Archive pour éducation critique et résistance politique

Résistance éducative au Nouvel Ordre Mondial…

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Une école sans dieu ni maître

 

Franck Antoine

 

29 Janvier 2015

 

url de l’article original:

http://www.questionsdeclasses.org/?Une-ecole-sans-dieu-ni-maitre

 

Personne, aucun-e travailleur-se ni aucun-e journaliste ni aucun individu ne saurait être menacé-e, blessé-e ou tué-e pour ce qu’il est, sa religion, son travail, les propos qu’il tient ou encore les avis qu’il émet.

La mise en scène hypocrite d’une prétendue « unité nationale » est une chimère, un prétexte à imposer le silence aux questions dérangeantes. L’émotion embrouille la pensée.

Les assassinats des 7, 8 et 9 janvier sont une aubaine pour les tenants du repli identitaire et nationaliste ; une occasion nouvelle de stigmatisation de territoires ou de populations. Nous avons été nombreux à marquer la minute de silence, y compris là où on voudrait faire croire l’inverse dans un but évident d’ instrumentalisation pour créer un climat de haine et faire croire à l’inéluctabilité de mesures d’exception.

Ces réflexes médiatiques, sitôt les attentats commis, nous inquiètent sur la nature des déclarations politiques. Elles veulent évacuer les vrais enjeux. Les inégalités sociales et économiques sont le véritable terreau pour tous les fanatismes religieux ou nationalistes. Sans partage des richesses, le capitalisme continuera de créer du désespoir et du fanatisme.

C’est pourquoi la seule « guerre contre le terrorisme » qui vaille c’est la lutte contre l’injustice sociale. Nous ne réclamons pas de nouvelles lois liberticides et nous voulons supprimer toutes les prisons. On préfère comme d’autres ouvrir des écoles. Mais des écoles sans « vigipirate » ; des écoles sans sélection sociale, sans dieu ni maître, des écoles sans exclusions. Des écoles qui s’occupent d « éduquer pour émanciper ».

On veut aussi pouvoir rire de tout. Mais dire cela c’est revendiquer l’absence de toute censure. L’anti-autoritarisme ne souffre en effet aucune exception.

C’est ce que nous efforçons de mettre en œuvre dans nos écoles, collèges, facs ou lycées. Avec les élèves et les personnels que nous côtoyons. Nous n’avons pas attendu le 7 janvier pour lutter, avec d’autres, contre tous les obscurantismes au quotidien de nos classes, des luttes sociales, en AG et dans la grève.

La CNT-FTE appelle l’ensemble des personnels de l’Éducation à se réunir en AG pour élaborer collectivement un autre futur, débarrassé des profiteurs de guerres et des semeurs de terrorisme.

Extrait du communiqué confédéral

Nous sommes tous anticapitalistes, autogestionnaires et libertaires

La CNT invite toutes et tous à rejoindre le combat antifasciste et à exprimer sa solidarité avec l’ensemble des peuples -partisan-e-s Kurdes, Syriens Libres, Palestiniens, Espagnols, Grecs, minorités opprimées…- combattant le capitalisme, l’autoritarisme, l’obscurantisme, la misère et l’exploitation, peu importe les couleurs que ces fléaux arborent. Enfin, la CNT tient à rappeler la nécessité, coûte que coûte, de garder le cap de la lutte des classes et de l’émancipation internationale des travailleurs sans se laisser aveugler par les fables nationalistes que la classe dominante cherchera à nous imposer.

No Pasaran !

Résistance politique: Application française de la petite école zapatiste du Chiapas…

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Des Cévennes à l’Ariège en Juillet 2014: La “petite école buissonnière”

 

La Voie du Jaguar

 

20 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Petite-ecole-buissonniere-des

 

Nous étions quelques-uns à avoir participé à l’école « La Liberté selon les zapatistes » dont les sessions ont eu lieu début août 2013, fin décembre 2013 et début janvier 2014 dans les zones zapatistes des cinq Caracoles au Chiapas. C’était pour nous comme un engagement moral, pris auprès des zapatistes qui nous avaient reçus, de transmettre autour de nous (dans la mesure du possible) ce que nous avions appris au cours de cette semaine de « classe ». Outre cet engagement, nous étions aussi animés par l’idée d’une rencontre avec celles et ceux qui, au cœur du monde capitaliste, dans des conditions difficiles et contraires, cherchent à construire, à inventer une vie commune.

Nous pensions qu’un échange entre les luttes et les résistances des peuples zapatistes du lointain Mexique face à l’offensive du monde marchand et la recherche d’alternatives de vie ici, dans la vieille Europe (limitée au Sud-Ouest français), pouvait être fructueux, cela malgré la disproportion qui pouvait exister entre les deux expériences : celle des peuples indiens cherchant à reconstruire une vie sociale autonome dans des conditions extrêmement hostiles (présence de l’armée mexicaine, groupes paramilitaires) mais en s’appuyant sur une tradition de vie commune forte ; celle de groupes et d’associations d’individus qui trouvent dans la lutte la matière d’un savoir-vivre ensemble. C’est ainsi que des contacts furent pris avec des associations, des collectifs, des groupes et qu’une tournée d’une dizaine de jours fut organisée. Elle nous a conduits des Cévennes aux Pyrénées du 17 juillet au 26 juillet de l’année 2014.

Dans la salle communale de Saint-Privat-de-Vallongue, en Lozère, nous avons guidé la visite d’une exposition de photos et textes sur l’Escuelita et les écoles zapatistes et nous avons informé les gens rencontrés sur la reconstruction de la clinique et de l’école à La Realidad suite à l’agression des paramilitaires.

Nous avons rencontré à Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron, des membres d’associations en lutte contre un projet de transformateur et contre la construction d’éoliennes. L’opposition des peuples zapotèque et huave de l’isthme de Tehuantepec à l’envahissement de leurs terres communales par les aérogénérateurs, présentée à partir du petit documentaire Somos viento a donné une dimension internationale aux luttes locales.

À Marcillac, nous avons été reçus au Guingois, lieu de rencontre où l’expérience de construction d’une autonomie sociale par les peuples zapatistes a particulièrement intéressé les habitants de la ferme de Pruines, ferme achetée et gérée collectivement depuis trois ans et demi.

Le 21 juillet nous nous trouvions à la librairie Plume(s) à Millau pour la présentation du livre de Guiomar Rovira Femmes de maïs ; un débat s’engagea ensuite avec des membres du réseau des faucheurs volontaires anti-OGM, du réseau antifasciste No pasarán et de la radio libre Radio Larzac sur la place des femmes dans le mouvement zapatiste.

La rencontre avec L’Ouvert du Canal, association de voisins habitant un espace collectif à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse (à laquelle s’étaient joints des amis toulousains), a permis une discussion sur la notion de territoire comme lieu de vie.

Le mercredi 23 juillet, nous étions invités dans le Tarn, à La Fontié, ferme rachetée il y a peu de temps par un collectif inspiré par le mouvement zapatiste cherchant à se doter des moyens d’une vie collective en « ruptures » avec les injonctions du monde marchand. Ils nous ont fait part des difficultés rencontrées et des compromissions qu’ils sont amenés à faire.

Ensuite nous sommes allés à Vaour. Nous avons été reçus à la ferme de Martre où une discussion s’est engagée sur la différence entre le mouvement zapatiste et les expériences de « revitalisation » des liens sociaux entreprises par de petits groupes d’individus de-ci de-là. Le soir, à Vaour, ceux qui avaient participé à l’Escuelita ont raconté leur séjour dans une communauté zapatiste, les initiatives qui y sont prises et l’organisation politique.

L’École buissonnière s’est terminée le 26 juillet à Saint-Girons, en Ariège (Pyrénées). Un passionnant débat s’est engagé au Palmier, lieu autogéré, sur les luttes et les résistances sociales d’un côté à l’autre de l’Océan, entre la résistance des peuples indiens face à l’offensive destructrice de l’environnement du monde capitaliste (mines, éoliennes, barrages, destruction des forêts…) et la résistance des villages pyrénéens (gaz de schiste, exploitation de la biomasse, déforestation…), comme celle de la commune de Camarade s’opposant à l’installation d’éoliennes sur ses terres.

La perversion de l’éducation dans la société moderne par le « modèle » néo-libéral…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 24 septembre 2014 by Résistance 71

“Il en sera donc de même pour les professeurs de l’école moderne, divinement inspirés et patentés par l’État. Ils deviendront nécessairement, les uns sans le savoir, les autres en pleine connaissance de cause, les enseignants de la doctrine du sacrifice populaire à la puissance de l’État et au profit des classes privilégiées de l’État…

Toute éducation rationnelle n’est au fond rien que cette immolation progressive de l‘autorité au profit de la liberté, le but final de l’éducation ne devant être que celui de former des Hommes libres et plein de respect et d’amour pour la liberté d’autrui.”

~ Michel Bakounine ~

 

“L’éducation par accumulation de connaissances (bachotage) endort et inhibe le pouvoir créatif, l’éducation par la pose de problèmes implique au contraire un dévoilage constant de la réalité. La première tente de maintenir la submersion de la conscience tandis que la seconde pousse à l’émergence de la conscience et de l’intervention critique dans la réalité…

L’éducation en tant que pratique de la liberté, en opposition à l’éducation en tant que pratique de la domination, nie que l’Homme est abstrait, isolé, indépendant et non-attaché au monde, elle nie aussi que le monde existe en tant que réalité en dehors des personnes. La réflexion authentique ne considère ni l’Homme comme étant abstairt ni le monde sans les personnes qui l’habitent, mais considère les personnes dans leurs relations avec le monde.”

~ Paolo Freire ~

 

L’hégémonie culturelle néo-libérale  injectée dans l’éducation et sa « méthodologie » moderne ici mentionnée, est la forme la plus pernicieuse du colonialisme des esprits, que nous dénonçons d’un « Nous sommes tous des colonisés ! ». Il faut briser les chaînes de cette (re)mise en esclavage systématique.

— Résistance 71 —

 

L’industrie néolibérale, un modèle pour l’école ?

 

Carlos Perez

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/L-industrie-neoliberale-un-modele.html?lang=fr

 

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voire absorbé le modèle de management industriel.

On pousse l’apprenant à toujours plus d’efficience, d’efficacité, d’adaptabilité et de productivité pour affronter le marché et la compétitivité mondiale au dépend de son bien être et de sa santé.

« L’enseignement belge francophone mis au régime pour réaliser plus de 300 000 000 € d’économie de 2015 à 2016 », titrait l’article de Pierre Bouillon le lundi 23 juin 2014 dans « le Soir ». Cette réforme économique n’est que la prolongement d’un projet de rationalisation du modèle éducatif qui a débuté il y a déjà 25 ans, comme l’indique l’APED dans son cahier pédagogique intitulé « 25 ans d’austérité dans l’enseignement ». Pourtant tout le monde sait qu’il manque des écoles à Bruxelles dans pratiquement toutes les sections (1). Et la situation est la même pour les professeurs : « un manque criant de profs à Bruxelles » titrait l’avenir.net dans son édition du 14 octobre 2013.

La question est : comment demander à l’apprenant de produire toujours plus, avec toujours moins ? Très simple : on prend comme modèle l’industrie. On rationalise le modèle éducatif comme on rationalise une entreprise industrielle. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voir absorbé le modèle de management industriel.

Cela s’appelle le « New management » public ou l’économie de la connaissance.

Voila ce que nous dit Cristian Marroy sur cette question, dans son livre « l’école à l’épreuve de la performance », p38 :

« Face à ces contraintes budgétaires, les économistes mettent en avant leur capacité à apporter des solutions pour « produire » plus et à moindre coût, c’est-à-dire éduquer mieux avec des budgets stables, voir moindres, en définissant les paramètres institutionnels sur lesquels les politiques doivent jouer pour optimiser le système. Pour ce faire, l’analyse économique utilise le paradigme de la fonction de production importée du monde de l’entreprise. » 

Les économistes au secours de notre enseignement, ceux-là mêmes qui n’ont rien vu venir dans les différents crashs boursiers et qui ont plongé toute la planète dans la misère et l’austérité, à la rescousse de l’éducation. Quelle barbarie, les incompétents au service de l’éducation, nos enfants sont véritablement en danger.

Voilà ce qu’il nous propose :

« James Lewis Jr, économiste américain, a milité pour l’introduction des méthodes de gestion d’entreprise dans l’éducation. En prenant exemple sur les meilleures de nos firmes, nous pouvons mener notre combat pour l’excellence de nos circonscriptions scolaires rapidement, humainement et en faisant des économies. De Closet, en France, ne dit pas autre chose, « pour nos circonscriptions scolaires, il faut prendre exemple sur Bouygues et Renault. »

Toutes ces méthodes, pour diminuer et comprimer les coûts par enfant et gagner en productivité, pénètrent à vitesse accélérée le modèle éducatif. C’est également ce que confirme Dominique Raulin, agrégé en mathématique : alors que le temps annuel d’enseignement diminue, la somme de connaissances disponibles connaît un accroissement sans précédent. Et Emmanuel Davidenkof, lui aussi, parle d’un empilement des connaissances par élève sans précédent, comme s’il fallait que les enfants empilent tout ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.

Cette prouesse est réalisée par des méthodes de rationalisation et de management empruntées au modèle industriel. On parvient à augmenter la production des élèves dans les conditions décrites ci-dessus grâce à des méthodes qui ont fait leurs preuves dans les entreprises sur les ouvriers, des méthodes d’adaptabilité, de flexibilité, de drill et de conditionnement couplées d’évaluations permanentes pour augmenter la qualité et le volume de production de l’apprenant.

Tout ça en diminuant les coûts par enfant, l’industrie « un vrai miracle » !

« Claude Lessard analyse les nouveaux rôles des administrateurs d’établissements dans le cadre des pratiques actuelles, nettement « managériales et productivistes », et les enjeux de cette évolution où « l’autonomie est désormais conditionnelle à l’insertion réussie des enseignants dans des systèmes de gestion axée sur les résultats » : question préoccupante, conclut-il. » (2)

Le mouvement politique d‘éducation populaire (M’PEP), dans un article paru dans le journal « Innovation Démocratique », le mardi 20 août 2013, a également sa petite idée sur cette nouvelle fonction productiviste de l’école :

« Le productivisme appliqué de manière croissante à l’enseignement et le recentrage sur les fondamentaux », c’est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent, complété par un infernal dispositif d’évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l’enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d’apprendre. Tels sont les effets du remplacement d’une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l’enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l’explosion des maladies « professionnelles » (3) symptômes de l’inadaptation au système.

La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l’inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire. »

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance.

Tous les organismes nationaux et internationaux inspirés par l’OCDE et les idées du « new public management » poussent inexorablement l’éducation dans cette direction.

Réforme sur réforme, en 20 ans, notre modèle éducatif a incorporé une approche économique et une culture d’entreprise. Le constat suivant est malheureusement plus que confirmé.

Il ne s’agit plus d’humaniser la norme, mais de normaliser l’homme. Ce qui ne devait être à la base que la partie la moins intéressante, la plus marginale, en définitive la moins importante du processus pédagogique, c’est-à-dire les évaluations et la mesure des performances des ressources humaines de « l ’élève », se révèle être aujourd’hui le cœur et le noyau de la politique en matière éducative.

Toutes les productions de l’apprenant doit être évaluées, notées, scrutées à la loupe, exactement comme le font les entreprises pour améliorer l’efficience de la production.

Cela implique que l’apprenant fasse ce qui lui est demandé, de la manière dont cela lui est demandé, le plus souvent selon des modalités qui lui sont imposées sur le mode implicite.

Pour se faire, tous les marqueurs et les outils attachés à l’éducatif, qu’ils soient sociaux, pédagogiques, politiques, juridiques et économiques, vont s’organiser et être orientés dans une seule et unique direction : améliorer la croissance productive de l’apprenant en rationalisant l’école, ses structures et ses méthodes, comme on rationalise les entreprises.

Le professeur, reconverti en manager, doit exclusivement se concentrer sur l’amélioration de l’efficience productive des ressources humaines mises à sa disposition.

L’oppressé ou l’élève peut produire toujours plus, si l’on parvient à le formater de façon précoce et féroce, en l’obligeant insidieusement à s’adapter en permanence, pour son bien, quitte à détruire sa santé. L’objectif essentiel du discours du New Management public est d’accroître le profit, c’est-à-dire qu’en rationalisant tout et partout, on peut malgré tout accroître la production pédagogique de l’apprenant. Le moyen privilégié, dont on se sert pour assurer la pérennité de cette logique, consiste à manipuler le langage pour en pervertir le sens « la Nov langue ».

Le langage commun à l’industrie a pénétré l’école pour en accepter l’essentiel : la logique productiviste.

Dés lors, le langage de notre modèle éducatif sera le langage de l’efficience et de l’efficacité quel que soit le parti politique au pouvoir. Si l’on parle de mixité sociale dans l’enseignement, ce n’est absolument pas pour la diversité qu’elle procure mais comme facteur d’efficience, de croissance et de compétitivité, c’est-à-dire que l’émulation pour la production et le mimétisme sur les plus productifs doivent pousser l’élève moins productif à vouloir augmenter sa propre productivité sans que cela ne coûte un euro à l’école ou à l’entreprise, marqueur qui a antérieurement été introduit dans les entreprises

« Le 22 octobre 2004, trente-cinq dirigeants de grandes entreprises du CAC 40 signent la charte de la diversité « Promouvoir la diversités en entreprise :genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale » (4) pour ajouter un facteur de tension supplémentaire et une concurrence de plus, incitations qui doivent permettre une meilleure compétitivité et productivité entre allochtones et autochtones.

On parle de pédagogie par objectif et compétences, ce qui permet un meilleur rendement individuel, également introduit dans les entreprises. On parle de portefeuille de compétences et de portefeuille linguistique, pour se positionner le mieux face à la concurrence, d’économie de la connaissance, du capital immatériel de ressources humaines, de régulation par les résultats, d’évaluations standardisées, de mesures statistiques de la production de l’élève. Même les méthodes pédagogiques doivent soutenir la production, et, par exemple, une polémique est née autour du global et du syllabique pour savoir laquelle des deux méthodes était la plus efficiente et permettait la meilleure production écrite de l’apprenant.

Ce débat est toujours d’actualité : Lesquelles des méthodes traditionnelles ou actives permettent-elles une meilleure production, plus d’efficacité et d’efficience, compte tenu du volume de production que l’apprenant doit fournir et du temps de production qui lui est rationnellement imparti ?

« Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du « capital humain ». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement.

Prenons le « socle commun de compétences ». (5). Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.(6) »

Bref on ne parle plus de l’école qu’en termes managérial et de l’apprenant et qu’au regard de son adaptabilité face au processus de production pédagogique. Il faut maintenir le taux de compétitivité, de productivité et de croissance.

Toujours à un niveau plus élevé, la fameuse triade du père Didon pour les jeux olympiques « toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut ». Seul le marqueur de la croissance illimitée de la production de l’apprenant est toléré par le système néolibéral tout comme dans l’industrie, quitte à mettre en danger tous les hommes et la planète elle-même. Le « progrès » sans morale, ni étique est-elle encore du « progrès » ?

Selon l’OCDE, ce serait plus de 350 000 000 personnes qui seraient touchées par la dépression nerveuse dans les pays industrialisés. Selon l’OMS, en 2001, quelque 450 000 000 personnes (13% de la population mondiale) souffriraient d’une affection neurologique.

On prévoyait également qu’une personne sur quatre allait connaître un trouble mental au cours de sa vie.

Selon une évaluation du CREDES, le nombre de déprimés aurait augmenté de 50% entre le début des années 1980 et le début des années 1990. Aux Etats-Unis, selon un rapport du BIT datant de 1993, le « stress » coûtait déjà quelque 200 milliards de dollars par an, soit la totalité des bénéfices des 500 sociétés les plus riches du pays.

Plus récemment, les médecins du travail américains soulignaient que les dépressions du personnel étaient devenues l’une des maladies les plus coûteuses auxquelles devaient faire face les employeurs et que les congés maladies, dont elles étaient responsables, étaient les plus longs et que leur taux de rechute était plus élevé que celui des maladies cardiaques et des douleurs dorsales.

Voila ce que l’on réserve pour l’école et l’apprenant : un « progrès » qui est une véritable forme de barbarie. L’adaptation permanente aux normes productives et compétitives du système, ce qui à mes yeux n’est absolument pas signe de progrès pour l’humain mais de domination des corps et des esprit et d’exploitation permanente . La seule chose qui est prise en compte aujourd’hui, dans les analyses de l’école, même chez les progressistes, c’est la question de la productivité, de la rentabilité des élèves, de leur niveau et de la médiocrité de ce niveau qu’il faut sans cesse remonter. Jamais la santé et le bien être de ces enfants ne sont intégrés dans la réflexion. En bref : formater, conditionner, formater, il en restera bien quelque chose, placer l’enfant au centre de l’éducation. Oui, mais comment et pour quoi faire ?

 

Notes :

  1. « le Soir », 4 mai 2012.
  2. cfr Les cahiers pédagogiques, « Enseigner, un métier sous contrôle ? » mai 2014
  3. Dans le cas de l’école : les « dys » – dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.
  4. Milena Doytcheva, Myriam Hachimi Alaoui, « Promouvoir la diversité en entreprise : genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale « , REVUE Asylon(s), N°8, juillet 2010-septembre 2013, Radicalisation des frontières et promotion de la diversité. Url de référence : http://www.reseau-terra.eu/article9…
  5. Introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances.
  6. Christian Laval ; gaetanpelletier.wordpress.com/2014/04/07/alfred-est-dans-le-frigo/

Éducation: pédagogie critique zapatiste (Mexique)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, société libertaire with tags , , , , , , , on 21 mars 2013 by Résistance 71

Dates et autres choses pour la petite école zapatiste

 

19 mars 2013, par EZLN, SCI Moisés

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE 
Mexique

Mars 2013.

Compañeras et compañeros, sœurs et frères, de la Sexta,

Sur les visites, les caravanes et les projets

Vous savez que nous sommes en train de préparer nos cours pour les petites écoles, c’est là-dessus que nous allons nous concentrer pour que ça marche bien et que nous ayons de bons et bonnes élèves.

Et nous, de concert avec les autorités, nous pensons qu’il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir voir en entier pour ne pas nous distraire, comme par exemple vous donner des interviews, échanger des expériences, ou recevoir des caravanes, ou des brigades de travail, ou discuter une idée de projet. Alors, s’il vous plaît, ne faites pas le voyage pour rien, parce que ni les Conseils de bon gouvernement, ni les autorités autonomes, ni les commissions de projets ne vont pouvoir s’occuper de vous.

Si quelqu’un•e, personne, groupe ou collectif, pense mener une caravane avec du soutien pour les communautés, nous leur demandons comme une faveur d’attendre que vienne leur temps pour cela, ou si leur voyage est déjà organisé, qu’ils veuillent bien déposer tout au Cideci, auprès du Docteur Raymundo, là-bas, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique).

Nous ne disons jamais non, sauf maintenant, NON, parce que nous voulons nous concentrer sur l’école. Nous voulions vous prévenir, pour que ça ne soit pas mal compris, du pourquoi de ce refus de s’occuper de vous.

Nous voulons vous dire cela pour que vous ne programmiez pas vos voyages qui demandent des conversations avec nos autorités, nous n’allons pas pouvoir vous satisfaire pour la simple raison que tout notre effort est dédié à notre petite école, pour vous, pour les gens du Mexique et ceux du monde, c’est pour cela qu’il faut tout notre effort.

Et ainsi, nous allons nous trouver dans les Conseils de bon gouvernement des cinq Caracoles, nous ne pourrons pas nous occuper de vous. Mais en revanche, vous pouvez visiter les Caracoles.

De même avec les projets déjà en marche des cinq Conseils, il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir faire. Seulement ce qui est à notre portée, qui n’implique pas des consultations ou beaucoup de mouvement pour nos villages. Si ce n’est pas le cas, on verra à une autre occasion.

Nous voulons que vous nous compreniez, pour nous ce n’est pas le moment des caravanes, ni des projets, ni des interviews ou échanges d’expériences et autres choses. Pour nous, les hommes et les femmes zapatistes, c’est le moment de nous préparer pour la petite école. Nous N’allons PAS avoir le temps pour autre chose, à moins que ça vienne du mauvais gouvernement qui cherche à nous flanquer un grand bazar, alors là, si, ça change les choses.

Avec vous, compañeras et compañeros, sœurs et frères, nous pensons qu’il y a de la compréhension.

Sur l’école

Je vous transmets les premiers renseignements pour la petite école, pour que ceux qui vont prendre les cours puissent préparer leurs affaires.

1. À la fête des Caracoles sont invités tous ceux et toutes celles qui se seront sentis convoqués. La fête a lieu dans les cinq Caracoles, vous pouvez donc aller là où vous préférez. L’arrivée est le 8 août, fête les 9 et 10, et retour le 11. Attention : la fête des dix ans des Caracoles, ce n’est pas la même chose que l’école. Ne pas confondre.

2. Par cette fête, les bases de soutien zapatistes célèbrent le dixième anniversaire des Conseils de bon gouvernement, mais pas seulement.

3. Ces jours-là commence notre petite école très différente où nos chef•fe•s, c’est-à-dire les bases de soutien zapatistes, vont faire cours sur comment a été leur pensée et leur action dans la liberté selon le zapatisme, leurs réussites, leurs erreurs, leurs problèmes, leurs solutions, ce qui a avancé, ce qui est en cours et ce qui manque, parce qu’il manque toujours ce qu’il manque.

4. Le premier cours (nous allons en faire beaucoup, suivant ce que pourront les participants) du premier niveau est de sept jours, incluant l’arrivée et le retour. Arrivée le 11 août, le cours commence le 12 août 2013 et finit le 16 août 2013. Et le 17 août 2013, c’est le départ. Ceux qui auront fini le cours et voudront rester plus longtemps pourront visiter d’autres Caracoles que celui où ils auront suivi le cours. Le cours est le même dans tous les Caracoles, mais ils peuvent connaître d’autres Caracoles différents de celui de leur cours, mais ce sera à leurs frais.

5. Petit à petit, nous allons vous dire comment faire pour l’inscription à la petite école de la liberté selon les femmes et hommes zapatistes. Mais nous vous disons tout de suite qu’elle est laïque et gratuite. La préinscription se fera avec les équipes de soutien à la Commission Sexta, nationale et internationale, sur la page web d’Enlace Zapatista, et à travers des courriers électroniques. L’enregistrement des élèves se fera au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas). On va commencer à envoyer les invitations, selon les possibilités, à partir du 18 mars 2013.

6. Mais n’entrera pas qui veut à l’école, c’est nous qui allons inviter directement. Ces compas que nous invitons, nous allons en prendre soin, nous allons leur donner à manger, un endroit pour dormir propre et riant, et nous allons leur mettre à chacun un gardien ou une gardienne, bref, chacun son « Wotan » qui veille à ce qu’il soit bien et qu’il ne souffre pas trop pendant le cours, seulement un peu, mais un peu, ça, toujours.

7. Les élèves vont devoir étudier très dur. Le premier niveau a quatre thèmes qui sont : Gouvernement autonome I, Gouvernement autonome II, Participation des femmes au gouvernement autonome, et Résistance. Chaque thème a son manuel. Les manuels ont entre 60 et 80 pages chacun, et ce que vous a donné à connaître le SupMarcos est seulement une petite partie de chaque livre (3 ou 4 pages). Chaque manuel a un coût de 20 pesos, ce que coûte sa fabrication d’après nos calculs.

8. Le cours dure sept jours pour le premier niveau, et selon le temps dont dispose le ou la compa, parce que nous savons qu’il ou elle a son travail, sa famille, son combat, son engagement, c’est-à-dire son calendrier et sa géographie.

9. Le premier cours est seulement de premier degré, il en manque beaucoup d’autres, aussi l’école ne finit-elle pas vite, elle prend du temps. Qui passe le premier niveau pourra passer le second.

10. Sur les dépenses : le compa, la compa doit s’occuper de son voyage jusqu’à arriver au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), et pour retourner à son coin. Du Cideci, vous allez à votre école, et à la fin, le retour est jusqu’au Cideci, et de là chacun•e retourne dans son coin. À l’école, c’est-à-dire au village, vous n’aurez pas de souci, les haricots, les tortillas et les petits légumes ne vont pas manquer à votre table. C’est-à-dire que les frais de chaque étudiant, c’est les zapatistes qui vont les couvrir. Chaque étudiant ou étudiante va vivre chez une famille zapatiste. Pendant les jours d’école, ce sera la famille de l’élève. Avec cette famille, il va manger, travailler, se reposer, chanter, danser, et ils vont le conduire à son école, soit au centre d’éducation. Et le « Wotan », c’est-à-dire le gardien ou la gardienne, va toujours l’accompagner. Bref, nous allons être aux petits soins pour chaque étudiant et étudiante. Et s’il tombe malade, nous allons le soigner, et si c’est grave nous allons le conduire à l’hôpital. Mais pour ce qu’il y a dans sa tête à son arrivée et à son départ, là, nous ne pouvons rien faire, c’est à chaque compañero ou compañera de savoir ce qu’il fait de ce qu’il a regardé, écouté et appris. Dit autrement, on va leur enseigner la théorie, et la pratique, c’est à chacun de voir ça dans son coin.

11. Pour pouvoir payer les frais de votre école, c’est nous qui allons voir ça. Nous pouvons faire un festival de musique ou de danse, ou des peintures, ou de l’artisanat, mais ne vous en faites pas, nous cherchons comment faire, et en plus il y a toujours des gens bien qui soutiennent les choses bien. Pour qui veut faire un don pour l’école, nous allons mettre une boîte sur le lieu d’enregistrement des élèves, au Cideci, avec les compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là, dans la boîte, quelqu’un qui veut donner quelque chose le fait, et personne ne sait qui a donné ni combien, pour que certain•e•s ne se flattent pas de donner beaucoup et que d’autres ne soient pas tristes d’avoir donné peu. Il ne sera pas permis que dans les écoles, les Caracoles ou les familles, vous donniez de l’argent ou des cadeaux. Tout ce que vous voudrez donner, c’est au Cideci, aux compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là-bas, on va tout rassembler puis répartir également entre tou•te•s, si tant est qu’il y ait quelque chose. Sinon, tant pis, ce qui compte, c’est vous.

12. Il y a d’autres façons de prendre le cours de l’école zapatiste. Nous allons demander leur soutien aux compas des médias libres, libertaires, autonomes, et à qui s’y connaît en visioconférences. Parce que nous savons bien que beaucoup de gens ne vont pas pouvoir venir pour des questions de travail, de famille, ou personnelles. Et aussi qu’il y a des personnes qui ne comprennent pas l’espagnol, mais qui ont envie d’apprendre comment les hommes et les femmes zapatistes ont fait ce qu’ils ont fait et défait ce qu’ils ont défait. Alors nous allons avoir un cours spécial pour être pris avec une caméra vidéo et envoyé là où il y aura un groupe d’élèves demandeurs et qui soient prêts avec leur manuel, et là ils verront le cours, et grâce à ce truc d’internet, ils peuvent poser leurs questions sur le cours que sont en train de donner les maîtres et maîtresses, les bases de soutien zapatistes.

Pour planifier cela, nous allons inviter à une réunion spéciale quelques médias alternatifs pour nous mettre d’accord sur comment on va faire les visioconférences, et aussi qu’ils prennent des photos et des vidéos des endroits dont on parle dans les cours, pour que tout le monde puisse vérifier si c’est vrai ou pas ce que sont en train d’enseigner les professeurs et professeures.

Et un autre moyen, c’est que nous allons faire une copie des cours en DVD pour que celles et ceux qui ne peuvent aller nulle part et qui ne peuvent étudier le cours que chez eux puissent le faire, et ainsi apprendre aussi.

13. Pour pouvoir assister à la petite école zapatiste, vous devrez prendre un cours de préparation où on va vous expliquer comment est la vie dans les villages zapatistes, leurs règles internes. Pour que vous ne risquiez pas de commettre un délit. Et ce que vous aurez besoin d’emporter. Par exemple, vous ne devez pas emmener ce qu’on appelle des tentes de camping qui, de toute façon, ne servent à rien ici, parce que nous allons vous installer dans des familles indigènes zapatistes.

14. Une fois pour toutes nous vous disons qu’il est INTERDIT de produire, vendre ou acheter, échanger et consommer n’importe quelle sorte de drogues et d’alcools. Il est aussi interdit de porter et d’utiliser n’importe quel type d’armes, qu’elles soient à feu ou « blanches ». Qui demandera à être intégré à l’EZLN ou toute autre chose militaire sera expulsé•e. On n’est pas en train de recruter ni de promouvoir la lutte armée, mais l’organisation et l’autonomie pour la liberté. Est interdite aussi la propagande de tout type, politique et religieuse.

15. Il n’y a pas de limite d’âge pour assister à la petite école ; mais si ce sont des mineurs, ils doivent venir avec un adulte qui se donne pour responsable du ou de la mineure.

16. Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité•e•s, nous vous demandons de préciser si vous êtes autre, femme ou homme, pour voir comment nous nous arrangeons, parce que chacun•e est un individu, une individue, et sera respecté•e et accueilli•e comme tel•le. Ici, on ne discrimine pas pour raisons de genre, de préférence sexuelle, race, credo, nationalité. Tout acte de discrimination sera puni d’expulsion.

17. Si quelqu’un souffre d’une maladie chronique, nous lui demandons de venir avec ses médicaments et de nous prévenir à l’inscription pour être à son service.

18. Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité•e•s, nous vous demanderons de préciser votre âge physique et vos conditions de santé, pour vous installer dans une des écoles ou vous ne souffrirez pas plus qu’à l’habitude.

19. Si vous êtes invité•e et que vous ne pouvez pas assister à cette première date, n’ayez pas de chagrin. Vous nous faites seulement savoir quand vous pouvez, et nous, nous vous faisons le cours quand vous pouvez venir. De même, si quelqu’un ne peut pas terminer le cours, ou ne peut pas arriver pour la date où il est inscrit, il n’y a pas de problème, vous pourrez compléter plus tard. Souvenez-vous aussi que vous pouvez assister aux visioconférences ou aux cours qui vont être donnés hors du territoire zapatiste.

20. Dans d’autres écrits je vous expliquerai d’autres choses et j’éclaircirai des doutes que vous pourriez avoir. Mais ce que je vous ai dit ici est l’essentiel.

C’est tout pour l’instant.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, 
sous-commandant insurgé Moisés, 
recteur de la Petite École zapatiste.

Mexique, Mars 2013

Société du spectacle et endoctrinement pédagogique…

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 20 octobre 2012 by Résistance 71

Ecole discipline et répression des désirs

 

Le 13 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://zones-subversives.over-blog.com/article-ecole-et-repression-des-desirs-111197895.html

 

L’ancien situationniste Raoul Vaneigem propose une critique de l’école, entre répression des désirs et soumission à la discipline.

« L’école a été avec le famille, l’usine, la caserne et accessoirement l’hôpital et la prison le passage inéluctable où la société marchande infléchissait à son profit la destinée des êtres que l’on dit humains » tranche Raoul Vaneigem pour ouvrir son texte. Cet écrivain et poète a participé à l’aventure de l’Internationale situationniste. Il insiste sur l’affirmation d’une subjectivité radicale. Il s’attache, dans le sillage des avant-gardes artistiques, à la libération de la créativité, des désirs et des passions. Ses écrits renvoient à la perspective d’une révolution poétique et orgastique. Le plaisir et la jouissance doivent primer sur les normes et les contraintes sociales. Dans un petit texte, intitulé Avertissement aux écoliers et lycéens, il applique ses idées radicales au domaine de l’éducation.

De la discipline scolaire à l’expression des désirs

« L’école a-t-elle perdu le caractère rebutant qu’elle présentait aux XIXème et XXème siècles, quand elle rompait les esprits et les corps aux dures réalités du rendement et de la servitude, se faisant gloire d’éduquer par devoir, autorité et austérité, non par plaisir et par passion ? » demande ironiquement Raoul Vaneigem. Pour lui l’école, même sous sa forme moderne, conserve une dimension autoritaire. Le dressage et la soumission sont les véritables objectifs de l’entreprise scolaire. L’enfant, attiré par la vie et le jeu, doit se conformer à « l’ennuyeux travail du savoir abstrait » explique Raoul Vaneigem.

L’école, à l’image de l’édifice social, condamne les enfants à la survie et à la routine au détriment d’une vie plus intense et plus riche. « Odieuse hier, l’école n’est plus que ridicule » estime Raoul Vaneigem. L’embrigadement scolaire était justifié par l’objectif d’une réussite sociale avec un emploi et l’espérance d’une promotion sociale. L’école produit alors des adultes frustrés et insatisfaits, loin des rêves d’enfance. Les élèves apprennent à se conformer aux injonctions d’une société fondée sur le pouvoir et le profit. Mais pour le poète à la radicalité émoussée, l’école n’est pas à détruire. Cette institution porterait en elle les germes d’un renouveau. L’école doit permettre l’apprentissage de la vie. « Mais aussi une vie fondée sur la créativité,  non sur le travail; sur l’authenticité, non sur le paraître; sur la luxuriance des désirs, non sur les mécanismes du refoulement et du défoulement » précise Raoul Vaneigem. L’école doit permettre l’expression de l’amour et du merveilleux. La volonté de vivre doit primer sur la volonté de puissance.

L’enseignement doit permettre à l’enfant de « satisfaire ses désirs non dans l’assouvissement animal mais selon les affinements de la conscience humaine » estime Raoul Vaneigem. Pourtant l’école repose sur la répression des désirs. Discipline et maintien de l’ordre fondent toute éducation. Les connaissances sont assénées par la contrainte et la menace. L’« intelligence sensible et sensuelle chevillée aux désirs » doit se soumettre au savoir abstrait séparé de la vie. Les corps et les esprit doivent se soumettre à l’autorité des professeurs qui récompensent les plus serviles. L’école apparaît comme un lieu de dressage et de conditionnement.

Mais l’école autorise également des dérapages contrôlés. Les mouvements de contestation sont encadrés par des bureaucrates. Les cours de récréation servent de défouloir.

La curiosité spontanée des enfants est réprimée. L’école détruit le plaisir d’apprendre pour imposer l’ennui. L’enfant est castré de sa sensualité originelle et de ses pulsions de vie. Il est gavé artificiellement par le système éducatif pour être conduit sur le marché du travail.

L’école s’apparente à un tribunal dans lequel l’élève est « mis en examen ». Il subit l’accusation présumée d’ignorance. Les enfants sont jugés et sanctionnés. Ils ne peuvent plus développer leur autonomie et leur créativité.

Au contraire, la connaissance doit ouvrir au merveilleux.

L’école moderne entre normes et contraintes

Malgré le déclin de l’autoritarisme dans les sociétés occidentales, l’image de l’école caserne perdure. La soumission, la hiérarchie et même les bâtiments évoquent un enseignement militaire fondé sur la peur. Raoul Vaneigem préconise de « faire de l’école un lieu où ne règnent ni autorité ni soumission, ni forts ni faibles, ni premiers ni derniers ». Mais, à l’école comme dans la société, la barbarie prime sur la créativité. L’apprentissage doit au contraire encourager « une volonté sans cesse ravivée de jouir de soi et du monde ».

La contrainte réprime le désir de savoir. « Travaille d’abord, tu t’amuseras ensuite » devient l’injonction privilégiée de l’école et de la famille. Le plaisir et la passion demeurent pourtant les véritables moteurs de l’activité humaine.

Désormais, l’école devient une marchandise. Dans les universités, les étudiants sont considérés comme des clients incités à consommer des cours plutôt qu’à apprendre. L’école doit favoriser « une plus grande adaptabilité des comportements de manière à répondre à la demande du marché de la main-d’oeuvre » prescrit la Commission européenne dès 1993.

A partir des années 1950, les sociétés capitalistes s’appuient sur une forte consommation. Après l’atelier et le bureau, les travailleurs doivent rejoindre les usines de la consommation. L’école doit fabriquer un individu producteur et consommateur.

L’emprise de la rentabilité et de la logique quantitative sur la vie existe également à l’école. Contre une société de surproduction et de surconsommation, l’école doit s’appuyer sur le jeu pour permettre aux individus de développer leur créativité.

Un texte intitulé « Vaneigem over » souligne les limites du livre de l’ancien situationniste. Pour Vaneigem, la société semble évoluer positivement depuis Mai 68. Les contraintes semblent disparaître progressivement. L’école n’est donc plus à détruire mais doit se contenter d’évoluer. Cette analyse se révèle évidemment fausse et naïve. Certes l’autoritarisme brutal s’accompagne de l’intériorisation de normes sociales. Pour autant, les individus ne semblent pas plus libres. L’école, l’Etat, la famille diffusent des normes qui sont intériorisées par chacun. Des individus dociles sont façonnés par le capital. Les institutions qui imposent la répression sexuelle et le renoncement aux désirs évoluent, s’adaptent, mais perdurent. Luc Boltanski souligne la récupération de la critique artiste, incarnée par Vaneigem, par le capitalisme.

Mais les avant-gardes artistiques proposent des pistes de réflexions pour ne pas s’accommoder de l’institution scolaire. Plus sûrement qu’un aménagement de l’embrigadement des enfants proposé par un Vaneigem édenté. Libérer la créativité et les désirs et passionner la vie ne peut se réaliser que sur les ruines de l’école.

Source: Raoul Vaneigem, Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, 1995

 

Articles liés:

L’école à l’ère du capitalisme néolibéral

La défense de l’Université et ses limites

Les situationnistes dans la lutte des classes

Critiquer l’art pour passionner la vie

 

Pour aller plus loin:

« Vaneigem over« , texte publié sur le site de Claude Guillon le 10 juillet 2004

Recension par Ono Maxada publié sur le site La révolution en charentaises le 27 novembre 2011

Enregistrement d’une lecture du livre sur le site Zapzalap publié le 11 juin 2012

Résistance et éducation: Contre la pensée unique, une pédagogie critique permettant une pensée critique

Posted in actualité, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , on 25 juin 2011 by Résistance 71

Être éducateur et libertaire

 

Par Agnès, groupe Louise-Michel de la Fédération anarchiste

 

Url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/education/14638-etre-educateur-et-libertaire

 

 

L’éducation est la garante de la reproduction des valeurs, des normes, des rapports entre humains. Elle est bien la courroie de transmission de nos sociétés fonctionnant sur un système hiérarchique et, par ce fait même, autoritaires.

Ainsi, dans les institutions d’enseignement et de formation, elle a une finalité adaptative, préparant les individus à accepter le contexte sociétal et même à en renforcer les bases par le processus d’intériorisation des principes qui régissent l’ordre social. Ainsi, ces individus vont-ils contribuer à perpétuer ce système par leurs pratiques. La socialisation opère alors par la voie de l’éducation. « L’ordre par le pouvoir » est accepté et devient une doxa. Ainsi, sommes-nous préparés à entrer dans le rang pour notre bien, nous dit-on, pour être intégrés.

La reproduction sociale, par les voies institutionnelles, a largement été démontrée par nombre de travaux en sociologie de l’éducation réalisés entre autres par Bourdieu et Passeron, et Baudelot et Establet 1. Les recherches dans ce domaine mettent surtout en avant la ségrégation sociale, la reproduction des inégalités dans l’accès au savoir.

Les anarchistes, eux, ont toujours critiqué, voire condamné ces dispositifs académiques, conscients de leurs effets de formatage. Nous qui pensons que l’éducation, au contraire, vise à « se former » plutôt qu’à « être formé », nous l’envisageons comme l’acquisition de savoirs qui seraient des armes intellectuelles d’émancipation. Inciter à la réflexion, à l’analyse, c’est soutenir la pensée et susciter le désir d’agir pour transformer la société dans laquelle la personne est dominée et exploitée.

Nous savons qu’une autre éducation est possible, une éducation contribuant, à l’opposé, à la mise à plat des évidences, à l’analyse des enjeux des rapports de pouvoir, et donc à la compréhension de notre propre situation dans la société. Comme l’énonçait Fernand Pelloutier, elle peut déboucher sur « la science de notre propre malheur ».

Cette « science » suscite des interrogations conduisant à entrevoir, à concevoir d’autres scénarios possibles pour une société différente. Elle peut permettre aux individus de se construire, avec la volonté de ne pas être de simples spectateurs ou de ne pas être réduits à l’état d’exécutants. En ce sens, l’éducation peut être vectrice de transformations sociales, d’évolution sociale, voire de révolution sociale.

L’éducation fondée sur un état d’esprit libertaire, au travers de différentes déclinaisons pédagogiques, par ses principes mêmes et ses pratiques, répond à une ambition qui devrait être celle de toute éducation : favoriser l’autonomie.

Bien sûr, elle aspire au développement de l’anarchisme par l’intermédiaire d’individus capables d’analyser l’ordre établi et de proposer un autre mode de vie ensemble, exempt de rapport de domination, fondé sur l’égalité et l’entraide. Pour autant, il ne s’agit pas de façonner des individus afin qu’ils deviennent anarchistes, ce qui serait tout à fait contraire à l’objectif d’indépendance. La finalité est que les individus s’érigent comme êtres tendant à la liberté de penser et d’action.

Pour un éducateur – libertaire –, le savoir est donc surtout pensé comme émancipateur. Il est facteur de conscientisation. Par le savoir, nous comprenons mieux notre environnement économique, social, le contexte politique, les enjeux internationaux… Le savoir est une arme de défense et d’offensive.

Alors, pour un libertaire éducateur, exercer dans des institutions conventionnelles peut paraître contradictoire avec ses idéaux. Bien évidemment, la position n’est pas confortable, et nous sommes traversés par des doutes, des malaises. La plupart des salariés libertaires ne connaissent-ils pas d’ailleurs, eux aussi, ce dilemme : remettre en question la société tout en y étant inclus et y participant ?

Nous développons des pratiques éducatives en rupture avec celle qui est la plus courante : le cours magistral, plaçant l’apprenant dans une position basse de récepteur et non d’acteur. Et ce, même si les pédagogies dites actives ont semé quelques évolutions.

Déjà, par notre positionnement, nous tentons de situer l’apprenant comme sujet, en nous gardant de toute attitude de supérieur. Ainsi, est-il possible de favoriser la conscience, l’intérêt, la curiosité par la responsabilisation, la participation, le travail coopératif, la recherche. Nous pouvons emprunter une démarche libertaire, c’est-à-dire favoriser la conception, la construction de la pédagogie avec ou par les apprenants eux-mêmes. Nous pouvons même élargir, à leur initiative, les contenus incontournables et/ou obligatoires.

Notre relation avec les apprenants est fondée sur l’échange, sur un véritable dialogue collectif et individuel. Nous cherchons surtout à être davantage des facilitateurs que des transmetteurs. Mais transmettre des connaissances s’avère indispensable pour donner aux apprenants des bases, des éclairages, des repères. Cela n’implique pas qu’ils soient passifs. Être à l’écoute, c’est agir, mobiliser ses capacités intellectuelles. À nous d’encourager les questionnements, les prises de parole.

Nous nous inscrivons dans la filiation de pédagogies qualifiées de libertaires, porteuses d’un humanisme anarchiste qui leur sont intrinsèques, impliquant une conception d’éducation pour la liberté, refusant que le savoir soit un pouvoir et visant à éveiller la volonté de s’engager dans la société (entre autres par l’entraide). Toutes ces pédagogies mettent en avant une éducation intégrale à la fois intellectuelle et aussi manuelle permettant de produire de manière autonome. Toutes prônent l’apprentissage par l’expérience, le tâtonnement, les essais et les erreurs.

Tout éducateur devrait se demander comment favoriser l’autonomie tout en proposant un cadre pour l’appropriation des connaissances, pour l’expérimentation. Le libertaire se trouve, davantage que tout autre, confronté à ce qui peut paraître contradictoire : l’association des termes « éducation » et « liberté », avec la conscience qu’éduquer suppose une démarche en lien avec son projet éducatif.

En outre, la non-directivité, stricto sensu, promue par certains pédagogues pour favoriser la « conquête de la liberté », est à questionner. Il ne s’agit pas de s’inscrire dans un « laisser-faire » qui pourrait être insécurisant, voire angoissant. Les enfants, les adolescents ont besoin de se confronter à des « limites » pour apprendre à vivre avec autrui, pour supporter la frustration, pouvoir différer leurs besoins, leurs envies, pouvoir se projeter. Ainsi, l’anti-autoritarisme ne se confond pas avec l’absence de l’autorité nécessaire aux enfants pour un apprentissage progressif de l’usage de la liberté.

De plus, l’acquisition de connaissances, de méthodes de travail, la réflexion, l’analyse ne sont possibles que dans certaines conditions : des consignes, des règles en sont souvent les garantes. L’anti-autoritarisme ne doit pas être assimilé à l’absence déstabilisante d’un cadre pouvant renvoyer à un sentiment de vide.

Un éducateur libertaire veille à ce que ce cadre soit, le plus possible, élaboré avec les apprenants, voire par ces derniers, seuls. Néanmoins, il possède des compétences pour proposer des étapes d’apprentissage dans des domaines où il a des connaissances à partager.

Son anti-autoritarisme le conduit à s’expliquer, à être à l’écoute des apprenants, à évaluer sa pédagogie à travers leurs réactions, en prenant en considération leurs commentaires. Il privilégie les propositions, les modifications issues d’une réflexion collective pour revoir les contenus et les modalités d’apprentissage. Il accepte que son savoir soit remis en question.

Pour conclure, être éducateur et libertaire c’est s’inspirer des pédagogies pratiquées par des libertaires (William Godwin, Paul Robin, Sébastien Faure, Francisco Ferrer), mais aussi de celle de Célestin Freinet qui insistait tant sur la notion de centre d’intérêt et sur le travail coopératif. C’est aussi puiser des idées dans la pédagogie institutionnelle qui incite les élèves à être acteurs de leur apprentissage et les amène, progressivement, à prendre en charge la vie de la classe.

Toutes ces approches ont bien des points en commun et se sont influencées les unes les autres. Elles mettent plus l’accent sur l’autoconstruction de l’individu que sur les connaissances en tant que telles. C’est pourquoi les relations, les échanges, bref la vie de la classe, de la promotion ou du groupe sont considérés comme des axes d’éducation non négligeables, et ce, quel que soit l’âge des apprenants. Ainsi, être éducateur et libertaire signifie proposer des espaces, des temps, des dispositifs pour s’initier à l’autoformation, à la responsabilisation, à la prise de décision, à la coopération, à la mutualisation. Bref, c’est permettre d’expérimenter l’autogestion. Pour un éducateur, c’est se positionner comme un aidant, un accompagnateur permettant l’utilisation de toutes les ressources dont les apprenants disposent.

En laissant un maximum de marge de manœuvre aux apprenants, nous nous heurtons souvent aux collègues, aux directions. Mais surtout nous choisissons l’inconfort, le doute, la critique sur nos interventions afin de tenter de nous inscrire dans une démarche libertaire, au sein d’une société qui prône l’autoritarisme et la répression.

 

Agnès, groupe Louise-Michel de la Fédération anarchiste

 

1. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers, Édition de Minuit, 1964 ; idem, La Reproduction, Éditions de Minuit, 1970. Christian Baudelot et Roger Establet, L’École capitaliste en France, Maspéro, 1971.