Archive pour palestine colonialisme

Colonisation et totalitarisme: Israël état d’apartheid… ou pire ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 14 mai 2019 by Résistance 71

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”

“Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’ont reconnu, là où est adoptée une idéologie d’exclusivité dans une réalité ethniquement lourdement chargée, il ne peut y avoir qu’un seul résultat possible: le nettoyage ethnique…”

“De fait, si vous étiez juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: adhésion et implication totales à la dé-arabisation de la Palestine.”


~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, traduction Résistance 71 ~ 

 

 

Israël état d’apartheid… ou pire ?

 

Résistance 71 

 

11 mai 2019

 

Il est de plus en plus fréquent de lire ou d’entendre qu’Israel est un état d’apartheid de la même manière que l’était l’Afrique du Sud jusqu’en 1995. Cette qualification est souvent utilisée pour justifier les campagnes de boycott du régime sioniste d’occupation de la Palestine, comme celle mise en place par le mouvement BDS (Boycott-Divestment-Sanctions).
Qu’en est-il exactement ? Les deux situations sont-elles pour autant identiques ? Comparables ?
Regardons d’abord ce qu’est “l’apartheid” ou une situation d’apartheid.
Que nous dit l’Encyclopedia Britannica sur le sujet ?

Apartheid: mot de la langue afrikaan voulant dire “mise à l’écart, mise à part”: politique gouvernant les relations entre la minorité blanche d’Afrique du Sud et la majorité noire / métisse du pays, politique sanctionnée par une politique de ségrégation raciale et de discrimination économique contre les non-blancs. Cette politique fut mise en place par la loi du Population Registration Act de 1950, qui classifiait la population en trois catégories: les Bantous, les colorés (métis) et les blancs. Une 4ème catégorie: asiatique, pour les Indiens et Pakistanais, fut ajoutée plus tard…”

Israël est un “état juif” auto-proclamé et reconnu, notamment par les Etats-Unis. Sous la doctrine politique du “sionisme”, Israël est un état colon qui colonise une terre étrangère et procède à un nettoyage ethnique de celle-ci depuis 1948.
Il y a donc en Israël des “citoyens à part entière” de confession judaïque et des “citoyens de second rang”, une ségrégation politique, économique, culturelle, sanitaire, administrative virulente étant appliquée à la population ancestrale palestinienne, qui refuse de se laisser dominer, écraser et éliminer et est entrée en mode de survie en milieu particulièrement hostile.

Y a t’il donc une différence entre Israël et l’Afrique du Sud ?

Oui, elle est de taille et personne n’en parle vraiment..
Pour analyser la différence entre les apartheids de ces deux pays, il faut avoir conscience de leur démographie.
Quelle était la situation coloniale en Afrique du Sud ?
Durant la période de l’apartheid, la répartition de la population était la suivante:

– Population blanche (colons): 20%, qui chuta à environ 13% juste avant la fin de l’apartheid.

– Population non-blanche: 80%

Depuis la fin de l’apartheid en 1995 et au dernier recensement de 2011, la population blanche sud-africaine n’est plus que de 9% soient environ 4,5 millions de personnes.

Qu’est-ce que cela veut dire en ce qui concerne la période de l’apartheid sud-africain ?
Qu’une population coloniale minoritaire implantée possédait pouvoir, argent, force coercitive et soutiens étrangers pour imposer sa règle de domination sur une grande majorité opprimée. Il était impossible pour la population blanche de se débarrasser en totalité de la population autochtone et donc la politique d’apartheid permettait, tout comme dans les états ségrégationnistes du sud des Etats-Unis jusqu’à la fin des années 1960, de maintenir le pouvoir colonial en place et d’imposer son mode de vie et hégémonie culturelle. La disparité démographique fut bien trop importante et donc le pouvoir colonial ne fit que régner d’une main de fer pour protéger les privilèges du petit nombre.

Qu’en est-il d’Israël ?

La population d’Israël (Palestine occupée) se décompose comme suit:

– 75% de juifs à l’origine de provenance essentiellement exogène

– 20% d’arabes (population autochtone)

– 5% autres (chrétiens, Druzes etc… population autochtone)

Cette situation démographique dans un pays colonial engendre bien évidemment une situation et un agenda politiques totalement différents. La situation de cet “état/entité sioniste” de par son idéologie suprémaciste est similaire à celle des Etats-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande où très rapidement, la population des colons envahisseurs a dépassé celle des autochtones originels, permettant une répression génocidaire.

Ainsi, la politique est celle d’une domination totale par génocide et nettoyage ethnique, par des persécutions visant à soit éliminer les populations indigènes, soit à les chasser définitivement et sans espoir de retour des territoires occupés colonisés (négation du droit au retour pourtant lui,faussement appliqué à la population des envahisseurs colons…), soit éventuellement à les parquer dans des zones concentrationnaires (réserves amérindiennes US et canadiennes, aborigènes, Gaza et Cisjordanie…). Israël est passé à l’étape finale de ne plus “convertir” ni “assimiler”, chose du reste jamais voulue, mais celle d’annihiler, d’en finir physiquement avec le “problème palestinien”, comme les Etats-Unis, le Canada ont voulu en finir avec leur “problème indien” et ont fort heureusement échoué, ce afin de parvenir à un état 100% juif.

Ainsi, l’apartheid israélien est en cela pire que l’apartheid sud-africain dans la mesure où il est toujours démographiquement possible de réaliser un nettoyage ethnique complet par la persécution et le génocide, ce qui n’était démographiquement pas possible en Afrique du Sud, même si le régime le désirait, la réalité pratique étant toute autre. On peut dès lors dire que le régime politique sud-africain était un régime d’apartheid conçut pour durer dans une situation ségrégationniste obligée, tandis que le régime politique de l’entité sioniste occupant violemment la Palestine officiellement depuis 1948 mais en fait depuis l’insertion des premières colonies après la première mondiale dès les années 1920, est plus orienté vers l’extermination / expulsion des populations palestiniennes autochtones à l’endroit depuis au moins deux millénaires, afin d’en finir avec le “problème non-juif”.

Nous ne disons bien évidemment pas que tous les juifs d’Israël et du monde sont d’accord et adhèrent à cette démarche, mais que le fait sans doute une majorité suffisante permettant au système politique d’un état raciste, suprémaciste colonialiste, de perdurer dans le temps et l’espace et d’exercer ses crimes perpétuels contre l’humanité, après avoir hypnotisé et terrorisé l’occident de ne pas critiquer ses violations permanentes du “droit international”, pour s’en référer au système étatique standard et obsolète de contrôle pathétiquement en vigueur et fermer les yeux sur les ignominies en vigueur.

Il est plus que grand temps de lever l’omerta générale sur une situation coloniale toujours active en Palestine qui a débouché sur la mise en place et la réalisation d’un nouveau génocide.

Il suffit de dire NON ! De retirer notre consentement à cette entité comme à toute entité étatique de contrôle pour qu’enfin nous parvenions à notre humanité accomplie, par la solidarité et la complémentarité acceptée ; ceci ne pourra se réaliser que lorsque nous nous tiendrons main dans la main avec tous les peuples colonisés et asservis du monde, lorsque nous aurons pleinement réalisé et intégré que nous sommes tous de fait des colonisés et que cela n’est bien entendu en rien inéluctable.

= = =

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

Nous sommes tous des colonisés !

 

 

 

 

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Gaza: Grande Marche du Retour, l’armée de l’occupant en déroute…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 31 mars 2019 by Résistance 71

Marche du Grand Retour: Les missiles de Gaza ont eu raison de l’armée israélienne

 

Press TV

 

31 mars 2019

 

url de l’article:

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/03/31/592242/Marche-de-grand-retour-les-missiles-de-Gaza-ont-eu-raison-de-larmee-israelienne

 

La défaite est plus que totale: quelques heures après la fin de la Marche du grand retour vendredi et samedi, l’armée israélienne cède et débloque les frontières avec Gaza. En effet, elle vient de recevoir coup sur coup manifestations, coup de missiles, ballons incendiaires et pour une armée totalement « débordée », le statut quo s’avérait impossible. Selon info-palestine, plus de 45 000 Palestiniens de toute la bande de Gaza se sont rassemblés en masse le samedi 30 mars pour le premier anniversaire de la Marche sur les frontières, bravant chars, blindés et snipers israéliens.

Paniqué à la vue du spectacle d’une foule déterminée, les soldats israéliens, plantés sur les frontières, ont ouvert le feu en tuant quatre jeunes palestiniens et en blessant 316 autres, un bilan qui reste provisoire. Il s’agissait du premier anniversaire de la Marche du grand retour, ce rassemblement hebdomadaire qui a lieu sans répit depuis un an, c’est-à-dire depuis que l’administration US croyant pouvoir naïvement enterrer la cause palestinienne, a annoncé la judaïsation de Qods.

Confirmation du nouveau bilan des victimes par le site d’information « Palestine Solidarité » qui rapporte que l’armée israélienne a assassiné hier samedi quatre jeunes palestiniens de 17, 18, 19 et 20 ans à Gaza, et en a blessé 316 autres par des balles réelles.

Évidemment le silence des médias mainstream arrangent bien l’agresseur. N’empêche que le quatrième martyr palestinien a été visé lors de la manifestation de la Journée de la Terre par des snipers israéliens dans l’est de Khan Younes. Signe que le mouvement est général, allant de Gaza à la Cisjordanie en passant par Qods. D’ailleurs, tous les territoires palestiniens ont été samedi le théâtre de manifestations et de grèves de masse.

Les Palestiniens scandaient tous les mêmes slogans: « Honte à cette occupation illégale ! Honte à ce régime d’apartheid ! Honte à ces crimes israéliens contre les civils palestiniens ! Honte à ce blocus israélien inhumain et mortel ! Honte à cette communauté internationale officielle complice ! Vive la solidarité ! Gaza sous blocus résiste, Gaza l’espoir et la dignité persistent. Ici, notre terre. Ici, notre Palestine ! La lutte continue ! La Palestine vivra ! La justice triomphera ! »

Les sources israéliennes reviennent largement sur cette double manifestation qui a tenu tout appareil politico-militaire israélien en haleine pour in fine le mettre au pas, puisque l’armée israélienne vient d’ouvrir les frontières de Gaza malgré un blocus hermétique imposé ces derniers jours.

Selon les sources proches du renseignement de l’armée israélienne, les missiles palestiniens ont eu le dernier mot. Les deux frappes palestiniennes contre Tel-Aviv et Ashkelon ont impliqué des missiles de haute précision.

Dans la nuit de samedi, l’exploit a été reconduit: d’après l’armée israélienne, « cinq roquettes ont visé la Palestine occupée depuis la bande de Gaza ». Les cinq missiles ont visé Eshkol au sud d’Israël en représailles à la mort de 4 palestiniens, froidement abattus par les snipers d’Israël. Les tirs ont fait déclencher des sirènes d’alerte et poussé des centaines de colons à s’enterrer dans des abris sous-terrains. Le site israélien DEBKA décrit que ces derniers avaient gagné les abris bien avant les tir de missiles, puisque « la marche palestinienne » faisait trembler la terre sous leur pied.

Pour toute riposte, l’artillerie israélienne a visé les sites désertés du Hamas à Gaza, sans oser bouger d’un iota des positions qu’elle occupe depuis 72 heures.

Le constat de DEBKA, site proche du renseignement israélien est sans appel: « La Marche du grand retour a été un succès… l’armée israélienne est dans l’incapacité de lancer des opérations au sol contre Gaza car prise de court par des missiles palestiniens.« 

Accords Sykes-Picot, déclaration de Balfour, colonialisme et Nakba moyen-orientale: origine et continuation…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 juin 2016 by Résistance 71

Excellent article de Ramzy Baroud auquel nous apporterons une précision quand même nécessaire: comme bien des analystes, Baroud pense que la guerre qui sévit en Syrie est une guerre “civile”. Il n’en n’est rien. La guerre en Syrie est une guerre (du gaz) par procuration, une guerre d’invasion coloniale par proxy de l’occident qui utilise sa légion mecenaire pseudo-djihadiste de l’EIIL ex-AQIL, créé par les Américains en Irak dans le sillage de son leur ambassadeur John “Mr Escadron de la Mort” Negroponte et son toutou à la botte le général David Petraeus, pour faire le sale boulot du changement de régime. Ce plan s’est heurté à un problème majeur: devant l’enjeu énorme de l’affaire, trois des protagoniistes et décideurs politiques dans la région ne se sont pas couchés et n’ont pas avandonné la Syrie: la Russie, l’Iran et son allié du Hezbollah libanais. Le reste de l’analyse de Ramzy Baroud est pile poil, le nœud de l’affaire remontant à la conjugaison des accords Sykes-Picot et à la déclaration de Balfour.

~ Résistance 71 ~

 

La place de la Nakba dans la catastrophe générale du monde arabe

Ramzy Baroud

18 juin 2016

url de l’article original:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article16080

Le 15 mai de chaque année, toutes ces 68 dernières années, les Palestiniens ont commémoré leur exil collectif de la Palestine. Le nettoyage ethnique de la Palestine pour faire place à une « patrie juive » s’est fait au prix d’une violence implacable et d’une souffrance perpétuelle. Les Palestiniens se réfèrent à cette tragédie comme à la « Nakba », ou « Catastrophe ».

Cependant, la « Nakba » n’est pas uniquement une expérience palestinienne… C’est également dans le monde arabe, une plaie qui ne cesse de saigner.

La Nakba est nommément l’accord Sykes-Picot de 1916 qui a divisé une grande partie du monde arabe entre les puissances occidentales qui se faisaient concurrence. Un an plus tard, la Palestine était retirée de la question arabe et « promise » au mouvement sioniste européen, provoquant ainsi l’un des conflits les plus longs de l’histoire moderne.

Malgré toutes les tentatives de séparer le conflit actuel en Palestine de son environnement arabe, les deux réalités ne peuvent être découplées puisque les deux remontent aux mêmes racines historiques.

Comment est-ce arrivé ?

Lorsque le diplomate britannique Mark Sykes, a succombé à une pandémie de grippe espagnole à l’âge de 39 ans en 1919, un autre diplomate, Harold Nicolson, a décrit comme suit ce qu’avait été son influence sur la région du Moyen-Orient :
« C’est grâce à son énergie et à sa persévérance sans limite, à son enthousiasme et à sa foi, que le nationalisme arabe et le sionisme sont devenus deux des plus grands succès de nos causes de guerre. »

Rétrospectivement, nous savons que Nicolson a parlé trop vite. La nature du « nationalisme arabe » auquel il faisait référence en 1919 était fondamentalement différente de celle des mouvements nationalistes qu’ont connus plusieurs pays arabes dans les années 1950 et 60. Le cri de ralliement pour le nationalisme arabe dans ces années-là était la libération et la souveraineté face au colonialisme occidental et à ses alliés locaux.

La contribution de Sykes à la montée du sionisme ne risquait pas de favoriser la moindre stabilité… Depuis 1948, le sionisme et le nationalisme arabe ont été en conflit permanent, entraînant des guerres et des bains de sang apparemment inépuisables.

Cependant, la dernière contribution de Sykes à la région arabe a été son rôle majeur dans la signature il y a un siècle de l’accord Sykes-Picot, également connu comme l’Accord d’Asie Mineure. Ce fameux traité entre la Grande-Bretagne et la France, qui a été négocié avec le consentement de la Russie, a façonné la géopolitique du Moyen-Orient pour tout le siècle qui allait suivre.

Au fil des années, les défis au statu quo imposé par cet accord Sykes-Picot, ont échoué à modifier fondamentalement les frontières arbitrairement dessinées qui divisaient les Arabes en « sphères d’influence, » administrées et contrôlées par les puissances occidentales.

Pourtant, avec l’apparition récente de « Daesh » et la mise en place à partir de 2014 de sa propre version de frontières tout aussi arbitraires, englobant de larges pans de la Syrie et de l’Irak, le tout combiné aux actuelles discussions sur la division de la Syrie en une fédération, l’héritage de l’accord Sykes-Picot pourrait bien voler en éclat sous la pression de nouvelles et violentes circonstances.

Pourquoi Sykes-Picot ?

L’accord Sykes-Picot a été signé dans le contexte de la violence qui a ravagé une grande partie de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et du Moyen-Orient à l’époque.

Tout a commencé après que la Première Guerre mondiale ait éclaté en juillet 1914. L’Empire ottoman rejoignit bientôt la guerre aux côtés de l’Allemagne, en partie parce qu’il était conscient que les Alliés – principalement la Grande-Bretagne, la France et la Russie – avaient l’ambition de contrôler tous les territoires ottomans dont les régions arabes de la Syrie, la Mésopotamie, l’Arabie, l’Égypte et l’Afrique du Nord.

En novembre 1915, la Grande-Bretagne et la France ont commencé sérieusement leurs négociations, dans le but de diviser l’héritage territorial de l’Empire ottoman après que la guerre se soit terminée en leur faveur.

Ainsi, une carte faite de lignes droites dessinées avec un crayon gras a largement déterminé le sort des Arabes, en les divisant selon différentes hypothèses aléatoires de lignes tribales et sectaires.

Partage du butin

Le négociateur pour la Grande-Bretagne était Mark Sykes, et le représentant de la France était François Georges-Picot. Ces deux diplomates décidèrent – une fois les Ottomans vaincus – que la France recevrait les zones marquées de la lettre a et qui comprenaient la région du sud-est de la Turquie, le nord de l’Irak, et l’essentiel de la Syrie et du Liban.

Les territoires marqués d’un b étaient quant à eux sous contrôle britannique, ce qui incluait la Jordanie, le sud de l’Irak, Haïfa et Acre en Palestine, et la bande côtière entre la mer Méditerranée et le Jourdain.

La Russie de son côté, devait prendre Istanbul, l’Arménie et le détroit stratégique turc.

La carte improvisée est faite non seulement de lignes mais aussi de couleurs, avec un langage qui prouve que les deux pays considéraient la région arabe sur un plan purement matériel, sans prêter la moindre attention aux répercussions possibles de ce saucissonnage de civilisations entières.

L’histoire d’une trahison

La Première Guerre mondiale s’est conclue le 11 novembre 1918, après quoi la division de l’Empire ottoman a sérieusement commencé.

Les mandats britannique et français ont été étendus sur des entités arabes divisés, alors que la Palestine – sur laquelle un État juif a été créé trois décennies plus tard. – était livrée au mouvement sioniste.

L’accord, soigneusement conçu pour répondre aux intérêts coloniaux occidentaux, n’a produit que de la division, des crises et des guerres.

Alors que le statu quo imposé a garanti l’hégémonie des pays occidentaux sur le Moyen-Orient, il n’a pas réussi à fournir un minimum de stabilité politique ou d’égalité économique.

L’accord Sykes-Picot a été conçu en secret, pour une raison particulière : il était en désaccord complet avec les promesses faites aux Arabes pendant la Grande Guerre. Les dirigeants arabes, sous le commandement de Sharif Hussein, s’étaient vus promettre l’indépendance complète après la guerre en échange de leur soutien aux Alliés contre les Ottomans.

Il a fallu de nombreuses années et des rébellions successives pour que les pays arabes accèdent à l’indépendance. Les conflits entre les Arabes et les puissances coloniales ont engendré le nationalisme arabe, né dans des environnements extrêmement violents et hostiles, ou plus exactement après les avoir surmontés.

Le nationalisme arabe a peut-être réussi à maintenir un semblant d’identité arabe mais il n’a pas réussi à développer une riposte solide et unifiée au colonialisme occidental.

Lorsque la Palestine – promise par la Grande-Bretagne comme foyer national pour les Juifs dès novembre 1917 – est devenue Israël, accueillant principalement des colons européens, le sort de la région arabe à l’est de la Méditerranée a été scellé comme siège de conflits et d’antagonismes perpétuels.

C’est en cela, en particulier, que le terrible héritage de l’accord Sykes-Picot se fait surtout sentir, dans toute sa violence, son imprévoyance et son complet manque de scrupules politiques.

Cent ans après que deux diplomates britanniques et français aient divisé les peuples arabes en sphères d’influence, l’accord Sykes-Picot reste une réalité dominante du Moyen-Orient, bien que contestée.

Cinq ans après que la Syrie ait sombré dans une violente guerre civile, la marque de l’accord Sykes-Picot se fait une fois de plus sentir alors que la France, la Grande-Bretagne, la Russie – et maintenant les États-Unis – envisagent ce que le secrétaire d’État américain John Kerry, a récemment appelé le « plan B, » qui consisterait à diviser la Syrie sur la base de lignes sectaires, probablement en conformité avec une nouvelle interprétation occidentale des « sphères d’influence ».

La carte Sykes-Picot a pu être une vision brute élaborée à la hâte durant d’une guerre mondiale, mais, depuis lors, elle est devenue le principal cadre de référence que l’Occident utilise pour redessiner le monde arabe et pour « le contrôler comme ils le désirent et comme ils veulent le voir. »

La « Nakba » palestinienne, par conséquent, doit être comprise comme faisant partie intégrante des plus larges conceptions occidentales du Moyen-Orient, datant d’un siècle, alors que les Arabes étaient (et restent) divisés et la Palestine était (et reste) conquise.

 

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Résistance au colonialisme: Palestine occupée, la solution à deux états est morte et enterrée…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 février 2016 by Résistance 71

“En fait, la carte de partition de l’ONU en 1947 était une recette assurée pour la tragédie qui commença à se dérouler une fois la résolution 181 adoptée. Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’avouèrent plus tard, quand une idéologie d’exclusivité est adoptée dans une réalité ethnique très vivide, il ne peut y avoir qu’un seul résultat: le nettoyage ethnique”.

~ Ilan Pappe ~

 

Arrêtez toutes ces salades… La solution à deux états est morte et enterrée !

 

Hasan Affif el-Hasan

 

13 Février 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15890

 

On peut dire sans risque de se tromper, que dans les conditions actuelles, la situation des Palestiniens est catastrophique. Le morcellement spatial qui leur est imposé par les colonialistes sionistes et leurs dirigeants incompétents, cupides et corrompus ne laisse guère de place à l’optimisme. La rhétorique de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne (AP) réclame la levée de l’occupation et la fin des colonies de peuplement mais ses forces de sécurité arrêtent et emprisonnent ceux qui défient l’occupation et les colons. L’IDF et les colons qui commettent des violences à l’encontre des Palestiniens et leurs biens savent pertinemment qu’ils ne risquent guère de sanctions de la part des autorités israéliennes pour leurs crimes.

Les Israéliens n’apprécient pas d’être qualifiés d’ « occupants » ou de « colonialistes », mais leurs actes sont avérés être ceux d’une société coloniale. Israël éreinte tout rapport rédigé par des organisations des droits de l’homme l’accusant d’être tendancieux, déformé, et, si nécessaire, antisémite. M. Abbas demande aux Palestiniens, qui ont peu de recours juridiques contre les attaques des forces de l’occupation et les colons armés, de ne pas riposter et d’accepter les insultes et l’humiliation. Il déshumanise son propre peuple et visiblement n’est pas du même avis que le réformateur africain-américain du 19 siècle Frédéric Douglas qui disait qu’ « Il n’y a pas de progrès sans lutte. Ceux qui professent vouloir la liberté, et qui pourtant dénigrent l’agitation, sont des hommes qui veulent récolter sans devoir labourer. Ils veulent la pluie sans le tonnerre et la foudre. Ils veulent l’océan sans le terrible rugissement de ses eaux tumultueuses. »

Les dirigeants palestiniens ont reconnu Israël alors que ni le projet sioniste ni l’état qu’il a créé n’ont jamais reconnu les natifs palestiniens en tant que peuple pour lequel la Palestine avait été la patrie depuis plus de 1500 ans. Au lieu de cela, ils furent considérés comme des « Arabes », qui seraient absorbés par les territoires arabes adjacents. Lorsque David Ben Gourion vint en Palestine en 1906, il n’est pas venu pour échapper à la percussion mais pour réaliser le rêve d’un foyer national juif dans le « Grand Israël » de M. Hertzl, et dans les années qui suivirent la vision qu’il avait des frontières de cette nation était sans équivoque. Le 7 janvier 1937, lors de sa déposition devant la Commission Peel, il a déclaré, « Je dis au nom des juifs, que la Bible est notre mandat, la Bible rédigée par nous dans notre langue, l’hébreu, dans ce pays même [Palestine]. Voila notre mandat ; ce n‘était que la reconnaissance de ce droit qui fut exprimé dans la Déclaration Balfour. »

Dans le vocabulaire sioniste, la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre, » mais lorsque le nouvel état d’Israël a déclaré son domaine territorial à l’indépendance, les juifs ne possédaient que 6,8 pourcent du pays. Israël a promulgué beaucoup de nouvelles lois pour transférer la propriété de toute la terre à l’état d’Israël. Les Palestiniens qui ont fui leur foyer ou en ont été expulsés avant et pendant la guerre israélo-arabe ne sont pas autorisés à rentrer chez eux. Même ceux qui sont restés à l’intérieur des frontières de ce qui deviendrait Israël furent déclarés par la loi « absents présents, » et ils n’ont reçu aucune indemnisation pour la perte de leurs biens immobiliers. Les Palestiniens qui se sont réfugiés dans des villages voisins lorsque le leur était attaqué furent considérés comme ayant déserté leur propriété, même s’ils n’avaient pas l’intention de s’absenter plus de quelques jours. Ils furent expropriés. Une pratique courante consistait à utiliser une législation d’urgence pour déclarer des terres appartenant à des citoyens palestiniens zone militaire fermée, expulsant ainsi la population avant d’utiliser l’une des nombreuses lois sur les absents pour déclarer la terre propriété de l’état.

Le sionisme est un mouvement sectaire, fasciste et expansionniste dont les ambitions sont sans limites ; et Israël n’a jamais renoncé au projet d’expansion territoriale sioniste tel qu’il apparaît sur la carte présentée par la délégation sioniste à la Conférence de Paris, après la première guerre mondiale en 1919. La carte couvre toute la Palestine historique ainsi que des portions d’états arabes voisins.

Tandis qu’Israël faisait des ravages en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, M. Abbas disait à des visiteurs israéliens à son quartier général en 2014 : « la coordination sécuritaire [avec l’armée d’occupation israélienne et le Shabak] est sacrée, et nous allons la poursuivre. » Ceci est tout à fait en adéquation avec sa stratégie de toujours de capituler sur les droits palestiniens, alors que les gouvernements israéliens n’ont jamais rendu la pareille. Même les responsables états-uniens admettent que M. Abbas s’est plié en quatre pour satisfaire quasiment toutes les exigences israéliennes.

  1. Abbas fut l’architecte des Accord d’Oslo, qui ont permis à Israël de contrôler les Palestiniens dans les territoires occupés par procuration et sans frais. Il avait renoncé publiquement à la résolution 194 de l’ONU qui accordait aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants le droit au retour dans leur foyer, légitimant ainsi le nettoyage du pays par Israël de ses Palestiniens ! Le juge Richard Goldstone, juif progressiste aux liens étroits avec Israël, a osé faire passer sa conscience avant sa carrière et mettre en avant les crimes israéliens contre les Palestiniens à Gaza en 2009. Il a dit aux militaires et dirigeants politiques israéliens, « Vous devez vous justifier devant une cour pénale. » C’était la première fois que la dimension des droits de l’homme du conflit israélo-palestinien était mise au centre des débats ; la campagne du gouvernement israélien contre M. Goldstone prit la forme d’une dénonciation virulente ; mais Mahmoud Abbas, président de l’AP et secrétaire général de l’OLP, demanda à son envoyé à Washington de ne pas tenir compte du rapport.

Je déteste avoir à le dire, mais plus que jamais les Palestiniens ont besoin de dirigeants à la stature et au dévouement de leurs adversaires Chaim Weizmann ou David Ben Gourion pour sauver leur cause, plutôt que du genre cupide comme Abbas et consorts. Lorsque les sionistes ont estimé que la Grande Bretagne, qui leur avait donné la Palestine dans la Déclaration Balfour, loin de leur faciliter la tâche devenait un obstacle et revenait sur ses promesses, Ben Gourion et ses collègues ne se sont pas coordonnés avec les forces de sécurité du Mandat Britannique contre leur peuple ! Ils se sont retournés contre la Grande Bretagne.

Plus de six décennies après la création d’Israël sur soixante-dix-huit pourcent de la Palestine et presque cinq décennies après l’occupation du reste de leur pays, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et des camps de réfugiés ressentent une grande frustration. Il y a chez eux une rancœur sourde, de la colère, et des remarques désobligeantes à l’encontre de leurs dirigeants, des accusations de duplicité et une exigence de dignité et de justice se font entendre. L’humiliation et la dépossession infligées par l’occupation militaire omniprésente et les hordes de colons génèrent chez chaque Palestinien une indignation à la fois personnelle et collective.

La justification donnée par M. Abbas de la coordination sécuritaire avec l’armée d’occupation israélienne contre son peuple est la protection de son pays. La question qui se pose est quel pays M. Abbas tente-t-il de protéger ? Il y a trois versions différentes de ce qu’un état palestinien devrait être, celui promis par le discours des dirigeants de l’OLP ; celui négocié à huis-clos par l’OLP et les élites israéliennes à Oslo ; et le mini état qu’Israël a créé en Cisjordanie occupée sous couvert d’Oslo, Camp David et la fiction proclamée par le Quartet d’une « feuille de route » conduisant à deux États.

Se fondant sur la rhétorique de leurs dirigeants qui prétendent être engagés alors qu’Israël fonde des colonies et les développe, le peuple palestinien envisage un état dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ce serait un état-nation moderne, un membre à part entière de la communauté internationale jouissant de la pleine souveraineté, du contrôle de ses frontières, et des moyens de se défendre. Mais l’accord d’Oslo II de 1995 qui fut négocié par les dirigeants auto-proclamés de l’OLP au nom des Palestiniens désigne d’un tout autre état.

Il morcelle la Cisjordanie et attribue à Israël les 61 pourcent de la Cisjordanie qui englobent la majeure partie des ressources palestiniennes et la richesse agricole de la vallée du Jourdain. La Cisjordanie occupée a été divisée en trois zones, A, B, et C. La zone A qui représente 18 pourcent de la superficie totale de la Cisjordanie et qui comprend la majorité des Palestiniens donnerait à l’AP le contrôle administratif et de sécurité, avec toutefois la réserve que l ‘IDF pourrait librement y faire des incursions si elle estimait que des questions de sécurité étaient en jeu, ce qui se produit quotidiennement. Et dans ce cadre il était prévu que les forces de sécurité palestiniennes se coordonnent avec l’armée d’occupation israélienne. En zone B, soit 21 pourcent de la Cisjordanie, l’AP serait en charge du contrôle administratif mais partagerait la sécurité avec l’IDF. En zone C, c’est à dire 61 pourcent du territoire occupé, l’IDF exercerait le contrôle absolu.

Les Accords d’Oslo ont laissé de côté certaines des questions centrales les plus réfractaires : les frontières, Jérusalem, le droit au retour, l’eau et les implantations. Ce qui a permis à Israël d’agir unilatéralement et de créer sur le terrain un mini état palestinien sans contiguïté géographique, avec des tunnels reliant les centres urbains. Dans ce mini état les Palestiniens n’auraient pas de connections directes à Jérusalem, les grandes colonies de peuplement ne se trouveraient pas en territoire palestinien et ses frontières seraient sous contrôle israélien, Israël partagerait le contrôle de son espace aérien et les Palestiniens n’auraient pas le contrôle total du spectre électromagnétique de leur état.

N’ayant pas réussi en deux décennies et demie à empêcher Israël d’étendre ses colonies de peuplement, et d’annexer de fait une part substantielle des terres palestiniennes, et après plus de six décennies d’hostilité implacable, il est temps de reconnaître qu’il est impossible de parvenir à une solution à deux États, et d’engager un nouveau processus qui ne soit plus entravé par la rhétorique et de fausses hypothèses. Et pour ceci il faut une nouvelle direction palestinienne.

Résistance au colonialisme: Petite mise au point spatio-temporelle sur la Palestine…

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L’empereur est nu: la Cisjordanie, les colonies et la solution à deux états

Al Manar

10 février 2016

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=285041

Mais son succès le plus remarquable est d’avoir accrédité auprès des Palestiniens et du monde, l’idée que l’occupation de la Palestine a commencé en 1967 et que dès lors la solution de la question palestinienne est ce qu’on appelle la Solution à deux États. C’est une manipulation de la réalité qui ferait la fierté de tout prestidigitateur. 
Il est devenu parfaitement acceptable de fermer les yeux sur le fait que la plus grande partie de la Palestine est occupée depuis 1948. Evoquer le nettoyage ethnique de la Palestine et l’éradication de mosquées et d’églises, d’écoles et de maisons, de villes et villages palestiniens, cela est considéré à présent comme radical.

En effet, quarante-neuf ans d’occupation, c’est ce qu’on entend dire sans arrêt, voilà le cinquantième anniversaire de l’occupation disent les gens, mais j’ai beau faire : quand j’ajoute quarante-neuf à l’an 1948, je n’arrive pas à 2016, mais plutôt à 1997.

La communauté internationale fait montre d’un mépris total pour les crimes commis par les sionistes entre 1948 et 1967. L’effacement des données sur ces années marquées par la spoliation, les massacres et violations épouvantables des droits humains par Israël, c’est un tour de passe-passe impressionnant. Deux petites zones dans la Palestine tracée par Israël et laissées hors des frontières d’Israël en 1948, à savoir la Cisjordanie et Gaza, ont été reconnues comme étant la Palestine. Mais ce n’est pas tout. Pas UN mètre carré de la Cisjordanie ou de Gaza n’est sous souveraineté palestinienne. Toute la Palestine du Jourdain à la mer, est contrôlée par Israël.

Alors, quand des pays européens reconnaissent la Palestine, eux aussi se comportent comme des idiots devant un tour de magie, heureux de participer à l’illusion créée par un grand maître en supercherie. Et bien sûr, comme le monde est mené par le bout du nez, berné par l’illusion d’une Palestine qui existe, Israël, maître ès duperie, continue de réduire le peu qu’il reste de la vie palestinienne – et personne ne se lève pour clamer que l’empereur est nu ! Il n’y a pas d’État palestinien, il n’y a pas de solution à deux États, il n’y a pas de Cisjordanie, et il n’y a pas un pouce de souveraineté palestinienne où que ce soit en Palestine !

 « TPO » est devenu un acronyme bien connu qui sert à décrire les Territoires Palestiniens Occupés. Mais quand on demande aux gens de désigner ces territoires sur une carte, tout ce qu’on voit c’est ce qui était naguère la Cisjordanie, une zone créée par Israël en 1948 puis éliminée en 1967, et la bande de Gaza, qui n’existe que comme un camp de concentration dans lequel on permet à Israël de perpétrer un génocide, tandis que le monde regarde ailleurs et prétend ne rien voir.

Ce qui suscite les questions suivantes : si les TPO se limitent à la Cisjordanie et à la bande de Gaza, alors où sont les Territoires palestiniens non-Occupés ? Y a-t-il des territoires palestiniens qui ne sont pas occupés ? Si de tels territoires existent, quelqu’un pourrait-il me les montrer sur une carte ? Parce que toutes les cartes que j’examine et chaque mètre carré de Palestine que je visite sont occupés.

 Un autre terme utilisé largement en connexion avec la Palestine, c’est « colonies ». Parfois on dit « colonies illégales ». Tout cela se réfère largement aux colonies israéliennes construites en Cisjordanie. On parle « d’expansion des colonies », de « blocs de colonies » etc. A nouveau, cela pose une question : quelle est la différence entre les colonies juives dans ces zones et celles construites à Al-Khalil ou dans le Néguev ? Et qu’en est-il des colonies construites autour de Jérusalem et de celle près de Jaffa qu’on nomme Tel-Aviv ? 

Les Israéliens qui vivent sur des terres palestiniennes volées en 1948 se considèrent eux-mêmes comme des Israéliens authentiques, de bons libéraux – dieu ne veuille qu’ils soient des colons ! Mais quelle est la différence ? Tout a été volé par la force en Palestine, et sauf quelques très rares exceptions, toutes les villes et cités israéliennes tous les villages et toutes les fermes ont été construits sur des terres qui ont été volées, et donc tous sont des colonies illégales. Une fois de plus le maître ès tromperie nous mène tous par le bout du nez pour montrer ce qu’Israël veut nous faire voir – et personne ne se lève pour crier : « L’Empereur n’a pas d’habits ! »

Entre 1948 et 1967 Israël s’est acquis une légitimité en commettant des crimes terribles et en créant ce qu’on appelle « des faits sur le terrain »*. La conquête de la Cisjordanie et de Gaza en 1967, par laquelle Israël compléta l’occupation de la Palestine, a détourné l’attention des territoires qu’Israël occupait en 1948 vers les territoires nouvellement occupés. A présent cela fait cinq décennies qu’Israël a créé « des faits sur le terrain » dans ces zones qu’il appelle maintenant « Judée et Samarie ».

Mais tout illusionniste, tout voleur et bien sûr un maître de la supercherie d’un tel calibre doit avoir des complices.

Peu nombreux sont ceux qui peuvent vraiment prétendre ne pas savoir ce que fait Israël. Le corps diplomatique international est parfaitement conscient de ce qui se passe en Palestine. La CIA et le Département d’État US connaissent parfaitement toutes les astuces et tous les crimes commis par Israël. Chacune des administrations étatsuniennes aussi bien que les gouvernements européens ont été complices des crimes commis par Israël.

 Toutefois il est temps que le reste du monde se réveille et mette fin à l’illusion. L’illusion qu’Israël a une légitimité, l’illusion qu’Israël est quelque part la réponse à l’Holocauste et à l’antisémitisme, et l’illusion que certaines parties de la Palestine sont occupées tandis que d’autres ne le sont pas. Il est temps de dire à voix haute et claire que toutes les colonies israéliennes, partout, sont illégales et que, comme dans le conte « Les nouveaux habits de l’Empereur » l’empereur est nu, Israël aussi est dépourvue de légitimité.

Colonialisme et génocide: Le massacre en règle des Palestiniens continue…

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Assassinats en masse de Palestiniens

 

Rashid Shahin

 

27 janvier 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15866 (avec vidéos)

 

Ce qui se passe ici ce ne sont pas seulement des assassinats sans procès, ou des assassinats extrajudiciaires, mais des crimes de guerre, ou des crimes contre l’humanité.

Ce qui se passe dans les territoires occupés palestiniens ce ne sont pas des assassinats extrajudiciaires de civils palestiniens, ce sont des exécutions pures et simples sur ordre d’hommes/de femmes politiques haut placés et de généraux militaires.

Lorsque la ministre des affaires étrangères suédoise, Margot Wallstrom a réclamé l’ouverture d’une enquête sur les assassinats extrajudiciaires d’Israël, elle a été méchamment attaquée par des hommes/femmes politiques israéliens ; une campagne de haine et d’incitation fut déchainée contre elle dans les médias de masse israéliens.

Les dirigeants israéliens ne sont pas habitués à de pareilles critiques de la part de dirigeants occidentaux, c’est la raison pour laquelle les déclarations de Mme Wallstrom les ont choqués et perturbés.

Les hommes et femmes politiques israéliens craignent que de telles déclarations n’encouragent d’autres dirigeants du monde à lui emboiter le pas et à leur tour à critiquer Israël et dénoncer ses crimes en prélude à une condamnation d’Israël sur la scène internationale.

Si c’est en effet le cas, cela signifie que l’immunité dont jouissent Israël et ses dirigeants depuis la création de l’état sioniste, prendra fin, ce qui les effraie et les affole.

Ils se croient immunisés contre toute critique depuis sept décennies et pensent qu’Israël est au-dessus du droit international.

Depuis le début de l’actuelle Intifada, les exécutions d’enfants et de jeunes Palestiniens sont quasi quotidiennes. Des vidéos qui ont largement circulé partout dans le monde montrent clairement que des Palestiniens ont été la cible de tirs et ont été tués sans avoir commis de délit. De nombreuses vidéos montrent que les accusations portées par les autorités d’occupation avaient été inventées de toute pièce.

En regardant ces vidéos il n’est pas nécessaire d’être spécialiste pour se rendre compte s’il s’agit d’une exécution sommaire ou d’une mise en scène ; de nombreuses vidéos montrent clairement comment les couteaux ont été placés sur les lieux, et beaucoup d’autres montrent que les victimes palestiniennes ne représentaient aucune menace d’aucune sorte.

Des vidéos montrent que des victimes ont été laissées se vider de leur sang jusqu’à ce que mort s’en suive, d’autres montrent à quel point la société israélienne peut être raciste, surtout lorsque des colons sionistes entonnent des chants et insultent les victimes, comme ce fut le cas pour l’enfant Ahmad Manasrah, qui gisait dans son sang dans la rue, et qui fut injurié, attaqué et battu par la police d’occupation.

Les dirigeants mondiaux doivent avoir les tripes de dire les choses telles qu’elles sont ; ce qui se passe ici ce ne sont pas seulement des assassinats sans procès, ou des assassinats extrajudiciaires, mais des crimes de guerre, ou des crimes contre l’humanité.

Ce que font les forces d’occupation dans les territoires occupés sont des crimes ; appeler les choses par leur véritable nom et qualifier de crimes les actes commis par ces forces d’occupation peut les amener à hésiter à tuer et à tirer sur la base de simples soupçons.

Si l’Occident commence à décrire la réalité de la situation due à l’occupation telle qu’elle est , ceci irritera les dirigeants sionistes d’Israël et les fera reconsidérer leur attitude à l’intérieur des territoires occupés.

 

 

 

Colonialisme en Palestine: « Rompre le silence » sur le nettoyage ethnique sioniste en Palestine…

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Gaza le terrain de jeu de l’armée israélienne

 

Tarik Bouapia

 

8 Mai 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Gaza-le-terrain-de-jeu-de-l-armee.html?lang=fr

 

L’ONG Breaking the silence (rompre le silence) vient de publier des témoignages accablants de militaires israéliens ayant participé à l’opération « Bordure Protectrice » de l’été dernier. Certains soldats, sous couvert d’anonymat, affirment qu’aucune distinction n’était faite entre les civils et les soldats. Une surprise ? Sans doute pas pour ceux qui ont toujours considéré Israël comme un État lâche et criminel.

Civils, combattants, pas de distinction

Ceux qui croyaient (encore) que l’armée israélienne était celle que décrivent les médias dominants risquent d’avoir une toute autre image de Tsahal. Breaking the silence, une ONG composé d’anciens combattants de l’armée israélienne, vient en effet de publier le lundi 4 mai 2015 une série de témoignage d’anciens militaires ayant participé au massacre de l’été dernier à Gaza. (1)
Autant dire tout de suite que ces témoignages viennent ajouter encore plus de barbarie à l’histoire déjà peu glorieuse de l’État d’Israël qui, depuis 1948, a commis des atrocités sans nom contre le peuple palestinien.
Rappelons tout d’abord que l’offensive israélienne menée du 8 juillet au 26 août 2014 a fait plus de 2100 victimes côté palestinien dont l’écrasante majorité étaient des civils. Une offensive qui, comme les précédentes, avait été soigneusement préparée par des média-mensonges.
Cette fois-ci, les TF1, France 2 et autre RTBF avait expliqué que Tsahal avait répondu à l’assassinat de trois jeunes israéliens le 12 juin. Si on suivait la logique imposée par les médias, Israël aurait donc simplement réagi au meurtre de trois de ses ressortissants.

Pourtant, lorsqu’on y regardait de plus près, l’explication donnée était un peu moins simpliste qu’elle n’en avait l’air. Avant cet événement en effet, il y avait eu la grève de la faim des prisonniers palestiniens d’avril à juin 2014 et la mort de deux jeunes Palestiniens tués par l’armée israélienne devant les télévisions le 15 mai 2014. La situation n’était donc pas apaisée. 

Mais comme toujours, afin de « protéger la sécurité » de son territoire, un territoire volé, l’armée israélienne avait lancé une attaque meurtrière dont d’anciens protagonistes viennent ici décrire la cruauté la plus abjecte qu’il soit. 

“Il y a une technique qui consistait à envoyer des milliers d’obus sur des zones densément peuplées, pour préparer l’entrée des soldats dans ces quartiers. Une fois distribués des avertissements prévenant les civils qu’ils devaient fuir, il n’y avait plus de raison de faire la distinction entre civils et militants” explique Avihai Stollar, membre de Breaking de silence.

Puis c’est au tour des soldats de livrer leur témoignage. 

L’un d’entre eux qui se trouvait à un endroit surplombant une route importante menant à la bande de Gaza raconte comment lui et ses camarades s’occupaient la journée : 
« Nous avons commencé un petit concours entre tireurs. Pour voir qui était un vrai homme, il fallait toucher une voiture qui roulait. J’ai vu un taxi et j’ai tiré un obus mais je l’ai manqué. On a encore visé et manqué des voitures. Jusqu’à que je vois un cycliste qui pédalait. Et j’ai dit « je le vise » mais je l’ai manqué. Il s’est mis à pédaler comme un fou parce qu’on lui tirait dessus ».
Puis le journaliste lui pose la question suivante « Vous est-il venu à l’esprit dans le tank que vous tiriez sur des civils à l’intérieur des véhicules ? ». Le soldat lui répond « Cela m’a dérangé un peu mais, après trois semaines dans la bande de Gaza, on en vient à tirer sur tout ce qui bouge, la distinction entre le bien et le mal devient floue, vous perdez votre morale, votre bon sens » Avant de conclure « Tout devient un super jeu vidéo réaliste ». 

Alors comme ça, il fallait savoir tirer sur une voiture pour démontrer qu’on était un « vrai homme ». Nouvelle définition du courage et de la virilité masculine version Tsahal.

Ainsi, la bande de Gaza est devenue un terrain de jeu. Les Gazaouis ne sont pas considérés comme des humains mais comme des cibles qu’il faudrait abattre.
En fait, Gaza est à la fois un terrain de jeu et un terrain de chasse pour les soldats israéliens. Les habitants de cette prison à ciel ouvert sont totalement déshumanisés et considérés comme de vulgaires membre d’une sous-espèce dont la vie ne compte pas ou si peu.

Un autre témoignage affirme que « Les soldats ont reçu pour instruction de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi ». Un sergent d’infanterie raconte « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! ». 

Un autre cas révèle que deux femmes qui au petit matin parlaient au téléphone à 800 mètres des forces israéliennes ont été prises pour des « guetteuses ». On ne savait pas trop. Résultat ? Elles ont été abattues sur le champ car considérées comme « terroristes ». Ce mot « terroriste » a décidément bon dos et sert constamment à justifier le pire. 

Pour un autre soldat, un civil qui « voit un char et ne s’enfuit pas n’est pas innocent et peut être tué ». Ce dernier considère Breaking the Silence comme une organisation anti-sioniste et quand cette dernière lui demande s’il y a eu crime de guerre, ce dernier répond cyniquement « Crime de guerre ? C’est un grand mot. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait des trucs amoraux, sur le plan international. J’ai visé des cibles civiles, parfois juste pour le plaisir ».

Médias, politique, pseudo-intellectuels, où êtes-vous ?

Et la liste des témoignages de cette nature est malheureusement encore très longue. Ces témoignages ne surprendront que ceux qui ont cru aux belles histoires racontées tant pas les médias dominants que les prétendus « intellectuels ». Celle d’un État « démocratique », le « seul » au Moyen-Orient qui lutterait sans relâche contre des « terroristes ». Cette histoire, lue, entendue et réentendue vient une nouvelle fois se fracasser sur le mur des réalités, des faits et des témoignages de ceux qui ont été les premiers témoins mais aussi et surtout les premiers acteurs de cette barbarie. 

Car en effet, l’histoire officielle, celle écrite par les dominants et relayée par les organes de propagande tels que les médias ou l’école ne cesse encore aujourd’hui de présenter l’État d’Israël comme un territoire agressé et qui utiliserait la force dans le seul but de se défendre. Ou encore cette fable racontée à chaque agression israélienne et qui prétend décrire le conflit comme une guerre « propre ».
Déjà le mot « guerre » doit être banni du vocabulaire lorsqu’on présente les événements meurtriers à Gaza. Car la guerre est un conflit qui se mène principalement entre deux États avec plus ou moins de ressources militaires, financières, logistiques à peu près équivalentes. Ce qui n’est pas du tout le cas à Gaza. Là-bas, ce n’est pas de guerre qu’il faut parler mais bien de massacres, d’anéantissement d’un peuple, de meurtres de masse, d’une entreprise coloniale… Et puis parler d’une guerre « propre » est un oxymore insupportable.

Mais il fait partie du langage hégémonique utilisé par ceux qui défendent de manière inconditionnelle l’État d’Israël. La « propreté » comme ultime légitimation de la barbarie. 

Aujourd’hui comme hier, le masque tombe et montre comment une armée ultra-puissante anéantit un peuple sans défense auquel ne restent que le courage et la dignité. 

N’est ce pas Heilbrun, président du comité électoral du maire de Tel-Aviv qui avait déclaré : « Nous devons tuer tous les Palestiniens à moins qu’ils ne soient résignés à vivre en tant qu’esclaves ».(2) N’est ce pas Ben Gourion, le fondateur de l’Etat d’Israel qui avait affirmé : « Nous devons utiliser la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et l’arrêt de tous les programmes sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe ».(3) 

Mais alors, ou sont les supposés « intellectuels » et « philosophes » tel que Bernard Henri Lévy ou Alain Finkielkraut qui hier apportaient un soutien indéfectible à Tsahal et qui aujourd’hui font preuve d’un silence assourdissant sur ces révélations plus qu’embarrassantes ? Que va dire BHL pour qui la responsabilité de la situation à Gaza devait être imputée au « Hamas » ?
Quelle sera la réaction de celui qui avait affirmé que « ceux qui pleurent pour les Palestiniens, je ne les ai jamais vus dans la rue pleurer d’autres morts » (4). En bon petit soldat de Tsahal en France, il ne fera sans doute aucune déclaration. Ou bien alors, il tentera de minimiser les faits et de trouver des excuses aux soldats israéliens en accusant les Palestiniens de ne pas s’être assez désolidarisés du Hamas. Qui sait ? Cet homme-là est prêt à inventer n’importe quoi pour sauver l’honneur d’une armée et d’un État qui n’en a jamais eu. 

Et François Hollande ? Va-t-il réagir face à ces révélations ? Condamnera-t-il les crimes de guerre ? Attendre de celui qui a déclaré son amour à Israël qu’il condamne ne serait-ce que timidement le gouvernement de Benjamin Netanyahu, ce serait comme attendre la venue du Père Noël. Seuls les plus naïfs pourraient croire un seul instant que le dirigeant français, totalement soumis aux États-Unis et à l’État sioniste daigne condamner la brutalité de Tsahal. 

Il ne faudra attendre que moins encore une quelconque condamnation de l’armée israélienne de la part de Manuel Valls. Lui qui avait déclaré son « attachement éternel » à Israël est sans doute l’homme politique le plus fidèle à l’idéologie colonisatrice sioniste. 

Enfin, il est intéressant de souligner le silence quasi-général des médias après les témoignages recueillis par Breaking the silence. Au journal de 20h de France 2, l’ami des puissants, David Pujadas, n’a pas du tout abordé le sujet. Ni le lundi 4 mai, jour de la publication du rapport, ni le lendemain.
Par contre, il a évoqué dans son misérable 20h une information de la plus haute importance pour l’avenir de l’humanité : le nom donné à la future princesse d’Angleterre. Des témoignages de soldats israéliens décrivant la nature sauvage de l’armée est alors passée sous silence et un sujet totalement sans intérêt est lui abordé pendant quelques minutes. La vie de l’enfant de Gaza assassiné par des lâches ne vaut apparemment pas grand-chose, contrairement à la vie d’un bébé né avec une cuillère d’argent dans la bouche… 

Le journal de droite Le Monde, expert en média-mensonges et en manipulations en tous genres a, quant à lui, traité le sujet. Néanmoins, ce qui est particulièrement embêtant, c’est la manière dont il a titré un article qui traitait des révélations faites par les soldats israéliens. Le titre en question est « La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza ». (5) 

Ainsi selon le quotidien français, ces actes criminels ne seraient en réalité que le fruit d’une « dérive morale » et ne viendraient pas de causes beaucoup plus diverses et profondes. Car dire que le problème est moral, c’est en réalité dépolitiser, décontextualiser, dé-historiciser la question relative à la colonisation des territoires palestiniens.
Il suffirait donc de corriger ces « dérives » et tout rentrerait dans l’ordre. Tout ça a pour but, consciemment ou inconsciemment, de faire oublier les racines profondes de ce conflit qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Les raisons politiques, géopolitiques et stratégiques de cette colonisation.
Faire oublier qui est l’agresseur et qui est l’agressé. Faire oublier qui est la victime constante des bombardements. Faire oublier qui voit ses droits fondamentaux constamment bafoués par un État assassin.

Cet argument de la morale rappelle celui utilisé par l’ancien président Nicolas Sarkozy à la suite de la crise financière de 2008. Il avait déclaré face à l’urgence de la situation qu’il fallait « moraliser le capitalisme ».
La morale, l’éthique comme le salut de l’humanité. C’est par ces valeurs que la communauté humaine trouvera le chemin de la prospérité et de la paix. Voilà le message de l’idéologie dominante.
Chacun devrait donc faire un travail sur lui-même pour que les choses aillent mieux. Une idée qui a pour but de culpabiliser les gens à propos d’une situation à laquelle ils font face oubliant ainsi les structures sociales, économiques et politiques à l’origine même de ces désastres humains. 

Ce n’est pas la morale ou l’éthique qui améliorera le monde de demain mais bien les structures qui régissent les comportements humains. C’est toutes les institutions dominantes qui prônent le néolibéralisme comme le FMI ou la Banque Mondiale qu’il faudra éliminer pour commencer à mettre fin à la misère dans le monde et poser les bases d’un monde plus juste et plus égalitaire. C’est en mettant fin à des institutions comme l’Otan que les guerres impérialistes pourront enfin prendre fin. 

Et c’est avec la lutte et la solidarité du monde entier que la Palestine vivra et vaincra !