Archive pour message gilets jaunes

Gilets Jaunes 11ème round: Qui ose gagne !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2019 by Résistance 71

“Ce n’est pas la désobéissance civile que nous devons craindre… mais l’obéissance civile.”
~ Howard Zinn ~

“Chaque état, c’est à dire donc tout gouvernement et toute administration des masses populaires qui vient d’en-haut, étant nécessairement enracinée dans une lourde bureaucratie et se reposant sur des armées, l’espionnage et le clergé, ne sera jamais capable d’établir une société organisée sur la base du travail et de la justice, puisque ces entités sont par leur essence même, naturellement enclines à opprimer le travailleur et lui refuser toute justice. Comme nous le voyons, le travailleur ne sera jamais capable de se libérer de l’oppression en ce monde à moins qu’il ne substitue à ce corps démoralisant, la fédération libre de tous les groupes producteurs, une fédération fondée sur la solidarité et l’égalité.”

~ Résolution du congrès anarchiste de St Imier (Fédération du Jura), le 15 septembre 1872 ~

 


Gilets Jaunes: 11ème round
Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 

Pour une marée jaune qui déborde… vraiment

 

Paris-Luttes Info

 

22 janvier 2019

 

url de l’article original:

https://paris-luttes.info/pour-une-maree-jaune-qui-deborde-11539?lang=fr

 

Difficile à dire si l’acte 10 fut une nouvelle victoire du mouvement ou plutôt du gouvernement. 

D’un côté la mobilisation a été encore très importante (battant même des records dans certaines villes). D’un autre, les rassemblements n’ont jamais semblé si inoffensifs pour le pouvoir, et n’ont jamais autant ressemblé à des manifestations traditionnelles, avec un parcours défini et un service d’ordre. Tout du moins sur Paris.

C’est peut-être moins vrai dans les autres villes (et heureusement).

Si cette tendance se confirme sur les actes à venir, le pouvoir se frottera les mains. Les rassemblements pourront continuer pendant des mois, sans jamais l’inquiéter. Les membres du gouvernement feraient quelques déclarations, quelques annonces de perlimpinpin…et laisseraient le mouvement mourir à petit feu.

Car qui peut aujourd’hui penser que Macron pourrait abandonner sa politique, et même son gouvernement, si le mouvement restait aussi important pendant des semaines mais dans un cadre bien maitrisé par le pouvoir et les forces de l’ordre, sans débordements ?

Ceux qui veulent un véritable changement, qui aspirent à renverser un pouvoir inique et méprisant, à offrir un avenir plus égalitaire et plus humaniste, savent. Ils savent que le combat devra se faire de façon plus offensive que dans le cadre de manif déclarée avec parcours et service d’ordre. Si les syndicats ont autant échoué et se sont coupés d’une grande partie de la population (y compris des plus pauvres), c’est notamment à cause de leur volonté de respecter les règles du jeu des manifs dictées par le pouvoir. Si les gens ont délaissé les manif sono/merguez pour aller en cortège de tête ces dernières années, ce n’est pas pour reproduire les mêmes simili-révoltes dans les rassemblements des GJ.

Nous l’avons déjà dit mais la force des premiers rassemblements a été, en grande partie, son refus d’obéir aux ordres, aux règles, imposées par le pouvoir. Non pas pour le plaisir d’être hors la loi mais parce que les GJ estimaient que ces ordres n’étaient pas justes et légitimes. Ce fut le cas pour l’acte 2 lors du rassemblement interdit sur les Champs Élysées. Ce fut le cas pour les actes suivants avec le refus de fouilles ou de parcages, avec les barricades et les débordements.

En étant aussi nombreux à être indisciplinés, le mouvement a totalement surpris les forces de l’ordre et le pouvoir, et l’a fait trembler (temporairement au moins).

Des centaines de milliers de personnes ont bouleversé leurs vies depuis des semaines pour cette lutte, pour que ce mouvement débouche sur des avancées sociales. Des milliers de GJ ont été blessés, mutilés, incarcérés, humiliés. Mais cela n’a en rien freiné le mouvement. Au contraire.

Aujourd’hui, nous devons faire un choix : celui de constater que rien ne change et que le pouvoir reste droit dans ses bottes qu’importe l’ampleur des mobilisations. Et donc de reprendre nos vies « normales ». Ou celui de faire que ces deux mois de rencontres, d’échanges et de luttes ne deviennent qu’une introduction à un mouvement de lutte bien plus massif et total. Cela inclut évidemment la nécessité d’y mettre encore plus d’énergie, de temps et de force. Et donc, que nos quotidiens en soient encore plus bouleversés. Mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

Bousculer nos vies pour renverser leur vie de château.

Bousculer nos quotidiens pour construire un nouveau futur.

Ne plus se contenter des miettes mais réclamer, et obtenir, toute la boulangerie.

N’ayons pas peur d’être ambitieux, d’être idéalistes, d’être incontrôlables.

Multiplions les brèches, les débordements, les endroits où les règles sont sans cesse remises en question selon nos principes et non ceux imposés par le pouvoir.

Alors les actes futurs pourront devenir des actes fondateurs et nous pourront commencer à bâtir une nouvelle société, sur les cendres de celle que nous auront renversée. Mais il n’y a pas de cendres sans feu.

Et on déclarera nos manifs quand ils déclareront leurs revenus.

A samedi.

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


La Solution à 10%
pour
Une société des sociétés

 

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Gilets Jaunes: Ne pas succomber aux chants des sirènes…

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Résistance 71

 

7 janvier 2019

 

8ème round à grand succès pour le mouvement des Gilets Jaunes qui a regagné samedi dernier un gros taux de participation partout dans le pays et la propagande des larbins ne sait plus que faire pour falsifier les estimations ; peu importe, la participation ne peut à partir de maintenant, qu’augmenter à la vue de la seule réponse visible et irrémédiable d’un État aux abois, très proche de KO debout, comme certains cerbères ont pu le ressentir sur un certain pont de Paris: la violence et la surenchère dans la violence.
A ce sujet, il nous faut bien comprendre que tout peuple sous le joug d’un État, donc d’un pouvoir coercitif (à des degrés différents certes selon les endroits, mais coercitif quoi qu’il en soit), est en état de légitime défense permanente devant la violence économique et sociale employée, non-stop, par les institutions de tout poil. Les peuples opprimés, dont le peuple français fait partie, ont un droit naturel à leur défense qui ne peut donc être que légitime.

Néanmoins, les tentatives de cooptation et de récupération du mouvement ne vont faire que redoubler et en cela, le pire ennemi du mouvement des Gilets Jaunes… est lui-même, si une frange de celui-ci, celle qui veut en croquer du système, participer à la classique mascarade et piège étatique sous la forme d’un regroupement bidon en parti politique et/ou de création de listes électorales pour les « européennes », voire les « municipales », prend de l’ampleur grâce à la propagande des merdias qui ne manquent pas de lui donner audience. Le chant des sirènes politiques est mielleux, sirupeux et trompeur à souhait. Comme Ulysse et son équipage, nous devons garder la cap de notre rafiot, nous attacher au mât et ne succomber en aucun cas aux chants de ces sirènes, qui ne veulent que notre destruction.

Gilets Jaunes ! L’émancipation de notre société de la fange étatico-capitaliste vers une société libre et égalitaire ne se fera que par et pour nous-mêmes, rien ni personne d’autre ne le fera pour nous. Méfions-nous en permanence de ces incessants chants tentant de nous hypnotiser, écartons-nous de l’illusion démocratique, de ce miroir aux alouettes proposé qui ne fera, comme toujours, que profiter à termes, une infime portion du mouvement, choisie par le système pour le ruiner de l’intérieur au profit de l’oligarchie au pouvoir.

Rappelons-nous que voter au sein du système, c’est abdiquer, voter c’est se soumettre à la dictature de la division politique induite de la majorité et consolider, renforcer nos chaînes. Voter, c’est pisser dans un violon et céder au muselage universel !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Qu’on se le dise !

Nous, le peuple, devons avancer d’un bloc, ensemble, par-delà les antagonismes induits qu’on nous rappelle sans cesse afin de nous diviser pour mieux faire régner l’oligarchie mortifère. L’heure est venue de court-circuiter le système et ses institutions obsolètes par les Assemblées Populaires de ronds-points, de quartiers, de communes, de lieux de travail. Suivons l’appel des Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse. Prenons les décisions nous-mêmes.

Non à la délégation au sein du système corrompu et moribond… Oui aux communes libres et à la Commune des Communes, outil fonctionnel de la Société des Sociétés.

Ci-dessous quelques textes essentiels pour nous aider à garder le cap et nous prévenir du chant des sirènes..

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: 2ème Appel de Commercy (Meuse) pour une Assemblée des Assemblées le 26 janvier 2019…

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Le 1er Appel de Commercy

 

Bonjour

2ème Appel des Gilets Jaunes de Commercy : assemblée des assemblées à Commercy.

 

 

Si vous êtes intéressés par notre démarche, relayez cette vidéo et ce message en masse.

Nous proposons que  l’assemblée des assemblées se tienne le samedi 26 janvier à 14h à Commercy ou environs.

Ordre du jour et modalités pratiques à venir sur notre page Facebook  » Les Gilets Jaunes de Commercy  » (https://www.facebook.com/Les-Gilets-Jaunes-de-Commercy-440617629803047/?ref=br_rs)

Inscription et remarques à adresser sur giletsjaunescommercy@gmail.com

Hébergement possible sur demande.

N’hésitez pas à nous contacter si possible avant le 13 janvier 2018

Solidairement,

Un Gilet Jaune de Commercy

Notre page Facebook

Notre chaîne YouTube

Notre adresse:

La cabane des gilets jaunes
Place Charles de Gaulle
55200 COMMERCY (FRANCE)

= = = Fin de communiqué = = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes révolution sociale 5ème round 15 décembre 2018: Au-delà d’une nuit du 4 août !…

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Cet appel lancé par Jérôme Baschet depuis les terres autonomes zapatatistes du Chiapas (sud-Mexique) pour une poussée plus avant de la conscience politique collective vers le principe de bon gouvernement, celui de, par et pour la base du peuple. L’abolition des privilèges n’est pas une solution si on laisse en place le système même qui permet leur existence !
Nous l’avons dit depuis des années et le répèterons sans cesse: Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait  en avoir ! A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat, mode d’esclavagisme moderne, pour que fleurisse la société des sociétés émancipée définitivement du rapport dominant/dominé, n’existant que par le fait rendu possible de la séparation du pouvoir du corps social en une entité séparée, forcément à terme, aristocratique et oligarchique.
Pour nous aider toutes et tous en cette démarche, incluant bien entendu le mouvement des Gilets Jaunes, nous devons comprendre le fondement de l’affaire et notre mode d’action transformateur de la réalité doit provenir d’une conscience politique collective elle-même issue d’une compréhension critique de notre réalité. Ci-dessous, trois textes fondamentaux pour nous aider à y parvenir, ensemble, merci de (re)lire et de diffuser sans aucune modération:

~ Résistance 71 ~


15 décembre, GJ 5ème round

 

 

Pour une nouvelle nuit du 4 août (ou plus)

 

jeudi 13 décembre 2018, par Jérôme Baschet

 

Source:
https://www.lavoiedujaguar.net/Pour-une-nouvelle-nuit-du-4-aout-ou-plus

 

Ah, ça oui ! Il faut le reconnaître. Il nous a émus, Manu. Il nous a entendus ; il faut dire qu’avec les cotons-tiges grands comme des poutres que les infirmières lui avaient préparés, ça a dû bien lui déboucher les pavillons. Et, vous vous rendez compte, tout ce qu’il a fait depuis qu’il est président, c’était pour nous. Il nous aime tellement ! C’est pour nous qu’il avait augmenté la CSG, réduit les APL, augmenté la taxe carbone, etc. Pour notre bonheur, par amour pour nous. Et quand il nous accablait de son mépris, c’était aussi par amour. Pour nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes.

D’ailleurs, la preuve : il nous aime tellement qu’il a compris que le paquet de cacahuètes annoncé par le premier ministre, la semaine dernière, ce n’était vraiment pas assez. Alors là, d’un seul coup, il en a mis quatre sur la table, des paquets de cacahuètes. Pour qu’on comprenne enfin combien son amour pour nous est immense.

Bon, c’est vrai qu’en ouvrant les paquets on se rend compte qu’il y a pas mal de cacahuètes avariées, ou pas si fraîches que ça. Et même que l’un des paquets contient surtout du vent (combien d’entreprises vont donner ces primes de fin d’année ?). Et puis, au fond, un paquet ou quatre, ce ne sont jamais que des cacahuètes. Pour que les singes restent dans la cage. Pour que les moutons rentrent à la bergerie.

Et puis, vous avez vu. Même s’il parle tout doucement, avec une petite voix à l’humilité bien apprise, il continue à se croire le roi. Il a tenu à bien nous montrer qu’il parle depuis les ors élyséens. Et le détail qui tue : vous avez vu, sur son bureau, à côté des mains posées à plat pour afficher la sérénité, le petit service en or qui étincelait sous les projecteurs. C’était là pour nous narguer. Aux Gaulois récalcitrants, Macron, il a le culot de répondre par un coq en or (ou bien c’est la poule aux œufs d’or, mais alors à qui s’adresse le message ?) ! C’est moi, dit-il, qui vit dans les palais du pouvoir. Même si aujourd’hui je vous parle tout gentil-gentil pour calmer la grosse colère, c’est quand même moi le roi. Et vous vous êtes toujours les gueux !

Car bien sûr, pas question de changer un tant soit peu de politique. Pas question de revenir à l’ISF. Pas question de mettre à contribution les entreprises faisant des bénéfices élevés. Pas question de faire payer les gros pollueurs (d’ailleurs, l’écologie, on n’en parle même plus). Les mesures minimales ne sont même pas envisagées, comme la revalorisation réelle du SMIC et de l’ensemble des bas salaires et des petites retraites, ou encore le rétablissement de l’ISF, alors même que le financement de ces mesures et de quelques autres est à portée de main : il suffirait de mettre fin à la double aide aux entreprises en 2018, allègement des charges et maintien du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), ce qui représente 20 milliards de recettes supplémentaires (alors que les mesures d’hier n’en coûtent que 5 ou 6).

Mais rien de tout cela ne correspond vraiment à l’enjeu de la situation. Au fond, notre petit roi l’a sans doute compris, mais il tente une dernière ruse pour voir s’il peut nous berner encore une fois à bon compte. Car, comme le disent très bien bon nombre de gilets jaunes, quelque chose de très profond a basculé. Les gens ont repris leurs vies en main. Ils ont fait l’expérience de la puissance collective. Ils connaissent désormais la joie partagée qu’elle permet d’éprouver. Ils savent que ce qui était réputé impossible hier, devient possible lorsque le peuple se soulève et reprend sa liberté. Lorsqu’il cesse de déposer son destin dans un pouvoir et des institutions faites pour l’en déposséder.

Alors, oui, la force du soulèvement fait vaciller le pouvoir. Les puissants tremblent. Et pas seulement en France (du reste, une contagion aux autres pays européens, qui a commencé, serait décisive pour pouvoir gagner vraiment). Le processus en cours ne va pas s’arrêter comme cela. Des millions de personnes ont pris goût à la liberté et ne sont plus disposées à continuer à vivre comme avant. Il ne s’agit plus d’une goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase ; c’est une digue qui a lâché.

Et puis, vous avez vu que le petit roi a annoncé qu’au lieu de rétablir l’ISF il allait demander aux très riches de faire un geste. C’est Noël, une petite aumône pour les pauvres de France, ce serait tellement émouvant ! Mais dans quel monde vit-il ? C’est toujours Marie-Antoinette et ses brioches, pendant que dehors, la révolution a commencé ! Et puisqu’il s’agit de révolution, il est temps d’en appeler à une nouvelle nuit du 4 août. Ça oui, ça serait un tant soit peu à la hauteur de la situation. Du reste, les grandes fortunes, nos nobles d’aujourd’hui, devraient aisément le comprendre, s’ils veulent garder une partie de leurs privilèges. Oui, les cinq cents plus grosses fortunes de France pourraient sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé en acceptant d’apporter à l’effort national la moitié de leurs patrimoines. Allez, les Chanel, Hermès, L’Oréal et autres Auchan et Lactalis, vous pouvez sauver la patrie en danger. Allez, Bernard, après ce renoncement déchirant, il te restera quand même quelque 36 milliard d’euros. Même si tu perds quelques places au classement Forbes (ce qui est vraiment rageant, il faut en convenir), est-ce que, dans la vie, tu sentiras vraiment la différence ? Et puis, ces patrimoines, ils ont quand même augmenté de 17 % rien que depuis l’an dernier ; ils ont été multipliés par trois en une décennie, de sorte que même en t’en prélevant la moitié, ils seront toujours supérieurs à leur niveau d’il y a dix ans. Le patrimoine des cinq cents plus grosses fortunes, c’est 650 milliards d’euros ! Avec la moitié, 300 milliards en chiffres ronds, plus aucun problème pour financer les programmes dits de la « transition écologique » (100 milliards) ni pour étoffer les mesures sociales d’urgence ou lancer une remise en état des services publics (100 milliards) ; on pourrait même aider les pays africains (50 milliards) et alléger la dette pour soulager les budgets à venir de l’État (50 milliards ; vous voyez si on est raisonnables !). Mesdames et messieurs les très-très-très riches, vous entreriez dans l’histoire ! Et puis, surtout, vous pourriez arrêter le tsunami en cours qui, sinon, risque de tout emporter sur son passage. Vous avec.

Une remarque encore : vous voyez bien que cet appel n’a rien de vraiment révolutionnaire (pour qu’on puisse vraiment parler d’une nuit du 4 août, il faudrait renoncer à certains des privilèges qui permettent de constituer de telles fortunes, tels que les prérogatives des actionnaires et le pouvoir sur les salariés). Donc, ce serait céder un peu, pour garder l’essentiel. Les super-riches seraient toujours des super-riches. Ils continueraient à faire de considérables profits pour renflouer bien vite leurs caisses. De plus, ils apparaîtraient comme les bienfaiteurs de la nation et en tireraient une légitimité inédite. Cependant, il est à craindre que, malgré tant d’avantages évidents et des inconvénients si restreints, nos grandes fortunes n’entendront pas cet appel. Il n’y aura alors pas d’autre issue pour le soulèvement en cours que de pousser au plus loin les potentialités qui ont commencé à s’affirmer, partout en France, avec une détermination et une intelligence proprement renversantes.

Ce dont des millions de personnes font actuellement l’expérience, c’est que le peuple qui se soulève reprend son destin en main. Au lieu de se dessaisir de sa puissance collective au profit de la classe politique et des institutions représentatives, il peut s’organiser par lui-même et décider par lui-même de quelle manière il entend vivre. Les zapatistes du Chiapas, qui en font l’expérience depuis vingt-cinq ans, disent que nous pouvons nous gouverner nous-mêmes et appellent ceux qui s’inspirent de leur exemple à former leurs propres « conseils de gouvernement » (ou tout autre terme qui conviendra à chacun). Dans l’actuel soulèvement des gilets jaunes, certains appellent à former des comités populaires avec leurs assemblées (voir l’appel de Commercy). D’autres invoquent l’expérience des communes libres, qui repenseraient la vie collective à partir des besoins réels de tous et de toutes, et pourraient se fédérer pour traiter les enjeux régionaux et nationaux.

Et puis, lorsque tant de gilets jaunes disent qu’il n’est plus question de vivre comme on l’a fait durant tant de temps, cela suppose de repenser l’organisation collective précisément à partir de cette question : de quelle manière voulons-nous vivre ? Aujourd’hui, c’est là précisément la question qui est par principe exclue, parce que la marche du monde est dictée par un tout autre impératif fondamental : celui de l’Économie. Une Économie dont le productivisme est entretenu par l’exigence de profit, notamment celui des méga-entreprises transnationales et des marchés financiers. Une Économie dont la croissance sans limite est de plus en plus clairement déconnectée des besoins réels des humains, et qui s’avère responsable du cycle infernal des émissions de gaz à effet de serre et de la destruction généralisée du vivant, qui nous conduisent à la catastrophe.

La poule aux œufs d’or, c’est la France d’en bas qui ne s’en sort pas et que l’État achève sous les taxes. C’est tous ceux qui produisent la richesse de ce pays pour le bénéfice des grands prêtres du CAC 40. C’est notre planète que le productivisme engendré par l’exigence du profit est en train de dévaster et de rendre invivable. C’est la vie sur Terre qui agonise sous l’haleine brûlante de l’hydre capitaliste.

Destitution de Macron et de tout Pouvoir d’en haut.
Blocage de la machine folle de l’Économie qui détruit la planète.
Vive l’autogouvernement populaire !
Vive les communes libres de France et d’ailleurs !
Vive la vie digne pour tous et toutes, dans le respect de la Terre !

San Cristóbal de Las Casas, 11 décembre 2018.
An 25 du soulèvement zapatiste.
An 1 du soulèvement des gilets jaunes
et des colères de multiples couleurs.

Jérôme Baschet

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Trois textes fondamentaux pour nous aider à y parvenir, ensemble, à lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Message aux compagnon(e)s Gilets Jaunes avant la rencontre avec Edouard Philippe de Bilderberg

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Union, Solidarité, Complémentarité

 

Résistance 71

 

4 décembre 2018

 

Mise à jour: Il a été décidé que les « Gilets Jaunes Libres » ne se rendront pas à Matignon, bien, très bien. Ceci n’enlève rien à ce que nous écrivons ci-dessous… Bien au contraire !

 

Compagnon(e)s Gilets Jaunes ! Le mouvement est en danger de division.

Il y a des questions essentielles à se poser:

  • D’où sortent les “représentants nationaux” du mouvement ?
  • Qui les a mandatés ?
  • Qui a établi la liste des “revendications” ?
  • Qui l’a approuvée comme telles ?
  • Quel est le but réel de cette réunion précipitée ?

Qui que ce soit qui ait pris cette décision et en supposant que ce ne soit pas des corrompus, des “jaunes” chez les GJ, ils/elles ont commis de graves erreurs tactiques:

1- Quand on a la main haute sur l’évènement, on ne se précipite pas dans des “négociations”…

2- Quand on décide de négocier, si tant est que ce soit la chose à faire (nous pensons que ça ne l’est pas en la circonstance…), on le fait selon nos termes, où et quand bon nous semble. Rien de pire que de précipiter les choses, on ne fait que rendre la main à l’opposition.

3- La négociation ne doit en aucun cas se faire sur un terrain familier du dominant mis à mal.

4- En l’occurence, la négociation devrait avoir lieu dans un lieu choisi par consensus par les GJ, ceci ne pouvant se faire que par concertation en assemblées. C’est à dire que la rencontre devrait avoir lieu dans la rue, sous une tente, avec le peuple, en audience filmée, à la vue de toutes et tous ! Pourquoi s’enfermer à huis-clos dans une structure de l’oligarchie dominante ? Ceci est une recette de la culture de la domination. Le fait de pénétrer à Matignon sera déjà une petite victoire pour l’État et ses sbires à la botte. Cela place le mouvement d’emblée en position d’infériorité… Très mauvais choix, on peut se poser la question de savoir si tout cela est bien « innocent » ?…

Il est impératif de se méfier de ce qui sortira de cette “réunion”.

Le gouvernement oligarchique, l’État et sa machine sont en train d’amener le débat sur leur terrain et va diviser le mouvement en cooptant une délégation non reconnue du mouvement et ainsi pouvoir reprendre la main. Le but du gouvernement est la DIVISION. La division lui fera reprendre la main et s’étioler le mouvement. C’est le but oligarchique du travail de sape par la cooptation et le réformisme béat.

La pratique de l’État est SYSTEMATIQUEMENT la même. Les états coloniaux l’ont pratiqués depuis des siècles: coopter des autochtones, n’accepter de dialoguer qu’avec eux, les coupant politiquement de leur base et les corrompant s’assurant ainsi de la participation d’agents internes pour la perpétuation du système. C’est ce qui s’est produit avec TOUS les syndicats autrefois si puissants, et depuis des décennies, devenus des clubs réformistes mangeant dans la mains du patronat et de l’État pour des miettes de subsides permettant à quelques privilégiés choisis par le système, de graviter temporairement dans la “cour des grands et des puissants” et donner une illusion d’efficacité.

Ceci s’est produit contre tous les peuples indigènes des 5 continents, ça marche et il n’y a pas de raison que cela ne continue pas avec les Gilets Jaunes. N’oublions jamais que, comme nous l’avions déjà écrit en mai 2013: « Nous sommes tous des colonisés ! »

Par contre l’État et les politicards à la botte du grand banditisme banquier et industriel planétaire ne peuvent pas gérer une chose, et les dernières semaines le prouvent encore et encore: c’est un mouvement horizontal, acéphale et asymétrique. Les guignols gesticulent et pleurnichent devant l’impossibilité jusqu’ici de récupérer, d’encadrer le mouvement. Tous les politicards du spectre politique veulent amener le mouvement là où ils le désirent, sur le terrain de la récupération politique et de la cooptation, là où la fange étatique peut dominer et reprendre le dessus, comme cela se fera sans doute dans la douceur feutrée illusoire des palais de la Ripoublique mercredi.

Du reste la première mesure du banquier de la City de Londres Macron depuis son retour d’Argentine a été de … visiter les représentants des forces de l’ordre étatique imposé et faire promettre par son autre pantin de ministre de l’intérieur des primes aux policiers. Conclusion: la première nécessité du clown sortant de sa roulotte a été de (tenter) d’acheter la fidélité des cordons protecteurs de la milice oligarchique pour préserver l’État, car les oligarques sentent bien que le moment des crosses en l’air n’est pas loin.
Camarades policiers et militaires, n’oubliez jamais que vous êtes du peuple, vous êtes là pour le servir, c’est lui qui, jusqu’ici, paie vos maigres salaires, votre place est de nous protéger et non pas de protéger les racketteurs professionnels de la politique, de l’industrie et de la finance et leurs institutions criminelles et obsolètes depuis leur création même.

Compagnon(e)s ! N’attendons rien de mercredi si ce n’est la division.

Suivons les conseils des compas de Commercy dans la Meuse.

Ils nous montrent la voie immédiate à suivre: celle du court-circuitage des institutions par la démocratie directe des assemblées populaires, le mouvement ne pourra survivre qu’à ce prix tout le reste n’est que récupération réformiste et pisser à terme dans un violon, comme pour voter !

 

 

L’émancipation ne viendra que par et pour le peuple uni dans la pensée et l’action critiques pour transformer la réalité de l’oppression en celle de la libération, hors antagonisme et dans la complémentarité de notre diversité !

Quelques lectures utiles donnant quelques fragments de solutions à notre problématique historique:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Illusion démocratique

Que faire ?

la-sixta

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

le bouclier du lanceur d’alerte