrement, ce ne serait pas un processus idéologique du tout. Ainsi donc, il imagine des motifs faux ou apparents. Parce que ceci est un processus de la pensée, il dérive à la fois sa forme et son contenu de la pensée pure, la sienne ou celle de ses prédécesseurs. Il travaille avec un simple matériel de pensée qu’il accepte sans aucun examen comme le produit de la pensée, il ne fait pas de recherche supplémentaire pour un processus plus retiré indépendant de la pensée ; de fait son origine lui semble évidente, parce que toute action se produit au travers de la pensée, donc cela lui apparaît être ultimement fondé sur la pensée.” (Engels)

Combien de fois avez-vous entendu que “c’est le mieux qu’on puisse faire” ?ou bien “ceci est le seul monde possible” ? Est-ce la même espèce qui est passée de chariot à l’alunissage en l’espace de juste 70 ans ? Imaginer que nous aurions atteint une sorte de mur infranchissable dans le développement humain est une folie pure et simple. Ceci, camarades, est le sort jeté par l’idéologie. Bien sûr “on ne peut pas faire mieux” si les structures mentales de votre tête vous disent que c’est le cas. Vous construirez littéralement ce monde dans lequel vous vivrez, parce que votre esprit est convaincu que c’est ce que vous, dans le sens nietzschéen du terme, allez créer. Nous sommes coincés à quémander des petits bouts de ce gâteau parce que nous ne pouvons même pas nous représenter le fait de l’avoir en totalité.

Joseph McMoneagle parle dans son livre “Voyage de l’esprit” de comment avant une session d’analyse et de vision à distance l’enquêteur passe environ une heure à parler avec le sujet de considérations psychiques et paranormales. La raison ? Cela prépare l’esprit des sujets à la possibilité que cette expérience soit possible. S’ils pensaient que cela ´´tait réel et possible, alors, comme par magie, ils étaient capables de le faire. Les débutants en général avaient plus de chance que les gens expérimentés en la matière car ils n’avaient pas les données mentales pour rejeter ou douter de l’expérience.

Les sorciers, sorcières et magiciens parmi vous devraient avoir des cloches et des sifflets en branle dans la tête…

Nous parlons ici de gens déplaçant leur conscience en dehors de l’espace-temps pour observer des évènements, des endroits, des gens, au travers d’un léger glissement d’idéologie ; en croyant qu’une telle chose était non seulement possible mais probable. Si cette reconnaissance de probabilité de possibilité peut faire CELA, quel genre de monde peut-on créer avec ?

Vers une nouvelle utopie

“Ainsi donc le paradoxe est le suivant : il est plus facile d’imaginer la fin de toute vie sur Terre qu’un bien plus modeste changement radical dans le capitalisme, ce qui veut dire que nous devons réinventer l’Utopie, mais de quelle manière ? Il y a deux faux sens en ce qui concerne l’Utopie. L’un est cette vieille notion d’imaginer une société idéale dont nous savons pertinemment qu’elle ne se réalisera jamais. L’autre est l’Utopie capitaliste dans le sens de nouveaux désirs pervers qui ne vous sont pas seulement permis de réaliser mais surtout incités à réaliser. La véritable Utopie se situe lorsque la situation est tellement sans issue, sans façon de résoudre les problèmes au sein des coordonnées du possible, qu’émerge de la pure nécessité de survivre, l’invention d’un nouvel espace. L’Utopie n’est pas une sorte d’imagination libre ; elle est un sujet de la plus fondamentale des urgences. Vous êtes forcés de l’imaginer comme la seule porte de sortie, et c’est de cela dont nous avons besoin aujourd’hui.” (Slajov Zizek)

Laissez-moi vous donner un exemple du comment ce rêve fonctionne. Des voitures sans conducteurs sont en train d’être développées et testés. Les coûts de fonctionnement d’Uber sont essentiellement les salaires des chauffeurs. Plus de chauffeur et le coût va grandement baisser, ce sera si bas qu’en fait ce sera mins cher de simplement se faire trimballer par une voiture sans chauffeur que de posséder sa propre voiture.

Donc, nous avons deux futurs potentiels :

A) Les voitures autonomes rentables deviennent la vague du futur, éliminant le processus de propriété de véhicule. Vous ne pouvez aller nulle part sans payer quelque chose, les entreprises peuvent charger ce qu’elles veulent et au moment où un gros accident se produira, elles mettront la pression sur les véhicules conduits par des humains comme étant “dangereuses” et mettront la pression sur l’État pour les faire interdire sur les routes principales, “pour notre sécurité” bien entendu, créant ainsi un monopole technologique privé. Tout transit routier deviendra transaction commerciale.

B) Nous créons un système de transport social gratuit pour tous.

Les deux options sont totalement possibles, toutes deux étant dans un monde nébuleux de possibilité si fréquemment ajoutées et soustraites par ceux magiquement favorables. Laquelle de ces deux options naîtra ? Celle qui sera ordonnée de surgir par l’idéologie prévalante. Il y a littéralement des milliers de ces questions qui trouvent leurs réponses quotidiennement à des micro et macro niveaux, des questions que nous n’aurions même peut-être pas pensé de demander : le monde se crée à chaque seconde, il en va de même pour le futur.

Ainsi nous devons commencer à rêver de nouveau, è évoquer et invoquer un monde encore non-né ; nous devons refaire notre utopie. Nous devons imaginer et désirer un monde au delà du capital et de la hiérarchie aberrante, aussi impossible cela semble t’il être, parce qu’en le rêvant, nous nous nous en rapprochons inconsciemment. Et ceci a été réalisé avec succès auparavant. Laissez le grand Murray Bookchin vous rappeler votre histoire oubliée.

La Commune de Paris de 1871 a géré une entière grande ville sur la base de conseils de voisinage ayant une vitesse de communication proche du cheval au galop ; L’Ukraine de Makhno a créé des communes et des écoles anarchistes, sans police, sans prisons, sans frontières ; des zones anarchistes d’Espagne ont complètement aboli l’argent, vivant quotidiennement dans a pratique du “à chacun selon sa capacité, à chacun selon ses besoins”. Ceci représente des choses qu’on  nous a sans cesse répétées n’étaient pas possibles, qu’elles étaient “contre la nature humaine” et pourtant, elles furent mises en place avec succès et ne furent renversées que parce que tout le poids du monde les écrasa… ils savaient, tout comme les puissances qui ne devraient pas être aujourd’hui, qu’admettre leur victoire, leur succès, remettrait entièrement cet axiome de ce “qui est impossible” en question.

Les cantons autonomes zapatistes du Chiapas et du Rojava dans le nord de la Syrie prouvent le pouvoir du rêve, que sommer l’inconscient sorcier de nouveaux mondes est toujours aussi dangereux et efficace qu’il ne le fut.

relation_extatique

Partisans d’un monde non encore né

Donc nous rêvons de nouveaux mondes… Est-ce suffisant ? Vous pouvez souhaiter un nouveau boulot toute la journée, vous devrez toujours physiquement le chercher. La révolution est-elle la réponse ? Max Stirner ne le pensait pas .

La révolution avait pour but de nouveaux arrangements ; l’insurrection nous mène à ne plus se laisser arranger, mais à nous arranger nous-mêmes et de ne plus avoir d’espoirs béats sur des “institutions”. Ce n’est pas un combat contre l’établi […]  ce n’est que la projection d’un moi travailleur hors de ce qui est établi.

Qu’est-ce que la “révolution” ? C’est un rêve sans jambe pour marcher, un combat que nous aurons, toujours dans le futur. Le rêve se trahit. En la voyant toujours dans le futur, nous la condamnons à y rester, ce sera donc un futur brumeux au loin, une utopie d’un conflit futur pour peut–être changer les choses. Une pensée dangereuse là ! Nous rêvons d’une possibilité future, une petite chance de changer les choses plutôt que de les changer maintenant. “Ho Ho attendez un peu, quand la révolution va arriver, les choses seront différentes. Oui monsieur, et maintenant, puis-je prendre votre commande ?…

Et si nous en avons l’opportunité, que faire après ? Nous héritons d’un monde noyé dans un conflit idéologique, une machine armée à l’opposé du type de vie que nous voulons créer. Et comme LA révolution s’est produite, nous devenons immédiatement des conservateurs ; plus de place pour adapter les choses, pour changer, pour croître, parce que “l’évènement” dans les termes de Zizek, s’est déjà produit. Nous devenons les rois, reines et gardiens de la chose que nous cherchions à détruire. La carte physique peut bien changer, mas la coordination mentale demeure. Tiré d’Anarchopedia :

“Stirner reconnait l’importance de l’auto-libération et la manière dont souvent l’autorité existe purement au travers de son acceptation par les gouvernés. Comme il l’explique: “…Rien n’est sacré en soi, mais je le déclare sacré par mon acquiescement, mon appréciation, ma génuflexion, en bref, par ma conscience.” C’est de cette adoration de ce que la société voit comme “sacré”, que les individus doivent se libérer afin de se découvrir eux-mêmes dans leur réalité. Et de manière plus que signifiante, une bonne partie du processus de libération implique la destruction de la hiérarchie. Pour Stirner, “la hiérarchie est la domination de la pensée, la domination de l’esprit !”, ce qui veut dire que “nous sommes maintenus le plus bas possible par ceux qui sont soutenus par des idées.” Par notre propre volonté de ne pas questionner, de ne pas remettre en question, l’autorité et les sources mêmes de cette autorité, comme la propriété privée et l’État.”

Nous ne pouvons obtenir aucun changement, aucune “révolution”, si le vieil ordre et le vieux système du monde que nous cherchons à détruire agissent toujours comme les “fantômes” de notre esprit. Tout changement dans la relation au pouvoir doit d’abord être gagné dans le monde des idées : une révolution intérieure alchimique et jungienne. Libéré des “fantômes” du capitalisme et de la hiérarchie, l’individu nouvellement éveillé recrée le monde autour de lui sur la base d’une nouvelle idée. Makhno écrit :

“L’homme libre, d’un autre côté, a jeté les vestiges du passé ainsi que ses mensonges et sa brutalité. Il a enterré le corps pourri de l’esclavage et la notion que le passé est mieux. L’Homme s’est déjà partiellement libéré du brouillard du mensonge et de la brutalité, qui l’avait mis en esclavage depuis le jour de sa naissance, de cette adoration des baïonnettes, de l’argent, de la légalité et de la science hypocrite. Alors que l’humain se libère de cette insulte, il se comprend mieux lui-même et une fois qu’il s’est bien compris, le livre de sa vie s’est ouvert à lui. Il y voit de suite que son ancienne vie n’était rien d’autre qu’un vil esclavage et que ce cadre esclavagiste a conspiré pour rendre inefficaces toutes ses bonnes qualités innées. Il voit et comprend que cette vie l’a transformé en une bête de somme, un esclave pour certains ou un maître pour d’autres ou un dupe qui piétine et détruit tout ce qui est noble en l’humain, lorsqu’on lui ordonne de le faire. Mais lorsque la liberté éveille un Homme, il jette tous les artifices dans la poussière et tout ce qui se met en travers du chemin de la créativité indépendante. C’est ainsi que l’Homme avance dans son processus de développement…

“L’homme révolté, qui a parfaitement saisi son identité et qui voit maintenant avec ses yeux grands ouverts, qui a maintenant grand soif de liberté et de totalité, va maintenant créer des groupes d’Hommes libres soudés les uns aux autres par l’idée et l’action. Quiconque entre en contact avec ces groupes va jeter son statut de laquais du système et va se libérer de la domination idiote que les autres ont sur lui. Tout humain ordinaire venant de la charrue, de l’usine, du banc de l’université ou du monde académique reconnaîtra la dégradation de l’esclavage. Alors que l’humain découvre sa véritable personnalité, il jettera aux orties toutes les idées artificielles qui vont contre le droit même de sa personnalité, cette relation maître / esclave de la société moderne. Dès que l’Homme met en avant les éléments purs de sa personnalité au travers de laquelle une nouvelle communauté humaine libre est née, il deviendra un anarchiste et un révolutionnaire. Voilà comment l’idéal de l’anarchisme est assimilé et disséminé par les humains ; l’homme libre reconnaît sa profonde vérité, sa clarté et sa pureté, son message de liberté et de créativité.”

vie_extase_NB
« N’oubliez pas que si nous pouvons construire,
nous ne sommes en rien effrayés par les ruines… »

Utopistes de l’insurrection

Alors pour résumer, que devons-nous faire ?…

Nous devons être des créateurs, des rêveurs, des penseurs, des constructeurs. Nous devons apprendre à identifier l’idéologie prévalante et ce en quoi elle nous infecte, nous et les autres, même les objets et les concepts. 

NdR71 : A ce sujet lire et diffuser ce texte essentiel de Paulo Freire que nous avons traduit en français dans son intégralité : “La pédagogie des opprimés” (1970) dans une superbe mise en page PDF de Jo.

Puis nous devons briser tous les liens avec cet espace mental toxique, nous devons finalement tuer notre fasciste intérieur. Et lorsque nous ferons cela et que les symboles du capitalisme, de l’État et de la hiérarchie auront été démythifiés, alors nous pourrons simultanément évoquer notre Utopie et inclure nos rêves dans la réalité. Nous pouvons converser et agir pour défier ces idées prévalantes et montrer ce qui est possible ; nous pouvons nous battre pour et créer des espaces libérés où ce nouveau monde pourra commencer à se manifester.

Il y a des façons de faire ceci aujourd’hui. En voici 42. Nous pouvons commencer l’insurrection dès maintenant.

Plutôt que de s’en tenir dogmatiquement à une méthode ou tactique, nous devrions suivre le conseil de Stirner et de “n’avoir aucun désir de devenir esclaves de mes maximes, mais plutôt de les soumettre à ma constante critique”, alors que la lutte ne cesse d’évoluer. Nous ne savons pas à quel point les choses peuvent changer ou de quelle façon les choses peuvent se manifester, quand les situations peuvent devenir plus chaudes ou plus froides. Rosa Luxembourg nous a expliqué qu’il n’y a pas de temps “parfait” ou “objectif” pour quelque condition historique que ce soit, cela ne se perçoit que lorsqu’elle est vue comme quelque chose de passé ; que chaque tentative “prématurée” des travailleurs à saisir le pouvoir a existé pour continuer d’entrainer les gens, qui ne peuvent atteindre “les conditions de maturité” nécessaires pour un large changement sociétal que par l’éducation reçue par ces luttes passées “prématurées”. Nous devons reconquérir cette vieille patience révolutionnaire, lutter pour un monde que peut-être nous ne verrons jamais ; mais de notre vivant, plutôt que de simplement “réagir” aux choses ou essayer d’”arranger” le monde, nous devons construire le notre.

Chaque action qui fait bouger vers une nouvelle manière de penser, de par sa simple existence, force les autres à avoir une discussion intérieure avec eux-mêmes. Cette descente au “pays des fantômes” provoque le questionnement d’idées prévalantes longuement admises ou jetées en masse. L’idéologie informe et moule la réalité. Changez un de ces éléments et vous changez l’autre. Victor Serge dans “La naissance de notre pouvoir” a décrit la situation dans une conversation entre ses personnages :

Plutôt que d’attendre qu’un conflit futur puisse amener l’opportunité de changer, nous devons agir et lutter comme si le monde de nos rêves n’est éloigné de nous que par l’épaisseur d’un cheveu.

Parce que si nous le faisons, alors un jour, nous nous réveillerons dedans.

-[]-

Le texte dans un superbe PDF de Jo, inspirée par le souffle qui en émane :

DrBones_Insurrection et Utopie

“Il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir !”
~ Résistance 71 ~

“L’idéologie est la base de la pensée d’une société de classes, dans le cours conflictuel de l’histoire. Les faits idéologiques n’ont jamais été de simples chimères, mais la conscience déformée des réalités, et en tant que tels des facteurs réels exerçant en retour une réelle action déformante.”
~ Guy Debord, “La société du spectacle”, 212, 1967 ~

Dr Bones Sur Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

citationBelgarrigue

reflexionaborigene

Changement de paradigme politique : futilité de toute réforme de l’État, anarchie de l’idée à la pratique… L’anarchisme afro-américain (William C. Anderson)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, syndicalisme et anarchisme, technologie et totalitarisme with tags , , , , , , , , , , , , , , on 22 mai 2022 by Résistance 71

blackanarchism1
A lire : “L’anarchisme africain, histoire d’un mouvement”, Sam Mbah

Et un paquet de lectures complémentaires sous l’article à (re)lire et diffuser sans aucune modération…
~ Résistance 71 ~

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir… Qu’on se le dise et agisse en conséquence !
~ Résistance 71 ~

“Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt.”
~ proverbe chinois ~

Quand le politicien, marchand montre la lune, l’anarchiste regarde ce que fait l’autre main… elle lui fait sûrement les poches.
~ Résistance 71 ~

gettyimages-534656892

Toute réforme de l’État n’est pas du tout suffisante, notre temps demande l’anarchisme noir

Pour bon nombre de marginalisés, l’État n’a fait que leur botter le cul…

William C. Anderson

Mai 2022

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

“Pour le moment, le monde est dans une impasse. Ceci ne veut dire qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de sortie possible, mais que le temps est venu d’abandonner les modes anciens qui nous ont mené à la fraude, à la tyrannie et au meurtre.”
~ Aimé Césaire ~

Je ne vais pas ici expliquer l’anarchisme noir, parce que celui-ci s’explique de lui-même. Les temps que nous vivons justifient sa validité. Une politique qui ne peut concevoir la libération qu’au travers l’appareil de l’état-nation ne peut en aucun cas servir le peuple qui tombe toujours hors de ses considérations.

Ceux qui sont le plus marginalisés (NdT : tout le monde en fait… pas d’exception !) ne sont pas libérés par ces formes d’état qui n’ont fait que  les tuer, les exclure et leur botter le cul. Les pauvres, les apatrides, les migrants et les opprimés de toutes sortes sont sacrifiables selon les classes dirigeants du monde.

Une transformation radicale (NdT : depuis la racine des choses) passe par le pouvoir retournant directement entre les mains des gens eux-mêmes, sans minimiser la diversité au nom de frontières, de citoyenneté et de l’homogénéisation des identités nationales.

Qu’est-ce que cela voudrait dire si les gens se représentaient directement en lieu et place des administrations des états-nations, de politiciens et de dirigeants parlant sol-disant pour eux ? Aux Etats-Unis, pendant la période de la lutte pour les droits civils et du Black Power, cette question mena au développement de l’anarchisme noir et de l’autonomie noire, au travers du travail de radicaux noirs qui se tournèrent alors vers un socialisme sans état et bien plus.

Lucy Parsons, une afro-américaine ex-esclave, fut une des anarchistes noirs des origines. Un pilier du mouvement ouvrier des années 1920 et connue pour être une véhémente oratrice. Elle fut décrite par la police de Chicago comme “plus dangereuse que 1000 émeutiers”. Parsons avait une relation compliquée avec son identité raciale, ce qui fait partie de sa longue et dynamique histoire.

Parsons intervint longtemps avant les avancées faites durant l’époque de la lutte pour les droits civils, le réformisme et le mouvement du Black Power et les politique étatique qui représente l’anarchisme noir moderne. La cohorte américaine responsable de développer cela inclut de manière non exhaustive : Martin Sostre, Lorenzo Kom’boa Ervin, Kuwasi Belagoon, JoNina Ervin, Ojore Lutalo et Ashanti Alston.

martin_sostre1
Martin Sostre

Sostre, décédé en 2015, était un prisonnier politique auto-proclamé de renommée internationale qui, presque à lui seul, transforma le système carcéral américain par ses poursuites en justice. Il fut un éducateur de communauté et gagna bien des victoires pour les droits des prisonniers, des libertés politique et religieuse à la restriction des peines d’isolement en passant par l’opposition à la censure de la littérature dans les prisons.

Lorenzo Kom’boa Ervin, qui fut un élève de Sostre, est un ancien membres des Black Panthers et activiste au Student Nonviolent Coordinating Committee, une organisation clef du mouvement de lutte pour les droits civils américain. JoNina Ervin, qui finalement épousa Lorenzo, est aussi une ex-Panther et fut la dernière rédactrice en chef du journal du Black Panther Party.

Alston, Lutalo et Balagoon étaient membres des Black Panthers et de la Black Liberation Army. Lutalo fut introduit à l’anarchisme par Kuwasi, qui amena sa perspective unique en tant qu’anarchiste New Afrikan.

black_panther

Ils ne furent que quelques uns de ces révolutionnaires noirs qui décidèrent qu’au lieu de se choisir une nouvelle représentation, une nouvelle réforme (NdT : stérile…) et de nouveaux maîtres, ils ne voulaient en fait pas de maîtres du tout…

Je suis venu à l’anarchisme noir il y a un peu plus de 10 ans et l’ai assimilé tranquillement au sein des espaces du mouvement de la gauche socialiste d’état dominant dans lequel il ne cadrait pas du tout. J’ai regardé, observé l’anarchisme en général être harangué comme utopique, chaotique, blanc et non-pratique, alors que les gens régurgitaient les vieilles maximes politiques au sujet de la construction d’un état réformé ou révolutionnaire. J’ai eu autrefois les mêmes vues sur la réforme de l’état avant de comprendre l’anarchisme en ses termes propres et non pas fondés sur des mauvaises compréhensions et interprétations populaires ou individuelles.

L’histoire de l’anarchisme noir a été complètement négligée et, rétrospectivement, je comprends pourquoi elle devait l’être. L’anarchisme est une menace sur laquelle beaucoup peuvent s’accorder. Ne pas faire des populations une partie des états-nations pose un grave danger à l’ordre du monde que nous connaissons. Le fait même que des factions ´´tactiques à la fois de la droite et de la gauche utilisent l’anarchisme comme le croquemitaine à cibler est tout à fait crucial. Ceux qui sont préoccupés à atteindre le pouvoir d’état ou à en faire une arme pour leurs propres objectifs se sentiront régulièrement menacées par ceux qui ne voient pas l’État comme le seul moyen et arbitre de la libération.

Black_Power_Movement

L’anarchisme noir rejette l’autorité coercitive et oppressive de ces hiérarchies pyramidales existantes au sein de tout le spectre politique. Il ne prétend pas que quiconque affirmant (ou ayant affirmé) être un libérateur, parlant au nom des masses, ne puisse pas commettre d’atrocités. Il reconnaît que justement en reconnaissant ceci plutôt qu’en le niant, donne plus de force à la croissance des mouvements.

Dans mon nouveau livre “La nation sur aucune carte”, j’étends ma pensée autour de “l’anarchie de la négritude” comme elle apparaît au travers de la condition non étatique des noirs dans la diaspora africaine. Ceci n’est pas juste théorique. Ce que je souligne est la réalité de la migration noire, forcée ou autre et la mise en esclavage. C’est pourquoi dans mon livre, je fais cas du comment l’histoire anarchiste noire peut appeler et être en adéquation avec un mouvement abolitionniste nouvellement revigoré, entre autres choses.

Les vies de bon nombre des anarchistes noirs historiques que j’ai mentionnés tracent un chemin familier de croissance et de développement. Beaucoup ont traversé le mouvement des droits civils vers les mouvements de nationalisme noir et du Black Power avant d’arriver finalement à l’anarchisme. Ces mouvements ne sont en aucun cas la même chose et nous devons leur laisser leur diversité. Il y a de multiples anarchismes noirs, de tendances et d’autonomies. Ce qu’ils ont fait avec l’anarchisme une fois qu’ils y furent arrivés est juste quelque chose d’aussi multiface que les anarchismes historiques classiques le sont. Une similarité que beaucoup partagent est la réjection de ce que Sostre appelait “la ligne de bois de parti”. Il rejetait “une ligne politique abstraite ou idéologique” en faveur de la lutte pour “des êtres humains ayant des vies à remplir.”

Sostre est une raison pour laquelle je vois l’anarchisme noir comme une partie de la politique et de l’histoire qui n’est pas nébuleuse au point de devenir incohérente. C’est plutôt suffisamment réaliste pour maintenir le poids de la différence de la vérité qui a été régulièrement perdu historiquement dans les volontés des leaders politiques affirmant qu’ils “représentent les gens”. Le peuple est les gens eux-mêmes et pas un de ces ballons de foot à la disposition de quiconque espère l’utiliser. Nous faisons tous partie des “gens”, du “peuple”.

Nous luttons pour une existence là où il n’y aura pas d’état pour nous déporter, nous déposséder, nous détenir, nous assassiner, nous emprisonner, nous polluer et nous policer pour le profit exclusif d’une soi-disant élite dominant le monde. Nous parlons ici de détruire la machinerie même de l’oppression, et pas de lui redonner un nom ou de la rendre plus “acceptable”, plus “vertueuse”, afin qu’à terme, elle puisse encore nous opprimer. Voilà pourquoi pour moi, l’anarchisme noir veut dire s’éloigner et transcender tous les gauchismes inondés, noyés dans des raisonnements binaires du “c’est soit ceci ou soit cela…” Nous luttons pour quelque chose de bien plus grand !

Il y a une porte de sortie et il y a un signe l’indiquant, je montre ce signe, alors, ne restez pas coincés et béats à regarder mon doigt.

= = =

Lectures complémentaires en PDF

“L’anarchisme africain, histoire d’un mouvement”, Sam Mbah

“Discours sur le colonialisme”, Aimé Césaire 

“Nous sommes tous des colonisés”, Résistance 71

“Gouverner par le chaos”, ingénierie sociale de idéologie dominante 

“Appel au socialisme”, Gustav Landauer

“La morale anarchiste”, Pierre Kropotkine

“Le monde nouveau”, Pierre Besnard

“La liberté de chacun par la liberté de tous”, Eric Mühsam

“Que faire ?”, Résistance 71

“Anarchie, de la théorie à la pratique”, Rudolph Rocker

“De la Commune à la pratique anarchiste”, Louise Michel

“Regard anarchiste sur la vie”, Emma Goldman

“Une anarchiste américaine”, Voltairine Decleyre

« Un monde sans argent », Yan-Ber Tillemon

“Pourquoi suis-je anarchiste ?”, Zénon

“Inversion”, Zénon

“Pour tout changer, un appel anarchiste”, CrimethInc

“Le communisme anarchiste”, Sam Dolgoff

« La synthèse anarchiste », Voline

« 1871-2021… De l’esprit communard aux Gilets Jaunes », compilation JBL1960

Et toujours bien entendu…

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

relation_extatique

Il n’y a pas de solution au sein du système… Quand détruire est créer : de la tyrannie marchande à la société des sociétés en territoires émancipés…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 9 mai 2022 by Résistance 71

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux ayant lâcher-prise de l’illusion démocratique et se tenant main dans la main avec les peuples colonisés contre l’oppression étatico-marchande, marchant sur le chemin de la société des sociétés, celui de notre humanité enfin réalisée.

Il n’y a pas de solution au sein du système… Le comprendre et agir, enfin…

~ Résistance 71 ~

Astyle

Une lutte militante anarchiste internationale

Groupe anarchiste anonyme

2022

Traduit de l’anglais par Résistance 71 

9 mai 2022

Alors que les guerres entre les états-nations deviennent de plus en plus fréquentes et attirent des volontaires du monde entier, c’est le moment idéal pour réfléchir sur ce qui caractérise les militants anarchistes internationaux.

Leurs objectifs sont de :

  • Créer des territoires autonomes
  • Construire des communautés libératrices et des corps politiques
  • Se battre aux côtés des opprimés du monde
  • Fournir une solidarité internationale au-delà des frontières

Le terme “militant anarchiste” devrait être redondant car tous ceux qui se battent pour la libération devraient prendre une approche militante. Mais la tendance récente des soi-disants anarchistes en Occident est de libéraliser le mouvement anarchiste, ceci culminant avec ce renversement scandaleux des choses qui voit de tels groupes marcher dans les rues au son des tambours de l’OTAN et donc imposent le fait que la signification de ce qu’est être un anarchiste a besoin d’être réévalué et son héritage historique être continué.

Créer des communautés et des territoires autonomes

La priorité est de saisir des territoires afin d’aider à détruire et balayer les états-nations, de contrôler les moyens de production pour que les ressources soient équitablement distribuées et ne tombent pas entre les mains des exploiteurs capitalistes. Pour ce faire, la tache essentielle est de bâtir des forces et des groupements politiques de façon à ce que nous soyons une formidable faction lorsque le moment se présentera. C’est un processus qui prend du temps et de la motivation, de la patience, des années d’entraînement et d’étude (NdT : comme l’ont fait dans le secret des villages les Zapatistes du Chiapas entre 1984 et 1994). Ceci sera récompensé car lorsque les états et les démagogues se battront entre eux, nous pourrons prendre l’avantage sur le tumulte et créer un territoire.

Alors que nous construisons nos factions armées, nous bâtissons simultanément des structures libératrices et des communautés. Notre mouvement ne pourra pas réussir si un état oppresseur est remplacé par un autre, si la suprématie capitaliste blanche est remplacée par un démagogue autoritaire ou vice versa ; si une forme d’anarchistes oppresseurs et des citoyens de “seconde classe” remplacent un fascisme par un autre, un fascisme “démocratiquement imposé”.

Nos forces et nos communautés devraient être construites d’une façon consistante avec notre éthique et nos principes d’organisation : respect de chacun, priorité aux besoins des gens, recherche, éducation et connaissance fondées sur la lutte des peuples, une communauté de défense dispersée dans toute la société. Ces principes forment la base des décisions de chaque collectif.

Nous comprenons que la fondation centrale est la défense et la stratégie. Ceci est la place et le rôle du militant anarchiste. Voilà comment l’entrainement porte ses fruits. Avec la bonne préparation, nos territoire créent des espaces pour des communautés libérées et des structures sociales qui pourront fleurir, ceci crée aussi des zones tampon qui peuvent nous permettre de défendre ces zones.

Nous pouvons regarder et analyser les travaux de Makhno, de Zapata, de la Guerre d’Espagne et de la préfecture de Shinmin. Ces exemples nous montrent le chemin du succès et nous fournissent de bons signaux à suivre.

Nous apprenons de Shinmin que la défense doit être égale à la population qui vit dans le territoire, elle doit être étendue partout et pas seulement aux forces armées. Alors que les régimes haineux doivent être combattus, nous devons aussi reconnaître que tenir un territoire représente aussi une faiblesse dans une lutte de guérilla. Si des attaques sont lancées depuis notre région, nous devons être capable de contrer quelque réponse qu’elle occasionnera. Les attaques lancées doivent aussi incapaciter l’ennemi dans sa riposte.

La défense n’est pas juste s’entrainer aux armes et tenir un territoire, c’est aussi tenir une ligne politique sans flancher. Ceci est une des leçons essentielles de la guerre civile espagnole de 1936. Les militants furent trahis avant même qu’ils fussent capables de recueillir les fruits de leur batailles. La CNT insista pour rejoindre le gouvernement de coalition, affaiblissant ainsi la position des militants anarchistes en créant une ouverture pour que les fascistes saisissent le pouvoir. Ceci est un avertissement qui vaut pour tout anarchiste aujourd’hui. Tenir une ligne ferme entre le travail sans concession et ces soi-disants “radicaux” mous du genou et qui donne une idéologie au pouvoir, ils se sont déjà vendus avant même d’avoir obtenus quelque gain que ce soit. Une ligne entre ceux commis aux principes politiques et ceux prêts à abandonner doit être fortement tracée et vite.

Inévitablement, lorsque des territoires libérés existent, il doit y avoir par nécessité de survie et afin de ne pas être annihilés par des adversaires mieux armés, des négociations inconfortables et des compromis. Mais il est impératif de noter que ces compromis ne devront pas être faits à moins d’être absolument nécessaires. S’ils sont faits avant d’avoir des territoires, cela ne fait que renforcer l’État, sans que nous ne gagnions quoi que ce soit. Avant de prendre/libérer des territoires de l’État, notre ligne politique se doit d’être sans compromis, c’est notre forte éthique qui nous unit pour la lutte. Tous nos efforts doivent se focaliser sur la préparation de forces de combat et la promotion d’un mouvement plus fort. Nous devons focaliser notre énergie sur tous les aspects qui mèneront à des gains matériels pour notre côté.

Se battre du côté des opprimés du monde

Notre combat est du côté des opprimés du monde. Ceux d’entre nous vivant dans des états particulièrement malfaisants comme les Etats-Unis, les états européens, l’Australie ont une responsabilité particulière d’étudier et de comprendre comment ces états ont pillé le monde et de combattre ces états bec et ongles. Il est de notre responsabilité de demeurer imperméables et ultra résistants à leur propagande afin de ne pas devenir l’aile radicale de leur agenda. Par exemple, ces soi-disants anarchistes qui répètent en bons perroquets la propagande états-unienne au sujet de l’Ukraine ne font que renforcer leur politique mondialiste et hégémonique.

Nous ne devons JAMAIS écouter et donner une quelconque importance à leur propagande, celle qui dit qu’ils se battent pour “la liberté” et “la démocratie”. Ils ne font que se battre pour la liberté des marchés capitalistes et les seuls droits de la culture européenne et de la société blanche. Nous devons nous tenir en dehors de cette rubrique et nous aligner avec ceux qui ont senti le vent du boulet de cette “liberté”. Ne vous leurrez pas à croire que vous serez OK et en sécurité en vous alignant avec un tel pouvoir. En tant qu’anarchiste, votre seule allégeance est aux opprimés, au mouvement et à la destruction de ces états bestiaux.

Toute notre sécurité et notre futur demeurent dans un territoire libéré, émancipé. Le rôle de l’anarchie et des anarchistes et de libérer la lutte de toutes ces promesses creuses et des machinations soporifiques de la propagande d’état. Pour être du bon côté de l’histoire, nous devons nous tenir la main dans la main avec tous ceux que l’occident a pillé, qui ont été massacrés par ses mercenaires, qui ont été escroqués, abusés par ses soldats de fortune d’extrême droite. Nous devons prendre exemple sur nos camarades d’Amérique du Sud et Centrale, d’Afrique, afin de nous assurer depuis notre position au sein de la culture de ces assassins efficaces et les plus forts promoteurs des groupes politiques de la droite extrême, que nous luttons suffisamment fort et depuis la bonne perspective.

Solidarité Internationale au travers des Frontières

En tant qu’anarchistes vivant dans des états impérialistes ou des états qui s’ingèrent dans les affaires des autres, qui arment des nazis et qui mettent des régimes d’extrême droite au pouvoir un peu partout, qui tuent et attaquent des peuples qui ne font que défendre leurs maisons et leurs communautés, qui arment et entraînent des groupes pour faire la guerre par procuration (NdT : comme les Contras, Al Qaïda, L’EI/Daesh etc…), nous avons le devoir de combattre tout cela et de saboter leurs moyens de tortures des peuples en lutte. Si nous ne le faisons pas, nous ne sommes guère plus que des collabos. Avoir une perspective internationale veut dire comprendre le rôle du pays où vous êtes nés et son terrain géographique, géopolitique et de prendre les actions directes décisives pour l’empêcher de nuire. Ceci est la véritable signification de la solidarité.

Il n’y a jamais de bon moment où cela a un sens de collaborer avec un tel État. Notre but et seul devoir est de le saboter et de le détruire.

Cette solidarité ne vaudrait pas la peine si nous ne construisions pas activement un différent type de communauté, de structure politique pour s’enraciner sur les ruines de l’État. Nous agissons maintenant pour empêcher la mort de toujours plus de gens, d’empêcher la mort de camarades qui luttent à l’étranger et nous nous consacrons à la longévité de la lutte afin que les générations futures ne souffrent pas de cette même malfaisance.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Lire notre texte : “Nous sommes tous des colonisés !”

Voir nos pages : “Colonialisme, doctrine chrétienne de la découverte” &

“Colonialisme et luttes indigènes” & “Comprendre et démonter la loi coloniale” &

Réseau de Résistance et de Rébelilon International”

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

chiapas_art

arbre_yinyang

Réflexion nécessaire sur une anarchie post/anti gauchisme… Pour une synthèse individualisme-collectivisme/communisme

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 avril 2022 by Résistance 71

controle_permaent

Nous avons particulièrement aimé ce texte récent, que nous avons traduit et commenté en plusieurs de ses endroits clef. Nous pensons que le débat qu’ouvre ce texte vaut la peine car il fait le pont entre deux tendances anarchistes (individualiste dans la lignée Max Stirner et H.D. Thoreau contre collectiviste/communiste, dans la lignée de la trilogie Proudhon, Bakounine, Kropotkine) qui sont souvent, à tort, opposées. Nous l’avons souvent dit : tout part de l’individu. Sans individu et son pouvoir de se rebeller et de dire NON ! pas de groupe, pas de collectif possible, dans le même temps, sans groupe et organisation pas de (r)évolution sociale possible vers le but ultime de la société des sociétés.
En aucun cas s’agit-il d’une antinomie, d’un antagonisme entre l’individu, la personne et le groupe, comme la récupération systémique veut constamment le faire croire, y compris au sein du mouvement anarchiste, mais il s’agit d’une complémentarité, d’une osmose à achever et qui s’achèvera dans la grande logique de la nature humaine enfin réalisée dans son émancipation sociale finale. L’anarchie “post-gauche”, “anti-gauche”, c’est ca : la compréhension et la mise en place de la complémentarité individu/groupe bien comprise.
L’anarchie ne fait pas partie du spectre politique factice créé, comme dit dans le texte, par notre imagination. Elle ne fait pas partie de la classification étatico-marchande allant de l’extrême gauche à l’extrême droite du capital ; elle est notre humanité finale enfin réalisée. Elle est par delà tous les clivages factices politico-économiques diviseurs, au delà du bien et du mal, au delà du rapport individu / groupe, au delà de la dialectique. L’anarchie est l’incarnation de la Raison dans l’histoire, elle est le pont du surhumain, le moyen d’y parvenir et sa réalisation, 2 en 1, l’unité fractale, la réalisation physique de la domestication naturelle du chaos. Pas rien tout ça n’est-ce pas ?… Raison de plus pour l’embrasser, l’Anarchie sera et sauvera le genre humain.
Lisez et partagez le texte ci-dessous, important de sortir du moule car nous sommes en approche du crash systémique final. Pas de révolution mais une (r)évolution !
~ Résistance 71 ~

Astyle

Une dague de sauvage anarchie 

Flower Bomb

Décembre 2021

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Avril 2022

The world doesn’t owe you shit.
The universe doesn’t know you exist.
Stop waiting for things to happen –
only you can make a change.
– “Do It Yourself” by PUNCH 

Le monde te doit queue dalle.
L’univers ne sait pas que tu existes.
Arrête d’attendre que les choses se fassent d’elles-mêmes,
Toi seul peut changer ces choses.
– “Do it Yourself” par PUNCH
—————————————–

Je me souviens une fois avoir entendu une conversation qui portait sur l’utilisation des expressions “post-gauche” ou “anti-gauche” pour décrire l’anarchie au-delà du gauchisme. J’ai pensé que cela était une conversation intéressante parce que cela me rappelait comment je voyais auparavant ou me situait par rapport à l’anarchie. Je me rappelle avoir vu l’anarchie comme un monde à créer, nécessitant l’organisation des autres pour qu’il se matérialise. Avec le temps, ma relation à l’anarchie changea. Je me retrouvais à penser l’anarchie dans un sens de devenir féroce, sauvage, une révolte personnelle qui mettait l’accent sur le soi, sur la responsabilité plutôt que la co-dépendance aux autres. Ce changement de perspective vint après que j’eus réalisé que le peuple n’est pas la masse d’un troupeau unique et de suiveurs sans jugement, mais est en fait composé d’individus complexes, uniques capables de pensées indépendantes, de décisions et d’actions. Pour moi, l’anarchie au delà du gauchisme, abandonne l’idée que les gens ont besoin d’un leadership organisé et met en avant une compréhension du comment les gens découvrent au mieux leur propre pouvoir quand ils sont le moins gouvernés, organisés, contrôlés.

Dans ce texte, je vais tenter d’élaborer un peu plus sur l’anarchie post-gauche comme je la conçois, la comprend et comment je m’y attache. Comme tous les termes, les définitions et les étiquettes sont sujets à des interprétations individuelles uniques, je ne fais que parler pour moi-même et de ma propre interprétation des théories et des idées mentionnées ici.

Anarchie post-gauche & anti-gauche : les deux tranchants de la même dague

Pour moi, l’anarchie post-gauche est synonyme d’anarchie anti-gauche. Le mot “post” ne représente pas une “nouvelle” forme de gauchisme ou un gauchisme “évolué”, comme certains le clament avec des projets variés anti-état communiste et socialiste. J’utilise plutôt l’expression anarchie post-gauche pour n’exprimer qu’un état d’esprit actuel distinct d’une expérience passée d’avoir identifié et de s’être engagé dans une pensée de gauche. Et de cette perspective, le mot “anti” est synonyme de “post” parce qu’il exprime parfaitement la nature de mon existence présente, mon désir pour une liberté individuelle, sauvage, de manière antagoniste de l’ordre civilisé du gauchisme.

Pour moi, l’anarchie post-gauche n’est pas une sorte d’alignement ou de sympathie avec une politique de droite, je suis tout aussi hostile envers le nationalisme que le fascisme et toutes autres idéologies conservatrices crées au nom de la préservation de la loi et de l’ordre. Je reconnais que les deux idéologies de droite et de gauche sont fondamentalement collectivistes, demandant l’absorption de la liberté individuelle en échange de l’uniformité d’une république. Les deux côtés du spectre politique intègrent le peuple dans une interprétation binaire d’une réalité qui ultimement maintient en place la société industrielle. Ensemble, les politiques de “gauche” et de “droite” encouragent un type de mentalité de ruche où la reproduction de la société est individualisée tandis que le pouvoir autoritaire sur l’individu est maintenu de manière collective.

Mais l’anarchie post-gauche est bien plus qu’une analyse ou quelques idées sur la façon de voir l’anarchie, soi-même et les autres. On peut critiquer des idées philosophiques avec d’autres idées philosophiques et même faire l’expérience d’un changement émotionnel influencé par ces idées. Mais en fin de compte, la philosophie n’est qu’un chaudron d’idées sans retombée. Comme une tige sans pomme, la philosophie est souvent trouvée dans les cimetières affleurant de livres poussiéreux, n’ayant jamais eu l’opportunité de se matérialiser au delà de son emprisonnement académique. C’est pourquoi, pour moi, l’anarchie post-gauche est plus qu’une idée philosophique ou une position prise au-delà du gauchisme. C’est un style de vie anti-gauchiste, une manière de reprendre possession de soi-même, de ses choix, et de ses expériences au lieu d’adhérer à un auto-sacrifice envers un corps social, le groupe, l’organisation ou la commune. L’anarchie anti-gauche est vivante, elle respire la capacité de s’arroger le pouvoir et est un accomplissement en tant que sabotage contre les forces de domestication de la conformité sociale.

chiapas_art

La société industrielle, ou ce que j’appelle “la machine”, est composée d’institutions variées construites sur des idéologies fondamentalement oppressives, imposant leur influence, contrôle et domination civilisatrice sur tous les êtres sauvages. Ces institutions sont avant tout construites, entretenues et conservées, suivies par des individus qui ont collectivement abandonné leur liberté au pouvoir institutionnel. Récemment, j’ai décidé de ne plus utiliser ce mot de “masses” parce que j’en suis venu à comprendre comment ce mot aplanit les importantes différences entre tous les individus. Donc en lieu et place, j’utiliserai le mon “commune” en référence à la continuité sociale de la société industrielle, une commune d’individus uniques dont la majorité a, volontairement ou par endoctrination, souscrit à la vision du progrès industriel. Quand suffisamment d’individus se plient à un système social, ceux qui naissent dedans deviennent endoctrinés. La pensée indépendante devient difficile et bon nombre d’individus préfèrent continuer leur assimilation sociale plutôt que de faire l’expérience d’une isolation sociale due à une vie rebelle.

Les institutions comme la prison, les usines, les bureaux d’entreprises, les écoles etc, partagent tous la même caractéristique : leur endroit de travail cause fonctionnellement, le même sang et la même sueur que ceux qui sont épandus durant le travail de leur construction physique. Et quelque part, ce paradis civilisé de la misère et du stress continue de s’étendre plus rapidement avec chaque année qui passe. Je pense qu’une explication probable de tout ceci pourrait être une compréhension du comment les institutions manipulent notre perception de la réalité. Alors que la société industrielle s’étend, ainsi le fait l’influence visuelle. Durant les premières années de la colonisation de la soi-disante Amérique, on montra intentionnellement aux peuples indigènes des villes afin de les décourager psychologiquement de continuer à résister. A la racine de cette stratégie réside le message subliminal souvent entendu de ceux qui obéissent de désespoir : “Nous sommes bien trop petits, la machine est bien trop forte…

Quand des vitres et devantures de banques sont brisées, saccagées ou des voitures de police incendiées ou lorsque des blocages / opérations escargot bloquent le trafic routier pendant des heures, on peut observer une réaction mitigée des gens qui y assistent. Certains sont excités comme des puces, tandis que d’autres paniquent et sont terrorisés. Je pense que ce types de réactions sont une réponse au chaos de la perturbation du flot normal d’intimidation qui est silencieusement communiqué des institutions aux individus quotidiennement. Le pillage ou la mise à feu de commerces ne doivent rien à la logique pour qu’ils aient lieu. Je pense que ces évènements sont le résultat de la floraison d’une liberté éphémère et sauvage dans des moments où l’ordre étatique et la loi ont été pulvérisés. Ces moments de rupture se produisent souvent lorsque la furie des émotions est très vive et qu’elle dépasse le sentiment de peur, qui est l’arme principale du pouvoir institutionnalisé. Sans la crainte des conséquences légales, de la pauvreté ou de l’isolation sociale, ces institutions se retrouvent exposées comme n’´´tant rien de plus qu’un château de cartes.

L’état social de l’assimilation : la passivité au sein de la marche funèbre

Quand je parle d’anarchie post-gauche, il serait correct de dire que je place une emphase particulière sur l’individu. Je le fais contre un puissant courant collectiviste qui encourage la négation du pouvoir individuel. Avec la négation du pouvoir individuel vient la négation de la responsabilité individuelle pour les choix et actions personnels, ce qui ultimement, fait proliférer les idéologies de l’autoritarisme. Toujours et encore, le blame de l’oppression est mis sur “le système”, les gouvernements, les institutions ou autres groupes de personnes formalisés. Mais à la racine même de la chose, qui contribue à la composition de ces entités sociales ? Il n’y a que très peu d’examen du rôle vital que joue un “individu” en produisant et en maintenant en place ces institutions de contrôle et de domination. Y a t’il vraiment une neutralité dans la participation même à une marche funèbre écocide ?

Une neutralité à participer à sa propre mise en esclavage dans le monde du travail, de l’expansion globale du capitalisme ou de la normalisation de la soumission ? Certains pourraient considérer cela comme tirer sur le pianiste, mais on ne peut en rien nier la malveillance et les tracas réels dont font l’expérience l’individu dans une société. Ma critique n’implique pas d’attribuer tous les problèmes sociaux à un individu particulier, mais plutôt de montrer le fait que sur un plan individuel, le pouvoir peut devenir autoritaire ou anti-autoritaire, soumis ou rebelle. Même le plus apathique des individus fait un bon participant dans une société de domination commune. Sur un plan individuel, ce pouvoir peut se matérialiser au delà de la simple philosophie, soit en union avec d’autres individus, soit seul.

Quand les gens critiquent la police, critiquent-ils juste le fait de la politique de faire la police ou cette même critique s’applique t’elle à chaque policier individuellement qui matérialise volontairement cette philosophie ?

Dans ce texte, il serait inconsistant de ma part d’encourager l’expropriation de la liberté individuelle sans discuter le pouvoir des individus oppresseurs. Soyons honnêtes, une guerre contre la civilisation industrielle et toutes formes d’oppression ne s’arrêtera sans doute jamais, même dans l’après-vis de l’effondrement industriel. Si toutes les institutions oppressives, incluant la société industrielle elle-même, devaient s’effondrer demain (ou même graduellement dans le temps), je pense qu’il y aura toujours des individus avides de pouvoir qui voudront contrôler et dominer les autres. Il est très probable que ces mêmes individus continueront de porter avec eux le résidu de la pensée oppressive. Et il y aura d’autres individus qui voudront capituler devant ces visions, ce qui ulltimement permettra aux autoritaires de matérialiser leur faim de pouvoir.

NdR71 : Cette analyse possède une grand part de vérité, mais cela ne pourrait se produire que si le système, ses rouages, l’embryon du système en place, sa structure, étaient permis de se maintenir et de se (re)développer. Si la société des sociétés des individus associés volontairement existe de manière fonctionnelle hors état, hors institutions, hors marchandise, hors argent et hors salariat, alors il sera impossible à quelque individu que ce soit de remettre en place un système autoritaire de domination, les ponts seront définitivement coupés. La nouvelle société n’aura rien en elle qui permettra le moulage de la fondation d’une société autoritaire, c’en sera fini et sur une ou deux générations, le système étatico-marchand ne sera plus qu’un cauchemar à reléguer au musée de l’histoire humaine. La domination, l’oppression et la violence inhérente ne font pas partie de la nature humaine, ce ne sont que des constructions sociales. Enlevez leur le terreau qui leur permet de croître et elles ne seront plus… Le terreau étatico-marchand est toxique à la société et à la liberté. L’inverse est également vrai…

Ainsi je demande, qui, si ce n’est l’individu, donne le pouvoir à l’idéologie du racisme, du sexisme, du fascisme, du capitalisme, du communisme (autoritaire d’état), à la société industrielle, à la civilisation etc ? Qui, si ce n’est l’individu, construit un concept philosophique, qui lorsque mis en pratique, récompense et permet le contrôle hiérarchique de quelqu’un sur un autre ? Qui, si ce n’est l’individu, est capable de désirer un tel contrôle et une telle domination sur les autres ? Aussi longtemps que les individus ont existé, le conflit, la violence ont aussi existé et des résolutions qui ne se terminent pas toujours pacifiquement.

NdR71 : Là encore, oui et non. L’individu est responsable de la malfaisance lorsqu’un système non seulement le permet mais aussi l’encourage. Si l’humain crée les systèmes sociaux dans lesquels il évolue, à terme, les systèmes créés créent aussi dans leurs institutions et rouages, les individus qui assureront sa continuité. Cela marche dans les deux sens, ce n’est jamais à sens unique. De plus la violence est une construction sociale. L’agressivité fait partie de la nature humaine, c’est elle qui nous permet de nous maintenir en vie, c’est elle qui déclenche notre instinct de survie. La violence, en tant qu’exacerbation d’une agressivité de manière organisée et ciblée est une construction sociale. Conflits et guerres en sont le résultat le plus évident. La guerre en tant que violence collective organisée n’a pas toujours existé. Elle remonte à environ 12 000 ans sur les près de 2 millions d’années de l’existence humaine sur cette planète. L’État n’a pas non plus inventé la guerre, mais il l’a canalisée, domestiquée, pour en faire un outil de conquête, de contrôle par la peur et le chaos.

tyrannie_rebellion
Quand la tyrannie devient la loi…
La rébellion devient un devoir

La “machine”, un enfer de civilisation techno-industriel qui mène une guerre sans merci contre la nature et le “sauvage”, a été créée et maintenue dans sa létale fonctionnalité à la fois par ceux qui recherchent une domination totale et par ceux qui demeurent passifs dans cette marche vers la mort. La machine représente une commune industrialisée à grande échelle, un collectif hautement coordonné d’individus totalement subjugués et subordonnés, travaillant au plus haut niveau du progrès anthropocentrique.

Bien trop souvent, les gens font l’erreur d’émettre des assomptions de bien-être des gens de manière générale. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de personnes gentilles, paisibles et respectueuses dans le monde ; mais je pense qu’il est bien inconvénient d’assumer qu’il y a “une bonté commune” en chacun de nous, alors qu’en fait le bien est tout à fait subjectif à l’interprétation individuelle. Je pense qu’on peut assumer sans se tromper qu’autant qu’il y a des individus uniques, il y aura toujours des possibilités de faire réémerger des formations sociales autoritaires avec ou sans société industrielle.

NdR71 : Nous comprenons parfaitement la pensée ici invoquée, mais elle est à notre sens en partie fausse parce que l’auteur n’englobe que ce qu’il appelle la “société industrielle”, ce qui est limitatif. La société autoritaire à pouvoir coercitif ne pourra ressurgir que si sont laissés en place ses piliers, son infrastructure de fonctionnement qui sont  l’État, la marchandise, l’argent et le salariat. Si ces 4 piliers de soutien du système disparaissent et ne peuvent plus réapparaître, des “formations sociales autoritaires”, liées donc au pouvoir coercitif, de la séparation du pouvoir du corps social, ne pourront plus réapparaître. La pensée même d’une telle possibilité s’effacera car devenue non seulement irréalisable, mais surtout… impensable.

Contrairement à la croyance populaire, le capitalisme est (à mon avis) un très bel exemple pratique de collectivisme. Malgré l’assertion persistante que le capitalisme est une idéologie individualiste, il est plus évident que le capitalisme exproprie la créativité individuelle afin de pouvoir fonctionner comme un puissant collectif. La même créativité individuelle exploitée pour l’expansion capitaliste pourrait bien être aussi un catalyseur pour tout nombre de formations sociales de contrôle post-effondrement. Si l’individu est reconnu comme puissant et capable d’auto-anticipation, alors il est également possible que le même individu contribue à créer les conditions de contrôle social et de domination. En s’assimilant passivement et en devenant un participant volontaire, un individu peut devenir le co-créateur privé d’une vision du monde autoritaire au travers de la personnification et de l’interaction sociale.

Joie armée : de la théorie à la vie sauvage

“S’il y a une chose certaine dans cette vie, si l’histoire nous a enseigné quoi que ce soit, c’est que vous pouvez tuer n’importe qui.” – Michael Corleone –

Gaetano Bresci fut l’anarchiste qui assassina le roi Umberto 1er d’Italie le 29 juillet 1900. Il tira 4 fois sur le roi avec un pistolet à 5 coups. Inspiré par l’attaque de Bresci, l’anarchiste Leon Czolgosz tuera lui aussi le président des Etats-Unis William McKinley.

De mon opinion, l’individu est l’élément le plus puissant de toute société ou formation sociale. Si un individu (ou union d’individus qui chacun donne de la valeur à leur ego) ne peut pas être convaincu de se soumettre à une idéologie (et par là refuse donc de matérialiser cette idéologie en tant que participant à vie), cette idéologie échoue à avoir le pouvoir de se matérialiser au delà de la philosophie.

Qui, si ce n’est l’individu, a le pouvoir de rejeter l’idéologie du racisme, du sexisme, du fascisme, du capitalisme, du communisme, de la société industrielle, de la civilisation etc ?… Qui, si ce n’est l’individu, peut recouvrer la capacité de création et de survivre au capitalisme sans succomber au système du salariat-esclavage ? Qui, si ce n’est l’individu , peut construire de nouveaux concepts philosophiques qui, lorsque mis en pratique, sabotent le contrat social fondé sur la peur et de l’obéissance à la loi ? Avec des bombes, des assassinats, une criminalité en mode de vie, qui si non l’individu, est capable d’inspirer les autres en dérangeant, en prenant à contre-pied, la routine quotidienne de la soumission ? Ceci est l’essence même de la propagande du fait, de l’action directe illégaliste.

Toute forme d’oppression qui existe est perpétuée, renforcée et maintenue à terme par la participation volontaire des individus. Je reconnais l’importance du rôle que moi, en tant qu’individu, je joue soit en aidant à la prolifération de toutes formes d’oppression, soit en sabotant leur fonctionnement social. De cette perspective, l’anarchie post-gauche pourrait bien mieux être comprise comme une guerre contre la société. Pour moi, il n’est pas suffisant d’attaquer les manifestations institutionnelles de ces idéologies. Je vise aussi l’origine de cette prolifération, ces individus ayant la volonté de permettre et de perpétuer ces formes d’oppression.

Pour moi, l’anarchie anti-gauche n’est pas un état d’esprit naïf qui sert de base philosophique à la négation des réalités matérielles de la société industrielle. Elle n’est pas non plus une excuse égoïste de justification de l’oppression des autres. L’anarchie post-gauche, de la manière dont je me la représente, est une rébellion individualiste contre à la fois les formations théorique et matérielle du contrôle et de la domination. D’une perspective nihiliste, des concepts comme ceux de race, de genre, d’espèce etc, sont tous une construction sociale. A leur racine, ils ne sont que les produits de l’imagination humaine. Mais avec les esprits subordonnés d’une population de personnes, ces incarnations de l’imagination se sont matérialisées dans le monde physique. Bien que ce ne soit que des constructions de notre imagination, le nombre d’individus qui les reproduit au travers des relations sociales leur donnent un certain pouvoir. 

Donc, il n’est pas suffisant de déclarer l’anti-racisme sans attaquer matériellement la mise en application sociale et institutionnelle de la suprématie blanche. Ce n’est pas suffisant de déclarer l’anti-sexisme sans devenir destructeur de l’organisation des rôles de genre, des assignations d’identité et de la société qui les met en place et les renforce.

Que ce soit des institutions physiques ou individuelles, mes ennemis viennent sous toutes les formes. Je n’ai aucun intérêt à nouer des liens artificiels au travers d’une simple politique identitaire, ni à compromettre mes désirs de libération totale au nom de demies-mesures et d’une unité aveugle. Quand j’écris ces textes, je n’utilise pas le “nous” royal parce que je n’ai aucune intention de tromper le lecteur pour qu’il pense que je pense pour d’autres, ni n’assume automatiquement que les autres seront d’accord avec ce que je pense. Mon anarchie post-gauche ne demande pas un consensus pour pouvoir agir, ni une validation émotionnelle ou une camaraderie lorsqu’elle doit faire face à la critique. Personne n’est mieux qualifié que moi pour créer ma vie, je n’ai donc que faire d’une validation de groupe quand j’en parle.

Mon anarchie post-gauche pourrait être comprise comme un style de vie hédoniste contre l’autorité et la civilisation, tout aussi bien que comme une dague tirée contre toutes impositions futuristes de résurgence autoritaire qui survivraient à un effondrement industriel. Plus qu’un simple refus personnel d’être un instrument de répression sociale, l’anarchie veut dire l’attaque. Les mots exprimés dans ce texte ne sont que la finalité philosophique d’un Engin Explosif Improvisé (EEI), une mèche allumée par la flamme du désir égoïste d’une explosion de vie, de rébellion, de jeu et de beauté immortelle de sabotage individualiste et de destruction. Et pour ce style de vie, j’accepte totalement toutes les conséquences qui pourraient survenir, car j’ai appris qu’il vaut mieux vivre que de capituler devant le cimetière toujours en expansion de la théorie politique passive.

NdT : Un texte digne d’un (anti)héros dostoïevskien…

obeisssance-resistance

= = =

Lectures complémentaires :

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

Arupestre

Devant tous les mensonges et les impostures étatico-marchands… Les 5 points de la voie émancipatrice finale (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 18 mars 2022 by Résistance 71

R71slogan

Les cinq points de la voie émancipatrice

Résistance 71

18 mars 2022

Suivre ces cinq points essentiels nous mènera à la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée :

  1. Langage : ne pas laisser la langue être transformée, annihilée, restaurer et maintenir la langue traditionnelle
  2. Territoire : Selon le principe disant que la question sociale est une question agraire, nous devons nous reconnecter et changer notre relation avec la terre ancestrale
  3. Nourriture : la base d’une bonne santé et d’un système immunitaire opérationnel, ceci veut dire retour à un régime alimentaire traditionnel, complet et sain
  4. Peur : cesser d’avoir peur. La peur est l’outil de division et de contrôle du système qui n’a pu et ne peut perdurer que parce que nous sommes divisés et maintenus dans la peur de tout et de rien
  5. Pratique : mettre en place une pratique de groupe de là où nous sommes dans l’ici et maintenant et étendre peu à peu la sphère d’influence. Autonomie, entraide, solidarité et association libre sans pouvoir autoritaire sont les quatre piliers de la pratique sociale émancipée

    Le plus tôt une masse critique de personnes comprendra cela et le mettra en pratique dans l’ici et maintenant et au plus tôt nous atteindrons une masse critique de basculement vers le nouveau paradigme politique. Dire NON ! et agir en conséquence tel est et a toujours été le défi.
    A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent et à bas le salariat !
    Dans l’esprit de Cheval Fou 

    = = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

===

Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

gaulois_refractaires_baffe

lionresistant