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Analyse sur le « coup » en Ukraine… Guerre énergétique bien sûr !…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 mars 2014 by Résistance 71

« L’homme gémit sous le poids des chaînes du pouvoir socialiste en Russie. Il gémit aussi dans d’autres pays sous le joug des socialistes unis à la bourgeoisie, ou bien sous celui de la seule bourgeoisie. Partout, individuellement ou collectivement, l’homme gémit sous l’oppression du pouvoir d’Etat et de ses folies politiques et économiques. Peu de gens s’intéressent à ses souffrances sans avoir en même temps des arrière-pensées […] Non, il ne saurait en être ainsi ! Révolte-toi, frère opprimé ! Insurge-toi contre tout pouvoir d’Etat ! Détruis le pouvoir de la bourgeoisie et ne le remplace pas par celui des socialistes et des bolchevik-communistes. Supprime tout pouvoir d’Etat et chasse ses partisans, car tu ne trouveras jamais d’amis parmi eux. »

~ Nestor Makhno, 1932 ~

 

La véritable histoire derrière la crise ukrainienne: La guerre énergétique entre Exxon/Mobil, Chevron et GazProm

 

Résistance 71

 

5 Mars 2014

 

La situation est suffisamment critique, bien plus que la situation syrienne, pour que nous tentions de voir au delà du rideau de fumée habituel créé devant l’évènement par la propagande étatiste de tout poil.

Que nous dit-on officiellement ?

En occident, que le brave peuple ukrainien s’est soulevé contre la décision de l’autocrate président Victor Ianoukovitch de refuser de rejoindre l’Union Européenne (UE), ce à quoi le peuple ukrainien aspirerait. Dans le reste du monde, que l’empire anglo-euro-américain a renversé un président démocratiquement élu parce qu’il refusait les diktats occidentaux et avait accepté une aide financière russe.

Dans la pratique, des mouvements radicaux néo-nazis ukrainiens de l’Ouest, financés, entraînés, encadrés par l’occident (financement avéré depuis des années de l’USAID, la NED, vitrines reconnues de la CIA et plus récemment du milliardaire Pierre Omidyar d’Ebay et Paypal), ont procédé à un coup d’état, viré un président élu selon le mode opératoire courant en vigueur dans nos sociétés, mis à sa place des représentants non élus donc illégitimes, qui ont de suite pris des mesures politiques et sociales racistes et russophobes, inquiétant de fait les populations russes et russophiles de l’Ukraine orientale, le tout sur fond de Jeux Olympiques russes muselant la Russie pour un temps. Ce coup d’état ramènera vraisemblablement au pouvoir Timochenko, l’égérie escroc et corrompue, qui fut en charge du pouvoir ukrainien pour ses maîtres pétroliers de l’occident après avoir co-menée la révolution orange de 2004. Elle fut politiquement déposée par un vote populaire régulier en 2010, après avoir privatisé plus de 300 entreprises d’état entre 2006 et 2010. Condamnée à 7 ans de prison pour abus de pouvoir et détournement de fonds publics, elle a comme par hasard été libérée peu avant le “coup” de 2014, suite à un accord secret entre Ianoukovitch et les forces de l’Ouest ; accord qui bien sûr fut brisé par l’occident.

Historiquement, l’Ukraine a rarement été indépendante et a été sous dépendance russe pendant plus de 200 ans. Lors de la seconde guerre mondiale, la population d’Ukraine occidentale était anti-russe et bon nombre rejoignirent les rangs de l’armée nazie pour combattre l’URSS et son armée rouge. L’Ukraine orientale étant plus constituée de provinces russes rattachées, dont la Crimée, rattachée à l’Ukraine par Kroutchev dans les années 1950.

Les groupes et le mouvement néo-nazi ont toujours été une réalité profonde en Ukraine occidentale depuis la fin de la guerre et ce n’est pas une surprise que d’apprendre que ces groupes sont sous contrôles de l’OTAN et des services pro-impérialistes (comme l’étaient les groupes du réseau “stay behind” de l’opération secrète Gladio de l’OTAN en Europe de l’Ouest de la fin de la guerre aux années 1990). Ceci est du reste le point de focalisation qu’a pris la discussion autour de l’affaire ukrainienne: le soutien par l’occident de groupes nazis ukrainiens qui ont pris le pouvoir à Kiev, groupes manipulés par les services occidentaux de la même manière que le sont les groupes islamistes/djihadistes combattant aujourd’hui en Syrie, hier en Libye, en Tchétchénie et au Kosovo. Ces groupes ne sont que le bras armé, la “légion” extrémiste de l’occident pour générer le chaos nécessaire au pillage des ressources des pays attaqués ou déstabilisés à dessein. De fait, on ne parle aujourd’hui plus que de cela ; ce qui est convénient, mais fait partie d’un rideau de fumée pour mieux cacher les véritables dessous de l’affaire.

Quels sont-ils donc ?

Le chaos actuel ukrainien est en fait une phase supplémentaire d’une guerre énergétique que se livre les grandes compagnies de pétrole et de gaz. Il s’agit en fait du début d’une grande bataille entre d’un côté Exxon, Mobil, Chevron (intérêts Rockefeller/Rothschild), la Royal Dutch/Shell et GazProm, Lukoil et consors de l’autre. La Syrie était un prélude de ceci.

De fait, l’UE est grandement dépendante du gaz naturel russe fourni par GazProm, le géant national russe du gaz naturel et premier exportateur mondial. Environ 66%, soient les deux tiers du gaz russe exporté est transféré vers l’UE via des pipelines passant par l’Ukraine, entrant dans le pays dans sa partie orientale. La crise ukrainienne provoquée est une lutte pour terminer la dépendance de l’Europe envers le gaz russe d’une part et d’autre part pour la Russie et Gazprom de continuer leur approvisionnement et la dépendance européenne, car les énormes revenus de l’entreprise servent à financer la modernisation de l’armée russe en prévision d’une guerre avec l’occident, il s’agit d’une course contre la montre et d’une nouvelle course à l’armement qui résultera vraisemblablement à un nouveau statu quo via une nouvelle guerre froide.

Ce n’est pas par hasard qu’il a été annoncé l’an dernier que des recherches d’Exxon et de Chevron en Ukraine occidentale avaient révélé d’énormes champs gaziers dans l’ouest de l’Ukraine. Il a été de plus récemment annoncé qu’Exxon/Mobil avait eut le contrat d’exploitation du gaz offshore en Mer Noire ukrainienne. Tout allait donc bien, le président Ianoukovitch avait entériné les contrats des géants américains du pétrole et du gaz, puis, a t’il joué double jeu ? possible… Il accepte une offre russe d’aide financière pour payer la dette, plus avantageuse que celle usurière présentée par les banquiers occidentaux, puis il tourne le dos à l’UE. Banquiers et pétroliers occidentaux (les mêmes personnes ne l’oublions jamais aux manettes, les Rockefeller, Rothschild, Morgan & co) se retrouvent acculés, craignent de perdre les contrats d’exploitation qui terminerait la suprématie russe sur l’acheminement énergétique depuis la Russie vers l’UE via l’Ukraine, poussent le bouton “panique” et mettent en branle le plan de coup d’état, préparé de longue date (le second en fait après la “révolution orange” échouée de 2004).

Le gouvernement ukrainien est renversé, des marionnettes des banquiers/pétroliers sont mis en place, les Russes agissent pour sécuriser leur base navale de Crimée. Les populations russes et russophiles de Crimée et d’Ukraine orientale se rallient aux Russes, les pipelines sont sécurisés à la frontière russo-ukrainienne. Poutine annonce que l’Ukraine ne bénéficiera plus de la réduction sur le prix du gaz russe car il y a 2 milliards de dollars d’impayés à GazProm…

Dans cette affaire de gros bras du pétrole et de la finance, qui va payer une fois de plus ? Le peuple ukrainien. C’est lui qui subira les conséquences politiques, économiques et sociales de cette guerre larvée pour les champs gaziers de l’Ukraine occidentale.

Alors, pourrait-on penser, une partition du pays semblerait acquise et souhaitable. Une Ukraine de l’Ouest pro-US/UE et une Ukraine de l’Est pro-russe. A terme, ceci n’est pas dans l’intérêt des Russes. Cela prendra des années avant que l’exploitation des champs gaziers d’ukraine occidentale devienne opérationnelle pour délivrer le gaz, mais une fois réalisé, ce sera la fin du monopole russe et un nouveau réseau de pipelines partira d’Ukraine occidentale vers l’Europe, pipeline entièrement contrôlé par les Rockefeller/Rothschild et consorts. Ce ne sera en fait que changer de monopole et vraisemblablement pas pour le mieux. D’ici là, bien des troubles et des misères en perspective pour les peuples ukrainien et européens, pris entre le marteau et l’enclume des géants de l’exploitation monopolistique des hydrocarbures qui se livrent une guerre sans merci pour le contrôle des ressources énergétiques à une différence prêt: l’occident veut un monopole qui lui assurerait l’hégémonie mondiale, la Russie veut un monopole pour continuer à pouvoir se défendre des agressions perpétuelles occidentales à son égard.

Le danger flagrant et réel pour le monde vient de Washington, Londres, Paris et Tel Aviv et non pas de Moscou, il suffit de regarder une carte pour s’en rendre compte.

Une fois de plus, il est évident que la solution pour l’humanité réside dans l’abandon total et sans retour du mode de gouvernance pyramidal qui a été imposé coercitivement depuis des siècles aux peuples du monde.

En attendant, l’horloge ronronne dans la salle de l’armaggedon nucléaire, tic, tac, tic, tac…

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Sources ayant servi à la rédaction de cet article:

http://rt.com/business/gazprom-cancel-gas-discount-779/

http://www.globalresearch.ca/the-u-s-has-installed-a-neo-nazi-government-in-ukraine/5371554

http://www.mondialisation.ca/la-g-opolitique-des-pipelines-un-tournant-capital/17397

https://resistance71.wordpress.com/2014/03/04/ingerence-occidentale-en-ukraine-les-trois-composants-de-washington-pretention-arrogance-crane-et-malfaisance-paul-craig-roberts/

http://fr.ria.ru/business/20140304/200642123.html

http://fr.ria.ru/business/20140304/200640487.html

http://www.france24.com/fr/20140303-fondateur-ebay-finance-opposition-ukrainienne-pierre-omidyar/

http://www.voltairenet.org/article182439.html

http://deanhenderson.wordpress.com/2014/03/04/ukraine-falls-under-fascist-bankster-thumb/

https://resistance71.wordpress.com/2014/03/05/ingerence-imperialiste-en-ukraine-les-banksters-a-louvrage-pour-le-pillage-de-lukraine/

http://www.youtube.com/watch?v=DFpKwEm43n0

Ingérence occidentale en Ukraine: Les vautours du FMI envoyés à la curée…

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Les vautours du FMI se précipitent pour piller l’Ukraine

 

Les mondialistes demandent “des réformes politiques” en retour de convertir l’Ukraine en leur dernier  esclave de la dette en date

 

Paul Joseph Watson


 

27 février 2014

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/imf-vultures-swoop-to-asset-strip-ukraine/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A la suite d’un coup d’état piloté depuis l’occident,l e FMI ne perd pas beaucoup de temps pour envoyer ses vautours dépouiller l’Ukraine, en faisant une annonce d’assistance financière en retour de “réformes politiques”.

Faisant la première déclaration officielle du FMI suite à la crise (ukrainienne), la directrice du FMI Christine Lagarde a dit que des officiels du FMI seraient envoyés en Ukraine afin “de commencer à discuter avec les autorités ukrainiennes au sujet de quelles réformes seraient nécessaires et requises en échange d’un programme de prêt d’urgence”.  reports the Associated Press.

En d’autres termes, comme il l’a fait en Grèce, le FMI va tourner l’Ukraine en son dernier esclave de la dette (odieuse) en date, aidant ainsi les banques occidentales à piller le pays de ses biens et valeurs et de ses ressources naturelles tout en imposant des mesures d’austérité draconiennes sur la population afin de combler un trou de 35 000 milliards de dollars et de stopper le pays d’aller au défaut de paiement.

Tandis que les manifestants d’Euromaïdan ont peut-être été trompés pour penser qu’ils se battaient pour la “démocratie” en virant leur président élu, le type de “démocratie” pratiquée par le FMI en installant des technocrates non-élus et ne rendant compte qu’au FMI tout en volant la population hôte au moyen d’impôts très chers, de la vente au privé des infrastructures publiques et d’un fascisme douloureux de l’austérité, tout cela va faire passer le président Victor Iakounovitch pour un populiste, en comparaison.

En réalité, l’Ukraine ne fait que passer du contrôle d’une bande d’escrocs à un autre. Les riches oligarques qui ont bien profités des récompenses des ressources d’un pays riche vont maintenant s’en aller en Russie avec Iakounovitch, seulement pour voir leur position usurpée par les charognards du FMI qui vont de toute évidence augmenter le pillage en règle.

De plus, alors que le gouvernement Iakounovitch se satisfaisait de la corruption de sa branche  népotique, le FMI quant à lui, va imposer le genre de “réformes” qui va s’assurer que la souveraineté de l’Ukraine soit complètement éviscérée et que le pays demeure enchaîné fermement des fers de la dette mondialiste pour les décennies à venir.

Comme le journaliste d’enquête Greg Palast l’a documenté, cette méthode fait partie d’une formule testée et vérifiée qui veut que le FMI ait utilisé de temps en temps, afin une fois de plus d’absorber des nations au sein du Nouvel Ordre Mondial.

En Avril 2001, Palast a obtenu des documents fuités de la Banque Mondiale qui soulignaient le processus en quatre étapes du comment piller les nations de leur richesse et de leur infrastructure, le tout plaçant le contrôle des ressources dans les mains de l’élite banquière.

Une des étapes finale du processus, les “émeutes FMI”, détaillaient le comment les élites planifieraient des troubles publics prématurés qui auraient pour but de faire fuir les investisseurs et ainsi de causer la banqueroute des gouvernements.

“Ce vandalisme économique a son bon côté, pour les étrangers, qui peuvent dès lors sélectionner les biens à disposition à des prix défiant toute concurrence”, écrit Palast, ajoutant, “un schéma se dégage de tout cela ; il y a toujours des perdants évidents, mais les véritables gagnants semblent toujours être les banques occidentales et la trésorerie américaine.”

En d’autres termes, l’élite banquière crée l’environnement économique propice, augmentant les taux d’intérêt, tirant vers le haut les prix, la pauvreté, abaissant les standards de vie, ce qui précipite les troubles publics pour ensuite, comme une née de vautours, venir dévorer ce qu’il reste des biens du pays pour une bouchée de pain.

De la même manière que le ministère des affaires étrangères américain planifia le printemps arabe, avec quelques unes de ces mêmes personnes impliquées dans le mouvement Euromaïdan, qui entrainèrent les futurs leaders du printemps arabe sur la façon d’utiliser efficacement Facebook et Twitter et ce, des années avant que les manifestations ne commencent, la révolte ukrainienne était aussi complètement prévisible.

L’élite auto-proclamée a tant de succès pour dérouter les révoltes supposées de la base et les retourner en des actes gérés de changement de régime pour la raison que la révolte civile de masse est mathématiquement prévisible.

Comme l’explique Dilip D’Souza: “Il y a une recherche mathématique qui suggère un lien entre les prix de la nourriture et les mouvements d’émeutes et cette recherche a prédit de manière assez précise les troubles que nous avons vu autour du globe.”

La recherche a confirmé que lorsque l’index des prix fixés par la FAO de l’ONU monte au delà de 210, des troubles sociaux s’ensuivent assez rapidement dans les zones du monde les plus affectées. Les trois pays qui ont récemment souffert le plus de l’augmentation des prix ? La Thaïlande, le Vénézuéla et… l’Ukraine. Armés de cette vision, voilà comment des entités comme le FMI, le ministère des affaires étrangères et la ménagerie de ces ONG occidentales qui alimentent ou s’emparent des troubles autour du monde sont capables de saisir le contrôle du résultat.

Avec le FMI qui s’apprête à croquer une nouvelle nation souveraine, même avec la Russie tentant de déclencher une contre-révolution, les manifestants d’Euromaïdan feraient bien de lire l’histoire des nations qui vendent leur âme aux requins mondialistes de la dette et qui finissent par en payer un prix bien plus exorbitant qu’on pourrait l’imaginer.

En Ukraine, ingérence de l’Europe putschiste (Aymeric Chauprade)

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L’Ukraine victime de l’Europe putschiste !

 

Aymeric Chauprade

 

23 Février 2014

 

url de l’article:

 

http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/315731-ukraine,-victime-de-l-europe-putschiste

 

Le coup de force organisé par les États-Unis et l’Union européenne soutenant

Tiagnibok (seul leader qui contrôlait les émeutiers) pendant les Jeux de Sotchi (les Russes ayant alors les mains liées) a donc fonctionné et débouché sur l’effondrement du pouvoir légal la veille de la fin des Jeux (le 23 février).

Quelles leçons pouvons-nous tirer ?

1) Les récents événements dramatiques démontrent qu’il n’existe aucune solution politique viable et durable pour l’Ukraine dans les frontières actuelles car l’Ukraine est divisée géopolitiquement.

2) Le président Ianoukovitch, qui a quitté le pouvoir de lui-même, et afin que le bain de sang cesse, avait certes des torts sérieux (corruption, incapacité à agir dès le début de la crise) mais il avait été élu démocratiquement (aucune contestation de l’OSCE) et était le président légal. C’est donc un coup de force, un coup d’État même, qui l’a poussé vers la sortie et ce coup d’État a bel et bien été soutenu par l’Union européenne.

3) Le sang a coulé parce que l’opposition a tiré la première à balles réelles sur les forces de l’ordre. Les premiers morts ont été des policiers. Qu’aurait fait un gouvernement occidental si des manifestants avaient tiré à balles réelles sur ses forces de l’ordre ? On se souvient que l’autoritaire M. Valls aura quand même fait jeter en prison des petits jeunes de la Manif pour tous ou de Jour de colère pour un simple jet de canette !

4) Dans cette situation dramatique, l’Union européenne et les États-Unis portent une très lourde responsabilité. Ils ont encouragé la rébellion qui a débouché sur la violence ; ils ont cautionné un coup d’État contre un gouvernement démocratiquement élu.

5) La trame de fond de cette affaire, ne l’oublions pas, est, premièrement l’affrontement entre les États-Unis et la Russie, les premiers voulant « otaniser » l’Ukraine, les seconds voulant y conserver leur influence stratégique.

C’est, deuxièmement, un affrontement historique entre l’Allemagne, qui a toujours voulu contrôler (Hitler) l’ouest de l’Ukraine (ce qui explique les néo-nazis de Svoboda) et la Russie, qui tente de refouler cette influence (ce qui explique les slogans anti-nazis des ouvriers de Donetsk).

6) L’affaire ukrainienne, après la Syrie, la Libye et tant d’autres depuis 1990, apporte la démonstration que l’antifascisme et [la lutte contre] l’antisémitisme sont une posture pour les partis dominants en France et non un combat réel, posture qui ne vise qu’à diaboliser les forces politiques réellement alternatives. Ce n’est en effet pas une conviction puisque, au nom de l’Union européenne, ces partis inféodés aux oligarchies pro-américaines ont soutenu les néo-nazis ségrégationnistes et antisémites de Svoboda, le fer de lance du coup de force contre le gouvernement légal d’Ukraine.

Une fois de plus, l’Union européenne prouve qu’elle n’est rien devant les tendances lourdes de l’Histoire et les enjeux de puissance. Sa rhétorique sur la démocratie et les droits de l’homme est instrumentalisée. Les gesticulations bellicistes de BHL en sont l’illustration pathétique.

L’Ukraine face au réel

L’opposition est divisée : que peut-il y avoir de commun en effet entre Ioulia Timochenko et les néo-nazis de Svoboda ?

Les différents clans d’opposants vont devoir faire face à la réalité économique et géopolitique :

Banqueroute de Naftogaz, la compagnie gazière.

Plus de service public, fonctionnaires non-payés, caisses vides. L’UE ne donnera pas suffisamment. Donc Iatsenouk va devoir aller mendier l’argent russe et on imagine comment il sera accueilli.

Chaos dans l’Ouest de l’Ukraine où des bandes ont pris le contrôle.

Qui fera partir les extrémistes qui tiennent Maïdan ?

Le retour à la Constitution de 2004 n’arrangera rien. Bien au contraire. Leonid Kuchma, sentant le vent tourner en sa défaveur pendant la Révolution orange, avait imaginé une constitution perverse qui diluait tout les pouvoirs si bien que personne ne dirigeait vraiment l’Ukraine.

Revenir à cette Constitution sera une catastrophe quand on connaît la fragilité géopolitique intérieure de l’Ukraine et ses difficultés économiques. Selon Standard & Poor’s, l’Ukraine fera défaut sur sa dette (elle doit rembourser 13 milliards de dollars cette année) si la Russie arrête son aide, ce qui est désormais probable.

Que peut-on souhaiter ?

Pour ramener la paix, il ne reste qu’une solution viable. Diviser l’Ukraine en deux États. Une Ukraine de l’Ouest tournée vers l’Allemagne, la Pologne et donc l’Union européenne. Ce sera l’Ukraine pauvre, nous serons perdants, sauf les Allemands qui vont y trouver une main d’œuvre à bas coût pour continuer à maintenir leur avantage compétitif sur nous.

Une Ukraine de l’Est, indépendante ou rattachée à la Russie (après tout, les habitants y sont russes) avec la Crimée bien sûr, éminemment stratégique pour Moscou.

Conclusion

Nous ne sommes qu’au début du chaos ukrainien et l’Union européenne porte une très lourde responsabilité. Manipulée par les États-Unis, l’Union a voulu exclure la Russie, acteur essentiel dans la zone, du règlement. Rappelons qu’après le Sommet de Vilnius de novembre 2013, le Kremlin a proposé de régler la question de l’Ukraine lors d’une conférence qui aurait rassemblé les Ukrainiens, les Russes et les Occidentaux.

La crise ukrainienne est donc une nouvelle preuve de l’échec de l’Union européenne. L’Union européenne n’est pas un facteur de paix, elle est un facteur de guerre.