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Guerre coloniale en Palestine: La résistance palestinienne humilie le « dôme de fer » de l’entité sioniste…

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La tactique gagnante de la résistance pour briser le “dôme de fer” israélien

 

Al Manar et Press TV

 

6 mai 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1353981

 

Entre les 4 et 6 mai 2019, sur un total de près de 700 missiles palestiniens tirés contre Israël, seuls 173 ont été interceptés. C’est plus qu’une catastrophe quand on sait l’écart gigantesque entre le coût d’un missile du Dôme de fer (80 000 dollars) et le coût d’un missile palestinien  (300 à 1000 dollars), estimaient les analystes israéliens, approuvant à mots couverts ceux des colons sionistes qui dénonçaient leurs officiers pour s’être servi d’eux à titre de « bouclier humain » en les plaçant sous la protection d’une « passoire » dénommée « Dôme de fer »!

Le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam revient sur ce nouvel échec du soi-disant bouclier antimissile israélien face à la Résistance et explique comment celle-ci a su le franchir.

« La tactique qui nous a aidée à percer le bouclier et à atteindre nos objectifs a consisté à maintenir une puissance de feu élargie impliquant de nombreux missiles tirés en un laps de temps compact. La puissance de la charge a fait le reste », a souligné Abou Obaida, le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam

« Avec une haute puissance de destruction, les missiles que Qassam a tirés sur les cibles israéliennes, ont causé de lourds dégâts au régime sioniste et changé de tout en tout le rapport des forces. Surtout que des dizaines de missiles ont été lancés de façon coordonnées et simultanée, ce qui a pris de court à la fois les radars et le dispositif d’interception du bouclier israélien ».

En 48 heures de combats, près de 700 missiles ont été tirés contre les colonies du sud d’Israël et à mesure que le rayon des bombardements israéliens s’amplifiaient, les frappes aux missiles visaient des cibles israéliennes plus distancées de Gaza et plus proche du centre d’Israël.

Pour la première fois depuis 70 ans, les missiles palestiniens ont visé des maisons, des usines et des bâtiments dans les colonies et la presse israélienne évoque même l’incapacité dans certains cas à « se mettre à temps à l’abri ».

En Israël les médias restent trop vagues sur le bilan des dégâts tandis qu’ils n’avancent qu’un bilan de 4 morts et de 115 blessés.

Un simulacre de déploiement en vue d’une opération terrestre a eu lieu sur les frontières avec Gaza impliquant la 7e brigade blindée de l’Armée israélienne et les forces dites d’élite de Golani, mais selon le site israélien DEBKA, Tel-Aviv n’a pas osé s’y aventurer, rapatriant le tout au bout de deux heures.

Une trêve a ainsi été conclue lundi à 4h30 (heure locale) sous l’égide de l’ONU et de l’Égypte, engageant Israël à signer les accords prévoyant la levée du blocus de Gaza. Ce qui veut dire que le régime israélien entre pleinement dans une nouvelle ère, non pas celle promise par le Deal du siècle mais celle où « l’adversaire se mesure à lui et a de quoi le faire acculer ».

En effet, des dizaines de missiles tirés en 48 heures ont frappé le sud, l’est pour s’étendre au nord d’Israël sans que la « défense antimissile tri-couche » israélienne puisse servir à grand chose.

Dans une interview avec le journal israélien, Jerusalem Post, l’ancien chef du département de la recherche des renseignements militaires, Yaakov Amidrror reconnaît que le Dôme de fer n’a pas été en mesure d’intercepter tous les missiles lancés depuis Gaza et il invente pour cette contre-performance diverses raisons.

Selon lui, il y a d’abord la distance de tir : certains missiles ont été lancés depuis des zones limitrophes aux colonies, ce qui a privé Dôme de fer d’avoir le temps nécessaire pour entrer en action d’interception. Mais le manque de temps ne serait pas la seule raison de l’échec du Dôme de fer. Les particularités de la conception de ce système lui feraient échapper aussi « les projectiles destinés à des zones qu’il considère comme vides ou inhabitées ». Il a donc un problème de localisation, a déclaré l’expert militaire israélien arguant que cela avait été le cas du véhicule blindé israélien qui avait été visé et détruit par le missile Kornet de la Résistance palestinienne à Yad Mordechai, près de la frontière avec Gaza.

« Du point de vue du système, il s’agissait d’une zone ouverte sans personnes. Nous n’interceptons pas de telles roquettes », a justifié Yaakov Amidrror sans vraiment convaincre le public israélien qui sur les images de la vidéo diffusée de cette opération, voit un train passer juste derrière le véhicule, ce qui veut dire que le Kornet palestinien aurait bien pu cibler non seulement le blindé mais aussi le train. Un deuxième véhicule blindé israélien a d’ailleurs été visé, le lundi 6 mai. À ceci s’ajoute une autre faille : Les interceptions effectuées par le système n’ont pas fait exploser les charges des roquettes ce qui confirme son échec ».

Le Dôme de fer est un système de défense aérienne mobile israélien, développé par la société Rafael Advanced Defense Systems, conçu pour intercepter des roquettes et obus de courte portée. Le système a été créé à l’origine pour faire face aux attaques de roquettes lancées depuis la bande de Gaza et le Liban.

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Lectures complémentaires:

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La Bible Déterrée Israel Finkelstein

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Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

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« Netanyahou est un raciste suprémaciste juif, à l’image d’Israël »… Entretien coup de poing avec Norman Finkelstein, professeur de science politique et militant antisioniste…

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Articles connexes:

« Pourquoi les Européens ne disent-ils pas qu’Israël est un état d’apartheid ? »

« Plus de feuille de vigne pour masquer l’apartheid israélien »

 

 

Entretien avec Norman Finkelstein*

“Netanyahou est un raciste et un suprémaciste juif, à l’image d’Israël”…

 

20 mars 2019

 

url de l’article en français:

https://sayed7asan.blogspot.com/2019/04/norman-finkelstein-netanyahou-est-un.html

 

(*) Note de R71: Norman Finkelstein est professeur de science politique, Ph.D de l’université de Princeton, auteur de 10 livres et descendant de victimes des camps nazis. Conférencier international, Il est un fervent opposant antisioniste à la politique de l’entité sioniste, état auto-proclamé juif, colonisant la terre de Palestine et ardent supporteur de la campagne BDS de Boycott, Diversion, Sanctions contre Israël en raison des crimes contre l’humanité commis depuis 1948 et le grand nettoyage ethnique de la Palestine commencé à cette date sous couvert de l’occident bienveillant.

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Jimmy Dore : Bonjour tout le monde! Bienvenue sur cette émission.

Nous avons un invité spécial aujourd’hui. Norman Finkelstein est un politologue, militant, professeur et auteur américain. Ses principaux domaines de recherche sont le conflit israélo-palestinien et la politique de l’Holocauste, un intérêt motivé par les expériences de ses parents, survivants Juifs de l’Holocauste. Il est diplômé de l’Université de Binghamton. Il a obtenu un Doctorat en Sciences politiques à l’Université de Princeton.

Bienvenue, Norman Finkelstein. Merci d’être notre invité.

Norman Finkelstein : Merci de me recevoir.

Jimmy Dore : Vous êtes un expert du conflit israélo-palestinien. Vous savez, la plupart des gens ne connaissent pas vraiment les causes du conflit ; ils savent juste qu’il y a un conflit et que les États-Unis sont alliés avec Israël, parce qu’ils sont (soi-disant) une démocratie et qu’ils seraient la seule démocratie au Moyen-Orient, comme certaines personnes aiment le dire.

Alors, comment expliqueriez-vous ce conflit à des personnes qui ne connaissent pas grand-chose à ce sujet, à savoir la plupart des habitants des États-Unis [et de la France] ? Et ils n’en savent certainement pas grand-chose s’ils regardent les informations à la télévision. Je ne pense pas que le citoyen moyen sache grand-chose à ce sujet. Alors, comment pouvez-vous informer les gens sur ce conflit ? Comment a-t-il commencé ? Quelles en sont les causes ?

Norman Finkelstein : Je pense que le moyen le plus efficace d’informer les gens est de recourir à l’analogie. En réalité, ce qui est arrivé au peuple palestinien au cours du siècle dernier est assez semblable à ce qui est arrivé à la population amérindienne aux États-Unis. Si vous prenez par exemple le destin des Indiens Cherokee, qui résidaient à l’origine sur la côte Est des États-Unis, ils ont été progressivement poussés, poussés, et repoussés, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en Arkansas. Et ensuite, ils ont été confinés à une petite partie de l’Arkansas, qui, une fois que tous les colons blancs s’y sont rassemblés, est devenue l’Oklahoma. Les Cherokee ont donc été victimes d’une politique d’expulsion, de « transfert » pour utiliser le vocabulaire israélien. Fondamentalement, il y a évidemment des différences entre les deux situations, et on ne peut pas prétendre qu’il n’y en a pas, mais dans l’ensemble, je dirais que dans l’ensemble, ce n’est pas vraiment différent de ce qui est arrivé à la population autochtone aux Etats-Unis.

Jimmy Dore : Bigre ! On ne m’a jamais décrit la chose de cette façon auparavant. Et vous savez, ironiquement, la plupart des Américains ne sont pas trop informés non plus de la gravité de ce chapitre de notre histoire. Ainsi, les États-Unis accordent chaque année une aide et des milliards de dollars de financement à Israël. Mais certains disent qu’Israël est un État d’Apartheid et que Gaza est une prison à ciel ouvert. Ces deux accusations sont-elles vraies ? Et comment cela pourrait-il être vrai ? Comment pourrions-nous les soutenir dans ce cas ?

Norman Finkelstein : Eh bien, je pense que les deux propositions sont vraies. Israël bénéficie à la fois de deux faits. Premièrement, ils bénéficient de la convergence des intérêts entre les élites dirigeantes américaines et Israël sur de nombreuses questions fondamentales. Ainsi, par exemple, à l’heure actuelle, il existe une convergence d’intérêts entre les États-Unis et Israël tendant au renforcement de l’Arabie Saoudite, au renforcement du Golfe et à la tentative de contenir l’Iran. C’est une convergence fondamentale des intérêts, et c’est en partie, probablement dans la plus grande partie, ce qui explique le soutien des États-Unis à Israël.

Mais il y a aussi un autre facteur, et il ne faut pas prétendre que cet autre facteur n’existe pas, c’est-à-dire qu’il existe un lobby pro-israélien très puissant aux États-Unis, un peu comme le lobby des armes à feu, le lobby cubain (anti-castriste), etc. Le lobby israélien est un autre lobby très efficace, probablement l’un des lobbies les plus efficaces, sinon le plus efficace, qui opère à Washington. Et sa composante principale est une communauté juive américaine très puissante, articulée et organisée, même si, même dans ce cas, il faut faire des distinctions, car chez les jeunes Juifs, le soutien à Israël diminue clairement. Mais dans l’ensemble, à la fois du fait d’une convergence d’intérêts et de la présence d’un lobby puissant, articulé, organisé et stratégiquement placé, un lobby qui a beaucoup d’influence sur les médias, beaucoup d’influence dans la publication, beaucoup d’influence dans les journaux d’opinion, beaucoup d’influence à Hollywood, ce lobby a été un facteur majeur dans la détermination des aspects de la politique américaine vis-à-vis d’Israël.

En ce qui concerne le deuxième point, je ne pense pas vraiment qu’il soit encore controversé de savoir si Israël est ou non un État d’Apartheid. Je ne dis pas cela en tant que polémiste, j’essaie d’être objectif et impartial sur la situation. Entre le Jourdain et la mer Méditerranée, on peut maintenant dire qu’il y a environ 12 ou 13 millions de personnes. Cela inclut la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza. Et Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza. Israël les contrôle maintenant depuis plus d’un demi-siècle. Et le gouvernement israélien a clairement indiqué qu’il n’avait absolument pas la moindre intention de retourner aux frontières d’avant la guerre de juin 1967, c’est-à-dire de céder le contrôle de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est. Nous ne pouvons donc plus parler d’une occupation ; nous devons parler d’une annexion. Les territoires ont été annexés de facto. Après un demi-siècle, cela me semble être la seule conclusion raisonnable : il y a eu une annexion de facto.

Ainsi, sur toute cette population qui s’étend de la Méditerranée au Jourdain, environ la moitié a soit un statut de deuxième classe, soit, et c’est la plus grande partie, n’a aucun droit au sein de l’État [israélien] : pas de droit de vote, puis à partir de là, ils n’ont même pas de droits de propriété, leurs biens et propriétés peuvent être confisqués du jour au lendemain et à l’envi, avec l’appui des tribunaux [israéliens]. Il me semble donc que, encore une fois, en essayant d’être rationnel, en essayant d’être objectif et en essayant d’être impartial, il n’y a pas d’autre terme pour décrire une situation dans laquelle près de la moitié de la population a soit des droits de seconde zone (en Israël même), soit absolument aucun droit (en Cisjordanie et à Gaza). C’est clairement une situation d’Apartheid.

Mais encore une fois, cela ne devrait pas nous choquer. Vous devez vous rappeler, je ne sais pas quel âge vous avez, mais je me souviens très bien pour ma part des derniers jours de l’Apartheid [sud-africain] : Ronald Reagan a soutenu le régime de l’Apartheid jusqu’au bout, tout comme Margaret Thatcher. Vous rappelez-vous, jusqu’à la fin, ils désignaient Nelson Mandela et l’ANC, le Congrès national africain, comme des terroristes. Donc si notre gouvernement était, jusqu’à la fin de l’Apartheid, un fervent soutien de l’Afrique du Sud, parce que c’était en quelque sorte un bastion de la civilisation occidentale, vous savez, de la civilisation occidentale ou de ce que vous voulez, en Afrique, alors pour la même raison, ils soutiennent Israël au Moyen-Orient.

Jimmy Dore : Vous pensez donc que sans… Vous savez, vous affirmez que sans conteste, Israël est un État d’Apartheid, ce avec quoi je suis d’accord. Mais il y a des gens qui remettent cela en question, des gens qui rejettent ces accusations avec force et qui citent le nombre de Palestiniens… Ils disent qu’il existe un parti politique arabe, qui est le troisième parti en Israël, et ils citent à longueur de journée le nombre de Palestiniens qui sont autorisés à voter (aux élections israéliennes)… Que répondez-vous à ces arguments ?

Norman Finkelstein : Tout d’abord, je suis heureux que vous ayez posé ces questions, car il n’y a pas de moyen plus efficace de discuter (que la contradiction). Et si quelqu’un d’entre nous doit jouer le rôle de l’avocat du diable, dans ce cas, ça doit être vous.

Tout d’abord, j’ai essayé d’être clair, j’ai dit qu’il y avait une gradation des droits dans le cas d’Israël. Les Palestiniens sont des citoyens de seconde zone.

Israël a maintenant officiellement déclaré Israël en tant qu’État-nation du peuple juif. Ainsi, par exemple, je suis Juif, et si les États-Unis se déclaraient État-nation du peuple chrétien, je ressentirais certainement cette déclaration (comme discriminante), en particulier une fois qu’elle serait promulguée par des lois. Elle ferait de moi un citoyen de seconde zone, c’est-à-dire que je n’aurais pas ma place ici. Ce serait l’État du peuple chrétien, pas mon État.

Cela dit, gardons à l’esprit que ce n’est pas seulement un élément de la population palestinienne qui est sous contrôle israélien ou qui a effectivement été annexé par Israël. La Cisjordanie, les habitants de la Cisjordanie, ne votent pas aux élections israéliennes, ils ne sont pas représentés à la Knesset israélienne. Les habitants de Gaza ne votent pas aux élections israéliennes, ils ne sont pas représentés au Parlement israélien, à la Knesset israélienne. Jusqu’à présent, la vaste majorité des Palestiniens actuellement annexés à l’État israélien n’ont absolument aucun droit.

Jimmy Dore : Très bien.

Norman Finkelstein : La seule façon de contourner ce problème est de dire qu’il y a un processus de paix (en cours). Mais le gouvernement israélien a déjà indiqué clairement [qu’il rejetait l’idée d’Etat palestinien], et il faudrait être plus aveugle que le roi Lear pour ne pas se rendre compte que le gouvernement israélien a déclaré que nous ne reviendrions pas aux frontières d’avant 1967. Une fois que vous avez fait cette déclaration, il s’agit d’une déclaration d’annexion, et s’il s’agit d’une annexion, vous devez la prendre en compte lorsque vous décidez si Israël est ou non un État d’Apartheid. Cette décision ne peut pas être limitée à (l’analyse de la situation en) Israël et à ses frontières antérieures à 67 : il s’agit de l’ensemble de la zone, y compris la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est et y compris Gaza.

***

Jimmy Dore : Vous savez, j’ai entendu dire que la majorité des Juifs ne soutiennent pas la politique du gouvernement israélien à l’encontre de la Palestine, de Gaza et de la Cisjordanie. Comment cela pourrait-il être le cas ? Et pouvez-vous nous parler du Likoud, qui est en quelque sorte un parti extrémiste, un parti de droite en Israël ? Quel pourcentage de soutien a-t-il réellement au sein de la population juive, à l’intérieur et à l’extérieur d’Israël ?

Norman Finkelstein : Eh bien, nous devons préciser que premièrement, Benjamin Netanyahou, Premier ministre de l’État d’Israël, est à la tête de l’État depuis environ une décennie, et qu’il a participé à de nombreuses élections. Et bien qu’il ait été entaché de plusieurs scandales, se succédant littéralement les uns après les autres, aucun de ces scandales n’a réellement entamé sa popularité. Et la raison en est, je pense, assez simple, et à mes yeux, elle ne prête pas à controverse : Benjamin Netanyahou est un ignoble raciste, un suprémaciste Juif. Et sur tous ces descriptifs (ignoble, raciste, suprémaciste Juif), il est tout à fait représentatif de la population israélienne. Et la raison pour laquelle ils continuent à le réélire malgré les scandales, qui, soi-disant, seraient toujours sur le point de le faire tomber de façon imminente, malgré les scandales qui ne le font jamais tomber, c’est parce que lorsqu’ils regardent Benjamin Netanyahou, la majeure partie de la population israélienne se voit elle-même, il les représente très fidèlement. Et ils votent pour lui parce que dans sa mentalité… Je ne peux pas vraiment parler de valeurs, car je ne pense pas que des personnes comme M. Netanyahou aient des valeurs en soi), mais en termes de mentalité, de mépris des Arabes, de mépris des musulmans, (Netanyahou incarne parfaitement Israël et les Israéliens)… En fait, avec tout le respect que je vous dois, M. Dore, et à tous vos auditeurs, à moins qu’ils ne soient Juifs, Netanyahou n’a que du mépris pour vous. Ce sont des suprémacistes Juifs.

Mais dans une autre catégorie, il se trouve que Netanyahou est également un raciste, et même si je n’aime pas utiliser cette terminologie, parce qu’elle est trop simpliste et fait trop « slogan », il se trouve à mes yeux, dans ces circonstances particulières, que l’usage de ce terme est parfaitement manifeste et adapté dans ce cas, ça crève les yeux. Pourquoi M. Netanyahou et M. Trump s’entendent-ils si bien ? Pourquoi M. Netanyahou est-il la plus grande pom-pom girl de Trump au monde ? Eh bien, la réponse est simple : ils aiment tous les deux les murs. M. Trump veut construire un mur pour tenir les Mexicains à l’écart, et M. Netanyahou veut construire un mur pour tenir les Arabes à l’écart.

Ils détestent tous les deux les Noirs. Lorsque le Président Obama était le Président des États-Unis, M. Netanyahou n’a pas du tout considéré déplacé, il n’a pas vu le moindre mal à faire irruption aux États-Unis, à faire irruption dans le bâtiment du Capitole (siège du Congrès US) et à donner des instructions à Obama sur la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. J’ose dire, et bien sûr, vous êtes libre de me contredire, qu’il est inconcevable, absolument inconcevable, s’il y avait eu un chef d’État Blanc, si c’était George Bush ou même un Jimmy Carter, même si c’était un Jimmy Carter, M. Netanyahou n’aurait pas osé se comporter comme il l’a fait avec Obama. C’est un raciste.

Et tout comme M. Trump, le raciste, exècre les musulmans, M. Netanyahou déteste les Noirs. C’est pourquoi il a fait de l’expulsion des migrants arabes [d’Erythrée, du Soudan …] un axe de sa politique. Il y a environ 30 000 de ces réfugiés en Israël, qui ont fui une situation de guerre, des situations très graves et difficiles. Et il a décrété leur expulsion parce que vous devez vous rappeler que M. Netanyahou a grandi, une grande partie de sa vie a été passée aux États-Unis. Son père était professeur à Cornell University (New York) et ils détestaient (tous deux) les Noirs, les Schwartz, les Schwartz, comme on les appelle, les Noirs. Ils leur répugnent. Et maintenant, que M. Netanyahou soit confronté à la perspective que les Schwartz envahissent Israël, [c’est insupportable pour lui], et ils doivent donc partir.

Et c’est donc le même état d’esprit. Ce ne sont pas des valeurs, c’est un état d’esprit. Vous pouvez choisir la description que vous souhaitez pour cet état d’esprit : certaines personnes diraient que c’est un état d’esprit nazi, d’autres diraient que c’est un état d’esprit fasciste, d’autres l’appelleraient un état d’esprit suprémaciste Blanc, raciste de droite, peu importe comment vous l’appelez. Mais ils ont bien cet état d’esprit, ces personnes dirigeantes [Trump et Netanyahou].

C’est une chose navrante à dire, mais je ne fais pas partie de ceux qui, au nom du politiquement correct, reculent devant les généralisations. Si on dit que la plupart des Blancs du Sud des États-Unis, à l’époque d’avant les droits civiques, étaient pour la plupart des suprématistes racistes Blancs haineux, très peu de gens s’opposeront à cette « généralisation » (car elle est largement vraie). Mais dès que vous utilisez exactement ces mêmes termes pour décrire Israël ou les Israéliens, cela devient soudainement politiquement incorrect. Je ne suis pas d’accord. Si vous voulez comprendre la mentalité israélienne à l’égard des Palestiniens, des Arabes ou des musulmans, c’est très facile à comprendre pour un Américain : il suffit de regarder l’Alabama, le Mississippi et tous les autres États du Sud à l’époque précédant les droits civiques. Telle est leur mentalité. Telle est la mentalité israélienne. Et M. Netanyahou, dans son état d’esprit, n’est pas très différent d’un George Wallace ou d’un Lester Maddox, pour ceux qui se souviennent de cette époque.

Jimmy Dore : Permettez-moi de vous poser une question : le peuple juif ou le peuple d’Israël ne voient-ils pas l’énorme ironie qui se joue actuellement, à savoir que l’État israélien a été inventé comme un refuge pour le peuple juif parce qu’ils ont été persécutés, et que maintenant ils se sont métamorphosés (en oppresseurs) ? Et que depuis deux décennies au moins, ils font subir exactement la même chose, ou une chose très horrible, pas la même chose, mais une chose très similaire au peuple palestinien, vous savez, faisant d’eux des citoyens de deuxième classe, les dépouillant de leurs droits, contrôlant leurs mouvements d’entrée et de sortie où qu’ils aillent, et leur imposant des blocus économiques et des blocus médicaux… Et vous savez, comme nous l’avons dit, c’est une prison à ciel ouvert. Est-ce que l’ironie de la situation leur échappe vraiment ? Ne voient-ils pas cela ?

Norman Finkelstein : Oui, je pense qu’ils ne le voient pas. Je pense vraiment que l’ironie leur échappe. Tout d’abord, rappelez-vous qu’une grande partie des Européens qui sont venus aux États-Unis, les Pères pèlerins, les puritains, fuyaient les persécutions religieuses. Mais ensuite, ils ont infligé des crimes vraiment atroces à la population autochtone quand ils sont venus ici. Le fait est que les colons européens, les colons Blancs qui sont venus ici, les Euro-Américains, ne pouvaient pas concevoir la population locale, la population autochtone, ils ne pouvaient pas les concevoir comme des êtres humains du même ordre qu’eux. Ce n’était que des sauvages à leurs yeux. Et de la même manière, le peuple israélien ne peut pas concevoir les Arabes ou les musulmans sur le même ordre moral qu’eux. Ce ne sont que des terroristes ou des sauvages à leurs yeux. Donc je pense qu’il est correct de dire qu’ils ne voient rien de mal à la façon dont ils agissent.

En fait, si vous lisez la plupart des témoignages d’Israéliens sur la situation là-bas, la plupart d’entre eux n’ont pas le moindre intérêt pour ce qui se passe en Cisjordanie et à Gaza. Ils vivent très bien, ils ont un niveau de vie très élevé, ils voyagent beaucoup, mais pour les Israéliens, la Cisjordanie et Gaza sont des pays lointains, presque exotiques. Je sais que cela peut paraître surprenant, mais souvenez-vous, par exemple, quand je grandissais à New York, c’est une ville compacte comme vous devez le savoir, 99% des Blancs de New York parlaient (constamment) de Harlem, étaient terrifiés par Harlem, mais n’avaient jamais mis les pieds à Harlem. Ils n’avaient jamais vu ce quartier noir, sans même parler de s’y être rendus physiquement. Et il y avait quelque chose de drôle à l’époque, quand des Européens venaient, en touristes, vous savez, des jeunes, vous leur demandiez « Vous habitez où (pendant votre séjour) ? », et ils répondaient tous « A Harlem, bien sûr ! », [Rires], parce que Harlem était palpitant, vous savez, avec ses clubs, le jazz… Mais pour les New-Yorkais Blancs, Harlem était une image de terreur. « Harlem ?! Tu vis à Harlem ?! Oh mon Dieu! »

Et je me souviens de ma première visite dans les Territoires occupés en 1988, je vivais dans des familles en Cisjordanie, et lorsque je disais aux Israéliens: « Vous savez, je suis allé en Cisjordanie », ils me disaient: « Vous êtes allé en Cisjordanie?! » Leurs yeux devenaient globuleux. Pour eux, c’est l’étranger.

Jimmy Dore : C’est fascinant… Je veux dire, ces analogies que vous faites, elles sont très utiles pour comprendre la situation.

***

Alors permettez-moi de passer très rapidement au mouvement BDS, parce que Chuck Schumer (chef du groupe Démocrate au Sénat) a déclaré que le mouvement BDS est… Vous savez, c’est vraiment ce que… Mon Dieu, je veux dire que je ne sais pas comment… En Afrique du Sud, le boycott a eu un effet énorme, vous savez, venant à bout du régime d’Apartheid, lorsque les gens ont désengagé leurs investissements, les célébrités ne se produisaient plus en Afrique du Sud… Et cela a éveillé la conscience du monde entier. Et donc maintenant, BDS essaie de faire la même chose pour affecter la façon dont Israël traite les Palestiniens et les pousser vers une résolution (du conflit). Et certaines personnes disent que c’est antisémite. Chuck Schumer a prononcé un discours. Je l’ai vu prononcer un discours lors d’une convention de l’AIPAC où il a déclaré que le mouvement BDS était antisémite, car beaucoup d’autres pays autour d’Israël font aussi des choses mauvaises, et que personne ne les boycottait pour autant. Alors, que répondez-vous à cela ?

Norman Finkelstein : Vous savez, les gens ont des ressources et une énergie limitées. Il y a quelques personnes qui ont une gamme mentale et une énergie physique prodigieuses, vous savez. Par exemple, quelqu’un comme Noam Chomsky, qui est capable de déplacer chaque pièce de l’échiquier du monde avec les yeux bandés. Mais la plupart d’entre nous doit faire des choix en ce qui concerne l’investissement de notre énergie, de nos ressources.

Maintenant, dans le cas de l’Afrique du Sud, les affirmations de Chuck Schumer sont exactement ce que le gouvernement sud-africain disait pour se défendre. Il disait : « Pourquoi nous attaquez-vous ? Pourquoi pas le bloc de l’Est ? Pourquoi pas l’Union soviétique ? » Ils soulignaient que le niveau de vie des Noirs en Afrique du Sud était supérieur à celui des Noirs ailleurs en Afrique, ce qui était statistiquement vrai. « Alors, pourquoi vous concentrez-vous sur nous ? » N’importe qui peut avancer l’argument « Et les autres ? » Qu’en est-il de l’Europe de l’Est ? Qu’en est-il de l’Arabie Saoudite ? Qu’en est-il du reste de l’Afrique ? Qu’en est-il du reste du Moyen-Orient ? C’est un argument très facile. Mais cela ne change pas le fait que les États-Unis, notre gouvernement, et en particulier Chuck Schumer, investissent des sommes énormes et des ressources considérables dans le renforcement d’un régime coupable de violations massives des droits de l’homme. En ce qui me concerne, c’est une justification amplement suffisante pour se concentrer sur Israël.

Si vous voulez que je me concentre sur une autre cause, montrez-moi les faits. Si je suis convaincu, je la soutiendrai. Mais vous ne pouvez pas… Vous ne pouvez pas utiliser l’argument, eh bien, « Et les autres ? », Tout le monde peut sortir cet argument (chaque criminel peut dire qu’il n’est pas le seul criminel sur Terre). C’était l’argument sud-africain.

Jimmy Dore : J’entends ce que vous dites. Ce que vous dites, c’est que si vous pensez que d’autres pays font aussi des choses horribles, lancez un mouvement et je le soutiendrai. [Ce qu’Israël et ses partisans disent, c’est] « Puisque d’autres personnes font du mal, ne me demandez pas de comptes sur le mal que je fais ». C’est ce que dit l’argument de Chuck Schumer.

Norman Finkelstein : Écoutez, Chuck Schumer est allé au même lycée que moi. C’est un homme extrêmement brillant, personne ne peut l’enlever. Et il venait d’un milieu modeste, personne ne peut lui enlever ça. Son père était un exterminateur (dératisation / désinsectisation). Je ne connaissais pas Chuck, il avait trois ans d’avance sur moi, mais je connaissais sa sœur Fran, une jeune femme extrêmement brillante. Et je dirais que 40 ans plus tard, elle a été à la hauteur de cette impression. Mais le fait est, et je ne le dis pas joyeusement, je ne le dis pas avec bonheur : Chuck Schumer est juste un voyou rémunéré à présent.

Jimmy Dore : Oui.

Norman Finkelstein : Il ne fait que prendre l’argent des Juifs de droite et des gens de Wall Street et il fait ce qu’ils lui demandent. C’est sa fonction dans la vie. C’est une chose très navrante à dire, et c’est en fait un récit intéressant. Un jour, peut-être, vous pourrez les avoir tous les deux dans votre émission, car non seulement Chuck Schumer est allé au même lycée que moi, mais Bernie Sanders aussi. Et ils ont pris, on peut le dire, des chemins radicalement différents. Sanders est également issu d’un milieu modeste. Et il dit souvent qu’il n’a pas été facile de grandir chez lui parce qu’il y avait beaucoup de disputes entre sa mère et son père à propos de problèmes d’argent. Son père était vendeur à domicile ou vendeur itinérant. Donc ils sont tous deux issus de milieux très similaires mais ont suivi des chemins très divergents.

Chuck Shumer a appelé à l’étranglement de Gaza. Il l’a fait en 2010. N’oubliez pas ce que cela signifie : Gaza compte deux millions d’habitants. Sur ces deux millions, un million sont des enfants, ils ont moins de 18 ans. Ainsi, Charles Schumer, le grand défenseur [des victimes] de l’Holocauste, le grand défenseur des opprimés, a appelé à l’étranglement économique d’un million d’enfants. C’est un bandit. C’est un meurtrier. Et nous ne devrions pas hésiter à utiliser ce vocabulaire par déférence envers lui parce qu’il est Juif, ou parce qu’il vient d’un milieu modeste, ce qui est vrai. Il a fini comme un voyou, un agent rémunéré des Juifs de droite et de Wall Street. Et c’est un commentaire très navrant.

Mais après, bien sûr, il y a un autre pan de la réalité qui rachète celui-là, à savoir que pour chaque Chuck Schumer, il y a un Bernie Sanders, qui est aussi Juif, qui est aussi issu d’un milieu modeste, mais qui a montré qu’il avait un cœur, un vrai cœur, et qui se souvient d’où il vient, et comprend ce que signifie être pauvre, ce que signifie être impuissant. Donc ce n’est pas une image entièrement sombre.

Jimmy Dore : Permettez-moi de conclure ici et de vous demander comment vous pensez (que cela va se finir)… Il ne semble pas qu’il va y avoir de solution (à ce conflit). Je ne vois tout simplement pas d’issue, surtout tant que Benjamin Netanyahou est au pouvoir. Que pensez-vous qu’il va se passer dans la prochaine décennie avec le conflit israélo-palestinien ?

Norman Finkelstein : Écoutez, je ne suis pas religieux. J’ai grandi dans une famille résolument séculière. Mais je crois fermement en l’adage « Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes ». Tout est entre les mains du peuple palestinien. S’ils peuvent trouver la force, le courage moral, la volonté de se sacrifier… Et je dis ça depuis la sécurité de mon appartement à Brooklyn, New York, alors je ne suis vraiment pas en train de leur donner des leçons. Mais s’ils trouvent la force… Comme le disait Fannie Lou Hamer, « Vous pouvez prier Dieu autant que vous le souhaitez, mais si vous ne vous levez pas, si vous ne faites rien, rien ne changera ». Et c’était une femme pieuse. Dieu aide ceux qui se prennent en main.

À l’heure actuelle, les habitants de Gaza ont essayé de prendre le contrôle de leur destin. Et depuis le 30 mars [2018], tous les vendredis, cette Marche [du Retour visant à mettre fin à] ce camp de concentration appelé Gaza, ils ont marché sur ces portes, essayant pas même d’obtenir la liberté, mais juste d’obtenir que ce blocus meurtrier contre Gaza, littéralement meurtrier, soit levé. Tant que les gens continueront à se battre, continueront à lutter, je continuerai à les soutenir. Et ensuite… vous ne pouvez pas prédire ce qui va se passer.

Jimmy Dore : Oui.

Norman Finkelstein : Peut-être qu’ils vont gagner. Peut-être pas.

Jimmy Dore : Oui. Norman Finkelstein, merci beaucoup d’avoir été notre invité, merci de nous éclairer, merci de votre… Vous savez, j’aime le fait que vous ne reteniez pas vos coups, c’est ce que nous aimons ici. Merci encore, et nous avons hâte de vous revoir bientôt.

 

 


Remplacez le mot « nègre » par:
« palestinien », « indigène », aborigène »…
« colonisé », ça marche tout aussi bien !

Accords Sykes-Picot, déclaration de Balfour, colonialisme et Nakba moyen-orientale: origine et continuation…

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Excellent article de Ramzy Baroud auquel nous apporterons une précision quand même nécessaire: comme bien des analystes, Baroud pense que la guerre qui sévit en Syrie est une guerre “civile”. Il n’en n’est rien. La guerre en Syrie est une guerre (du gaz) par procuration, une guerre d’invasion coloniale par proxy de l’occident qui utilise sa légion mecenaire pseudo-djihadiste de l’EIIL ex-AQIL, créé par les Américains en Irak dans le sillage de son leur ambassadeur John “Mr Escadron de la Mort” Negroponte et son toutou à la botte le général David Petraeus, pour faire le sale boulot du changement de régime. Ce plan s’est heurté à un problème majeur: devant l’enjeu énorme de l’affaire, trois des protagoniistes et décideurs politiques dans la région ne se sont pas couchés et n’ont pas avandonné la Syrie: la Russie, l’Iran et son allié du Hezbollah libanais. Le reste de l’analyse de Ramzy Baroud est pile poil, le nœud de l’affaire remontant à la conjugaison des accords Sykes-Picot et à la déclaration de Balfour.

~ Résistance 71 ~

 

La place de la Nakba dans la catastrophe générale du monde arabe

Ramzy Baroud

18 juin 2016

url de l’article original:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article16080

Le 15 mai de chaque année, toutes ces 68 dernières années, les Palestiniens ont commémoré leur exil collectif de la Palestine. Le nettoyage ethnique de la Palestine pour faire place à une « patrie juive » s’est fait au prix d’une violence implacable et d’une souffrance perpétuelle. Les Palestiniens se réfèrent à cette tragédie comme à la « Nakba », ou « Catastrophe ».

Cependant, la « Nakba » n’est pas uniquement une expérience palestinienne… C’est également dans le monde arabe, une plaie qui ne cesse de saigner.

La Nakba est nommément l’accord Sykes-Picot de 1916 qui a divisé une grande partie du monde arabe entre les puissances occidentales qui se faisaient concurrence. Un an plus tard, la Palestine était retirée de la question arabe et « promise » au mouvement sioniste européen, provoquant ainsi l’un des conflits les plus longs de l’histoire moderne.

Malgré toutes les tentatives de séparer le conflit actuel en Palestine de son environnement arabe, les deux réalités ne peuvent être découplées puisque les deux remontent aux mêmes racines historiques.

Comment est-ce arrivé ?

Lorsque le diplomate britannique Mark Sykes, a succombé à une pandémie de grippe espagnole à l’âge de 39 ans en 1919, un autre diplomate, Harold Nicolson, a décrit comme suit ce qu’avait été son influence sur la région du Moyen-Orient :
« C’est grâce à son énergie et à sa persévérance sans limite, à son enthousiasme et à sa foi, que le nationalisme arabe et le sionisme sont devenus deux des plus grands succès de nos causes de guerre. »

Rétrospectivement, nous savons que Nicolson a parlé trop vite. La nature du « nationalisme arabe » auquel il faisait référence en 1919 était fondamentalement différente de celle des mouvements nationalistes qu’ont connus plusieurs pays arabes dans les années 1950 et 60. Le cri de ralliement pour le nationalisme arabe dans ces années-là était la libération et la souveraineté face au colonialisme occidental et à ses alliés locaux.

La contribution de Sykes à la montée du sionisme ne risquait pas de favoriser la moindre stabilité… Depuis 1948, le sionisme et le nationalisme arabe ont été en conflit permanent, entraînant des guerres et des bains de sang apparemment inépuisables.

Cependant, la dernière contribution de Sykes à la région arabe a été son rôle majeur dans la signature il y a un siècle de l’accord Sykes-Picot, également connu comme l’Accord d’Asie Mineure. Ce fameux traité entre la Grande-Bretagne et la France, qui a été négocié avec le consentement de la Russie, a façonné la géopolitique du Moyen-Orient pour tout le siècle qui allait suivre.

Au fil des années, les défis au statu quo imposé par cet accord Sykes-Picot, ont échoué à modifier fondamentalement les frontières arbitrairement dessinées qui divisaient les Arabes en « sphères d’influence, » administrées et contrôlées par les puissances occidentales.

Pourtant, avec l’apparition récente de « Daesh » et la mise en place à partir de 2014 de sa propre version de frontières tout aussi arbitraires, englobant de larges pans de la Syrie et de l’Irak, le tout combiné aux actuelles discussions sur la division de la Syrie en une fédération, l’héritage de l’accord Sykes-Picot pourrait bien voler en éclat sous la pression de nouvelles et violentes circonstances.

Pourquoi Sykes-Picot ?

L’accord Sykes-Picot a été signé dans le contexte de la violence qui a ravagé une grande partie de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et du Moyen-Orient à l’époque.

Tout a commencé après que la Première Guerre mondiale ait éclaté en juillet 1914. L’Empire ottoman rejoignit bientôt la guerre aux côtés de l’Allemagne, en partie parce qu’il était conscient que les Alliés – principalement la Grande-Bretagne, la France et la Russie – avaient l’ambition de contrôler tous les territoires ottomans dont les régions arabes de la Syrie, la Mésopotamie, l’Arabie, l’Égypte et l’Afrique du Nord.

En novembre 1915, la Grande-Bretagne et la France ont commencé sérieusement leurs négociations, dans le but de diviser l’héritage territorial de l’Empire ottoman après que la guerre se soit terminée en leur faveur.

Ainsi, une carte faite de lignes droites dessinées avec un crayon gras a largement déterminé le sort des Arabes, en les divisant selon différentes hypothèses aléatoires de lignes tribales et sectaires.

Partage du butin

Le négociateur pour la Grande-Bretagne était Mark Sykes, et le représentant de la France était François Georges-Picot. Ces deux diplomates décidèrent – une fois les Ottomans vaincus – que la France recevrait les zones marquées de la lettre a et qui comprenaient la région du sud-est de la Turquie, le nord de l’Irak, et l’essentiel de la Syrie et du Liban.

Les territoires marqués d’un b étaient quant à eux sous contrôle britannique, ce qui incluait la Jordanie, le sud de l’Irak, Haïfa et Acre en Palestine, et la bande côtière entre la mer Méditerranée et le Jourdain.

La Russie de son côté, devait prendre Istanbul, l’Arménie et le détroit stratégique turc.

La carte improvisée est faite non seulement de lignes mais aussi de couleurs, avec un langage qui prouve que les deux pays considéraient la région arabe sur un plan purement matériel, sans prêter la moindre attention aux répercussions possibles de ce saucissonnage de civilisations entières.

L’histoire d’une trahison

La Première Guerre mondiale s’est conclue le 11 novembre 1918, après quoi la division de l’Empire ottoman a sérieusement commencé.

Les mandats britannique et français ont été étendus sur des entités arabes divisés, alors que la Palestine – sur laquelle un État juif a été créé trois décennies plus tard. – était livrée au mouvement sioniste.

L’accord, soigneusement conçu pour répondre aux intérêts coloniaux occidentaux, n’a produit que de la division, des crises et des guerres.

Alors que le statu quo imposé a garanti l’hégémonie des pays occidentaux sur le Moyen-Orient, il n’a pas réussi à fournir un minimum de stabilité politique ou d’égalité économique.

L’accord Sykes-Picot a été conçu en secret, pour une raison particulière : il était en désaccord complet avec les promesses faites aux Arabes pendant la Grande Guerre. Les dirigeants arabes, sous le commandement de Sharif Hussein, s’étaient vus promettre l’indépendance complète après la guerre en échange de leur soutien aux Alliés contre les Ottomans.

Il a fallu de nombreuses années et des rébellions successives pour que les pays arabes accèdent à l’indépendance. Les conflits entre les Arabes et les puissances coloniales ont engendré le nationalisme arabe, né dans des environnements extrêmement violents et hostiles, ou plus exactement après les avoir surmontés.

Le nationalisme arabe a peut-être réussi à maintenir un semblant d’identité arabe mais il n’a pas réussi à développer une riposte solide et unifiée au colonialisme occidental.

Lorsque la Palestine – promise par la Grande-Bretagne comme foyer national pour les Juifs dès novembre 1917 – est devenue Israël, accueillant principalement des colons européens, le sort de la région arabe à l’est de la Méditerranée a été scellé comme siège de conflits et d’antagonismes perpétuels.

C’est en cela, en particulier, que le terrible héritage de l’accord Sykes-Picot se fait surtout sentir, dans toute sa violence, son imprévoyance et son complet manque de scrupules politiques.

Cent ans après que deux diplomates britanniques et français aient divisé les peuples arabes en sphères d’influence, l’accord Sykes-Picot reste une réalité dominante du Moyen-Orient, bien que contestée.

Cinq ans après que la Syrie ait sombré dans une violente guerre civile, la marque de l’accord Sykes-Picot se fait une fois de plus sentir alors que la France, la Grande-Bretagne, la Russie – et maintenant les États-Unis – envisagent ce que le secrétaire d’État américain John Kerry, a récemment appelé le « plan B, » qui consisterait à diviser la Syrie sur la base de lignes sectaires, probablement en conformité avec une nouvelle interprétation occidentale des « sphères d’influence ».

La carte Sykes-Picot a pu être une vision brute élaborée à la hâte durant d’une guerre mondiale, mais, depuis lors, elle est devenue le principal cadre de référence que l’Occident utilise pour redessiner le monde arabe et pour « le contrôler comme ils le désirent et comme ils veulent le voir. »

La « Nakba » palestinienne, par conséquent, doit être comprise comme faisant partie intégrante des plus larges conceptions occidentales du Moyen-Orient, datant d’un siècle, alors que les Arabes étaient (et restent) divisés et la Palestine était (et reste) conquise.

 

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Résistance au colonialisme: Palestine occupée, la solution à deux états est morte et enterrée…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 février 2016 by Résistance 71

“En fait, la carte de partition de l’ONU en 1947 était une recette assurée pour la tragédie qui commença à se dérouler une fois la résolution 181 adoptée. Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’avouèrent plus tard, quand une idéologie d’exclusivité est adoptée dans une réalité ethnique très vivide, il ne peut y avoir qu’un seul résultat: le nettoyage ethnique”.

~ Ilan Pappe ~

 

Arrêtez toutes ces salades… La solution à deux états est morte et enterrée !

 

Hasan Affif el-Hasan

 

13 Février 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15890

 

On peut dire sans risque de se tromper, que dans les conditions actuelles, la situation des Palestiniens est catastrophique. Le morcellement spatial qui leur est imposé par les colonialistes sionistes et leurs dirigeants incompétents, cupides et corrompus ne laisse guère de place à l’optimisme. La rhétorique de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne (AP) réclame la levée de l’occupation et la fin des colonies de peuplement mais ses forces de sécurité arrêtent et emprisonnent ceux qui défient l’occupation et les colons. L’IDF et les colons qui commettent des violences à l’encontre des Palestiniens et leurs biens savent pertinemment qu’ils ne risquent guère de sanctions de la part des autorités israéliennes pour leurs crimes.

Les Israéliens n’apprécient pas d’être qualifiés d’ « occupants » ou de « colonialistes », mais leurs actes sont avérés être ceux d’une société coloniale. Israël éreinte tout rapport rédigé par des organisations des droits de l’homme l’accusant d’être tendancieux, déformé, et, si nécessaire, antisémite. M. Abbas demande aux Palestiniens, qui ont peu de recours juridiques contre les attaques des forces de l’occupation et les colons armés, de ne pas riposter et d’accepter les insultes et l’humiliation. Il déshumanise son propre peuple et visiblement n’est pas du même avis que le réformateur africain-américain du 19 siècle Frédéric Douglas qui disait qu’ « Il n’y a pas de progrès sans lutte. Ceux qui professent vouloir la liberté, et qui pourtant dénigrent l’agitation, sont des hommes qui veulent récolter sans devoir labourer. Ils veulent la pluie sans le tonnerre et la foudre. Ils veulent l’océan sans le terrible rugissement de ses eaux tumultueuses. »

Les dirigeants palestiniens ont reconnu Israël alors que ni le projet sioniste ni l’état qu’il a créé n’ont jamais reconnu les natifs palestiniens en tant que peuple pour lequel la Palestine avait été la patrie depuis plus de 1500 ans. Au lieu de cela, ils furent considérés comme des « Arabes », qui seraient absorbés par les territoires arabes adjacents. Lorsque David Ben Gourion vint en Palestine en 1906, il n’est pas venu pour échapper à la percussion mais pour réaliser le rêve d’un foyer national juif dans le « Grand Israël » de M. Hertzl, et dans les années qui suivirent la vision qu’il avait des frontières de cette nation était sans équivoque. Le 7 janvier 1937, lors de sa déposition devant la Commission Peel, il a déclaré, « Je dis au nom des juifs, que la Bible est notre mandat, la Bible rédigée par nous dans notre langue, l’hébreu, dans ce pays même [Palestine]. Voila notre mandat ; ce n‘était que la reconnaissance de ce droit qui fut exprimé dans la Déclaration Balfour. »

Dans le vocabulaire sioniste, la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre, » mais lorsque le nouvel état d’Israël a déclaré son domaine territorial à l’indépendance, les juifs ne possédaient que 6,8 pourcent du pays. Israël a promulgué beaucoup de nouvelles lois pour transférer la propriété de toute la terre à l’état d’Israël. Les Palestiniens qui ont fui leur foyer ou en ont été expulsés avant et pendant la guerre israélo-arabe ne sont pas autorisés à rentrer chez eux. Même ceux qui sont restés à l’intérieur des frontières de ce qui deviendrait Israël furent déclarés par la loi « absents présents, » et ils n’ont reçu aucune indemnisation pour la perte de leurs biens immobiliers. Les Palestiniens qui se sont réfugiés dans des villages voisins lorsque le leur était attaqué furent considérés comme ayant déserté leur propriété, même s’ils n’avaient pas l’intention de s’absenter plus de quelques jours. Ils furent expropriés. Une pratique courante consistait à utiliser une législation d’urgence pour déclarer des terres appartenant à des citoyens palestiniens zone militaire fermée, expulsant ainsi la population avant d’utiliser l’une des nombreuses lois sur les absents pour déclarer la terre propriété de l’état.

Le sionisme est un mouvement sectaire, fasciste et expansionniste dont les ambitions sont sans limites ; et Israël n’a jamais renoncé au projet d’expansion territoriale sioniste tel qu’il apparaît sur la carte présentée par la délégation sioniste à la Conférence de Paris, après la première guerre mondiale en 1919. La carte couvre toute la Palestine historique ainsi que des portions d’états arabes voisins.

Tandis qu’Israël faisait des ravages en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, M. Abbas disait à des visiteurs israéliens à son quartier général en 2014 : « la coordination sécuritaire [avec l’armée d’occupation israélienne et le Shabak] est sacrée, et nous allons la poursuivre. » Ceci est tout à fait en adéquation avec sa stratégie de toujours de capituler sur les droits palestiniens, alors que les gouvernements israéliens n’ont jamais rendu la pareille. Même les responsables états-uniens admettent que M. Abbas s’est plié en quatre pour satisfaire quasiment toutes les exigences israéliennes.

  1. Abbas fut l’architecte des Accord d’Oslo, qui ont permis à Israël de contrôler les Palestiniens dans les territoires occupés par procuration et sans frais. Il avait renoncé publiquement à la résolution 194 de l’ONU qui accordait aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants le droit au retour dans leur foyer, légitimant ainsi le nettoyage du pays par Israël de ses Palestiniens ! Le juge Richard Goldstone, juif progressiste aux liens étroits avec Israël, a osé faire passer sa conscience avant sa carrière et mettre en avant les crimes israéliens contre les Palestiniens à Gaza en 2009. Il a dit aux militaires et dirigeants politiques israéliens, « Vous devez vous justifier devant une cour pénale. » C’était la première fois que la dimension des droits de l’homme du conflit israélo-palestinien était mise au centre des débats ; la campagne du gouvernement israélien contre M. Goldstone prit la forme d’une dénonciation virulente ; mais Mahmoud Abbas, président de l’AP et secrétaire général de l’OLP, demanda à son envoyé à Washington de ne pas tenir compte du rapport.

Je déteste avoir à le dire, mais plus que jamais les Palestiniens ont besoin de dirigeants à la stature et au dévouement de leurs adversaires Chaim Weizmann ou David Ben Gourion pour sauver leur cause, plutôt que du genre cupide comme Abbas et consorts. Lorsque les sionistes ont estimé que la Grande Bretagne, qui leur avait donné la Palestine dans la Déclaration Balfour, loin de leur faciliter la tâche devenait un obstacle et revenait sur ses promesses, Ben Gourion et ses collègues ne se sont pas coordonnés avec les forces de sécurité du Mandat Britannique contre leur peuple ! Ils se sont retournés contre la Grande Bretagne.

Plus de six décennies après la création d’Israël sur soixante-dix-huit pourcent de la Palestine et presque cinq décennies après l’occupation du reste de leur pays, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et des camps de réfugiés ressentent une grande frustration. Il y a chez eux une rancœur sourde, de la colère, et des remarques désobligeantes à l’encontre de leurs dirigeants, des accusations de duplicité et une exigence de dignité et de justice se font entendre. L’humiliation et la dépossession infligées par l’occupation militaire omniprésente et les hordes de colons génèrent chez chaque Palestinien une indignation à la fois personnelle et collective.

La justification donnée par M. Abbas de la coordination sécuritaire avec l’armée d’occupation israélienne contre son peuple est la protection de son pays. La question qui se pose est quel pays M. Abbas tente-t-il de protéger ? Il y a trois versions différentes de ce qu’un état palestinien devrait être, celui promis par le discours des dirigeants de l’OLP ; celui négocié à huis-clos par l’OLP et les élites israéliennes à Oslo ; et le mini état qu’Israël a créé en Cisjordanie occupée sous couvert d’Oslo, Camp David et la fiction proclamée par le Quartet d’une « feuille de route » conduisant à deux États.

Se fondant sur la rhétorique de leurs dirigeants qui prétendent être engagés alors qu’Israël fonde des colonies et les développe, le peuple palestinien envisage un état dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ce serait un état-nation moderne, un membre à part entière de la communauté internationale jouissant de la pleine souveraineté, du contrôle de ses frontières, et des moyens de se défendre. Mais l’accord d’Oslo II de 1995 qui fut négocié par les dirigeants auto-proclamés de l’OLP au nom des Palestiniens désigne d’un tout autre état.

Il morcelle la Cisjordanie et attribue à Israël les 61 pourcent de la Cisjordanie qui englobent la majeure partie des ressources palestiniennes et la richesse agricole de la vallée du Jourdain. La Cisjordanie occupée a été divisée en trois zones, A, B, et C. La zone A qui représente 18 pourcent de la superficie totale de la Cisjordanie et qui comprend la majorité des Palestiniens donnerait à l’AP le contrôle administratif et de sécurité, avec toutefois la réserve que l ‘IDF pourrait librement y faire des incursions si elle estimait que des questions de sécurité étaient en jeu, ce qui se produit quotidiennement. Et dans ce cadre il était prévu que les forces de sécurité palestiniennes se coordonnent avec l’armée d’occupation israélienne. En zone B, soit 21 pourcent de la Cisjordanie, l’AP serait en charge du contrôle administratif mais partagerait la sécurité avec l’IDF. En zone C, c’est à dire 61 pourcent du territoire occupé, l’IDF exercerait le contrôle absolu.

Les Accords d’Oslo ont laissé de côté certaines des questions centrales les plus réfractaires : les frontières, Jérusalem, le droit au retour, l’eau et les implantations. Ce qui a permis à Israël d’agir unilatéralement et de créer sur le terrain un mini état palestinien sans contiguïté géographique, avec des tunnels reliant les centres urbains. Dans ce mini état les Palestiniens n’auraient pas de connections directes à Jérusalem, les grandes colonies de peuplement ne se trouveraient pas en territoire palestinien et ses frontières seraient sous contrôle israélien, Israël partagerait le contrôle de son espace aérien et les Palestiniens n’auraient pas le contrôle total du spectre électromagnétique de leur état.

N’ayant pas réussi en deux décennies et demie à empêcher Israël d’étendre ses colonies de peuplement, et d’annexer de fait une part substantielle des terres palestiniennes, et après plus de six décennies d’hostilité implacable, il est temps de reconnaître qu’il est impossible de parvenir à une solution à deux États, et d’engager un nouveau processus qui ne soit plus entravé par la rhétorique et de fausses hypothèses. Et pour ceci il faut une nouvelle direction palestinienne.

Résistance au colonialisme: Petite mise au point spatio-temporelle sur la Palestine…

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L’empereur est nu: la Cisjordanie, les colonies et la solution à deux états

Al Manar

10 février 2016

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=285041

Mais son succès le plus remarquable est d’avoir accrédité auprès des Palestiniens et du monde, l’idée que l’occupation de la Palestine a commencé en 1967 et que dès lors la solution de la question palestinienne est ce qu’on appelle la Solution à deux États. C’est une manipulation de la réalité qui ferait la fierté de tout prestidigitateur. 
Il est devenu parfaitement acceptable de fermer les yeux sur le fait que la plus grande partie de la Palestine est occupée depuis 1948. Evoquer le nettoyage ethnique de la Palestine et l’éradication de mosquées et d’églises, d’écoles et de maisons, de villes et villages palestiniens, cela est considéré à présent comme radical.

En effet, quarante-neuf ans d’occupation, c’est ce qu’on entend dire sans arrêt, voilà le cinquantième anniversaire de l’occupation disent les gens, mais j’ai beau faire : quand j’ajoute quarante-neuf à l’an 1948, je n’arrive pas à 2016, mais plutôt à 1997.

La communauté internationale fait montre d’un mépris total pour les crimes commis par les sionistes entre 1948 et 1967. L’effacement des données sur ces années marquées par la spoliation, les massacres et violations épouvantables des droits humains par Israël, c’est un tour de passe-passe impressionnant. Deux petites zones dans la Palestine tracée par Israël et laissées hors des frontières d’Israël en 1948, à savoir la Cisjordanie et Gaza, ont été reconnues comme étant la Palestine. Mais ce n’est pas tout. Pas UN mètre carré de la Cisjordanie ou de Gaza n’est sous souveraineté palestinienne. Toute la Palestine du Jourdain à la mer, est contrôlée par Israël.

Alors, quand des pays européens reconnaissent la Palestine, eux aussi se comportent comme des idiots devant un tour de magie, heureux de participer à l’illusion créée par un grand maître en supercherie. Et bien sûr, comme le monde est mené par le bout du nez, berné par l’illusion d’une Palestine qui existe, Israël, maître ès duperie, continue de réduire le peu qu’il reste de la vie palestinienne – et personne ne se lève pour clamer que l’empereur est nu ! Il n’y a pas d’État palestinien, il n’y a pas de solution à deux États, il n’y a pas de Cisjordanie, et il n’y a pas un pouce de souveraineté palestinienne où que ce soit en Palestine !

 « TPO » est devenu un acronyme bien connu qui sert à décrire les Territoires Palestiniens Occupés. Mais quand on demande aux gens de désigner ces territoires sur une carte, tout ce qu’on voit c’est ce qui était naguère la Cisjordanie, une zone créée par Israël en 1948 puis éliminée en 1967, et la bande de Gaza, qui n’existe que comme un camp de concentration dans lequel on permet à Israël de perpétrer un génocide, tandis que le monde regarde ailleurs et prétend ne rien voir.

Ce qui suscite les questions suivantes : si les TPO se limitent à la Cisjordanie et à la bande de Gaza, alors où sont les Territoires palestiniens non-Occupés ? Y a-t-il des territoires palestiniens qui ne sont pas occupés ? Si de tels territoires existent, quelqu’un pourrait-il me les montrer sur une carte ? Parce que toutes les cartes que j’examine et chaque mètre carré de Palestine que je visite sont occupés.

 Un autre terme utilisé largement en connexion avec la Palestine, c’est « colonies ». Parfois on dit « colonies illégales ». Tout cela se réfère largement aux colonies israéliennes construites en Cisjordanie. On parle « d’expansion des colonies », de « blocs de colonies » etc. A nouveau, cela pose une question : quelle est la différence entre les colonies juives dans ces zones et celles construites à Al-Khalil ou dans le Néguev ? Et qu’en est-il des colonies construites autour de Jérusalem et de celle près de Jaffa qu’on nomme Tel-Aviv ? 

Les Israéliens qui vivent sur des terres palestiniennes volées en 1948 se considèrent eux-mêmes comme des Israéliens authentiques, de bons libéraux – dieu ne veuille qu’ils soient des colons ! Mais quelle est la différence ? Tout a été volé par la force en Palestine, et sauf quelques très rares exceptions, toutes les villes et cités israéliennes tous les villages et toutes les fermes ont été construits sur des terres qui ont été volées, et donc tous sont des colonies illégales. Une fois de plus le maître ès tromperie nous mène tous par le bout du nez pour montrer ce qu’Israël veut nous faire voir – et personne ne se lève pour crier : « L’Empereur n’a pas d’habits ! »

Entre 1948 et 1967 Israël s’est acquis une légitimité en commettant des crimes terribles et en créant ce qu’on appelle « des faits sur le terrain »*. La conquête de la Cisjordanie et de Gaza en 1967, par laquelle Israël compléta l’occupation de la Palestine, a détourné l’attention des territoires qu’Israël occupait en 1948 vers les territoires nouvellement occupés. A présent cela fait cinq décennies qu’Israël a créé « des faits sur le terrain » dans ces zones qu’il appelle maintenant « Judée et Samarie ».

Mais tout illusionniste, tout voleur et bien sûr un maître de la supercherie d’un tel calibre doit avoir des complices.

Peu nombreux sont ceux qui peuvent vraiment prétendre ne pas savoir ce que fait Israël. Le corps diplomatique international est parfaitement conscient de ce qui se passe en Palestine. La CIA et le Département d’État US connaissent parfaitement toutes les astuces et tous les crimes commis par Israël. Chacune des administrations étatsuniennes aussi bien que les gouvernements européens ont été complices des crimes commis par Israël.

 Toutefois il est temps que le reste du monde se réveille et mette fin à l’illusion. L’illusion qu’Israël a une légitimité, l’illusion qu’Israël est quelque part la réponse à l’Holocauste et à l’antisémitisme, et l’illusion que certaines parties de la Palestine sont occupées tandis que d’autres ne le sont pas. Il est temps de dire à voix haute et claire que toutes les colonies israéliennes, partout, sont illégales et que, comme dans le conte « Les nouveaux habits de l’Empereur » l’empereur est nu, Israël aussi est dépourvue de légitimité.