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Pour une résistance au colonialisme d’hier et d’aujourd’hui… « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire

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Résistance 71

 

19 octobre 2018

 

Avec l’aide de Jo de JBL1960 pour l’excellente mise en page pdf, nous vous proposons ci-dessous un des grands classiques de l’analyse critique du colonialisme publié en 1955 par Aimé Césaire: « Discours sur le colonialisme ». Pourquoi ? Parce que nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie en place se plaît à nous le faire croire. Des continents entiers (Amériques, Océanie) sont toujours sous le joug colonial et oppriment en permanence les peuples originels aux endroits. Les ex-peuples colonisées sont toujours opprimées par des régimes issus d’un néo-colonialisme avéré et dont les élites corrompues bouffent toujours au râtelier de leurs anciens maîtres colonisateurs…
Halte à l’hypocrisie, sortir de la mentalité coloniale, de la relation oppresseur/opprimé fait partie intégrante de notre émancipation future. C’est une mission éducative qui passe par la connaissance et la mise au rancart de la dissonance cognitive dont bien des occidentaux font preuve.

Bonne lecture !

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme (PDF)

 

Résistance politique: La nouvelle génération africaine politiquement militante à la croisée des chemins…

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Très bonne analyse de Saïd Bouamama, qui évite aussi de pousser le catéchisme marxiste. A lire en parallèle de nos récentes traductions du livre de Sam Mbah sur l’anarchisme en Afrique. Bouamama nous semble mûr pour amorcer un virage vers le véritable socialisme, qui ne peut se réaliser que sans état. A l’instar d’un Murray Bookchin, d’un Abdullah Öcalan (PKK kurde) ou des théoriciens de la révolution zapatiste au Mexique (EZLN, Chiapas), Bouamama va t’il se tourner vers l’anarcho-communisme ? Nous ne pouvons que le souhaiter. Le « socialisme » d’état ne peut pas fonctionner tant il crée une nouvelle caste de privilégiés vivant très bien du « système de marché » qu’il ne combat nullement, ce que l’on nommait en ex-URSS la Nomenklatura a perduré dans toute la très courte histoire du « socialisme » d’état (capitalisme d’état de fait) africain… Comme partout ailleurs, la solution est dans les peuples.

La voie progressiste du futur est la voie de l’association libre des individus au sein de communes libres, autogérées et confédérées par un pacte (charte) de solidarité et de coopération. La société africaine, puisant dans ses ressources traditionnelles, est faite pour la société anarchiste comme l’ont conclu les chercheurs nigérians Sam Mbah et I.E. Igariwey que nous avons récemment traduits.

— Résistance 71 —

 

Les nouvelles générations militantes africaines. Espoirs et vigilances

 

Saïd Bouamama

 

12 juin 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Les-nouvelles-generations.html?lang=fr

 

La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission », pour reprendre l’expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d’une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N’Krumah, etc.).

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » , Frantz Fanon 

Des manifestations contre l’exploitation du gaz de schiste en Algérie aux grandes grèves des mineurs en Afrique du Sud, en passant par le formidable mouvement de révolte qui mit fin au règne de l’assassin de Sankara au Burkina et par les révolutions égyptienne et tunisienne, etc., il existe un point commun que les médias dominants se gardent bien de souligner : la présence massive de jeunes. De nouvelles générations militantes émergent, réagissant, d’une part, aux conditions d’existence scandaleuses imposées par la mondialisation capitaliste et, d’autre part, à l’action des gérants locaux de cette mondialisation que sont la plupart des gouvernements en place. Cette nouvelle attitude militante de la jeunesse a une base concrète : les mutations sociologique et démographique du continent et la paupérisation massive des jeunes. C’est pourquoi les puissances impérialistes, par le biais des ONG, sont particulièrement actives pour détourner cette jeunesse de la mission qu’elle s’est donnée : la lutte pour la seconde indépendance.

Une Afrique jeune

L’Afrique a la population la plus jeune du monde. Le continent compte 200 millions de jeunes de 15 à 24 ans et ce chiffre devrait doubler à l’horizon 2045. Les moins de 15 ans forment 40 % de la population alors que les plus de soixante ans ne comptent que pour 5,5 %. Les deux tiers de la population ont moins de 30 ans et plus de 50 % ont une moyenne d’âge de 21 ans. De cette structure démographique découle une conséquence sur le marché du travail : « Si cette tendance se poursuit, la main-d’œuvre du continent sera d’un milliard de personnes en 2040. Ce sera la plus nombreuse au monde, dépassant celle de la Chine et de l’Inde. » Cette jeunesse est également caractérisée par un chômage massif. Ainsi près de 60 % des chômeurs africains sont des jeunes et, dans la plupart des pays du continent, le taux de chômage des moins de 25 ans est deux fois plus important que celui des adultes. Il est par exemple de 23, 4 % en Afrique du Nord en 2009 soit 3, 8 fois plus important que celui des adultes. En Afrique du Sud, il est de 48 % soit 2,5 fois plus élevé que celui des adultes. Pour la grande majorité de ces jeunes, il ne reste que le secteur informel pour tenter de survivre. La pauvreté massive est en conséquence une autre caractéristique de la jeunesse africaine. En moyenne, 72 % des jeunes Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et ce taux dépasse les 80 % dans des pays comme le Nigéria, l’Ouganda ou la Zambie. 

Soulignons enfin que la jeunesse africaine est également de plus en plus instruite. N’en déplaise aux nostalgiques de la colonisation, l’accès à la scolarité est un des résultats des indépendances. Malgré la dégradation des conditions et de la qualité de l’enseignement, les gouvernements, mêmes les plus réactionnaires, hésitent, par peur des révoltes sociales, à remettre en cause l’accès à l’enseignement. Ils sont ainsi aujourd’hui 42 % des 20-24 ans à avoir reçu un enseignement secondaire. Une jeunesse de plus en plus importante mais également fortement touchée par le chômage, l’emploi informel et la pauvreté. Une jeunesse également plus instruite. C’est cette base matérielle qui explique le renouveau militant dans la jeunesse africaine.

Un nouvel âge politique

Le changement dans la place de la jeunesse n’est pas que quantitatif. Un processus qualitatif porteur de conscientisation est également à l’œuvre. On peut ainsi, selon nous, évoquer l’existence de « trois âges » de la jeunesse africaine. Chacun de ces âges a forgé son rapport au monde et son expérience politique dans un contexte particulier. Le premier âge est celui de la jeunesse des décennies 60 et 70 que nous pouvons qualifier de « jeunesse des indépendances ». Cette génération émerge dans un contexte de lutte des peuples africains pour l’émancipation nationale et sociale. Sur le plan de l’expérience, elle a connu la colonisation ou l’héritage immédiat de celle-ci. Sur le plan matériel, du fait des indépendances, elle connaît globalement (bien sûr de manière hétérogène d’un pays à l’autre) une amélioration de ses conditions d’existence (accès à la scolarité, à la santé, etc.). Sur le plan idéologique, elle se caractérise par l’anti-impérialisme et la volonté de « servir le peuple ». Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde optimiste, d’engagements progressistes et d’une conscience anti-impérialiste et panafricaine. 

Le second âge est celui des décennies 80 et 90 que nous pouvons qualifier de « jeunesse de la mondialisation et des plans d’ajustement structurel ». Cette génération émerge dans un contexte mondial marqué par la fin de l’URSS et par la victoire de la mondialisation capitaliste. Sur le plan de l’expérience, elle a connu la disparition successive des expériences progressistes africaines du fait des « coups d’Etat », des assassinats de leaders révolutionnaires, des contraintes du nouveau rapport de forces mondial. Sur le plan matériel, elle connaît les plans d’ajustements structurels et la paupérisation massive qu’ils produisent. Sur le plan idéologique, elle se caractérise par la croyance en l’économie de marché et à l’idéologie des « droits de l’homme ». Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde fait de mimétisme de l’Occident, de débrouille individuelle, d’individualisme et d’une tendance au renoncement à la lutte politique collective. 

Le troisième âge est l’âge actuel que nous pouvons qualifier de « jeunesse de la seconde indépendance ». Cette génération émerge dans un contexte mondial marqué par la multiplication des agressions impérialistes pour le pillage des richesses naturelles et par la faillite des choix libéraux mais aussi par le développement des puissances émergentes. Sur le plan matériel, elle connaît une « descente aux enfers » les cantonnant dans une « logique de survie ». Sur le plan idéologique, cette jeunesse renoue avec la mobilisation politique tout en n’ayant pas encore trouvé de canal d’expression de sa révolte. Elle expérimente en conséquence de nouvelles formes d’organisation et de contestation. Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde fait de mobilisations collectives mais sporadiques, de radicalisations anti-impérialistes mais encore peu formalisées, de révoltes sociales ne parvenant pas encore à se transformer en révolution. 

La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission » pour reprendre l’expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d’une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N’Krumah, etc.). Même dans les pays qui n’ont pas connu ce type de mouvement, on assiste à une redécouverte de ces figures dans les chansons de Raps, sur les maillots, etc. Cette recherche d’un ancrage dans les luttes passées souligne la sortie d’une période de « haine de soi » et de fascination de l’Occident. Elle reflète également le développement d’une conscience, certes encore embryonnaire, de la nécessité de reprendre le combat des anciens. C’est pourquoi, il nous semble que l’expression la plus pertinente est celle de « seconde indépendance ». Cette expression est en effet apparue et a été théorisée dans la décennie 60 pour souligner la nécessité de parachever l’indépendance politique par une réelle indépendance économique. 

Une jeunesse reprenant le chemin des luttes collectives, tendant à rompre avec la fascination de l’Occident et essayant de renouer avec les périodes antérieures du combat émancipateur, telles sont les deux caractéristiques dominantes de la jeunesse africaine.

Le rôle de détournement des consciences des ONG

Les grandes puissances sont lucides sur ces mutations de la jeunesse africaine. Elles sont conscientes des dangers que font peser ces changements pour leurs intérêts. Elles développent une politique ambitieuse de détournement des consciences par le biais d’ONG multiples et touchant tous les champs de la vie sociale. Le phénomène n’est pas nouveau mais connaît aujourd’hui une nouvelle impulsion en lien avec les nouvelles luttes de la jeunesse. 

Dans la décennie 60 les USA et les puissances européennes ont déjà initié de vastes programmes « d’aide » portés par des ONG. Le panafricain Kwame N’Krumah a dès 1965 alerté sur le rôle néocolonial des ONG du Nord5. Echanges universitaires, formations de syndicalistes, formation des leaders, etc., c’est tous azimuts que se sont développées des ONG visant à détourner la jeunesse de la conscience anti-impérialiste. Il en est de même aujourd’hui. Donnons quelques informations sur les caractéristiques de ces ONG : 

D’une manière générale, les associations du tiers-monde ont peu voix au chapitre quand il s’agit de décider de l’orientation des programmes d’aide financés par le Nord. Seules 251 des 1 550 ONG associées au département d’information des Nations unies sont basées dans des pays en développement. Des études montrent également que, sur cinquante associations occidentales spécialisées dans le plaidoyer, seulement deux avaient effectivement consulté leurs partenaires du Sud avant d’engager une action en leurs noms (25). Les ONG du Nord affirment que les associations du tiers-monde ne sont pas assez solides pour se passer de leur encadrement6. » 

S’appuyant sur la précarité économique de la jeunesse, ces ONG offrent des places de survie aux leaders potentiels des luttes et les mettent ainsi sous leur dépendance. Les programmes d’échanges et de formations sont de plus de véritables mécanismes de formatage idéologique. A l’analyse politique et économique, ces formations substituent l’approche méthodologique et technicienne, la revendication politique est remplacée par la compassion humanitaire, l’organisation des premiers concernés est abandonnée au profit d’une dépendance vis-à-vis de l’aide. Il s’agit ni plus ni moins que de dépolitiser une jeunesse qui a d’abord besoin d’un outil politique pour organiser sa « mission générationnelle » comme le dit Fanon. 

Mais les ONG ont également une fonction plus immédiate : celle de justifier les interventions militaires occidentales. C’est en s’appuyant sur des rapports « objectifs » d’ONG que se déploient des opérations de déstabilisation de gouvernements ayant commis le crime de s’éloigner de la ligne dictée par Washington ou par l’Europe comme, par exemple, de passer un contrat commercial avec une puissance émergente. Les mêmes rapports préparent également les opinions publiques à accepter l’arrivée de troupes étrangères comme solution aux crises. Le nouveau développement de l’action des ONG en Afrique n’est pas le fait d’une poussée de conscience humanitaire en Occident. Il reflète les nouvelles potentialités révolutionnaires de la jeunesse du continent et vise à les neutraliser et à les instrumentaliser. Comme dans la décennie 60, la jeunesse africaine est de nouveau confrontée aux tâches de formations politiques des militants et d’organisations des damnés de la terre.

 

Source : Le Journal de l’Afrique no.11, Investig’Action, juin 2015. Lien : http://michelcollon.info/Le-Journal…

Résistance au colonialisme: Thomas Sankara, un héros de l’Afrique…

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Vie et combats de Thomas Sankara

 

Saïd Bouamama

 

19 Novembre 2014

 

Url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Vie-et-combats-de-Thomas-Sankara.html?lang=fr

 

« Notre révolution au Burkina Faso est ouverte aux malheurs de tous les peuples. Elle s’inspire aussi de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’humanité. Nous voulons être les héritiers de toutes les révolutions du monde, de toutes les luttes de libération des peuples du tiers monde ». Thomas SANKARA, « La liberté se conquiert par la lutte », Discours à l’Assemblée générale des Nations unies, 1984. Investig’Action offre à ses lecteurs un extrait du livre Figures de la révolution africaine de Saïd Bouamama consacré à la figure révolutionnaire de Thomas Sankara.

Au sommet de l’OUA, en juillet 1987, le président du Faso lance devant ses homologues ébahis un mémorable discours qui restera dans l’histoire comme l’un des plus marquants manifestes contre les dettes injustes et illégitimes :

La dette s’analyse d’abord de par son origine. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont eux qui nous ont colonisés. Ceux sont les mêmes qui géraient nos États et nos économies […].

La dette, c’est encore le néocolonialisme où les colonialistes se sont transformés en assistants techniques (en fait, nous devrions dire en « assassins techniques »). Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement […]. On nous a présente des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.

La dette sous sa forme actuelle est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. […]

Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang […].

Quand nous disons que la dette ne saura être payée, ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. [C’est parce que] nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale » .

Moins de trois mois après, Thomas Sankara est assassiné. Il avait prévu cette possibilité en soulignant à Addis-Abeba la nécessite d’un refus collectif du paiement de la dette « pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner ».

Et de prophétiser : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas la à la prochaine conférence. »

« ON PEUT TUER UN HOMME MAIS PAS DES IDÉES »

Sankara sait de quoi il est question lorsqu’il parle de la dette. L’expérience révolutionnaire du Burkina est menacée par les remboursements de cette dette, dont le poids est devenu insupportable alors que dans le même temps l’aide internationale chute de 25 % et l’aide bilatérale française passe de 88 millions à 19 millions de dollars entre 1982 et 1985 .

Ce cadre de contrainte conduit, des 1983, à une rigueur implacable que Sankara s’applique d’abord à lui-même et à ses proches. Le président du Faso ne dispose que de deux outils pour améliorer les conditions matérielles d’existence des plus démunis et financer le développement autocentré. Le premier est la baisse des dépenses de fonctionnement des services publics. Le second est la mise à contribution des seuls contribuables qui ont un revenu stable, les salariés urbains et en particulier les fonctionnaires. La hausse des cotisations sociales et taxes diverses s’appliquant aux fonctionnaires est constante. Journaliste spécialiste du Burkina Faso, Pascal Labazée estime à 30 % la baisse du pouvoir d’achat des salaires urbains entre 1982 et 1987 .

Petit à petit, les contradictions s’exacerbent entre les fonctionnaires et le pouvoir. Elles sont en outre entretenues par l’opposition. Le Syndicat national des enseignants africains de Haute-Volta (SNEAHV), dont plusieurs dirigeants sont membres du Front patriotique voltaïque, une organisation s’opposant au CNR se fait le porte-parole du mécontentement.

L’arrestation, le 12 mars 1984, de quatre dirigeants de ce syndicat pour « complot contre la sûreté de l’État » entraîne un mot d’ordre de grève pour les 20 et 21 mars. Dès le lendemain, le ministre de la Défense annonce sur les ondes le licenciement des 1 380 enseignants grévistes. La Confédération syndicale burkinabé (CSB), proche du PAI, reste pour sa part plus longtemps fidèle au régime révolutionnaire. Mais, se montrant plus revendicative à partir de 1984, lorsque le PAI rompt avec le CNR, elle est à son tour confrontée à la répression. Son secrétaire général est arrêté, l’accusation d’« anarcho-syndicalisme » entre dans le discours officiel et le président du Faso perd ainsi un de ses alliés les plus anciens et les plus importants. Confronte à cette grave crise sociale, Sankara explique ainsi son dilemme :

« Il y a un choix à faire. Ou bien nous cherchons à contenter les fonctionnaires – ils sont à peu près 25 000, disons 0,3 % de la population –, ou bien nous cherchons à nous occuper de tous ces autres qui ne peuvent même pas avoir un comprimé de nivaquine ou d’aspirine et qui meurent simplement quand ils sont malades » .

Si l’on peut comprendre que la priorité de Sankara aille à la seconde catégorie, la question du rythme des changements est plus discutable. Pour évaluer ce rythme, il manque au président du Faso un outil de liaison politique permanent avec les différents secteurs sociaux des classes populaires. La division des organisations politiques de gauche les empêche de jouer cette fonction politique. Sankara ne ménage pas ses efforts pour les faire converger mais, comme il l’explique en 1984, il ne veut pas reproduire les erreurs d’autres expériences révolutionnaires africaines :

« Nous pourrions, bien sûr, créer un parti tout de suite […]. Mais nous ne tenons pas à calquer, à reproduire ici naïvement, et d’une manière plutôt burlesque, ce qui a pu se faire ailleurs. Ce que nous aimerions, c’est d’abord tirer profit des expériences des autres peuples. […] Nous ne voulons pas qu’elle [l’organisation] s’impose de manière dictatoriale ou bureaucratique, comme cela a pu se passer ailleurs… Il faut qu’elle soit […] l’émanation d’un désir populaire profond, d’un vœu réel, d’une exigence populaire » .

Les CDR de leur côté ne peuvent pas non plus assurer cette fonction politique. Ce sont les militaires qui héritent dès le début du secrétariat général des CDR. Le capitaine d’aviation Pierre Ouedraogo, « un des amis de Sankara issus du cercle politique de la première heure » ( ), est nommé secrétaire général national des CDR. Il impulse une logique du changement « par en haut » tendant ainsi à transformer ces structures censées être de « démocratie directe » en simple « courroie de transmission ». Plus grave, les CDR sont instrumentalisés au service de la lutte au sein du CNR.

« Ainsi, résume Bruno Jaffré, les CDR ont incontestablement joué un rôle répressif en procédant à des arrestations arbitraires souvent sur ordre du secrétariat général des CDR. Ils ont aussi participé aux différentes offensives qui ont eu lieu contre les syndicats et servi de masse de manœuvre dans la sourde bataille que se livraient les différentes factions politiques pour le contrôle du pouvoir note. »

Les interventions du président du Faso en avril 1986, lors de la première conférence nationale des CDR, soulignent son inquiétude sur les nombreuses dérives de ces organismes. Il y dénonce certains CDR qui « deviennent de véritables terreurs pour les directeurs », épingle ceux qui « arborent tout un arsenal d’armes » et utilisent la menace et condamne ceux qui « ont fait des choses exécrables » et qui « ont profité de la patrouille pour piller note ».

Dans de nombreux villages, les CDR ne jouent pas non plus le rôle prévu et leurs élus sont soit les notables traditionnels, soit des hommes à leur service. Analysant l’évolution du pouvoir local villageois dans l’Ouest burkinabé, le sociologue Alfred Schwartz conclut à la continuité réelle sous l’apparence du changement, c’est-à-dire « à une subordination de fait du pouvoir “révolutionnaire” au pouvoir coutumier note ».

L’ampleur des changements effectués, le rythme intensif avec lequel les réformes sont menées, l’importance des efforts demandes, les rancœurs que suscitent ces bouleversements et l’absence d’élections toujours inquiétante dans un pays qui se revendique du « peuple » tendent à se coaguler pour nourrir une opposition diffuse qui gagne en audience et à reléguer au second plan les améliorations pourtant palpables pour la grande majorité. Quelques mois avant son assassinat, Sankara semble pourtant avoir acquis une vision plus réaliste de la situation. Dans son discours célébrant le quatrième anniversaire de la révolution, le 4 août 1987, il appelle à une pause des reformes afin « de tirer les leçons et enseignements de notre action passée pour […] nous engager davantage dans la lutte de façon organisée, plus scientifique et plus résolue » .

Sankara semble lui-même quelque peu dépasse par les événements, comme il le reconnaît avec humilité dans une interview télévisée :

« Je me retrouve un peu comme un cycliste qui grimpe une pente raide et qui a, à gauche et à droite, deux précipices. […] Pour rester moi-même, pour me sentir moi-même, je suis obligé de continuer dans cette lancée … »

Ces contradictions internes sont attentivement scrutées par les multiples adversaires extérieurs du régime sankariste. Du pouvoir malien, secoue par des agitations lycéennes et étudiantes en décembre 1985 et qui déclenche une nouvelle guerre contre le Burkina dans cette période, à celui de la Côte-d’Ivoire qui accueille les opposants burkinabé, nombreux sont les dirigeants des pays limitrophes que gène le bouillant président du Faso. La France, ancienne puissance coloniale, craint pour sa part ce dirigeant qui condamne ouvertement le franc CFA comme « une arme de la domination française » et la Francophonie comme « une stratégie néocolonialiste » .

Et qui, en plus de boycotter le sommet franco-africain de Lomé (novembre 1986), n’hésite pas à critiquer publiquement François Mitterrand. C’est le cas notamment lors de la visite officielle de ce dernier au Burkina Faso, en novembre 1986, lorsque Sankara critique, dans un style offensif qui rappelle le « non » de Sékou Touré à de Gaulle en 1958, la récente visite du président sud-africain Pieter Botha en France :

Nous n’avons pas compris comment des bandits comme [le guérillero angolais] Jonas Savimbi [et] des tueurs comme [le président sud-africain] Pieter Botha ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tachée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours.

Certes, personne ne peut encore dire de manière certaine qui sont les commanditaires de l’assassinat de Sankara, le 15 octobre 1987, lors du coup d’État qui permet à Blaise Compaoré de prendre le pouvoir. En revanche, la question que Sankara lui-même posait à propos de l’assassinat du président mozambicain Samora Machel, décédé en octobre 1986 dans un accident d’avion, est pertinente dans son propre cas :

« Pour savoir qui a tué Samora Machel, demandons-nous qui se réjouit et qui a intérêt à ce que Machel ait été tué. » ( ) On ne peut alors que constater que la mort de Sankara et la politique de « rectification » lancée par Compaoré ont permit au système « françafricain », qui n’a cessé de se reproduire depuis les indépendances de 1960 (voir chapitre 6), de reprendre la main sur un pays qui risquait, sous l’impulsion de son révolutionnaire chef d’État, d’emmener ses voisins sur les chemins de l’insoumission.

Les causes qui ont fait émerger la révolution sankariste, à savoir l’oppression, l’exploitation et l’injustice, n’ayant pas disparu, il est peu probable que les principes que Sankara a tenté de mettre en pratique se perdent dans l’oubli. « On peut tuer un homme mais pas des idées », aimait-il lui-même à répéter.

Extrait du livre « Figures de la libération africaine. De Kenyatta à Sankara », Saïd Bouamama, Paris Zones, 2014.

Le mythe du monde « post-colonial »: Le néo-colonialisme vigoureux de la Françafrique persiste et signe

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Le néo-colonialisme occidental en général et français en particulier a mis en place des régimes marionnettes dans ses anciennes colonies pour continuer la domination oligarchique téléguidée cette fois de l’extérieur et le pillage des ressources de ces pays sous influence ; tandis que le véritable colonialisme d’occupation et d’exploitation, lui, sévit toujours au pays de goulag levant (ex-USA), au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans tous les pays pseudo-indépendants sous domination de la « couronne » (City de Londres, banque d’Angleterre, Vatican) britannique.

La doctrine occidentale d’un « monde post-colonial » est une aure fumisterie à exposer au grand jour… parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 ~

 

La Françafrique existe toujours et se porte bien

 

Didier Epsztajn

 

6 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-16531.html

 

« Il semble donc indispensable, une fois de plus, de décrire sur quoi reposent les accusations réitérées d’ingérence ou de soutien criminel de la France dans ses anciennes colonies et au-delà, ainsi que de perpétuation de visions néocoloniales, souvent influencées par un racisme latent, au cœur même de l’Etat et de la société française »

La Françafrique ne s’est pas dissoute dans les déclarations des uns ou des autres, mais elle n’est pas figée dans des formes « originelles ». Il importe de comprendre les évolutions, les déplacements, les abandons et les reconstructions… Sans oublier la toile de fond, le mode de production capitaliste et les formes changeantes de l’impérialisme ou « le racisme profondément ancré dans la société française et ses élites ».

Le livre est divisé en trois parties :

  1. Les recompositions politiques et institutionnelles de la Françafrique
  2. Présence militaire française : le retour aux fondamentaux ?
  3. Multinationales françaises : entre Françafrique et mondialisation

« Elles permettent au lecteur de s’intéresser successivement aux évolutions des trois pouvoirs qui la structurent :

  • le pouvoir politique qui, poussé à se saisir progressivement de cette thématique, multiplie les effets d’annonce sans pour autant modifier les fondamentaux de cette relation de domination, qu’il institutionnalise et banalise en l’habillant des justifications d’usage ;
  • l’armée qui, dans le prolongement de la « nouvelle doctrine » forgée à partir des années 1990, rationalise et relégitime sa présence en Afrique et auprès de certains des pires régimes du continent, instrumentalise « la guerre contre le terrorisme » et impose ses vues dans le jeu multilatéral que la France prétend jouer ;
  • les entreprises françaises qui, évoluant dans une économie de plus en plus mondialisée et un jeu désormais fortement concurrentiel, mobilisent leur « patrimoine françafricain » – en même temps qu’elles s’en affranchissent progressivement – au profit d’une oligarchie dans laquelle elles s’intègrent peu à peu, à des degrés divers qui permettent d’en établir une typologie. »

Voir l’introduction publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse : Introduction  » Encore la Françafrique ! ?  » à l’ouvrage  » Françafrique. La famille recomposée « 

Dans la première partie, Fabrice Tarrit parle, entre autres, des recompositions politiques et institutionnelles, du tabou de la « complicité française dans le génocide » des Tutsis au Rwanda, du « soutien multiforme aux dirigeants les plus répressifs et les plus corrompus », de Sarkozy et de la «Françafrique décomplexée », des engagements et des renoncement des dirigeants socialistes, des approvisionnements et des marchés de Bolloré, Total ou Areva, des poignées de mains aux dictateurs, de la « réhabilitation de l’intervention française en Afrique et de sa présence militaire », de l’opération Serval, des accords monétaires, du Franc CFA, « pilier du néocolonialisme français en Afrique »…

Il analyse en détail l’intervention française au Mali, celle en Centrafrique, l’occultation et les dénis des dimensions historiques, politiques et économiques des conflits et des rôles de la France… L’auteur parle des relations avec les dirigeants africains, des réceptions des opposants, du « domaine réservé » du président de la République, des opérations militaires, de la recomposition des réseaux françafricains, de soutien aux dictateurs, de présence militaire, du franc CFA, d’ordre franco-africain… « Cette vision nourrie d’un racisme latent tout droit issu de notre histoire coloniale est partagée par un nombre important de personnalités, de fonctionnaires, d’experts, de droite comme de gauche, ce qui rend le travail d’information, d’interpellation et de mobilisation d’une association comme Survie d’autant plus nécessaire pour exposer et dévoiler les dessous institutionnels et diplomatiques de la relation franco-africaine ».

Dans la seconde partie, Raphaël Granvaud revient sur la présence militaire française, sur la protection des régimes et des dirigeants africains. « On comprend aisément ce que cette présence a pu avoir de politiquement criminel par l’importance décisive qu’elle a occupée dans les mécanismes de privation des droits économiques et politiques des populations africaines. Elle le fut également au plan juridique si l’on considère les répressions sanglantes dont les militaires français furent responsables ou complices ». L’auteur présente l’ingérence militaire française, sa nouvelle doctrine et ses vieilles pratiques, les accords de défense, les clauses secrètes de maintien de l’ordre, «l’approvisionnement préférentiel ». Il parle de la Somalie et de la piraterie dans le Golfe d’Aden, de la Libye, de la Cote d’Ivoire, de la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme », de la France au Mali, de l’opération Serval, de la démonstration en action des « qualités du matériel de mort « made in France » », de son utilité « pour rester sur le podium des principaux exportateurs d’armes de la planète ». J’ajouterai, le plus souvent dans le silence complice des syndicats des travailleurs qui les fabriquent…

Il montre aussi comment « l’aide » est de fait une subvention déguisée aux entreprises. L’auteur analyse les faces cachées de l’opération Serval.

(Sur ce sujet, compléments possibles :

Jean Batou : Mali : refuser la géopolitique du « moindre mal ». Les objectifs de Serval, Mali : refuser la géopolitique du « moindre mal ». Les objectifs de Serval

Les zones d’ombre de l’intervention française au Mali : Eléments de contexte et d’explication,Les zones d’ombre de l’intervention française au Mali : Eléments de contexte et d’explication

Non à l’intervention de l’armée française (et autres textes et communiqués) Non à l’intervention de l’armée française (et autres textes et communiqués))

Raphaël Granvaud montre le lien entre cette « opération » et la relégitimation de l’ingérence militaire française en Afrique. Il souligne, entre autres, que « les crispations identitaires et religieuses ne sont pas la cause, mais le produit des affrontements en Centrafrique » ou la volonté de maintenir l’ordre dans ce que l’Etat français considère comme sa sphère d’influence. Il analyse comment le gouvernement français essaye de « parer aux accusations de néocolonialisme », dont la mobilisation de pays africains sur ce qui est « identifié comme étant ses propres priorités en matière de sécurité » et « d’instrumentaliser ou de forcer l’interprétation des résolutions obtenues au conseil de sécurité » de l’ONU.

Le dispositif militaire français est réorganisé « pour lutter contre le terrorisme », mais pas le terrorisme de large perspective du FMI, de la Banque mondiale, ni celui des grandes entreprises… L’auteur parle de « recolonisation assumée » à travers, entre autres, des accords de défense. Il analyse aussi les relations entre la France et les Etats-Unis pour relativiser « les discours sur la rivalité militaire ».

Les pages sur le « permis de tuer », les crimes commis par des militaires français sont particulièrement intéressantes.

La dernière partie sur les multinationales françaises est importante. Thomas Deltombe, Alain Deneault, Thomas Noirot et Benoît Orval parlent, entre autres, de Elf et Total, Bouygues, BNP, SCOA, CFAO, Bolloré, Geocoton ex-CFDT, Vinci, Castel, Air France, Vivendi, etc. Ils analysent les reconfigurations et mutations économiques, « bien plus qu’à un prétendu recul des « intérêts » français » face à la concurrence internationale, à une intégration progressive de l’oligarchie néocoloniale « française » (c’est à dire ayant une attache stato-nationale clairement identifiable) dans une oligarchie « globalisée », à la fois architecte et bénéficiaire des processus de « mondialisation » et de financiarisation off-shore ».

Les auteurs parlent des entreprises qui ont profité du système (néo)colonial, de la gestion des dépendances coloniales par des sociétés privées, de financement par « des fonds publics des infrastructures que requiert la grande industrie privée pour être profitable », des interconnexions public-privé omniprésentes au lendemain des indépendances, des bénéfices privés de la françafrique. Ils insistent à juste titre sur le tournant néolibéral, les désatisations, les déréglementations, la tendance à « l’intégration du cadre françafricain dans la globalisation de l’économie », la transnationalisation ou la financiarisation…

J’ai notamment apprécié le chapitre « La « nouvelle ruée vers l’Afrique » est-elle si défavorable aux intérêts privés français »

Les auteurs analysent les reconfigurations industrielles et économiques, la mise en concurrence des ouvrier-e-s du monde entier, les « avantage comparatifs » permis par le socle françafricain, le poids du franc CFA, les montages financiers… Ils indiquent, entre autres : « certes les héritières ont besoinde la Françafrique, mais elles sont la Françafrique »

Doit-on encore rappeler que « l’internationalisation et la financiarisation de ces entreprises, justement appelées transnationales, font qu’il devient aujourd’hui difficile de les associer rigoureusement à un pays spécifique, dont le gouvernement en défend exclusivement les intérêts à l’étranger ».

La Françafrique pese lourdement « dans l’évolution du positionnement stratégique des entreprises françaises en Afrique » et cette Françafrique est un « transfert de souveraineté ».

Un petit livre sur la persistance réorganisée de la Françafrique, sur les pratiques néocoloniales et sur les « activités » criminelles « nationales »…

Le mouvement syndical français me semble bien silencieux sur les processus de dépossession organisés par les entreprises « françaises » en Afrique. Peut-on défendre les intérêts des salarié-e-s ici sans défendre ceux des salarié-e-s africain-e-s, ? Et comment ne pas prôner et soutenir les nécessaires expropriations, réappropriations sociales par les salarié-e-s des autres pays des multinationales qui battent, entre autres, le pavillon français…

Par ailleurs, une fois de plus je dois regretter l’absence de prise en compte des dimensions de genre dans les différentes analyses.

En complément possible :

Rwanda : 20 ans après, la France peine à poursuivre et condamner les génocidaires et leurs complices :

Rwanda : 20 ans après, la France peine à poursuivre et condamner les génocidaires et leurs complices

 

Survie : Françafrique. La famille recomposée

Thomas Noirot et Fabrice Tarrit (coord.)

Thomas Deltombe, Alain Deneault, Raphaël Granvaud, Benoît Orval, Odile Tobner

Editions Syllepse, http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_613-francafrique.html, Paris 2014, 220 pages, 12 euros

Résistance au colonialisme toujours bien vivace: Panafricanisme contre le Nouvel Ordre Mondial…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 28 juin 2014 by Résistance 71

La nouvelle vague de panafricanisme est en phase avec les luttes autonomistes et de résurgence autochtone des Amériques. Les intérêts communs devraient faire converger les mouvements et les faire coopérer pour une lutte concertée et généralisée.

L’avenir de l’humanité passe par la résurgence des nations natives, qui redeviendront VRAIMENT autonomes avec l’aide des peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les musèle et les asservit tout autant.

— Résistance 71 —

 

Panafricanisme contre mondialisme

 

Panafricanisme 2.0

 

Mai/Juin 2014

 

url de l’article:

http://panafricanism2point0.com/a-la-une/introduction-panafricanisme-vs-mondialisme/

 

Introduction

ll s’agit dans cet article de mettre en lumière les conséquences ou implications économiques et financières de ces deux idéologies par rapport au continent africain. Par avance, nous pouvons dire qu’une confrontation inévitable s’annonce entre ces deux idéologies. Car la nature intrinsèque même du panafricanisme, ne peut tolérer aucun mondialisme. En effet, la construction du panafricanisme suppose, induit la déconstruction du mondialisme. Nous allons voir comment cela se fait, tout au long de cet article, en plusieurs étapes.
Déjà au niveau des définitions, le panafricanisme prône la solidarité et l’unité prioritaire des africains pour atteindre leur émancipation sociale, culturelle, politique et économique. Le Mondialisme prône, lui, la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux de façon transnationale.
En pratique, il s’agit d’une circulation des biens et des capitaux vers des marchés porteurs, émergents. La circulation des personnes n’est vraie qu’en théorie. Car Il n’existe pour les ressortissants de certaines parties du globe, notamment les plus pauvres, que très peu de facilité de circulation vers les zones les plus riches.
Le jeu du mondialisme, en l’état actuel des choses, favorise les plus riches et puissants Etats en ce qu’il font des autres Etats faibles et pauvres, comme ceux du continent africain, des marchés potentiels où les premiers déversent leurs marchandises ou leurs capitaux dans des conditions irrespectueuses de nombreux droits et devoirs. Des conditions en sommes toutes foncièrement égoïstes.
Ce sujet « Panafricanisme contre Mondialisme » est le défi actuel qui s’impose à nous. Comment faire de cette première notion une réalité pendant qu’à la minute où j’écris ces lignes l’Afrique baigne dans ce mondialisme de l’exploitation ?
Il s’agira donc ici d’ébaucher les mesures économiques à envisager pour permettre au panafricanisme d’atteindre ses objectifs d’émancipation économique et financière en se recentrant et se repliant sur son espace vital, son territoire, le continent de l’Afrique. L’objectif est de créer de plus en plus d’indépendances africaines par rapport au reste du monde ou de substituer ce reste du monde par une dépendance inter-africaine. Aller à contre pied du système financier international actuel, qui grâce à ces principes et institutions (APE, OMC, Banque Mondiale, FMI, ONU) crée les conditions d’ouverture des autres économies pour une domination et une exploitation totale du potentiel de ces économies encore vierges. Cela passera nécessairement par le démasquage et la mises en hors état de nuire des vicieux mécanismes et systèmes (FCFA, APE, Accords de défense, Francophonie, Commonwealth, club de paris, etc.) par lesquels le mondialisme, telle une sangsue, vampirise le pays continental Africain.

I Rompre avec le système financier international

Les fondamentaux de cette réussite du panafricanisme sur le plan économique et financier restent, comme l’on évoqué nos ancêtres et précurseurs panafricains, Kwame Nkrumah; plus récemment Mouammar Kadhafi (qui en a payé de sa vie le prix), la mise en place d’une MONNAIE AFRICAINE, d’une BANQUE CENTRALE AFRICAINE, puis d’un FONDS MONETAIRE AFRICAIN.
Ces trois points constituent l’épine dorsale de l’indépendance économique et financière de l’Afrique.
En effet, ces trois points en eux seuls, permettront à l’Afrique de sortir du cercle perpétuel de la soumission par la dette, les prêts avec conditionnalités du FMI et de la Banque Mondiale, des clubs de Paris et autre Commonwealth. Mais aussi de sortir des mécanismes d’exploitation des économies africaines comme le FCFA. Ce système par lequel la France détient actuellement des avoirs des Etats Africains estimés à plus de 3000 milliards pour les pessimistes et à plus de 8000 milliards de francs CFA pour les optimistes.

Les prêts du FMI et de la Banque Mondiale sont pervers en ce sens que c’est grâce aux conditionnalités dont ils sont assortis que beaucoup de choses ont été imposés à l’Afrique. Par exemple, la privatisation de Pan entier des économies (les entreprises de services publiques eau, électricité, etc) des pays africains tient de cela. C’est par l’endettement que beaucoup de choses, dans divers secteurs, sont actuellement imposées à l’Afrique (égalité entre homme femme, droits de l’enfant, droits de la femme, la promotion de l’homosexualité, ..).
Il nous faut donc sortir du cycle de l’endettement par le retrait de ce système financier pesant et de plus en plus interdépendant, avec plus d’imbrication. Notre survie dépendra de notre autonomie. Autonomie qui seule peut être un gage d’indépendance durable.

Ces trois structures financières Panafricaines (Une monnaie africaine indépendante sans aucun arrimage à une autre monnaie, une banque centrale africaine et un fonds monétaire africain) sonneront la rupture avec un système financier international dont le modèle, basé sur l’intérêt, a démontré ses limites.
La monnaie africaine devra être non pas une monnaie papier sans valeur intrinsèque, comme c’est le cas actuellement pour l’économie mondiale. Mais plutôt une monnaie réelle avec une valeur intrinsèque d’Or ou d’Argent. Telle était la particularité du rêve du Guide Mouamar Kaddafi. Non seulement, avoir une monnaie mais surtout une monnaie basée sur l’or.

L’Or et l’Argent sont des ressources que le continent Africain détient, enfouis dans ses sous-sols, plus que tout autre continent au monde. Si on devait baser notre économie sur l’or et l’Argent, nous serons, automatiquement, les plus puissants. Car nous pourrons acheter le monde et ce qu’il contient comme sciences et technologies. (Références : les réserves mondiales d’or) .

Ce point est très important. Je me permets d’ouvrir une parenthèse par rapport à la détention de l’Or et le FMI.
Il est étonnant de constater que, les statuts du Fond Monétaire International interdisent l’utilisation de l’or comme monnaie en son article 4 section 2(b) à tous ses adhérents. Ceci en interdisant le lien, quel qu’il soit entre l’or et la monnaie papier autre que le dollar US.

Cet article dit ceci : « les régimes de change peuvent inclure :

I) le maintien par un Etat membre d’une valeur pour sa monnaie en termes de droit de tirage spécial ou d’un autre dénominateur autre que l’or, choisi par l’Etat membre ;

II) des mécanismes de coopération en vertu desquels des Etats maintiennent la valeur de leurs monnaies par rapport à la valeur de la monnaie ou des monnaies d’autres Etats membres ;

ou

III) d’autres régimes de change que choisirait un Etat membre » fin de citation.

En avril 2002, un député Américain, Ron Paul, a envoyé une lettre au département du Trésor Américain ainsi qu’à la réserve fédérale (qui est accessoirement une banque privée, étonnant non ?) dans la quelle il demandait à savoir pourquoi le FMI interdit à ses membres de baser leur monnaie sur l’Or.
Aucune réponse n’a encore été reçue. Mais nous savons que la réponse est que le système monétaire, établi par le biais du Fonds Monétaire International, a été conçu pour dévaliser l’humanité de tout son or. Et dans le même temps imposer le dollar comme moyens d’échange.

C’est le Dollar qu’il leur suffit d’imprimer pour créer de la richesse à partir de rien. En passant, on peut ajouter que tous les pays membres du FMI en devenant membre doivent déposer leur or auprès de cette institution. Ce qui fait que les USA détenaient pendant longtemps les possessions d’or de toute l’humanité. Ou du moins de tous ses pays membres.
Or, dont la disparition, constatée par Dominique Strauss Kahn a entraîné sa perte. Si le dollar Américain n’est plus basé sur l’or ou si les Américains n’ont plus d’or qui sert d’étalon et de garantie, le Dollar US n’est donc que du simple papier. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que beaucoup de pays comme la chine sont entrain de laisser tomber le Dollar. (Référence : la Chine, la Russie, le Kenya laisse tomber le dollar us).

…Une parenthèse pour démontrer l’implication sournoise et profonde du FMI dans nos économies africaines et pourquoi, il nous faut en sortir en réformant, profondément, la monnaie et le système bancaire et financier actuel.

II Un système financier autocentré pour protéger les économies panafricaines

Ces reformes financières et monétaires devraient être accompagnées de mesures drastiques en ce qui concerne les transferts d’argent sortant, le rapatriement de dividende, la structure du capital des entreprises présentes sur le continent.

Les transferts d’argent sortant et autres virements sortants devraient être interdits comme ils le sont actuellement en Algérie ou à Madagascar. Seuls les flux rentrant seront acceptés. Ceci aura pour objectif de maintenir la masse monétaire et de favorisé une bonne relance de la production.

La promotion traditionnelle des Investissement Direct Etranger (IDE) qui accorde tous les privilèges aux investisseurs, toutes les facilités de piller allègrement nos économies doit être revue. Car si l’Afrique est l’espoir de la croissance mondiale , cela doit profiter d’abord aux africains. Les codes d’investissements doivent désormais contenir des conditions contraignantes devant protéger les économies africaines. Usant des incitations fiscales, le rapatriement de dividende des sociétés étrangères doit être règlementairement limité à un certain pourcentage (par exemple 30%) avec obligation de réinvestir ou de consommer les 70% des dividendes distribués sur le territoire national. Ce type de mesure ont été mises en place en Algérie. Par ailleurs, aucune entreprise ne peut s’installer dans le pays sans qu’elle ne soit une propriété majoritairement nationale. La structure du capital des entreprises doit donc être constituée de telle sorte qu’au moins 70% de capital soit détenu par les nationaux. Des mesures semblables ont été prises en Algérie, au Venezuela, en Bolivie, ….Cela permettra aux africains de se réapproprier leur continent.

C’est ainsi que les ressources naturelles stratégiques doivent aussi être nationalisées à au moins 70%. L’Etat devrait être dans le capital. Avec la majorité du capital aux peuples africains. L’actionnariat du peuple devra être promu par un plus grand accès au capital des entreprises du pays exploitant des ressources stratégiques (Or, Uranium, pétrole, Diamant, Eau potable, Electricité, etc.…). Cette implication permettra au peuple non seulement de jouir des bienfaits de leur patrimoine national mais aussi de créer leur adhésion et leur implication dans les affaires ayant lien avec les ressources importantes. Même si un partenaire stratégique doit être accepté, sa position dans le capital de la société exploitant des ressources stratégiques ne peut dépasser les 30 % du capital.

• Entre 1980 et 2009, les transferts nets de ressources hors d’Afrique sont passés de 597 milliards de dollars EU à 1 400 milliards.

• Les flux financiers illicites et non enregistrés ont été de l’ordre de 1 220 à 1 350 milliards de dollars EU entre 1980 et 2009, éclipsant les transactions financières enregistrées.

• Le déficit net de ressources et les fuites illégales de capitaux compromettent gravement le développement.
Rapport conjoint BAD-GFI : http://www.afdb.org/fr/news-and-events/article/new-afdb-gfi-joint-report-africa-a-net-creditor-to-the-rest-of-the-world-11856/

 

III Sortir des divers accords, pactes et conventions qui nuisent à nos économies africaines

Aucun plan, aucune stratégie, aucune politique ou programme, aucun système de coopération, aucune supercherie économique, car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est en mesure de permettre aux économies africaines de pouvoir sereinement envisager une prospérité qui générerait du bien être pour les peuples africains tant que nos économies seront enchaînées par des « Accords de défense concernant la coopération dans le domaine des matières premières et produits stratégiques » .
L’intitulé biaisé de cet accord en dit long sur la nature de son escroquerie. La défense militaire de la France au service des pays africains en contrepartie des ressources stratégiques de ces pays. C’est grâce à ces accords que l’uranium du Niger, du Gabon ou de la Centrafrique reste encore, après un demi-siècle de néo colonisation, la propriété privée de la France au mépris des peuples de ces territoires.

Les Accords de Partenariat Economique (APE) qui doivent faire de l’Afrique des territoires de consommation des productions occidentales, tout comme les nombreuses conventions onusiennes qui auraient pour conséquence de reverser les ressources des sous sols africains (eaux souterraines et de surfaces, sols, etc….) dans le patrimoine de l’humanité, doivent être purement et simplement dénoncés, annulés. Car aucun peuple, digne de ce nom, ne brade l’héritage reçu de ses ancêtres et celui à léguer à ses enfants, en le reversant dans le patrimoine, soit disant, de l’humanité. Ceux qui disent agir au nom de l’humanité, la communauté internationale n’agit que dans le cadre de ses intérêts. C’est un faux humanisme.
Les Africains sont les seuls qui ont aujourd’hui quelque chose à pouvoir apporter. Les seuls dont les ressources seront mis à la disposition de l’humanité.

C’est par ces systèmes (FCFA, CPI) que les Africains sont soumis légalement à l’exploitation multiforme de l’Occident, qui est le sorcier de tous ces plans et programmes pour soi disant sauver l’humanité ou d’autres balivernes auxquelles seul l’Africain croit. Sur le plan judiciaire, la Cour Pénale Internationale, qui ne juge que les dirigeants noirs en rébellion contre le système établi, en est un parfait exemple.

On peut aussi, au titre de ces escroqueries, relever sur le plan environnemental, le mouvement contre le changement climatique qui a finit par instituer un marché de carbone sensé interdire la pollution de la couche d’ozone. Comment ça marche ? Les usines, les industries dans les activités de transformations produisent du carbone. Un quota de pollution de carbone est établi pour chaque pays, une fois ce quota atteint, le pays producteur de carbone est tenu de s’arrêter ou de partir sur ce marché pour acheter des droits de pollution carbone nécessaires pour lui permettre de continuer à polluer car toute production à un rejet de pollution. Hors, les pays développés ont le plus grand nombre d’usine, d’industries, …ils polluent plus que n’importe qui au monde. Mais eux, personne ne leur avait mis une limite quelconque. Aujourd’hui ils veulent nous en mettre AU NOM DE LA SAUVEGARDE DE L’HUMANITE.
En réalité, ce mécanisme a pour réel but de freiner la transformation par les pays en voie de développement de leur environnement, de leur production primaire, etc.…et à les maintenir, ces pays africains pour la grande majorité, éternellement à un niveau stationnaire de développement et de dépendance.

En résumé, les Africains devraient quitter les Accords secrets de défense militaire, le CFA, La CPI, les APE (ne doivent pas jamais être signés). La France doit être exclue de l’architecture juridique des activités économiques en Afrique. Elle devra notamment être exclue de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA), l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Elle ne doit plus siéger aux activités de la CEDEAO ou de l’UEMOA. Elle n’y a pas sa place.

IV L’exploitation occidentale par la coopération du développement et l’humanitaire: Qui assiste qui ?

Le système d’exploitation occidental de l’Afrique par l’humanitaire et la coopération de développement doit être arrêté. En effet, il est important de savoir, qui assiste qui ? Parce que non seulement ce système est spécialement conçu pour les intérêts du Sud, qu’il n’a jamais développé un pays sur le dos de la planète terre mais aussi qu’il est fait actuellement partie des problèmes en Afrique. Economiquement parlant, il sert à la création d’emploi en occident. Les pays Africains se retrouvent endettés dans des lignes de crédit pour financer les activités de ces ONG internationales, embauchant des occidentaux dans des conditions très lourd, avec des contrats d’équipement et de fourniture à établir de préférence avec les opérateurs ressortissant de ces pays.

Ce système tue l’initiative, la créativité, la virilité, la volonté des peuples du sud de se prendre en charge et les met dans une attitude passive et attentiste face à leurs propres problèmes. L’ex Président Zairois Mobutu a bien dépeint ce système d’assistanat qui est fait pour exploiter le soi disant assisté .

Ingérence française au Cameroun: Pan dans les dents de la Françafrique arrogante!…

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Lettre ouverte à l’ambassadeur de France au Cameroun, Madame Christine Robichon

 

Armand Roger Biloa Mballe

 

1er Mai 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14990.html

 

Madame,

L’objet de cette lettre est de vous demander de cesser de vous mêler des affaires intérieures du Cameroun.
Depuis votre arrivée au  Cameroun en Décembre 2013, les Camerounais  vous observent, suivent et scrutent vos faits et gestes et  essaient de les mettre en perspective par  rapport  à la politique de votre pays  au Cameroun. 
Votre activisme, en quelques cinq mois de séjour au Cameroun confirment les analyses que nous avons faites voici trois mois.

Vous êtes chargée d’une mission spécifique et spéciale dans notre pays. Vos multiples déplacements, à travers le territoire national, qui ne sont que de simples opérations  de relations publiques, constituent le dernier fond de commerce d’un  vieux logiciel diplomatique  qu’utilise vos autorités pour masquer le rejet et le sentiment  profondément anti-français que les Africains en général, et les Camerounais en particulier éprouvent vis-à-vis de l’Impérialisme  de votre pays sur le Continent noir.

Mr  Gain  Bruno votre prédécesseur l’a utilisé durant son inutile séjour au Cameroun et cela n’a rien donné. Ce  nouveau mode de coopération, reste la dernière trouvaille  de  la France dans ses relations avec les Etats africains. Et pour cause, elle n’a plus rien à leur offrir (si elle en eut avant). La France, contrairement aux faux airs de suffisance et à son arrogance habituelle, est embourbée dans une interminable crise multidimensionnelle aggravée  il ya quelques mois par l’adoption de l’homosexualité comme nouveau mode de procréation et de renouvellement de sa population plus vieillissante que jamais.

Une  France empêtrée, pataugeant dans  d’inextricables et d’insolubles problèmes sociaux (chômage, pauvreté suicides…etc.), que vous continuez de  miroiter aux Camerounais, comme un horizon incontournable  en matière de développement et de progrès.

Vos sorties médiatiques et vos déclarations tantôt sur « les prisonniers politiques français » qui seraient  détenus au Cameroun(alors qu’ils ne sont que de simples délinquants  économiques et financiers et Camerounais au moment de leurs forfaits), tantôt sur le non respect des homosexuels sous les termes de Droits humains, tantôt sur la gouvernance et la corruption, cinq mois à peine  après votre arrivée au Cameroun, ont fait tomber les masques. Le peuple  camerounais sait  déjà quel type de Diplomate vous êtes.

Madame, sachez que les relations diplomatiques et consulaires sont codifiées, encadrées et régies par les Conventions signées  à Vienne  respectivement en 1961 et en 1963. La France doit retenir une fois pour  toutes  que nous sommes en 2014 et non en février 1944, l’année où le général  de Gaulle et son Ministre des colonies René Pleven, mettaient en place à Brazzaville (la triste et funeste Conférence Africaine Française de Brazzaville), l’architecture et les Instruments de  la domination de la France en Afrique. C’était il ya 70 ans.

Vos déclarations à l’emporte-pièce dans  certains  medias  camerounais, dont vous tentez d’orienter les lignes éditoriales en accordant de petits per diem au cours des stages de quelques jours et d’autres broutilles aux Directeurs de Publication n’aboutiront à rien. Sans prendre le parti du gouvernement camerounais, nous savons néanmoins que les agents de votre gouvernement ont remis de l’argent à certains medias locaux pour peindre négativement notre pays dans l’affaire Edzoa-Atangana.

Le peuple camerounais, en dépit des difficultés et des frustrations  accumulées, n’ignore plus où se trouve  son véritable ennemi. Arrêtez de parcourir les quartiers populaires de Douala  à  la recherche des mécontents comme vous le faites depuis votre arrivée au Cameroun. Vous recherchez une «  étincelle sociale » pour allumer les troubles comme votre  pays  a pris coutume de le faire dans de nombreux pays africains (Côte d’Ivoire, Libye, Niger, Mali, RCA,…). Nos problèmes internes sont les nôtres.

Les  Camerounais savent que  leur « ennemi  Central » c’est la France et ses réseaux. Une «  Diplomatie de bruit », tel est votre créneau. C’est ce comportement inattendu d’un diplomate qui a exaspéré les Autorités  béninoises et poussé le Président  Yayi Boni  en 2013  à expulser du Bénin l’Ambassadeur de France  en lui donnant quelques jours pour quitter son Pays. Ayez l’intelligence ou au moins la décence d’éviter d’invoquer les « Relations  Historiques » entre le Cameroun et la France  car vos propos ravivent la douleur 400.000 morts camerounais, victimes du génocide commis par la France dans l’Ouest du pays et dans la Sanaga-Maritime.

Et même du point de vue des traités notre pays n’a jamais été une colonie française en tant que telle. C’est au travers de la Société des Nations (SDN) en 1919, puis de l’ONU en 1945 que votre pays, affaibli  et ruiné par les guerres, est entré au Cameroun. Il y est donc par effraction, non par humanisme ou philanthropie, pour piller et exploiter ses richesses minières, naturelles et énergétiques. C’est cette politique de pillage  , d’extermination et de massacres de nos Nationalistes que vos « Historiens coloniaux » ont étiqueté de maquisards qui vous rattrape aujourd’hui dans toutes les régions du Continent africain, notamment au Rwanda.

Madame l’Ambassadeur, en parcourant les deux plus grandes villes du Cameroun (Douala et Yaoundé), donc de la sous-région Afrique centrale, quel est  le signe ou le symbole visible de la coopération entre «  votre grande et puissante France » et le  Cameroun ? Il n’y en a pas, faute de moyens. Cessez donc de chanter et  de citer la coopération entre la France et le Cameroun comme un exemple. Déboucher ou curer les caniveaux de certaines rues à Yaoundé ou à Douala, boucher les nids de poules ou replâtrer les  trottoirs  d’une route à Garoua financés par des fonds prélevés sur nos devises déposées autoritairement dans le Compte d’Opération au  Trésor français tient-il lieu de coopération ? Arrêtez  ce cirque; il est de mauvais goût et même  indigeste.

Depuis la destruction et l’occupation de la Côte d’Ivoire et l’assassinat du Président Kadhafi par Sarkozy et ses agents, « les Forces Profondes » à l’œuvre au sein de la Société Civile camerounaise ne  demandent qu’une seule chose : la France et  les Français doivent quitter l’Afrique. « French go home », telle est la lame de fond qui traverse les sociétés africaines. L’histoire moderne de notre pays a enregistré que l’Autoroute reliant les deux plus grandes métropoles  de l’Afrique centrale (Douala et Yaoundé),  sera l’œuvre de la Chine et non celle de la France. Un événement historique qui vient  tourner les sombres pages des relations entre le Cameroun et la France. Le mépris et l’arrogance  sur lesquels vous avez bâti « votre politique de coopération » en Afrique ont montré leurs limites. Dès lors, la confrontation  entre  les peuples africains et  une France plus impériale  que jamais, bien que décadente, paraît inévitable; l’on s’y prépare déjà. C’est la tâche que s’assigne notre génération.

Madame l’Ambassadeur, c’est l’occasion de vous rappeler que le 04 février 2014 vous vous êtes rendue à Douala dans la région du Littoral pour  parler de « la gouvernance, des élections, de la corruption, de la démocratie et des fraudes de toutes sortes au Cameroun. Etes-vous qualifiée pour  débattre de tels sujets dans notre pays ? Quand on sait que toute la classe politique  française (toutes formations politiques confondues) est cernée et rongée par les affaires de corruption, de détournements  de deniers publics et de mafia  à grande échelle. Voilà dont  une France où des Membres du gouvernement aux  anciens Présidents de la République sont quotidiennement interpellés devant les tribunaux  pour népotisme, emplois fictifs et qui prétend donner des leçons aux Africains. C’est le monde à l’envers.

Vous savez que sous d’autres cieux, les Chefs de Mission diplomatique, pour des raisons évidentes, se font très discrets dans leurs déplacements avec des véhicules banalisés. Mais au Cameroun comme en territoire conquis, vous vous  baladez  dans  les quartiers populaires  de Douala : New-Bell, Bali, Quartier Congo comme un Sous-préfet qui rend visite à ses Administrés. Retenez que le Cameroun n’est pas une Préfecture  de la France et Douala non plus une Sous-préfecture. Vous vous permettez de pénétrer dans ces quartiers  populaires, à bord de votre  voiture arborant le fanion du drapeau français comme au bon vieux temps de la Coloniale. Arrêtez  d’irriter et de provoquer  le peuple camerounais.

Après votre rencontre avec les « religieux », puis avec les homosexuels, c’est sans doute le tour des motos taximen et dans un proche avenir vous irez à la rencontre  des « prisonniers  franco-camerounais détenus arbitrairement  dans les geôles camerounaises » et dont la France estime être investie d’une mission universelle pour leur libération. Vous êtes à la recherche des foyers de mécontentement  dans  les quartiers populaires  afin d’allumer et d’alimenter  la contestation sociopolitique et de faire appel  à vos « Humanitaires » qui arriveront avec des armes cachées dans des cartons de riz et de blé génétiquement modifié(OGM), secourir «  les populations en danger ». C’est le scénario et le schéma classiques des foyers de tensions que votre pays  a allumés à travers  l’Afrique.

Si votre objectif ultime est de contrôler la transition au Cameroun pour installer au pouvoir un de vos agents, le peuple camerounais a un message pour votre gouvernement : vous échouerez, contrairement aux relatifs succès que vous avez obtenus dans d’autres pays. Le peuple camerounais est averti et éveillé.

Aux organes de presse locaux, nous disons  qu’il est  regrettable  que les Directeurs de ces publications, jusqu’à ces jours refusent de comprendre le jeu macabre que  la France joue dans notre Pays. En effet, comment comprendre que  Mr Alain Njipou du Journal le Messager ait pu titrer  le 05 février 2014 « Cameroun-Coopération : J.M  Nintcheu montre les vrais visages du Cameroun à la France ». Les journaux   camerounais  devraient plutôt se poser la question suivante : d’où la France prend- t- elle  les milliards qu’elle prétend déverser au  Cameroun  alors qu’elle-même se trouve au bord du gouffre économique et financier ? Pendant ce temps, les bouches du métro de Paris  sont envahies par des Sans Domiciles Fixes (SDF) et qui sont  nourris  aux  soupes populaires. Les Camerounais doivent le savoir.

En 15 avril dernier, vous vous êtes rendue au Siège  social des homosexuels en Afrique centrale à Douala, et qui se fait appeler « Réseau de Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale(REDHAC) », où vous attendait Alice Nkom de sinistre image. Cette Mémé, qui est entrée dans les lugubres annales de notre pays comme une sataniste en rendra des comptes  devant l’impitoyable tribunal de l’histoire.   Quelques jours après, vous  vous êtes retrouvée dans la partie nord du Cameroun. Si vous  n’avez rien à faire dans votre Mission diplomatique, organisez des promenades dans cette immense propriété de plusieurs centaines d’hectares, que l’Administration  coloniale française a arrachée aux  autochtones de Yaoundé, pour  en bâtir un véritable Etat en plein cœur de la Capitale camerounaise que vous appelez abusivement  Ambassade. Le peuple camerounais le sait.

Aux Camerounais qui rêvent ou qui pensent que le salut leur viendra de la France, nous leur demandons de bien regarder  et d’analyser la situation des Etats africains qui, au nom des droits de l’homme ont été déstabilisés par la France. Le sillage de la France en Afrique  c’est  du Sang, des Pillages, la désolation et  la  misère. Visitez la Côte d’Ivoire. Vous  identifierez aisément  des symboles  encore  fumants de «  la coopération française en Afrique ». Même si  les Camerounais, comme dans tous les pays du monde, ont des problèmes  au plan interne, qu’ils évitent de faire appel à  la Communauté dite « Internationale » dont la France s’est autoproclamée le porte-parole. Attention ! Les charognards  et autres mercenaires sont à l’affût  pour leurs intérêts exclusifs. Alors Vigilance.

Veuillez prendre en considération   Madame, l’Expression et le  profond  Sentiment d’une  Société  camerounaise  qui a décidé de se libérer du joug et l’encombrante tutelle d’une France toujours arrogante malgré son irréversible décadence.

Résistance politique: Afrique et résurgence colonialiste…

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Ces frères et sœurs nègres fiers valets du Couchant

 

Léon Tuam 


 

Activiste des Droits Humains et écrivain, 


 

1er Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14675.html               

 

 

Ces frères et sœurs Nѐgres fiers valets du Couchant qui avec zèle vassalisent toujours l’Afrique

À l’heure où mes frères et sœurs Nègres en particulier et les Africains en général ont bu de tout ce qu’il y a comme humiliation et mal sur terre, à l’heure où ils ont tout vu, tout entendu, tout ressenti, tout subi et tout appris, il est surprenant et assez poignant que beaucoup d’entre nous embrassent encore chaudement le rôle-valet des forces extérieures qui font tout pour diviser, déstabiliser et ruiner l’Afrique.

L’exemple de ce comportement bon-Nѐgre amnésié s’est derechef exposé le 26 février 2014 lors du sommet des chefs d’Etat et du gouvernement du Marché Commun de l’Afrique Australe et de l’Est à Kinshasa.

Il est depuis 2009 reproché au président Omar El-Béchir du Soudan des « crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide » contre son peuple. Un ensemble de pays du Couchant s’est décidé (pour des raisons économiques et stratégiques) qu’il devait être arrêté et traduit devant la justice internationale, et la CPI en a fait son affaire.

Le côté blessant pour ne pas dire le côté atomisant, c’est le suivisme abject de certains Africains casés sous certaines organisations basées à Kinshasa et ailleurs.

Hormis ce machin de CPI, la FIDH et Amnesty International, et plus de six organisations locales s’étaient mobilisées pour demander l’arrestation immédiate à Kinshasa d’Omar El-Béchir pour faire face à la justice internationale.

Il me semble que ces frères et sœurs Nѐgres fiers valets et ces autres Africains habituellement rompus dans ce rôle ont la mémoire très courte. Ne savent-ils pas que les tristes événements du Darfour tiennent d’un plan savamment tissé de l’extérieur pour nuire a Béchir et pour mettre la main sur les richesses de cette partie du Soudan, et que ce sont les pyromanes qui se font par la suite pompiers ?

Quand est-ce que communément nous devons comprendre ces choses-là ? Est-ce si difficile ? Des individus et nombre de personnes morales en Afrique sont tellement attirés et liés aux miettes et promesses que leur lancent des groupes extérieurs qu’ils se trouvent amnésiés et dépêtrés de tout sens de la droiture et de toute dignité ! C’est drôle, ah oui c’est bien drôle.

Si déjà mes frères et sœurs de la RDC ne peuvent voir droit devant eux, s’ils sont incapables d’identifier à côté d’eux et sous leurs pieds les responsables directs et indirects de la grande tragédie continuelle au pays de Lumumba, et de se battre mordicus pour que les vrais criminels soient traduits devant cette boîte de l’impérialisme (CPI) eh bien, je me demande quel bon jugement et quelle compétence ont-ils à vouloir exiger l’arrestation d’El-Béchir.

Ce fut une grande distraction du peuple congolais et cette démarche continue, en attendant la partition de ce grand pays ; car pendant que les Congolais sont distraits et se font distraire, tout se met en place pour leur voler la partie la plus riche du Congo.

Mes frères et sœurs Nѐgres fiers valets du Couchant parlent de quelle « justice internationale » ? Pourquoi pouvons-nous tomber si bas, si bas au moment où la somme des malheurs, des humiliations et des douleurs qui nous ont été longtemps infligées feraient de nous les plus prudents, les plus unis, les plus déterminés, les plus entreprenants et courageux de la planète ?

De quelle « justice internationale » parle-t-on quand la justice n’est pas toujours rendue sur les nombreux morts du Congo depuis Lumumba ? De quelle « justice internationale » parle-t-on quand rien n’est toujours dit des génocides en régions Bassa et Bamiléké du Cameroun ?

De quelle « justice internationale » parle-t-on quand les victimes et parents de victimes des massacres d’Algérie attendent toujours que lumière soit faite sur les fleuves de sang que le pays connut ?

De quelle « justice internationale » parlent des Africains au moment où les mêmes criminels internationaux qui jadis tuèrent ou virent tuer en silence s’apprêtent à nouveau à s’appuyer sur d’autres Algériens-valets et étrangers pour massacrer derechef et mettre la main sur les richesses de ce pays ? De quelle « justice internationale » parle-t-on ?  De celle à naître, peut-être ?

Où est passée cette justice pour arrêter et juger les vrais criminels responsables directs des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de génocide de Kossovo, d’Irak, d’Afghanistan, de la Libye et de la Côte d’Ivoire, etc. ? Où est-elle pendant que des familles et populations de ces nations sont inconsolables ?

La CPI, la FIDH, Amnesty International, la LE, l’ACAJ, la VSV et autres  manquent de rigueur, de consistance et d’impartialité dans leurs travaux parce qu’inféodés aux puissances économiques et financières qui leur dictent souvent la conduite à tenir. Par conséquent, ils sont mal placés pour juger ou faire juger Omar El-Béchir et d’autres Africains et feraient mieux de se taire.

Allons-nous courir le risque de dire que l’Africain est l’être sur terre le plus naïf et le mieux manipulable ? Non, ce serait une sottise quand on connaît et voit au quotidien d’autres dignes fils d’Afrique courageux, patriotes et intelligents défendre ce continent à y perdre leurs vies ; pendant que d’autres traîtres et valets africains manipulés voient par exemple en Robert Mugabe le criminel, le diable.

C’est le peu et le mieux que nous puissions brièvement dire de/à nos frères et sœurs Nègres en particulier et africains en général au sujet de leur rôle-valet qui, avec zèle, vassalisent l’Afrique et compromettent ses chances d’élévation au rang des continents puissants.

Nos armes essentielles sont le courage et la droiture, armes de choix que ni les intimidations ni les coups bas des prétendus donneurs de leçons en Droits Humains, en justice et démocratie, ne peuvent nous arracher. Que les Africains rectifient leurs conduites vis-à-vis d’eux-mêmes et du monde pour une véritable renaissance africaine.

Résurgence indigène et lutte anticolonialiste: Retrouver une identité culturelle par la terre…

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Quand on lit un article comme celui-ci et les traductions que nous avons faites d’articles sur les luttes de résurgence autochtone des Amériques, on s’aperçoit qu’il y a une grande convergence d’Idée pour la simple et bonne raison que l’on touche ici au véritable universalisme culturel, celui ancré dans toute l’humanité et ses peuples: l’ancrage dans la terre ancestrale qui fournit une identité qui se doit être la plus élargie possible, l’universalisme doit rapprocher, converger et non pas diviser…

Rectifions le tir ensemble…

— Résistance 71 —

 

Etude sur le conditionnement: L’identité africaine…  Un produit comme un autre…

 

Panafricanisme 2-0

 

18 février 2014

 

url de l’article original:

http://panafricanism2point0.com/a-la-une/etude-sur-le-conditionnement-lidentite-africaine-un-produit-comme-un-autre/

 

«Qui suis-je ?»

Introdution :

Une question qui nous est familière. Une question jugée centrale par bon nombre de philosophes occidentaux. Mais depuis quand est-elle centrale ? Est ce une question inévitable ? Y trouve-t-on jamais de réponse ? Est ce que nos ancêtres se posaient également cette même question ? Ce sont à ces interrogations que cet article va tenter d’apporter la preuve, à travers les notions de culture, d’identité et d’estime de soi, d’une nécessaire crise identitaire de l’Afrique.

L’acquisition de la première s’effectue par le biais de la deuxième et détermine la troisième (question).
La libération du continent de ses « bourreaux culturels » est indispensable à son regain d’estime de lui même.
Cet article ne prétend pas révéler une vérité absolue mais tente davantage à la recherche de relations causales possible et la condition africaine par le biais de processus psychologiques. La pensée partagée ici est une simple élaboration d’une personne qui tente de comprendre le monde qu’elle a reçu en héritage. Tout Homme sur la terre est EN DROIT de réfléchir à partir des éléments et des compétences qu’il possède.

Personnellement je ne crois pas en une question existentielle condamnée à ne pas obtenir de réponse. Je ne pense pas que cette question est propre à la nature humaine. Nos ancêtres devaient certainement se questionner sur leur place dans le monde et dans l’univers mais il ne s’agissait pas d’une quête perpétuelle de leur identité. Ainsi, nous pouvons traduire cela par davantage une recherche de soi qu’une recherche d’identité. La différenciation est subtile mais, comme dans tout phénomène complexe, la nuance est essentielle.
La « recherche de soi » peut être appareillée à des questionnements sur le sens de la vie de façon générale et son présupposé but assigné, la place de l’Homme et de son histoire, etc. L’identité se construisant sur la base d’éléments culturels de la société à laquelle nous appartenons, est en perpétuel mouvement et ne cesse d’être actualisé. La construction de cette dernière sera davantage détaillée plus bas dans le contexte de culture.

Si cette question d’identité n’obsédait pas nos prédécesseurs, était-ce parce que leurs préoccupations étaient plus « primaires » ? Ou parce était-ce parce qu’ils savaient qui ils étaient, les valeurs qui fondaient leur identité ?
Comment ne pas se demander qui nous sommes dans un contexte de mondialisation poussé à l’extrême ?

Entrée en Matière :

La compréhension de la réflexion élaborée ici nécessite un détour par une brève exposition des processus dont il sera question tout au long de cet article. Ce sont des processus complexes dont cet écrit tentera d’en simplifier les explications et les fonctionnements afin de les rendre abordables par le plus grand nombre.
La culture constitue l’essence de l’identité de chaque individu. Lorsque nous nous demandons ou répondons à ce que nous sommes et la place que nous occupons, nous ne pouvons situer cette interrogation hors d’un contexte culturel.
 L’identité, in extenso la culture, répondent à la question «Qui suis-je ?».

De nombreux auteurs ont étudié le concept de culture. Elle est définie par un consensus comme l’ensemble des valeurs, des normes, des conduites, des représentations collectives, partagé par les individus d’une même société.
Elle possède une place prépondérante dans notre construction identitaire car elle va définir et donner du sens au statut et au rôle assigné à chacun au sein de celle ci.
La culture nous sert donc de repère dans la définition de notre identité en nous inscrivant dans un cadre, un contexte. Comme dit précédemment, elle permet une réponse à la question « Qui suis-je ? » car elle constitue l’identité de chacun.
Elle contribue également à l’unité en la création de normes, de valeurs et de représentations communes à tous les individus qui partagent une même culture.
Une précision doit être faite. La culture d’un pays se divise elle même en d’innombrables micros cultures. Chaque individu appartient à différents milieux, à différents groupes (familles, école, travail, clubs d’activités, etc.) qui possèdent leur propre culture. Le partage d’une culture permet à un ensemble d’individus de définir ce qui lui est endogène ou exogène.
Pour simplifier, la culture caractérise ce qui de l’ordre du « Nous » et « Pas Nous ».

Les codes qui composent une culture régissent le fonctionnement d’un groupe, plus ou moins important, d’individus, et se transmettent de génération en génération. La culture nous précède et nous succède. Elle est donc, en ce sens, indépendante de chacun de nous et va nous modeler.

La construction de notre identité ne cesse d’évoluer à mesure que nous changeons de statut au cours de notre vie. Nous sommes, par exemple, d’abord enfant, puis adolescent et enfin adulte. Chacun de ces statuts implique des rôles auxquels sont associés des attentes culturelles.
Les changements de situation tels que les déménagements, les mariages, ou encore la parentalité, entraînent également des modifications de notre identité.

Nous adoptons, dès notre naissance, les codes culturels de la civilisation à laquelle nous appartenons. Leur intériorisation se fait de manière progressive par le biais d’un apprentissage.
Le psychologue américain, Erik Erikson (original !) a spécifié le « processus d’identification » comme central dans la transmission culturelle. Selon lui, c’est en nous identifiant aux autres que nous construisons notre identité. Nous prenons en exemple des modèles qui nous semblent légitimes afin de savoir « comment il faut faire » et « comment il faut être ». Ils sont l’équivalent des modes d’emploi du fonctionnement de la société.
Un nouveau modèle est recherché lorsque le dernier est jugé obsolète. Celui ci ne répondant plus aux attentes n’est plus digne d’intérêt. Ce sont les limites du modèle pris jusque là qui pousse la recherche d’une nouvelle « inspiration ».
Cet auteur définit trois types d’identification dont les apparitions s’effectuent de façon chronologique. Il souligne que leur acquisition s’effectue de façon définitive. Une fois que le processus d’identification de chaque type est mis en place, il sera réutilisé selon les besoins et les ressources situationnels. Erikson précise également que le dernier type d’identification, celle aux pairs, est celle qui permet la catégorisation sexuelle sociétale. Elle est la plus fréquemment activée dès son apparition entre six et onze ans.

Par ordre chronologique, l’enfant s’identifie en premier lieu à sa mère, ou le substitut maternel, afin qu’acquérir les « lois élémentaires » à force d’observation et d’imitation. Ainsi, il apprend à travers le jeu, les soins, les explications et les corrections, les aptitudes de base et les règles de conduites qui établissent les fondements de sa future identité. L’objet maternel constitue le premier modèle d’identification proposé car elle guide jour après jour son enfant dans la compréhension du monde. En cela, l’identification à la mère pose les bases des assises narcissiques de chacun et a une influence sur l’apparition ou non ultérieure de pathologies mentales pouvant être générées par exemple par l’angoisse d’abandon. Ce sujet nécessite son traitement dans un article séparé afin d’en saisir l’entière complexité. Mais ce n’est pas le but de cet article.

Lorsque l’enfant est en âge de faire la différence entre les sexes, il va s’identifier au parent du même sexe que lui. Ainsi, les petites filles vont prendre en exemple leur mère et les petits garçons leur père. Cette « prise de position » est nécessaire car elle pose les jalons de la catégorisation sexuelle. Cette identification permet de se déterminer et de « s’adapter » en fonction des caractéristiques et des rôles culturels attribués à la catégorie à laquelle nous nous identifions.
Les parents sont les premiers indicateurs culturels dont dispose l’enfant pour construire son identité. Ils sont les accompagnateurs fondamentaux de cette prise d’autonomie car la famille constitue son premier milieu de socialisation, appelé « socialisation primaire ».

L’entrée à l’école marque l’apparition du dernier type d’identification. Erikson la qualifie d’ « identification aux pairs ». L’enfant est extrait de l’unique modèle familial qui lui était jusque là présenté. La scolarisation insère l’enfant dans un processus de socialisation secondaire en le confrontant à d’autres individus (corps scolaire et autres enfants) ne partageant pas les mêmes règles que lui.
Cette comparaison « obligée » par l’école permet une première prise de conscience de la relativité de ce qui a pu lui être inculqué par ses parents. L’individu doit effectuer un travail personnel psychologique afin d’intégrer au mieux les éléments opposés. Les contradictions entre les normes, les valeurs du milieu familial et celles du monde marquent l’indispensable nuance que nous devons apporter à toutes nos réflexions.

L’identification aux pairs est celle qui permet l’évolution continue de notre identité car si elle apparaît avec l’école, elle est présente par la suite chaque fois que nous nous comparons à autrui lorsque nous cherchons à nous situer.

Plus nous vieillissons, plus notre réseau d’appartenances se densifie. Nous appartenons à de plus en plus de milieux différents qui exigent une plasticité psychologique pour faire face aux incompatibilités que peut présenter leur appartenance respective.
Cette adaptation est primordiale au sentiment d’unité et de continuité psychologique indispensable à l’équilibre psychique. Ce sentiment permet à l’individu ne pas remettre automatiquement en question TOUT ce qu’il est à chaque fois qu’il est confronté à quelque chose qui est différent de lui.

Le dernier point me permet d’introduire l’illustration des théories avancées ci-dessus par le cas de l’Identité africaine.
La différenciation entre la mondialisation et le mondialisme a été faite dans un précédent article (« Etude sur la psychologie du mondialisme) mais il n’avait pas été précisé que les deux impliquent le processus d’identification.

Le continent africain et son histoire sont les exemples parfaits des conséquences néfastes, à court et à long terme du mondialisme. Les avantages économiques que l’Afrique a à offrir attisent toues les convoitises. Tous les moyens sont employés pour mettre la main sur les ressources naturelles, mais tous les moyens ne sont pas bons. L’utilisation de la force par le biais des méthodes esclavagistes a prouvé son échec. La mise en place de la colonisation par un souci de domination et d’économie dans l’exploitation des richesses marque un remaniement stratégique. C’est à la tête qu’ils ont décidé de frapper. Une idée peut être indestructible donc il est nécessaire de l’empêcher de naître avant qu’elle le devienne. L’adoption de la manipulation a donc été décrétée par ceux qui veulent s’accaparer le monde.

La destruction du peuple noir ne pouvant pas se faire par la force alors il fallait le faire par le mental.

L’identité de l’Afrique s’est effritée au fur et à mesure des siècles. Nombreux sont ceux pour lesquels l’histoire du continent débute à la colonisation, au plus tard à l’esclavage.
Le contact forcé durant des siècles avec la culture occidentale a certes entraîné une modification de la culture initiale mais le lessivage culturel dont est l’objet la culture africaine a été prémédité pour en faciliter la domination. Les « missions civilisatrices » censées apporter l’évolution et «les missions philanthropiques » successives organisées afin d’aider le développement du continent ne sont que des prétextes à sa destruction culturelle et physique.
L’exemple concret des écoles mises en place lors de la colonisation permettaient d’inculquer les valeurs occidentales, par là même la culture des oppresseurs aux populations colonisées dès le plus jeune âge. Le formatage et la soumission étaient ainsi davantage obtenus car les habitants confiaient leurs enfants à « l’élevage à l’occidental ».
Ces malheureux pensaient que cela ne pouvait leur être que profitable. Ce qui était normal puisque le PROGRÈS leur avait était avancé par ceux qui souhaitaient abuser de leur confiance. Pour ceux là, le PROJET était tout autre.
La fâcheuse habitude de l’Occident à se présenter comme exemple de supériorité de part l’évolution dont elle est la preuve a participé à la progressive soumission consentie des peuples dont il veut profiter.

La confusion et la perte d’identité culturelle de l’Afrique ont également été facilitées par la nature orale de la culture africaine.
L’absence d’écrits qui pourraient témoigner de l’histoire de nos ancêtres, et pourraient nous permettre de renouer avec les fondements initiaux de notre culture, a permis notre corruption identitaire. Le K.O engendré par les sévices physiques et psychologiques infligés à notre peuple a bénéficié à ceux qui voulaient/veulent tirer profits sans contre partie des ressources dont dispose notre terre.

C’est ici que peut être transposé le processus d’identification exposé ci dessus.

Le développement du continent témoigne de ce processus d’identification. Il a été perverti en le mettant au profit d’une identification au modèle occidental qui s’est présenté au peuple africain pendant des siècles. La destruction de la culture de nos ancêtres à facilité cette identification car de génération en génération les seuls repères de développement « offerts » sont des repères appartenant à cette culture.
Le développement du continent reflète cette identification « mal placée ». Il s’apparente davantage à une occidentalisation qu’à une modernisation dans la continuité de la culture africaine. Malheureusement, les villes africaines ne sont que des contres façon (de mauvaises qualités) des villes des pays occidentaux. Comment cela pourrait en être autrement ? Elles en réunissent toutes les problématiques : violences, drogues, précarité, chômage, mauvaise hygiène,etc..
La modernisation du continent par le processus de copie conforme ne peut être que voué à l’échec. Premièrement elle n’est pas insufflé par ces habitants eux mêmes et ni motivée par les réalités géographiques, politiques, sociales et économiques du continent. Il devient donc nécessaire d’être les producteurs de notre propre évolution. Il faut créer une modernisation Made in Africa, fait par et pour Nous sur la base valeurs qui nous sont spécifiques qui nous permettent d’être identifier

Cette confusion peut s’expliquer par l’endoctrinement des populations locales à un modèle présenté comme idéal. L’objectif étant la création d’une culture mondiale unique. Pour se faire, il est préconisé de supprimer les différences afin d’obtenir une population mondiale homogène. De part cela, ce modèle implique l’abandon des singularités culturelles, ethniques et religieuses portant atteinte à une volonté de contrôle initiée par l’Occident.
Ainsi, la main mise sur l’Afrique et ses multiples possibilités est assurée.

L’ « occidentalisation » du comportement de nos élites dirigeantes est le symptôme du cancer qui gangrène notre continent. A savoir l’oubli de ‘l’amour de soi et des siens, l’amour de sa terre, de sa culture, de son bien être et de son destin.

L’Occident se plaît à rappeler ce qu’il doit apporter à l’Humanité mais oublie de citer (nie) ses propres références.
La culture occidentale puise depuis toujours ses origines et ses inspirations partout dans le monde. Au delà d’inspirations, elle peut même être accusée de plagiat car elle proclame siennes des découvertes, des connaissances sans jamais admettre, ou à demis mots, son imposture.
Cela est pour le moins ironique puisque ce sont ces éléments volés qui sont avancés comme preuves de sa supériorité en comparaison aux autres cultures. Mais en réalité ses atouts résident en ce que la culture occidentale rassemble en elle seule l’ensemble des connaissances permettant sa domination. Des connaissances qui ont été puisées à leur source au sein de différentes civilisations et par différents procédés. Il ne cesse d’ériger sa culture au rang de vérité absolue, et « encourage » fortement le reste du monde à en faire de même.

Cependant, la globalisation du modèle impérialiste, en plus d’être illégitime car il est s’est auto-proclamé supérieur, pose l’impératif d’un remaniement culturel, donc identitaire de chaque pays. Cela dans l’objectif d’une uniformité permettant un contrôle économique. Comment la première entraîne le second ?
Les valeurs et les normes véhiculées par une culture partagée permettent l’homogénéité sociétale d’un pays par le biais de la cohésion qu’elle génère entre les individus. Dans l’idéal, cela pourrait être possible mais la réalité est toute autre. Le comportement de la majorité des gouvernements envers certaines minorités entrave cette cohésion en favorisant toujours leurs intérêts. C’est bien un manque de valeurs, notamment celles d’égalité et de justice, qui nuit au bien être du monde.

Illustrons ces propos avec un fait d’actualité. En France pour la mise en place progressive la Théorie du genre fait débat. Cette polémique est amplement justifiée. L’excuse est toujours de bonne foi, il s’agit cette fois de combattre les stéréotypes de genre qui entravent l’égalité entre les hommes et les femmes dans la société. Pour se faire, certains gouvernements européens ont pris la décision de soumettre à la réflexion des enfants, dès leur plus jeune âge des problèmes d’identité sexuelle. Comme toujours, cela est à comprendre de façon implicite après des recherches approfondies sur ce sujet. En public le discours est tout autre : « La laïcité, c’est ce qui protège l’enfant et garantit aux enfants les mêmes droits et l’accès aux mêmes valeurs. Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. Donc la République doit leur offrir… [coupée par un intervenant]. Chaque enfant doit pouvoir accéder à des lieux qui lui permettront lui-même, ensuite, de faire son choix. C’est le cadre de l’école publique. C’est ce dont la France a besoin aujourd’hui. » (sénatrice française Laurence Rossignol).

Vous vous demandez sans doute en quoi la Théorie du genre concerne t-elle les réalités du continent africain. Il s’agit ici de la manipulation de l’esprit dans le but de promouvoir un idéal en décalage avec la culture initiale.
Sa mise en place témoigne d’une tentative de manipulation du processus d’apprentissage, d’identification et de production de stéréotypes dans le but d’introduire de nouveau éléments, au sens le plus large qu’il soit, à ceux préexistants.
La réaction de la population à l’introduction de l’enseignement de cette théorie, sans aucune donnée psychologique favorable mais beaucoup dénonçant ses conséquences dramatiques, est sans appel.
Nous pouvons choisir les éléments de la culture que nous voulons intégrer à notre propre système de valeurs. Ce n’est pas parce qu’une culture est dominante que nous ne pouvons être critique vis à vis d’elle.

Ce sont les contradictions entre les valeurs héritées des différentes sous cultures auxquelles nous appartenons qui amènent à leur tour des remises en questions de ces dites valeurs.

Cette problématique ne se pose pas si un individu est soumis à un seul modèle car il n’existe aucun point de comparaison qui puisse amener la réflexion personnelle. Il s’agit alors d’un apprentissage par conditionnement. C’est ainsi qu’est parfois envisagé l’apprentissage des enfants. L’esprit conçu comme une coquille vide qu’il faut remplir. Telle peut être envisagée la transmission d’une culture. Il s’agit là d’un conditionnement parfait car il n’existe aucun point de comparaison.

C’est dans la notion de conditionnement que le rapprochement peut être fait pour expliquer la situation les descendants des esclaves d’abord puis des colonisés par la suite. Le cas pratique de l’Afrique permet mieux appréhender les dynamiques qui existent entre tous ces processus.

C’est la raison pour laquelle un enracinement et une forte identité culturelle permettent de résister face au fléau qu’est le mondialisme.

Il a été cité précédemment qu’une continuité était nécessaire à l’équilibre psychique dans le processus d’identification. Ainsi, seul un enrichissement est apporté par l’influence d’autres cultures car il existe un noyau dur qui ne peut être détruit. Une forte identité ne sous entend pas une culture hermétique à toutes modifications, mais uniquement à celles qui lui sont nuisibles. Elle doit être stable et ancrée pour ne pas être détruite mais assez souple pour être améliorer.

En ce qui nous concerne, le processus d’inspiration a été perverti en processus d’identification totale. L’inspiration implique l’intégration d’éléments nouveaux à un paradigme de base. Or, il n’en n’existe pas en Afrique. Quelques bribes peuvent être décelées, mais il n’existe pas une unité suffisante afin de composer une véritable culture continentale.

Nombreux sont ceux qui s’opposent à ces propos. «Comment ça il n’existe pas de culture africaine ?! Bien sûr que si ! Il en existe une comme pour tout les pays !». Ce qui est entendu en terme de culture africaine est ce qui pourrait être l’équivalent d’une culture européenne ou encore américaine. L’Afrique n’est pas un pays, mais est composée de plusieurs ayant chacun leur propre culture. L’Europe s’inscrit dans le même cadre. Cependant, ce dernier n’est jamais amalgamé à un seul et unique pays ce qui semble être plus fréquemment le cas de l’Afrique. Cette confusion ne lui est malheureusement pas bénéfique. Cet amalgame n’est pas la manifestation d’une union continentale mais davantage la manifestation d’un déni des spécificités de chaque pays.

La culture africaine fait davantage écho à un amoncellement de stéréotypes. Ces derniers ne sont pas nécessairement fondés ou ne sont plus actualité mais ils sont représentatifs de l’image véhiculée de cette culture.
Les stéréotypes sont des concepts psychologiques. Ils sont un autre exemple du pouvoir qui peut être exercé par ceux qui détiennent des savoirs dans le domaine de la psychologie.
La construction de stéréotype est un processus naturel donc l’objectif est de permettre une catégorisation du monde. Cette catégorisation le rend plus abordable car ces « connaissances » permettent de l’organiser et ainsi de mieux anticiper ce qui le compose.
Les stéréotypes sont présents chez tous les individus, et constituent des croyances socialement partagées des caractéristiques spécifiques attribuées à des groupes. Ils peuvent être positifs ou négatifs selon les préjugés sur lesquels ils sont basés. Leur but premier n’est pas d’établir un jugement mais d’organiser le monde pour le rendre plus prévisible.
Cependant si leur construction permet la réduction de l’incertitude de ceux qui y ont recours, il peut provoquer un effet sur ceux qui en sont l’objet.
Une expérience psychologique menée par Steele et Aronson en 1995 a mis en évidence ce qu’ils ont qualifié « la menace du stéréotype ». La création de stéréotypes entraîne l’apparition d’attentes vis à vis des personnes concernées. C’est d’ailleurs le but d’anticipation exposé précédemment. Selon ces auteurs, ces attentes influencent le comportement et l’attitude des personnes qui font l’objet de ces stéréotypes.
Leur élaboration n’est donc pas sans conséquence car ils les enferment ceux qui en sont l’objet dans une vision caricaturale, ce qui peut les pousser à adopter des comportements et attitudes initiée par cette réduction.

Le recours à des procédés psychologiques par les politiques est bien plus fréquent que nous l’imaginons. L’Histoire ne tarit pas d’exemples qui prouvent leur efficacité.

La même conception de la culture partagée entre les partisans de l’apprentissage de la Théorie du genre et les partisans du mondialisme. Tous l’envisagent comme une étiquette modifiable par le contrôle de ce qui y est intégré ou supprimé. Nous en revenons ici à une conception de l’esprit comme un réceptacle ayant pour seule fonction de recevoir des informations et de les intérioriser sans aucune réflexion, donc par conséquent qui est facilement manipulable. Cette affirmation n’est pas entièrement fausse mais doit être précisée. L’esprit humain n’est pas manipulable parce qu’il l’est de « nature » mais il l’est pour ceux qui connaissent les processus qui le composent. Ainsi, ce sont les processus qui peuvent être orientés dans le but de la manipulation de l’esprit. La manipulation permet d’obtenir d’autrui dont il n’aurait pas eu l’initiative spontanément. Une bonne manipulation réside en ce que la ou les personnes concernées ne sont pas avertis des véritables intentions. La conviction en des éléments et l’adhésion à des idées sont d’autant plus important que les personnes victimes de manipulation croient en leur élaboration individuelle. Il n’existe pas d’idée plus personnelle que celle que nous pensons avoir raisonnée nous mêmes.

Cette perspective qui envisage l’esprit comme un vide à remplir est celle la même qui justifiait le rôle des missionnaires et plus généralement les traitements « civilisateurs » prescrits aux peuples dominés. Le destin connu de l’Afrique et de son peuple dans sa globalité pourrait donner du crédit à cette théorie.
Une destruction culturelle, donc identitaire, du peuple africain et de ces millions de descendants est malheureusement à déplorée. Cette destruction a été et demeure stratégique. Elle a été commanditée il y a plusieurs siècles par ceux qui avaient décrété leur supériorité sur la base de critères plus que subjectifs.
L’arme « psychologie » employée est plus que jamais d’actualité dans la promotion du nouvel ordre mondial pour ceux désireux d’un monopole économique et culturel du continent africain.

Intéressants parler stéréotype + identité + théorie du genre

Un modèle la CORSE :

C’est l’identification à ce genre de modèle qui est à favoriser.

En conclusion, les processus naturels d’acquisition de la culture ont été pervertis par le mondialisme dans le but d’imposer le modèle.
Mais une fois encore, les manifestations de ces limites se font sentir. Retour au « old school » peut être la manifestation d’une nostalgie de valeurs passées. Certains diront c’est simplement un effet de mode. C’est vrai. Mais toute mode justement appartient à une époque, à une culture et ainsi dit quelque chose des sociétés qui l’adopte. Parfois une mode devient en un élément culturel à part entière.
La mode actuelle semble annoncée de grands bouleversements culturels…

Comme nous l’avons dit dans cet article, l’utilisation des connaissances développées en psychologie est le procédé favori du mondialisme. Nous avons fait le choix dans cette guerre contre lui, de nous approprier chacune de ses armes afin de les retourner contre lui et de l’exterminer. Alors, ne lui laissons plus le monopole que la plus puissante d’entres elles.
La manipulation de ces connaissances est utilisée pour une extermination culturelle et un règne économique sans partage. Il est de notre devoir de maîtriser nous aussi cet art afin d’en inverser la tendance.

La culture au sens de l’instruction n’a pas été abordée de façon explicite dans cet article mais le sera certainement traité ultérieurement. L’accès à la culture doit être une priorité dans les politiques envisagées pour le développement du continent. Cet impératif doit être respecté et exigé à l’échelle internationale. Il ne doit pas se faire sous la forme actuelle qui s’apparente davantage à un accès illimité aux informations engendrées par une propagande pro mondialiste dans le but d’un formatage psychologique.
 L’inaccessibilité culturelle a été désirée par ceux qui veulent le contrôle absolu, et cela aussi bien dans nos propres rangs.
Pour la petite anecdote, une reine malgache consciente de la puissance du savoir en avait réservé l’accès à une minorité de la population pour finir par la réserver aux seuls membres de son gouvernement.

La véritable diversité des connaissances doit être transmise afin de permettre à chacun d’élaborer sa propre réflexion, qui que nous soyons. La fin de leur monopole par certains pour la manipulation des autres est indissociable à notre démanche d’émancipation.
Les savoirs ne doivent pas être réservés à une minorité. Cela installe rapport d’inégalité entre « ceux qui savent » et « ceux qui ne savent pas », et cela sur différents plan. L’argument de « l’incompétence » est ainsi avancé lorsque les citoyens expriment leur désaccord car ils ne sont pas des experts qualifiés du manque d’information dont ils sont censés faire preuve.
Cette stratégie était à peu près efficace jusqu’à présent. Seuls des experts formés et reconnus comme tels par les gouvernements peuvent être conscients de ce qui est bénéfique pour leur pays.
Mais à l’heure d’Internet, cela n’est plus valide. Aujourd’hui, chaque individu est en mesure de s’informer par lui même, certains peuvent avoir une réflexion plus élaborée que les prétendus experts.

Finissons cette analyse sur une note d’optimisme. Je ne crois pas en une tendance naturelle de l’Homme au mal, mais je crois en la malhonnêteté possible de certains esprits humains qui, par le procédé de manipulation, permet d’en influencer la tendance via la propagande en partie relayée par la télévision et l’école. Un rapide inventaire de ce qui est mis à la disposition des enfants en termes d’éléments identificatoire pour en démasquer la finalité : des individus déstructurés sont plus maniables. Les éléments culturels représentent des repères d’identification, le choix de ces éléments permet donc de déterminer quel type d’individu est souhaité.
Les personnes sont qualifiées de «complotistes» lorsqu’elles soulèvent des questionnements, sans prétendre à y fournir une réponse absolue. Elles encouragent davantage à la réflexion pourraient avancer que les savoirs en psychologie ont été développés pour une meilleure connaissance de l’esprit humain dans le but de sa manipulation.
Si cela est vrai, et même dans le cas contraire, il nous suffit d’utiliser les mêmes procédés dans un but d’une réelle éducation et non pas d’une éducation dirigée dans l’intérêt de certains par le biais du mondialisme.

L’élévation d’une société n’est possible par celle de ces enfants. Les résultats d’une manipulation peuvent être positifs.

Sa mise en place témoigne d’une tentative de manipulation du processus d’apprentissage, d’identification et de production de stéréotypes dans le but d’introduire de nouveau éléments, au sens le plus large qu’il soit, à ceux préexistants.  »
Le processus d’identification permet de comprendre que l’obtention de l’égalité entre les hommes et les femmes ne passe pas par l’éducation sexuelle des enfants, mais davantage l’exemple donné par les parents et plus généralement la société. Les enfants ne font que reproduire en imitant ce qu’ils constatent. L’éducation des enfants passe donc par la rééducation des adultes qui sont pris pour modèle dans la construction identitaire. Nous pouvons ainsi influencer le devenir des sociétés par la manipulation de ce processus dans le but d’une évolution positive.
La manipulation est d’ailleurs employée par les partisans de cette théorie, conscients qu’à long terme cela bénéficiera au projet mondialiste.

Résistance politique au colonialisme: La Françafrique du néo-colonialisme au néo-esclavagisme…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 16 janvier 2014 by Résistance 71

Excellente analyse qui trouve un écho également chez les nations autochtones des Amériques et d’Océanie…

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés du dogme de la pensée colonialiste se tenant aux côtés des peuples opprimés depuis plus de cinq siècles par l’occident chrétien génocidaire.

— Résistance 71 —

 

Code noir du néo-colonialisme au néo-esclavagisme

 

Dr Cheik Diabate

 

14 janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13842.html

 

Devoir de mémoire: à tous les patriotes africains, la rédaction de cameroonvoice recommande vivement cet article

L’Afrique, ce continent tant convoité et tant méprisé aura tout donné à l’Occident pour « deux pots et demi de farine de manioc » ! (voir article 22 du « Code Noir » de Colbert).

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Croyant ce système odieux de l’esclavage aboli, le continent noir a subi sur son propre sol  un siècle de colonisation avec son cortège de ségrégation, de travaux forcés et de discrimination (Code de l’indigénat).

Après 4 siècles d’esclavage de 1648, date de la mise en œuvre du code noir, jusqu’en 1848 date de l’abolition de l’esclavage dans les îles françaises et après encore un siècle de colonisation, les années soixante sont apparues comme les années de la libération pour une bonne partie des colonies françaises d’Afrique. Les pays colonisateurs affaiblis par deux guerres ont décidé de donner de la main droite, l’indépendance qu’ils ont reprise de la main gauche à travers des accords de coopération (charte de l’impérialisme).

50 ans après, ces anciennes puissances coloniales, connaissant une suite de crises financières aussi aiguës les unes que les autres, semblent regretter les indépendances octroyées et toutes autres formes d’autonomie. On assiste, donc, à la mise en place de nouveaux schémas d’appropriation de l’Afrique par ses anciens colons.
Tous les actes actuels des États occidentaux semblent être calqués sur le code noir et paraissent conduire le continent africain dans une spirale néo-esclavagiste avec l’appui de quelques « affranchis ». Nous entendons par « affranchis », tous ces commis placés ou cooptés à la tête des États pour satisfaire les intérêts occidentaux au détriment des besoins réels de la population.

Examinons l’essence du code noir de 60 articles et ses similitudes avec les pratiques actuelles des États occidentaux en Afrique avec l’appui de leurs « affranchis ».

Article 1

Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.
Aujourd’hui en Afrique, ceux qui sont à chasser ne sont pas les Juifs mais les Chinois. Tout est mis en œuvre pour empêcher l’Afrique d’accueillir les Chinois. Pire, les partenariats stratégiques interafricains et la coopération Sud-Sud sont considérés comme une forme d’émancipation donc craints et donc à bannir.

Article 2

Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d’en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneurs et intendant desdites îles, à peine d’amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser dans le temps convenable.

Pour dépersonnaliser les Africains débarqués sur des terres inconnues d’Amérique et afin de les empêcher à recourir à leurs pratiques religieuses et culturelles de peur de se libérer de la tutelle de leur maître, les esclavagistes ont eu l’ingénieuse idée de se servir d’une interprétation de la bible faisant du Noir le descendant de « Cham » maudit par NOÉ et condamné par Dieu à l’esclavage et ne pouvant avoir son salut qu’en aliénant sa liberté à ses maîtres blancs. Le baptême était donc une adhésion au statut d’esclave et une acceptation du maître blanc. La dépersonnalisation était une condition nécessaire de l’aliénation de l’esclave.

Les articles 3 à 14 du code noir sont consacrés à la pratique religieuse de l’esclave pour éviter toute échappatoire à lui et à ses descendants.

Depuis la crise des années 80, l’Afrique est envahie par toute sorte d’églises. Le marketing religieux a remplacé l’obligation d’adhésion. Les croyances ancestrales qui sont décrites comme de l’animisme sont traduites comme des pratiques sauvages et sans fondement. Tout est mis en œuvre pour convaincre les plus incrédules ou réticents à faire le bon choix au risque de vivre l’enfer sur terre. Les salles de cinéma, les lieux de travail, les places publiques et les maisons privées se sont transformés en lieu de culte. La musique et les films religieux complètent l’arsenal de propagande. Il y a même un risque d’exclusion sociale pour ceux qui ne font pas de choix. L’objectif est clair : donner une interprétation biblique au malheur de l’Afrique dirigée par ses fils « maudits  par Dieu » et préparer les esprits à accepter le retour du maître.

Article 15 et 16

Défendons aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons, à peine de fouet et de confiscation des armes au profit de celui qui les en trouvera saisis, à l’exception seulement de ceux qui sont envoyés à la chasse par leurs maîtres et qui seront porteurs de leurs billets ou marques connus.

Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s’attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l’un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort, ce que nous laissons à l’arbitrage des juges. Enjoignons à tous nos sujets de courir sus aux contrevenants, et de les arrêter et de les conduire en prison, bien qu’ils ne soient officiers et qu’il n’y ait contre eux encore aucun décret.
Les deux articles, ci-dessus, ont pour objectif de priver tout droit politique et civil à l’esclave et le déposséder de tout moyen de défense pour avoir comme unique protecteur le maître, sous peine de punition corporelle ou de peine de mort. La protection du maître lui sera donc accordée en contrepartie de sa soumission. L’article 17 complète l’arsenal juridique de répression.

Aujourd’hui en Afrique, les armées nationales sont progressivement remplacées par des armées des pays colonisateurs sous le couvert de l’ONU pour la défense du territoire ou la protection de la population civile. Dans un environnement d’insécurité généralisée par des conflits internes alimentés en armes et en ressources financières par le pays colonisateur. L’exercice des droits civils et politiques est devenu risqué et interdit de fait. Les contrevenants sont conduits au cimetière, en prison, en exil ou subissent des traitements inhumains et dégradants.

Article 28

Déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leurs maîtres; et tout ce qui leur vient par industrie, ou par la libéralité d’autres personnes, ou autrement, à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leurs maîtres, sans que les enfants des esclaves, leurs pères et mères, leurs parents et tous autres y puissent rien prétendre par successions, dispositions entre vifs ou à cause de mort; lesquelles dispositions nous déclarons nulles, ensemble toutes les promesses et obligations qu’ils auraient faites, comme étant faites par des gens incapables de disposer et contracter de leur chef.

Les articles 18, 19, 20, 21 interdit le droit d’exercer des activités commerciales sauf en cas de tâches commerciales confiées par le maître.

L’article 28 dépossède l’esclave de tout bien au profit de son maître même ceux obtenus par industrie ou par libéralité d’autres personnes.

Depuis les années 1990, la politique de privatisation et de libéralisation privent les peuples africains de tout bien acquis par industrie ou par libéralité. Les accords de coopération avaient déjà organisé la main mise sur les matières premières et les réserves financières. De même qu’il n’est pas permis à un esclave d’avoir un revenu, il n’est pas permis aux pays africains de disposer des revenus de leurs matières premières exportées. Ces revenus sont déclarés biens propres du maitre.

Nous assistons donc, depuis 1990 à l’exclusion des africains de l’activité du grand commerce et de l’industrie pour les orienter vers des activités de subsistance (lutte contre la pauvreté) lui permettant d’assurer les deux pots et demi de poudre de manioc. L’article 22 est éloquent à ce sujet :

Article 22

Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune 2 livres et demie au moins, ou choses équivalentes, avec 2 livres de boeuf salé, ou 3 livres de poisson, ou autres choses à proportion : et aux enfants, depuis qu’ils sont sevrés jusqu’à l’âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus.

Les maîtres doivent donc fournir la nourriture à leur esclave. Le strict minimum pour entretenir la force de travail et assurer la reproduction de cette force de travail, c’est-à-dire la descendance de l’esclave.

L’Afrique, dépouillée de ses richesses par des accords de coopération et une politique de privatisation, ne vit que de l’aide de ses maîtres pour payer des salaires de misère assurant à peine les deux pots et demi de poudre de manioc.

La masse des paysans qui produisent pour le marché international ne reçoit qu’une rémunération à peine suffisante pour assurer les deux pots et demi de poudre de manioc.

Article 31

Ne pourront aussi les esclaves être parties ni être (sic) en jugement en matière civile, tant en demandant qu’en défendant, ni être parties civiles en matière criminelle, sauf à leurs maîtres d’agir et défendre en matière civile et de poursuivre en matière criminelle la réparation des outrages et excès qui auront été contre leurs esclaves.
Comme l’esclave qui ne peut actionner la justice, les victimes des atrocités ne peuvent saisir directement la fameuse Cour Pénale Internationale (CPI). Seul leur maître a le droit de le faire pour eux. C’est pour quoi seul le conseil de sécurité, le procureur de la CPI et les États (dirigés par les affranchis) peuvent saisir la CPI. Évidemment, ces derniers n’agissent qu’au nom des intérêts du maître. Les textes de résolution pour les pays africains sont décidés, écrits et déposés au conseil de sécurité de l’ONU par le pays colonisateur en dehors de toute participation voire consultation de l’Union Africaine (UA).

Article 32 et 33

Pourront les esclaves être poursuivis criminellement, sans qu’il soit besoin de rendre leurs maîtres partie, (sinon) en cas de complicité: et seront les esclaves accusés, jugés en première instance par les juges ordinaires et par appel au Conseil souverain, sur la même instruction et avec les mêmes formalités que les personnes libres. 
L’esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort.

La mise à mort politique ou physique pour ceux qui défient ou remportent des victoires démocratiques contre le gré de leur maître s’apparentent à « l’esclave qui frappe son maître ». ces transgresseurs sont jugés par le « conseil souverain » c’est-à-dire par ce qui a pris la forme de Cour Pénale Internationale ou punis par la peine de mort.

Article 38

L’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lis une épaule; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort.

L’exemple des massacres du Beach au Congo Brazzaville lors du retour des réfugiés de la guerre civile congolaise, le gel des avoirs des réfugiés et la tentative d’assassinat des exilés ivoiriens au Ghana en sont les meilleures illustrations.

Article 44

Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n’avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d’aînesse, n’être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire.

Dans les pays militairement occupés, les Africains ont perdu tous droits civils et politiques et sont devenus des biens meubles de la communauté internationale. Leur appartenance, leur rattachement et leur tutelle dépendent de la communauté internationale. Ces pays occupés n’ont donc pas le droit de choisir les limites de leurs territoires et leurs dirigeants. Ces derniers étant choisis parmi les « affranchis » par la communauté internationale. Ce sont les maîtres qui disposent des Africains. Le maître d’un pays peut toujours changer, car les biens de la communauté connaissent une redistribution au gré des événements comme à la conférence de Berlin en 1885. Il ne faudrait donc pas être surpris de voir la Françafrique cohabiter avec l’Américafrique, puisque, depuis un moment, l’on constate le partage de l’Afrique au profit du bloc atlantiste, États-Unis en tête, qui entendent diriger les opérations et superviser progressivement l’ancien pré-carré français, la France étant maintenue à un rôle de gendarme.

Articles 56 et 57

Les esclaves qui auront été fait légataires universels par leurs maîtres ou nommés exécuteurs de leurs testaments ou tuteurs de leurs enfants, seront tenus et réputés, les tenons et réputons pour affranchis.
Déclarons leurs affranchissements faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nosdites îles et les esclaves affranchis n’avoir besoin de nos lettres de naturalité pour jouir des avantages de nos sujets naturels de notre royauté, terres et pays de notre obéissance, encore qu’ils soient nés dans les pays étrangers.
Les « affranchis », les « boys à tout faire », sont ceux qui sont choisis par la « communauté internationale » pour tenir en laisse le peuple. Formatés dans leurs institutions, ils sont imposés à la tête de nos États par les « bombes démocratiques », par coups d’État, par des rébellions sanglantes ou encore à la suite de hold-up électoral en piétinant toute souveraineté c’est-à-dire la constitution.

CONCLUSION

En parcourant le code noir de 60 articles, l’on est frappé par l’analogie entre ce dernier et  le comportement non codifié des rapports actuels de l’occident avec l’Afrique. L’on constate que l’esprit du « Code noir » a toujours inspiré les rapports entre l’occident et l’Afrique en changeant les lettres, dans ses différentes variantes historiques (code de l’indigénat, charte de l’impérialisme, accords de coopération). Il n’y a point de doute comme le déclare les sénateurs français que « l’Afrique est l’avenir de la France ». Cet avenir est en œuvre avec comme objectif, 5 siècles après, de réchauffer encore une vieille recette en reformulant le code noir avec de nouvelles lettres mais en conservant l’esprit.

Le néo-colonialisme s’est rompu, Le néo-esclavagisme est donc en marche.

Sans une riposte intellectuelle appropriée, L’Afrique noire vivra les pages les plus sombres de son histoire. Dans une économie dite mondialisée, à l’exception de quelques « affranchis », les Africains seront dépouillés de tout et parqués dans des camps de réfugiés sans même pouvoir bénéficier de ces fameux « deux pots et demi de poudre de manioc ».

Par le Dr Cheik DIABATE ,
Enseignant Chercheur ,Université du Colorado, USA

Intervention française coloniale en Centrafrique: Un trouffion français arbore un écusson portant une devise nazie sur son uniforme…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, presse et média, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 décembre 2013 by Résistance 71

Le vrai visage du colonialisme quel qu’il soit… 

~ Résistance 71 ~

 

Un soldat français arbore une devise nazie sur son uniforme en Centrafrique

 

Opex 360

 

21 décembre 2013

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13670.html

 

Peu au fait de l’histoire militaire française (les hussards de la mort de Kellermann lors de la Révolution ou encore l’insigne peint sur l’avion de Nungesser lors de la Grande Guerre), le quotidien Libération s’en était indigné.

“L’image devient d’un coup violente, le message que l’homme véhicule est très clair : je suis venu apporter la mort”, avait-il  écrit, en janvier dernier, au sujet du légionnaire photographié au Mali avec un foulard à tête de mort.

Serval a eu sa polémique. Sangaris en a une également. Sauf que cette fois, l’affaire de ce militaire français photographié arborant un insigne d’épaule sur lequel est écrit “Meine Ehre heißt Treue” (“Mon honneur s’appelle fidélité”), c’est à dire la devise des waffen SS, sur un fond tricolore, est d’une toute autre nature.

Qui plus est, ce cliché a été diffusé sur la page Facebook de l’Etat-major des armées (EMA), avant d’en être retirée… après avoir été repérée par BFM TV. Honnêtement, il fallait avoir l’oeil affûté pour remarquer cette devise nazie sur le patch en question… lequel ne pouvait qu’attirer l’attention étant donné qu’il n’est nullement règlementaire.

“C’est une affaire qui est entre les mains du commandement sur le terrain, aucune sanction n’a encore été prise”, a commenté le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l’EMA, interrogé par la chaîne d’informations. “Ce qui est dramatique, c’est que ça ternisse l’image d’une institution qui condamne cela. C’est absolument inadmissible au moment où les hommes sont engagés dans une situation extrêmement difficile”, a-t-il ajouté.

Joint par le Huffington Post, le colonel Jaron a précisé que “la photo a été postée le 19 décembre sur Facebook. Il est apparu ensuite que le soldat arborait un insigne d’épaule qui n’appartient pas à l’uniforme de l’armée française et véhiculant une idéologie que nous condamnons sans équivoque”. Et d’ajouter : “Dès que ce soldat aura été identifié, il sera immédiatement suspendu”.