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Ingérence occidentale en Ukraine: La Russie largue les amarres…

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La Russie largue les amarres avec l’Ouest (Lavrov)

 

Le Saker

 

14 Septembre 2014

 

url de l’article en français:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/09/16/lavrov-russie-largue-les-amarres-louest/

 

J’ai regardé hier [13 septembre 2014] avec intérêt un talk-show  appelé  Le Droit de Savoir, qui présentait une interview d’une heure avec Sergei Lavrov (ceux qui comprennent le russe peuvent regarder là).  C’était un échange intéressant entre Lavrov et  cinq journalistes russes. Ce n’était pas assez important pour justifier un sous-titrage en anglais, mais je veux partager avec vous quelque chose que j’avais déjà noté par le passé et qui a été puissamment exprimé durant cette interview.

Comme c’était prévisible, les thèmes abordés ont concerné la guerre civile en Ukraine, l’état des investigations sur le crash du vol MH17, les sanctions contre la Russie, l’expansion de l’Otan, les négociations de Minsk et l’engagement de la Russie avec les pays du BRICS.

Sur tous ces sujets, les questions/réponses avaient le même format. L’un des journalistes demandait à Lavrov de commenter ce qui semblait être une situation de  cul-de-sac et Lavrov confirmait disant on a fait de notre mieux, mais, à notre grand regret, cela n’a eu aucun effet. L’effet général a été celui d’une réunion de parents d’élèves discutant du cas désespéré d’un élève incapable. Sauf que l’élève, dans ce cas, c’est tout l’Occident.

Par exemple, pour ce qui concerne le vol MH17 les journalistes ont exprimé leur stupéfaction au vu de la stérilité et du flou du dernier rapport rendu public. Ils notèrent que, à l’époque des faits, un comportement hystérique absolu s’était emparé de la une des journaux, du style PUTIN LE TERRORISTE!!!! ou TROP C’EST TROP, oubliant complètement que les investigations étaient en cours. La réaction de Lavrov a été : oui, je suis d’accord, nous avons agi au Conseil de sécurité, nous avons soumis nos questions, nous voulions un cessez-le-feu complet pour  mener une investigation minutieuse des débris, nous avons partagé nos propres informations, nous avons parlé aux malaisiens, nous voulions parler aux experts, mais ils ont passé trois semaines à Kiev en discussions avec des  officiels de la junte, nous avons d’autres questions mais apparemment nous sommes les seuls à être encore intéressés à obtenir des investigations transparentes et responsables (ceci n’est pas une citation mais une paraphrase fidèle, je pense). L’impression qu’on a gardée de ce qu’il a dit était franchement, ils sont désespérants, que peut-on faire de plus ?

Au sujet des sanctions, les journalistes ont dit que beaucoup de pays ont été surpris de la rapidité avec laquelle la Russie s’était détournée de l’Ouest et commençait à établir des relations avec l’Asie, l’Afrique, l’Amérique Latine et le sous-continent indien, et là encore, Lavrov répliqua : oui, nous avons nous-mêmes été surpris par le rythme des événements, mais nous n’avions pas le choix.

Ce n’est pas la seule occasion que j’ai eue d’entendre le même message. L’impression que je ressens est que la Russie a renoncé à l’Ouest. Bien sûr elle va continuer à discuter, et elle va essayer, contre toute évidence, de susciter des comportements responsables de la part des politiciens occidentaux, mais personne en Russie ne retient son souffle.

Dans un autre débat (Sunday Evening avec Vladimir Soloviev) les participants ont remarqué que l’Allemagne avait pris la tête des pays qui faisaient pression sue la Finlande, la Slovaquie et d’autres nations qui ne voulaient pas de nouvelles sanctions. A nouveau, le message était oubliez les allemands, ils sont désespérants.

Je crois qu’il y a un sentiment de dégoût et de désespérance  sincère et très répandu  en Russie à l’encontre des pays de l’UE. Quant aux USA, ils sont essentiellement vus comme des lunatiques messianiques pleins de haine qui feront tout et même plus que tout pour nuire à la Russie de toutes les façons possibles, aussi folles, absurdes, inutiles et hypocrites soient-elles.

Tout cela produit un consensus selon lequel, bien que la guerre avec les USA et l’Otan doive être évitée, évidemment, il n’y a plus rien à gagner à faire quelque effort.  Beaucoup de politiciens disent maintenant :notre politique étrangère a été beaucoup trop axée à l’ouest et il faut que cela cesse, notre futur est ailleurs.

L’adoption récente de sanctions contre la Russie est un exemple parfait de cela. Alors que quelques mordus inconditionnels des libéraux-US se plaignaient, et je rigole pas, que les huîtres françaises Belon ne seraient plus disponibles à Moscou, la majorité des gens comprennent que ces sanctions sont une bénédiction, car elles forcent la Russie à se débarrasser de ses liens avec l’ouest, ce qui aurait du, à leur avis, être fait depuis longtemps. A cour terme, les sanctions occidentales vont mordre, particulièrement pour certains produits de haute technologie, mais, dans l’ensemble, la plupart des gens comprennent que s’être rendu dépendant de l’Ouest pour de tels produits était une erreur au départ.

Encore une fois, ce qui prévaut est un sentiment  de dégoût, de perplexité et de fatigue. Bien qu’une personne aussi diplomate que Lavrov ne le dira jamais en ces termes, la réaction générale est lumineuse : eh les mecs vous êtes désespérants et en plus en déclin; on n’a pas besoin de vous, salut!. Cela dit sans animosité, presque avec tristesse, vraiment.

Je ne crois pas que les diplomates russes feront une grande déclaration anti-occidentale à l’Onu ou ailleurs. Le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence. Et les officiels russes continueront de parler à nos partenaires ou même à nos amis, mais malgré cette douce rhétorique, les relations avec l’Ouest vont cesser graduellement d’être une priorité pour la diplomatie russe, pour les affaires commerciales, et même pour le public en général. En fait, la Russie est déjà en train de construire un monde multipolaire et si l’Ouest n’en veut pas sa part, ce sera dur pour lui. Les russes savent que l’Ouest ne peut empêcher l’émergence de ce nouveau monde, et ils ne se préoccupent pas de savoir s’il refusera cette réalité ou acceptera de jouer selon les nouvelles règles.

Encore une chose, les russes en ont vraiment marre des déclarations agressives de l’Otan, car ils pensent, à juste titre, que c’est une marque d’hostilité. Mais, à rebours de ce que beaucoup de blogueurs disent, les russes n’ont pas peur de la menace militaire de l’Otan. Leur réaction aux derniers mouvements de l’Otan (nouvelles bases et troupes en Europe centrale, plus de dépenses, etc…) consiste à les dénoncer comme des provocations, et tous les officiels russes s’accordent à dire que la Russie peut gérer cette menace militaire. Comme l’a dit un député russe : cinq groupes de forces de réaction rapide est un problème que nous pouvons régler avec un seul missile. Une formule simpliste, mais correcte. Poutine a clairement dit la même chose, en cas d’attaque conventionnelle massive par qui que ce soit la Russie engagerait des missiles nucléaires tactiques. En fait, si l’Otan continue à avancer avec son plan stupide de déploiement de forces en Pologne et/ou dans les pays Baltes, je m’attends à ce que la Russie se retire du traité IRNF et qu’elle installe les successeurs modernes des fameux RSD-10 (SS-20). Comme je l’ai dit précédemment, les décisions de doubler le format des forces aéroportées russes et d’augmenter à la taille d’une division la brigade d’élite du 45éme Régiment spécial aéroporté sont déjà prises, quoi qu’il arrive. On peut dire que la Russie a préempté la création par l’Otan de sa force de 10.000 hommes en faisant passer ses propres forces mobiles de 36.000 à 72.000 hommes. S’étant ainsi préparé à la menace, le Kremlin va maintenant retourner tout simplement à des affaires plus importantes ailleurs.

Parmi les nombreuses idées fausses que nous apprenons pendant notre conditionnement (je ne peux pas appeler ça une éducation),  nous, à l’ouest, avons tendance à voir notre part du monde comme le centre de la planète, d’autres diraient même la part indispensable et la plus importante. Cela peut se remarquer sur nos mappemondes systématiquement centrées sur l’Europe ou les US et dans la croyance quasi dogmatique que personne ne compte autant que nous. C’est faux. En fait, alors que l’empire anglo-sioniste est en phase de déclin lent, mais constant et inéluctable, le reste du monde lui rend les hommages nécessaires du bout des lèvres et simplement continue son chemin. Si les centres de conditionnement qu’on appelle écoles avaient des éducateurs dignes de ce nom ils suspendraient dans leurs classes des mappemondes centrées sur la Chine et ils diraient aux jeunes élèves que plus personne ne prend désormais au sérieux les soi-disant valeurs occidentales. Non pas parce qu’elles sont mauvaises, mais parce que, pour commencer, nous-mêmes en occident ne les prenons définitivement pas au sérieux.

Obama a annoncé un pivotement vers l’Asie, mais, d’une façon typiquement anglo-sioniste, ce pivotement ne signifiait en réalité qu’un accroissement de la présence militaire et des pressions pour forcer l’obéissance aux exigences de l’empire. A la différence des US,  la Russie n’a annoncé aucun pivotement, mais Poutine a déjà rencontré Xi Jinping quatre fois cette année et ils ont tous deux déclaré que leur partenariat stratégique était le plus fort qui ait jamais existé dans l’histoire des relations entre les deux pays.

La Russie est vraiment en train de tourner son regard vers la Chine, l’Amérique Latine,  l’Afrique et ailleurs. Ses diplomates continueront à discuter, sourire, parler de partenaires et d’amis, mais je crois que nous sommes témoins d’un événement historique : pour la première fois depuis le treizième  siècle, la Russie s’éloigne à nouveau de l’Ouest et parie sur son avenir avec l’Asie (et le reste du monde).

Ingérence occidentale en Ukraine… La Russie aurait « trahi le nouvel ordre mondial »…

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D’après un haut diplomate américain “La Russie a trahi le Nouvel Ordre Mondial”

 

Paul Joseph Watson

 

25 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/top-u-s-diplomat-russia-has-betrayed-the-new-world-order/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le haut diplomate Christopher R. Hill dit que la réponse de la Russie à la crise ukrainienne signifie que Moscou a trahi le “nouvel ordre mondial” dont elle fut partie intégrante depuis 25 ans.

Dans un article pour la publication d’influence Project Syndicate, Hill, un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Irak et en Corée du Sud, écrit que l’annexion de la Crimée par la Russie et la campagne “d’intimidation” contre Kiev a mis fin à cette période historique de 25 années, accusant Moscou de “régression, de récidivisme et de revanche.”

La définition de Hill du “nouvel ordre mondial” est l’implication de la Russie post-Glasnost dans les “institutions occidentales, d’économie de marché et de démocratie parlementaire multi-partite”.

“Ce nouvel ordre mondial a tenu pendant près de 25 ans, mis à part la brève incartade de la Russie en Georgie d’Août 2008 (un conflit généralement vu comme déclenché par le régime georgien inconscient), l’accord et l’engagement de la russie au “nouvel ordre mondial”, bien que problématique, fut un des grands accomplissements de l’ère post-guerre froide”, écrit Hill.

Hill, qui est un conseiller avec Albright Stonebridge Group, une “entreprise stratégique globale” avec des tentacules profondément ancrés à la Maison blanche et au ministère des Affaires étrangères, accuse Moscou de faire revivre les jours de l’empire soviétique, ajoutant que “La Russie ne semble plus intéressée à ce que l’occident avait à offrir ces 25 dernières années, un statut spécial avec l’OTAN, des relations privilégiées avec l’Union Européenne et un partenariat dans les réalisations diplomatiques internationales.”

Argumentant que les sanctions occidentales (sur la Russie) ont peu de chance d’avoir un impact, Hill estime que l’OTAN devrait se préparer pour le long terme, avertissant que la Russie “cherchera de causer des troubles similaires parmi ses anciens “alliés” de l’URSS, invoquant l’invasion allemande de la Pologne en 1939 pour suggérer que Moscou pourrait lancer des agressions contre des nations de l’Europe de l’Est.

L’estimation de Hill que la russie a tourné le dos au “nouvel ordre mondial” illustre comment Moscou recherche à mener une faction alignée sur le BRICS qui posera une menace majeurs au futur unipolaire envisagé par les Etats-Unis et l’OTAN.

En d’autres termes, que la Russie le veuille ou non, “l’élite” occidentale est en train de façonner une nouvelle guerre froide et le monde entre peut-être dans sa période la plus dangereuse depuis la crise des missiles de Cuba.

Ingérence occidentale en Ukraine: Kharkov et Donetsk clâment leur indépendance…

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… et demandent un referendum pour rejoindre la Russie comme la Crimée l’a fait le mois dernier. On se demande bien pourquoi les « valeurs » si « démocratiques » de l’UE et de ses sbires de Kiev n’appellent pas ces braves gens à les rejoindre…

— Résistance 71 —

 

Les manifestants de la ville de Kharkov déclarent leur indépendance de Kiev

 

Press TV

 

7 Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.presstv.ir/detail/2014/04/07/357610/ukraines-kharkiv-declares-independence/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des gens de la ville de Kharkov en Ukraine ont déclaré leur indépendance de Kiev suivant un mouvement similaire de la ville de Donetsk et de ses partisans pro-russes.

Des manifestants ont annoncé lundi la formation de la république populaire indépendante de Kharkov devant le bâtiment administratif régional.

Ils ont aussi tenu leurs propres élections dans ce qu’ils ont appelé les législateurs nationaux.

De plus, les manifestants sont entrés en confit avec des groupes pro-Ukraine devant le bâtiment.

La police a essayé de séparer les deux groupes alors qu’ils se lançaient l’un, l’autre des bâtons et des cailloux.

Environ 50% des habitants de la région sont d’ethnie russe qui pensent que les autorités agissantes d’Ukraine sont des nationalistes qui vont réprimer et opprimer les Russes.

Plus tôt dans la journée, des gens de la ville orientale de Donetsk ont déclaré leur indépendance et la formation de la république populaire de Donetsk. Ils ont demandé qu’un referendum pour rejoindre la Russie se tienne le 11 Mai.

Le chef de l’administration générale du ministère des affaires intérieures de la région de Donetsk, Roman Mikolaïivitch Romanov, qui est en charge des 16 000 personnels des forces de sécurité est aussi passé aux nouvelles autorités pro-russes.

L’ancienne premier ministre Ioulia Timochenko qui était dans la ville a exprimé son désaccord avec les referendums dans les parties orientales du pays.

Ailleurs dans la ville du sud de l’Ukraine Nikolaïev, le peuple a fait flotter le drapeau russe au sommet du bâtiment administratif régional. Des ralliies rivaux sont aussi organisés dans la ville septentrionale d’Odessa.

Les manifestations ont pris de l’ampleur après la déclaration d’indépendance de la Crimée vis à vis de l’Ukraine le 17 mars dernier et que celle-ci ait officiellement demandé son rattachement à la Russie. Ceci se passa juste après un referendum tenu un jour plus tôt dans lequel 96,8% des Criméens votèrent pour la r´únion avec la Russie.

Ingérence américaine en Ukraine… 20 ans de préparation

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D’après un espion américain, les Etats-Unis ont mis plus de 20 ans à préparer l’Euro Maïdan d’Ukraine

 

RIA Novosti

 

28 mars 2014

 

url de l’article:

 

http://fr.ria.ru/world/20140328/200833896.html

 

Washington préparait depuis 20 ans la venue de forces pro-occidentales au pouvoir en Ukraine, a déclaré vendredi l’ancien agent du renseignement américain Scott Rickard dans une interview accordée à la chaîne de télévision RT. « Depuis 20 ans, Washington œuvrait à élargir, voire à pousser l’Otan du côté de l’Ukraine (…). Le renseignement américain travaillait en Ukraine, mais la Crimée, peuplée essentiellement de Russes, représentait un théâtre des opérations plus difficile pour les Américains qui s’y faisaient remarquer tout de suite », a indiqué M.Rickard. 
 
Et d’expliquer qu’en règle générale, les Américains coopèrent avec de petits groupes éditant des journaux locaux à de faibles tirages pour conditionner les gens. « C’est ainsi qu’ils arrivaient à rassembler à des actions de protestation plus d’un demi-million de personnes à Kiev (…), mais ils n’ont réussi que deux fois de mobiliser quelque 500.000 manifestants, alors que la population de l’Ukraine approche 50 millions d’habitants », a fait remarquer M.Rickard. Et de conclure que ce résultat n’était pas fameux, compte tenu du fait que 20 ans avaient été mis à la préparation de ces actions de protestation et près de 5 milliards de dollars avaient été dépensés rien que par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

Un changement de pouvoir s’est opéré le 22 février en Ukraine. La Rada suprême a démis le président Viktor Ianoukovitch de ses fonctions, nommé le président du parlement Alexandre Tourtchinov chef de l’Etat par intérim et réformé la Constitution. M.Ianoukovitch a qualifié ces événements de « coup d’Etat ». Moscou conteste également la légitimité des décisions de la Rada. 
La Crimée, république autonome à majorité russophone située dans l’est de l’Ukraine, n’a pas reconnu les nouvelles autorités de Kiev. Elle  a proclamé son indépendance vis-à-vis de l’Ukraine et la réunification avec la Russie au terme d’un référendum du 16 mars où 96,7% des habitants de la péninsule ont appuyé cette décision. La Russie et la Crimée ont signé le traité sur le rattachement de la république de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie le 18 mars dernier.

Crimée russe… début d’un mur de Berlin à l’envers ?…

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Très bonne analyse de T. Meyssan sur la situation au delà de l’Ukraine et de la Crimée: Y a t’il un effet boule de neige en vue ? Bon nombre de nations commencent à sérieusement penser à tourner le dos à l’UE et l’empire pour rejoindre Moscou et la Russie. A l’heure où l’empire anglo-américain et ses satellites devient de plus en plus totalitaire, le moment où scientifiques, intellectuels et dissidents de tout horizon demanderont l’asile politique à la Russie (comme Edward Snowden…) n’est sans doute plus bien loin.

L’Archipel du Goulag occidental est en marche, mais ne gagnera pas…

— Résistance 71 —

 

Le basculement de la Crimée est-il le premier d’une longue série ?

 

Thierry Meyssan

 

24 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article182898.html

 

Au-delà des pleurs emphatiques de l’Occident face à l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie, le vrai enjeu est de savoir s’il s’agit d’un événement orphelin ou s’il préfigure le basculement de l’Europe orientale vers Moscou. N’ayant plus que l’asservissement à la bureaucratie bruxelloise à offrir, Bruxelles craint que ses actuels clients soient attirés par la liberté et l’argent de Moscou.

Les Occidentaux s’époumonent à dénoncer l’« annexion militaire » de la Crimée par la Russie. Selon eux, Moscou, revenant à la « doctrine Brejnev », menace la souveraineté de tous les États qui furent membres non seulement de l’ex-URSS, mais aussi du Pacte de Varsovie, et s’apprête à les envahir comme il le fit en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968.

Est-ce bien vrai ? Manifestement, les mêmes Occidentaux ne sont pas convaincus de l’imminence du danger. S’ils assimilent en paroles l’« annexion » de la Crimée par Vladimir Poutine à celle des Sudètes par Adolf Hitler, ils ne pensent pas que l’on se dirige vers une Troisième Guerre mondiale.

Tout au plus ont-ils pris des sanctions théoriques contre quelques dirigeants russes —y compris criméens— en bloquant leurs comptes, au cas ou ils voudraient en ouvrir dans des banques occidentales, ou en leur interdisant d’y voyager, si l’envie leur en prenait. Le Pentagone a bien envoyé 22 avions de combats en Pologne et dans les États baltes, mais il n’a pas l’intention de faire plus que cette gesticulation, pour le moment.

Que se passe t-il au juste ? Depuis la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et le sommet de Malte qui l’a suivie, les 2 et 3 décembre, les États-Unis n’ont cessé de gagner du terrain et, en violation de leurs promesses, de faire basculer un à un tous les États européens —sauf la Russie— dans l’Otan.

Le processus a débuté quelques jours plus tard, à la Noël 1989, avec le renversement des Ceaușescu en Roumanie et leur remplacement par un autre dignitaire communiste subitement converti au libéralisme, Ion Iliescu. Pour la première fois, la CIA organisait un coup d’État aux yeux de tous, tout en le mettant en scène comme une « révolution » grâce à une nouvelle chaîne de télévision, CNN International. C’était le début d’une longue série.

Une vingtaine d’autres cibles allaient suivre, souvent par des moyens tout aussi frauduleux : l’Albanie, l’Allemagne de l’Est, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Géorgie, la Hongrie, le Kosovo, la Lettonie, la Lituanie, la Macédoine, la Moldavie, le Monténégro, la Pologne, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Tchéquie et l’Ukraine.

Aucun document ne fut signé lors du sommet de Malte, mais le président Bush Sr., conseillé par Condoleezza Rice, prit l’engagement oral qu’aucun membre du Pacte de Varsovie ne serait accepté dans l’Otan. En réalité, l’Allemagne de l’Est y entra de facto, par le simple jeu de son adhésion à l’Allemagne de l’Ouest. La porte étant ainsi ouverte, ce sont aujourd’hui 12 États ex-membres de l’URSS ou du Pacte de Varsovie qui y ont adhéré et les autres qui sont en attente de rejoindre l’Alliance.

Cependant, « les meilleures choses ont une fin ». La puissance de l’Otan et de son versant civil, l’Union européenne, vacille. Certes l’Alliance n’a jamais été si nombreuse, mais ses armées sont peu efficaces. Elle excelle sur de petits théâtres d’opération, comme en Afghanistan, mais ne peut plus entrer en guerre contre la Chine, ni contre la Russie, sans la certitude de perdre comme on l’a vu en Syrie cet été.

En définitive, les Occidentaux sont stupéfaits de la rapidité et de l’efficacité russes. Durant les jeux Olympiques de Sotchi, Vladimir Poutine n’a stoïquement livré aucun commentaire sur les événements de la place Maidan. Mais il a réagi dès qu’il a eu les mains libres. Chacun a pu alors constater qu’il abattait des cartes qu’il avait préparées durant son long silence. En quelques heures, des forces pro-russes ont neutralisé les forces pro-Kiev de Crimée tandis qu’une révolution était organisée à Semferopol pour porter au pouvoir une équipe pro-russe. Le nouveau gouvernement a appelé à un référendum d’autodétermination qui a enregistré une immense vague pro-russe, population tatare incluse. Puis, les Forces officielles russes ont fait prisonniers avec leurs matériels les soldats se réclamant encore de Kiev. Tout cela sans tirer un coup de feu, à l’exception d’un sniper ukrainien pro-Otan qui fut arrêté à Semferopol après avoir tué une personne de chaque bord.

Il y a vingt ans, les mêmes Criméens auraient certainement voté contre la Russie. Mais aujourd’hui, leur liberté est bien mieux assurée par Moscou que par Kiev, où un tiers du gouvernement revient aux nazis et les deux autres tiers aux représentants des oligarques. En outre, leur économie en faillite a immédiatement été relevée par la Banque de Russie, tandis que, malgré le FMI et les prêts des États-Unis et de l’UE, Kiev est condamné à une longue période de pauvreté. Il n’était pas nécessaire de parler russe pour faire ce choix et, malgré la propagande occidentale, les musulmans Tatars l’ont fait comme les russophones. C’est également le choix de 88 % des militaires ukrainiens stationnés en Crimée, qui se sont ralliés à Moscou avec la ferme intention de faire venir leurs familles et de leur obtenir la nationalité russe. C’est aussi le choix de 82 % des marins ukrainiens qui se trouvaient en mer, trop heureux de pouvoir devenir Russes, ils se sont ralliés à Moscou avec leurs bâtiments sans y être contraints d’aucune manière.

La liberté et la prospérité, qui ont été les arguments de vente de l’Occident depuis presque 70 ans, ont changé de camp.

Il ne s’agit pas d’affirmer ici que la Russie est parfaite, mais de constater que pour les Criméens et en réalité pour la plupart des Européens, elle est plus attractive que le camp occidental.

C’est pourquoi l’indépendance de la Crimée et son adhésion à la Fédération de Russie marquent le retour du balancier. Pour la première fois, un peuple ex-soviétique décide librement de reconnaître l’autorité de Moscou. Ce que craignent les Occidentaux, c’est que cet événement ait un effet comparable à la chute du Mur de Berlin, mais dans l’autre sens. Pourquoi ne verrait-on pas des États membres de l’Otan —comme la Grèce— ou simplement de l’Union européenne —comme Chypre— suivre le même chemin ? Le camp occidental se déliterait alors et sombrerait dans une très forte récession —comme la Russie d’Eltsine—.

En outre, la question de la survie des États-Unis ne manquerait pas de se poser. La dissolution de l’URSS aurait dû entrainer celle de son ennemi et néanmoins partenaire, ces deux super-puissances n’existant que l’une face à l’autre. Or, il n’en fut rien. Washington étant débarrassé de son compétiteur se lança à la conquête du monde, globalisa l’économie et installa un Nouvel Ordre. Il fallut deux ans et un mois à l’Union soviétique pour se dissoudre après la chute du Mur de Berlin. Verrons-nous bientôt la dissolution des États-Unis et de l’Union européenne en plusieurs entités, ainsi que l’enseigne Igor Panarin à l’Académie diplomatique de Moscou ? L’effondrement sera d’autant plus rapide que Washington réduira ses subventions à ses alliés et Bruxelles ses fonds structurels.

Personne ne doit craindre l’attractivité de la Russie, car c’est une puissance impériale, mais pas impérialiste. Si Moscou a tendance à rabrouer les petits pays qu’il protège, il n’entend pas étendre son hégémonie par la force. Sa stratégie militaire est celle du « déni d’accès » à son territoire. Ses armées sont les premières au monde en termes de défense anti-aérienne et anti-navale. Elles peuvent détruire des flottes de bombardiers et de porte-avions. Mais elles ne sont pas équipées pour partir à la conquête du monde, ni déployées dans quantité de bases extérieures.

Il est particulièrement étrange d’entendre les Occidentaux dénoncer l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie comme contraire au droit international et à la Constitution ukrainienne. N’est-ce pas eux qui démembrèrent l’URSS et le Pacte de Varsovie ? N’est-ce pas eux qui rompirent l’ordre constitutionnel à Kiev ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, déplore une prétendue volonté russe de « couper l’Europe en deux ». Mais la Russie s’est débarrassée de la dictature bureaucratique soviétique et n’entend pas restaurer le Rideau de fer. Ce sont les États-Unis qui veulent couper l’Europe en deux pour éviter l’hémorragie vers l’Est. La nouvelle dictature bureaucratique n’est plus à Moscou, mais à Bruxelles, elle se nomme Union européenne.

D’ores et déjà, Washington tente de fixer ses alliés dans son camp, il développe sa couverture de missiles en Pologne, en Roumanie et en Azerbaïdjan. Il ne fait plus mystère que son « bouclier » n’a jamais été destiné à contrer des missiles iraniens, mais est conçu pour attaquer la Russie. Il tente aussi de pousser ses alliés européens à prendre des sanctions économiques qui paralyseraient le continent et pousseraient les capitaux à fuir… aux États-Unis.

L’ampleur de ces ajustements est telle que le Pentagone examine la possibilité d’interrompre son « pivot vers l’Extrême-Orient », c’est-à-dire le déplacement de ses troupes d’Europe et du Proche-Orient pour les positionner en vue d’une guerre contre la Chine. Quoi qu’il en soit, toute modification de sa stratégie à long terme désorganisera encore plus ses armées sur le court et le moyen terme. Moscou n’en demandait pas autant, qui observe avec volupté les réactions des populations de l’Est de l’Ukraine et, pourquoi pas, de la Transnistrie.

Referendum en Crimée: Washington concentre tout le mal de l’univers (Paul Craig Roberts)

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95,7% des Criméens mettent une quenelle au tyran de la Maison Blanche

 

Paul Craig Roberts

 

16 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/03/16/95-7-crimeans-give-finger-white-house-tyrant-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans une participation sans précédent dans aucune élection occidentale, les Criméens ont voté à 96% pour rejoindre la Russie. Comme je l’ai dit plus tôt aujourd’hui, sous la logique tordue de Washington, la Crimée n’a jamais fait partie de l’Ukraine puisque les Russes n’ont jamais été permis de voter lorsque le dictateur soviétique Kroutchev coinça la province russe de Crimée en Ukraine en 1954.

Alors que les Criméens célèbrent dans les rues et que les observateurs internationaux sur place, déclarent que le referendum a été totalement juste et non perturbé par quelque menace que ce soit, la Maison Blanche néo-nazie elle a déclaré: “Nous ne reconnaissons pas ce vote”. L’imbécile porte-parole a dit que la Maison Blanche et la “communauté internationale”, car Washington dans son arrogance, pense qu’il est la voix de la “communauté internationale”, ne reconnaissent pas les résultats de la démocratie en action.

La démocratie n’est pas acceptable pour Washington ou pour les gugusses marionnettes américaines qui gouvernent pour Washington en Allemagne, en GB, en France, quand la démocratie ne sert pas l’agenda hégémonique de Washington sur le monde entier. Le porte-parole néo-nazi de la Maison-Blanche a menti comme un arracheur de dents quand il a assuré que le referendum, assuré par les observarteurs internationaux comme ayant été libre et juste, était “administré sous les menaces de violence et d’intimidation.”

Cette déclaration, que maintenant le monde sait être fausse, marque le gouvernement de Washington et ses médias à la botte, comme étant les pires et les plus dangereux menteurs que le monde ait jamais eu à expérimenter. Tout Washington est capable de mensonges: Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et des connexions avec Al Qaïda, le président syrien al-Assad a utilisé des armes chimiques contre sa propre population, l’Iran a un programme nucléaire militaire, Kadhafi a donné du viagra à ses soldats pour qu’ils puissent mieux violer les femmes libyennes, la Russie a envahi la Crimée, Oussama Bin Laden était le cerveau des attentats du 11 septembre. Cela pourrait continuer avec des centaines d’autres exemples des mensonges de Washington. En fait, les gens avertis savent bien que Washington est synonyme de menteur.

Quand le monde finira t’il par sanctionner l’entreprise criminelle qui prétend être le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique ? Quand le tribunal contre les crimes de guerre et le TPI émettront-ils des mandats d’arrêt contre Obama et sa bande de criminels ainsi que ceux des régimes Bush et Clinton ?

Quand les biens du gouvernement américain et de ses membres criminels seront-ils gelés et saisis ?

Pendant encore combien de temps le monde tolèrera t’il la destruction incessante de Washington sur des pays et des peuples de la Somalie à l’Afghanistan en passant par l’Irak, la Libye, le Pakistan, le Yémen, la Syrie, l’Ukraine avec la Chine, la Russie et l’Iran attendant leur tour ?

Le gouvernement des Etats-Unis est la pire entreprise criminelle de l’histoire de l’humanité (NdT: Ex-aequo avec la Vatican à notre sens...). Pas un seul membre du gouvernemnt n’a dit la vérité en ce XXIème siècle. La branche exécutive ment en permanence au congrès, et les idiots utiles, lâches et veules qui y siègent continuent à avaler les sornettes dont on les abreuve. Le congrès est si inutile qu’il devrait être aboli. En fait, je m’attends à ce qu’Obama le dissolve d’un instant à l’autre.

Mais nous avons “la liberté et la démocratie”.

La vérité est que le mal de tout l’univers est concentré à Washington. C’est ce mal absolu qui détruit des millions de vies, et c’est ce mal qui détruira le monde.

Ingérence occidentale en Ukraine: La pressetituée occidentale tente l’enfumage Tatars…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 mars 2014 by Résistance 71

…  L’occident est en train d’essayer de créer de toute pièce une « crise humanitaire » tatare en Crimée avant, pendant et après le referendum, mais la réalité de terrain semble être tout à fait différente. Non seulement la propagande ne prend plus, mais elle est désamorcée le plus souvent même avant qu’elle ne se produise. L’effet pro-actif anti-propagande des médias alternatifs devient optimal. Le contre-pouvoir s’établit enfin doucement mais sûrement. Reste plus qu’à construire un contre-pouvoir politique autogestionnaire de terrain pour renforcer la solidarité et l’entre aide mutuelle au sein des peuples et des peuples entre eux…

— Résistance 71 —

 

Les Tatars de Crimée se rallient à la Russie

 

Réseau Voltaire

 

13 mars 2014

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article182698.html

 

Alors que les Tatars de Crimée avaient dénoncé la tenue d’un référendum d’autodétermination comme inconstitutionnel et avaient appelé à la constitution de milices d’autodéfense, leur principal leader, Mustafa Dzhamilev, revenant sur ses précédentes déclarations, se félicite désormais de l’évolution des choses.

Entre temps, Mustafa Bey [1] a eu une longue conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine et le Parlement de Crimée a adopté diverses mesures pour garantir les droits des Tatars. Les quotas attribués à leurs représentants dans diverses instances seront supérieurs à leur proportion dans la population de Crimée.

 

[1] Le terme « Bey » est un titre honorifique héréditaire donné aux préfets de l’Empire ottoman.

Crise ukrainienne: De l’ingérence de l’occident…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 10 mars 2014 by Résistance 71

Cet article de Georges Stanéchy est à mettre en parallèle avec notre analyse sur la question. Les deux articles étant complémentaires à notre sens.

— Résistance 71 —

 

Ukraine: Le passing shot

 

Georges Stanéchy

 

5 mars 2014

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/2014/03/ukraine-le-passing-shot.html

 

« Vous n’avez pas été conçus pour vivre comme des bêtes
Mais pour faire preuve de courage et de savoir. »
Ulysse (1)

La « claque » !…

Expression jubilatoire de nos plus acharnés chroniqueurs russophobes dans nos médias. Trépignant d’excitation vengeresse en célébrant la réussite du coup d’Etat, renversant président et gouvernement élus de l’Ukraine.

« Poutine » venait, d’après ces analystes euphoriques, de recevoir une monumentale « claque ». Poutine « avait perdu la main », « s’était endormi » pendant les jeux de Sotchi, « surpris » par les évènements… Et autres sarcasmes et ricanements.

Sous-entendu, grâce à l’ingénieux stratagème organisé par les services spéciaux des pays de l’OTAN. Car, dans le fond, ces commentateurs ou « analystes » ne sont pas dupes. Ils mettent, tout simplement, en œuvre leur inépuisable servilité.

Tout le monde le sait, l’a compris : sur fond d’un incontestable mécontentement populaire face à la corruption du pouvoir politique, tous partis confondus, les violentes manifestations sur la place principale de Kiev n’était qu’une méthodique mise en scène. Animée, encadrée, par des commandos formés et équipés aux combats de rue, en cheville avec les médias de la propagande occidentale.

Avec pour objectif premier de bloquer toute évolution normale en cas de crise politique dans un pays à prétention « démocratique » : dissolution des institutions parlementaires ou représentatives défaillantes, et recours aux élections pour désigner de nouveaux responsables.

Pas de quoi s’étonner. Depuis des semaines le « Russia Bashing » battait son plein dans notre sphère médiatique. Ce mélange de désinformation paranoïaque : mensonge, mépris, calomnie, procès d’intention. Avec pour cible principale, la bête noire, le cauchemar des dirigeants occidentaux : Poutine.

Comment ne pas rire, là encore, si le contexte n’était aussi dangereux et dramatique, d’un tel niveau de cynique imbécilité ?…

En fait, nous venons d’assister à  la vieille recette des coups d’Etat organisés par les occidentaux. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des décennies durant. Sur tous les continents. Se spécialisant par régions, dans leurs zones d’administration coloniale ou néocoloniale : Afrique dite « francophone » pour la France, « anglophone » pour le Royaume Uni. Amérique latine, Moyen-Orient ou Asie (Indonésie, Philippines, etc.), pour les Etats-Unis.

En évitant, à présent, de laisser les militaires au premier plan. Dans le meilleur des cas, sous couvert d’élections truquées.

Sauf, que l’Ukraine n’est pas la Côte d’Ivoire, le Nigéria, la Colombie ou le Nicaragua.

Ce fut, donc, le réveil… Style : lendemain de réveillon… S’il y eut « claque », le « retour de claque » fut fulgurant… Nos propagandistes, de fureur, en avalent leurs micros et prompteurs…

L’oligarchie occidentale titubant dans l’ivresse de sa mégalomanie se retrouve, en Ukraine, soudainement confrontée dans son « hubris« , cette démesure dans l’orgueil et le mépris de l’Autre, face à une implacable détermination architecturée sur une remarquable stratégie.

Choc d’autant plus démesuré, ou déséquilibré, que cette oligarchie, profondément corrompue, ne peut faire le poids devant un homme d’Etat, son gouvernement et ses collaborateurs, incarnant la souveraineté et les valeurs d’une Nation, au sens large, en pleine Renaissance.

L’Hubris de l’oligarchie occidentale

Trois tares accablent cette oligarchie, sclérosée dans sa mégalomanie :

i) L’analphabétisme géopolitique

Habituée à dominer, massacrer, piller, pays et populations sans défenses ou quasiment, elle en vient à oublier l’état du monde, sa rapide évolution, les nations et leurs origines. Prétendre provoquer la Russie dans ce qui constitue un de ses hauts lieux d’identité nationale, par ses racines historiques et culturelles, représente une totale méconnaissance des enjeux géopolitiques actuels.

C’est oublier que la fondation de la Russie  remonte au IX° siècle à Kiev. La Russie Kiévienne fondée par Oleg le Sage, la Rus’ de Kiev, en 882, y déplaçant la capitale de son  royaume depuis Novgorod.

Puissant Etat qui se permit d’attaquer Constantinople en 907 avec 80.000 guerriers, et 2000 embarcations. A défaut de prendre la ville, ils en repartirent les fourgons débordant d’or payé par Byzance, avec un traité de paix signé en 911 les autorisant à ouvrir un comptoir dans la cité et y commercer librement. Ce fut le premier traité international de la Russie avec un Etat étranger.

En 988, lors du règne de Vladimir le Grand, un missionnaire, Cyrille, réussit à convertir au christianisme ces rudes descendants de Vikings, les Varègues. La cathédrale Sainte-Sophie de Kiev a été construite par un des plus grands rois de cette dynastie, Iaroslav le Sage. Cette succession de monarques exceptionnels par leur courage et leurs compétences d’administrateurs avisés, sur les immenses territoires des grands fleuves de la Baltique à la Mer Noire, incarne, symbolise, le socle de la Russie.

Non, Monsieur Obama, « Mille ans d’Histoire » ne se balayent pas d’un effet de manche !… Il est vrai, qu’il y a 1000 ans, les Etats-Unis n’existaient pas…

L’Occident était pourtant prévenu.

Souvenons-nous en 2008, lors des JO de Pékin, les occidentaux avaient fomenté une attaque-surprise lancée depuis leur protectorat de Géorgie, armé et encadré par l’OTAN. Violente et traitreuse agression contre des membres de la Fédération Russe, Ossétie et Abkhazie, sur ses frontières du Caucase. (2)

Ce fut la raclée immédiate.

C’est oublier, aussi, deux principes fondamentaux de la stratégie, connus depuis des millénaires. Depuis Sun Tzu (3) :

=>   On n’agresse jamais une nation, qui ne vous souhaite aucun mal, sur son territoire. C’est l’échec assuré. Sun Tzu emploie le terme : « mortel ». (XI-10-225)

=>   Encore plus important : sous-estimer son adversaire est la certitude d’une défaite. (IX-46-212)

ii) L’illusion de la condescendance

Ce mépris, cette condescendance, attitude permanente des oligarques occidentaux et de leurs médias à l’égard de la Russie, illustrent l’expression récurrente de leur hystérie :
« Prendre ses désirs pour la réalité ».

Comment pouvait-on penser, une seule seconde, que les Russes « s’endormaient » dans la préparation ou la célébration des jeux de Sotchi et autres fadaises de la propagande ?… Depuis 2008, les Russes savaient qu’après le fiasco de leur aventure militaire, via la Géorgie, l’oligarchie occidentale organiserait une manœuvre de déstabilisation de l’Ukraine.

Eux aussi, ils ont leurs « War Room« , « Data Room« , moyens d’écoute et de repérage. Avec des dizaines de spécialistes, surveillant les opérations sur le terrain. Minute après minute. Avec organigrammes, photos, profils de tous les protagonistes, groupuscules et commandos. Agitations de tous les diplomates, intellectuels, ONG et journalistes, vrais et faux, des pays de l’OTAN. Venant déverser leur huile sur les feux du mécontentement, de la colère ou de la rue.

Relevés méticuleux des circuits de tous les mouvements d’argent. Corruptions des politiciens de tous les partis, responsables des services de police, officiers généraux de l’armée. Paiements « cash », lors des combats de rue, des mercenaires-agitateurs (30 € la journée, 35 € avec leur équipement personnel : casque, bouclier, barre de fer ; 5 € la bouteille incendiaire, etc.) : Business as usual… Identification, aussi, de ceux qui refusaient de se mettre à la solde des occidentaux pour encourager, répandre, le chaos.

C’est oublier que leurs services de renseignement sont parmi les plus performants. En Ukraine plus qu’ailleurs. N’oublions pas qu’ils étaient comme chez eux à la NSA, et qu’ils décortiquent semaine après semaine les « 2 millions » de  documents ramenés pas Snowden avec sa brosse à dent…

Alors, le tissage de la toile, par les services spéciaux (action psychologique et action militaire) des membres de l’OTAN ne pouvait échapper à leur vigilance. Surtout le théâtre d’ombres animé par les services américains, britanniques, et allemands. Et, tout aussi actifs en Ukraine : polonais. La Pologne étant frontalière, et puissance occupante pendant deux siècles (XV° – XVII° siècles) avec une importante influence dans la partie « Ouest » comme il est dit actuellement, par opposition à l’Est de l’Ukraine et à la Crimée.

Cette maîtrise du renseignement leur a permis de préparer un large éventail de ripostes en fonction du degré d’implication de l’OTAN, avec ses ramifications dans « l’économie-casino » : spéculations boursières, manipulations du marché des devises, etc. Dans une stratégie parfaitement planifiée. Au-delà d’une simple riposte, il convient en effet de maximiser les gains au détriment d’un agresseur imprévoyant, pris au piège de ses propres mésaventures et de son incurable mégalomanie.

Dérisoire illusion de l’arrogance occidentale…

iii)  Le fanatisme idéologique

Arrogance nourrie par une idéologie coloniale forgée au cours des siècles qui atteint, de nos jours, des dimensions délirantes. Sans contrepoids, du fait que les puissances régionales (Russie et Chine, principalement) évitent, pour le moment, toute confrontation déclarée. Les occidentaux assimilant, évidemment, cette attitude de retenue et de prudence à de la faiblesse.

En Ukraine, ils se sont crus ainsi tout permis pour renverser le gouvernement et installer leurs marionnettes. Utilisant pour cela tous les moyens.

Jusqu’aux groupes néonazis, très nombreux et bien organisés en Ukraine de l’Ouest. Violemment antirusses. Héritiers des 250.000 d’entre eux qui se sont engagés, lors de la deuxième guerre mondiale, dans les troupes allemandes. Dont certaines se sont férocement illustrées dans l’occupation de la Yougoslavie, défendue par les résistants de Tito.

Ce sont eux qui ont pris d’assaut le parlement, armes à la main, pour faire « voter  la destitution » du président…

En termes d’organisation et de montage opérationnel, ce coup d’Etat m’a renvoyé à celui de 1953 qui a renversé Mossadegh et son gouvernement, régulièrement élus. Sanctionnés par les anglo-américains pour avoir refusé la spoliation des ressources énergétiques de l’Iran. Même racaille de félons, repris de justice, gangsters et tueurs, pour abattre des institutions démocratiques. Bien sûr, la personnalité magnifique d’intégrité de Mossadegh n’a rien à voir avec celle, pitoyable, de l’incompétent Yanoukovich.

Natalia Vitrenko, blessée dans un attentat à la grenade lors de sa campagne à l’élection présidentielle de 1999, responsable d’un des partis politiques du pays (Parti Socialiste Progressiste d’Ukraine – PSPU), a dénoncé ce coup d’Etat :
« Washington et Bruxelles… ont organisé un coup de type Nazi, effectué par des insurgés, des terroristes et des politiciens… pour servir les intérêts de l’Occident »

[Washington and Brussels … used a Nazi coup, carried out by insurgents, terrorists and politicians … to serve the geopolitical interests of the West.]

L’américain Mike Whitney qualifie ce coup d’Etat de « plan le plus stupide d’Obama à ce jour » [Obama’s Dumbest Plan Yet] (4) :

« Obama & Co ont renversé le président démocratiquement élu, Viktor Yanoukovich, avec l’aide de l’ultra-droite, de groupes paramilitaires, de gangs néo-nazis, qui se sont emparés et ont brûlé des bâtiments du gouvernement, tué des policiers antiémeutes, et répandu le chaos et la terreur à travers le pays. »

[Obama and Co. have ousted Ukraine’s democratically-elected president, Viktor Yanukovych, with the help of ultra-right, paramilitary, neo-Nazi gangs who seized and burned government offices, killed riot police, and spread mayhem and terror across the country.]

Jean-Bernard Pinatel, ancien général de l’armée française, dans une analyse, rappelle les faits qu’omettent systématiquement les médias de la propagande en France (5):
« Un président démocratiquement élu en 2012, chassé de sa capitale par les manifestants de la place de Maïdan où l’on a vu se côtoyer des groupes paramilitaires ultranationalistes affichant des signes nazis et qui refusent l’Europe. »

Notre pays, inévitablement, suivant dans son habituel réflexe moutonnier, docile, le troupeau des bellicistes et de l’extrême-droite américaine. « Gauche » en tête, en rang par deux…

Au lieu de recommander l’apaisement et le respect des règles démocratiques, de rappeler qu’un « gouvernement de transition » n’a pas à légiférer ni procéder à des nominations  de responsables d’administration, mais se doit de préparer le plus rapidement possible des élections fiables, cette « gauche » se précipite dans la diabolisation de la Russie et de son président. Même José Bové : pathétique…

Quant à Bernard-Henri Lévy, du fond des abysses du ridicule, il provoque l’ironie d’Eric Zemmour s’étonnant de le voir soutenir des groupes néo-nazis et des coupeurs de gorge. Mais, à force de répéter : « Ce qui est bon pour Israël… ». N’en perd-il pas la boussole ?…

En fait, tous ces zélés propagandistes appliquent à la lettre les directives du plan élaboré dans les années 1990 par Zbigniew Brzezinski et ses acolytes, suite à la disparition de l’Union Soviétique. Programmant la déstabilisation et l’éclatement de la Russie. Dont les grandes lignes, dans une provocante impudence, ont été publiées fin 1997 (6) :
 “A Geostrategy for Eurasia”.

Il y est stipulé, avec précision, que la Russie doit être divisée en trois entités : Russie Européenne (European Russia), République Sibérienne (Siberian Republic), et République d’Extrême-Orient (Far Eastern Republic)… L’avantage de cette partition serait une Russie « moins susceptible d’une mobilisation impériale » […“ a decentralized Russia would be less susceptible to imperial mobilization”].

Ce projet géopolitique à long terme structure, en conséquence, la russophobie médiatique et les manœuvres incessantes de déstabilisation de ce pays. D’autant que son opposition, exprimée dans ses votes au Conseil de Sécurité, aux récentes aventures guerrières de l’OTAN à l’encontre de la Syrie et de l’Iran, tout particulièrement, ont enragé les grands timoniers de cette géopolitique de la soumission et de la prédation de la planète à leur seul profit.

On comprend mieux l’acharnement de la coordinatrice des opérations du coup d’Etat en Ukraine, Victoria Nuland, contre l Russie. Son activisme effréné, caricatural, hystérique, l’avait même amenée à distribuer des cookies aux manifestants, complaisamment photographiée, sur la principale place de Kiev, en décembre dernier. Jusqu’à reconnaître officiellement que le budget de déstabilisation de l’Ukraine, qualifié de « promotion de la démocratie », s’élevait à 5 milliards de dollars (oui : milliards…), sur deux décennies (7).

Elaborant, tel un chef cuisinier choisissant avec soin ses ingrédients, le futur gouvernement et ses titulaires dans un échange avec l’ambassadeur américain à Kiev, Geoffrey Pyatt.  Insultant, au passage, l’Union Européenne, témoignant du mépris du gouvernement américain, dans la plus extrême des vulgarités : « Fuck the EU » (8).

Véritable pièce d’anthologie sur la préparation des coups d’Etat, cette conversation téléphonique a été piratée et mise en ligne sur internet. Figurant dans une vidéo téléchargeable (avant censure…), intitulée  ‘Maidan Puppets’ [Les Marionnettes de Maidan (la place centrale de Kiev)]. (9)

Depuis, elle s’est excusée auprès de ses collègues européens. Mais, pas auprès du peuple Ukrainien.

Ajoutons, pour la petite histoire, qu’elle est mariée à Robert Kagan. Pour ceux qui s’en souviennent, hôte permanent des grands débats sur nos chaînes de TV « publiques », notamment sous la houlette de la « directrice de l’information » de l’époque Arlette Chabot, lors de l’invasion de l’Irak. Islamophobe halluciné, chargé de vendre, à l’opinion publique française, la nécessité de réduire l’Irak en poussière pour la défense de « Notre Civilisation »…

En fin de compte, ce coup d’Etat, cette provocation, représentent, pour la Russie, l’occasion rêvée, sur un plateau, de marquer un coup d’arrêt à cette pathologie des oligarques occidentaux. De donner une réelle leçon de géopolitique à cette bande de voyous, fanatiques, hyperviolents, prédateurs sanguinaires et cruels, multipliant destruction, souffrance, désespoir, de tant de peuples et nations.

Coup pour coup

Nos « chroniqueurs-analystes » n’ont rien compris… Loin d’administrer une « claque », les dirigeants occidentaux, infatués, trop sûrs d’eux-mêmes, se sont retrouvés dans un contexte qui les dépassait par ses enjeux mal évalués.

En résumé, la métaphore d’une partie de tennis aidant, ils se sont précipités au filet, frappant de toutes leur énergie, certains de marquer le point. Sauf que Poutine, maîtrisant parfaitement la vision du jeu, reprenant la balle au bond, a répliqué par un magistral passing-shot, hors de leur portée. Brillant gagnant. Sans effort…

i)  Présomptueuse montée au filet

L’Ukraine traverse le même état de décomposition que la Russie sous Eltsine. Pourrie de corruption, largement alimentée par l’Occident, entretenue par des oligarques locaux. Noyautée, manipulée, par une multitude d’ONG « bidons », dont la vocation est de déstabiliser, fragiliser, fracturer, la société civile exaspérée par l’incurie de sa classe dirigeante.

La Russie, tout en connaissant ces mécanismes, ne pouvait intervenir : elle serait immédiatement accusée de vouloir reconstruire l’Empire Soviétique ou, dans le meilleur des cas, l’Empire Russe. Pour reprendre les clichés de la propagande russophobe… Dans l’attente d’une réforme constitutionnelle et l’arrivée d’une nouvelle génération de dirigeants, ne lui restait donc qu’une solution : attendre l’écroulement du système politique actuel, préalable à une mutation, tout en sauvegardant au mieux ses intérêts et ceux de la population Russe dans le pays.

A la faveur de cette situation, avec la complicité des responsables politiques soudoyés, cet important marché, de 45 à 50 millions d’habitants selon les recensements, était progressivement pénétré, pour ne pas dire gangréné par les intérêts étrangers.

Notamment les meilleures terres agricoles, accaparées par des sociétés occidentales, transformées en monoculture intensive, hyper-mécanisée, dont la production est uniquement destinée aux marchés internationaux spéculatifs (le blé, tout particulièrement). Avec les métastases habituelles : aucune création d’emplois, marges bénéficiaires encaissées à l’étranger, et dissimulées dans les paradis fiscaux.

Cette spoliation devait être accélérée, beaucoup d’entreprises et de services publics restant à privatiser. Les requins de la « mondialisation » se délectant, à l’avance, du plantureux festin.

A la perspective, mirobolante, de se saisir à bon compte, c’est-à-dire pour une poignée de cacahuètes, du pôle industriel des villes de l’Ukraine de l’Est (Kharkov, Donetsk, etc.). Un des premiers d’Europe centrale : métallurgie (une aciérie est déjà intégrée dans le groupe Mittal) et alliages, mécanique et transformation (matériel de transport, agricole), agroalimentaire, etc. Très lié, pour ses débouchés, au marché Russe fortement demandeur.

Signe évident : le « gouvernement désigné par les gangs de la rue », a immédiatement nommé 18 nouveaux gouverneurs dans les provinces. Dont deux « oligarques- milliardaires » (en euros), œuvrant dans les coulisses du pouvoir depuis la « révolution orange ». Spécialement affectés à la préparation des « privatisations » dans les régions industrielles de l’Est, en tant que fondés de pouvoir des groupes occidentaux (10) :

   Igor Kolomoysky pour l la region de Dnepropetrovsk

   Sergey Taruta pour la region de Donetsk

ii)  Fatale erreur d’appréciation

Toutefois l’Occident, emporté par la voracité de ses affairistes et le fanatisme de ses idéologues, a franchi deux « lignes rouges ». Ce qu’il n’aurait jamais dû faire. Provocation, prétention, action, projet, inacceptables pour la Russie : véritable « Casus Belli » ! Fatale erreur d’appréciation :

=>  Remettre en cause la base navale de Sébastopol
Son gouvernement fantoche sous le bras, l’Occident allait rapidement faire dénoncer le contrat de bail (il avait fait « voter » une loi pour supprimer l’usage et l’enseignement de la langue Russe !…) liant l’Ukraine et la Russie pour la location de la base navale de Sébastopol. Célèbre, vénérée par les Russes, pour sa résistance héroïque face aux troupes allemandes pendant la seconde guerre mondiale.

D’où sont partis, ne l’oublions pas, les bâtiments de la marine Russe venus s’interposer entre les forces de l’OTAN et la Syrie. L’objectif étant de fermer ces imposantes installations militaires pour affaiblir le dispositif de défense et de dissuasion de la Russie.

=>  S’emparer du pôle aéronautique et spatial Russo-Ukrainien

Situé en Ukraine de l’Est (Kharkov, principalement), enjeu stratégique majeur : les occidentaux s’apprêtaient à faire main basse, à partir de rapides opérations « privatisation-escroquerie », sur un des plus importants pôles de haute technologie de la planète dans le domaine aéronautique et spatial. Indissolublement fusionné, depuis des décennies, avec l’industrie de la défense et de l’armement de la Russie.

Exemple : à la pointe de l’innovation et de la prouesse technique, le constructeur d’avions Antonov qui vient de lancer le plus agros avion de transport existant sur le marché avec l’impressionnant An-225.

Prétention occidentale aussi stupide que le serait celle des Russes voulant s’emparer d’une partie des bureaux d’études et des installations de fabrication de Boeing ou de Lockheed Martin…

iii)  Imparable passing-shot

Face à ce coup d’Etat, ce coup de force, les Russes bénéficient du soutien de la totalité de l’opinion publique internationale, hors formatage de celles des pays de l’OTAN asphyxiées de propagande. Unanimement détestés pour leurs incessantes manifestations d’arrogance et campagnes de violence armée, sous les prétextes les plus mensongers.

Plus important, ils ont le support actif des chancelleries des principaux pays du monde. A commencer par la Chine qui a officiellement déclaré le 3 mars 2014 sa solidarité.

Endettés jusqu’au coup, croulant sous le chômage exponentiel, brandissant leurs ineptes menaces de « sanctions économiques », sans foi, ni loi, habitués à ne pas respecter le droit international, les occidentaux ont beau multiplier postures et grands airs, s’agiter et aboyer : ils sont coincés. Pris au piège, comme des rats.

Ou, ils acceptent la légalité en Ukraine, élections fiables et non pas « dictature des gangs de rue » agissant pour le compte de l’oligarchie occidentale, reconnaissent les intérêts civils et militaires de la Russie.

Ou, Poutine double la mise. Emportant immédiatement deux superbes lots, sous le nez des oligarques de l’OTAN :

=>   La Crimée. Donnée en cadeau par Khrouchtchev à l’Ukraine en 1954, retournant à la mère-patrie. D’abord par une autonomie renforcée, évoluant vers l’indépendance, s’achevant par l’intégration à la Fédération Russe. Ce que souhaitent les habitants Russes de Crimée. La Russie sécurisant ainsi sa base navale de Sébastopol, sans avoir à renouveler de bail.

=>   L’Ukraine de l’Est. Peuplée majoritairement de Russes souhaitant, eux aussi, rejoindre la Fédération Russe. Rejetant en masse le « gouvernement des casseurs » de Kiev. Surtout, depuis les velléités du « nouveau gouvernement » de vouloir interdire la langue Russe.

Par une sécession en réactivant, sous une forme actualisée, l’éphémère République de Donetsk-Krivoï-Rog proclamée le 11 février 1918. Elle avait eu pour capitales successives : Kharkov et Louhansk. Avant d’être fondue dans l’Union Soviétique.

Elle suivrait la même évolution que la Crimée dans son rattachement à la Fédération Russe. Laissant, la partie Ouest de l’Ukraine à sa russophobie, et aux délices des « plans d’austérité » du paradis de l’UE…

Ainsi l’arrogance, l’inculture, l’obscurantisme, la stupidité, des castes au pouvoir en Occident ont fait de Poutine et de la Russie les vainqueurs, toutes catégories, de l’imbécile confrontation qu’ils ont organisée en Ukraine…

Pour se rassurer, les incrédules sous perfusion de la propagande OTANesque, persuadés de l’invasion par la méchante Russie d’un pays au gouvernement démocratiquement désigné par les « gangs de la rue », vertueusement défendu par les pays occidentaux, considèreront que tout ce que j’énonce n’est que « politique-fiction ».

Avec raison, peut-être ?…

Sauf sur un point, en dépit de leur déni forcené, grotesque d’obstination : Vladimir Poutine est indubitablement un « Homme d’Etat ». D’une exceptionnelle envergure par sa vision politique, sa pondération, sa ténacité et son courage.

 

Son pays et le présent siècle lui devront beaucoup…

Ukraine, Washington, UE, FMI, City de Londres et banksters… La curée a débuté

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 7 mars 2014 by Résistance 71

A lire en complément:

« Analyse sur le ‘coup’ en Ukraine » (Résistance 71)

« L’Ukraine sous le coup des banquiers fascistes » (Dean Henderson)

« La prétention de Washington en Ukraine sert la guerre » (Paul Craig Roberts)

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Le pillage de l’Ukraine a commencé

 

Paul Craig Roberts

 

6 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/03/06/looting-ukraine-begun/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

D’après un rapport publié dans Kommersant-Ukraine, les sbires du ministère des finances de Washington qui prétendent être un gouvernement, ont préparé un plan d’austérité économique qui va amputer les retraites des Ukrainiens de 160 US$ à 80US$ par mois (50% de coupe…) de façon à ce que les banksters occidentaux qui prêtèrent de l’argent à l’Ukraine puissent se rembourser sur le dos des pauvres Ukrainiens.

http://www.kommersant.ua/doc/2424454 C’est la Grèce 2.0

Avant même qu’une quelconque stabilité ou légitimité ait été obtenue du gouvernement marionnette mis en place par le coup d’état orchestré depuis Washington contre le gouvernement légitime de l’Ukraine, les pillards de l’occident sont déjà à l’ouvrage. Les manifestants naïfs qui ont cru la propagande disant que l’offre de devenir membre de l’UE donnera une meilleure vie, vont voir leurs retraites (dans un premier temps) diminuées de moitiè à partie du mois d’Avril. Ceci n’est que le début.

Les médias occidentaux totalement corrompus décrivent les prêts comme des “aides”. Quoi qu’il en soit, les 11 milliards d’Euros que l’UE offre à Kiev n’est pas une aide, c’est un prêt ; de plus celui-ci vient avec beaucoup de contraintes, incluant l’acceptation par Kiev d’un plan d’austérité du FMI.

Rappelez-vous, des Ukrainiens crédules ont participé aux manifestations qui furent utilisées pour renverser leur gouvernement élu, parce qu’ils ont cru les mensonges que les ONG financées par Washington (NdT: par le biais de l’USAID, la NED et affiliés…) leur ont raconté, notamment qu’une fois qu’ils auraient intégré l’UE ils verraient les rues pavées d’or. Au lieu de cela, ils vont subir un plan drastique d’austérité du FMI et des coupes immédiates dans leurs retraites.

Le plan d’austérité va couper dans les services sociaux, dans les budgets de l’éducation, ordonner le licenciement de fonctionnaires, la dévaluation de la monnaie, ainsi augentant les prix des importations, dont bien sûr le gaz russe et donc par là même l’électricité et aussi ouvrir le patrimoine et les biens de l’Ukraine aux requins des corporations occidentales.

Les terres arables de l’agriculture ukrainienne vont passer dans les mains de l’agro-business américain (NdT: Monsanto and co… Imaginons l’horreur des énormes étendues agricoles ukrainiennes remplies d’OGM et de cultures bidons pour le bio-carburant… Ouch !)

Une partie de ce plan euro-washingtonien pour l’Ukraine, ou du moins pour la partie de l’Ukraine qui n’est pas passée à la Russie, a été couronné de succès. Ce qu’il reste du pays va être consciencieusement pillé par l’occident.

L’autre partie n’a pas si bien marché. Les sbires de Washington ont perdu le contrôle des manifestations au profit d’ultra-nationalistes armés. Ces groupes, dont les racines remontent à Hitler et à ceux qui combattirent pour l’Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale, se sont engagés dans une rhétorique et des actions qui ont poussé les populations du sud et de l’Est du pays à demander leur rattachement à la Russie, où du reste ils résidaient avant que l’URSS ne les délèguent à l’Ukraine dans les années 1950.

A l’heure où j’écris ces lignes, il semblerait que la Crimée ait fait sécession de l’Ukraine. Washington  et ses marionnettes de l’OTAN (NdT: Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord rappelons-le…) ne peuvent rien faire si ce n’est gesticuler et menacer de sanctions. L’imbécile de la Maison Blanche a démontré l’impotence de ces “Etats-Unis seule super-puissance” en émettant des sanctions contre des personnes inconnues, quelles qu’elles soient, responsables d’avoir retourné la Crimée à la Russie, où elle existait durant 200 ans, avant que, d’après Soljénitsine, un Kroutchev bourré, de descendance ukrainienne, ne rattache les provinces russes sud et orientales à l’Ukraine. Ayant observé ce qu’il s’est passé en Ukraine occidentale, ces provinces veulent retourner là où elles appartiennent en premier lieu, tout comme l’Ossétie du sud ne voulait rien avoir à faire avec la Georgie.

Les suppôts de Washington à Kiev ne peuvent rien faire au sujet de la Crimée, si ce n’est se lamenter et gesticuler. Sous l’accord russo-ukrainien, la Russie est permise d’avoir 25 000 troupes en Crimée. Les médias pressetitués des USA et de l’UE déplorent une “invasion russe de 16 000 troupes”, ceci est soit une totale ignorance ou une complicité flagrante avec les mensonges de Washington. De manière évidente, les médias occidentaux sont corrompus. Seul un idiot peut encore se fier à leurs commentaires et rapports. N’importe quel média qui continuerait à croire quoi que ce soit de ce que raconte Washington, après avoir vu George W. Bush et Dick Cheney envoyer leur ministre des AE Colin Powell aux Nations-Unies pour vendre les mensonges du régime au sujet “des armes de destruction massive irakiennes”, armes reconnues non-existantes par les inspecteurs de l’ONU qui en avaient averti au préalable la Maison Blanche, est clairement une pute médiatique achetée et payée pour.

Dans les anciennes provinces russes de l’Ukraine orientale, l’approche quelque peu timorée que Poutine a adopté envers la menace stratégique que Washington a amené à la Russie, a donné à Washington une chance de s’accrocher à un complexe industriel majeur qui sert à la fois l’industrie et l’économie russe ainsi que son complexe militaire. Les Ukrainiens dans l’Est du pays sont eux-mêmes dans les rues demandant leur dissociation du gouvernement illégitime de Kiev que Washington leur a imposé après ce coup d’état. Washington réalisant son incompétence crasse et ayant perdu la Crimée, a laissé ses sbires de Kiev nommer des oligarques ukrainiens, contre lesquels les manifestations de la place Maïdan furent en partie dirigées, à des positions clef de gouvernement dans les villes de l’Ukraine orientale. Ces oligarques possèdent leurs propres milices privées en plus de la police et de l’armée, du moins les quelques unités de l’armée ukrainienne demeurant fonctionnelles. Les leaders des populations russes protestant en Ukraine sont arrêtés et “portés disparus”. Washington et ses marionnettes de l’UE, qui proclament leur soutien à l’auto-détermination, ne soutiennent celle-ci que lorsqu’elle peut-être manipulée à leur profit. En conséquence, Washington œuvre à se débarrasser de l’auto-détermination en Ukraine orientale.

Ceci est un grave dilemme pour Poutine. Son approche profile bas a permis à Washington de saisir l’initiative en Ukraine orientale. Les oligarques Taruta et Kolomoysky ont été mis au pouvoir à Donetsk et à Dnipropetrovsk et sont en train de faire arrêter des Russes et commettent des crimes indescriptibles, mais vous ne l’entendrez jamais de la pressetituée occidentale et américaine. La stratégie de Washington est d’arrêter et de mettre six pieds sous terre les leaders des sécessionnistes de façon à ce qu’il ne reste plus aucune autorité pour demander l’aide de Poutine et l’intervention de la Russie.

Si Poutine a des drones, il a l’option de flinguer Taruta et Kolomoysky. Si Poutine laisse Washington s’emparer des provinces orientales russes de l’Ukraine, il aura alors démontré une faiblesse que Washington va exploiter. Washington exploitera la faiblesse au point qu’il forcera Poutine à faire la guerre.

Et cette guerre… sera nucléaire.

Ingérence occidentale en Ukraine: Russie et Chine sur la même longueur d’onde…

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La Russie et la Chine “en accord général” sur la question de l’Ukraine

 

Press TV

 

3 mars 2014

 

url de l’article:

http://www.presstv.ir/detail/2014/03/03/353041/russia-china-in-agreement-on-ukraine/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le ministre russe des affaires étrangères dit que la Russie est en accord général avec la Chine au sujet de la situation en cours en Ukraine.

L’annonce du ministère a suivi une conversation téléphonique entre le ministre russe Sergeï Lavrov et son homologue chinois Wang Yi lundi.

“Les ministres des AE ont échangé leurs points de vue sur la situation en Ukraine. Ils ont noté une grande convergence de leurs visions sur la situation en cours dans et autour du pays (l’Ukraine),” a dit le ministère russe des AE.

De plus, les deux ministres ont promis de continuer à se consulter de près sur cette matière.

Dans le même temps, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon doit rencontrer Lavrov plus tard en marge du conseil des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme de Genève afin de discuter la crise qui spirale en Ukraine.

Les développements arrivent au moment où 7 pays industrialisés majeurs ont dénoncé les actions militaires de la Russie dans la république semie-autonome de Crimée.

Le 1er mars, la chambre haute du parlement russe a unanimement approuvé une requête faite par le président Poutine de déployer des troupes en Crimée si cela devenait nécessaire.

L’acceptation est arrivée après que le premier ministre régional de Crimée Sergeï Aksenov ait demandé à Poutine de l’aider à restaurer la paix et le calme dans la région soumise à des tensions suite à la résistance de la région aux nouvelles autorités pro-occidentales de Kiev.

La Russie a envoyé quelques centaines de ses troupes sur le territoire ukrainien de Crimée “pour protéger ses intérêts ainsi que les russophones dans cette région.”