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Résistance au colonialisme: l’anarchisme africain… 4ème partie: Les obstacles et le futur de l’anarchisme en Afrique…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, désinformation, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 juin 2015 by Résistance 71

L’anarchisme africain, histoire d’un mouvement (Extraits)

 

Sam Mbah & I.E. Igariwey

 

Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 du livre “African Anarchism, the History of a Movement”, éditions See Sharp Press, 1997.

 

Juin 2015

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

 

Chapitre 6 Les obstacles du développement de l’anarchisme en Afrique

En substance, la théorie anarchiste est vue en Afrique comme une idéologie gauchiste de périphérie ; une indication de cela est que l’anarchisme ne reçoit généralement qu’une brève mention dans le syllabus des universités africaines.

Ceci est paradoxal parce que sur aucun autre continent l’anarchisme a eu tendance à être aussi fort qu’en Afrique, aussi parce que la perspective de tourner une action de masse en lutte de classe dans les temps modernes, demeure la meilleure en Afrique. Néanmoins, nous devons maintenant considérer les quelques facteurs qui ont œuvré contre le développement de l’anarchisme sur le continent africain.

L’éducation coloniale

Une des réalités certainement déplaisante que nous avons rencontré en écrivant ce livre fut de constater à quel point l’Africain contemporain, y compris les scientifiques africains de la socio-politique (qui ont probablement pris un cours ou deux en idéologies politiques comparatives), connaissent peu sur l’anarchisme. En termes de littérature, pratiquement rien ne peut être trouvé dans les librairies ou les bibliothèques universitaires. Ceci n’est en fait pas vraiment surprenant ; dans sa critique du marxisme, Ron Taber a fait remarquer que depuis plus de 70 ans l’anarchisme a été éclipsé par le marxisme. Nulle part ailleurs qu’en Afrique n’a été plus profonde la subordination de l’anarchisme au “socialisme” marxiste.

[…] L’éducation coloniale en Afrique n’a pas cherché à éduquer un grand nombre d’étudiants, les coloniaux sélectionnaient ce qu’ils considéraient être la crème pour des études avancées. Ceci a eu pour conséquence directe que la vaste majorité de la population africaine a été et est demeurée illétrée. En corollaire de cela, il y eut l’émergence d’une petite élite académique se considérant supérieure au reste des gens. Parce que ses assertions philosophiques et idéologiques venaient de la société de classe européenne et non pas de la société traditionnelle communaliste des sociétés africaines très peu stratifiées, l’éducation coloniale fut plus désintégrante qu’unificatrice.

L’éducation traditionnelle africaine par contraste, insistait sur l’interdépendance des individus au sein de la communauté plutôt qu’une concurrence entre eux. Elle instillait une conscience sociale de groupe et promouvait un esprit égalitaire, ceci à terme, menait naturellement sur une instance quant aux attitudes communes de partage des produits que la communauté générait.

De l’autre côté, l’éducation coloniale elle, insistait sur l’individualisme et rendit l’expérience sociale compétitive.

L’Esprit communal fut supplanté par le concept d’un soi isolé et la veulerie, le matérialisme et un désir sans frein de dominer. En conséquence, l’Afrique est devenue un continent socio-politiquement atomisé, antagoniste, formé de groupes concurrenciels, étant fortement impliqués dans les loyautés tribales et dominés par des points de vue totalement ethnocentriques.

En résumé, l’éducation coloniale a mené l’Afrique a un haut niveau d’analphabétisme combiné avec un très bas niveau de conscience politique et ce, même parmi les gens éduqués. Ni les érudits et universitaires eurocentriques ni les afrocentriques n’ont fait de recherches sérieuses sur l’anarchisme en relation avec comment il pourrait influer sur l’Afrique. Ceci a parfaitememt assuré le fait que l’anarchisme en tant que corps systémique de pensée soit demeuré un sujet “ésotérique”, si non inconnu pour bien des Africains.

Le système légal

Les systèmes légaux africains sont des gueules de bois du passé colonial. Par exemple, comme dans toute autre ancienne colonie britannique, la législation au Nigéria est tout simplement une copie de la loi coutimière et d’équité britannique. Ce système regarde les lois natives et les coutumes locales comme barbares dans la mesure où elles ne reflètent pas les standards des systèmes de valeurs européens.

Les lois coloniales furent édictées essentiellement pour “maintenir la loi et l’ordre” et ceci demeure le point cardinal des lois africaines post-coloniales. Ceci contraste sévèrement avec le système légal pré-colonial de droits et de libertés. Les sociétés traditionnelles africianes possédaient un sens intense et aigu de l’humanité et du respect de la dignité humaine.

[…] Les droits économiques et sociaux de base comme le droit d’utiliser un lopin de terre, le droit de travailler et le droit à l’éducation, étaient traditionnels et communs aux sociétés africaines et cs droits étaient reconus et protégés.

[…] Les systèmes légaux africains post-coloniaux conçoivent la loi comme un corps de règles servant à préserver l’État et la perpétuation de l’ordre et de la stabilité. Dans bien des endroits, se faire l’avocat du renversement de l’État est considéré comme haute trahison et est puni de mort.

[…]

Dans bien des parties du continent africain, des dictatures militaires et des autocraties civiles ont produit des décrets et des statuts qui interdisent aux travailleurs de s’organiser en syndicats. Dans certains pays de fait, les grèves et toutes autres formes d’action politico-sociales sont interdites.

Ainsi, dans la mesure où elle ne voit rien de mal dans le système étatique en Afrique, la Charte Africaine ne peut pas considérer les antagonismes de classes et l’oppression sévissant sur le continent africain.

Dans le même temps, aussi loin que les Africains continuent de soutenir le système légal inspiré de l’occident colonialiste et plus important, d’accepter sa logique et ses philosophies sous-jacentes, les systèmes législatifs africains demeureront un obstacle important à a liberté humaine et au développement de l’anarchisme en Afrique.

La classe militaire et le statu quo

Alors que le mécontentement continue de croître et que la possibilité d’actions révolutionnaires augmente, l’armée africaine continue d’agir pour maintenir le statu quo (oligarchique). […]

L’armée perçoit ses fonctions comme étant celles de protéger l’État de menaces internes et externes.

Alors que la radicalisation de la conscience de masse augmente, l’armée intervient sous le déguisement de tenter d’arrêter la société de glissser dans un état “anarchique”, terme délibérément mal utilisé afin d’expliquer chaos et désordre. Ce que l’armée parvient ainsi à faire est de temporairement faire reculer les gains sociaux des ouvriers et des paysans dans leurs tentatives de construire une vie bien meilleure pour eux-mêmes.

 Conscience ethnique contre conscience de classe

[…] Le processus de colonisation en Afrique par lequel des groupes ethniques furent arbitrairement regroupés en des corps politiques artificiels a résulté en l’augmentation des tensions ethniques et sociales ainsi qu’une discrimination économique.

D’après le professeur Inyang Eteng de l’Association Nigériane d’Anthropologie et de Sociologie: “la conséquence pernicieuse de la conscience ethnique est d’encourager la haine communautaire, la corruption, la violence, la manipulation religieuse, le conflit inter-ethnique et d’endommager la croissance de la conscience de classe en faveur d’une conscience ethnique et étatique.

Tout ceci rend difficle pour l’anarchisme de prendre racine en Afrique parce que les patrons trouvent toujours facilement à atomiser la classe travailleuse en soufflant sur les braises de l’ethnicité. Le mouvement ouvrier par exemple se polarise le long de fractures ethniques et les problèmes sont plus perçus au travers du prisme ethnique que politique.

[…]

Facteurs religieux et culturels

La religion est une caractéristique profonde de la vie africaine. Très longtemps avant la rencontre avec les Européens, les Africains avaient développé des systèmes de croyances religieuses et de pratiques rituelles.

[…] Malgré la compatibilité entre l’anarchisme et le mode de vie traditionnel africain, la culture africaine fait toujours les gros yeux à certaines idées entrant en conflit avec des croyances religieuses ou qui font la promotion de valeurs résidant hors de ce qu’on appelle “la norme”, spécifiquement si ces idées impliquent le renversement du système en cours.

La religion demeurera un facteur inhibitoire majeur malgré les facteurs matériels avérés de l’exploitation capitaliste, de l’inégalité socio-économique et de la tyrannie des gouvernements, tout ce qui inspire le désespoir, désespoir sur lequel toute religion se nourrit surtout celles importées d’occident.

Si la guerre est la santé de l’État, le désespoir est la santé de la religion.

Tant que les ouvriers et paysant africians trouvent des systèmes de croyance qui leur donnent un véritable espoir de bonheur dans l’ici et maintenant, ils continueront de s’aggriper au faux espoir fourni par la religion et au bonheur dans l’au-delà.

La solidarité internationale

Comme nous l’avons vu précédemment, l’anarchisme en tant que corps de pensée n’en est qu’à ses débuts de trouver des adhérents en Afrique. Il y a encore braucoup à faire. Nous devons tenir en haute priorité le besoin de rendre les gens conscients des bases théiriques de l’anarchisme et de leur faire comprendre que l’anarchisme est, et de loin, bien plus crédible que toutes les autres isdéologies socio-politiques. Aujourd’hui en Afrique, comme dans bien d’autres endroits, le mot “anarchisme” est synonyme de chaos et de violence. Mais cette image erronée changera si suffisamment de littérature devient disponible sur le sujet pour le grand public. C’est dans ce but que les groupes anarchistes africains ont besoin de produire une presse capable de diffuser des brochures, des petits livres et des bulletins d’information. (NdT: depuis l’écriture de ce livre en 1997, l’Internet a changé le monde et la façon dont nous nous informons, ceci devrait se refléter dans la diffusion de l’information anarchiste en Afrique… Compagnons… A vos claviers !!…).

Le continent africain demeure l’endroit où aucun modèle idéologique ne peut être jugé avoir eu du succès. A l’encontre de l’Europe et des Etats-Unis et le continent des Amériques où le capitalisme et le “communisme” (marxiste) ont été institutionnalisés et pratiqués avec un taux de succès mitigé, l’Afrique représente une opportunité historique pour toute idéologie capable de faire se lever les peuples contre leur misère actuelle. Les groupes anarchistes existant déjà sur ce continent doivent jouer et joueront un rôle historique important à cet égard.

[…] Sans un soutien international, ces roupes n’ont que peu de chance contre la terreur organisée et institutionnalisée de l’État. A cause de l’alliance entre l’État et le capital international, les classes dirigeantes lovales recevront le soutien de leurs collaborateurs internationaux pour écraser toute menace perçue à ses privililèges et au statu quo (oligarchique).

En dernier ressort, les classes dirigeantes locales appelleront des troupes étrangères (NdT: la France par exemple…) afin de tenter de maintenir leurs privilèges comme cela se produisit dans la province congolaise de Shaba dans les années 1960. Elles le feront. Il est très clair que le combat contre le capital transnational et contre le système étatique doit se faire internationalement si nous devons avoir un espoir de succès.

Chapitre 7 Le futur de l’anarchisme en Afrique

 

L’anarchisme dans un contexte mondial

La perspectice pour le développement et l’avènement de l’anarchisme sur le continent africain est, finalement, inextricablement liée au futur de l’anarchisme dans le monde.

[…] Les obstacles à l’anarchisme sont de manière générale, globaux, seuls leurs spécificités sont déterminées par les circonstances locales, dans le cas qui nous intéresse: l’Afrique.

Les crises du capitalisme et récemment celle du “socialisme” marxiste dans le monde entier ont, de manière historique, assurées le futur de l’anarchisme. La critique dévastatrice du capitalisme en tant que mode de production par Marx demeure toujours aussi valide aujourd’hui que quand Marx lui-même la divulga au monde ; mais la logique admirable et l’approche systématique du marxisme ont, au bout du compte, été défaites par les contradictions internes du marxisme.

[…]

Le simple fait qu’il y ait encore des postes avancés socialistes autoritaires comme la Chine, la Corée du Nord et Cuba ne désapprouve pas ce constat. Deux choses dans ces nations semblent les plus probables: un effondrement de l’idéologie du système d’état socialiste comme cela s’est produit dans les pays d’Europe de l’Est, ne pouvant plus se tenir seuls debout et une transformation du socialisme d’état au capitalisme d’état, en fait un système présentant bien des similitudes avec l’Italie fasciste de Mussolini (la Chine).

D’une manière ou d’une autre, le socialisme d’état, comme le capitalisme, est voué à l’échec. Au travers de l’histoire de l’humanité, la tendance générale du développement de la société humaine a toujours été vers l’égalité sociale et une plus grande liberté individuelle.

[…] Ainsi, étant donné les crises endémiques et insolubles à la fois du capitalisme et du socialisme d’état, l’étape suivante de l’humanité devra être presque inévitablement vers une plus grande liberté individuelle et une plus grande égalité sociale, c’est à dire vers l’anarchisme et spécifiquement vers des expressions socialies de l’anarchisme, de l’anarcho-syndicalisme et de l’anarcho-communisme (NdT: ce que ne veulent bien entendu pas les olirgarques poussant pour leur solution du “Nouvel Ordre Mondial”: la tyrannie absolue de la fusion de l’état et des grosses entreprises capitalistes en une entité de contrôle parasite planétaire et transnationale dans un mode de gouvernance étatiste néo-féodal).

Le “communisme” marxiste est une expérience qui a échoué. Elle n’a simplement pas produit ce qu’elle promettait: la liberté, le bien-être social et l’égalité sociale et au vu de son histoire au XXème siècle, il paraît maintenant évident que le marxisme ne pourra JAMAIS tenir ses promesses.

Le capitalisme ne le peut pas non plus, ceci incluant toutes ses branches de capitalisme du “laissez-faire les marchés” dont sont tant amourachés les Américians dits “libertariens” (NdT: qui se nomment eux-mêmes des “anarcho-capitalistes”, expression d’un non sens aussi total que volontairement pervers…). Une grande limitation, voire même une élimination de l’État en conservant l’économie capitaliste (comme le préconisent les “libertariens”, à ne pas confondre avec “libertaires”, synonyme d’anarchiste…), n’éliminerait pas la domination, la hiérarchie et la structure de classe. Le meilleur que cela pourrait produire serait peut-être une plus grande liberté des interférences extérieures.

Il y a près d’un siècle, Emma Goldman avait défini la “liberté positive” comme “la liberté de faire”. [..] Celle-ci est relative et non pas absolue, le mieux que l’on pourait faire est la liberté positive égalitaire. Nous ne pouvons en aucun cas y parvenir sous le capitalisme.

Ainsi, “socialisme” marxiste et capitalisme ont échoué à amener la liberté positive, le capitalisme refusant même de considérer l’aspect “égalitaire” de l’affaire…

Décidément, l’humanité peut bien mieux faire !…

La condition africaine

L’Afrique aujourd’hui est prosternée, ensanglantée et en conflit sur tous les fronts, une victime du capitalisme et dans une grande mesure aussi, des ambitions du socialisme d’état.

[…] La misère du grand nombre est le résultat de l’opulence du petit nombre, dont la main-mise sur le produit social et les ressources, en conjonction avec le pouvoir du capital international, leur confère un virtuel d roit de vie et de mort sur la vaste majorité.

Ces gens agissent comme les intermédiaires et agents commissionables des corporations multinationales (NdT: transnationales aujourd’hui en 2015), qui distribuent les contrats et les licenses d’exploitation ; la classe d’affaire locale s’approprie, avec l’aide des états vassaux, le surplus du produit social de l’Afrique.

Tandis que la classe d’affaire locale est très privilégiée en comparaison des peuples indigènes, ele a toujours un rôle servile à la classe dominante du capitalisme étranger, ceci est bien évidemment imputable à la conservation de la structure économique coloniale dans une époque se voulant “post-coloniale”.

Ceci s’accompagne bien évidemment par la coercition et la répression massive de toutes formes de protestation par la majorité pauvre des pays. Les salaires en Afrique sont parmi les plus bas au monde, ils sont si bas qu’ils ne peuvent le plus souvent pas garantir la subsistance minimum…

La situation dans les états “socialistes” à la sauce locale ne sont pas en meilleure condition.

[…] La situation s’est considérablement détériorée dans les années 1990.

L’anarchisme et la question nationale en Afrique

La question vraisemblablement la plus importante dans l’analyse de la question de l’état-nation est la “question nationale”, aussi appelée le droit à l’auto-détermination. Ce débat tourne autour des droits des différents groupes ethniques de parenir à un développement socio-culturel autonome au sein d’états existants. Cette question est particulièrement importante en Afrique quand on voit les composants hétérogènes des états. Bien des conflits civils sur le continent ont été blâmés directement ou indirectement, sur l’absence d’homogénéité des populations. Le problème est sévèrement aggravé par par les “solutions” professées par le capitalisme et le socialisme d’état, l’un offrant la liberté sans égalité et l’autre l’égalité sans liberté.

Dans les deux systèmes néanmoins, il est commun d’en appeler au “patriotisme”, un concept que Bakounine rejetait véhémentement comme étant de l’unique intérêt des classes privilégiées. Se cachant derrière une forme de patriotisme, l’état en Afrique impose l’injustice et la misère sur ses sujets, comme cela se produit bien sûr partout ailleurs.

De plus, la patriotisme produit la fausse conscience, par laquelle les individus agissent directement contre leurs intérêts, permettant aux individus de valider et de soutenir l’injustice et la misère causées par le système étatique.

Bakounine disait: “L’État restreint, il mutile, il tue l’humanité dans ses sujets de façon à ce qu’ils ne puissent jamais se hisser plus haut que le niveau de citoyen, au niveau d’Homme.

La démocratie à la sauce capitaliste et le socialisme d’état sont tous deux parvenus au plus haut degré d’oppression intensifiée à la fois raciale et nationale. Le soutien marxiste au principe national d’auto-détermination est aussi illusoire que le soutien capitaliste à la liberté individuelle.

Ainsi la question nationale en Afrique, est seulement un composant du problème principal à savoir: Atteindre la véritable égalité et liberté. De fait, aussi loin que le capitalisme et le système étatique existent, l’auto-détermination des nations ne veut rien dire.

Maximov note que sans changement fondamental “le droit à l’auto-détermination pour une nation et à une existence souveraine indépendante n’est rien d’autre que le droit de la bourgeoisie nationale à l’exploitation illimitée de son prolétariat.

[…] L’anarchisme quant à lui, voit la liberté, l’égalité et la justice sociale comme de bien plus grands objectifs que les intérêts nationaux et que la lutte pour ces objectifs plus importants doit nécessairement être internationale. De ce fait, il devient évident que l’État, toute forme d’état, peu importe son degré de nationalisme, est l’ennemi de ces objectifs. C’est pour cela que l’anarchisme rejette toute tentative de résoudre la question nationale au sein d’un contexte étatique. Maximov développe:

Une solution réelle et pleine ne sera possible que dans des conditions d’anarchie, dans un communisme émanent de la liberté de l’individu et obtenue par la libre association des individus dans leurs communes, des communes des régions et des régions des nations ; des associations fondéees sur la liberté, l’égalité et créant une unité naturelle dans la pluralité.NdT: ceci correspond tout à fait à notre vision de la société à Résistance 71, cela rejoint tout à fait ce que pensait également un des grands penseurs anarchistes, l’Allemand Gustav Landauer, ainsi bien sûr que Pierre Kropotkine.

Les anarchistes demandent la libération de toutes les colonies existantes (NdT: aujourd’hui la libération de l’Afrique sous le joug néo-colonial ne pourra se faire que lorsque les grands états coloniaux existant redeviennent eux-mêmes libres: Les USA, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Israël, les pays du Commonwealth…) et soutiennent les luttes d’indépendance nationale en Afrique et partout dans le monde aussi loin qu’elles expriment la volonté des peuples des nations concernées. Néanmoins, les anarchistes insistent particuièrement aussi sur le fait que l’utilité de l’auto-détermination sera elle-même limitée aussi longtemps qu’existent le système étatique et le capitalisme, ceci incluant le capitalisme d’état marxiste. Ces systèmes doivent disparaître.

Les implications pour l’Afrique sont évidentes. Une solution viable à la myriade de problèmes posée par la question nationale en Afrique, comme les conflits civils inter-ethniques, n’est réalisable qu’hors du contexte étatique. Ceci demande la destruction du système et des institutions de l’État et une solidarité internationale concertée ainsi qu’une action révolutionnaire. L’élimination du système étatique est un objectif à long terme qui sera difficile à établir, mais cela est préférable à l’approche mécanique actuelle comme exprimée dans la création de la multiplicité d’état nations non viables à travers le continent.

L’anarchisme la voie progressiste pour l’Afrique

La pertinence de l’anarchisme dans la société humaine n’a été nulle part plus évidente qu’en Afrique.

[…] Les choses sont hors de contrôle depuis bien trop longtemps et seule un remède drastique pourra satisfaire une population dont la colère et l’amertume s’accroissent sans cesse du Cap au Caire. Ces conditions incluent semble t’il endémique problème des conflits ethniques au travers du continent, la marginalisation politique et économique continuelle de l’Afrique au niveau mondial, la misère indescriptible dans laquelle vit près de 90% de la population africaine et de fait, l’effondrement des états-nations dans bien des parties du continent.

Devant cette masse de problèmes, un retour aux “éléments anarchistes” du communalisme africain est virtuellement inévitable. L’objectif d’une société autogérée née de la volonté libre des peuples et dénuée de contrôle autoritaire et de régimentation est aussi attractive que faisable sur le long terme.

A l’échelle globale, la civilisaion humaine passe au travers d’une période de transition occasionnée par l’effondrement du “socialisme” marxiste et de l’évidente crise insoluble du capitalisme et de son système d’état-nation.

Où allons-nous à partir de là ?

Comme nous l’avons noté auparavant, toutes avances faites dans l’histoire humaine ne furent possibles que par la quête incessane de l’humanité pour la liberté et la solidarité. Comme cet élan semble être un instinct naturel de l’Homme et, en tant que tel, ne risque pas de disparaître dans le long terme, il s’ensuit que l’évolution continue de la société se fera en direction de la liberté, de l’égalité et de la communauté.

Le processus de transformation anarchiste de l’Afrique pourrait en comparaison être prouvé plus facile étant donné que l’Afrique n’a pas une base profonde capitaliste, ni de formations de classes et relations de production bien marquées ni même d’un système étatique stable et bien établi. Ce dont nous avons maintenant besoin est d’un programme à long terme de construction de conscience sociale et politique, d’une éducation utile et d’une participation individuelle plus importante dans les luttes sociales. Dans le même temps, les crises et les mutations du capitalisme, du “socialisme” marxiste, du système étatique, individuellement et collectivement, ne peuvent que s’accélerer (NdT: regardons où en sont ces systèmes depuis 1997 !! Le monde est au bord de l’effondrement, nous disons: aidons le à s’effondrer MAIS la conscience politique claire d’établir une société égalitaire et de libre association, seuls attributs garantissant l’avancée de l’humanité vers le bonheur pour tous ici et maintenant et non pas dans un chimérique au-delà mythologique…).

Pour l’Afrique en particulier. Le développement à long terme n’est possible que s’il y a une cassure radicale d’avec à la fois le capitalisme et le système étatique mortifères, les principaux instruments de l’arrêt de notre développement et de notre stagnation.

L’anarchisme est la voie de sortie pour l’Afrique !

Fin

= = =

Liens pour développer un conscience anarchiste africaine:

Le blog de l’auteur Sam Mbah (décédé en décembre 2014):

http://sammbah.wordpress.com/

Afrique du Sud:

http://zabalazabooks.net/

http://zabalaza.net/home/

http://struggle.ws/africa/

L’anarchisme en terre africaine:

http://adnauseam.medialternative.fr/l-anarchisme-en-terre-africaine,101.html?lang=fr

http://adnauseam.medialternative.fr/-anarchie-en-afrique-.html?lang=fr

http://fra.anarchopedia.org/Anarchie_en_Afrique

Résistance politique: La nouvelle génération africaine politiquement militante à la croisée des chemins…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, France et colonialisme, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 16 juin 2015 by Résistance 71

Très bonne analyse de Saïd Bouamama, qui évite aussi de pousser le catéchisme marxiste. A lire en parallèle de nos récentes traductions du livre de Sam Mbah sur l’anarchisme en Afrique. Bouamama nous semble mûr pour amorcer un virage vers le véritable socialisme, qui ne peut se réaliser que sans état. A l’instar d’un Murray Bookchin, d’un Abdullah Öcalan (PKK kurde) ou des théoriciens de la révolution zapatiste au Mexique (EZLN, Chiapas), Bouamama va t’il se tourner vers l’anarcho-communisme ? Nous ne pouvons que le souhaiter. Le « socialisme » d’état ne peut pas fonctionner tant il crée une nouvelle caste de privilégiés vivant très bien du « système de marché » qu’il ne combat nullement, ce que l’on nommait en ex-URSS la Nomenklatura a perduré dans toute la très courte histoire du « socialisme » d’état (capitalisme d’état de fait) africain… Comme partout ailleurs, la solution est dans les peuples.

La voie progressiste du futur est la voie de l’association libre des individus au sein de communes libres, autogérées et confédérées par un pacte (charte) de solidarité et de coopération. La société africaine, puisant dans ses ressources traditionnelles, est faite pour la société anarchiste comme l’ont conclu les chercheurs nigérians Sam Mbah et I.E. Igariwey que nous avons récemment traduits.

— Résistance 71 —

 

Les nouvelles générations militantes africaines. Espoirs et vigilances

 

Saïd Bouamama

 

12 juin 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Les-nouvelles-generations.html?lang=fr

 

La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission », pour reprendre l’expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d’une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N’Krumah, etc.).

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » , Frantz Fanon 

Des manifestations contre l’exploitation du gaz de schiste en Algérie aux grandes grèves des mineurs en Afrique du Sud, en passant par le formidable mouvement de révolte qui mit fin au règne de l’assassin de Sankara au Burkina et par les révolutions égyptienne et tunisienne, etc., il existe un point commun que les médias dominants se gardent bien de souligner : la présence massive de jeunes. De nouvelles générations militantes émergent, réagissant, d’une part, aux conditions d’existence scandaleuses imposées par la mondialisation capitaliste et, d’autre part, à l’action des gérants locaux de cette mondialisation que sont la plupart des gouvernements en place. Cette nouvelle attitude militante de la jeunesse a une base concrète : les mutations sociologique et démographique du continent et la paupérisation massive des jeunes. C’est pourquoi les puissances impérialistes, par le biais des ONG, sont particulièrement actives pour détourner cette jeunesse de la mission qu’elle s’est donnée : la lutte pour la seconde indépendance.

Une Afrique jeune

L’Afrique a la population la plus jeune du monde. Le continent compte 200 millions de jeunes de 15 à 24 ans et ce chiffre devrait doubler à l’horizon 2045. Les moins de 15 ans forment 40 % de la population alors que les plus de soixante ans ne comptent que pour 5,5 %. Les deux tiers de la population ont moins de 30 ans et plus de 50 % ont une moyenne d’âge de 21 ans. De cette structure démographique découle une conséquence sur le marché du travail : « Si cette tendance se poursuit, la main-d’œuvre du continent sera d’un milliard de personnes en 2040. Ce sera la plus nombreuse au monde, dépassant celle de la Chine et de l’Inde. » Cette jeunesse est également caractérisée par un chômage massif. Ainsi près de 60 % des chômeurs africains sont des jeunes et, dans la plupart des pays du continent, le taux de chômage des moins de 25 ans est deux fois plus important que celui des adultes. Il est par exemple de 23, 4 % en Afrique du Nord en 2009 soit 3, 8 fois plus important que celui des adultes. En Afrique du Sud, il est de 48 % soit 2,5 fois plus élevé que celui des adultes. Pour la grande majorité de ces jeunes, il ne reste que le secteur informel pour tenter de survivre. La pauvreté massive est en conséquence une autre caractéristique de la jeunesse africaine. En moyenne, 72 % des jeunes Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et ce taux dépasse les 80 % dans des pays comme le Nigéria, l’Ouganda ou la Zambie. 

Soulignons enfin que la jeunesse africaine est également de plus en plus instruite. N’en déplaise aux nostalgiques de la colonisation, l’accès à la scolarité est un des résultats des indépendances. Malgré la dégradation des conditions et de la qualité de l’enseignement, les gouvernements, mêmes les plus réactionnaires, hésitent, par peur des révoltes sociales, à remettre en cause l’accès à l’enseignement. Ils sont ainsi aujourd’hui 42 % des 20-24 ans à avoir reçu un enseignement secondaire. Une jeunesse de plus en plus importante mais également fortement touchée par le chômage, l’emploi informel et la pauvreté. Une jeunesse également plus instruite. C’est cette base matérielle qui explique le renouveau militant dans la jeunesse africaine.

Un nouvel âge politique

Le changement dans la place de la jeunesse n’est pas que quantitatif. Un processus qualitatif porteur de conscientisation est également à l’œuvre. On peut ainsi, selon nous, évoquer l’existence de « trois âges » de la jeunesse africaine. Chacun de ces âges a forgé son rapport au monde et son expérience politique dans un contexte particulier. Le premier âge est celui de la jeunesse des décennies 60 et 70 que nous pouvons qualifier de « jeunesse des indépendances ». Cette génération émerge dans un contexte de lutte des peuples africains pour l’émancipation nationale et sociale. Sur le plan de l’expérience, elle a connu la colonisation ou l’héritage immédiat de celle-ci. Sur le plan matériel, du fait des indépendances, elle connaît globalement (bien sûr de manière hétérogène d’un pays à l’autre) une amélioration de ses conditions d’existence (accès à la scolarité, à la santé, etc.). Sur le plan idéologique, elle se caractérise par l’anti-impérialisme et la volonté de « servir le peuple ». Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde optimiste, d’engagements progressistes et d’une conscience anti-impérialiste et panafricaine. 

Le second âge est celui des décennies 80 et 90 que nous pouvons qualifier de « jeunesse de la mondialisation et des plans d’ajustement structurel ». Cette génération émerge dans un contexte mondial marqué par la fin de l’URSS et par la victoire de la mondialisation capitaliste. Sur le plan de l’expérience, elle a connu la disparition successive des expériences progressistes africaines du fait des « coups d’Etat », des assassinats de leaders révolutionnaires, des contraintes du nouveau rapport de forces mondial. Sur le plan matériel, elle connaît les plans d’ajustements structurels et la paupérisation massive qu’ils produisent. Sur le plan idéologique, elle se caractérise par la croyance en l’économie de marché et à l’idéologie des « droits de l’homme ». Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde fait de mimétisme de l’Occident, de débrouille individuelle, d’individualisme et d’une tendance au renoncement à la lutte politique collective. 

Le troisième âge est l’âge actuel que nous pouvons qualifier de « jeunesse de la seconde indépendance ». Cette génération émerge dans un contexte mondial marqué par la multiplication des agressions impérialistes pour le pillage des richesses naturelles et par la faillite des choix libéraux mais aussi par le développement des puissances émergentes. Sur le plan matériel, elle connaît une « descente aux enfers » les cantonnant dans une « logique de survie ». Sur le plan idéologique, cette jeunesse renoue avec la mobilisation politique tout en n’ayant pas encore trouvé de canal d’expression de sa révolte. Elle expérimente en conséquence de nouvelles formes d’organisation et de contestation. Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde fait de mobilisations collectives mais sporadiques, de radicalisations anti-impérialistes mais encore peu formalisées, de révoltes sociales ne parvenant pas encore à se transformer en révolution. 

La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission » pour reprendre l’expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d’une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N’Krumah, etc.). Même dans les pays qui n’ont pas connu ce type de mouvement, on assiste à une redécouverte de ces figures dans les chansons de Raps, sur les maillots, etc. Cette recherche d’un ancrage dans les luttes passées souligne la sortie d’une période de « haine de soi » et de fascination de l’Occident. Elle reflète également le développement d’une conscience, certes encore embryonnaire, de la nécessité de reprendre le combat des anciens. C’est pourquoi, il nous semble que l’expression la plus pertinente est celle de « seconde indépendance ». Cette expression est en effet apparue et a été théorisée dans la décennie 60 pour souligner la nécessité de parachever l’indépendance politique par une réelle indépendance économique. 

Une jeunesse reprenant le chemin des luttes collectives, tendant à rompre avec la fascination de l’Occident et essayant de renouer avec les périodes antérieures du combat émancipateur, telles sont les deux caractéristiques dominantes de la jeunesse africaine.

Le rôle de détournement des consciences des ONG

Les grandes puissances sont lucides sur ces mutations de la jeunesse africaine. Elles sont conscientes des dangers que font peser ces changements pour leurs intérêts. Elles développent une politique ambitieuse de détournement des consciences par le biais d’ONG multiples et touchant tous les champs de la vie sociale. Le phénomène n’est pas nouveau mais connaît aujourd’hui une nouvelle impulsion en lien avec les nouvelles luttes de la jeunesse. 

Dans la décennie 60 les USA et les puissances européennes ont déjà initié de vastes programmes « d’aide » portés par des ONG. Le panafricain Kwame N’Krumah a dès 1965 alerté sur le rôle néocolonial des ONG du Nord5. Echanges universitaires, formations de syndicalistes, formation des leaders, etc., c’est tous azimuts que se sont développées des ONG visant à détourner la jeunesse de la conscience anti-impérialiste. Il en est de même aujourd’hui. Donnons quelques informations sur les caractéristiques de ces ONG : 

D’une manière générale, les associations du tiers-monde ont peu voix au chapitre quand il s’agit de décider de l’orientation des programmes d’aide financés par le Nord. Seules 251 des 1 550 ONG associées au département d’information des Nations unies sont basées dans des pays en développement. Des études montrent également que, sur cinquante associations occidentales spécialisées dans le plaidoyer, seulement deux avaient effectivement consulté leurs partenaires du Sud avant d’engager une action en leurs noms (25). Les ONG du Nord affirment que les associations du tiers-monde ne sont pas assez solides pour se passer de leur encadrement6. » 

S’appuyant sur la précarité économique de la jeunesse, ces ONG offrent des places de survie aux leaders potentiels des luttes et les mettent ainsi sous leur dépendance. Les programmes d’échanges et de formations sont de plus de véritables mécanismes de formatage idéologique. A l’analyse politique et économique, ces formations substituent l’approche méthodologique et technicienne, la revendication politique est remplacée par la compassion humanitaire, l’organisation des premiers concernés est abandonnée au profit d’une dépendance vis-à-vis de l’aide. Il s’agit ni plus ni moins que de dépolitiser une jeunesse qui a d’abord besoin d’un outil politique pour organiser sa « mission générationnelle » comme le dit Fanon. 

Mais les ONG ont également une fonction plus immédiate : celle de justifier les interventions militaires occidentales. C’est en s’appuyant sur des rapports « objectifs » d’ONG que se déploient des opérations de déstabilisation de gouvernements ayant commis le crime de s’éloigner de la ligne dictée par Washington ou par l’Europe comme, par exemple, de passer un contrat commercial avec une puissance émergente. Les mêmes rapports préparent également les opinions publiques à accepter l’arrivée de troupes étrangères comme solution aux crises. Le nouveau développement de l’action des ONG en Afrique n’est pas le fait d’une poussée de conscience humanitaire en Occident. Il reflète les nouvelles potentialités révolutionnaires de la jeunesse du continent et vise à les neutraliser et à les instrumentaliser. Comme dans la décennie 60, la jeunesse africaine est de nouveau confrontée aux tâches de formations politiques des militants et d’organisations des damnés de la terre.

 

Source : Le Journal de l’Afrique no.11, Investig’Action, juin 2015. Lien : http://michelcollon.info/Le-Journal…

Nouvel Ordre Mondial et dictature mondiale: US Marines et gendarmes français s’entraînent ensemble contre les émeutes…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 12 décembre 2014 by Résistance 71

Qu’en penser au delà du blablatage officiel de circonstance ?

1- Frères africains, méfiance, la déstabilisation et le colonialisme direct revient… US AFRICOM mène la charge !

2- Citoyens français, une intervention américaine sur le sol français en renfort n’est plus une vue de l’esprit. La connexion est faite…

3- Le système coercitif du Nouvel Ordre Mondial et sa grille de contrôle se mettent en place toujours plus avant… L’équipe ultra-mobile de l’AFRICOM basée en Espagne ?

— Résistance 71 —

 

Les fusiliers marins américains (US Marines) et la gendarmerie française s’entraînent ensemble pour les actions anti-émeutes et le contrôle des foules

 

Lieutenant Gerard Farao

 

12 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.dvidshub.net/news/149904/us-marines-french-gendarmes-conduct-crowd-and-riot-control-training#.VIos5ChZFS-

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

MORÓN AIR BASE, Espagne – Des cocktails Molotov explosent et du gaz lacrymogène remplit les rues alors que les US Marines du SPMAGTF Crisis Response – Afrique et les gendarmes mobiles français d’un group blindé essaient de contrôler une foule d’émeutiers dans une rue de centre urbain.

C’était en tout cas le scenario joué alors que les Marines et les gendarmes français s’entraînaient ensemble aux techniques anti-émeutes et de contrôle de la foule au Centre National d’Entraînement de la Gendarmerie à St Astier, France su 1er au 5 décembre 2014.

La gendarmerie, comme les fusiliers marins du SPMAGTF-CR-AF américain, sont appelés dans des endroits d’instabilité pour restaurer la paix et protéger les intérêts nationaux à l’étranger. L’idée de voir les US Marines et les gendarmes français s’entraîner ensemble a germé il y a environ 10 ou 12 ans. Ces deux unités sont appelés par leur nation au renforcement des ambassades face à une menace ou une crise grave.

Pendant les multiples évènements, les Marines et les gendarmes ont partagé des leçons pratiques apprises, se sont entraînés aux escortes et aux procédures anti-émeutes et ont participé à un entrainement à munition réelle, puis on bâti un esprit de corps au travers du parcours du combattant. L’entraînement a culminé avec la réalisation d’un scénario qui simulait Marines et gendarmes dans une action conjointe de réponse à une crise dans un pays étranger, protégeant les ambassades française et américaine et effectuant un contrôle d’émeute et de foule.

“Les capacités logistiques d’entrainement de St Astier offent une expérience unique que nous ne sommes pas capables de reproduire sur notre base aérienne de Moron”, a dit le capitaine Brian Green, l’officier en charge de la SPMAGTF Crisis Response – Africa. “La capacité d’utiliser des munitions caoutchouc, des cocktails molotov et du gaz CS pendant une simulation d’émeute a amené un sens de réalisme à l’entrainement. Les gendarmes français et les Marines ont définitivement construit une relation durable qui continuera de croître dans le futur au travers de toujours plus d’entrainement et cette alliance prouvera sa force si elle est appelée à agir en Afrique.”

L’expérience d’inter-opération gagnée par l’évolution de l’entrainement n’a pas de prix alors que les deux unités pourraint travailler ensemble dans le futur. L’exercice a permis aux gendarmes de gagner plus de connaissance sur les tactiques non-létales, les techniques et les procédures, tandis que le partenariat avec les gendarmes a permis un renforcement des relations américaines avec la France.

“Nos deux nations sont alliées depuis bien longtemps, nous nous considérons même comme étant les plus vieux alliés”, a dit le commandant de gendarmerie André Rakoto, un officier du commandement de la gendarmerie à Paris. “Il est logique que nous désirions éventuellement combiner nos forces pour opérer des opérations conjointes en Afrique. En temps de crise, les Français devront y aider des citoyens américains et les Marines aideront des citoyens français, ce qui rend cet exercice excellent pour le futur.”

Le SPMAGTF-CR-AF est équipé pour répondre à une grande variété d’opérations militaires au sein de la zone d’influence d’AFRICOM incluant: renforcement des ambassades, assistance humanitaire et opérations d’aide après désastre naturel, récupération tactique d’appareils volants et de leur personnel navigant, entraînement avec d’autres nations et autres missions selon les besoins.

Contre le colonialisme, la société traditionnelle africaine et le communalisme égalitaire…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 2 décembre 2014 by Résistance 71

La plus grande partie des sociétés traditionnelles originelles africaines, du continent des Amériques, d’Asie, d’Oceanie et de l’Europe pré-athénienne, sont des sociétés communalistes au pouvoir partiellement ou totalement dilué dans les peuples des communautés. L’humanité a vécu des dizaines de milliers d’années de la sorte et contrairement au dogme inculqué, l’Etat n’est pas le « stade ultime » de la société humaine et encore moins sa plus grande « réussite », de fait, l’anthropologie politique démontre qu’il est une « anomalie », un artifice mis en place pour maintenir la division politique de la société une fois celle-ci apparue.

Il est plus que grand temps que nous retournions sur le chemin de la Nature dont nous nous sommes égarés en suivant une fausse signalisation routière…

— Résistance 71–

 

L’anarchisme africain et son origine communaliste

 

Sam Mbah & I.E. Igariwey, 1997

 

url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2014/11/22/sam-mbah-in-memoriam/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les sociétés traditionnelles africaines étaient pour la plus grande part, fondées sur le communalisme. Le terme est utilisé ici dans un sens binaire. D’abord il dénote un mode défini de production ou de formation sociale qui vient généralement, mais pas inévitablement, des sociétés de chasseurs-cueilleurs et précèdent le féodalisme. Si on accepte l’évolution culturelle, on peut voir que la plupart des sociétés européennes et asiatiques sont passées par ces étapes du développement. (NdT: Ce qui inscrit cette réflexion dans un cadre anthropologique structutaliste évolutioniste [Levi-Strauss] et qui prescrit que la société passe par des étapes évolutives allant des sociétés primitives aux sociétés structurés étatiques, l’État représentant le stade ultime du développemnt sociétaire humain. Cette théorie a été démontée par la recherche et l’analyse de l’anthropologue politique français Piere Clastres que nous avons abondamment publié sur ce blog, à lire pour en savoir plus…)

Le communalisme est aussi utilisé dans un second sens pour dénoter une façon de vivre qui est distinctivement africaine. Ce mode de vie peut-être entr’aperçu dans la structure collectiviste des sociétés africaines dans lesquelles:

  • Des communautés différentes apprécient une indépendance (presque) inconditionnelle l’une de l’autre
  • Les communautés gèrent leurs propres affaires et agissent en tout point de manières autogestionnaire et
  • Chaque individu sans exception prend part, soit directement ou indirectement, à la prise de décision et à la gestion des affaires de la communauté et ce à tous les niveaux

En contraste avec l’Europe et l’Asie. L’essentiel du continent africain ne s’est jamais développé au-delà du stade communaliste. Malgré le développement féodal indigène et plus tard l’imposition du capitalisme (NdT: nouvelle forme de féodalisme surtout dans sa forme néo-libérale extrême…), les caractéristiques communales persistent toujours aujourd’hui, parfois pervasiment, dans la plupart des sociétés africaines qui se situent en dehors des grandes agglomérations et des banlieues/bidonvilles de celles-ci. De manière essentielle, la plupart de l’Afrique est communaliste à la fois au sens culturel (production/formation sociale) et descriptif (structurel).

Parmi les caratérisrtiques les plus importantes du communalisme africain figurent l’absence de classes sociales, de stratification sociale, l’absence de relations exploitantes ou socialement antagonistes, l’existence d’un accès égalitaire à la terre et aux autres éléments de production, égalité au niveau de la distribution du produit social et le fait que de forts liens de familles et de relations fraternelles forment la base même de la vie sociale dans les sociétés africaines communalistes. Au sens de ce cadre défini, chaque famille a été capable de subvenir à ses besoins fondamentaux. Sous le communalisme, par vertu d’être un membre d’une famille ou d’un communauté, chaque Africain était assuré d’avoir suffisamment de terre pour subvenir à ses propres besoins.

Parce que dans les sociétés traditionnelles africaines l’économie était largement horticole et la subsistence fondée, comme le note Robert Horton “souvent sur de petits vllages agriculteurs, chasseurs, éleveurs, pêcheurs etc… qui s’occupaient d’eux-mêmes de manière indépendante avec peu de référence au reste du continent.” Des communautés variées produisaient des surplus ou des commodités qu’elles échangeaient au moyen du troc, contre les choses qui leur manquaient. La situation était telle que personne ne mourrait de faim tandis que d’autres s’empiffraient et jetaient les excédents.

D’après Walter Rodney: “De cette façon, l’industrie du sel d’une localité serait stimulée, tandis que l’industrie du fer serait encouragée dans une autre. Dans une zone côtière, de lac ou de rivière, le poisson séché pouvait devenir profitable, tandis que le yams et le millet poussaient très bien ailleurs, ce qui donnait une base solide d’échange.” Ainsi, dans bien des parties de l’Afrique une symbiose se développa entre des groupes gagnant leur vie de manières différentes, ils échangeaient des produits et coexistaient à leur avantage mutuel.

L’organisation politique sous le communalisme était une structure horizontale, caractérisée par un haut niveau de diffusion des fonctions et du pouvoir. Le leadership politique, pas l’autorité, prévalait et le leadership n’était pas fondé sur l’imposition des choses, sur la coercition ou la centralisation; il se dégageait d’un consensus commun ou d’un besoin mutuellement ressenti.

Le leadership développé sur la base des liens de la famille et de la fraternité, de la reconnaissance confraternelle, évoluait autour des anciens ; il n’était conféré que par l’âge, un facteur qui a de profonde racine dans le communalisme. En Afrique, l’âge avancé était équivalent et l’est toujours du reste, à la possession de la sagesse et du jugement rationnel. Les anciens présidaient aux réunions et dans les règlements des disputes, mais pratiquement jamais avec un sens de “supériorité”, leur position ne conférait pas à une autorité étendue socio-politique associée au système moderne de l’État ou avec les états féodaux. (NdT: A ce sujet, la ressemblance est stupéfiante avec la structure de fonctionnement socio-politique des sociétés traditionnelles du continent des Amériques. Ceci représente une fonction universelle de la société humaine et confirme de plus en plus que la forme de gouvernance moderne de “l’État”, si elle est un avantage pour maintenir la division politique puis économique des peuples et donc de maintenir le consensus oligarchique du pouvoir, n’est pas en fait comme on veut nous le faire entendre, une “logique naturelle” de la société humaine, mais bel et bien une anomalie qui se doit d’ètre corrigée, une autre de ces “ruses de la raison” si chères au philosophe Friedrich Hegel…)

Il y avait un sens profond d’égalité parmi les membres de la communauté. Le leadership se concentrait sur les intérêts du groupe plutôt que sur l’autorité sur les membres de la communauté. Invariablement, les anciens partageaient le travail avec le reste de la communauté et recevaient la même part ou valeur du total social produit que le reste des personnes, souvent sous forme aussi de tributs et de mécanismes de redistribution (NdT: similaires aux potlaches des communautés amérindiennes du nors-ouest du continent)

La relation entre les segments de coordination de la communauté était caractérisée par l’équivalence et l’opposition et ceci avait tendance à empêcher l’émergence d’un rôle de spécialisation et donc d’une division du travail parmi les individus. Généralement, les anciens présidaient à l’administration de la justice, des disputes et de leurs arrangements ainsi que de l’organisation des activités communales, des fonctions qu’ils partageaient nécessairement avec des représentants sélectionnés de leurs communautés, dépendant de la nature spécifique de la dispute ou du problème impliqué.

De telles réunions ou assemblées n’étaient pas guidées par des lois écrites, car il n’y en avait simplement pas. Au lieu de cela, elles se fondaient sur les systèmes de croyance traditionnelle, du respect mutuel, des principes indigènes de la loi naturelle et de la justice. Les sanctions sociales existaient pour des cas variés de transgressions pour vol, sorcellerie, adultère, homicide, viol etc… Quand un individu commettait une offense à la communauté, souvent sa famille entière, ses parents et sa famille étendue souffraient avec lui et parfois pour lui/elle. Ceci était dû au fait que de telles offenses, crimes étaient vus par la communauté comme quelque chose qui amenait la honte non seulement sur l’individu contrevenant, mais encore plus parfois sur sa famille.

Expulsion colonialiste en cours en Tanzanie… Les Maasaï se font voler leurs terres par la famille royale de Dubaï…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 21 novembre 2014 by Résistance 71

Les Maasaï vont-ils devenir la version XXIème siècle du vol des terres ancestrales d’un peuple, en plus de ce qui se passe déjà dans la forêt amazonienne ?

Le colonialisme est bien actif. C’est le fléau de cette planète et à cet égard, il est grand temps de l’éradiquer une fois pour toute…

Merci à Garfy pour nous avoir transmis cet article.

— Résistance 71 —

 

La Tanzanie menace d’expulsion 40 000 Masaaï de leurs terres pour la famille royale de Dubaï

 

Claire Bréguet

 

19 novembre 2014

 

url de l’article:

http://la-nouvelle-gazette.fr/la-tanzanie-menace-dexpulsion-40-000-maasai-de-leurs-terres-pour-la-famille-royale-de-dubai/11235

 

Les Maasaï de Tanzanie ont été sommés de quitter leurs terres ancestrales d’ici la fin de l’année, rapporte le Guardian. Les représentants de ce peuple se réuniront avec le Premier ministre Pinda Mizengo dans la capitale, Dodoma, mardi prochain pour exprimer leur mécontentement. Ils protestent sur la vente de terres considérant qu’on leur vole leur héritage, et qui affecte, directement et indirectement, les moyens de subsistance de 80 000 personnes.

L’année dernière, le gouvernement de la Tanzanie a déclaré qu’ils avaient réservé 1500 kilomètres carrés, «couloir de la faune» qui borde le parc national du Serengeti, pour organiser les chasses commerciales d’Ortelo Business Corporation (OBC), société organisatrice de safari de luxe basée aux Émirats arabes unis et créée par un fonctionnaire proche de la famille royale de Dubaï. OBC opère dans la région depuis environ 20 ans. Le gouvernement tanzanien a offert aux Maasaï une compensation de 1000 millions de shillings (environ 11.000 $). Cette somme ne leur serait pas directement versée mais serviraient aux investissements dans des projets de développement économique. Les Maasaï ont refusé l’offre.

“Je me sens trahi” a déclaré Samwuel Nangiria, coordinateur local de la Société civite Ngonett. Un milliard ce n’est rien, vous ne pouvez pas comparer cela avec la terre. La terre est notre héritage. Nos mères et grands mères y sont enterrées. Il n’y a rien qui se compare à cette terre, » dit Nangiria.

Nangiria pense que le gouvernement n’a pas renoncé à son intention d’obtenir ces terre, mais ne veut pas attirer l’attention mondiale. «Ils vont faire semblant de clore le projet pour tromper la presse internationale », a déclaré le militant, qui n’a pas réussi à contacter l’OBC.

Françafrique et colonialisme: l’impôt colonial toujours en vigueur dans 14 pays africains… Les dessous d’une ignominie

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14 pays africains sont contraints par la France à payer l’impôt colonial pour les “avantages” de l’esclavage et de la colonisation

 

Mawuna Remarque Koutonin

 

Publié dans l’Alger-Républiain en Février 2014

 

url de l’article en français:

http://www.alger-republicain.com/article1779.html

 

Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à tous les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.

Le fait est que peu à peu, la peur s’empara des Élites Africaines, et après ces événements aucun autre pays ne trouva jamais le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était :

~ “Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage” ~

Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40% du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modibo Keita, le premier président de la République du Mali, décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’un coup d’état mené par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait, au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex-colonies françaises, ce qui signifie que 61% des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré :

« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]  »

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que :

« Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle »

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état . Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré : « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. »

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier » pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications.

« Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. »

écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15% de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques, la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve. Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

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7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui, monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé « Francophonie » qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux ! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France » à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires” qui répandent la crainte de l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes ?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question : « Jusqu’à quand ? »

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

Mawuna Remarque Koutonin

05.02.14

siliconafrica.com

 

= = =

 

Vidéo: Jacques Chirac et l’argent de l’Afrique:

http://www.youtube.com/watch?v=OzPITL1WLY0

Résurgence indigène et lutte anticolonialiste: Retrouver une identité culturelle par la terre…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 20 février 2014 by Résistance 71

Quand on lit un article comme celui-ci et les traductions que nous avons faites d’articles sur les luttes de résurgence autochtone des Amériques, on s’aperçoit qu’il y a une grande convergence d’Idée pour la simple et bonne raison que l’on touche ici au véritable universalisme culturel, celui ancré dans toute l’humanité et ses peuples: l’ancrage dans la terre ancestrale qui fournit une identité qui se doit être la plus élargie possible, l’universalisme doit rapprocher, converger et non pas diviser…

Rectifions le tir ensemble…

— Résistance 71 —

 

Etude sur le conditionnement: L’identité africaine…  Un produit comme un autre…

 

Panafricanisme 2-0

 

18 février 2014

 

url de l’article original:

http://panafricanism2point0.com/a-la-une/etude-sur-le-conditionnement-lidentite-africaine-un-produit-comme-un-autre/

 

«Qui suis-je ?»

Introdution :

Une question qui nous est familière. Une question jugée centrale par bon nombre de philosophes occidentaux. Mais depuis quand est-elle centrale ? Est ce une question inévitable ? Y trouve-t-on jamais de réponse ? Est ce que nos ancêtres se posaient également cette même question ? Ce sont à ces interrogations que cet article va tenter d’apporter la preuve, à travers les notions de culture, d’identité et d’estime de soi, d’une nécessaire crise identitaire de l’Afrique.

L’acquisition de la première s’effectue par le biais de la deuxième et détermine la troisième (question).
La libération du continent de ses « bourreaux culturels » est indispensable à son regain d’estime de lui même.
Cet article ne prétend pas révéler une vérité absolue mais tente davantage à la recherche de relations causales possible et la condition africaine par le biais de processus psychologiques. La pensée partagée ici est une simple élaboration d’une personne qui tente de comprendre le monde qu’elle a reçu en héritage. Tout Homme sur la terre est EN DROIT de réfléchir à partir des éléments et des compétences qu’il possède.

Personnellement je ne crois pas en une question existentielle condamnée à ne pas obtenir de réponse. Je ne pense pas que cette question est propre à la nature humaine. Nos ancêtres devaient certainement se questionner sur leur place dans le monde et dans l’univers mais il ne s’agissait pas d’une quête perpétuelle de leur identité. Ainsi, nous pouvons traduire cela par davantage une recherche de soi qu’une recherche d’identité. La différenciation est subtile mais, comme dans tout phénomène complexe, la nuance est essentielle.
La « recherche de soi » peut être appareillée à des questionnements sur le sens de la vie de façon générale et son présupposé but assigné, la place de l’Homme et de son histoire, etc. L’identité se construisant sur la base d’éléments culturels de la société à laquelle nous appartenons, est en perpétuel mouvement et ne cesse d’être actualisé. La construction de cette dernière sera davantage détaillée plus bas dans le contexte de culture.

Si cette question d’identité n’obsédait pas nos prédécesseurs, était-ce parce que leurs préoccupations étaient plus « primaires » ? Ou parce était-ce parce qu’ils savaient qui ils étaient, les valeurs qui fondaient leur identité ?
Comment ne pas se demander qui nous sommes dans un contexte de mondialisation poussé à l’extrême ?

Entrée en Matière :

La compréhension de la réflexion élaborée ici nécessite un détour par une brève exposition des processus dont il sera question tout au long de cet article. Ce sont des processus complexes dont cet écrit tentera d’en simplifier les explications et les fonctionnements afin de les rendre abordables par le plus grand nombre.
La culture constitue l’essence de l’identité de chaque individu. Lorsque nous nous demandons ou répondons à ce que nous sommes et la place que nous occupons, nous ne pouvons situer cette interrogation hors d’un contexte culturel.
 L’identité, in extenso la culture, répondent à la question «Qui suis-je ?».

De nombreux auteurs ont étudié le concept de culture. Elle est définie par un consensus comme l’ensemble des valeurs, des normes, des conduites, des représentations collectives, partagé par les individus d’une même société.
Elle possède une place prépondérante dans notre construction identitaire car elle va définir et donner du sens au statut et au rôle assigné à chacun au sein de celle ci.
La culture nous sert donc de repère dans la définition de notre identité en nous inscrivant dans un cadre, un contexte. Comme dit précédemment, elle permet une réponse à la question « Qui suis-je ? » car elle constitue l’identité de chacun.
Elle contribue également à l’unité en la création de normes, de valeurs et de représentations communes à tous les individus qui partagent une même culture.
Une précision doit être faite. La culture d’un pays se divise elle même en d’innombrables micros cultures. Chaque individu appartient à différents milieux, à différents groupes (familles, école, travail, clubs d’activités, etc.) qui possèdent leur propre culture. Le partage d’une culture permet à un ensemble d’individus de définir ce qui lui est endogène ou exogène.
Pour simplifier, la culture caractérise ce qui de l’ordre du « Nous » et « Pas Nous ».

Les codes qui composent une culture régissent le fonctionnement d’un groupe, plus ou moins important, d’individus, et se transmettent de génération en génération. La culture nous précède et nous succède. Elle est donc, en ce sens, indépendante de chacun de nous et va nous modeler.

La construction de notre identité ne cesse d’évoluer à mesure que nous changeons de statut au cours de notre vie. Nous sommes, par exemple, d’abord enfant, puis adolescent et enfin adulte. Chacun de ces statuts implique des rôles auxquels sont associés des attentes culturelles.
Les changements de situation tels que les déménagements, les mariages, ou encore la parentalité, entraînent également des modifications de notre identité.

Nous adoptons, dès notre naissance, les codes culturels de la civilisation à laquelle nous appartenons. Leur intériorisation se fait de manière progressive par le biais d’un apprentissage.
Le psychologue américain, Erik Erikson (original !) a spécifié le « processus d’identification » comme central dans la transmission culturelle. Selon lui, c’est en nous identifiant aux autres que nous construisons notre identité. Nous prenons en exemple des modèles qui nous semblent légitimes afin de savoir « comment il faut faire » et « comment il faut être ». Ils sont l’équivalent des modes d’emploi du fonctionnement de la société.
Un nouveau modèle est recherché lorsque le dernier est jugé obsolète. Celui ci ne répondant plus aux attentes n’est plus digne d’intérêt. Ce sont les limites du modèle pris jusque là qui pousse la recherche d’une nouvelle « inspiration ».
Cet auteur définit trois types d’identification dont les apparitions s’effectuent de façon chronologique. Il souligne que leur acquisition s’effectue de façon définitive. Une fois que le processus d’identification de chaque type est mis en place, il sera réutilisé selon les besoins et les ressources situationnels. Erikson précise également que le dernier type d’identification, celle aux pairs, est celle qui permet la catégorisation sexuelle sociétale. Elle est la plus fréquemment activée dès son apparition entre six et onze ans.

Par ordre chronologique, l’enfant s’identifie en premier lieu à sa mère, ou le substitut maternel, afin qu’acquérir les « lois élémentaires » à force d’observation et d’imitation. Ainsi, il apprend à travers le jeu, les soins, les explications et les corrections, les aptitudes de base et les règles de conduites qui établissent les fondements de sa future identité. L’objet maternel constitue le premier modèle d’identification proposé car elle guide jour après jour son enfant dans la compréhension du monde. En cela, l’identification à la mère pose les bases des assises narcissiques de chacun et a une influence sur l’apparition ou non ultérieure de pathologies mentales pouvant être générées par exemple par l’angoisse d’abandon. Ce sujet nécessite son traitement dans un article séparé afin d’en saisir l’entière complexité. Mais ce n’est pas le but de cet article.

Lorsque l’enfant est en âge de faire la différence entre les sexes, il va s’identifier au parent du même sexe que lui. Ainsi, les petites filles vont prendre en exemple leur mère et les petits garçons leur père. Cette « prise de position » est nécessaire car elle pose les jalons de la catégorisation sexuelle. Cette identification permet de se déterminer et de « s’adapter » en fonction des caractéristiques et des rôles culturels attribués à la catégorie à laquelle nous nous identifions.
Les parents sont les premiers indicateurs culturels dont dispose l’enfant pour construire son identité. Ils sont les accompagnateurs fondamentaux de cette prise d’autonomie car la famille constitue son premier milieu de socialisation, appelé « socialisation primaire ».

L’entrée à l’école marque l’apparition du dernier type d’identification. Erikson la qualifie d’ « identification aux pairs ». L’enfant est extrait de l’unique modèle familial qui lui était jusque là présenté. La scolarisation insère l’enfant dans un processus de socialisation secondaire en le confrontant à d’autres individus (corps scolaire et autres enfants) ne partageant pas les mêmes règles que lui.
Cette comparaison « obligée » par l’école permet une première prise de conscience de la relativité de ce qui a pu lui être inculqué par ses parents. L’individu doit effectuer un travail personnel psychologique afin d’intégrer au mieux les éléments opposés. Les contradictions entre les normes, les valeurs du milieu familial et celles du monde marquent l’indispensable nuance que nous devons apporter à toutes nos réflexions.

L’identification aux pairs est celle qui permet l’évolution continue de notre identité car si elle apparaît avec l’école, elle est présente par la suite chaque fois que nous nous comparons à autrui lorsque nous cherchons à nous situer.

Plus nous vieillissons, plus notre réseau d’appartenances se densifie. Nous appartenons à de plus en plus de milieux différents qui exigent une plasticité psychologique pour faire face aux incompatibilités que peut présenter leur appartenance respective.
Cette adaptation est primordiale au sentiment d’unité et de continuité psychologique indispensable à l’équilibre psychique. Ce sentiment permet à l’individu ne pas remettre automatiquement en question TOUT ce qu’il est à chaque fois qu’il est confronté à quelque chose qui est différent de lui.

Le dernier point me permet d’introduire l’illustration des théories avancées ci-dessus par le cas de l’Identité africaine.
La différenciation entre la mondialisation et le mondialisme a été faite dans un précédent article (« Etude sur la psychologie du mondialisme) mais il n’avait pas été précisé que les deux impliquent le processus d’identification.

Le continent africain et son histoire sont les exemples parfaits des conséquences néfastes, à court et à long terme du mondialisme. Les avantages économiques que l’Afrique a à offrir attisent toues les convoitises. Tous les moyens sont employés pour mettre la main sur les ressources naturelles, mais tous les moyens ne sont pas bons. L’utilisation de la force par le biais des méthodes esclavagistes a prouvé son échec. La mise en place de la colonisation par un souci de domination et d’économie dans l’exploitation des richesses marque un remaniement stratégique. C’est à la tête qu’ils ont décidé de frapper. Une idée peut être indestructible donc il est nécessaire de l’empêcher de naître avant qu’elle le devienne. L’adoption de la manipulation a donc été décrétée par ceux qui veulent s’accaparer le monde.

La destruction du peuple noir ne pouvant pas se faire par la force alors il fallait le faire par le mental.

L’identité de l’Afrique s’est effritée au fur et à mesure des siècles. Nombreux sont ceux pour lesquels l’histoire du continent débute à la colonisation, au plus tard à l’esclavage.
Le contact forcé durant des siècles avec la culture occidentale a certes entraîné une modification de la culture initiale mais le lessivage culturel dont est l’objet la culture africaine a été prémédité pour en faciliter la domination. Les « missions civilisatrices » censées apporter l’évolution et «les missions philanthropiques » successives organisées afin d’aider le développement du continent ne sont que des prétextes à sa destruction culturelle et physique.
L’exemple concret des écoles mises en place lors de la colonisation permettaient d’inculquer les valeurs occidentales, par là même la culture des oppresseurs aux populations colonisées dès le plus jeune âge. Le formatage et la soumission étaient ainsi davantage obtenus car les habitants confiaient leurs enfants à « l’élevage à l’occidental ».
Ces malheureux pensaient que cela ne pouvait leur être que profitable. Ce qui était normal puisque le PROGRÈS leur avait était avancé par ceux qui souhaitaient abuser de leur confiance. Pour ceux là, le PROJET était tout autre.
La fâcheuse habitude de l’Occident à se présenter comme exemple de supériorité de part l’évolution dont elle est la preuve a participé à la progressive soumission consentie des peuples dont il veut profiter.

La confusion et la perte d’identité culturelle de l’Afrique ont également été facilitées par la nature orale de la culture africaine.
L’absence d’écrits qui pourraient témoigner de l’histoire de nos ancêtres, et pourraient nous permettre de renouer avec les fondements initiaux de notre culture, a permis notre corruption identitaire. Le K.O engendré par les sévices physiques et psychologiques infligés à notre peuple a bénéficié à ceux qui voulaient/veulent tirer profits sans contre partie des ressources dont dispose notre terre.

C’est ici que peut être transposé le processus d’identification exposé ci dessus.

Le développement du continent témoigne de ce processus d’identification. Il a été perverti en le mettant au profit d’une identification au modèle occidental qui s’est présenté au peuple africain pendant des siècles. La destruction de la culture de nos ancêtres à facilité cette identification car de génération en génération les seuls repères de développement « offerts » sont des repères appartenant à cette culture.
Le développement du continent reflète cette identification « mal placée ». Il s’apparente davantage à une occidentalisation qu’à une modernisation dans la continuité de la culture africaine. Malheureusement, les villes africaines ne sont que des contres façon (de mauvaises qualités) des villes des pays occidentaux. Comment cela pourrait en être autrement ? Elles en réunissent toutes les problématiques : violences, drogues, précarité, chômage, mauvaise hygiène,etc..
La modernisation du continent par le processus de copie conforme ne peut être que voué à l’échec. Premièrement elle n’est pas insufflé par ces habitants eux mêmes et ni motivée par les réalités géographiques, politiques, sociales et économiques du continent. Il devient donc nécessaire d’être les producteurs de notre propre évolution. Il faut créer une modernisation Made in Africa, fait par et pour Nous sur la base valeurs qui nous sont spécifiques qui nous permettent d’être identifier

Cette confusion peut s’expliquer par l’endoctrinement des populations locales à un modèle présenté comme idéal. L’objectif étant la création d’une culture mondiale unique. Pour se faire, il est préconisé de supprimer les différences afin d’obtenir une population mondiale homogène. De part cela, ce modèle implique l’abandon des singularités culturelles, ethniques et religieuses portant atteinte à une volonté de contrôle initiée par l’Occident.
Ainsi, la main mise sur l’Afrique et ses multiples possibilités est assurée.

L’ « occidentalisation » du comportement de nos élites dirigeantes est le symptôme du cancer qui gangrène notre continent. A savoir l’oubli de ‘l’amour de soi et des siens, l’amour de sa terre, de sa culture, de son bien être et de son destin.

L’Occident se plaît à rappeler ce qu’il doit apporter à l’Humanité mais oublie de citer (nie) ses propres références.
La culture occidentale puise depuis toujours ses origines et ses inspirations partout dans le monde. Au delà d’inspirations, elle peut même être accusée de plagiat car elle proclame siennes des découvertes, des connaissances sans jamais admettre, ou à demis mots, son imposture.
Cela est pour le moins ironique puisque ce sont ces éléments volés qui sont avancés comme preuves de sa supériorité en comparaison aux autres cultures. Mais en réalité ses atouts résident en ce que la culture occidentale rassemble en elle seule l’ensemble des connaissances permettant sa domination. Des connaissances qui ont été puisées à leur source au sein de différentes civilisations et par différents procédés. Il ne cesse d’ériger sa culture au rang de vérité absolue, et « encourage » fortement le reste du monde à en faire de même.

Cependant, la globalisation du modèle impérialiste, en plus d’être illégitime car il est s’est auto-proclamé supérieur, pose l’impératif d’un remaniement culturel, donc identitaire de chaque pays. Cela dans l’objectif d’une uniformité permettant un contrôle économique. Comment la première entraîne le second ?
Les valeurs et les normes véhiculées par une culture partagée permettent l’homogénéité sociétale d’un pays par le biais de la cohésion qu’elle génère entre les individus. Dans l’idéal, cela pourrait être possible mais la réalité est toute autre. Le comportement de la majorité des gouvernements envers certaines minorités entrave cette cohésion en favorisant toujours leurs intérêts. C’est bien un manque de valeurs, notamment celles d’égalité et de justice, qui nuit au bien être du monde.

Illustrons ces propos avec un fait d’actualité. En France pour la mise en place progressive la Théorie du genre fait débat. Cette polémique est amplement justifiée. L’excuse est toujours de bonne foi, il s’agit cette fois de combattre les stéréotypes de genre qui entravent l’égalité entre les hommes et les femmes dans la société. Pour se faire, certains gouvernements européens ont pris la décision de soumettre à la réflexion des enfants, dès leur plus jeune âge des problèmes d’identité sexuelle. Comme toujours, cela est à comprendre de façon implicite après des recherches approfondies sur ce sujet. En public le discours est tout autre : « La laïcité, c’est ce qui protège l’enfant et garantit aux enfants les mêmes droits et l’accès aux mêmes valeurs. Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. Donc la République doit leur offrir… [coupée par un intervenant]. Chaque enfant doit pouvoir accéder à des lieux qui lui permettront lui-même, ensuite, de faire son choix. C’est le cadre de l’école publique. C’est ce dont la France a besoin aujourd’hui. » (sénatrice française Laurence Rossignol).

Vous vous demandez sans doute en quoi la Théorie du genre concerne t-elle les réalités du continent africain. Il s’agit ici de la manipulation de l’esprit dans le but de promouvoir un idéal en décalage avec la culture initiale.
Sa mise en place témoigne d’une tentative de manipulation du processus d’apprentissage, d’identification et de production de stéréotypes dans le but d’introduire de nouveau éléments, au sens le plus large qu’il soit, à ceux préexistants.
La réaction de la population à l’introduction de l’enseignement de cette théorie, sans aucune donnée psychologique favorable mais beaucoup dénonçant ses conséquences dramatiques, est sans appel.
Nous pouvons choisir les éléments de la culture que nous voulons intégrer à notre propre système de valeurs. Ce n’est pas parce qu’une culture est dominante que nous ne pouvons être critique vis à vis d’elle.

Ce sont les contradictions entre les valeurs héritées des différentes sous cultures auxquelles nous appartenons qui amènent à leur tour des remises en questions de ces dites valeurs.

Cette problématique ne se pose pas si un individu est soumis à un seul modèle car il n’existe aucun point de comparaison qui puisse amener la réflexion personnelle. Il s’agit alors d’un apprentissage par conditionnement. C’est ainsi qu’est parfois envisagé l’apprentissage des enfants. L’esprit conçu comme une coquille vide qu’il faut remplir. Telle peut être envisagée la transmission d’une culture. Il s’agit là d’un conditionnement parfait car il n’existe aucun point de comparaison.

C’est dans la notion de conditionnement que le rapprochement peut être fait pour expliquer la situation les descendants des esclaves d’abord puis des colonisés par la suite. Le cas pratique de l’Afrique permet mieux appréhender les dynamiques qui existent entre tous ces processus.

C’est la raison pour laquelle un enracinement et une forte identité culturelle permettent de résister face au fléau qu’est le mondialisme.

Il a été cité précédemment qu’une continuité était nécessaire à l’équilibre psychique dans le processus d’identification. Ainsi, seul un enrichissement est apporté par l’influence d’autres cultures car il existe un noyau dur qui ne peut être détruit. Une forte identité ne sous entend pas une culture hermétique à toutes modifications, mais uniquement à celles qui lui sont nuisibles. Elle doit être stable et ancrée pour ne pas être détruite mais assez souple pour être améliorer.

En ce qui nous concerne, le processus d’inspiration a été perverti en processus d’identification totale. L’inspiration implique l’intégration d’éléments nouveaux à un paradigme de base. Or, il n’en n’existe pas en Afrique. Quelques bribes peuvent être décelées, mais il n’existe pas une unité suffisante afin de composer une véritable culture continentale.

Nombreux sont ceux qui s’opposent à ces propos. «Comment ça il n’existe pas de culture africaine ?! Bien sûr que si ! Il en existe une comme pour tout les pays !». Ce qui est entendu en terme de culture africaine est ce qui pourrait être l’équivalent d’une culture européenne ou encore américaine. L’Afrique n’est pas un pays, mais est composée de plusieurs ayant chacun leur propre culture. L’Europe s’inscrit dans le même cadre. Cependant, ce dernier n’est jamais amalgamé à un seul et unique pays ce qui semble être plus fréquemment le cas de l’Afrique. Cette confusion ne lui est malheureusement pas bénéfique. Cet amalgame n’est pas la manifestation d’une union continentale mais davantage la manifestation d’un déni des spécificités de chaque pays.

La culture africaine fait davantage écho à un amoncellement de stéréotypes. Ces derniers ne sont pas nécessairement fondés ou ne sont plus actualité mais ils sont représentatifs de l’image véhiculée de cette culture.
Les stéréotypes sont des concepts psychologiques. Ils sont un autre exemple du pouvoir qui peut être exercé par ceux qui détiennent des savoirs dans le domaine de la psychologie.
La construction de stéréotype est un processus naturel donc l’objectif est de permettre une catégorisation du monde. Cette catégorisation le rend plus abordable car ces « connaissances » permettent de l’organiser et ainsi de mieux anticiper ce qui le compose.
Les stéréotypes sont présents chez tous les individus, et constituent des croyances socialement partagées des caractéristiques spécifiques attribuées à des groupes. Ils peuvent être positifs ou négatifs selon les préjugés sur lesquels ils sont basés. Leur but premier n’est pas d’établir un jugement mais d’organiser le monde pour le rendre plus prévisible.
Cependant si leur construction permet la réduction de l’incertitude de ceux qui y ont recours, il peut provoquer un effet sur ceux qui en sont l’objet.
Une expérience psychologique menée par Steele et Aronson en 1995 a mis en évidence ce qu’ils ont qualifié « la menace du stéréotype ». La création de stéréotypes entraîne l’apparition d’attentes vis à vis des personnes concernées. C’est d’ailleurs le but d’anticipation exposé précédemment. Selon ces auteurs, ces attentes influencent le comportement et l’attitude des personnes qui font l’objet de ces stéréotypes.
Leur élaboration n’est donc pas sans conséquence car ils les enferment ceux qui en sont l’objet dans une vision caricaturale, ce qui peut les pousser à adopter des comportements et attitudes initiée par cette réduction.

Le recours à des procédés psychologiques par les politiques est bien plus fréquent que nous l’imaginons. L’Histoire ne tarit pas d’exemples qui prouvent leur efficacité.

La même conception de la culture partagée entre les partisans de l’apprentissage de la Théorie du genre et les partisans du mondialisme. Tous l’envisagent comme une étiquette modifiable par le contrôle de ce qui y est intégré ou supprimé. Nous en revenons ici à une conception de l’esprit comme un réceptacle ayant pour seule fonction de recevoir des informations et de les intérioriser sans aucune réflexion, donc par conséquent qui est facilement manipulable. Cette affirmation n’est pas entièrement fausse mais doit être précisée. L’esprit humain n’est pas manipulable parce qu’il l’est de « nature » mais il l’est pour ceux qui connaissent les processus qui le composent. Ainsi, ce sont les processus qui peuvent être orientés dans le but de la manipulation de l’esprit. La manipulation permet d’obtenir d’autrui dont il n’aurait pas eu l’initiative spontanément. Une bonne manipulation réside en ce que la ou les personnes concernées ne sont pas avertis des véritables intentions. La conviction en des éléments et l’adhésion à des idées sont d’autant plus important que les personnes victimes de manipulation croient en leur élaboration individuelle. Il n’existe pas d’idée plus personnelle que celle que nous pensons avoir raisonnée nous mêmes.

Cette perspective qui envisage l’esprit comme un vide à remplir est celle la même qui justifiait le rôle des missionnaires et plus généralement les traitements « civilisateurs » prescrits aux peuples dominés. Le destin connu de l’Afrique et de son peuple dans sa globalité pourrait donner du crédit à cette théorie.
Une destruction culturelle, donc identitaire, du peuple africain et de ces millions de descendants est malheureusement à déplorée. Cette destruction a été et demeure stratégique. Elle a été commanditée il y a plusieurs siècles par ceux qui avaient décrété leur supériorité sur la base de critères plus que subjectifs.
L’arme « psychologie » employée est plus que jamais d’actualité dans la promotion du nouvel ordre mondial pour ceux désireux d’un monopole économique et culturel du continent africain.

Intéressants parler stéréotype + identité + théorie du genre

Un modèle la CORSE :

C’est l’identification à ce genre de modèle qui est à favoriser.

En conclusion, les processus naturels d’acquisition de la culture ont été pervertis par le mondialisme dans le but d’imposer le modèle.
Mais une fois encore, les manifestations de ces limites se font sentir. Retour au « old school » peut être la manifestation d’une nostalgie de valeurs passées. Certains diront c’est simplement un effet de mode. C’est vrai. Mais toute mode justement appartient à une époque, à une culture et ainsi dit quelque chose des sociétés qui l’adopte. Parfois une mode devient en un élément culturel à part entière.
La mode actuelle semble annoncée de grands bouleversements culturels…

Comme nous l’avons dit dans cet article, l’utilisation des connaissances développées en psychologie est le procédé favori du mondialisme. Nous avons fait le choix dans cette guerre contre lui, de nous approprier chacune de ses armes afin de les retourner contre lui et de l’exterminer. Alors, ne lui laissons plus le monopole que la plus puissante d’entres elles.
La manipulation de ces connaissances est utilisée pour une extermination culturelle et un règne économique sans partage. Il est de notre devoir de maîtriser nous aussi cet art afin d’en inverser la tendance.

La culture au sens de l’instruction n’a pas été abordée de façon explicite dans cet article mais le sera certainement traité ultérieurement. L’accès à la culture doit être une priorité dans les politiques envisagées pour le développement du continent. Cet impératif doit être respecté et exigé à l’échelle internationale. Il ne doit pas se faire sous la forme actuelle qui s’apparente davantage à un accès illimité aux informations engendrées par une propagande pro mondialiste dans le but d’un formatage psychologique.
 L’inaccessibilité culturelle a été désirée par ceux qui veulent le contrôle absolu, et cela aussi bien dans nos propres rangs.
Pour la petite anecdote, une reine malgache consciente de la puissance du savoir en avait réservé l’accès à une minorité de la population pour finir par la réserver aux seuls membres de son gouvernement.

La véritable diversité des connaissances doit être transmise afin de permettre à chacun d’élaborer sa propre réflexion, qui que nous soyons. La fin de leur monopole par certains pour la manipulation des autres est indissociable à notre démanche d’émancipation.
Les savoirs ne doivent pas être réservés à une minorité. Cela installe rapport d’inégalité entre « ceux qui savent » et « ceux qui ne savent pas », et cela sur différents plan. L’argument de « l’incompétence » est ainsi avancé lorsque les citoyens expriment leur désaccord car ils ne sont pas des experts qualifiés du manque d’information dont ils sont censés faire preuve.
Cette stratégie était à peu près efficace jusqu’à présent. Seuls des experts formés et reconnus comme tels par les gouvernements peuvent être conscients de ce qui est bénéfique pour leur pays.
Mais à l’heure d’Internet, cela n’est plus valide. Aujourd’hui, chaque individu est en mesure de s’informer par lui même, certains peuvent avoir une réflexion plus élaborée que les prétendus experts.

Finissons cette analyse sur une note d’optimisme. Je ne crois pas en une tendance naturelle de l’Homme au mal, mais je crois en la malhonnêteté possible de certains esprits humains qui, par le procédé de manipulation, permet d’en influencer la tendance via la propagande en partie relayée par la télévision et l’école. Un rapide inventaire de ce qui est mis à la disposition des enfants en termes d’éléments identificatoire pour en démasquer la finalité : des individus déstructurés sont plus maniables. Les éléments culturels représentent des repères d’identification, le choix de ces éléments permet donc de déterminer quel type d’individu est souhaité.
Les personnes sont qualifiées de «complotistes» lorsqu’elles soulèvent des questionnements, sans prétendre à y fournir une réponse absolue. Elles encouragent davantage à la réflexion pourraient avancer que les savoirs en psychologie ont été développés pour une meilleure connaissance de l’esprit humain dans le but de sa manipulation.
Si cela est vrai, et même dans le cas contraire, il nous suffit d’utiliser les mêmes procédés dans un but d’une réelle éducation et non pas d’une éducation dirigée dans l’intérêt de certains par le biais du mondialisme.

L’élévation d’une société n’est possible par celle de ces enfants. Les résultats d’une manipulation peuvent être positifs.

Sa mise en place témoigne d’une tentative de manipulation du processus d’apprentissage, d’identification et de production de stéréotypes dans le but d’introduire de nouveau éléments, au sens le plus large qu’il soit, à ceux préexistants.  »
Le processus d’identification permet de comprendre que l’obtention de l’égalité entre les hommes et les femmes ne passe pas par l’éducation sexuelle des enfants, mais davantage l’exemple donné par les parents et plus généralement la société. Les enfants ne font que reproduire en imitant ce qu’ils constatent. L’éducation des enfants passe donc par la rééducation des adultes qui sont pris pour modèle dans la construction identitaire. Nous pouvons ainsi influencer le devenir des sociétés par la manipulation de ce processus dans le but d’une évolution positive.
La manipulation est d’ailleurs employée par les partisans de cette théorie, conscients qu’à long terme cela bénéficiera au projet mondialiste.