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Ingérence occidentale en Ukraine: La Russie largue les amarres…

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La Russie largue les amarres avec l’Ouest (Lavrov)

 

Le Saker

 

14 Septembre 2014

 

url de l’article en français:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/09/16/lavrov-russie-largue-les-amarres-louest/

 

J’ai regardé hier [13 septembre 2014] avec intérêt un talk-show  appelé  Le Droit de Savoir, qui présentait une interview d’une heure avec Sergei Lavrov (ceux qui comprennent le russe peuvent regarder là).  C’était un échange intéressant entre Lavrov et  cinq journalistes russes. Ce n’était pas assez important pour justifier un sous-titrage en anglais, mais je veux partager avec vous quelque chose que j’avais déjà noté par le passé et qui a été puissamment exprimé durant cette interview.

Comme c’était prévisible, les thèmes abordés ont concerné la guerre civile en Ukraine, l’état des investigations sur le crash du vol MH17, les sanctions contre la Russie, l’expansion de l’Otan, les négociations de Minsk et l’engagement de la Russie avec les pays du BRICS.

Sur tous ces sujets, les questions/réponses avaient le même format. L’un des journalistes demandait à Lavrov de commenter ce qui semblait être une situation de  cul-de-sac et Lavrov confirmait disant on a fait de notre mieux, mais, à notre grand regret, cela n’a eu aucun effet. L’effet général a été celui d’une réunion de parents d’élèves discutant du cas désespéré d’un élève incapable. Sauf que l’élève, dans ce cas, c’est tout l’Occident.

Par exemple, pour ce qui concerne le vol MH17 les journalistes ont exprimé leur stupéfaction au vu de la stérilité et du flou du dernier rapport rendu public. Ils notèrent que, à l’époque des faits, un comportement hystérique absolu s’était emparé de la une des journaux, du style PUTIN LE TERRORISTE!!!! ou TROP C’EST TROP, oubliant complètement que les investigations étaient en cours. La réaction de Lavrov a été : oui, je suis d’accord, nous avons agi au Conseil de sécurité, nous avons soumis nos questions, nous voulions un cessez-le-feu complet pour  mener une investigation minutieuse des débris, nous avons partagé nos propres informations, nous avons parlé aux malaisiens, nous voulions parler aux experts, mais ils ont passé trois semaines à Kiev en discussions avec des  officiels de la junte, nous avons d’autres questions mais apparemment nous sommes les seuls à être encore intéressés à obtenir des investigations transparentes et responsables (ceci n’est pas une citation mais une paraphrase fidèle, je pense). L’impression qu’on a gardée de ce qu’il a dit était franchement, ils sont désespérants, que peut-on faire de plus ?

Au sujet des sanctions, les journalistes ont dit que beaucoup de pays ont été surpris de la rapidité avec laquelle la Russie s’était détournée de l’Ouest et commençait à établir des relations avec l’Asie, l’Afrique, l’Amérique Latine et le sous-continent indien, et là encore, Lavrov répliqua : oui, nous avons nous-mêmes été surpris par le rythme des événements, mais nous n’avions pas le choix.

Ce n’est pas la seule occasion que j’ai eue d’entendre le même message. L’impression que je ressens est que la Russie a renoncé à l’Ouest. Bien sûr elle va continuer à discuter, et elle va essayer, contre toute évidence, de susciter des comportements responsables de la part des politiciens occidentaux, mais personne en Russie ne retient son souffle.

Dans un autre débat (Sunday Evening avec Vladimir Soloviev) les participants ont remarqué que l’Allemagne avait pris la tête des pays qui faisaient pression sue la Finlande, la Slovaquie et d’autres nations qui ne voulaient pas de nouvelles sanctions. A nouveau, le message était oubliez les allemands, ils sont désespérants.

Je crois qu’il y a un sentiment de dégoût et de désespérance  sincère et très répandu  en Russie à l’encontre des pays de l’UE. Quant aux USA, ils sont essentiellement vus comme des lunatiques messianiques pleins de haine qui feront tout et même plus que tout pour nuire à la Russie de toutes les façons possibles, aussi folles, absurdes, inutiles et hypocrites soient-elles.

Tout cela produit un consensus selon lequel, bien que la guerre avec les USA et l’Otan doive être évitée, évidemment, il n’y a plus rien à gagner à faire quelque effort.  Beaucoup de politiciens disent maintenant :notre politique étrangère a été beaucoup trop axée à l’ouest et il faut que cela cesse, notre futur est ailleurs.

L’adoption récente de sanctions contre la Russie est un exemple parfait de cela. Alors que quelques mordus inconditionnels des libéraux-US se plaignaient, et je rigole pas, que les huîtres françaises Belon ne seraient plus disponibles à Moscou, la majorité des gens comprennent que ces sanctions sont une bénédiction, car elles forcent la Russie à se débarrasser de ses liens avec l’ouest, ce qui aurait du, à leur avis, être fait depuis longtemps. A cour terme, les sanctions occidentales vont mordre, particulièrement pour certains produits de haute technologie, mais, dans l’ensemble, la plupart des gens comprennent que s’être rendu dépendant de l’Ouest pour de tels produits était une erreur au départ.

Encore une fois, ce qui prévaut est un sentiment  de dégoût, de perplexité et de fatigue. Bien qu’une personne aussi diplomate que Lavrov ne le dira jamais en ces termes, la réaction générale est lumineuse : eh les mecs vous êtes désespérants et en plus en déclin; on n’a pas besoin de vous, salut!. Cela dit sans animosité, presque avec tristesse, vraiment.

Je ne crois pas que les diplomates russes feront une grande déclaration anti-occidentale à l’Onu ou ailleurs. Le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence. Et les officiels russes continueront de parler à nos partenaires ou même à nos amis, mais malgré cette douce rhétorique, les relations avec l’Ouest vont cesser graduellement d’être une priorité pour la diplomatie russe, pour les affaires commerciales, et même pour le public en général. En fait, la Russie est déjà en train de construire un monde multipolaire et si l’Ouest n’en veut pas sa part, ce sera dur pour lui. Les russes savent que l’Ouest ne peut empêcher l’émergence de ce nouveau monde, et ils ne se préoccupent pas de savoir s’il refusera cette réalité ou acceptera de jouer selon les nouvelles règles.

Encore une chose, les russes en ont vraiment marre des déclarations agressives de l’Otan, car ils pensent, à juste titre, que c’est une marque d’hostilité. Mais, à rebours de ce que beaucoup de blogueurs disent, les russes n’ont pas peur de la menace militaire de l’Otan. Leur réaction aux derniers mouvements de l’Otan (nouvelles bases et troupes en Europe centrale, plus de dépenses, etc…) consiste à les dénoncer comme des provocations, et tous les officiels russes s’accordent à dire que la Russie peut gérer cette menace militaire. Comme l’a dit un député russe : cinq groupes de forces de réaction rapide est un problème que nous pouvons régler avec un seul missile. Une formule simpliste, mais correcte. Poutine a clairement dit la même chose, en cas d’attaque conventionnelle massive par qui que ce soit la Russie engagerait des missiles nucléaires tactiques. En fait, si l’Otan continue à avancer avec son plan stupide de déploiement de forces en Pologne et/ou dans les pays Baltes, je m’attends à ce que la Russie se retire du traité IRNF et qu’elle installe les successeurs modernes des fameux RSD-10 (SS-20). Comme je l’ai dit précédemment, les décisions de doubler le format des forces aéroportées russes et d’augmenter à la taille d’une division la brigade d’élite du 45éme Régiment spécial aéroporté sont déjà prises, quoi qu’il arrive. On peut dire que la Russie a préempté la création par l’Otan de sa force de 10.000 hommes en faisant passer ses propres forces mobiles de 36.000 à 72.000 hommes. S’étant ainsi préparé à la menace, le Kremlin va maintenant retourner tout simplement à des affaires plus importantes ailleurs.

Parmi les nombreuses idées fausses que nous apprenons pendant notre conditionnement (je ne peux pas appeler ça une éducation),  nous, à l’ouest, avons tendance à voir notre part du monde comme le centre de la planète, d’autres diraient même la part indispensable et la plus importante. Cela peut se remarquer sur nos mappemondes systématiquement centrées sur l’Europe ou les US et dans la croyance quasi dogmatique que personne ne compte autant que nous. C’est faux. En fait, alors que l’empire anglo-sioniste est en phase de déclin lent, mais constant et inéluctable, le reste du monde lui rend les hommages nécessaires du bout des lèvres et simplement continue son chemin. Si les centres de conditionnement qu’on appelle écoles avaient des éducateurs dignes de ce nom ils suspendraient dans leurs classes des mappemondes centrées sur la Chine et ils diraient aux jeunes élèves que plus personne ne prend désormais au sérieux les soi-disant valeurs occidentales. Non pas parce qu’elles sont mauvaises, mais parce que, pour commencer, nous-mêmes en occident ne les prenons définitivement pas au sérieux.

Obama a annoncé un pivotement vers l’Asie, mais, d’une façon typiquement anglo-sioniste, ce pivotement ne signifiait en réalité qu’un accroissement de la présence militaire et des pressions pour forcer l’obéissance aux exigences de l’empire. A la différence des US,  la Russie n’a annoncé aucun pivotement, mais Poutine a déjà rencontré Xi Jinping quatre fois cette année et ils ont tous deux déclaré que leur partenariat stratégique était le plus fort qui ait jamais existé dans l’histoire des relations entre les deux pays.

La Russie est vraiment en train de tourner son regard vers la Chine, l’Amérique Latine,  l’Afrique et ailleurs. Ses diplomates continueront à discuter, sourire, parler de partenaires et d’amis, mais je crois que nous sommes témoins d’un événement historique : pour la première fois depuis le treizième  siècle, la Russie s’éloigne à nouveau de l’Ouest et parie sur son avenir avec l’Asie (et le reste du monde).

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Ingérence occidentale en Ukraine… La Russie aurait « trahi le nouvel ordre mondial »…

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D’après un haut diplomate américain “La Russie a trahi le Nouvel Ordre Mondial”

 

Paul Joseph Watson

 

25 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/top-u-s-diplomat-russia-has-betrayed-the-new-world-order/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le haut diplomate Christopher R. Hill dit que la réponse de la Russie à la crise ukrainienne signifie que Moscou a trahi le “nouvel ordre mondial” dont elle fut partie intégrante depuis 25 ans.

Dans un article pour la publication d’influence Project Syndicate, Hill, un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Irak et en Corée du Sud, écrit que l’annexion de la Crimée par la Russie et la campagne “d’intimidation” contre Kiev a mis fin à cette période historique de 25 années, accusant Moscou de “régression, de récidivisme et de revanche.”

La définition de Hill du “nouvel ordre mondial” est l’implication de la Russie post-Glasnost dans les “institutions occidentales, d’économie de marché et de démocratie parlementaire multi-partite”.

“Ce nouvel ordre mondial a tenu pendant près de 25 ans, mis à part la brève incartade de la Russie en Georgie d’Août 2008 (un conflit généralement vu comme déclenché par le régime georgien inconscient), l’accord et l’engagement de la russie au “nouvel ordre mondial”, bien que problématique, fut un des grands accomplissements de l’ère post-guerre froide”, écrit Hill.

Hill, qui est un conseiller avec Albright Stonebridge Group, une “entreprise stratégique globale” avec des tentacules profondément ancrés à la Maison blanche et au ministère des Affaires étrangères, accuse Moscou de faire revivre les jours de l’empire soviétique, ajoutant que “La Russie ne semble plus intéressée à ce que l’occident avait à offrir ces 25 dernières années, un statut spécial avec l’OTAN, des relations privilégiées avec l’Union Européenne et un partenariat dans les réalisations diplomatiques internationales.”

Argumentant que les sanctions occidentales (sur la Russie) ont peu de chance d’avoir un impact, Hill estime que l’OTAN devrait se préparer pour le long terme, avertissant que la Russie “cherchera de causer des troubles similaires parmi ses anciens “alliés” de l’URSS, invoquant l’invasion allemande de la Pologne en 1939 pour suggérer que Moscou pourrait lancer des agressions contre des nations de l’Europe de l’Est.

L’estimation de Hill que la russie a tourné le dos au “nouvel ordre mondial” illustre comment Moscou recherche à mener une faction alignée sur le BRICS qui posera une menace majeurs au futur unipolaire envisagé par les Etats-Unis et l’OTAN.

En d’autres termes, que la Russie le veuille ou non, “l’élite” occidentale est en train de façonner une nouvelle guerre froide et le monde entre peut-être dans sa période la plus dangereuse depuis la crise des missiles de Cuba.

Ingérence occidentale en Ukraine: Kharkov et Donetsk clâment leur indépendance…

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… et demandent un referendum pour rejoindre la Russie comme la Crimée l’a fait le mois dernier. On se demande bien pourquoi les « valeurs » si « démocratiques » de l’UE et de ses sbires de Kiev n’appellent pas ces braves gens à les rejoindre…

— Résistance 71 —

 

Les manifestants de la ville de Kharkov déclarent leur indépendance de Kiev

 

Press TV

 

7 Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.presstv.ir/detail/2014/04/07/357610/ukraines-kharkiv-declares-independence/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des gens de la ville de Kharkov en Ukraine ont déclaré leur indépendance de Kiev suivant un mouvement similaire de la ville de Donetsk et de ses partisans pro-russes.

Des manifestants ont annoncé lundi la formation de la république populaire indépendante de Kharkov devant le bâtiment administratif régional.

Ils ont aussi tenu leurs propres élections dans ce qu’ils ont appelé les législateurs nationaux.

De plus, les manifestants sont entrés en confit avec des groupes pro-Ukraine devant le bâtiment.

La police a essayé de séparer les deux groupes alors qu’ils se lançaient l’un, l’autre des bâtons et des cailloux.

Environ 50% des habitants de la région sont d’ethnie russe qui pensent que les autorités agissantes d’Ukraine sont des nationalistes qui vont réprimer et opprimer les Russes.

Plus tôt dans la journée, des gens de la ville orientale de Donetsk ont déclaré leur indépendance et la formation de la république populaire de Donetsk. Ils ont demandé qu’un referendum pour rejoindre la Russie se tienne le 11 Mai.

Le chef de l’administration générale du ministère des affaires intérieures de la région de Donetsk, Roman Mikolaïivitch Romanov, qui est en charge des 16 000 personnels des forces de sécurité est aussi passé aux nouvelles autorités pro-russes.

L’ancienne premier ministre Ioulia Timochenko qui était dans la ville a exprimé son désaccord avec les referendums dans les parties orientales du pays.

Ailleurs dans la ville du sud de l’Ukraine Nikolaïev, le peuple a fait flotter le drapeau russe au sommet du bâtiment administratif régional. Des ralliies rivaux sont aussi organisés dans la ville septentrionale d’Odessa.

Les manifestations ont pris de l’ampleur après la déclaration d’indépendance de la Crimée vis à vis de l’Ukraine le 17 mars dernier et que celle-ci ait officiellement demandé son rattachement à la Russie. Ceci se passa juste après un referendum tenu un jour plus tôt dans lequel 96,8% des Criméens votèrent pour la r´únion avec la Russie.

Ingérence américaine en Ukraine… 20 ans de préparation

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D’après un espion américain, les Etats-Unis ont mis plus de 20 ans à préparer l’Euro Maïdan d’Ukraine

 

RIA Novosti

 

28 mars 2014

 

url de l’article:

 

http://fr.ria.ru/world/20140328/200833896.html

 

Washington préparait depuis 20 ans la venue de forces pro-occidentales au pouvoir en Ukraine, a déclaré vendredi l’ancien agent du renseignement américain Scott Rickard dans une interview accordée à la chaîne de télévision RT. « Depuis 20 ans, Washington œuvrait à élargir, voire à pousser l’Otan du côté de l’Ukraine (…). Le renseignement américain travaillait en Ukraine, mais la Crimée, peuplée essentiellement de Russes, représentait un théâtre des opérations plus difficile pour les Américains qui s’y faisaient remarquer tout de suite », a indiqué M.Rickard. 
 
Et d’expliquer qu’en règle générale, les Américains coopèrent avec de petits groupes éditant des journaux locaux à de faibles tirages pour conditionner les gens. « C’est ainsi qu’ils arrivaient à rassembler à des actions de protestation plus d’un demi-million de personnes à Kiev (…), mais ils n’ont réussi que deux fois de mobiliser quelque 500.000 manifestants, alors que la population de l’Ukraine approche 50 millions d’habitants », a fait remarquer M.Rickard. Et de conclure que ce résultat n’était pas fameux, compte tenu du fait que 20 ans avaient été mis à la préparation de ces actions de protestation et près de 5 milliards de dollars avaient été dépensés rien que par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

Un changement de pouvoir s’est opéré le 22 février en Ukraine. La Rada suprême a démis le président Viktor Ianoukovitch de ses fonctions, nommé le président du parlement Alexandre Tourtchinov chef de l’Etat par intérim et réformé la Constitution. M.Ianoukovitch a qualifié ces événements de « coup d’Etat ». Moscou conteste également la légitimité des décisions de la Rada. 
La Crimée, république autonome à majorité russophone située dans l’est de l’Ukraine, n’a pas reconnu les nouvelles autorités de Kiev. Elle  a proclamé son indépendance vis-à-vis de l’Ukraine et la réunification avec la Russie au terme d’un référendum du 16 mars où 96,7% des habitants de la péninsule ont appuyé cette décision. La Russie et la Crimée ont signé le traité sur le rattachement de la république de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie le 18 mars dernier.

Crimée russe… début d’un mur de Berlin à l’envers ?…

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Très bonne analyse de T. Meyssan sur la situation au delà de l’Ukraine et de la Crimée: Y a t’il un effet boule de neige en vue ? Bon nombre de nations commencent à sérieusement penser à tourner le dos à l’UE et l’empire pour rejoindre Moscou et la Russie. A l’heure où l’empire anglo-américain et ses satellites devient de plus en plus totalitaire, le moment où scientifiques, intellectuels et dissidents de tout horizon demanderont l’asile politique à la Russie (comme Edward Snowden…) n’est sans doute plus bien loin.

L’Archipel du Goulag occidental est en marche, mais ne gagnera pas…

— Résistance 71 —

 

Le basculement de la Crimée est-il le premier d’une longue série ?

 

Thierry Meyssan

 

24 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article182898.html

 

Au-delà des pleurs emphatiques de l’Occident face à l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie, le vrai enjeu est de savoir s’il s’agit d’un événement orphelin ou s’il préfigure le basculement de l’Europe orientale vers Moscou. N’ayant plus que l’asservissement à la bureaucratie bruxelloise à offrir, Bruxelles craint que ses actuels clients soient attirés par la liberté et l’argent de Moscou.

Les Occidentaux s’époumonent à dénoncer l’« annexion militaire » de la Crimée par la Russie. Selon eux, Moscou, revenant à la « doctrine Brejnev », menace la souveraineté de tous les États qui furent membres non seulement de l’ex-URSS, mais aussi du Pacte de Varsovie, et s’apprête à les envahir comme il le fit en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968.

Est-ce bien vrai ? Manifestement, les mêmes Occidentaux ne sont pas convaincus de l’imminence du danger. S’ils assimilent en paroles l’« annexion » de la Crimée par Vladimir Poutine à celle des Sudètes par Adolf Hitler, ils ne pensent pas que l’on se dirige vers une Troisième Guerre mondiale.

Tout au plus ont-ils pris des sanctions théoriques contre quelques dirigeants russes —y compris criméens— en bloquant leurs comptes, au cas ou ils voudraient en ouvrir dans des banques occidentales, ou en leur interdisant d’y voyager, si l’envie leur en prenait. Le Pentagone a bien envoyé 22 avions de combats en Pologne et dans les États baltes, mais il n’a pas l’intention de faire plus que cette gesticulation, pour le moment.

Que se passe t-il au juste ? Depuis la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et le sommet de Malte qui l’a suivie, les 2 et 3 décembre, les États-Unis n’ont cessé de gagner du terrain et, en violation de leurs promesses, de faire basculer un à un tous les États européens —sauf la Russie— dans l’Otan.

Le processus a débuté quelques jours plus tard, à la Noël 1989, avec le renversement des Ceaușescu en Roumanie et leur remplacement par un autre dignitaire communiste subitement converti au libéralisme, Ion Iliescu. Pour la première fois, la CIA organisait un coup d’État aux yeux de tous, tout en le mettant en scène comme une « révolution » grâce à une nouvelle chaîne de télévision, CNN International. C’était le début d’une longue série.

Une vingtaine d’autres cibles allaient suivre, souvent par des moyens tout aussi frauduleux : l’Albanie, l’Allemagne de l’Est, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Géorgie, la Hongrie, le Kosovo, la Lettonie, la Lituanie, la Macédoine, la Moldavie, le Monténégro, la Pologne, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Tchéquie et l’Ukraine.

Aucun document ne fut signé lors du sommet de Malte, mais le président Bush Sr., conseillé par Condoleezza Rice, prit l’engagement oral qu’aucun membre du Pacte de Varsovie ne serait accepté dans l’Otan. En réalité, l’Allemagne de l’Est y entra de facto, par le simple jeu de son adhésion à l’Allemagne de l’Ouest. La porte étant ainsi ouverte, ce sont aujourd’hui 12 États ex-membres de l’URSS ou du Pacte de Varsovie qui y ont adhéré et les autres qui sont en attente de rejoindre l’Alliance.

Cependant, « les meilleures choses ont une fin ». La puissance de l’Otan et de son versant civil, l’Union européenne, vacille. Certes l’Alliance n’a jamais été si nombreuse, mais ses armées sont peu efficaces. Elle excelle sur de petits théâtres d’opération, comme en Afghanistan, mais ne peut plus entrer en guerre contre la Chine, ni contre la Russie, sans la certitude de perdre comme on l’a vu en Syrie cet été.

En définitive, les Occidentaux sont stupéfaits de la rapidité et de l’efficacité russes. Durant les jeux Olympiques de Sotchi, Vladimir Poutine n’a stoïquement livré aucun commentaire sur les événements de la place Maidan. Mais il a réagi dès qu’il a eu les mains libres. Chacun a pu alors constater qu’il abattait des cartes qu’il avait préparées durant son long silence. En quelques heures, des forces pro-russes ont neutralisé les forces pro-Kiev de Crimée tandis qu’une révolution était organisée à Semferopol pour porter au pouvoir une équipe pro-russe. Le nouveau gouvernement a appelé à un référendum d’autodétermination qui a enregistré une immense vague pro-russe, population tatare incluse. Puis, les Forces officielles russes ont fait prisonniers avec leurs matériels les soldats se réclamant encore de Kiev. Tout cela sans tirer un coup de feu, à l’exception d’un sniper ukrainien pro-Otan qui fut arrêté à Semferopol après avoir tué une personne de chaque bord.

Il y a vingt ans, les mêmes Criméens auraient certainement voté contre la Russie. Mais aujourd’hui, leur liberté est bien mieux assurée par Moscou que par Kiev, où un tiers du gouvernement revient aux nazis et les deux autres tiers aux représentants des oligarques. En outre, leur économie en faillite a immédiatement été relevée par la Banque de Russie, tandis que, malgré le FMI et les prêts des États-Unis et de l’UE, Kiev est condamné à une longue période de pauvreté. Il n’était pas nécessaire de parler russe pour faire ce choix et, malgré la propagande occidentale, les musulmans Tatars l’ont fait comme les russophones. C’est également le choix de 88 % des militaires ukrainiens stationnés en Crimée, qui se sont ralliés à Moscou avec la ferme intention de faire venir leurs familles et de leur obtenir la nationalité russe. C’est aussi le choix de 82 % des marins ukrainiens qui se trouvaient en mer, trop heureux de pouvoir devenir Russes, ils se sont ralliés à Moscou avec leurs bâtiments sans y être contraints d’aucune manière.

La liberté et la prospérité, qui ont été les arguments de vente de l’Occident depuis presque 70 ans, ont changé de camp.

Il ne s’agit pas d’affirmer ici que la Russie est parfaite, mais de constater que pour les Criméens et en réalité pour la plupart des Européens, elle est plus attractive que le camp occidental.

C’est pourquoi l’indépendance de la Crimée et son adhésion à la Fédération de Russie marquent le retour du balancier. Pour la première fois, un peuple ex-soviétique décide librement de reconnaître l’autorité de Moscou. Ce que craignent les Occidentaux, c’est que cet événement ait un effet comparable à la chute du Mur de Berlin, mais dans l’autre sens. Pourquoi ne verrait-on pas des États membres de l’Otan —comme la Grèce— ou simplement de l’Union européenne —comme Chypre— suivre le même chemin ? Le camp occidental se déliterait alors et sombrerait dans une très forte récession —comme la Russie d’Eltsine—.

En outre, la question de la survie des États-Unis ne manquerait pas de se poser. La dissolution de l’URSS aurait dû entrainer celle de son ennemi et néanmoins partenaire, ces deux super-puissances n’existant que l’une face à l’autre. Or, il n’en fut rien. Washington étant débarrassé de son compétiteur se lança à la conquête du monde, globalisa l’économie et installa un Nouvel Ordre. Il fallut deux ans et un mois à l’Union soviétique pour se dissoudre après la chute du Mur de Berlin. Verrons-nous bientôt la dissolution des États-Unis et de l’Union européenne en plusieurs entités, ainsi que l’enseigne Igor Panarin à l’Académie diplomatique de Moscou ? L’effondrement sera d’autant plus rapide que Washington réduira ses subventions à ses alliés et Bruxelles ses fonds structurels.

Personne ne doit craindre l’attractivité de la Russie, car c’est une puissance impériale, mais pas impérialiste. Si Moscou a tendance à rabrouer les petits pays qu’il protège, il n’entend pas étendre son hégémonie par la force. Sa stratégie militaire est celle du « déni d’accès » à son territoire. Ses armées sont les premières au monde en termes de défense anti-aérienne et anti-navale. Elles peuvent détruire des flottes de bombardiers et de porte-avions. Mais elles ne sont pas équipées pour partir à la conquête du monde, ni déployées dans quantité de bases extérieures.

Il est particulièrement étrange d’entendre les Occidentaux dénoncer l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie comme contraire au droit international et à la Constitution ukrainienne. N’est-ce pas eux qui démembrèrent l’URSS et le Pacte de Varsovie ? N’est-ce pas eux qui rompirent l’ordre constitutionnel à Kiev ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, déplore une prétendue volonté russe de « couper l’Europe en deux ». Mais la Russie s’est débarrassée de la dictature bureaucratique soviétique et n’entend pas restaurer le Rideau de fer. Ce sont les États-Unis qui veulent couper l’Europe en deux pour éviter l’hémorragie vers l’Est. La nouvelle dictature bureaucratique n’est plus à Moscou, mais à Bruxelles, elle se nomme Union européenne.

D’ores et déjà, Washington tente de fixer ses alliés dans son camp, il développe sa couverture de missiles en Pologne, en Roumanie et en Azerbaïdjan. Il ne fait plus mystère que son « bouclier » n’a jamais été destiné à contrer des missiles iraniens, mais est conçu pour attaquer la Russie. Il tente aussi de pousser ses alliés européens à prendre des sanctions économiques qui paralyseraient le continent et pousseraient les capitaux à fuir… aux États-Unis.

L’ampleur de ces ajustements est telle que le Pentagone examine la possibilité d’interrompre son « pivot vers l’Extrême-Orient », c’est-à-dire le déplacement de ses troupes d’Europe et du Proche-Orient pour les positionner en vue d’une guerre contre la Chine. Quoi qu’il en soit, toute modification de sa stratégie à long terme désorganisera encore plus ses armées sur le court et le moyen terme. Moscou n’en demandait pas autant, qui observe avec volupté les réactions des populations de l’Est de l’Ukraine et, pourquoi pas, de la Transnistrie.

Referendum en Crimée: Washington concentre tout le mal de l’univers (Paul Craig Roberts)

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95,7% des Criméens mettent une quenelle au tyran de la Maison Blanche

 

Paul Craig Roberts

 

16 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/03/16/95-7-crimeans-give-finger-white-house-tyrant-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans une participation sans précédent dans aucune élection occidentale, les Criméens ont voté à 96% pour rejoindre la Russie. Comme je l’ai dit plus tôt aujourd’hui, sous la logique tordue de Washington, la Crimée n’a jamais fait partie de l’Ukraine puisque les Russes n’ont jamais été permis de voter lorsque le dictateur soviétique Kroutchev coinça la province russe de Crimée en Ukraine en 1954.

Alors que les Criméens célèbrent dans les rues et que les observateurs internationaux sur place, déclarent que le referendum a été totalement juste et non perturbé par quelque menace que ce soit, la Maison Blanche néo-nazie elle a déclaré: “Nous ne reconnaissons pas ce vote”. L’imbécile porte-parole a dit que la Maison Blanche et la “communauté internationale”, car Washington dans son arrogance, pense qu’il est la voix de la “communauté internationale”, ne reconnaissent pas les résultats de la démocratie en action.

La démocratie n’est pas acceptable pour Washington ou pour les gugusses marionnettes américaines qui gouvernent pour Washington en Allemagne, en GB, en France, quand la démocratie ne sert pas l’agenda hégémonique de Washington sur le monde entier. Le porte-parole néo-nazi de la Maison-Blanche a menti comme un arracheur de dents quand il a assuré que le referendum, assuré par les observarteurs internationaux comme ayant été libre et juste, était “administré sous les menaces de violence et d’intimidation.”

Cette déclaration, que maintenant le monde sait être fausse, marque le gouvernement de Washington et ses médias à la botte, comme étant les pires et les plus dangereux menteurs que le monde ait jamais eu à expérimenter. Tout Washington est capable de mensonges: Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et des connexions avec Al Qaïda, le président syrien al-Assad a utilisé des armes chimiques contre sa propre population, l’Iran a un programme nucléaire militaire, Kadhafi a donné du viagra à ses soldats pour qu’ils puissent mieux violer les femmes libyennes, la Russie a envahi la Crimée, Oussama Bin Laden était le cerveau des attentats du 11 septembre. Cela pourrait continuer avec des centaines d’autres exemples des mensonges de Washington. En fait, les gens avertis savent bien que Washington est synonyme de menteur.

Quand le monde finira t’il par sanctionner l’entreprise criminelle qui prétend être le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique ? Quand le tribunal contre les crimes de guerre et le TPI émettront-ils des mandats d’arrêt contre Obama et sa bande de criminels ainsi que ceux des régimes Bush et Clinton ?

Quand les biens du gouvernement américain et de ses membres criminels seront-ils gelés et saisis ?

Pendant encore combien de temps le monde tolèrera t’il la destruction incessante de Washington sur des pays et des peuples de la Somalie à l’Afghanistan en passant par l’Irak, la Libye, le Pakistan, le Yémen, la Syrie, l’Ukraine avec la Chine, la Russie et l’Iran attendant leur tour ?

Le gouvernement des Etats-Unis est la pire entreprise criminelle de l’histoire de l’humanité (NdT: Ex-aequo avec la Vatican à notre sens...). Pas un seul membre du gouvernemnt n’a dit la vérité en ce XXIème siècle. La branche exécutive ment en permanence au congrès, et les idiots utiles, lâches et veules qui y siègent continuent à avaler les sornettes dont on les abreuve. Le congrès est si inutile qu’il devrait être aboli. En fait, je m’attends à ce qu’Obama le dissolve d’un instant à l’autre.

Mais nous avons “la liberté et la démocratie”.

La vérité est que le mal de tout l’univers est concentré à Washington. C’est ce mal absolu qui détruit des millions de vies, et c’est ce mal qui détruira le monde.

Ingérence occidentale en Ukraine: La pressetituée occidentale tente l’enfumage Tatars…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 mars 2014 by Résistance 71

…  L’occident est en train d’essayer de créer de toute pièce une « crise humanitaire » tatare en Crimée avant, pendant et après le referendum, mais la réalité de terrain semble être tout à fait différente. Non seulement la propagande ne prend plus, mais elle est désamorcée le plus souvent même avant qu’elle ne se produise. L’effet pro-actif anti-propagande des médias alternatifs devient optimal. Le contre-pouvoir s’établit enfin doucement mais sûrement. Reste plus qu’à construire un contre-pouvoir politique autogestionnaire de terrain pour renforcer la solidarité et l’entre aide mutuelle au sein des peuples et des peuples entre eux…

— Résistance 71 —

 

Les Tatars de Crimée se rallient à la Russie

 

Réseau Voltaire

 

13 mars 2014

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article182698.html

 

Alors que les Tatars de Crimée avaient dénoncé la tenue d’un référendum d’autodétermination comme inconstitutionnel et avaient appelé à la constitution de milices d’autodéfense, leur principal leader, Mustafa Dzhamilev, revenant sur ses précédentes déclarations, se félicite désormais de l’évolution des choses.

Entre temps, Mustafa Bey [1] a eu une longue conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine et le Parlement de Crimée a adopté diverses mesures pour garantir les droits des Tatars. Les quotas attribués à leurs représentants dans diverses instances seront supérieurs à leur proportion dans la population de Crimée.

 

[1] Le terme « Bey » est un titre honorifique héréditaire donné aux préfets de l’Empire ottoman.