Archive pour image de l’Iran

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Un peu d’anti-propagande occidentale sur l’Iran… avant la bagarre ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, documentaire, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , , on 5 septembre 2018 by Résistance 71


Téhéran et ses montagnes

 

Hello, ils vous ont menti au sujet de l’Iran !

 

André Vltchek

 

21 août 2018

 

Source:

https://www.investigaction.net/en/hello-they-lied-to-you-about-iran/ 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avez-vous seulement considéré la possibilité que tout ce que vous avez appris sur le monde dans les médias occidentaux n’est que mensonge et fabrication ?…

Je suis sûr que vous l’avez envisagé, du moins récemment, lorsque l’insanité des médias occidentaux et leur propagande devient claire et évidente. Mais à quel degré avez-vous été endoctriné ?

Si vous vivez en Europe ou en Amérique du Nord, à quel point êtes-vous empoisonné par les mensonges au sujet de Cuba, du Vénézuéla, de la Russie et de la Chine, de la Corée du Nord et oui, au sujet de l’Iran également ? êtes-vous au-delà de toute guérison possible ? Si vous voyiez la vérité, si vous étiez confronté à la réalité, pourriez vous les reconnaître ? ou les percevriez-vous comme de la propagande et des mensonges ?

Je viens juste de quitter Téhéran, une ville à la très longue histoire et grande culture, remplie de musées, de théâtres, de superbes parcs remarquablement entretenus saupoudrés de culture et de sculptures modernes. C’est une ville aux transports publics modernes et totalement subventionnés, consistant en un métro de haute technologie, de voies de bus écologiques ainsi qu’un grand réseau de trains de banlieues. Une ville aux nombreux arbres, grands et sains, aux places tranquilles, aux cafés élégants et au peuple d’une rare gentillesse et hautement éduqué.


Université de Téhéran

Une ville qui pourrait parfaitement faire partie du classement des “10 meilleures villes du monde”, si elle n’était pas la capitale d’un pays que l’occident tente de ruiner, d’abord avec des sanctions économiques d’une injustice débordante et puis qui sait, au moyen d’une invasion militaire…

Que savent les occidentaux au sujet de l’Iran ? Que leur a t’on dit ? Je pense que l’image que veut projeter les merdias est celle de l’Iran, pays de l’islam radical, une sorte d’Arabie Saoudite chiite, peut-être pire. Bien pire, puisque l’Arabie Saoudite, proche alliée de l’occident, de Londres et de Washington (NdT: et de Tel Aviv…), ne peut pas être touchée en occident, quelque soit la barbarie et la terreur qu’elle répand chez elle et dans le monde.

Ceux qui connaissent à la fois Djeddah et Téhéran rient d’une telle comparaison. L’Arabie Saoudite et sa demie-colonie du Bahreïn, malgré leur richesse issue de la manne pétrolière, font parties des sociétés faisant preuve du moins de compassion sur cette planète, où la misère se frotte à la richesse repoussante, dégoulinante de vulgarité et son prosélytisme crâne.

L’Iran est essentiellement un pays socialiste, internationaliste et en solidarité totale avec les opprimés et les nations en lutte de notre planète. Non je ne parle pas seulement de la Syrie, du Yémen et de la Palestine ; mais aussi de Cuba, du Vénézuéla et de bien d’autres. Vous ne le saviez pas ? Aucune surprise: vous n’êtes pas supposés le savoir !…


Musée, Université, Téhéran

Vous êtes aussi supposés demeurer ignorants au sujet du système social iranien, clairement socialiste. Education gratuite, santé gratuite, transports publics modernes et culture subventionnés, très grands espaces publics et dans une certaine mesure, un gouvernement fort et au moins partiellement, une planification centralisée.

Note de R71: Nous ne faisons en rien une apologie de “l’état iranien” en traduisant cet article, notre position est claire depuis le départ sur le sujet: A bas l’État, quel qu’il soit !  cet ennemi viscéral des peuples. Nous publions cet article dans le seul souci de contre-balancer la propagande ambiante avec des informations de gens qui ont vu, visité et analysé le pays. L’auteur de cet article n’est pas le seul. Les chiens de guerre ne font que construire le mensonge permanent pour justifier de leurs actes d’agression et de guerre à l’encontre de nations dissidentes à l’ordre mondial occidental ethnocentrique et génocidaire. L’Iran est le grand pays de la région dont la tête doit orner le mur du bureau central, poliburo oligarque Inc.

Malgré les sanctions absolument injustes et terribles imposées, bien qu’avec quelques interruptions, par Washington et ses alliés, l’Iran reste debout et grandie, essayant contre vents et marées de s’occuper au mieux de son peuple. Et malgré ce à quoi les Iraniens doivent faire face, ils ne trichent pas et ne volent pas. La monnaie s’est effondrée après que Washington ait imposé de nouvelles sanctions les plus bizarres, déclenchant la frustration et certaines manifestations de mécontentement. Mais la grande majorité des Iraniens sait parfaitement qui est le coupable de cet état de fait et il n’est un secret pour personne que l’opposition est le plus souvent financée et pilotée depuis l’occident.

La plupart des visiteurs n’y comprennent rien au système monétaire et au taux de change. Je ne fais pas exception à cette règle. Lorsque je sois payer, je donne simplement mon porte-feuille aux chauffeurs de taxi ou aux serveurs de restaurant et ils y prennent l’argent nécessaire au paiement. J’ai contrôlé avec mes collègues iraniens: la somme prise à chaque fois est toujours la somme dûe.

Les Iraniens ne font jamais montre d’une “fièreté arrogante”, ils ne font que montrer la fièreté décente et déterminée d’une nation à la culture millénaire, qui sait parfaitement bien qu’elle est du bon côté de l’Histoire.

On nous a répété à quel point l’Iran était religieuse ; mais à l’encontre de l’Arabie Saoudite ou de l’Indonésie (NdT: succursale saoudienne), la religion ici ne vous est pas jetée en pleine figure. Elle n’est pas agitée en permanence comme un drapeau. En Iran, la religion est quelque chose d’interne, de profond, qui est exprimée humblement et sans tapage. Alors que les mosquées de Djakarta diffusent à longueur de journées par leurs hauts-parleurs, des sermons entiers, où les gens sont maintenant jetés en prison pour avoir critiqué cette imposition brutale de la religion sur le public au sens large, je n’ai presque pas pu détecter l’Adhan (l’appel à la prière) à Téhéran. La grande majorité des passantes féminines de Téhéran ne couvrent leurs cheveux que symboliquement, un tiers, ou même un quart gardant leurs cheveux exposés.

Mais l’occident n’infligera jamais de sanctions économiques sur l’Indonésie ni ne s’y opposera de quelque manière que ce soit et peu importe la brutalité démontrée sur son propre peuple: Washington, Londres et Canberra ont déjà ruiné son orientation socialiste avec le coup d’état de 1965 (NdT: voir ou revoir l’excellent film de Peter Weir “L’année de tous les dangers” sur le sujet avec Mel Gibson et la toujours exceptionnelle Helen Hunt…). Djakarta est maintenant asservie, obéissante, anti-communiste et turbo-capitaliste. Il n’y a plus rien de public, tout est privatisé (pillé). Les élites ont totalement pillé le pays pour le bien de l’occident. Les religions en Indonésie sont utilisées pour maintenir en place le régime fasciste pro-occidental.

L’Iran en est totalement opposé: son interprétation de la religion est “traditionnelle”, comme elle le fut avant même que l’occident ne parvienne à en faire dérailler l’essence dans tant de parties du monde. Elle est socialiste, emplie de compassion, spirituelle et oui, internationaliste. A l’encontre d’endroits comme Djeddah ou Djarkarta où sortir pour manger est maintenant le summum de la vie culturelle (et souvent la seule véritable option pour “jouir un peu de la ville”), Téhéran offre beaucoup de cinémas d’art et de qualité (les films iraniens sont parmi les meilleurs et les plus intellectuels produits au monde, NdT: voir pour s’en convaincre le petit chef-d’œuvre qu’est “Les enfants du ciel” de Majid Majidi, 1997, qui est dans la lignée du célèbre “Voleur de bicyclette”, de Vittorio De Sica, 1948 ou “Baran”, “La pluie” du même Majidi, 2001), des musées et des galeries d’art de classe mondiale, de très grands espaces publics ainsi qu’un grand nombre de facilités sportives et de loisirs, incluant des parcs superbes et remarquablement entretenus.

Vous voulez être suspendu à un câble et voler au dessus d’une vallée près d’une des plus grandes tours de télévision au monde ? Vous pouvez le faire à Téhéran. Vous voulez voir une série des tous derniers films chinois d’art et essai ? Vous le pouvez dans ce magnifique palace du cinéma appelé le Musée du Cinéma. Peut-être voudriez-vous voir des pièces de théâtres de Tennessee Williams ou de Tchékov, en farsi ?… Pourquoi pas ?

Bien sûr vous pouvez aussi rester assis dans votre voiture dans un embouteillage  comme vous le feriez à Riad ou Djakarta, mais vous pourriez tout aussi bien vous déplacer vite et facilement à travers la ville avec le système de métro très moderne. Vous pouvez flâner sur les grands trottoirs à l’ombre de grands arbres.

Que vous a t’on dit d’autre ? Que vous ne pouvez pas regarder une femme dans les yeux sous peine d’être lapidé ? Les couples se tiennent par la main partout à Téhéran et les filles ennuyées ou harassées giflent les hommes, souvent à titre de taquinerie, parfois sérieusement.

Mais le croiriez-vous si vous le voyiez ?… Ou est-ce trop tard, et avez-vous atteint le point de non-retour ?…

Un jour, un chauffeur de taxi m’emmenant de mon hôtel aux studios de Press TV m’a désespérément dit:

“Les Européens qui viennent ici même pour la première fois ne veulent pas apprendre. Même s’ils viennent pour la toute première fis, ils arrivent à l’aéroport, montent dans mon taxi et commencent à prêcher, à m’expliquer ce qu’il se passe dans mon propre pays ! Ils viennent tous avec la même histoire, avec la même critique de l’Iran. Il n’y a aucune diversité ! Comment peuvent-ils se prévaloir de venir de pays démocratiques s’ils pensent tous la même chose ?..”

A Téhéran, la diversité de pensée est absolument renversante. Avec mes collègues et camarades , on discute de tout, de la guerre en Yougoslavie, de l’Amérique Latine et bien entendu de l’Iran. Ils veulent toujours savoir sur la Russie et la Chine. J’adore ce que j’y vois et ce que j’y entends ; lorsque les gens sont curieux, respectueux des autres cultures, c’est toujours un excellent début !

L’Iran saigne, souffre, mais est forte. Tout le monde ici n’est pas d’accord avec la politique du gouvernement (bien que la plupart des Iraniens soutiennent leur gouvernement), mais tout le monde est déterminé à lutter et à défendre son pays s’il est attaqué économiquement ou par d’autres moyens.

Quand je viens ici, j’ai cette envie impolie, je veux crier à mes lecteurs: Venez ici et venez y apprendre quelque chose ! L’Iran n’est bien sûr pas parfaite, mais vraie, ici la vie est réelle et tout autant l’est son peuple. Grâce à leur culture et à leur histoire, ils savent comment séparer une pierre précieuse d’un simple caillou, la pensée pure de la propagande, le capitalisme bon marché et mortifère de la grande poussée pour un monde meilleur. Si vous ne me croyez pas, regardez simplement leurs films: un chef-d’œuvre après l’autre.

C’est peut-être pourquoi l’occident veut d’abord ruiner puis détruire ce pays. Pour l’occident, l’Iran est “dangereux”. L’Iran est dangereux et même mortel pour l’arrangement impérialiste du monde, tout comme la Russie, la Chine, Cuba, le Vénézuéla, La Bolivie le sont également.

Ruiner l’Iran ne sera pas chose facile. Je dirai même, cela peut-être impossible. Son peuple est trop intelligent, déterminé et fort. L’Iran n’est pas seul, il a beaucoup d’amis et de camarades. Mêmes ses voisins, la Turquie et le Pakistan sont en train de changer rapidement de direction et de s’éloigner de l’occident.

Ne me croyez pas sur parole. Venez et constatez par vous-mêmes. Mais ne prêchez pas: posez des questions et puis SVP, asseyez-vous, écoutez et apprenez quelque chose ! Ce pays a plus de 7000 ans d’histoire. Au lieu de le bombarder, lisez ses poètes, regardez ses films et apprenez de sa position internationale ! Et alors, alors seulement, décidez, si l’Iran est vraiment votre, notre ennemi ou un cher camarade et ami.


Pont piéton Téhéran

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Au delà de la propagande impérialiste… Une vision plus réaliste de l’Iran…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, résistance politique with tags , , , , , on 23 février 2013 by Résistance 71

L’Iran est devenue un contre-pouvoir non négligeable à l’empire anglo-américain (City de Londres + Wall Street) et s’est affirmé avec la Russie (et la Chine, même si le cas de la Chine est plus « délicat ») comme la ligne de front anti-hégémonique occidentale. Diabolisé par l’occident qui attaque toute résistance à son hégémonie néo-colonialiste, le pays n’est cependant pas conforme à l’image  que la propagande atlantiste diffuse ad nauseam.

Qu’en est-il ? Cette vison est sans doute ce qui se rapproche le plus de la vérité… Plus que jamais nous devons réaliser qu’en occident, l’ennemi est dans nos murs et non à l’extérieur. Nous le connaissons, il a des noms et des visages: la classe politique inféodée aux intérêts particuliers, les patrons et exécutifs des cartels industrio-financiers. L’ennemi des peuples occidentaux n’est pas aux portes, il est dans la place, bien au chaud, en haut de la pyramide… depuis le départ… Tout le reste n’est que poudre aux yeux !

L’Iran a ses propres problèmes internes, des problèmes irano-iraniens qui se doivent d’être règlés par le peuple iranien et lui seul, personne d’autre. Halte à l’ingérence occidentale dans les affaires des autres.

— Résistance 71 —

 

Ahmadinejad l’insubmersible

 

Thierry Meyssan

 

Le 21 Février 2013

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article177541.html

 

La démocratie iranienne est en pleine ébullition. Les clivages de 2009 sont désormais caducs au point que le président Obama vient d’admettre publiquement que Mahmoud Ahmadinejad avait bien été élu à l’époque par une majorité de ses concitoyens. Le mouvement vert qui avait uni la bourgeoisie urbaine et une partie de la jeunesse a fait long feu. Désormais, Washington ne mise plus sur le renversement du régime, mais sur sa division. Les USA voudraient profiter de la crise entre le courant religieux du clan Larijani et le courant nationaliste de la famille Ahmadinejad.

A quatre mois de l’élection présidentielle iranienne, on ignore toujours qui sera candidat pour succéder, durant quatre ans, au charismatique Mahmoud Ahmadinejad. Conformément à la Constitution, le président sortant ayant effectué deux mandats consécutifs ne se représentera pas, mais il pourrait ne pas s’éloigner du pouvoir et revenir en lice lors de l’élection suivante à la manière d’un Vladimir Poutine.

En 2009, des manifestations avaient secoué Téhéran et Ispahan : les partisans du candidat libéral accusaient le pouvoir d’avoir truqué les résultats du scrutin. Ce mouvement s’était vite essoufflé, mais avait laissé de profondes blessures au sein de la jeunesse. Il avait été clos par une gigantesque manifestation de soutien aux institutions de la Révolution islamique. Les Iraniens, mêmes convaincus par les arguments du perdant, lui reprochaient d’avoir appelé à l’émeute.

La jeunesse n’avait pas lu le programme de Moussaoui et ignorait son apologie du capitalisme globalisé. Elle l’imaginait, à tort, libéral en matière de mœurs. Peu importe, elle avait été convaincue qu’elle devait choisir entre ses libertés individuelles et « le régime ». Elle avait soudain déserté les commémorations nationales.

Sonné par la violence du coup, le pouvoir avait tardé à élaborer sa parade. Il y eut d’abord une défense médiatique. Par exemple, analysant image par image la célèbre vidéo de la jeune Neda prétendument tuée par les forces de l’ordre durant une manifestation anti-régime, les experts iraniens démontrèrent qu’il s’agissait d’une mise en scène. Puis, il y eut l‘organisation de groupes de parole, animés par des formateurs adultes, pour encadrer les jeunes et leur transmettre l’idéal de leurs aînés. Tous ces efforts ont porté leurs fruits et l’on peut observer à nouveau une forte participation des moins de 30 ans aux dernières cérémonies patriotiques.

De son côté, Washington n’a pas ménagé sa peine pour perturber la société iranienne et jouer sur les conflits générationnels. Plus d’une centaine de chaînes de télévision en langue farsi ont été créées pour inonder par satellite le pays de « rêve américain ». Elles ont détourné les Iraniens de leurs chaînes nationales, mais il n’est pas certain qu’elles les aient convaincus sur le fond.

Alors que tout le monde se préparait à une nouvelle tentative de révolution colorée, la surprise est venue de la coalition gouvernementale. L’affrontement classique entre nationalistes et religieux s’est durci et a fini par éclater en public. Le président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, et celui du Parlement, Ali Larijani, s’accusent mutuellement de protéger des collaborateurs corrompus. Les images de leurs altercations passent en boucle sur les télévisions occidentales en farsi. Malgré ses exhortations, le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ne parvient pas à calmer les protagonistes.

Au demeurant, le soutien populaire d’Ahmadinejad est massif dans tout le pays, sauf paradoxalement à Téhéran, la ville dont il fut maire. L’industrialisation rapide du pays, ses récents programmes de redistribution des bénéfices pétroliers sous forme d’allocations mensuelles à chaque adulte, et de construction généralisée d’habitations à prix subventionnés lui ont attaché les ouvriers et paysans. Ahmadinejad, qui a le sentiment que son candidat sera largement élu, ne se prive plus de défier les religieux et de montrer que s’il ne tenait qu’à lui, les exigences de la jeunesse seraient satisfaites. Il s’est même permis de célébrer la beauté du hijab pour mieux critiquer la loi qui rend son port obligatoire. Ali Laridjani et son frère Sadeq (chef de l’Autorité judiciaire) voient bien que leur rival tente de déplacer les lignes pour imposer la candidature de son directeur de cabinet, Esfendiar Rahim Mashaei. Celui-ci s’applique à réécrire les discours officiels pour modifier les références religieuses dans un sens universel et non plus exclusivement chiite. Les religieux craignent que cette souplesse soit la porte ouverte au dépérissement de l’islam. Ils répliquent en faisant courir le bruit que la famille Ahmadinejad a perdu la raison, se croit en contact direct avec le Mahdi et attend sa venue en lui réservant un siège vide au Conseil des ministres. Pour calmer le jeu et maintenir l’unité de la Révolution, le Guide pourrait enjoindre la famille Ahmadinejad de présenter un candidat moins clivant que Mashaei.

Les médias occidentaux sont pris de schizophrénie. Alors que leurs chaînes en farsi se délectent de cet affrontement, leurs chaînes dans les langues européennes n’en disent mot. Elles continuent à faire croire à leurs téléspectateurs que l’Iran est une dictature monolithique gouvernée par des mollahs. Les jeunes qui sont descendus dans la rue contre le « régime » sont souvent devenus les plus fervents supporters d’Ahmadinejad et devraient soutenir son candidat en juin. Ils pensent qu’avec lui, la Révolution islamique peut concilier libération nationale et libertés individuelles.