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Analyse politique: révolution sociale, mal français et mièvrerie postmoderne…

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Et dire qu’il faille se référer au Mexique et à la réflexion d’anarchistes mexicains pour lire/entendre une telle analyse en dit long sur l’échec de la conscience politique par chez nous. Il est vrai que l’environnement hispanisant (également par voie coloniale…) a maintenu dans le réel les voies de la révolution sociale. Les milieux anarchistes français en sont devenus bien malheureusement incapables. L’analyse ici faite de la décomposition totale du concept de révolution sociale dans la mièvrerie dite “postmoderne” est au scalpel.

Une chose à ajouter à ce qui suit: le monde universitaire est en très grande partie sous contrôle de l’oligarchie marchande, nous devons donc considérer le fait que tout cet ersatz de « pensée philosophique » produite n’est en aucun cas le fait du hasard mais une commande de dilution évanescente de l’esprit révolutionnaire. Il est grand temps de revenir à la réalité des choses et d’arrêter l’enfumage…

~ Résistance 71 ~

Lectures connexes:

Manifeste de la societe des societes

Que faire ?

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

Appel au Socialisme (PDF)

 

Vent debout contre le mal français

 

Miquel Amoros

 

7 janvier 2018

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Vent-debout-contre-le-mal-francais

Critique de la philosophie postmoderne et de ses effets sur la pensée critique et sur la pratique révolutionnaire

Le recul théorique causé par la disparition de l’ancien mouvement ouvrier a permis l’hégémonie d’une philosophie surprenante, la première qui ne se fonde pas sur l’amour de la vérité, objet primordial du savoir. La pensée faible (ou philosophie de la postmodernité) relativise ce concept, qu’elle fait dériver d’un mélange de conventions, de pratiques et de coutumes instables dans le temps, quelque chose de « construit », et, par conséquent, d’artificiel, sans aucun fondement. Et dans la foulée, toute idée rationnelle de réalité, de nature, d’éthique, de langage, de culture, de mémoire, etc. De plus, certaines autorités du petit monde postmoderne n’ont pas manqué de qualifier certaines d’entre elles de « fascistes ». Finalement en récupérant Nietzsche, il n’y a donc plus de la vérité, mais seulement de l’interprétation. En vérité, une telle démolition systématique d’une pensée qui naît avec les Lumières et réclame la constitution de la liberté — qui donnera naissance, plus tard, avec l’apparition de la lutte de classes moderne, à la critique sociale et aux idéologies révolutionnaires — par ceux qui plutôt que de se baigner dans l’eau claire de l’authenticité préfèrent se vautrer dans la boue de l’imposture, principalement les professeurs et les étudiants, a toute les apparences d’une démystification radicale menée à bien par de véritables penseurs incendiaires, dont la finalité ne serait rien d’autre que le chaos libérateur de l’individualité exacerbée, la prolifération d’identités et l’abrogation de toute norme de conduite commune. Au lendemain d’une telle orgie de déconstruction, aucune valeur ni aucun concept universel ne tiendrait plus debout : être, raison, justice, égalité, solidarité, communauté, humanité, révolution, émancipation… seront tous qualifiés d’« essentialistes », c’est-à-dire d’abominations « pro-natura ». Cependant, l’extrémisme négateur des postphilosophes manifeste sur un plan spirituel des coïncidences suspectes avec le capitalisme actuel. Ce radicalisme d’une haute intensité contraste non seulement avec la vie et les choix politiques de ses auteurs, très académiques pour les uns, et conventionnels pour les autres, mais en outre épouse parfaitement la phase en cours de globalisation capitaliste, caractérisée par la colonisation technologique, le présent perpétuel, l’anomie et le spectacle. C’est un complément pour lequel tout est facilité. Personne ne les dérangera dans leurs chaires universitaires. Grâce à la priorité accordée par la domination à la connaissance instrumentale, et par conséquent grâce à la faible importance que la mentalité dominante concède aux « humanités », ont pu surgir sans entraves des bulles philosophiques pseudo-transgressives et toutes sortes de prouesses spéculatives totalement étrangères à la réalité environnante, créant une contrefaçon tourbillonnante de la pensée critique moderne, qui aime être accompagnée d’un vaste bruit médiatique.

Les louanges postmodernes à la transgression normative correspondent d’une certaine manière à la disparition de la sociabilité dans les agglomérations urbaines. En accord avec la nouvelle faiblesse en matière philosophique, rien n’est original, tout est construit, et donc tout repose sur du sable. L’économie politique, les classes, l’histoire, le tissu social, l’opinion… tout. Alors, s’il n’y a pas de relation sociale qui vaille, pas de véritable libération collective, pas de dialectique, pas de critère définitif à prendre en compte à cet égard, quelle est la signification des normes, des moyens et des fins ? On part de rien pour arriver nulle part. Nihilisme en harmonie avec les marchés puisque pour ceux-ci, ce qui n’a pas de valeur économique est négligeable. Il ne faut pas non plus s’étonner que l’éloge de la déshumanisation et le chaos typique des déconstructeurs aillent de pair avec l’apologie de la technique. La pensée faible, entre autres, célèbre l’hybridation de l’homme avec la machine. La nature mécanique, libre de constructions, ne serait-elle pas supérieure à une nature humaine, esclave des lois naturelles ? Le nihilisme inhérent à la logique mécanique reflète et répond à l’abolition de l’histoire, à la suppression de l’authenticité, à la liquidation des classes et à la consécration de l’individualité narcissique ; c’est donc un produit de la culture du capitalisme tardif — si on peut encore appeler ça de la culture — et sa fonction ne serait autre que l’adaptation idéologique au monde de la marchandise tel qu’il est devenu. La philosophie postmoderne est par rapport à l’existant une philosophie de légitimation.

Ce qui était né comme une réaction à la révolte de Mai 68, « dans les bas-fonds de l’Esprit du temps » (Debord), a été reçu dans les universités américaines comme un paradigme de la profondeur critique, et de là, la French Theory a rayonné dans tous les laboratoires pensants de la société capitaliste, descendant dans les ghettos de jeunes sous forme de mode intellectuelle transgressive. Compte tenu de leur caractère ambivalent et malléable, les syllogismes liquides de la postmodernité ont rempli la caisse à outils de toute espèce d’idéologues du vide, des citoyennistes les plus caméléonesques aux anarchistes les plus à la page. Même un nouveau type d’anarchisme, né de la faillite des valeurs bourgeoises historiques, centré sur l’affirmation subjectiviste, l’activisme sans objet ni projet et le manque de mémoire, remplace dans la majorité des espaces l’ancien, fils de la raison, issu de la lutte de classes, bâtisseur d’une éthique universelle et dont le travail révolutionnaire a été fortement ancré dans l’histoire. Dans la French Theory, ou plutôt dans le morbus gallicus, dont le post-anarchisme est l’enfant bâtard, les références ne comptent pas ; elles révèlent la nostalgie du passé, quelque chose de très condamnable aux yeux d’un déconstructionniste. La question sociale se dissout en une multitude de questions identitaires : des questions de genre, de sexe, d’âge, de religion, de race, de culture, de nation, d’espèce, de santé, d’alimentation, etc., qui sont au centre du débat et donnent lieu à un singulier politiquement correct qui se traduit par une orthographe torturée et un discours bourré de saillies et d’embrouillaminis grammaticaux. Une collection d’identités fluctuantes remplace le sujet historique, le peuple, le collectif social ou la classe. Son affirmation absolutiste ignore la critique de l’exploitation et de l’aliénation et, par conséquent, un jeu « intersectionnel » de minorités opprimées supplante la résistance collective au pouvoir établi. La libération proviendra d’une transgression ludique des règles qui entravent ces identités et oppriment ces minorités, et non d’une « alternative » globale ou d’un projet révolutionnaire de changement social, sans doute considéré comme totalitaire, car une fois « constitué » il engendrerait de nouvelles règles, plus de pouvoir et donc plus d’oppression. Le communisme libertaire, de ce point de vue, ne serait que l’incarnation d’une dictature. L’analyse critique et l’anticapitalisme lui-même, grâce à l’annulation de toute référence historique, font place au questionnement de la normativité, à la contorsion de la langue et à l’obsession de la différence, du multiculturalisme et de la singularité. On ne peut en discuter la cohérence puisque la catégorie de la contradiction a été reléguée dans l’oubli tout comme celles d’aliénation, de dépassement ou de totalité. Construire ou déconstruire, voilà la question.

Sans aucun doute, le prolétariat n’a pas « réalisé » la philosophie, comme Marx, Korsch ou l’Internationale situationniste le souhaitaient, c’est-à-dire qu’il n’a pas accompli ses aspirations de liberté et aujourd’hui nous en payons les conséquences. Il est vrai que, dans le développement de la lutte des classes, s’est manifestée une pensée critique qui plaçait la classe ouvrière au centre de la réalité historique, et qui fut qualifiée de marxiste, d’anarchiste ou simplement de socialiste. En fait, il s’agissait de capturer la réalité le plus fidèlement possible, en tant que totalité qui se développe dans l’histoire, afin d’élaborer des stratégies pour vaincre l’ennemi de classe. La victoire finale devait être inscrite dans l’histoire elle-même. Néanmoins, les attaques prolétariennes contre la société de classe n’ont pas abouti. Et tandis que le capitalisme surmontait ses crises, les contradictions dévoraient les postulats d’une telle pensée et de nouvelles formulations étaient nécessaires. Les contributions étaient multiples et il n’est pas nécessaire de les énumérer. Ce qui les caractériserait toutes serait la clarté ajoutée dans la perspective du combat libérateur, mais plongée dans un contexte de régression, puis progressivement éloigné de la pratique. Toutefois, sa lecture a renforcé la conviction qu’une société libre était possible, que la lutte était utile à quelque chose et qu’il ne fallait jamais baisser les bras, que la solidarité entre résistances nous rendait meilleurs et que la formation nous rendait lucides… La lutte des minorités, loin de démanteler la critique sociale, contribuait à l’enrichir. Loin d’être secondaires, les questions d’identité sont devenues de plus en plus importantes à mesure que le capitalisme pénétrait dans la vie quotidienne et détruisait les structures traditionnelles. Elles dénonçaient des aspects de l’exploitation jusqu’alors peu pris en considération. Dans un premier temps, l’universalité et l’identité convergeaient ; on ne concevait pas de solution à la ségrégation raciale, à la discrimination sexuelle, au patriarcat, etc., séparément, mais en vue d’une transformation révolutionnaire globale. Personne ne pouvait imaginer souhaitable un racisme noir, une société d’amazones, un capitalisme gay ou un état d’exception végétarien. La révolution sociale était le seul endroit où toutes les questions pouvaient vraiment être soulevées et résolues. Au-delà, il ne restait plus que la spécialisation élitiste, le sectarisme du « milieu », le narcissisme activiste et le stéréotype militant. C’était la voie ouverte par les postmodernes.

La pensée faible exploitait également le filon de la crise idéologique, en récupérant les auteurs et les idées, mais avec des effets et des conclusions opposés. Une fois que le sujet révolutionnaire a été neutralisé dans la pratique, il fallait le supprimer dans la théorie, de sorte que les luttes resteraient isolées, marginales et incompréhensibles, enveloppées dans un verbiage crétinisant et autoréférentiel adapté seulement aux initiés. Ce fut la tâche de la French Theory. Une escalade démarrait dans la confusion sophistiquée et cryptique qui consacrait, comme mages privilégiés, la caste intellectuelle et comme peuple élu, les disciples, principalement universitaires. Le mal français a été la première philosophie irrationaliste liée au mode de vie des fonctionnaires, relativement rétribuée et à juste titre : sa révision de la critique sociale du pouvoir et la contestation de l’idée révolutionnaire ont rendu de magnifiques services à la cause de la domination. La notion de pouvoir comme un éther omniprésent qui s’étend à tout condamne toute pratique collective à la poursuite d’un idéal en ce qu’elle est vue comme le renouvellement ou la reconstruction du pouvoir lui-même, une sorte de poisson qui se mord la queue. Le pouvoir n’est apparemment pas incarné dans l’État, le Capital ou les Marchés comme lorsque le prolétariat était la classe potentiellement révolutionnaire. Le pouvoir maintenant nous le sommes tous ; c’est le tout. La révolution serait ainsi redéfinie comme leurre du pouvoir afin de se refaire, dans des cas extrêmes, à partir de nouvelles valeurs et normes aussi arbitraires que celles qu’elle-même reléguerait. Le discrédit de la révolution sociale est plus utile pour le pouvoir réel en temps de crise, parce qu’une opposition subversive organisée qui tente de se former (un sujet social qui tente de se constituer) sera immédiatement dénoncée comme un pouvoir d’exclusion. Bref, un mauvais « récit de la modernité » — en terminologie lyotardienne — tout comme celui de la lutte des classes. Le rejet de la notion de classe laisse aussi apparaître involontairement une haine de classe, héritage de la domination passée active dans l’imaginaire post-rationnel. En bref, on abandonne toute velléité communiste révolutionnaire pour la transmigration de genres, le polyamour, la transversalité et le régime vegan. Les problèmes individuels résolus de cette manière, le chemin est alors dégagé pour une opposition collaborative et participative, prêt à entrer dans le jeu et bien sûr à voter, à occuper des espaces de pouvoir et à gérer en son sein l’ordre actuel avec un discours radicalement identitaire donc politiquement très correct, et par ricochet, un discours hypercitoyenniste qui fait rage non seulement dans la nouvelle gauche, mais également dans la gauche intégrée de toujours.

La situation de la critique, en proie au mal français, est donc affligeante, aussi affligeante que la vie dans le monde occidental et urbain ravagée par le capitalisme. C’est la fin de la raison, la fermeture spirituelle d’un monde suranné où la résistance au pouvoir était possible, l’évaporation de la conscience de classe historique, l’apothéose de la relativité, le triomphe absolu du bluff, le règne accompli du spectacle… On pourra appeler ce phénomène comme on veut, mais c’est surtout l’effet intellectuel de la défaite historique du prolétariat au cours des années 1970 et 1980, et, par conséquent, de la disparition de deux ou trois générations entières de combattants sociaux et de l’incapacité de ces derniers à transmettre leurs expériences et leurs connaissances aux nouvelles générations, les livrant à la psychose postmoderne et son jargon inintelligible. Il existe une ligne de rupture générationnelle très claire qui coïncide plus ou moins avec l’apparition du « milieu » ou ghetto de la jeunesse à la fin des années 1980 et une relation de celui-ci avec les processus de gentrification des centres urbains ; finalement, on peut établir avec évidence, une relation entre l’extension de la maladie postmoderne et le développement des nouvelles classes moyennes. L’effondrement du mouvement social révolutionnaire et la catastrophe théorique sont deux aspects du même désastre, et donc du double triomphe, pratique et idéologique, de la domination capitaliste, patriarcale et étatique. Malgré tout, la débâcle n’est jamais définitive, car les antagonismes prolifèrent beaucoup plus que les identités, et la volonté de se libérer en commun est plus forte que le désir narcissique de se démarquer. Dix minutes de pathétique gloire virtuelle sont des gouttes d’eau dans l’océan troublé de la « conflictivité » permanente.

La lutte des classes réapparaît dans la critique du monde de la technologie et dans la défense du territoire, dans les projets communautaires de sortie du capitalisme et dans les luttes que mènent les classes paysannes contre l’agriculture industrielle et la marchandisation de la vie. Probablement, dans les pays turbo-capitalistes, ces conflits ne parviennent pas à échapper aux approches « intersectionnelles », aux traitements « de genre » et autres réductionnismes identitaires, parfaitement compatibles avec une casuistique réformiste issue de « l’économie sociale », mais partout où cristallise un véritable front de lutte, de telles bagatelles tourneront en rond et seront consumées par le feu de l’universalité.

Discussions sur « anarchisme et postmodernité »,

14 novembre 2017, Centro Social Ruptura, Guadalajara (Jalisco),

et 25 novembre 2017, Biblioteca Social Reconstruir, ville de Mexico

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Illusion démocratique: État d’urgence, répression et obscurantisme politico-religieux…

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Contre la répression et l’obscurantisme religieux

 

Tierra y Libertad

 

Federación Anarquista

 

Décembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.nodo50.org/tierraylibertad/329articulo3.html

 

~ Traduit de l’espagnol par Résistance 71 ~

 

La Fédération Anarchiste Francophone se positionne contre l’escroquerie environnementale de la COP21 (21ème conférence internationale contre le changement climatique), organisée par les mêmes personnes qui sont responsables de tous les problèmes environnementaux à l’échelle mondiale et aussi contre l’obscurantisme religieux de l’État Islamique et de ses attaques de la population en France et dans d’autres endroits.

Aujourd’hui plus que jamais la liberté est attaquée au profit de l’obscurantisme étatique et religieux. Alors que le gouvernement français organise la répression contre les anticapitalistes et les libertaires venus à Paris pour la COP21, collabore avec des régimes islamistes comme les états turc, iranien et saoudien et qui est tant contre les populations kurdes pourtant en première ligne du combat contre l’État Islamique.

Après les attaques terroristes du 13 Novembre 2015 revendiquées par l’EI, l’état français, qui est en guerre en Syrie et aussi au Niger, au Mali, au Tchad, vient de déclarer l’état d’urgence sur tout le territoire français, lui permettant de violer les libertés civiles.

Pendant la COP21, la fermeture des frontières déjà prévue a probablement ajouté à la répression contre les actions anticapitalistes. Les plans Vigipirates ont démontré leur inutilité et l’état d’urgence ne sera pas efficace. Tout cela en fait va profiter principalement aux islamistes et aux fascistes de tout poil, enchantés d’assister à la militarisation et à la polarisation de la société française, ainsi que de voir la détérioration des libertés individuelles. A la racine du problème, après des années, la pauvreté, le racisme et la stigmatisation des français d’origine étrangère, spécifiquement ceux des banlieues, qui a fait monter la radicalisation de centaines de jeunes qui sont partis faire le djihad en Syrie et en Irak, ou commettent simplement ces attaques ayant tué plus de 128 personnes innocentes.

Dans ces endroits où la pauvreté est forte, la manipulation pour les radicalisés islamistes se voit facilitée par l’absence d’organisations offrant une perspective émancipatrice.

Si le gouvernement français poursuit hypocritement une collaboration avec les états théocratiques, s’il stigmatise les jeunes Français d’origine étrangère ou de confession musulmane, s’il continue à donner des leçons de morale, s’il continue les mêmes desseins anti-écologiques avec sa campagne impérialiste en Afrique afin de protéger les mines d’uranium d’Areva, le terrorisme fondamentaliste et d’état continuera.
Contre l’État et l’obscurantisme, organisons la résistance sociale et libertaire !

Résistance au colonialisme: L’oppression française de l’intérieur vers l’extérieur est conforme aux fonctions perverses de l’État…

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Très bonne analyse de Bouamama qui montre bien ce que nous disons depuis longtemps ici: “Nous sommes tous des colonisés !” Ce n’est qu’une question de degré coercitif en fait, mais pour qu’un État devienne colonial sur l’extérieur, il a d’abord dû passé par le stade de la colonisation interne. C’est en fait la condition sine qua non pour que l’État, né de la division politique de la société civile en dominant et en dominé, perdure et phagocyte les populations. L’État est une machine ethnocidaire qui à terme devient également une machine génocidaire, l’histoire est pavée des preuves de cette chaîne évènementielle. Si les citations de Césaire et Fanon par Bouamama sont judicieuses, nous rajouterons ceci de l’anthropologue politique anarchiste Pierre Clastres (1934-1977) qui est un de ceux qui a le mieux analysé la relation État/Société. Comme d’habitude tout bon marxiste qui se respecte ne citera pas de source anarchiste. Il est vrai que Clastres avait particulièrement démonté les deux branches “classiques” de l’anthropologie: le structuralisme évolutionniste de son professeur Lévi-Strauss en exposant les faiblesses et les manques, mais surtout la pseudo-anthropologie marxiste niant l’apartenance à l’histoire tout ce qui n’est pas “lutte des classes”, ce qui avait fait dire à Clastres: “Cela doit être si simple d’être un marxiste”…

Sur l’État Clastres disait ceci (entre autre), ce qui fait mieux comprendre la finalité colonialiste intrinsèque de l’État:

“Un rapide coup d’œil à l’histoire de notre pays est suffisant pour nous montrer que l’ethnocide en tant que la plus ou moins suppression autoritaire des différences socio-culturelles, est déjà inscrit dans la nature même et la fonctionalité de la machine étatique, qui standardise ses rapports avec les individus: pour l’État, tous les citoyens sont égaux devant la loi. Affirmer que l’ethnocide, à commencer avec cet exemple de l’État français, fait partie de l’essence unificatrice de l’État, mène logiquement à la conclusion que toutes les formations étatiques sont ethnocidaires… La violence ethnocidaire, comme la négation par l’État de la différence, est clairement une partie de l’essence de l’État des empires barbares tout comme des sociétés civilisées d’occident: toutes les formations étatiques sont ethnocidaires. L’ethnocide fait partie du mode d’existence normal de l’État. Il y a ainsi une certaine universalité à l’ethnocide, ne le rendant pas en cela une seule caractéristique du “monde blanc”, mais d’un ensemble de sociétés qui sont les sociétés étatiques. Une réflexion sur l’ethnocide implique nécessairement une réflexion sur l’État. Mais l’analyse doit-elle s’arrêter là ? Doit-elle se limiter à l’observation que l’ethnocide est l’État et que de ce point de vue, tous les États sont égaux ? […] Nous notons que dans le cas des états occidentaux, la capacité ethnocidaire est sans limite. C’est pour cette bonne raison que cela peut mener au génocide et donc nous pouvons parler du monde occidental comme étant absolument ethnocidaire. Ce qui différencie l’occident est son système économique de production… Ce qui différencie l’occident est le capitalisme et son incapacité à demeurer au sein de ses frontières. Que ce soit un système capitaliste libéral, privé comme en Europe de l’Ouest, ou planifié comme en Europe de l’Est, la société industrielle, la plus formidable machine de production est pour cette même raison, la plus horrible machine de destruction.” (“Recherches d’anthropologie politique”, Seuil, 1980)

Note: définition de l’ethnocide (Pierre Clastres): “L’ethnocide est donc la destruction systématique des modes de vie et de pensée des peuples différents de ceux qui mènent cette aventure de destruction. En somme, le génocide tue les gens en masse dans leurs corps, l’ethnocide les tue dans leur esprit.”

~ Résistance 71 ~

 

La logique coloniale française: Des Basques aux Algériens, de la “colonisation intérieure” à la “colonisation extérieure”

Saïd Bouamama

 

26 Août 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/La-logique-coloniale-francaise-Des.html?lang=fr

 

Le discours sur la République et les « valeurs de la république » ont connu un retour fulgurant sur le devant de la scène politique et médiatique à l’occasion des attentats de janvier 2015 et de leur instrumentalisation idéologique par Manuel Valls. Le roman national construit par la classe dominante, comme idéologie de justification et de légitimation de son pouvoir, s’est de nouveau déployé avec ses concepts lourds et ses oppositions binaires (universalisme contre particularisme, modernité contre réaction, lumières contre obscurantisme, assimilation contre communautarisme, etc.). Nous nous sommes expliqués à maintes reprises sur les enjeux de cette séquence historique qu’a été « je suis Charlie[i] ». Nous voulons aujourd’hui faire le point sur ce qui rend possible une telle instrumentalisation : l’intériorisation massive dans une partie importante de la gauche du mythe de la « mission civilisatrice » comme outil d’émancipation des peuples de France à l’interne de l’hexagone, puis des peuples et nations d’Asie, d’Afrique et d’Amérique à l’externe. Les logiques, buts et processus qui ont présidé à la colonisation externe sont ainsi de même nature que ceux qui se sont déployés dans ce qu’il faut bien appeler une « colonisation interne ».

La colonisation comme processus de généralisation du rapport social capitaliste

Dans son historique « discours sur le colonialisme », Aimé Césaire analyse le capitalisme comme une « forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes[ii] ». Cette concurrence et cette logique extensives sont consubstantielles au capitalisme. Elles se sont d’abord déployées dans les périphéries proches des centres d’émergence du nouveau mode de production capitaliste avant que de s’étendre à des périphéries plus lointaines. 

Rosa Luxemburg souligne à juste titre que cette logique extensive suppose et nécessite la destruction des « économies naturelles », des « économies paysannes » et des cultures populaires dans lesquelles elles se sont historiquement élaborées[iii]. Marx a décrit précisément l’enjeu pour le nouveau mode de production capitaliste de cette lutte : « On avait eu une production dont seul le surplus était valeur d’échange, et qui était présupposée à la circulation ; on passe maintenant à une production qui ne fonctionne qu’en liaison avec la circulation et dont le contenu exclusif est la valeur d’échange[iv] ». Ce n’est donc pas par « méchanceté » ou par « vice » que se déploient la logique extensive et la guerre contre les « économies » périphériques (d’abord de proximité puis plus éloignées). Elles sont tout simplement la conséquence logique du nouveau mode de production. Réduire l’extension coloniale du mode de production capitaliste à une lutte contre le féodalisme en occultant qu’elle est aussi une lutte contre des « économies naturelles » et des « économies paysannes » pour reprendre les expressions de Rosa Luxemburg, conduit à la cécité face à la résistance hier comme aujourd’hui, dans l’hexagone comme à l’échelle internationale, à l’arasement et à l’uniformisation capitaliste. L’Etat français centralisateur n’a pas été qu’un outil de guerre contre le féodalisme mais aussi une machine de destruction des économies antérieures et des cultures qui les portaient. 

Parlant des périphéries extra-hexagonales colonisées, Aimé Césaire résume comme suit les caractéristiques qui en font des obstacles à détruire pour le capitalisme : 

« C’étaient des sociétés communautaires, jamais de tous pour quelques-uns. C’étaient des sociétés pas seulement anté-capitalistes, comme on l’a dit, mais aussi anticapitalistes. C’étaient des sociétés démocratiques, toujours. C’étaient des sociétés coopératives, des sociétés fraternelles[v]. » 

Il y a bien sûr, idéalisation assumée de ces sociétés par Aimé Césaire car son écrit est une œuvre de lutte et de dénonciation, mais cela n’enlève rien aux principales caractéristiques de ces « économies naturelles et paysannes ». Rappeler ces faits ne veut pas dire que l’avenir est à construire par un retour vers ces formes du passé. L’histoire ne se réécrit pas en gommant certaines de ces phases mais en les dépassant vers un horizon d’émancipation. 

La prise en compte de cette base matérielle de la colonisation est essentielle pour ne pas dériver vers une opposition idéaliste (et donc impuissante) à la colonisation. Cette dernière est dotée d’un mouvement historique l’amenant à prendre différents visages en fonction du rapport des forces. Les discours sur la nation, sur l’assimilation, sur l’intégration, sur l’universalisme abstrait, etc., ne sont que des accompagnements idéologiques d’un processus d’assujettissement total d’une périphérie à un centre au profit de ce dernier. 

Ces discours ont d’abord été tenus dans le cadre de la construction nationale française avant que s’étendre à des nations ultramarines. Ils ont été des instruments de la mise en dépendance économique et de l’assimilation culturelle et linguistique des cultures de l’hexagone, avant que de servir les mêmes buts (avec des moyens plus brutaux encore) pour les autres continents. La colonisation intérieure a précédé et a rendu possible la colonisation extérieure.

L’assimilation comme outil idéologique de la construction nationale française

Frantz Fanon souligne pertinemment que le processus colonial est indissociable du racisme. Il suppose pour se déployer l’émergence et l’intériorisation de deux complexes : le complexe de supériorité pour les uns et le complexe d’infériorité pour les autres[vi]. Le rôle de l’appareil d’Etat en France a justement été de produire, de favoriser et d’étendre ces deux complexes par tous les moyens disponibles de l’inculcation idéologique à la violence ouverte. 

Dans ce processus d’assujettissement la question de la culture en général et de la langue en particulier, revêt une importance particulière. Il s’agit pour justifier l’assujettissement économique d’une périphérie à un centre de hiérarchiser les cultures et les langues. Le penseur des Lumières Denis Diderot pose ainsi comme une évidence indiscutable : « Il est légitime dans un Etat unifié politiquement, de ne trouver qu’une seule langue, et de devoir considérer les autres formes linguistiques comme étant des patois qu’on abandonne à la populace des provinces[vii]. » La confusion entre langue commune partagée et langue unique imposée révèle le processus d’assujettissement et de colonisation des périphéries. La langue étant indissociable de la culture qui lui a donné naissance, l’infériorisation linguistique est pour le mieux une infériorisation culturelle et pour le pire une destruction culturelle. Nous parlons de « mieux » et de « pire » en nous situant du point de vue des périphéries car pour le centre le « mieux » est la disparition totale de l’altérité c’est-à-dire l’assimilation. 

Suzanne Citron a mis en évidence la logique de raisonnement conduisant à ce messianisme de destruction des altérités. Elle se base sur la réduction des protagonistes de la révolution française à une lutte binaire : bourgeoisie contre féodalité. Or une telle binarité est une simplification de la réalité sociale des habitants de l’hexagone. Elle élimine le troisième protagoniste : le monde paysan, ses peuples et ses langues : 

« En amont culture aristocratique franque, monarchique, catholique, en aval culture bourgeoise et urbaine, culture de la Raison, culture des lumières ; le système de représentation qui la sous-tendait n’intégrait pas le monde rural, ses patois, ses solidarités villageoises[viii]. » 

Qu’une telle attitude suppose un complexe de supériorité du centre est évident. Il s’agit ni plus ni moins que de poser le caractère universel de la langue française en l’argumentant d’une supériorité d’essence. Voici comment en parle Bertrand Barrère de Vieuzac, député aux Etats généraux puis à la convention nationale, pour en appeler à une guerre pour éradiquer les autres langues de l’hexagone : 

« Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l’émigration et la haine de la République parlent allemand, la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommages et d’erreurs […]. Il n’appartient qu’à la langue française qui depuis quatre ans se fait lire par tous les peuples […], il n’appartient qu’à elle de devenir la langue universelle. Mais cette ambition est celle du génie de la liberté[ix]. » 

Cette logique de pensée déjà hégémonique au moment de la révolution bourgeoise (qui rappelons-le se déploie à la fois contre le féodalisme et contre les économies et cultures populaires), l’est encore plus ensuite, avec comme summum la troisième république qui est tout à la fois celle de la guerre à la diversité interne et celle de la colonisation externe. La construction nationale française se bâtit en conséquence par une négation des peuples de l’hexagone (occitan, basque, breton, etc.) par une confusion entre l’unité politique et l’unicité culturelle et par une guerre à l’altérité. Mais cette négation n’est pas sans fondements matériels : elle s’enracine dans le besoin d’imposer les rapports sociaux capitalistes à des contrées fonctionnant jusque-là selon une autre logique économique. C’est pourquoi libération nationale et lutte des classes sont indissociables.

Libération nationale et lutte des classes

Parler de lutte de libération nationale à propos des peuples de l’hexagone fait courir en France un danger : celui d’être accusé de réactionnaire, de partisan d’un retour à la féodalité. Nous considérons au contraire que ne pas le faire revient à laisser le champ libre à l’extrême-droite qui sait à merveille canaliser des révoltes légitimes pour les détourner de leurs cibles réelles. Il convient donc de préciser de quoi il s’agit, non pas dans l’abstraction pure, mais dans les conditions concrètes du capitalisme français d’aujourd’hui. 

Aborder la lutte de libération nationale sans la relier à la lutte des classes est selon nous un non-sens. Elle est de fait un combat contre une classe sociale qui hiérarchise le territoire en centres et périphéries, qui ne peut que le faire, qui a besoin de le faire pour maintenir ses profits. C’est pourquoi limiter le combat à la question linguistique ne peut que produire de l’impuissance politique. A l’inverse se contenter de parler de lutte anticapitaliste sans l’ancrer dans les conséquences concrètes d’assujettissement économique et d’oppression culturelle, conduit à la même impasse. Une telle approche, encore majoritaire à gauche en France, aboutit, consciemment ou non, à un regard méprisant sur les formes de révolte qui émergent spontanément face à la domination. 

Ne soyons pas naïfs pour autant. Nos luttes contemporaines se déploient dans un cadre précis, celui de la mondialisation capitaliste et d’une Europe qui en est un des principaux pôles. Cette Europe est parcourue de contradictions, les Etats les plus puissants voulant y occuper une place hégémonique (la France et l’Allemagne en particulier). C’est pour cette raison que nous assistons pour l’Europe du Sud à un retour de mécanismes coloniaux c’est-à-dire à une logique d’assujettissement de ces économies aux centres que sont la France et l’Allemagne. L’épisode grec que nous venons de vivre en est une expression significative. Dans ce contexte nouveau des aspirations justes peuvent être instrumentalisées, des luttes légitimes peuvent être canalisées vers des objectifs réactionnaires, des réactions à l’oppression peuvent être manipulées pour asseoir d’autres oppressions. C’est ainsi au nom de la défense des droits des « minorités » que sont légitimées plusieurs des guerres impérialistes contemporaines au Moyen-Orient et en Afrique. 

En définitive la question qui est posée est celle du combat pour la fin de l’assujettissement colonial (et donc aussi du capitalisme qu’il sert) et de la conception de l’Etat qui l’accompagne. La solution n’est pas, selon nous, dans un retour au passé mais dans l’invention d’un avenir. Pour ce faire regarder ailleurs peut aider à développer un imaginaire de la libération. La Bolivie par exemple et son « Etat plurinational » peut nous aider à penser l’avenir.

NOTES : 

[i] Voir nos articles : 1) Le discours des « valeurs de la république » : Un nouveau masque de l’idéologie dominante, 2) Les fondements historiques et idéologiques du racisme « respectable » de la « gauche » française, 3) La prise en otage des enseignants ou l’instrumentalisation de l’école publique, 4) Les premiers fruits amers de l’unité nationale : Guerres, peurs, humiliation, mises sous surveillance, 5) L’attentat contre Charlie Hebdo : l’occultation politique et idéologique des causes, des conséquences et des enjeux, etc., 
https://bouamamas.wordpress.com/ 

[ii]Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Présence africaine, Paris, 2004 [rééd.], p. 9. 

[iii]Rosa Luxemburg, l’accumulation du capital, tome 2, Maspero, Paris, 1976, pp. 43-91. 

[iv]Karl Marx, Fondement de la critique de l’économie politique, Anthropos, Paris, 1968, tome 1, pp. 203-204. 

[v]Aimé Césaire, op.cit. 

[vi]Frantz Fanon, Racisme et Culture, in Pour la révolution africaine, La Découverte, Paris, 2001 [rééd.], pp. 37-53. Voir aussi Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Seuil, Paris, 1952. 

[vii]Denis Diderot, Langue, Œuvres, La Pléiade, Paris, 1946, p. 210. 

[viii]Suzanne Citron, Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée, Editions ouvrières, Paris, 1984, p. 67. 

[ix]Bertrand Barrère de Vieuzac, Rapport au comité de salut public, in Michel Certeau, Dominique Julia et Jacques Revel, Une politique de la langue, Gallimard, Paris, 1975.

 

France et attentat déjoué: 1 coïncidence + 1 coïncidence + 1 coïncidence = ?

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3 coïncidences… Vraiment ?…

— Résistance 71 ~

 

France et attentat déjoué… Ce tout petit quelque chose d’illogique

 

IRIB

 

19 Juillet 2015

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/info/international/item/376063-france-attentat-déjoué-ce-tout-petit-quelque-chose-d’illogique

 

Si l’attentat déjoué, pour lequel quatre personnes ont été placées en garde à vue et trois mises en examen, était prévu, pour la fin de l’année, voire, le début de l’année 2016… pourquoi les policiers, qui les avaient, étroitement, à l’oeil, ont-ils choisi, cette semaine, de les arrêter et de faire connaître leur arrestation, alors qu’ils pouvaient se donner le temps de consolider un dossier, actuellement, fragile ? Le faire, en plein examen du projet de loi Renseignement, par le Conseil constitutionnel, est-il une pure coïncidence ? En savoir plus, sur http://www.numerama.com/…/33711-attentat-dejoue-ce-tout-pet…

Comment savoir si l’annonce d’un projet d’attentat déjoué et la mise en examen de ses co-auteurs présumés répond à une véritable stratégie policière et judiciaire cohérente, ou s’il s’agit, plus cyniquement, de l’orchestration médiatique d’un projet de pieds nickelés, à des fins, purement, politiques ? Etant donné qu’il se trouve, réellement, des hommes, pour trancher la tête d’autres hommes, en France, nous avions choisi de nous astreindre à un silence respectueux concernant le nouveau projet d’attentat, déjoué par les services du renseignement français, qui pouvait correspondre à une réelle menace. Pas question de prêter le flanc à ceux qui accusent, rapidement, les opposants au projet de loi Renseignement de donner, constamment, dans l’interprétation paranoïaque des faits, même si le calendrier des arrestations médiatisées semblait, particulièrement, opportun, au moment où le Conseil constitutionnel rédige la décision qu’il rendra, dans les prochains jours, sur le projet de loi renforçant les pouvoirs des services de renseignement.

Certes, pensions-nous, il y a, parfois, des coïncidences, dans le calendrier. Comme ce projet d’attentat, au musée du Louvre, (par quelqu’un qui était en prison), révélé par « Le Parisien », le 9 juillet 2014, le jour-même où le Gouvernement présentait, en conseil des ministres, le projet de loi de lutte contre le terrorisme. Comme cette arrestation médiatisée d’un recruteur de Jihadistes, le 11 septembre 2014, alors que l’Assemblée débutait l’examen du texte le 15 septembre. Comme cette note secrète de la DGSI, concernant des attentats déjoués, qui fuite, le 3 novembre 2014, alors que, le 4 novembre, le Sénat devait adopter, définitivement, une loi anti-terrorisme. Comme cette conférence de presse, organisée par Bernard Cazeneuve, le 22 avril 2015, pour annoncer des projets d’attentats, déjoués par les services de renseignement, quinze jours avant le vote du projet de loi Renseignement, à l’Assemblée nationale. Comme ces attentats déjoués, à Villejuif, annoncés le 8 juin 2015, la veille du vote du projet de loi Renseignement, au Sénat. Mais ce ne sont que des coïncidences.

Et même si Bernard Cazeneuve avait expliqué, sur RTL qu’il ne fallait pas parler des projets d’attentats déjoués, par ce qu’il «n’est pas nécessaire de parler de ce qui se fait et qui est de nature à protéger les Français», il a depuis, justifié un changement de politique de communication. «Lorsqu’il y a des faits graves, il est du rôle du gouvernement d’en informer les Français. On ne peut pas cacher la vérité aux Français, c’est ce que souhaite le gouvernement, c’est ce que souhaitent le président de la République et le Premier ministre, et nous le faisons, ce travail d’information, en très étroite relation avec l’autorité judiciaire, et, notamment, le parquet», a, ainsi, expliqué, cette semaine, le ministre de l’Intérieur.

Dont acte. Ce n’est, donc, pas du tout, pour faire pression sur un Conseil constitutionnel, submergé d’argumentaires de censure de la loi sur le Renseignement, que le gouvernement a permis que soient communiquées des informations, sur le projet d’attentat déjoué, qui devait viser une base militaire de Fort Béar. Et que ce soit communiqué, notamment, le fait qu’ils utilisaient, abondamment, les réseaux sociaux, et même, des «forums chiffrés», pour communiquer, ensemble, avec des membres de l’Etat Islamique. Ce n’est, encore, qu’une coïncidence.

Mais il y a, tout de même, un petit détail curieux, qui nous a incité à sortir de la réserve que nous nous étions imposée. Une logique judiciaire et policière qui nous échappe. Si l’on en croit les déclarations du Procureur de la République, François Molins, l’attentat imaginé par des jeunes hommes de 16 à 23 ans, qui étaient sous étroite surveillance, aurait été prévu, pour décembre 2015 ou janvier 2016. L’on croit comprendre que, pour le moment, aucun élément matériel de préparation de l’attentat n’a été mis au dossier. Il y a bien des paroles, beaucoup de paroles, des projets… mais rien de concret. Pas la moindre arme achetée, par exemple. Or, pour être constituée, pénalement, l’infraction de préparation d’un acte de terrorisme, prévue par le code pénal, demande que soit, notamment, démontré «le fait de détenir, de rechercher, de se procurer ou de fabriquer des objets ou des substances, de nature à créer un danger, pour autrui». Dès lors, pourquoi les services de renseignement, qui avaient, déjà, ces individus sous étroite surveillance, et qui savaient, visiblement, qu’il n’y avait pas de menace immédiate, puisque l’attentat était prévu, dans six mois, ont-ils décidé de passer à l’action, maintenant, et de le faire savoir, plutôt que d’attendre le moment où les armes nécessaires à l’attentat seraient, effectivement, obtenues ou, activement, recherchées ? Vraiment, un petit quelque chose, dont la logique nous échappe. Une idée ?

La résistance politique passe par la désobéissance…

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Contre le colonialisme des esprits… Nous ne pouvons qu’approuver!

— Résistance 71 —

 

Je ne suis pas aux ordres !

 

Le Monde Libertaire

 

30 Janvier 2015

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/france/17535-je-ne-suis-pas-aux-ordres

 

Je ne suis pas aux ordres de quiconque, quand bien même il est président de la République. Il suffit pour désobéir de se poser quelques questions de bon sens. Afin de comprendre de quelle façon les politicards se servent des événements tragiques pour taire leur responsabilité et, surtout, faire oublier leur politique antisociale.

Il est également hors de question que je répète bêtement comme un automate et sans réfléchir ce que les médias aux ordres ressassent sans relâche : « C’est une atteinte aux libertés ! » Certes cet attentat et cette prise d’otages, je les condamne, mais il n’y a aucune raison pour que je m’associe à cet appel à l’unité nationale venant des politicards. D’autant que, pour justifier cet appel, ils prennent des mines confites et outrées alors que ce sont les premiers à porter atteinte et à bafouer les libertés. Les médias, ils en ont le contrôle tout comme le patronat, car ils les tiennent financièrement et politiquement. À un point tel que les journalistes s’autocensurent.

Je ne m’associerai pas à cette « union nationale » factice, de circonstance, qui permet à des hommes et des femmes (les représentants politiques, religieux) de se faire une virginité en appelant à « l’union sacrée » et de faire l’impasse sur ce qu’ils sont : des êtres intolérants. Car les religions sont des idéologies de soumission et de résignation, elles sont porteuses d’actes fanatiques et criminels.

Je n’irai pas manifester bras dessus bras dessous avec des personnes qui méprisent les travailleurs et asservissent le peuple. Tous ces donneurs de leçons voudraient nous faire avaler que la lutte des classes est devenue obsolète et qu’elle est à ranger aux rayons des accessoires, des antiquités. La preuve, le peuple ne fait qu’un avec ses oppresseurs. On a pu le voir dimanche 11 janvier où se côtoyaient dans la rue : ouvriers, cadres, salariés, retraités, jeunes, politiciens, artistes, curés, rabbins, imams, policiers, politiciens, journalistes… tous unis pour sauver les libertés !

Je ne cautionnerai pas, par ma présence, l’hypocrisie des politiciens qui sont des marchands d’armes. La France se situe dans le top 5, et les pays du Moyen Orient sont ses premiers clients.

Je ne marcherai pas aux côtés de chefs d’État despotes et des gouvernements qui ont voté des lois anti-manifestations, qui font tirer et qui tuent des manifestants.

Je continuerai à dénoncer la collusion entre l’État français et le Qatar, sorte d’araignée qui tisse sa toile sur l’ensemble du patrimoine français. Car, avec l’assentiment de la droite et de Sarkozy, l’émirat du Qatar a financé le terrorisme islamiste et a investi dans les banlieues pour prendre en charge les « Français de la diversité ». Ce projet a été avalisé par le nouveau gouvernement de gauche. C’est ainsi que le Qatar a subventionné pour 50 millions d’euros des projets de PME dans les banlieues. Mais leurs pétrodollars servent surtout à financer : les groupes islamistes dans la bande sahélienne limitrophe à l’Algérie et plus précisément dans le Nord-Mali ; des groupes armés comme Ansar Eddine ; Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’ouest…

Je ne côtoierai pas les va-t-en-guerre qui, par la présence militaire française au Mali, en Centre Afrique… contribuent à faire de la France une cible idéale pour les terroristes.

Tout ce déploiement, ce semblant d’unité ne laisse présager rien de bon dans la mesure où cette manifestation n’a rien de spontanée, elle est téléguidée, orientée par le gouvernement et relayée par les médias. Cela ne sent pas bon du tout.

Le ton des hommes au pouvoir se fait de plus en plus martial. Ils se sentent pousser des ailes, vous pensez, 4 millions de personnes dans la rue. Et à force, depuis quatre jours, d’entendre ces mêmes politicards rendre hommage à la police, eh bien, la foule se met à l’applaudir, à remercier les policiers. C’est le Premier ministre de la République qui, ce 12 janvier, en rajoute en déclarant sur BFMTV : « Les étrangers que nous accueillerons, il nous faudra les intégrer pour en faire des soldats de la République. » (sic) Il n’y a qu’un pas à franchir pour voir demain le paysage se parer de la couleur kaki, couleur de la guerre et du crime.

Car le nationalisme légitime le pouvoir, qui engendre la violence de l’État. Le sentiment national, exacerbé à l’extrême, perçu comme une identité collective par un grand nombre, est nocif et dangereux. Il devient alors source d’endoctrinement, d’aliénation et d’obscurantisme. Et, lorsqu’il se conjugue avec le patriotisme, il est contraire à une pensée rationnelle, qui peut conduire aux sacrifices humains au nom de la défense de la patrie. Il est également source de haine. Trop souvent au patriotisme vient se superposer le militarisme, bras armé du système capitalisme. Il est toujours prêt à intervenir hors des frontières, pour protéger les intérêts des multinationales françaises implantées dans d’autres pays. Comme les religions, la mentalité militaire implique la subordination et la soumission.

C’est pourquoi, en tant qu’anarchiste et citoyen du monde, je ne peux qu’être inquiet quand je vois ce qui se passe actuellement en France. C’est une des raisons pour lesquelles je milite : pour l’avènement d’une autre société fondée sur d’autres valeurs comme l’entraide, la coopération, la solidarité, une société égalitaire, autogestionnaire et fédéraliste ; pour un monde sans frontière, pour l’abolition des nationalités, du salariat, du patronat et de l’État. Cette société là sera une société libertaire.

L’émancipation des peuples ne sera jamais l’œuvre des partis politiques et encore moins des religions, mais sera celle de leurs luttes solidaires et autonomes.

Résistance politique: L’art contre la société étatique…

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Petit texte à méditer dans le contexte actuel de coercition étatique et de menace grandissante sur le fascisme total à venir des lois liberticides en préparation. L’État est un caïd mafieux qui ne connaît que la force pour s’imposer aux peuples. Il n’est fort que parce que nous acquiesçons à sa tyrannie à géométrie variable. Il devrait être clair maintenant pour le plus grand nombre que toute société étatique ne saurait être démocratique puisqu’elle est politiquement divisée par essence entre une minorité dominante détentrice de la force dite « légitime » pour faire plier la vaste majorité dominée. Il suffit de dire NON ! et la supercherie s’arrête !

La Boétie l’avait déjà dit au XVIème siècle à l’époque de la création des états-nations de monarchie absolue, rien de nouveau, quand apprendra t’on des anciens ?

— Résistance 71 —

 

Art et anarchisme

 

Robert Graham

 

7 Janvier 2015

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2015/01/07/art-and-anarchy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’anarchiste anglaise Charlotte Wilson a argumenté que lorsque “chaque travailleur sera entièrement libre de faire ce que la nature commande, de se jeter corps et âme dans le travail qu’il a vraiment choisi et qu’il le rendra expression spontanée du plus intense de ses désirs et objectifs, alors le travail devient plaisir et il produit un chef-d’œuvre.” Pour les artistes de la société bourgeoise, Jean Grave a observé qu’ils devaient “vendre leurs travaux pour survivre, “une situation qui mène ceux qui ne veulent pas mourir de faim à faire des compromis vers un art plus médiocre et plus vulgaire.” Car pour “vivre leurs rêves et réaliser leurs aspirations, eux aussi doivent travailler” pour la révolution sociale. Et même quand c’est possible, “il est vain pour eux de se retrancher derrière les privilèges des classes dirigeantes, car s’il y a aliénation pour celui qui en est réduit à faire les plus basses besognes pour satisfaire à sa faim, la moralité de ceux qui le condamnent à le faire n’est pas supérieure à la sienne ; si l’obéissance le dégrade, le commandement loin de satisfaire le caractère, l’avilit aussi”.

Oscar Wilde (1854-1900), qui se décrivit lui-même un temps comme anarchiste, était d’accord pour dire avec Grave dans son “Âme de l’Homme sous le socialisme”, qu’avec l’abolition de la propriété privée, tout le monde sera libre de “choisir la sphère d’activité qui est la plus conviviale et qui leur donne du plaisir.” Mais Wilde n’espérait pas voir le jour où le travail manuel et le travail intellectuel se combineraient, car il y a des formes de travaux manuels qui sont si dégradant, qu’ils ne peuvent pas être faits avec dignité ou plaisir: “L’Homme est fait pour quelque chose de bien plus grand que de retourner la terre. Tous les travaux de cette sorte devraient être faits par des machines.”

Wilde approuvait le socialisme anarchiste comme fournisseur de la base du véritable individualisme et de la liberté artistique. Il pensait que la seule forme de gouvernement adéquate pour l’artiste est “aucun gouvernement. L’autorité du dessus est ridicule.” Quelle soit exercée par un gouvernement ou par l’opinion publique. Wilson était d’accord pour dire que l’opinion publique “la règle de la médiocrité universelle… est un danger sérieux pour la liberté individuelle,” mais que dans une société libre “elle ne peut être contrée que par une culture morale plus vaste”. Pour Wilde, cela voulait dire que “l’art ne doit jamais tenter d’être populaire, au contraire, c’est le public qui doit essayer de devenir plus artistique.”

Vers la fin du XIXème siècle en France, la plupart de l’avant-garde artistique s’allia avec l’anarchisme, incluant des peintres comme Camille Pissaro, Paul Signac, Charles Maurin et Maximilien Luce, ainsi que des écrivains comme Paul Adam, Adolphe Retté, Octave Mirbeau et Bernard Lazare. Jean Grave allait inclure leurs œuvres dans ses journaux anarchistes de l’époque comme “La Révolte” et plus tard “Les Temps Nouveaux”. Lorsque les autorités françaises persécutèrent encore les anarchistes pour simplement exprimer leurs idées subversives dans les années 1890, Lazare écrivit dans “La Révolte”: Nous avons eu l’audace de croire que tout n’était pas pour le mieux dans le meilleur des mondes et nous avons déclaré et déclarons encore que la société moderne est détestable, fondée sur le vol, la malhonnêteté, l’hypocrisie et la turpitude”.

Comme on peut le voir, la critique anarchiste de la société existante ne fut jamais limitée à dénoncer l’État, le capitalisme et l’église. Elle s’étendait à la famille patriarcale, à l’exploitation sexuelle et à la soumission des femmes, à la censure, au conformisme, à l’éducation autoritaire et aux formes hiérarchiques et coercitives de l’organisation de la société en général, où que ce soit qu’on puisse les trouver, que ce soit dans les écoles, sur les lieux de travail ou au sein du mouvement révolutionnaire lui-même.

Saga de l’affaire Dieudonné: La quenelle vue du Liban…

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 9 janvier 2014 by Résistance 71

Dans notre prochain article de la saga: La quenelle vue du pays du goulag levant (en cours de traduction..).

Le tribunal administratif de Nantes annule l’interdiction du préfet, le saltimbanque pourra soliloquer sur la scène du Zénith de Nantes… Le sinistre de l’intérieur saisit le Conseil d’État… La pantomime continue: « Attention guignol… Il est derrière !… »

— Résistance 71 —

 

Quenelle de Dieudo: l’humour vert et l’humour rouge

 

Al Manar

 

09 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=149202&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=26&s1=1

 

L’affaire de la quenelle de Dieudonné qui a suscité l’indignation de la classe politique en France, Manuel Valls entre autres, a ressuscité l’ancien débat sur les limites et les lignes rouges à respecter dans l’humour.

On se souvient de la vague de contestation qui avait ravagé le monde musulman suite à la publication des caricatures satiriques contre le prophète Mohammad (S) dans Charlie Hebdo. En Europe comme aux Etats-Unis, c’est la liberté d’expression elle-même qui constitue la ligne rouge à ne pas enfreindre: dura lex, sed lex !

La maxime faussement attribuée à Voltaire :  » Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est d’ailleurs maintes fois invoquée dans les débats médiatiques pour illustrer la sacralité de ce droit qui relève des libertés fondamentales intouchables.

Tout est donc permis ! Rire de tout et avec tout le monde ! Jouer aussi avec le feu, et même en cas d’incendie et d’embrasement des esprits et des relations inter-humaines et internationales, on peut rire de cet incident et des dommages collatéraux qu’il a engendrés.

On peut parfois éviter le désastre tragi-comique en fermant par exemple certaines ambassades à l’étranger et en avertissant les expatriés de prendre les mesures nécessaires en prévision de possibles attaques vindicatives ; leur liberté sera menacée et  restreinte mais ça reste un prix anodin devant celui de la liberté d’expression.

Et la quenelle alors

Et la quenelle alors !? – Non ! – Ce n’est pas de l’humour ça ! C’est de l’antisémitisme ! – Pourquoi ? – C’est le salut nazi à l’envers ! – Qui vous a dit ça !? – C’est clair !

On ne peut pas l’interpréter autrement ! – Et comment interprétez-vous donc les caricature contre le prophète Mohammad (S) (…)

Pour les juifs, ce n’est pas pareil ! On ne plaisante pas avec l’Holocauste !

Tant que ce n’est pas dans une chambre à gaz, ce n’est point un génocide

En fait, mon interlocuteur virtuel avait raison ! Pas de plaisanteries au sujet de l’Holocauste ! Ça devient un crime contre l’humanité ! Un crime contre Arte ! N’oubliez jamais !

 

C’est le génocide le plus atroce de l’histoire humaine ! Un génocide inhumain perpétré dans des chambres à gaz ! Mais attention ! Tant que ce n’est pas dans une chambre à gaz, ce n’est point un génocide ! Les massacres barbares de Dir Yassine (1948), de Sabra et Chatila (1982), de Jénine (2002) et les tueries injustifiées lors de la première (1987-1993) et de la seconde Intifada (2000-2003) n’étaient pas des génocides mais … des tests d’insecticides. Après de longues années d’essai, il s’est avéré que l’anti-cafards le plus réussi était le phosphore blanc (ce n’est pas un gaz) !

Ces recherches en matière d’écosphère et de protection de la couche d’ozone ont valu à Peres de recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1994. Ariel Sharon, lui, s’est contenté du titre de « L’homme de paix » (2006).

Je le répète donc : pas de plaisanteries au sujet de l’Holocauste ! Aborder un tel sujet c’est comme toucher les quelques cheveux résistants sur la tête d’un chauve ! (de là vient l’expression « chauvinisme »).

En fait, même chauve, la tête d’un juif demeure intouchable (il porte toujours une kippa) !

Tous les Français savent cette vérité et exercent sur eux-mêmes une sorte d’autocensure !

Un islamisme mais pas de juivisme

Il y a d’ailleurs islamisme mais pas de « juivisme » ! On appelle le musulman intégriste un « islamiste » mais le juif intégriste qui tue les enfants palestiniens : « un sioniste » ! Un « hébreu » ! Un « colon » ! Un « fou » (comme Baruch Goldstein qui a tué 29 Palestiniens dont 7 enfants, tous en train de prier à Al aqsa!), un Israélien. Mais jamais un « juif » !

Si c’est le kamikaze palestinien qui attaque cette fois-ci, les victimes (re)deviennent comme par enchantement des juifs ! Des familles juives ! La communauté juive ! Et l’agresseur : un islamiste terroriste !

Dans le journal Tv de France 2 ou de TF 1, on emploie l’expression « les colons juifs » mais c’est pour parler des extraterrestres qui ont fui l’Holocauste martien et qui cherchent à s’installer sur la Terre de leurs aïeux, la Terre sur laquelle ces derniers ont atterri il y a des années-lumière.

Sionistes donc s’il vous plaît ! Et ne parlez jamais de l’Holocauste ! Humour interdit sur ce point ! Sinon vous tombez dans l’antisémitisme ! Le négationnisme ! Le révisionnisme ! Le nazisme ! Et tous les crimismes.

L’antisémitisme c’est uniquement pour les juifs

Demandez maintenant à tous les pro-israéliens si Isra-Hell a commis un seul crime ou un seul génocide ! Eux, ils sont les enfoiristes !

Oui je sais ce que vous allez dire ! Les Arabes sont sémites aussi ! Mais l’antisémitisme c’est uniquement pour les juifs ! Droits d’auteur Messieurs !

Oui, Oui ! Je sais aussi ce que vous allez dire à propos de la deuxième guerre mondiale ! L’Union soviétique a perdu 21 millions d’individus, la Chine 20 millions et l’Allemagne 9 millions ! Et on n’en parle pas comme on parle des victimes juives ! Combien d’ailleurs ! – On dit que c’est à peu près le même nombre des réfugiés palestiniens aujourd’hui !

L’humour vert et l’humour rouge

Mais revenons à nos moutons et à l’humour vert (permis) et l’humour rouge (interdit) ! Il est indéniable que la liberté d’expression est sacrée mais a-t-on le droit, au nom de cette liberté, de représenter un africain noir comme un singe et dire que c’est de l’humour (noir, blanc, jaune ou tout ce qu’on veut !) Ou crier comme un singe pour démoraliser un joueur noir et dire que c’était pour plaisanter et que c’était un geste humoristique !

En outre, peut-on saluer un travail humoristique (provocateur) dont l’objectif est d’ancrer dans les esprits certains stéréotypes dévalorisants sur les Arabes et les Musulmans (des terroristes, des ignares, des obsédés sexuels, des voleurs !!!) ???

Les Arabes et les Musulmans sont l’Ennemi mondial n°1

Au cours de la seconde guerre mondiale, Les médias dans les Etats Unis, l’Union soviétique et l’Allemagne ont malignement exploité toutes les stratégies humoristiques pour animaliser et diaboliser l’ennemi (bien évidemment pour le rapetisser aux yeux de l’opinion publique et justifier son anéantissement), mais aujourd’hui, pourquoi les Arabes et les Musulmans sont désignés à travers certains supports médiatiques comme l’Ennemi mondial n°1 ! Les tenants de la théorie du choc des civilisations connaissent bien la réponse.

Dans des centaines de films américains des années 60 et 70, l’Arabe ou le Musulman n’apparaît souvent pour ne pas dire toujours que comme un pervers idiot à la mentalité préhistorique, riche mais plus sale et plus bête que son chameau (un barbare quoi).

Au cours des années 80 et 90, il a évolué un tout petit peu : il a manié  les armes et il est devenu un terroriste professionnel qui menace la civilisation occidentale.

Avilir un peuple au nom de la liberté d’expression

Dans le documentaire canadien « zone doc : Hollywood et les arabes », Jack Shaheen a judicieusement montré comment Hollywood  a réussi à « avilir un peuple » ! (en revanche, combien de films dévalorisants sur les juifs trouve-t-on dans les archives cinématographiques mondiales!)

Et il faut préciser: Hollywood avilit un peuple au nom de la liberté d’expression ! Et dans un style humoristique authentique ! (www.youtube.com/watch?v=TJ7nwbbIpkc)

C’est ce que continuent à faire aujourd’hui certains médias européens sous couvert de cette prétendue liberté illimitée ! Ils continuent d’une façon trop bête et trop primaire à animaliser et déshumaniser toute une communauté en prétendant tourner en dérision certains faits ou certaines vérités.

L’humour sollicite avant tout l’intelligence et non le regard

Je dis trop bête et trop primaire parce que l’humour (le vrai) sollicite avant tout l’intelligence et non le regard !

C’est en effet l’idée ou le message implicite que recèle l’image ou le discours humoristique (et qui exige une certaine compétence interprétative, ce que les uns appellent tout bonnement l’intelligence) qui importe le plus.

C’est en ce sens qu’il est considéré par les uns comme le signe de supériorité intellectuelle ou de génie. On est impressionné par ces humoristes qui manient les mots comme des magiciens et qui parviennent à nous faire rire et réfléchir en même temps. L’humour est un don ! Point à la ligne !

Dessiner un prophète avec une bombe sur la tête ne fera pas rire même la vache qui rit. Ai-je besoin même d’une seule cellule grise pour comprendre le message transmis ? Et où réside la part d’inventivité dans ces bêtises !

Qui a commencé à jeter les pierres sur le toit d’autrui

(La quenelle de Dieudo est mille fois plus subtile et intelligente ! Pour Valls, c’est un salut nazi ! Pour moi, c’est un geste de résistance, « un bras d’honneur » (double) adressé au système et aux politicards de son acabit !)

Désormais, si vous faites la moindre allusion négative aux juifs, vous êtes taxé immédiatement d’antisémitisme !

Rappelons à ce propos que de tous les stéréotypes attribués aux juifs et qui remontent en réalité au Moyen âge, deux seulement sont tolérés aujourd’hui : le gros nez  et l’amour de l’argent. Les autres ont été légués aux arabes et aux musulmans ! (www.youtube.com/watch?v=k9czNkb9J2I)

Et quand vous parlez aujourd’hui de justice à géométrie variable ou de la logique des deux poids deux mesures, on vous accuse immédiatement d’être raciste et antisémite ! Mais qui a commencé à jeter les pierres sur le toit d’autrui !??

Les alternatives sont claires : ou bien vous acceptez et vous respectez les règles du jeu que vous avez vous-mêmes inventées et imposées aux autres (Patere legem quam ipse fecistiou) ou bien vous les modifiez et vous précisez les lignes rouges infranchissables ou  vous arrêtez carrément le jeu !

La réaction choquante de Valls m’a inspiré cette réflexion

Je n’ai jamais été un fan de Dieudo, mais c’est la réaction inattendue et même choquante de Valls qui m’a inspiré cette réflexion !

Pour conclure, je dirai en pastichant Pierre Desproges qu’on peut rire de tout et avec tout le monde à condition de ne pas tomber dans l’infra-humain !

Moez Lahmédi

Mounadil al Djazaïri