Archive pour anarchie résistance politique

Deux ouvrages à lire et diffuser sans modération: « L’entraide, facteur de l’évolution » (Kropotkine) et « Dieu et l’État » (Bakounine)

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Résistance 71

 

26 mars 2018

 

 

Nous vous présentons ici deux textes fondamentaux de la pensée anarchiste, mis en pdf par Jo de JBL1960 de manière sobre et très aérée facilitant grandement la lecture, avec par ordre chronologique « Dieu et l’État » de Michel Bakounine, texte phare de l’anarchie, compilé post mortem et publié en 1882, soient 6 ans après la mort de l’auteur et l’édition française de 1906 de « L’entraide, facteur de l’évolution » de Pierre Kropotkine.

Ce livre a été écrit d’abord sous formes d’articles publiés pour réfuter les aberrations des premières thèses sociales-darwinistes émises par l’eugéniste Thomas Huxley. Tous les articles furent ensuite compilé en un livre en Angleterre en 1902.

Ces deux ouvrages ont bien entendu participé, entre autres, à la genèse de notre « Manifeste pour la société des sociétés », publié en Octobre 2017.

Dieu et l’Etat Bakounine

L’Entraide Facteur de L’évolution Kropotkine

Bonne lecture !…

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Changement de paradigme… Non à la hiérarchie autant inutile qu’obsolète

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Anarchie contre hiérarchie

Questions réponses sur l’Anarchie

 

29 juillet 2016

 

url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2016/07/29/an-anarchist-faq-20th-anniversary/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si on est anti-autoritaire, on doit s’opposer à toutes institutions hiérarchiques, car elles personnifient le principe même d’autorité. Car, comme argumente Emma Goldman: “ce n’est pas seulement le gouvernement au sens de l’État qui est destructeur de toute valeur et qualité individuelles, c’est le complexe d’autorité dans sa totalité et sa domination institutionnelle qui étouffe, étrangle la vie. C’est la superstition, le mythe, la prétention, évasions et soumission qui soutiennent l’autorité et la domination institutionnelle.[“Red Emma Speaks”, p-435[

Ceci veut dire qu’il y a “qu’il y aura toujours un besoin de découvrir et de dépasser des structures hiérarchiques, l’autorité et la domination et les contraintes sur la liberté: l’esclavage, le salariat-esclavage [c’est à dire le capitalisme], le racisme, le sexisme, les écoles, l’éducation autoritaire etc..” [Noam Chomsky, “Language et politique” p.364]

C’est pourquoi l’anarchiste consistant doit s’opposer à toutes relations hiérarchiques aussi bien qu’à l’État. Être un anarchiste veut dire s’opposer à toute hiérarchie qu’elle soit économique, sociale ou politique. L’argument pour ceci (si tant est qu’on en est besoin d’un vraiment…) est ceci:

“Toutes les institutions autoritaires sont organisées de manière pyramidale: l’État, les entreprises privées, l’armée, la police, l´église, l’université, l’école, l’hôpital… ce sont toutes des structures pyramidales ayant un petit groupe de personnes décidant en leur sommet et une très large base de gens en bas à qui les les décisions s’adressent. L’anarchisme ne veut pas un changement d’étiquette des couches de la société, il ne veut pas de personnes différentes en haut (NdT: à la grande différence des marxistes), il veut que nousnous extirpions de la base.” [Colin Ward “Anarchy in Action” p.22]

Les hiérarchies “partagent une caractéristique commune: ce sont des systèmes organisés de commandement et d’obéissance” et donc les anarchistes “cherchent à éliminer la hiérarchie en tant que telle, pas simplement remplacer une forme de hiérarchie par une autre.” [Bookchin dans “the Ecology of Freedom”, p.27] Une hiérarchie est une organisation à structure pyramidale composée d’une série de grades, de niveaux ou de bureaux de pouvoir, de prestige et généralement de rémunération croissants. Les universitaires qui ont étudiés la forme hiérarchique ont trouvé que les deux principes fondamentaux en sont la domination et l’exploitation. Par exemple dans son désormais classique “Que font les patrons?” (Review of Radical Political Economy, Vol. 6, No. 2), une étude sur l’industrie moderne, Steven Marglin a trouvé que la fonction principale de la hiérarchie entrepreneuriale n’est pas une plus grande efficacité de production (comme l’affirment corps et âmes les capitalistes…), mais un plus grand contrôle sur les ouvriers, le but de ce contrôle accru étant une exploitation plus efficace.

Le contrôle dans la hiérarchie est maintenu par la coercition, c’est à dire par la menace de sanctions négatives d’une manière ou d’une autre: physique, économique, psychologique, sociale etc… Un tel contrôle, incluant la répression de la dissidence et de la rébellion, nécessite de ce fait une centralisation: un système de relations de pouvoir dans lequel le plus grand contrôle est exercé par le petit nombre au sommet (particulièrement la tête de l’organisation), tandis que ceux de rangs intermédiaires ont moins de contrôle et ceux d’en bas n’en ont virtuellement aucun.

Comme la domination, la coercition, la centralisation sont des caractéristiques essentielles de l’autoritarisme et comme ces caractéristiques sont personnifiées dans les hiérarchies, toutes les institutions hiérarchiques sont autoritaires par nature. De plus, pour les anarchistes, toute organisation marquée d’une forme de hiérarchie, de centralisme et d’autoritarisme est similaire à l’État ou “étatique” ; comme les anarchistes s’opposent à la fois à l’État et aux relations autoritaires, quiconque ne cherche pas à démanteler TOUTES les formes de hiérarchie ne peut donc pas être appelé anarchiste. Ceci s’applique aux entreprises capitalistes. Comme le fait remarquer Noam Chomsky, la structure de l’entreprise capitaliste est extrêmement hiérarchique, en fait fasciste par nature:

“Un système fasciste… est absolutiste, le pouvoir ne va que de haut en bas… l’État idéal est un contrôle de haut en bas, le public ne faisant que suivre les ordres.

Regardons les entreprises, corporations… Si vous regardez ce qu’elles sont, le pouvoir est strictement dirigé du haut vers le bas, du comité directeur aux gérants, aux sous-gérants, adjoints et à la fin au petit personnel de la boutique, celui qui tape les messages etc… Il n’y a aucune forme de pouvoir remontant de la base. Les gens peuvent gêner et faire des suggestions, la même chose est vraie dans une société esclavagiste. La structure du pouvoir est linéaire, du haut vers le bas.”

[Keeping the Rabble in Line, p. 237]

David Delaeon indique très bien ces similarités entre l’entreprise et l’État lorsqu’il écrit:

“La vaste majorité des entreprises industrielles sont comme des dictatures militaires. Ceux d’en bas sont les fantassins de base, les superviseurs/contre-maîtres les sergents et ainsi de suite dans la hiérarchie. L’organisation est en mesure de tout dicter, de la tenue vestimentaire à la coupe de cheveu, en passant par comment passer le plus clair de son temps dans et hors du boulot ; elle peut supprimer la liberté d’expression, de presse et d’assemblée, elle peut utiliser des carte d’identité et des personnels de sécurité privés et armés, des systèmes de vidéo-surveillances pour nous contrôler, elle peut punir les “mécontents et dissidents” par des mesures de licenciement disciplinaire (NdT: souvent maquillé en “faute professionnelle”…) comme l’appelle le management. On nous force à accepter ceci par les circonstances ou alors d’aller rejoindre les rangs de ces millions de chômeurs… Dans pratiquement tous les boulots nous n’avons qu’un seul droit: celui de démissionner. Les décisions les plus importantes sont prises en haut et nous sommes supposés obéir sans poser de questions, que nous travaillions dans une tour d’ivoire ou une mine de fond. [“For Democracy Where We Work: A rationale for social self-management”, Reinventing Anarchy, Again, Howard J. Ehrlich (ed.), pp. 193-4]

Ainsi l’anarchiste consistant doit s’opposer à la hiérarchie sous toutes ses formes, incluant celle de l’entreprise capitaliste. Ne pas le faire est soutenir l’archie, ce qu’un an-archiste par définition, ne peut pas faire. Pour les anarchistes “les promesses d’obéissance, les contrats d’esclavage salarial, les accords demandant l’acceptation d’un statut de subordonné, sont tous illégitimes parce que tout ceci restreint l’autonomie et la liberté individuelle.” [Robert Graham, “The Anarchist Contract, Reinventing Anarchy, Again, Howard J. Ehrlich (ed.), p. 77] La hiérarchie par conséquent est contre les principes de base qui pilotent l’anarchisme. Elle nie ce qui nous rend humain et “divertit la personnalité de ses plus importants traits de caractère; elle nie la notion même que l’individu est compétent pour gérer sa propre vie mais aussi son contexte le plus important: le contexte social.” [Murray Bookchin, Op. Cit., p. 202]