Gilets Jaunes révolution sociale 5ème round 15 décembre 2018: Au-delà d’une nuit du 4 août !…

Cet appel lancé par Jérôme Baschet depuis les terres autonomes zapatatistes du Chiapas (sud-Mexique) pour une poussée plus avant de la conscience politique collective vers le principe de bon gouvernement, celui de, par et pour la base du peuple. L’abolition des privilèges n’est pas une solution si on laisse en place le système même qui permet leur existence !
Nous l’avons dit depuis des années et le répèterons sans cesse: Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait  en avoir ! A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat, mode d’esclavagisme moderne, pour que fleurisse la société des sociétés émancipée définitivement du rapport dominant/dominé, n’existant que par le fait rendu possible de la séparation du pouvoir du corps social en une entité séparée, forcément à terme, aristocratique et oligarchique.
Pour nous aider toutes et tous en cette démarche, incluant bien entendu le mouvement des Gilets Jaunes, nous devons comprendre le fondement de l’affaire et notre mode d’action transformateur de la réalité doit provenir d’une conscience politique collective elle-même issue d’une compréhension critique de notre réalité. Ci-dessous, trois textes fondamentaux pour nous aider à y parvenir, ensemble, merci de (re)lire et de diffuser sans aucune modération:

~ Résistance 71 ~


15 décembre, GJ 5ème round

 

 

Pour une nouvelle nuit du 4 août (ou plus)

 

jeudi 13 décembre 2018, par Jérôme Baschet

 

Source:
https://www.lavoiedujaguar.net/Pour-une-nouvelle-nuit-du-4-aout-ou-plus

 

Ah, ça oui ! Il faut le reconnaître. Il nous a émus, Manu. Il nous a entendus ; il faut dire qu’avec les cotons-tiges grands comme des poutres que les infirmières lui avaient préparés, ça a dû bien lui déboucher les pavillons. Et, vous vous rendez compte, tout ce qu’il a fait depuis qu’il est président, c’était pour nous. Il nous aime tellement ! C’est pour nous qu’il avait augmenté la CSG, réduit les APL, augmenté la taxe carbone, etc. Pour notre bonheur, par amour pour nous. Et quand il nous accablait de son mépris, c’était aussi par amour. Pour nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes.

D’ailleurs, la preuve : il nous aime tellement qu’il a compris que le paquet de cacahuètes annoncé par le premier ministre, la semaine dernière, ce n’était vraiment pas assez. Alors là, d’un seul coup, il en a mis quatre sur la table, des paquets de cacahuètes. Pour qu’on comprenne enfin combien son amour pour nous est immense.

Bon, c’est vrai qu’en ouvrant les paquets on se rend compte qu’il y a pas mal de cacahuètes avariées, ou pas si fraîches que ça. Et même que l’un des paquets contient surtout du vent (combien d’entreprises vont donner ces primes de fin d’année ?). Et puis, au fond, un paquet ou quatre, ce ne sont jamais que des cacahuètes. Pour que les singes restent dans la cage. Pour que les moutons rentrent à la bergerie.

Et puis, vous avez vu. Même s’il parle tout doucement, avec une petite voix à l’humilité bien apprise, il continue à se croire le roi. Il a tenu à bien nous montrer qu’il parle depuis les ors élyséens. Et le détail qui tue : vous avez vu, sur son bureau, à côté des mains posées à plat pour afficher la sérénité, le petit service en or qui étincelait sous les projecteurs. C’était là pour nous narguer. Aux Gaulois récalcitrants, Macron, il a le culot de répondre par un coq en or (ou bien c’est la poule aux œufs d’or, mais alors à qui s’adresse le message ?) ! C’est moi, dit-il, qui vit dans les palais du pouvoir. Même si aujourd’hui je vous parle tout gentil-gentil pour calmer la grosse colère, c’est quand même moi le roi. Et vous vous êtes toujours les gueux !

Car bien sûr, pas question de changer un tant soit peu de politique. Pas question de revenir à l’ISF. Pas question de mettre à contribution les entreprises faisant des bénéfices élevés. Pas question de faire payer les gros pollueurs (d’ailleurs, l’écologie, on n’en parle même plus). Les mesures minimales ne sont même pas envisagées, comme la revalorisation réelle du SMIC et de l’ensemble des bas salaires et des petites retraites, ou encore le rétablissement de l’ISF, alors même que le financement de ces mesures et de quelques autres est à portée de main : il suffirait de mettre fin à la double aide aux entreprises en 2018, allègement des charges et maintien du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), ce qui représente 20 milliards de recettes supplémentaires (alors que les mesures d’hier n’en coûtent que 5 ou 6).

Mais rien de tout cela ne correspond vraiment à l’enjeu de la situation. Au fond, notre petit roi l’a sans doute compris, mais il tente une dernière ruse pour voir s’il peut nous berner encore une fois à bon compte. Car, comme le disent très bien bon nombre de gilets jaunes, quelque chose de très profond a basculé. Les gens ont repris leurs vies en main. Ils ont fait l’expérience de la puissance collective. Ils connaissent désormais la joie partagée qu’elle permet d’éprouver. Ils savent que ce qui était réputé impossible hier, devient possible lorsque le peuple se soulève et reprend sa liberté. Lorsqu’il cesse de déposer son destin dans un pouvoir et des institutions faites pour l’en déposséder.

Alors, oui, la force du soulèvement fait vaciller le pouvoir. Les puissants tremblent. Et pas seulement en France (du reste, une contagion aux autres pays européens, qui a commencé, serait décisive pour pouvoir gagner vraiment). Le processus en cours ne va pas s’arrêter comme cela. Des millions de personnes ont pris goût à la liberté et ne sont plus disposées à continuer à vivre comme avant. Il ne s’agit plus d’une goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase ; c’est une digue qui a lâché.

Et puis, vous avez vu que le petit roi a annoncé qu’au lieu de rétablir l’ISF il allait demander aux très riches de faire un geste. C’est Noël, une petite aumône pour les pauvres de France, ce serait tellement émouvant ! Mais dans quel monde vit-il ? C’est toujours Marie-Antoinette et ses brioches, pendant que dehors, la révolution a commencé ! Et puisqu’il s’agit de révolution, il est temps d’en appeler à une nouvelle nuit du 4 août. Ça oui, ça serait un tant soit peu à la hauteur de la situation. Du reste, les grandes fortunes, nos nobles d’aujourd’hui, devraient aisément le comprendre, s’ils veulent garder une partie de leurs privilèges. Oui, les cinq cents plus grosses fortunes de France pourraient sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé en acceptant d’apporter à l’effort national la moitié de leurs patrimoines. Allez, les Chanel, Hermès, L’Oréal et autres Auchan et Lactalis, vous pouvez sauver la patrie en danger. Allez, Bernard, après ce renoncement déchirant, il te restera quand même quelque 36 milliard d’euros. Même si tu perds quelques places au classement Forbes (ce qui est vraiment rageant, il faut en convenir), est-ce que, dans la vie, tu sentiras vraiment la différence ? Et puis, ces patrimoines, ils ont quand même augmenté de 17 % rien que depuis l’an dernier ; ils ont été multipliés par trois en une décennie, de sorte que même en t’en prélevant la moitié, ils seront toujours supérieurs à leur niveau d’il y a dix ans. Le patrimoine des cinq cents plus grosses fortunes, c’est 650 milliards d’euros ! Avec la moitié, 300 milliards en chiffres ronds, plus aucun problème pour financer les programmes dits de la « transition écologique » (100 milliards) ni pour étoffer les mesures sociales d’urgence ou lancer une remise en état des services publics (100 milliards) ; on pourrait même aider les pays africains (50 milliards) et alléger la dette pour soulager les budgets à venir de l’État (50 milliards ; vous voyez si on est raisonnables !). Mesdames et messieurs les très-très-très riches, vous entreriez dans l’histoire ! Et puis, surtout, vous pourriez arrêter le tsunami en cours qui, sinon, risque de tout emporter sur son passage. Vous avec.

Une remarque encore : vous voyez bien que cet appel n’a rien de vraiment révolutionnaire (pour qu’on puisse vraiment parler d’une nuit du 4 août, il faudrait renoncer à certains des privilèges qui permettent de constituer de telles fortunes, tels que les prérogatives des actionnaires et le pouvoir sur les salariés). Donc, ce serait céder un peu, pour garder l’essentiel. Les super-riches seraient toujours des super-riches. Ils continueraient à faire de considérables profits pour renflouer bien vite leurs caisses. De plus, ils apparaîtraient comme les bienfaiteurs de la nation et en tireraient une légitimité inédite. Cependant, il est à craindre que, malgré tant d’avantages évidents et des inconvénients si restreints, nos grandes fortunes n’entendront pas cet appel. Il n’y aura alors pas d’autre issue pour le soulèvement en cours que de pousser au plus loin les potentialités qui ont commencé à s’affirmer, partout en France, avec une détermination et une intelligence proprement renversantes.

Ce dont des millions de personnes font actuellement l’expérience, c’est que le peuple qui se soulève reprend son destin en main. Au lieu de se dessaisir de sa puissance collective au profit de la classe politique et des institutions représentatives, il peut s’organiser par lui-même et décider par lui-même de quelle manière il entend vivre. Les zapatistes du Chiapas, qui en font l’expérience depuis vingt-cinq ans, disent que nous pouvons nous gouverner nous-mêmes et appellent ceux qui s’inspirent de leur exemple à former leurs propres « conseils de gouvernement » (ou tout autre terme qui conviendra à chacun). Dans l’actuel soulèvement des gilets jaunes, certains appellent à former des comités populaires avec leurs assemblées (voir l’appel de Commercy). D’autres invoquent l’expérience des communes libres, qui repenseraient la vie collective à partir des besoins réels de tous et de toutes, et pourraient se fédérer pour traiter les enjeux régionaux et nationaux.

Et puis, lorsque tant de gilets jaunes disent qu’il n’est plus question de vivre comme on l’a fait durant tant de temps, cela suppose de repenser l’organisation collective précisément à partir de cette question : de quelle manière voulons-nous vivre ? Aujourd’hui, c’est là précisément la question qui est par principe exclue, parce que la marche du monde est dictée par un tout autre impératif fondamental : celui de l’Économie. Une Économie dont le productivisme est entretenu par l’exigence de profit, notamment celui des méga-entreprises transnationales et des marchés financiers. Une Économie dont la croissance sans limite est de plus en plus clairement déconnectée des besoins réels des humains, et qui s’avère responsable du cycle infernal des émissions de gaz à effet de serre et de la destruction généralisée du vivant, qui nous conduisent à la catastrophe.

La poule aux œufs d’or, c’est la France d’en bas qui ne s’en sort pas et que l’État achève sous les taxes. C’est tous ceux qui produisent la richesse de ce pays pour le bénéfice des grands prêtres du CAC 40. C’est notre planète que le productivisme engendré par l’exigence du profit est en train de dévaster et de rendre invivable. C’est la vie sur Terre qui agonise sous l’haleine brûlante de l’hydre capitaliste.

Destitution de Macron et de tout Pouvoir d’en haut.
Blocage de la machine folle de l’Économie qui détruit la planète.
Vive l’autogouvernement populaire !
Vive les communes libres de France et d’ailleurs !
Vive la vie digne pour tous et toutes, dans le respect de la Terre !

San Cristóbal de Las Casas, 11 décembre 2018.
An 25 du soulèvement zapatiste.
An 1 du soulèvement des gilets jaunes
et des colères de multiples couleurs.

Jérôme Baschet

= = =

Trois textes fondamentaux pour nous aider à y parvenir, ensemble, à lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

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21 Réponses to “Gilets Jaunes révolution sociale 5ème round 15 décembre 2018: Au-delà d’une nuit du 4 août !…”

  1. Et à voir l’affolement aussi bien des politiques, de tous bords, comme des journalopes et des s-tares de tous poils demander aux GJ de s’arrêter, comme l’avait fait un autre Édouard, Ballamou, ont comprend qu’on a jamais été aussi prêt du but…

    Donc on continue, empêchons-les de reprendre une vie normale comme l’a dit notre Zident hier à Strasbourg, car plus rien ne sera comme avant… que les GJ se soient levés et mis en marche pour ne pas crever !

    Jo

    • +1
      C’est l’esprit !

      • Oui, l’esprit et le souffle de la liberté d’un peuple qui dirige et d’un (bon)gouvernement qui obéit…

          • Tenez, en appui du Résumé Sott de Novembre qui vient juste de sortir ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/12/15/resume-sott-11-2018-larnaque-de-la-transition-ecologique-a-la-francaise/

            J’ai rappelé votre article du 23/11/2011 : Climategate 2.0 : Une nouvelle publication de courriers électroniques refait tanguer le débat sur le réchauffement climatique

            Car même au sein des GJ il y a un consensus pour dire que « tout le monde est d’accord avec la transition écologique » et pour payer la taxe carbone = NON de N.O.M. mais pas du tout !

            Ne rien lâcher sur rien…
            Jo

            • Il ne peut pas y avoir de « consensus » au sein des GJ, il y a autant d’opinions qu’il y a de GJ !!…
              Sur la fadaise climatique, beaucoup, de + en + savent que ce n’est qu’une escroquerie de plus …

            • Il ne devrait pas, mais bien entendu, on donne à entendre qu’il y aurait consensus, et dans les nombreux débats télévisuels auxquels participent des GJ tous disent qu’ils sont pour la transition écologique et tous les journalopes en profitent pour traduire = Tout le monde est d’accord qu’il faut « sauver la planète » et là Carlin se marre encore…

            • Disons-le haut et clair: Le Réchauffement Climatique Anthropique (RCA) est une fadaise non soutenue par la plus élémentaire des sciences et la soi-disante TRANSITION ECOLOGIQUE EST UNE ARNAQUE de plus !
              Fermez le ban…. 😀
              Il ne faut pas que le mouvement des GJ se laissent enfermer dans cet épiphénomène propagandiste.
              Le seul et véritable problème est celui-ci: Comment veut-on vivre ? Comment veut-on organiser la société pour que l’égalité, la solidarité et la justice règnent enfin ?
              Tout le reste n’est qu’épiphénomène qui se règlera à l’avenant une fois la question du pouvoir résolue sur la longue durée. Tout le reste n’est que pisser dans un violon !
              😉

            • Absolument, et c’est bien pourquoi j’ai titré « l’arnaque de la transition écologique à la française » car c’est un condensé de konneries comme il n’y en a plus, sauf en France…

            • C’est Thahoketoteh qui m’a refilée l’image de ce « Great Tree » comme je l’ai indiquée en toute fin.

            • très jolie image qu’on replacera… 😉

  2. Oui, je la partage volontiers avec vous tous ;

  3. C’est vraiment dans l’esprit / spirit / geist de la Grande Loi de la Paix qu’on peut lire également en miroir avec votre manifeste pour la société des sociétés, car ainsi tout trouve sa juste place.

    Et dans l’esprit zapatiste du rien ne se perd, tout se transforme…

    Jo

  4. Tenez, une preuve supplémentaire que tout est relié et donc qu’il ne faut rien lâcher = aucune négociation avec le pouvoir oppresseur, et quand j’entends des politiques puis les journalopes affirmer qu’il faut des GJ dans les institutions = AN, etc = C’est NON !

    Les Gilets jaunes campent à Trèbes, devant Monsanto

    Installés depuis mercredi face à l’usine Monsanto, à Trèbes, les Gilets jaunes restent mobilisés ce samedi, malgré la pluie et le froid. Démocratique, le campement a ses règles et ses valeurs.

    Des coups de klaxon prolongés, en signe de solidarité, presque à chaque fois qu’un camion ou une voiture passe. Et lorsqu’un poids lourd se présente à l’entrée de l’usine Monsanto, une ou un Gilet jaune vient voir le chauffeur pour lui proposer un croissant ou un café. Depuis le début de la semaine, ces Gilets jaunes campent sur un terrain privé situé juste en face de l’entrée principale du site Monsanto, à Trèbes. Ils et elles sont d’ici ou de Carcassonne et d’autres villes du département, mais ils viennent aussi de l’Ariège par exemple, et parfois même d’autres régions.
    Un camp installé pour durer

    Depuis que les forces de l’ordre ont libéré l’accès à l’usine, les Gilets jaunes n’ont pas levé le camp. Bien au contraire, ils ont mis en place des tentes, des abris de bois, et aménagent leur vie collective. Des aménagements pour durer, car ils sont déterminés à obtenir beaucoup plus. Roland, 23 ans, fait partie d’un convoi d’Audois qui ont participé à l’Acte IV parisien de la mobilisation : «La police nous a fouillés. On a dû donner masques, lunettes et même le sérum physiologique qu’on avait pris pour se protéger des gaz lacrymogènes. Parfois, on avait l’impression que les CRS ne faisaient aucune différence entre les types de manifestants. Il y avait des grenades qui pétaient dans tous les sens».
    «De plus en plus d’esclavagisme»

    Mais il y a aussi des femmes, jeunes ou pas, dans ce groupe de Gilets jaunes. Esther, par exemple, éducatrice spécialisée dans l’Ariège : «On vit dans un monde où l’humain est de plus en plus victime d’esclavagisme. Moi, je vois des adultes handicapés qu’on fait travailler pour 50 euros par jour et qui parfois sont d’astreinte le week-end. Avec de plus en plus de demande de rendement». De son côté, Clarisse, 35 ans, insiste sur le côté démocratique du mouvement : «Avec le Facebook de Carcassonne en colère, on fait remonter les idées, les listes de revendications, et les décisions sont soumises au vote : est-ce qu’on bloque, est-ce qu’on continue ?».
    Démocratie et règles de vie en communauté

    Et ce fonctionnement démocratique n’exclut pas quelques règles minimales de «bien vivre» en commun. Trois règles essentielles sont d’ailleurs clairement affichées sur le camion qui jouxte le camp des Gilets jaunes : 1/ Pas de pneus ou plastiques dans les feux. Les feux en question sont ceux qu’on allume au milieu du campement pour se tenir chaud en cette veille d’hiver, ou faire cuire les aliments. La deuxième règle est l’interdiction de l’alcool en dehors des repas et sur la route. Et la troisième est celle du respect : «On se respecte tous (y compris les forces de l’ordre)». Cette dernière partie de phrase est d’ailleurs soulignée.

    Ce jeudi, l’ambiance était bon enfant et aucune action particulière ne semblait devoir être opérée. Mais devant Monsanto, à Trèbes, chacun et chacune discutait de la journée de samedi (Ndlr : aujourd’hui), avec la mobilisation annoncée pour «l’acte V». En attendant, au fil des arrivées ou des départs des uns et des autres, le campement Gilet jaune Monsanto préparait l’arrivée de la pluie : isolant sur la cabane en bois, et divers autres petits travaux.

    Mais s’agissait-il d’un oubli, personne ne semblait avoir préparé un gilet jaune étanche pour Milk, le chien mascotte du groupe. En tout cas, lui, ne semblait pas s’en plaindre, gardant fièrement le périmètre du campement.

    https://www.ladepeche.fr/article/2018/12/15/2925194-les-gilets-jaunes-campent-a-trebes-devant-monsanto.html

    Trèbes dans l’Aude où il y a eu des inondations meurtrières que la larbine Wargon du larbin De Rugy attribue, a tort au RCA comme je le rappelle dans mon dernier billet.

    Et quand Hulot rimait avec Monsanto…

    • Il devrait être évident pour tout le monde maintenant qu’on n’a absolument pas besoin d’état ni d’institutions pour s’organiser et fonctionner bien mieux que sous le joug… C’est une des grandes leçons que tireront les gens de ce mouvement des GJ quoi qu’il arrive. Des dizaines voire des centaines de milliers de gens font connaissance avec l’organisation spontanée et la démocratie directe, ça fonctionne de la même manière à plus grande échelle, suffit d’adapter.
      Pour la plupart, pour la 1ère fois de leur vie, ils se rassemblent avec des inconnus, partagent des choses fortes, s’organisent entre eux, sans chefs, sans relation dominant/dominé.
      RIEN NE SERA PLUS JAMAIS COMME AVANT !
      et à terme, le peuple triomphera, le premier coin est enfoncé, la digue s’effrite. L’érosion fera le reste jusqu’à une petite poussé finale.

      • Absolument, en zapouillant vite fait la téloche c’est ce qui ressortait des paroles des GJ dans la rue ce samedi 5 décembre et à la grande surprise de tous ; une solidarité, une entraide même se sont créées, spontanément, inédites, c’est frappant.
        D’ailleurs un étudiant a parlé à la suite d’un GJ sur CNIOUZE et a médusé le gars qui lui a tendu le micro et les gens en plateau qui ont dû sortir les avirons pour souquer ferme…

        Comme a Sioux Standing Rock où la résurgence indigène a rejailli, en France s’est produit la même chose avec le mouvement des GJ ou Yellow Vest…

        Enfin il me semble.

        • Il y a une prise de conscience politique, il y a quelque chose qui est en train de changer de dimension… C’est très, très positif, les revendications des gens de plus en plus concernés par la démocratie directe et les pancartes sur Paris et les interventions demandant une participation accrue du peuple dans le décisionnaire est qq chose de nouveau et de très positif. Bien sûr on est encore loin de l’idéal anarchiste, mais il y a un saut qualitatif indéniable dans ce qu’on vit et on entend.
          Les Champs Elysées sont calmes, occupés par qq milliers de GJ, c’est un secteur piétonnier… pour les gugusses accros à « l’empreinte carbone » (ah ah), qu’on fasse l’empreinte carbone des CE ces dernières semaines, surtout aujourd’hui, tout est fermé, pas de lumières allumées pour rien, pas de bagnoles, pas de pollution, pas de métro, c’est pas des taxes qu’il faut pour « sauver la planète » mais une insurrection permanente ! 😉 😀

          • Exactement !

            Même si c’est un supplice, y faut entendre Juppé et autres, complètement déconnectés de la réalité qui s’impose à eux aujourd’hui.

            Oui, on est clairement sur un changement de plan, de dimension, c’est vraiment ce qu’on ressent à voir, entendre les GJ sur les RP pas seulement à la téloche, loin.

            Les gens klaxonnent, même quand y’a pas de caméras, et c’est encore plus frappant dans les petites villes voire villages de cambrousse !

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