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Science marchande… Pfizer multirécidiviste du mensonge et de la corruption…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, désinformation, documentaire, guerres hégémoniques, média et propagande, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologie, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , on 20 mai 2021 by Résistance 71

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Avec la clique associée des Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson et autres pourritures de la science marchande falsifiée, pas loin derrière dans leurs activités de lobbying et de tromperie généralisée. Ici l’objectif est double, la règle du 2 en 1 :

  • Engranger le fric dans un marché organisé comme un véritable racket international en bande organisée et..
  • Cocher les cases de l’agenda eugéniste de réduction de la population mondiale

Nous devons considérer et admettre une fois pour toute une vérité terrifiante mais bien réelle qui est celle-ci :
L’industrie pharmaceutique, en tant qu’industrie marchande dont le seule fonction est de rémunérer des actionnaires veules et imbéciles, n’a aucun intérêt à guérir les gens de quoi que ce soit. De fait, elle doit les rendre de plus en plus malades pour assurer une rente perpétuelle avant de finit le boulot en achevant les patients criblés de maux dérivés d’effets secondaires souvent dévastateurs. Nous irons même plus loin : cette industrie doit contrôler l’amont et l’aval  des maladies c’est à dire les créer et les « traiter ». Tout n’est que gestion de pathologies servant le double but du profit et de la réduction de la population mondiale selon un dogme néo-malthusianisme bien ancré dans la populace milliardaire « d’élites » auto-proclamées. Ce n’est pas un hasard si l’industrie pharmaceutique n’est en fait qu’une branche de l’industrie chimique… La seconde rend les gens malades dans un environnement de plus en plus toxique et la première, succursale de la seconde, engrange les profits sur une ligne thérapeutique chimérique et lucrative sous la forme d’une rente à vie avant de bien achever les bêtes de somme.
Simple et efficace. Ça l’est d’autant plus que nous les laissons faire, hypnotisés que nous sommes par le miroir aux alouettes de la « science » projeté à grand renfort d’effets de manches de blouse blanche portées par des scientifiques essentiellement (mais pas exclusivement…) véreux, vendus aux dieux du fric et de la gloriole.

Il est temps de sortir de l’hypnose généralisée et de reprendre les affaires médicale (et scientifiques) en main pour redonner à la science sa fonction humaine. La science, en tout domaine, a été détournée au profit de ce double agenda depuis au moins 70 ans, voire plus si l’on considère la récupération de la médecine américaine par l’industrie pétrochimique des Rockefeller entre 1910 et 1916. Si l’on veut en sortir, il faut sortir de la relation toxique état-marchandise-argent-salariat et transformer radicalement notre société pour que surgisse enfin toute notre humanité réalisée.
Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

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Nous ne devrions pas accorder notre confiance à des laboratoires pharmaceutiques condamnés et multirécidivistes comme Pfizer

Le média en 442

13 mai 2021

url de l’article orignal:
https://lemediaen442.fr/nous-ne-devrions-pas-accorder-notre-confiance-a-des-laboratoires-pharmaceutiques-condamnes-et-multi-recidivistes-comme-pfizer/

Une chose étonne dans la gestion de la crise sanitaire, c’est le choix de faire appel, avec le minimum de garanties, à des laboratoires pharmaceutiques multi-condamnées pour assurer les solutions médicales ou logistiques. Amendes record pour Pfizer ou Johnson & Johnson, idem pour Mc Kinsey dans des cas de scandales sanitaires de grande ampleur. Et visiblement, rien ne semble affecter la confiance que leur portent les dirigeants, totalement soumis aux conseils et aux conditions des maîtres lobbyistes en chef.

Pfizer

La firme américaine est à l’origine du vaccin à ARN messager, prouesse technologique saluée par tous et devrait, grâce à ce seul produit, engranger 15 milliards de dollars de recettes cette année.

Pfizer s’attend par ailleurs à dégager sur ce produit une marge avant impôt de 25% à 30%, selon un communiqué publié le 2 février.

À Bruxelles, la firme emploie de deux à cinq personnes qui peuvent aller et venir au sein des institutions et dépense environ 900 000 euros en lobbying. Et à Washington, les dépenses en lobbying de la firme se montent à 11 millions de dollars pour 2020.

Connaissez-vous l’affaire du virus synthétique de Pfizer?

En avril 2010, un jury fédéral américain (US District Court de Hartford) a accordé 1,37 million de dollars de dommages-intérêts à une ancienne scientifique de Pfizer, Becky McClain,  une biologiste moléculaire, qui a affirmé avoir été contaminée par un virus génétiquement modifié dans un laboratoire de l’entreprise, puis renvoyée pour avoir soulevé des problèmes de sécurité.

Le jury a jugé que Pfizer avait violé les lois protégeant la liberté d’expression et les lanceurs d’alerte en lançant des représailles à l’encontre de Mme McClain, qui a travaillé pour l’entreprise de 1996 à 2005.

« Lorsque je me suis opposé à Pfizer dans une bataille juridique en tant que lanceuse d’alerte pour la sécurité dans les laboratoires de biotechnologie, l’immense réseau de relations économiques et politiques de Pfizer était son plus puissant défenseur contre moi et contre la santé et la sécurité publiques.»

«Par exemple, la Division de la santé au travail de l’Université de Yale, sans aucune justification pour étayer ses affirmations, a envoyé une lettre à mon médecin indiquant que le lentivirus auquel j’ai été exposé chez Pfizer «est incapable de provoquer des maladies». Quand j’ai découvert cela, j’étais indignée ! Le lentivirus était en effet dangereux; les preuves publiées plus tard sur le lentivirus ont confirmé que ce virus pouvait infecter les humains et qu’il était conçu pour attaquer les gènes humains. J’ai appris plus tard que Pfizer donnait à Yale une somme substantielle.»

«Pfizer a infiltré de nombreuses agences gouvernementales et autres structures de pouvoir pour arrêter tous les lanceurs d’alerte. Le seul espoir que nous ayons est d’amener notre gouvernement à nous accorder le pouvoir de riposter. Cette bataille a besoin de plus de soutien public et j’espère que mon histoire pourra inciter les gens à se joindre à nous dans cette lutte.»

Le jugement a été confirmé en appel en décembre 2012.

Autre scandale de grande ampleur, celui de la trovafloxacine, médicament contre la méningite

Pfizer a été accusé d’avoir pratiqué un essai clinique sur son antibiotique Trovan (trovafloxacine) en 1996 sur plusieurs centaines d’enfants et nourrissons lors d’une épidémie de méningite et de rougeole dans l’Etat nigérian de Kano (nord). Le test de la trovafloxacine, médicament contre la méningite sur 200 enfants avait provoqué la mort de 11 enfants et handicapé de nombreux autres.

Pfizer avait alors affirmé que le Trovan “avait aidé à sauver des vies”.

En juillet 2009, après deux ans de bataille juridique, Pfizer et l’Etat de Kano avaient annoncé un accord à l’amiable de 75 millions de dollar.

Mais les familles des victimes, via le cabinet d’avocats Streamsowers & Kohn, ont rejeté l’offre initiale de dédommagement car les tests ADN menés par Pfizer pour savoir qui avait droit à des compensations n’étaient pas menés de manière indépendante.

Finalement, en 2011, la firme a négocié un accord à l’amiable pour mettre un terme aux poursuites de familles nigérianes qui l’accusaient d’avoir testé son antibiotique sans autorisation sur leurs enfants. Le montant de l’accord n’a jamais été communiqué.

Vous en voulez encore ? Une amende record ?

En 2009, Pfizer a été contraint de verser une amende historique de 2,3 milliards de dollars aux autorités américaines.

Pfizer était poursuivi pour pratiques commerciales abusives concernant un médicament contre l’arthrite retiré du marché pour raison de santé publique, le Bextra et trois autres traitements: le Zyvox (infections bactériennes), le Geodon (troubles bipolaires et schizophrénie) et le Lyrica (troubles nerveux).

Selon les avocats du cabinet Kenney Egan McCafferty & Young : “Pfizer a ciblé des pédiatres et des adolescents pour étendre la commercialisation du Geodon”, alors que “la FDA a validé le Geodon pour une population de 18-65 ans”. “Pfizer a aussi régulièrement versé des commissions à ces médecins pour enfants pour qu’ils fassent des présentations promotionnelles à leurs pairs sur les bienfaits du Geodon”.

La sanction pécuniaire était assortie d’une mesure de surveillance du laboratoire par les autorités américaines pendant cinq années.

Et concernant le vaccin actuel, Pfizer entend bien réaliser des profits records !

Il est “de plus en plus probable” que le vaccin contre le Covid-19 représentera une source régulière de revenus, comme pour la grippe, avait annoncé le PDG Albert Bourla lors d’une conférence, estimant qu’il faudra des rappels réguliers pour maintenir un niveau d’immunité satisfaisant dans l’ensemble de la population et contrer « la menace de nouveaux variants ».

La recherche et le développement ont été en grande partie financés par des fonds publics et l’Union européenne, tout comme les États-membres assument également le risque commercial et le risque financier en cas de vices cachés !

Un haut responsable de la Commission européenne l’a confirmé au journal Le Monde : « Les entreprises avaient une demande très forte de n’être responsables de rien du tout. Elles voulaient le même genre de clause qu’aux Etats-Unis. » Et dans les deux contrats rendus partiellement publics, on peut lire que les Etats membres participants s’engagent « à indemniser et dégager de toute responsabilité » le laboratoire en cas de recours de tiers.

Astra Zeneca, Johnson & Johnson, Mc Kinsey et bien d’autres n’échapperont pas à des rappels utiles de leur passé judiciaire et de leurs activités de lobbying.

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Nos pages : “Coronavirus, guerre contre l’humanité” et “COVID-19 du mythe aux stats et des stats au scandale”

A lire aussi : « Injection COVID Pfizer, la Rolls Royce des poisons ? »

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Grands textes oubliés : Aujourd’hui, « Le peuple » de Dostoïevski

Posted in actualité, philosophie, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , on 18 mai 2021 by Résistance 71

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Toute similitude avec des personnes et évènements contemporains serait-elle vraiment toujours si fortuite et involontaire ?… Par delà la contingence espace-temps, pourquoi ce texte de 140 ans sonne t’il toujours si actuel ? N’aurions-nous finalement pas bougé d’un iota ?… Le mouvement historique, le “progressisme” n’est-il qu’illusion ? Et si oui, qui entretient cette illusion et à quel dessein ?
Il suffit de dire non, de refuser finalement d’acquiescer, de se soumettre, d’avaler les couleuvres dont on nous gave depuis si longtemps et d’affirmer notre volonté de puissance vitale et organique, individuellement d’abord et collectivement dans notre complémentarité.
~ Résistance 71 ~

Le peuple

Fiodor Dostoïevski

Extrait du “Journal d’un écrivain”.

Janvier 1881

Ce qu’il faut guérir tout d’abord c’est le peuple russe lui-même, successivement comparé à un océan et à des racines. Je parle du petit peuple, des ouvriers et des paysans, la « force payante », les mains calleuses, — l’Océan.

Comment pourrais-je ignorer tout ce que fait pour lui le gouvernement actuel, qui a débuté par l’émancipation des serfs ? Oui, le gouvernement se soucie de ses besoins, de son instruction, il le soigne, il lui fait même grâce à l’occasion des impôts non payés. Qui ne le sait ? Mais ce n’est pas de cela que je veux parler tout d’abord. Je ne songe qu’à la guérison morale de cette immense racine sur quoi tout s’appuie.

Oui, le peuple est malade moralement, non de façon mortelle, mais la maladie est grave. Il est difficile de lui donner un nom. Pourrait-on l’appeler « la soif de vérité non satisfaite ? » Le peuple cherche sans relâche la vérité et le chemin qui y conduit, mais il ne trouve pas toujours. Je voudrais me borner à parler ici du côté financier de la maladie. Depuis la libération des serfs un grand besoin de vérité apparut chez le peuple, mais un besoin de pleine, d’entière vérité, de résurrection civique. On réclama une « parole nouvelle », de nouveaux sentiments se manifestèrent. Le peuple avait espéré de ces grands changements un état de choses qui ne vint pas.

L’ivrognerie fit de grands ravages dans ses rangs et ce jusqu’à aujourd’hui, mais le peuple n’a pas perdu son désir de vérité nouvelle, de vérité complète, tout en continuant à se saouler d’eau-de-vie. Jamais il n’a été plus exposé à certaines influences. C’est toujours la suite de la recherche de la vérité et de l’inquiétude que cette recherche fait naître. Le peuple est plus que jamais inquiet « moralement ». Je suis sûr que, si la propagande nihiliste n’a produit plus d’effet sur lui, c’est bien grâce à la sottise et à la maladresse de ses zélateurs. Avec le moindre savoir-faire ils se seraient glissés où ils auraient voulu. Ô certes, il faut soigner le peuple ! Et l’inquiétude n’est pas seulement chez le peuple, elle est en haut aussi. Mais chez nos paysans les promesses des nihilistes ont quand même ébranlé certains esprits. Dernièrement on lut dans les églises un mandement dans lequel il était dit que ces promesses ne se réaliseraient pas. Ce fut justement alors que les paysans commencèrent à y croire. J’en sais une preuve. Des moujiks voulaient acheter de la terre d’un propriétaire voisin. On s’était mis d’accord sur le prix, mais après cette lecture, les moujiks ne voulurent plus acheter :

— Puisque nous pourrons, dirent-ils, avoir la terre sans donner d’argent !

Ils rient sous cape et attendent l’occasion. Ce ne sont là que des symptômes légers mais qui indiquent une disposition à croire aux premières promesses venues. Cela témoigne de l’état d’inquiétude du peuple. Et voici la plus grave. Le peuple chez nous est uni et on le laisse à ses propres inspirations ; il n’a pas de directeurs moraux. Il y a bien les « zemstvos » ; mais ils sont composés de gens d’une « classe supérieure ». Il y a aussi la justice, mais elle est rendue par des « supérieurs ». On raconte à ce sujet mille anecdotes que je ne rapporterai pas. Aujourd’hui un paysan regarde autour de lui et constate que, seuls, les exploiteurs et les usuriers peuvent vivre, qu’on ne travaille que pour eux. « Eh bien, se dit-il, moi aussi je deviendrai usurier. » Un autre se contentera de devenir un ivrogne, non parce que la pauvreté lui pèse, mais parce que l’injustice le dégoûte. Que faire contre cela ? C’est le sort, le fatum. On a compté que le peuple a maintenant environ vingt supérieurs de plus qu’autrefois, des gens qui s’occupent de ses affaires et les tiennent en tutelle. Il avait déjà assez de supérieurs, voici qu’on lui en impose vingt de plus. Il ne lui reste guère plus de liberté qu’à une mouche tombée dans une assiette pleine de mélasse. Mais le pis de tout, c’est qu’avec toutes ces entraves, le peuple n’a pas de vrais conseillers moraux. Il n’a plus que Dieu et le Tzar. Il y a chez nous beaucoup d’hommes intelligents, mais ils ne comprennent pas le peuple russe. Et pourquoi notre société n’a-t-elle plus d’énergie ? Parce qu’elle ne s’appuie pas sur le peuple et que le peuple n’est pas avec elle moralement. Vous, les aristocrates, vous vous êtes civilisés en deux siècles, mais vous vous êtes éloignés du peuple. Vous affirmerez en vain que c’est vous qui vous êtes occupé de lui, qui le défendez dans vos écrits. Certes, vous faites tout cela, mais le peuple est persuadé que ce n’est pas de lui que vous vous inquiétez, mais bien de quelque autre population imaginaire qui ne lui ressemble pas. Il croit aussi que vous le méprisez et vous ne vous apercevez pas vous-même du mépris que vous avez pour lui tant ce sentiment, reste des temps d’esclavage est instinctif chez vous. Et ce mépris à commencer dès que le peuple, asservi par vous, a été entravé dans ses efforts vers la civilisation. Il nous est devenu presque impossible de nous rallier au peuple. Et ici je répète mes paroles d’autrefois : Le peuple russe est avant tout orthodoxe, vit de l’idée orthodoxe, même quand il ne la comprend pas, ou plutôt ne sait pas expliquer sa croyance. Toutes ses autres idées lui viennent de là, même les mauvaises, les criminelles. Il veut que tout s’y rapporte. J’ai déjà fait rire de moi quand j’ai soutenu cette thèse. Nos russes éclairés n’admettent pas tant de force de principe chez le peuple, qu’ils nous montrent vautre dans le péché, dans la boue. Mais ne sont-ils pas coupables de son abaissement, eux qui l’ont opprimé ? Ils nous étalent des superstitions, insistent sur son peu de zèle extérieur religieux et s’imaginent même parfois que le peuple est athée. Toute leur erreur provient de ce qu’ils ne savent comprendre l’idée que le peuple se fait de l’Église. Je ne parle pas du clergé ou des rites, mais bien des rêves vaguement socialistes que le paysan mêle à ses conceptions religieuses ; le mot « socialiste » semble inconciliable avec les principe de l’Église ; mais je ne m’en sers que pour mieux me faire comprendre, si étrange que cela puisse paraître. J’entends par là les espoirs de fraternité d’union universelle humaine en l’amour du Christ, espoirs auxquels le peuple ne veut pas renoncer. Si l’union rêvée n’existe pas encore, si l’Église nouvelle n’est pas encore fondée, une Église qui se contentera pas de prières, mais commandera l’action, vit déjà dans le cœur de nos paysans russes. Le socialisme du peuple russe ne réside ni dans les théories communistes, ni dans des formules en quelque sorte mécaniques, mais bien dans l’union universelle de tous les hommes au nom du Christ. Le voilà le socialisme russe et nos européanisés en rient ! Il y a donc dans le peuple beaucoup d’autres « idées » que l’aristocratie n’admettra jamais et considérera comme absolument tartares. Je n’en parlerai pas ici, bien qu’elle soient plus sérieuses que l’on se l’imagine. Mais j’en reviens à l’orthodoxie. Qui ne comprend pas la foi et le but du peuple ne comprendra jamais ce peuple, je puis dire ne l’aimera jamais. Comme le peuple ne veut devenir tel que le voudraient voir nos sages, il y a plus d’une chose à craindre dan l’avenir. Jamais, le peuple n’accueillera un Russe européanisé comme l’un des siens : « Aime ce que je regarde comme saint, dira-t-il, vénère ce que je vénère et alors tu seras un frère, bien que tu t’habilles autrement que moi, bien que tu sois un » monsieur « et que tu ne saches pas toujours trop bien t’exprimer en russe. » Car notre paysan a aussi quelques idées larges. Non, le peuple russe n’est pas une masse inerte où une machine à payer des impôts, comme vous tentez de le démontrer. Je veux dire simplement que les obstacles qui nous séparent de lui sont grands, que le peuple vit très uni, à part de nous ; si l’on excepte son Tzar, auquel il a voué une foi inébranlable, il ne recherche l’appui de personne. Pourtant de quelles forces ne disposerions-nous pas si les classes intelligentes s’alliaient avec le peuple ! Il ne s’agit que d’alliance morale. Ah ! messieurs des Finances, vos budgets ne ressembleraient plus alors à ceux d’aujourd’hui. Des « rivières de lait » couleraient dans l’Empire et tout ce que vous souhaitez vainement s’accomplirait bien vite.

… « Oui, mais comment faire ? Est-ce vraiment notre civilisation européenne qui nous en empêche ? » Notre civilisation ? Je ne sais. À vrai dire, nous n’en avons pas qui nous soit propre, jusqu’à présent… Si nous en avions une véritable, une à nous, il n’y aurait aucune division entre nous et le peuple, car le peuple aurait adopté cette civilisation. Mais nous nous sommes comme envolés de chez nous et avons perdu tout contact avec la population demeurée purement russe. Comment partis si loin pourrions-nous la guérir ? Comment faire pour que l’esprit du peuple reprenne sa tranquillité ? Les capitaux vont où il y a tranquillité morale ; s’il n’y a pas de tranquillité morale les capitaux se cachent ou deviennent improductifs. Comment faire pour que notre peuple sache bien que la vérité n’est jamais bannie de la terre russe ? …

… Je ne veux pas entrer dans trop de détails. Pour dire tout il faudrait trop de volumes ; l’univers ne les contiendrait pas. Mais si le peuple voit la vérité de notre côté, il viendra sûrement à nous et ce sera un énorme pas de fait. Je le répète encore une fois. Tout le malheur vient de ce que les classes supérieures et cultivées se sont brusquement séparées du peuple russe. Comment réconcilier les nuées et l’Océan afin que le calme renaisse ?

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Fiodor Dostoïevski sur Résistance 71 :

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Non à l’instinct de mort (état et capitalisme) oui à la vie (société organique) avec Raoul Vaneigem

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Vivre et en finir avec le mépris de la vie

Raoul Vaneigem

Avril 2021

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Vivre-et-en-finir-avec-le-mepris-de-la-vie

Retour parodique au passé

Le crime contre l’humanité est l’acte fondateur d’un système économique qui exploite l’homme et la nature. Le cours millénaire et sanglant de notre histoire le confirme.

Après avoir atteint des sommets avec le nazisme et le stalinisme, la barbarie a recouvré ses falbalas démocratiques. De nos jours, elle stagne et, refluant comme un ressac dans une passe sans issue, elle se répète sous une forme parodique.

C’est ce ressassement caricatural que les gestionnaires du présent s’emploient à mettre en scène. On les voit nous convier benoîtement au spectacle d’un délabrement universel où s’entremêlent goulag sanitaire, chasse à l’étranger, mise à mort des vieux et des inutiles, destruction des espèces, étouffement des consciences, temps militarisé du couvre-feu, fabrique de l’ignorance, exhortation au sacrifice, au puritanisme, à la délation, à la culpabilisation.

L’incompétence des scénaristes attitrés ne diminue en rien l’attrait des foules pour la malédiction contemplative du désastre. Au contraire ! Des millions de créatures rentrent docilement à la niche où elles se recroquevillent jusqu’à devenir l’ombre d’elles-mêmes.

Les gestionnaires du profit sont arrivés à ce résultat auquel seule une réification absolue aurait pu prétendre : ils ont fait de nous des êtres apeurés par la mort au point de renoncer à la vie.

La propagation d’une mentalité carcérale

Au nom du mensonge que la propagande appelle vérité, on laisse un traitement politique et policier se substituer au traitement sanitaire que requiert le simple souci du bien commun. Nul n’est dupe du tour de passe-passe : les gouvernants dissimulent et cautionnent ainsi la mise à mal des hôpitaux publics à laquelle la cupidité les enjoint de recourir.

Colère et indignation n’ont pas fait varier la pression étatique qui expérimente le degré d’abjection auquel la servilité des populations peut tomber sans se rompre. Les misérables au pouvoir se moquent bien de quelques coups de gueule corporatistes et syndicaux. L’insulte et l’exécration ne sont-elles pas une façon de les reconnaître, sinon de leur faire allégeance ?

Tandis qu’analystes et sociologues débattent du capitalisme, les ubuesques mafias du profit et leurs palotins étatiques poursuivent en toute légalité la mise à mort rentabilisée du vivant. En attendant la prochaine alerte épidémique, les petits fours de l’hédonisme sont servis à ceux qui ont pris le risque de se faire vacciner avec des produits dont la seule efficacité avérée tient à la cotation boursière et aux bénéfices concurrentiels. Louons les citoyens qui sont entrés courageusement dans la lice des lessives émérites, où un blanc lave plus blanc que l’autre. Il est vrai que n’avoir pas peur n’a pas le même sens selon qu’à longueur d’incarcération les populations acceptent de s’exposer à des radiations et à des poisons qui les tuent. Ou si, au contraire, elles s’insurgent contre les nuisances, les éradiquent et passent outre aux décrets qui les légalisent.

La pensée du pouvoir est une pensée morte, elle vole au ras des tombes. Son odeur de charogne est l’odeur de l’argent. Elle nous suffoquera tant que nous la combattrons dans ses cimetières au lieu d’édifier des lieux de vie et d’y entretenir une guérilla avec des armes qui ne tuent pas — et dont, en conséquence, nos ennemis ignorent la portée.

Comment tolérer plus longtemps que la peur de mourir d’un virus nous empêche de vivre ?

Avec ses hauts et ses bas, l’existence quotidienne ne démontre-t-elle pas que rien ne restaure mieux la santé que la fête et la jouissance ? Le plaisir du corps attentif aux saveurs, aux caresses, aux ambiances chaleureuses stimule les défenses immunitaires de l’organisme. Il prémunit contre les cris d’alarme que la douleur pousse dans l’urgence, quand il est trop tard, quand le mal est fait. Il ne faut pas être grand clerc pour le savoir.

Jamais le crime contre le vivant n’a été glorifié avec un tel cynisme, avec une telle stupidité goguenarde. Tout a été et est mené à rebours. À l’instar de la fameuse dette sans fond et sans raison, le gouffre de la pandémie engloutit tout ce qui passe à portée. Ravages de la dégradation climatique, effets meurtriers de la pollution et des nourritures empoisonnées, cancers, infarctus, agressivité suicidaire, troubles mentaux, allez hop, passez muscade !

La vérité du système économique dominant est le mensonge qui fait du monde à l’envers la norme et la réalité. Les masques voilent le sourire, étouffent la parole, sidèrent les enfants confrontés à un familier qui leur devient étranger.

La malédiction du travail est devenue une hantise, les enseignants sont trop préoccupés de gestes sécuritaires pour enrichir leur savoir et celui des autres. Nos sociétés sont lentement gangrenées par la banalisation d’un comportement obsidional, ainsi que l’on nomme l’angoisse agressive qui s’empare des habitants d’une ville assiégée. Le repli terrifié, la défiance et la paranoïa s’inventent alors des ennemis intérieurs à pourchasser.

En l’occurrence, le principal ennemi est clairement identifié, c’est la vie et son insolente liberté.

Certes, nous sommes accoutumés de longue date aux pratiques de la jungle sociale, puisque nous y sommes confinés dès notre naissance. Toutefois, les pires époques d’obscurantisme et de despotisme absolu gardaient une fenêtre ouverte sur une réalité autre. Si illusoire qu’il fût, le principe d’espérance galvanisait les velléités de révolte.

La réclusion à perpétuité à laquelle la glaciation du profit nous condamne a prévu des barreaux qui emprisonnent nos rêves. Foutriquets écologistes, avez-vous pensé à ce paradigme ?

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Le grand renversement

Privés du droit à la vie que le privilège même de l’espèce humaine a rendu imprescriptible, nous n’avons d’autre choix que de le restaurer et de lui assurer une souveraineté à laquelle nous n’avons jamais cessé d’aspirer.

Le principe « rien n’est vrai, tout est permis » a, pendant des millénaires, répondu à la préoccupation majeure du Pouvoir hiérarchisé : favoriser un chaos où le rappel à l’Ordre vînt justifier et affermir son autorité. Rien de tel que le spectre de l’an-archie, du non-pouvoir, de la chie-en-lit, pour nous protéger des voyous en nous poussant dans les bras sécuritaires de l’État-voyou.

Cependant, renversé et saisi dans une perspective de vie, le même propos marque une détermination radicalement différente. Il exprime une volonté de tout reprendre à la base, de tout réinventer, de tout rebâtir en nous désencombrant d’un monde figé par la glaciation du profit.

Aucune baguette magique ne brisera les chaînes que notre esclavage a forgées mais j’aimerais assez que l’on inclue dans le poids excessif qu’on leur attribue la croyance — transmise et affermie de génération en génération — qu’elles sont irréfragables, qu’aucun effort ne peut les briser.

Un véritable effet d’envoûtement accrédite la fable d’une impuissance native de la femme et de l’homme. Il contrecarre au départ les tentatives d’émancipation qui jalonnent l’histoire. Cela fait des siècles que les victoires de la liberté célèbrent leurs défaites, que le culte des victimes honore la vocation sacrificielle et flétrit nos sociétés en les militarisant.

Briser l’envoûtement ne ressortit pas du « Que faire ? » léniniste, il ne procède pas d’un défi insurrectionnel. À quoi tient la cohérence et la paradoxale rationalité de cet ensorcellement universel ? À une gestion des êtres et des circonstances, que le Pouvoir a longtemps attribuée à une intervention surnaturelle. La fable d’un mandat céleste délivré par des dieux prêtait à une brute rusée et tyrannique les traits redoutables d’un extraterrestre, jeteur de foudre et de sorts.

La décapitation de Dieu et de Louis le seizième, dernier monarque de droit divin, a mis un terme non au Pouvoir mais à la peur d’être agrippé par lui à la moindre velléité contestataire.

Si meurtrière qu’elle demeure, l’autorité étatique a perdu ce qui lui restait de prestance, tant l’accable le ridicule de ses incontinences. À quoi s’ajoute la fronde des femmes qui, de leur doigt inexorable, crèvent le « mauvais œil » que le patriarcat s’obstine à darder sur elles.

Ce qui s’annonce a contrario d’un tel délabrement n’est pas moins évident. Un irrésistible mouvement de bascule s’amorce partout dans le monde. Il a son rythme et ses conditions propres. La renaissance du vivant marque les premiers pas de l’être humain sur une terre dont il a été spolié. Ce renouveau n’a que faire de prophètes, de Cassandre, d’aruspices. Le défi l’indiffère, la résistance lui suffit.

Le capitalisme apocalyptique et le catastrophisme anticapitaliste forment les deux pôles contraires d’où s’apprête à jaillir, tel un arc électrique, un fulgurant retour à la vie.

Sous la résignation de millions d’existences condamnées à la répression et à l’ennui (ce grand dissolvant des énergies), une force insurrectionnelle s’accumule qui, dans le temps non mesurable d’un éclair, va balayer nos petites luttes corporatistes, politiques, concurrentielles, sectaires.

Une révolution larvée, morcelée, parcellaire, émiettée cherche confusément le point de jonction où, dans une colère commune, l’individu et le collectif retrouveront la lucidité et leur unité.

La lourdeur du mensonge et de sa crédibilité avaient à l’époque de Goebbels le poids d’une vérité à laquelle la mystique nationaliste et le dynamisme du capitalisme prêtaient une cohérence illusoire.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Le dynamisme du capitaine d’industrie — que la focalisation financière et spéculative du capitalisme a laissé pour compte — n’alimente plus la moindre espérance d’amélioration sociale. Les multinationales brisent dans l’œuf les politiques protectionnistes, nationalistes, souverainistes.

La faillite avérée des grandes vérités scientifiques gangrenées par le profit a entraîné dans la débâcle l’idée de progrès, longtemps perçue comme bénéfique, en raison du confort qu’elle procurait à la survie.

Les héritiers des experts qui jurèrent que le nuage de Tchernobyl avait évité le beau ciel de France ont discrédité irrémédiablement le milieu des savants en général et de la médecine en particulier. Je ne sais si l’autodéfense sanitaire ira jusqu’à l’automédication assistée mais il n’est pas douteux que la relation entre patient et aide-soignant prendra un tour moins mécanique, moins mercantile, plus humain, plus affectif.

À l’encontre des sondages, des baromètres statistiques et autres officines d’opinions préfabriquées, l’innovation et l’inventivité se donneront libre cours, explorant de nouveaux territoires, essaimant pêle-mêle aberrations et créations de génie. L’intelligence sensible triera, affinera, reconnaîtra les siens comme elle en use en recueillant les dons que la nature prodigue, sans réserve ni discernement. L’intelligence sensible est la nouvelle rationalité.

Miser sur l’autonomie individuelle et collective

Oui, je fais confiance à cette intelligence sensible qui fut si longtemps occultée et discréditée par l’intelligence intellectuelle. Comme le révèle l’effritement progressif de la pyramide hiérarchique, l’intellectuel n’a jamais été que l’instrument de la classe supérieure, l’esprit du maître régnant sur le corps et sur les parties inférieures de la société.

Sa fonction dirigeante s’exerce jusque dans la corrosion critique dont il infeste le vieux monde pour lequel il travaille. Le mépris dont il a accablé dès sa naissance, en France, ce mouvement de « rustauds incultes et incontrôlables » que sont censés rester les gilets jaunes est révélateur du malaise qui le ronge. Tandis qu’une part de l’homo intellectualensis tente de rattraper sa bévue initiale et de se faire pardonner en agitant le drapeau mité des « convergences de luttes », la part de la conscience en éveil dévoile en lui, comme en chacun de nous, le drame de la pensée séparée de la vie, de l’abstraction qui nous exile de notre substance vivante. Car l’intellectualité est une tare aussi commune à tous et à toutes que la division du travail et l’invariable statut d’exploité et d’exploiteur.

Quand j’appelle au retour du vivant, à l’unité du moi et du monde, c’est cette part de conscience que j’invoque, car elle participe du devenir humain et elle a de tout temps été la lumière qui nous guidait.

La conscience humaine est ce fond de pensée universelle qui est la réalité la mieux partagée et la plus refoulée de notre histoire. Ce qui la frappait d’interdit se délite, ce qui va l’embraser — voire l’illuminer, à tous les sens du terme — n’est guère plus qu’une étincelle, mais elle ne s’éteint pas. Dès lors, pourquoi ne pas miser sur la combustion qui brasille au cœur de nos désirs ?

La renaissance de la terre et du corps fait partie de mes rêves. J’en revendique la folie subjective. Je m’autorise à en vouloir réaliser les desseins, tant se multiplient en nous et autour de nous les jeux du possible et de l’impossible.

Les militants de l’espérance et de la désespérance sont fondés, j’en conviens, à taxer d’optimisme, de chimère, de fantasme, nombre de mes idées qui contribueraient à les nourrir s’ils ne les ingéraient pas comme une pure tambouille intellectuelle.

L’éveil du vivant est une menace pour les petits marquis de l’idéologie. Les coups de pied au cul décochés au Pouvoir les atteignent au fondement.

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La vie est une fête, faisons fête à la vie

J’incline à penser qu’une conscience éveillée ébranle plus aisément le monde que le déferlement de l’enthousiasme grégaire. La radicalité est un rayonnement attractif, un raccourci qui coupe les voies ordinaires de la réflexion laborieuse.

Créer mon bonheur en favorisant celui des autres s’accorde mieux à ma volonté de vivre que les lamentations de la critique-critique, dont le mur obture ou, du moins, assombrit nos horizons.

Il est des flambées d’impatience où je crierais volontiers : « Lâchez tout ! Balayez vers l’égout les thuriféraires de l’argent ! Brisez les amarres du vieux monde, prenez à bras-le-corps la seule liberté qui nous rende humains, la liberté de vivre ! »

Je n’ignore pas que recourir aux mots d’ordre et aux objurgations accorde plus d’importance à la chape d’inertie qu’à la conscience qui la fissure et la brisera en son temps. Mais rien ni personne ne m’empêchera de me réjouir à la pensée de n’être pas seul à appeler de mes vœux une tornade festive qui nous délestera, comme d’une mauvaise colique, des morts-vivants qui nous gouvernent. Le retour de la joie de vivre se moque de la vengeance, du règlement de compte, des tribunaux populaires. Le souffle des individus et des collectivités passe outre aux structures corporatistes, syndicales, politiques, administratives, sectaires, il évacue le progressisme et le conservatisme, ces mises en scène d’un égalitarisme de cimetière, qui est désormais le lot des démocraties totalitaires. Il ouvre à l’individualiste, aigri par le calcul égoïste, les voies d’une autonomie où se découvrir comme un individu, unique, incomparable, offre la meilleure garantie de devenir un être humain à part entière.

L’individu prend conseil mais refuse les ordres. Apprendre à rectifier ses erreurs le dispense des reproches. L’autonomie s’inscrit dans le dolce stil nuovo voué à supplanter le règne de l’inhumain.

Laisser pourrir ce qui pourrit et préparer les vendanges. Tel est le principe alchimique qui préside à la transmutation de la société marchande en société vivante. N’est-ce pas l’aspiration à vivre en dépassant la survie qui met partout en branle l’insurrection de la vie quotidienne ? Il y a là une puissance poétique dont aucun pouvoir ne peut venir à bout, ni par force ni par ruse. Si la conscience tarde à s’ouvrir à une telle évidence, c’est que nous sommes accoutumés à tout saisir par le petit bout de la lorgnette, nous interprétons nos luttes quotidiennes en termes de défaites et de victoires sans comprendre que c’est l’anneau dans le nez qui nous conduit à l’abattoir.

À errer entre dépérissement et renouveau, nous avons acquis le droit d’esquiver et de quitter une danse macabre, dont nous connaissons tous les pas, pour explorer une vie dont nous n’avons eu, hélas, à connaître que des jouissances furtives.

La nouvelle innocence de la vie retrouvée n’est ni une béatitude ni un état édénique. C’est l’effort constant que réclame l’harmonisation du vivre ensemble. À nous de tenter l’aventure et de danser sur le sépulcre des bâtisseurs de cimetières.

Raoul Vaneigem

Le 21 avril 2021

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Raoul Vaneigem (PDF) :

L’essentiel de R. Vaneigem

Appel à la vie contre la tyrannie marchande (extraits)

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste 2ème partie

Posted in actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , on 8 mai 2021 by Résistance 71

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“Renverser des idoles, j’appelle ainsi toute espèce d’idéal, c’est déjà bien plutôt mon affaire.. Le mensonge de l’idéal a été jusqu’à présent la malédiction suspendue au-dessus de la réalité. L’humanité elle-même, à force de se pénétrer de ce mensonge, a été faussée et falsifiée jusque dans ses instincts les plus profonds, jusqu’à l’adoration des valeurs opposées à celles qui garantiraient le développement, l’avenir, le droit supérieur à l’avenir.”

“Je n’ai jamais réfléchi à des questions qui n’en sont pas, je ne me suis jamais gaspillé. […] “Dieu”, “l’immortalité de l’âme”, “le salut”, “l’au-delà”, ce sont là des conceptions auxquelles je n’ai pas accordé d’attention, au sujet desquelles je n’ai pas perdu mon temps, pas même lorsque j’étais enfant, peut-être n’étais-je pas assez ingénu pour cela ! L’athéisme n’est pas chez moi le résultat de quelque chose et encore moins un évènement de ma vie : chez moi, il va de soi, il est une chose instinctive. […] Dieu est une question grosse comme le poing, un manque de délicatesse à l’égard de nous autres penseurs. Je dirai même qu’il n’est, en somme, qu’une interdiction grosse comme le poing : il est défendu de penser !”

~ Friedrich Nietzsche, Ecce Homo, 1888 ~

De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste

2ème partie

1ère partie

3ème partie

4ème partie

La relevance de l’œuvre de Nietzsche avec une pensée philosophique et politique anarchiste

Max Leroy

Extrait du livre “Dionysos au drapeau noir, Nietzsche et les anarchistes”

Editions Atelier de Création Libertaire, 2014 (p.29 et suivantes)

Compilé par Résistance 71, mais 2021

Que peut-on prélever dans l’œuvre de Nietzsche en vue d’une pensée philosophique et politique socialiste libertaire ? L’inventaire qui va suivre ne prétend évidemment pas parler au nom de tout un mouvement : qui donc, d’ailleurs, serait à même de définir ce qui relève de la pensée anarchiste ou non ? […] qui validerait le certificat de conformité ? Sauf à croire qu’il existe une ligne, un Parti ou un protocole, personne.

Mort au pur esprit

Nietzsche a littéralement pulvérisé l’idéalisme qui, de Platon à Kant, en passant par le christianisme, imposait son règne sur la pensée. […]

Nietzsche pose ses charges explosives et anéantit l’escroquerie dualiste : la chair et l’esprit ne font qu’un, l’âme immatérielle est une fiction, le pur esprit est une fable. N’a cours par conséquent, qu’une seule et même réalité immanente : celle d’un monde terrestre et mortel oublié des dieux. Ni paradis, ni enfer, ni Ciel des Idées, ni arrière-mondes : seulement l’ici-bas et rien que lui.

Nietzsche a également combattu l’homme du concept, “l’homme abstraitement parfait” et a réduit en cendres l’empire des lettres capitales : plus de Raison, plus de Beau, de Vérité, plus d’Objectivité. […]

Le combat pour l’émancipation gagnerait à marcher sur terre, celles des hommes, imparfaits et bancroches, qui ne se nourrissent pas seulement d’Idées.

Vivre sans dieux

Nietzsche a décrypté tous les mécanismes de la croyance, la dette qu’il nous laisse est par trop immense pour que l’on puisse l’honorer.  […]

Le philosophe livre tout particulièrement bataille contre le christianisme, cette “métaphysique de bourreau”, dans la mesure où cette religion occupe les terres européennes qu’il parcourt, mais le penseur n’épargne pas le judaïsme, cette matrice monothéiste qui rendit “l’humanité fausse”, et il lui arrive de mentionner le bouddhisme et l’islam. Sa violence verbale n’a toutefois rien de commun avec la violence physique que les croyants les plus frénétiques se plaisent à exercer à l’encontre de leurs adversaires : sa guerre reste philosophique et les seuls cadavres qu’il entend laisser derrière lui sont des concepts. […] Il tint même à préciser dans “Ecce homo”, qu’il n’en voulait nullement aux croyants, car comment condamner la victime d’un esclavage plurimillénaire ?

Mais revenons à “L’antéchrist” (1888). La religion, en tant qu’elle prône la sainteté, corrompt la vie. Dieu, comme notion, fut inventé par les hommes pour nuire à la nature et au “vouloir-vivre”. Dieu n’est rien d’autre qu’une “antithèse de la vie”.

[…] “Ce qui est chrétien, c’est la haine contre l’esprit ; contre la fierté, le courage, la liberté, le libertinage de l’esprit ; ce qui est chrétien c’est la haine contre les sens, contre les joies des sens, contre la joie tout court…” L’âme, le pêché, le jugement dernier, la vie éternelle ? Trouvailles de faussaires et de décadents ! Le mensonge s’érige en lieu et place du monde réel et les seuls biens dont l’homme dispose sont voués au mépris : les religions dénigrent le corps (au nom d’une toute supposée “âme immatérielle”) et rabaissent l’homme au rang de moyen (le croyant est nécessairement un homme dépendant, incapable de se poser lui-même comme fin). La religion a anémié l’existence. […] Deux syllabes peuvent enluminer le monde : athée. Et Nietzsche, n’en déplaise à certaines gloses d’égouts, l’est, sans détours ni ambages.

La philosophie libertaire n’a jamais dissimulé son rejet des religions. A quelques exceptions près (Tolstoï, Ellul, Sénac…), l’anarchisme prône l’immanence la plus radicale et le matérialisme le plus strict. […]

L’athéisme est l’une des passerelles les plus solides entre la tradition libertaire et Nietzsche, même si les angles d’attaque peuvent diverger.

[…] Engels a eu cependant raison de rappeler que l’on n’abolit pas dieu par décret : l’Histoire a démontré l’inutilité de la coercition en la matière et l’anticléricalisme bourgeois se fourvoie dès lors qu’il élude la question sociale.

Contre le capitalisme

Un anticapitalisme intransigeant irrigue la philosophie nietzschéenne. Un passage d’ “Aurore” invite les ouvriers, ces “esclaves des fabriques”, à refuser d’être les rouages du machinisme comme du productivisme. Nietzsche estime que l’augmentation de leur salaire ne leur permettra pas de retrouver leur dignité : un esclave, même avec des chaînes en or, reste un esclave… […] Nietzsche ne préconise pas de former une classe soudée prête à renverser le pouvoir bourgeois afin de s’approprier les moyens de production, mais exhorte au contraire les ouvriers à “se considérer comme une véritable impossibilité en tant que classe”. […] N’attendez plus demain, ce demain qui jamais n’adviendra, pour vous libérer ! clame le philosophe. N’attendez plus le jour de la révolution pour prendre la clef des champs de coton ! Devenez ou redevenez dès maintenant maîtres de vous-mêmes ! Comment ? Nietzsche prêche la désertion. Que les ouvriers n’hésitent pas à partir. Tout plutôt que d’accepter d’être le pion d’une mécanique aliénante, le pantin d’un parti ou le serf d’une état capitaliste. […]

Nietzsche révèle dans “La naissance de la tragédie”, la nature barbare de la division du travail puis vilipende le jargon productiviste et esclavagiste du marché dans ses “Considérations inactuelles”. Il invite dans “Le voyageur et son ombre” à empêcher “l’accumulation des grandes fortunes” et considère les riches comme “des êtres dangereux”. Quelques pages plus loin, il s’en prend au machinisme moderne qui asservit et plonge l’humanité dans un “esclavage anonyme et impersonnel.

La prophétie marxiste s’est pris les pieds dans le tapis de l’Histoire. Les contradictions internes du capitalisme n’ont pas entraîné sa chute (du moins pas encore) et le prolétariat a subi la dictature à défaut d’avoir pu l’exercer. Les libertaires avaient, dès Proudhon, bâti des propositions alternatives à la téléologie marxiste prétendument “scientifique” : un socialisme moins fasciné par le progrès, plus éthique, moins enclin à subordonner l’individu aux “roues de l’histoire”, plus concret, un socialisme où le passé n’a pas à faire table rase et où l’homme n’est pas l’Homme abstrait, prolétaire hors sol et effigie de papier des écrits de quelques-uns.

Tendre vers la simplicité volontaire

[…] Nietzsche décrie le pouvoir corrupteur de l’argent et de l’appât du gain. […]

Le philosophe a toujours vécu modestement : un salaire de professeur puis, rapidement, une bourse après qu’il eût démissionné de l’enseignement pour raisons médicales. Il louait des chambres bon marché, sillonnait la nature des heures durant et se tenait à l’écart des frasques de la ville. C’est donc en toute cohérence qu’il a pu vanter dans “Aurore” la “pauvreté volontaire”. Nietzsche aspirait à fuir le salariat (qu’il compara à la “meilleure des polices”), quitte à vivre chichement, quitte à coudoyer la misère, le déshonneur, les périls pour la santé et pour la vie. Qui possède est possédé. Un aphorisme du “Gai savoir” rappelle qu’il a “tout jeté loin de lui”, un autre condamne la rapacité nord-américaine et l’obsession du rendement. Nietzsche célébrait l’oisiveté et le loisir comme des modalités de l’intelligence.

[…]

Contre l’État

Les positions de Nietzsche sur l’État (sa formule a fait florès : “le plus froid des monstres froids”) sont à l’origine de bien des sympathies anarchistes. […]

Que pense le penseur de l’État ? Il consacre un chapitre complet de “Humain trop humain” et de “Ainsi parlait Zarathoustra” à la question. L’État apparaît comme une nouvelle idole menteuse et voleuse. L’État trompe son monde lorsqu’il prétend parler au nom du peuple : “Là où cesse l’État, c’est la que commence l’homme.” Si l’on trouve chez Nietzsche des contradictions et des évolutions, parfois violentes, son appel à dépasser les états-nations reste constant. […] Nietzsche ne possédait aucune maison ; il traversait, errant, les frontières européennes en quête d’un climat propice à ses besoins physiologiques. Son statut d’apatride, telle était sa situation administrative objective, l’avait rendu imperméable à tout sentiment cocardier.

Son aversion pour le nationalisme retentit dans plusieurs de ses ouvrages. […]

Nietzsche s’y décrit plus loin [dans “Le gai savoir”] comme un Européen, un sans-patrie, un être de sangs mêlés ; bref un ennemi de la “mensongère auto-idolâtrie raciale” qui sévit en Allemagne.

[…] Les anarchistes ont coutume d’abhorrer l’État. […] Le système représentatif et la démocratie parlementaire ne sont qu’un théâtre où les députés grassement payés par les contribuables, ne songent qu’à leurs intérêts particuliers. La politique des politiciens professionnels crée l’illusion des dissensions ; les élus proviennent des mêmes écoles et pataugent dans le même petit monde pour partager, in fine, la même conception de la chose publique : raisonner à court terme, spéculer sur le prochain scrutin, maintenir son poste… L’État envoie ses enfants, les plus pauvres bien sûr, dans des tranchées truffées de rats et d’excréments pour y mourir à moins de trente ans. Ils s’empare de terres étrangères et massacre, viole, incendie, bombarde, torture au nom des droits de l’Homme (ou du marché, pour les langues sans bois). Ses bonnes intentions ont l’haleine du napalm. La Patrie et les drapeaux empestent le sang chaud ! Et quid d’un état révolutionnaire ? Foutaises ! Oxymore ! La révolution retourne sa veste dans les palais de la présidence et s’accommode fort bien du pouvoir qu’elle décriait hier encore. La dictature du prolétariat chargée de gouverner l’État transitoire (perspective marxiste) ne peut, par essence, qu’aboutir à la dictature sur le prolétariat.

[…] La critique que Nietzsche effectua de la furie nationaliste demeure indépassable.

[…]

Ni obéir, ni gouverner

La philosophie libertaire a ceci de spécifique dans la vaste et cacophonique mais non moins glorieuse famille socialiste, qu’elle se méfie du pouvoir comme de la peste. Les anarchistes savent que celui-ci n’aspire qu’à abuser de lui-même. Ils le savent et en tirent les conséquences : l’anarchisme se trahit s’il commande, gouverne, régente. […] La phrase de Nietzsche “il m’est aussi odieux de suivre que de guider”, trouve un écho plus que favorable dans les consciences réfractaires de l’anarchie.

L’anarchiste, pareil au funambule, refuse d’avoir à choisir. Berger ou mouton ? Il foule le dilemme aux pieds et prend les sentier de la solitude partagée… Tel Nestor Makhno qui en son temps, ferrailla contre les Blancs et les Rouges, l’anarchiste refuse l’amitiés des ennemis de ses ennemis et n’entend pas s’assoir à la table de la realpolitik. Aux compromis, il préfère la quarantaine.

Célébrer la vie

La trajectoire de Nietzsche doit se lire comme une leçon de philosophie existentielle : alité, fiévreux, rompu, à genoux, les poings ensanglantés contre les murs, il ne cessa, plutôt que de maudire cette vie qui l’accablait si souvent, de se relever pour faire des contusions du présent une force pour l’avenir. Le grand enseignement nietzschéen réside dans l’amour de la vie : trop d’existences renâclent à vivre ; trop se contentent d’une présence au monde rabougrie, étriquée et sèche comme du bois mort, trop n’obéissent qu’à la seule activité de leurs organes. Que l’on ne s’y méprenne point : Nietzsche n’appelle pas à la jouissance hédoniste des petits-bourgeois en mal d’émoi ; l’élan vital nietzschéen se blottit à l’abri des regards gras, loin des villes et du fracas, là-haut sous les sommets glacés… Épicuriens mondains et fêtards effrénés, passez votre chemin.

Nietzsche a combattu ce qu’il nommait l’idéal ascétique : le mépris du corps, des sens, de la terre, de la joie, de la santé et de la vigueur ; l’ascétisme ou l’éloge de la vie vermoulue, épuisée, anémique, malingre et rongée par des vers à moitié vides…

[…] A condition, et c’est ici que Nietzsche peut paradoxalement nourrir la révolte, d’encadrer ces émotions fétides, de les sangler et de les tenir en laisse, un soulèvement socialiste ne peut en aucun cas faire de la haine une fin et il devra, du mieux qu’il peut, éviter d’en contaminer les moyens. L’acrimonie, l’envie et la rancœur irriguent trop souvent les pensées subversives. Le venin de la vengeance infuse trop fréquemment les révolutionnaires. Ils ne se battent plus pour ce qu’ils rêvent d’instituer mais contre tout ce qu’ils entendent exterminer. […]

Poétiser l’existence

Énoncer petit-bourgeois ? Nous méprisons les âmes qui mêlent l’élégance à l’insolence au prétexte que cela rime, les dandys riant de leurs bons mots, les cadavres maquillés dans le fond des miroirs et les esthètes toisant le monde d’une tour d’ivoire. La poésie réchauffe le souffle froid du quotidien et colore la prose du temps passant. Ne la laissons pas à ceux qui se plaisent à la faire tourner dans le fond de leurs verres. Nietzsche invitait ses lecteurs à devenir des poètes de leurs existences et à philosopher en artiste. Ouvrons l’œil.

Notre modernité, Moloch aux mains d’argent, claquemure la vie dans ses bureaux et ses buildings. La langue s’est transformée en machine-outil des échanges marchands. La syntaxe s’est indexée sur l’idiome de l’occupant anglo-saxon ; la grammaire est épuisée, elle ne chante ni ne danse plus ; aphone, la voici qui gît aux pieds des vitrines et des slogans. “Le code opératoire de l’outillage industriel s’égrène sans le parler du quotidien. La parole de l’homme qui habite en poète est à peine tolérée, comme une protestation marginale, en tant qu’elle ne dérange pas la foule, qui fait queue devant l’appareil distributeur des produits”, rappelait Ivan illich dans “La convivialité”, La vie poétique ne requiert aucune connaissance de la métrique : hémistiches, césures et hexamètres ne font pas le poète ; on ne compte plus les techniciens de la rime et les exécutants du verbe !

Avec Edgar Morin, célébrons donc la “qualité poétique de la vie”, c’est à dire ce qui échappe aux serres de la pourriture monétaire.

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Friedrich Nietzsche sur Résistance 71
L’intégrale en PDF

Nous conseillons de lire cette analyse avant même d’entreprendre la lecture de Nietzsche :

Albert Camus : Réflexion sur la philosophie de Nietzsche

et celle du grand spécialiste et traducteur de Nietzsche Georges-Arthur Goldsmidt :

G.A Goldsmidt : Analyse de la philiosophie de Nietzsche et de son « Ainsi parlait Zarathoustra »

Lecture complémentaire :

Du chemin de la société vers son humanité réalisée (Résistance 71)

Tout

Mise en place d’une unique ligne de fracture planétaire pour la division sur fond de pandémie fabriquée COVID-19 et de « vaccination »

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 5 mai 2021 by Résistance 71

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Résistance 71

5 mai 2021

Il a de longue date été analysé que tout système coercitif et à plus forte raison le système étatico-capitaliste de domination et d’exploitation prévalent depuis un peu plus de deux siècles, ne peut survivre et se maintenir qu’en possédant le monopole de la coercition et de la violence d’un côté et de maintenir une division des masses de l’autre, afin que le premier élément de coercition soit efficace. C’est le sempiternel « diviser pour mieux régner » toujours recommencé.
Ainsi, l’oligarchie en charge du système de gestion de notre société humaine a constamment créé des liens de division entre les gens de façon à nous maintenir occupés aux guerres de clochers, celles-ci étant une excellente diversion empêchant les gens de penser et d’agir pour leur unification. Le pire cauchemar de l’oligarchie et du système étant de nous voir unis par delà les contraintes créées à cet effet diviseur.
Ainsi, au fil des siècles, nous nous sommes vus imposer des luttes fictives sur des divergences fabriquées et des manipulations idéologiques. Ceci est simple à constater, l’histoire parle d’elle-même : la « civilisation » contre « les barbares », les « chrétiens » contre les « musulmans », les catholiques contre les protestants, une « nation » contre une autre, les blancs contre tout ce qui ne l’est pas, l’homme contre la femme, le riche contre le pauvre (continuez la liste vous-même…)… Ceci marche, des millions et millions de gens se sont entretués et ont maintenus les fossés de la division sur ces lignes de fractures totalement fabriquées et n’ayant aucun lieu d’être. Mais ce système a ses limites. En effet, si un natif apache ou lakota est concerné par les effets dévastateurs de la colonisation sur le continent américain, il ne se sent pas (forcément) concerné, même si c’est lié, par les guerres et destruction occasionnées par l’Occident au Moyen-Orient et les résultats de cette fabrication néo-conservatrice qu’est le soi-disant « choc des civilisations ».
L’humanité demeure divisée mais sur des lignes de fracture éparses et non universellement rassembleuses.

Aujourd’hui, et pour la première fois dans le monde moderne, nous voyons émerger sous nos yeux et grâce à une nouvelle idéologie de la peur, le covidisme, la création d’une ligne de fracture qui, si nous laissons le processus se dérouler, va devenir une ligne de fracture planétaire si pas « universelle », au-delà des guéguerres habituelles induites et factices entre races, religions et classes sociales : la ligne de fracture planétaire qui est en train d’être fabriquée par l’oligarchie entre d’un côté les « vaccinés » contre la COVID-19 (elle même une « pandémie » fabriqué de toute pièce) et de l’autre les « non-vaccinés »…
Cette ligne de démarcation qui est pas à pas créée sera planétaire et fera fi de toute race, religion et condition sociale. Le but est de dresser les uns contre les autres, à l’échelle planétaire, les bons « vaccinés » contre les méchants et dangereux « non-vaccinés ». On peut parfaitement imaginer la facilité déconcertante à manipuler les animosités entre les deux parties au profit d’un agenda de promotion et de mise en place de la dictature technotronique nécessaire au passage du système étatico-capitaliste moribond et au bout de son rouleau, vers un Nouvel Ordre Mondial totalitaire, délire eugéniste et transhumaniste d’une petite coterie de psychopathes certes riches et puissants, mais néanmoins dégénérés, une fois cette ligne de fracture établie.

Ceci est le projet en marche, comme tout projet, il est soumis à des aléas, l’un de ceux-ci et non des moindres est la capacité des peuples à la lutte, à la résistance, à la résilience contre l’adversité, ici issue d’un non-sens total. Un projet peut avoir du succès ou échouer et il ne tient qu’à nous en fait de faire échouer celui-là (comme les autres du reste…) en simplement articulant individuellement et collectivement un retentissant NON ! à cette vaste supercherie de vouloir vacciner la planète entière contre un virus dont le taux de mortalité chez les gens infectés est, selon l’OMS (financée par l’eugéniste criminel Bill Gates ne l’oublions pas et dont les chiffres furent en première lieu falsifiés à dessein pour générer la peur nécessaire…), de 0,03%, ce qui veut dire que 99,97% des malades guérissent de la maladie et que les fatalités de la maladie ont impliqué essentiellement des personnes de plus de 80 ans et déjà affectées de multiples facteurs pathologiques. Il est donc logique de se poser la question du pourquoi ?  Y a t’il quelque chose qu’on ne nous dit pas ? Cherchez et vous trouverez, répondre à ces questions n’étant pas le but de cet article. Nous l’avons fait par ailleurs (cf notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »)

Le problème est le suivant : au plus de gens se laissent fallacieusement convaincre de se faire piquouzer (cessons aussi d’appeler ce cocktail ARNm mortifère « vaccin », ça n’en est pas un, c’est une thérapie génique) et plus la division va grandir et le déséquilibre se créer entre les deux camps que l’oligarchie veut monter l’un contre l’autre.
Nous vivons aujourd’hui des moments cruciaux pour l’humanité. Tout le monde est concerné. Et le but est de mener ce que les oligarques considèrent « le troupeau » à l’abattoir du Nouvel Ordre Mondial et écraser toute résistance. Pour ce faire, une fois de plus, ils utilisent la « peur », non plus du boche casque à pointe, du communiste couteau entre les dents ou du barbu islamiste planqué sous nos lits, mais d’une menace invisible, sournoise et mortelle, celle d’un virus (préalablement fabriqué en laboratoire) se répandant partout, faisant « des millions de morts », grâce à des chiffres bidouillés, pour lequel il n’y a pas de médicaments (à la trappe hydroxychloroquine, azithromicine et autre ivermectine) et dont seul un vaccin OGM, fabriqué en moins d’un an et mis sur le marché à titre expérimental en ayant court-circuité les mesures requise de tests et de sécurité, par quelques entreprises pharmaceutiques au passé plus que douteux (Pfizer and co…), serait la balle d’argent venant à bout de Bébert Corona, nouveau croquemitaine loup-garou de l’escroquerie systémique dominante.
Devant cette nouvelle imposture étatico-capitaliste, allons-nous les laisser faire ? Allons-nous nous laisser mener à l’abattoir et contrôler nos vies puis nos morts ? Et surtout allons-nous nous laisser enfermer une fois de plus dans une dichotomie fabriquée servant une fois de plus le sempiternel agenda du toujours diviser pour mieux régner ?
Réfléchissez bien avant de vous faire piquer avec cette merde transgénique, parce qu’une fois injectée, c’est fini, vous ne pourrez plus retirer le produit injecté de votre corps.
Nous avons encore et toujours le pouvoir de dire NON ! Cessons d’obéir, arrêtons de volontairement servir le système et la clique de psychos qui le dirige.
Contre tous les mensonges et impostures d’un système à la dérive totale dans son désir de contrôle et de puissance, l’heure est venue de nous unir et de foutre toute cette ineptie meurtrière par dessus-bord.
Oligarques, rendez-vous vous êtes cernés !

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Pour que vive la société des sociétés de notre humanité enfin réalisée !

Dans l’esprit de Cheval Fou

« Coronavirus : du mythe aux statistiques et des stats… au scandale »

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Tentation et réflexion sur le RIEN des choses de la vie

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , on 4 mai 2021 by Résistance 71

Résistance 71

4 mai 2021

Dernière chronique de RIEN en date… A diffuser sans aucune modération

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PDF

Que nous accompagnerons de quelques citations concordantes, dans l’air du temps et de notre réalité :

« Renverser des idoles, j’appelle ainsi toute espèce d’idéal, c’est déjà bien plutôt mon affaire… Le mensonge de l’idéal a été jusqu’à présent la malédiction suspendue au dessus de la réalité. L’humanité elle-même, à force de se pénétrer de ce mensonge, a été faussée et falsifiée jusque dans ses instincts les plus profonds, jusqu’à l’adoration des valeurs opposées à celles qui garantiraient le développement, l’avenir, le droit supérieur à l’avenir. »

« On me demandera peut-être pourquoi j’ai raconté toutes ces petites choses insignifiantes selon les jugements traditionnels… Je répondrai que toutes ces petites choses, nutrition, lieu et climat, récréation, toute la casuistique de l’amour de soi, sont à tous les points de vue beaucoup plus importantes que tout ce que l’on a considéré jusqu’ici comme important. C’est là précisément qu’il faut commencer à changer de méthode. Tout ce que l’humanité a évalué sérieusement jusqu’à présent, ce ne sont même pas des réalités, ce ne sont que des chimères, plus exactement des mensonges, nés des mauvais instincts de natures maladives et foncièrement nuisibles ; toutes les notions telles que « dieu », « l’âme », « la vertu », « le péché », « l’au-delà », la « vérité », la « vie éternelle ». Mais on y a cherché la grandeur de la nature humaine, sa « divinité »… Toutes les questions de politique, d’ordre social, d’éducation, ont été faussées à l’origine, parce qu’on a pris les hommes les plus nuisibles pour de grands hommes, parce que l’on a enseigné à mépriser les « petites choses », je veux dire les affaires fondamentales de la vie.
[…] ces prétendus hommes de « première importance » je ne les compte même pas parmi les hommes, ils sont pour moi le rebut de l’humanité, produits de la maladie et de l’instinct de vengeance Ce ne sont que des monstres néfastes et profondément incurables, qui veulent se venger de la vie. Je veux être à l’opposé de ces gens là. »

~ Friedrich Nietzsche, « Ecce Homo », 1888 ~

Après avoir lu ces deux extrait ci-dessus, pensez à ce qui est assimilable à cela dans le contexte actuel… Tout ?… Sans aucun doute, qu’attendons-pour foutre toute cette fange du mensonge, de l’exploitation et de la division fictive par dessus bord ?

Dans l’esprit de Cheval Fou

De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste 1ère partie

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 3 mai 2021 by Résistance 71

“Nietzsche a manqué le coche du socialisme. Lui seul, pourtant, est en mesure de barrer la route au nihilisme et de construire le rêve du philosophe : la surhumanité. Il faut dire oui à ce qui élève la vie mais contester ce qui l’abaisse.”
~ Albert Camus ~

Nietzsche et la tradition anarchiste

Extrait du livre de Max Leroy “Dionysos au drapeau noir”, ACL, 2014 (p.45-52)

Compilé par Résistance 71, mai 2021

Max Leroy

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

Nous avons découvert, au fil de nos recherches, un essai publié aux Etats-Unis en 2004, “I am not a man, I am dynamite”, sous-titré “Friedrich Nietzsche and the anarchist tradition” (introuvable en français, NdR71 : nous en traduisons certains passages en ce moment même pour combler ce vide… du moins en partie). Il semblerait fort qu’il n’existe aucune autre ouvrage sur le sujet.

[…] Le concept de transvaluation de toutes les valeurs (NdR71 : en fait le terme de Nietzsche est “transmutation de toutes les valeurs”) n’est pas seulement compatible avec le projet anarchiste, il en est un élément intégral, tout comme l’idée d’une philosophie au marteau sous-tend l’engagement anarchiste en faveur d’une transformation sociale radicale.

[…] Revenons vers le Vieux Monde. Et penchons-nous brièvement sur ces figures du mouvement anarchiste qui manifestent leur attachement sinon leur admiration pour Friedrich Nietzsche. Cette liste n’a pas, on l’imagine, la prétention d’être exhaustive.

Louise Michel (1830-1905), communarde déportée en Nouvelle-Calédonie, déclara: “Nous voulons la conquête du pain, la conquête du logement et des habits pour tout le monde… Alors le rêve superbe de Nietzsche, qui prophétisait l’avènement du surhomme se réalisera.”

E. Armand (1872-1963), fils de communard et partisan des “milieux libres”, s’inspira de l’individualisme nietzschéen pour forger sa pensée. Il célébra l’homme en marge, le solitaire contre le vent, l’âme ardente qui brûle loin des cendres de la société, le séditieux et l’insoumis face aux troupeaux consentants ; bref l’en-dehors. Son mot d’ordre ? “Défendre l’individu contre l’Homme”, cet indécrottable suiveur, incurable superficiel et éternel grégaire. Son “Petit manuel anarchiste individualiste”, rédigé en 1911 (NdR71: la même année que “L’appel au socialisme” de Gustav Landauer), rappelait ainsi que “l’anarchiste va, semant le révolte contre ce qui opprime, entrave, s’oppose à a libre expansion de l’être individuel”. Les maux du monde ne procèdent pas seulement de la propriété privée et du système capitaliste ; l’espèce humaine endosse la plus lourde responsabilité et les esclaves n’existent qu’en ce qu’ils acquiescent à leurs maîtres. A quoi bon une révolution ? Les tyrans se passent le mot, par-delà les régimes et les structures politiques. Resta à suivre sa route, sans horizons radieux ni Grand Soir, sans pratiquer l’exploitation ni la subir.

L’historien allemand Rudolph Rocker (1873-1958) traduisit “Ainsi parlait Zarathoustra” en yiddish et cita Nietzsche à quatre reprises dans son ouvrage le plus célèbre “Nationalisme et culture”. Il y salua ses analyses sur le déclin culturel allemand, se joignit à son rejet de l’appareil d’État mais déplora son “individualisme exorbitant” et regretta que le “déchirement intérieur” du philosophe (tiraillé entre ses penchants autoritaires et ses inclinations libertaires) l’ait empêché d’approfondir sa critique du pouvoir.

Albert Libertad (1875-1908), créateur des “causeries populaires”, présentait l’œuvre de Nietzsche lors des conférences qu’il animait. Celui qui fut incarcéré pour avoir crié “A bas l’armée!” déclamait son amour acharné de la vie et sa haine des pensées efflanquées.

Le peintre Salvador Segui (1886-1923), secrétaire général de la CNT catalane, était engagé dans le mouvement ouvrier depuis ses quinze ans. Il fut dans sa jeunesse un fervent partisan de Nietzsche, au point selon un article de “L’humanité” en 1932, qu’il n’était pas rare de l’entendre discuter du philosophe immoraliste aux terrasses des cafés ouvriers. Une organisation monarchiste proche du patronat l’abattit dans une rue de Barcelone un jour du mois de mars 1923.

Federica Montseny (1905-1944)m milita auprès de la CNT avant de devenir durant la guerre civile espagnole, la première femme à accéder au poste de ministre. Elle dût fuir le franquisme et s’installa à Toulouse. Nietzsche, qu’elle vénérait (avec Stirner, Ibsen et Reclus) l’avait amenée à célébrer le volontarisme, l’élan vital et la primauté de l’individu sur la masse.

Le poète Léo Ferré (1916-1993) affirma également avoir été influencé par Nietzsche, que l’on retrouve dans ses textes “Les poètes” et “Le chemin de l’enfer”. Ennemi autoproclamé du pouvoir, fut-il de gauche ou “socialiste”, des partis, des syndicats et des gouvernements, le chanteur ne cessa d’étriller les révolutionnaires professionnels (Robespierre, Lénine, Trostky, Castro, Mao, Debray) au profit de la révolte et de l’insurrection permanente.

L’essayiste et poète Alain Jouffroy (né en 1928) autoproclamé “anarchiste modéré” car non-violent, réhabilita Nietzsche dans son ouvrage phare “De l’individualisme révolutionnaire” (essai qui propose de réconcilier a notion d’individu à celle de révolution collective, par delà les cloisonnements idéologiques : “se révolutionner soi-même à travers les autres et grâce à eux” – NdR71 : cela dit-il quelque chose à nos lecteurs ? Que disons-nous depuis bien des années… sans connaître Jouffroy ?…) et lui consacra un ouvrage plus littéraire “Caffe Fiorio, une heure avant l’effondrement de Nietzsche”.

L’écrivain belge Marcel Moreau (né en 1933), activiste du corps, poète du cœur et pourfendeur de la Raison reine et roide, éleva le père de Zarathoustra au rang de professeur. Moreau exhorte à respirer les grands airs dionysiaques et nietzschéens. L’homme renvoie dos à dos les démences collectives du socialisme scientifique et l’ignominie marchande du libéralisme. […]

Le poète Christian Erwin Andersen (né en 1944) revendique sans détour son nietzschéisme. […]

L’essayiste Daniel Colson, professeur de sociologie à l’université de Saint-Etienne et libraire anarchiste à ses heures, s’active, au fil de ses textes, à intégrer la pensée nietzschéenne au corpus anarchiste. Il publie en 2001 un portrait du penseur allemand sur la couverture de son “Petit lexique philosophique de l’anarchisme”, aux côtés de Proudhon, Bakounine, Louise Michel et Nestor Makhno, puis évoque en 2004, un “Nietzsche émancipateur” et “la nature des affinités entre Nietzsche et les mouvements libertaires” dans “Trois essais de philosophie anarchiste”. Un an plus tard il commit l’article “Nietzsche et l’anarchisme” dans la revue A contretemps.

[…] L’auteur rebondit sur le concept nietzschéen de l’éternel retour pour avancer l’idée que la perception du temps, envisagé à l’aune de l’anarchisme, n’est pas linéaire, quoi qu’aient pu dire Kant, Hegel ou Marx, l’Histoire n’a ni début ni fin, ni attente ni espérance, ni signification ni évolution, ni sens ni but. L’Histoire est chaos et l’on se berne en croyant que l’on pourra, un jour, par la maîtrise technique, soumettre le cosmos à la volonté de l’humain…Comment croire encore que demain sera mieux qu’hier après qu’un B-29 a lâché 64 kilogrammes d’uranium 235 sur la ville d’Hiroshima ? Comment croire encore à l’amélioration de l’espèce humaine après les expériences médicales réalisées sur les Tziganes du camp de Sachsenhausen ? Comment croire encore que l’étape suivante sera qualitativement supérieure à la précédente après les bombardements au phosphore blanc sur la population de Gaza ? C’est ce que demande Colson, sans le formuler ainsi, lorsqu’il définit le progrès comme une “illusion née au XIXème siècle et morte dans les désastres du siècle suivant.L’éternel retour, entendu dans une perspective libertaire, oblige à penser le présent et l’instant qui l’accompagne. […]

Notons enfin que Michel Perraudeau consacra une page à Nietzsche dans son “Dictionnaire de l’individualisme libertaire” (2011) ; le philosophe allemand y est présenté comme un penseur luttant contre les aliénations “étatiques, religieuses, politiques, laborieuses, familiales.

[…]

NdR71 : la suite du livre se penche sur la relation de huit penseurs avec la pensée de Nietzsche. Nous publierons sur certains d’entre eux comme Emma Goldman, Gustav Landauer, Hakim Bey et le plus méconnu : Renzo Novatore, dont nous avons découvert la pensée avec grand intérêt dans le bouquin de Leroy… Pour se faire nous utiliserons ce livre ainsi que l’autre cité en anglais “I am not a man, I am dynamite” dont nous traduirons certains passages. 

A suivre donc…

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Friedrich Nietzsche sur Résistance 71
L’intégrale en PDF

Nous conseillons de lire cette analyse avant même d’entreprendre la lecture de Nietzsche :

Albert Camus : Réflexion sur la philosophie de Nietzsche

et celle du grand spécialiste et traducteur de Nietzsche Georges-Arthur Goldsmidt :

G.A Goldsmidt : Analyse de la philiosophie de Nietzsche et de son « Ainsi parlait Zarathoustra »

Lecture complémentaire :

Du chemin de la société vers son humanité réalisée (Résistance 71)

Michel Bakounine, l’essentiel en PDF

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , on 2 mai 2021 by Résistance 71

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Résistance 71

2 mai 2021

Suite à la publication de notre dernière traduction d’un texte inédit de Bakounine, Jo nous a fait ce superbe PDF compilant l’essentiel des écrits du géant anarchiste.

Voir aussi notre page « Michel Bakounine ». Bonne lecture !

L’essentiel-de-Bakounine
PDF

resistanceA

Invasion zapatiste de l’Europe, rencontres rebelles fructifiantes… Que la fête commence !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 30 avril 2021 by Résistance 71

“L’invasion zapatiste” commence !

Jérôme Baschet

27 avril 2021

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/L-invasion-zapatiste-commence

Cela avait été annoncé il y a six mois ; maintenant, nous y sommes.

Le voyage zapatiste vers l’Europe a commencé.

La « conquête inversée » a bel et bien débuté.

Lorsque, le 5 octobre 2020, les zapatistes ont publié leur communiqué « Une montagne en haute mer », la surprise fut considérable, à l’annonce d’une tournée de l’EZLN (Ejército Zapatista de Liberación Nacional) sur les cinq continents, en commençant par l’Europe.

Il faut dire que, si les zapatistes n’ont pas été avares d’initiatives tant au Chiapas qu’à l’échelle du Mexique (avec par exemple la Marche de la couleur de la terre, il y a tout juste vingt ans), c’est presque la première fois (à une petite exception près en 1997) qu’ils sortent des frontières de leur pays.

Puis, le 1er janvier dernier, ils ont écrit et cosigné avec des centaines de personnes, collectifs et organisations une « Déclaration pour la vie » exposant les raisons de ce voyage : contribuer à l’effort pour que les luttes contre le capitalisme — qui sont indissociablement des luttes pour la vie — se rencontrent dans la pleine conscience de leurs différences et loin de toute volonté d’homogénéisation ou d’hégémonie.

Au cours de ces six derniers mois, un ample processus d’organisation s’est mis en place à l’échelle européenne, mais aussi dans chaque pays ou « géographie », selon la terminologie zapatiste. Une coordination francophone a ainsi vu le jour, puis, en son sein, huit coordinations régionales fédérant collectifs et initiatives locales. Dans le même temps, l’EZLN a confirmé que se préparait une ample délégation composée de plus d’une centaine de ses membres, aux trois quarts des femmes, et qu’elle serait en outre accompagnée par des membres du Congrès national indien – Conseil indien de gouvernement, qui regroupe des luttes indiennes de tout le Mexique, ainsi que par une délégation du Front des peuples en défense de l’eau et de la terre de Morelos, Puebla et Tlaxcala, s’opposant à la mise en service d’une double centrale thermoélectrique qui menace de détourner les ressources en eau indispensables aux paysans de la région [1].

Le 10 avril dernier — anniversaire de l’assassinat d’Emiliano Zapata — était annoncé le départ de la première partie de la délégation zapatiste, destinée à faire le voyage par la voie maritime. On s’attendait à la voir sortir, ce jour-là, du caracol [2] de Morelia, où ses membres se préparaient depuis des mois. Il y eut bien alors un rituel en bonne et due forme, avec musique traditionnelle, encens et gestes de purification (limpia), sur la réplique d’une proue de navire ; mais la montagne ne s’est pas pour autant déplacée [3]. En effet, il a été annoncé que la délégation se plaçait en quarantaine pendant quinze jours afin d’être assurée de ne pas quitter les territoires zapatistes en étant porteuse d’un autre virus que celui de la rébellion — un choix qui réitère la décision de l’EZLN de prendre (par soi-même et loin de toute injonction étatique) toutes les mesures de précaution sanitaire requises pour éviter la propagation du SARS-CoV-2, ce qui l’avait conduit à déclarer, dès le 15 mars 2020, une alerte rouge et à fermer l’accès à tous les caracoles zapatistes.

On apprit aussi que cette délégation maritime avait été baptisée « Escadron 421 », parce qu’elle est composée de quatre femmes, de deux hommes et d’une personne transgenre (« unoa otroa », dans le lexique zapatiste), présenté·e·s individuellement dans un communiqué du sous-commandant Galeano [4]. Après une nouvelle fête de départ, le dimanche 25, avec exposition de nombreuses peintures et sculptures, paroles d’encouragement du conseil de bon gouvernement et bal populaire [5], ce lundi 26 avril est donc le jour de leur départ effectif de Morelia. De là, ils rejoindront un port mexicain où les attend le bateau dénommé « La Montagne » et, le 3 mai, largueront les amarres pour la traversée de l’Atlantique. L’Escadron 421 sera alors soumis aux impondérables océaniques, sous la compétente conduite de l’équipage du navire. Il devrait arriver en vue des côtes européennes dans la seconde moitié du mois de juin (le pays ne sera connu que plus tard).

Parallèlement, ces derniers jours, de petites fêtes étaient organisées au son des tambours et des encouragements de toutes sortes pour accompagner le départ d’autres membres de la délégation zapatiste qui quittaient leurs villages de la forêt Lacandone, parfois dans des pirogues permettant de descendre les rivières de cette région tropicale, proche de la frontière du Guatemala [6]. Elles et eux feront partie des groupes de la délégation zapatiste qui, en avion cette fois, rejoindront le vieux continent à partir du début juillet.

Commenceront alors des mois d’intenses activités, de rencontres et d’échanges dans toute l’Europe, puisque les zapatistes ont annoncé avoir reçu et accepté des invitations émanant de très nombreuses « géographies » : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Catalogne, Sardaigne, Chypre, Croatie, Danemark, Slovénie, État espagnol, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pays basque, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, Russie, Serbie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine.

Ce sont des centaines de rencontres et d’activités qui ont été proposées aux zapatistes et sont actuellement en cours de préparation. Les collectifs et organisations concernés les feront connaître le moment venu. Il est possible qu’il y ait des rassemblements amples, impliquant toutes les luttes de la période actuelle, des Gilets jaunes aux ZAD et autres résistances territoriales contre les grands projets destructeurs, des collectifs féministes à toutes les formes de soutien aux migrants, des luttes contre les violences policières à celles qui visent à défaire les dominations coloniales, des réseaux d’entraide dans les métropoles aux régions rurales où s’esquissent d’autres manières de vivre, sans oublier la mobilisation prioritaire à laquelle nous obligent, comme le soulignent les zapatistes, les sanglots tragiques de notre planète blessée. La liste est longue (et ici incomplète) au sein de la galaxie des rébellions contre tous les aspects de la barbarie capitaliste et des résistances pour faire émerger d’autres mondes plus désirables.

Surtout, les zapatistes ont expliqué qu’ils venaient pour échanger — c’est-à-dire pour parler et, plus encore, pour écouter — avec toutes celles et ceux qui les ont invités « pour parler de nos histoires mutuelles, de nos douleurs, de nos rages, de nos réussites et de nos échecs » [7]. Des rencontres à petite échelle, pour prendre le temps de se connaître et commencer à apprendre les un·e·s des autres. Cela fait bien longtemps que les zapatistes insistent sur le fait que nos luttes ne peuvent rester isolées les unes des autres, soulignant la nécessité de construire des réseaux planétaires de résistance et de rébellion. Il est inutile de rappeler ici toutes les rencontres internationales qu’ils ont organisées au Chiapas, depuis la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme (dite « Intergalactique »), en 1996, jusqu’au séminaire « La pensée critique contre l’hydre capitaliste », en 2015 [8]. Mais on peut noter qu’en août 2019, au moment d’annoncer une nouvelle avancée de l’autonomie, avec la création de quatre nouvelles communes autonomes et de sept nouveaux conseils de bon gouvernement, ils avaient précisé qu’ils ne proposaient plus d’organiser de grandes rencontres, mais plutôt de faire des « réunions avec les groupes, collectifs et organisations qui travaillent [luttent] dans leurs géographies » [9]. Il n’était pas alors question de voyage sur les cinq continents, mais celui-ci pourrait être — en plus d’autres raisons d’entreprendre un tel périple — une manière d’engager ce processus. Mais, si une telle perspective peut résonner avec le besoin que beaucoup ressentent de tisser davantage entre les luttes existantes, il est clair qu’elle a pour préalable non seulement l’échange qui permet d’identifier ce qui est partagé sans dénier différences et divergences, mais aussi et surtout la rencontre qui crée une interconnaissance réelle.

Le voyage pour la vie sera donc l’occasion pour un nombre bien plus important de personnes de rencontrer les zapatistes et d’en apprendre davantage sur cette expérience d’autonomie et de dignité qui persévère contre vents et marées, depuis plus d’un quart de siècle. Et, espérons-le, de se laisser gagner par la contagion rebelle dont les zapatistes sont de virulents porteurs. Souhaitons donc que toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans la Déclaration pour la vie et pour qui l’autonomie zapatiste brille fort dans le ciel de nos aspirations (et inspirations) soient prêt·e·s à les accueillir, à soutenir leur initiative itinérante (par exemple en contribuant et en faisant circuler la plate-forme de crowdfunding mise en place à cet effet), à participer, de la manière qui conviendra à chacun·e, au VOYAGE POUR LA VIE [10].

Mais revenons à l’Escadron 421. Depuis le début de l’annonce du voyage vers l’Europe, les zapatistes suggèrent qu’il s’agit de refaire à l’envers le processus de la conquête. Ils s’amusent à l’idée d’une invasion inversée (et, cette fois, consentie). C’est de l’humour, bien sûr (mais en est-on bien sûr ?) [11]. En tout cas, ils ont annoncé qu’ils seraient, le 13 août 2021, à Madrid pour célébrer à leur manière les cinq cents ans de la conquête de Mexico-Tenochtitlan par l’armée de Hernan Cortés. Les Indiens du Chiapas, comme ceux de tout le continent américain, éprouvent depuis cinq siècles dans leur chair ce que signifient la colonisation et toutes les formes de colonialisme interne et de racisme qui en sont la prolongation. Mais les zapatistes ont clairement dit qu’ils ne se rendraient pas à Madrid pour exiger que l’État espagnol ou l’Église catholique leur demande pardon. Ils refusent tout autant la condamnation essentialisante d’un « Occident » diabolisé et tout entier assimilé aux colonisateurs que l’attitude consistant à enfermer les colonisés dans la position de victimes. Au contraire, ils entendent dire aux Espagnols « qu’ils ne nous ont pas conquis [et] que nous sommes toujours en résistance et en rébellion ». Refaire le voyage à l’envers, c’est déjouer une histoire toute faite, qui assigne des positions figées et univoques aux vainqueurs et aux vaincus. Il s’agit d’ouvrir par effraction la possibilité d’une autre histoire.

Lorsque la délégation maritime zapatiste touchera terre en un point encore inconnu du continent européen, c’est Marijose, « unoa otroa » de l’Escadron 421 qui débarquera en premier. Voici comment le sous-commandant Galeano décrit par avance la scène, en une inversion du geste par lequel Christophe Colomb — qui pourtant n’a pas débarqué, le 12 octobre 1492, en conquérant ni même en découvreur, puisqu’il ne cherchait au contraire qu’à retrouver les terres déjà connues du Japon et de la Chine — s’est empressé de planter sa croix et d’imposer le nom de San Salvador à l’île de Guanahaní :

Ainsi, le premier pied à se poser sur le sol européen (bien sûr, si on nous laisse débarquer) ne sera ni celui d’un homme ni celui d’une femme. Ce sera celui d’un·e autre.

Dans ce que le défunt SupMarcos aurait décrit comme « une gifle avec un bas noir pour toute la gauche hétéropatriarcale », il a été décidé que la première personne à débarquer sera Marijose.

Dès qu’elle·il aura posé les deux pieds sur le sol européen et se sera remis·e du mal de mer, Marijose criera :

« Rendez-vous, visages pâles hétéropatriarcaux qui persécutez ce qui est différent ! »

Nan, je plaisante. Mais ça serait bien qu’il·elle le dise, non ?

Non, en descendant à terre, l@ compa zapatiste Marijose dira d’une voix solennelle :

« Au nom des femmes, des enfants, des hommes, des anciens et, bien sûr, des zapatistes autres, je déclare que le nom de cette terre, que ses natifs appellent aujourd’hui “Europe”, s’appellera désormais : SLUMIL K’AJXEMK’OP, ce qui signifie “Terre rebelle”, ou “Terre qui ne se résigne pas, qui ne défaille pas”. Et c’est ainsi qu’elle sera connue des habitants et des étrangers tant qu’il y aura ici quelqu’un qui n’abandonnera pas, qui ne se vendra pas et qui ne capitulera pas. »

Bienvenue, compañeroas, compañeras y compañeros zapatistas, dans les diverses géographies du continent bientôt renommé Slumil K’ajxemk’op.

Paris, 25-26 avril 2021

Jérôme Baschet

Source : LundiMatin

26 avril 2021.

P.-S.

[mise à jour : le communiqué « La route d’Ixchel », publié ce 26 avril après la parution du présent article, précise que « La Montaña » doit quitter le Mexique depuis Isla Mujeres, pour arriver en vue des côtes européennes à Vigo (Galice)]

Notes

[1] « Au Mexique, les zapatistes du Chiapas s’opposent aux grands projets nuisibles ».

[2] Escargot, en espagnol. Nom des centres régionaux où siègent les « conseils de bon gouvernement » de l’autonomie zapatiste et où ont lieu notamment les rencontres nationales et internationales organisées par l’EZLN.

[3] « En route vers l’Europe… ».

[4] « Escadron 421 ». On y apprend aussi que cette délégation maritime devait être composée de vingt personnes, mais que les autres n’ont pas réussi à vaincre les obstacles mis à l’obtention de leur passeport. NB : L’Escadron 201 est une unité aérienne mexicaine ayant participé à la Seconde guerre mondiale.

[5] « Réveillez-vous ! » et « Escuadrón 421, la delegación Zapatista : “¡Semillas llevamos, semillas dejamos, semillas germinarán !” ».

[6] « Et pendant ce temps, dans la selva Lacandone… »

[7] « En route vers l’Europe… ».

[8] Voir : « Zapatisme ».

[9] « Et nous avons brisé l’encerclement », voir aussi : « Ici, le peuple dirige, le gouvernement obéit » : au Mexique, le zapatisme est bien vivant.

[10] Les coordinations régionales peuvent être contactées aux adresses suivantes :

Centre Val de Loire : zapatista-centrevaldeloire@siberry.fr

Coordination Nord : zalig@herbesfolles.org

Coordination Nord-Est : zapat-est@riseup.net

Coordination Nord-Ouest : coordnordouest@lists.riseup.net

Coordination Île-de-France : comcomzap-idf@riseup.net

Coordination Auvergne – Rhône-Alpes : zap21_auv_rhon_alp@lists.riseup.net

Coordination PACA : pacaz@riseup.net

Coordination Sud-Ouest : contact-coordSudOuest@riseup.net

La coordination francophone à cette adresse : zap_2021_fr_contact@lists.riseup.net

Et pour la Belgique francophone : razb@collectifs.net

[11] Lors de la fête du 25 avril, à Morelia, des maquettes de bateaux ont été exposées, avec des noms faisant ironiquement référence aux caravelles de Christophe Colomb : « Santa Maria – La Revancha » ; « No soy Niña »…

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Lecture complémentaire :

Du chemin de la société vers son humanité réalisée (Résistance 71)

Nous sommes tous des colonisés (Résistance 71)

6ème déclaratoin zapatiste de la forêt de Lacandon

Ricardo Flores Magon, textes choisis

Chiapas, feu et parole d’un peuple qui dirige et d’un gouvernement qui obéit

Rencontre au sommet…


Gilets Jaunes…


Zapatistes….

De la tradition anarchiste africaine, entretien avec Sam Mbah

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 26 avril 2021 by Résistance 71

rEVOLUTION

Anarchisme africain : entretien avec Sam Mbah

Chuck Morse

Entretien avec la revue “Perspective on Anarchy Theory”, printemps 1999

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

“African Anarchism: The History of a Movement” (Sharp Press, 1997) de Sam Mbah et I.E. Igariwey est le premier traitement de l’anarchisme en Afrique dans un mode livresque. Les auteurs y argumentent que l’anarchisme fournit un cadre tout à fait cohérent dans lequel comprendre et répondre aux multiples crises affectant le continent. J’ai rencontré Mbah le 4 novembre 1998 au début de sa tournée américaine.

Note de R71: Nous avons traduit de très larges extraits de ce livre il y a plusieurs années, nous mettons le lien vers notre PDF sous l’article. Bonne lecture !

Vous déclarez que “la tendance générale de la société humaine a été vers l’égalité sociale et une plus grande liberté individuelle.” Partagez-vous la croyance de Marx sur le capitalisme comme développement progressiste dans l’histoire du monde et une pré-condition nécessaire à des formes sociales plus adéquates ?

La position marxiste n’est pas complètement juste. Le capitalisme fut un développement progressiste durant son époque : il a fourni la base de la radicalisation de la classe travailleuse, ce qui n’était pas possible sous le féodalisme et ce fut définitivement un pas en avant. Ceci fut basé sur le fait que la lutte contre le capitalisme et le système étatique s’intensifiait. Mais je ne pense pas que tout pays ou société doive passer par ce processus ou que le capitalisme soit une pré-condition pour le progrès humain ou son développement.

Je ne pense pas non plus que l’histoire humaine soit prévisible ou qu’elle puisse être liée à des séquences développées par des historiens ou des penseurs/écrivains. Je pense que la capacité des gens ordinaires dans une société donnée est si grande qu’elle peut pratiquement les propulser à prendre leur destinée entre leurs propres mains et ce à n’importe quel point dans le temps. Je ne crois pas en la compartimentation de l’histoire en étapes : je pense que les gens ordinaires sont capables de lutter par et pour eux-mêmes et qu’ils pourront se libérer à n’importe quel moment dans le temps.

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NdR71 : 

Essayons de rétablir ici une “voie du milieu”… Nous pensons en partie comme Mbah, à savoir que l’émancipation peut se produire à n’importe quel moment dans la mesure où la capitalisme, comme tous les autres systèmes avant lui est une fabrication, une construction politico-sociale et que ce que nous construisons, nous pouvons le déconstruire pour reconstruire autre chose.
Ceci dit, une fois certains mécanismes enclenchés, se développe une certaine implacabilité évènementielle. En cela l’analyse de Marx sur les deux phases du capitalisme en sa phase I de domination formelle et sa phase II de domination réelle est juste. Ainsi, une fois un tel processus enclenché, il est plus facile sans aucun doute de mettre le système à bas lorsqu’il est au creux de la vague, ce qui est le cas en ce moment. Le capitalisme est en phase de énième mutation pour pouvoir reproduire son propre mode de production, il peine à le faire, mais la solution vers un Nouvel Ordre Mondial des entreprises transnationales est la seule possible pour survivre encore un peu. Son oligarchie s’emploie à mettre tout ça en place et la crise actuelle du COVID-19 n’en est qu’un des aspects / outils.
Maintenant, le capitalisme est-il nécessaire ? Peut-on arriver à l’émancipation sans lui ? Est-il un passage obligé vers notre émancipation vers notre humanité enfin réalisée ? Nous avons fait le choix (une minorité d’entre nous, il y a longtemps, a fait ce choix) de le mettre en place, il est une réalité et peu importe qu’il soit nécessaire ou non, ce qui est sûr de là où nous en sommes, est que nous devons nous en débarrasser et avec lui, de l’État, de la marchandise et son rapport marchand et donc de ses outils de fonctionnement que sont l’argent et le salariat. Là est le point de convergence de l’idée (r)évolutionnaire, car il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système. Nous devons prendre une tangente qui nous sortira du cycle infernal, de la révolution nous ramenant sans cesse au point de départ. Il ne s’agit pas de révolution mais d’évolution. Nous devons devenir enfin politiquement adulte.

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Votre livre est ancré dans l’anarcho-syndicalisme, une tradition essentiellement dérivée des expériences historiques européennes. Quelles contributions distinctives de l’expérience africaine peuvent être apportées à l’anarchisme ?

Nous avons tenté d’adresser ce point dans notre livre. Bien que l’anarchisme ne soit pas complet sans l’apport de l’expérience européenne, nous pensons qu’il y a des éléments des sociétés traditionnelles africaines qui peuvent assister à l’élaboration d’idées anarchistes.

L’une d’entre elles est l’auto-aide, l’entraide ou la tradition de coopération qui prévaut dans la société africaine. Cette société est structurée de telle façon que l’individualisme y est réduit et qu’est important l’approche collective de la résolution de problèmes et de vivre : si on le réduit à son essence, je pense que c’est ce que l’anarchisme enseigne.

Les sociétés traditionnelles africaines offrent aussi certaines choses dont nous devrions apprendre. Par exemple sur le leadership, spécifiquement là où le féodalisme ne s’est pas développé. Dans ces sociétés le pouvoir était horizontal et diffusé dans le corps social, il n’est pas vertical, pas hiérarchisé. Pratiquement tout le monde dans une société donné ou un village prenait part au processus décisionnaire et avait la parole sur tout ce qui les affectait directement au quotidien. Les anciens par exemples n’auraient jamais engagé une lutte armée contre le village voisin s’il n’y avait pas un consensus au sein de la population, ce qui était vraiment la force liante de la société africaine. Également le système de la famille étendue par lequel votre neveu pouvait venir vivre avec vous et votre femme, chose que nous définitivement recommandons à l’anarchisme. Ceci sont des exemples de zones qui pourraient être incorporées à l’anarchisme. Ces idées sont durables, elles sont quasiment dans la nature humaine aussi loin que l’Afrique soit concernée.

L’incapacité de combiner une critique cohérente de l’état et du capitalisme avec une critique du racisme a exercé une énorme pression sur l’anarchisme. Dans quel sens une analyse sur le racisme et la suprématie blanche doit-elle complémenter une analyse de classe ?

Le système capitaliste dont nous avons hérité pousse à l’exploitation des travailleurs et autres classes non dominantes et exploite aussi les différences raciales. Il a institué une dichotomie raciale permanente parmi les travailleurs, où il y a un groupe de travailleurs plus privilégiés et un autre groupe de travailleurs moins privilégiés. Il y a une double exploitation de la classe travailleuse non blanche. Ceci ne fut pas même adressé adéquatement par le marxisme, parce qu’il assumait une unité des intérêts au sein de la classe laborieuse sans référence à des types spécifiques d’exploitation et de privation auxquels font face les travailleurs.

Le racisme est un facteur clef dans ce monde et toute analyse de classe qui cherche à nier cela ne fait qu’appliquer une politique de l’autruche. Le racisme est tout simplement endémique au capitalisme.

Les travailleurs doivent impérativement comprendre cela, comme base de leur unité et pour aller de l’avant. Ceci doit être reconnu par les activistes anarchistes et les mouvements sociaux afin d’intégrer toutes les couleurs de la palette du travail pour faire face à l’ennemi commun qui est le capitalisme et les relations sociales de production que le mettent et le maintiennent en place.

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Notre traduction de larges extraits du livre de Mbah et Igariwey “L’anarchisme africain, une histoire du mouvement”, 1997, trad. R71, 2015

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

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