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Résistance politique: Le mouvement indigène canadien Idle No More est dorénavant une entreprise…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , , , on 20 juillet 2013 by Résistance 71

Nous l’avions dit dans notre présentation du manifeste en Décembre dernier: Gare à la récupération et à l’infiltration. Idle No More a rejoint le mouvement Occupy Wall Street en tant qu’outil manipulé et manipulateur de l’oligarchie.

Le professeur de science politique Mohawk Taiaiake Alfred l’avait aussi annoncé fin Janvier. Les bonnes intentions sont récupérées et retournées par l’oligarchie, surtout si ce sont de bonnes intentions, dangereuse pour elle… Méfiance plus que jamais et la lutte continue !

— Résistance 71 —

 

Idle No More Inc.

 

Mohawk Nation News

 

17 Juillet 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/07/17/idle-no-more-inc/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Idle No More a été un mouvement indigène de la base jusqu’à ce qu’il soit changé en entreprise en Janvier 2013. Les propriétaires et les actionnaires font maintenant parties intégrantes de la grille de structure corporatiste (entrepreneuriale) étrangère, qui nous contrôle, nous et nos possessions. Les colons peuvent faire partie d’Idle No More, se décoloniser eux-mêmes et aider à arrêter le génocide. Idle No More est dirigé par la structure hiérarchique de l’entreprise étrangère, dépendante de la loi de l’amirauté (Admiralty Law) et de la loi sur le commerce et les échanges. Il peut avoir un compte en banque, peut-être dominé par quiconque achète 51% des parts. Les banquiers vont en prendre le contrôle, si de nest pas déjà fait. Toutes les entreprises existent pour générer un profit à leurs actionnaires.

Idle No More peut assigner en justice, acheter, vendre des propriétés, faire des contrats, payer des impôts et même commettre des crimes. Les propriétaires sont protégés et leur responsabilité personnelle n’est plus engagée pour toute dette et obligation. Des récipissés de déduction d’impôts peuvent être émis pour les entreprises, fondations bienfaitrices et entités gouvernementales donnatrices à ses bonnes-œuvres. Comme toute entreprise, des réunions annuelles sont obligatoires.

Mohawk Nation News (MNN) est un avocat de la véritable loi de la terre, Kaianerehkowa ou la Grande Loi de la Paix. Nous n’avons jamais été invisibles ou “en veilleuse” de toute notre existence. Les véritables nations indigènes sont les souverains indépendants de Onowaregeh ou nations de l’Ile de la Grande Tortue et gardiennes de la loi de la paix.

Toutes les entreprises sont contrôlées par les banquiers. Ceux qui restent avec Idle No More Inc. ne peuvent pas lutter contre une entité dont ils sont devenus une partie intégrante. Cela n’a aucun sens.

Les vendus des conseils de bandes entrepreneuriaux sont pareils. Ils travaillent et son payés par l’entreprise Canada. Ces traîtres seront menés devant leurs peuples pour répondre de leur trahison.

Idle No More a éveillé les colons au sujet du génocide. Maintenant, ceux-ci peuvent suivre les racines du pin blanc de la paix. Si leurs pensées sont pures, ils peuvent suivre la véritable loi de la terre, Kaianerehkowa. Ils sont les bienvenus à prendre protection à l’ombre du grand arbre de la paix avec nous.

Comme le chante le groupe “Show of Hands”: “When the Indians, Asians, Afro-Celts It’s in their blood, below their belt. They’re playing and dancing all night long. So what have they got right that we’ve got wrong? Seed, bark, flower, fruit. They’re never gonna grow without their roots Branch, stem, shoot They need roots” (traduction de ces quelques rimes de la chansons: “Quand les Indiens, Aisiatiques, Afro-celtes, c’est dans leur sang, sous la ceinture; ils jouent et dansent toute la nuit; qu’ont-ils compris que nous n’avons pas compris ? graine, écorce, fleur, fruit; ils ne vont jamais grandir sans leurs racines, branche, tige, pousse, ils ont besoin de racines”…)

Roots

IDLE NO MORE Canadian trade-mark data

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The database was last updated on: 2013-07-09

APPLICATION NUMBER: 1609306

REGISTRATION NUMBER: not registered

STATUS: FORMALIZED

FILED: 2013-01-10

FORMALIZED: 2013-01-14

APPLICANT: Jessica Gordon, 7 Vanier Crescent, Saskatoon, S7L 5J8, SASKATCHEWAN

TRADE-MARK (Word): Idle No More

INDEX HEADINGS: IDLE NO MORE

WARES: (1) catalysts of blankets mugs, clothing placards

SERVICES: (1) providing education

CLAIMS: Used in CANADA since October 26, 2012.

Action Information

ACTION

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BF

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Filed 2013-01-10    
Created 2013-01-11    
Formalized 2013-01-14    

 

Résistance politique globale: Éveil et Union sont les piliers de la victoire des peuples…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 16 juillet 2013 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un des derniers articles du politologue canadien Andrew Gavin Marshall, qui a une vision très similaire à la notre concernant le lien entre les luttes des nations natives contre le colonialisme  actif (Amérique du Nord et Latine), le néo-colonialisme prenant place en Afrique et les mouvements de lutte sociale en Europe et en occident. Nous devons venir à terme de notre culpabilité et tendre la main aux peuples que nous opprimons. Les mêmes méthodes sont appliquées contre nous que celles qui ont été et sont appliquées contre les nations indigènes, seul le degré varie. Nous sommes tous des colonisés !

C’est ensemble, unis que nous vaincrons le fascisme mondialiste.

— Résistance 71 —

 

Culture entrepreneuriale et empire global: Crise alimentaire, vols de terres, pauvreté, bidonvilles, dévastation environnementale et résistance

 

Andrew Gavin Marshall

 

Juillet 2013

 

url de l’article original:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/01/07/corporate-culture-and-global-empire-food-crisis-land-grabs-poverty-slums-environmental-devastation-and-resistance/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le pouvoir des corporations est immense. La plus grande entreprise au monde est la Royal Dutch Shell, qui n’est surpassée en richesse que par les 24 plus grands pays sur terre. Des 150 plus grosses entités économiques au monde, 58% sont des corporations. Ces méga-entreprises sont institutionnellement totalitaires, et le résultat de la résistance du pouvoir à la révolution démocratique, qui fut acceptée avec réticence dans la sphère politique, mais refusée dans la sphère économique, ce qui a abouti à une société pas vraiment démocratique. Elles sont conduites par une religion, celle “du profit à court terme”. La société des corporations, une société de capitalisme d’état, s’est épanouie aux Etats-Unis et a géré la transition de la société américaine au début du XXème siècle, tout comme les fascistes et les communistes, géraient les transitions en Europe. Avec chaque guerre mondiale, la société états-unienne, son pouvoir économique et politique, vit la croissance de son influence globale et avec la fin de la seconde guerre mondiale, la société corporatiste fut mondialement exportée.

Ceci est l’empire. L’armée américaine, les agences de renseignement, et l’appareil de sécurité nationale, opèrent avec l’intention de servir les intérêts des cartels d’entreprises américaines et maintenant de plus en plus supranationales. Guerres, coups d’état, campagnes de déstabilisation, soutiens de dictateurs, de tyrans, génocides et oppression sont les produits de l’interaction de l’occideent avec le reste du monde.

Dans le même ordre d’idée que le “dieu a créé l’Homme à son image”, les corporations ont refaçonné la société en fonction de leurs propres intérêts et avec une égale arrogance. Les cartels industriels et financiers ont créé ou récupéré les think tanks, les fondations, les institutions éducatives, les médias, les relations publiques, la publicité et bien d’autres secteurs de la société. Par leur contrôle d’autres institutions, elles ont pu étendre leurs idéologies de pouvoir et leurs variantes entre elles, à la population, aux autres élites, à la classe “éduquée”, la classe moyenne, la classe laborieuse et pauvre.Tant que les idées exprimées soutiennent le pouvoir, c’est “acceptable”. Cela peut être critique, mais l’analyse institutionnelle n‘est pas permise. Les idées qui s’opposent au pouvoir institutionnel sont “idéologiques”, “idéalistes”, “utopiques” et ultimement inacceptables.

La culture corporatiste des cartels domine notre société occidentale. Étant des institutions de manière inhérente totalitaire, la culture et ses institutions, sont devenues de plus en plus totalitaires. Ceci est une réponse du pouvoir économique pour détricoter les résultats obtenus au grè de l’histoire humaine, résultats qui sont venus par les victoires des luttes pour plus de démocratie dans la sphère politique. Les entreprises et les banques cherchent à tout contrôler et à consumer, afin de dominer sans partage et sans fin.

La seule raison du pourquoi les corporations furent et sont capables d’être l’institution culturelle de référence au XXème et XXIème siècles, est à cause de leur pouvoir économique. Ceci est un dérivé de l’exploitation: des ressources, de l’environnement, du travail et des consommateurs. Cela est renforcé au moyen de la répression: le boulot de l’état dans la société capitaliste d’état, ainsi que des grandes mesures de subsides et de protectionnisme pour protéger les intérêts des cartels industriels et financiers. Alors que le pouvoir entrepreneurial s’est développé dans le monde, la destruction rapide de l’environnement et des ressources s’est précipitée et les puissances occidentales ont fait sous-traiter la dévastation environnementale que nos sociétés de consommation demandent, aux pays du tiers-monde. Nous consommons, ils souffrent. Un mariage inconvénient que nous appelons “civilisation”. Les mega-entreprises et nos états maintiennent le reste du monde dans un état de pauvreté et de répression, tentant éternellement de bloquer la révolution mondale inévitable pour créer une société humaine agissant… humainement. Jusqu’ici, nous fûmes très occupés à acheter plein de trucs. On n’en avait rien à faire, cela ne nous concernait pas.

Maintenant ce que nos sociétés ont fait aux gens sur le territoire desquels nous vivons maintenant (NdT: Marshall est canadien et parle ici du continent des Amériques) et du reste des gens dans le monde, nous est appliqué de manière interne. Tout est à vendre ! Les corporations font des profits gigantesques, possèdent des milliers de milliards de dollars en réserve cash, non investie, mais attendant que vos standards de vie soient réduits de manière signifiante pour que votre travail et ressources soient bien meilleur marché et donc ultimement plus prône à de juteux profits. Ceci est appelé “austérité” et “réforme structurelle”, euphémismes politiques pour apauvrissement et exploitation.

Les corporations, les banques et les états, ont ces dernières années causé une crise alimentaire globale, fait monter les prix alimentaires à des records stratosphériques et ce de manière subséquente depuis 2007. Avec des milliards de personnes dans le monde vivant avec moins de 2US$ par jour, la vaste majorité de l’humanité dépense ses revenus en nourriture. L’augmentation des prix alimentaires a été essentiellement causée par la spéculation financière, avec les grands joueurs de ce casino géant étant Goldman Sachs, Morgan Stanley et la banque Barclays, elles ont poussé des dizaines de millions de personnes dans un état de pauvreté extrême à la famine. Environ 1 milliard de personnes, soient 1/7 de a population du monde vit dans des bidonvilles. Cette population croît rapidement. D’énormes bidonvilles urbains furent créés par l’impérialisme étatique et corporatiste occidental imposé au reste du monde, poussant les gens à l’exode rural et à venir s’agglutiner dans les bidonvilles urbains ou en forçant l’exode par les bombes et les guerres. Le tout lié au terrorisme d’état occidental généralisé. Nous avons soutenu et soutenons toujours de petites élites sans scrupules ni pitié dans les pays que nous dominons à travers le monde et maintenant nous commençons à réaliser que ces petites élites sanguinaires commencent à règner sur nos propres vies (NdT: Ici Marshall fait allusion à l’influence des pétro-monarchies telles l’Arabie Saoudite et le Qatar…). Leur fonction sociale est celle de parasites: pomper le sang/la vie de la société humaine mondiale.

Les augmentations des prix alimentaires ont aidé à générer une gigantesque saisie de terres, voyant les puissances occidentales, mais aussi asiatiques et du Golfe, s’emparer de vaste territoires et de ressources aquifères dans le monde, et ce pour une bouchée de pain. Cette saisie de terres est la plus extensive en Afrique, où ces dernières années, des investisseurs essentiellement occidentaux ont pu saisir des superficies équivalents à la superficie de l’Europe de l’Ouest. Ces terres contiennent non seulement des ressources naturelles etvde sous-sols importantes, mais aussi l’eau (le Nil est à vendre !), ceci est aussi le lieu d’habitation de centaines de milions de personnes; il y a environ 2,5 milliards de personnes engagés dans la microagriculture dans le monde… Ceci est essentiellement fait au travers de la propriété commune de la terre, ce que la société occidentale avec son dogme de la “propriété privée de droit divin”, ne peut pas comprendre. Ainsi, dans la loi internationale, d’état et des affaires, que nous avons créée de toute pièce, nous assimilons les terres communales et d’utiisation communale comme devant être des terres appartenant “à l’état”. Nos “investisseurs”, les banques, hedge funds, états, fonds de retraite, corporations, parviennent à des “accords” avec les états corrompus locaux pour des contrats de leasing de 40, 50 ou 100 ans d’exploitation de vastes territoires, payant très peu souvent aucun loyer. Ensuite “le territoire vide” comme nous l’appelons est “nettoyé” (de son “vide” sans aucun doute…), expulsant des personnes qui ont vécues là depuis des générations et qui dépendent de la terre pour leur nourriture. Ces gens sont expulsés vers les villes, et donc vers les bidonvilles.

C’est ce que nous appelons une “utilisation productive de la terre”. Donc naturellement, nous la détruisons, nous y éviscérons l’environnement, empoisonnons, polluons, extrayons, exploitons, pillons et profitons. Ou alors nous gardons la terre, sans l’exploiter, attendant que les prix montent pour plus de profit. Même d’importantes universités américaines comme Harvard sont impliquées dans les saisies massives de terres en Afrique et ailleurs. Ceci est le plus grand vol de territoires de l’histoire depuis la fin du XIXème siècle et son “envol vers l’Afrique” lorsque les Européens ont colonisé pratiquement l’ensemble du continent. Lorsque nous utilisons la terre à des “fins productives”, nous disons que cela “aidera le climat” et “réduira la famine”. Comment ? Parce que nous allons produire du bio-carburant et de la nourriture et ce faisant nous allons déverser des quantités industrielles de pesticides, d’engrais chimiques, planter des OGM, pratiquer une déforestation massive, détruire la biodiversité, allons hautement mécaniser et augmenter les consommations de carburant pour les exploitations agricoles. La nourriture produite, qui n’est pas conséquente puisque l’intériet est porté sur les bio-carburanrs, le bois, les minerais, le pétrole et le gaz, les cultures pour l’argent facile, est de toute façon exportée vers nos pays et loin des populations pauvres où la faim et la précarité sont pourtant prévalentes. Ces gens perdent leurs terres, s’enfoncent plus dans la pauvreté avec le bonus de la précarité alimentaire en sus, des risques de famine accrus, augmentation de la mortalité, des maladies et de la violence. La pauvreté est violence.

Ceci est la manière dont les états occidentaux, les banques et les cartels industriels ainsi que les organisations internationales, s’occupent du problème de la faim: en en créant toujours plus. Ironie du sort encore plus amère, nous appelons ceci évoluer vers “la durabilité”. Coïncidentellement, ce mot a déjà une signification pour la plupart des gens, nous n’en avons que mal interprété le sens voilà tout. Mais il y a des gens qui prennent ce concept très sérieusement, ceux qui ont fait l’expérience de pertes majeures dans une société non durable.

Nous sommes les témoins d’une résistance massive globale à ces processus, cette résistance est largement conduite par les populations indigènes d’Afrique, dAmérique Latine, d’Asie et maintenant d’Amérique du Nord. Au Canada le mouvement Idle no More a commencé avec quatre femmes indigènes de la province du Saskatchewan, qui décidèrent de se rencontrer et de discuter les problèmes induits par le projet de budget du premier ministre Harper, qui entre autres choses, a réduit le nombre de rivières, de lacs et de ruisseaux protégés au Canada d’environ 2,5 millions (au 4 Décembre 2012) à quelques 62 (au 5 décembre 2012…), un mouvement social international menés par les peuples indigènes se développe. Il y a moins de deux mois, cela a commencé avec 4 femmes ayant une discussion.

Les peuples indigènes montrent aux Canadiens et aux autres personnes dans le monde, comme se soulever devant le pouvoir. Et ils ont une certaine pratique de la chose. Depuis plus de 500 ans, nos sociétés ont opprimé et souvent éradiqué des populations natives sur place et à l’étranger. Les peuples indigènes, comme tous les peuples opprimés, sont au front de la nature la plus oppressive de notre société: ils ont expérimenté et expérimentent encore l’exploitation, la dévastation envrironnementale, la domination et la décimation. Avec les peuples natifs qui parlent, et pas seulement au Canada, mais à travers l’Amérique Latine, l’Afrique et ailleurs, il est plus que temps pour que nous les peuples occidentaux, commencions à écouter ceux qui sont les plus opprimés, les histoires de nos “victimes” sont rarement narrées et écrites, ou simplement connues, du moins pas de nous, Les victimes elles se souviennent. Et il est plus qu’important que nous commencions à écouter.

Comment pouvons-nous attendre un changement, ou connaître quoi et comment changer nos sociétés, si nous n’écoutons pas ceux qui ont fait l’expérience du pire de notre société ? Les peuples natifs nous donnent maintenant une leçon de lutte démocratique. Si nous continuons sur notre voie actuelle, les communautés indigènes seront complètement annihilées et les puissances qui dirignent notre société auront réussi à accomplir un génocide complet sur 500 ans.

Ainsi, nous devons nous poser cette question: Devrions-nous écouter maintenant, apprendre et rejoindre ceux qui luttent pour la justice et une véritable idée d’une société humaine ou bien… Sommes-nous toujours trop occupés à acheter des choses totalement inutiles ?

Peut-être est-il aussi grand temps que nous soyons… Idle No More (Jamais Plus en Veilleuse).

Résistance politique: Le renouveau de la résistance des nations natives d’Amérique du nord face au colonialisme persistant et institutionnel

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Idle No More le pourquoi de notre mouvement

 

Pamela Palmater

 

Le 25 Février 2013

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Idle-No-More-le-pourquoi-de-notre

 

Le mouvement Idle No More [1], qui a balayé le pays pendant les vacances [2], a pris par surprise la plupart des Canadien·ne·s, y compris le Premier ministre Stephen Harper et son gouvernement conservateur.

Cela ne veut pas dire que les Canadiens n’ont jamais vu une manifestation autochtone, puisque la plupart d’entre nous nous souvenons des soulèvements d’Oka, de Burnt Church et d’Ipperwash. Mais la plupart des Canadien·ne·s n’ont pas l’habitude du genre de mobilisation soutenue, coordonnée, pancanadienne à laquelle ils et elles assistent depuis quelques semaines — du moins pas depuis 1969. L’année 1969 a été la dernière fois que le gouvernement fédéral a présenté un plan d’assimilation des Premières Nations. Ce plan a été défait à l’époque par l’opposition farouche des autochtones, et il semble que le plan agressif d’assimilation législative de Stephen Harper va se heurter à une résistance encore plus féroce.

Pour comprendre ce qu’il en est de ce mouvement, il est nécessaire de comprendre le lien entre notre histoire et la situation actuelle des Premières Nations. Bien qu’énormément d’injustices aient été infligées aux peuples autochtones au nom de la colonisation, les peuples autochtones n’ont jamais été « conquis ». La création du Canada n’a été possible que grâce à la négociation de traités entre la Couronne et les nations autochtones. Bien que le libellé des traités varie entre les traités de paix et d’amitié conclus à l’Est et les traités numérotés conclus à l’Ouest, la plupart d’entre eux sont fondés sur la promesse de base que nous allions tous vivre ensemble en paix et partager la richesse de ce territoire. Le problème est qu’il n’y a qu’une des parties à ces traités qui a bénéficié de toute la prospérité.

En refusant de partager les terres et les ressources tel que promis dans les traités, le Canada a placé les Premières Nations au bas de tous les indicateurs socio-économiques — santé, espérance de vie, niveaux d’instruction et occasions d’emploi. Tandis que les terres et les ressources autochtones sont utilisées pour subventionner la richesse et à la prospérité du Canada en tant qu’État et les programmes et services de grande qualité offerts aux Canadiens, les Premières Nations ont dû subir un sous-financement délibéré et chronique de tous leurs services de base aux personnes, qu’il s’agisse de l’approvisionnement en eau potable, d’installations hygiéniques, de logement ou d’éducation. Cela a conduit à de multiples situations de crise combinées dans plusieurs Premières Nations, comme la crise du logement à Attawapiskat, la crise de l’eau à Kashechewan et la crise de suicides à Pikangikum.

Une partie du problème tient à ce que la politique fédérale à l’égard des « Indiens » a toujours pour objectif principal de se débarrasser du « problème indien ». Plutôt que de travailler en fonction du mandat officiel des Affaires indiennes, soit « améliorer le bien-être social et la prospérité économique des Premières Nations », Harper tente, à travers un programme ambitieux très agressif, d’accomplir ce que le Livre blanc de 1969 n’a pas réussi à faire : se débarrasser du problème indien une fois pour toutes. Les conservateurs ne le nient même pas — en fait, un discours prononcé par Harper le 24 janvier dernier à Ottawa, lors de la Rencontre de la Couronne et des Premières Nations, a porté sur un déverrouillage des terres des Premières Nations et sur une intégration des Premières Nations dans la société canadienne pour le « plus grand bénéfice » de l’ensemble des Canadiens. [Quant à la loi C-45], cette suite d’environ quatorze textes de loi a été élaborée, présentée et débattue sans le consentement des Premières Nations.

Idle No More est un mouvement coordonné, stratégique, qui n’est dirigé par aucun politicien élu, chef national ou directeur exécutif rémunéré. Il s’agit d’un mouvement d’abord dirigé par des femmes autochtones, auquel se sont ensuite ralliés des leaders populaires des Premières Nations, des Canadien·ne·s, et maintenant des gens de partout dans le monde. Il a débuté comme un moyen de faire opposition au projet de loi C-45, le projet de loi omnibus qui affecte les droits à l’eau et les droits fonciers reconnus par la Loi sur les Indiens, il s’est agrandi pour inclure l’ensemble des lois canadiennes — et des coupures budgétaires correspondantes — qui cherchent à censurer les plaidoyers des organisations politiques des Premières Nations.

Nos activités comprennent une campagne progressive d’envoi de plus en plus de lettres aux député·e·s et aux ministres, des teach-in, des défilés et des flash-mobs, et vont jusqu’à des rassemblements, des manifestations et des blocus. Notre concept consistait à donner au Canada toutes les chances possibles de venir à la table d’une manière significative et aborder ces questions en suspens depuis longtemps ; l’escalade ne se produirait que si le Canada continue de ne pas tenir compte de nos voix. Malheureusement, le Premier ministre Harper a décidé de rester fermé aux appels au dialogue comme il a refusé de tenir compte de la grève de la faim de la chef Attawapiskat Theresa Spence [3].

Même si le mouvement Idle No More a débuté avant la grève de la faim de la chef Spence et qu’il se poursuivra après, sa grève est symbolique de ce qui se passe pour les Premières Nations au Canada. Chaque jour où Spence ne mange pas est une étape de sa mort lente, et c’est exactement ce qui se passe pour les Premières Nations, dont les durées de vie sont jusqu’à vingt ans plus courtes que la moyenne des Canadiens.

Idle No More présente une revendication semblable en affirmant la nécessité pour le Canada de négocier le partage de nos terres et ressources. Mais le gouvernement doit d’abord faire preuve de bonne foi en retirant la loi 45 et en rétablissant le financement de nos communautés. Il est essentiel de faire quelque chose pour résoudre la crise immédiate à laquelle sont confrontés les gens de la base de ce mouvement.

Je suis optimiste quant à la puissance de nos peuples et je suis convaincue que nous en viendrons à remettre sur la bonne voie une relation de négociation de ces traités. Cependant, je suis moins confiante quant à la volonté du gouvernement conservateur de s’asseoir avec nous et de résoudre ce problème de façon pacifique dans un proche avenir. Je m’attends donc tout à fait à ce que ce mouvement continue de se développer et de s’intensifier. Le Canada n’a pas encore vu tout ce que ce mouvement a à offrir. Il va continuer à croître à mesure que nous renseignerons les Canadiens sur les faits de notre vécu et les nombreuses façons dont nous pouvons toutes et tous vivre ici en paix et partager la richesse.

Après tout, les Premières Nations, avec nos droits ancestraux constitutionnels et ceux issus de traités, sont pour les Canadien·ne·s le dernier et le meilleur espoir de protéger les terres, les cours d’eau, les plantes et les animaux d’une destruction complète — et cet espoir n’avantagera pas seulement nos enfants, mais les enfants de l’ensemble des Canadien·ne·s.

Pamela Palmater

Traduction : Martin Dufresne. 
Source : mediacoop.ca. 
Texte original : 
« Why We Are Idle No More »,

Communiqué du mouvement natif indien canadien et international Idle No More…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 13 janvier 2013 by Résistance 71

Communiqué du mouvement de défense des droits autochtones canadiens et international: Idle No More

 

Le 10 Janvier 2013,

 

Url de l’article original:

http://idlenomore.ca/index.php/component/k2/item/86-inm_#j28&Itemid=101

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis la base du mouvement Idle No More: Fondateurs et organisateurs du Canada, en solidarité avec Causes Communes, une nouvelle initiative qui rapproche la justice sociale, l’environnement, le travail et les autres groupes activistes…

Unis, nous planifions Idle No More, Jour d’Action Mondiale le 28 Janvier 2013 #J28

Ce jour d’action sera une manifestation pacifique contre les attaques répétées contre la démocratie, la souveraineté indigène, les droits de l’Homme et les protections de l’environnement, lorsque les députés canadiens retourneront au parlement le 28 Janvier. En tant que mouvement populaire, clairement aucune organisation politique parle pour le mouvement Idle No More. Ce mouvement est constitué du peuple… Pour le peuple !

#IDLENOMOREFTP

La vision d’Idle No More tourne autour de la voie de la connaissance native, qui prend racine dans la souveraineté des nations autochtones afin de protéger l’eau, l’air, la terre et toute création pour les générations futures.

Les lois gouvernementales conservatives commençant avec la loi C-45, menacent les traités et la vision indigène de souveraineté.

Le but du mouvement est l’éducation et la revitalisation des peuples natifs par la prise de conscience et de responsabilité. IDLE NO MORE a encouragé avec succès le partage de la connaissance concernant la souveraineté autochtone et les protections de l’environnement.

Ce message a été entendu à travers le monde et le monde observe maintenant le Canada et comment celui-ci va répondre au message envoyé par un grand nombre de supporteurs du mouvement Idle No More (INM)

INM appelle le gouvernement du Canada à la révocation de toute législations qui violent les traités, la souveraineté aborigène et subséquemment, les protections de l’environnement concernant la terre et l’eau.

INM est reconnaissant à bon nombre de leaders qui ont soutenus cette vision et ce mouvement populaire. “Les traités sont les dernières lignes de défense pour protéger l’eau et les terres de la destruction”, a dit Oren Lyons, Gardien de la foi, clan de la tortue et membre du grand conseil des chefs de la nation Onondaga (Iroquois).

IDLE NO MORE est le peuple… Pour le peuple!… 

Notre cadeau de Noël à vous tous… En forme d’espoir !

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Nous avons traduit le manifeste des nations autochtones canadiennes du mouvement “Idle No More”, qui correspond à notre sens à une grande opportunité pour non seulement les Canadiens mais aussi pour les occidentaux éveillés aux turpitudes coloniales ancestrales et actuelles de notre civilisation, de rejoindre les mouvements de revendication autochtones où qu’ils soient. Du Canada aux Etats-Unis en passant par le Mexique et le continent africain colonisés, le salut de l’humanité viendra, à notre sens, de la jonction historique entre la sagesse des nations natives et la sagesse existante des progressistes occidentaux.

Néanmoins, nous voyons dans ce manifeste un danger potentiel et rejoignons en cela la pensée du Professeur de Sciences Politiques à l’Université de Victoria (Colombie Britannique, Canada) et activiste Mohawk Taiaiake Alfred lorsqu’il conseille aux mouvement autochtones de faire attention à leurs revendications. En effet, cantonner celles-ci au domaine économique de revendications de “partages de bénéfices”, ne fait que réclamer plus d’argent et jouer dans la cour mercantile de l’oligarchie. Si adresser la précarité est une nécessité évidente, “la participation aux bénéfices” ne doit néanmoins pas être le fondement des revendications natives, comme le suggère fort justement Alfred. Les revendications se doivent d’être plus culturelles et directement attachées aux valeurs traditionnelles des nations natives et du développement de ces valeurs au sein des jeunes générations, non pas pour crér un antagonisme communautariste erroné, mais pour à la fois préserver l’identité des personnes et créer l’opportunité de promotion de ces valeurs d’égalité, de justice et d’harmonie au sein des communautés occidentales.

C’est par la symbiose des cultures que la société dans son ensemble progressera. Cela n’empêche aucunement de conserver sa différence. La différence est bonne, la différence est nécessaire, car c’est de la différence, comprise de manière symbiotique, que naîtra la synthèse sociétaire tant attendue. L’organisation structurelle oligarchique de nos sociétés est bâtie sur la division voulue des peuples à des fins de contrôle du grand nombre par le plus petit nombre. Pour en sortir de manière définitive, nous devons comprendre que l’essence même de la société n’est pas la division et l’exploitation présentées honteusement par la pseudo-science sociale des intérêts oligarchiques comme étant inéluctable et parties inhérentes de la “nature humaine”, mais bien au contraire l’harmonie égalitaire réfutant l’exploitation et la hiérarchisation dogmatique par le nivellement du système pyramidal en société horizontale.

Citons une fois de plus le lumineux ethnologue français Pierre Clastres qui gagnerait à être plus lu et reconnu en ces temps troubles, lorsqu’il disait dans son remarquable ouvrage de 1974 “La Société contre l’État”:

“… Il n’y a donc pas de hiérarchie dans le champ de la technique, il n’y a pas de technologie inférieure ni supérieure; on ne peut mesurer un équipement technologique qu’à sa capaciter de satisfaire, en un milieu donné, les besoins de la société.”

Les sociétés dites “primitives” ne peuvent de fait l’être. Elles ne sont pas des sociétés en “devenir” en cours “d’étatisation”, bien au contraire, comme Pierre Clastres l’a démontré, elle refuse l’étatisation et refuse les concepts ségrégatifs et sources de division de la propriété et de la hiérarchisation sociétaire . La colonisation occidentale qui exploite et pille le monde depuis plus de 500 ans est fondée sur sa “mission civilisatrice”. Ceci est un concept non seulement faux et utilisé à dessein propagandiste, mais il a généré des crimes contre l’humanité incommensurables à commencer avec l’extermination systématique des nations autochtones du continent américain, le pillage de leurs ressources, l’éviction de leurs territoires ancestraux et les multiples tentatives de “purification culturelle”. En ce sens, nous, occidentaux, sommes tous des Amérindiens, des Africains ou des Palestiniens (cause moderne très similaire) et portons le fardeau cuturel de notre passé proche ou lointain. Nous devons comprendre le message des natifs qui géraient bien plus efficacement leur environnement avant la colonisation et l’exploitation occidentale.

Mitakuye Oyasin.

 

= Résistance 71 =

 

Le manifeste du mouvement “Idle No More”

Note du traducteur: Le nom du mouvement vient de ce que les nations indigènes de Canada ont décidé de: “Canadian native nations will be idle no more” ce qui peut de traduire par: “Les nations natives canadiennes ne seront plus en veilleuse”, c’est à dire ne seront plus “laisser-pour-compte”.

Nous soutenons que:

Les traités sont des accords de nation à nation entre les nations autochtones et la couronne, qui sont des nations souveraines. Les traités sont des accords qui ne peuvent pas être altérés ou brisés par une des parties des deux Nations. L’esprit et l’intention des accords de traité veulent dire que les gens des nations autochtones partageraient leur territoire, mais conserveraient leurs droits inhérents à leurs terres et à ses ressources. Au lieu de cela, les nations autochtones ont fait l’expérience d’une histoire coloniale qui a eu pour résultat une énorme perte de territoires, un manque de ressources et un financement inéquitable pour les services comme l’éducation et le logement.

Nous soutenons que:

Le Canada est devenu un des pays les plus riches du monde en utilisant sa terre et ses ressources. L’extraction minnière, les industries du bois, du pétrole et de la pêche sont parmi les plus puissantes au monde grâce à la terre et ses ressources. Quelques nations natives parmi les plus pauvres (comme les Attawapiskat) ont des mines ou d’autres moyens d’extraction des ressources sur leur territoire, mais ne reçoivent aucun partage des bénéfices énormes générés. L’exploitation des ressources naturelles a laissé une bonne partie des territoires et des plans d’eau pollués et empoisonnés, les animaux et les plantes meurent dans beaucoup d’endroits au Canada. Nous ne pouvons pas vivre sans la terre et l’eau. Nous avons des lois qui sont bien plus anciennes que celles de ce gouvernement colonial sur la façon de vivre sur la terre.

Nous soutenons que:

En ce moment, ce gouvernement essaie de passer beaucoup de lois afin que les territoires des réserves puissent également être vendus et achetés par de grosses entreprises afin de générer plus de bénéfices des ressources naturelles. Ils promettent de partager cette fois-ci. Pourquoi ces promesses seraient-elles différentes des promesses passées non tenues ? Ils ne nous laisserons rien si ce n’est que de l’eau, de la terre et de l’air empoisonnés. Ceci est une tentative de supprimer la souveraineté et le droit inhérent à la terre et aux ressources des nations autochtones.

Nous soutenons que:

Il y a beaucoup d’exemples de pays évoluant vers la durabilité et nous devons demander le développement durable également. Nous croyons en des communautés saines, justes, équitables et durables et nous avons une vision et un plan concernant le comment les bâtir.

S’il vous plaît, rejoignez-nous dans la création et réalisation de cette vision.