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Le danger de l’empire: Mascarade, mensonges et grand cirque politique pour une continuelle hégémonie mondiale (John Pilger)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 mars 2016 by Résistance 71

“La minorité a découvert qu’elle pouvait influencer la majorité dans le sens de ses intérêts. Il est désormais possible de modeler les opinions des masses pour les convaincre d’engager leur force nouvellement acquise dans la direction voulue. Étant donnée la structure actuelle de la société, cette pratique est inévitable. De nos jours, la propagande intervient nécessairement dans tout ce qui a un peu d’importance sur le plan social, que ce soit dans le domaine de la politique ou de la finance, de l’industrie, de l’agriculture, de la charité ou de l’enseignement. La propagande est l’organe exécutif du gouvernement invisible.”

“La force d’inertie est l’obstacle majeur auquel se heurtent les tentatives de changement des comportements humains. La civilisation trouve sa limite dans l’inertie.”

~ Edward Bernays, 1928 ~

 Chose encore plus extraordinaire, voici ce que dit Edward Bernays, qui était le neveu de Sigmund Freud, dans la toute dernière phrase de son livre phare publié en 1928: “Propagande, comment manipuler l’opinion en démocratie”, publié en français par les éditions de la Découverte, collection Zones, 2007.

La toute dernière phrase dit ceci, accrochez-vous bien:

“La propagande ne cessera jamais d’exister. Les esprits intelligents doivent comprendre qu’elle leur offre l’outil moderne dont ils doivent se saisir à des fins productives, pour créer de l’ordre à partir du chaos.”

Rappelons ici que la devise de l’engeance du Nouvel Ordre Mondial est “Ordo ab Chao”, qui en latin veut dire: “L’ordre à partir du chaos”…

Dans cet article, John Pilger non seulement aide à comprendre l’ineptie et la criminalité intégrées du système étatique, mais pour la première fois, à l’instar de Pau Craig Roberts, il explicitement démontre qu’AUCUN des candidats à la présidence de l’empire ou de tout état satellite (France comprise) ne mérite le temps et les votes d’électeurs dupés. S’il ne le dit pas (encore) ouvertement, son message est clair: BOYCOTT DU VOTE ! C’est un excellent début ! Nous savons qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, l’état n’est pas la solution… Il est l’instrument du problème. C’est l’évidence même pour tout analyste politique honnête.

~ Résistance 71 ~

 

Une guerre mondiale a commencé Brisons le silence

 

John Pilger

 

20 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/a-world-war-has-begun-break-the-silence-

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ceci est la version édité par ses soins du discours qu’a fait récemment John Pilger à l’université de Sydney.

J’ai filmé aux îles Marshall. Qui sont au nord de l’Australie, au milieu de l’océan Pacifique. A chaque fois que je le dis aux gens , ils demandent: “Où est-ce ?” et si je leur donne un indice en leur disant “Bikini”, ils me disent: “vous voulez dire le maillot de bain ?”.

Peu ont l’air de se rendre compte que ce maillot de bain bikini a été appelé ainsi pour célébrer les explosions nucléaires qui ont dévasté l’île de Bikini. Soixante-six engins nucléaires ont été explosés par les Etats-Unis aux Îles Marshall entre 1946 et 1958, l’équivalent de 1,6 Hiroshima chaque jour… pendant 12 ans !

Aujourd’hui, Bikini est totalement silencieuse, mutée et contaminée. Les cocotiers poussent dans des formations étranges. Rien ne bouge. Il n’y a plus d’oiseaux. Les pierres tombales du vieux cimetière sont vivantes de radiations. Mes chaussures étaient sans cesse en zone “dangereux” sur le compteur Geiger.

Sur la plage, j’ai observé les eaux du Pacifique vertes émeraude tomber dans un énorme trou noir. Ceci est le cratère laissé par la bombe H appelée “Bravo”. L’explosion a empoisonné bien des gens et leur environnement sur des centaines de kilomètres, peut-être pour toujours.

A mon retour, je me suis arrêté à l’aéroport d’Honolulu à Hawaii et ai remarqué un magazine américain appelé “Women’s Health”. Sur la couverture figurait une femme souriante en bikini avec ce titre: “Vous aussi, vous pouvez avoir un corps pour le bikini” Quelques jours plus tôt, aux îles Marshall, j’avais interviewé des femmes qui avaient un bien autre “coprs pour le bikini” ; chacune avait souffert de cancer de la thyroïde et autres cancers mortels.

A l’encontre de la femme souriante du magazine, toutes étaient pauvres: des victimes et des cobayes d’une super-puissance vorace qui est aujourd ‘hui plus dangereuse que jamais.

Je narre cette expérience en tant qu’avertissement et pour interrompre une distraction qui a consummé tant d’entre nous. Le créateur de la propagande moderne Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme étant “la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions” dans les sociétés dites démocratiques. Il appelait ceci “le gouvernement invisible”.

Combien de gens ont-ils vraiment conscience qu’une guerre mondiale a déjà commencé ? En ce moment, c’est une guerre de propagande, de mensonges et de distraction, mais tout ceci peut changer instantanément avec le premier ordre mal interprêté, le premier missile.

En 2009, le président Obama se tenait devant une foule d’adorateurs au centre de la ville de Prague, au cœur même de l’Europe. Il se promit alors de faire du monde “un endroit sans armes nucléaires”. Des gens l’acclamèrent, certains même pleurèrent. Un torrent de platitudes inondèrent le public en provenance des médias. Dans la foulée, Obama reçût le Prix Nobel de la Paix.

Tout ceci n’était qu’une mascarade. Il mentait.

Le gouvernement Obama et son administration a construit encore plus d’armes nucléaires, plus de têtes nucléaires, plus de systèmes d’envoi ballistique de ces têtes nucléaires. La dépense pour le développement de la capacité nucléaire américaine a été au plus haut sous Obama que sous n’importe quel autre président des Etats-Unis. Sur les derniers trente ans, le coût du développement de la capacité nucléaire des Etats-Unis est de plus de 1000 milliards de dollars.

Une mini bombe nucléaire est planifiée, elle est connue sous le nom de B61 modèle 12. On a jamais rien vu de semblable. Le général James Cartwright, un ex-chef d’état major adjoint a dit: “les rendre plus petites, rend leur utilisation plus possible et plausible..”

Ces derniers 18 mois, le plus grand rassemblement militaire depuis la seconde guerre mondiale, emmené par les USA, est en train de se dérouler le long de la frontière avec la Russie. Il n’y a pas eu de concentration de forces militaires de cette sorte à cet endroit depuis la préparation de l’invasion de l’URSS par Hitler. Aucune force depuis lors n’a démontré une telle menace envers la Russie. (NdT: pas même les forces de l’OTAN au plus fort de la guerre froide, parce que la réciproque existait de l’autre côté avec les forces du pacte de Varsovie…)

L’Ukraine, autrefois partie de l’Union Soviétique, est devenue un terrain de jeu de la CIA. Après avoir orchestré le coup d’état de Kiev, Washington contrôle de fait un régime qui est voisin et totalmement hostile à la Russie: un régime corrompu, pourri jusqu’à la moëlle par les nazis, littéralement. Des personnalités parlementaires prominentes ukrainiennes sont les descendants politiques des tristement célèbres OUN et UPA fascistes. Ils vénèrent Hitler ouvertement et appellent à la persécution et l’expulsion de toute la minorité linguisitique russe.

Ceci ne fait que rarement les unes en occident ou est pirouetté pour supprimer la vérité.

Dans les pays Baltes, voisins de la Russie, l’armée américaine y déploie des troupes de combat, des chars, de l’artillerie lourde. Cette provocation extrême aux portes de la seconde puissance nucléaire mondiale n’est pas mentionnée en occident.

Ce qui rend la perspective d’une guerre nucléaire encore plus dangereuse est qu’une campagne parallèle se déroule contre la Chine.

Il se passe rarement un jour où la Chine n’est pas élevée au rang de “menace”. D’après l’amiral américain Harry Harris, le chef de la flotte du Pacifique, la Chine “est en train de construire une grande muraille de sable dans la Mer de Chine méridionnale”.

Il se réfère ici à la construction par la Chine de bases aériennes dans les îles Spratly, qui sont sujettes à dispute territoriale avec les Philippines, une dispute qui n’en fut jamais une jusqu’à ce que Washington corrompe le gouvernement de Manille et que le Pentagone ne lance une campagne de propagande appelée “liberté de navigation”.

Qu’est-ce que tout cela veut vraiment dire ? Cela veut dire liberté pour les navires de guerre américains de patrouiller et de dominer les eaux côtières chinoises. Essayez donc d’imaginer la réaction des Américains si des navires de guerre chinois venaient faire la même chose aux larges des côtes californiennes.

J’ai réalisé un documentaire appelé “The War You Don’t See”, dans lequel je m’entretiens avec de distingués journalistes américains et britanniques: des reporters comme Dan Rather de CBS News, Rageh Omar de la BBC, David Rose de l’Observer.

Tous ont dit que si les journalistes et les chaînes de télévision et leurs services d’information avaient fait leur boulot et mis en question la propagande disant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, si les mensongés éhontés des Bush et Blair n’avaient pas été amplifiés par les journalistes, alors l’invasion de l’Irak en 2003 n’aurait sans doute pas eu lieu et des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, seraient encore en vie aujourd’hui.

La propagande qui établit la fondation pour une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est pas différente dans le principe. A ma connaissance, aucun journaliste du calibre disons d’un Dan Rather dans les médias occidentaux, n’a posé la question de savoir pourquoi la Chine construit-elle des bases aériennes en Mer de Chine du Sud ?

La réponse saute aux yeux pourtant. Les Etats-Unis sont en tran d’encercler la Chine avec un réseau intriqué de bases militiares, de missiles ballistiques, de groupes de combat et de bombardiers à haute capacité nucléaire.

L’arc létal s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, les Mariannes, Marshall et Guam, aux Philippines, la Thaïlande, Okinawa au Japon et la Corée du Sud, à travers l’Eurasie par l’Afghanistan et l’Inde. Les Etats-Unis ont mis un nœud coulant autour du cou de la Chine. Ceci n’est pas nouveau. Silence des médias = guerre par médias.

En 2015, les Etats-Unis et l’Australie ont effectué dans le plus grand secret, la plus grande manœuvre militaire aéro-navale de l’histoire récente, nom de code “Sabre talisman”. Son objectif était une répétition générale d’un plan de bataille aéro-naval bloquant des routes maritimes stratégiques come le détroit de Malacca (entre la Malaisie et Sumatra en Indonésie) et le détroit de Lombok (en Indonésie), qui couperait l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières vitales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.

Dans le grand cirque qu’est la campagne présidentielle américaine, Donald Trump est présenté comme un dérangé, un fasciste. Il est très certainement odieux, mais il est aussi une tête de turc des médias, rien que cela devrait éveiller le scepticisme.

Les vues de Trump sur l’immigration sont des plus grotesques, mais pas plus grotesques que celles d’un David Cameron, Ce n’est pas Trump qui est en ce moment le plus grand déporteur des Etats-Unis, mais bel et bien le Prix Nobel de la Paix Barack Obama.

D’après un commentateur “prodigieux” libéral, Trump est en train de “lâcher les forces des ténèbres et de la violence” aux Etats-Unis. Les lâcher ?

Ceci est le pays où de petits gamins flinguent leurs mères et la police déclenche une guerre meurtrière contre les afro-américains. Ceci est le pays qui a attaqué et a recherché le renversement de plus de 50 gouvernements, pour la plupart démocratiquement élus et qui a bombardé intensément de l’Asie au Moyen-Orient, causant la mort et la dépossession de millions et de millions de personnes.

Aucun pays ne peut rivaliser avec cette violence systémique. La plus grande partie des guerres de l’Amérique (pratiquement toute contre des nations sans défense réelle) n’ont pas été lancées par des présidents républicains, mais bien par des présidents libéraux comme Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton et donc Obama.

En 1947, une série de directives en provenance du Conseil Nationale de la Sécurité (CNS) décrivit l’objectif primordial de la politique étrangère américaine comme étant “de façonner un monde substantiellement à l’image des Etats-Unis eux-mêmes”. L’idéologie empruntée était l’américanisme messianique (NdT: le même qui est utilisé pour justifier de la doctrine chrétienne de la découverte et du concept de “peuple élu” biblique, tel que la démontré le juriste Steven Newcomb dans son ouvrage de recherche: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, que nous avons traduit). Nous étions tous des Américains ; ou alors… Les hérétiques seront convertis, subvertis, corrompus, achetés, calomniés et écrasés.

Donald Trump en est un symptome mais il en est aussi un marginal. Il dit que l’invasion de l’Irak fut un crime ; il ne veut pas entrer en guerre contre la Russie ou la Chine. Le danger réel pour nous tous dans ce système n’est pas Trump mais bel et bien Hillary Clinton. Elle n’est pas du tout marginale. Elle personnalise l’endurance et la violence d’un système dont l’ “exceptionnalisme” tant vanté est totalitaire avec de temps en temps un visage libéral.

Alors que les élections présidentielles s’approchent, Clinton sera acclamée comme la première femme président, et ce en dépit de tous ses crimes et ses mensonges, tout comme Obama fut loué comme le premier président noir américain et les libéraux ont gobé tout ce non sens total au sujet de l’espoir (NdT: Le “Hope” de sa campagne électorale et son tout aussi pathétique “Yes We Can !” qui a endormi la gôche bobo yankee pour des années et muselé le mouvement anti-guerre… l‘enfumage fut total et réussi… plus dur est le réveil aujourd’hui !)

Décrit par le journaliste du Guardian Owen Jones comme “drôle, charmant, avec une aura qui balaie pratiquement tous les autres politiciens”, cet Obama donc l’autre jour à envoyé des drones massacrer plus de 150 personnes en Somalie. Il tue en général les gens les mardis, car c’est ce jour d’après le New York Times, qu’on lui remet la liste de la semaines des candidats à la mort par drone. Tellement cool. (NdT: Obama a lui même déclaré: “En fait, je suis assez bon à tuer des gens”, sa phrase exacte ayant été: “It turns out that I am pretty good at killing people”, 2012…)

Dans la campagne présidentielle de 2008, Hillary Clinton avait menacé de “totalement oblitérer” l’Iran avec des armes nucléaires. En tant que ministre des affaires étrangères du gouvernement Obama, elle a participé au renversement du gouvernement démocratique du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 fut radieuse. Quand le leader libyen le colonel Kadhafi fut publiquement sodomisé avec un couteau, un assassinat rendu possible grâce à la logistique américaine, Clinton éructa dans un entretien: “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.”

Une des alliées les plus proches de Clinton est l’ancienne ministre des AE de Bill Clinton, Madeleine Albright, qui attaqua vertement des jeunes femmes pour ne pas soutenir “Hillary”. La même Albright qui célébra à la TV dans un épisode d’entretien tristement célèbre qu’un demi million d’enfants irakiens morts durant l’embargo de 10 ans du pays “en valait la peine”…

Parmi les plus gros soutiens de Clinton se trouve le lobby israélien et les entreprises d’armement qui entretiennent la violence au Moyen-Orient. Elle et son mari Bill on reçu des fortunes de Wall Street et pourtant elle va être nominée comme la candidate femme à la présidentielle, pour battre le grand méchant Trump, le démon officiel. Son fan club inclut de distingué(e)s féministes, du style de Gloria Steinem aux Etats-Unis et Anne Summers en Australie.

Il y a une génération de cela, un culte post-moderne comme “la politique identitaire” avait arrêté bien des personnes intelligentes et bien-intentionnées qui examinaient les causes et les individus qui soutenaient de telles personnes comme Obama et Clinton, ou des mouvement frauduleux comme Syriza en Grèce, des traîtres qui ont leurré un peuple et un pays entiers et se sont alliés à leurs ennemis.

L’auto-absorption, une sorte d’égoïsme, de “moi-isme”, est devenue un nouvel esprit du temps dans les sociétés occidentales privilégiées et a signalé l’échec des grands mouvements collectifs anti-guerre, contre l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.

Aujourd’hui, le grand sommeil est peut-être fini. Les jeunes ont repris la barre, graduellement. Les milliers en Angleterre qui ont soutenu Jeremy Corbyn en tant que leader du parti travailliste, font partie de cet éveil, tout comme ceux qui s’étaient ralliés aux Etats-Unis à la cohorte de soutien du sénateur Bernie Sanders.

En Grande-Bretagne la semaine dernière, l’allié le plus proche de Jeremy Corbyn, son trésorier de l’ombre John McDonnell, a rejoint un gouvernement travailliste pour payer les dettes des banques parasites et pirates et de fait, de continuer la soi-disante austérité.

Aux Etats-Unis, Bernie Sanders a promis de soutenir Clinton si ou quand elle sera nominée candate démocrate. Lui aussi a voté pour l’utilisation de la force par les Etats-Unis contre d’autres pays quand il pense que c’est “juste et bien”. Il dit qu’Obama a fait un “super boulot”.

En Australie, il existe une sorte de politique mortuaire dans laquelle des jeux parlementaires fastidieux se jouent dans les médias alors que des réfugiés et des indigènes sont persécutés, que l’inégalité sociale croît avec le danger de guerre. Le gouvernement de Malcom Turnbull vient juste de voter un soi-disant budget de la défense de 195 milliards de dollars, ce qui représente une sacrée poussée vers la guerre. Il n’y eut aucun débat. Juste le silence.

Qu’est-il arrivé à la grande tradition populaire de l’action directe (NdT: et de la désobéissance civile si chère à Howard Zinn…), imperméable aux partis politiques ? Où est le courage, l’imagination et la motivation, l’implication, tous des requis pour commencer le long chemin vers un monde meilleur, plus juste et pacifique ? Où sont les dissidents dans l’art, le cinéma, le théâtre, la littérature ?

Où sont tous ceux qui brisent le silence ? Ou devons-nous attendre jusqu’à ce que le premier missile nucléaire soit tiré ?

Éveil politique des peuples… L’ennemi dont on n’ose prononcer le nom (John Pilger)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , on 12 septembre 2013 by Résistance 71

“Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.”
(Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, 1793)

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D’Hiroshima à la Syrie, l’ennemi dont on n’ose pas prononcer le nom

 

John Pilger

 

10 Septembre 2013

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/from-hiroshima-to-syria-the-enemy-whose-name-we-dare-not-speak

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Sur mon mur est affichée la première page du quotidien Daily Express datée du 5 Septembre 1945 avec ces mots “J’écris ceci en avertissement au monde”. Ainsi commençait le reportage de Wilfred Burchett sur Hiroshima. C’était le scoop du siècle. Pour son périple solitaire et périlleux qui défia les autorités d’occupation américaines, Burchett fut mis au pilori, même par ses collègues intégrés au Japon. Il avertissait qu’un acte prémédité de meurtre de masse à une échelle épique avait lancé une nouvelle ère de terreur. Presque chaque jour aujourd’hui, il est absout. La criminalité intrinsèque du bombardement atomique a été confirmée par les archives nationales américaines et par les décennies qui s’ensuivirent de militarisme camouflé en démocratie. Le psychodrame de Syrie ne fait qu’illustrer tout ceci. Et pourtant, une fois de plus, nous sommes les otages d’un terrorisme potentiel dont la nature et l’histoire sont toujours niées, même par les critiques les plus libéraux. Le non-dit le plus tabou est que l’ennemi le plus dangereux de l’humanité réside outre-Atlantique.

La farce John Kerry et les pirouettes Obama ne sont que temporaires. L’accord de paix arraché par la Russie sur les armes chimiques, sera traité dans le temps avec tout le mépris que réserve habituellement les militaristes à la diplomatie. Avec Al Qaïda parmi ses alliés et ses maîtres du coup-d’état en sécurité au Caire, les Etats-Unis vont essayer d’écraser les derniers états indépendants du moyen-orient, la Syrie puis l’Iran. “Cette opération en Syrie”, a dit l’ancien ministre français des affaires étrangères Roland Dumas en juin, “remonte à bien longtemps. Elle a été préparée, préconçue et planifiée.” Quand le public est “psychologiquement terrorisé”, comme l’a décrit le journaliste de la chaîne 4 Jonathan Rugman au sujet du peuple britannique et de son hostilité à une attaque de la Syrie, renforcer le non-dit est urgent. Que Bachar al-Assad ou les “rebelles” aient utilisé du gaz  dans les banlieues de Damas, ce sont les Etats-Unis et non la Syrie, qui sont les utilisateurs les plus prolifiques de ces terribles armes. En 1970, le sénat rapporta que “Les Etats-Unis ont largué sur le Vietnam une quantité de toxine chimique (dioxine de l’agent orange) équivalente à 3kg par personne de la population.” Ceci fut l’opération Hadès (NdT: gardien des enfers dans la mythologie grecque… tout un programme…), qui fut rebaptisée plus tard du nom plus doux d’opération Rand Hand: la source de ce que les médecins vietnamiens appellent “un cycle de catastrophe fœtale”. J’ai personnellement vu des générations de jeunes enfants avec leurs familères et monstrueuses déformités.

John Kerry, avec son propre actif de guerre sanguinaire, s’en rappellera. Je les ai également vu en Irak, où les Etats-Unis ont utilisé le phosphore blanc et l’uranium appauvri, tout comme le firent les Israéliens à Gaza, faisant pleuvoir ces substances sur les écoles et hôpitaux de l’ONU. Pas de “ligne rouge” d’Obama pour eux. Pas de mise en scène psychodramatique non plus. Le débat devenu rengaine sur le sujet du “devrions-nous agir” contre les dictateurs sélectionnés (acclamons les Etats-Unis et leurs acolytes dans un nouvel élan meurtrier aérien), fait partie de notre lavage de cerveau. Richard Falk, professeur émérite de droit international et rapporteur extraordianire de l’ONU sur la Palestine, décrit cela comme “l’écran moral, légal, unidirectionnel à auto-rectitude avec images positives des valeurs occidentales et de l’innocence dépeinte comme étant menacée, validant ainsi une campagne de violence politique sans limites.” Ceci est du reste “largement accepté au point d‘être devenue inattaquable.”

C’est le plus gros mensonnge: le produit des “réalistes libéraux” de la politique anglo-américaine, le monde académique et les médias qui s’adoubent eux-mêmes comme les gérants de la crise mondiale, plutôt que la cause même de la crise. Dépouillant l’humanité de l’étude des nations et la congelant en un jargon qui ne sert que les desseins du pouvoir occidental, ils notent “en échec”, “voyou” ou “mauvais” certains états pour “intervention humanitaire” future. Une attaque sur la Syrie, l’Iran ou tout autre “démon” de l’Amérique amènerait une variante à la mode, la fameuse “Responsabilité de Protéger” ou R2P, dont le zélote de service est l’ancien premier ministre australien Gareth Evans, co-président du “Global Centre” de New York. Evans et ses lobbyistes généreusement financés, jouent un rôle propagandiste vital en poussant la “communauté internationale” à attaquer des pays où “le conseil de sécurité rejette une proposition ou ne s’en occuppe pas dans des temps raisonnables.” Evans a une forme. Il apparaît dans mon film de 1994 “Mort d’une nation”, qui révèle l’amplitude du génocide réalisé au Timor oriental. L’homme souriant de Canberra lève sa coupe de champagne pour proposer un toast à sa contre-partie indonésienne alors qu’ils survolent le Timor Oriental dans un avion australien, après avoir signé un traité qui piratait le pétrole et le gaz naturel d’un pays délabré qui s’étendait sous eux et où le tyran indonésien Suharto avait affamé ou fait assassiner un tiers de la population.

Sous le “faible” Obama, le militarisme s’est développé comme peut-être jamais auparavant. Sans qu’il n’y ait un seul char d’assaut sur la pelouse de la Maison Blanche, un coup d’état a eu lieu à Washington. En 2008, alors que ses dévôts libéraux sèchaient leurs yeux larmoyants, Obama accepta la totalité du Pentagone de son prédecesseur George W. Bush, avec ses guerres et ses crimes. Alors que la constitution est remplacée pas à pas par un état policier d’urgence, ceux qui ont détruits l’Irak avec leur campagne de “choc et stupeur”, réduit l’Afghanistan en un tas de ruines et réduit la Libye à un cauchemard hobbésien, sont la vague montante du gouvernement américain. Derrière la façade enrubannée, toujours plus d’anciens militaires américains se suicident, plus se suicident que ne meurent sur les champs de bataille. L’an dernier, 6500 vétérans se sont donnés la mort. Sortez toujours plus de drapeaux.

L’historien Norman Pollack appelle ceci le “fascisme libéral”. “Pour ceux qui marchent au pas de l’oie”, écrivit-il, “substituez-y l’apparente militarisation innocente de la culture totale et pour les leaders adeptes du bombardement, nous avons le reformateur manqué, agissant avec désinvolture, planifiant et exécutant des assassinats le sourire aux lèvres.” Chaque mardi, “l’humanitaire Obama” supervise personnellement un réseau de terrorisme mondial constitué de drones qui “pulvérisent” des gens, leurs sauveteurs et ceux qui portent leur deuil. Dans les zones de confort de l’occident, le premier leader noir du pays de l’esclavage se sent toujours à l’aise, comme si son existence même représentait une avancée sociale, indépendamment de la trainée de sang qu’il laisse derrière lui. Cette obéissance à un symbole a détruit le mouvement anti-guerre : voilà un résultat bien singulier d’Obama.

En Grande-Bretagne, les distractions des fausses images et des politiques identitaires n’ont pas atteint leur objectif. Un mécontentement a commencé, bien que les personnes de bonne conscience devraient se dépêcher. Les juges de Nüremberg furent brefs : “Les citoyens en tant qu’individus ont le devoir de violer les lois domestiques pour prévenir des crimes contre la paix et l’humanité.” (NdT: Ceci est très similaire à l’article 35 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793, que nous avons reproduit en préambule de cette traduction). Les gens ordinaires de Syrie et de bon nombre d’autres pays ainsi que notre propre respect, ne méritent rien d’autre maintenant.

Résistance politique: L’inéluctabilité de l’action directe et de la désobéissance civile (John Pilger)

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Comment on nous appauvrit, embourgeoise et réduit au silence et que faire à ce propos

 

John Pilger

 

25 Juillet 2013

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/how-we-are-impoverished-gentrified-and-silenced-and-what-to-do-about-it

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je connais mon facteur depuis plus de vingt ans. Consciencieux doté d’un bon sens de l’humour, il est la personalisation du service public dans ce qu’il a de mieux. L’autre jour, je lui demandais: “Pourquoi vous tenez-vous devant chaque porte comme un soldat à la parade ?”

“Nouveau système, me répondit-il, je ne suis plus supposé simplement poster les lettres. Je dois aussi approcher chaque porte d’une certaine manière et mettre les lettres d’une certaine manière.”

« Pourquoi ? »

« Demandez-lui. »

De l’autre côté de la rue se tenait un jeune homme à l’allure solennelle, écritoire à pince dans les mains et dont le travail consistait à suivre les facteurs et d’observer s’ils obéissaient aux nouvelles règles, une préparation à la privatisation sans aucun doute. J’ai expliqué au suiveur que mon facteur était admirable. Son visage demeura de marbre, à l’exception peut-être d’une petite expression furtive de confusion.

“Dans son livre “Brave New World Revisited”, Aldous Huxley décrit une nouvelle classe conditionnée à une normalité qui n’est pas normale “parce qu’ils sont tellement bien ajustés à notre mode d’existence, parce que leur voix a été réduite au silence si tôt dans leurs vies, qu’ils ne luttent même pas ni ne souffent ni ne développent de symptômes comme tout neurotique le ferait.”

La surveillance est nornale dans l’Âge de la Régression, comme l’a révélé Edward Snowden. Avoir des caméras partout est normal. Il est nornal de voir les libertés subverties. La dissidence publique effective est maintenant contrôlée par la police, dont les méthodes d’intimidation sont normales.

La diffamation de mots si nobles tels que “démocratie”, “réforme”, “bien-être” et “service public” est nornal. Des premiers ministres qui mentent ouvertement au sujet de groupes de pression (lobbyistes) et de la guerre est normal. L’exportation de plus de 4 milliards GBP d’armement britannique, incluant des munitions de contrôle des foules, à un état médiéval comme l’Arabie Saoudite, où l’apostat est puni de mort, est normal.

La destruction volontaire d’institutions publiques populaires et efficaces comme la poste est normal. Un facteur n’est plus un facteur, vaquant à son travail décent, il est un automate qui doit être observé, une case dans laquelle on doit mettre une marque. Huxley avait décrit cette régression comme une insanité et notre “ajustement parfait à cette société anormale” comme un signe de folie.

Sommes-nous “parfaitement ajustés” à tout ceci ? Non, pas encore. Les gens manifestent contre la fermeture des hôpitaux, UK Uncut force des succursales bancaires à fermer et six femmes courageuses grimpent sur le plus haut bâtiment d’Europe pour montrer la chaos causé par les compagnies pétrolières dans l’Arctique. De là, la liste commenene à s’affiner.

Au festival annuel de Manchester, l’épique poème de Percy Bysshe Shelley “Le masque de l’anarchie”, les 91 strophes écrites dans la rage du massacre des gens de Lancashire protestant contre la pauvreté en 1819, est devenu une pièce théâtrale acclamée dans son divorce avec le monde extérieur. En janvier dernier, la commission sur la pauvreté de la conurbation de Manchester a révélé que 600 000 personnes y vivent dans une “pauvreté extrême” et que 1,6 millions, ou près de la moitié de la population urbaine de cette conurbation, étaient en train de “glisser dans une plus grande pauvreté”.

La pauvreté a été embourgeoisée. Le domaine de Parkhill à Sheffield était autrefois un bâtiment HLM, détesté de beaucoup pour sa brutalité à la Le Corbusier, son manque d’entretien et son manque de facilités. Avec sa classification en monument historique de classe 2, il a été rénové et privatisé. Les deux tiers des anciens appartements ont été transformé en appartements modernes se vendant à des “professionnels”, incluant des designers, des architectes et un historien social. Dans le bureau de vente, vous pouvez y acheter des mugs et des coussins. Cette façade ne dit en rien que Sheffield, devastée par les coupes budgétaires “d’austérité” du gouvernement, a une liste d’attente de 60 000 personnes pour l’obtention de logements sociaux.

Parkhill est le symbole de la société des deux-tiers qu’est la Grande-Bretagne aujourd’hui. Le tiers embourgeoisé se porte bien, certains même très bien, un tiers lutte pour s’en sortir à crédit et le reste glisse dans la pauvreté.

Bien que la vaste majorité de la population britannique appartienne à la classe laborieuse, que les gens se voient comme tel ou pas, une minorité embourgeoisée domine le parlement, l’exécutif corporatif et les médias. David Cameron, Nick and Ed Milliband en sont leurs véritables représentants, n’ayant que des différences mineures entre leurs partis politiques. Ils fixent les limites de la vie et du débat politiques, aidés en cela par un journalisme gentrifié et l’”identité” de l’industrie. Le plus grand transferts de richesse du bas vers le haut de l’histoire est une réalité. La justice sociale a été remplacée par une “équité” qui n’a aucun sens.

Tout en faisant la promotion de cette normalité, la BBC récompense un vieux fonctionnaire avec près d’un million de GBP. Bien que se regardant comme le média équivalant à l’église d’Angleterre, la corporation a maintenant une morale comparable à celle des entreprises de “sécurité” G4S et Serco, qui, comme le dit le gouvernement, ont surfacturé en services publiques pour des dizaines de millions de GBP. Dans d’autres pays, ceci est appelé corruption.

Tout comme les ventes des facilités énergétiques, de distribution d’eau et des chemins de fer, la poste royale sera vendue à grand renfort de pots-de-vin et de la collaboration des instances syndicales, indépendemment de leurs cris d’orfraie. En ouverture de son documentaire datant de 1983 “Questions de leadership”, Ken Loach montre les patrons des syndicats exhortant les masses. Les mêmes hommes sont ensuite montrés, plus vieux et bien rougeauds, accoutrés d’hermine à la chambre des Lords. Aux récentes cérémonies de l’anniversaire de la reine, le secrétaire général du TUC (syndicat), Brendan Barber, a été anobli.

Pendant combien de temps encore les Britanniques peuvent-ils regarder les soulèvements populaires autour du monde et faire si peu, à part porter le deuil de leur parti travailliste (NdT: soi-disant socialiste) ? Les révélations d’Edward Snowden montrent l’infrastrucxture d’un état policier émergerant en Europe, spécifiquement en Grande-Bretagne. Les gens sont plus éveillés qu’auparavant et les gouvernements ont peur de la résistance populaire, ce qui est le pourquoi les diseurs de vérité sont isolés, trainés dans la boue et poursuivis.

Un changement radical provient presque toujours du courage de quelques personnes reprenant leurs propres vies contre toute attente. Il n’y a pas d’autre manière maintenant. Action directe. Désobéissance civile. C’est indubitable. Lisez Percy Shelley; “Ye are many, they are few,” (“Vous êtes nombreux, ils sont peu”). Faites-le.