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Illusion démocratique: Un nouveau cirque électoral nous est imposé… BOYCOTT de toute cette fange !

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Résistance 71

 

20 mai 2019

 

Cet appel n’est pas réservé aux Gilets Jaunes et sympathisants mais à toute personne politiquement consciente désirant radicalement  changer ce système inique et criminel de fond en comble.

Voter c’est se soumettre, voter, c’est se donner des maîtres, voter c’est acquiescer au système de la mascarade oligarchique !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Boycott du vote !
Boycott des institutions !
Boycott de l’État y compris de l’Union Européenne oligarchique!
Boycott de la mascarade électorale !
Boycott de la société marchande et de sa dictature !

Mais boycotter ne suffit pas… Il faut entrer en résistance, entrer en abstention politique active ; c’est à dire remplacer ce que nous boycottons justement par une alternative politique : celle des assemblées populaires locales, se confédérant et court-circuitant les institutions obsolètes et criminelles de l’outil répressif étatique, tel que préconisé et mis en place par des groupes Gilets Jaunes comme à Commercy, St Nazaire et autre…

A (re)lire:

Le criminel c’est l’électeur !
De l’isoloir à l’isolement
Petit dialogue nécessaire en période électorale
Qu’est-ce que l’abstentionnisme politique ?
Voter est-ce agir ?
La fin du cirque (Résistance 71, novembre 2016)

Pour mettre fin à l’illusion démocratique:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Notre page « Illusion démocratique » qui regroupe une soixantaine de textes démontrant l’ineptie étatique et électorale.

 


Briser les chaînes commence par dire NON !

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Illusion démocratique: Le bétail électoral (Albert Libertad)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 décembre 2018 by Résistance 71

Nous pensons ce texte être crucial à lire et à comprendre dans l’état actuel des choses. Il est évident que l’oligarchie est en train de tenter de saper les avancées du mouvement des Gilets Jaunes et qu’il n’y aura pas grand-chose à attendre de la mascarade des entrevues planifiées pour mardi et mercredi. La crise socio-politique est profonde et aussi vieille que l’État, qui fera tout pour se préserver. Son plus haut représentant à la fonction de larbin de l’oligarchie financière et industrielle lancera sans doute quelques os à ronger au peuple pour calmer les esprits et gagner du temps.

Gilets Jaunes ! Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne peut y en avoir. Nous sommes pris dans la spirale mortifère de l’oppression et de l’exploitation, de la chosification de tout, qui nous fait tourner gentiment puis de plus en plus vite vers le syphon du tout-à-l’égoût socio-politique.

Confiance zéro en tout interlocuteur professionnel de la politique d’état et de marché. Edouard Philippe était à la réunion Bilderberg 2016, lui et son patron, en bons larbins aux ordres, appliquent et appliqueront les consignes venant de la City de Londres.

Voter et négocier font partie de l’illusion démocratique et ne sont à terme, que pisser dans un violon !

Méfiance ! Ne rien lâcher !

Fraternellement

~ Résistance 71 ~

 

Autres textes d’Albert Libertad sur Résistance 71

Fragments de solutions pour une société des sociétés

 

 

Le bétail électoral

 

Albert Libertad

1906

 

A lire du même auteur: “Le criminel c’est l’électeur” également publié en 1906

Ici même, j’ai croqué à grands traits le bétail syndical, le bétail patriotique, le bétail des jaunes, le bétail des honnêtes, il faut aujourd’hui que je dépeigne le plus important des bétails, le plus fort par la bêtise, le bétail électoral.

Sur la peau d’âne du tambour nationaliste, sur la baudruche des tambourins républicains, aux cordes de la guitare sentimentalement humanitaire, aux cuivres de la trompette révolutionnaire, voilà que se bat, que se touche, que se donne le rappel du bétail ; c’est le ranz des électeurs qui retentit partout à travers l’espace.

Votez pour Tartempion, votez pour Machin, votez pour Truc. Des affiches multicolores vous rapprochent à tous les coins de rue afin de vous raconter la candeur, l’esprit, la loyauté d’un quelconque candidat.

En peu de lignes, un Gérault-Richard des boulevards extérieurs, un Rouvier de grands chemins, un Marchand du surin et de la pince (Allusion au général Jean-Baptiste Marchand) deviennent des parangons de vertu, d’honnêteté et de douceur.

Le bétail électoral commente la force de la houlette d’Untel, le coup de fouet de Tel autre, le doigté crapuleux de Chose et le coup de gueule tonitruant de Machin. Le bétail pèse aussi la valeur des promesses faites ; non pas qu’il ignore que jamais elles ne sont tenues, mais pour se donner un peu d’illusion.

La lune, le bonheur, la diminution des impôts, la liberté, autant de chimères auxquelles il ne croit plus mais auxquelles pourtant il lui paraît bon de sembler croire encore. Il court aux rendez-vous que lui donnent les apprentis bergers après avoir fait un choix au zanzibar du troquet. Chez les nationalos ou chez les socialos ? Les dés répondent.

Il garnit la salle et il écoute religieusement l’orateur-candidat qui découpe des tranches de bonheur et débite des petits paquets de réformes. Il ouvre la gueule et les oreilles pour en prendre davantage.

« Les alouettes tomberont toutes rôties dans ta bouche ; ton taudis deviendra un palais ; tu auras des rentes à trente ans, dit le candidat. —Ah ! Ah ! Ah ! qu’il parle donc bien, cet homme ! Ce sont des mensonges qu’il nous raconte, mais que cela nous fait du bien de croire un moment que ce sont des vérités », dit le votard.

Quelquefois, il arrive qu’un autre candidat interrompe pour dire : « Ce n’est pas exact, les alouettes tomberont toutes bouillies dans ta bouche. » Et le bétail électoral suit, attentif, le débat passionnant : « Bouillies ou rôties ? Comment seront préparées ces alouettes qu’il ne mangera pas ? »

Alors que tous sont dans le rêve, une voix interrompt brutalement, sans précautions oratoires, les bonimenteurs : « Les alouettes ne tomberont ni rôties ni bouillies dans ta bouche, nigaud. Et si elles tombaient jamais toutes prêtes, ce serait de par ta bêtise, dans la gueule des candidats. » Alors, ce sont des cris, des vociférations : « À mort ! qu’on le tue ! qu’on le chasse ! La ferme ! Mouchard ! Agent de la réaction ! Jaune ! Rouge ! Jésuite ! Communard ! »

Celui qui veut jeter la vérité est entouré, bousculé ; les poings se lèvent sur sa tête, on lui crache au visage, on le jette dehors.

Et tranquille, le prometteur détaille le bonheur, offre le paradis et le bétail électoral reprend le fil du rêve qu’il fait tout éveillé, boit à nouveau le vin décevant de l’espérance.

Comme dans tous les troupeaux, il y a les meneurs, les gens du comité. Ce sont ceux à qui le candidat a promis autre chose que la viande creuse de l’espoir. Ils ont mission de « chauffer » la salle, de veiller à ce qu’aucun gêneur ne puisse entrer. Ils préparent le public, ils soûlent de vinasse quelques forts-à-bras qui feront de leur poitrine un rempart au bonimenteur.

À coté d’eux, il y a quelques sincères : ceux dont la bêtise atteint le dernier degré. Ils font l’appoint le meilleur, ce sont les moutons qui sautent par-dessus bord, montrant la voie à tout le troupeau.

Disons-le bien haut : que le bétail électoral soit tondu, mangé, accommodé à toutes les sauces, qu’est-ce que cela peut bien nous faire ? Rien.

Ce qui nous importe, c’est qu’entraînés par le poids du nombre nous roulons vers le précipice où nous mène l’inconscience du troupeau. Nous voyons le précipice, nous crions « Casse-cou ! » Si nous pouvions nous dégager de la masse qui nous entraîne, nous la laisserions rouler à l’abîme ; pour ma part même, le dirai-je ? je crois bien que je l’y pousserais. Mais nous ne le pouvons pas. Aussi devons-nous être partout à montrer le danger, à dévoiler le bonimenteur. Ramenons sur le terrain de la réalité le bétail électoral qui s’égare dans les sables mouvants du rêve.

Nous ne voulons pas voter, mais ceux qui votent choisissent un maître, lequel sera, que nous le voulions ou non, notre maître. Aussi devons-nous empêcher quiconque d’accomplir le geste essentiellement autoritaire du vote. Chez les nationalistes et les socialistes, chez les républicains et les royalistes, partout nous devons porter la parole anarchiste « Ni dieux ni maîtres ».

Et par la raison, et par la violence, il nous faut empêcher la course à l’abîme où nous entraînent la veulerie et la bêtise des votards. Que le bétail électoral soit mené à coups de lanières, cela nous importe peu, mais il construit des barrières dans lesquelles il se parque et veut nous parquer ; il nomme des maîtres qui le dirigeront et veulent nous diriger.

Ces barrières sont les lois. Ces maîtres sont les législateurs. Il nous faut travailler à détruire les unes et les autres, dû-t-on, pour cela, disperser au loin le fumier où poussent les députés, le fumier électoral.

 

52,3%

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Résistance 71

13 juin 2017

 

Pas mal hein comme taux d’abstention même si on peut mieux faire… c’est le seul chiffre à noter de la dernière pantalonnade du cirque de l’illusion démocratique organisée.

Avec une abstention de plus de 52%, la nouvelle assemblée sera, quoi qu’il arrive, totalement illégitime car, une fois de plus, elle ne représentera pas et ne pourra pas se targuer de représenter le « peuple de France ». C’est là-dessus qu’il faut construire. C’est là-dessus que nous devenons cesser de laisser l’espace politique, celui de la prise de décision, à cette clique de menteurs et d’escrocs professionnels. C’est maintenant, assemblée et futur gouvernement discrédités d’emblée, que nous devons reprendre le pouvoir pour le rediluer là où il est particulièrement soluble: dans le peuple. La fenêtre d’opportunité de l’organisation sociale sur un mode non-pyramidal, non-étatique, égalitaire et solidaire est entrouverte, il ne tient qu’à nous de continuer le processus déjà engagé.

Il n’y a pas de solutions au sien du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

Mais il y a une « solution à 10% »…

N’attendons pas d’avoir la tronche dans le mur pour agir ! Organisons-nous en associations libres, partout, dans les voisinages, sur les lieux de travail, commençons à créer entre nous l’espace des communes libres volontairement associées, rien de vraiment neuf, des brouillons furent déjà historiquement établis, corrigeons-en les erreurs et améliorons sans cesse le processus. L’humanité a vécu dans l’anarchie et le communisme primordiaux pendant des milliers et des milliers d’années, c’est dans la nature humaine, c’est le fondement social organique humain. L’État et ses institutions en revanche, sont induits, forcés et anti-naturels, c’est à dire en tout point contre nature.

Il est l’heure de commencer à envisager l’initiation du « lâcher-prise » de l’illusion mortifère du fétichisme de la marchandise en mouvement (appelé « capitalisme ») et de devenir politiquement adulte en continuant notre évolution sociale qui n’a été que sclérosée sous tous les régimes étatiques que ce soit.

Oeuvrons ensemble pour la société des sociétés !

= = =

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~ Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974 ~

“Le socialisme vient des siècles et des millénaires précédents. Le socialiste englobe toute la société et son passé, sent et sait d’où nous venons et ensuite détermine où nous allons.”

“La terre et l’esprit [Geist] sont donc la solution du socialisme… Les socialistes ne peuvent en aucune manière éviter le combat contre la propriété foncière. La lutte pour le socialisme est une lutte pour la terre ; la question sociale est une question agraire !”
~ Gustav Landauer ~

“L’État est une société d’assurance mutuelle entre le propriétaire terrien, le général militaire, le juge, le prêtre et plus tard, le capitaliste, afin de soutenir l’autorité de l’un l’autre sur le peuple et pour exploiter la pauvreté des masses tout en s’enrichissant eux-mêmes.
Telle fut l’origine de l’État, telle fut son histoire et telle est son essence actuelle.”
~ Pierre Kropotkine ~

“L’histoire nous dit que les révolutions ont toujours été l’œuvre de minorités entreprenantes qui osèrent exhorter le peuple contre les autorités constituées.”
~ Manifeste des Trente, 1931 ~

“On peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire, il ne peut y en avoir qu’une qui serait une révolution définitive. Le mouvement qui semble achever la boucle en entame déjà une nouvelle à l’instant même où le gouvernement se constitue. Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct. Il implique contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement.’  […] S’il y avait une seule fois révolution, en effet, il n’y aurait plus d’histoire. Il y aurait unité heureuse et mort rassasiée.“
~ Albert Camus ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

“Ainsi nous voyons qu’en observant les sociétés animales, — non pas en bourgeois intéressé, mais en simple observateur intelligent — on arrive à constater que ce principe : « Traite les autres comme tu aimerais à être traité par eux dans des circonstances analogues » se retrouve partout où il y a société.
Et quand on étudie de plus près le développement ou l’évolution du monde animal, on découvre (avec le zoologiste Kessler et l’économiste Tchernychevsky) que ce principe, traduit par un seul mot, Solidarité, a eu, dans le développement du règne animal, une part infiniment plus grande que toutes les adaptations pouvant résulter d’une lutte entre individus pour l’acquisition d’avantages personnels.”
~ Pierre Kropotkine ~

= = =

Mascarade électorale yankee et autre… L’Illusion démocratique bat son plein !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 29 septembre 2016 by Résistance 71

Nous ne perdons plus de temps avec les fadaises électorales de tout poil, ce qui ne nous empêche pas de garder un œil distrait sur le cirque ambiant. Nous avons cette perle qui mérite d’être relayée sur le grand Barnum électoral corporatiste yankee et la litanie d’inepties confortant à qui mieux mieux le glissement vers un totalitarisme se durcissant. Rappelez-vous qu’où que ce soit: VOTER C’EST ABDIQUER, voter c’est déléguer votre pouvoir politique souverain à une clique de parasites ne servant que les intérêts particuliers d’une caste oligarchique bien spécifique.

Message à l’auteur: Robert, merci de tenter de ramener le marxisme au plus proche de la réalité politique. Nous pensons que tu te « bookchinises » (si, si, c’est un compliment…), encore un petit effort, tu y es presque… L’anarchisme t’attend, parce qu’honnêtement, le seul véritable communisme, est le communisme sociétal originel et il est anarchiste par essence… Marx est systémique, un autre rouage du système, une partie de la grande illusion étatique (capitalisme d’état et éternelle « dictature du prolétariat » sous la houlette du parti d’avant-garde tout puissant et de sa nomenklatura prétorienne à la botte), une « ruse de la Raison » si on veut… Revenons sur terre ! La nature de l’Homme est anarchiste au sein d’une société sans et donc CONTRE l’État.

~ Résistance 71 ~

 

Lire nos dossiers « Illusion démocratique » et « La société organique »

 

« Electeur, vote encore si tu l’oses ! » (Sébastien Faure, 1919)

 

Que se passe-t-il aux États-Unis d’Amérique ?

 

Robert Bibeau

 

28 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-ou-clinton-ont-ils-le-choix/

 

La petite bourgeoisie et les analystes politiques d’estrades sont confondus.  Les experts ne comprennent pas que : 1) les États-Unis sont le fer-de-lance de l’impérialisme occidental ; 2) et que pour ce motif ce pays vit avant les autres la période de décadence économique, politique et idéologique qui balaiera bientôt tous les continents ; 3) le multimilliardaire Donald Trump représente la réponse la plus percutante que ce mode de production déchue peut offrir pour contrecarrer sa décadence. Hillary Clinton représente la vieille garde passéiste. La politicienne retorse, véreuse, menteuse, discréditée, épouse d’un ex-président dégénéré a fait son temps. Seuls, la petite bourgeoisie de gauche, les bureaucrates syndicaux, les ONG subventionnées et les assistés sociaux voteront pour l’ex-première dame cocue. Tous ceux-là, y compris Bernie Sanders, le New York Times et le Washington Post déchireront leur chemise sur la place publique et accréditeront ainsi le mythe du milliardaire « révolutionnaire ». Les riches ont décidé d’offrir le poste à une nouvelle génération d’arnaqueur, et Trump est leur vainqueur. La pire jambette que pourrait commettre un organe de gauche serait d’appuyer le candidat Républicain. Le multimilliardaire ne veut pas du soutien de la go-gauche discréditée.

Bien entendu, ni Donald ni Hillary ne peuvent résoudre la crise économique systémique qui secoue l’Amérique et l’ensemble du mode de production capitaliste. Chacune des factions du grand capital américain l’a bien compris.  Il n’y a que la gauche réformiste et altermondialiste – qui pense que des réformes sont envisageables, les riches savent que cela est invraisemblable.

Aux grands maux, les grands remèdes

Que cherchent donc les multimilliardaires qui soutiennent Donald Trump ? Oubliez les fanfaronnades à propos de murs frontaliers (déjà construits) ; à propos des restrictions à l’immigration musulmane (les musulmans riches pourront entrer et les musulmans pauvres seront interdits de séjour comme il en a toujours été) ; oubliez la discrimination contre les LGBT (la bourgeoisie promeut le mariage gai au moment où les hétérosexuels ne se marient plus). Le grand capital mondial vise trois objectifs avec son candidat outrancier :  premièrement, il souhaite placer les États-Unis dans une bonne position quand la situation économique aura dégénérée « Put America First »!  C’est la raison pour laquelle Trump crie à qui veut l’entendre qu’il ouvrira les traités de libre-échange afin non pas de les répudier, mais de les renégocier à l’avantage du capital américain moins profitable que celui de ses voisins (2). Trump oublie simplement que l’Amérique n’est déjà plus la première puissance économique mondiale. Elle est devancée par L’Allemagne-Union européenne et par la Chine. Deuxièmement, Trump veut faire ce qu’Obama n’a pas osé faire, hausser les taux d’intérêt domestiques et renchérir le crédit et sa rentabilité. En haussant le loyer de l’argent, le Président Trump va remplir les poches de l’oligarchie financière, mais ce faisant des millions de familles américaines seront mises en faillite, jetées à la rue, pire qu’en 2008. La pauvreté endémique s’épandra sur toute l’Amérique créant des turbulences sociales, des soulèvements et possiblement la guerre civile. Ce qui nous amène au troisième objectif de la présidence du multimilliardaire, soit réprimer, écraser dans le sang, ces soulèvements de la populace, des pauvres noirs, latinos ou blancs, et des prolétaires multiethniques de la grande Amérique.

Le candidat Trump, saura-t-il réaliser les plans de l’establishment ? Le risque de guerre civile est-il trop élevé ? La dame Clinton saurait-elle le faire plus subtilement, plus nuancé ?  L’armée, la garde civile, la police accepteront-elles de tirer sur la foule révoltée ? La population américaine surarmée saurait-elle tenir la milice et les services de police en échec ? Les premiers tests réalisés dans le cadre de la répression des noirs et des latinos démontrent que la situation est très volatile et que rien n’est moins certain qu’une victoire des forces de l’ordre dans le cas d’un soulèvement de masse dans les grands centres métropolitains. Voilà, les questions qui hantent l’oligarchie financière américaine qui en dernière analyse décidera de qui sera le 45e Président des États-Unis.

Pourquoi la mascarade électorale ?

Puisque les dés sont pipés et que l’un ou l’autre candidat mènera l’Amérique au bord du précipice, par une voie ou par une autre, à quoi sert cette mascarade électorale sous la démocratie des riches ? Une campagne électorale bourgeoise a trois fonctions, la première fonction est de mettre les candidats à l’épreuve de la confrontation… Lequel parviendra à créer la mystification la plus crédible autour de sa personnalité controversée ? La seconde fonction est de créer du consentement, de préparer l’opinion parmi la petite bourgeoisie – le prolétariat – le lumpenprolétariat et les assistés sociaux – aux sacrifices qui seront imposés par le prochain chef de l’État des riches. La troisième fonction est de compromettre tous ces gens à qui on dira un jour de révolte – « C’est vous qui l’avez voulu! » – « c’est vous qui l’avez élu! » – même à ceux qui protesteront « Je n’ai pas voté pour ça ! »… Mais oui vous avez voté pour ça… à quoi vous vous attendiez ?

Finalement, Trump ou Clinton c’est la même tromperie, excepté que Donald croit fermement qu’il saura briser la classe prolétarienne américaine alors qu’Hillary sait qu’elle n’y parviendra pas… Veut-elle vraiment de l’emploi ? La classe prolétarienne ne doit se commettre pour aucune de ces girouettes, surtout pas pour ceux de la go-gauche collaboratrice de service chargée d’accréditer cette mascarade alambiquée (3).

Notes

(1)   http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-krach-est-en-marche/

(2)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-vrais-patrons-sont-derriere-les-rideaux-quatre-traites-inegaux/

http://plus.lapresse.ca/screens/71edb5db-ffdf-4250-b841-614284defb9a%7C_0.html

Aux votards des européennes du 25 Mai…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 mai 2014 by Résistance 71

Qu’est-ce que voter ?

 

Résistance 71

 

19 Mai 2014

 

Demandons-nous au préalable qu’est-ce que la république dans laquelle nous vivons ? Une entité politique appelée “démocratie représentative”, qui comme son nom l’indique, fonctionne sur un système de “représentation” du peuple par, selon le dogme républicain aristocratique issus de la philosophie platonicienne, une “élite éclairée”, menant le peuple sur le chemin de la vérité et de la lumière. Ce dogme présuppose et postule au préalable que les “citoyens”, les gens constituant une “nation”, sont par essence ignares, incapables, non éduqués, infantiles et irresponsables et qu’ils ne peuvent par conséquent pas être responsables des affaires de la société organisée en État et se doivent de se laisser piloter par “ceux qui savent”, par les “éclairés” qu’ils délègueront à la majorité des voix, parmi une caste d’aristocrates auto-proclamée (ce qui ne veut pas dire “nobles” éthymologiquement, mot qui provient du grec ancien: aristoi qui veut dire les meilleurs et kratos qui veut dire pouvoir…”le pouvoir des meilleurs” donc…).

Pour ce faire, de grands rites sont mis en place ayant pour noms “campagnes électorales” et “élections” afin que la masse inculte choisisse ses “représentants”, ceux qui vont mener leurs affaires pour eux. Parce que c’est cela la représentation… C’est une délégation de son autorité, de sa souveraineté politique citoyenne à une personne ou un groupe de personnes, issus de partis politiques dûment estampillés “certifié conforme oligarchique”. Suite à un rite quasi-religieux revenant à intervalle de préférence le plus régulier possible, l’élection, la masse de citoyens “incultes et inaptes” délègue son pouvoir, sa souveraineté d’agir à un groupe de personnes qui n’ont absolument plus les mêmes intérêts que ses électeurs. L’électeur devenu votard (ou veau… tard pour certains) a alors abandonné son pouvoir souverain de gouverner pour et par lui-même. Il a délégué sa souveraineté à autrui en pensant, ou plutôt en ayant été préalablement convaincu, que cet autrui œuvrera pour ses intérêts et que tout ira pour le mieux, le pouvoir délégué étant en de bonnes mains. Turlututu… chapeau pointu… Les responsables aristocrates/oligarques ont expliqué et convaincu les votards que voter est un acte responsable. Qu’abdiquer sa souveraineté, sans aucun moyen de contrôle ultérieur, est non seulement une bonne chose mais un devoir ! Prendre plus les gens pour des cons que cela est probablement impossible !

De fait, le rite religieux électoral est la mise en scène de l’abdication de la souveraineté politique de millions de gens, qui le font comme un seul homme (ou femme) à titre de devoir. Y en a t’il encore pour douter que la propagande ne marche pas ?? Pour les politiques, rats dans un fromage riche et crémeux à souhait, faire voter c’est donner aux citoyens trois illusions:

  • L’illusion du choix
  • L’illusion de l’action
  • L’illusion de la responsabilité politique et civique

Pour que la recette fonctionne mieux, répétez cette démarche à intervalles réguliers de façon à ce que les votards, dépossédés, mais heureux de l’être, continuent de se soumettre aux diktats d’autrui sans aucun recours, mais en leur expliquant bien que gràce à eux, la “démocratie” est solide et fonctionne.

Voter ce n’est de facto pas agir mais s’engager à ne pas/plus agir, s’engager à ne plus participer à aucun débat politique efficace et concret, abdiquer sa capacité à véritablement influer sur le développement de la société et ne rester confiné qu’à l’illusion des discussions du café du commerce du coin. Voter c’est se déresponsabiliser. Voter c’est abdiquer sa souveraineté, réfléchissez-y ! Techniquement, le votard n’est souverain qu’un très court moment: celui où il met le nom du clown dans l’enveloppe et surtout, au moment où il lâche son papelard inutile dans l’urne, boîte à suggestions des esclaves. Au moment où le votard a lâché son bulletin, il a perdu toute souveraineté avec le “a voté” qui entérine sa démission et sa complicité ultime de la dictature de la majorité. Il est “souverain” une seconde et demie environ, tous les 4, 5 ou 7 ans !

Impressionnant non ??

Ce que l’on nous fait appeler “démocratie” est un système tout aussi totalitaire que le fascisme brun ou son pendant le fascisme rouge, revers de la même médaille aristo-oligarchique. Car, en y réfléchissant bien, il n’y a qu’une question de degré dans la dictature. Il suffit de voir où nos sociétés étatiques occidentales se dirigent depuis quelques décennies… Tout droit vers une fusion des états et des entreprises transnationales, ce qu’est le Nouvel Ordre Mondial et bizarrement, ce qui correspondait à la définition même du fascisme donnée par Mussolini soi-même.

Le vote est un pacte de soumission, répété à intervalles réguliers de façon à ce que les “citoyens”, rétrogradés au rang de spectateurs ayant abdiqués leur droit de réflexion et d’action politiques, valident vote après vote, grand-messe après grand-messe, leur soumission à la caste des aristo-oligarques. “droite ou gauche”, “gauche ou droite”, peu importe le résultat, ce qui compte vraiment, c’est l’acte de soumission et le paiement du tribut inhérent pour le concrétiser. Ainsi le citoyen, d’acteur de la société est devenu un passif votard et payeur/contribuable. Chaque grande messe électorale entérine plus avant sa soumission aux élus et à la classe politique et économique dominante, le tout en persuadant à grand renfort médiatico-propagandiste que les “citoyen” par leur acte de soumission, participent à la démocratie.

Votards, nous vous mettons au défi de retourner ou de démonter ces arguments de manière rationnelle et argumentée!

Ceci vaut pour toute “démocratie représentative” à l’échelle d’une nation. On nous demande maintenant de voter encore et toujours pour une entité politico-économique européenne.

Qu’en est-il exactement ? Qu’est-ce que l’Union Européenne ?

Une association de grosses entreprises transnationales, un cartel qui a déguisé son monople économique avec l’aide d’un autre cartel, banquier celui-là, représenté par la Banque Centrale Européenne (BCE) qui ne réfère qu’à la City de Londres, à Wall Street et à son QG de la Banque des Règlements Internationaux de Bâle (BRI), le GQG des banques centrales mondiales. Qui pilote l’UE ? La Commission Européenne, dont les “commissaires” (politiques) non élus, inféodés au cartel banquier privé de la BCE, écrivent les législations et amendements que leurs maîtres payeurs leur soufflent dans l’oreille, commission par commission. De là, toute “législation” européenne passe au parlement pour ratification, parfois des “amendements” cosmétiques sont ajoutés pour arrondir certains angles, tout cela étant décidé à huis clos, sans aucune consultation. La différence ? Dans les nations dites “parlementaires”, projet de lois, amendements et règlementations sont au moins écrites et débattues par les groupes et comités parlementaires élus, influencés bien sûr par toute sorte de lobbying possible et imaginable, mais néanmoins le processus se passe au sein des assemblées nationales. Pour l’UE, des commissaires politiques nommés, forcément sous influence, écrivent la législation qui est ensuite présentée devant un par-terre de bénis oui-oui qui entérinent ce qui doit l’être.

Question, pourquoi voter pour élire des représentants fantoches dont la seule fonction est d’acquiescer afin de donner une illusion supplémentaire de “démocratie” ?

La grand-messe électorale européenne du week-end prochain est non seulement un leurre futile à boycotter, mais la meilleure des raisons d’un boycott est, en plus de ce que nous avons déjà mentionné, le fait que le gros enjeu de cette mascarade est de continuer la délégation de pouvoir aux oligarques de façon à ce que le jeu d’enfumage continue comme à l’accoutumée. En ce moment même, la Commission Européenne et Washington sont en pourparlers directs, à huis-clos concernant l’infàme traité trans-atlantique de commerce et de partenariat (http://www.alternativelibertaire.org/?Partenariat-transatlantique-ne ). Traité qui ne vise qu’à une harmonisation des monopoles entrepreneuriaux et banquiers aux dépends des peuples. Un traité qui mettra l’UE et ses gouvernements membres pieds et poings liés devant les grandes entreprises transnationales, Monsanto et ses OGM entre autres, qui pourront attaquer directement devant les tribunaux (que ces entreprises contrôlent) les gouvernements refusant les directives imposées par le traité trans-atlantique. Personne n’est consulté pour ce traité, pas plus que pour son pendant côté océan Pacifique (TPP). Tout se passe dans la nébuleuse des commissions américaines et européennes, totalement infiltrées et inféodées au gros business transnational.

Si voter c’est abdiquer sa souveraineté, voter pour l’Europe c’est se faire le complice à part entière du capitalisme monopoliste qui ne vise qu’à une chose: Finaliser sa grille de contrôle des nations et des peuples à l’échelle planétaire. Quand on parle du Nouvel Ordre Mondial, c’est de cela qu’il s’agit: l’avènement d’un fascisme supranational par le vérouillage d’une grille de contrôle planétaire qui réduira les peuples à l’état de servage perpétuel. C’est le stade ultime du colonialisme ! L’UE et la CEE avant elle, est le “bébé” du groupe Bilderberg et de ses intérêts spéciaux.

Boycottons cette vaste fumisterie et reprenons le pouvoir !

Pour une société égalitaire du, par et pour les peuples émancipés de la société pyramidale coercitive et inégalitaire par essence.

C’est unis que nous établirons la société égalitaire, anti-autoritaire et libre !

Il suffit de dire NON ! et Cela passe par le boycott du vote et des institutions !

 

A lire sur ce blog au sujet de l‘Illusion Démocratique

 

Illusion démocratique: L’escroquerie électorale perçue comme telle… Reste à construire le contre-pouvoir autogestionnaire !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , on 10 juillet 2012 by Résistance 71

L’escroquerie électorale en perte de vitesse ?

 

Le Monde Libertaire

No 1679 du 28 Juin au 11 Juillet 2012

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/france/15832-lescroquerie-electorale-en-perte-de-vitesse%E2%80%88

 

 

Le taux d’abstention, selon le CSA, a atteint 44,4 % dimanche 17 juin dernier, soit un record absolu sous la Ve république à des élections d’échelle nationale. À rapprocher de l’abstention croissante aux élections cantonales (56 % en 2011), régionales (53,6 % en 2010) et européennes (59,4 % en 2009). Quant à l’abstention aux élections municipales – qui intéressent traditionnellement les électeurs du fait de l’enjeu local et de leur impact directement ressenti sur le lieu de vie –, elle n’est pas en reste : son taux est monté à 35,5 % en 2008.

Si l’on tient compte du fait que de 10 % à 13,3 % des gens potentiellement aptes à voter ne sont même pas inscrits, le constat est sans appel : hier, seuls entre 38,5 % et 40 % des gens en droit de voter en France ont jugé utile de désigner des élus pour les « représenter ».

Ainsi, les « élus à la majorité » sont propulsés « représentants des Français » par des votants de plus en plus minoritaires au sein des populations.

C’est une véritable inquiétude pour les institutions politiques, économiques et médiatiques, ressassant leurs injonctions culpabilisantes à accomplir le « devoir citoyen ». Leurs discours fébriles sur l’abstention et la perte du sens « civique » dissimulent mal le malaise de ces castes dominantes.

Celles-ci savent trop bien qu’elles ne nous dominent jamais par la seule force armée de leurs vigiles en uniformes, mais en imposant l’assentiment. Depuis la création des premiers états de l’antiquité, c’est-à-dire d’associations de bandes armées de racketteurs organisés, le meilleur arsenal du pouvoir autoritaire rassemble avant tout ce qui peut donner un semblant de légitimité à sa violence instituée. Avec l’avènement de la « démocratie », les balivernes religieuses ont peu à peu cédé la place à la mascarade électorale. Les élections sont redoutablement efficaces sur des populations dont on a brisé par la force toute possibilité collective réelle de décision et de révolte : les individus doivent être atomisés, isolés dans les rouages de la machine à obéir. Sans culture collective autre que celle du réflexe d’obéissance imposé par des années d’« éducation », la grande majorité des individus soumis adoptent les présupposés du système dominant, en les croyant leurs, en les faisant leurs.

On peut dès lors, lentement, passer du seul droit de vote des riches (suffrage censitaire), au suffrage dit « universel », avant d’y ajouter les femmes un siècle après… et peut-être les étrangers un jour, qui sait.

Ce qui compte, pour entretenir cette illusion que les dominants sont désormais « représentants » de leurs dominés, c’est que la « majorité » des exploités renouvelle, à intervalles réguliers, l’assentiment à ce que les puissants décident à la place de tous.

Peu importe aux détenteurs du capital qui sera élu préposé à la garde de leur coffre-fort, si le capital privé (ou étatique) demeure le monopole absolu de la décision économique, c’est-à-dire de la décision politique réelle. Les élections reposent sur le socle institutionnel des démocraties modernes, consistant depuis plus de deux siècles à relayer la conception de la liberté par la propriété, écrite et célébrée dans le marbre des droits de l’homme (riche).

Ainsi donc cette croyance, cette projection hallucinatoire de nos prétendues volontés dans un corps national éthéré, incarné dans un « élu », ce fantôme, se fissure en apparence. La bourgeoisie s’inquiète, à juste titre. En Grèce et ailleurs, la révolte gronde, malgré les larmes, les armes et la prison.

En France comme partout, la république est un cadavre, qui s’est construit sur des cadavres. La bourgeoisie s’acharne donc sur ce cadavre républicain, en rajoute dans un « pluralisme » bidon, ici rose ou bleu, là-bas salafiste ou bidasse, quitte à transformer le zombie en Frankenstein à grosses coutures maladroites. Le problème, c’est qu’il est tellement pourri qu’il fait la même bouillie indistincte, le même Flamby. On le met sous l’électrode « majorité », aujourd’hui rose, demain brune, peu importe… tant que la « majorité » croit qu’elle s’est exprimée. On bidouille des énièmes tours de passe-passe, pour que les pitoyables miettes de voix grappillées par un candidat au premier tour ressemble vaguement à une « majorité ». Le mensonge est énorme, peu importe. Les maîtres se moquent bien du bavardage des esclaves sur la gestion de leur servilité, au contraire ils l’encouragent, si cela peut aider les esclaves à oublier qu’ils ont des chaînes.

La société devient-elle anarchiste parce que l’abstention progresse aux législatives ? Quel doux rêve. On aimerait bien ! On aimerait que l’abstention se mue en abstention active, que les gens désobéissent, occupent leurs quartiers, leurs boîtes et leurs pôles emplois, investissent les logements vacants, se rencontrent, s’organisent, que leurs mandatés soient révocables et appliquent techniquement les résolutions adoptées en assemblées populaires… On l’aime cette révolution et on se battra toujours pour elle, parce qu’on se bat pour nous. Mais il faut remettre les pieds sur terre : l’abstention ne dit absolument rien sur la possibilité d’un basculement révolutionnaire dans l’anarchisme. Elle ne reflète qu’un désarroi de plus en plus lourd, pouvant tout aussi bien donner lieu à une révolution sociale et libertaire, qu’à la résignation la plus abjecte et à l’acquiescement au fascisme. On terminera cet article sur le chiffre obstinément bas depuis toujours, volontairement omis en introduction, de la faible abstention à l’élection précédente.

Ce sont les mêmes qui s’abstiennent aujourd’hui, qui ont voté hier en nombre à l’élection qui résume le principe même de l’aliénation au principe autoritaire représentativiste, poussé à son plus consternant paroxysme. La soumission au grand cadavre incarné, l’élection césariste par excellence inventée par Napoléon III : l’élection présidentielle. Peu importent les idées, peu importent le vernis des pinaillages politiciens : on sait trop bien qu’on ne décide de rien, que le vote aux élections législatives est au pire un réflexe d’animal de laboratoire, au mieux un pis-aller contre le candidat-épouvantail d’en face. Si la grande majorité ne vote plus, dans un summum de résignation et de soumission collective, que lorsqu’il s’agit d’élire un César, incarnant à lui tout seul le rôle grand-guignol de « représentant du peuple français », c’est parce que la France glisse vers le fascisme, et qu’il y a tout lieu de s’inquiéter. Le bloc rose triomphe, sur fond sonore d’expulsions d’étrangers à la Valls, d’éructations « moranesques » sur le vote des étrangers transformant la France en « Liban », de grognements lepénistes, de slurp d’écolos suçant de l’uranium. Et des cris de sept compagnons antifascistes, arrêtés le soir du deuxième tour des législatives à Hénin-Beaumont et emmenés au commissariat de Lens.

Vu ce qui nous pend au nez comme dévastation sociale, il serait peut-être temps de sortir de l’incantatoire et de nous organiser sérieusement.

 

Juanito, Groupe Pavillon noir de la Fédération Anarchiste