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25 juin 2010~25 juin 2020 Résistance 71 a 10 ans ! suite (et fin ?)

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , on 25 juin 2020 by Résistance 71

 

 


Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi,
retourne-toi et regarde d’où tu viens
~ Proverbe africain ~

 

Résistance 71

 

25 juin 2020

 

1ère partie

2ème partie

 

Ci-dessous, la compilation en un seul document PDF de ce qui restera notre testament politique: « Manifeste pour une société des sociétés » d’octobre 2017 et « Société, état et violence, résolution de l’aporie anthropologique de Pierre Clastres » d’août 2019. Merci à Jo pour cette superbe compilation.

Vive la Commune Universelle !
Hoka Hey !

F,S,L,J,C,E,B,T

 

Resistance71-Du-chemin-de-la-societe-vers-son-humanite-realisee
PDF 10ème anniversaire

 

Aux source de l’empire : Les Etats-Unis furent-ils créés comme une démocratie ? Analyse critique avec Steven Newcomb

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 24 juin 2020 by Résistance 71

 

“Les Etats-Unis… créés par une bande d’esclavagistes qui voulurent être libres…”
~ George Carlin ~

“Vers 1776, quelques personnes importantes dans les colonies anglaises firent une découverte qui améliorerait énormément les deux cents années suivantes. Ils découvrirent qu’en créant une nation, un symbole, une unité légale appelée États-Unis d’Amérique, ils pourraient contrôler la terre, les profits et le pouvoir politique des favoris de l’empire britannique. Dans le processus, ils pourraient aussi contrer un nombre potentiel de rébellions et créer un consensus de soutien populaire pour la règle d’un nouveau leadership privilégié. Ainsi les pères fondateurs ont-ils créé le système le plus efficace de contrôle national inventé dans l’ère moderne et ont montré aux générations futures de leaders les avantages de combiner le paternalisme avec le commandement.
[…] Nous avons ici une prévision de la longue histoire de la politique américaine, la mobilisation de l’énergie de la basse classe de la société par les politiciens membres de la haute classe, ce pour leurs propres intérêts.”
~ Howard Zinn, 1980 ~

 


S. Newcomb

 

Les Etats-Unis furent-ils fondés comme une démocratie ?

 

Steven Newcomb

 

17 mai 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/was-the-united-states-founded-as-a-democracy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son splendide livre The Lawless Law of Nations (1925), Sterling E. Edmunds dit que les gouvernements peuvent bien être définis comme des “groupes d’hommes possédant le pouvoir arbitraire sur d’autres hommes.” (p.426) Si Edmunds a raison, l’idée “d’auto-gouvernement” n’est pas un remède ayant tant de mérite pour les Amérindiens, car un tel système impliquerait qu’un relativement petit groupe d’hommes et de femmes de la communauté native  exerce un pouvoir arbitraire sur le reste des gens. Pour un grand nombre de nations natives, ceci est exactement ce que “l’auto-gouvernement” natif est devenu. (NdT : Avec la grande exception des nations iroquoises et Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, certes diminuée par les “conseils de bandes et de tribus” instaurés sous les lois fédérales coloniales indiennes, mais toujours en application ce depuis le XIIème siècle, dans le mode de gouvernance traditionnel…)

Depuis maintenant des générations, le gouvernement fédéral des Etats-Unis a exercé un pouvoir arbitraire et abusif, souvent référé en tant que “pouvoir plénier”, sur les nations et peuples natifs. Aujourd’hui, ce même gouvernement fédéral, dans un esprit de bonne volonté, a décidé que les communautés natives devraient évoluer vers une “auto-gouvernance”. De quoi cela a t’il l’air ? Dans un livret intitulé “Auto-gouvernement, une initiative tribale”, on y trouve cette déclaration : “L’auto-gouvernement est au sujet du transfert du financement des programmes disponibles, des services, des fonctions et des activités, vers un contrôle tribal de ceux-ci. Les tribus sont responsables devant leur propre peuple pour la gestion des ressources, des services et du développement.

Le livret explique également que l’auto-gouvernance native consiste à fournir aux gouvernements tribaux “plus d’autorité de contrôle et de prise de décisions sur les ressources financières fédérales mises à la disposition du peuple indien pour son avantage.” C’est au sujet d’un “nouveau partenariat entre les tribus indiennes et les Etats-Unis dans leurs relations de gouvernement à gouvernement”. Le but est de minimiser l’intrusion et l’implication fédérales. (NdT: en clair, mettre des gestionnaires inféodés au système en place pour gérer la merdasse du capital…)

Mais historiquement, nous devons regarder en arrière et comprendre qu’une idée d’auto-gouvernement natif fondé sur la gestion “des ressources financières fédérales” ne fut jamais partie intégrante de notre existence avant l’invasion de nos territoires et de nos nations. De fait, ce livret distribué par le “Projet de Démonstration de Gouvernance Tribale” reconnaît clairement ce point crucial. Une lettre d’introduction publié avec le pamphlet dit ceci : “Toutes nos sociétés tribales ont eu des existences libres et autonomes durant des milliers d’années avant l’exploration et la colonisation de ce continent par les Européens occidentaux.

Plus encore, nos nations et nos peuples eurent un mode de vie libre et indépendant avant que les envahisseurs européens n’ait assumé un droit de domination sur nos nations et nos ancêtres. Les auteurs du pamphlet reconnaissent qu’un système de domination fut imposé sur nos nations puis écrivent :

“L’auto-suffisance fut remplacée alors que les Etats-Unis par leur congrès, leurs tribunaux et particulièrement la bureaucratie fédérale (NdT: qui n’agit que sur ordre) transformèrent, parfois brutalement,  le statut tribal indépendant par une dépendance tribale envers l’état fédéral. Après des générations de domination et de contrôle fédéraux, il y eut même quelques Indiens pour croire à cette dépendance imposée [domination].”

Après avoir reconnu que les Etats-Unis imposaient un système de domination sur nos nations, les personnes qui ont écrit ce livret bizarrement ont déclaré, “Nos cultures ont fourni les philosophies de base incarnées dans la constitution des Etats-Unis.” Si des philosophies démocratiques étaient incarnées dans la constitution des Etats-Unis alors ceux-ci opéraient-ils hors de leur constitution pour imposer un système de domination sur nos peuples et nations ?…

Ou est-il possible que les auteurs du livret se soient trompés parce que la constitution des Etats-Unis est un instrument de l’empire et de domination et non pas une démocratie ? Dans son livre The Rising American Empire (1962), l’historien Richard Van Alstyne a clairement documenté le fait que les Etats-Unis furent fondés comme un empire. Et d’après R.H.S Crossman, la constitution des Etats-Unis fut écrite comme “l’organe central d’une autorité coercitive, tout en préservant une relative indépendance aux autorités locales, aux législatures des états” (R. H. S. Crossman, Government and the Governed, 1969, p. 96). Cette “autorité coercitive” incarnée dans la constitution ne fut pas basée sur le règle populaire, car des hommes comme James Madison furent très clairs sur leur dénonciation de la démocratie.

Madison était préoccupé parce que:

Il y aura des créditeurs et des endettés, fermiers, marchands et industriels. Il y aura particulièrement cette distinction entre riche et pauvre… Nous ne pouvons pas quoi qu’il en soit, être regardé en ce moment comme une masse homogène dans laquelle tout ce qui affecte une partie va affecter de la même manière l’ensemble. En cadrant un système que nous voulons durable pendant bien longtemps, nous ne devons pas perdre de vue le changement produit par l’âge. Une augmentation de la population va nécessairement augmenter la proportion de ceux qui travaillent (sic) sous toutes les duretés de la vie et qui vont secrètement soupirer pour une plus grande égalité de distribution de ses mannes. Ceux-ci seront dans le temps plus nombreux que ceux placés au dessus des sentiments d’indigence (de pauvreté). D’après les lois du suffrage (par le vote), le pouvoir va glisser dans les mains des masses. Aucune tentative agraire n’a été faite dans ce pays, mais les symptômes d’un esprit d’effervescence comme nous le comprenons, s’est suffisamment développé dans certains endroits pour nous notifier le danger futur en provenance des masses. Comment peut-on se préserver de ce danger sur des principes républicains ?” (Crossman, p.96-7)

Madison posa aussi une autre question. Comment la classe de propriétaires pourrait-elle se préserver contre les dangers se posant aux riches comme les “coalitions” de la majorité, trimant dans leur vie quotidienne ? (Crossman, p.97). Madison, que beaucoup regardent comme le plus important des “pères fondateurs”, envisiona toutes les communautés comme divisées entre le petit nombre et la masse. “Les premiers sont les riches et les biens nés et l’autre les masses de gens qui rarement jugent ou déterminent le droit.” (Ibid)

Comme le fait remarquer Crossman, les hommes d’affaire qui ont écrit la constitution réussirent à sortir d’un système, sous la couronne britannique, fondé sur l’idée de la soumission du peuple vivant en obéissance traditionnelle à une plus haute autorité royale et d’un parlement, vers un “système de contrôle si intriqué, que pratiquement pas une vague populaire ne pourrait se propager. (Ibid) Le fédéralisme, dit Crossman, fut créé comme barrière, garde-fou, contre la turbulence de la démocratie.” (Ibid.) De telles idées furent-elles empruntées aux cultures natives de ce continent ? Manifestement pas.

Et pourtant, pour une raison indéterminée, bien des natifs ont souscrit à une mythologie faisant le portait des Etats-Unis comme étant une société “démocratique”, fondé sur un “système de gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple”. Le problème avec ce slogan simpliste est que le “peuple” auquel il se réfère n’y est jamais identifié. En fait, le “peuple” est un terme suffisamment vague pour faire diversion du fait que ce terme se réfère aux “riches et biens nés” pour lesquels Madison étaient si préoccupés. Comme l’observe Fernand Braudel dans sa “Grammaire des civilisations” (1987) :

La déclaration d’indépendance des Etats-Unis proclama le droit de se rebeller et d’être égaux devant la loi. Mais la grande idée qui préoccupa et motiva les propriétaires terriens, les hommes d’affaire, les avocats, les patrons de plantations, les spéculateurs et les banquiers, ces “aristocrates”, était de sauvegarder et préserver la propriété, la richesse et le privilège social. L’Amérique était nouvellement née, mais elle avait déjà des gens riches dont la richesse les prédisposait à mener les autres. Nous en avons pour preuve ce que disaient les pères fondateurs assemblés à la Convention de Philadelphie, ou de lire leur correspondance avec leurs pairs. Leurs assomptions de base sont très claires. Charles Pickney, un jeune planteur, proposa que seuls ceux possédant au moins 100 000 US$ pouvaient devenir président. Alexander Hamilton appela à l’étouffement de “l’impudente démocratie”. Tous, comme Peggy Hutchinson, fille de gouverneur, regardaient les masses comme la “foule crasseuse”.

“Un jeune diplomate et homme d’état, le gouverneur Morris, déclara : “La foule commence à penser et à raisonner. Pauvres reptiles ! Ils se réchauffent au soleil et bientôt, ils vont mordre… Les gentilshommes commencent à les craindre.” L’avocat et politicien James Murray Mason reconnut : “Nous avons été trop démocrates… faisons attention à ne pas aller trop loin dans l’autre extrême.” Personne finalement fut plus imbu des sacro-saints principes de démocratie que Jeremy Belknap, un prêtre de la Nouvelle-Angleterre ; pourtant il écrivit à un de ses amis : “Nous devrions soutenir en tant que principe que le gouvernement dérive du peuple, mais obliger le peuple à comprendre qu’il n’est pas capable de gouverner par lui-même.

Braudel conclut qu’il y “avait un ordre à imposer au nom de la liberté et de l’égalité et que c’était un ordre capitaliste”, dans lequel “le pouvoir et la responsabilité appartiennent aux riches.” Qu’en est-il donc de ces gens du bas de la pyramide sociale ? Comme le fait remarquer Braudel “Les autres reçurent la grande concession d’être protégés des riches alors que les riches étaient contre eux.” Ainsi, lorsque nous parlons de la constitution des Etats-Unis, nous parlons d’un système de gouvernement, créé par des propriétaires terriens, des hommes d’affaire, des avocats, des planteurs, des propriétaires d’esclaves, des banquiers et des spéculateurs, que les riches mirent en place comme moyen d’organiser l’utilisation du pouvoir coercitif pour les protéger, eux, leurs propriétés et leur privilège de blancs contre la masse du commun. Pour nous aujourd’hui, en tant que peuples et nations natifs de ce continent, dire que nos cultures natives “ont fourni les principes démocratiques de base incarnée fans la constitution des Etats-Unis”, n’est rien d’autre que de perpétuer une erreur et un mensonge tout en déformant le narratif historique dans une proportion incroyable.

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Lectures complémentaires :

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


« Livre », croix et épée, piliers coloniaux


Combattant le terrorisme depuis… 1492 !

Racisme et antiracisme comme outils de la division et de l’ingénierie sociale (Thierry Meyssan)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 juin 2020 by Résistance 71

 

“Bref, ni le pouvoir et la puissance de l’État centralisé, ni les enseignements doctrinaires de la haine mutuelle et de la lutte sans merci qui vinrent parés des atours de la science, en provenance de philosophes et sociologues obéissants, n’ont pu se débarrasser du sentiment de solidarité humaine, profondément logé dans la compréhension des hommes et dans leur cœur, parce que ceci a été chéri et cajolé par toute notre évolution précédente.
[…] Et l’Homme est appelé à être guidé dans ses actes, non pas seulement par l’amour qui est toujours personnel, ou au mieux tribal, mais par la perception de son unicité, du sentiment de ne faire qu’un avec chaque être humain.”
~ Pierre Kropotkine, “L’entraide, un facteur de l’évolution” ~

L’ouvrage mentionné et cité ci-dessus est l’antidote absolu à l’idée même de hiérarchie des espèces et des “races”, un antidote au racisme qui n’est qu’une construction sociale, un artifice construit pour maintenir le rapport dominant / dominé sous toutes les coutures possibles. Analyse intéressante de Thierry Meyssan sur le sujet et dont nous adhérons à la conclusion.

~ Résistance 71 ~

 


« Les martyrs, cher ami, doivent choisir d’être oubliés,
raillés ou utilisés ; quant à être compris, jamais. »
~ A. Camus, « La chute », 1956 ~

 

Racisme et antiracisme comme mensonges

 

Thierry Meyssan

 

16 juin 2020

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article210211.html

 

Les idéologies de l’antiracisme et du racisme se fondent sur la même imposture : il existerait des races humaines distinctes ne pouvant avoir de descendance commune en bonne santé ; postulat stupide dont chacun peut constater l’ineptie. Interrogés à ce sujet, les partisans de ces deux idéologies ne peuvent qu’assurer parler au figuré, mais reprennent peu après leur interprétation raciale de l’humanité et de son histoire. Comme le montre Thierry Meyssan, ce couple passionné n’a jamais servi que les intérêts des puissances dominantes.

Les communautés humaines ont tendance à surestimer leur mode de vie et à se méfier de celui des autres. Pour maintenir la cohésion de leur groupe, certains de ses membres ont un réflexe de rejet des nouveaux arrivants. Cependant, dès qu’ils font leur connaissance, qu’ils comprennent que ce sont des hommes comme eux, les tensions s’apaisent.

À ce fonctionnement ethnologique, des idéologies sont venues s’ajouter au XIXème et XXème siècle : le racisme et l’antiracisme. Dans le contexte de l’impérialisme britannique et du développement de la biologie et de la génétique, ces théories permettaient de justifier la hiérarchie ou l’égalité en droits des populations.

Le racisme scientifique

Suite aux théories de Charles Darwin (1809-1882) sur l’évolution des espèces animales, Herbert Spencer (1820–1903), posa qu’il existait des races humaines distinctes et que la sélection naturelle avait abouti à la supériorité des Blancs. C’était le début du « social-darwinisme ». Un cousin de Darwin, Sir Francis Galton (1822-1911), étalonna les races et relia le taux de fécondité des femmes à la dégénérescence des individus. Il put ainsi non seulement prouver la supériorité des Blancs sur les gens de couleur, mais aussi des riches sur les pauvres.

Un « consensus scientifique » établit que les accouplements interraciaux étaient à l’origine de nombreux handicaps. Dès lors, il devenait indispensable de les interdire au même titre que l’inceste pour préserver chaque race. C’était l’« eugénisme ». La mise en application de ce principe fut d’autant complexe que, quelle que soit la définition de chaque race, aucun individu n’est de race pure, par conséquent chaque situation est sujette à discussion. Aux États-Unis cette logique ne conduisit pas seulement à décourager la formation de couples entre Européens d’un côté et Indiens, Noirs ou Chinois de l’autre, mais aussi à privilégier les Blancs Anglo-Saxons sur les Blancs non-Anglo-Saxons (Italiens, Polonais, Serbes, Grecs etc.) (Immigration Act en vigueur de 1924 à 1965).

L’Institut du Kaiser Wilhelm (équivalent allemand du CNRS français) démontra que non seulement la préservation de la race exigeait de ne pas se reproduire avec des individus de race différente, mais aussi de ne pas s’accoupler du tout. En effet, dans le cas de pénétration anale, les gènes de l’un et de l’autre se mêlaient bien que n’ayant pas de descendance. D’où la prohibition de l’homosexualité par les nazis.

Il fallut attendre la chute du nazisme et la décolonisation pour que le « consensus scientifique » se retourne et que l’on prenne conscience de l’incroyable diversité au sein de chaque race supposée. Ce qui nous ressemble chez certains individus d’autres races supposées est beaucoup plus important que ce qui nous distingue d’individus de notre race supposée.

En juillet 1950, l’Unesco proclame l’inanité du « darwinisme social » et de l’« eugénisme ». Tout simplement, l’humanité est certes issue de plusieurs races d’homo sapiens préhistoriques distinctes, mais ne constitue qu’une seule race dont les individus peuvent s’accoupler sans risques. Évidemment, il n’était pas nécessaire d’être scientifique pour le remarquer, mais les idéologies impérialiste et coloniale avaient provisoirement obscurci l’esprit des « savants ».

Le racisme juridique

Alors que les scientifiques retrouvaient leur unité, les juristes se divisaient en deux manières différentes d’aborder la question. Cette fois ce ne sont pas les idéologies impérialiste et coloniale qui les séparent, mais leurs conceptions de la Nation. Pour les Anglo-Saxons, celle-ci est un rassemblement ethnique (au sens culturel), tandis que pour les Français, elle est un choix politique. Le principal dictionnaire juridique US dispose : « Nation : Un grand groupe de personnes ayant une origine, une langue, une tradition et des coutumes communes constituant une entité politique » (“Nation : A large group of people having a common origin, language, and tradition and usu. constituting a political entity,” Black’s Law Dictionary, 2014). Au contraire la France depuis la Révolution dispose : Nation : « Personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’État » (Arrêté du roi Louis XVI du 23 juillet 1789).

La vision française est aujourd’hui à peu près universelle, celle des Britanniques n’est défendue que par eux et par leurs créations coloniales : les Frères musulmans et le RSS indien [1].

Ainsi malgré les progrès de la science, les Britanniques vivent aujourd’hui sous le Race Relations Act 1976 (Lois sur les relations raciales de 1976) et sont arbitrés par la Commission for Racial Equality (Commission pour l’égalité raciale), tandis que les textes officiels français parlent de « prétendue race ». Dans la pratique, les deux sociétés n’établissent pas de différences « raciales », mais de classe sociale pour les Britanniques et de niveau social pour les Français.

L’antiracisme

En Occident, l’antiracisme est désormais confondu avec l’antifascisme. Alors même qu’il n’y a plus de racisme faute de races, ni de fascisme, faute des situations économiques auxquelles cette pensée répondait. Les groupes qui se réclament de ces idées ont aujourd’hui la particularité de se réclamer de l’extrême-gauche anticapitaliste, mais d’être subventionnés par le spéculateur George Soros et de travailler pour le compte de l’Otan, champion du capitalisme. Ils disposent donc d’un entraînement militaire.

C’est non sans délectation que le président turc Recep Tayyip Erdoğan n’a pas manqué de souligner, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue US le 8 juin 2020, que l’Otan avait utilisé les Brigades internationales antifascistes à la fois contre la Syrie et contre la Turquie [2] ; les mêmes « Antifas » qui coordonnent les émeutes antiracistes actuelles aux États-Unis.

En réalité, le racisme et l’antiracisme sont les deux faces d’une même pièce. Tous deux se fondent sur le fantasme des races dont nous savons pourtant qu’elles n’existent pas. Dans les deux cas, il s’agit d’un conformisme à l’air du temps. Les racistes correspondaient aux idéologies impérialiste et coloniale, les antiracistes à la globalisation financière. Leur unique utilité politique commune est d’occuper le terrain pour masquer les authentiques luttes sociales.

Notes :

[1] « Histoire mondiale des Frères musulmans » (6 parties), Thierry Meyssan, 21 juin 2019. « Déjà 10 mois de confinement du Jammu-et-Cachemire », par Moin ul Haque, Dawn (Pakistan) , Réseau Voltaire, 10 juin 2020.

[2] « Les Brigades anarchistes de l’Otan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 septembre 2017.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Décolonisons le monde !… Croire que nous vivons
dans un monde « post-colonial »
quand la marchandise a tout colonisé est…
pure utopie ! Le racisme est un dérivé marchand…

Changement de paradigme politique : lâcher-prise des macrostructures, plaidoirie pour les structures minuscules d’une société des sociétés

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Excellente analyse ci-dessous, qui nous rapproche du concept abordé sur ce blog de la société des sociétés. Tout en revient à comprendre qu’il y a une alternative organique et naturelle à la destruction méthodique de la société humaine entreprise il y a quelques 5000 ans par la société se centralisant en états, puis en états-nations capitalistes, pourvu que nous comprenions les rouages et la nécessité de lâcher enfin prise d’avec les macrostructures mortifères pour embrasser les microstructures de la vie, tout simplement. Refusons l’artificiel fabriqué (état, marchandise, argent et salariat) et revenons au cycle de la vie pour enfin être qui nous sommes dans notre humanité organique collective réalisée.
Le texte ci-dessous, dans sa clairvoyance, nous ouvre une porte supplémentaire de perception authentique.
~ Résistance 71 ~

 

Structures minuscules

 

Yasnaya Elena Aguilar Gil

 

14 juin 2020

 

Source de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Structures-minuscules

 

Quel serait le niveau de mortalité du coronavirus dans un monde où il n’existerait pas de macrostructures comme le capitalisme ?

De paroles attribuées à Démocrite, le biologiste français Jacques Monod a tiré le titre principal de son extraordinaire livre Le Hasard et la Nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne. La citation complète attribuée au philosophe du sourire est la suivante : « Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité. » Plutôt que de discuter la pertinence de cette citation dans la situation actuelle, j’aimerais revenir sur les passages les plus troublants du livre de Monod qui m’ont initiée à la passionnante question de savoir si les virus sont ou non des êtres vivants. On sait qu’il s’agit d’entités biologiques constituées de matériel génétique qui infectent des cellules où se reproduisent de multiples copies de ces entités. Les virus sont si petits que la plupart d’entre eux ne peuvent pas être observés par les microscopes optiques courants. Ce sont de minuscules structures qui transitent entre le monde de l’inerte et celui du vivant. Au cours de l’histoire de l’humanité, et même avant leur découverte, elles ont mis en crise et révélé le fonctionnement de macrostructures d’une autre nature. Le nouveau coronavirus qui a provoqué la pandémie du Covid-19 dans le monde montre la radiographie d’une gigantesque structure socio-économique comme le capitalisme, dans laquelle les segments opprimés de la population sont terriblement vulnérables aux ravages de cette maladie : les communautés ayant peu accès au système de santé, les personnes qui ne peuvent suivre les consignes de prévention en raison de leur situation économique ou les migrants aux frontières où la violation de leurs droits humains fondamentaux est courante. Par ailleurs, les rapports officiels indiquent qu’en plus des personnes âgées les personnes souffrant de diabète, d’hypertension ou d’obésité sont particulièrement vulnérables à cette nouvelle entité minuscule. Un pourcentage considérable des décès dus au Covid-19 au Mexique sont liés à ces maladies. En 2015, on estimait qu’environ 415 millions de personnes dans le monde souffraient de diabète, et sa croissance rapide le situe parmi les dix maladies qui ont causé le plus de décès au cours des dernières décennies, ce qui est en rapport direct avec la consommation de produits alimentaires industrialisés. Le capitalisme en tant que macrostructure a donc créé ses propres segments vulnérables à la microstructure du nouveau virus qui menace nos systèmes immunitaires affaiblis, préalablement minés par la consommation d’aliments industrialisés que la publicité vend comme désirables. Parallèlement, dans les grandes villes, la prétendue nourriture biologique devient un article de luxe auquel les personnes en situation de pauvreté ne peuvent accéder. Un tout petit virus se niche dans les structures déjà corrodées par les mégasystèmes sociaux qui ordonnent le monde ; dans de très nombreux cas, le virus se multiplie, infecte et détruit les corps qui ont été précédemment exposés, affaiblis et paupérisés par le macrosystème capitaliste.

Séduits par les macrostructures, nous avons cru aussi en l’impossibilité de leur disparition, nous les avons déclarées indispensables. Les récits sur l’histoire du monde, et en particulier celle des États nationaux, ont mis l’emphase sur les étapes qui expliquent la création des macrosystèmes sociaux : le passage des sociétés nomades aux sociétés agricoles est souvent expliqué comme une condition importante de l’existence de la stratification sociale qui se décantera plus tard en cités-États qui pourront alors donner naissance à des empires ou à des sociétés esclavagistes disposant de la main-d’œuvre nécessaire pour faire de grandes pyramides dont nous soyons fiers, de grandes civilisations qui érigent des constructions colossales très souvent décrites comme un antécédent historique des macrostructures socio-politiques actuelles par excellence : les États nationaux. L’empire mexica, ses gloires et ses monuments sont ainsi relatés comme s’ils faisaient partie de l’histoire du Mexique. Le développement d’une classe gouvernante est interprété comme un signe de développement dans cette évolution positiviste de l’histoire qu’on nous a appris à souhaiter ; la stratification sociale est présentée comme une condition nécessaire pour que, dans différentes parties du monde, les sociétés passent du simple village à la ville-État à l’aube de l’histoire. Nous célébrons le cheminement vers la construction des macrostructures sociales. Cependant, à côté des larges avenues où défilent les grands épisodes de l’histoire des sociétés mégastructurées, il a toujours existé des structures sociales minuscules : des communautés, des hameaux, des villages qui ont renoncé à la stratification sociale sur le chemin du développement linéaire des civilisations, des peuples nomades qui n’ont pas renoncé à l’être, des systèmes sociaux qui ont géré la vie en commun loin des grands centres de civilisation et dont l’existence n’a parfois même pas été enregistrée par l’histoire.

Cette passion pour le macro nous empêche d’entrevoir d’autres possibilités, cette passion pour le macro nous amène à penser qu’une mégastructure dotée d’un pouvoir central comme l’État mexicain ne peut cesser d’exister. Cette fascination pour le macro explique que, lorsque je parle des possibilités d’autogestion et de sociétés fondées sur le soutien mutuel et la réciprocité, je reçois souvent des réponses qui affirment que cela peut fonctionner dans de petits villages comme celui où je vis, dans de petites communautés indigènes ou des agglomérations rurales, mais que cela ne fonctionnerait jamais pour une grande ville comme Mexico. Alors, je réponds en invitant à faire un exercice d’imagination : pensons à la ville de Mexico comme un conglomérat de minuscules structures autorégulatrices fondées sur l’autogestion et la réciprocité qui établissent des alliances avec de multiples autres structures minuscules pour répondre, le cas échéant, à des besoins et à des problèmes concrets. Supposons, par exemple, que les assemblées de quartier qui régissent la vie commune des familles voisines collaborent, quand besoin est, avec d’autres quartiers autonomes. De ce point de vue, Mexico ne se présenterait pas comme une grande structure inévitable, mais comme un réseau de petites structures qui configurent leurs alliances selon leur nécessité (par exemple, pour produire ou échanger des fournitures médicales en pleine pandémie) mais qui gèrent aussi la vie en commun dans des unités quartiers, des unités banlieues et des unités autonomes. Nous pouvons aller plus loin et penser le monde non pas comme la somme d’États nationaux, mégastructures sociopolitiques qui ont morcelé le monde et établi des frontières et des pouvoirs centraux, mais comme un conglomérat changeant, collaborateur et adaptable de structures sociales minuscules, telles que ma communauté, où le fonctionnement de l’assemblée est constitué en une force qui agit contre la création d’une classe gouvernante et qui permet à un professionnel, un paysan, un enseignant d’école maternelle ou un menuisier de participer en tant que membre du gouvernement communal pendant une période déterminée, au terme de laquelle ils seront remplacés.

Face aux systèmes d’oppression, ce sont les petites structures qui ont le mieux résisté et rendu la vie possible. Avec la destruction des macrostructures des grandes seigneuries méso-américaines après l’établissement de l’ordre colonial espagnol, ceux qui ont survécu ont créé, dans de nombreuses régions de ce territoire, des microstructures relativement autonomes fondées sur le fonctionnement de l’entraide, de l’autogestion et de ce que l’anthropologue mixe Floriberto Díaz et l’anthropologue zapotèque Jaime Luna ont appelé la « communalité ». Loin des grands moments et monuments historiques de ces cinq cents ans, nos microstructures ont résisté à l’oppression des macrosystèmes comme le colonialisme ou la création de l’État mexicain, nos microstructures ont défendu le territoire et les biens communs, dans nos minuscules structures nous avons rendu possible la vie bien que les macrosystèmes, leurs pouvoirs centralisés et leurs classes dominantes nous aient apporté la mort et, dans un presque silence que l’histoire n’enregistre pas, nous avons reproduit nos cultures et nos peuples envers et contre tout. Je vois une relation entre ce processus et la phrase qui apparaît au post-scriptum du texte créé par Indigenous Action Media, Rethinking the Apocalypse : An Indigenous Anti-Futurist Manifesto : « Notre organisation était cellulaire, elle n’avait pas besoin de mouvements formels. » Désertons donc la formalité du macro et organisons le monde en structures cellulaires.

Malgré la fascination pour les macrostructures qui nous a été inoculée, il nous faut admettre que leur fonctionnement est peu compatible avec la construction de sociétés plus équitables fondées sur l’autogestion et le soutien mutuel. L’État-nation en tant que macrostructure entre en crise et a de la peine à réagir quand il s’agit de protéger notre vie au milieu d’une pandémie car il ne peut, par définition, personnaliser les soins. Je pense en revanche aux effets qu’une minuscule structure biologique telle que le nouveau coronavirus aurait dans un monde où les macrostructures comme le capitalisme et les États-nations n’auraient pas créé de segments vulnérables comme les migrants aux frontières meurtrières et les personnes qui ne peuvent pas suivre les recommandations en matière de santé vu leur extrême pauvreté, où le capitalisme n’aurait pas vendu aux gens des aliments industriels qui se sont transformés en diabète sucré. Je pense à un monde de minuscules structures solidaires où la nourriture et la qualité des aliments auraient été gérées de manière plus juste et plus organique, où les soins aux personnes âgées auraient été plus collectivisés, où le nationalisme qui réquisitionne les fournitures médicales nécessaires pour faire face à la pandémie et les refuse aux autres en raison de leur appartenance à un autre État-nation et qui ferme les frontières aux migrants n’existerait tout simplement pas. Quel serait le niveau de mortalité de la microstructure du virus dans un monde où n’existeraient pas de macrostructures comme le capitalisme ? Face à la pandémie, les soins et les problèmes auxquels nous sommes confrontés peuvent être gérés en commun dans de minuscules structures qui entretiennent des relations de solidarité et de coopération avec d’autres microstructures selon le mot d’ordre que j’ai entendu pour première fois dans la bouche de l’écoféministe indienne Vandana Shiva, mais qui lui est parvenue d’époques antérieures : pense globalement, agis localement. Et notre locus est le minuscule.

Dans le Livre de Daniel, le roi Nabuchodonosor, monarque d’un grand empire, raconte un rêve troublant : apparaît une grande statue faite de différents matériaux, la tête est en or, le torse est en argent, les hanches en bronze, les jambes sont en fer et les pieds en argile ; une pierre tombe et roule vers les pieds de la statue qui, étant faits d’un matériau faible, entraînent la chute de toute la statue bien que le reste soit fait de matériaux plus solides. Les États nationaux sont des idoles aux pieds d’argile qui vacillent lorsqu’ils entrent en collision avec une petite pierre, une petite structure qui habite entre le vivant et le mort. Une pierre qui s’amplifie en pandémie dans la chambre d’écho qu’est le capitalisme. La résistance sera minuscule. Certains regretteront peut-être la tête dorée de l’idole ou les grands bâtiments construits par le travail des esclaves, mais il nous restera la vie car, comme le dit un vers du poème d’Isabel Zapata Una ballena es un país : ce qui est minuscule résiste toujours.

Yásnaya Elena Aguilar Gil

Texte d’origine :

Estructuras minúsculas 

5 avril 2020.

Traduit de l’espagnol (Mexique)

pour les éditions Rue des Cascades

par Joani Hocquenghem

= = =

Lectures complémentaires :

Manifeste pour la société des sociétés (Résistance 71)

Paulo Freire:
« La pédagogie des opprimés »
« L’éducation comme pratique de la liberté »
« Extension ou communication »

Pierre Clastres:
« Société contre l’État, échange, pouvoir et philosophie de la chefferie indienne »

James C. Scott:
« L’art de ne pas être gouverné »
« Contre le grain, une histoire profonde des premiers états »

Pierre Kropotkine:
« L’entraide, un facteur de l’évolution »

Gustav Landauer:
« Appel au socialisme » (Plaidoirie pour la société des sociétés)

 

 

Seattle, quand une Zone Autonome Temporaire investit l’espace politique tout autant que géographique…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, canada USA états coloniaux, coronavirus CoV19, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 juin 2020 by Résistance 71

 

Il est assez incroyable de trouver cette info sur le site d’information Al Manar en français alors que cela est occulté par tous les médias et que même les médias dits de « gauche » ou « d’ultra-gauche » font l’impasse sur l’affaire…
~ Résistance 71 ~

A lire aussi: « La CHAZ dans sa seconde semaine »

Reclâmons-le haut et fort: TOUT LE POUVOIR AUX RONDS-POINTS !

 


CHAZ-Gilets Jaunes même combat :
Tout le pouvoir aux ronds-points ! (GJ 10ème round)

 

La ville de Seattle livrée aux “anarchistes” ? Passe d’arme entre Trump et les élus locaux

 

Al Manar

 

12 juin 2020

 

url de l’article en français: https://french.almanar.com.lb/1783124

 

Une passe d’armes sur Twitter a opposé, jeudi 11 juin, des élus de Seattle, dans l’Etat de Washington, au président Donald Trump qui a accusé ces derniers d’avoir abandonné la ville à d’ »affreux anarchistes » et « terroristes intérieurs » sur fond de manifestations contre les brutalités policières.

Au coeur de la polémique, une « zone autonome » auto-proclamée qui s’est organisée depuis quelques jours autour d’un commissariat de police fermé temporairement après des manifestations parfois violentes.

La chef de la police de Seattle, Carmen Best, a déploré cette décision, accusant la municipalité d’avoir « cédé à la forte pression publique » dans une vidéo destinée à ces policiers.

« Reprenez notre ville MAINTENANT. Si vous ne le faites pas, je le ferai », avait écrit mercredi soir sur Twitter le président Trump, apostrophant directement le gouverneur de l’Etat de Washington Jay Inslee et la maire démocrate de Seattle, Jenny Durkan.

« Ce n’est pas un jeu. Ces affreux anarchistes doivent être stoppés IMMEDIATEMENT. AGISSEZ VITE! », a ajouté le président républicain.

« Des terroristes de l’intérieur ont pris Seattle, dirigée par des démocrates de la gauche radicale, bien sûr. LOI & ORDRE! », a-t-il écrit un peu plus tard dans un autre message, sur le même ton autoritaire qu’il adopte depuis les manifestations massives dénonçant la mort de George Floyd et d’autres personnes noires arrêtées par la police.

Jay Inslee a répondu par un message railleur moquant les coquilles du président dans son tweet, corrigé depuis.

Jeudi, Jenny Durkan s’est élevée lors d’une conférence de presse contre cette « menace d’envahir Seattle » lancée par le président Trump, assurant que la majorité des manifestations dans sa ville ont été pacifiques.

Donald Trump n’avait pas explicitement fait référence à la « zone autonome de Capitol Hill » proclamée cette semaine par des manifestants mais ses tweets ont suivi de peu la diffusion d’un reportage réalisé sur le sujet par la chaîne Fox News, très suivie par le président conservateur.

Le reportage décrivait ainsi « la prise totale d’une zone de sept pâtés de maisons dans un quartier de Seattle », affirmant que des manifestants armés patrouillaient dans la zone.

Des manifestants ont effectivement investi les rues entourant un commissariat de police laissé temporairement vacant par les forces de l’ordre mais aucun incident n’a été signalé dans cette zone, où l’ambiance oscille entre fête de quartier et mouvements contestataires.

Dans ces rues barrées à la circulation, des familles avec enfants déambulaient jeudi après-midi, au milieu de bénévoles proposant des soins médicaux gratuits, de même que nourriture et boissons données par des commerces locaux.

« La situation ici est aussi paisible que possible », assure à une correspondante de l’AFP Jahtia, femme noire qui travaille à l’hôpital pour enfants de Seattle et vient de participer à une manifestation à vélo contre les brutalités policières avec une cinquantaine de personnes.

« J’ai lu ces choses sur internet qui ne sont manifestement pas vraies », déclare de son côté Tom Hobson, enseignant blanc venu se promener dans la « zone autonome ». « C’est mieux que n’importe quelle fête de quartier. Je vois des gens de tous horizons. Ca ne va peut-être pas durer longtemps mais c’est vraiment un bel instant », juge-t-il.

Les policiers ne sont toutefois pas les bienvenus à la fête. Deux d’entre eux ont en vain tenté de passer les barrières bloquant la circulation mais ont dû y renoncer sous les huées des manifestants leur refusant l’entrée dans cette « zone autonome ».

La police de Seattle a assuré qu’elle répondait toujours aux appels d’urgence dans le périmètre mais s’est inquiétée de la présence d’individus armés à certains points de contrôle, tout en reconnaissant leur droit légal à porter une arme de manière apparente dans cet Etat.

= = =

Lectures complémentaires :

Réseau de Résistance et de Rébellion International

T.A.Z / Z.A.T ou Zone Autonome Temporaire

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


¡Ya Basta!… à l’échelle planétaire !

La Capitol Hill Autonomous Zone (CHAZ) de Seattle dans sa seconde semaine…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 17 juin 2020 by Résistance 71

 


Soutien à la CHAZ et aux compagnons de Seattle !

 

Resistance 71

 

17 juin 2020

 

Nous avons attendu plusieurs jours afin d’en savoir un peu plus. Voici ce que nous savons : le 8 juin 2020 à 18:30 après 10 jours de répression acharnée de manifestations essentiellement pacifiques suite à l’assassinat de George Floyd à Minneapolis, l’East Precinct de la Police de la ville de Seattle dans l’état de Washington (côte ouest de l’état colonial des « Etats-Unis ») a été abandonné par la police.

Dès lors les groupes de manifestants ont organisé la zone en une zone autonome libre de toute autorité locale ou fédérale. Depuis maintenant plus d’une semaine, elle vit de manière autonome au cœur de la ville de Seattle. manifestants et riverains, habitants cohabitent fraternellement et organisent la résistance.

La dictature étatico-capitaliste s’énerve, Trump menace d’envoyer l’armée  nettoyer la zone et rétablir « l’État de droit », c’est à dire la dictature du monopole de la décision et de la violence organisées.

Il ne fait aucun doute que le mouvement sera menacé et infiltré, mais il est plus qu’intéressant de voir la solidarité spontanée se mettre en place, la CHAZ comme elle est désormais appelée, ressemble beaucoup à ce que furent les ronds-points des Gilets Jaunes. Nous traduisons en ce moment même des textes éclairant sur ce qui se passe à Seattle et dans la CHAZ.

A suivre avec grand intérêt et prévoyons une résurgence Gilet Jaune hors des structures de la trahison réformiste. Pour un réseau mondial des luttes autonomes !

A lire aussi: « Seattle, quand une Zone Autonome Temporaire investit l’espace politique et géographique »

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Réseau Résistance Rébellion International

 

Dictature marchande et mystification socio-politique… Pour un monde sans argent ni État ! (Collectif Guerre de Classe)

Posted in actualité, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 11 juin 2020 by Résistance 71

 

« La société modernisée jusqu’au stade du
spectaculaire intégré se 
caractérise par l’effet combiné
de cinq traits principaux, qui sont :
le renouvellement technologique incessant, la fusion
économico-étatique, le secret généralisé, le faux
sans réplique, un présent perpétuel. » (Guy Debord)

 

Pour un monde sans argent ni État !

 

Collectif Guerre de Classe

 

10 juin 2020

 

Source du texte:

https://guerredeclasse.fr/2020/06/10/pour-un-monde-sans-argent-ni-etat/

 

[…]

Le taux de délire de l’idéologie anti-raciste est inversement proportionnel à la puissance des tendances radicales de  la conscience distincte de l’époque.

De nos jours, l’ampleur  spectaculaire de l’indistinction multi-culturaliste traduit positivement la misère intellectuelle du temps-marchand tout-puissant et l’absence de volonté de changement critique qui en découle.

L’endiguement actuel de tous les conflits sociaux potentiellement radicaux se retrouve systématiquement grevée de la mythologie des « minorités visibles » copieusement favorisées et entretenues à titre de clientèles spectaculaires privilégiées du temps inchangeable.

Le clivage anti-raciste intervient ici comme l’essentialité  de la normalisation spectaculaire en ce qu’il offre cette possibilité anesthésiante permanente de passionner les foules hébétées dans la prison mentale de questions indistinctes constamment infra-réelles et anti-critiques  puisque le spectacle des mystifications socio-politiques n’a en vérité pas d’autre objectif que de masquer et de consolider la disparition radicale de toute réalité et de toute critique distinctes.

Le temps humain devenu intégralement temporalité marchande, la consommation du spectacle a d’abord pour finalité de faire oublier la réalité historique et d’arrimer la conscience spectatrice à la seule puissance dominante du fétichisme de l’indistinction.

C’est partout le même projet communautaire d’une histoire sans histoire pour une communauté sans autre communauté que la matérialité indistincte de l’argent.

Le spectacle de l’indistinction est le langage collectif de l’action sociale anti-critique. Il est la temporalité de la production marchande en tant que production constante de séquences aliénées dans leur équivalence et équivalentes dans leur aliénation.

Le fétichisme de la marchandise est tout, l’homme en tant qu’homme n’est plus rien car il n’est plus désormais que la matière première du temps de l’indistinction.

Le temps irrévocable de la production spectaculaire indistincte est primordialement la mesure marchande de tous les actes humains puisqu’il est l’acte marchand de toutes les mesures humaines.

Temporalité officielle de toutes les surfaces du monde de l’aliénation, l’indistinction signifie spectaculairement qu’elle est le mouvement général de l’histoire présente précisément en ce seul sens qu’elle n’est que la dynamique particulière du temps fermé aspirant à liquider toute mémoire d’un temps ouvert.

La liberté dictatoriale du marché dont la seule ambition est le système spectaculaire de la fatalité démocratique inévitable repose sur le caractère a priori immuable et impérissable du regard illusionné.

L’abondance marchande est l’abondance de la non-distinction qui se signale par une accumulation sans limites d’artificialité, d’adultération et d’inversion qui aboutit à ce que les errements du fétichisme de l’argent produisent l’aberration spectaculaire selon laquelle il serait fatidique d’accepter l’identification des hommes à l’indistinction marchande.

C’est l’unité du mensonge social de l’indistinction qui se dissimule derrière les oppositions spectaculaires de la mythologie anti-raciste actuelle qui est d’abord élaborée pour masquer les contradictions réelles de la société marchande qu’elle est justement destinée à refouler et proscrire puisque le spectacle de l’argent abomine la critique sociale radicale qui n’est pas autre chose que la distinction poussée à bout des contradictions en question.

Dans le monde de l’indistinction marchande, toute réalité est spectaculairement renversée et le vrai en tant que distinct dissimulé n’est plus que ce que le faux doit faire disparaître indistinctement.

Le spectacle de l’indistinction est la mondialisation sociale du métissage qui socialise le métissage du monde. Et le snobisme médiatique par lequel le spectacle mimétique de l’aliénation reproduit la dynamique marchande révéle ainsi que si la fascination du « jeune » de banlieue c’est l’argent, la fascination de l’argent c’est bien le « jeune » de banlieue.

De peur d’être accusé de racisme, il est donc interdit de soulever la question de l’immigration et des ghettos urbains autrement que dans les termes autorisés par le spectacle de l’indistinction et selon les intérêts généraux du temps de la marchandise.

Hier, la dictature démocratique du marché criminalisait le mouvement critique des grèves dures, aujourd’hui, la démocratie du marché dictatorial criminalise toute critique de l’immigration puisque c’est là le moyen le plus pertinent qu’elle a trouvé afin d’évacuer justement la problématique de la dureté critique des grèves mouvementées.

Toutefois avant de criminaliser, le spectacle de l’indistinction préfère sidérer. Ainsi, le spectateur qui renâcle est d’abord considéré comme un malade qu’il convient de soigner ou un égaré qui doit être ré-éduqué puisque en un temps aliénatoire  où la xénomanie est devenu le transcendantal du fétichisme marchand, il va de soi que tout ce qui n’est pas férocement xénophile est forcément xénophobe féroce.

Dans le numéro 2967 de Paris Match du 30 mars 2006, l’on peut découvrir de la page 36 à la page 40, une série de photographies très étonnantes prises le jeudi 23 mars sur l’esplanade des Invalides lors d’une manifestation contre le contrat premier emploi. L’on y voit notamment et très distinctement une jeune femme prise à partie, frappée, dépouillée, jetée au sol et longuement agressée par une bande de « lascars » de banlieue visiblement tous d’origine non-européenne devant un public de même provenance qui suit la scène avec complicité amusée et même délectation.

Imagine t-on un seul instant que de tels événements qui furent alors le lot commun de quasiment toutes les manifestations étudiantes et lycéennes – et dont évidemment la couverture et l’indignation médiatiques furent réduites à leur plus simple expression – aient eu lieu dans un contexte inverse à partir d’une bande  de skinheads attaquant dans des conditions similaires une jeune femme noire.

Bien entendu, c’eût été là le tollé médatico-politique de commande spectaculaire habituelle puisque dans le monde de l’indistinction qui renverse le réel, le réel renversé donne à penser que le faux est vrai puisque le vrai y est toujours pensé comme faux.

~ Critique de la Société de l’Indistinction ~

Aujourd’hui, les faunes urbaines de l’économie souterraine qui brûlent rituellement des voitures ne sont pas des enfants d’ouvriers en révolte qui se battent par haine de la marchandise, mais des paumés incultes adorateurs du fric, de ses modes insanes et de toutes ses grossières insipidités… Bien loin d’être des persécutés en rupture, ce sont les enfants chéris du système de la discrimination positive de l’anti-subversif, les talismans médiatiques de l’ordre capitaliste à révérer, bref ce que Marx désignait sous le terme de lumpenprolétariat : cette « masse strictement différenciée du prolétariat industriel recrutée dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi » et qui sont, bien sûr, toujours les meilleurs alliés de l’État lorsqu’il s’agit de livrer combat à la véritable désobéissance prolétarienne.

~ Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers ~

Après la mystification étatique du Coronavirus, la guerre civile ethnique marchande est la dernière arme de la crise mondiale du Capital pour empêcher la guerre civile de classe contre la marchandise !

La tentative de substituer à la subversion sociale réelle une contestation commerciale et raciale toute entière manufacturée par le spectacle de la marchandise, constitue là l’une des dernières cartes de la crise historique du taux de profit pour nous enfermer dans le cercle vicieux des manipulations de sauvetage de la prison salariale !

Nous ne marcherons jamais dans l’embrigadement anti-raciste du Capital car nous combattons pour la communauté humaine universelle qui abolira tous les mensonges de la pourriture capitaliste repeinte en arc-en-ciel !

Pour un Monde sans argent, ni État !

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Lectures complémentaires:

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Colonialisme d’hier et d’aujourd’hui… La continuité coloniale au Canada et la farce de la Commission Vérité et Réconciliation (Steven Newcomb)

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Natifs vs Colons (Oka 1990)

 

La réconciliation et l’affirmation du Canada d’un droit de domination sur les nations natives

 

Steven Newcomb

 

21 mai 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/reconciliation-and-canadas-claim-of-a-right-of-domination-over-native-nations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Regardons de plus près le processus de “Vérité et Réconciliation” embrassé par le Canada. Dans un contexte particulier, “réconcilier” veut dire “restaurer l’amitié”. Soyons clair ici, il n’est pas possible de “restaurer” une amitié qui n’a jamais existé en première instance entre la société dominante du Canada et les peuples et nations originels du continent. 

Considérons une autre définition de réconciliation, “causer la soumission ou accepter” et “amener à l’acquiescement”. Supposez que le gouvernement du Canada (et des ses provinces variées) aient utilisé le mot “réconciliation” dans un effort de “causer” le fait que les peuples indigènes “se soumettent ou acceptent” l’affirmation faite par le Canada d’un droit à la “domination de la Couronne”. Supposez qu’il ait voulu amener les nations natives du continent à “acquiescer” à l’affirmation du Canada et de son droit de domination sur les nations natives.

Il y a une excellente raison pour un pays comme le Canada de mettre en marche un processus étiqueté “réconciliation” en relation à nos nations originelles. Le Canada a voulu utiliser ce processus pour tromper les nations natives à accepter passivement l’idée que le Canada possède un droit légitime de “souveraineté” sur les nations originelles et les peuples de ce continent. Le potentiel de sécuriser l’acquiescement, financièrement très lucratif, des nations natives à l’affirmation de la domination de la “couronne” (NdT: de fait la City de Londres, qui est la “couronne”…) créa une excellente raison pour le gouvernement du Canada d’utiliser ce concept de “réconciliation”.

Réconciliation n’est pas un mot de libération. C’est un mot de soumission et de mise au pas. Il est maintenant typiquement utilisé par l’église catholique en remplacement du mot de “confession”. C’est un mot piège. Il peut mener par exemple, à l’acceptation par nos nations natives de l’affirmation de souveraineté fédérale ou de la couronne, de leur domination sur nos existences mêmes. Le mot réconciliation est fait pour apaiser et pacifier le mécontentement bruyant de mouvements comme Idle No More et Standing Rock. De mon point de vue, ce mot est utilisé pour nous endormir.

La preuve pour soutenir cette assertion se trouve dans le rapport final de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada de juillet 2019. Après avoir discuté dans les grandes largeurs de la soi-disante doctrine de la découverte, le rapport dicte : “Nous ne suggérerions pas que la répudiation de la doctrine de la découverte mène nécessairement à l’invalidation de la souveraineté de la couronne.


Reconciliation mohawk…

Exprimons ceci de nouveau en langage plus simple : l’analyse de la doctrine de la découverte par ceux qui ont écrit ce rapport final de la commission n’a pas provoqué chez ces rédacteurs le moindre questionnement sur la validité de l’affirmation d’un droit de domination (exprimé sous la forme de “souveraineté”) de la part de la couronne. Les rédacteurs semblent dire : “Nous sommes prêts à accepter l’affirmation de domination de la couronne (“souveraineté”) comme étant valide bien que le fondement de cette affirmation de droit de domination par la Couronne est l’invalide doctrine de la découverte, qui mérite elle, d’être répudiée.

Le rapport final de la CVR exprime la vision du gouvernement du Canada, en tant que pays appartenant au Commonwealth. Cela ne devrait pas surprendre que des représentants de la “couronne” soient prêts à accepter l’affirmation par cette même couronne d’un droit de domination (‘“souveraineté”) en relation avec les peuples et nations originels.

Le rapport final de la CVR dit : “La doctrine de la découverte… a été invoquée comme justificatif de l’exploitation continue jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressourcesdes peuples indigènes.” Soyons plus précis sur ce point : C’est l’affirmation d’un droit de domination par la couronne britannique, que l’on peut tracer depuis la charte donnée à John Cabot et son fils en 1496 et toute la série de bulles pontificales remontant au XVème siècle (NdT: Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) pour être plus précis), que le Canada a utilisées pour justifier l’exploitation continuelle jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressources’ des peuples indigènes. L’affirmation d’un droit de domination de la couronne puise son origine dans l’image d’un monarque chrétien devenant le premier représentant de l’empire chrétien (chrétienté, NdT: qui n’est autre qu’une extension de l’empire romain depuis l’empereur Constantin…) à localiser des terres non chrétiennes, terres sur lesquelles aucun système de domination chrétienne ne s’est encore exercé. Une définition de la propriété se colle à l’affirmation de la couronne sur les terres et les territoires des nations originelles du continent : “le premier établissement d’une domination physique socialement approuvée sur des parties du monde naturel.


Doctrine chrétienne de la découverte

Nous trouvons cette imagerie exprimée dans la charte de John Cabot de 1496 par exemple. Les Cabot devaient avancer et “subjugare” (subjuguer, dominer) les terres au nom du roi, de ces païens infidèles inconnus du peuple chrétien.” Cette commission royale donnée aux Cabot n’est juste qu’un document utilisé pour justifier de la domination et exploitation perpétuelles des terres, territoires et ressources de nos nations originelles de l’Île de la Grande Tortue.

Pourtant, le rapport final de la CVR s’arrête court de défier l’affirmation de droit de domination de la couronne. Ce rapport ne fait que cadrer la doctrine de la découverte en termes d’”histoire européenne et évite de l’étiqueter ‘chrétienne’. (NdT: Rappelons ici que le livre de l’auteur de cette article s’intitule: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”… dont nous avons traduit de larges extraits.) Le rapport de la commission évite donc soigneusement de reconnaître que la soi-disante doctrine de la découverte est enracinée dans l’idée de Peuple Élu, de Terre Promise, de la bible et de christianisme. Le rapport dit que la souveraineté de la couronne est toujours valide même après que la base fondamentale de cette affirmation de “souveraineté de la couronne” (domination) ait été rejetée.

Comment pouvez-vous répudier la fondation conceptuelle de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination sur les peuples et nations originels tout en maintenant l’affirmation de la couronne sur son droit de domination ? Vous le faites en affirmant que bien que la source de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination se soit révélé être invalide, vous devez affirmer que cette révélation ne mène pas à la conclusion que l’affirmation qui a émergé de cette source invalide, soit elle-même invalide.

En écrivant soigneusement d’une manière “réconciliante” (“acquiesçante” donc) envers l’affirmation du Canada d’un droit de domination de la couronne, les scribes du rapport final de la CVR ont appelé à la répudiation de la fondation conceptuelle de la “souveraineté de la couronne” sans appeler à la répudiation de l’idée de la “souveraineté de la couronne” (“domination”). Les auteurs du rapport final de la CVR ont dit “il y a d’autres moyens d’établir la souveraineté de la couronne”, mais ils n’ont as mentionné lesquels. Peut-être se sont-ils arrêtés courts dans le partage de cette information parce qu’ils ne pouvaient pas se figurer quels pouvaient bien être ces “autres moyens”.

Quoi qu’il en soit, le rapport final de la CVR échoue à expliquer pour quelle raison les nations originelles de ce continent devraient avoir pour acquiescer à l’affirmation du Canada sur un droit de domination de la couronne sur elles. Maintenant, la base conceptuelle de l’affirmation de droit de domination de la couronne sur les nations natives s’est révélée n’être qu’une escroquerie basée sur la bible, le christianisme, des bulles pontificales et le racisme européen ainsi que les idées exprimées par le juge de la Cour suprême des Etats-Unis John Marshall dans sa décision dans l’affaire Johnson contre M’Intosh qui fut édictée par la Cour Suprême en 1823.

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Résistance au terrorisme depuis… 1492 !

 

Lire le contre-rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada (PDF):

“Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, Tribunal International des Disparus du Canada (TIDC)

Lectures complémentaires en PDF :

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte, Steven Newcomb, 2008

“Comprendre le colonialisme” avec Peter D’Errico et Steven Newcomb

“Wasase” et “Manifeste indigène”, Taiaiake Alfred

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

 


Steven Newcomb, Shawnee
Historien & légiste

 

L’origine du mal profond raciste américain… L’institutionnalisation de la domination et de la suprématie (Tony Cartalucci)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 9 juin 2020 by Résistance 71

 

 

Dans le texte ci-dessous, Cartalucci analyse lucidement le racisme yankee profondément ancré dans une vision hégémonique, colonialiste et coercitive du monde. Nous ajouterons ici qu’il en va de même pour tout l’occident, qui voit le reste du monde comme son terrain de jeu et d’exploitation, peuplé de gens racialement et culturellement inférieurs qui doivent être dominés, exploités, amenés à la raison du plus fort, bien entendu “pour leur plus grand bien et leur plus grand avantage”…
L’occident colonial n’est pas une chose du passé, il est toujours des plus vivaces, actifs et meurtriers. La dernière mouture en date et se mourant s’appelant l’empire anglo-américano-sioniste. Une alliance dans la folie de peuples se croyant “élus” d’un dieu aussi illusoire que sanguinaire.
N’oublions jamais que l’Europe chrétienne a conquis le monde au nom de la  “doctrine chrétienne de la découverte”, qui a été intégrée au “droit américain” par décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, Johnson vs McIntosh, Marshall, 1823… Le tout fondé sur 3 bulles pontificales “Dum Diversas” (1452), “Romanus Pontifex” (1455) et “Inter Caetera” (1493).

La racine profonde du mal colonial est là… La racine profonde du marasme de la société humaine réside en la division historique de la société humaine en une entité dominante et une entité dominée au gré de la séparation du pouvoir du corps social. Cet évènement a mis en branle les mécanismes politiques puis économiques de la domination et de l’exploitation d’un groupe par un autre. Quand on connaît le mal, on entrevoit son remède…

~ Résistance 71 ~

 

 

Pour l’Amérique, la vie des Noirs n’a que parfois une importance

 

Tony Cartalucci

 

6 juin 2020

 

url de l’article:

https://landdestroyer.blogspot.com/2020/06/to-america-black-lives-only-sometimes.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il ne fait aucun doute que le colonialisme et le racisme siègent à la racine des problèmes domestiques des Etats-Unis. La poussée constante pour dominer l’autre à l’étranger est directement liée à la croyance que ceux qui sont aussi différents à la maison doivent aussi être dominés.

Il y a toujours aujourd’hui des Américains vivants qui se rappellent des lois ségrégationnistes qui nièrent aux noirs Américains leurs droits fondamentaux et leur dignité humaine. Avant cela, ce n’était qu’esclavage direct.

Aujourd’hui même, le racisme est toujours institutionnalisé. Il suinte de la culture américaine, se situant juste sous une couche bien superficielle de tolérance et d’égalité.

Ceci n’est pas seulement au sujet des blancs qui demeurent racistes envers les noirs et autres minorités, produit de la culture en phase terminale de l’Amérique malade, mais c’est aussi au sujet de ce racisme fondamental qui siège toujours au cœur même de la politique étrangère et interne des Etats-Unis, qui n’est pas seulement contre les noirs, mais aussi contre toutes les races de cette planète des Africains aux Asiatiques en passant même par les Slaves.

Les Etats-Unis sont une nation qui encouragent leur peuple à détester des groupes entiers de gens à l’étranger afin de justifier des guerres si injustes et autrement injustifiables. Arabes, Chinois, Russes, tous sont diabolisés avec une haine et une bigoterie encouragées et mises en place par la culture populaire américaine. Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi dans une telle nation, la haine des autres groupes est facilement justifiée dans les esprits racistes et des injustes.

Pas seulement pour la police, mais aussi pour la politique étrangère des Etats-Unis, le racisme est une caractéristique clef

Ce fut sous le (1er président noir-américain) Barack Obama que les Etats-Unis ont décimé la nation nord-africaine de la Libye, déposant son leader Mouammar el Kadhafi, un champion de la dignité africaine et du progrès et le champion de dizaines de milliers de noirs Africains qui voyagèrent vers la Libye pour y travailler et y trouver une vie meilleure, du travail et une meilleure vie Kadhafi et la Libye leur donnèrent, jusqu’à ce qu’il soit brutalement assassiné et son gouvernement remplacé par des terroristes racistes et lourdement armés, soutenus par les Etats-Unis et leurs alliés européens.

Ces militants soutenus, financés et armés par les USA en Libye traquèrent sans merci la population noire de Libye, les tuant, les torturant et même les vendant comme esclaves sur des marchés en plein-air, chose pourtant jugée impensable au XXIème siècle, mais rendu possible par les Etats-Unis, sa politique étrangère criminelle et son racisme profondément enraciné ainsi que son sens de la suprématie et ce malgré le fait d’avoir un “président noir” à l’époque.

Obama n’est pas loin s’en faut le seul à blâmer, il a simplement continué là où les autres avaient arrêté et son successeur, Donald Trump, est simplement le suivant dans la lignée de simplement continuer cette injustice américaine dans le monde entier. Le fait qu’Obama soit noir n’a fait aucune différence et a simplement servi à illustrer que bien que des simili-changements se produisirent, la pourriture fondamentale de l’injustice, du racisme et de la suprématie d’une nation, persiste.

Quand une nation est capable de justifier le fait de refuser à un groupe de gens toute sa dignité et ses droits en tant qu’êtres humains, elle est sur une sérieuse pente savonneuse qui mène à tous les abus possibles et imaginables.

Si les vies noires ont de l’importance (Black Lives Matter), elles doivent en avoir toujours, partout et à tout moment

Tout cas de brutalité policière est tragique et doit être adressé en tant que problème de plein droit. Si des policiers ont tué George Floyd parce qu’il était noir de surcroit , cela représente un problème supplémentaire qui doit aussi être traité.

Si les Américains croient vraiment que les vies noires ont une importance, alors ils doivent s’impliquer dans le combat contre cette injustice et aussi pour toutes les autres victimes du racisme et de la suprématie américains. S’ils ne se manifestent que lorsque cela est “mode” et très “in” de le faire, alors cela revient à ne pas en parler du tout.

S’ils sont silencieux lorsque l’Amérique massacre en masse des noirs à l’étranger, assassinant des gens bronzés à travers la planète ou tentant de normaliser le racisme contre les Asiatiques, en particulier les Chinois, alors ils sont complices d’un racisme profondément enraciné et institutionnalisé soulignant la politique étrangère américaine et l’injustice industrielle s’étendant au monde entier qu’elle représente et cette sorte de racisme qui se manifeste comme injustice totale envers les Américains de couleur à la maison.

L’Amérique a besoin d’une authentique opposition à son racisme et non pas d’une de ces poses toujours des plus opportunistes.

Des politiciens américains à l’image d’Alexandria Ocasio-Cortez, posent comme des gens motivés envers l’égalité raciale et contre le racisme, et pourtant elle soutient régulièrement les agressions de l’armée américaine à l’étranger qui pourtant ne cible que des nations peuplées de gens noirs, bronzés ou asiatiques.

Sa plus récente démonstration d’hypocrisie fut son soutien à l’ingérence américaine à Hong Kong, une extension de la saisie et de la subjuguation de territoire chinois par l’empire britannique.

L’empire britannique a aussi, bien entendu, poursuivi sa politique étrangère de manière entièrement basée sur la croyance que les occidentaux blancs étaient supérieurs à tous les autres et que c’était leur droit, même leur devoir (NdT: tout comme le déclara également en France le raciste, colonialiste Jules Ferry devant la chambre des députés de la IIIème République…), d’imposer la “civilisation” britannique sur les races “païennes”, La Chine ne fit pas exception à cette croyance.

Alexandria Ocasio-Cortez comprendra ou pas que son soutien de l’ingérence américaine à Hong Kong aide à perpétuer cette infâme tradition et cet ignoble agenda, croyant que soutenir la “démocratie” à Hong Kong n’est simplement pas la même mouture de racisme anglo-américain qui n’est en fait que maquillée pour une audience plus large et plus sensible à l’échelle mondiale. Elle ne fait que soutenir le racisme, l’hégémonie et la suprématie, de la même manière.

Les vies noires n’auront jamais d’importance aussi longtemps que “Black Lives Matter” demeure un slogan politiquement creux scandé par des intérêts capables d’ignorer ou même de soutenir une injustice colportée par les Etats-Unis contre les autres à l’étranger, incluant des noirs.

Le racisme profondément ancré est juste un des nombreux symptômes d’un désir général hégémonique et de notions de suprématie raciale, culturelle et politique sous-jacente. Jusqu’à ce que ce grave problème ne soit pris en compte, le racisme continuera, n’ayant que des efforts superficiels et futiles pour le contrecarrer.

Aussi longtemps que l’Amérique croira qu’elle est meilleure que tout ce qu’il y a à l’extérieur, qu’elle justifiera l’exploitation, la coercition et même l’agression militaire forcenée pour s’affirmer et poursuivre ce qu’elle voit comme “ses intérêts”, le racisme et l’injustice perdureront domestiquement. Les mêmes intérêts financiers et entrepreneuriaux qui pilotent l’injustice à l’extérieur voient la population américaine, blanche et noire confondue, comme un autre segment de marché à utiliser, exploiter et abuser, à diviser et conquérir, à écraser pour leur propre intérêt.

Les vies noires ont une importance, qu’elles soient étouffées par un flic blanc raciste en Amérique ou bombardées par des avions yankees (NdT: et français…) en Libye. Dès que les Américains pourront s’unifier en compréhension et en opposition à ce racisme et cette injustice omni-présents, alors quelque chose pourra être fait, autre que de shooter dans la boîte de conserve en descendant la rue pendant quelques mois encore… jusqu’à la prochaine vidéo d’un abus policier émergeant en ligne.

L’Amérique ne guérira jamais de sa haine et de sa division domestiques si tout cela demeure entièrement construit sur la projection et le profit de la haine et de la division que nous menons à l’étranger. Ce ne fut jamais une coïncidence si les champions légendaires de l’égalité, des gens comme Martin Luther King Jr, étaient toutes et tous opposés au racisme et à l’injustice intra muros et n’eurent de cesse que de s’opposer également à l’agression et à l’hégémonie américaines à l’étranger.  Les deux sont intimement liés par le fil commun de l’injustice fondamentale. Tant que les deux ne sont pas exposés et totalement écrasés, tous deux continueront indéfiniment.

 

Analyse historique : Les Etats-Unis… épitomé de la culture coloniale occidentale, de son racisme et de sa barbarie (Andre Vltchek)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 8 juin 2020 by Résistance 71

 

 

“Les Etats-Unis d’Amérique… créés par une clique d’esclavagistes qui voulurent être … libres !”
~ George Carlin ~

George Floyd… Parce que nous sommes tous des colonisés !
~ Résistance 71 ~

 

“Le monde ne peut pas respirer !” Écrasé par les Etats-Unis, un pays construit sur le génocide et l’esclavage

 

Andre Vltchek

 

5 juin 2020

 

Source de l’article en français:

https://www.mondialisation.ca/le-monde-ne-peut-pas-respirer-ecrase-par-les-etats-unis-un-pays-construit-sur-le-genocide-et-lesclavage/5646323

 

Plus de deux siècles de mensonges sont maintenant dévoilés. Les contes farfelus sur la liberté et la démocratie s’effondrent comme des châteaux de cartes.

La mort d’un homme déclenche une avalanche de rage chez ceux qui, pendant des années, des décennies et des siècles, ont été humiliés, ruinés et exterminés.

Cela s’est toujours passé de la même manière tout au long de l’histoire de l’humanité – une seule mort, une seule « goutte de trop », un événement qui déclenche toute une chaîne d’événements, et soudain, plus rien n’est pareil. Rien ne peut plus être pareil. Ce qui semblait inimaginable hier encore, devient « la nouvelle normalité » littéralement du jour au lendemain.

Depuis plus de deux siècles, le pays qui se qualifie lui-même de pinacle de la liberté, est en fait tout le contraire de cela ; l’épicentre de la brutalité et de la terreur.

Dès sa naissance, afin de « libérer l’espace » pour ses colons européens brutaux et impitoyables, il a systématiquement liquidé la population locale du continent, au cours de ce qui pourrait largement être décrit comme l’un des génocides les plus scandaleux de l’histoire humaine.

Lorsque les Blancs ont voulu des terres, ils les ont prises. En Amérique du Nord, ou n’importe où dans le monde. Dans ce qui est aujourd’hui les États-Unis d’Amérique, des millions « de natifs » ont été assassinés, infectés volontairement par des maladies mortelles ou exterminés de différentes manières. La grande majorité des premiers propriétaires légitimes de la terre ont disparu. Les autres ont été enfermés dans des « réserves ».

En même temps, la « Terre de la Liberté » a prospéré grâce à l’esclavage. Les puissances coloniales européennes ont littéralement pourchassé les êtres humains sur tout le continent africain, les empaquetant, comme des animaux, dans des bateaux, afin de satisfaire la demande de main-d’œuvre gratuite dans les plantations d’Amérique du Nord et du Sud. Les colonialistes européens, main dans la main, ont coopéré, en commettant des crimes, dans toutes les parties du monde.

Que sont réellement les États-Unis ? Quelqu’un se demande-t-il, en faisant des recherches sur ses racines ? Qu’en est-il ; une réponse simple et honnête : Les États-Unis sont essentiellement la progéniture musclée de la culture colonialiste européenne, de son exceptionnalisme, de son racisme et de sa barbarie.

Encore une fois, des faits simples : d’énormes parties des États-Unis ont été construites sur l’esclavage. Les esclaves étaient humiliés, violés, torturés, assassinés. Quelle façon monstrueuse d’écrire les premiers chapitres de l’histoire du pays !

Les États-Unis, un pays de liberté ? Pour qui ? Sérieusement ! Pour les blancs chrétiens ?

Quel récit déformé ! Pas étonnant que notre humanité soit devenue si perverse, si immorale, si perdue et confuse, après avoir été façonnée par un récit qui a été fabriqué par un pays qui a exterminé la grande majorité de ses propres fils et filles indigènes, tout en s’enrichissant démesurément grâce à des vols inimaginables, des meurtres de masse, l’esclavage et plus tard – le semi-esclavage de la dictature corporative sauvage !

La brutalité endémique et institutionnalisée aux États-Unis a fini par s’étendre à toutes les régions de la planète. Aujourd’hui, depuis plusieurs décennies, les États-Unis traitent le monde entier comme une multitude d’esclaves personnels. Qu’est-ce qu’ils nous offrent à tous : des guerres constantes, des occupations, des expéditions punitives, des coups d’État, des assassinats réguliers de dirigeants progressistes, ainsi qu’un pillage complet des entreprises. Des centaines de millions de personnes ont été sacrifiées sur le grotesque autel américain de la « liberté » et de la « démocratie ».

Liberté et démocratie, vraiment ?

Ou peut-être simplement le génocide, l’esclavage, la peur et la violation de tous ces rêves humains merveilleux et naturels, et de la dignité humaine ?

Puis la mort d’un seul homme dont le cou a été écrasé par le genou d’un flic sans pitié. Et le pays a explosé. Des centaines de milliers de combattants et de militants pro-démocratie inondent maintenant les rues de Minneapolis, Washington, New York, Atlanta, Los Angeles et d’autres villes américaines.

La mort de George Floyd est vraiment un symbole, car les Noirs sont assassinés de la manière la plus méprisable qui soit, presque tous les jours. De janvier 2015 à ce jour, par exemple, 1 250 citoyens afro-américains ont été abattus par la police, aux États-Unis démocratiques.

Dans le « Pays de la Liberté », 2,3 millions d’êtres humains pourrissent vivants dans les prisons de plus en plus privatisées. Le taux de prisonniers aux États-Unis est le plus élevé au monde. Garder les gens derrière les barreaux est une affaire de gros sous. Les minorités constituent un pourcentage disproportionné des détenus.

Et ce n’est pas tout. En fait, le monde entier est déjà devenu une immense prison. Regardez autour de vous : la planète entière est maintenant surveillée, contrôlée à la manière très spéciale et très approfondie des États-Unis ; surveillée, brutalisée, et si elle ose protester – impitoyablement réprimée.

Les termes essentiels sont tous déformés. Le pays qui maltraite son propre peuple, ainsi que le monde entier, est défini par son système de médias et de propagande d’entreprise, comme « libre » et « démocratique ». Les nations qui défendent leur propre peuple contre le diktat brutal de l’empire sont insultées, appelées « régimes » et « dictatures ».

J’ai déjà décrit cette folie dans mon livre de 800 pages, « Exposer les Mensonges de l’Empire », après avoir été témoin de certaines des tendances les plus meurtrières déployées par les États-Unis dans quelque 160 pays.

Le meurtre de George Floyd a déchaîné la résistance ; il a ouvert les yeux d’un grand nombre de personnes. Aux États-Unis, et partout ailleurs. M. Floyd, les Afro-Américains, les Amérindiens et les autres opprimés des États-Unis sont les frères et sœurs de ces milliards d’hommes et de femmes qui sont, à ce jour, colonisés, brutalisés et assassinés par l’Empire, partout dans le monde.

Que ce soit le début d’une nouvelle vague de la lutte de libération mondiale !

Maintenant, de plus en plus de gens peuvent enfin voir ce que peu d’entre nous ont répété pendant des années : Le monde entier a le cou écrasé par la botte américaine. Le monde entier « ne peut pas respirer » ! Et le monde entier doit se battre pour son droit de pouvoir respirer !

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Lire aussi:

Nous sommes tous des colonisés!

Effondrer le colonialisme 

« Vous ne pouvez pas être neutre dans un train en marche » Howard Zinn

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Et aussi :

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

… Nous mêmes (photo ci-dessous: Oka 1990)