Archive pour oligarchie financiere

Mettre le confinement au coronavirus au profit de la résistance politique

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Résistance 71

 

21 mars 2020

 

Regardons le côté positif de ce confinement « sanitaire » : il nous donne plus de temps libre et ce temps libre se doit d’être utilisé à bon escient pour organiser notre résistance et notre émancipation de la dictature étatico-marchande, véritable virus inhibant la vive organique réelle sur cette planète.
Ainsi nous devons considérer deux choses individuellement et collectivement :

  • Mieux nous informer en lisant, regardant et écoutant les points de vue sortant du moule de l’info et de la réflexion pré-digérées par le système pour notre consommation et notre endoctrinement…
  • Nous concerter et nous connecter en dehors des plateformes créées par le système pour nous contrôler (Google, Facebook, Twitter, Instagram et consorts…) et au besoin en créer de nouvelles…

Sortons de la spirale de la peur et de la terreur instillée par les gouvernements d’un système en perdition totale. Reprenons notre avenir en mains, par et pour nous-mêmes.

Dans cette optique, nous vous invitons sur ce blog à consulter, lire et partager les publications que nous avons mises à la disposition du public depuis des années. Vous pouvez consulter, lire et partager ces pages de lectures durant le confinement et en sortir l’esprit et les idées plus claires pour mieux préparer le grand chambardement politique qui vient.
Il est aussi essentiel de visiter et de lire le plus possible les sites des médias alternatifs comme nous le faisons depuis plus d’une décennie quotidiennement.

Nous vous conseillons notre page bibliothèque PDF sur laquelle sont accessibles 167 documents couvrant une réflexion critique en matière historique, politique et scientifique, ainsi que notre page d’articles rédigés et publiés par nos soins depuis 2010.

Nous publierons suite à ce billet quelques suites en « conseils de lecture spécial confinement coronavirus » sur des thèmes plus précis au fil des jours. Nous vous souhaitons une bonne lecture et bon partage, en espérant le plus de monde possible mettre cette aubaine à profit pour mieux comprendre et changer notre attitude afin de mettre fin à la dictature marchande en démontant cette pyramide du pouvoir et du contrôle de la vie des peuples un peu plus rapidement que pierre par pierre… 😉

Merci de nous suivre et de diffuser sans modération le contenu de ce blog, ne laissons à aucun virus biologique ou étatique le monopole de la propagation.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

 

Falsification scientifique : L’escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique…

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L’escroquerie climatique…

 

Résistance 71

 

29 février 2020

 

… ou du « Changement Climatique Anthropique » ou du « Changement Climatique » ou de l' »Urgence Climatique » ou quelque soit le nom que les guignols de cette pseudo-science et vraie religion voudront lui donner la semaine prochaine. Une falsification, un détournement supplémentaire de la science à des fins économico-politique. Quand un système en vient à utiliser une jeune hystérique (Greta) pour faire passer la mélasse de falsification scientifique des plus indigestes, on sait alors que le dogme est au bout du rouleau. Aidons le à crever !

Lorsque réchauffement il y a il est NATUREL et multifactoriel, il y a quelques 400 millions d’années nous étions dans le pire âge glaciaire de l’histoire de la planète avec un taux de gaz carbonique dans l’atmosphère 17 fois supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. Si la pollution est un problème planétaire, elle n’a rien à voir avec un quelconque réchauffement lorsqu’il a lieu. La science étaye ces faits, pas les « modèles climatiques » du GIEC biaisés, tronqués et falsifiés.
Le CO2 n’est pas un polluant. Toutes les saloperies chimiques déversées dans les rivières, fleuves, océans et dans nos champs le sont, mais de cela il ne faut pas en parler… Écologistes, ne vous trompez pas de combat !… Ne sombrez pas dans le capitalisme vert où l’oligarchie nous embarque !…

Nous avons été parmi les premiers il y a plusieurs années, à publier les deux volumes du « Manuel du sceptique climatique » élaboré par l’équipe de la journaliste scientifique australienne JoAnn Nova…

Les deux manuels du sceptique climatique en français:

« Le manuel du sceptique climatique » en deux parties ci-dessous, à été diffusé à plus de 300 000 exemplaires dans le monde en anglais et a été traduit en 15 langues. Voici la version française en deux volumes en format PDF à télécharger et diffuser sans aucune modération :

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

 


Le Zen dans l’art d’éluder la connerie oligarchique

Résistance au colonialisme: Onkwehonweh (peuple natif) est imbriqué dans la terre (Mohawk Nation News)

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Teiohateh

 

Mise de points sur les “i” de bon aloi par la communauté mohawk sur la relation à la terre. Voir sous le texte notre note de commentaire à la traduction du courriel du ministre des affaires indiennes canadiens acceptant une réunion en territoire mohawk. A noter qu’en ce moment, les communautés mohawk bloquent les voies ferrées qui traversent (illégalement) leurs terres, de fait toutes les terres usurpées, volées par l’entité coloniale de la couronne (City de Londres) qu’est et qu’a toujours été le “Canada”, rien de plus qu’un squatter depuis longtemps indésirable et indésiré. Le message du ministre est un modèle du genre de l’arrogance de tout gouvernement face à ceux qu’ils (tentent) dominent.

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux colonisateurs se tenant côte à côte, main dans la mains avec les peuples colonisés, pour mettre en place la société de demain, celle de la société des sociétés, finalement émancipée de tout rapport dominant / dominé et en harmonie avec la nature.

A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Pour que vive la commune universelle de l’être réconcilié, par delà le bien et le mal, celle de l’humain enfin réalisé. Ske:n’en, paix.

~ Résistance 71 ~

 

 

Iokwanatsoteh nous sommes imbriqués dans la terre

 

Mohawk Nation News

 

14 février 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/02/15/iokwanatsoteh-we-are-embedded-in-the-land/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis des temps immémoriaux, onkwehonweh, le peuple natif, a été le gardien et le curateur de l’Île de la Grande Tortue. “Onweh” représente notre pacte, notre accord avec la nature de vivre côte à côte avec nos frères et sœurs et toute vie en accord avec notre mode de vie jusqu’à la fin des temps. Nous sommes connectés avec notre mère au travers de notre clan. (NdR71: contrairement à toute idée reçue et inculquée par la propagande d’état, l’origine de la société humaine, la fibre de sa construction sociale n’est pas la famille, qui est déjà une construction centralisée structurée propre à l’État, mais le clan, dont la structure ancestrale a été brisée par l’avènement d’un contrôle fondé sur un rapport de dominant à dominé…La famille résulte de la volonté de briser le collectif et de diviser les clans en individualités contrôlables et surtout taxables et corvéables à merci)

Le Canada [entité coloniale] paie des conseils de bandes élus et des organisations territoriales et provinciales indiennes pour faire sa sale besogne.

Ce plan affairiste de 100 ans remonte à l’Indian Act de 1924, afin de mettre un terme à l’intérêt indien sur notre terre et de nous dissoudre en tant que partie de cet intérêt indien, avant 2024.

TERRE NON CÉDÉE

Le bureau des affaires indiennes sis au 10 Wellington à Gatineau (Québec) conserve les archives de tous les biens volés par l’entreprise coloniale du gouvernement du Canada. Il enregistre chaque parcelle de notre terre, ses ressources et enregistre tous les onkwehonweh qui font partie de l’intérêt indien. Ce qu’on appelle récemment le “cadre d’accord” ou “Framework Agreement” ne s’applique qu’aux conseils de bandes et à leurs suiveurs. Nous ne sommes tenus par aucun engagement, aucun traité ni aucun accord établi entre le Canada et ceux qui se sont vendus à lui. Leur “règle du jeu” est celle de la loi de l’envahisseur fondée sur la loi de l’amirauté et qui ne peut gérer que valeurs et argent.

Le Canada ne peut fournir aucune réception pour tout onkwehonweh ou bout de terre, car rien n’a été cédé ni abandonné. Le Canada est “cana’jon”, squatter.

Tkariwaieri iken est la grande puissance naturelle. Nous maintenons notre juridiction au travers nos paroles, nos chants, nos danses et nos cérémonies. Nous n’avons pas à nous cacher aujourd’hui pour le faire.

La fiction “des terres cédées” est un concept nul et non avenu.  Les gardiens ne peuvent pas donner (ou vendre) quelque partie que ce soit de l’Île de la Grande Tortue qui appartient à notre futur.

Les soi-disants “traités” établis entre le Canada et ses sbires des conseils de bandes n’est que pure fiction. Nous sommes le peuple de toujours et pour toujours. Rata’tha’wi veut dire que nous supervisons toute chose. Le Canada a pour projet de se réconcilier avec nous, qui avons l’accord naturel de vivre avec nos frères et sœurs et avec toute vie sur notre terre-mère. Seul Onkwehonweh peut déterminer ce qu’il se passe sur ou sous l’Île de la Grande Tortue.

Note de Résistance 71: ci-dessous le courriel du ministre des affaires indiennes précédant une réunion avec les Mohawks de Tyendinaga en rébellion ouverte. Il convient de constater une chose qui est typique du système étatique et colonial : avant même que la réunion n’ait lieu, dans les pourparlers préalables, on peut noter que le ministre demande déjà que les “dominés” en révolte fassent une concession, en l’occurence la levée des blocages ferroviers… Gonflé le mec hein ? Un standard classique de l’arrogance étatico-capitaliste. Le type est d’accord pour la réunion, mais demande la levée des blocages de voie ferrée (business oblige, le téléphone de son burlingue et son portable doivent sonner toutes les 30 secondes…) avant la rencontre et après avoir fait cette demande “espère une rencontre de paix et de considération”… Cela ressemble plus à un ultimatum qu’autre chose… Il se donne un levier de pression avant même la réunion. Le dominant doit perpétuellement assurer sa position et écraser le dominé. Tout acte de “dialogue” n’étant en fait qu’une mascarade, une illusion supplémentaire de l’ineptie “démocratique”…

Nous les peuples devons foutre toute cette merdasse arrogante de la dictature étatico-marchande par dessus bord et reprendre les rênes du bateau ivre, main dans la main avec les peuples natifs que nous avons opprimés de par le monde depuis plus de 5 siècles.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a amais eu et ne saurait y en avoir. Toute négociation est futile ! Négocier c’est trahir ! Les Mohawks rafraîchissent la mémoire des colons actuels sur la réalité des choses naturelles. Il est grand temps d’y revenir… PARTOUT !

MINISTER OF INDIAN AFFAIRS GOES TO KENTEKEH TO “POLISH THE CHAIN” ON 15 FEB. 2020. https://www.rpr879.com/index.php/live-radio/

From: <Marc.Miller.P9@parl.gc.ca>

Date: February 13, 2020

Subject: Silver Chain Covenant

Shé:kon Kanenhariyo, . . . I am writing to confirm what I agreed orally a short while ago: that pursuant to the principles of the Silver Chain Covenant, I hereby agree to Polish the Chain with you and the Kanien’kehá:ka of Tyendinaga at a location of your choosing this coming Saturday. My request that I ask you kindly to consider is to discontinue the protest and barricade of the train tracks as soon as practicable. As you well know, this is a highly volatile situation and the safety of all involved is of utmost importance to me. I hope you will agree to this request and that we can meet in a the spirit of peace and cooperation that should guide our relationship. Please confirm receipt of this email at your earliest convenience and I will instruct my cabinet staff to prepare the meeting on Saturday.

[Traduction française, R71] :

Je vous écris pour confirmer que j’ai donné mon accord verbal il y a quelque temps: que persévérant dans les principes du traité de la chaîne d’argent, je confirme par la présente que je suis d’accord pour polir la chaîne avec vous et les Kanien’kehá:ka de Tyendinaga en un endroit de votre choix samedi prochain. Ma requête que je vous prie de bien vouloir considérer est de mettre un terme à la contestation et aux barricades sur les voies de chemin de fer dès que possible. Comme vous le savez très bien, ceci représente une situation très volatile et la sécurité de toux ceux et celles impliqués est pour moi de la plus haute importance. J’espère que vous serez d’accord avec cette requête et que nous pourrons nous rencontrer dans un esprit de paix et de coopération pouvant guider notre relation. Veuillez confirmer la réception de ce courriel dès que possible et je vais donner les instructions nécessaires à mon personnel de cabinet pour préparer la réunion de samedi.

Aiáwens tsi akwé:kon skén:nen ní:se.

Marc Miller, Minister of Indigenous Services

= = =

THIS IS THE HQ OF DEPT. OF INDIAN AFFAIRS https://ca.news.yahoo.com/dead-bats-blame-methane-levels-090000181.html qui est maintenant appelé les terrace de la Chaudiere

ROTIRIHOROTSTATUS, les sbires des oléoducs n’ont rien à faire ici !

Suite des évènements…

= = =

Lectures complémentaires :

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 

 

Gilets Jaunes et lutte émancipatrice… Petite réflexion sur les systèmes et les hommes (Résistance 71 )

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Gaulois réfractaire et penseur…

 

“Dès que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.”
~ Pierre Kropotkine ~

“Un ethnologue français, Pierre Clastres, a émis, pour les sociétés humaines en général, l’hypothèse que la tendance normale dans un groupe est la résistance collective aux excès du pouvoir. Dans une société encore peu complexe, les notables doivent s’attacher leurs obligés en redistribuant en permanence les richesses qu’ils réussissent à grand peine à accumuler. Dans une société guerrière où le prestige est lié aux prouesses de combat, les grands guerriers doivent remettre sans cesse leur titre en jeu, jusqu’au jour où ils finissent par être éliminés.
L’émergence de sociétés inégalitaires ne serait donc pas la norme, mais l’exception et le résultat d’un disfonctionnment de ces mécanismes de contrôle. Finalement, l’inégalité ne serait pas naturelle…”
~ Jean-Paul Demoule, archéologue, ancien directeur de l’INRAP, 2012 ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~ Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974 ~

 

 

Des systèmes et des hommes

 

Résistance 71

 

8 février 2020

 

Très récemment Raoul Vaneigem déclarait: “La vérité fait partout entendre le chant de la vie. La dimension humaine est une qualité, non une quantité…”

Aussi est-il devenu quasiment un cliché que de parler de “système”. Que n’entendons-nous dire: “Le système ceci, le système cela…”. Il est possible de disserter jour et nuit sur le sujet et le présent billet ne se veut en aucun exhaustif sur l’affaire, mais simplement, en tout cas nous l’espérons, un “amuse-gueule” ouvrant sur un plus vaste festin cognitif que nous laissons aux lecteurs le soin d’organiser à leur guise.

Dans “L’encyclopédie anarchiste”, il est dit ceci entre autre sur le mot “système”:

Ce mot peut s’appliquer soit aux objets de nos connaissances, soit à nos connaissances elles-mêmes. On parlera par exemple du système solaire, du système digestif, du système capitaliste, voulant désigner des réalités dont l’existence ne dépend pas de notre bon vouloir. On parlera aussi de système philosophique, religieux, scientifique, etc. pour désigner un ensemble de principes et d’idées que notre esprit lie entre eux et organise en un tout cohérent. Dans les deux cas, le mot système implique les notions d’assemblage, de coordination, de rapports plus ou moins heureux ; en conséquence, il garde un sens identique. N’en soyons pas surpris. Si l’intelligence humaine introduit un ordre déterminé dans ses concepts, c’est qu’elle suppose, à tort ou à bon droit, qu’un ordre semblable existe dans les choses. L’idéal serait que notre esprit introduisît, entre ses représentations, des rapports correspondant exactement à ceux que la nature impose aux êtres et aux objets. Mais, substituant une contrainte artificielle à l’harmonieux accord engendré par les lois naturelles, la société consacre l’existence de relations absolument anormales entre les humains. On le constate dans le système capitaliste, qui permet à des fainéants de dépouiller à leur profit les travailleurs des champs ou de l’usine. De même il arrive qu’en organisant ses idées et ses principes, l’intelligence se trompe complètement. D’où la multitude des faux systèmes religieux, philosophiques, politiques, etc. ; d’où tant d’hypothèses scientifiques, incapables de résister au contrôle de l’expérience et du calcul. […]”

Ainsi il est possible de distinguer deux sortes de “notions d’assemblage, de coordination”: une notion d’assemblage naturelle et une autre artificielle, construite, bref… humaine. S’il est indéniable que la nature a mis en place au fil du temps et de l’évolution des rouages d’assemblage et de coordination (cf les exemples cités plus haut), il est cependant très discutable que les “systèmes” mis en place par l’humain soient de fait le résultat d’un même processus évolutif, pour la simple raison citée plus haut mettant en évidence l’erreur toujours possible (qu’elle soit involontaire ou sciemment commise à des fins dogmatiques est une autre histoire…) de l’intelligence humaine.

Il nous est dit que notre évolution (celle de l’humain) nous a fait aboutir à ce système ultime de fonctionnement de nos sociétés : l’État et le capitalisme et que ces deux systèmes, de longue date combinés avec l’effet dévastateur que l’on constate au fil du temps, sont le stade ultime du développement humain, la “Raison” incarnée dans l’histoire à en croire le philosophe Hegel et la destinée inéluctable de notre espèce.

Depuis la fin du XVème siècle, puis de l’époque des “lumières” en Europe, le système de gouvernance humain n’a fait que renforcer la division et le rapport initial dominant / dominé, qui étaient inexistants durant les centaines de milliers d’années précédant l’avènement de l’ère de la spéculation marchande.

A la lumière d’une connaissance dans les domaines archéologique et anthropologique accrue ces dernières décennies, nous avons analysé en 2017 et en 2019, l’évolution depuis le moment initial de la division du système de gouvernance humain, qui revient toujours à la même notion cruciale : celle du pouvoir, de la capacité décisionnaire et de sa mise en application.

Ce qui est de nos jours communément appelé “système” est la combinaison de deux modes de gouvernance artificiels (puisqu’humainement créés) que sont l’État, ses rouages et ses institutions, outil du contrôle décisionnaire politique géré par une caste de privilégiés de la profession politique et de sa suite de bureaucrates, huilant la mécanique de contrôle et d’oppression et le “capitalisme”, dernier mode en date de contrôle de cette activité tout aussi artificiellement créée de contrôle de l’échange spéculatif marchand, devenu “modèle économique” ultime, géré quant à lui par une pléiade de rouages marchands, financiers et du contrôle monétaire spéculateur et exploiteur.

Ces systèmes ne tombent bien évidemment pas du ciel. Ils ont été créés par l’humain. Ils sont le résultat de siècles de perfectionnement du désir et de la réalisation dans le contrôle du pouvoir, centralisé entre les mains du plus petit nombre et exploitant sans vergogne le reste de l’humanité.

Les recherches archéologiques et les analyses anthropologiques modernes ont démontré que dans une période postérieure à la dite “révolution néolithique”, certaines sociétés humaines passaient, au fil des siècles, d’un système de pouvoir non-coercitif à un système de pouvoir coercitif et réciproquement, ce aux même endroits d’existence de ces sociétés importantes et organisées. Ces fluctuations de pouvoir étaient dues vraisemblablement aux fluctuations des conditions d’existence (géographiques, climatiques, sociales etc…). Le renforcement de la centralisation et d’un système étatique plus fort assurant la domination sans partage du plus petit nombre aurait pas à pas rendu beaucoup plus difficile le retour aux sociétés à pouvoir non coercitif. Il est plus que vraisemblable que l’État ait joué et joue toujours un rôle de verrou pour ce système, d’empêcheur de retourner à un mode égalitaire de gouvernance. De même, le système de contrôle politique renforcé aura aussi permis le passage surmultiplié à un système marchand spéculatif et de plus en plus lucratif, considérant le fait, comme l’a expliqué l’anthropologue Pierre Clastres, que la division politique prime la division économique et que celle-ci n’a pu voir le jour que parce qu’il y a eu une division préalable de la société humaine permettant au pouvoir de sortir du corps social pour s’exercer coercitivement en tant qu’entité devenue indépendante.

Ces deux systèmes, aujourd’hui et depuis plus de deux siècles, combinés en un système que nous pourrions étiqueter d’étatico-capitaliste, sont des créations artificielles humaines de contrôle et de domination. En ce sens, nous pouvons dire que l’Homme fait, façonne le système dans sa sphère d’influence, même si celui-ci est en interférence avec le processus naturel des choses.

A l’inverse, pourrions-nous dire que le système crée les Hommes ?

L’humain est intégré dans un grand système naturel, mais il est la seule créature sur cette planète dotée d’une intelligence le rendant capable du désir, de la volonté de contrôler la nature pour son profit, de fait pour le profit du plus petit nombre d’entre nous aux dépends du plus grand nombre, de ce fait nous avons créé des systèmes de gouvernance et de contrôle pour gérer pouvoir et richesses spéculatives. Ceux-ci deviennent des microcosmes artificiels dans l’existence naturelle que nous avons été forcés de renier et d’abandonner au fil du temps et affirment une certaine hégémonie culturelle sur notre destinée. Aujourd’hui, nous voyons parfaitement que les soi-disantes “élites” du système de gouvernance humain adoptent toutes une attitude prône à la perpétuation de ce même système et ainsi de leurs privilèges. Qu’il s’agisse de roitelets de monarchies autocrates ou parlementaires, d’élus d’états-nations dits “démocratiques” ou de tyrans religieux ou séculiers, nous constatons que tous ces gens agissent et réagissent selon les schémas d’un même moule, qu’ils sont eux-mêmes des produits du système de contrôle en place. Toutes et tous ne remettent jamais en cause les dogmes et les fondements du fonctionnement: maintenir la division politique, maintenir la division économique de “marché” par la coercition, l’oppression et la répression et ce y compris dans les systèmes dits “démocratiques” des états-nations de la grande mascarade de l’illusion démocratique, parvenant par la même occasion, à maintenir leur présence en haut de la pyramide du contrôle politico-social.

Ainsi, qui que ce soit arrivant au pouvoir dans le système est obligé de se plier aux lois et contraintes de la “politique et du marché”. Il se trouve que depuis sans doute à peu près les guerres napoléoniennes, le “politique” a cédé de plus en plus le pas à “l’économique” et sa dictature marchande phagocytant tout sur son passage. Depuis la 1ère guerre mondiale, on peut constater que la sphère économico-financière de l’activité humaine a totalement conquis la sphère politique (décisionnaire) pour finir par l’absorber totalement. En France et ailleurs, l’illusion de la mascarade démocratique “électorale”, tombe le masque jour après jour et nous voyons des “chefs d’état”, élus par une portion de plus en plus incongrue des populations en phase d’éveil à la supercherie, n’être soit que de purs produits de la finance et de l’affairisme criminel transnational (Trump, Macron et Pompidou avant lui en France, tous deux directement issus de la banque Rothschild), soit des marionnettes totalement inféodés aux diktats financiers et affairistes ayant acheté le pouvoir décisionnaire devenu d’apparat (Bush père et fils, Clinton, Obama, Blair, Sarkozy, Hollande, la liste est bien longue…).

En clair, si le système fonctionne grâce aux humains (qui l’ont créé), il forme aussi ceux-ci à le faire “fonctionner” et perdurer dans le temps en façonnant leur psychée, moyennant les privilèges d’usage prévus pour ceux opérant en haut de cette pyramide anti-naturelle de destruction et de mort ainsi que dans ses rouages. Tous les “politiques” qui ont eu quelques velléités que ce soit de changer en profondeur le “système” sont soit passés à la trappe politiquement soit, dans le pire des cas, ont été assassinés. Des guerres sont déclenchées pour l’accaparement des biens et des ressources, pour la destruction qui remplit les coffres des oligarques en amont et en aval des conflits et qui leur permet d’acheter toujours plus de ce “pouvoir” jusqu’à en avoir le monopole. 

Ainsi si l’État n’a pas inventé la guerre, il l’a sans aucun doute institutionnalisée pour sa survie, pour en faire son histoire et le capitalisme a rendu la guerre indispensable à sa survie, imprégnant les humains des stigmates de cette existence contre-nature. En ce sens pouvons-nous aussi dire que le système forme les humains à son image. Le système en place existe, le pouvoir existe depuis quelques 5000 ans de manière coercitive, il s’exerce et il formate les humains aux dogmes de sa perpétuation. Si tout système de gouvernance est une création humaine, celui-ci quelque soit sa forme, façonne également les humains pour le servir. La relation est réciproque, c’est ce qui fait sa force et c’est ce que nous devons briser.

D’aucun pourrait alors penser que la situation est vaine et désespérée car bloquée de tous côtés, cette idée est du reste renforcée par les idéologues du système clamant haut et fort depuis des siècles qu’il “n’y a pas d’alternative”, que notre destin est scellé dans le rapport étatico-capitaliste, développement ultime de notre évolution et que notre seul pouvoir ne serait que de le réformer de temps en temps en influant, par le vote, sur les personnes le régissant. Illusion supplémentaire insufflée dans cette supercherie organisée et institutionnalisée de longue date et ne laissant aucune place aux valeurs profondes de notre humanité.

Or, il suffit de garder présent à l’esprit que tout ceci est complètement artificiel, que ce système a été créé par nous les humains et qu’en conséquence il peut être défait à tout moment de son histoire. Il a eu un commencement et il aura une fin et que rien, de ce fait, n’est inéluctable. Il suffit simplement de dire NON ! individuellement et collectivement. C’est ce que nous avons analysé et expliqué dans notre “Manifeste pour la société des sociétés” en 2017 et dans sa suite de 2019.

Nous avons le pouvoir de dire NON ! individuellement d’abord puis dans un élan collectif coopératif salvateur et émancipateur. La réorganisation de notre société sur des bases profondément naturelles de solidarité est non seulement possible, mais elle ne tient en fait qu’à nous. Personne ne le fera à notre place et nous n’avons aucune aide ou espoir à attendre d’une énième réforme du système moribond existant. L’État et le capitalisme se meurent ! Aidons-les à mourir ! Comprenons et diffusons ce concept qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Il est important qu’au plus de gens comprennent que le système politico-social que nous subissons, qui nous est imposé depuis haut de la pyramide, est une construction sociale humaine, qui peut parfaitement être totalement déconstruite pour laisser enfin le champ libre à une société que nous,  les peuples, mènerons à notre guise pour le bien de toutes et tous. Nous n’avons aucune obligation de subir un système de gouvernance et de contrôle de nos vies les rendant au plus misérable jour après jour, semaines après semaine, mois après mois, année après année, certes à des degrés divers selon les endroits de la planète ; mais nous avons toutes les obligations de vivre humainement, sans division, sans haine et sans conflit imposés, de transmuter les valeurs et notre réalité pour ouvrir le véritable chemin à notre humanité réalisée, celui de la vie tout simplement.

Ainsi donc…

A bas le système de la division institutionnalisée !
A bas l’État !
A bas la marchandise !
A bas l’argent !
A bas le salariat !

Vive la commune (communion) universelle de la réalisation de notre puissance vitale… Devenons enfin qui nous sommes : des humains réalisés dans l’émancipation de toutes les impostures et supercheries systémiques artificielles qui nous sont imposées depuis près de 5000 ans.

Qu’on se le dise !

Résistance 71

Février 2020

“L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.”
~ Emma Goldman ~

« La machine de l’État est oppressive par sa nature même, ses rouages ne peuvent fonctionner sans broyer les citoyens, aucune bonne volonté ne peut en faire un instrument du bien public ; on ne peut l’empêcher d’opprimer qu’en le brisant. »
~ Simone Weil ~

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


La rage s’exerce avant tout… dans la réflexion 

Des PDF pour comprendre et exposer les supercheries maintenant l’escroquerie étatico-capitaliste en place…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 février 2020 by Résistance 71

 

 

« Qui contrôle le passé contrôle le futur, qui contrôle le présent contrôle le passé… » (George Orwell, « 1984 »)

 

Résistance 71

 

2 février 2020

 

Ci-dessous, nous vous avons mis quelques importants PDF tirés de notre bibliothèque, concernant les supercheries historiques, politiques et scientifiques mises en place pour maintenir fonctionnel le pouvoir coercitif et oppresseur étatico-capitaliste. Il est important de mettre ces supercheries au grand jour et de reprendre en main le cours de notre histoire. Pour ce faire, encore faut-il les connaître et de ce fait, être capable de les déconstruire et de les exposer de manière la plus large possible pour la compréhension du plus grand nombre.
Comprenons que ces supercheries font parties intégrantes de notre réalité, celle-là même que nous devons comprendre, intégrer, avant que de pouvoir la changer depuis sa racine (radicalement) et entrer dans une ère de l’émancipation totale de cette double escroquerie étatique et marchande.

A lire et à diffuser sans aucune modération:

Exposer les supercheries narratives historiques:

Exposer les supercheries politiques:

Exposer les supercheries scientifiques et technologiques :

 


Qui ose gagne…

 

Résistance politique : entretien avec la Federation Anarchiste de Rio de Janeiro (FARJ)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 31 janvier 2020 by Résistance 71

Entretien très intéressant avec la Fédération Anarchiste de Rio de Janeiro dont le représentant parle franc et sans détour. On n’est pas forcément d’accord avec tout ce qui se dit, mais ils ont le mérite d’être actif et de pousser à la compréhension et la transformation de la réalité sociale.
~ Résistance 71 ~

 

 

Entretien avec la Fédération Anarchiste de Rio de Janeiro (FARJ)

 

Federação Anarquista do Rio de Janeiro

 

La FARJ et la Coordination Anarchiste Brésilienne (CAB)

 

“Nous avons opté pour le modèle spécifique en grande partie inspiré de celui de la FAU. Une organisation axée sur l’engagement militant, que défend des positions claires : la nécessité de s’organiser, l’organisation agissant en tant que minorité active, l’unité théorique et tactique, la production de théorie, la nécessité d’un travail et d’une insertion sociale, l’anarchisme considéré comme un instrument pour la lutte des classes avec pour objectif un projet socialiste libertaire, la distinction entre les niveaux de l’action politique (de l’organisation anarchiste) et sociale (des mouvements populaires) et la défense d’un militantisme suivant une stratégie définie. « 

Réalisé entre décembre 2007 et février 2008

 

– Thierry Libertad : Qu’est-ce que la FARJ et depuis quand existe-t-elle ? 

Fédération Anarchiste de Rio de Janeiro : La FARJ est une organisation anarchiste spécifique, fondée le 30 août 2003. Elle est le résultat d’un processus de lutte et d’organisation à Rio de Janeiro qui remonte à des dizaines d’années. L’objectif, lors de sa création, était de consolider une organisation anarchiste qui tenterait de récupérer le vecteur social perdu par l’anarchisme brésilien, depuis les années 30. Influencés par l’histoire de résistance de l’anarchisme à Rio de Janeiro, nous avons publié, lors de sa création, un « Manifeste de fondation » où s’affirme notre volonté de lutter pour un anarchisme organisé. Nous avons également publié une « Charte de Principes », dans laquelle nous avons défini tout ce qui guident nos actions : liberté, éthique et valeurs, fédéralisme, internationalisme, autogestion, action directe, lutte des classes, combat politique, participation aux luttes sociales, solidarité. 

– T.L. : Qu’entendez-vous par « récupérer le vecteur social » ? 

FARJ : Nous désignons par vecteur social de l’anarchisme sa présence et son influence dans les mouvements populaires et dans la lutte des classes. En réalité l’anarchisme, en tant que proposition pertinente et conséquente, n’a jamais disparu du Brésil, mais a perdu, au cours des années 30, son premier grand vecteur social, représenté, à cette époque, par le syndicalisme révolutionnaire. Les raisons en sont multiples : la relation de dépendance des syndicats envers l’Etat, la répression des autorités et l’offensive bolchevique. Selon Malatesta, les anarchistes devraient être dans tous les espaces où se manifestent les contradictions du capitalisme, agissant de la manière la plus libertaire possible. C’était ce qui guidait les anarchistes quand ils sont entrés dans les syndicats. Mais, beaucoup d’anarchistes, concevant le syndicalisme comme une fin en soi, ont délaissé l’organisation anarchiste spécifique. C’est un des autres facteurs qui explique la perte de ce vecteur. Les anarchistes brésiliens, parmi lesquels José Oiticica, avaient déjà remarqué que ce mouvement fort, qui se développait depuis le début du 20ème siècle, ne se suffirait pas à lui-même, mais qu’il représentait, pour les anarchistes, un champ d’action dans lequel ils devaient intervenir, organisés politiquement et structurés idéologiquement au sein d’une organisation anarchiste spécifique. Quand les problèmes du syndicalisme que nous venons de citer se sont posés, le fait que les anarchistes ne soient pas mieux structurés idéologiquement a contribué à ce qu’ils ne retrouvent pas d’autre vecteur social. 

Conséquence de la perte de ce vecteur, les anarchistes se sont réfugiés dans les ligues anticléricales, les centres culturels, les athénées, les écoles, les collectifs éditoriaux, les associations théâtrales, etc. Ces espaces étaient – et sont toujours – des initiatives intéressantes et vitales, mais acquièrent une signification plus importante quand elles sont liées à un mouvement social réel. Coupées d’une véritable pratique sociale, ces initiatives n’ont pas été capables de favoriser la propagande et l’agitation, comme le prétendaient les compagnons qui y participaient. Nous considérons que, depuis les problèmes avec le syndicalisme, l’anarchisme n’est pas parvenu à retrouver de vecteur social. C’est pourquoi notre objectif est de contribuer, par la lutte, à trouver de nouveaux mouvements sociaux qui pourraient permettre une « réinsertion » de l’anarchisme. 

– T.L. : Qui est à l’origine de la création de la FARJ ? 

FARJ : En 2002, notre idée était d’étudier les différents modèles d’organisation anarchiste et de fonder une fédération ayant pour objectif de coordonner et de favoriser le développement de l’anarchisme à Rio de Janeiro. Nous avons commencé par un cycle d’études, à la Bibliothèque Social Fábio Luz (BSFL), où nous avons discuté des textes classiques de Bakounine, Malatesta, Fabbri ; des documents tels que la Plate-forme Organisationnelle des Communistes libertaires, ainsi que les modèles d’organisations spécifique (telle que la Fédération Anarchiste Uruguyenne – FAU) ou synthésiste (comme la Fédération Anarchiste Francophone – FA). A la fin de ce processus, des divergences ont surgi au sein du groupe. Quelques participants ont alors décidé de partir et de créer une autre organisation. Le groupe qui est resté jusqu’à la fin des débats a fondé la FARJ. 

– T.L. : Quel a été finalement le modèle d’organisation adopté ? 

FARJ : Nous avons opté pour le modèle spécifique – également connu sous le nom de « spécifisme » ou « anarchisme organisé » – en grande partie inspiré de celui de la FAU. Suite aux discussions que nous avons eu, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il était indispensable de travailler avec les mouvements populaires et sociaux. Pour cela, nous devions créer une organisation axée sur l’engagement militant. Une organisation de ce type défend des positions claires : la nécessité de s’organiser, l’organisation agissant en tant que minorité active, l’unité théorique et tactique, la production de théorie, la nécessité d’un travail et d’une insertion sociale, l’anarchisme considéré comme un instrument pour la lutte des classes avec pour objectif un projet socialiste libertaire, la distinction entre les niveaux de l’action politique (de l’organisation anarchiste) et sociale (des mouvements populaires) et la défense d’un militantisme suivant une stratégie définie. Il est évident que cette organisation n’est pas née en travaillant avec tous ces concepts, mais nous avons perfectionné notre travail sur ce point au cours des années. 

– T.L. : Pouvez-vous détailler un peu plus la manière dont fonctionne cette organisation ? 

FARJ : Ce modèle considère que la fonction de l’organisation spécifique anarchiste est de coordonner et de faire converger les forces militantes, en construisant un instrument de lutte solide et efficace, ayant pour objectif final la révolution sociale et le socialisme libertaire. Sans organisation (ou peu), nous estimons que le travail, mal articulé ou même isolé, où chacun fait ce qu’il veut, est inefficace. Le modèle d’organisation que nous défendons cherche à multiplier les résultats et l’efficacité des forces militantes. Selon ce modèle, l’organisation spécifique anarchiste agit comme une minorité active, c’est-à-dire un groupe d’anarchistes, organisés au niveau politique et idéologique, qui concentre son action sur les mouvements sociaux, les syndicats, etc. Dans ce travail, l’organisation – la minorité active – cherche à influencer les mouvements et les luttes dans lesquelles elle est investie, afin que leur mode de fonctionnement soit le plus libertaire possible. Quand elle agit au niveau social, la minorité active ne cherche pas acquérir une situation de privilège, elle n’impose pas sa volonté, elle ne lutte pas pour les mouvements sociaux, mais avec eux. C’est en cela qu’elle se différencie de l’ « avant-garde » marxiste-léniniste. L’idéologie doit être dans le mouvement social et non à l’extérieur. 

Pour nous, l’unité théorique est indispensable. L’organisation ne peut agir sous l’influence de plusieurs ou de quelconques théories, le risque étant de conduire à un manque d’articulation, voire même à des conflits du fait de la pluralité des concepts, et de mener, sans aucun doute, à des pratiques erronées, confuses et, dans tous les cas, peu efficaces. Cette unité doit toujours être obtenue collectivement et de manière horizontale au sein de l’organisation. L’unité théorique va de paire avec l’unité d’action. A travers elle, l’organisation agit pour mettre en pratique les actions correspondant à la stratégie de lutte adoptée. Une fois définis la ligne théorique et idéologique, ainsi qu’un programme stratégique, tous les militants – l’organisation étant considérée comme un tout – ont pour obligation de mener à bien toutes les actions tactiques définies dans le programme stratégique. En résumé, tous doivent « ramer dans la même direction ». 

Ce modèle d’organisation se caractérise par l’insistance qu’il porte à la nécessité du travail et de l’insertion sociale. Le travail social est l’activité que mènent les anarchistes organisés au sein des mouvements sociaux et populaires ; l’insertion sociale est la pénétration des idées et des concepts libertaires au sein de ces mouvements. Si nous luttons pour une société sans exploitation ni domination, il est incohérent de le faire sans l’engagement de celui qui est la première victime de la société capitaliste de classe : le peuple exploité et soumis. Revendiquer cette position ne signifie pas idolâtrer le peuple ou croire qu’il est révolutionnaire par essence, mais juste être en accord avec l’idée que la lutte contre l’exploitation ne peut être menée qu’avec la participation de ceux qui sont le plus exploités. C’est pourquoi nous incitons fortement à l’activité au sein des mouvements populaires, autonomes et combatifs, ou même à leur création. Nous pensons que l’anarchisme, pour se développer, doit être utilisé comme instrument au service de la lutte des classes. 

Une autre caractéristique de ce modèle d’organisation réside dans la distinction qu’il fait entre l’activité sur le plan politique et sur le plan social. Nous ne pensons pas que le mouvement social doive se soumettre à l’organisation politique (comme le revendiquent les autoritaires) ; pour nous, il y a une relation complémentaire et dialectique, indissociable entre les deux. Ainsi, le politique (l’organisation anarchiste) doit intervenir au niveau social (dans les mouvements), mobilisé autour de questions pragmatiques pour l’amélioration des conditions de vie de la classe exploitée. 

Pour que cela se fasse avec cohérence, les stratégies doivent être élaborées au sein de l’organisation anarchiste : c’est ici que s’analyse la conjoncture ; on y traite du contexte mondial, national ou régional ; on y étudie les mouvements et les forces populaires en jeu, leurs influences et leurs potentiels, ainsi que les questions de politique institutionnelle qui ont des conséquences sur les milieux dans lesquels nous nous proposons d’agir. C’est également au sein de l’organisation spécifique que se font les réflexions sur les objectifs à long terme, c’est-à-dire, où nous forgeons nos conceptions de la révolution sociale et du socialisme libertaire. Ensuite, et c’est le plus difficile, on y tente de réfléchir aux moyens d’action qui permettront d’atteindre de tels objectifs, ou tout du moins, faire en sorte qu’ils deviennent plus palpables. La stratégie devra répondre à la question suivante : comment sortir de là où nous sommes pour arriver là où nous voulons ? Les objectifs stratégiques, ou grands objectifs, constituent la ligne « macro » (diagnostique, objectifs à court, moyen et long terme). La ligne « micro », c’est-à-dire, la tactique, quant à elle, détermine les actions que mettront en pratique les militants ou les groupes. Il est évident que la réalisation des objectifs tactiques nous rapproche toujours d’avantage des objectifs stratégiques. Ainsi, le type d’organisation que nous avons choisi exige de la part de ses militants un haut niveau d’engagement. 

T.L. : Qui intègre la FARJ et comment fonctionne-t-elle ? 

FARJ : La FARJ est une organisation qui rassemble, d’un côté, des militants organiques et de l’autre, ce que nous pourrions appeler un « réseau de soutien », composé de personnes qui nous aident de différentes manières. Les militants organiques sommes répartis sur ce que nous appelons des « fronts de travail », ou « fronts d’insertion ». Jusqu’en 2007, nous avons travailler sur deux fronts : un sur les occupations urbaines, l’autre communautaire. A partir de 2008, nous en avons créé un troisième, celui agro-écologique. La politique menée sur ces fronts est déterminée collectivement par l’organisation, mais ils possèdent une certaine autonomie pour la mettre en pratique. De la même manière, l’organisation est informée, dans les grandes lignes, de ce qui est réalisé sur les fronts et en discute collectivement. Notre fonctionnement est basé sur ce processus : nous déterminons, après l’avoir discuté, une politique et l’appliquons sur les « fronts d’insertion », puis nous observons, analysons et discutons ensuite les résultats concrets de son application. 

T.L. : Comment se situe la FARJ dans l’histoire du mouvement libertaire brésilien ? 

FARJ : Notre histoire est très liée au militantisme d’Ideal Peres. Ideal était le fils de Juan Pérez Bouzas, un immigrant espagnol, cordonnier et anarchiste, qui a joué un grand rôle dans le mouvement libertaire à partir de la fin des années 1910. Militant actif de l’Alliance des Ouvriers de la Chaussure et de la Fédération Ouvrière de São Paulo (FOSP), il s’est distingué en participant à nombre incalculable de grèves, de piquets et de manifestations. Dans les années 30, il a milité dans la Ligue Anticléricale. En 1934, son rôle a été décisif dans la Bataille de Sé – quand les anarchistes, sous les rafales de mitrailleuses, repoussèrent les « intégralistes » (fascistes), aux côtés de l’Alliance Nationale de Libération (ANL), une organisation qui luttait contre le fascisme, l’impérialisme et le latifundisme (grande propriété terrienne). Ideal Peres est né en 1925 et à commencé à militer en 1946. Il a participé à la Jeunesse Libertaire Brésilienne, à l’Union de la Jeunesse Libertaire Brésilienne, aux journaux Ação Direta et Archote, à l’Union des Anarchistes de Rio de Janeiro ainsi qu’aux Congrès Anarchistes qui se sont tenus au Brésil. Il a joué un rôle important au sein du Centre d’Etudes Professeur José Oiticica (CEPJO), lieu où se tenaient des cours et des discussions ayant pour « toile de fond » l’anarchisme. Lorsqu’il a été fermé par la dictature en 1969, Ideal a été arrêté et retenu pendant un mois dans l’ancien Département d’Ordre Politique et Social (DOPS). Après son incarcération, Ideal a organisé, au cours des années 70, un groupe d’études qui se réunissait chez lui. L’objectif était d’attirer les jeunes intéressés par l’anarchisme pour, entre autres, les mettre en contact avec les vieux militants et établir des liens avec les autres anarchistes du Brésil. Ce groupe sera à l’origine du Cercle d’Etudes Libertaire (CEL), dont Ideal et Esther Redes, sa compagne, seront les principaux artisans. 

Le CEL a fonctionné à Rio de Janeiro de 1985 à 1995. Autour de lui (ou même en son sein), se sont formés d’autres groupes, tels que le Groupe Anarchiste José Oiticica (GAJO), le Groupe Anarchiste Action Directe (GAAD), le Collectif Anarchiste Etudiant – 9 juillet (CAE-9), le groupe Mutirão, de même que des publications comme Libera…Amore Mio (fondée en 1991 et qui existe encore aujourd’hui), la revue Utopia et le journal Mutirão. De plus, le CEL a été à l’origine d’événements, de campagnes et de dizaines (sinon de centaines) d’exposés et de débats. Actuellement, dans la FARJ, il y a des compagnons qui sont arrivés à l’époque du groupe d’études qui se tenait chez Ideal, et d’autres qui sont arrivés à l’époque du CEL. A la mort d’Ideal Peres, le CEL a décidé de lui rendre hommage en transformant son nom en Cercle d’Etudes Libertaires Ideal Peres (CELIP). Le CELIP a prolongé le travail du CEL, avec la responsabilité de fédérer le militantisme de Rio de Janeiro et de continuer le travail de réflexion théorique. Le CELIP a poursuivi la publication de Libera, lui permettant ainsi d’établir des relations avec des groupes dans tout le pays mais aussi de l’extérieur. Il a apporté d’importantes réflexions sur des sujets qui étaient à l’ordre du jour au Brésil et sur le monde tel qu’il était à cette époque et s’est chargé de diffuser des textes et des nouvelles des différents groupes brésiliens. Les exposés et les débats se sont poursuivis, auxquels ont participé de nouveaux militants. 

Les relations que quelques militants entretenaient avec la Fédération Anarchiste Uruguayenne (FAU) ont fini par influencer de façon significative le modèle d’anarchisme qui se développait au sein du CELIP. Ce dernier a co-organisé les Rencontres Provinciales des Etudiants Libertaires de Rio de Janeiro (ENELIB), en 1999 ; il a participé aux Rencontres Internationales de Culture Libertaire à Florianópolis en 2000 ; et il a apporté sa contribution aux activités de l’Institut de Culture et Action Libertaire de São Paulo (ICAL). Il a aussi repris la lutte aux côtés des travailleurs du pétrole, en renouant les liens entre anarchistes et syndicalistes du secteur pétrolier – des liens qui dataient des années 1992/1993, lorsqu’ils ont occupés ensemble le siège de Petrobrás, constituant ainsi la première occupation d’une administration « publique » depuis la fin de la dictature militaire. En 2001, cette lutte commune a repris et a culminé lors d’un campement de plus de dix jours, en 2003, où anarchistes et travailleurs du pétrole ont lutté pour l’amnistie des camarades renvoyés pour raisons politiques. Ce sont quelques unes des activités que le CELIP a réalisé. 

En 2002, nous avons créé un groupe d’études pour débattre de la possibilité de créer une organisation anarchiste, et comme nous l’avons dit plus haut, le résultat de ce groupe a été la fondation de la FARJ en 2003. Pour nous il y a donc un lien direct entre l’activité militante d’Ideal Peres, la constitution du CEL, son mode de fonctionnement, sa transformation en CELIP, et la postérieure fondation de la FARJ. 

– T.L. : Quelles sont vos références idéologiques, nationales et internationales ? 

FARJ : Etant donné que le courant spécifique ne s’est pas beaucoup développé au Brésil, nos références idéologiques, au niveau national, s’appuient sur quelques initiatives du passé et sur d’autres, plus récentes, que nous considérons comme issues du même courant. Depuis les premières années du XXe siècle, les anarchistes adeptes de « l’organisation » (l’équivalent de ce que l’on désigne aujourd’hui par « spécifisme »), en particulier les partisans de Malatesta, se sont efforcés d’organiser le plus grand nombre de compagnons en vue de former une organisation dotée de stratégies et de tactiques communes, et basée sur des accords tacites et consentis par tous. Ce furent ceux-la même les responsables de la réalisation du Premier Congrès Ouvrier Brésilien, en 1906, et des initiatives les plus vigoureuses de l’anarchisme brésilien. Ces anarchistes ont préparé les conditions qui ont permis la pleine insertion des libertaires dans les syndicats, dans la vie sociale, et ont contribué à la formation d’écoles et de groupes de théâtre, sans oublier une raisonnable production écrite. Le courant « organisationiste » a été, en grande partie, l’un des promoteurs de la préparation de l’Insurrection Anarchiste de 1918 et de la création de l’Alliance Libertaire de Rio de Janeiro. Il est également à l’origine de la formation du Parti Communiste Brésilien, d’inspiration libertaire en 1919, et des événements qui ont opposé les anarchistes aux bolcheviques dans les années 20. De cette première époque, se distinguent les noms de Neno Vasco, José Oiticica, Domingos Passos, Juan Pérez Bouzas, Astrojildo Pereira (jusqu’en 1920) et Fábio Luz. Ensuite, après une période de léthargie de l’anarchisme social pendant presque vingt ans, une partie de la tradition « organisationiste » a resurgi au sein du journal Ação Direta (Action Directe). Mais, avec le putsch militaire de 1964, nous avons à nouveau perdu notre principale force dans ce camp, représentée par Ideal peres et les étudiants du Mouvement Etudiant Libertaire. 

Sur le plan extérieur, plus particulièrement latino-américain, nous partageons des affinités avec l’héritage historique du magonisme, qui correspond à la phase de radicalisation du Parti Libéral Mexicain, entre 1906 et 1922. Au cours de cette période, ce mouvement, qui reçu le nom de son militant le plus actif, Ricardo Flores Magón, a entrepris, depuis l’exil, plusieurs actions de guérilla. Il a été capable, malgré les limites de l’anarchisme syndical mexicain, d’aller plus loin que les apparences et, de manière symbiotique, de rapprocher son idéologie des demandes historiques des paysans mexicains, se convertissant ainsi en un vecteur fondamental d’une révolution radicale. Il est nécessaire de rappeler que, au milieu de la sanglante guerre révolutionnaire, il y a eu, entre magonistes et zapatistes, un rapprochement important. 

Nous sommes également influencés par la Fédération Anarchiste Uruguayenne (FAU), principalement par son modèle d’organisation bakouniniste/malatestien et par son activité sur les différents fronts (étudiant, communautaire et syndical), avec la priorité qu’il accorde au thème travail/insertion social et à la distinction qu’il fait entre les niveaux d’action. 

Enfin, bien évidemment, nous sommes très influencés par les classiques – Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta – et par le rôle qu’ont joué les anarchistes dans les révolutions russes et espagnoles. 

– T.L. : Comment se situe la FARJ dans le vieux débat entre Synthèse et Plate-forme ? 

FARJ : Notre organisation ne s’insère dans aucun de ces modèles. Tout d’abord, nous croyons qu’il n’y a pas qu’une seule formule pour résoudre la question de l’organisation anarchiste. Mais, comme nous l’avons déjà dit, elle doit « faire en sorte que l’anarchisme retrouve son lieu d’origine dans le champ de la lutte des classes », comme ce fut le cas à d’autre époques grâce au travail des militants. Selon nous, l’organisation doit être adaptée au contexte dans lequel elle prétend agir et aux forces sociales en présence. Pour être brefs, nous considérons que cette nécessité, pour l’anarchisme de retrouver son vecteur social, ou sa place dans la lutte des classes, fait que la synthèse n’est pas suffisante. 

Cette conception, qui vise à réunir dans une même organisation tous ceux qui se considèrent comme anarchistes, engendre une « unité » autour de la critique du système (capitalisme, Etat, démocratie représentative), une certaine affinité quant aux objectifs à long terme mais ne parvient pas à répondre à la question « comment agir ? ». Pour nous, ce modèle gaspille beaucoup d’efforts pour rien (travail sans coordination, conflits, longues tentatives de consensus – qui souvent peuvent être manipulés par une minorité – et des discussions stériles telles que « est-ce que les anarchistes doivent agir socialement ? » ou « sommes-nous partisans de la lutte des classes ? », etc.). Le fait que la synthèse classique inclue les individualistes au sein de l’organisation anarchiste est un problème pour nous. 

Quant à la Plate-forme, elle doit être comprise dans le contexte dans lequel elle a été écrite et sur la base des expériences de la Révolution Russe dans lesquelles ont été impliqués Makhno, Archinov…. Elle défend un modèle d’organisation correspondant à un moment révolutionnaire particulier, et il faut prendre en compte le fait que nous ne sommes pas dans l’un de ces moments. Pour nous, ce modèle n’a pas besoin d’être appliqué dans des situations non-révolutionnaires. Nous pensons que la Plate-forme a apporté d’importantes contributions, tel que le débat sur l’engagement militant, une réflexion sur le problème de la désorganisation et le manque de responsabilité de certains secteurs de l’anarchisme, une critique de l’individualisme et de l’exacerbation des ego. Nous devons cependant reconnaître qu’il y a eu des anarchistes qui, à certains endroits, ont complètement modifié le sens de la Plate-forme, l’utilisant pour justifier l’autoritarisme au sein de l’anarchisme. Si l’on réfléchit aux pratiques et à la conception de l’anarchisme de Mahkno et des autres ukrainiens qui ont participé à la Révolution Russe et ont ensuite formé le groupe Dielo Trouda, cela n’a pas de sens. 

Il nous semble qu’à l’heure actuelle, nous devons penser aux moyens de récupérer le vecteur social perdu par l’anarchisme. Chaque organisation anarchiste partageant cet intérêt, doit chercher une forme d’organisation qui lui procure le plus de succès (toujours en respectant l’éthique anarchiste) et qui corresponde à la réalité sociale. 

– T.L. : Dans quels projets est impliqué le Front d’Occupations et quelles sont ses activités ? 

FARJ : Ce front est impliqué dans le soutien aux occupations urbaines qui, au Brésil, possèdent un caractère un peu différent de celles qui ont lieu dans d’autres endroits du monde. Ici, les occupations sont effectuées par des personnes pauvres, victimes de violences policières ou du trafic de drogues dans les favelas, ou qui vivent sous des ponts ou des autoroutes – une situation qui n’a rien d’extraordinaire dans les grandes villes brésiliennes. Les familles qui n’ont pas où dormir finissent par occuper des espaces qui ne sont pas utilisés, donnant ainsi à ces occupations une finalité sociale. Aujourd’hui ce front travail avec cinq occupations urbaines. C’est le résultat d’une activité qui existe depuis 2003 – mais de façon plus organisée qu’auparavant (nous avons déjà eu des expériences de travail avec les occupations urbaines à la fin des années 90) et comme front de l’organisation. Nous avons milité au sein du Front Internationaliste des Sans-Toit (FIST), que nous avons crée avec d’autres compagnons et qui a réussi à avoir 11 occupations. Néanmoins, il y a peu, nous avons quitté le FIST et nous agissons maintenant directement (FARJ-occupations) avec les occupations les plus réceptives aux idées et aux pratiques libertaires. Nous avons obtenu une forte reconnaissance grâce ce travail, tant de la part des occupations que des mouvements sociaux de Rio de Janeiro. 

Notre travail et notre participation au sein des occupations sont quotidiens (certaines d’entre-elles ont compté ou comptent encore parmi elles des militants de la FARJ) ; nous les aidons à s’organiser et, dans les assemblées, nous stimulons l’auto-organisation, l’action directe, la démocratie directe, etc. Nous cherchons aussi à connecter les occupations aux autres mouvements sociaux de Rio de Janeiro. Nous avons ainsi des relations avec le Mouvement des Travailleurs Sans-Emploi (MTD), avec le Conseil Populaire (une coordination de mouvements sociaux). En 2007, nous avons participé à l’occupation de l’Agence Nationale du Pétrole (ANP) avec d’autres mouvements sociaux. Nous avons aussi des militants en contact avec le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST). L’un d’eux donne d’ailleurs des cours de formation à l’école Florestan Fernandes (dans l’Etat de São Paulo) ainsi qu’à Rio de Janeiro. 

Pour répondre à une importante demande, nous avons été à l’origine d’un projet « transversal », connu sous le nom d’Université Populaire, dans lequel s’insèrent tous les fronts. Cette initiative s’est tellement développée qu’elle est devenue un projet d’éducation populaire anticapitaliste, destinée à la transformation de la société, avec pour tactique la formation politique au sein des mouvements populaires. 

– T. L. : Et le Front Communautaire ? 

FARJ : C’est lui qui est responsable de notre Bibliothèque Sociale Fábio Luz (BSFL). Elle existe depuis 2001 et possède plus de 1000 livres sur l’anarchisme, ainsi que sur des thématiques variées. Les archives de publications anarchistes contemporaines provenant du monde entier sont très importantes. Le front communautaire est également responsable de la gestion du Centre de Culture Sociale de Río de Janeiro (CCS-RJ). Situé au nord de la ville, cet espace social ouvert accueille de nombreuses activités : un compagnon réalise un travail de recyclage en créant des chaises, des canapés, des œuvres d’art, etc., avec des objets recueillis dans les poubelles ; on y propose également du soutien scolaire et une préparation pour l’entrée à l’université pour les jeunes défavorisés du quartier de Morros dos Macacos, ainsi que des ateliers de théâtre, des événements culturels, des fêtes et des réunions en tout genre. Dans l’enceinte de la BSFL, se réunit le Groupe de Recherche Marques da Costa (NPMC), fondé en 2004, qui a pour objectif de produire la réflexion théorique de l’organisation et de faire des recherches sur l’histoire de l’anarchisme à Rio de Janeiro. Il y aussi le CELIP qui est un groupe « ouvert au public ». Pour le moment il ne fonctionne pas beaucoup, mais il a pour projet de réaliser des exposés et des débats afin d’attirer de nouvelles personnes intéressées par l’anarchisme. 

– T.L. : Je sais que le Front Agro-écologique est nouveau, mais pourriez-vous nous parler un peu de ses activités ? 

FARJ : Notre front le plus récent s’est formé à partir du Groupe d’Alimentation et de Santé Germinal, crée en 2005. Le groupe Germinal fonctionne en autogestion. Il s’intéresse aux questions d’alimentation et d’écologie. L’un de ses objectifs est de soutenir des expériences d’agriculture déjà existantes et de stimuler l’émergence de nouveaux projets, toujours selon une perspective libertaire. Structuré autour de l’espace « ¡Ay Carmela ! » et d’ « Ateliers Pédagogiques », son but est d’agir sur la consolidation et la sauvegarde de l’agriculture, de l’agro-écologie, de l’écologie sociale, de l’éco-alphabétisation et de l’économie solidaire. Ces ateliers sont destinés aux travailleurs, aux militants des mouvements sociaux et aux étudiants. Des Déjeuners Dansants Végétariens sont également organisés de temps à autre au CCS-RJ. A présent qu’il s’est constitué en notre troisième front, il va chercher à définir ses activités prioritaires, les espaces où il peut s’insérer, etc. Nous espérons obtenir de bonnes récoltes avec la création de ce nouveau front. 

– T.L. : Y a-t-il des projets propres à la FARJ qui n’aient aucune relation avec un front spécifique ? 

FARJ : Il y a des activités qui sont liées à l’organisation en générale comme, par exemple, les publications. Nous éditons le journal Libera et la revue Protesta ! (en collaboration avec les compagnons du Collectif Anarchiste Terre Libre de São Paulo) ; nous publions des livres, tels que l’Anarchisme Social de Franck Mintz, l’Anarchisme aujourd’hui de l’Union Régionale Rhône-Alpes et Ricardo Flores Magón de Diego Abad de Santillán. Nous menons un travail interne de mise à niveau, de préparation et de formation théorique des militants. Nous essayons également de retravailler nos relations externes, entre autres choses. 

– T. L. : Quels sont vos buts et perspectives ? 

FARJ : Nous nous considérons comme une organisation révolutionnaire. C’est pourquoi la révolution sociale et la construction du socialisme libertaire constituent notre objectif à long terme. A court terme, nos objectifs pour 2008 sont : poursuivre le travail avec les occupations et le renforcer, travailler à la formation politique dans les occupations dans le cadre du projet de l’Université Populaire, maintenir des relations avec les mouvements sociaux et intégrer d’autres mobilisations sur Rio de Janeiro ; maintenir, repenser et augmenter les travaux du CCS-RJ, de la Bibliothèque Fábio Luz, installer la coopérative Faísca Publicações dans le CCS-RJ, consolider les travaux du front agro-écologique, chercher d’autres espaces d’intervention, réunir de nouveaux militants, continuer la formation interne, les relations externes et les publications. Voila, dans les grandes lignes, nos projets. 

– T.L. : Actuellement, dans quelle situation se trouve le mouvement libertaire brésilien ? 

FARJ : De notre point de vue, il n’y a pas de « mouvement libertaire brésilien », car l’idée de « mouvement » implique une articulation plus ou moins effective entre les groupes qui, actuellement, n’existe pas. Avec la fin de la dictature militaire, dans les années 80, il y a eu une résurgence de l’anarchisme. Quelques personnes, qui étaient isolées ou effectuaient un travail de résistance (principalement dans le milieu culturel), ont alors « repris du service », et d’autres les ont rejoint. A ce moment, l’anarchisme suscitait beaucoup d’intérêt de la part du « grand public ». 

A partir des années 90, les positions libertaires se sont approfondies. De nombreux anarchistes, qui avaient des affinités communes mais se trouvaient dans des villes et des provinces différentes, ont commencé à discuter plus en détail des questions d’organisation, des priorités du groupe ou de l’organisation anarchiste, etc. Naturellement, cela a conduit, au cours des années 90 et au début des années 2000, à une fragmentation. Chaque groupe commence alors à agir avec celui ou ceux avec qui il partage des affinités. Une tendance spécifique (présente déjà dans les 90), inspirée par la FAU, surgit et lance la proposition de la Construction Anarchiste Brésilienne ; elle sera à l’origine de presque tout le milieu spécifique brésilien. Une tendance plus synthésiste, inspirée du modèle de la Fédération anarchiste francophone, finit par former quelques groupes. Enfin, une ligne plus individualiste, ou postmoderne, se développe, principalement depuis 2000. 

Aujourd’hui, l’anarchisme est très fragmenté au Brésil. Jusqu’en 2003, nous avons été liés à cette tendance spécifique. Puis la rupture s’est produite pendant la formation de notre organisation (durant le groupe d’études). Les groupes qui discutaient de la formation du Forum de l’Anarchisme Organisé (FAO) ont préféré intégrer l’organisation rivale qui s’était formé à Rio de Janeiro (et qui sera ensuite expulsé du FAO), empêchant ainsi notre participation. Depuis lors, nous avons axé notre activité sur les questions internes, mais surtout sur le travail social, que nous considérons être la priorité. Maintenant que ces questions se sont développées, nous sommes entrés dans une phase où nous pouvons repenser les relations avec les autres tendances présentes au Brésil. Comme nous l’avons déjà dit, à part la tendance spécifique, il existe également une tendance synthésiste (que nous pourrions qualifier de non-spécifique). Assez développée, elle axe, en grande partie, son travail sur la question de la propagande anarchiste. Elle dispose de publications, de centres culturels, etc. Au sein de cette tendance, il y a des groupes organisés et d’autres qui ne le sont pas, certains avec des activités très intéressantes et d’autres, moins. Sans que l’on puisse véritablement en expliquer la raison, la tradition au Brésil est d’avantage synthésiste que spécifique. De telle sorte que, quand il n’y pas vraiment de débat de fond sur le sujet, les groupes qui surgissent s’inscrivent plutôt dans cette tendance. Enfin, la troisième ligne, qui a mené l’individualisme et « l’anarchisme style de vie » jusqu’à ses ultimes conséquences (stirneriens, primitivistes, etc.), jouit d’une certaine représentativité. 

– T.L. : Quelle type de relations la FARJ entretient-elle avec ces tendances ? 

FARJ : Suite aux problèmes avec les autres organisations spécifiques lors de la constitution du FAO, nous avons décidé de ne plus travailler avec elles. Nous jugeons également qu’il n’est pas possible de travailler avec les individualistes puisqu’ils défendent un anarchisme « style de vie », n’ayant pas pour objectif la lutte sociale. C’est pourquoi nous avons cherché, parmi les organisations non spécifiques, des groupes en accord avec un concept un peu plus large et que nous défendons, celui d’« anarchisme social ». Avec ces groupes, nous avons réalisé plusieurs projets, parmi lesquels des publications, des événements et d’autres activités. 

– T.L. : Et pour vous, que signifie l’ « anarchisme social » ? 

FARJ : L’anarchisme social est un concept plus large que le « spécifisme ». Souhaitant dépasser la division classique entre les différents courants (anarchisme communiste/anarcho-syndicalisme/individualisme anarchiste), il cherche à regrouper en son sein les tendances de l’anarchisme attachées aux questions sociales (luttes, mouvements populaires, etc.) et au socialisme libertaire. C’est un courant, selon nous, qui est l’héritier de diverses traditions – anarcho-communisme, anarcho-syndicalisme, communisme anti-autoritaire – ainsi que d’une série d’expériences pratiques menées depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. Cet « anarchisme social » exclut les tendances individualistes et non socialistes de l’anarchisme, c’est-à-dire l’anarchisme qui n’a pas pour objectif la lutte sociale, l’anarchisme qui ne se veut pas comme instrument de changement social. Cet « anarchisme social » prône un retour organisé aux luttes populaires, en encourageant la présence des anarchistes aux côtés des opprimés, dans une optique d’émancipation et de liberté. Il défend donc les concepts d’organisation et de travail/insertion social. 

– T.L. : Comment les gens perçoivent-ils votre action ? Y a–t-il une bonne réceptivité des idées libertaires dans les classes populaires ? 

FARJ : Les gens, les groupes et les mouvements sociaux réservent un bon accueil à toutes les activités que nous menons. Afin que notre travail soit bien accepté et respecté, nous devons éviter l’autoritarisme – qui existe malgré tout chez certains groupes anarchistes –, avoir l’humilité suffisante pour savoir écouter, réussir à construire ensemble, sans vouloir imposer notre forme de penser aux autres. Nous sommes persuadés que de nombreux projets n’aboutissent pas en raison d’une certaine arrogance, d’une certaine présomption et même d’un certain autoritarisme de groupes ou de personnes qui ne suivent pas ces concepts éthiques fondamentaux. Pour nous, l’éthique est un principe non négociable et l’un des piliers de notre organisation. Nous considérons qu’en agissant selon notre éthique, nous obtenons et obtiendrons toujours plus de réceptivité et de respect. Notre relation, comme organisation politique anarchiste, avec le mouvement social en est l’exemple. De nombreux mouvements, fatigués des individus qui viennent seulement pour briller, pour leur dire quoi faire, pour leur faire valider leurs propres projets, pour les diriger, réclament désormais la présence de la FARJ. Ils nous manifestent donc du respect et démontrent une réceptivité à nos idées, principalement en raison du mode éthique selon lequel nous mettons en relation le politique (anarchiste) et le social (des mouvements sociaux). Notre but consiste à lutter avec le peuple, non pour lui ou à sa tête. Contrairement aux autoritaires qui se considèrent comme une avant-garde éclairant la voie au peuple, nous croyons qu’il n’y a pas de lumière qui ne s’allume pas collectivement. Nous n’avons pas à nous positionner en tête, illuminant la voie aux travailleurs, pendant que ceux-là même avancent en retrait, dans l’obscurité. Notre objectif est de stimuler, d’être côte à côte, d’offrir notre solidarité quand elle est nécessaire ou requise. Plus nous agissons avec éthique, plus la réceptivité et le respect augmentent. Elle est donc, selon nous, indispensable et non négociable. 

– T.L : Dans quels secteurs de la population l’anarchisme se développe-t-il le plus : travailleurs, étudiants, population des quartiers défavorisés… ? Existe-t-il un profil particulier du militant brésilien actuel (origine sociale ou ethnique, classe sociale à laquelle il appartient, âge, niveau d’instruction, type d’emploi, sexe/genre…) ? 

FARJ : Ici, la grande majorité des organisations et des groupes anarchistes est composée d’étudiants et de travailleurs. Le profil n’est pas homogène, mais nous pouvons donner quelques pistes : il y a plus de blancs que de noirs, et pratiquement personne appartenant à d’autres groupes ethniques (indigènes, etc.). Il y a davantage de militants issus des classes moyennes et moyennes basses que des classes défavorisées ou très défavorisées. L’âge varie assez (dans la FARJ, par exemple, nous avons des jeunes autour de la vingtaine jusqu’à des militants plus âgés qui ont plus de cinquante ans). Il y a plus de militants qui possèdent un niveau universitaire que de militants sans. Au niveau des emplois, il y a un peu de tout. Enfin, il y a plus d’hommes que de femmes. 

– T.L : Il me semble, mais il est possible que je me trompe, que l’anarchisme brésilien actuel est plutôt un phénomène urbain. Existe-t-il un travail (propagande, organisation…) en direction, ou issu, des travailleurs agricoles, des paysans sans terre, des communautés indigènes ? 

FARJ : Tu as raison. L’anarchisme au Brésil a toujours été plus urbain que rural. Cela ne signifie pas pour autant que les groupes qui réalisent un travail social n’aient aucune relation avec les Sans Terre, avec les communautés indigènes ou d’autres personnes issues du milieu rural. Nous-mêmes, comme nous l’avons dit plus haut, sommes en contact avec le MST par l’intermédiaire d’un compagnon qui donne des cours de formation politique et diffuse l’anarchisme jusque là-bas. Selon les informations que nous avons, le MST (en particulier la base) est très réceptive aux idées anarchistes, et porte une grande attention à Magón et à la Révolution Mexicaine. Malgré cela, cette influence est beaucoup plus restreinte qu’en ville. 

– T.L. : Entretenez-vous des relations avec l’extrême-gauche brésilienne ? Travaillez-vous parfois ensemble ? 

FARJ : Cela dépend de ce que tu entends par « extrême-gauche ». Nous n’avons pas de relations avec les partis trotskistes ou bolcheviques, mais, sur le terrain, nous avons des liens avec des mouvements sociaux de différentes tendances ou influences. Nous avons par exemple, des contacts avec le Front de Lutte Populaire (FLP), le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), le Mouvement des Travailleurs Sans Logis (MTST) et le Mouvement des Travailleurs Sans Emploi (MTD). Régulièrement, nous signons des documents ou des appels avec des organisations qui ne sont pas anarchistes mais qui se situent dans le large camp de ce que l’on peut appeler la gauche. Ce fut le cas, par exemple, lors des manifestations contre la déviation du fleuve San Francisco et pour sauver la vie de Dom Cappio, lors de l’occupation de l’Agence Nationale du Pétrole (ANP) ou lors de la manifestation du « Cri des Exclus ». Nous sommes très peu sectaires et sommes disposés, dans la mesure du possible, à agir avec des gens ou des organisations d’une autre idéologie, mais en défendant toujours nos propres principes et en étant conscients des différences idéologiques qui nous distinguent. 

– T.L. : Comment réagit le gouvernement face à l’activité de la FARJ et des autres anarchistes brésiliens. Êtes-vous victimes de répression de la part de l’Etat ? 

FARJ : Le gouvernement ne réprime pas nécessairement « l’anarchisme ». Quand l’anarchisme est reclus dans un ghetto, quand il n’est qu’un « style de vie », une forme de sociabilité, une liberté esthétique ou une réflexion philosophique, et qu’il n’est pas impliqué dans les luttes et n’offre aucune possibilité de changement social, il est tranquillement « toléré » par l’Etat. La répression est proportionnelle à la quantité de travail social que fournissent les anarchistes. Plus il y a de travail, de mobilisation, de lutte, plus la répression se fait sentir. En ce qui nous concerne, c’est la même chose. L’anarchisme n’est pas réprimé comme courant de pensée, mais comme instrument de lutte. 

– T.L. : Dans quelle situation économique se trouve la FARJ ? 

FARJ : Nous sommes en perpétuelle difficulté, car le financement de nos activités ne provient que des dons des militants. Actuellement, le maintien du CCS-RJ représente une grande partie de nos frais. Le journal Libera, bien qu’il n’ait qu’une périodicité réduite, constitue une autre dépense. Il est édité et envoyé dans tout le Brésil et dans le monde entier grâce aux dons de quelques militants et aux quelques contributions de lecteurs. Les autres publications (Protesta ! et les livres), même si elles reviennent chères, rapportent de l’argent au fur et à mesure qu’elles se vendent. C’est toujours la même logique : les militants donnent (quand l’argent ne reviendra pas) ou prêtent (quand ils peuvent le récupérer). Quoi qu’il en soit, nos finances sont toujours en dessous de nos besoins. 

– T.L. : Avez-vous d’autres difficultés ? 

FARJ : Bien sûr. Outre les besoins économiques, les ressources humaines constituent une de nos principales difficultés. Le nombre de nos militants est toujours inférieur au travail que nous devons fournir. Résoudre ce problème (ou au moins le minimiser) est donc un de nos grands objectifs pour 2008. Nous devons également nous défendre des accusations et des imputations diverses provenant généralement des secteurs marxistes (et même de quelques anarchistes). De plus, nous savons que la tâche à laquelle nous nous attelons, celle de changer le monde, n’est sûrement pas chose facile. Mais nous croyons qu’avec humilité et beaucoup de persévérance, nous pouvons y contribuer. 

– T.L. : Au niveau international, avec qui entretenez-vous des contacts et des liens, d’abord en Amérique Latine puis dans le reste du monde ? 

FARJ : En Amérique Latine, nous sommes en contact (à différents niveaux) avec les groupes et organisation suivantes : L’Alliance Magoniste Zapatiste (AMZ) et le Collectif Autonome Magoniste (CAMA), toutes deux au Mexique ; la Pro-Fédération Anarchiste du Costa Rica ; la Fédération Anarchiste Uruguayenne (FAU) et le Collectif Pro-Organisation Socialiste Libertaire, en Uruguay ; le Réseau Libertaire, l’Organisation Socialiste Libertaire et le Front Populaire Darío Santillán, en Argentine ; le journal El Libertario au Venezuela ; et le groupe Qhispikay Llaqta au Pérou. Nous cherchons actuellement à établir des contacts avec d’autres organisations. 

En Europe, nous avons des relations avec la CNT Vignoles, la Fondation Pierre Besnard et la Fédération Anarchiste, toutes en France ; le Centre International de Recherches sur l’Anarchisme (CIRA) de Lausanne en Suisse ; le journal A Batalha, au Portugal ; avec vous de Divergences… Nos publications, comme Libera, depuis plusieurs années, et maintenant Protesta !, sont envoyées à des dizaines de groupes. En échange, ils nous envoient les leurs, qui viennent enrichir les archives de notre bibliothèque. Nous croyons, comme nous l’avons dit plus haut, que le temps est venu de repenser et d’approfondir les relations avec les autres. 

– T.L. : Peut-on parler d’une résurgence du mouvement anarchiste en Amérique Latine ? Et au Brésil ? Quelle est votre opinion ? 

FARJ : Notre impression est que le nombre de militants et de groupes n’a pas augmenté de manière significative. C’est pourquoi nous ne croyons pas que l’anarchisme en Amérique Latine se développe quantitativement. Cependant on ne peut pas nier que ces groupes sont toujours plus organisés. En conséquence de quoi la force et la portée de l’anarchisme augmente, d’où l’impression peut être d’une « résurgence ». Dans ce sens, pour nous, la croissance est plutôt qualitative que quantitative. 

– T. L. : Peut-on considérer que le mouvement anarchiste brésilien, et plus généralement latino-américain possède une spécificité propre, c’est-à-dire, des traits particuliers, des considérations idéologiques ou pratiques, qui le différencieraient de l’anarchisme européen ? 

FARJ : A notre avis, il y a des traits communs entre les réalités latino-américaine et européenne, mais le contexte et l’histoire ne sont pas les mêmes. Les considérations idéologiques quant à elles ne sont pas très différentes. Notre défi consiste donc à réfléchir à comment appliquer l’anarchisme, c’est-à-dire ces considérations idéologiques, dans le contexte dans lequel nous sommes ; comment agir avec un peuple qui est le fruit d’une histoire de colonialisme, d’esclavage et qui a reçu, de la réalité européenne, des influences très diverses. Selon nous, cette différence est plus stratégique qu’idéologique. Le point de départ n’étant pas le même, le diagnostique de la réalité dans laquelle nous agissons s’en trouve complètement modifié et cela a des conséquences sur nos objectifs stratégiques et tactiques. Parmi quelques-unes des différences basiques qui nous distinguent, citons : les méthodes et le rôle de l’Etat dans la société ; les révolutions par lesquelles sont passées de nombreux pays d’Europe et qu’il n’y pas eu ici ; le niveau de pauvreté, d’inégalité et d’éducation ; le crime organisé ; les conséquences du processus de « globalisation économique » ; des traits culturels particuliers. Toutes ces différences nous obligent donc à adapter notre façon d’agir. 

– T.L. : Une grande partie des pays d’Amérique Latine ont actuellement à leur tête des gouvernements de gauche, ou qui se revendiquent comme tels : Lula au Brésil, Bachelet au Chili, Morales en Bolivie, Chávez au Venezuela… Quelle est votre position face à cette situation ? Comment l’analysez-vous ? 

FARJ : Selon nous, cette vague progressiste de gouvernements « de gauche » est les résultat des flux et reflux du capitalisme qui permettent à ces gouvernements d’être élus, en suivant une position plus progressiste, en soutenant un discours plus « populaire », mais en administrant le capital en faveur de l’élite économique. Nous ne sommes pas en train d’affirmer qu’une dictature reviendrait au même – cela serait un contresens total de notre part. Cependant, le fait que ces gouvernements progressistes aient tendance à calmer les mouvements sociaux les plus combatifs, les incitant à agir depuis les sphères de l’Etat, en leur offrant « un espace institutionnel », doit être mis en question. Ces mouvements abandonnent alors l’action directe, collaborent avec l’Etat et commencent à penser qu’un gouvernement comme celui de Lula, par exemple, est un gouvernement « populaire », capable de réaliser les changements nécessaires. Lula, même s’il a augmenté les aides sociales pour les classes les plus exploitées, soutient, en même temps, une politique économique qui bénéficie aux banques et au capital transnational – politique qui est la grande responsable de l’exploitation du peuple. Enfin, nous pensons que ce nouveau contexte requiert une analyse plus pointue de notre part, car les contradictions du capitalisme sont mieux dissimulées. Cela exige une plus grande formation des militants. 

– T.L. : Avec le mouvement « altermondialiste », le modèle de démocratie participative expérimenté à Porto Alegre est devenu très célèbre. Quelle est votre avis sur ce sujet ? 

FARJ : L’anarchisme défend un modèle d’autogestion qui est avant tout délibératif. Le modèle de démocratie participative de Porto Alegre est semblable au mouvement de cogestion dans les entreprises capitalistes. Les travailleurs sont écoutés lors des prises de décision par les administrateurs et les patrons, mais cette participation sert avant tout à améliorer l’investissement des employés au sein de l’entreprise et les résultats financiers. Selon nous, tout système de « démocratisation » – qu’il soit dans une entreprise du secteur privé, ou dans une instance de l’Etat (comme c’est le cas de Porto Alegre) – doit venir d’en bas, comme une exigence des classes les plus exploitées, afin que les décisions soit prises en leur faveur. Porto Alegre défend un modèle consultatif de démocratie dans lequel l’Etat vient, depuis en haut, demander à ses citoyens ce qu’ils veulent. Mais il n’a aucune obligation d’appliquer ce qui a été décidé et fait ce que bon lui semble. C’est la même démarche que l’entreprise qui demande à ses employés comment faire pour améliorer le travail. Ce modèle est radicalement différent des mobilisations de la base qui, de bas en haut, s’organisent pour obliger l’Etat à garantir des avancées sociales ou contraindre l’entreprise à augmenter les salaires. Malgré cela, on ne peut nier que tout modèle qui favorise le débat, et qui puisse, d’une manière ou d’une autre, lutter contre la culture de l’indifférence et de la délégation politique, en stimulant la participation populaire, possède des aspects positifs. Dans ce contexte, nous agissons pour que ce phénomène vienne d’en bas et surtout pour qu’il soit considéré comme un moyen d’aller plus loin et non comme une fin en soi. 

– T.L. : En France, on sait peu de choses sur le Brésil. A part les clichés touristiques (le Carnaval, Copacabana…), le plus connu sont les favelas et leur relation avec le trafic de drogues, la violence, la misère… Quelle est réellement la situation dans ces quartiers ? 

FARJ : Le Brésil est un pays aux dimensions continentales (en surface, c’est le cinquième pays le plus grand du monde), occupant presque la moitié de l’Amérique du Sud. En plus du District Fédéral, 26 Etats sont « fédérés ». Sa population est de plus de 180 millions d’habitants. Le Brésil possède l’économie la plus développée d’Amérique Latine, avec un PIB dépassant 2 500 milliards de reales (plus de 1 500 milliards de dollars). Cependant, c’est un pays qui connaît de graves problèmes sociaux. L’inégalité sociale est extrêmement prononcée. Par exemple, les revenus moyens des 10 % les plus riches sont 28 fois supérieurs aux revenus des 40 % les plus pauvres. Aux Etats-Unis, la proportion est de 5 fois, en Argentine de 10 et en Colombie de 15. La population très pauvre du Brésil représente 30%, quand dans d’autres pays aux revenus équivalents, elle n’est que de 10%. Officiellement, le taux de chômage est de 10 % et presque 40 % de la population est semi-analphabète (dont 10 % environ l’est totalement). Il y a de graves problèmes de logement. Outre le manque d’habitations, le pays compte de nombreux immeubles qui, du fait de la spéculation ou autre, ne sont pas occupés. Le système de santé est précaire, de même que celui des transports publics. Le Brésil est donc un pays riche, mais qui maintient un abîme entre quelques-uns, qui profitent de cette richesse, et la grande majorité qui en subit les conséquences. 

Ce que l’on voit sur les favelas et le trafique de drogues a sans doute lieu à Rio de Janeiro. La situation n’est pas tout à fait la même dans le reste du pays où la pauvreté se manifeste sous des formes différentes. A São Paulo, par exemple, suivant un processus de « nettoyage social », les pauvres sont expulsés toujours plus loin, là où on ne peut plus les voir. A Rio de Janeiro, la situation est différente. La configuration de la ville, avec ses collines, laisse davantage apparaître la misère aux classes moyennes et élevées. L’absence de l’Etat – qui n’a presque rien ici de « protecteur » et ne fonctionne qu’en terme de répression –a crée un espace de pouvoir dans les collines cariocas dont s’est emparé le trafic, géré par une sorte de mafia brésilienne. C’est une organisation extrêmement verticale et autoritaire avec des fins et des moyens capitalistes. Si le trafic, dans les favelas, apporte un peu d’argent, de travail, etc., au peuple, dans le même temps, il opprime, domine et exploite les gens, se convertissant ainsi en un véritable « micro-Etat » 

– T.L. : Justement, dans ces endroits, où l’Etat n’intervient quasiment que pour réprimer, j’imagine que la population doit recourir à sa créativité et à ses capacités d’auto-organisation pour résoudre directement une partie de ces problèmes. N’y aurait-il pas ici un espace pour articuler certaines pratiques d’auto-organisation populaire avec le projet autogestionnaire libertaire ? 

FARJ : Cela ne se passe pas tout à fait comme cela. Ce n’est pas parce que l’Etat n’est pas présent que nécessairement surgissent la créativité et l’auto-organisation. L’Etat est nécessaire pour soutenir le capitalisme, mais être sans Etat, ne signifie pas que nous serons sans capitalisme ou d’autres formes de domination ; les idées et les pratiques libertaires ne surgiront pas automatiquement. Selon nous, croire cela est une erreur. Le néolibéralisme et les ultra-libéraux sont là pour nous le prouver. Si la critique de l’Etat et les tentatives de minimiser son rôle ne sont pas accompagnées d’un questionnement très sérieux du capitalisme et des autres formes de domination, il n’y aura pas de créativité, pas d’autogestion ; en résumé il n’y aura pas d’anarchisme. Il ne faut pas négliger le poids de l’idéologie, transformée désormais en culture et transmise par les moyens de communication les plus variés, et du phénomène de domination, qui fait partie intégrante de l’histoire du Brésil et même du monde entier. 

Partisans de l’anarchisme « volontariste » de Malatesta, nous pensons que le rôle des anarchistes est d’être là où se dévoilent les contradictions du capitalisme et les relations de domination dans la société, en s’organisant afin de constituer un instrument de lutte. Selon nous, c’est seulement au milieu des contradictions du système que l’anarchisme peut trouver les conditions de s’épanouir. C’est l’idée de l’anarchiste portugais Neno Vasco (qui appartenait aux « organisationistes » malatestiens cités auparavant) qui affirmait que nous devons semer nos graines dans le terrain le plus fertile. Nous considérons que les graines de l’anarchisme doivent être semées au milieu de la lutte des classes et aux endroits où les relations de domination (principalement du capitalisme) sont les plus explicites. Avec une présence anarchiste forte à ces endroits, quand les contradictions et les luttes sont le plus apparentes, l’anarchisme représentera une alternative. Mais, si l’anarchisme n’est pas suffisamment propagé, il perdra ces opportunités, restera en marge des événements et manquera le train de l’histoire. Au vu de notre expérience, quand l’anarchisme est diffusé parmi le peuple exploité, il obtient une bonne réceptivité. Nous pouvons alors travailler sur des questions comme l’anticapitalisme, l’action directe, la démocratie directe et l’autogestion (ou auto-organisation). Si nous ne sommes pas présents, d’autres idées feront surface et seront responsables de prolonger la domination et l’exploitation. 

– T.L. : Pour en savoir plus sur la FARJ, où peut-on trouver du matériel ou prendre contact ? 

FARJ : Nos coordonnées se trouvent à la fin de l’entretien. Nous suggérons de visiter notre site (même s’il n’est pas très complet) ; il s’y trouve des informations sur nos activités, les documents cités plus haut, quelques articles, des communiqués et des interviews, quelques Libera, des informations sur les livres que nous avons publiés, etc. On peut également nous écrire. Pour ceux qui sont à Rio de Janeiro, il est possible d’organiser une rencontre et de connaître ainsi directement nos activités. Enfin, certains de nos textes et de nos documents peuvent être consultés sur les sites : anarkismo.net, fondation-besnard.org, divergences.be, midiaindependente.org, parmi d’autres. Ils ne sont pas très difficiles à trouver. 

– T.L. : Pour finir, avez-vous un message à adresser aux compagnons d’autres pays ? 

FARJ : Nous souhaiterions établir des contacts avec des groupes et des organisations qui partagent des affinités avec nos travaux et nos points de vue. Nous sommes convaincus qu’il est urgent de connecter tous ceux qui sont disposés à travailler pour un anarchisme social. De plus, nous souhaiterions remercier tous les groupes et toutes les organisations qui, depuis les endroits les plus divers, nous apportent leur soutien.

Traduction : Thierry Libertad 

Federação Anarquista do Rio de Janeiro (FARJ) 

Caixa Postal 14.576 ; CEP 22412-970 ; 

Río de Janeiro/RJ, Brasil 

http://www.farj.org 

farj@riseup.net

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

 

État, république et tyrannie marchande… Vers l’organisation progressive des massacres sous le joug de la violence pseudo-légitime d’état !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, Uncategorized, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 26 janvier 2020 by Résistance 71

Globalement d’accord avec l’analyse de Jézéquel ; petit bémol quand il dit qu’il faut s’attacher à démanteler le “capitalisme ultralibéral”… Celui-ci n’est qu’un épiphénomène paroxystique d’une tare bien plus vaste: le capitalisme dans son ensemble en tant qu’’arrangement économique des choses avec l’État comme outil de maintient de la division politique et du rapport dominant/dominé initialement déclenché.
Tout ce qui se passe aujourd’hui sous Micronus 1er n’est que la continuation de ce qui a été commencé il y a des décennies, déjà, entre autre, sous le premier président « rothschild » avant celui-ci : Georges Pompidou, continué par un autre banquier Giscard et cette gauche du capital traîtresse et complice. Tout n’est que supercherie, mensonge et tromperie du matin au soir. Le « néolibéralisme » et « l’ultralibéralisme » qui lui succèdent, ne sont que des outils de destruction plus avancés, plus affinés pour finir de tout phagocyter et terminer dans l’apothéose génocidaire planétaire encouragée par plus d’un psychopathe du haut de la pyramide.

Ainsi, toute lutte politico-sociale, pour taper et changer juste, doit se consacrer à la mise à bas de l’État, de la marchandise, de l’argent et du salariat qui seront remplacés par les associations libres de producteurs et de consommateurs, au sein de Commune des communes libres et librement associées, formant de fait la société des sociétés réalisée de notre humanité dans la complémentarité de notre diversité utile et nécessaire, sans rapport de force, sans pouvoir coercitif, sans rouages oppresseurs.
Vive la Commune universelle de l’être qui triomphera de la tyrannie de l’avoir ! Ce que dit certes, en substance Jézéquel à la fin de sa conclusion.
~ Résistance 71 ~

 


Vive les communes libres librement associées

 

État policier en France : vers l’organisation progressive des massacres

 

Jean-Yves Jézéquel

 

20 janvier 2020

 

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Protestant, parce que souffrant de la vie qu’on leur impose, des anciens ont été matraqués, jetés à terre, roués de coups de pieds, tirés par les cheveux, traînés sur les trottoirs. Des handicapés en chaise roulante ont été jetés à terre et roués de coups. On a tiré à coups de LBD sur des gens qui ne présentaient aucun danger, notamment des adolescents. On a agenouillé des jeunes de lycée et on les a humiliés en les traitant comme des terroristes. Des grenades ont été lancées dans les appartements. Une dame a été tuée par l’une d’elles. Des gens qui exerçaient leur droit légitime de manifester ont été éborgnés; On a lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains, fracassé des mâchoires, enfoncé des côtes, défoncé des crânes, brisé des jambes et des bras…

C’est un fait: la haine de la police devenue milice est désormais acquise dans toute la France.

Ce qu’il faut donc désormais appeler la « milice française » est à l’image du voyou Castaner et du psychopathe Macron. Elle obéit aveuglément, comme Philippe, toujours aux ordres de l’arriération mentale incarnée par l’usurpateur de l’Élysée et ses complices recrutés dans le banditisme ordinaire.

La milice a reçu la consigne qu’elle « pouvait faire ce qu’elle voulait »!

Elle a reçu carte blanche pour brutaliser, insulter, humilier, pratiquer l’abus de pouvoir sans borne, la criminalité en toute impunité…

La milice de Macron a tous les droits y compris celui de tuer! Le « droit » a disparu, il est mort, envolé! Nous savons qu’il n’était pas au service de la vérité et pas plus de la justice mais de la loi. Comme chacun le sait, la loi est créée par un petit nombre de gens censés nous « représenter » et dont les tares multiples inévitables se retrouvent naturellement comme inspiratrices de ces lois érigées en « révélation » quasi sacralisées entraînant notre soumission aveugle, obligatoire et forcée.

La milice s’amusait chaque samedi et maintenant tous les jours; elle attend le matin comme une « fête » cette sorte de « chasse à l’homme », au cours de laquelle elle va brutaliser en poussant des cris barbares et en se réjouissant à chaque impact de LBD dans un visage fracassé…

Puis, c’est un milicien qu’on voyait sur une vidéo jouir littéralement en public, après avoir massacré une femme syndicaliste, le 9 janvier!

Un autre milicien, pratiquant le croc en jambe, faisait tomber volontairement et arbitrairement une femme qui n’était en rien une menace pour lui. Il se réjouissait de l’humilier, de la traîner dans le sang et la boue de l’infamie. Il était sans âme, sans conscience, sans honneur, sans dignité et c’est pourtant à de tels arriérés mentaux qu’on a donné une arme!

Pour entrer dans la police, faut-il être une ordure, un salaud, un goujat, un raté, une raclure ou un crétin prêt à obéir à n’importe quelle consigne, même immorale ou carrément criminelle? Voilà, en effet, ce qui arrive, le genre de policier que l’on va avoir, lorsque ce n’est pas le peuple qui contrôle la police et toutes les autres Institutions de l’État.

La milice pratique couramment la garde-à-vue sans motif, en toute illégalité: la dictature pure et dure, le hors-la-loi explicite. La majorité des Français ne savait pas encore que la démocratie n’existait pas en France; maintenant elle le sait par expérience. 

La milice de Macron pratique le chantage, comme les mafieux ou les terroristes; elle menace de « s’en prendre à la jolie fille » d’un Gilet jaune si celui-ci ne se soumet pas à son abus de pouvoir.

Pour la milice, il n’y a plus de RIO, plus de règlement du maintien de l’ordre, plus de code de déontologie: les articles 8,9,10 notamment du code de déontologie de la police nationale ont été effacés définitivement. Quant à la Constitution elle a été enterrée depuis longtemps…

Lorsqu’un citoyen a la main arrachée par une grenade, théoriquement interdite, les responsables se contentent de dire, comme en février 2019, que « c’est bien fait pour la gueule de celui qui a osé utiliser son droit de manifester »!

Non contents de faire ce qu’elles veulent, les milices organisent la chasse aux journalistes indépendants sur les réseaux sociaux, car ceux-ci dénoncent leurs exactions. Puis, comme cela était prévisible, elles s’en prennent désormais également aux journalistes des médias collabos, car il ne faut pas demander à un milicien de raisonner.

Les chefs sont les premiers pervers installés dans la toute-puissance. Ils communiquent tout naturellement leur pathologie à ces milices lâchées dans le « permis de réprimer pour réprimer ». Ils font ce qu’ils veulent: il n’y a pas de loi, pas de droit, pas de contre-pouvoir, pas de compte à rendre: l’impunité absolue!


L’État, c’est ça !…

C’est Papon réincarné en Lallement qui dirige la milice parisienne. La réalité d’aujourd’hui, c’est que la milice ne peut pas être la gardienne de l’ordre républicain. La République est une vaste blague qui fait la nique aux  aspirations démocratiques! La fiction républicaine et le discours sur la « démocratie représentative » sont enfin dévoilés: la supercherie a assez duré. 

Désormais chacun sait que l’État est terroriste par essence, pervers par nécessité, odieux par vocation, inutile par nature. L’État c’est la criminalité « légitimée », un organisme mafieux qui a éliminé les autres mafias et qui s’est autoproclamé le seul autorisé. L’État légitime sa violence par sa « violence légitime »! Macron dit qu’il faut utiliser la violence policière car elle est « légitime »! Lui-même n’est pas légitime à l’Élysée où il est « entré par effraction » et l’État en soi n’a aucune légitimité lorsqu’il n’est pas là pour obéir au peuple qui lui seul peut commander. L’État peut avoir une légitimité lorsqu’il se contente d’obéir au peuple. C’est le seul cas de figure dans lequel l’État sans étatisme peut avoir une utilité et un rôle à jouer. 

On en est donc très loin en France.

Ni un décret, ni une loi, ne peuvent donner à l’État sa « légitimité ». Seul le peuple donne sa légitimité à l’État qui est là pour exécuter les ordres du peuple souverain.

Le pouvoir est en soi une perversion qui croit qu’il « peut faire ce qu’il veut » tout comme la milice à son service. Personne n’a jamais donné un pouvoir à qui que ce soi. C’est tout un peuple qui détient le pouvoir de se gouverner lui-même, par lui-même et pour lui-même. Le reste n’est que structures au service de la volonté du peuple sans avoir aucun pouvoir sur le peuple qui conserve son contrôle permanent des structures de l’État à son service.

Oui, le droit fondamental de manifester a été détruit en France, par une bande de prédateurs au service exclusif de la finance internationale. La France est pillée, volée, dépecée et les Français qui protestent et défendent leur bien se font massacrer par les milices fascistes du pouvoir mafieux macronien au service des flibustiers de la finance.

Manifester aujourd’hui en France c’est se mettre en grand danger et risquer sa vie.

Macron disait refuser « la haine, la violence et l’irrespect qui ne sont acceptables que dans une dictature »! Il aurait déjà pu dire « imaginables dans une dictature » et non pas « acceptables dans une dictature », comme si la dictature était finalement une bonne solution éventuelle! Nonobstant cette incohérence de langage, c’est de plus exactement la description de ce qu’il fait en France: il est justement dans la haine du peuple, dans la violence policière et dans l’irrespect absolu des citoyens. Il est dans le mépris et l’arrogance. Comment ne voit-il pas que ce qu’il « dénonce » est précisément ce qu’il pratique lui-même?

Parce que l’adhésion à la notion étatique du pouvoir, implique en soi l’idée de « l’innocence », car tout pouvoir déclaré comme tel ne peut se justifier que de théocratie. Le pouvoir, pour être acceptable par ceux qui vont devoir se soumettre, ne peut être qu’innocent. Il faut donc qu’il provienne de dieu qui est pur et saint (innocent). L’État est de ce fait le Pontife de la société laïque, jouissant de « l’infaillibilité pontificale » pour décréter ce qui est le bien et le mal du peuple! Macron est installé dans cette illusion associée à une arriération mentale avérée. Il est donc malade et il faudrait qu’il soit en psychiatrie et non pas à l’Élysée! 

Pourquoi les choses vont-elles aussi mal? Réponse: parce que nous sommes dirigés par des arriérés mentaux, des malades psychotiques, des tarés et des escrocs… Macron est entouré de pervers à son image avec sa bande des Philippe, Castaner, Belloubet, Bergé, Rebeyrotte, Nogal, Goulard, Maillard, Park et Cie… pour ne citer que ceux qui ont encore frayé la chronique par leurs déclarations consternantes de sottise!


L’asile armé aux manettes…

Macron pratique à jets continus le « renversement projectif » qui est un mécanisme inconscient hautement révélateur du délabrement mental qui l’habite. Macron dénonce les « radicalisés », et c’est précisément ce qu’il donne à voir de lui-même. L’idée fixe de la « lutte contre le terrorisme » menaçant de l’extérieur indique le terrorisme intérieur de l’État.

Les tirs à bout portant de LBD, comme celui rapporté par « Arrêt sur images » du 9 janvier dernier, n’ont pour seul but que de terroriser le peuple qui manifeste et préfigurent, en soi, les massacres prévisibles à venir. 

Dans la Convention de Genève, on trouve cette déclaration :

« Sont interdits les actes ou les menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi les populations civiles. ».

De plus, Selon l’Article 7 du Statut de Rome, qui a été signé par la France, traitant des Crimes contre l’humanité, il est dit :

« 1. Aux fins du présent Statut, on entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque:
a) Meurtre … etc.;
e) Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en
violation des dispositions fondamentales du droit international;
f) Torture…etc.;
h) Persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique… etc. ;
k) Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement
de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la
santé physique ou mentale… » 

Mais, dans la « Constitution Européenne » imposée aux Français en 2008, et qui fait loi surpassant toutes les autres lois, ces dispositions sont annulées et contournées. « La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire: pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale; pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue; pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection » (Cf., article 2 – 2 de la Convention européenne des droits de l’homme) « Un Etat peut prévoir dans sa législation la peine de mort dans certaines situations (article 2 du protocole N° 6 annexé à la CEDH). (Cf., Le traité de Lisbonne 152 pages, contenant plus de 350 dispositions de droit primaire, auxquelles s’ajoutent 13 protocoles et 59 déclarations. Voir : article 2-2 du protocole N°6 annexé à la Convention Européenne des Droits de l’Homme) 

L’État illégitime a ouvertement pris parti pour la logique destructrice du capitalisme sous sa forme ultralibérale actuelle. Il utilise donc la violence absolue pour nous imposer sa logique de destruction. Les serviteurs de cette vision du pouvoir pervers par essence, doivent être réduis au silence avec ce pouvoir lui-même et ses moyens démesurés de répression. 

Dans un tel contexte de trahison totale des Institutions de la République, il n’est pas étonnant qu’un Luc Ferry ait de nouveau récidivé sur LCI dans un « débat » en compagnie de Daniel Cohn Bendit, au cours duquel il en appelait une nouvelle fois au meurtre:

« Les djihadistes de Daech n’avaient qu’une envie, c’est d’organiser la guerre civile en France et de répandre la terreur. C’est ce qu’on est en train de faire avec nos propres moyens… Emmanuel Macron ne mérite pas la haine. Il n’y a aucune raison pour que cet homme suscite une haine pareille. » « Cette logique de la terreur, de la haine, ces menaces de mort en permanence, tout cela réjouit tous ceux qui dans le monde nous détestent. » Les « Gilets jaunes » et tous « ceux qui les ont rejoints » font  « le jeu de Daech ». CQFD: tous ceux qui protestent sont des terroristes qui réalisent le projet de Daech!

Luc Ferry le 13 janvier sur LCI : « Quand on voit un malheureux policier qu’ils tabassent par terre, franchement, que les policiers se servent de leurs armes une fois pour toute et puis voilà!»

Récidive d’un appel au meurtre. Luc Ferry n’a absolument pas été inquiété pour son premier appel au meurtre dans les médias; il ne le sera pas plus pour ce second appel au meurtre, puisque le pouvoir judiciaire pris en otage par les prédateurs macroniens est dans le « camp » des oppresseurs.

Étrangement, monsieur Luc Ferry ne voit pas, lui non plus, que ce qu’il dénonce, concernant le souhait de Daech, c’est précisément ce qu’il accompli: encourager le vœu de Daech, puisqu’il fait un appel au meurtre de citoyens français par la police, ce qui manifestement provoquerait immédiatement une guerre civile! Ce sont bel et bien Macron et ses partisans « radicalisés » qui volontairement font le jeu de Daech.

L’ensemble de cette violence extrême baigne dans un bouillon habituel de mépris et d’arrogance de la part de ce Macron qui n’a que faire de la France et des Français. Pendant que la majeure partie de ses concitoyens proteste et se bat  péniblement pour sauver le principe de la solidarité nationale, au lieu de livrer la France au « chacun pour soi et au tous contre chacun », Macron se rendait au théâtre ce vendredi 17 janvier comme si rien ne se passait en France. Le plaisir de sa belle soirée était gâché par l’arrivée aux « Bouffes du Nord » des manifestants alertés via Twitter. L’auteur de l’alerte était évidemment placé en Garde-à-vue et sous le coup de la répression impitoyable des milices du régime.

Au même moment, on découvrait la circulaire de Castaner aux préfets, leur demandant de ne plus prendre en compte, à l’occasion des élections municipales de 2020, les résultats des villes de moins de 9000 habitants! En ne divulguant, pour les statistiques nationales, que les résultats des villes de plus de 9000 habitants, cela allait représenter une mise à l’écart automatique de 96% des localités qui seront instantanément ignorées dans la prise en compte des résultats. Par la même occasion, c’est le vote de 54% des électeurs qui sera également ignoré par ce gouvernement! Les macroniens annoncent ouvertement comment ils vont s’y prendre pour trafiquer les résultats des municipales et imposer leur triomphe factice à l’ensemble des Français qui luttent contre la politique de destruction de ces pervers se maintenant artificiellement au pouvoir par la tromperie, le mensonge, l’arrogance, la manipulation et les violences policières!

CONCLUSION

Le cynisme et l’arrogance de ces gens n’ont plus de limites: nous allons logiquement vers l’organisation progressive de massacres qui, dans cette logique répressive « radicalisée » par les charlatans politiques qui nous dirigent, deviennent peu à peu nécessaires.

Derrière chaque résistant, il y a nous tous qui formons le peuple français. Le principe de destruction du capitalisme ultralibéral est servi par des individus qui n’ont pas la conscience de la solidarité: ils n’en ont aucune idée, puisque faisant partie des profiteurs d’en haut, ils ne se sentent pas concernés par l’injustice sociale et fiscale, la perte de tous les droits et les sens interdits dressés de toutes parts par les directives de l’Union Européenne. 

Nous devons ensemble détruire le capitalisme ultralibéral et tous ceux qui, par leur radicalisation, le servent avec fanatisme, persuadés qu’ils sont de faire le bon choix « politique » (pour eux)… La macronie se sent « légitimée » et appuyée par l’Union Européenne avec sa volonté acharnée « radicalisée » de politique ultralibérale. Le malheur de la France actuelle passe par Bruxelles: il faut donc supprimer cet anachronisme de l’enfermement dans cette UE qui n’a pas été voulue par les peuples européens et surtout pas par le peuple français. « Si nous ne voulons pas tous crever comme des idiots », (dixit Martin Luther King) il va falloir arrêter le capitalisme sauvage et ses serviteurs dévoués. Il s’agit d’arrêter une perversion en marche contre la vie et le peuple qui souffre et ose le dire aujourd’hui dans la rue!

Va-t-on le faire encore longtemps avec des manifs, des paroles, des chansons et des actes symboliques ou des fleurs, alors que la seule réponse obtenue est celle du mensonge arrogant, de la criminalité de l’État qui se déchaîne sans complexe sur tous les contestataires, c’est-à-dire, sur la majeure partie du peuple qu’il était théoriquement chargé de « représenter »?

En disant ce que nous pensons et en agissant conformément à cette pensée inspirée de solidarité, nous savons tous que nous nous exposons à l’éventualité certaine de la répression et peut-être même, dans les jours qui viennent, de la mort, mais peu importe. La vie doit toujours être totalement inspirée par le « critère » de la générosité. 


Il suffit de dire NON !…

Torturer, maltraiter, mutiler ou tuer un homme qui combat avec la force de sa liberté et la détermination inflexible de sa conviction intériorisée, ne peut en aucun cas éradiquer le sens, la volonté, l’idée qu’il porte dans son esprit et dans ses gestes. Car tout cela le transcende! L’homme, en lui-même, à travers les limites et la vulnérabilité de son humanité peut être anéanti, mais pas la conscience qu’il proclame à la face du monde. Cette conscience supérieure est immortelle, elle transcende l’espace et le temps, elle ne peut pas être réduite à néant par le mensonge des manipulations exécrables d’un pouvoir pervers qui se croit tout-puissant, elle construit même l’univers visible et invisible, elle est en soi révolutionnaire. 

Si la cause de cette conscience supérieure de la vie du mouvement et de l’être, au sein de la nature humaine et de la nature tout court, veut bien que cette étape de l’existence se prolonge encore quelque temps pour l’espèce humaine, portons-la comme un drapeau fédérateur des combats pour la libération de l’homme de toutes les formes de tyrannie. 

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

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Manifeste pour la Société des Sociétés

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