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1871-2021 : 150 ans de la Commune. Les manifestations de la Commune en province d’août 1870 à mai 1871

Posted in actualité, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 12 avril 2021 by Résistance 71

Commune_1871-2021

La Commune, ses manifestations en province d’août 1870 à mai 1871

Article publié originellement en 1977

Source:
https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-de-la-commune-a-paris-et-province/441-chronologie-des-evenements-en-province

Août 1870

8. Manifestation au Creusot.

7-9. Marseille, des milliers de manifestants avec Gaston Crémieux, Rouvier, Naquet s’emparent de l’hôtel de ville.

13. Lyon, le notaire Lentillon proclame la déchéance de l’Empire. Emeute écrasée.

23-24 Manifestation à Arquian (Nièvre].

Septembre 1870

4. A Lyon, à Marseille, la République est proclamée, avec installation de comités de salut public. Le drapeau rouge apparaît à Foix, Varilhes, Pamiers (Ariège), à Nantes, à Rennes, à Avignon. A Grenoble, la foule oblige le maire à démissionner.

5. Marseille arbore le drapeau rouge, création d’une commission départementale et d’une garde civile.

A Grenoble, expulsion du conseil municipal.

A Bordeaux, formation d’une commission municipale provisoire.

6. A Grenoble, création d’une commission municipale provisoire.

A Lyon, arrivée de Challemel-Lacour.

7. A Marseille, arrivée d’Esquiros.

13. Bakounine quitte Locarno pour Lyon.

15. Lyon, élections municipales. Le Comité de salut public se transforme en un Comité central fédératif qui demeure auprès du conseil municipal élu.

18. Marseille, formation de la Ligue du Midi pour la défense de la République.

20. A Saint-Étienne, les Internationaux forment un comité central républicain.

22-24. A Rouen, formation par les Internationaux d’un comité de vigilance.

24. A Nîmes, réunion des délégués départementaux de la Ligue du Midi.

28. Emeute à Lyon, dispersée par la Garde nationale.

Octobre 1870

1-3. A Marseille, constitution définitive de la Ligue du Midi.

7. Garibaldi acclamé à Marseille.

16. A Marseille, Esquiros est révoqué par Gambetta.

17-19 Marseille, manifestation en faveur d’Esquiros et contre Dufraisse, désigné par la délégation de Tours.

Lille, manifestation organisée par un comité républicain socialiste.

25. A Toulouse, déclaration de principes de la Ligue du Sud-Ouest.

27. Bazaine capitule à Metz.

29. A Lyon, formation d’une commission départementale.

A Grenoble, manifestation contre le commandant militaire Du Barral.

30. A Grenoble, manifestation à la nouvelle de la capitulation de Metz.

31. Manifestations à Nîmes, Toulouse, Grenoble, Saint-Etienne.

Novembre 1870

1. Réunion publique à Rouen.

A Marseille, à l’appel de Cluseret, Bastelica, proclamation de la Commune.

2. Marseille, heurts entre gardes civiques et gardes nationaux. Arrivée de Gent, commissaire extraordinaire de Gambetta.

3. Toulouse, le préfet Duportal, ancien déporté de 1848, révoque tous les magistrats qui ont, pendant l’Empire, siégé dans les « commissions mixtes  » .

3-4. Lyon, échec d’une insurrection conduite par le Comité central fédératif.

6. Bordeaux, projet de proclamation d’une Commune.

Lyon. Challemel-Lacour dissout le Comité central fédératif et arrête 32 de ses membres. Challemel-Lacour sera ministre de Jules Ferry et président du Sénat.

7. A Marseille, les gardes civiques, chassés de la préfecture, sont fondus dans la Garde nationale.

13. Marseille, élections municipales (les révolutionnaires sont battus).

Décembre 1870

5. Rouen, échec d’une tentative insurrectionnelle pour s’emparer de l’hôtel de ville.

6. Bordeaux, mutineries dans la Garde nationale.

10. À Lyon, dissolution des Chantiers nationaux.

19. Nuits-Saint-Georges, les deux légions de volontaires lyonnais sont écrasées.

20. Lyon, émeute.

23. Agitation à Saint-Étienne.

25-31. Tumultes à Lyon.

28. Dissolution officielle de la Ligue du Midi.

Janvier 1871

1. Bordeaux, manifestation de la Garde nationale.

Limoges, début de la grève des ouvriers porcelainiers.

9. Marseille, Esquiros quitte la ville.

28. Conclusion de l’armistice.

29. Bordeaux, manifestation contre l’armistice.

Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône écrit à Jules Favre : « Je n’obéis pas au capitule de Bismarck  ».

30. Lyon, démission du préfet du Rhône Challemel-Lacour.

31. Gent, préfet des Bouches-du-Rhône, refuse de publier le décret annonçant les élections législatives.

Février 1871

3. Lyon, désordres.

6. Bordeaux, démission de Gambetta.

Marseille, démission de Gent.

8. Elections à l’Assemblée nationale.

11. Le Comité central républicain des vingt arrondissements de Paris décide l’envoi de délégués en province, parmi lesquels Albert Leblanc, membre de l’Internationale.

12. Réunion de l’Assemblée nationale à Bordeaux.

17. Thiers désigné comme chef du pouvoir exécutif de la République française.

21. Agitation à Saint-Étienne.

26. Préliminaires de paix conclus à Versailles.

Agitation à Saint-Étienne.

Mars 1871

3. Lyon, en signe de deuil, pour trois jours, le drapeau noir remplace le drapeau rouge sur la mairie.

8-9. Grève à Roubaix.

10. Le drapeau rouge est planté à La Charité-sur-Loire.

12. A Epinac, les mineurs arborent un drapeau tricolore sur un arbre de la liberté.

13. A Epinac, les mineurs en grève.

22. Mouvement insurrectionnel à Marseille.

23. Proclamation de la Commune à Lyon et à Marseille.

24. Manifestation à Nîmes.

Proclamation de la Commune à Narbonne.

A Toulouse, les officiers de la Garde nationale se prononcent pour la Commune. Mais l’ordre est rétabli rapidement.

25. A Saint-Etienne, l’hôtel de ville est envahi.

Manifestations à Tarbes et Chalon.

26. A Auch, manifestation.

A Saint-Etienne, le préfet, M. de l’Espée, est tué.

Proclamation de la Commune au Creusot.

27. Commune de Perpignan.

Des troupes venues de Lyon arrivent à Saint-Etienne.

Landeck et May, délégués du comité central de la Garde nationale, arrivent à Marseille accompagnés d’Amouroux, membre de la Commune.

28. A Saint-Etienne, les insurgés doivent quitter l’hôtel de ville et un hobereau local, Vital de La Rochetaillée, enlève le drapeau rouge.

L’ordre est rétabli au Creusot.

30. La Garde nationale de Marseille reste neutre dans le conflit armé.

31. L’armée donne l’assaut à la Commune de Narbonne.

Crémieux dissout le conseil municipal de Marseille et convoque les électeurs.

Avril 1871

3. « La Tribune de Bordeaux » lance l’idée d’un congrès des villes républicaines.

4. Troubles à Limoges. Le général Espivent de Villeboisnet donne l’assaut à la Commune de Marseille.

5. Au Havre, le club Bernardin-de-Saint-Pierre se prononce pour la Commune.

Manifestation à Vierzon.

9. Manifestation de chômeurs à Laval. Manifestation d’ouvriers à Auxerre.

10. Montereau, émeute en faveur de la Commune.

Mouvement insurrectionnel à La Charité-sur-Loire.

11. Manifestation à Boulogne-sur-Mer, à Compiègne, à Annonay (Ardè¬che).

11-13 Périgueux, manifestations. Les gardes nationaux et les cheminots résistent pendant deux jours aux forces de l’ordre.

12-15. Nouvelles manifestations à Boulogne.

14. Rouen, Internationaux et radicaux décident d’aller soutenir la Commune les armes à la main.

15. Manifestation à Auxerre.

15-18. Mouvement insurrectionnel à Cosne (Nièvre) et à Saint-Amand (Cher).

16. Manifestations à Pouilly, Castres, Annecy, Grenoble.

17. Manifestation à Bordeaux.

Tentative de Commune à Voiron, Tullins, Saint-Marcellin.

18-19. Le drapeau rouge est aboré à Neuvy (Nièvre).

19. Déclaration de la Commune au peuple français. (voir l’affiche)

Manifestations plus ou moins importantes à Bayonne, Fleury-sur-Loire, Arquian, Saint-Amand-en-Puisaye, Clamecy, Gien.

21. Grève et manifestation à Moreuil (Somme). Intervention des troupes prussiennes.

Tulle arbore le drapeau rouge.

25. Manifestations à Montlucon et à La Palisse ..

La ville de Bordeaux lance des invitations pour un congrès des municipalités.

27. Castres, échec d’une manifestation.

28. Manifestation au Havre.

La Commune de Paris lance sa proclamation «  Au peuple des campagnes  ».

30. Premier tour des élections municipales.

Manifestations à Sarlat, Agen, Vallières (Creuse), Nice, Carpentras, Maurs (Cantal), Reims.

Tentative d’insurrection au faubourg de la Guillotière, à Lyon.

Thiers (Puy-de-Dôme), occupation de l’hôtel de ville.

Mai 1871

1. Un drapeau rouge flotte au fronton du théâtre de Montargis.

3. Opposition au départ des trains de canons pour Versailles à Foix et à Varilhes (Ariège).

7-8. Mouvement insurrectionnel à Montereau.

8-9. Drapeau rouge à Vierzon.

12-15. Des envoyés de la Commune de Paris essayent de soulever la Nièvre.

14. A Lille, manifestation anti-versaillaise de soldats du 75e de ligne.

14. Lyon, congrès « privé » des conseillers municipaux de la vallée du Rhône.

17-24. Anzin, grève des mineurs.

17. Emeute paysanne à Parthenay (Deux-Sèvres).

17-18. Moulins, congrès des journalistes radicaux.

19. Sablé (Sarthe), troubles sur le marché.

20. Les délégués du congrès de Lyon sont reçus à Versailles et à Paris.

21. Saint-Pierre-des-Corps, agitation parmi les troupes que l’on envoie sur Paris.

22. A Blois, manifestations de ces mêmes troupes.

A Tours, tentatives pour empêcher les soldats d’aller à Versailles.

Troubles à Romans, à Albi.

22-30. Troubles à Pamiers. Ils du¬rent pendant neuf jours. Il faut l’intervention de la troupe.

24. Nouvelle émeute paysanne à Parthenay.

Manifestation à Vienne. Troubles à Voiron.

En dehors des lieux cités dans la chronologie qui précède, voici, classées par département, les agglomérations où on enregistre des témoignages de sympathie pour la Commune :

Allier : Montluçon ; Alpes-de-Provence : Digne, Manosque, Oraison, Riez, Valensole ; Ardennes : Nouzon ; Ariège : Lavelanet ; Aude : Carcassonne ; Bouches-du-Rhône : Aix ; Calvados : Bayeux ; Charentes-Maritimes : Rochefort ; Cher : Bourges, Néronde ; Corrèze : Ussel ; Creuse : Aubusson, Bourganeuf ; Doubs : Besancon Montbéliard ; Ille-et-Vilaine : Renne ; Indre : Issoudun ; Isère : Voiron ; Haute-Loire : Le Puy ; Loiret : Dordives, Gien, Nogent-sur-Vernisson ; Mayenne : Laval ; Meurthe-et-Moselle : Nancy ; Morbihan : Hennebont ; Nièvre : Fourchambault, Guérigny ; Nord : Saint-Soupplets, Templeuve, Valencienne ; Oise : Creil, Senlis ; Orne : Argentan ; Pas-de-Calais : Calais, Montreuil ; Pyrénées-Atlantiques : Pau ; Hautes-Pyrénées : Tarbes ; Pyrénées-Orientales : Céret ; Saône-et-Loire : Cluny, Mâcon ; Sarthe : Pontvallain ; Seine-et-Marne :

Château-Landon, Coulommiers, Nemours, Souppes ; Somme : Amiens ; Tarn : Mazamée ; Var : Brignoles, Cuers, Draguignan, Le Lude ; Vaucluse : Avignon, Pernes, Saint-Didier ; Sarrians, Veilleron ; Yonne : Tonnerre, Dixmont.

Evidemment les témoignages en faveur de la Commune ont des dimensions bien différentes. Dans quelques villes, il y a eu des Communes. Ailleurs il s’agit de manifestations ou d’attroupements. Ici on arbore le drapeau rouge. Là on s’efforce d’empêcher les soldats de partir pour Versailles. Dans certaines agglomérations à dominance ouvrière, les revendications se mêlent à la solidarité en faveur des Communards de Paris. Quoi qu’il en soit, la Commune a été moins isolée qu’on ne le dit. Nous avons cité bien des noms de lieux. Nous souhaitons pouvoir la compléter grâce aux recherches de nos lecteurs. Les manifestations en province ne sont pas seulement des manifestations de solidarité envers Paris. Elles ont leur caractère propre. On a pu parler avec raison d’un communalisme provincial. Il est marqué par une profonde tradition républicaine (souvent plus républicaine que socialiste). Ce n’est pas par hasard que réapparaissent dans cette chronologie des départements dont en 1851 les habitants (paysans, artisans, petits bourgeois) s’étaient fait remarquer par leur hostilité au coup d’Etat.

Toutefois, il ne convient pas de s’en tenir à la filiation républicaine. On constate aussi que, comme l’a écrit Maurice Moissonnier, « les Mouvements les plus importants ont bien lieu là où l’Internationale bénéficie d’une implantation réelle et là où l’action gréviste des années 1869-1870 a laissé des traces en aguerrissant et en éduquant les travailleurs ».

Jean Bruhat

vivelacommune

Au sujet du livre « Théorie révolutionnaire et cycles historiques » de Jean-Yves Bériou republié en format PDF par le collectif Guerre de Classe… Livre des plus pertinents

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Théorie révolutionnaire et cycles historiques (Jean-Yves Bériou)

Note des éditeurs de la seconde édition du livre en 2013, 40 ans après l’édition originale

Editions La Sociale, Montréal, 2013

Le présent ouvrage a été publié initialement en 1973 en guise de postface au livre de F. Domela Niewenhuis : “Le socialisme en danger”, paru aux éditions Payot dans la collection “Critique de la politique”.
A l’époque, la lecture de ce texte a permis à quelques camarades en rupture avec l’anarchisme traditionnel et le “marxisme” dogmatique des différents groupuscules à la mode, de se poser avec plus d’acuité la problématique communisme/anarchisme et d’entamer un processus de clarification de la “théorie révolutionnaire” en regard des “cycles historiques”.
C’est parce que cette réflexion nous apparaît toujours urgente et pertinente aujourd’hui que nous tirons ce texte de l’oubli pour le livrer à la discussion.

Le livre de Jean-Yves Bériou en format PDF :
JY-Beriou-Theorie-revolutionnaire-et-cycles-historiques-1973

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Note de Résistance 71 :

En premier lieu, nous remercions le collectif Guerre de Classe pour avoir ressorti cet ouvrage des plus pertinents que nous ne connaissions pas.

Chose également intéressante et que nous pensons vitale pour entretenir le débat plus avant même, est l’importance de la publication en 1974 de l’ouvrage phare résumant le travail de recherche de l’anthropologue politique français Pierre Clastres dans “La société contre l’État”.

Ajoutant une perspective supplémentaire dans le domaine de l’analyse de l’État, de l’évolution humaine et de sa société en rapport aux cycles historiques dans lesquels elle s’inscrit.

Pierre Clastres y fait ce constat analytique des faits :

“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »

et aussi :

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”

Il est donc tout aussi important à notre sens, de lire ce pertinent petit livre de Jean-Yves Bériou en considérant que “l’économique” de la vie sociale humaine est une dérive du “politique” et que l’adoption d’un “mode de production” est de fait subordonné à la décision politique de l’organisation du pouvoir qui ne peut prendre que deux formes comme analysé si justement par Clastres : non coercitive ou coercitive.

Il ne s’agit plus de faire la “révolution” et de sortir du cercle vicieux qui nous fait tourner en rond “révolution” après “révolution” (n’est-ce pas là la réalisation empirique d’une révolution ?.. Un retour au point de départ ? Changer pour qu’en fait rien ne change vraiment ? Ceci semble être une parfaite proposition pour tout oligarque à la manœuvre), mais d’embrasser finalement l’évolution en changeant radicalement, c’est à dire étymologiquement en revenant aux racines de, notre relation au pouvoir qui est inhérent à la société humaine.

Lectures complémentaires :

40 ans ~ Hommage à Pierre Clastres

Pierre Clastres_De l’ethnocide

Pierre Clastres_Société contre l’État échange, pouvoir et philosophie de la chefferie indienne

Gustav Landauer_Appel au socialisme

Manifeste pour la société des sociétés

Société, pouvoir, État et violence, résoudre l’aporie de Pierre Clastres

« Je me révolte donc nous sommes », lâcher prise et avancer sur le chemin de l’émancipation finale (JBL1960, R71 PDF)

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Résistance 71

14 mars 2021

Dernier PDF compilation / analyse critique en date de Jo dans l’esprit communard que nous espérons resurgir très bientôt à l’occasion du cent-cinquantenaire de la Commune de Paris (18 mars 1871 ~ 18 mars 2021), esprit qui comme nous le verrons très bientôt, ne doit pas être à chercher bien loin, puisqu’il est en nous.
Gilets Jaunes !… Faisons resurgir et remplir sa fonction finale à cet esprit communard, de fait esprit de la société humaine.
Jo nous rappelle la célèbre phrase d’Albert Camus tirée de « L’homme révolté » (1951) : « Je me révolte donc nous sommes. » Plus tôt, en 1942, Camus écrivit « Le mythe de Sisyphe » un essai sur l’absurde. Il y disait ceci au tout début : « Qui de la terre ou du soleil tourne autour de l’autre, cela est profondément indifférent. Pour toute dire, c’est même une question futile. En revanche, je vois que beaucoup de gens meurent parce qu’ils estiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. J’en vois d’autres qui se font paradoxalement tuer pour les idées ou les illusions qui leur donnent une raison de vivre (et en même temps une excellente raison de mourir). Je juge donc que le sens de la vie est la plus pressante des questions. »

Elle l’est toujours Ô combien dans ce monde de l’absurdité et de la toxicité marchandes accomplies. Le sens de la vie passe sans aucun doute par une certaine symbiose avec notre environnement et notre temporalité… Chacun se doit d’y voir plus clair et de refuser les raisons illusoires proposées par un système au bout de son rouleau et son oligarchie agonisante. Debout donc les damnés de la terre ! Il est l’heure…

Mars-1871-Mars-2021-lesprit-communard-de-la-commune-en-marche
(format PDF)


« Je tire ainsi de l’absurde trois conséquences
qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion. »
~ Albert Camus, « Le mythe de Sisyphe » ~

1871-2021 : De la Commune aux Gilets Jaunes… Tout le pouvoir aux ronds-points ! (Appel des Gilets Jaunes de Montreuil-93)

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Appel des Gilets Jaunes de Montreuil (93) Commune 1871 ~ 2021

Le 18 mars 2021, que vive la Commune, et vivent les Gilets Jaunes !!

 

Février 2021

 

Vidéo : Gilets Jaunes, le 18 mars on reprend les ronds-points :

 

 

Le 17 novembre 2018, nous, les petits, les sans-droits, les premiers de corvée, enfilions un gilet jaune et occupions ronds-points, places, esplanades, rues… Avec, sur le dos, un seul mot : justice !
Décliné en justice sociale, justice fiscale, justice écologique, et, dans la tête, un espoir fou : la démocratie directe, par le peuple, et pour le peuple !
Depuis ce jour, une pluie de lois liberticides s’est abattue sur nous, visant à nous dépouiller de tous les moyens de défense devant l’absolutisme du pouvoir.
Le 18 mars 1871, les petits, les sans-droits, les premiers de corvée, prenaient les armes, dressaient des barricades, fraternisaient avec la troupe, se soulevaient, pour donner corps à leur rêve de… démocratie directe, par le peuple et pour le peuple !
Ils défendaient leurs canons, seuls garants de leur sécurité face à l’arbitraire et la scélératesse du pouvoir qui voulait les asservir.
1871-2021, même combat contre les états dits « d’urgence », qui désarment ou suppriment systématiquement les mouvements contestataires.
Nous, Gilets Jaunes de Montreuil, toujours assoifé.es de justice, appelons tous.tes les Gilets Jaunes de l’Univers à rendre hommage à tous.tes les révolutionnaires d’hier et d’aujourd’hui, à commémorer les avancées humanistes du Conseil de la Commune de 1871, et à réitérer nos revendications de 2018, la principale restant la démocratie directe, par le peuple et pour le peuple !
Le 18 mars 2021, on reprend nos ronds-points, nos places, nos esplanades, la rue ! On allume nos braseros, on fait la fête et on continue à lutter pour un monde meilleur !!!

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Gilets Jaunes 2018-2021 : Tout le pouvoir aux ronds-points !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Pas de « réforme » systémique possible, dire Non!… et agir en conséquence

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Gilets Jaunes : Tout le pouvoir aux ronds-points

Pour que finalement le plus grand nombre comprenne qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.
Nous devons nous rassembler au delà des guerres de clochers qui ne sont que divisions sociale induites et comprendre que notre émancipation totale et définitive passe par l’entraide, la coopération, les associations libres volontairement confédérées, qui mettront en place la Commune Universelle planétaire de notre humanité enfin réalisée dans sa complémentarité organique et fonctionnelle.
Le seul mot d’orde qui tienne la route pour cet objectif est:
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Devenons enfin ce que nous sommes en devenant politiquement adulte et en cessant de geindre et de passer notre temps à déléguer notre capacité décisionnaire, c’est à dire notre pouvoir, le seul qui compte vraiment pour œuvrer et réaliser l’intérêt commun non seulement de notre espèce, mais de toute la planète dans une vaste harmonie symbiotique organique.
Depuis des siècles, l’oligarchie nous a mis un voile d’illusion devant les yeux. Nous avançons dans une réalité artificielle, bien réelle certes au quotidien, mais qui n’a aucune raison d’être. Il suffit de dire NON !
Arrêtons de consentir, retrouvons l’esprit communard, il n’est pas si profondément enfoui, pour certain(e)s il est juste là… à fleur de peau.
L’heure vient…

~ Résistance 71 ~

Contre la politique des “sauveurs”

Pour qui veut changer le monde, mais pour de vrai ; pas en réformant le capitalisme

Le Monde Libertaire

Septembre 2020

Source: https://www.monde-libertaire.fr/?article=Contre_la_politique_des_

AVANT-PROPOS

Dans ce livre, et après une vaste table-ronde, on a voulu employer le féminin et le masculin. Au début nous avions décidé de tout mettre au féminin, qui se serait rapporté aux personnes, mais on avait du mal à accepter de parler de pouvoirs au féminin alors que l’on sait d’où vient le pouvoir. C’est pourquoi, tout ce qui a rapport au pouvoir est au masculin, le reste du texte sera un mélange des deux genres. Nous voulons faire comprendre à la lectrice que nous ne sommes pas seulement en train de parler de celles-ci mais de l’ensemble de la population, de même que pendant des siècles on a toujours voulu inclure toute personne dans le générique masculin mais que beaucoup se sont senties en réalité exclues ou méprisées. Nous sommes conscientes que cette décision donnera lieu à controverse. C’est pourquoi, nous vous demandons de tenir compte de l’importance du genre ; nous espérons que dans un avenir proche il n’y ait pas de divergence à ce sujet et que toutes les personnes se sentent inclues dans les textes. 

PRÉSENTATION

Ce petit livre essaye d’être un outil utile pour tout compagnon ou compagne intéressée par la lutte sociale, pour celles qui sont fatiguées par tant de promesses, celles qui ont été maltraitées par le pouvoir et ont la rage, pour les travailleuses, c’est-à-dire le peuple. Il peut être utile à qui ne connaît pas bien le monde libertaire et l’action directe. 

En se démarquant et en s’affichant contre tout parti politique ou organisation pyramidale ou institutionnelle, il cherche à ouvrir le chemin à d’autres formes d’organisation fondées sur le dés-apprentissage, la solidarité et l’entraide, puisque telles ont été les armes les plus puissantes pour le peuple dans son chemin vers l’émancipation. 

Nous n’allons pas proposer une solution selon le mode habituel des partis politiques et des syndicats qui promettent, proposent et ne changent rien. Nous voulons démonter les pièges du système capitaliste et tous ceux qui suivent ce jeu, en découvrant au grand jour l’inefficacité de la classe politique et la force que l’État exerce sur le peuple. 

Nous espérons que ces pages seront une contribution utile pour nous organiser de façon efficace et arriver à des résultats au bénéfice de toutes parce que nous devons comprendre que le changement est en nous. Si nous voulons un changement, nous devrons toutes travailler. Il n’y a pas de sauveurs. 

ORGANISE TA COLÈRE

Nous sommes nombreuses à vivre dans ce monde et une majorité d’entre nous souffre de la domination croissante d’un système, fait sur mesure pour quelques-uns. Un système qui, tout en nous utilisant comme marchandise et main d’œuvre bon marché quand cela l’intéresse, nous abandonne sans le moindre scrupule et de plus en plus souvent, à notre sort. 

Dans les mouvements de contestation, les grèves, les manifestations, nous avons pu constater le ras-le-bol et la colère du peuple, mais un simple coup de gueule ou une action ponctuelle ne suffisent pas à changer notre situation. Une protestation à elle seule, ne change rien, contrairement à ce qu’on nous a fait croire. 

Il est très important de comprendre le fonctionnement du système et le rôle que nous y jouons en tant que classe ouvrière, pour créer une conscience critique et de classe. Notre niveau d’information et notre envie constante d’apprendre peut devenir la plus grande crainte des puissants. Devant un peuple éduqué, le pouvoir ne peut que trembler. 

Comprendre les raisons de notre misère, identifier le problème et nous unir pour l’attaquer à la racine est la seule façon de parvenir à améliorer notre condition. Une conscience de la situation est nécessaire pour pouvoir agir efficacement. Si nous ne comprenons pas et que nous ne remettons pas en question notre fonction dans ce système au quotidien, toute tentative de changement ou de révolution sera impossible, parce que le capital dispose de multiples outils pour éliminer tout foyer de résistance visible, puisqu’aujourd’hui la grande majorité des mouvements contestataires est facilement contrôlée. 

On ne peut rien construire sans une base solide. 

Dans le chaos, les mensonges et la désinformation, en absence d’une conscience claire en tant que classe laborieuse ou classe moyenne, ou bien dans l’ignorance de la lutte des classes en cours, nous restons bras croisés pour voir si cette fois ce sera le parti socialiste, celles de Podemos, ou tout autre parti vendeur de vent qui nous rassurera et nous dira qu’il va nous sauver d’une incertitude et d’une précarité continuelle. Pendant ce temps-là, nous voyons que rien ne change dans le bon sens. 

Plus de 150 ans de lutte contre l’industrialisation et la mécanisation des humaines ont marqué toute une histoire de victoires et de défaites, puisque la bourgeoisie n’a jamais rien cédé gracieusement et que les travailleurs ont dans le passé ont gagné au prix de beaucoup d’efforts et de leurs vies ce que nous sommes en train de perdre maintenant très rapidement. 

Il faut aussi dire au préalable que nous avons une profonde méconnaissance de notre histoire et de la façon dont ont été acquis ces droits, que nos arrière-grands-mères et nos grands-pères ont gagnés. On s’est chargé d’effacer notre histoire et de nous éduquer en nous faisant croire que nos ancêtres étaient dans l’ignorance et l’incapacité de s’organiser mais n’est pas l’exacte vérité. On nous dit que leur qualité de vie fut mauvaise et que nous vivons bien mieux à présent et que nous sommes plus libres, mais en réalité, la structuration sociale est toujours la même qu’il y a cent ou deux cents ans, il est même possible que le partage inégal ou la différence entre riches et pauvres se soit creusé aujourd’hui. Les organisations ouvrières du passé étaient beaucoup mieux organisées que les nôtres pour cette bataille que nous devrons gagner si nous voulons vivre libres. C’est pour toutes ces raisons que nous devons tirer des enseignements de l’histoire. 

Aujourd’hui comme hier, nous croyons à la solidarité, à l’entraide et à l’autogestion, parce qu’elles se sont avérées les outils les plus efficaces pour l’émancipation de la classe ouvrière. Nous constatons que l’égoïsme, l’individualisme et la passivité ont poussé la société à la perte de valeurs et à la folie, mais le plus important est que nous avons appris qu’avec l’union et la solidarité, on peut tout obtenir. Ces méthodes oubliées de l’histoire ont permis d’atteindre de grands objectifs dans le passé. Parmi les acquis, nous trouvons, par exemple, la journée de travail de huit heures, qui n’est certes pas l’objectif final des travailleuses mais a constitué néanmoins une grande victoire. Nos ancêtres ont réussi à toucher au but. Un objectif clair, l’union et une lutte acharnée de leur part ont réussi à mettre en échec l’État et la bourgeoisie, inquiète de voir trembler les soubassements de ce monde conçu à sa mesure et pour son profit et le voir devenir un monde où il n’y aurait pas de place pour l’exploitation et la pauvreté. Aujourd’hui, les gouvernements se chargent parfaitement de nous tenir dans l’oubli de toute cette histoire : mais même si on ne nous la raconte pas, l’anarchisme a une histoire digne de nous remplir de fierté. 

L’histoire est la lutte constante entre ceux qui essayent de soumettre le peuple et ceux qui ne veulent pas se laisser soumettre. La domination et l’esclavage ont toujours été le rêve des grands de ce monde. Ils cherchent à avoir une population soumise, en proie à la peur et la tristesse, allant de la maison au travail et du travail à la maison, produisant pour eux de la richesse et leur procurant du pouvoir. Mais, d’un autre côté, la résistance et la lutte pour se libérer des chaînes et encourager le peuple à apprendre, lutter et décider de son propre avenir, ont toujours existé. 

Les défaites, les coups durs et la paralysie des dernières années ont conduit la société travailleuse à l’oubli et à ne pas s’interroger sur les mécanismes de leurs vies, à abandonner en cours de route les aspirations et les rêves de nos grands-mères, qui ont tout donné pour essayer de franchir la barrière et sortir de la misère économique et mentale que produit le système dans lequel nous vivons. 

Nous nous croyons libres en tant que pièces ou un maillon d’un vaste mécanisme, sans nous rendre compte que nous vivons plus que jamais dans les entrailles d’un capitalisme avancé qui nous mène de façon accélérée à la destruction. 

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Nous ne vivons pas au XIX siècle ni au XX ; les mécanismes et les duperies du capital ont su mieux se dissimuler et se cacher, sous une couche de fausse liberté et démocratie, le système se régénère et continue à tourner à plein rendement. Au nom de la démocratie, on travaille à créer la plus grande des dictatures. Au nom de la démocratie, on arrête, on torture, on contrôle, etc. Quiconque ne voudrait pas participer à leur jeu, est appelé terroriste et l’État paternaliste, en faisant croire à la population que la police et l’armée défendent leur liberté, devient le protecteur et le contrôleur du peuple. 

À la différence de nos ancêtres, qui grâce au lien de la complicité de classe, ont su s’unir et lutter ensemble pour essayer d’œuvrer pour le bien commun, nous aspirons au bien-être personnel. Même le petit patron ou la travailleuse aspirent au succès et à la richesse. L’éducation individualiste que nous recevons depuis l’enfance nous apprend que le succès est en rapport avec l’argent et le pouvoir, et nous y aspirerons tous pour essayer de « réussir dans la vie » comme on dit. Au lieu de nous soutenir mutuellement, nous vivrons selon « la loi de la jungle » pour essayer de nous placer au premier rang. La triste réalité, c’est que tandis que nous nous marchons dessus dans une course absurde pour arriver au sommet, seule une minorité contrôle la situation et elle appartient à une catégorie privilégiée. Nous autres, des classes populaires, nous continuerons sur le mode de la survie pour aller de l’avant. Certaines obtiendront beaucoup, d’autres perdront tout et continueront à être victimes de l’exploitation. L’éducation dans la rivalité fait en sorte que les travailleuses se battent entre elles dans une lutte qui n’a pas de sens, tandis que les riches, les véritables coupables de leur misère, continuent à accumuler des richesses. L’accumulation de richesses non nécessaires n’est pas viable si nous voulons créer une société fondée sur la solidarité et l’entraide. La planète est riche et la terre généreuse, aussi pour en finir avec la pauvreté, le seul chemin est d’en finir avec la richesse, avec sa distribution injuste. En nous battant entre nous, nous n’améliorerons jamais notre situation, notre ennemi est en train de compter des billets de banque dans les grands bureaux où il continue à gagner de l’argent aux dépens de la misère d’autrui, en profitant de la misère des travailleurs. 

Une autre victoire du capital a été que les classes populaires voient les grands patrons comme des battants. Aujourd’hui nous admirons ceux qui se sont enrichis aux dépens du travail d’autrui et nous envions leur vie. Cela marque la mort de la conscience de classe et de l’union des travailleuses pour nous soutenir dans la recherche d’une vie plus juste. Maintenant nous voulons être chefs ! Des gens aisés ! Un exemple frappant en est le nouveau gérant ou propriétaire d’une entreprise qui, après avoir passé des années à un poste plus bas soumise à ses supérieurs, passe dans le camp des oppresseurs pour refaire mille fois ce qu’elle a subi, faisant souffrir les personnes à des postes inférieurs. Quel sens est-ce que ça a ? Que sont devenues la fraternité et la camaraderie ? Maintenant le travailleur croit que l’entreprise lui appartient même si elle est une simple salariée et que son patron garde pour lui une grande partie de la richesse qu’elle produit. 

La personne chef d’entreprise se vante toujours d’avoir su monter une affaire au bon moment, d’avoir su faire le bon investissement etc. Pour justifier son gros compte en banque, elle dira que c’est elle qui a risqué son capital pour monter cette affaire. Elle n’a pas tort, elle a risqué cet argent, mais elle n’aurait pas pu faire fonctionner son entreprise sans ses travailleurs. Pour donner deux exemples, dans une fonderie, celle qui prend vraiment des risques, c’est celle qui travaille tous les jours à verser le liquide brûlant et dans les hauts fourneaux. Dans une mine, celle qui prend des risques, c’est celle qui extrait des minéraux à des centaines de mètres sous terre, et il n’est pas juste qu’un investisseur ou dirigeant de l’entreprise prenne une plus grande part d’argent qu’elles, parce que ce sont elles qui véritablement font fonctionner l’entreprise. Ce qui a permis à la société de progresser pendant des années, c’est la capacité des êtres humains à s’unir pour travailler en groupe et atteindre leurs objectifs. Il est beaucoup plus facile de travailler en groupe que seule, mais quand sonne l’heure de la distribution des bénéfices ou des produits, il n’est pas juste qu’une personne prenne la plus grande part. 

Dans toute entreprise, c’est le chef ou le groupe dirigeant qui gagne davantage, parce que l’économie et notre société sont fondées et soutenues par l’accumulation de capitaux pour un petit nombre et de travail salarié pour les autres. L’inégalité est visible dans la plupart des entreprises, petites, moyennes et grandes et elles sont toutes un exemple clair de capitalisme et de distribution injuste. Actuellement, dans ce féroce marché globalisé. Beaucoup des affaires en question restent de petites entreprises en comparaison avec les monstrueuses multinationales qui brassent l’économie et contrôlent la vie de milliers de travailleuses, celles que nous connaissons toutes. Les grandes multinationales sont au sommet de la pyramide capitaliste. 

De nos jours ce qu’on considèrerait une vie normale, consiste à étudier pour travailler, travailler dur, acheter une maison, procréer et essayer de cotiser pour avoir une retraite. Nous allons toutes au travail, nous faisons notre journée de travail et nous recevons un salaire mais quelle partie de la richesse générée par un travailleur lui revient-elle exactement ?

Le travail salarié, c’est totalement du vol et la fixation de nos salaires est fonction des marchés qui marchent au pas des banques et les multinationales. Le salaire d’une travailleuse normale ne permet quasiment que de tenir le mois, c’est-à-dire payer la maison, construite par les travailleuses, payer la nourriture, également cultivée par les travailleuses et payer les factures de biens communs ou de ressources naturelles détenus par les riches pour prendre ton argent et avoir le bénéfice de l’effort de toute la population. Tu croyais faire partie de l’entreprise, mais l’affaire c’est toi. Devoir payer le crédit immobilier, l’électricité, l’eau, le téléphone, etc t’obligera à travailler toute ta vie. Ils parviennent à nous lier à la vie salariée en nous faisant payer pour tout et en fixant un prix exorbitant pour des besoins de première nécessité comme le logement. Si le prix d’un appartement tourne au bas mot autour de 150 000 euros, combien de salaires et d’années de travail es-tu en train de consacrer à quelque chose d’aussi essentiel qu’avoir un toit digne ?

Se rendre au travail et remplir les fonctions quotidiennes, c’est dur, mais ça l’est encore plus de travailler 40 heures par semaine pour pouvoir survivre ou pour ne pas joindre les deux bouts chaque mois parce que les bénéfices de ce que tu as produit ne te reviennent pas. La liberté ce n’est pas de l’argent et du travail ; dans la société dans laquelle nous vivons, on ne recherche pas le bien-être de la société quand on produit, c’est-à-dire que nous ne travaillons pas pour produire ce dont nous avons besoin pour vivre, nous travaillons pour enrichir les patrons. 

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Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

1871-2021 : L’année nouvelle sous le signe de la Commune Universelle ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 1 janvier 2021 by Résistance 71

 

 

« Un spectacle épouvantable et douloureux s’est élevé devant mes yeux : j’ai écarté le rideau de la corruption des Hommes. »
~ Friedrich Nietzsche ~

 

Résistance 71

 

1er janvier 2021

 

2020 a été placée sous le signe du passage avéré au Nouvel Ordre Mondial dictatorial planétaire oligarchique par le truchement de cette crise « pandémie » de la COVID-19 provoquée par ce monstre de laboratoire SRAS-CoV-2 (voir notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité » pour suivre la chronologie de cette supercherie planétaire par les chiffres bidouillés de cette « science » modélisée régnante et d’un test n’étant pas fait pour des diagnostiques cliniques). La classe régnante, pilotée par la haute finance et Big Pharma a pour mission de souffler le chaud et le froid et d’entretenir le malaise public entre la peur et la panique sciemment induites afin de pousser toujours plus avant leur agenda totalitaire de leur dictature technotronique planétaire. Il n’est en rien question de contrôler une « pandémie » générée par une maladie létale à 0,15% des gens infectés et symptomatiques, mais de forcer une thérapie génique sous forme de « vaccins » chimériques, visant à la transformation du génome humain et au puçage nonotech de la population mondiale pour qu’à terme, se referme la grille de contrôle technotronique sur une humanité stérilisée et asservie.
De plus en plus de gens se rendent compte de l’agenda en cours, des médecins et professeurs encore intègres, de par le monde, se lèvent et dénoncent cette horreur transgénique qui, si nous laissons faire, nous sera imposée si non plus directement, mais indirectement par toujours plus de privation de libertés et de droits (qui n’en sont pas, juste de simples privilèges temporaires, révocables à souhait par les ordures du haut de la pyramide devant un système arrivé à terme dans sa folie du contrôle absolu et créé à ces fins).
L’empereur est nu, l’oligarchie de ce système étatico-capitaliste moribond avance désormais totalement à découvert et sait que le temps ne joue plus pour elle, contrairement à ses décennies de préparation en mode « camouflage et hypocrisie » maintenant l’illusion démocratique par nécessité. L’humanité est victime depuis des siècles d’un pillage criminel en bande organisée et l’heure est venue d’y mettre fin à tout jamais.
Bien entendu, l’avenir peut paraître toujours bien sombre, mais l’oligarchie et le système qu’elle sert ne semblent puissants que parce que nous les laissons faire, tout n’est qu’illusion de puissance parce que nous consentons par aveuglement et anesthésie quasi générale dans le pseudo-confort marchand transfiguré en société du spectacle. Aujourd’hui, il en va de nos vies et de la vie des générations futures, des non-nés que les eugénistes aux manettes ne veulent pas voir venir au monde. Nous arrivons à cette croisée des chemins dont nous parlons depuis des années, on la distingue là, dans la fine brume de ce brouillard artificiel qui s’estompe au fil de la prise de conscience individuelle et collective du piège dans lequel on nous a enfermé pas à pas en anesthésiant notre conscience politique.
Grand espoir il y a car qui sait peut agir.
2021 est l’année du cent-cinquantenaire de la Commune de Paris (1871-2021), de cet esprit communard et gouailleur d’un peuple français qui une fois de plus se trouve en position de mener la charge sur la voie de l’émancipation finale. Si une chose doit être apprise de cette foutaise pandémique créée et entretenue qu’est cette crise du SRAS-CoV-2 / COVID-19, c’est qu’au vu de la gestion de cette crise, il doit être clair une fois pour toute qu’il n’y a pas de solution au sein du système. L’heure n’est pas à une chimérique énième révolution qui, par définition, nous ramènera, à terme, au point de départ de ce samsâra politico-social, mais à une véritable (r)évolution nous faisant enfin prendre la tangente échappatoire de ce cercle vicieux induit pour nous propulser dans les limbes de la Commune Universelle,  dans la complémentarité non antagoniste d’une société des sociétés de l’amour, de l’entraide, de la compassion et de la fraternité vraies… de notre humanité vraie enfin réalisée.
Ceci n’est pas une « utopie », l’utopie nous la vivons maintenant, celle de croire que ce système qui nous oppresse est l’aboutissement à quelques réformes près, de ce que nous pouvons faire de mieux sur cette planète et se résoudre aux desiderata de maîtres nous réduisant toujours plus avant dans ce néo-esclavagisme technotronique chimérique et mortifère sous ce slogan devenu classique du « il n’y a pas d’alternative ».
La Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée est la seule voie pour notre émancipation et notre épanouissement social définitif, elle ne pourra survenir que lorsqu’un nombre critique de gens, partout, agira communément dans l’intérêt de tous en commençant par clamer un NON ! retentissant à la face de l’hydre hideuse à la barre du bateau ivre nous dirigeant vers les récifs infranchissables d’un capitalisme décadent. 2020 nous a fait (entre)voir le monstre, le rideau est retiré et il navigue en pleine vue de tous. Nous savons ce qu’il nous reste à faire, unis, ensemble. Ne cédons plus à la peur, la division, la haine et la rancœur insufflées et distillées par l’haleine putride du plus froid des monstres froids et faisons de 2021 l’année du grand chambardement et du grand commencement de cette Commune Universelle, fruit de l’émancipation !
Le SRAS-CoV-2 / COVID-19 est un révélateur, il faut le voir comme une chance inouïe qui nous est donnée de mettre un terme définitif à la tyrannie du plus petit nombre au service d’un système autant criminel qu’obsolète et contre-nature. Saisissons la et devenons enfin ceux que nous sommes !…

Meilleurs vœux 2021 à toutes et à tous !

Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

 

Chanson d’espoir pour une année 2021 décisive : « Les cerises de Monsieur Clément » (M. Fugain, 1972)

Posted in actualité, coronavirus CoV19, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 25 décembre 2020 by Résistance 71

 

 

Il serait indécent à notre sens de souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année en ces circonstances dictatoriales. Ce que nous souhaitons à tous nos lecteurs est force, courage, compassion et solidarité. Ce qui nous attend le long du chemin à venir ne sera pas un pique-nique au bois joli, mais nous, les peuples et notre humanité vraie, triompheront de cette infamie étatico-capitaliste dont l’heure est venue de passer à la trappe à tout jamais.

Nous avons retrouvé cette superbe chanson de Michel Fugain datant de 1972, du temps où des artistes étaient encore engagés, s’exprimaient et étaient encore libre de le faire.

Vive la Commune et sa renaissance dans une transmutation totale des valeurs !

De plus, sans concertation aucune, voici ce que publie le collectif « Guerre de Classe » en ce jour, difficile de faire plus concordant…

 

Résistance 71

 

25 décembre 2020

 

Les cerises de monsieur Clément

Michel Fugain
1972

Un certain Clément Jean Baptiste
Qui habitait rue Saint-Vincent
Voulant écrire un compliment
Trempa sa plume dans le sang
Qu’elles étaient rouges les cerises
Que nous chantait Monsieur Clément

C’était plus beau qu’un Evangile
C’était des mots de maintenant
Mais il faudrait que nos enfants
N’attendent pas comme on attend
Qu’elles mûrissent les cerises
Que nous chantait Monsieur Clément

Bien sûr c’est difficile
De mourir quand on a vingt ans
Mais pour quelques cerises
Que ne ferait-on au printemps

De République en République
Toujours cocu toujours content
On applaudit les bons truands
Au ventre rond au ventre blanc
Qui nous revendent les cerises
Qu’avait rêvé Monsieur Clément

Tous ces pontifes des Eglises
Tous ces suiveurs de régiments
Voudront nous manger tout vivant
Mais ils se casseront les dents
Sur les noyaux de ces cerises
Du verger de Monsieur Clément

Bien sûr c’est difficile
De mourir quand on a vingt ans
Mais pour quelques cerises
Que ne ferait-on au printemps

 

 

Colloque cent-cinquantenaire de la Commune de Paris 1871-2021 au Lycée autogéré de Paris les 23 et 24 janvier

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 21 décembre 2020 by Résistance 71


La Commune 1871-2021

150 ans… ça fait long à attendre sa renaissance qui pourtant s’en vient. Mieux comprendre pour agir mieux, ce colloque des 23-24 janvier 2021 sera une occasion pour le faire au plus tôt dans cette année qui s’annonce cruciale pour la suite des évènements.

Lycée Autogéré de Pris, 393 rue de Vaugirard, Paris 15ème, Métro Porte de Versailles

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

De l’insurrection naturelle de l’Être contre l’Avoir (L’Internationale)

Posted in actualité, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , on 3 décembre 2020 by Résistance 71

“D’où vient cette force irrésistible qui attire vers le mouvement de 1871 les sympathies de toutes les masses opprimées ?… La réponse est facile : la révolution de 1871 fut un mouvement éminemment populaire. Faite par le peuple lui-même, née spontanément au sein des masses, c’est dans la grande masse populaire qu’elle a trouvé ses défenseurs, ses héros, ses martyrs et surtout, ce caractère “canaille” que la bourgeoisie ne lui pardonnera jamais.”
~ Pierre Kropotkine ~

“Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c’eut été la Commune, composée d’hommes d’intelligence, de courage, d’une incroyable honnêteté, qui tous, de la veille ou de long temps, avaient donné d’incontestables preuves de dévouement et d’énergie. Le pouvoir, incontestablement, les annihila, ne leur laissant plus d’implacable volonté que pour le sacrifice, ils surent mourir héroïquement.
C’est que le pouvoir est maudit et c’est pour cela que je suis anarchiste.”
~ Louise Michel ~

Ci-dessous, reprise d’un texte de 2014 dont nous partageons bien des points de vue. Il est important de comprendre ce que nous vivons historiquement pour pouvoir mieux nous débarrasser des oripeaux dont on nous a affublé. Il n’y a plus de temps à perdre. Il est vital d’être prêts au grand chambard…
Devenons ce que nous sommes. Parvenons enfin à notre humanité vraie.
~ Résistance 71, décembre 2020 ~

De la permanence insurrectionnaire de l’Être de l’Homme contre la civilisation de l’Avoir…

L’Internationale

Aavril-mai 2014

Source:

http://guerredeclasse.fr/2020/11/16/de-la-croisade-communeuse-des-pastoureaux/

Pâques d’avril 1251; à l’heure où Louis IX de France se retrouve prisonnier en Égypte, se lèvent en tout lieu des terres du royaume, des bandes de paysans extrémistes qui font ainsi naître la croisade communière des Pastoureaux…

Le 28 mai 1871, au dernier jour de la Semaine sanglante, Eugène Varlin, ouvrier communard, est arrêté et amené à Montmartre où il est lynché par la foule de la dernière heure puis finalement fusillé par la troupe versaillaise…

« Tous les mouvements de masse au moyen-âge portèrent nécessairement une figure religieuse et ils apparaissaient toujours comme des restaurations radicales du christianisme primitif à la suite d’une corruption envahissante… »
Engels, Contributions à l’Histoire du Christianisme primitif

« La Commune ne fut donc pas une révolution contre telle ou telle forme de pouvoir d’État, légitimiste, constitutionnelle, républicaine ou impériale… Ce ne fut pas une révolution faite pour transférer ce pouvoir d’une fraction des classes dominantes à une autre, mais une révolution pour anéantir cet horrible appareil même de la domination de classe. »
Marx, La Guerre civile en France, 1871

Le corps unitaire et invariant de la tendance générique à retrouver la communauté de l’Être, à compter du moment où les sociétés de l’Avoir ont, à partir de la révolution néolithique des stocks échangés et des échanges stockés, disloqué les ancestrales organicités primordiales, se résume parfaitement dans le fil du temps insurrectionnaire de cette vérité immuable universellement confirmée par la totalité de l’arc historique humain : depuis que la séparation généralisée de l’homme et de sa production a abouti à la perte de tout point de vue unitaire sur l’activité accomplie, l’homme ne cesse cependant de vouloir révolutionnairement re-trouver l’acte d’une ex-istence non séparée de la vraie vie.

Sur ce terrain, les espaces vivants de la turbulence européenne ont fait surgir un continent spécifiquement in-subordonné, aboutissement dé-chaîné et dé-chaînant comme l’explicitèrent Marx et Engels, de la collision historique entre la décadence civilisationnelle romaine et l’archaïque propriété communiste germanique revivifiée par les invasions barbares. De la sorte, l’Europe fut bien toujours cet espace-temps permanent si particulier d’une propagation radicaliste qui généra partout la reviviscence ancestrale des communaux de la terre laquelle deviendrait ultérieurement par l’exaspération du déracinement capitaliste le mouvement théorico-pratique contemporain de l’insoumission communiste de l’internement urbain dénoncé…

C’est d’ailleurs pourquoi le Livre I du Capital a si bien pré-vu et détaillé à la source les mécanismes du grand remplacement démographique contemporain assis sur l’armée de réserve immigrée puisque la substitution d’un nouveau peuplement à histoire immobile et de conscience duplicative à l’ancien d’histoire remuante et de conscience déferlante, se présente aujourd’hui comme le cœur stratégique des manèges capitalistes destinés à éviter le retour des grandes grèves sauvages du type des larges réveils communards qu’a pu connaître l’Europe autour des années 1968.

La temporalité médiévale fut là un mouvement historique rythmé cardinalement par la dialectique des cheminements contradictoires où se posaient et s’opposaient de manière croissante la structure féodale de la propriété foncière rurale et la propriété corporative urbaine du métier. La division entre le commerce et l’industrie qui existait déjà dans des villes anciennes se développa plus tard dans des formes de plus en plus élaborées et ravageuses lorsqu’à partir de la révolution capitaliste médiévale des villes neuves italiennes émergea un premier marché d’importance. Alors quand les Cités entrèrent ainsi en rapport les unes avec les autres dans des extensions et des termes tels que la vieille rente foncière de l’avant dut finalement se plier toujours davantage aux exigences de présentation de la rente commerciale et fiscale, il se prépara peu à peu l’émergence de l’État royal moderne comme antichambre financière du devenir des lumières marchandes qui conduiraient inévitablement à la révolution mercantile de 1789.

Par delà la perte éminemment symbolique du Saint-Sépulcre par les chrétiens pourtant alors encore prédominants en terre d’Orient, les forces productives de la géo-politique particulière qui vont faire apparaître les croisades viennent indiquer très symptomatiquement que se formalise alors dorénavant une nouvelle donne considérable de l’économie et de la politique puisque la puissance de domestication des hommes qui était encore jusque là l’expression d’une domination essentiellement terrienne, tenue par la noblesse, laisse désormais indiquer qu’une domination nouvelle, expression d’une domestication essentiellement de nature commerciale, tenue par les marchands et les représentants des républiques italiennes, est en train de survenir et qu’elle va se répandre en un nouvel ordonnancement du monde.

Concomitamment au progrès déterministe du travail civilisationnel de la servitude qui allait faire passer l’assujettissement d’un stade essentiellement stable et auto-reproductif à une phase de bouleversement systémique constamment élargi, le devenir des marchés qui s’agrandissaient sans cesse allait faire peu à peu de chaque réalité humaine une simple valeur d’échange. C’est pourquoi à côté mais à l’envers des croisades étatiques réalisées avec la bénédiction du christianisme institutionnel papiste ou byzantin, se sont toujours levées des croisades sauvages et spontanées qui, au nom d’un regard christique révolutionnaire, n’entendaient point se perdre dans les réaménagements trans-continentaux générés par l’histoire des bourses de valeurs qui avait fait surgir les cités marchandes italiennes comme plate-forme centrale du bénéfice des pèlerinages armés.

Ainsi, de croisades des gueux en croisades des vagabonds, des paysans, des enfants ou des marginaux, tout l’espace-temps officiel de la machinerie étatique des croisades du pouvoir des aristocraties foncières et financières fut doublé en négatif radical par un espace-temps prohibé et parallèle continûment en récusation de toutes les machineries financières et foncières du pouvoir de l’État.

Alors que l’on embrigadait ainsi massivement les populations pour la défense économique et militaire des frontières physiques d’un Royaume de Jérusalem immobilier et mobilier où les républiques maritimes italiennes du Capital en expansion, à l’ombre des couronnes d’Europe, entendaient toujours investir davantage pour l’élargissement continu des rendements de leurs routes commerciales, il y avait toujours quelque part en contre-point factieux, un emplacement de parole frondeuse qui appelait ici et maintenant à la Jérusalem céleste de la communauté de vie contre toutes les puissances d’argent et en négation absolue du Temple de la marchandise.

Conséquemment, la croisade dite des Pastoureaux renvoie, à ce moment là, à deux insurrections paysannes de masse dont l’histoire se mêle originellement à celle des croisades populaires qui virent le jour non seulement hors des sphères des puissances politiques et religieuses d’alors mais même souvent et d’abord à leur encontre. Ces croisades eurent lieu en 1251 et 1320.

La première croisade des Pastoureaux surgit lors de la septième croisade lorsque Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis, se trouva enlisé dans les effets de la bataille de Mansourah et qu’il finit par s’y retrouver emprisonné avec toute son armée. Lorsque la nouvelle du désastre parvient en terre de France, elle engendra – sur le terrain d’une crise sociale généralisée de la rente foncière féodale de plus en plus déficiente – scepticisme, défiance, ébullition et émeutes. Comment un roi si pieux avait-t-il donc pu être ainsi abandonné si visiblement de Dieu ?

L’explication, sur le terrain des luttes de classes réellement existantes, apparu très vite dans le parler incendiaire et radical des prédicateurs communeux, en particulier celui d’un moine hongrois cistercien extrémiste. Ce moine d’enthousiasme et de passion intransigeante, nommé Maître Jacques, soutint avoir été directement avisé par la Vierge Marie que les oppresseurs du pouvoir, les aliénés de la richesse et de l’orgueil ne pourraient jamais reprendre la Jérusalem du Christ puisque seuls pouvaient y parvenir les hommes de l’Être, les cœurs purs, les pauvres, les humbles, les bergers, dont il se devait, lui, d’être l’éclaireur. L’arrogance et l’insolence de la chevalerie, ajoutait le moine hongrois, avaient considérablement mécontenté Dieu et c’est pourquoi ce dernier appelait à une totale transformation incendiaire de l’administration des choses.

En ce temps, le terme de pastoureaux qui désignait d’abord les bergers, donna ainsi son nom à cette croisade maximaliste. Une alarme solennelle eut lieu pour la Pâques 1251. Alors, des milliers de bergers et de paysans prirent la croix et se mirent en marche vers la capitale du royaume, armés de haches, de piques, de faux, de couteaux et de bâtons. Partis à plus de 30 000 d’Amiens, ils dépassèrent rapidement les 50 000 puis approchèrent les 100 000 parvenus à Paris, où Blanche de Castille fut contrainte de les recevoir.

Dans un premier temps, la reine feignit de leur donner son approbation mais leur mouvement de sédition généralisée était bien trop dangereux socialement pour être toléré durablement par les puissances établis de la domestication politique et religieuse. En accusant nommément les marchands et les nobles, les abbés et les prélats, de vacuité et de cupidité, d’orgueil et de malfaisance, et en s’en prenant même frontalement à la Chevalerie, accusée de mépriser les pauvres et de tirer profit de la croisade, les pastoureaux se désignaient là eux-mêmes comme des indomptables inacceptables.

A mesure que se développait le mouvement de cette sédition inapprivoisable, des conflits de plus en plus violents et exacerbés ne cessaient partout de s’ensuivre en touchant aussi bien les campagnes que les villes et le mouvement qui s’étendait désormais de la Normandie à la Rhénanie jusqu’à aller toucher le nord de l’Italie, rendait hautement nécessaire que l’étouffement, l’intimidation et la répression fussent alors prestement mis en mouvement pour que l’ordre des traditions de soumission fut restauré.

Sous la pression du tumulte en mouvement, Jacques put cependant finalement obtenir l’autorisation de prêcher en chaire à Notre Dame de Paris. A la fin mai, au cours d’une homélie enragée, il réclama l’abolissement de toutes les pauvretés et la totale communauté des biens, aujourd’hui tout de suite et non pour plus tard après la mort, incitant ainsi directement les assemblées factieuses à l’in-soumission généralisée. Le prêche terminé, les insurgés se répandirent dans toutes les rues de la capitale, où, comme à Amiens au début du mois, elles s’en prirent aux clercs, aux bourgeois, aux nobles et à tous les agents du fiscalisme étatique. Malgré l’intervention des officiers du guet à la Sorbonne et dans le quartier de l’Université, les barricadiers demeurèrent les plus forts et de nombreux représentants de l’appareil de répression furent massacrés pour avoir tenté de s’opposer à l’escalade agitatrice.

Ce n’est donc qu’avec très grandes difficultés et multiples tergiversations que la classe dirigeante parvint finalement et péniblement à contraindre les pastoureaux à quitter Paris. Le mouvement se scinda alors en deux colonnes : l’une fit route vers Rouen pendant que l’autre plus imposante cheminait vers Orléans. Là, en cet endroit où se combina militairement la résistance acharnée et conjointe des milices communales de la bourgeoisie ascendante et des corps seigneuriaux de la féodalité déclinante, l’incendie put en fin de compte être contenu et ses restes continuèrent ensuite pour une partie vers Tours et pour l’autre vers Bourges. Blanche de Castille comprit alors finalement toute la gravité de ce danger impérieux que les rapports de ses intendants avaient souligné en lui rapportant les progressions inquiétantes de cette croisade d’en bas qui s’était progressivement transmuté en jacquerie fermement jusqu’au-boutiste.

Aussi, commanda-t-elle qu’on débarrasse le royaume de ce fléau dissident et d’abord de l’homme de Hongrie, qualifié désormais d’hérétique, d’égaré et de sorcier. Le 11 juin, à Villeneuve sur Cher, à la suite d’un nouvel engagement hautement violent, la troupe paysanne fut cette fois disloquée et celui que l’on dénommait Jacob capturé puis mis à mort. Leur animateur disparu, les assemblées de paysans combattants se dispersèrent d’elles-mêmes, et la grande révolte, confrontée aux massacres, exécutions, coercitions et chantages, finit insensiblement par se dissiper.

Néanmoins, l’on retrouve une nouvelle fois le nom et la trace de cet embrasement historique lors du grand soulèvement de 1320, connu sous le nom de seconde croisade des pastoureaux qui partie de Normandie à la Pâques de 1320 mit en branle des milliers de paysans rejoints par des masses fiévreuses de vagabonds, de bergers et de brigands. Ce flot grossissant se dirigea ensuite vers l’Aquitaine et le Périgord et ne fut finalement arrêté qu’en Aragon lorsque des milliers d’entre eux furent massacrés.

Il est aisé de la sorte de constater que le trouble social fort, aigu et incisif est une constante des pays d’Europe, plus notablement là d’ailleurs où la culture vivace des communaux de la terre et de l’âme revivifiée par les invasions germaniques a doté le malcontentement des hommes d’un puissant levier de résistance collective au mouvement oppressif des transformations agraires et de la fiscalité étatique.

Jacqueries, guerres de classe millénaristes et convulsions urbaines rappelaient sans cesse que le soulèvement de l’ancien monde paysan serait le frein principal à la naissance de la paysannerie propriétarienne moderne telle qu’elle naîtrait de la révolution capitaliste de 1789 en laquelle réside la négation accomplie de l’être de la communauté de terre propre aux communautés paysannes communières d’avant la modernité des échanges.

A mesure que les États nationaux du futur devenir-monde de la marchandise commençaient à se formaliser sur les décombres d’un monde féodal qui avait lui-même ouvert tout grand les portes de ses châteaux à la monnaie en croyant naïvement que le despotisme de la liberté de l’argent serait domptable, la vie communautaire du jadis non monnayé se heurtait aux exigences ravageuses d’une culture de plus en plus intensive et tributaire tout à la fois des normes du rendement et des dogmes du surplus agraire puis industriel.

Ce qui est essentiel ici c’est de saisir – en dépit des différences, discordances et contrastes – la continuité matricielle entre l’antériorité médiévale qui mènera à l’avènement de la grande monarchie classique telle qu’elle validera la mort du vieux rapport non mercantile à la terre et sa postériorité républicano-financière au sens où les agitations médiévales de 1251 et de 1320 qui conduisent à la grande jacquerie de 1358 puis aux embrasements de Guyenne en 1548, aboutissent aussi par la métamorphose des longues durées insurrectionnistes, aux Croquants et Nu-pieds et ce jusqu’à la Grande Peur de 1789, aux soulèvements chouans et vendéens qui annonceront la mort irrévocablement advenue au XIX° siècle de l’ancestrale communauté rurale désormais pleinement absorbée par le paysage agricole du destin capitaliste.

Le son multiséculaire des cloches proclamant, de paroisse en paroisse, le tocsin de la dés- obéissance a été l’écriture vivante et charnelle de dizaines et de dizaines de générations campagnardes qui s’obstinaient à ne point accepter de disparaître dans la tyrannie montante des attractions de l’abstraction capitaliste exercée par la civilisation des villes. Cette immense, abondante et constante lutte de classe qui a d’ailleurs traversé toute l’histoire européenne pour la défense de la joie du terroir contre l’anonymat et la solitude du citadisme du profit, a finalement échoué mais pour passer le flambeau à un type de soulèvement bien plus vaste, beaucoup plus corpulent et immensément plus dangereux ; celui de l’irréversible colère des prolétaires, c’est à dire de tous les hommes d’aujourd’hui privés de toute autorité sur leur propre vie par le spectacle démocratique de la dictature salariale de l’argent omni-présent.

En même temps que l’exode rural de la rentabilisation inévitable a vu l’appel de la ville faire partir les hommes de l’humus de la sensation vers l’urbanisme mental et physique du froid absolutisme du nombre, les vieux villages se vidaient de leur substance ardente pendant que la pathologie individualiste du narcissisme entrepreneurial devenait le commandement collectif de tous les territoires de l’urbanisation voulue par la croissance capitaliste de l’expansionnisme du marché.

C’est donc dans les villes que les héritiers prolétaires contemporains de tous ces remuements et transports de fourches et de faux venus de leurs lignages paysans allaient s’attaquer aux portes citadines de l’économie politique de l’exploitation et c’est pour cela qu’après les ébauches ensanglantées de 1830 et 1832, la République du progrès capitaliste sut réprimer publiquement et très ostensiblement dans la désolation et le carnage la révolution parisienne de 1848, en continuation du robespierrisme avancé qui avait simultanément conduit le populicide vendéen et l’écrasement de la sans-culotterie parisienne ultra.

En prolongement, répercussion et retentissement dialectiques, la Commune de Paris est cette période insurgée de l’histoire prolétaire qui voulait ouvrir le passage vers l’abolition de la condition prolétarienne et qui dura un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 à la Semaine sanglante , du 21 au 28 mai 1871. Bondissement d’in-discipline et de subversion contre le gouvernement de l’argent, la Commune ébaucha alors pour un futur de véritable qualité humaine une organisation qui s’essaya à se rapprocher de la communauté anti-mercantile de la nécessaire vie générique contre les errances de la recette et du pécule. Dans cette impressionnante fermentation crisique, Louis Eugène Varlin, né le 5 octobre 1839 à Claye en Seine-et-Marne se présente bien comme un militant radical majeur de l’époque, membre en même temps de la Commune de Paris et de la Première Internationale.

Eugène Varlin naît dans une famille de paysans très modeste. Il est d’abord apprenti peintre avant de devenir artisan relieur à Paris. Il découvre alors, dans ses premières luttes, les œuvres de Proudhon mais ne s’arrêtera pas à la vision étroite et illusoire d’une marchandise rééquilibrée réformistement par le crédit mutuel puisqu’il en viendra assez rapidement au point de vue communiste de la nécessaire liquidation révolutionnaire de la marchandise et du salariat. En 1857, il participe à la fondation de la société de secours mutuels des relieurs. En 1864-1865, il est l’un des principaux animateurs de la grève des ouvriers relieurs parisiens. En 1864 est créée l’Association internationale des travailleurs, plus connue sous l’appellation de Première Internationale. Varlin y adhère en 1865 et participe énergiquement à la première grève des relieurs, avec son frère Louis et Nathalie Lemel, militante maximaliste qui participera sur les barricades à la Commune et qui sera déportée en Nouvelle-Calédonie avec Louise Michel. Il se retrouve ainsi délégué en 1865 et 1866 aux premiers congrès de l’AIT, à Londres et à Genève. À la même époque, il encourage la création de la Société de solidarité des ouvriers relieurs de Paris. Son acharnement contribue à la création, le 14 novembre 1869, de la Fédération parisienne des sociétés ouvrières. Varlin, présent sur tous les terrains de la bataille sociale, contribue à la création d’une coopérative, La Ménagère, en 1867, et à l’ouverture, en 1868, d’un restaurant coopératif, La Marmite. Ce dernier comptera jusqu’à plusieurs milliers d’adhérents et ne fermera qu’après la Commune.

A la fin des années 1860, Varlin est arrêté et emprisonné plusieurs fois en raison des diverses grèves impulsées ou soutenues par l’AIT en France. En 1870, la section parisienne de l’AIT publie un manifeste contre la guerre. Eugène Varlin constitue des sections de l’Internationale à Lyon, au Creusot et à Lille. À la chute de l’Empire, en septembre 1870, Varlin fait partie, du comité central des Vingt arrondissements de Paris et il devient alors membre du comité central de la garde nationale au titre du 193e bataillon, dont il est le commandant.

Pendant l’hiver et le siège de Paris par les Prussiens, il s’occupe de l’alimentation des nécessiteux en fournissant les fameuses marmites de Varlin avec l’aide, notamment, de Nathalie Lemel et il devient secrétaire du conseil de l’AIT pour la France. C’est alors que va arriver le célèbre soulèvement du 18 mars 1871 qui est la riposte des Parisiens à la décision du gouvernement d’Adolphe Thiers de leur retirer leurs armes et leurs canons. C’est le début de la Commune de Paris. Lors des événements de ce 18 mars 1871, Varlin s’implique très activement dans la prise de la place Vendôme. Le 24 mars, il prend part à la rédaction du manifeste-programme des sections parisiennes de l’AIT. Il est élu le 26 mars au conseil de la Commune et nommé à la commission des finances. Il assure dès lors la liaison entre la Commune et les sociétés ouvrières.

Le 1er mai, Varlin, comme la majorité des internationalistes, s’oppose à la création du comité de salut public qui représente fondamentalement tous les vieux courants républicano-blanquistes qui s’imaginent que c’est la question militaire qui règlera la question sociale et il signe le manifeste de la minorité qui lui exprime a contrario l’idée que seules les mesures sociales de radicalisation auto- diffusée peuvent faire avancer le mouvement subversif. Pendant la Semaine sanglante, il tente en vain et valeureusement de s’opposer à une pitoyable exécution d’otages, rue Haxo, et participe audacieusement aux derniers combats de Belleville. La Commune est finalement vaincue durant la Semaine sanglante qui débute avec l’entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s’achever par les derniers combats au cimetière du Père-Lachaise le 28 mai. La répression contre les communards est implacable. De nombreuses exécutions sommaires seront ainsi commises par les troupes versaillaises qui frapperont ainsi tous ceux dont les mains portent ou semblent porter des traces de poudre qui révéleraient ainsi l’emploi récent d’armes à feu.

Dans son Histoire de la Commune, Hippolyte Prosper Lissagaray, raconte ainsi la mort d’Eugène Varlin, ce dramatique 28 mai 1871, à la fin de la Semaine Sanglante : « Place Cadet, il fut reconnu par un prêtre qui courut chercher un officier. Le lieutenant Sicre saisit Varlin, lui lia les mains derrière le dos et l’achemina vers les Buttes où se tenait le général de Laveaucoupet. Par les rues escarpées de Montmartre, ce Varlin, qui avait risqué sa vie pour sauver les otages de la rue Haxo, fut traîné une grande heure. Sous la grêle des coups sa jeune tête méditative qui n’avait jamais eu que des pensées fraternelles, devint un hachis de chairs, l’œil pendant hors de l’orbite. Quand il arriva rue des Rosiers, à l’état-major, il ne marchait plus on le portait. On l’assit pour le fusiller. Les soldats crevèrent son cadavre à coup de crosse. Sicre vola sa montre et s’en fit une parure. »

L’Hôtel de ville et un certain nombre de grands monuments officiels ont alors été incendiés par les communards à compter du 24 mai 1871. La bibliothèque de l’Hôtel de Ville et la totalité des archives de Paris furent ainsi anéanties, ainsi qu’une grande partie de l’état civil parisien. Les communards de la ville agirent là spontanément comme les chouans et vendéens du bocage et du marais le firent auparavant quand ils pénétraient dans les agglomérations de l’archivage esclavagiste. Ils brûlèrent de rage avant de périr tous ces papiers écrits qui témoignaient administrativement de leur dépendance en tant que la paperasse officielle représentait bien avant tout le récit gouvernementaliste des formalités de la domination.

Toutefois, pour com-prendre, il faut prendre en soi la dimension profonde du véridique en ad-venir, ceci en négatif des apparences premières. Les dizaines de milliers de fusillés désarmés ne sont point là que de simples cadavres entassés dans des charniers sordides, ils sont des flambeaux d’énergie et de courage dont le souvenir de radicalité se trouvera transfiguré par toutes les luttes de classe extrémistes à venir, en claire conscience de leur pro-venance historique la plus lointaine. Thiers a voulu supprimer la lutte des classes par un acte de boucherie industrielle tout aussi horrible qu’inefficace. Il lui aura en fait simplement offert la possibilité de prendre par d’autres voies, des démarches et des parcours de compréhension encore plus in-disciplinables… De même que les sociaux-démocrates allemands en assassinant les spartakistes de 1919 et les lénino-trotskystes en immolant les marins et ouvriers insurgés de 1921 crurent bannir de l’histoire le danger du feu social de la conscience réfractaire, l’exécution sordide de Varlin fut certes un moment tragique qui désigne l’horreur de la démocratie capitaliste cannibale mais cet épisode nauséeux s’auto-dépasse dans le fil du temps historique qui annonce bel et bien la fin de plus en plus rapprochée du système terrible des objets rampants.

Ce qui est mis en perspective par la défaite pratique de la Commune c’est aussi l’acquis théorique décisoire qui signale que tant que Le Capital n’est point parvenu à réaliser le procès de caducité de sa crise terminale, il continue à s’étendre en intégrant au procès de sa modernité tous les revers ouvriers qui étaient justement inévitables et qui sont là les leviers innovateurs à partir desquels il se débarrasse de ses vétustés inutiles. La Commune ne fut pas écrasée parce qu’elle ne sut pas se généraliser, elle fut balayée car elle était in-diffusable en un temps où la force encore neuve du Capital possédait, elle, toute la puissance de se généraliser jusqu’à atteindre les limites de sa dégénérescence présente. 

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Note de Résistance 71 : Ceci constitue un point particulièrement important. Le “timing” historique se fait respecter, ce qui nous a souvent fait dire que la Commune, comme les autres grandes insurrections populaires de l’histoire récente, ne furent que des brouillons menant à une seule grande (r)évolution sociale qui sera définitive. Pour cela, deux fenêtres d’opportunité historique doivent coïncider : celle du bout du chemin du mode de gouvernance étatico-capitaliste et celle de la conscience politique des peuples. Nous avons été historiquement confronté à plusieurs occurence de la seconde fenêtre, qui ne coïncidait pas avec la première. Aujourd’hui, en phase terminale du capitalisme et de l’État, la seconde fenêtre nous fait un peu défaut, mais les évènements en chaîne éduquent aussi une grande partie du public et ouvrent bien des yeux pour que bientôt ces deux fenêtres coïncident enfin. C’est pourquoi l’oligarchie, parfaitement au courant de cet état de fait et que le temps ne joue plus pour elle, tente de faire passer en force l’humanité à un stade mutant où le capitalisme et l’État n’ont plus de raison d’être et mutent en une gouvernance mondiale supranationale sous sa forme éclose de dictature technotronique de contrôle et de verrouillage planétaire. Le système retire les gants et montre son vrai visage, sans fioritures et gouverne plus que jamais par la peur, l’inversion et la répression. Ce que les “élites” autoproclamées de cette société de l’avoir appellent “le Nouvel Ordre Mondial” est en fait cette phase mutante du capitalisme en cours de métamorphose, c’est cela que la (r)évolution sociale doit balayer et éradiquer avant que la grille de contrôle ne soit mise en place et verrouillée sur les peuples du monde. Si nous permettons à ceci de se produire, alors nous repartirons dans un nouveau cycle oppresseurs / opprimés, cette fois-ci sous un système de contrôle planétaire. Ce système n’aura plus besoin ni de l’étatisme, ni du capitalisme en tant que rouages de domination

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A partir de l’expérience de Varlin qui pose les jalons jusqu’au boutistes de la Première Internationale en anticipant de manière subversive le nécessaire refus tranchant de tous les remodelages mystifiants du capitalisme, social-démocratique, bolchévique ou écolo- décroissantiste, nous savons que l’émancipation humaine est le mouvement conscient vers le communisme qui se définit comme mouvement révolutionnaire de critique de l’économie politique, face à la gauche du Capital stade suprême de la mystification démocratique de la marchandise et contre le gauchisme, imposture supérieure de la liberté de l’argent pour toutes les époques.

Le mouvement communier abouti est une affirmation négative totale (contre le salariat, l’État, les syndicats…), qui ne se dégagera d’ailleurs pleinement qu’après la Commune de Paris autour de maximalistes comme Gustave Lefrançais, compagnon survivant de Varlin, et il n’en est qu’une conséquence logique. Si l’on veut en effet détruire définitivement les racines objectives du capitalisme et non l’organiser autrement pour mieux en répartir l’abondance des richesses chosifiantes, on doit s’attaquer fondamentalement à tout ce qui fonde les fonctionnalités de son faire et surtout tend à l’améliorer et l’optimiser. A partir de la Commune de Paris, s’ouvre le cheminement qui va mener aux Communes de Berlin, Kronstadt, Barcelone… et qui positionnera toute l’ampleur anti-étatiste rampante du mai 68 contre les polices syndicales. Le communisme n’est pas un nouveau mode de production de l’aliénation et du travail mais avant tout le mode d’existence de la communauté humaine refondée autour de l’auto-produire humain dans un monde sans argent. Le communisme est d’abord activité cosmique de l’être générique communautaire. Il ne se construit pas avec des appareils politiques ou économiques mais surgit de l’auto-mouvement anti-politique et anti-économique de la jouissance humaine véridique liquidant enfin toutes les entraves capitalistes.

Comme Marx et Engels à la suite de Hegel l’ont toujours expliqué, c’est la souche communeuse de l’intentionalité historique profonde du spécifique mouvement réel propre à l’éco-système social et mental né à la fin de l’Antiquité, de l’entre-choquement entre l’écroulement économique de Rome et l’avancée de la vieille marche germanique qui a fait émerger l’Europe comme berceau de tous les agir les plus subversifs et de toutes les pensées les plus extrémistes. Alors que partout ailleurs les vestiges de la communauté première sombraient peu à peu dans les endormissements immobilistes d’un simple répétitif étatique, le cœur dynamique du vieux continent ne cessait, lui, de se produire comme endroit sulfureux où les hommes intrinsèquement accordés aux communaux ontologiques des vibrations de terre, n’interrompirent jamais leur combat pour la défense dynamique et constamment poursuivie de l’usage communier contre le développement économique progressif du système de construction de l’appropriation et de la valeur d’échange.

De la paysannerie communeuse à l’ouvrier communard, tout se tient parfaitement dans l’arc historique évident qui mena les derniers hommes de la terre communautaire de l’Europe rétive à devoir progressivement devenir les premiers hommes de la révolution agro-industrielle de la possession et de la valorisation capitaliste. C’est pourquoi de la première jacquerie rencontrée à la dernière lutte ouvrière rencontrable demeure cette constance irréductible qui veut que derrière toute lutte réformiste même la plus limitée pour mieux sur-vivre dans l’âge du contrefait et du mutilé, se profile pourtant l’aspiration générique et transcendante à retrouver, malgré tout, l’immanence de l’humaine communauté.

Le prolétariat est l’ensemble des hommes de la terre aspirés par l’urbanisme machinique de la ville et contraints d’y fournir salarialement le travail vivant dont la domination par les mécaniques du travail mort constitue le rapport de production réificateur appelé Capital.

Notre époque en tant que synthèse effectuée de toutes les précédentes est celle où le prolétariat, luttant en tant que classe contre le Capital de la domination réalisée de la capitalisation universelle, va devoir se remettre lui-même en cause et porte le dépassement révolutionnaire de sa propre condition par la production incandescente du communisme comme l’abolition de toutes les classes, comme le jaillissement générique de la communauté de l’Être.

La lutte de classe entre le prolétariat et le Capital cesse d’être réformiste et régénératrice du Capital lorsqu’elle s’arrête de s’annoncer comme une simple réaction, une défense du prolétariat face au Capital sur le terrain du Capital et qu’elle se retourne réellement en contradiction pleine et entière entre le prolétariat et le Capital sur le terrain de l’humain.

Le communisme, c’est à dire la communauté de l’Être est évidemment une réalité à venir, mais c’est au présent qu’il convient d’en parler car la communisation est déjà préparée dans les luttes actuelles chaque fois que le prolétariat se heurte à sa propre existence aliénée comme classe majeure de l’aliénation, dans son action en tant que classe soumise, contre le Capital, à l’intérieur du rapport d’exploitation de la soumission, dans le cours même de ces luttes qui restructurent simplement la valeur. Chaque fois que l’existence même du prolétariat est produite comme quelque chose d’étranger à l’humain et d’inhérent à l’argent, ce à quoi il se heurte dans sa lutte en tant que classe qui doit liquider les classes, c’est à une contrainte objective extériorisée dans l’existence même de l’économie politique et issue de son lui-même réifié contre son lui-même de vraie vie.

C’est l’aggravation illimitée de la crise de la domination réalisée du fétichisme de la marchandise qui produit la révolution sociale lorsque l’action du prolétariat dans la crise réalisée du fétichisme de la domination en vient à produire le communisme comme nécessité dialectique d’un spectacle de la production qui ne peut plus re-produire son spectacle. La défense de ses intérêts immédiatistes va dès lors amener le prolétariat au point où il sera conduit à agir pour la destruction du système de la marchandise quand il y a aura saut qualitatif radical et trans-croissance critique complète des luttes, c’est à dire relation d’auto-débordement à cette défense, conjugaison d’auto-suppression dans la forme et le contenu, c’est-à-dire articulation critique avec toutes les luttes antérieures de réforme jusqu’au brisement de tous les réformismes de l’antériorité.

Face aux délocalisations, c’est au cours de cette défense pourtant acharnée de l’outil de travail que la production de l’existence de classe comme contrainte extériorisée dans le travail outillé peut se changer en saut commencé d’une articulation qualitative critique telle qu’elle peut déboucher en un moment novateur à proprement parler révolutionnaire où la défense auto-surpassée de ses intérêts immédiats amène le prolétariat à passer à un autre monde, celui de la fin du travail et de l’argent.

Cela parce que positivement le prolétariat trouve ici en l’histoire ancestrale de son lui-même contradictoire enfin conscientisé, la capacité de se produire contre le Capital, à partir de ce qu’il est comme classe (c’est-à-dire, rapport contradictoire aux contradictions du Capital) mais alors en tant que dimension nouvelle anti-classiste pour balayer humainement le rapport–Capital.

Lorsque le prolétariat annihilera les moyens de production du spectacle du fétichisme démocratique de la marchandise, il le fera comme dia-lectique dont la forme et le contenu lui seront fournis par ce que la crise finale du mode production capitaliste aura rendu irrépressible l’impossibilisation pratique advenue de la valorisation, c’est à dire que l’abolition de l’échange, de la valeur, du travail et des classes deviendront la seule base objective de tout déploiement de vie.

La crise finale est avant tout la crise concrétisée de l’implication réciproque entre le travail et le Capital, la crise de l’auto-présupposition du Capital, intégrant tout ce qui fut l’histoire passée de l’avant-Capital qui contenait toutefois le Capital depuis le troc échangiste néolithique, en tant que la détermination future est toujours nécessairement pré-contenue dans le produire antécédent. La classe prolétarienne trouve alors, dans ce qu’elle est dans le Capital devenu infaisable, la capacité de trouver ce qu’elle est contre le Capital pour communiser le monde, au moment où, simultanément, le Capital cesse de pouvoir extérioriser la nature de classe des prolétaires comme vampirisation de leur nature humaine.

Le communisme est ce que produit le prolétariat, de par ce qu’il est dans sa contradiction avec le Capital, au moment où il abolit la capitalisation lorsque cette dernière devenue totalité du développement mondial ne parvient plus malgré l’orgie de manipulations monétaires et terroristes mises en mouvement par le gouvernement du spectacle mondial, qu’à accoucher de son auto- dissolution objective. La crise actuelle de sur-accumulation et de saturation mondiale des marchés est la crise du taux de profit qui se présente comme crise mondiale permanente de la reproduction des rapports capitalistes en train de déboucher sur la crise de légitimation du spectacle de la marchandise en tant que tel.

Le communisme est le mouvement contradictoire terminé du mode de production capitaliste, le procès de sa caducité achevée. L’exploitation comme contradiction dialectique entre le prolétariat et le Capital se définit simultanément comme implication réciproque de ces deux termes et production de la spécificité de chacun d’eux quant à sa place historique dans le cours de la lutte des classes. Et si le développement du mode de production capitaliste porte en soi son dépassement, il ne le porte que par la situation et l’activité spécifique du prolétariat comme classe révolutionnaire d’aujourd’hui issue des paysanneries communeuses d’hier et en tant qu’il est la seule classe révolutionnaire de la crise cataclysmique du mode de production capitaliste.

La contradiction entre le prolétariat et le Capital est simultanément la dynamique du développement du mode de production capitaliste, de ses crises et de son dépassement lors de la crise finale de la valeur. il en résulte que la révolution sociale se définit en totalité comme ce rapport spécifique entre, d’une part le cours quotidianiste de la lutte de classe et, d’autre part, la fin de l’argent et la communisation dans leur contenu historique ontologique d’émergence de la communauté de l’être générique quand la quotidianisation chosifiante échoue justement à pouvoir continuer de chosifier le quotidien.

Désormais, l’exploitation comme rapport de valorisation entre le prolétariat et le Capital est une contradiction devenue explosive en ce qu’elle est un procès en contradiction de plus en plus impossible avec sa propre reproduction matérialisée par la baisse croissante du taux de profit en tant que la transformation de la plus-value en capital additionnel est bien sûr de plus en plus problématique en ce temps où le poids du travail mort machinique étouffe sans cesse la part déclinante de travail humain productif.

La crise économique du chaos spectaculaire de l’indistinction généralisée et sa débauche de crédit hallucinatoire qui n’a pas eu d’autre effet que d’intensifier ce qu’il était censé réduire est d’abord la crise du rapport social d’exploitation. Les années qui viennent vont nous montrer que la restructuration planétaire actuelle est la dernière phase de la domination réalisée du travail sous le Capital. La crise de l’économie du crédit en se convertissant en crise du crédit de l’économie va signifier universellement que par delà tous les conflits géo-politiques où s’affrontent secondairement toutes les classes capitalistes intéressées par la course aux derniers débouchés solvables, le grand affrontement primordial sera celui qui les opposera toutes, ensemble et unitairement, au mouvement d’auto-émancipation inter-national du prolétariat car comme surent si bien le démontrer tous les Thiers et les Bismarck qu’a connus l’histoire, l’ensemble des rackets économiques et politiques de la terre se retrouvent toujours solidaires face au réveil de ces Communes où l’homme clame clairement son refus d’obtempérer à l’autocratie spectaculaire de la raison marchande de tous les États.

Dans la filiation communeuse de la croisade des Pastoureaux et de tous les Varlin inconnus ou anonymes des Commune de Paris et d’ailleurs, tous les mouvements de la conscience des racines de l’Être de la vie s’incarnent radicalement, en sachant que pour enfin devenir lui-même, l’humain doit se produire comme acte cosmique de subversion absolue vers la constitution de la communauté universelle pour un monde sans salariat ni argent ni État.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

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Gilets Jaunes + Grève Illimitée (expropriatrice) = Héritage de la Commune de Paris

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 24 décembre 2019 by Résistance 71

 

La Commune de Paris en 45 secondes chrono de lecture sous cette introduction… et quelques lectures complémentaires à l’issue.

“L’anarchie, l’abolition complète des États et l’organisation du simple au composé par la fédération libre des forces populaires, des producteurs et des consommateurs…” nous disait Pierre Kropotkine dans sa “Commune de Paris” (1882), ainsi que ceci, parfaitement au goût du jour dans cette déliquescence politico-sociale ambiante et le renouveau issu du mouvement des Gilets Jaunes depuis novembre 2018:

“Terrassée mais non vaincue, la Commune renaît aujourd’hui. La ‘Commune’ devient le but précis et visible de la révolution [sociale] qui gronde déjà près de nous.”

De fait, œuvrons pour cette confédération des communes libres à venir tout en gardant présent à l’esprit que la commune [libre] n’est que l’outil de la révolution sociale établissant la société des sociétés, qui restaurera la vie, l’être sur la dictature achevée de l’avoir.

Gilets Jaunes… L’heure est proche !

~ Résistance 71 ~

 

 

La Commune de Paris 1871

 

Anarchisme Avenir

 

Republié par R71 décembre 2019

 

Napoléon III a perdu la guerre contre les Prussiens: le second Empire tombe. Le nouveau gouvernement signe la paix. Paris est dans une misère et sort d’un siège qui l’a durement affaibli, les Parisiens se soulèvent. Le gouvernement leur envoie l’armée, qui refuse de tirer. En mars 1871, la ville se déclare libre et instaure son propre gouvernement: la Commune, avec comme figure Louise Michel anarchiste française qui sera accompagné de nombreux anarchistes durant cette révolution.

Le 29 mars, le conseil de la Commune forme en son sein 10 commissions: Exécutive, militaire, subsistance, finances, justice, sûreté général, travail, industrie et échanges, services publics et enseignements.

Cette commune qui durera 73 jours, sera une expérience d’autogestion avec la distribution de nourriture à tous , les femmes travaillent, l’école est obligatoire, toutes les habitations sont réquisitionnés pour permettre un hébergement à tous, les usines fonctionnement en comité d’ouvriers et font tourner la production vers uniquement des biens utiles. La solidarité est également organisé avec une pension de 365 francs versé aux orphelins et 600 francs pour les veuves. La liberté de la presse est réaffirmée le 19 mars par le comité central. Une véritable guerre civile va être déclenchée entre les communards et le gouvernement de Versailles. Cette commune fera 20 000 morts et 40 000 parisiens jugés et resteront détenus de long mois sans être jugés.

À jamais la commune de Paris marqua l’Europe, pour Karl Marx c’est la première insurrection prolétarienne autonome et pour les anarchistes une expérience importante dans la voix d’une création de société sans gouvernement.

Source: 

https://anarchismeavenir.wordpress.com/2018/02/06/la-commune-de-paris-1871/ 

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“C’est par des actes révolutionnaires, en abolissant la propriété individuelle des moyens de production, que les Communes de la prochaine révolution affirmeront et constitueront leur indépendance.

Le jour où, en conséquence de la situation révolutionnaire, les gouvernements seront balayés par le peuple et la désorganisation jetée dans le camp de la bourgeoisie qui ne se maintient que par la protection de l’Etat, ce jour là, et il n’est pas bien loin, le peuple insurgé n’attendra plus qu’un gouvernement quelconque décrète dans sa sagesse inouïe des réformes économiques. Il abolira lui-même la propriété individuelle par l’expropriation violente, en prenant possession, au nom du peuple entier, de toute la richesse sociale accumulée par le travail des générations précédentes. Il ne se bornera pas à exproprier les détenteurs du capital social par un décret qui resterait lettre morte ; il en prendra possession sur le champ et il établira ses droits en l’utilisant sans délai. Il s’organisera lui-même dans l’atelier pour le faire marcher ; il échangera son taudis contre un logement salubre dans la maison du bourgeois ; il s’organisera immédiatement pour utiliser toute la richesse entassée dans les villes et il en prendra possession comme si cette richesse ne lui avait jamais été volée par la bourgeoisie… Jamais on n’a travaillé comme on travaillera le jour où le travail sera devenu libre, où chaque progrès du travailleur sera une source de bien-être pour la commune entière…”

~ Pierre Kropotkine, 1882 ~

Gilets Jaunes… L’heure est proche !…

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Lectures complémentaires:

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

Pierre_Kropotkine_L’anarchie-dans-l’evolution-socialiste-2eme-edition-1892

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

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