Résistance politique globale: Éveil et Union sont les piliers de la victoire des peuples…

Nous avons traduit ici un des derniers articles du politologue canadien Andrew Gavin Marshall, qui a une vision très similaire à la notre concernant le lien entre les luttes des nations natives contre le colonialisme  actif (Amérique du Nord et Latine), le néo-colonialisme prenant place en Afrique et les mouvements de lutte sociale en Europe et en occident. Nous devons venir à terme de notre culpabilité et tendre la main aux peuples que nous opprimons. Les mêmes méthodes sont appliquées contre nous que celles qui ont été et sont appliquées contre les nations indigènes, seul le degré varie. Nous sommes tous des colonisés !

C’est ensemble, unis que nous vaincrons le fascisme mondialiste.

— Résistance 71 —

 

Culture entrepreneuriale et empire global: Crise alimentaire, vols de terres, pauvreté, bidonvilles, dévastation environnementale et résistance

 

Andrew Gavin Marshall

 

Juillet 2013

 

url de l’article original:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/01/07/corporate-culture-and-global-empire-food-crisis-land-grabs-poverty-slums-environmental-devastation-and-resistance/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le pouvoir des corporations est immense. La plus grande entreprise au monde est la Royal Dutch Shell, qui n’est surpassée en richesse que par les 24 plus grands pays sur terre. Des 150 plus grosses entités économiques au monde, 58% sont des corporations. Ces méga-entreprises sont institutionnellement totalitaires, et le résultat de la résistance du pouvoir à la révolution démocratique, qui fut acceptée avec réticence dans la sphère politique, mais refusée dans la sphère économique, ce qui a abouti à une société pas vraiment démocratique. Elles sont conduites par une religion, celle “du profit à court terme”. La société des corporations, une société de capitalisme d’état, s’est épanouie aux Etats-Unis et a géré la transition de la société américaine au début du XXème siècle, tout comme les fascistes et les communistes, géraient les transitions en Europe. Avec chaque guerre mondiale, la société états-unienne, son pouvoir économique et politique, vit la croissance de son influence globale et avec la fin de la seconde guerre mondiale, la société corporatiste fut mondialement exportée.

Ceci est l’empire. L’armée américaine, les agences de renseignement, et l’appareil de sécurité nationale, opèrent avec l’intention de servir les intérêts des cartels d’entreprises américaines et maintenant de plus en plus supranationales. Guerres, coups d’état, campagnes de déstabilisation, soutiens de dictateurs, de tyrans, génocides et oppression sont les produits de l’interaction de l’occideent avec le reste du monde.

Dans le même ordre d’idée que le “dieu a créé l’Homme à son image”, les corporations ont refaçonné la société en fonction de leurs propres intérêts et avec une égale arrogance. Les cartels industriels et financiers ont créé ou récupéré les think tanks, les fondations, les institutions éducatives, les médias, les relations publiques, la publicité et bien d’autres secteurs de la société. Par leur contrôle d’autres institutions, elles ont pu étendre leurs idéologies de pouvoir et leurs variantes entre elles, à la population, aux autres élites, à la classe “éduquée”, la classe moyenne, la classe laborieuse et pauvre.Tant que les idées exprimées soutiennent le pouvoir, c’est “acceptable”. Cela peut être critique, mais l’analyse institutionnelle n‘est pas permise. Les idées qui s’opposent au pouvoir institutionnel sont “idéologiques”, “idéalistes”, “utopiques” et ultimement inacceptables.

La culture corporatiste des cartels domine notre société occidentale. Étant des institutions de manière inhérente totalitaire, la culture et ses institutions, sont devenues de plus en plus totalitaires. Ceci est une réponse du pouvoir économique pour détricoter les résultats obtenus au grè de l’histoire humaine, résultats qui sont venus par les victoires des luttes pour plus de démocratie dans la sphère politique. Les entreprises et les banques cherchent à tout contrôler et à consumer, afin de dominer sans partage et sans fin.

La seule raison du pourquoi les corporations furent et sont capables d’être l’institution culturelle de référence au XXème et XXIème siècles, est à cause de leur pouvoir économique. Ceci est un dérivé de l’exploitation: des ressources, de l’environnement, du travail et des consommateurs. Cela est renforcé au moyen de la répression: le boulot de l’état dans la société capitaliste d’état, ainsi que des grandes mesures de subsides et de protectionnisme pour protéger les intérêts des cartels industriels et financiers. Alors que le pouvoir entrepreneurial s’est développé dans le monde, la destruction rapide de l’environnement et des ressources s’est précipitée et les puissances occidentales ont fait sous-traiter la dévastation environnementale que nos sociétés de consommation demandent, aux pays du tiers-monde. Nous consommons, ils souffrent. Un mariage inconvénient que nous appelons “civilisation”. Les mega-entreprises et nos états maintiennent le reste du monde dans un état de pauvreté et de répression, tentant éternellement de bloquer la révolution mondale inévitable pour créer une société humaine agissant… humainement. Jusqu’ici, nous fûmes très occupés à acheter plein de trucs. On n’en avait rien à faire, cela ne nous concernait pas.

Maintenant ce que nos sociétés ont fait aux gens sur le territoire desquels nous vivons maintenant (NdT: Marshall est canadien et parle ici du continent des Amériques) et du reste des gens dans le monde, nous est appliqué de manière interne. Tout est à vendre ! Les corporations font des profits gigantesques, possèdent des milliers de milliards de dollars en réserve cash, non investie, mais attendant que vos standards de vie soient réduits de manière signifiante pour que votre travail et ressources soient bien meilleur marché et donc ultimement plus prône à de juteux profits. Ceci est appelé “austérité” et “réforme structurelle”, euphémismes politiques pour apauvrissement et exploitation.

Les corporations, les banques et les états, ont ces dernières années causé une crise alimentaire globale, fait monter les prix alimentaires à des records stratosphériques et ce de manière subséquente depuis 2007. Avec des milliards de personnes dans le monde vivant avec moins de 2US$ par jour, la vaste majorité de l’humanité dépense ses revenus en nourriture. L’augmentation des prix alimentaires a été essentiellement causée par la spéculation financière, avec les grands joueurs de ce casino géant étant Goldman Sachs, Morgan Stanley et la banque Barclays, elles ont poussé des dizaines de millions de personnes dans un état de pauvreté extrême à la famine. Environ 1 milliard de personnes, soient 1/7 de a population du monde vit dans des bidonvilles. Cette population croît rapidement. D’énormes bidonvilles urbains furent créés par l’impérialisme étatique et corporatiste occidental imposé au reste du monde, poussant les gens à l’exode rural et à venir s’agglutiner dans les bidonvilles urbains ou en forçant l’exode par les bombes et les guerres. Le tout lié au terrorisme d’état occidental généralisé. Nous avons soutenu et soutenons toujours de petites élites sans scrupules ni pitié dans les pays que nous dominons à travers le monde et maintenant nous commençons à réaliser que ces petites élites sanguinaires commencent à règner sur nos propres vies (NdT: Ici Marshall fait allusion à l’influence des pétro-monarchies telles l’Arabie Saoudite et le Qatar…). Leur fonction sociale est celle de parasites: pomper le sang/la vie de la société humaine mondiale.

Les augmentations des prix alimentaires ont aidé à générer une gigantesque saisie de terres, voyant les puissances occidentales, mais aussi asiatiques et du Golfe, s’emparer de vaste territoires et de ressources aquifères dans le monde, et ce pour une bouchée de pain. Cette saisie de terres est la plus extensive en Afrique, où ces dernières années, des investisseurs essentiellement occidentaux ont pu saisir des superficies équivalents à la superficie de l’Europe de l’Ouest. Ces terres contiennent non seulement des ressources naturelles etvde sous-sols importantes, mais aussi l’eau (le Nil est à vendre !), ceci est aussi le lieu d’habitation de centaines de milions de personnes; il y a environ 2,5 milliards de personnes engagés dans la microagriculture dans le monde… Ceci est essentiellement fait au travers de la propriété commune de la terre, ce que la société occidentale avec son dogme de la “propriété privée de droit divin”, ne peut pas comprendre. Ainsi, dans la loi internationale, d’état et des affaires, que nous avons créée de toute pièce, nous assimilons les terres communales et d’utiisation communale comme devant être des terres appartenant “à l’état”. Nos “investisseurs”, les banques, hedge funds, états, fonds de retraite, corporations, parviennent à des “accords” avec les états corrompus locaux pour des contrats de leasing de 40, 50 ou 100 ans d’exploitation de vastes territoires, payant très peu souvent aucun loyer. Ensuite “le territoire vide” comme nous l’appelons est “nettoyé” (de son “vide” sans aucun doute…), expulsant des personnes qui ont vécues là depuis des générations et qui dépendent de la terre pour leur nourriture. Ces gens sont expulsés vers les villes, et donc vers les bidonvilles.

C’est ce que nous appelons une “utilisation productive de la terre”. Donc naturellement, nous la détruisons, nous y éviscérons l’environnement, empoisonnons, polluons, extrayons, exploitons, pillons et profitons. Ou alors nous gardons la terre, sans l’exploiter, attendant que les prix montent pour plus de profit. Même d’importantes universités américaines comme Harvard sont impliquées dans les saisies massives de terres en Afrique et ailleurs. Ceci est le plus grand vol de territoires de l’histoire depuis la fin du XIXème siècle et son “envol vers l’Afrique” lorsque les Européens ont colonisé pratiquement l’ensemble du continent. Lorsque nous utilisons la terre à des “fins productives”, nous disons que cela “aidera le climat” et “réduira la famine”. Comment ? Parce que nous allons produire du bio-carburant et de la nourriture et ce faisant nous allons déverser des quantités industrielles de pesticides, d’engrais chimiques, planter des OGM, pratiquer une déforestation massive, détruire la biodiversité, allons hautement mécaniser et augmenter les consommations de carburant pour les exploitations agricoles. La nourriture produite, qui n’est pas conséquente puisque l’intériet est porté sur les bio-carburanrs, le bois, les minerais, le pétrole et le gaz, les cultures pour l’argent facile, est de toute façon exportée vers nos pays et loin des populations pauvres où la faim et la précarité sont pourtant prévalentes. Ces gens perdent leurs terres, s’enfoncent plus dans la pauvreté avec le bonus de la précarité alimentaire en sus, des risques de famine accrus, augmentation de la mortalité, des maladies et de la violence. La pauvreté est violence.

Ceci est la manière dont les états occidentaux, les banques et les cartels industriels ainsi que les organisations internationales, s’occupent du problème de la faim: en en créant toujours plus. Ironie du sort encore plus amère, nous appelons ceci évoluer vers “la durabilité”. Coïncidentellement, ce mot a déjà une signification pour la plupart des gens, nous n’en avons que mal interprété le sens voilà tout. Mais il y a des gens qui prennent ce concept très sérieusement, ceux qui ont fait l’expérience de pertes majeures dans une société non durable.

Nous sommes les témoins d’une résistance massive globale à ces processus, cette résistance est largement conduite par les populations indigènes d’Afrique, dAmérique Latine, d’Asie et maintenant d’Amérique du Nord. Au Canada le mouvement Idle no More a commencé avec quatre femmes indigènes de la province du Saskatchewan, qui décidèrent de se rencontrer et de discuter les problèmes induits par le projet de budget du premier ministre Harper, qui entre autres choses, a réduit le nombre de rivières, de lacs et de ruisseaux protégés au Canada d’environ 2,5 millions (au 4 Décembre 2012) à quelques 62 (au 5 décembre 2012…), un mouvement social international menés par les peuples indigènes se développe. Il y a moins de deux mois, cela a commencé avec 4 femmes ayant une discussion.

Les peuples indigènes montrent aux Canadiens et aux autres personnes dans le monde, comme se soulever devant le pouvoir. Et ils ont une certaine pratique de la chose. Depuis plus de 500 ans, nos sociétés ont opprimé et souvent éradiqué des populations natives sur place et à l’étranger. Les peuples indigènes, comme tous les peuples opprimés, sont au front de la nature la plus oppressive de notre société: ils ont expérimenté et expérimentent encore l’exploitation, la dévastation envrironnementale, la domination et la décimation. Avec les peuples natifs qui parlent, et pas seulement au Canada, mais à travers l’Amérique Latine, l’Afrique et ailleurs, il est plus que temps pour que nous les peuples occidentaux, commencions à écouter ceux qui sont les plus opprimés, les histoires de nos “victimes” sont rarement narrées et écrites, ou simplement connues, du moins pas de nous, Les victimes elles se souviennent. Et il est plus qu’important que nous commencions à écouter.

Comment pouvons-nous attendre un changement, ou connaître quoi et comment changer nos sociétés, si nous n’écoutons pas ceux qui ont fait l’expérience du pire de notre société ? Les peuples natifs nous donnent maintenant une leçon de lutte démocratique. Si nous continuons sur notre voie actuelle, les communautés indigènes seront complètement annihilées et les puissances qui dirignent notre société auront réussi à accomplir un génocide complet sur 500 ans.

Ainsi, nous devons nous poser cette question: Devrions-nous écouter maintenant, apprendre et rejoindre ceux qui luttent pour la justice et une véritable idée d’une société humaine ou bien… Sommes-nous toujours trop occupés à acheter des choses totalement inutiles ?

Peut-être est-il aussi grand temps que nous soyons… Idle No More (Jamais Plus en Veilleuse).

6 Réponses vers “Résistance politique globale: Éveil et Union sont les piliers de la victoire des peuples…”

    • Excellent merci du lien !
      Imaginons de telles structures autogérées en nombre de 100 000… 200 000 en Espagne, en France… partout !
      Le contre-pouvoir prend du poids, les 10% des populations sont allègrement touchées par le nouveau paradigme. La société bascule…

      C’est possible… C’est demain…

    • En complément: Vivre L’Utopie ! comme cela s’est déjà produit dans l’histoire, ici auparavant en Espagne également…

      http://www.dailymotion.com/video/x1bo40_vivre-l-utopie-partie-1_news#.UeU21uCJJS8

    • C’est heureux !

      toutes les formes de réappropriation sont à envisager ! de petites unités de maraichage ou les jardins familiaux avec ventes de produits sur les marchés quand il y a un surplus nous garantissent en produits de qualité, en même temps que vous êtes autosuffisant et constituer une alternative pour la population locale de vieux retraités qui quittent ainsi la grande distribution pour s’approvisionner en fruits et légumes et viandes, et introduisent l’échange avec le voisinage.

      des producteurs de fleurs apparaissent sur les marchés aux grands talents et avec des prix Aux 2/3 de ceux pratiqués par la jardinerie style jardiland ou même de moitié qui détient le monopole sur le plan local.

      il faut reconquérir tous ces espaces et cela créera de l’emploi local !

  1. C’est peut être l’homme qui a créé DIEU à son image –

    • Bingo!… Toute religion, croyance religieuse, sont anthropomorphiques et ne sont que le projection de la psychée. L’essence du problème vient de la finitude de la vie et de la peur de la vaste majorité des humains face à l’inéluctable biologique: la mort !
      Le capitalisme lui-même n’est qu’une fuite en avant de ce problème, accaparer biens et pouvoir, les maintenir dans une caste et les léguer à la descendance etc, etc…

      Proudhon avait mis le doigt dessus: quand on remonte à l’origine, le problème central est celui de la propriété (pas la possession… la propriété, nuance…) et son corollaire inévitable: l’héritage. Éradiquons les deux et nous résolvons 98% des problèmes sur cette planète !

      En cela, religion et capitalisme marchent la main dans la main…

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