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L’illusion de Minsk

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Résistance 71

 

13 Février 2015

 

Trève, cessez-le-feu, solutions au conflit ukrainien, bla bla bla, nous dit-on de sources officielles. Un accord en 13 points a été trouvé pour sauver la paix, même précairement, en Ukraine et au Donbass en révolte contre le régime nazi de Kiev mis en place par l’OTAN et sa cohorte de larbins.

Poutine croit-il un mot de toute cette salade ? Espérons que non!

La réalité semble t’il et ce fut sans doute la raison de la visite du couple de l’année Hollande-Merkel à Kiev et à Moscou avant la rencontre de Minsk, a été de négocier pour éviter le marasme total des troupes ukrainiennes au Donbass dont celles encerclés dans le chaudron de Debraltsevo. Là, de 7 à 8000 troupes du régime de Kiev sont encerclées et attendent soit l’ordre de capituler, soit de se faire massacrer. L’OTAN se fout royalement des bidasses ukrainiens, par contre, et cela ne doit pas se savoir officiellement, il y a des centaines de troupes françaises, britanniques, allemandes coincées avec les Ukrainiens. Là par contre, çà ferait mauvais genre de les voir parader prisonniers devant les caméras des télés russes et rebelles… Il fallait gagner du temps et débloquer la situation pour au moins pouvoir exfiltrer la bidasserie de l’OTAN encerclée à Debaltsevo. De plus, les yankees devant armer et entraîner les troupes ukrainiennes, ils ont besoin de temps pour le faire et préparer la prochaine offensive.

Il suffit de regarder l’histoire du pays du goulag levant (ex-USA) pour s’en convaincre, à chaque fois que les yanks négocient, c’est qu’ils sont coincés et ont besoin de temps, une fois revigorés, ils brisent systématiquement toute trève ou traité pour revenir avec plus de force et de violence. Demandez aux nations Lakota, Cheyennes, Apaches (pardon à celles qu’on oublie), ce qu’elles en pensent ?

En regard de l’histoire, il est impossible de faire confiance en quoi que ce soit aux officiels yankees et l’OTAN étant sous commandement états-unien, on sait donc ce que cela veut dire.

La question est de savoir pourquoi Poutine joue t’il le jeu ? Pense t’il l’OTAN dans l’impasse ? Ou ne veut-il pas passer pour le borné inflexible de service, et laisser ainsi le régime de Kiev une fois revigoré par les armes et l’entrainement US, briser les accords de Minsk et ainsi avoir l’avantage moral en prouvant qu’on ne peut faire confiance à l’alliance Kiev/OTAN ? Connaissant Poutine la seconde option semblerait de mise, mais quel sera le prix à payer dans le futur pour le peuple du Donbass?

L’OTAN et ses maîtres de Washington veut gagner du temps et se regrouper pour mieux attaquer. Ils ne laisseront pas le Donbass en paix, ce n’est qu’une question de temps.

Par contre cela pourrait offrir une fenêtre à l’empire et son bras armé de l’OTAN, pour transférer ses mercenaires takfiristes de l’EI en déroute en Syrie vers le Caucase pour y recommencer une guerre en Tchétchénie afin d’occuper Poutine sur un autre front. Les options sont multiples et si nous y pensons, il va sans dire que Poutine le joueur d’échecs a prévu la tactique et s’y prépare ; c’est du moins ce qui paraît le plus logique.

Le message en fait est ZERO CONFIANCE à ce ramassis de va t’en guerre de l’OTAN, nul doute qu’en coulisse, les Russes anticipent les coups foireux et trahisons à venir. Espérons-le en tout cas.

Ingérence occidentale en ukraine: Vent de guerre ou guerre froide planifiée…

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Plus proche de la guerre

 

Paul Craig Roberts

 

26 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/04/26/moving-closer-war-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le régime Obama qui se complaît dans le mépris et l’arrogance a poussé par témérité imbécile la crise ukrainienne en une crise avec la Russie. Que ce soit intentionnellement ou stupidement, les mensonges propagandistes de Washington mènent la crise à la guerre. Sans plus aucune volonté d’écouter plus avant les menaces dénuées de sens de Washington, Moscou ne prend plus aucune communication téléphonique d’Obama et des hauts fonctionnaires américains.

La crise en Ukraine a pour origine le renversement par Washington du gouvernement démocratiquement élu et son remplacement par des sbires choisis par Washington. Ceux-ci ont procédé en paroles et en actions contre les populations des anciens territoires russes que des leaders du parti communiste soviétique ont rattaché à l’Ukraine. La conséquence de cette politique idiote est une agitation provenant de la population d’origine russe et/ou parlant le russe, poussant pour un rattachement à la Russie. La Crimée a déjà rejoint la Russie et l’Est de l’Ukraine ainsi que d’autres parties du pays ont pas mal de chance de faire de même.

Au lieu de comprendre son erreur, le régime Obama a encouragé les marionnettes de Washington installées à Kiev à utiliser la violence contre ces zones russophones qui s’agitent pour un referendum de façon à ce qu’elles puissent voter pour leur rattachement à la Russie. Le régime Obama a encouragé la violence et ce malgré la claire prise de position du président Poutine de ce que l’armée russe n’occuperait pas l’Ukraine à moins que la violence ne soit utilisée contre les manifestants.

Nous pouvons donc en conclure de manière quasi certaine que soit Washington n’écoute pas quand on lui adresse la parole ou bien qu’il désire la violence.

Comme à la fois Washington et l’OTAN ne sont pas positionnés en ce moment précis pour bouger des forces signifiantes en ukraine avec lesquelles elles confronteraient l’armée russe, pourquoi donc le régime Obama essaie t’il de provoquer une action de la part de l’armée russe ? Une réponse possible à cette question est que le plan de Washington de virer la Russie de sa base navale de la Mer Noire (à Sébastopol) ayant foiré, son plan B est de sacrifier l’Ukraine à une invasion russe de façon à pouvoir diaboliser la Russie et ainsi forcer de plus grandes dépenses pour l’armée des membres de l’OTAN ainsi que d’obtenir plus de persuasion pour le déploiement des troupes de l’organisation.

En d’autres termes, le gros lot du plan B est une nouvelle guerre froide et des milliers de milliards de dollars de bénéfices pour le complexe militaro-industriel et de la sécurité américain.

La poignée d’hommes (600) et d’avions que Washington a envoyé pour “rassurer” les régimes incompétents de ces endroits fauteurs de troubles permanents que sont la Pologne de l’Ouest et la région de la Baltique, ainsi que les quelques navires lance-missiles envoyés en Mer Noire ne ressemblent à rien d’autre que de la provocation symbolique.

Les sanctions économiques appliquées à des individus officiels russes ne signalent rien d’autre que l’incapacité de Washington. De véritables sanctions toucheraient les états marionnettes de l’empire menbres de l’OTAN bien plus que ces mêmes sanctions ne toucheraient la Russie.

Il est très clair que Washington n’a absolument aucun désir de traiter quoi que ce soit avec le gouvernement russe. Ses demandes ont rendu cette conclusion inévitable. Washington demande que le gouvernement russe retire le tapis de dessous les pieds des populations qui manifestent en Ukraine et qu’elles se soumettent à Washington et ses sbires de Kiev. Il demande aussi que la Russie réfute la réunification avec la Crimée et rende la Crimée à Washingrton de façon à ce que le plan de virer les russes de leur base navale de Sébastopol puisse être entériné et aller de l’avant.

En d’autres termes, Washington demande que la Russie raffistole Rondu-Pondu et le lui rende.

Ceci est tellement irréaliste que cela surpasse toute définition de l’arrogance. Le fou de la Maison blanche dit à Poutine: “J’ai foiré ma prise de votre pré carré, je veux que vous arrangiez tout çà pour moi et que vous assuriez le succès de la menace stratégique que j’avais l’intention d’amener dans votre jardin.”

La pressetituée occidentale et les états européens marionnettes de Washington soutiennent cette demande irréaliste. En conséquence, les leaders russes ont perdu toute confiance dans la parole et les intentions de l’occident et c’est de cette façon que commencent les guerres.

Les politiciens européens sont en train de mettre leurs pays en grand péril et à quelle fin ? Les politiciens européens sont-ils menacés, corrompus, les fait-on chanter, sont-ils achetés avec des sacs d’argent ou sont-ils tellement habitués à suivre Washington comme de bons toutous, qu’ils sont incapables de quoi que ce soit d’autre ? Comment l’Allemagne, la GB et la France vont-ils bénéficier d’être forcés à une confrontation avec la Russie par Washington ?

L’arrogance de Washington est sans précédent et est capable de mener le monde à la destruction totale. Où est le sens de la préservation, l’instinct de survie de l’Europe ? Pourquoi l’Europe n’a t’elle pas déjà émis des mandats d’arrêts pour tous les membres du régime d’Obama ? Sans la couverture offerte par l’Europe et les médias pressetitués, Washington serait incapable de mener le monde à la guerre.

Referendum en Crimée: Washington concentre tout le mal de l’univers (Paul Craig Roberts)

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95,7% des Criméens mettent une quenelle au tyran de la Maison Blanche

 

Paul Craig Roberts

 

16 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/03/16/95-7-crimeans-give-finger-white-house-tyrant-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans une participation sans précédent dans aucune élection occidentale, les Criméens ont voté à 96% pour rejoindre la Russie. Comme je l’ai dit plus tôt aujourd’hui, sous la logique tordue de Washington, la Crimée n’a jamais fait partie de l’Ukraine puisque les Russes n’ont jamais été permis de voter lorsque le dictateur soviétique Kroutchev coinça la province russe de Crimée en Ukraine en 1954.

Alors que les Criméens célèbrent dans les rues et que les observateurs internationaux sur place, déclarent que le referendum a été totalement juste et non perturbé par quelque menace que ce soit, la Maison Blanche néo-nazie elle a déclaré: “Nous ne reconnaissons pas ce vote”. L’imbécile porte-parole a dit que la Maison Blanche et la “communauté internationale”, car Washington dans son arrogance, pense qu’il est la voix de la “communauté internationale”, ne reconnaissent pas les résultats de la démocratie en action.

La démocratie n’est pas acceptable pour Washington ou pour les gugusses marionnettes américaines qui gouvernent pour Washington en Allemagne, en GB, en France, quand la démocratie ne sert pas l’agenda hégémonique de Washington sur le monde entier. Le porte-parole néo-nazi de la Maison-Blanche a menti comme un arracheur de dents quand il a assuré que le referendum, assuré par les observarteurs internationaux comme ayant été libre et juste, était “administré sous les menaces de violence et d’intimidation.”

Cette déclaration, que maintenant le monde sait être fausse, marque le gouvernement de Washington et ses médias à la botte, comme étant les pires et les plus dangereux menteurs que le monde ait jamais eu à expérimenter. Tout Washington est capable de mensonges: Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et des connexions avec Al Qaïda, le président syrien al-Assad a utilisé des armes chimiques contre sa propre population, l’Iran a un programme nucléaire militaire, Kadhafi a donné du viagra à ses soldats pour qu’ils puissent mieux violer les femmes libyennes, la Russie a envahi la Crimée, Oussama Bin Laden était le cerveau des attentats du 11 septembre. Cela pourrait continuer avec des centaines d’autres exemples des mensonges de Washington. En fait, les gens avertis savent bien que Washington est synonyme de menteur.

Quand le monde finira t’il par sanctionner l’entreprise criminelle qui prétend être le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique ? Quand le tribunal contre les crimes de guerre et le TPI émettront-ils des mandats d’arrêt contre Obama et sa bande de criminels ainsi que ceux des régimes Bush et Clinton ?

Quand les biens du gouvernement américain et de ses membres criminels seront-ils gelés et saisis ?

Pendant encore combien de temps le monde tolèrera t’il la destruction incessante de Washington sur des pays et des peuples de la Somalie à l’Afghanistan en passant par l’Irak, la Libye, le Pakistan, le Yémen, la Syrie, l’Ukraine avec la Chine, la Russie et l’Iran attendant leur tour ?

Le gouvernement des Etats-Unis est la pire entreprise criminelle de l’histoire de l’humanité (NdT: Ex-aequo avec la Vatican à notre sens...). Pas un seul membre du gouvernemnt n’a dit la vérité en ce XXIème siècle. La branche exécutive ment en permanence au congrès, et les idiots utiles, lâches et veules qui y siègent continuent à avaler les sornettes dont on les abreuve. Le congrès est si inutile qu’il devrait être aboli. En fait, je m’attends à ce qu’Obama le dissolve d’un instant à l’autre.

Mais nous avons “la liberté et la démocratie”.

La vérité est que le mal de tout l’univers est concentré à Washington. C’est ce mal absolu qui détruit des millions de vies, et c’est ce mal qui détruira le monde.

Résistance politique: Referendum en Crimée.. La Russie droite dans ses bottes

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La Russie réfute les accusations occidentales sur le referendum en Crimée

 

Press TV

 

14 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2014/03/14/354687/russia-slams-west-over-crimea-vote/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Russie a réfuté véhémentement les accusations de l’occident disant que le referendum à venir dans la région stratégique de Crimée en Ukraine, est illégal.

Le président russe Vladimir Poutine a réfuté les accusations au cours d’une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon.

Le président russe a “souligné que la décision de procéder au referendum correspond totalement aux normes de la loi internationale et de la charte des Nations-Unies”, a annoncé le Kremlin vendredi.

A la suite de sa conversation téléphonique avec Poutine, Ban a dit aux journalistes que les deux côtés “ont discuté du besoin de travailler à une solution politique juste et durable” en Ukraine.

La situation et les émotions se sont durcies au sujet de ce referendum à venir en Crimée”, a dit Ban.

 “Ce en quoi je suis concerné est qu’il ne devrait pas y avoir de mesures et de décisions précipitées qui pourraient avoir un impact sur la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ceci a été mon message consistant en accord avec les provisions de la charte de l’ONU,” a dit la patron de l’ONU.

Vendredi, la Russie en a appelé à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération Européenne (OSCE) pour qu’elle envoie des observateurs superviser le referendum de sécession dans la région de Crimée, ajoutant que la mission de l’OSCE devrait être approuvée par les leaders régionaux de la péninsule stratégique de la Mer Noire.

Le premier ministre de Crimée Sergueï Aksionov a dit jeudi que plus de 80% de la population de Crimée soutenait la sécession de l’Ukraine pour devenir une partie de la Fédération de Russie.

La Russie a déjà pris position et soutient le referendum, disant que le peuple de Crimée doit décider lui-même de son futur.

Quoi qu’il en soit, le nouveau gouvernement auto-proclamé pro-occidental de Kiev a averti qu’il ne laisserait partir la Crimée sous aucun prétexte, ajoutant que la région demeurerait partie du territoire ukrainien.

La Crimée est devenue le point de tension phare depuis que l’ancien président ukrainien Victor Ianoukovitch a été évincé du pouvoir le mois dernier suite à 3 mois de manifestations et d’émeutes dans les rues de Kiev et autres villes ukrainiennes.

L’Ukraine est bloquée par une crise politique depuis novembre 2013, lorsque Ianoukovitch ne signa pas un accord d’association avec l’Union Européenne et ce en faveur de liens plus étroits avec la Russie.

Ingérence occidentale en Ukraine: Après musclor et musclette aux sports d’hiver… Poutine reprend la main…

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Moscou inverse les rôles à Kiev

 

Thierry Meyssan

 

2 mars 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article182379.html

 

Alors que les dirigeants de l’Otan jubilent du coup d’État de Kiev, qu’ils présentent comme une révolution de plus à leurs opinions publiques, la situation s’inverse sur le terrain. À la place d’un gouvernement de voyous, faisant monter les enchères entre Washington et Moscou, ce sont désormais aux agents états-uniens d’exercer le pouvoir et de gérer les troubles qu’ils ont organisés. Or, le pays est ruiné et personne, quel qu’il soit, ne parviendra à le rétablir rapidement. La Russie peut maintenant défendre ses intérêts sans avoir à assumer le passif des vingt années de corruption précédentes.

La Russie n’a pas réagi aux événements ukrainiens durant les Jeux Olympiques de Sotchi [1]. Sa presse continuait à faire ses titres des exploits de ses athlètes, tandis que l’on se battait à Kiev et dans plusieurs capitales provinciales. Le Kremlin considérait en effet qu’à tout moment, les ennemis de la Russie pouvaient encore transformer sa fête sportive en bain de sang.

Comme prévu, le pouvoir avait déjà changé de mains à Kiev lorsque se clôturaient les Jeux. Les Occidentaux, largement désinformés, ont eu l’impression d’une révolution pro-européenne. Pourtant, la divulgation d’une conversation téléphonique entre l’assistante du secrétaire d’État US, Victoria Nuland, et son ambassadeur, Geoffrey R. Pyatt, ne laisse aucun doute sur le complot états-unien [2]. À coup de fausses images, on leur a fait passer un gouvernement de voyous et de prévaricateurs [3] pour une bande de tortionnaires russophiles [4]. Comme dans toutes les « révolutions colorées », de mystérieux snipers ont tiré depuis les toits à la fois sur la foule et la police, et le gouvernement en a été tenu pour responsable. Dans la confusion, les Occidentaux ont eu l’impression que « le peuple » s’était emparé des palais nationaux. En réalité, pendant que des activistes, majoritairement nazis, combattaient place Maidan en direct sur les télévisions internationales, des politiciens s’emparaient discrètement des palais nationaux dans une autre partie de la ville. De ce point de vue, les Européens peuvent être rassurés : ce ne sont pas les nazis qui ont pris le pouvoir.

Les nazis ukrainiens n’ont rien à voir avec l’extrême-droite ouest européenne, généralement ouvertement sioniste (sauf le Front national français). Ils ont été incorporés durant la Guerre froide dans les réseaux stay-behind de l’Otan pour saboter l’économie soviétique, puis ont été entretenus par la Pologne [5] et la Lituanie. Durant les trois mois de manifestation, ils ont été rejoints par des islamistes tatars qui étaient venus spécialement de Syrie où ils pratiquaient le jihad [6]. Les Tatars, habitants historiques de la Crimée, qui furent dispersés par Staline pour avoir soutenu les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, sont aujourd’hui répartis principalement en Ukraine et en Turquie. Place Maidan, ils ont su montrer leur savoir faire acquis en Syrie : ils ont crevé les yeux de policiers et les ont mutilés [7].

La révolution de la place Maidan masque un coup d’État extrêmement classique [8]. En présence de « diplomates » états-uniens, la Rada a violé la constitution qu’elle a abrogé sans référendum. Elle a destitué, sans débat ni procès, le président en exercice et a confié les pouvoirs législatifs et exécutifs à Olexandre Tourtchinov, l’ancien patron des services secrets.

Le nouveau dictateur a désigné Arseni Iatseniouk comme Premier ministre, ce qui correspond, ô miracle, aux souhaits exprimés à l’avance par Victoria Nuland. Le nouveau Premier ministre a constitué un cabinet qu’il est allé présenter aux manifestants de la place Maidan. Ceux-ci, désormais beaucoup plus nombreux et parmi lesquels les nazis ne représentent plus qu’un tiers, ont hué nombre d’entre eux, parce que juifs.

En Crimée, où la majorité de la population est russe et où stationne la marine russe, le Parlement régional, pris lui aussi d’un « élan révolutionnaire », renversait le gouvernement local (fidèle à Kiev) et nommait le sien (pro-Russe). Simultanément, des militaires en uniforme, mais sans drapeau ni insignes, prenaient les bâtiments officiels et l’aéroport, empêchant le nouveau gouvernement de Kiev d’envoyer ses forces.

À Kiev, la Rada dénonçait une ingérence russe et appelait au respect du Mémorandum de Budapest. En 1994, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie avaient signé un accord sur le gel de l’Ukraine en échange de sa renonciation à l’arme nucléaire [9]. Mais pour Moscou, ce Mémorandum ne s’applique plus car il a été violé par Washington et Londres depuis la « révolution orange » de 2004 [10] et plus encore depuis le coup d’État de la semaine dernière.

Que va t-il se passer maintenant ? Le 25 mai, Bruxelles organise l’élection du Parlement européen, Kiev organise une élection présidentielle, tandis que la Crimée tiendra un référendum d’autodétermination. Une fois la Crimée indépendante, elle pourra toujours choisir de se rattacher à la Russie dont elle faisait partie jusqu’en 1954. L’Union européenne devra, quant à elle, répondre aux espoirs qu’elle a suscité et par conséquent payer, avec on ne sait quel argent, une partie des 35 milliards de la dette ukrainienne. Les nazis de la place Maidan ne retourneront pas à la clandestinité, mais réclameront leur part de gouvernement.

Mais l’histoire ne sera pas terminée pour autant car il restera pour le Kremlin les problèmes de la partie orientale de l’Ukraine (qui abrite une population russe et une industrie de défense) et de la Transnistrie (l’ancienne Bessarabie, qui était jadis le centre de recherche pour les missiles soviétiques). Ce petit pays, de population russe, qui ne figure sur aucune carte car il ne siège pas à l’Onu, a pris son indépendance lors de la dissolution de l’Urss, mais est considéré comme faisant partie de la Moldavie. Il résista vaillamment à une guerre que lui livrèrent la Moldavie, l’aviation roumaine et les conseillers de l’Otan, en 1992 [11]. Il est parvenu depuis à conserver le modèle social soviétique tout en adoptant des institutions démocratiques. Sa sécurité est assurée par une « force de paix » russe [12]. Au minimum, une vingtaine de kilomètres carrés ukrainiens pourraient se soulever et se joindre à la Transnistrie pour lui offrir une sortie sur la mer Noire, mais l’Ukraine serait alors coupée de son appendice occidental. Au mieux, relier la Crimée à la Transnistrie supposerait de prendre plusieurs centaines de kilomètres de côte dont la ville d’Odessa.

Les troubles vont donc se poursuivre en Ukraine, mais ce sera aux arroseurs arrosés —les États-Unis et l’Union européenne— d’en supporter le poids. Outre le fardeau financier, comment vont-ils gérer leurs alliés victorieux nazis et jihadistes ? La démonstration de force de Washington tourne au fiasco [13].