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Résistance au colonialisme: nous sommes tous des palestiniens, nous sommes tous des colonisés… (avec John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2017 by Résistance 71

John Pilger de retour à son meilleur niveau… Cela fait plaisir de le traduire de nouveau.

Pilger part de l’affaire de la Palestine pour condamner le colonialisme sioniste (ou autre), nous partons de la condamnation du colonialisme existant toujours (Canada, USA, Australie etc…) et y incluons bien entendu la Palestine et le sionisme.

Pilger nous dit en conclusion: “[…] si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.”

Nous disons depuis 2013 que “Nous sommes tous des colonisés”… Une fois de plus, on arrive aux mêmes conclusions par des voies différentes…

Il nous semble que sur bien des sujets s’opère une convergence de la dissidence sur l’universel. Tout ceci est de très bon augure car cela veut dire que les violons commencent à s’accorder au-delà du temps et de l’espace.

~ Résistance 71 ~

 

La Palestine est toujours le problème

 

John Pilger

 

11 juillet 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47416.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque je suis allé pour la première fois en Palestine, alors jeune journaliste dans les années 1960, je suis resté dans un kibboutz. Les gens que j’y rencontrais étaient de durs travailleurs, à l’esprit fort et s’appelaient eux-même des socialistes. Je les aimais bien.

Un soir, au dîner, je me suis enquéris de ces silhouettes de gens que l’on apercevait dans le lointain, au-delà de notre périmètre.

“Ce sont des Arabes, des nomades.” me disait-on. Ces mots étaient presque crachés. Israël, disaient-ils, à savoir la Palestine, avait été essentiellement une étendue déserte et une des grandes entreprises et succès sionistes avait été de rendre le désert vert. Ils me donnèrent en exemple leurs récoltes d’oranges de Jaffa, qui étaient exportées dans le monde entier. Quel triomphe sur la nature désavantageuse et la négligence humaine.

Ce fut le tout premier mensonge. La plupart des orangeraies et des vignobles appartenaient à des Palestiniens qui avaient travaillé la terre et exporté oranges et raisins vers l’Europe depuis le XVIIIème siècle. L’ancienne ville palestinienne de Jaffa était connue par ses anciens habitants locaux comme l””endroit des oranges tristes”. Sur le kibboutz, le mot “Palestinien” n’était jamais utilisé. Pourquoi, demandais-je. La réponse fut un lourd silence gêné.

Dans tout le monde colonisé, la véritable souveraineté des peuples indigènes est crainte par ceux qui ne peuvent jamais vraiment complètement masquer le fait et le crime, qu’ils vivent sur des terres volées. 

(Note de R71: L’oligarchie a réussi à faire croire depuis les “luttes d’indépendance” dans le monde après la seconde guerre mondiale, que nous vivons dans un “monde post-colonial”, ce qui est un mensonge et une falsification éhontés. Israël en l’occurence mais aussi les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et essentiellement tous les pays du Commomwealth britannique, vivent toujours sous le joug colonial avec des colons génocidaires installés et prêts à tout pour maintenir leurs privilèges, surtout celui du profit émanant des terres volées aux nations autochtones originelles et naturelles aux endroits…)

Nier aux gens leur humanité est l’étape suivante, comme les juifs ne le savent que trop bien. Violer la dignité d’un peuple, sa culture et sa fièreté s’ensuit de manière aussi logique que la violence.

A Ramallah, après l’invasion de la Cisjordanie par feu Ariel Sharon en 2002, je marchais dans les rues jonchées de véhicules écrasés et bordées de maisons détruites, j’allais au centre culturel palestinien. Jusque ce matin là, les soldats israéliens y avaient campé.

J’y fut accueilli par sa directrice Liana Badr, une romancière, dont les manuscrits originaux jonchaient le sol, déchirés. Le disque dur de l’ordinateur contenant sa fiction et une bibliothèque de pièces de théâtre et de poésie avait été saisi par les soldats israéliens. Pratiquement tout avait été démoli, vandalisé.

Pas un seul livre n’avait survécu intact, pas une seule K7 d’une des collections les plus originales du cinéma palestinien n’avait survécu au désastre.

Les soldats avaient uriné et déféqué sur les sols, sur les bureaux, sur les tapisseries et les œuvres d’art. Ils avaient badigeonné des excréments sur des peintures d’enfants et y avaient écrit, à la merde, “Born to Kill” / “Nés pour tuer”.

Liana Badr avait les larmes aux yeux, mais elle était droite et dit alors: “on le refera”.

Ce qui enrage ceux qui colonisent et occupent, volent et oppriment, vandalisent et violent, c’est le refus total des victimes de se plier et d’obéir. Et ceci est le tribut que nous devons tous payer aux Palestiniens. Ils refusent d’être asservis, ils refusent d’obéir. Ils continuent. Ils attendent l’heure de se battre de nouveau et ils le font alors même que ceux qui les gouvernent collaborent avec leurs oppresseurs.

Au milieu des bombardements israéliens de Gaza en 2014, le journaliste palestinien Mohamed Omer n’a jamais cessé de rapporté les évènements. Lui et sa famille furent touchés, il a dû faire la queue des heures durant pour avoir de l’eau et de la nourriture et a dû les transporter au travers des ruines et des décombres. Lorsque je l’avais au téléphone, je pouvais entendre les bombes exploser juste derrière sa porte. Il refusa d’obéir.

Les reportages de Mohamed, illustrés d’images horribles, étaient un modèle de journalisme professionnel qui faisait honte aux reportages indulgents des soi-disant grands médias britanniques en GB et aux USA. La notion d’objectivité de la BBC, amplifier les mythes et les mensonges de l’autorité, pratique dont elle est très fière, est quotidiennement couverte de honte par les reportages de journalistes comme Mohamed Omer.

Durant plus de 40 ans, j’ai enregistré le refus du peuple de Palestine de courber l’échine devant ses agresseurs et ses oppresseurs: Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union Européenne.

Depuis 2008, seule la GB a donné des licences d’exportation d’armes vers Israël ainsi que des missiles, des drones et des fusils de tireur d’élite pour une valeur de 434 millions de Livres.

Ceux qui se sont dressés contre cela, sans armes, ceux qui ont refuser d’obéir, sont des Palestiniens que j’ai eu le privilège de connaître:

Mon ami, feu Mohamed Jarella, qui travaillait pour l’UNRWA ; c’est lui qui me montra pour la première fois en 1967, un camp de réfugiés palestiniens. C’était un froid jour d’hiver et les élèves de l’école tremblaient de froid. “Un jour” disait-il, “un jour…”

Moustapha Barghouti, dont l’éloquence demeure intacte, qui décrivit la tolérance qui existait en Palestine entre les juifs, les musulmans et les chrétiens, jusqu’à ce que, me dit-il, “les sionistes voulurent un état aux dépends des Palestiniens.”

La Dr Mona el-Farra, médecin de Gaza, dont la passion fut de lever des fonds pour la chirurgie esthétique des enfants qui avaient été défigurés par les balles et les éclats de projectiles israéliens. Son hôpital fut pulvérisé par des bombes israéliennes en 2014.

Le Dr Khalid Dahlan, psychiâtre, dont les séminaires à Gaza pour les enfants rendus quasiment fous par la violence israélienne, étaient des oasis de civilisation.

Mort d’un nouveau-né

Fatima et Nasser sont un couple dont la maison se situait dans un village près de Jérusalem désigné “Zone A et B”, ce qui veut dire que cette zone de terre avait été déclarée “pour les juifs seulement”. Leurs parents vécurent là, ainsi que leurs grands-parents. Aujourd’hui, des bulldozers tracent des routes pour seulement les juifs, protégées par des lois uniquement pour juifs.

Il était juste après minuit lorsque Fatima commença ses contractions pour son accouchement, celui de son second enfant. Le bébé était prématuré et lorsqu’ils arrivèrent à un contrôle routier avec l’hôpital en vue, le jeune soldat israélien leur dit qu’ils avaient besoin d’un autre document pour pouvoir passer. Fatima saignait abondamment. Le soldat rit et imita ses gémissements et leur dit alors “retournez chez vous.” Le bébé naquit là, dans un camion. Bientôt il devint bleu de froid et, sans soins, mourut. Son nom était Sultan.

Pour les Palestiniens, ceci sera une histoire tout à fait routinière. La question est: pourquoi ces histoires ne sont-elles pas familières à Londres et Washington, Bruxelles et Sydney ? En Syrie, une cause libérale récente, une cause pour George Clooney, est grassement rémunérée en GB et aux Etats-Unis, bien que les bénéficiaires en soient les soi-disants rebelles, dominés par des djihadistes fanatiques, le produit de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak et de la destruction de la Libye moderne.

Et pourtant, la plus longue occupation et résistance des temps modernes n’est pas reconnue. Lorsque soudainement l’ONU remue l’affaire et définit Israël comme un état d’apartheid (NdT: ce qu’il n’est pas… L’Af’sud était un état d’apartheid, ségrégationniste, pas Israël, Israël est un état exclusif se voulant génocidaire: pas de cohabitation avec l’autochtone, soit il part sans espoir de retour, soit il est tué…), comme elle l’a fait cette année et il y a une levée de boucliers, pas contre l’état raciste en question, mais contre l’ONU qui a osé briser l’omerta.

“La Palestine”, disait Nelson Mandela, “est le plus grand problème moral de notre époque.” Pourquoi cette vérité est-elle supprimée ? jour après jour, mois après mois, année après année ?…

Pour Israël, l’état d’apartheid, coupable de crimes contre l’humanité et de plus de violations de la loi internationale que n’importe quel autre état, le silence persiste parmi ceux qui savent et dont le boulot est de maintenir le cap et l’ardoise propre.

Pour Israël, tant de journalisme est intimidé et contrôlé par un groupe de pensée qui demande le silence sur la Palestine tandis que le journalisme honorable lui, est passé dans la dissidence: métaphore sous-terraine….

Un seul mot “conflit”, permet ce silence. “Le conflit arabo-israélien”, récite les robots en lisant leur télé-prompteur. Lorsqu’un ancien journaliste de la BBC, un homme qui connaît la vérité, se réfère à “deux narratifs”, la contorsion morale est achevée.

Il n’y a pas de conflit, pas deux narratifs avec leur point d’équilibre moral. Il y a une occupation militaire forcée par une puissance dotée de l’arme nucléaire et soutenue par l’armée la plus puissante du monde ; il y en en plus une injustice de dimension épique.

Le mot “occupation” est peut-être banni, effacé du dictionnaire ; mais la mémoire de la vérité historique ne peut pas être bannie: celle de l’expulsion systémique des Palestiniens de leur terre ancestrale. Les Israéliens appelèrent cela le “Plan D” en 1948. L’historien israélien Benny Morris décrit comment David Ben-Gourion, le premier premier ministre d’Israël, a reçu cette question d’un de ses généraux: “Que doit-on faire des Arabes ?”

Le premier ministre, écrivit Morris: “balaya vigoureusement l’air de sa main.” “Expulsez-les !” déclara t’il.

Soixante-dix ans plus tard, ce crime est totalement supprimé de la culture intellectuelle et politique de l’occident. Ou alors c’est sujet à débat, à peine controversif. Des journalistes grassement payés acceptent avidement les voyages du gouvernement, l’hospitalité ou la flatterie, ils sont truculents dans leurs protestions d’indépendance. Le terme “d’idiots utiles” a été créé spécifiquemement pour eux.

Accepter des récompenses

En 2011, je fus frappé par la facilité avec laquelle un des romanciers les plus en vue de Grande-Bretagne, Ian McEwan, un homme baignant dans le flot de la lumière bourgeoise, a accepté le prix de littérature de la ville de Jérusalem dans l’état d’apartheid.

McEwan se serait-il rendu à Sun City dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ? Ils y donnaient également des récompenses, tous frais payés. McEwan a justifié son action par des mots hypocrites au sujet de l’indépendance de la “société civile”.

La propagande du type de celle délivrée par McEwan, contenant la conventionnelle frappe sur la main de ses hôtes satisfaits, est une arme de l’oppresseur en Palestine. Mielleuse, elle insinue presque tout ce qu’on veut de nos jours.

Comprendre et détruire la propagande culturelle et d’état est aujourd’hui notre tâche la plus critique. On nous pousse à marche forcée vers une seconde guerre froide dont le but éventuel est de subjuguer et de balkaniser la Russie et d’intimider la Chine.

Lorsque Trump et Poutine ont parlé à huis-clos pendant plus de deux heures en marge de la réunion du G20 à Hambourg, apparemment sur le besoin de ne pas aller en guerre l’un contre l’autre, les objecteurs les plus vociférateurs furent ceux-là même qui ont mené la charge du libéralisme, comme cet écrivain politique sioniste du quotidien du Guardian de Londres.

“Pas étonnant que Poutine souriait à Hambourg”, écrivit Jonathan Freedland, “il sait qu’il a réussi dans son objectif principal: il a rendu l’Amérique de nouveau faible.” Méchant Poutine…

Ces propagandistes n’ont jamais vu ni connu la guerre mais ils adorent le jeu impérialiste de la guerre. Ce que Ian McEwan appelle la “société civile” est devenue une riche source de propagande affiliée.

Ainsi lorsqu’Israël est rappelé à l’ordre par les gouvernements et les ONG de “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Prenez un terme souvent utilisé par les gardiens de cette “société civile”, les “droits de l’Homme”. Comme tout autre noble concept de “démocratie”, les “droits de l’Homme” se sont retrouvés vidés de leur substance et de leur objectif.

Tout comme le “processus de paix” et la “feuille de route”, les droits de l’Homme en Palestine ont été détournés par les gouvernements occidentaux et les ONG entrepreneuriales qu’ils financent (NdT: indirectement, mais il faut toujours suivre le fric pour savoir qui se cache derrière telle ou telle association ou ONG…) et qui affirme une chimérique autorité morale.

Ainsi, lorsqu’Israël est appelé par les gouvernements et les ONG à “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous très bien qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Remarquez le silence de l’UE, qui s’accommode parfaitement d’Israël tout en refusant de maintenir ses engagements au peuple de Gaza, comme par exemple maintenir ouverte la ligne de vie de Raffah, une mesure dont elle a accepté d’être un partenaire prépondérant au cours du processus d’arrêt des combats en 2014. Un port pour Gaza, dont le projet fut accepté par Bruxelles en 2014, a été abandonné.

La commission des Nations-Unies à laquelle j’ai fait référence s’appelle la Commission Economique et Sociale pour l’Asie Occidentale, a décrit Israël comme et je cite: “fabriqué pour le but principal” de la discrimination raciale. Des millions de gens comprennent cela. Ce que les gouvernements de Londres, Washington, Bruxelles et Tel Aviv ne peuvent pas contrôler est que l’humanité de la rue est en train de changer comme peut-être jamais auparavant.

Un monde en mouvement

Les gens, partout, remuent et sont de plus en plus conscients, de mon point de vue, que jamais auparavant. Certains sont déjà en révolte ouverte. L’atrocité de l’incendie de la tour Grenfell à Londres a rapproché les communautés dans un vibrant mouvement de quasi résistance nationale.

Grâce à une campagne populaire, le judiciaire examine aujourd’hui les preuves pouvant mener à une possible inculpation pour crimes de guerre de Tony Blair. Même si cela échoue, c’est un développement crucial qui met à bas une barrière de plus entre le public et sa reconnaissance de la nature vorace et prédatrice des crimes du pouvoir d’état, le dédain systémique pour l’humanité commis en Irak, en Palestine et dans l’évènement de la tour Grenfell. Ce sont des points qui ne demandent qu’à être connectés. Pour la plus grande partie de ce XXIème siècle, la fraude du pouvoir corporatiste posant comme la démocratie était directement dépendante de la propagande de distraction: largement fondé sur un culte du “moi-je”, du narcissisme créé pour désorienter notre sens et capacité de voir, regarder et considérer l’autre, d’agir ensemble pour la justice sociale et l’internationalisme.

Les notions de classe, genre et race furent écartelées. Le personnel devint le politique et le média le message. La promotion du privilège bourgeois fut présenté comme la “politique progressiste”. Ce ne l’était pas. Ne l’a jamais été. Ce n’est que la promotion du privilège et du pouvoir.

Parmi la jeunesse, l’internationalisme a trouvé une vaste nouvelle audience. Regardez le soutien à Jeremy Corbyn et le sort réservé au grand cirque du G20 à Hambourg. En comprenant la vérité et les impératifs de l’internationalisme et en rejetant le colonialisme, nous comprenons la lutte pour la Palestine,

Mandela l’a dit de cette façon là: “Nous savons tous parfaitement bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens”.

Au cœur du Moyen-Orient règne cette injustice historique en Palestine. Jusqu’à ce que celle-ci ne soit résolue et que les Palestiniens aient retrouvé leur terre et leur liberté et que les Israéliens soient les égaux des Palestiniens devant la loi, il n’y aura pas de paix dans la région et peut-être nulle part ailleurs. (NdT: ce que Pilger ignore ici est le fait que cela est fait pour cela, le but est la guerre et donc le chaos perpétuels, la division et la manipulation pour toujours plus de contrôle de la même clique sur le plus grand nombre…)

Ce que disait Mandela est que a liberté elle-même est précaire tandis que des gouvernements puissants peuvent simplement nier les autres, les terroriser, les emprisonner et les tuer, en notre nom. Israël comprend certainement la menace du fait qu’un jour, il devra être normal.

C’est pourquoi son ambassadeur en GB est Mark Regev, bien connu des journalistes comme étant un pro de la propagande et pourquoi “l’énorme bluff” des accusations d’antisémitisme, comme l’appelle l’historien israélien Illan Pappe, fut permis de déformer le parti travailliste et d’affaiblir la position de leader de Jeremy Corbyn. Le fait est que cela a échoué.

Tout bouge vite maintenant. La remarquable campagne du BDS (Boycott, Disinvestment and Sancions) est un succès, jour après jour, des villes, des syndicats et des corps étudiants la reconnaissent et l’endorsent. La tentative du gouvernement britannique de restreindre les conseils locaux d’endorser la campagne BDS a échoué devant les tribunaux.

Tout ceci n’est pas vain. Lorsque les Palestiniens se lèveront encore, comme ils le feront, ils ne seront peut-être pas couronnés de succès au début, mais ils le seront éventuellement si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.

Colonialisme en Palestine: Quand Israël amplifie le déluge…

Posted in actualité, écologie & climat, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 20 décembre 2013 by Résistance 71

Israël ouvre un barrage et provoque les inondations dans la Bande de Gaza

 

Par Middle East Monitor

 

16 décembre 2013

 

url de l’article:

http://www.ism-france.org/temoignages/Israel-ouvre-un-barrage-et-provoque-les-inondations-dans-la-Bande-de-Gaza-article-18606

 

Israël a ouvert le barrage Wadi Sofa, à l’est de Rafah, au sud de la Bande de Gaza, inondant des dizaines de maisons et laissant des centaines de personnes sans abri. Ihab al-Ghusain, directeur du Service d’Information du gouvernement de Gaza, a déclaré à la chaîne arabe Sky News que les équipes locales de la défense civile travaillaient à évacuer les maisons inondées.

Le maire de Rafah, Issa Nashar, a confirmé l’incident dimanche, disant : « C’est l’ouverture du barrage par Israël qui a provoqué les inondations dans les zones avoisinantes, avec 1 mètre d’eau de pluie accumulée. » Des précipitations sans précédent étaient auparavant survenues pendant le passage de la tempête Alexa, qui a frappé le Moyen-Orient la semaine dernière et provoqué une catastrophe humaine dans les zones les plus vulnérables de la région. 

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a confirmé que suite aux précipitations, d »énormes quantités d’eau ont stagné, et les autorités israéliennes « ont donc décidé de les faire écouler dans la Bande de Gaza. »

Un Palestinien a péri des suites des conditions météorologiques exceptionnelles et près de 5.000 ont trouvé refuge dans des établissements publics car leurs maisons sont inhabitables.

Lire également, sur Info-Palestine.net :
- « Gaza sous les inondations et sous blocus : une situation d’urgence extrême« , Eva Bartlett,, 16.12.2013
- « Gaza, sans électricité et sous les inondations, subit les pires effets du blocus israélien« , Eva Bartlett – Ayman Qwaider, 15.12.2013

- « Gaza sous les inondations – photos« , Ayman Qwaider, 15.12.2013

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

Colonialisme en Palestine: Une Nakba II en préparation ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 1 décembre 2013 by Résistance 71

Tout ce que fait Israël en Palestine occupée a été auparavant testé sur les Indiens des Amériques, qui ont été dépossédés, déportés, massacrés. Seules les méthodes se perfectionnent. Le colonialisme a le même visage partout. Il est le fléau #1 sur terre. Nous ne nous en débarrasserons pas tant que nous, les peuples occidentaux, ne rejetterons pas l’idéologie fondamentalement raciste derrière laquelle nous nous réfugions pour proclamer un « devoir de civilisation » des autres… des « sauvages », l’appropriation de leurs terres et ressources et ce bien sûr au profit financier du tout petit nombre.

— Résistance 71 —

 

Tout chaud de la presse: Nakba II Israël prend la température

 

Gilad Atzmon

 

30 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/hot-off-the-press-nakba-ii-israel-is-testing-the-water.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des contestations simultanées se sont produites Samedi à Hifa, Tayibe et Jérusalem au sujet de la loi Praver, un plan d’éviction des bédouins et de leurs communautés du désert du Néguev. La loi a provoqué une tempête, non seulement parmi les membres arabes du parlement qui ont votés contre, mais principalement par ceux contre qui cette loi est dirigée, les résidents bédouins du sud d’Israël.

Il semblerait qu’Israël prenne la température en examinant la réaction envers une autre expulsion massive de Palestiniens. Le ministre des affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman a dit aujourd’hui que “rien n’a changé depuis les jours de la méthode tour et confinement. Nous combattons pour les terres du peuple juif et il y a ceux qui essaient intentionnellement de les voler et de les saisir.”

Lieberman n’a pas laissé beaucoup de marge pour le doute. Une fois de plus, c’est l’état juif qui évince des Palestiniens de leurs terres en faveur du peuple juif et de leur intérêts juifs.

Israël prend la température en examinant la possibilité d’une autre Nakba. La seule question qui reste ouverte est de savoir si les Palestiniens sont prêts pour une 3ème Intifida.

Résistance politique: Le colonialisme sioniste… Gilad Atzmon analyse Ilan Pappe…

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 2 mai 2013 by Résistance 71

Excellente analyse de G. Atzmon. Stupéfiant de constater également que les ressorts du colonialisme sont identiques partout. Remplaçons les mots « Palestine » et « Palestiniens » par « indigènes », « natifs », « indiens, « amérindiens » ou tout autre peuple colonisé, et nous nous apercevons avec effroi que les fondements racistes et suprémacistes sont identiques. Les sionistes pratiquent en Palestine les vieilles recettes coloniales de contrôle et de construction hégémonique que les autres nations coloniales ont appliquées à partir de 1492 avec l’effet génocidaire que nous connaissons…

Plus au sujet de la colonisation bientôt sur ce blog…

— Résistance 71 —

 

Suprématie judéocentrique et l’inconfort d’Ilan Pappe

 

Gilad Atzmon

 

1er Mai 2013

 

url de l’article original:

http://www.informationclearinghouse.info/article34783.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ilan Pappe est une voix importante. Un de ces historiens courageux, suffisamment brave pour ouvrir la boîte à pandore de 1948. Dans les années 1990, Pappe, parmi quelques autres Israéliens post-sionistes, ont rappelé aux Istraéliens leur pêché originel, le nettoyage ethnique orchestré et racialement motivé du peuple indigène de la Palestine: la Nakba.

Mais comme beaucoup d’historiens, Pappe, bien que familier avec les faits historiques, semble être incapable de bien saisir ou est réticent à s’intéresser à la signification idéologique et culturelle de ces faits.
Dans son article récent: , When Israeli Denial of Palestinian Existence Becomes Genocidal, Pappe tente d’expliquer le perpétuel déni israélien de la cause palestinienne. Comme Schlomo Sand, Pappe remarque que la conception du président israélien Shimon Peres de l’histoire est un “narratif fabriqué”.

Jusque là, tout va bien, mais Pappe loupe le coche. Pour une raison indéterminée, il croit que le refus de Peres de concevoir la souffrance palestinienne est le résultat d’une “dissonance cognitive”, à savoir: un inconfort dont on fait l’expérience lorsque deux ou plusieurs idées, valeurs ou croyances en conflit l’une avec l’autre sont envisagées en même temps.

Mais quelles sont ces idées ou valeurs conflictuelles retenues par les Israéliens et leur président, qui leur causent tant “d’inconfort” ? Pappe ne nous le dit pas. Il n’explique pas non plus comment Peres a supporté un tel ‘inconfort” pendant plus de six décennies. Bon, je suis d’accord pour dire que Peres, Netanyahou et beaucoup d’Israéliens montrent souvent de clairs signes psychotiques, mais une chose que je ne peux pas détecter dans les faits et gestes de Peres est un quelconque “inconfort”.

Je pense clairement que Pappe a tort sur ce point ; Expulsion, nettoyage ethnique ainsi que les perpétuels abus des droits de l’Homme en Palestine, sont en fait consistants avec la culture suprémaciste, nationaliste juive ainsi qu’avec une plus stricte interprétation de l’héritage biblique juif.

Pappe écrit: “Les perpétrateurs du nettoyage ethnique de 1948 furent les colons sionistes qui vinrent en Palestine, comme le natif de Pologne Shimon Peres, avant la seconde guerre mondiale. Ils refusèrent l’existence même des natifs qu’ils rencontrèrent et qui vivaient là depuis des centaines d’années sinon plus.” Là, Pappe a raison, mais il continue: “Les sionistes n’ont pas eu à l’époque, la force de résoudre la dissonance cognitive qu’ils expérimentaient: leur conviction que la terre était inhabitée, malgré la présence de tant de personnes natives de l’endroit.” Mais Pappe échoue à montrer quelque signe que ce soit d’une telle dissonance. Se pourrait-il que le directeur des études palestiniennes de l’université d’Exeter soit juste ignorant ?

Certainement pas, Pappe est loin d’être ignorant. Pappe connait parfaitement l’histoire du sionisme et d’Israël, bien mieux que la plupart des gens. Il sait que les “colons sionistes”, comme “le polonais Shimon Peres”, étaient motivés idéologiquement et culturellement. Mais alors, pourquoi un professeur d’histoire tente t’il de ne pas voir “l’idéologie” et la “culture” de ces sionistes du début ?

Les sionistes du début n’étaient ni aveugles ni stupides. Ils voyaient les Arabes sur la terre de Palestine, dans les champs, les villages et dans les villes, mais étant motivés par une philosophie raciste, suprémaciste et expansioniste, ils considéraient très probablement les Arabes comme des sous-hommes et ainsi réfutaient leurs droits, leur culture, leur héritage et de fait leur humanité, bien plus facilement. [1]

Mais, bien qu’une analyse culturelle et idéologique résoud la soi-disant “dissonance” et illumine la complexité historique, Ilan Pappe évite d’élaborer sur ces sujets. J’ai de bonnes raisons de croire que la vérité est bien trop crue et puissante à digérer pour l’audience de Pappe. Donc, au lieu de cela, Pappe continue avec son modèle psychologique : “Les sionistes ont presque résolus la dissonance quand ils ont expulsé autant de Palestiniens qu’ils le pouvaient en 1948 et furent laissés avec une petite minorité de Palestiniens au sein de l’État Juif.”

Toujours est-il que cela pourrait aider si Pappe nous donnait la preuve “historique” nécessaire qui prouverait que la Nakba fut en fait une tentative de “résoudre une dissonance cognitive collective sioniste”. J’anticipe que Pappe sait très bien que c’est en fait le manque d’une telle “dissonance cognitive” qui a conduit quelques israéliens comme Uri Avnery, Gideon Levy et Pappe lui-même, vers l’universalisme, l’humanisme et l’activisme pro-palestinien.

Je suppose que le nouveau modèle analytique cognitif de Pappe nous dit très peu sur le sionisme, Israël ou Shimon Peres, mais il nous en dit en fait beaucoup sur Pappe et sur l’état du discours intellectuel de la solidarité palestinienne. L’inconfort dont il parle est en fait le sien: le clash entre des faits connus et acceptés et les conclusions logiques qui s’imposent et la tâche qu’il a acceptée de résoudre la quadrature du cercle, d’envelopper un pojet suprémaciste raciste dans un emballage de babillage psychologique et en le présentant comme rien de moins qu’une pandémie de “dissonance cognitive”.

Pour quelque raison que ce soit, bon nombre d’entre nous insistent sur la production de chroniques “inoffensives” du barbarisme israélien et du nationalisme juif qui tente de masquer et de dévier du cœur du problème culturel et idéologique évident , plutôt que de le montrer du doigt.

Pourtant, la question qui me titille est de savoir comment il est possible qu’un éminent universitaire exhibe une telle compréhension problématique d’un conflit après l’avoir étudié pendant plus de trente ans.

La réponse est en fait gênante. Pappe est un érudit sérieux et une personne très agréable. Mais dans le climat actuel, Pappe, comme bien d’autres, ne peut pas explorer librement la vérité sur le sionisme et l’État Juif. La choquante vérité est que Pappe était bien plus intellectuellement provocateur et intéressant lorsqu’il enseignait à l’université de Haïfa que maintenant alors qu’il dirige l’Institut des Études Palestiniennes de l’université d’Exeter. Il est juste de supposer que de dire la vérité au sujet de la culture qui dirige l’État Juif coûterait à Pappe sa carrière académique en Grande-Bretagne et de manière évidente le soutien qu’il a de la soi-disant “gauche” juive, sans parler des collaborateurs palestiniens financés par George Soros.

Ainsi, au lieu de rechercher la vérité, Pappe et les autres finissent par chercher des modèles “innofensifs”, quoi que ce soit pour maintenir l’image de “solidarité”.

Je n’ai aucun doute que Pappe sait maintenant que les Israéliens sont loin d’être tourmentés par la cause palestinienne. Ils ne regrettent pas la Nakba non plus, ils ne versent pas de larmes sur leur assaut passé raciste sur les gens de la terre de Palestine. Comme les sondages israéliens l’ont révélé encore et toujours, la plupart des Israéliens soutiendraient aujourd’hui une seconde Nakba tout comme ils ont soutenu les tapis de bombes criminels largués sur les populations civiles au temps de l’opération plomb durci. Pappe sait tres bien que la politique raciste israélienne et les attitudes collectives sont culturelles et idéologiques, plutôt que motivées politiquement. Israël est l’État Juif et sa politique est dictée par une nouvelle interprétation hébraïque de la culture juive et de l’héritage judaïque.

Pappe est un humaniste et je veux croire que dans l’intimité, il ressent lui-même un certain inconfort. Au fond de lui-même, Pappe doit connaître la vérité. Il sait ce qui motive le sionisme et le militarisme israélien. Il le sait parfaitement, mais pour des raison évidentes, il doit se taire et envelopper le conflit avec une terminologie défaillante et des modèles cognitifs “innofensifs”.

Au lieu de s’engager dans un discours ouvert et de creuser la vérité du conflit, nous voyons nos plus éminents universitaires s’engager activement dans la dissimulation de la vérité. Ceci est en fait une tragédie, car le discours de la solidarité palestineinne est maintenant un véritable désert intellectuel. Nous avons tué et enterré nos penseurs les plus inspirationnels [2] et nos poètes. Nous les avons remplacé par des slogans rigides et une banale culture Herem [3]

De manière néanmoins intéressante, au moment où Pappe a fini d’écrire son article, il n’était plus lui-même convaincu de son propre modèle. Il écrit: “Il est assourdissant d’apprendre que les sionistes de la première heure refusaient l’existence même des Palestiniens en 1882 lorsqu’ils arrivèrent; il est même encore plus choquant d’apprendre qu’ils continuent de nier leur existence, au delà des communautés sporadiques ghettoïsées, en 2013.

La signification de ceci est très claire: Nous avons ici affaire à un déni total et catégorique d’autrui. Ceci n’est pas un signe de “dissonance cognitive”, mais plutôt un continuum historique de la condition psycho-pathologique qui est inhérente au choix de politique. Ceci est le résultat direct de la suprématie judéo-centrique, le domaine même que Pappe et bien d’autres préfèrent ne pas attaquer.

A la fin de son article, Pappe affirme que Peres est un “fou” qui ignore “que des millions et des millions de gens, bon nombre d’entre eux étant sous la coupe de son armée ou de la règle d’apartheid tandis qu’il interdit activement et sans merci le retour du reste de ces gens sur leur terre native.” Mais si Peres est un “fou”, il n’est sans doute pas rongé par l’inconfort. Si Peres est fou, il n’est pas dans un état de “dissonance”, luttant sans cesse pour intégrer des idées conflictuelles. Bien au contraire, Peres est, dans toute son ignominie, entièrement en paix avec lui-même.

Aussi loin que je sois concerné, Shimon Peres n’est pas du tout fou. Il est le mal, de manière cohérente et consistante. Il est le président de l’État Juif et il est grand temps qu’Ilan Pappe confronte ce fait et ce que cela veut dire.

=  =  =

Gilad Atzmon est un des tous meilleurs musiciens de jazz international de notre époque, philosophe, penseur humaniste et écrivain, Gilad Atzmon nous a mis au défi intellectuellement  depuis plusieurs années (principalement les juifs) afin d’examiner ce que définit la politique identitaire juive, ses croyances fondamentales suprémacistes et bien des problèmes qui en surgissent: ses stratégies, les déguisements variés du racisme, l’étouffement et la suppression de la liberté de parole. More

Notes

[1] De manière intéressante, ce fut en fait le soniste d’extrême droite notoire Vladimir Jabotinsky qui fut parmi les premiers à envisager la nécessité de résoudre la complexité de la gestion de la population indigène et ce dans le contexte du rêve sioniste. Ce fut l’ultra-nationaliste cruel Jabotinsky, plutôt que la “gauche” sioniste, qui voyait les Arabes comme un peuple fier et hautement culturel, qui préconisa que les indigènes devaient être confrontés militairement. Sur ce sujet, je recommanderai la lecture de Vladimir Jabotinsky’s Iron Wall.

[2] Juste cette année passée, nous avons vu le BDS faire campagne contre le professeur Normal Finkelstein, Greta Berlin, le député George Galloway et bien d’autres.

[3] Mot hébreu pour excommunication et boycott.

Média et propagande: Comment fabrique t’on un « consensus » politico-journalistique ?

Posted in actualité, désinformation, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , on 1 octobre 2012 by Résistance 71

Le même système de propagande, aménagé pour la circonstance, fonctionne également avec les sujets suivants:

  • Le réchauffement climatique anthropique
  • Le 11 Septembre
  • La « science » entourant le problème énergétique
  • L’impérialisme et le colonialisme occidentaux
  • L’histoire et la sociologie
  • La santé et le nutritionnel

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses, joue un rôle important dans une société démocratique (sic). Ceux qui manipule ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. »

« La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des évènements avec l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe… […] Une des doctrines de cette école de psychologie affirme qu’un stimulus souvent répété finit par créer une habitude, qu’une idée souvent réitérée se traduit en conviction. »

– Edward Bernays (« Propaganda, comment manipuler l’opinion en démocratie », 1928)

— Résistance 71 —

 

Comment écrire un article sur la réalité israélo-palestinienne

Pense-bête à l’usage du journaliste chargé du Moyen-Orient

 

Par Rudi Barnet

 

Juin 2011

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Comment-ecrire-un-article-sur-la.html?lang=fr

 

 

• Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

• Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense. Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

 

• Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

 

• Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens ! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

 

• Il n’est pas convenable de mentionner le nombre prisonniers palestiniens (11.000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de  terroristes ou supposés terroristes.

 

• Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

 

• Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe. On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

 

• Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés. A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

 

• Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël. Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

 

• Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

 

• Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

 

• Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

 

• Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

 

• Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

 

• Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

 

• Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

 

• Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

 

• Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler d’activistes. Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

 

• Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci »,  toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

 

• En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation »…  et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

 

• Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Evitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

 

• Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en Etat Juif, excluant de facto les 20% de musulmans de la population. Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

 

• Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note Importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre media. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites.

 

Impérialisme israélien, la quadrature du cercle…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , on 22 mai 2012 by Résistance 71

Israël, la politique de l’autruche

 

 

Par Pierre Sommermeyer

 

Mai 2012,

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/international/15669-israel-la-politique-de-lautruche

 

 

Il y a quelques jours la nouvelle est tombée. Trois colonies sauvages ont été régularisées par le gouvernement de Jérusalem. On aurait pu croire que le Printemps arabe amènerait des retombées bénéfiques dans cet endroit du proche orient, mais il n’en est rien. Israël, la société comme le pouvoir, s’enferme de plus en plus dans un processus qui ne vise qu’à maintenir au pouvoir une coalition de droite et droite extrême, quasi fascisante.

La coalition gouvernementale

Dirigée par Netanyahou, elle est soutenue par un éventail de partis allant de la gauche travailliste à l’extrême droite en passant par la droite classique et les religieux. C’est l’union sacrée, l’union nationale. L’opposition est incarnée par le centre droit (Kadima), issu du Likoud, le principal parti de droite et pour lequel il n’est pas question de faire alliance avec les partis arabes ou la gauche radicale incarnée par le Meretz. Pour les partis religieux qui soutiennent le gouvernement et lui garantissent une majorité au Parlement, il ne peut être question d’un quelconque abandon de la volonté de revenir aux frontières mythiques juives. Tout geste de défiance par rapport aux colonies reconnues ou clandestines ne peut que fragiliser la majorité. Les religieux et l’extrême droite représentent près d’un tiers des sièges au Parlement. Ils sont incontournables pour toute majorité. En conséquence, espérer qu’un changement notable advienne d’un processus parlementaire relève du rêve.

Les colonies

Les colons israéliens et ceux qui les soutiennent ne se sont jamais remis de l’évacuation de Gaza. Elle reste un trauma profond. D’autre part, les implantations d’enclaves en territoire palestinien sont illégales d’un point de vue international. Cette décision date de mars 1979 et a été prise par l’ONU et n’a pas été remise en cause depuis. Cette décision n’a eu aucune conséquence sur la politique israélienne ! Un petit rappel statistique maintenant : sur 7 millions et demi d’habitants, Israël compte presque 500 000 colons dont 200 000 à proximité de Jérusalem et les autres dispersés en Palestine. Rappelons-nous les revendications du printemps israélien (Monde libertaire décembre 2011-février 2012) concernant la crise du logement dans le pays. La spéculation immobilière battant son plein là comme ailleurs, les colonies apparaissent comme une soupape de sûreté. C’est une manière de calmer le climat social en en faisant payer le prix à d’autres. L’existence de chantiers de construction dans ces enclaves implique l’utilisation d’une main d’œuvre proche, c’est-à-dire venant des territoires occupés. Ainsi, l’administration militaire aurait délivré 20 000 permis de travail. Kav LaOved, une ONG engagée dans la défense des ouvriers palestiniens travaillant dans les colonies, chiffre à 10 000 le nombre supplémentaire de travailleurs non déclarés, dont une bonne partie est employée dans les colonies agricoles. À ces travailleurs, les lois du travail israéliennes sont théoriquement appliquées, elles sont plus avantageuses que celles qui ont court dans les territoires occupés sous mandat de l’autorité palestinienne. Tout cela, avec en plus un réseau sécurisé de routes intercolonies, crée une situation quasi inextricable que le pouvoir israélien s’ingénie à complexifié dès que possible. Parfois, pourtant, un grain de sable se met en travers de sa route. C’est ce qui s’est passé à Hébron, au cœur de la Palestine. La police israélienne a fait évacuer une quinzaine de personnes, femmes, enfants, hommes d’une maison occupée dans cette vieille cité. Simultanément le ministre du Logement publiait des appels d’offre « pour la construction de 1 121 habitations, dont 1 002 dans des quartiers de colonisation à Jérusalem Est, occupé et annexé, 180 dans une colonie de Cisjordanie et 69 dans le Golan syrien occupé » (AFP). Peu de jours après, Netanyahou décidait de légaliser trois colonies dans lesquelles vivent un millier de personnes. Cette annonce a scandalisé, pour la forme, les amis occidentaux d’Israël. Mais toutes ces annonces servent essentiellement à faire passer la pilule concernant la colonie de Migron. La Cour suprême israélienne a décidé de faire évacuer cette colonie avant le 1er aout 2012. C’est sur la requête de militants anticolonisation que la Cour suprême a pris sa décision. Elle aurait été construite sans autorisation du gouvernement. Selon Shalom Akhshav (La Paix maintenant) : « Migron a été construit (il y a dix ans) sur des terres dont l’État d’Israël savait, d’après ses propres registres du cadastre, qu’elles appartenaient à un certain nombre de familles palestinienne qui habitent les villages voisins de Burqa et de Deir Dibwan. […] Les colons ont établi leur colonie sur des terres privées palestiniennes avec la coopération d’instances gouvernementales et sous la protection de l’armée et de la police. » L’extrême droite israélienne, ainsi que des groupes religieux extrémistes, ont décidé d’en faire un casus belli. Qu’en est il du côté palestinien ?

En Palestine, une relève ?

Dire que la Palestine est dans une impasse, autant à l’intérieur qu’au plan international, est un euphémisme. La reconnaissance par l’ONU comme État observateur, son entrée à l’Unesco, tout cela ne change rien au rapport de force intérieur. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a perdu tout espoir de faire évoluer la situation. À force d’avoir accepté les diktats israéliens en matière de sécurité intérieure, il ne représente aucun intérêt en tant que négociateur possible d’une sortie de l’impasse. Gaza se rappelle, quant à elle, au regard international en envoyant quelques jeunes et futurs martyrs envoyer une ou deux fusées artisanales vers Israël avec le retour de bombes inévitable. Le Hamas, qui tient d’une main ferme cette bande de territoire, vient de procéder de façon quasi clandestine au renouvellement de sa direction. Il semblerait que les membres modérés aient été écartés au profit de « militants ». Le Hamas continue à ne pas vouloir reconnaître Israël comme un État et a envisager des élections dans toute la Palestine avec réticence. Comment sortir de cette impasse ? La clé est entre les mains du pouvoir de Jérusalem, qui le sait très bien et ne veut surtout pas l’utiliser. Cet homme s’appelle Marwan Barghouti. Quand le vieux militant pacifiste Uri Avnery parle de lui, il le désigne comme le Mandela palestinien. Il a été arrêté en 2002. Considéré comme le responsable de la deuxième intifada et de plusieurs attentats « terroristes » en Israël il fut traduit en justice. Avnery dit que « son jugement fut une farce, évoquant plus l’arène romaine d’un combat de gladiateurs qu’un processus judiciaire ». Il fut condamné cinq fois à vie. Barghouti est issu d’une grande famille palestinienne dont une des membres est le leader des actions contre le Mur autour de B’ilin. Il est reconnu comme le leader incontesté des prisonniers palestiniens et, du fait de son éloignement physique, n’a pas pris part au conflit entre Ramallah et Gaza. Il vient de profiter de son audience incontestée pour faire circuler un manifeste appelant à durcir l’action contre Israël. Cette diffusion s’est faite dans un silence presque total, tant cela va à l’encontre des habitudes de l’establishment palestinien.

Appel à la non-coopération totale

Il semble s’agir des premiers pas d’une campagne de désobéissance civile. Laissons la parole à Uri Avnery, qui se considère comme l’ami de ce Mandela du Proche-Orient :

« Marwan appelle à une rupture totale de toute forme de coopération, économique, militaire ou autre. Un point central de cette coopération est la collaboration quotidienne des services de sécurité palestiniens, formés par les Américains, avec les forces d’occupation israéliennes.

– Marwan appelle aussi au boycott total d’Israël, des institutions et des produits israéliens dans les territoires occupés et partout dans le monde. Les produits israéliens devraient disparaître des boutiques de Cisjordanie et les produits palestiniens faire l’objet d’une promotion.

– Marwan plaide pour que l’on mette fin à la comédie qu’on appelle « négociations de paix ». Marwan propose d’officialiser l’absence de négociations de paix.

– Marwan met l’accent sur l’unité palestinienne, en faisant appel à sa force morale considérable pour faire pression tant sur le Fatah que sur le Hamas

– Marwan Barghouti a perdu tout espoir d’obtenir la paix en coopérant avec Israël, ou même avec les forces d’opposition israéliennes. Le mouvement de la paix israélien n’est plus mentionné.

– Marwan reste aussi engagé dans l’action non violente, en étant venu à la conclusion que les attaques violentes d’hier portaient préjudice à la cause palestinienne au lieu de la servir. »

Uri Avnery termine son article en disant que, « comme Nelson Mandela dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid, l’homme qui est en prison pourrait bien avoir plus d’importance que les dirigeants qui sont dehors ».

Et la solidarité ?

La dernière grande action internationale a eu pour nom « Bienvenue en Palestine ». Comme l’action précédente, mais cette fois par les airs, il s’était agit de rejoindre la Palestine. Comme la fois précédente, ce fut un échec. Moins tragique que lorsque la marine israélienne étaient intervenue brutalement en 2010. La question qui se pose est de comprendre pourquoi et comment de telles initiatives sont prises alors que le résultat est prévu d’avance. Le pouvoir israélien s’est enfermé dans un ghetto, tant mental que matériel, tel qu’aucune tentative de ce genre ne puisse réussir. Je crois, contrairement à Barghouti (c’est plus facile pour moi j’en conviens) que, si issue il y a, elle ne peut venir que de l’intérieur d’Israël. Le levier possible est entre les mains de ceux qui travaillent d’un côté et de l’autre de la frontière, d’un côté et de l’autre du Mur. Faut il rappeler que les Anarchistes contre le mur comme les objecteurs de conscience ont besoin de soutiens financiers tant pour payer leur avocats que leurs amendes ?

 

 

 

Resistance politique: Israël et la restriction de la liberté de circulation, lettre ouverte au premier ministre belge

Posted in actualité, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , on 6 septembre 2011 by Résistance 71

Lettre ouverte à Yves Leterme pour son voyage en Israël

 

Bienvenue en Palestine

 

5 septembre 2011

 

Url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Lettre-ouverte-a-Yves-Leterme-pour.html?lang=fr

 

Monsieur le Premier Ministre, Nous avons appris que vous vous apprêtiez à visiter Israël les 4 et 5 septembre. Des rencontres avec, entre autres, le Premier ministre israélien, Monsieur Benjamin Netanyahu et avec le président israélien, Monsieur Simon Peres, sont prévues au programme.

Ceci nous semble une bonne occasion d’interpeller Monsieur Netanyahu à propos de notre groupe de 41 Belges qui, au début juillet, ont été détenus de manière illégale pendant trois jours dans les prisons d’Israël. À aucun moment, nous n’avions constitué un danger pour l’ordre public. Trois autres belges, qui devaient partir de la France n’ont pas pu prendre l’avion. Leurs noms figuraient sur une « liste noire » que les autorités israéliennes avaient livrée aux compagnies aériennes.

En tant que force occupante, Israël applique une politique par laquelle elle contrôle l’accès aux Territoires palestiniens, de même que la liberté de mouvement à l’intérieur de ces mêmes territoires. Les personnes qui voudraient visiter la Cisjordanie ne peuvent en principe atteindre les Territoires que par l’aéroport de Tel-Aviv (Ben Gourion) ou par la Jordanie (Allenby Bridge) et sont alors soumises à des interrogatoires. Israël se garde le droit de refuser aux visiteurs l’accès aux Territoires palestiniens et de les rapatrier vers leurs pays d’origine.

Pour les Palestiniens, la liberté de mouvement est fortement entravée à cause des nombreux check-points et du mur. En outre, ils reçoivent une carte de séjour pour la Cisjordanie, Gaza ou Jérusalem, avec laquelle ils ne peuvent en aucun cas se déplacer vers une autre région que celle qui leur a été autorisée.

Les premières victimes de cette politique sont bien entendu les Palestiniens eux-mêmes. Mais il va de soi que les limitations d’accès compliquent fortement le travail des ONG locales et que, de la sorte, la population palestinienne n’a pas accès aux matériaux d’aide essentiels.

Afin d’éviter toutes ces barrières, nombreux sont les voyageurs qui cachent la vraie destination de leur voyage. Lorsque nous avons atterri ce 8 juillet à l’aéroport Ben Gourion, nous ne voulions plus recourir à de telles pratiques et, lors de notre arrivée, nous avons donc déclaré vouloir voyager dans les Territoires palestiniens afin d’y visiter quelques projets d’ONG palestiniennes.

Nous avons dès lors été aussitôt privés de notre liberté. Nous avons été trainés d’interrogatoire en interrogatoire et, enfin, transférés vers des prisons israéliennes où nous avons passé trois jours. Cette détention était, pour diverses raisons, illégale et nombre de droits fondamentaux ont étés violés.

Aucun des détenus n’a reçu de décision mentionnant le motif de la détention. Même si la législation israélienne le prévoit, nous n’avons comparu devant aucun juge administratif pendant ces trois jours de détention.

Nos téléphones portables, appareils photos et médicaments ont été confisqués. Les personnes qui avaient besoin d’aide médicale ne pouvaient pas prendre leurs médicaments. Ceux-ci ne leur ont en effet été rendus que quelques jours plus tard. À la suite de quoi l’un des participants, le Dr Jan Cools, a craqué.

Personne ne pouvait prévenir sa famille ou ses amis (seul le consul de Belgique a pu transmettre de façon indirecte des informations générales aux familles). Ce n’est que deux jours plus tard que certains ont reçu la possibilité de passer un coup de fil, bien entendu en présence d’un militaire israélien.

La majorité d’entre nous n’ont pas eu la possibilité de voir un avocat.

Certains d’entre nous ont été traités avec une rare violence, pendant l’arrestation. Nous avons tous étés fortement intimidés par la présence massive d’agents de police et de militaires.

Après trois jours, lorsque nous avons été embarqués dans un avion à destination de la Belgique, on nous a informés que nous n’avions plus le droit d’entrer en Israël ni en Palestine pendant les dix prochaines années. À propos de cette mesure non plus, nous n’avons toujours pas reçu la moindre raison.

Jusqu’à ce jour, ni vous, ni Monsieur Van Ackere, votre ministre des Affaires étrangères, ne vous êtes prononcés sur ce qu’il nous est arrivé.

Votre visite auprès de Monsieur Netanyahu nous semble l’occasion idéale de lui en parler.

Nous vous prions de lui demander pourquoi l’accès à la Palestine nous a été refusé et comment il justifie, tant du point de vue du droit international que du droit Israélien, notre détention illégale.

Vous devez également exiger de sa part que nous recevions à nouveau la possibilité de visiter la Palestine. En effet, nous ne constituons en aucun cas une menace pour l’ordre public israélien.

Enfin, il nous semble pertinent que vous l’interpelliez sévèrement concernant les limitations d’accès aux Territoires palestinien et les restrictions à la liberté de mouvement à l’intérieur même de ces territoires, et que vous condamniez fortement la manière dont vos concitoyens ont étés traités par les autorités israéliennes.

Nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir vous préoccuper du sort de vos propres concitoyens, mais également de celui des Palestiniens.

Avec toute notre considération,

Boudami Abdellah – Boumazzoughe Nadia – Bounir Yamina – Cools Jan – De Ly Myriam – Dreezen Jan – Dupire David – Hammouchi Nourdin – Moumni Hajar – Najar-Ghizzi Anne-Marie – Nardella Lucie – Saadoum Yousra – Julie Tieleman – Snad Assyia – Uariachi Nawal – Ural Ibrahim – Waroquiez Dominique , participants de la Délégation belge de la mission internationale « Bienvenue en Palestine ».