Archive pour pédagogie critique et émancipation sociale

La perversion de l’éducation dans la société moderne par le « modèle » néo-libéral…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 24 septembre 2014 by Résistance 71

“Il en sera donc de même pour les professeurs de l’école moderne, divinement inspirés et patentés par l’État. Ils deviendront nécessairement, les uns sans le savoir, les autres en pleine connaissance de cause, les enseignants de la doctrine du sacrifice populaire à la puissance de l’État et au profit des classes privilégiées de l’État…

Toute éducation rationnelle n’est au fond rien que cette immolation progressive de l‘autorité au profit de la liberté, le but final de l’éducation ne devant être que celui de former des Hommes libres et plein de respect et d’amour pour la liberté d’autrui.”

~ Michel Bakounine ~

 

“L’éducation par accumulation de connaissances (bachotage) endort et inhibe le pouvoir créatif, l’éducation par la pose de problèmes implique au contraire un dévoilage constant de la réalité. La première tente de maintenir la submersion de la conscience tandis que la seconde pousse à l’émergence de la conscience et de l’intervention critique dans la réalité…

L’éducation en tant que pratique de la liberté, en opposition à l’éducation en tant que pratique de la domination, nie que l’Homme est abstrait, isolé, indépendant et non-attaché au monde, elle nie aussi que le monde existe en tant que réalité en dehors des personnes. La réflexion authentique ne considère ni l’Homme comme étant abstairt ni le monde sans les personnes qui l’habitent, mais considère les personnes dans leurs relations avec le monde.”

~ Paolo Freire ~

 

L’hégémonie culturelle néo-libérale  injectée dans l’éducation et sa « méthodologie » moderne ici mentionnée, est la forme la plus pernicieuse du colonialisme des esprits, que nous dénonçons d’un « Nous sommes tous des colonisés ! ». Il faut briser les chaînes de cette (re)mise en esclavage systématique.

— Résistance 71 —

 

L’industrie néolibérale, un modèle pour l’école ?

 

Carlos Perez

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/L-industrie-neoliberale-un-modele.html?lang=fr

 

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voire absorbé le modèle de management industriel.

On pousse l’apprenant à toujours plus d’efficience, d’efficacité, d’adaptabilité et de productivité pour affronter le marché et la compétitivité mondiale au dépend de son bien être et de sa santé.

« L’enseignement belge francophone mis au régime pour réaliser plus de 300 000 000 € d’économie de 2015 à 2016 », titrait l’article de Pierre Bouillon le lundi 23 juin 2014 dans « le Soir ». Cette réforme économique n’est que la prolongement d’un projet de rationalisation du modèle éducatif qui a débuté il y a déjà 25 ans, comme l’indique l’APED dans son cahier pédagogique intitulé « 25 ans d’austérité dans l’enseignement ». Pourtant tout le monde sait qu’il manque des écoles à Bruxelles dans pratiquement toutes les sections (1). Et la situation est la même pour les professeurs : « un manque criant de profs à Bruxelles » titrait l’avenir.net dans son édition du 14 octobre 2013.

La question est : comment demander à l’apprenant de produire toujours plus, avec toujours moins ? Très simple : on prend comme modèle l’industrie. On rationalise le modèle éducatif comme on rationalise une entreprise industrielle. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voir absorbé le modèle de management industriel.

Cela s’appelle le « New management » public ou l’économie de la connaissance.

Voila ce que nous dit Cristian Marroy sur cette question, dans son livre « l’école à l’épreuve de la performance », p38 :

« Face à ces contraintes budgétaires, les économistes mettent en avant leur capacité à apporter des solutions pour « produire » plus et à moindre coût, c’est-à-dire éduquer mieux avec des budgets stables, voir moindres, en définissant les paramètres institutionnels sur lesquels les politiques doivent jouer pour optimiser le système. Pour ce faire, l’analyse économique utilise le paradigme de la fonction de production importée du monde de l’entreprise. » 

Les économistes au secours de notre enseignement, ceux-là mêmes qui n’ont rien vu venir dans les différents crashs boursiers et qui ont plongé toute la planète dans la misère et l’austérité, à la rescousse de l’éducation. Quelle barbarie, les incompétents au service de l’éducation, nos enfants sont véritablement en danger.

Voilà ce qu’il nous propose :

« James Lewis Jr, économiste américain, a milité pour l’introduction des méthodes de gestion d’entreprise dans l’éducation. En prenant exemple sur les meilleures de nos firmes, nous pouvons mener notre combat pour l’excellence de nos circonscriptions scolaires rapidement, humainement et en faisant des économies. De Closet, en France, ne dit pas autre chose, « pour nos circonscriptions scolaires, il faut prendre exemple sur Bouygues et Renault. »

Toutes ces méthodes, pour diminuer et comprimer les coûts par enfant et gagner en productivité, pénètrent à vitesse accélérée le modèle éducatif. C’est également ce que confirme Dominique Raulin, agrégé en mathématique : alors que le temps annuel d’enseignement diminue, la somme de connaissances disponibles connaît un accroissement sans précédent. Et Emmanuel Davidenkof, lui aussi, parle d’un empilement des connaissances par élève sans précédent, comme s’il fallait que les enfants empilent tout ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.

Cette prouesse est réalisée par des méthodes de rationalisation et de management empruntées au modèle industriel. On parvient à augmenter la production des élèves dans les conditions décrites ci-dessus grâce à des méthodes qui ont fait leurs preuves dans les entreprises sur les ouvriers, des méthodes d’adaptabilité, de flexibilité, de drill et de conditionnement couplées d’évaluations permanentes pour augmenter la qualité et le volume de production de l’apprenant.

Tout ça en diminuant les coûts par enfant, l’industrie « un vrai miracle » !

« Claude Lessard analyse les nouveaux rôles des administrateurs d’établissements dans le cadre des pratiques actuelles, nettement « managériales et productivistes », et les enjeux de cette évolution où « l’autonomie est désormais conditionnelle à l’insertion réussie des enseignants dans des systèmes de gestion axée sur les résultats » : question préoccupante, conclut-il. » (2)

Le mouvement politique d‘éducation populaire (M’PEP), dans un article paru dans le journal « Innovation Démocratique », le mardi 20 août 2013, a également sa petite idée sur cette nouvelle fonction productiviste de l’école :

« Le productivisme appliqué de manière croissante à l’enseignement et le recentrage sur les fondamentaux », c’est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent, complété par un infernal dispositif d’évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l’enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d’apprendre. Tels sont les effets du remplacement d’une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l’enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l’explosion des maladies « professionnelles » (3) symptômes de l’inadaptation au système.

La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l’inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire. »

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance.

Tous les organismes nationaux et internationaux inspirés par l’OCDE et les idées du « new public management » poussent inexorablement l’éducation dans cette direction.

Réforme sur réforme, en 20 ans, notre modèle éducatif a incorporé une approche économique et une culture d’entreprise. Le constat suivant est malheureusement plus que confirmé.

Il ne s’agit plus d’humaniser la norme, mais de normaliser l’homme. Ce qui ne devait être à la base que la partie la moins intéressante, la plus marginale, en définitive la moins importante du processus pédagogique, c’est-à-dire les évaluations et la mesure des performances des ressources humaines de « l ’élève », se révèle être aujourd’hui le cœur et le noyau de la politique en matière éducative.

Toutes les productions de l’apprenant doit être évaluées, notées, scrutées à la loupe, exactement comme le font les entreprises pour améliorer l’efficience de la production.

Cela implique que l’apprenant fasse ce qui lui est demandé, de la manière dont cela lui est demandé, le plus souvent selon des modalités qui lui sont imposées sur le mode implicite.

Pour se faire, tous les marqueurs et les outils attachés à l’éducatif, qu’ils soient sociaux, pédagogiques, politiques, juridiques et économiques, vont s’organiser et être orientés dans une seule et unique direction : améliorer la croissance productive de l’apprenant en rationalisant l’école, ses structures et ses méthodes, comme on rationalise les entreprises.

Le professeur, reconverti en manager, doit exclusivement se concentrer sur l’amélioration de l’efficience productive des ressources humaines mises à sa disposition.

L’oppressé ou l’élève peut produire toujours plus, si l’on parvient à le formater de façon précoce et féroce, en l’obligeant insidieusement à s’adapter en permanence, pour son bien, quitte à détruire sa santé. L’objectif essentiel du discours du New Management public est d’accroître le profit, c’est-à-dire qu’en rationalisant tout et partout, on peut malgré tout accroître la production pédagogique de l’apprenant. Le moyen privilégié, dont on se sert pour assurer la pérennité de cette logique, consiste à manipuler le langage pour en pervertir le sens « la Nov langue ».

Le langage commun à l’industrie a pénétré l’école pour en accepter l’essentiel : la logique productiviste.

Dés lors, le langage de notre modèle éducatif sera le langage de l’efficience et de l’efficacité quel que soit le parti politique au pouvoir. Si l’on parle de mixité sociale dans l’enseignement, ce n’est absolument pas pour la diversité qu’elle procure mais comme facteur d’efficience, de croissance et de compétitivité, c’est-à-dire que l’émulation pour la production et le mimétisme sur les plus productifs doivent pousser l’élève moins productif à vouloir augmenter sa propre productivité sans que cela ne coûte un euro à l’école ou à l’entreprise, marqueur qui a antérieurement été introduit dans les entreprises

« Le 22 octobre 2004, trente-cinq dirigeants de grandes entreprises du CAC 40 signent la charte de la diversité « Promouvoir la diversités en entreprise :genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale » (4) pour ajouter un facteur de tension supplémentaire et une concurrence de plus, incitations qui doivent permettre une meilleure compétitivité et productivité entre allochtones et autochtones.

On parle de pédagogie par objectif et compétences, ce qui permet un meilleur rendement individuel, également introduit dans les entreprises. On parle de portefeuille de compétences et de portefeuille linguistique, pour se positionner le mieux face à la concurrence, d’économie de la connaissance, du capital immatériel de ressources humaines, de régulation par les résultats, d’évaluations standardisées, de mesures statistiques de la production de l’élève. Même les méthodes pédagogiques doivent soutenir la production, et, par exemple, une polémique est née autour du global et du syllabique pour savoir laquelle des deux méthodes était la plus efficiente et permettait la meilleure production écrite de l’apprenant.

Ce débat est toujours d’actualité : Lesquelles des méthodes traditionnelles ou actives permettent-elles une meilleure production, plus d’efficacité et d’efficience, compte tenu du volume de production que l’apprenant doit fournir et du temps de production qui lui est rationnellement imparti ?

« Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du « capital humain ». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement.

Prenons le « socle commun de compétences ». (5). Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.(6) »

Bref on ne parle plus de l’école qu’en termes managérial et de l’apprenant et qu’au regard de son adaptabilité face au processus de production pédagogique. Il faut maintenir le taux de compétitivité, de productivité et de croissance.

Toujours à un niveau plus élevé, la fameuse triade du père Didon pour les jeux olympiques « toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut ». Seul le marqueur de la croissance illimitée de la production de l’apprenant est toléré par le système néolibéral tout comme dans l’industrie, quitte à mettre en danger tous les hommes et la planète elle-même. Le « progrès » sans morale, ni étique est-elle encore du « progrès » ?

Selon l’OCDE, ce serait plus de 350 000 000 personnes qui seraient touchées par la dépression nerveuse dans les pays industrialisés. Selon l’OMS, en 2001, quelque 450 000 000 personnes (13% de la population mondiale) souffriraient d’une affection neurologique.

On prévoyait également qu’une personne sur quatre allait connaître un trouble mental au cours de sa vie.

Selon une évaluation du CREDES, le nombre de déprimés aurait augmenté de 50% entre le début des années 1980 et le début des années 1990. Aux Etats-Unis, selon un rapport du BIT datant de 1993, le « stress » coûtait déjà quelque 200 milliards de dollars par an, soit la totalité des bénéfices des 500 sociétés les plus riches du pays.

Plus récemment, les médecins du travail américains soulignaient que les dépressions du personnel étaient devenues l’une des maladies les plus coûteuses auxquelles devaient faire face les employeurs et que les congés maladies, dont elles étaient responsables, étaient les plus longs et que leur taux de rechute était plus élevé que celui des maladies cardiaques et des douleurs dorsales.

Voila ce que l’on réserve pour l’école et l’apprenant : un « progrès » qui est une véritable forme de barbarie. L’adaptation permanente aux normes productives et compétitives du système, ce qui à mes yeux n’est absolument pas signe de progrès pour l’humain mais de domination des corps et des esprit et d’exploitation permanente . La seule chose qui est prise en compte aujourd’hui, dans les analyses de l’école, même chez les progressistes, c’est la question de la productivité, de la rentabilité des élèves, de leur niveau et de la médiocrité de ce niveau qu’il faut sans cesse remonter. Jamais la santé et le bien être de ces enfants ne sont intégrés dans la réflexion. En bref : formater, conditionner, formater, il en restera bien quelque chose, placer l’enfant au centre de l’éducation. Oui, mais comment et pour quoi faire ?

 

Notes :

  1. « le Soir », 4 mai 2012.
  2. cfr Les cahiers pédagogiques, « Enseigner, un métier sous contrôle ? » mai 2014
  3. Dans le cas de l’école : les « dys » – dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.
  4. Milena Doytcheva, Myriam Hachimi Alaoui, « Promouvoir la diversité en entreprise : genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale « , REVUE Asylon(s), N°8, juillet 2010-septembre 2013, Radicalisation des frontières et promotion de la diversité. Url de référence : http://www.reseau-terra.eu/article9…
  5. Introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances.
  6. Christian Laval ; gaetanpelletier.wordpress.com/2014/04/07/alfred-est-dans-le-frigo/

Éducation: pédagogie critique zapatiste (Mexique)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, société libertaire with tags , , , , , , , on 21 mars 2013 by Résistance 71

Dates et autres choses pour la petite école zapatiste

 

19 mars 2013, par EZLN, SCI Moisés

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE 
Mexique

Mars 2013.

Compañeras et compañeros, sœurs et frères, de la Sexta,

Sur les visites, les caravanes et les projets

Vous savez que nous sommes en train de préparer nos cours pour les petites écoles, c’est là-dessus que nous allons nous concentrer pour que ça marche bien et que nous ayons de bons et bonnes élèves.

Et nous, de concert avec les autorités, nous pensons qu’il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir voir en entier pour ne pas nous distraire, comme par exemple vous donner des interviews, échanger des expériences, ou recevoir des caravanes, ou des brigades de travail, ou discuter une idée de projet. Alors, s’il vous plaît, ne faites pas le voyage pour rien, parce que ni les Conseils de bon gouvernement, ni les autorités autonomes, ni les commissions de projets ne vont pouvoir s’occuper de vous.

Si quelqu’un•e, personne, groupe ou collectif, pense mener une caravane avec du soutien pour les communautés, nous leur demandons comme une faveur d’attendre que vienne leur temps pour cela, ou si leur voyage est déjà organisé, qu’ils veuillent bien déposer tout au Cideci, auprès du Docteur Raymundo, là-bas, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique).

Nous ne disons jamais non, sauf maintenant, NON, parce que nous voulons nous concentrer sur l’école. Nous voulions vous prévenir, pour que ça ne soit pas mal compris, du pourquoi de ce refus de s’occuper de vous.

Nous voulons vous dire cela pour que vous ne programmiez pas vos voyages qui demandent des conversations avec nos autorités, nous n’allons pas pouvoir vous satisfaire pour la simple raison que tout notre effort est dédié à notre petite école, pour vous, pour les gens du Mexique et ceux du monde, c’est pour cela qu’il faut tout notre effort.

Et ainsi, nous allons nous trouver dans les Conseils de bon gouvernement des cinq Caracoles, nous ne pourrons pas nous occuper de vous. Mais en revanche, vous pouvez visiter les Caracoles.

De même avec les projets déjà en marche des cinq Conseils, il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir faire. Seulement ce qui est à notre portée, qui n’implique pas des consultations ou beaucoup de mouvement pour nos villages. Si ce n’est pas le cas, on verra à une autre occasion.

Nous voulons que vous nous compreniez, pour nous ce n’est pas le moment des caravanes, ni des projets, ni des interviews ou échanges d’expériences et autres choses. Pour nous, les hommes et les femmes zapatistes, c’est le moment de nous préparer pour la petite école. Nous N’allons PAS avoir le temps pour autre chose, à moins que ça vienne du mauvais gouvernement qui cherche à nous flanquer un grand bazar, alors là, si, ça change les choses.

Avec vous, compañeras et compañeros, sœurs et frères, nous pensons qu’il y a de la compréhension.

Sur l’école

Je vous transmets les premiers renseignements pour la petite école, pour que ceux qui vont prendre les cours puissent préparer leurs affaires.

1. À la fête des Caracoles sont invités tous ceux et toutes celles qui se seront sentis convoqués. La fête a lieu dans les cinq Caracoles, vous pouvez donc aller là où vous préférez. L’arrivée est le 8 août, fête les 9 et 10, et retour le 11. Attention : la fête des dix ans des Caracoles, ce n’est pas la même chose que l’école. Ne pas confondre.

2. Par cette fête, les bases de soutien zapatistes célèbrent le dixième anniversaire des Conseils de bon gouvernement, mais pas seulement.

3. Ces jours-là commence notre petite école très différente où nos chef•fe•s, c’est-à-dire les bases de soutien zapatistes, vont faire cours sur comment a été leur pensée et leur action dans la liberté selon le zapatisme, leurs réussites, leurs erreurs, leurs problèmes, leurs solutions, ce qui a avancé, ce qui est en cours et ce qui manque, parce qu’il manque toujours ce qu’il manque.

4. Le premier cours (nous allons en faire beaucoup, suivant ce que pourront les participants) du premier niveau est de sept jours, incluant l’arrivée et le retour. Arrivée le 11 août, le cours commence le 12 août 2013 et finit le 16 août 2013. Et le 17 août 2013, c’est le départ. Ceux qui auront fini le cours et voudront rester plus longtemps pourront visiter d’autres Caracoles que celui où ils auront suivi le cours. Le cours est le même dans tous les Caracoles, mais ils peuvent connaître d’autres Caracoles différents de celui de leur cours, mais ce sera à leurs frais.

5. Petit à petit, nous allons vous dire comment faire pour l’inscription à la petite école de la liberté selon les femmes et hommes zapatistes. Mais nous vous disons tout de suite qu’elle est laïque et gratuite. La préinscription se fera avec les équipes de soutien à la Commission Sexta, nationale et internationale, sur la page web d’Enlace Zapatista, et à travers des courriers électroniques. L’enregistrement des élèves se fera au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas). On va commencer à envoyer les invitations, selon les possibilités, à partir du 18 mars 2013.

6. Mais n’entrera pas qui veut à l’école, c’est nous qui allons inviter directement. Ces compas que nous invitons, nous allons en prendre soin, nous allons leur donner à manger, un endroit pour dormir propre et riant, et nous allons leur mettre à chacun un gardien ou une gardienne, bref, chacun son « Wotan » qui veille à ce qu’il soit bien et qu’il ne souffre pas trop pendant le cours, seulement un peu, mais un peu, ça, toujours.

7. Les élèves vont devoir étudier très dur. Le premier niveau a quatre thèmes qui sont : Gouvernement autonome I, Gouvernement autonome II, Participation des femmes au gouvernement autonome, et Résistance. Chaque thème a son manuel. Les manuels ont entre 60 et 80 pages chacun, et ce que vous a donné à connaître le SupMarcos est seulement une petite partie de chaque livre (3 ou 4 pages). Chaque manuel a un coût de 20 pesos, ce que coûte sa fabrication d’après nos calculs.

8. Le cours dure sept jours pour le premier niveau, et selon le temps dont dispose le ou la compa, parce que nous savons qu’il ou elle a son travail, sa famille, son combat, son engagement, c’est-à-dire son calendrier et sa géographie.

9. Le premier cours est seulement de premier degré, il en manque beaucoup d’autres, aussi l’école ne finit-elle pas vite, elle prend du temps. Qui passe le premier niveau pourra passer le second.

10. Sur les dépenses : le compa, la compa doit s’occuper de son voyage jusqu’à arriver au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), et pour retourner à son coin. Du Cideci, vous allez à votre école, et à la fin, le retour est jusqu’au Cideci, et de là chacun•e retourne dans son coin. À l’école, c’est-à-dire au village, vous n’aurez pas de souci, les haricots, les tortillas et les petits légumes ne vont pas manquer à votre table. C’est-à-dire que les frais de chaque étudiant, c’est les zapatistes qui vont les couvrir. Chaque étudiant ou étudiante va vivre chez une famille zapatiste. Pendant les jours d’école, ce sera la famille de l’élève. Avec cette famille, il va manger, travailler, se reposer, chanter, danser, et ils vont le conduire à son école, soit au centre d’éducation. Et le « Wotan », c’est-à-dire le gardien ou la gardienne, va toujours l’accompagner. Bref, nous allons être aux petits soins pour chaque étudiant et étudiante. Et s’il tombe malade, nous allons le soigner, et si c’est grave nous allons le conduire à l’hôpital. Mais pour ce qu’il y a dans sa tête à son arrivée et à son départ, là, nous ne pouvons rien faire, c’est à chaque compañero ou compañera de savoir ce qu’il fait de ce qu’il a regardé, écouté et appris. Dit autrement, on va leur enseigner la théorie, et la pratique, c’est à chacun de voir ça dans son coin.

11. Pour pouvoir payer les frais de votre école, c’est nous qui allons voir ça. Nous pouvons faire un festival de musique ou de danse, ou des peintures, ou de l’artisanat, mais ne vous en faites pas, nous cherchons comment faire, et en plus il y a toujours des gens bien qui soutiennent les choses bien. Pour qui veut faire un don pour l’école, nous allons mettre une boîte sur le lieu d’enregistrement des élèves, au Cideci, avec les compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là, dans la boîte, quelqu’un qui veut donner quelque chose le fait, et personne ne sait qui a donné ni combien, pour que certain•e•s ne se flattent pas de donner beaucoup et que d’autres ne soient pas tristes d’avoir donné peu. Il ne sera pas permis que dans les écoles, les Caracoles ou les familles, vous donniez de l’argent ou des cadeaux. Tout ce que vous voudrez donner, c’est au Cideci, aux compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là-bas, on va tout rassembler puis répartir également entre tou•te•s, si tant est qu’il y ait quelque chose. Sinon, tant pis, ce qui compte, c’est vous.

12. Il y a d’autres façons de prendre le cours de l’école zapatiste. Nous allons demander leur soutien aux compas des médias libres, libertaires, autonomes, et à qui s’y connaît en visioconférences. Parce que nous savons bien que beaucoup de gens ne vont pas pouvoir venir pour des questions de travail, de famille, ou personnelles. Et aussi qu’il y a des personnes qui ne comprennent pas l’espagnol, mais qui ont envie d’apprendre comment les hommes et les femmes zapatistes ont fait ce qu’ils ont fait et défait ce qu’ils ont défait. Alors nous allons avoir un cours spécial pour être pris avec une caméra vidéo et envoyé là où il y aura un groupe d’élèves demandeurs et qui soient prêts avec leur manuel, et là ils verront le cours, et grâce à ce truc d’internet, ils peuvent poser leurs questions sur le cours que sont en train de donner les maîtres et maîtresses, les bases de soutien zapatistes.

Pour planifier cela, nous allons inviter à une réunion spéciale quelques médias alternatifs pour nous mettre d’accord sur comment on va faire les visioconférences, et aussi qu’ils prennent des photos et des vidéos des endroits dont on parle dans les cours, pour que tout le monde puisse vérifier si c’est vrai ou pas ce que sont en train d’enseigner les professeurs et professeures.

Et un autre moyen, c’est que nous allons faire une copie des cours en DVD pour que celles et ceux qui ne peuvent aller nulle part et qui ne peuvent étudier le cours que chez eux puissent le faire, et ainsi apprendre aussi.

13. Pour pouvoir assister à la petite école zapatiste, vous devrez prendre un cours de préparation où on va vous expliquer comment est la vie dans les villages zapatistes, leurs règles internes. Pour que vous ne risquiez pas de commettre un délit. Et ce que vous aurez besoin d’emporter. Par exemple, vous ne devez pas emmener ce qu’on appelle des tentes de camping qui, de toute façon, ne servent à rien ici, parce que nous allons vous installer dans des familles indigènes zapatistes.

14. Une fois pour toutes nous vous disons qu’il est INTERDIT de produire, vendre ou acheter, échanger et consommer n’importe quelle sorte de drogues et d’alcools. Il est aussi interdit de porter et d’utiliser n’importe quel type d’armes, qu’elles soient à feu ou « blanches ». Qui demandera à être intégré à l’EZLN ou toute autre chose militaire sera expulsé•e. On n’est pas en train de recruter ni de promouvoir la lutte armée, mais l’organisation et l’autonomie pour la liberté. Est interdite aussi la propagande de tout type, politique et religieuse.

15. Il n’y a pas de limite d’âge pour assister à la petite école ; mais si ce sont des mineurs, ils doivent venir avec un adulte qui se donne pour responsable du ou de la mineure.

16. Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité•e•s, nous vous demandons de préciser si vous êtes autre, femme ou homme, pour voir comment nous nous arrangeons, parce que chacun•e est un individu, une individue, et sera respecté•e et accueilli•e comme tel•le. Ici, on ne discrimine pas pour raisons de genre, de préférence sexuelle, race, credo, nationalité. Tout acte de discrimination sera puni d’expulsion.

17. Si quelqu’un souffre d’une maladie chronique, nous lui demandons de venir avec ses médicaments et de nous prévenir à l’inscription pour être à son service.

18. Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité•e•s, nous vous demanderons de préciser votre âge physique et vos conditions de santé, pour vous installer dans une des écoles ou vous ne souffrirez pas plus qu’à l’habitude.

19. Si vous êtes invité•e et que vous ne pouvez pas assister à cette première date, n’ayez pas de chagrin. Vous nous faites seulement savoir quand vous pouvez, et nous, nous vous faisons le cours quand vous pouvez venir. De même, si quelqu’un ne peut pas terminer le cours, ou ne peut pas arriver pour la date où il est inscrit, il n’y a pas de problème, vous pourrez compléter plus tard. Souvenez-vous aussi que vous pouvez assister aux visioconférences ou aux cours qui vont être donnés hors du territoire zapatiste.

20. Dans d’autres écrits je vous expliquerai d’autres choses et j’éclaircirai des doutes que vous pourriez avoir. Mais ce que je vous ai dit ici est l’essentiel.

C’est tout pour l’instant.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, 
sous-commandant insurgé Moisés, 
recteur de la Petite École zapatiste.

Mexique, Mars 2013

Nouvel Ordre Mondial et éducation: la pensée inique néolibérale contre la pensée critique.. Qu’on choisisse !

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« La pédagogie des opprimés en tant que pédagogie humaniste et libertaire a deux étapes distinctes. Dans la première, les opprimés dévoilent le monde d’oppression et se commettent par la praxis à sa transformation ; dans la seconde, dans laquelle la réalité de l’oppression a déjà été transformée, cette pédagogie cesse d’appartenir aux opprimés et devient la pédagogie de tout le peuple dans le processus de la libération permanente. » — Paulo Freire —

Cette pédagogie critique des opprimés est mise en pratique depuis 1985 dans le Chiapas mexicain par exemple et est un des fondements de l’existence du mouvement zapatiste. Il est même devenu évident avec le temps, que la pédagogie critique employée par les cadres du mouvement populaire zapatiste pour éduquer les populations natives est non seulement le fer de lance du mouvement, mais le garant de sa longévité depuis maintenant près de 30 ans…

L’éducation doit être repensée. Elle doit devenir ce qu’elle de fait: l’outil de la formation d’êtres humains complets, justes et libres. L’éducation laissée aux mains d’entreprises privées et de l’État n’est que du formatage de serfs et de « bon petits citoyens, contribuables, votards, obédients et travailleurs pour la cause oligarchique ».

L’émancipation politique et sociale, la liberté, passent par la pensée critique et la pédagogie des opprimés. Contemplons le monde d’hier et d’aujourd’hui, analysons et comprenons que nous sommes manipulés jusqu’au plus profond de l’apparat social.

Gardons présent à l’esprit qu’il n’est jamais… jamais, en quelque circonstance que ce soit dans l’intérêt de toute oligarchie de réellement éduquer le peuple. Ne soyons pas dupe et cessons d’avaler les couleuvres qu’on nous tend à longueur de journée !

Temps d’agir non ?

— Résistance 71 —

 

Freire ou Friedman ? Pour la défense de l’éducation critique

 

Saijad Ali Malik

 

Le 8 Février 2013

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/freire-or-friedman-in-defense-of-critical-education/5322447

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Thomas Friedman peut faire l’éloge du potentiel émancipatoire des cours universitaires en ligne, la question est: sont-ils capables de produire plus que des travailleurs dociles ?

L’éducation est un concept que nous confrontons chaque jour sous une forme ou une autre, directement ou indirectement. Elle a longtemps été considérée comme “le remède miracle” pour adresser les grandes injustices de la société comme la pauvreté, le crime, le racisme, le patriarcat et l’inégalité socio-économique. Notre interaction avec l’éducation est influencée et varie selon les tentacules des relations de pouvoir: classe sociale, ethnicité, genre, géographie et expériences de la vie. Pour certains, cette interaction se manifeste en des questions de meilleures pratiques et de philosophie éducative.

Pour d’autres, cela tourne autour de l’accès à la connaissance et est question de représentation. En conséquence, notre interaction conceptuelle avec l’éducation n’est pas libre de préjugés ou de calcul idéologique. A qui ou à quoi sert l’éducation ? A quoi ressemble t’elle ? La reconnaîtrons-nous lorsque nous la verrons ? ou la confondrons-nous avec quelque chose d’autre ? Comme l’a bien expliqué le théoricien influent de la pédagogie critique Paulo Freire:

“L’éducation soit fonctionne comme un instrument qui est utilisé pour faciliter l’intégration de la plus jeune génération dans la logique du système actuel et amener la conformité ou elle devient la pratique de la liberté, le moyen par lequel les hommes et les femmes gèrent de manière critique et créative la réalité et découvrent comment participer à la transformation de leur monde.”

Le célèbre éditorialiste du New York Times Thomas Friedman a écrit récemment au sujet de l’expansion de cours universitaires gratuits offerts en ligne par des institutions comme Stanford ou le MIT, ainsi que par des entreprises comme Coursera et Udacity. Tandis que Friedman loue ce phénomène comme étant “révolutionnaire”, il dit aussi que “Rien n’a plus de potentiel pour tirer les gens hors de la pauvreté, en leur donnant une éducation bon marché pour avoir du travail ou améliorer le travail qu’ils ont déjà. Rien n’a plus de potentiel pour débloquer un milliard de cerveaux supplémentaires pour résoudre les plus gros problèmes de ce monde.” Il continue en parsemant son article avec des anecdotes d’individus ayant bénéficié des cours universitaires libres en ligne.

Friedman regarde cette inovation technologique et éducative comme quelque chose qui va permettre aux travailleurs étrangers d’obtenir une formation formelle, formation requise pour entrer en compétition avec les travailleurs qualifiés. Le processus intellectuel ici est que ceci profitera ultimement aux entreprises multinationales, qui obtiendront un plus vaste champ de travailleurs qualifiés à employer. Ces secteurs privés, équippés d’un plus grand nombre de travailleurs qualifiés (et bon marché), offriront des emplois plus rémunérateurs et génèreront plus de revenus, ultimement éradiquant la pauvreté du tiers monde.

Sur la même ligne fut récemment publié un éditorial de Pauline Rose, directrice du Global Monitoring Report on Education, publié par l’UNESCO. Dans son écrit, Rose appelle de ses vœux pieux un personnage du genre de Bill Gates pour déclancher un fond pour l’éducation mondiale parmi les entreprises privées et les fondations. La philantropie entrepreneuriale est montrée et imposée comme la solution à l’accès à plus d’éducation dans le monde. Suivant la logique de Friedman, Rose déclare:

“Il ne devrait pas y avoir de problème majeur à expliquer le cas de l’éducation. C’est intrinsèquement lié à des développements futurs positifs. La croissance économique, la santé, la nutrition et la démocratie sont toutes améliorées par une qualité d’enseignement. Si tous les enfants des pays à faible revenu quittaient l’école sachant lire et écrire, la pauvreté chuterait de 12% et cela est bon pour les affaires. Le secteur privé bénéficie directement d’une force de travail éduquée et bien formée.”

Friedman et Rose appellent essentiellement à une accélération de la privatisation de l’éducation mondiale. Ceci est une tendance qui a déjà commencée aux Etats-Unis où nous avons été les témoins d’une rapide augmentation des écoles gérées par le secteur privé des entreprises, d’une insistance sans retenue pour les examens standardisés, de la décimation des syndicats d’enseignants couplée avec la fausse notion que les enseignants seuls sont responsables des échecs scolaires.

Ce que cette privatisation permet et ce qui est encouragé par Friedman et Rose, est le désavouement de considérer les problèmes socio-économiques plus larges liés aux problèmes du capitalisme mondial et du néolibéralisme, qui eux sont intrinsèquement lié à l’éducation. Le danger ne réside pas dans l’avancement technologique permettant une meilleure éducation du tiers monde, mais plutôt ses implications que nous échouons continuellement à analyser de manière critique.

Au lieu de louer l’introduction de cours en ligne gratuits comme une révolution dans l’éducation mondiale qui va soulager la pauvreté et la souffrance, pourquoi ne pas questionner le système global qui a permis, sinon encouragé, la formation de cette situations désolante en première instance ? Des articles comme ceux De Friedman et de Rose assistent activement à nous paralyser de penser sur le comment nous sommes arrivés dans cette situation où, comme le dit si bien Rose: “61 millions d’enfants ne vont pas à l’école”.

Ils semblent oublier de manière fort opportune le fait que le FMI et ses programmes d’ajustements structurels a sévèrement réduit les dépenses de l’éducation des gouvernements et que la privatisation de l’éducation a mené à une augmentation de la ségrégation sociétaire comme constatée au Chili par exemple. Quand on dépend d’un cadre comme celui de Friedman et de Rose, nous nous empêchons effectivement de nous demander quel type de système économique global existe pour permettre une situation où la privatisation et la philanthropie entrepreneuriale deviennent les solutions pour résoudre un problème déjà existant d’inégalités radicales.

Au bout du compte, tout revient à la question originelle sur le but de l’éducation. Pour Friedman et Rose, son but est de produire un travailleur qui va continuer à creuser les inégalités et faciliter un ordre économique injuste qui crée le problème en premier lieu. Le but par extension est de nous convaincre que le remède à nos problèmes actuels est la même pilule qui a causée la maladie en première instance. Pour Freire, le but de l’éducation est de permettre aux élèves de s’épanouir de manière qui analyse de façon critique comment nous sommes arrivés à cette situation pour le moins terne et comment pouvons-nous commencer à la transformer.

Freire ou Friedman ? C’est à nous de choisir…

Éducation et changement de société…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , on 5 janvier 2013 by Résistance 71

« Le dialogue, comme communication essentielle, doit être sous-jacent à toute coopération. Dans la théorie de l’action par le dialogue, il n’y a pas de place pour conquérir les gens pour une cause révolutionnaire, mais seulement pour gagner leur adhésion. Le dialogue n’impose pas, ne manipule pas, ne domestique pas, ne procède pas par slogans… »

(Paolo Freire)

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Chantier de pédagogie sociale

 

N’autre École

 

Le 2 Janvier 2013

 

url de l’article:

http://www.autrefutur.net/Chantiers-de-pedagogie-sociale-N

 

 

Dans son dernier numéro, N’Autre école, la revue trimestrielle de la CNT éducation, consacre un dossier aux « Chantiers de pédagogie sociale ».

Edito

Si la pédagogie est classiquement pensée, agie et vécue comme une méthode à la fois souple et structurée de « conduite » des enfants. Le terme de « pédagogie sociale » laisse surtout entendre qu’il s’agit de porter et de semer, le long du chemin parcouru avec les enfants, les promesses d’un projet de société. Mais un projet qui ne laisse ni à l’école, même idéalisée sous l’étiquette de « républicaine », ni à aucune autre institution éducative, ni aux familles, aujourd’hui sur-sollicitées et parfois surveillées, le soin de relever seules le défi complexe et passionnant de toute éducation progressiste : devoir tenir la main de l’enfant, et de tous les enfants, – jusqu’à ce qu’ils puissent s’en passer… Un projet qui, autrement (et étymologiquement) dit, place les savoirs et les savoir-faire de l’ensemble des adultes au service de ce qui permet de passer de la protection et du maintien (manu tenere 1) à l’émancipation (ex manu capere 2) des personnes et des citoyens en construction que sont les enfants.

De ce point de vue, tous les espaces et tous les temps sont potentiellement éducatifs si les acteurs – adultes et enfants – qui les animent les rendent authentiquement ouverts, inconditionnellement accueillants, respectueux de la diversité des rythmes et des talents, en un mot bienveillants, mais s’ils encouragent et accompagnent aussi l’exploration, l’expérimentation et la créativité de chacun et de tous. Mais ce n’est pas tout. L’invention, dès maintenant, de nouveaux et possibles futurs suppose en outre d’ouvrir, de former les enfants à la capacité de s’exprimer sur ce qui peut améliorer concrètement leurs milieux et conditions de vie – et, pour commencer, le contexte de leur éducation. Puis de favoriser l’élaboration, entre eux et avec l’appui des adultes, de projets ancrés dans les réalités sociales qu’ils partagent pour leur permettre de se saisir de certaines d’entre elles comme autant de ressources susceptibles d’être étudiées, évaluées et, s’il y a lieu, aménagées, voire méthodiquement modifiées.

Un changement radical de méthodes et de postures s’impose alors. Il s’agit en effet de reconnaître et de soutenir très tôt les aptitudes, en évolution permanente, et les droits de tous les enfants : d’une part, à formuler des opinions sur les décisions qui les concernent (conformément aux articles 5 et 12, entre autres, de la Convention internationale des droits de l’enfant) ; mais, d’autre part aussi, à délibérer, décider et agir ensemble, au moyen de procédures démocratiques, à propos de sujets et de projets d’intérêt collectif émanant de leurs propres initiatives. Et ceci à l’école, au centre de loisirs, au club sportif, au fil des activités de l’association de quartier, et même en famille.

L’expérience indique à quel point, le plus souvent, les enfants accueillent favorablement et s’engagent volontiers dans les pratiques de groupe reposant sur la codécision, l’entraide et la coopération. Ils apprécient les relations apaisées qui en résultent entre eux et avec les adultes. L’avenir auquel ils se préparent leur paraît moins inquiétant, moins inéluctablement condamné aux rapports de force. Aussi s’agit-il d’inviter chacun à tourner résolument le dos aux modèles de société qui promeuvent et transmettent les « valeurs » sociales, éducatives et scolaires aujourd’hui dominantes de compétition, de réussite individuelle et de soumission à la volonté du plus fort – et, pour ce qui concerne les enfants, à l’autoritarisme institutionnel, voire physique, des adultes.

Les militants de la pédagogie sociale font le pari, avec d’autres, de solidariser les acteurs de l’éducation – qu’ils soient parents, enfants, professionnels, bénévoles engagés – autour de l’idée qu’ils peuvent devenir dès aujourd’hui, et rester demain, des protagonistes de l’émancipation collective par le partage réel et éclairé des pouvoirs de décision. Bref, les auteurs des transformations personnelles et sociales qui s’imposent pour ré-enchanter l’art de vivre, d’apprendre et de construire ensemble. Peut-être faut-il envisager en outre que ces militants s’adressent à tous les enfants, et pas seulement à ceux des classes et catégories sociales les plus « défavorisées », pour que le projet de société qu’ils dessinent permette à toutes les jeunes mains, certes d’être tenues le temps d’être lâchées, mais lâchées aussi dans l’idée être solidairement tendues.

Frédéric Jésu, militant associatif, médecin de service public

Lire la suite sur : www.cnt-f.org/nautreecole/ 
Feuilleter le N° en ligne sur : http://www.calameo.com/read/0000627…

Crise systémique mondiale, pédagogie critique, éducation et émancipation sociale

Posted in crise mondiale, démocratie participative, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , on 22 novembre 2010 by Résistance 71

Crise systémique de la société: la restauration de la confiance en eux-mêmes par la pensée critique émancipera les peuples

par Résistance 71

“Je réécris l’histoire pour inclure le point de vue de ceux qui sont les laissés pour compte. L’histoire que nous avons eu jusqu’a présent est l’histoire écrite du haut vers le bas; l’histoire du point de vue des politiciens, des généraux, des militaristes et des industrierls. Oui, je désire changer cette histoire pour obtenir la perspective de ce que les gens ordinaires ont souffert et ce qu’ils ont fait pour changer leur vie.”

–       Howard Zinn –

“Il n’y a pas d’éducation neutre. L’éducation fonctionne comme l’instrument qui aide a intégrer les jeunes générations dans la logique du systeme actuel en y amenant la conformité ou elle devient la “pratique de la liberté” et donne les moyens aux hommes et aux femmes d’interagir de maniere critique et créative avec la réalité et de découvrir comment participer a la transformation du monde.”

–       Richard Shaull (préface de “La pédagogie des oppressés” de Paulo Freire, réédition 1996) –

Quand nous regardons la situation actuelle du monde, un mot nous vient tres souvent a l’esprit: abus.

La dominance sans partage de la culture occidentale, blanche, hégémonique, capitaliste et néolibérale a mené le monde (volontairement ou pas est un autre débat) a un état de perpétuel chaos organisé et d’abus pour le seul profit du petit nombre au détriment de la vaste majorité de l’humanité.

Abus de pouvoir, abus de confiance, abus d’autorité, abus hédonistes. La panoplie est complete et en pleine vue de toutes et tous.

Comment en sommes-nous arrivés la ? Comment les peuples ont-ils été leurrés a ce point ? Comment pouvons-nous permettre ces abus perpétuels ? Par la propagande, par l’endoctrinement culturel qui donne a la classe dominante et oppressive l’impunité fabriquée devant ses responsabilités et devant les citoyens. La domination de l’oppresseur sur l’oppressé est avant tout garantie par une domination culturelle qui est promulguée par un systeme éducatif corrompu. Qui endoctrine t’on le mieux en effet, un enfant d’école élémentaire ou un vieux ronchon en fin de carriere ? La réponse est évidente.

Depuis des générations, il n’a été d’aucun intérêt pour la classe dominante (qui est une minorité ne l’oublions jamais) d’avoir un peuple éduqué, a savoir capable de pensées critiques et de prendre des décisions par et pour lui-même. Il a donc fallu corrompre l’éducatif, et ce a tous les niveaux en commençant par la base, de façon a toujours former des esprits conformes a ce que le pouvoir et les nantis désirent pour ses “citoyens” et ainsi dégager une norme acceptable qui sert de référence de contrôle. Lorsque les mouvements sociaux face aux abus de pouvoir sont devenus intenables et que l’oligarchie a dû lâcher du lest sous la contrainte et réguler le temps de travail, octroyer certains acquis sociaux et le droit a l’éducation pour tous; elle s’est dit “soit, mais alors faisons le sous nos conditions et notre contrôle”, de façon a toujours garantir en apparence, une certaine “démocratisation de la société”, qui n’est en fait qu’un leurre, toujours plus sous contrôle.

Les peuples occidentaux ont été abusés, leur confiance a été abusée au fil du temps, au point que l’on ne puisse plus croire une information sans l’avoir vérifié sous l’angle de plusieurs sources indépendantes autant que faire ce peu. Qui aujourd’hui a la volonté et le temps de le faire ? Nous sommes devenus des récipients pour une information propagandiste, que de moins en moins de gens questionnent, car l’abrutissement de la vie quotidienne laisse des marques indéniables sur nos esprits et nos volontés.

Peu a peu, nous avons été habitué a vivre sous le voile du mensonge, soit éhonté, soit le plus souvent dans sa forme la plus pernicieuse, celle de l’omission. L’omission de tous ces faits historiques que l’on ne relate pas car jugés futiles et sans intérêts; sans intérêt pour la pensée unique imposée s’entend.

De maniere pratique, l’oppression de la classe dominante (minorité) est une domestication culturelle de ceux qu’elle oppresse (majorité) par une intoxication éducative propagandiste progressive. Aujourd’hui, on continue a vouloir nous faire croire que la science évolue pour le bien de l’humanité, que le politique et son représentant l’État oeuvrent pour l’intérêt général et que l’économie leur sont assujettis; alors que la réalité est toute autre: le pouvoir financier et économique, géré par un cartel d’oligarques influents, dicte sans partage ses volontés a ses satellites scientifiques, politiques et sociaux. En cela, nous vivons dans une matrix faite d’illusions sans cesse renouvelées pour assurer la sauvegarde du statu quo ploutocratique en place.

Nos libertés en société se sont érodées au nom de mensonges et de complots, la dictature de la finance pseudo-scientifique sur l’économie, la politique, l’éducation, bat son plein, tout en continuant l’illusion de “démocratie” dont le nom même a été galvaudé et falsifié.

Paulo Freire, fondateur de la pédagogie critique contemporaine, disait a juste titre: “Affirmer que les femmes et les hommes sont des personnes et en tant que telles, devraient être libres, mais ne rien faire pour que cela devienne une réalité, est une farce.”

Si nous, les peuples, voulons survivre cette période noire de l’Histoire qui s’annonce, nous devons dépoussiérer nos esprits, recommencer a penser de maniere critique, questionner le paradigme totalitaire qui nous enveloppe de sa chappe de plomb, réfléchir et agir pour enfin réellement avoir l’opportunité de changer le monde pour le meilleur, pour et par nous-mêmes, sans délégation d’autorité a des charlatans, qui n’ont aucune considération pour le bien commun et le progressisme de l’humanité.

Pour illustrer nos propos, nous traduisons ici l’introduction d’un article de recherche publié par Joe Kincheloe (Ph.D, MacGill University, Montréal, Canada) dans le Journal International de Pédagogie Critique (numéro de printemps 2008, article intitulé: “Critical Pedagogy and the Knowledge Wars of the Twenty-First Century” (La pédagogie critique et les guerres de la connaissance du XXIeme siecle).

Joe Kincheloe est un éleve de Paulo Freire, fondateur du “Projet International Freire pour la Pédagogie Critique”, qui définit son action comme suit: “La pédagogie critique est un domaine de l’éducation et de la recherche qui étudie les dynamiques sociales, culturelles, politiques, économiques et cognitives de l’enseignement et de ses relations avec le pouvoir dans le processus éducatif. Celle-ci a émergée a la fin des années 1960 avec le travail de l’éducateur brésilien Paulo Freire, pour devenir depuis un champ pluri-disciplinaire pour l’éducation.”

La pédagogie critique demande une immersion de l’éducateur dans les conditions de vie de ses éleves et de faire comprendre par le dialogue ouvert les racines profondes de la relation oppresseur / oppressé. La pédagogie critique n’est pas une théorie, elle ne peut fonctionner sans pratique et est en cela pure praxis humaine qui allie étroitement un développement cognitif délivré de la propagande dominante de l’oppression et la pratique quotidienne de l’utilisation de l’information ainsi libérée pour libérer a la fois les oppressés mais également les oppresseurs de cet état de sclérose socio-culturelle. La pédagogie critique est en cela une catharsis crédible et efficace de la misere dont sont victimes a la fois les oppressés et leurs oppresseurs. Il s’en dégage un humanisme radical: celui de l’amour profond de l’humain, car il part d’un principe fondamental qui est qu’il ne peut y avoir de dialogue sans la confiance et la croyance en l’humain. Sans la croyance en l’humain, qui assumera dignement sa liberté future, il ne peut y avoir de dialogue, et s’il s’en instaure un, il ne pourra être qu’une parodie de dialogue, qui le plus souvent dégénere en manipulation paternaliste.

C’est le fondement même de l’hégémonie culturelle de l’oligarchie en place depuis bien trop longtemps: la croyance et la persuasion par de pseudo-sciences telles le malthusianisme et le darwinisme-social et leurs corollaires modernes de néo-malthusianisme et néo-darwinisme social, que l’Homme, le peuple, est ignorant, incapable de gérer sa destinée et qu’il doit être “guidé” par une élite éclairée auto-proclamée; que le peuple doit s’en remettre a ses “guides” qui sauront s’occuper au mieux des intérêts de tous. Pour parvenir a hypnotiser les foules, les oppresseurs ont détourné (par la puissance de l’argent et la corruption inévitable qu’elle génere) la science et l’éducation pour en faire des outils de propagande. Ainsi, comme le disait Howard Zinn plus haut, nous ne voyons, entendons et mangeons que la soupe qu’on nous sert, sans avoir la possibilité réelle de refuser puisque cela nous est presenté comme étant “ce qui est le mieux pour nous”. On nous demande bien sûr de croire tout ça sur parole et de marcher comme un seul homme.

Le but de la véritable éducation depuis l’enfance est de faire table rase sur toute cette fange doctrinaire et de donner la possibilité a tout a chacun de voir et d’analyser les faits et les situations passées, présentes, pour anticiper et améliorer le futur.

Nous en sommes loin, et tout l’objectif de la pédagogie critique est de fournir a l’humain en devenir, les outils de son émancipation par la connaissance et la pratique. L’éducation comme action culturelle est directement liée au processus de développement de la conscience critique et comme éducation posant des problemes a résoudre, tend a devenir un outil d’organisation politique pour les oppressés. Ainsi pour que les oppressés puissent efficacement mener la lutte pour leur émancipation, ils doivent percevoir de maniere claire les réalités de l’oppression, non pas comme faisant partie d’un monde clos duquel il faut s’extirper, mais au contraire comme une situation de handicap limitatif qu’ils peuvent cerner de maniere cognitive et transformer.

Selon Paulo Freire, la pédagogie des oppressés ne peut s’accomplir que dans la praxis (réflexion + action). Elle est un humanisme libertaire en deux étapes:

–       Les oppressés découvrent et exposent le monde de l’oppression et le transforme par la praxis

–       La réalité de l’oppression se trouve transformée et la pédagogie n’est plus celle des oppressés mais celle de l’ensemble de l’humanité unit dans le processus d’émancipation sociale

C’est par l’éducation, la connaissance libérée et l’action directe que les peuples regagneront la confiance en eux-mêmes, celle qui leur fera enfin reprendre les brides de leur destinée.

Voici traduit de l’anglais l’introduction de Joe Kincheloe a la pédagogie critique pour le XXIeme siecle:

— “Nous vivons dans une époque dure et dangereuse. Ceux d’entre nous impliqués dans la pédagogie critique ne peuvent s’empêcher d’être désespérés a la vue des Etats-Unis et de ses collaborateurs occidentaux s’avançant plus avant dans des guerres impérialistes pour un positionement géopolitique et de contrôle des ressources naturelles, ainsi que ces mega-industries qui dépensent des millions de dollars pour le développement et la justification de stratégies économiques, qui simplement prennent l’argent des poches des plus pauvres et des plus faibles a l’échelle planétaire pour les transférer aux gens les plus riches en Amérique du Nord et en Europe. Dans ce contexte, la politique de la connaissance devient centrale dans les domaines sociaux et éducatifs de toutes les nations du monde.

La politique de la connaissance, fermement ancrée dans le monde, est caractérisée par quelques riches individus et corporations transnationales, qui contrôlent la plus grande partie des données valides que nous pouvons gérer. Fort heureusement, il existe toujours une source importante de contre-données sur l’internet et dans quelques maisons d’éditions pour livres et journaux, mais bien sûr les éleves et autres personnes sont mis en garde de la nature politisée de cette information. Ainsi la plupart des individus sont encore et toujours exposés a la rationalisation frauduleuse des actions indéfendables des gouvernements sur le plan militaire, financier et social, ce aussi bien aux Etats-Unis que dans leurs pays alliés.

La guerre d’Irak, par exemple, n’est pas seulement une histoire a propos d’une politique extérieure brutale et inutile, mais aussi une chronique sur la façon dont la guerre a l’information et a la connaissance est menée au XXIeme siecle.

Ceux qui font cette guerre emploient le couvert de la science et des médias pour disséminer une pléthore de mensonges au sujet de l’Irak étant un danger pour le monde, justifiant la nécessité de continuer l’action militaire contre cette nation. A l’heure ou j’écris ces lignes (Ndt: en 2008), ils emploient les mêmes tactiques de propagande contre l’Iran. Le pouvoir de ce type de propagande est étouffant sur la durée dans la mesure ou des millions de citoyens américains et de personnes a travers le monde ont été influencés par cette désinformation continue. Les éducateurs critiques ont du mal a croire que ces mensonges et cette fraude de l’information puissent toujours avoir une quelconque crédibilité des années apres avoir été dénoncées. Juste comme exemple probant, environ un peu plus d’un tiers de la population américaine contemporaine croit toujours que Saddam Hussein et son régime possédaient des armes de destructions massives, étaient responsables des attentats du 11 Septembre, et avaient comploté pour laisser les villes principales états-uniennes sous un nuage atomique. Une telle politisation propagandiste insensée de la connaissance nous montre qu’il y a quelque chose qui ne tourne définitivement pas rond non seulement avec la morale et la santé mentale des gens qui ont le pouvoir, mais que l’une des armes les plus puissantes de leur arsenal multi-dimensionnel de la peur est le fait qu’ils possedent la plus grande partie de la connaissance, de l’information et de son systeme de diffusion.

Dans ce contexte, les systemes éducatifs contemporains traditionnels et standardisés contribuent a l’oeuvre impérialiste dans la mesure ou ils transmettent la vérité officielle du régime et promeuvent ses intérêts économiques et sociopolitiques.

Le point de focalisation de cet essai implique la façon dont la pédagogie critique pourrait conceptualiser et donner une réponse a la problématique de la guerre de l’information et de la connaissance contre les citoyens de l’Amérique du Nord, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Europe; et des gens marginalisés de ces régions ainsi que les personnes les plus destituées vivant sur cette terre.” —

L’historien critique et analytique Howard Zinn disait dans son livre “Original Zinn” (2006) a propos de la lutte pour les droits civiques dont il fut un des grands acteurs dans les années 1960 avant que de devenir un des leaders du mouvement anti-guerre du Vietnam:

“… C’est ce qu’accomplit la désobéissance civile: elle fortifie les vues et les idées bien plus efficacement qu’une pétition ou une lettre a votre député.” Plus loin dans le même ouvrage il déclarera avec justesse:

“Notre probleme est l’obéissance civile. Notre probleme est le nombre de gens a travers le monde qui ont obéi et obéissent aux ordres et diktats des leaders de leurs gouvernements et qui ont été faire la guerre.  Des millions et des millions de gens ont été tués a cause de cette obéissance.”

Ainsi l’action directe non-violente (boycotts, désobéissance civile) a, avec patience et un degré de développement cognitif populaire de multiples situations au cours de l’histoire comme l’Afrique du Sud et l’Inde de Gandhi, les mouvement des droits civiques anti-ségrégationistes aux Etats-Unis, le mouvement anti-guerre du Vietnam aux Etats-Unis, le mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud, amené les succes que le monde connait aujourd’hui et reconnait comme de grandes victoires de luttes populaires au dela des “révolutions” violentes qui ont émaillées l’histoire.

La démocratie ne vient pas du gouvernement et jamais n’en viendra. Les éclairs de démocraties apparus au cours de l’histoire sont toujours venus de la lutte des peuples pour le droit a la justice sociale et de leurs tentatives d’émancipations sociales, concertées, solidaires et humanistes.

Si l’émancipation ne peut venir que du peuple, pour et par lui-même, elle ne pourra se réaliser qu’en développant la pensée critique, qui combinée a l’action directe politique et sociale quotidienne, générera la libération a la fois des oppressés, mais aussi de leurs oppresseurs.

Il est de plus en plus évident que les clefs de la victoire future des peuples sur l’oligarchie criminelle capitaliste au bout du rouleau, résident dans une pédagogie critique source de l’émancipation finale.

Bibliographie:

–       Critical Pedagogy and the Knowledge Wars of the Twenty-First Century, Kincheloe J. 2008, International Journal of Critical Pedagogy

–       Critical Pedagogy, Kincheloe J. 2008, Primer, Peter Lang

–       Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 a nos jours, Zinn H. 1980, Agone (2003)

–       Conversation on history and politics, Zinn H. 2006, Harper Perennial

–       Pedagogy of the Oppressed, Freire P. 1970, Penguin Classic (1996)

–       A Pedagogy for Liberation, Shor I., freire P., 1987, Bergin & Garvey

–       Education for Critical Consciousness, Freire P., 1974, Continuum

Sur le net:

https://resistance71.wordpress.com/2010/06/25/que-faire-la-marche-vers-la-tyrannie-globale-comment-sen-sortir/

https://resistance71.wordpress.com/2010/08/27/resistance-71-diviser-pour-mieux-regner-la-doctrine-universelle-de-loppression-du-peuple/

http://www.teresi.us/html/writing/howard_zinn.html