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Résistance au colonialisme: Bible et droit américain (Steven Newcomb)

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Doctrine Chrétienne de la Découverte

 

La base biblique de la loi et de la politique fédérales indienne aux Etats-Unis

 

Steven Newcomb

 

23 février 2018

 

url de l’article: 

http://originalfreenations.com/the-biblical-basis-of-federal-indian-law-policy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ Octobre 2018 ~

 

Je me suis souvent demandé pourquoi les avocats de la loi fédérale indienne n’osent pas mentionner la tradition croisée des Etats-Unis contre les “païens” et les “infidèles”, à savoir, les nations natives du continent. La nation Shoshone occidentale défie directement cette tradition devant les tribunaux et le congrès des Etats-Unis. Leur défi met en lumière l’étrange et imposant fait que la loi fédérale indienne est fondée sur un préjudice, un biais religieux.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, les définitions fédérales actuelles du titre [de propriété]  et de nationalité indiens, trouvent leur fondement dans la tradition de l’accord, du “traité”, trouvé dans l’Ancien Testament. Cette tradition est fondée sur le préjugée de l’existence d’un “peuple élu” [de dieu] qui possède un accord, un traité avec sa déité afin de dominer et de prendre en charge, de coloniser, certaines terres que cette déité lui a promises, en la circonstance: les terres des nations originelles du continent américain.

L’histoire et le discours des Etats-Unis sont chargés d’exemples de cette tradition croisée, qui est enracinée dans l’ancien testament de la bible. Même Thomas Jefferson, qui était connu pour être très en faveur de la séparation de l’église et de l’État, proposa que le grand sceau de la nation américaine dépeigne les Israélites migrant vers “la terre promise”, guidés par le feu et les nuages. En 1987, le président Reagan fit un discours à l’Independence Hall de Philadelphie en comémmoration des 200 ans de la constitution des Etats-Unis. La constitution y dit Reagan, n’est pas un document ordinaire, mais “un traité avec l’être suprême que nos pères fondateurs appelaient constamment pour son assistance.

D’après le livre: “A Covenanted People: The Religious Origins of American Constitutionalism”, publié la même année que le discours de Reagan, depuis l’établissement même des pèlerins puritains dans leur colonie du Massachussetts (NdT: puritains qui eux-mêmes étaient là suite aux persécutions qu’ils enduraient dans l’Angleterre de Cromwell). “les Américains ont cru qu’ils étaient le peuple élu, singularisé par dieu pour une commission spéciale”, celle de coloniser la “terre promise” d’Amérique du Nord.

Le président Reagan a expliqué plus avant dans son discours ce qu’était ce “traité” lorsqu’il cita George Washington et sa référence à la “main invisible” qui dirige les affaires humaines. Chaque étape prise par le peuple américain vers leur statut de nation indépendante, a dit Washington, semble avoir été guidée par “une sorte de providence”.

Lorsque Washington a fait cette déclaration, dit Reagan, il pensait sans nul doute “à la bonne et grande fortune qui échut à cette jeune terre: ce continent abondant et fertile qui nous a été donné…” Bien sûr, la déclaration de Reagan inclut la croyance dans un traité divin dans lequel dieu a offert les terres indiennes du continent aux Etats-Unis en héritage.

Reagan aurait encore pu citer Washington, comme ceci qu’on peut trouver dans une correspondance de Washington à David Humphreys en ce qui concerne les terres indiennes au nord et à l’ouest de la rivière Ohio, le vieux territoire du nord-ouest. Washington écrivit: “Au lieu de nous disputer au sujet du territoire, laissons les pauvres, ceux dans le besoin et les opprimés de la terre, ainsi que ceux qui veulent de la terre, aller vers ces plaines fertiles de l’Ouest, la seconde terre promise, et qu’il y vivent en paix, remplissant ainsi le premier grand commandement de la bible.

Ce commandement auquel se référait Washington se trouve dans le Génèse 1:28: “Croissez et multipliez et subjuguez la terre et dominez le poisson de la mer, l’oiseau dans les airs et le vivant qui bouge sur au sol.

Deux mots clef ici sont “subjuguez et dominez”. En hébreu, subjuguer veut dire: “piétiner” ou “amener en esclavage” et possède cette image du vainqueur plaçant son pied sur le cou du vaincu et conquis au sol. Cela veut aussi dire “violer”. Un mot hébreu pour dominer est “rdh” qui vient d’un mot voulant dire: “piétiner” ou “presser”.

“Subjuguez” et “dominez” dans ce premier commandement de la bible connote: “un pouvoir sans restreinte, une domination absolue, dominium, seigneurie, despotisme, tyrannie.” Le pouvoir politique émanant de la propriété, dominium, équivaut à domination, dit William Brandon dans son livre “New Worlds for Old” (1987).

Dans la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis (CSEU) dans l’affaire Johnson c. M’intosh en 1823, le haut-juge John Marshall a dit que les nations de la chrétienté tinrent pour fait établi qu’elles avaient l’ “ultime dominion” sur les terres “découvertes” qui étaient occupées par des “natifs païens”. Basée sur l’étymologie ci-dessus, la mention par la Cour de l’”ultimate dominion” fit sa façon de dire que le “peuple chrétien” qui avait découvert la “terre païenne”, s’est octroyé un pouvoir politique absolu sur le continent basé sur leur affirmation d’un droit absolu de propriété, qui est de fait un droit de domination.

En d’autres termes, Les “découvreurs chrétiens” se sont octroyés eux-mêmes le dominium et la propriété, ou un droit de domination sur les terres indiennes. Dans le langage moderne de droit, le terme pour cette idée fondamentalement religieuse est le “pouvoir plénier”.

Dans le film “To Protect Mother Earth” de 1989, au sujet des Shoshone, le réalisateur Joel L. Freedman mène un entretien avec un assistant du ministère de la justice qui y dit: “Le titre indien n’est pas un titre [de propriété] tel qu’il est communément appelé. C’est un titre leur permettant de se déplacer librement et d’occuper les sols afin de survivre, ceci existe entre les tribus indiennes mais pas entre celles-ci et le gouvernement fédéral des Etats-Unis.

La logique derrière cette déclaration de droit d’occupation des sols et non pas droit de propriété valide en regard des Etats-Unis, est le droit supposé de la chrétienté (NdT: de l’empire chrétien) fondé sur le passage de la bible dans le génèse 1:28, mais cette logique se trouve également en partie dans les psaumes à 2:8: “Je vous donnerai les païens pour héritage et les meilleurs parties de la terre comme possession.

Un héritage est une forme de propriété, Ainsi dans le psaume 2:8 de la Génèse, nous trouvons cette idée biblique de “peuple élu” ayant le droit divin de posséder les “nations païennes” et les peuples en tant que propriété héritée, avec le mandat divin de prendre et de posséder la terre en tant que “terre promise” ou, dans le cas des Etats-Unis, les terres natives indiennes d’Amérique du Nord.

La lutte actuelle de a nation Shoshone est symbolique de ce que chaque nation indienne a dû affronter et devra continuer à faire face aussi longtemps que cette tradition du traité raciste issue de l’ancien testament demeurera gravée dans la “loi” et la politique indiennes des Etats-Unis. Bien que de tels arguments archaïques soient intellectuellement caduques, et moralement indéfendables, ils continuent de servir de prétexte caché pour une rationalisation de la politique américaine de la conquête. Ce que de tels arguments ignorent complètement est notre existence en tant que nations distinctes depuis des milliers d’années (NdT: dizaines de milliers d’années), sur nos propres terres et notre droit inhérent à être libre de la même manière que nos ancêtres le furent.

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Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb version PDF)

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Détruire le colonialisme (video)

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Un message qui finit par passer petit à petit parce que « nous sommes tous des colonisés »

~ Résistance 71 ~

 

Destroy Colonialism

 

 

Renfort du colonialisme en perspective… Le dogme dominioniste chrétien à la Maison Blanche (Steven Newcomb)

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« Dès que les chrétiens entrent de manière invasive dans l’espace territorial de non-chrétiens, les non-chrétiens cessent immédiatement d’avoir une ‘parfaite indépendance’. Pourquoi ? Parce que les nations ‘païennes’ doivent se soumettre à la ‘volonté de dieu’ comme exprimée dans le livre de la Génèse 1:28. En d’autres termes, c’est la ‘volonté de dieu’ que les chrétiens exercent et maintiennent une suprématie sur les non-chrétiens en subjuguant la terre et en exerçant la domination (dominion) sur tous les êtres vivants… De ce point de vue, les païens sont destinés à être sauvés par dieu et à être ‘réduits’ à la ‘civilisation’ des chrétiens européens. »
~ Steven Newcomb, « Païens en terre promise », 2008 ~

 

Voir notre dossier: « Colonialisme et la doctrine chrétienne de la découverte »

 

L’âge dominioniste de Trump et nos nations originelles

 

Steven Newcomb

 

26 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/26/dominionist-age-trump-and-our-original-free-nations

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec l’élection toute récente de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, il apparaît que rien ne va plus. Après le 11 septembre 2001 et le passage de la loi scélérate du Patriot Act cette même année, le vice-président Dick Cheney avait alors dit que les Etats-Unis étaient entrés dans une “nouvelle normalité”. Certains ont rétorqué que les Etats-Unis étaient passés au travers du miroir, en référence à la suite d’Alice aux Pays des Merveilles. De l’autre côté du miroir, rien ne semble identique. Le monde est méconnaissable. Bienvenue dans l’ère de Trump, mettant en scène son vice-président chrétien dominioniste Mike Pence.

Des milliers de personnes marchant dans les rues des villes principales, exprimant leur mécontentement avec le président-élu Trump, signalent que nous sommes partis pour une période de grand chambardement et d’imprévisibilité. Il y a des signes avant-coureurs de ce qui se pointe à l’horizon pour nous. Ce qui va sans nul doute arriver est une ère de dominionisme chrétien, une orientation idéologique croyant dur comme fer que la bible et le fondamentalisme chrétien doivent servir de guide pour gouverner le corps politique américain.

Note de Résistance 71: Depuis la parution de cet article de Newcomb que nous traduisons avec quelques jours de retard, qu’avons-nous pu constater en France ?… Que la “primaire” à la présidentielle de la “droite” nouveau-con, ultralibérale, a accouché de François Fillon comme candidat commun de la “droite” pour la présidentielle de 2017. Qu’y a t’il de commun entre Fillon et Pence ?… Un certain fondamentalisme chrétien, évangéliste d’un côté, catho de l’autre alors que le conseille de Trump à la sécurité sera le très catholique ex-patron du renseignement militaire le général Flynn. Coïncidence ?… Fillon est tout aussi Bilderberger que Juppé. Il semble que l’oligarchie veuille jouer la carte religieuse pour compléter la mise en application de son dogme fabriqué de toute pièce par la clique néo-conservatrice yankee: le “clash des civilisations” avec les christo-sionistes aux commandes. Programme qui s’avère des plus réjouissant n’est-il pas ?… Une fois de plus rien n’est inéluctable, quand on est capable de relier les points entre eux…

Dans son livre devenu classique “La politique de la communication”, Claus Meuller dit ceci: “La domination… est le contrôle achevé par un nombre limité de personnes sur l’alocation des ressources et l’accès à une participation très significative dans le processus décisionnaire politique.” Le nombre relativement petit de gens qui vont attérir dans le gouvernement de Trump-Pence vont aussi partager une orientation politico-religieuse similaire, fondée sur une vision dominioniste particulière de la religion chrétienne.

Dans son livre de 1973 “The Institutes of Biblical Law,” le théologien dominioniste Rousas John Rushdoony dit que “La loi est dans toutes les cultures d’origine religieuse”. Il dit plus avant que “il ne peut y avoir aucune tolérance dans un système légal pour une autre religion.” De plus, Rushdoony affirme qu’ “aucune forme de retrait de la religion n’est possible dans quelque société que ce soit.” Et, de manière importante, il déclare: “Chaque système légal doit maintenir son existence en maintenant une hostilité envers tout autre système légal et autres fondations religieuses étrangères, ou alors ce n’est que pur suicide.

David Lane est un dominioniste influent qui est décrit comme un organisateur électoral de droit chrétien important. Lane est souvent cité:

“Je ne pense pas qu’il existe une telle chose que la séparation de l’église et de l’État. Les Etats-Unis ne furent pas établis en tant que nation séculière, et quiconque dit qu’ils le furent, n’a pas lu l’histoire des Etats-Unis. Ce pays a été établi par des chrétiens pour le déverloppement de la foi chrétienne.”

La déclaration de Lane est synchro avec une ère préalable aux Etats-Unis. La pensée dominioniste de cette époque résulta en l’ère de la “Termination” et de la directive légale de 1954 que le ministère de la justice envoya à la Cour Suprême des Etats-Unis pour l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans cette directive, le ministère argumentait que le peuple Tee-Hit-Ton ne pouvait pas recevoir de compensation financière pour le bois qui était pris sur ses terres (NdT: en Alaska), parce que “les nations chrétiennes d’Europe avaient acquis la juridiction [dominion] sur les terres des païens et des infidèles” durant la soi-disante période de la “découverte”. En 1955, la CS donna la victoire aux Etats-Unis dans l’affaire Tee-Hit-Ton, ce qui veut dire que la CS se tint aux côtés du gouvernement fédéral et de ses arguments chrétiens dominionistes.

L’ère Trump-Pence qui arrive pose une question clef: le gouvernement qui vient nous permettra t’il de peaufiner et d’intensifier notre critique de la pensée chrétienne dominioniste qui est la cause de la loi et de la politique fédérale indienne ? (Dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823, le juge de la CS John Marshall utilisa le terme ou expression dominioniste “domination ultime”) Ou alors est-ce que l’ère Trump-Pence rendra t’elle encore plus difficile pour nous de critiquer plus avant parce que la pensée chrétienne dominioniste commencera à paraître normale et ordinaire comme la supposée “religion civique” des Etats-Unis ?

Près de 25 ans dans la campagne globale que Birgil Kill Straight et moi-même avons commencé en 1992, lorsque nous avons commencé à appeler pour que le Vatican abroge de manière officielle et formelle la bulle pontificale Inter Caetera du 4 mai 1493, plus de 520 membres du clergé de partout aux Etats-Unis se rassemblèrent à Standing Rock. Ils défièrent directement la doctrine chrétienne de la découverte dominioniste. Certains d’entre eux furent même arrêtés. Dans une action de protestation, le clergé brûla des copies de la bulle pontificale de 1493 et défièrent l’utilisation de cette doctrine par les Etats-Unis avec ses actions de police militarisées contre Standing Rock et l’Oceti Sakowin (La Grande Nation Sioux).

C’est pour le moins ironique que cet évènement historique puissant, conduit par des chrétiens, contre le système de domination/dominionisme chrétien, eut lieu à la veille de l’élection américaine qui donna le pouvoir de la branche exécutive des Etats-Unis aux dominionistes chrétiens. Nous sommes bel et bien de l’autre côté du miroir. Il est maintenant important de se montrer encore plus déterminés pour augmenter notre motivation et nos efforts contre la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination.

Résistance au colonialisme: un peu d’histoire amérindienne… et analyse d’une complaisance littéraire…

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L’article que nous avons traduit ci-dessous est intéressant à nos yeux à deux titres:
1- Il éclaire sur une période pas ou très peu connue du début de l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord…
2- Il éclaire également sur une méthodologie narrative qu’on peut légitimement soupçonner de complaisante avec le système colonial toujours en place. En effet, l’auteure tout en dénonçant des malversations coloniales, sème également une sémantique de soumission à l’état colonial toujours en place aux Etats-Unis et au Canada. Nous avons commenté trois exemples distincts dans l’article. Ceci a t’il été fait à dessein ou est-ce le résultat involontaire d’un conditionnement social ? Difficile à dire à la lecture, donnons à l’auteure le bénéfice du doute… Si c’est volontaire, alors ceci peut-être considéré comme un bel exemple de « dissidence contrôlée » dans ce domaine particulier.

~ Résistance 71 ~

 

Histoire amérindienne: Jour de commémoration, le massacre des Péquots se produisit en 1637

 

Alysa Landry

 

26 Mai 2014

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/26/native-history-its-memorial-day-1637-pequot-massacre-happened-155017

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Cette date fait partie de l’histoire amérindienne: le 26 Mai 1637, une force anglaise puritaine renforcée par quelques alliés autochtones, a massacré un campement Péquot dans le Connecticut, tuant quelques 500 hommes, femmes et enfants, brûlant complètement leur village.

L’attaque juste avant l’aube sur le fort Mystique marqua la toute première défaite des Péquots, a éclairé Kevin McBride, professeur d’anthropologie de l’université du Connecticut et directeur de recherche au Mashantucket Pequot Museum and Research Center.

Le massacre marqua également un tournant dans la guerre des Péquots, une guerre de trois ans pour la conquête des terres traditionnelles de la nation, environ 400 km2 dans la partie sud-est de ce qui est aujourdhui le Connecticut et le tout premier conflit important entre les colons et les Indiens natifs de la Nouvelle-Angleterre.

“Pendant les huit premiers mois de la guerre des Péquots, ceux-ci ne perdirent jamais une bataille contre les Anglais”, a dit McBride. “Les Péquots étaient tactiquement bien supérieurs et ce même sans armes à feu. Les Anglais n’arrivaient pas à les comprendre. Jusqu’au massacre de Mystique, les Péquots avaient gagné chaque engagement.”

Le sud-est du Connecticut fut la terre originelle de quelques 8 000 Péquots résidant dans 15 à 20 villages. En réponse à l’arrivée des Hollandais en 1611, la nation Péquot créa une confédération de douzaines de tribus afin de contrôler le commerce des fourrures et renforcer leur pouvoir politique et économique (NdT: cette remarque de l’auteure est typiquement ethno-eurocentrique dans la mesure où les nations amérindiennes n’avaient cure du “pouvoir” qui était dilué dans le peuple et était exercé collectivement dans des sociétés à la chefferie sans pouvoir. Si l’échange était pratiqué, ces sociétés refusaient le concept de “surplus” et refusait toute base “économique” à leur société, non pas parce qu’ils ne “savaient pas”, mais parce qu’ils ne le voulaient pas… nuance… l’arrivée des colons génocidaires blancs changea la donne pour ces sociétés contre l’État, pour reprendre l’expression de l’anthropologue politique Pierre Clastres. Nous nous devions de faire ici cette note qui s’imposait à notre sens pour mieux comprendre l’affaire et son narratif…).

Jusqu’à l’arrivée des Anglais dans les années 1630, les Hollandais et les Péquots contrôlaient le commerce des fourrures de la région. Avec l’addition des colons et commerçants anglais, un déséquilibre se créa. La guerre des Péquots éclata lorsque des nations sous la subjugation des Péquots s’allièrent avec les Anglais. (NdT: Là encore, l’auteure entre en contradiction avec elle-même avec cette déclaration qui impliquerait que les Péquots coercitivement “subjuguèrent”, dominèrent les autres nations autochtones voisines dans une “alliance” donc forcée, alors qu’elle vient juste de dire qu’ils formèrent une confédération, qui par définition est une association LIBRE et non coercitive de quelque manière que ce soit. Personne ne peut être forcé contre son gré dans une véritable confédération…)

Les affaires se compliquèrent lorsque les Péquots tuèrent plusieurs colons et commerçants anglais, a dit McBride. Les Anglais demandèrent que les meurtriers leur soient livrés, la guerre commença lorsque les Péquots refusèrent.

McBride a appelé les Péquots une “société complexe” et la guerre des Péquots est un des évènements le plus controversé et significatif de l’histoire coloniale. L’attaque sur le fort Mystique, qui fut le premier de trois massacres qui se produisirent durant la guerre, changea la façon dont les forces autochtones regardèrent la technique de la guerre (contre les colons).

Le massacre, mené par le capitaine anglais John Mason, fut la première utilisation documentée de “guerre totale” contre les Amérindiens, à savoir que les Anglais massacrèrent tous les Péquots avec lesquels ils vinrent en contact, ne faisant plus aucune distinction entre des hommes armés et des femmes, enfants et personnes âgées sans défense.

“Par quelque standard qu’on étudie l’affaire, ce fut un massacre”, a dit McBride. “Les Anglais y allèrent avec l’intention de tuer tout le monde là-bas, mais ils ne le firent pas pour voler la terre ou pour contrôler le commerce. Ils le firent par peur que les Péquots et leurs alliés natifs n’attaquent les colonies anglaises de toute la région.”

Justifiant sa conduite, la capitaine Mason décara que l’attaque fut un acte de dieu, il écrivit dans sa Brief History of the Pequot War, publiée à titre posthume en 1736:

“Dieu se moqua de ses ennemis et des ennemis de son Peuple et engouffra les Péquots dans une fournaise… Ainsi fut le jugement de dieu parmi les païens, emplissant Mystique de cadavres…”

Le massacre se produisit environ deux heures avant l’aube lorsque 70 soldats anglais et 250 alliés attaquèrent le fort, dit Laurie Lamarre, chercheur au Mashantucket Pequot Museum and Research Center. L’attaque fut inattendue à la fois dans le timing et sa technique, dit-elle.

“C’était le type de guerre anglais et ce fut complètement différent de tout ce qu’ils avaient expérimenté auparavant”, dit-elle. “Les Péquots, la nation a plus forte de la zone, étaient vaincus”.

Mais les Péquots ne furent pas vaincus sans combattre, dit McBride. Les Anglais perdirent environ 50% de leurs hommes au début de la bataille et ne brûlèrent le fort que lorsqu’ils réalisèrent qu’ils perdaient la bataille.

“Le terme massacre prend la connotation de gens sans défense. Ce que les historiens ne réalisent pas, c’est que les Anglais faillirent perdre cette bataille malgré tout. S’ils n’avaient pas brûlé le camp et coincé les Péquots dans les bâtiments, ils auraient perdu cette bataille.”

Les guerriers Péquots, furieux, se lancèrent aussi à la poursuite des Anglais sur 7 ou 8 km durant leur retraite, dit McBride ; mais le campement était dévasté et le massacre marqua un grand tournant dans l’histoire des Péquots et dans l’histoire native.

“Le massacre eut des implications importantes”, explique McBride, “Ce que firent les Anglais envoya un message très fort en pays Indien: nous avons la volonté politique et les moyens militaires pour forcer notre volonté sur vous, Après la guerre des Péquots, commence la politique d’assimilation. Après cette guerre, il n’y eut plus de tentative de diplomatie: les relations avec les Indiens furent fondées sur la menace militaire.

Dans les mois qui suivirent, les Anglais massacrèrent deux autres villages Péquots, les 5 juin et 28 juillet. La plupart des Péquots qui survécurent furent vendus comme esclaves ou s’échappèrent pour rejoindre d’autres nations du sud de la Nouvelle-Angleterre.

Mais les Péquots revinrent et une fois de plus sont redevenus une des nations les plus importantes en Amérique du Nord. Dans les années 1970, plus de 300 ans après la guerre des Péquots, les membres de la nation commencèrent à revenir dans la zone d’origine et à restaurer leur terre et communauté.

Au début des années 1980, la nation reçut une reconnaissance fédérale et peu de temps après lança la première phase du Foxwoods Resort Casino, le second plus grand casino du pays.

Note de Résistance 71: Cette conclusion est pathétique et confirme une certaine connivence, affiliation de l’auteure avec le système fédéral colonial. En clair, elle explique, que malgré le passé, ils sont revenus… Ils ont reçu une “reconnaissance fédérale”, c’est à dire qu’ils existent comme toute nation autochtone, sous les auspices du gouvernement colonial fédéral américain (et canadien dans le cas du Canada…) dont ils sont soi-disant les pupilles, que leur “souveraineté” n’est reconnue que tant qu’elle se soumette au gouvernement et lois fédérales et que dans le fond… Bah ! tout çà est de l’historiette ancienne et que donc les Péquots et tout autre nation autochtone, doivent tourner la page et exister sous le joug fédéral en acceptant la “manne” des casinos accordée ; réduisant ainsi en une conclusion lapidaire le sort et la destinée des nations et peuples originels à n’être plus que des “sujets” soumis, profitant des casinos (et de la vente de cigarettes détaxées), gérés par la mafia des “conseils de tribus” inféodés au Bureau des Affaires Indiennes (BIA) et à la loi et politique fédérale sur les Indiens. Cette conclusion est somme toute insultante pour les Péquots et autres nations et peuples amérindiens.

Cet article est assez typique de l’ambivalence de bien des Amérindiens et des non-autochtones qui parfois se font portes-parole, ils assènent quelques coups au système, mais se gardent bien d’en faire trop… L’auteure prend en apparence une position rebelle, mais par son phrasé même, trahit son attitude du politiquement correct. Un cas d’école ! Est-ce volontaire ou le résultat d’un conditionnement social ? Donnons-lui le bénéfice du doute.