Résistance politique et organisation: Second niveau de la escuelita zapatista…

… parce que savoir et pratiquer, c’est se libérer ! Excellente méthode, les zapatistes ne cesseront de nous étonner et de nous épater !

— Résistance 71 —

 

Deuxième niveau de la petite école zapatiste

 

Lundi 3 août 2015, par EZLN

 

Armée zapatiste de libération nationale
Mexique

 

27 juillet 2015.

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Deuxieme-niveau-de-la-petite-ecole

 

À la Sexta nationale et internationale,
Aux ex-élèves de la petite école zapatiste,

Compas,

Bon, eh bien les dates de ce qui constituera le deuxième niveau de la petite école zapatiste (réservé à celles et ceux qui ont été admis au premier niveau) se rapprochent.

Comme nous l’avions annoncé auparavant, ce sera le 31 juillet, le 1er et le 2 août 2015.

Non, ne vous dépêchez pas. Il ne s’agit pas de venir en terres zapatistes. Il s’agit plutôt de ne pas venir jusqu’ici, ou tout au moins pas pour la petite école. Le deuxième niveau sera universel et aura lieu à l’extérieur des terres zapatistes.

On vous explique :

Bon comme on l’a déjà dit, nous nous rendons compte que la situation économique est difficile. En fait, pas seulement la situation économique : la répression gouvernementale contre les peuples originaires yaquis (dans le Sonora) et nahuas (à Santa María Ostula, Michoacán, et à Ayotitlán, Jalisco), ainsi que contre le professorat démocratique (à Oaxaca dans un premier temps, mais cela touchera ensuite les autres entités de l’État mexicain) nous rappelle à toutes et tous que ceux d’en haut ne respectent pas leur parole, et que la trahison fait déjà partie intégrante de leur manière de faire de la politique.

Au niveau économique, bon on sait bien que ce n’est pas évident de trouver l’argent pour survivre au quotidien, et encore moins pour voyager facilement et rester plusieurs jours par ici.

Nous le savons bien, nous autres les femmes et les hommes zapatistes, que si nous appelons à venir à la petite école pour continuer à apprendre à nous regarder, il y en aura, c’est sûr, qui pourront se le permettre.

Mais la majorité de celles et de ceux qui ont été admis au premier niveau sont des compas qui n’ont pas de moyens et/ou qui ont des engagements à tenir vis-à-vis des tâches qu’ils accomplissent dans les géographies dans lesquelles ils luttent. C’est-à-dire que, comme on dit, ils ne peuvent pas passer leur temps à venir par ici. Pas parce qu’ils ne le veulent pas, mais parce qu’ils ne peuvent pas. Il y en a qui ont déjà fait tout ce qu’ils ont pu pour venir à la pépinière d’idées du mois de mai dernier, et du coup c’est assez difficile qu’ils puissent venir de nouveau cette année.

L’objectif, ce n’est pas que la petite école soit réservée à celles et ceux qui n’ont pas de problèmes d’argent pour voyager. Ce que nous les femmes et les hommes zapatistes nous voulons, c’est que nos compas de la Sexta puissent nous voir, nous regarder et nous écouter de manière directe, et, comme cela devrait aller de soi, en retirent ce qu’ils pensent pouvoir leur être utile, et laissent de côté ce qu’ils pensent ne pas être utile pour eux, ou bien ce qui les gêne.

Comme nous prenons tout cela en compte, eh bien nous devons réfléchir à comment faire pour continuer à parler avec vous et continuer à apprendre de manière mutuelle.

Et donc nous avons organisé les prochains niveaux (du deuxième au sixième) de façon à ce que vous n’ayez pas besoin de venir à tout bout de champ, mais on va dire une fois par an. Évidemment, en vous avertissant à l’avance, lorsque se présente la possibilité qu’on puisse vous recevoir par ici.

Voilà la situation, et donc nous vous informons que, pour le deuxième niveau, il n’y a pas de classe en territoire zapatiste. Bien sûr, si vous voulez venir à la fête des Caracoles, avec plaisir. Mais vous n’avez pas besoin de venir à l’école, quoi.

Mais par contre si, il va bien y avoir cours et, bien entendu, examen. On va faire les choses de cette manière :

  1. Celles et ceux qui ont validé le premier niveau recevront à partir du 30-31 juillet et du 1er août de cette année 2015 un courrier électronique (au cas où vous en avez un, et sinon et bien on l’enverra à ceux qui vous ont contacté pour le premier niveau). Dans ce courrier électronique, il y aura une adresse électronique sur laquelle sera hébergée une vidéo. Dans cette vidéo, un groupe spécial de professeurs et professeures zapatistes vous expliqueront ce qu’ils vous expliqueront. Pour pouvoir regarder cette vidéo, vous aurez besoin d’un code ou d’un « mot de passe » comme on dit, qui vous sera fourni dans ce même courrier que vous aurez reçu.

Bon, la vidéo, vous n’êtes pas obligé de la voir tout seul. Vous pouvez vous retrouver entre collectifs, groupes ou bien organisations pour la regarder. Vous pouvez le faire dans les locaux des équipes de soutien de la commission Sexta de l’EZLN présentes dans différents endroits du Mexique, ou bien dans les locaux des groupes et des collectifs et organisations de la Sexta dans le reste du monde.

Jusque-là, il n’y a pas de problèmes. Que ce soit de manière individuelle ou que ce soit en collectif, vous allez voir et écouter nos compañeras et compañeros vous dire quelque chose et vous expliquer une partie de la généalogie de la lutte zapatiste. Parce que vous, vous avez déjà écouté, vu et même partagé le quotidien des bases de soutien zapatistes, en compagnie de vos votanes et de leurs familles. Mais cela n’est qu’une partie de la lutte pour la liberté selon le zapatisme. Il manque d’autres parties.

C’est comme si nous ne vous avions donné qu’une partie du puzzle. C’est-à-dire comme on dit, qu’il manque ce qu’il manque encore.

Vous aurez également à étudier le chapitre I du livre La Pensée critique face à l’hydre capitaliste, les parties intitulées « Un peu de ce qui a changé » ; « Vers une généalogie de la lutte des femmes zapatistes » et « Notes de résistance et d’autonomie ». Si vous n’avez pas le livre en question, ne vous tracassez pas, parce que ces parties sont déjà en ligne sur la page Enlace Zapatista, même si c’est mieux que vous vous procuriez le livre, parce qu’à l’intérieur il y a l’idée intégrale, comme on dit.

  1. Après avoir vu, écouté et étudier ce que disent les compañeras et compañeros dans la vidéo, et après avoir étudié ces parties du livre, vous devrez écrire INDIVIDUELLEMENT six questions. Pas plus, pas moins. Six questions quant à ce que vous avez écouté et regardé dans la vidéo. Ces six questions, vous allez les envoyez à une adresse mail qui sera communiquée dans le courrier que vous allez recevoir. La date pour répondre est n’importe quel jour et n’importe quelle heure entre le 3 août 2015 et le 3 octobre 2015 inclus.
  2. Il n’y aura pas de réponse individuelle aux questions, mais des réponses collectives. C’est-à-dire qu’ici nous allons rassembler les questions et nous allons faire des écrits, des vidéos et des enregistrements qui répondront à ces questions. Lorsque vous lirez un texte de la comandancia, ou écouterez un enregistrement des votanes, vous saurez qu’ils répondent à votre question. Sinon, ne désespérez pas, cela veut dire qu’il y aura une autre parole où on vous répondra. Il n’y aura pas de réponses individuelles, mais des réponses générales et collectives.
  3. Les questions sont importantes. Comme c’est le cas dans notre style zapatiste, celles-ci sont plus importantes que les réponses. C’est-à-dire que ce sont les questions que vous ferez qui détermineront votre passage au troisième niveau.
  4. C’est-à-dire que, comme on dit, ce dont il s’agit, c’est que vous vous rendiez compte que ce qui intéresse les femmes et les hommes zapatistes, ce ne sont pas les certitudes, mais les doutes. Parce que nous pensons que les certitudes immobilisent, c’est-à-dire qu’elles rendent tranquille, content•e et fixe, sans mouvement, comme si la personne en question était déjà parvenue à terme ou savait déjà la réponse. En échange, les questions font qu’une personne se bouge, cherche, qu’elle ne se sente pas tranquille et ne soit pas satisfait•e, comme tracassé•e durant le jour ou durant la nuit. Et les luttes d’en bas à gauche, compas, naissent de ces inquiétudes, des doutes, de l’absence de tranquillité. Si une personne se sent satisfaite, c’est parce qu’elle est train d’attendre qu’on lui dise ce qu’il faut faire, ou qu’on lui a déjà dit ce qu’il faut faire. Si une personne ne se sent pas satisfaite, cela veut dire qu’elle cherche ce qu’il faut faire.
  5. Et donc dès à présent, on vous fait savoir ce qui sera évalué pour passer au troisième niveau : les six questions que vous, individuellement, allez faire. C’est cela que les votanes prendront en compte pour savoir s’ils vous intègrent dans la liste qui dit « admis au troisième niveau ».

Bon, c’est tout ce que nous avons à vous dire pour le moment, compas. Et puis, malgré tout cela et la petite école, il faut bien continuer à nous soutenir mutuellement et à soutenir ceux qui luttent pour vérité et justice, comme le village nahua d’Ostula qui exige justice pour l’attaque qu’ils ont subi, durant laquelle a été assassiné l’enfant Edilberto Reyes García par l’armée fédérale ; comme le village nahua d’Ayotitlán, attaqué par des hommes de main et des policiers au service de la multinationale minière Ternium ; comme les proches des 47 absents d’Ayotzinapa ; comme les proches des enfants de la garderie ABC (ce n’est pas parce que la nouvelle n’est pas diffusée dans les journaux qu’ils ont cessé de lutter pour obtenir justice) ; comme les proches des prisonniers, prisonnières et disparu•e•s politiques du monde entier ; comme le professorat rebelle ; comme la Grèce d’en bas à gauche, qui ne s’est pas fait bernée par la fable du référendum ; comme les prisonniers et prisonnières qui continuent à tenir tête au Pouvoir et à l’État, même derrière les barreaux ; comme celles et ceux qui lui tiennent tête, dans les rues et dans les champs de toutes les géographies ; comme les peuples originaires qui maintiennent leur défense de la Terre-Mère ; comme celles et ceux qui ne se vendent pas, qui ne titubent pas, qui ne se rendent pas.

Parce que c’est la résistance et la rébellion qui rompent les géographies d’en haut. Parce qu’en haut, lorsqu’ils prédisent la défaite, le découragement et le manque de fermeté, il y a toujours un•e, une ou un qui dit « NON ». Parce que regardez-bien comment sont les choses : aux racines de la liberté, il y a toujours un « NON » qui se cramponne à la terre, qui s’en nourrit, et qui grandit avec elle.

Voilà voilà. Et n’oublions ni l’aujourd’hui ni l’hier, c’est comme cela que nous nous souviendrons demain de ce qui reste à faire.

Sous-commandant insurgé Moisés,
directeur de la petite école.

Sous-commandant insurgé Galeano, 
concierge de la petite école.

Mexique, juillet 2015.

Note de Résistance 71: Rappelons que le SCI Galeano est l’ex-SCI Marcos, qui n’est plus le porte-parole emblématique de l’EZLN et a laissé la place au SCI Moisés en 2014…

Cas particuliers

29 juillet 2015.

Si vous n’avez pas reçu le courrier d’admission au deuxième niveau cela peut être dû au fait que…

… l’adresse du courrier électronique avec lequel vous vous êtes enregistré•e n’est plus valide, ou bien a été effacée, ou bien que le mot de passe a été oublié.

… que vous avez encore la même adresse mais que vous n’avez pas reçu l’admission parce que nous nous somme emmêlé les pinceaux et que nous avons de nouveau besoin de vos données personnelles… ou bien parce que vous n’avez pas été admis•e au deuxième niveau. Si, après avoir effectué ce que nous précisons plus bas, vous n’avez toujours pas reçu dans une période d’un mois le courrier d’admission, c’est parce que vous n’avez pas validé le premier niveau.

Dans tous les cas, la manière de résoudre cela est très simple : il suffit d’envoyer un nouveau courriel à l’adresse casosespeciales@ezln.org.mx , depuis une nouvelle adresse électronique, dans laquelle vous allez détailler :

– votre nom complet et votre date de naissance ;
– votre lieu de résidence ;
– votre clé d’enregistrement, si vous vous en souvenez ou si vous l’avez encore ;
– la date à laquelle vous avez suivi le cours ;
– le lieu où vous avez suivi le cours (si c’était dans une communauté, en précisant le nom de la communauté et le nom du caracol auquel appartient la communauté) ; (si c’était par vidéoconférence, le nom du lieu, du quartier, de la ville, du pays et du continent où vous avez assisté à la vidéoconférence) ;
– le nom de votre votán.

Source du texte d’origine :Enlace Zapatista

Traduction : CSPCL.

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