Comprendre le colonialisme actuel: « Païens en Terre Promise », décoder la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb) ~ 1ère partie ~

« L’Amérique n’a jamais respecté un seul traité ou accord faits avec les nations Indiennes et ce malgré le fait que les Etats-Unis aient signé plus de 400 de ces traités ou accords avec nos nations indiennes… L’histoire montre que les Etats-Unis ont gaspillé plus de 100 milliards de dollars durant la guerre du Vietnam tout en justifiant cette orgie sanguinaire par son ‘devoir de respect des engagements pris’, au même moment ils furent aussi coupable de briser le plus vieux de tous les traités que ce pays colonial avait avec une nation indienne, celui signé entre les Etats-Unis et la nation iroquoise Sénéca, lors du traité de Pickering en 1794. »
~ Vine Deloria Jr. ~

 

“Pagans in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery” de Steven Newcomb ~ 1ère partie ~

 

Éditions Fulcrum, 2008

 

Traduction du titre: “Païens en terre promise, décoder la doctrine de la découverte chrétienne”

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Février 2015

 

Introduction

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

Conclusion

 

Chapitre 2: Expérience métaphorique et la loi fédérale indienne

 

Dans son rapport de 1882 “Rapport annuel du commissaire aux affaires indiennes”, le haut commissaire aux affaires indiennes Hiram Price commentait sur le besoin pour le gouvernement fédéral de coopérer plus avant avec les sociétés religieuses afin de “civiliser” les Indiens:

“[…] La civilisation est une plante à croissance lente, à moins que ne soit mis en œuvre les enseignements chrétiens et leur influence… Il n’y a pas d’autres manières à mon avis, pour que la population indienne soit écartée définitivement de la barbarie, de l’idolâtrie et de la vie sauvage, que celles des opérations éducationnelles missionnaires de peuple chrétien de notre pays.

[…] En fait, le jugement que les Indiens étaient des “sauvages infidèles” vivant dans un “état pathologique” mena à la suggestion et l’affirmation qu’ils vivaient un mode de vie immoral. Ceci mena donc naturellement à la conclusion que les missionnaires chrétiens européens et leurs éducateurs avaient besoin de mener les Indiens vers un mode de vie moral, qui, du point de vue européen, était considéré comme un mode de vie “chrétien” et donc “civilisé”.

[…] Le terme de “colonisation” est dérivé du mot latin “colere”, qui veut dire “labourer, cultiver (la terre)”. Donc, la colonisation peut-être pensée en termes d’étapes dans un processus de culture: prendre en charge le sol indigène, déraciner les plantes existantes (les peuples indigènes), retourner la terre (le mode de vie), planter de nouvelles graines coloniales (colons nés sur place) ou transplanter des plantes coloniales (colons) venues d’un autre environnement et récolter le résultat des semis (les ressources) ou en recueillir les fruits (richesse), résultant du travail de la culture (colonisation). Ainsi ce qui est référé comme étant la “civilisation” pourrait impliquer un processus de colonisation, qui est un processus par lequel un empire s’étend sur de nouvelles terres, augmente sa population, sa richesse, son pouvoir et sa puissance.

La colonisation est un processus d’expansion impérialiste aux moyens de colons, de colonies et d’activités innombrables étendant l’empire.

[…] Une autre métaphore pour colonisation a pour racine le mot “colo”, qui veut dire “retirer des éléments solides par le processus de filtrage” et “passer, laver (l’or dans le processus de collecte)”. Du point de vue chrétien européen, les peuples indigènes sont considérés être ce type de “solides” que l’on doit filtrer, rincer, laver, de la terre afin d’obtenir ce qui a plus de valeur, comme par exemple l’or ou autres minerais et toute autre chose qui peut être transmuté en richesse pour alimenter l’économie et enrichir l’élite de l’imperium.

[..] Ainsi, la loi et la politique fédérales indiennes des Etats-Unis ont toujours reflété la façon dont la société dominante euro-américaine a projeté de manière imaginative et métaphorique un vaste champ de concepts mentaux sur les nations et peuples indigènes.

[…] Les idées connues sous le nom de loi fédérale indienne sont un produit ou un résultat d’un processus cognitif multigénérationnel. Des catégories et des concepts métaphoriques comme Indiens, tribus, primitifs, infidèles, païens, arriérés, sauvages et barbares ne sont pas plus descriptifs de qualités objectives ou de caractéristiques inhérentes des peupes indigènes du continent des Amértiques que des termes comme “devant” ou “derrière” en tant que description objective de la position par rapport à un arbre ou même de l’arbre en tant qu’être vivant (NdT: il n’y a pas de “devant” ou “derrière” un arbre, ce n’est que sujet à la position du moment, ainsi le devant peut devenir le derrière selon où on se trouve par rapport à l’arbre, aucune objectivité la dedans…).

[…] Ainsi un point clef essentiel ici est de bien comprendre que les catégories et concepts en référence dans la loi fédérale indienne, incluant des concepts comme découverte, domination, nation domestiquement dépendante, tribu, etc, ne sont que des produits culturels et cognitifs de la société dominante (NdT: fondée en fait sur une subjectivité ethno ou euro-centrique pure…). Ces termes sont la preuve des différentes manières de l’imagination humaine qu’a employées la société états-unienne pour interagir avec les peuples indigènes originels de ce continent et ce de manière dominante et subjugante. Il est donc important de réaliser que la loi fédérale indienne est le résultat de processus cognitifs non-indigènes, de pratiques et de conventions sociales et de schémas culturels, et des façons dont des membres d’une société dominante projettent de manière imaginaire, des catégories et des concepts jugés (subjectivement) valides, sur des populations indigènes (NdT: ethnocentrisme typique).

Depuis des générations, des officiels du gouvernement américain (des juges, des législateurs et des décideurs) ont inventé les idées imaginaires connues sous le nom de loi fédérale indienne dans leurs efforts incessants de contrôler, contenir, refaçonner, retirer, et à terme, d’annihiler les nations et peuples originels de ce continent.

[…] Mais parce que les idées constituant le loi et la politique fédérales indiennes sont un produit de l’imagination euro-américaine, ceci veut dire que les contraintes édictées par cette loi et politique résultante émanent de l’imagination et des conventions sociales euro-américaines. Nous en tant que peuples indiens, devenons des co-participants à ce processus dès que nous assumons inconsciemment que la loi fédérale indienne est une contrainte extérieure qui nous régit.

Après plus de deux siècles de soumission aux politiques abusives des gouvernements des Etats-Unis (NdT: ceci s’applique également au Canada et son Indian Act de 1867 et 1923…), particulièrement dû à l’incarcération et aux tourments subis par les enfants indigènes dans les pensionnats pour Indiens (NdT: aux Etats-Unis et au Canada), nous les peuples indigènes avons graduellement et inconsciemment internalisé les tenants et aboutissements de la loi fédérale indienne (et de l’Indian Act au Canada…).

[…] Ces observations donnent une perspective de l’ampleur de défi auquel nos peuples et nations indigènes doivent faire face dans un effort pour décoloniser nos vies et notre existence collective.

[…]

 

Chapitre 3: Le modèle du conquérant

 

La présomption que les Etats-Unis ont une autorité plénière sur les nations indiennes provient d’une compréhension prise pour évidente que les Etats-Unis, en tant que conquérants des nations indiennes et de par le point de vue corollaire que les “nations indiennes sont conquises et subjuguées”, possèdent cette prérogative. Ce chapitre pose le fait que le pouvoir plénier érigé en doctrine peut–être ultimement tracé vers un Modèle Cognitif Idéalisé (MCI), le modèle du conquérant, qui est imbriqué dans l’inconscient culturel de la société dominante des Etats-Unis. Tout comme les mots acheter, vendre, publiciser et crédit évoquent un MCI de transaction commerciale, ainsi les mots dans le rendu de la cour suprême de l’affaire Johnson contre M’Intosh comme conquérant, conquérir, conquête, domination, découverte, couronne et potentate, évoquent une imagerie entière, un modèle un MCI de conquérant

Un prototype de conquérant est impliqué dans le terme latin dominus (celui qui a subjugué, le subjugateur), qui provient du sanscrit domanus (celui qui subjugue)… En conquérant et en subjuguant, le conquérant prototype établit et maintient un état de domination.

[…] Du point de vue du conquérant, il se considère lui-même comme ayant le droit de subjuguer et de dominer, ce qui inclut le droit de localiser, de conquérir, de posséder et d’occuper des terres lointaines dans le sens d’une occupation militaire et coloniale.

[…] Sur cette base, la domination peut aussi vouloir dire “le droit de possession” afin de conquérir, de subjuguer et d’établir un règne de domination. Pour le conquérant, la domination est l’état optimal de l’être ; il se réjouit de la domination en gardant contact avec la métaphore de la “colonisation est manger”…

Le MCI de conquérant pose comme principe une figure centrale, comme un roi, un monarque, un empereur ou un pape, qui est considéré comme divin et dont le pouvoir est considéré comme dérivant d’une source divine. La présomption de l’origine divine du conquérant mène à la présomption additionnelle que le conquérant possède le “droit divin” d’exercer le contrôle par la force, qui est comprise comme étant le “haut”, avec la métaphore du “pouvoir d’en haut”. Ainsi les gens que le conquérant est supposé avoir subjugué, sont les gens “d’en bas” en relation de leur position vis à vis du conquérant.

[…] Ainsi, il y a une volonté d’affirmer la présomption que le conquérant a le “droit divin” de conquérir, de rechercher et de localiser de nouvelles terres afin de les conquérir et d’en subjuguer les populations, ce qui mène à la phrase utilisée dans les rendus légaux de “droit de découverte”…

Dans le même contexte, l’expression “voyage de découverte” se réfère à un voyage en quête de nouvelles terres à conquérir et de nouvelles populations à subjuguer.

[…] Le modèle du conquérant contient également un sous-modèle que nous appelerons le modèle de l’empire, ou modèle d’imperium, qui est le processus par lequel le conquérant prototype “étend son emprise” et “saisit” de nouvelles terres afin de dominer ces terres et les peuples indigènes qui y vivent. Un dominion, qui était connu dans la loi romaine comme dominium et qui peut-être pensé comme étant un état “établi” de domination.

[…] Relié de manière inextricable au concept de dominium est le terme de dominatio, qui veut dire invariablement: maîtrise, contrôle, pouvoir irresponsable, despotisme. Dominatio réfère aussi à la monarchie, la tyrannie et le gouvernement d’une seule personne, en d’autres termes, le gouvernement le conquérant prototype, le domitor: maître, gouverneur en chef, dirigeant, dominor, qui veut dire “être seigneur et maître”, règle, règne, dominant et dominatus: apprivoiseur, subjugueur, vainqueur, conquérant. Ces concepts nous permettent d’inférer que dominium et dominatio se réfèrent également à “l’activité ou le processus qui mène à étendre avec succès un état déjà existant de domination ou d’étendre la domination du conquérant (despote) sur des terres additionnelles.” Dominatio est achevée par le moyen de l’occupation armée, qui est le processus par lequel le conquérant renverse et prend en compte militairement une “nouvelle” terre afin de la conquérir, la subjuguer et la dominer.

[…] Ainsi une lettre de plénipotentiaires américains à leur contre-partie britannique au traité de Ghent en 1814 stipulait: “Les Etats-Unis clâment, de plein droit, en respect de toutes les nations européennes, et particulièrement en respect de la Grande-Bretagne, la totale souveraineté sur le territoire entier et sur toutes les personnes contenues dans les frontières de leurs dominions.

[…] Plus tard en 1823, dans son rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh, le juge de la cour suprême des Etats-Unis Marshall donne la preuve de son utilisation du modèle du conquérant lorsqu’il écrivit: “Le titre (de propriété) par conquête est acquis et maintenu par la force.

[…] Dans son “New Worlds for Old” William Brandon fournit une étymologue détaillée du mot dominion:

L’idée du vieux monde de propriété était bien exprimée par le mot latin dominium de “dominus”, dérivé du sanscrit “domanus” pour “celui qui subjugue”. En latin, “dominus” avait la même signification de principe “celui qui a subjugué”, par extension naturelle: le maître, le propriétaire, le seigneur, le possesseur”. Le mot “dominium” prend du terme “dominus” le sens de “propriété absolue” et celui qui a sugbjugué devient donc le “propriétaire absolu” avec un sens légal tout spécial de “propriété, de d roit de propriété”. Le mot “dominatio” étend le mot en “règle, dominium” et un second sens odieux, celui de pouvoir non restraint, de dominium absolu, de tyrannie, de seigneurie, de despotisme. Le pouvoir politique émanant de la propriété, du dominium, était de fait, la domination.

Les termes seigneur, maître, possesseur, propriétaire se réfèrent tous au modèle du conquérant, qui peut aussi être référé à un MCI de domination.

[…] Dans le système moral du modèle du conquérant, la coercition, la terreur, la peur, la crainte sont considérées comme les moyens les plus efficaces de gagner et d’assurer une obéissance absolue et continue à l’autorité du conquérant (pensez ici au moderne “choc et stupeur”…). Personne n’est complèteement libre sauf le conquérant et la liberté dans ce contexte réfère à la liberté du conquérant à conquérir, subjuguer, établir et maintenir un règne et un état de domination.

[…] D’après le vision du monde du conquérant, il est tout à fait évident que celui-ci est le plus vertueux, le plus moralement apte et obéissant à dieu lorsqu’il utilise les outils de coercition, de terreur, de peur afin d’accomplir “la volonté de dieu” en conquérant et en subjuguant de nouvelles terres et de nouveaux peuples pas encore conquis. Ceci correspond en fait à l’appel du Vatican dans un bon nombre de bulle papales ou de documents pour que des nations “barbares” non-chrétiennes soient subjuguées. Il en va de même dans ces documents au sujet des terres “pas encore découvertes par un prince ou un peuple chrétiens.”

Le Requerimiento

Le texte espagnol du Requerimiento (la Réquisition) sert d’artifice cognitif et culturel du modèle cognitif du conquérant durant ce qui a été appelé “L’âge de la découverte”. Écrit en 1514 par le juriste espagnol Palacios Rubios du Conseil de Castille, ce document démontre parfaitement la manière dont les chrétiens européens appliquaient le modèle cognitif du conquérant aux nations indigènes du soi-disant “Nouveau Monde” et illustre très bien le système de moralité du conquérant. Dès les premières lignes du document, le roi Ferdinand d’Espagne et sa fille Doña Juana sont référés comme étant “les subjugateurs des nations barbares”, ce qui pourrait aussi être phrasé en “conquérants des nations barbares”.

Adressé aux nations “barbares” non-chrétiennes qui étaient considérées comme étant destinées à être subjuguées, le Requerimiento déclare d’un point de vue chrétien: “Notre seigneur dieu, vivant et éternel, a créé la terre et les cieux et il a créé un homme et une femme, de qui vous et nous, et tous les humains du monde, sont les descendants et tous ceux qui vinrent après nous.” Des cinq mille ans qui se sont écoulés après la création comme le dit le Requerimiento “il fut nécessaire que certains hommes ailent d’un côté et d’autres d’un autre et qu’ils seraient divisés en maints royaumes et provinces, car ils ne pouvaient pas rester en un seul.” De toutes ces nations, dit le document “Dieu notre seigneur a donné la charge du monde a un homme appelé Saint Pierre pour qu’il soit le supérieur et le maître de tous les hommes du monde, que tous doivent lui obéir et qu’il soit à la tête de la race humaine, où que les hommes vivent et quelque soit la loi, la secte ou la croyance qu’ils suivent et il lui donna le monde pour royaume et jurisdiction.

Ainsi le Requerimiento pose la figure du personnage central, du modèle de conquérant, qu’il soit monarque ou pape et qui est considéré comme divin ou dont le pouvoir est considéré comme ayant une origine divine. En latin, la phrase “dieu notre seigneur” est “deus dominus” ou en d’autres termes “dieu qui a subjugué”.

[…] Puis le docuement continue à expliquer que le pape (St Pierre à l’origine) a “donné” les terres indigènes au roi Ferdinand et à sa fille Juana.

[…] Ce don des terres indigènes habitées possède le même schéma noté par le juge de la cour suprême John Marshall dans son rendu de l’affaire Jonhnson contre M’Intosh en 1823, lorsqu’il dit que les monarques d’Europe “ont assumé la domination ultime et ont affirmé et exercé en conséquence la domination ultime, un pouvoir d’assumer la terre, tandis que celle-ci était toujours en possession des natifs.

[…] Dans le système moral du conquérant, celui-ci se considère comme déjà propriétaire par droit divin des terres indigènes et possède aussi le droit de les donner à qui il le désire.

Le Requerimiento explique également aux nations indigènes l’implication totale du fait que leurs terres ont été données par le pontif de Rome au roi Ferdinand et la reine Juana.

 

[le texte donne ici de longs exemples sans le Requerimiento du choix donné aux indigènes d’accepter ou de refuser les termes de la notification qui leur est donnée…]

 

Puis le Requerimiento s’appuie sur le modèle du conquérant pour expliquer en termes non équivoques, ce que seront les conséquences de la résistance et quelles actions seront prises à l’encontre des nations indigènes insoumises:

Si vous refusez les termes, je vous certifie qu’avec l’aide de dieu, nous entrerons de force dans votre pays et nous vous ferons la guerre de toutes les manières que nous jugerons bonnes, nous vous mettrons sous le joug de l’obéissance à l’église et à leurs seigneuries et majestés, nos vous prendrons, vous, vos femmes et vos enfants et vous réduirons en esclavage et vous vendrons de la manière que leurs majestés le désireront, nous saisirons tous vos biens, et vous ferons tout le mal et la misfortune possibles, comme à tous les vassaux qui n’obéissent pas et refusent de servir leur maître (dominus dans le texte, subjugateur), lui résistent et le contredisent ; nous déclarons de plus que toutes les morts et pertes résultant de tout cela seront comptées comme étant de votre faute et non pas de celles de leurs majestés ou de la notre, ni de ces cavaliers qui viennent ici avec nous. Nous déclarons vous avoir averti de la présente réquisition, nous requérons qu’un acte notarié soit établi pour être notre témoin ainsi que tous ceux présents ayant été témoins de la réquisition.

Les prêtres avaient pris pour habitude de lire le Requerimiento en latin à l‘entrée des villages indiens avant que les conquistadores espagnols (conquérants) n’en fassent le siège. Bien entendu, les Indiens étaient incapables de comprendre le latin et furent incapables de comprendre la teneur des demandes placées sur eux-mêmes. Lisant le Requerimiento, le grand avocat des Indiens Bartolomé de Las Casas a dit: “Je ne pouvais pas décider si je devais rire ou pleurer.

Ce document du Requerimiento est un excellent exemple des méthodes chrétiennes européennes, fondées sur l’affirmation d’un droit divin, “mettant à plat” de manière formelle la “règle de la loi” pour les nations et peuples indigènes. C’est néanmoins trop euphémistique que de se référer à ce document comme un exemple de l‘explication légale tant furent brutales et vicieuses les manières génocidaires avec lesquelles il fut mis en pratique.

[…] Ainsi, d’un point de vue autochtone, lorsque nous rejetons d’emblée la fausse assertion des chrétiens européens prétendant que dieu les a envoyé sur ce continent pour coloniser les terres indigènes des “Amériques”, il est évident que les chrétiens européens n’avaient aucune autorité légitime sur les nations indigènes et leurs territoires ancestraux. Ce que les chrétiens européens ont clâmé sur la base inconsciente du modèle cognitif du conquérant n’était rien d’autre qu’un droit à un empire et à une domination, qui était intégrante à la mentalité dominatrice de la chrétienté.

 

A suivre…

 

Source:

“Pagan in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery”, Steven T. Newcomb, Fulcrum, 2008

 

 

 

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9 Réponses to “Comprendre le colonialisme actuel: « Païens en Terre Promise », décoder la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb) ~ 1ère partie ~”

  1. JBL1960 Says:

    Ainsi, on comprend mieux la position Zunienne en cours, aujourd’hui. Et mieux on comprendra la manière dont ils fonctionnent depuis toujours, mieux on pourra effacer cette doctrine et réparer. Tout raser, jusqu’aux fondations, et tout reconstruire, avec les peuples originels ! Sinon, c’est pas la peine.

    • JLB je pense à une message où vous dites vouloir ne plus être inscrite sur les registres de l’église – pas de soucis, vous êtes enregistrée, car les mormons sont passés par là, nous sommes tous fichés

      je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs ils ont eu droit à tout ??

    • Attends l’analyse sur le « peuple élu-terre promise », çà aide à comprendre colonialement parlant le soutien « inconditionnel » à l’entité sioniste…

  2. JBL1960 Says:

    Je souhaite me faire radier du Registre des Baptêmes par choix personnel ; C’est ma manière d’agir, conformément à l’éveil de ma conscience. Je refuse que l’église catholique puisse revendiquer en mon nom quoique ce soit, parce que mes parents m’ont fait baptiser. Je n’ai pas fait baptiser mes 2 fils et mon mari avait une fille d’un 1er mariage qu’il n’avait pas fait baptiser. Pas à pas, on peut agir individuellement afin de faire bouger les lignes. Et d’ailleurs avez-vous lu l’excellent article sur le réseau voltaire http://www.voltairenet.org/article186986.html Et puis je pense sincèrement que pour faire proclamer nulles et non avenues la doctrine chrétienne de la découverte ; et bien il faut travailler le sujet à fond et mettre en conformité sa pensée et ses actions ! Je sais que les mormons ont fait un gros travail de récupération de noms et de mise en fiches ; Mais, chaque chose en son temps. J’avance lentement mais surement ! Merci à vous R71 ; J’attends avec impatience l’analyse sur le « peuple élu-terre promise ».

    • Merci, je n’avais pas lu cet article – attention ça vient de tous les côtés –

      je viens de lire que la députée Sandrine Hurel vient d’être nommée par le gouvernement de Manuel Valls, chargée de mission auprès de la ministre de la santé marisol touraine. Son rôle : trouver les solutions au manque d’adhésion des Français à la vaccination et les lever les obstacles financiers et culturels à la vaccination (aujourd’hui la vaccination est en baisse en France et en Europe)

      Donc attention, si vous refusez la vaccination, vous êtes conspirationniste.

      C’est Doctorix qui va être content –

  3. ils sont partout – même le prix Nobel est dans leurs mains (mais on s’en serait douté)

    https://www.upr.fr/conferences/influence-americaine-dans-les-organisations-internationales

    je sais c’est un parti politique – mais Doctorix va être intéressé –

    concernant la colonisation, je me souviens d’un film sur l’australie – une femme anglaise recherchait son enfant – les abandonnés, ou supposés, on les envoyait de force là bas et je sais que cela a été fait pour le Canada et même l’Algérie – (voir les bateaux partis du Havre)

  4. michel Says:

    La Terre promise face à l’insuffisance pour accéder au désirable grâce au protestantisme en apothéose de l’égoïsme et de l’ennui.

  5. […] de l’auteur de l’article Steven Newcomb: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (traduction et introduction à l’ouvrage de Résistance 71 […]

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