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Comprendre le colonialisme actuel: « Païens en Terre Promise », décoder la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb) ~ 1ère partie ~

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« L’Amérique n’a jamais respecté un seul traité ou accord faits avec les nations Indiennes et ce malgré le fait que les Etats-Unis aient signé plus de 400 de ces traités ou accords avec nos nations indiennes… L’histoire montre que les Etats-Unis ont gaspillé plus de 100 milliards de dollars durant la guerre du Vietnam tout en justifiant cette orgie sanguinaire par son ‘devoir de respect des engagements pris’, au même moment ils furent aussi coupable de briser le plus vieux de tous les traités que ce pays colonial avait avec une nation indienne, celui signé entre les Etats-Unis et la nation iroquoise Sénéca, lors du traité de Pickering en 1794. »
~ Vine Deloria Jr. ~

 

“Pagans in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery” de Steven Newcomb ~ 1ère partie ~

 

Éditions Fulcrum, 2008

 

Traduction du titre: “Païens en terre promise, décoder la doctrine de la découverte chrétienne”

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Février 2015

 

Introduction

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

Conclusion

 

Chapitre 2: Expérience métaphorique et la loi fédérale indienne

 

Dans son rapport de 1882 “Rapport annuel du commissaire aux affaires indiennes”, le haut commissaire aux affaires indiennes Hiram Price commentait sur le besoin pour le gouvernement fédéral de coopérer plus avant avec les sociétés religieuses afin de “civiliser” les Indiens:

“[…] La civilisation est une plante à croissance lente, à moins que ne soit mis en œuvre les enseignements chrétiens et leur influence… Il n’y a pas d’autres manières à mon avis, pour que la population indienne soit écartée définitivement de la barbarie, de l’idolâtrie et de la vie sauvage, que celles des opérations éducationnelles missionnaires de peuple chrétien de notre pays.

[…] En fait, le jugement que les Indiens étaient des “sauvages infidèles” vivant dans un “état pathologique” mena à la suggestion et l’affirmation qu’ils vivaient un mode de vie immoral. Ceci mena donc naturellement à la conclusion que les missionnaires chrétiens européens et leurs éducateurs avaient besoin de mener les Indiens vers un mode de vie moral, qui, du point de vue européen, était considéré comme un mode de vie “chrétien” et donc “civilisé”.

[…] Le terme de “colonisation” est dérivé du mot latin “colere”, qui veut dire “labourer, cultiver (la terre)”. Donc, la colonisation peut-être pensée en termes d’étapes dans un processus de culture: prendre en charge le sol indigène, déraciner les plantes existantes (les peuples indigènes), retourner la terre (le mode de vie), planter de nouvelles graines coloniales (colons nés sur place) ou transplanter des plantes coloniales (colons) venues d’un autre environnement et récolter le résultat des semis (les ressources) ou en recueillir les fruits (richesse), résultant du travail de la culture (colonisation). Ainsi ce qui est référé comme étant la “civilisation” pourrait impliquer un processus de colonisation, qui est un processus par lequel un empire s’étend sur de nouvelles terres, augmente sa population, sa richesse, son pouvoir et sa puissance.

La colonisation est un processus d’expansion impérialiste aux moyens de colons, de colonies et d’activités innombrables étendant l’empire.

[…] Une autre métaphore pour colonisation a pour racine le mot “colo”, qui veut dire “retirer des éléments solides par le processus de filtrage” et “passer, laver (l’or dans le processus de collecte)”. Du point de vue chrétien européen, les peuples indigènes sont considérés être ce type de “solides” que l’on doit filtrer, rincer, laver, de la terre afin d’obtenir ce qui a plus de valeur, comme par exemple l’or ou autres minerais et toute autre chose qui peut être transmuté en richesse pour alimenter l’économie et enrichir l’élite de l’imperium.

[..] Ainsi, la loi et la politique fédérales indiennes des Etats-Unis ont toujours reflété la façon dont la société dominante euro-américaine a projeté de manière imaginative et métaphorique un vaste champ de concepts mentaux sur les nations et peuples indigènes.

[…] Les idées connues sous le nom de loi fédérale indienne sont un produit ou un résultat d’un processus cognitif multigénérationnel. Des catégories et des concepts métaphoriques comme Indiens, tribus, primitifs, infidèles, païens, arriérés, sauvages et barbares ne sont pas plus descriptifs de qualités objectives ou de caractéristiques inhérentes des peupes indigènes du continent des Amértiques que des termes comme “devant” ou “derrière” en tant que description objective de la position par rapport à un arbre ou même de l’arbre en tant qu’être vivant (NdT: il n’y a pas de “devant” ou “derrière” un arbre, ce n’est que sujet à la position du moment, ainsi le devant peut devenir le derrière selon où on se trouve par rapport à l’arbre, aucune objectivité la dedans…).

[…] Ainsi un point clef essentiel ici est de bien comprendre que les catégories et concepts en référence dans la loi fédérale indienne, incluant des concepts comme découverte, domination, nation domestiquement dépendante, tribu, etc, ne sont que des produits culturels et cognitifs de la société dominante (NdT: fondée en fait sur une subjectivité ethno ou euro-centrique pure…). Ces termes sont la preuve des différentes manières de l’imagination humaine qu’a employées la société états-unienne pour interagir avec les peuples indigènes originels de ce continent et ce de manière dominante et subjugante. Il est donc important de réaliser que la loi fédérale indienne est le résultat de processus cognitifs non-indigènes, de pratiques et de conventions sociales et de schémas culturels, et des façons dont des membres d’une société dominante projettent de manière imaginaire, des catégories et des concepts jugés (subjectivement) valides, sur des populations indigènes (NdT: ethnocentrisme typique).

Depuis des générations, des officiels du gouvernement américain (des juges, des législateurs et des décideurs) ont inventé les idées imaginaires connues sous le nom de loi fédérale indienne dans leurs efforts incessants de contrôler, contenir, refaçonner, retirer, et à terme, d’annihiler les nations et peuples originels de ce continent.

[…] Mais parce que les idées constituant le loi et la politique fédérales indiennes sont un produit de l’imagination euro-américaine, ceci veut dire que les contraintes édictées par cette loi et politique résultante émanent de l’imagination et des conventions sociales euro-américaines. Nous en tant que peuples indiens, devenons des co-participants à ce processus dès que nous assumons inconsciemment que la loi fédérale indienne est une contrainte extérieure qui nous régit.

Après plus de deux siècles de soumission aux politiques abusives des gouvernements des Etats-Unis (NdT: ceci s’applique également au Canada et son Indian Act de 1867 et 1923…), particulièrement dû à l’incarcération et aux tourments subis par les enfants indigènes dans les pensionnats pour Indiens (NdT: aux Etats-Unis et au Canada), nous les peuples indigènes avons graduellement et inconsciemment internalisé les tenants et aboutissements de la loi fédérale indienne (et de l’Indian Act au Canada…).

[…] Ces observations donnent une perspective de l’ampleur de défi auquel nos peuples et nations indigènes doivent faire face dans un effort pour décoloniser nos vies et notre existence collective.

[…]

 

Chapitre 3: Le modèle du conquérant

 

La présomption que les Etats-Unis ont une autorité plénière sur les nations indiennes provient d’une compréhension prise pour évidente que les Etats-Unis, en tant que conquérants des nations indiennes et de par le point de vue corollaire que les “nations indiennes sont conquises et subjuguées”, possèdent cette prérogative. Ce chapitre pose le fait que le pouvoir plénier érigé en doctrine peut–être ultimement tracé vers un Modèle Cognitif Idéalisé (MCI), le modèle du conquérant, qui est imbriqué dans l’inconscient culturel de la société dominante des Etats-Unis. Tout comme les mots acheter, vendre, publiciser et crédit évoquent un MCI de transaction commerciale, ainsi les mots dans le rendu de la cour suprême de l’affaire Johnson contre M’Intosh comme conquérant, conquérir, conquête, domination, découverte, couronne et potentate, évoquent une imagerie entière, un modèle un MCI de conquérant

Un prototype de conquérant est impliqué dans le terme latin dominus (celui qui a subjugué, le subjugateur), qui provient du sanscrit domanus (celui qui subjugue)… En conquérant et en subjuguant, le conquérant prototype établit et maintient un état de domination.

[…] Du point de vue du conquérant, il se considère lui-même comme ayant le droit de subjuguer et de dominer, ce qui inclut le droit de localiser, de conquérir, de posséder et d’occuper des terres lointaines dans le sens d’une occupation militaire et coloniale.

[…] Sur cette base, la domination peut aussi vouloir dire “le droit de possession” afin de conquérir, de subjuguer et d’établir un règne de domination. Pour le conquérant, la domination est l’état optimal de l’être ; il se réjouit de la domination en gardant contact avec la métaphore de la “colonisation est manger”…

Le MCI de conquérant pose comme principe une figure centrale, comme un roi, un monarque, un empereur ou un pape, qui est considéré comme divin et dont le pouvoir est considéré comme dérivant d’une source divine. La présomption de l’origine divine du conquérant mène à la présomption additionnelle que le conquérant possède le “droit divin” d’exercer le contrôle par la force, qui est comprise comme étant le “haut”, avec la métaphore du “pouvoir d’en haut”. Ainsi les gens que le conquérant est supposé avoir subjugué, sont les gens “d’en bas” en relation de leur position vis à vis du conquérant.

[…] Ainsi, il y a une volonté d’affirmer la présomption que le conquérant a le “droit divin” de conquérir, de rechercher et de localiser de nouvelles terres afin de les conquérir et d’en subjuguer les populations, ce qui mène à la phrase utilisée dans les rendus légaux de “droit de découverte”…

Dans le même contexte, l’expression “voyage de découverte” se réfère à un voyage en quête de nouvelles terres à conquérir et de nouvelles populations à subjuguer.

[…] Le modèle du conquérant contient également un sous-modèle que nous appelerons le modèle de l’empire, ou modèle d’imperium, qui est le processus par lequel le conquérant prototype “étend son emprise” et “saisit” de nouvelles terres afin de dominer ces terres et les peuples indigènes qui y vivent. Un dominion, qui était connu dans la loi romaine comme dominium et qui peut-être pensé comme étant un état “établi” de domination.

[…] Relié de manière inextricable au concept de dominium est le terme de dominatio, qui veut dire invariablement: maîtrise, contrôle, pouvoir irresponsable, despotisme. Dominatio réfère aussi à la monarchie, la tyrannie et le gouvernement d’une seule personne, en d’autres termes, le gouvernement le conquérant prototype, le domitor: maître, gouverneur en chef, dirigeant, dominor, qui veut dire “être seigneur et maître”, règle, règne, dominant et dominatus: apprivoiseur, subjugueur, vainqueur, conquérant. Ces concepts nous permettent d’inférer que dominium et dominatio se réfèrent également à “l’activité ou le processus qui mène à étendre avec succès un état déjà existant de domination ou d’étendre la domination du conquérant (despote) sur des terres additionnelles.” Dominatio est achevée par le moyen de l’occupation armée, qui est le processus par lequel le conquérant renverse et prend en compte militairement une “nouvelle” terre afin de la conquérir, la subjuguer et la dominer.

[…] Ainsi une lettre de plénipotentiaires américains à leur contre-partie britannique au traité de Ghent en 1814 stipulait: “Les Etats-Unis clâment, de plein droit, en respect de toutes les nations européennes, et particulièrement en respect de la Grande-Bretagne, la totale souveraineté sur le territoire entier et sur toutes les personnes contenues dans les frontières de leurs dominions.

[…] Plus tard en 1823, dans son rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh, le juge de la cour suprême des Etats-Unis Marshall donne la preuve de son utilisation du modèle du conquérant lorsqu’il écrivit: “Le titre (de propriété) par conquête est acquis et maintenu par la force.

[…] Dans son “New Worlds for Old” William Brandon fournit une étymologue détaillée du mot dominion:

L’idée du vieux monde de propriété était bien exprimée par le mot latin dominium de “dominus”, dérivé du sanscrit “domanus” pour “celui qui subjugue”. En latin, “dominus” avait la même signification de principe “celui qui a subjugué”, par extension naturelle: le maître, le propriétaire, le seigneur, le possesseur”. Le mot “dominium” prend du terme “dominus” le sens de “propriété absolue” et celui qui a sugbjugué devient donc le “propriétaire absolu” avec un sens légal tout spécial de “propriété, de d roit de propriété”. Le mot “dominatio” étend le mot en “règle, dominium” et un second sens odieux, celui de pouvoir non restraint, de dominium absolu, de tyrannie, de seigneurie, de despotisme. Le pouvoir politique émanant de la propriété, du dominium, était de fait, la domination.

Les termes seigneur, maître, possesseur, propriétaire se réfèrent tous au modèle du conquérant, qui peut aussi être référé à un MCI de domination.

[…] Dans le système moral du modèle du conquérant, la coercition, la terreur, la peur, la crainte sont considérées comme les moyens les plus efficaces de gagner et d’assurer une obéissance absolue et continue à l’autorité du conquérant (pensez ici au moderne “choc et stupeur”…). Personne n’est complèteement libre sauf le conquérant et la liberté dans ce contexte réfère à la liberté du conquérant à conquérir, subjuguer, établir et maintenir un règne et un état de domination.

[…] D’après le vision du monde du conquérant, il est tout à fait évident que celui-ci est le plus vertueux, le plus moralement apte et obéissant à dieu lorsqu’il utilise les outils de coercition, de terreur, de peur afin d’accomplir “la volonté de dieu” en conquérant et en subjuguant de nouvelles terres et de nouveaux peuples pas encore conquis. Ceci correspond en fait à l’appel du Vatican dans un bon nombre de bulle papales ou de documents pour que des nations “barbares” non-chrétiennes soient subjuguées. Il en va de même dans ces documents au sujet des terres “pas encore découvertes par un prince ou un peuple chrétiens.”

Le Requerimiento

Le texte espagnol du Requerimiento (la Réquisition) sert d’artifice cognitif et culturel du modèle cognitif du conquérant durant ce qui a été appelé “L’âge de la découverte”. Écrit en 1514 par le juriste espagnol Palacios Rubios du Conseil de Castille, ce document démontre parfaitement la manière dont les chrétiens européens appliquaient le modèle cognitif du conquérant aux nations indigènes du soi-disant “Nouveau Monde” et illustre très bien le système de moralité du conquérant. Dès les premières lignes du document, le roi Ferdinand d’Espagne et sa fille Doña Juana sont référés comme étant “les subjugateurs des nations barbares”, ce qui pourrait aussi être phrasé en “conquérants des nations barbares”.

Adressé aux nations “barbares” non-chrétiennes qui étaient considérées comme étant destinées à être subjuguées, le Requerimiento déclare d’un point de vue chrétien: “Notre seigneur dieu, vivant et éternel, a créé la terre et les cieux et il a créé un homme et une femme, de qui vous et nous, et tous les humains du monde, sont les descendants et tous ceux qui vinrent après nous.” Des cinq mille ans qui se sont écoulés après la création comme le dit le Requerimiento “il fut nécessaire que certains hommes ailent d’un côté et d’autres d’un autre et qu’ils seraient divisés en maints royaumes et provinces, car ils ne pouvaient pas rester en un seul.” De toutes ces nations, dit le document “Dieu notre seigneur a donné la charge du monde a un homme appelé Saint Pierre pour qu’il soit le supérieur et le maître de tous les hommes du monde, que tous doivent lui obéir et qu’il soit à la tête de la race humaine, où que les hommes vivent et quelque soit la loi, la secte ou la croyance qu’ils suivent et il lui donna le monde pour royaume et jurisdiction.

Ainsi le Requerimiento pose la figure du personnage central, du modèle de conquérant, qu’il soit monarque ou pape et qui est considéré comme divin ou dont le pouvoir est considéré comme ayant une origine divine. En latin, la phrase “dieu notre seigneur” est “deus dominus” ou en d’autres termes “dieu qui a subjugué”.

[…] Puis le docuement continue à expliquer que le pape (St Pierre à l’origine) a “donné” les terres indigènes au roi Ferdinand et à sa fille Juana.

[…] Ce don des terres indigènes habitées possède le même schéma noté par le juge de la cour suprême John Marshall dans son rendu de l’affaire Jonhnson contre M’Intosh en 1823, lorsqu’il dit que les monarques d’Europe “ont assumé la domination ultime et ont affirmé et exercé en conséquence la domination ultime, un pouvoir d’assumer la terre, tandis que celle-ci était toujours en possession des natifs.

[…] Dans le système moral du conquérant, celui-ci se considère comme déjà propriétaire par droit divin des terres indigènes et possède aussi le droit de les donner à qui il le désire.

Le Requerimiento explique également aux nations indigènes l’implication totale du fait que leurs terres ont été données par le pontif de Rome au roi Ferdinand et la reine Juana.

 

[le texte donne ici de longs exemples sans le Requerimiento du choix donné aux indigènes d’accepter ou de refuser les termes de la notification qui leur est donnée…]

 

Puis le Requerimiento s’appuie sur le modèle du conquérant pour expliquer en termes non équivoques, ce que seront les conséquences de la résistance et quelles actions seront prises à l’encontre des nations indigènes insoumises:

Si vous refusez les termes, je vous certifie qu’avec l’aide de dieu, nous entrerons de force dans votre pays et nous vous ferons la guerre de toutes les manières que nous jugerons bonnes, nous vous mettrons sous le joug de l’obéissance à l’église et à leurs seigneuries et majestés, nos vous prendrons, vous, vos femmes et vos enfants et vous réduirons en esclavage et vous vendrons de la manière que leurs majestés le désireront, nous saisirons tous vos biens, et vous ferons tout le mal et la misfortune possibles, comme à tous les vassaux qui n’obéissent pas et refusent de servir leur maître (dominus dans le texte, subjugateur), lui résistent et le contredisent ; nous déclarons de plus que toutes les morts et pertes résultant de tout cela seront comptées comme étant de votre faute et non pas de celles de leurs majestés ou de la notre, ni de ces cavaliers qui viennent ici avec nous. Nous déclarons vous avoir averti de la présente réquisition, nous requérons qu’un acte notarié soit établi pour être notre témoin ainsi que tous ceux présents ayant été témoins de la réquisition.

Les prêtres avaient pris pour habitude de lire le Requerimiento en latin à l‘entrée des villages indiens avant que les conquistadores espagnols (conquérants) n’en fassent le siège. Bien entendu, les Indiens étaient incapables de comprendre le latin et furent incapables de comprendre la teneur des demandes placées sur eux-mêmes. Lisant le Requerimiento, le grand avocat des Indiens Bartolomé de Las Casas a dit: “Je ne pouvais pas décider si je devais rire ou pleurer.

Ce document du Requerimiento est un excellent exemple des méthodes chrétiennes européennes, fondées sur l’affirmation d’un droit divin, “mettant à plat” de manière formelle la “règle de la loi” pour les nations et peuples indigènes. C’est néanmoins trop euphémistique que de se référer à ce document comme un exemple de l‘explication légale tant furent brutales et vicieuses les manières génocidaires avec lesquelles il fut mis en pratique.

[…] Ainsi, d’un point de vue autochtone, lorsque nous rejetons d’emblée la fausse assertion des chrétiens européens prétendant que dieu les a envoyé sur ce continent pour coloniser les terres indigènes des “Amériques”, il est évident que les chrétiens européens n’avaient aucune autorité légitime sur les nations indigènes et leurs territoires ancestraux. Ce que les chrétiens européens ont clâmé sur la base inconsciente du modèle cognitif du conquérant n’était rien d’autre qu’un droit à un empire et à une domination, qui était intégrante à la mentalité dominatrice de la chrétienté.

 

A suivre…

 

Source:

“Pagan in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery”, Steven T. Newcomb, Fulcrum, 2008

 

 

 

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Résistance au colonialisme: La supercherie de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU… (Steven Newcomb)

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Le document de conclusion de haut niveau des Nations-Unies*

 

Steven Newcomb

 

10 Décembre 2014

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/12/10/united-nations-high-level-outcome-document

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note (*): Il s’agit ici du document qui fut rédigé par les Nations-Unies à l’issue de sa réunion pléniaire de haut niveau sur les droits indigènes qui s’est tenue en Septembre dernier.

Le débat au sujet de la signification et de l’utilité du document résultant de la réunion pléniaire de l’ONU sur les peuples indigènes (appelée de manière erronée la Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes), n’est pas près de s’achever dans un futur proche. Le 22 septembre dernier, le document est devenu une résolution de l’ONU qui est maintenant proclamée par ses supporteurs comme étant un effort des états membres de mettre en application la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI), qui fut adoptée le 13 Septembre 2007. Une lecture attentive du document montre qu’il ne mérite en rien l’enthousiasme qu’il a reçu de la part de ses supporteurs.

Avant d’énoncer les spécificités de ce document, rappelons-nous d’abord le contexte du terme “indigène” employé par l’ONU. D’après les définitions de l’ONU, les peuples dits “indigènes” existaient librement dans un endroit particulier. Puis, éventuellement, un autre peuple d’une “race” ou d’une “origine ethnique” différente est arrivé dans l’endroit, et les nouveaux arrivants sont graduellement devenus dominants par la conquête, la colonisation/occupation des sols (settlement) et autres moyens. En d’autres termes, les définitions admises de l’ONU nous disent que les peuples originels ont été réduits à une position “non-dominante ou de colonisés”.

Aux Nations-Unies, il y a différents “droits”. Ce qu’on appelle les “droits indigènes” se rapportent à ces peuples qui ont été forcés de vivre soit sous une domination coloniale ou soit étatique. Bien que certaines personnes puissent encore présumer que l’ONU reconnaisse que les peuples existant sous domination d’état possèdent un droit fondamental de se libérer, les états du monde semblent assumer qu’un tel droit de libération n’existe pas pour les peuples “indigènes”. Comme expliqué ci-dessous, le document résultant de la réunion pléniaire de haut niveau des 22 et 23 Septembre de cette année, exprime ce point de vue.

J’ai soutenu dans de nombreux articles, que les efforts faits par les gouvernements des états pour mettre en pratique les article de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, étaient une tentative de maintenir un état de domination sur des peuples et des nations étiquettés “indigènes”. L’utilisation de lettres capitales d’imprimerie est une façon avec laquelle les états symbolisent leur ascendance affirmée sur les peuples libellés “indigènes”. Ainsi nous trouvons ces lettres capitales d’imprimerie dans le paragraphe d’ouverture du document résultant de la réunion pléniaire: “Chef d’État et de Gouvernement, Ministres et représentants des États Membres.” (en anglais: “Heads of State and Government, Ministers and representatives of Member States.”) Ceci est parfaitement en contraste avec le “p” et “i” des mots “peuples indigènes” dans le même paragraphe. Cette utilisation de lettres capitales d’imprimerie pour, par exemple, le mot “État” et minuscule pour les mots “peuples indigènes” est une des méthodes utilisées par les gouvernements des états et les Nations-Unies pour protéger une réalité d’une domination de l’état ou d’une domination sur les peuples appelés “indigènes”.

Mettre une lettre majuscule au mot “États” est la manière de l’ONU de signaler que quelques soient les droits accordés aux peuples dits “indigènes”, ces droits ne peuvent avoir d’existence que sous les entités politiques appelées états. La Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU renforce plutôt que ne défie cette structure politique et pour cette raison, les efforts de l’état pour mettre en application la dite déclaration ne sont pas des efforts d’état pour mettre fin à la domination sur les peuples “indigènes”, mais au contraire de perpétuer cet état de fait. Ceci est aussi vrai pour la réunion de haut niveau de l’ONU et de son document résultant.

En ce qui concerne le gouvernement des Etats-Unis, l’analyse ci-dessus peut-être simplement testée en posant cette question: Les Etats-Unis ont-ils fait une quelconque déclaration officielle indiquant qu’ils s’impliquent, dans l’optique de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, ou de la mise en pratique du document résultant de la réunion pléniaire, qu’ils allaient mettre fin au pouvoir qu’ils ont sur les nations indiennes ou de mettre fin à toute submission des nations indiennes à la loi fédérale sur les Indiens et sa politique ? La réponse évidente est: Bien sûr que non !. Personne ne pourra trouver l’ombre d’une preuve du contraire.

Comme preuve du système de domination-soumission, référez-vous à l’avant-propos de James Crawford du livre d’Anthony Anghie “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (Oxford, 2004). Crawford y fait remarquer que l’histoire des relations entre “civilisations” et “peuples” est celle de relations de “domination” par les “états”. Ceci est une preuve supplémentaire, que la mise en application de la déclaration de l’ONU, du point de vue dominant des états, implique que les états maintiennent leur dominance sur des nations et des peuples étiquettés “indigènes”.

L’article 46 de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU défend l’ “intégrité territoriale” des états contre les assertions des peuples indigènes. Ce point est critiquement important pour toute discussion du document de clôture de la réunion pléniaire de haut niveau de l’ONU ainsi que pour tout effort dans une tentative de mise en application de la déclaration des Nations-Unies. Le langage tenu dans l’article 46 semble impliquer que personne n’a le droit de questionner “l’intégrité territoriale des états”, mais ce que cela veut vraiment dire est que les états présument que personne et certainement pas les dits peuples indigènes, n’a le droit de questionner la domination de l’état qui est typiquement qualifiée d’”intégrité territoriale”. La forme de domination qui est maintenant nommée “intégrité territoriale des états” pour les Etats-Unis commence avec la doctrine chrétienne de la découverte et de domination et la décision dans le rendu de la cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823.

Le document résultant de la réunion pléniaire de l’ONU divertit l’attention de toute considération sur le statut juridique et légal réel des nations indiennes ou de toute reconnaissance qu’il existe de fait un “niveau de nation” pour les nations indiennes. Le langage du document traite les états comme étant les seules entités politiques de niveau “national”. Ainsi par exemple, le paragraphe 8 du document fait dire aux gouvernements des états: “Nous promettons de coopérer avec les peuples indigènes au travers de leurs propres institutions, de préparer et de mettre en application des plans d’action nationale quand ce sera nécessaire, dévoués à aboutir aux objectifs de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU.”

La grande majorité des paragraphes dans le document de clôture place le point de focalisation sur les “individus” ou les “personnes” indigènes, comme “les personnes indigènes handicapées”, “personnes indigènes, particulièrement les anciens, les femmes, les enfants, les jeunes-gens et les personnes handicapées” au sein du cadre politique interne et de domestication étatique. La phrase “leurs propres institutions représentatives” a été la méthode par laquelle les gouvernements des états ont pris efficacement à contre-pied toute reconnaissance dans le contexte des Nations-Unies que les “peuples indigènes” aient quelque forme que ce soit de “gouvernements”. Du point de vue des états, seuls ceux-ci ont un “gouvernement” dans le cadre de ce qui est appelé “l’arène internationale”. Les peuples étiquetés “indigènes”, parce qu’ils ne sont supposés exister que sous l’autorité de gouvernements des états, sont évoqués par les états comme n’ayant pour ainsi dire pas d’ “institutions représentatives”.

De par cette analyse produite, la question demeure: Pourquoi certains représentants des peuples nommés “indigènes”, semblent être si enthousiastes au sujet d’un tel document si biaisé que celui de l’ONU, document qui a été développé au nom de la mise en application de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU ?

Résistance politique: Lutter contre le colonialisme des mots, la sémantique de la soumission (Steven Newcomb)

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Leadership et la libération de nos nations originelles

 

Steven Newcomb

 

27 novembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/11/27/leadership-and-liberation-our-original-nations

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les quelques uns d’entre nous qui se sont embarqués sur la voie du travail intellectuel ont aussi travaillé au long de leur vie avec des leaders spirituels de façon à ce que nos efforts intellectuels et notre travail demeurent ancrés dans les cérémonies et la tradition. Certains d’entre nous ont travaillé des décennies avec des leaders traditionnels des nations originelles telles la nation Oglala Lakota et ont gagné le respect de ceux-ci.

Certains d’entre nous ont passé tout leur âge adulte en tant que personne native dans un effort de rechercher et de réfléchir sur nos trouvailles avec pour but la localisation de l’information la plus adéquate et le développement des meilleurs arguments qui résulteraient en la libération de nos nations et de nos peuples du système de domination des Etats-Unis. Ce faisant, nous avons gagné en techniques de lecture, d’écriture et d’interprétation ainsi qu’avons collecté une somme énorme d’information que nous avons désiré donner en assistance des nations originellement libres des peuples de l’Île de la Grande Tortue.

Nous ne sommes pas élus du système, mais nous avons la capacité et avons depuis des décennies, donné des conseils aux leaders élus et traditionnels, conseils basés sur la collecte des informations et des arguments que nous avons développés pour la libération de nos nations et de nos peuples. En regard des positions d’élus, la légitimité d’un leader élu est une affaire qui doit être décidée au sein d’un groupe donné de personnes. Le problème de la légitimité du leadership élu a à voir avec le fait de savoir si un leader a été élu ou s’il a été choisi par son peuple.

Que la position ou le langage utilisé par un leader élu particulier fonctionne pour ou contre la liberation de nos nations et peuples est un sujet différent. Comme les lecteurs de cette colonne le savent parfaitement bien, je n’ai jamais été hésitant à attirer l’attention du leadership du National Congress of American Indians (NCAI), par exemple, qui se réfère à nous comme si nous étions tous maintenant des “Américains”, juste des “natifs”. Je n’ai jamais été hésitant à critiquer ce genre de terminologie parce qu’une telle rhétorique ne reconnaît pas le fait qu’il y a bien des nations indiennes qui refusent de cautionner une telle pensée politique assimilatrice.

Les politiciens américains du XIXème siècle ont peaufiné le plan pour la destruction future et la domestication de nos nations et notre éventuelle assimilation au sein des Etats-Unis. Nous vivons maintenant dans le futur de ce que ces politiciens avaient envisagé. Les leaders Indiens élus ne devraient-ils pas toujours résister à ce plan des Etats-Unis, plutôt que de maintenant utiliser la terminologie qui sert, au nom de “l’accommodation”, a mener à terme la politique d’assimilation de nos nations ?

Désolé, mais il est aussi juste de dire que pas tous les leaders indiens élus fonctionnent de cette manière et tous probablement nieraient qu’ils en ont un quelconque intérêt. Mais si cela est le cas, alors les leaders indiens se doivent de réfléchir sur cette façon d’utiliser les mots qu’ils utilisent et leur façon de cadrer les sujets. C’est le plus souvent par mauvaise habitude établie au fil des générations que quelques uns des leaders élus utilisent typiquement maintenant, une terminologie politiquement assimilatrice comme par exemple l’expression: “tribus états-uniennes” ; ainsi une fois qu’ils en ont été avertis, il est impératif qu’ils arrêtent d’utiliser cette terminologie spécifiquement dans le contexte des Nations-Unies.

Le fait que certains leaders indiens utillisent l’expression “tribus états-uniennes” et le fait que des avocats et autres experts travaillant avec ces leaders ne les ont pas conseillé de ne pas utiliser une telle terminologie nous en dit beaucoup sur le projet sous-jacent. Ce que cela nous dit est que ces leaders indiens élus et leurs experts n’ont pas entièrement compris les subtilités de langage et leur nature de construction de la réalité. L’expression “tribus états-uniennes”, qui en fait correspond exactement à la terminologie employée par le gouvernement, est politiquement destructrice pour nos nations et nos peuples. L’utilisation de cette terminologie construit, maintient et renforce cette forme de réalité.

Il semble y avoir une mauvaise compréhension fondamentale de la nature du langage lorsque celui-ci touche nos problèmes en tant que nations libres. Ceci est spécialement vrai dans l’arène internationale des Nations-Unies. Le langage crée la réalité. Ce que nous pensons, parlons et écrivons en combinaison de ce que nous faisons, crée la réalité.

La réalité est construite en permanence par l’interaction de nos esprits et de notre monde physique et social. La signification n’est pas dans le texte d’un document donné, comme par exemple la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU. Le sens est le résultat d’une interaction, un aller-retour, entre nos esprits et ce que nous interprétons. Le sens est ce qui se passe, par exemple, lorsque nos esprits interagissent avec le texte d’un document physique donné (ou ces jours-ci, document numérique). Mais des esprits différents vont interprêter différemment ce texte et ainsi provoquer un résultat d’interprétation différent.

Les pensées des officiels du gouvernement des Etats-Unis interagissant avec le texte de l’ONU de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes par exemple, résultent dans une interprétation qui est faite pour servir les meilleurs intérêts des Etats-Unis. Les officiels américains utilisent l’expression “tribus états-uniennes” pour une seule raison. Celle d’interpréter ce texte de façon à reconstruire et à maintenir la loi fédérale des Etats-Unis sur les Indiens exactement comme elle est aujourd’hui et ce, sur les bases du soi-disant droit de la découverte chrétienne et de la domination en résultant. En 1996, Seth Waxman, soliciteur général pour le gouvernement fédéral a dit aux leaders Indiens au sujet de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes en 1996: “Ceci doit rester consistant avec la loi des Etats-Unis”…

Tout leader élu indien qui utilise l’expression “tribus états-uniennes” dans le contexte de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU endommage la libération de nos nations et de nos peuples. Pourquoi ? Parce que cette terminologie américano-centrique travaille pour soutenir les efforts du gouvernement américain pour construire, maintenir et renforcer le cadre de domination-submission de la loi fédérale sur les Indiens et la politique dominante qui en découle. Tout leader élu indien qui a utilisé cette terminologie en relation avec l’arène internationale doit immédiatement cesser de le faire et exliquer sa logique pour utiliser un tel langage auto-submissif et auto-colonisateur en première instance.

Résistance au colonialisme: Du mythe états-unien du « Thanksgiving » à la réalité coloniale d’apartheid…

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“Le véritable héritage des pélerins puritains est une trahison. La plupart des Américains pensent aujourd’hui que la fête du Thanksgiving célèbre une bonne moisson, mais il n’en est rien. En 1970, la nation Wampanoag a rendu une copie de la proclamation originale du Thanksgiving (jour d’action de grâce) faite par le gouverneur de la colonie d’alors. Le texte révéla l’horrible vérité: Après qu’une milice coloniale soit revenue d’un raid ayant massacré des hommes, des femmes et des enfants d’une communauté indienne, le gouverneur proclama un jour de congé pour fêter et et remercier (dieu) pour ce massacre. Il encourageait aussi par écrit les autres colonies à faire de même. En d’autres termes, chaque automne, après avoir bien moissonné, allez tuer des Indiens et fêtez vos assassinats.”
(Russell Means, autobiographie, 1995, p.176)

 

Pourquoi les peuples des premières nations regardent le jour du Thanksgiving ou “jour d’action de grâce”, comme une journée de deuil

Et pourquoi Alexander Ramsey doit être poursuivi à titre posthume comme criminel de guerre et être jugé pour crimes contre l’humanité…

 

Dr. Gary G. Kohls

 

25 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.globalresearch.ca/why-first-nations-people-regard-thanksgiving-day-as-a-national-day-of-mourning/5416119

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Les Sioux (ou Lakota/Dakota), Indiens du Minnesota doivent être exterminés ou chassés au-delà des frontières de cet état.” – Governeur du Minnesota Alexander Ramsey

Nous les fêtards à la dinde, les obèses, les accrocs du sport-télé, de la flânerie en gallerie marchande jusqu’à en tomber de fatigue, les légumes de canapées historiquement illétrés, sommes tous les bénéficiaires des actions de nos ancêtres coupables, bien que parfois acteurs sans le savoir, de crimes contre l’humanité qui se sont déroulés durant ces 500 ans de la honte toujours pas terminés de l’histoire de génocide, de nettoyage ethnique, de colonisation et d’occupation de terres et de peuples qui appartienent de droit aux peuples aborigènes qui ont habités l’Amérique du nord, centrale et du sud des milliers et des milliers d’années avant que Christophe Colomb (qui ne savait absolument pas où il se trouvait) et ses matelots en manque de sexe ne désembarquèrent de leurs navires en très mauvais état et ne commencèrent le pillage de la terre et le viol des femmes autochtones en 1492. Ils se mirent à couper bientôt les mains de ceux qui ne ramenaient pas leur quota d’or de mines qui en étaient dépourvues.

Ainsi a commencé le génocide systématique contre les peuples des nations premières non-blanches qui mena éventuellement et peut-être inévitablement, à la cruauté et aux crimes contre l’humanité qui ont réduits des millions d’Africains en esclavage, dont beaucoup moururent enchaînés avant même d’atteindre cette soi-disant “terre promise”.

Dans bien des cas les conquistadores tueurs psychopathes qui suivirent Colomb, furent dans un premier temps les bienvenus, tolérés et même chéris, plutôt que tués en tant qu’envahisseurs criminels qu’ils étaient. La confiance donnée aux envahisseurs de rendre réciproque leur hospitalité, dans l’esprit de la règle d’or chrétienne, s’avéra être une énorme erreur, car le massace commença au nom du christ, avec la bénédiction des prêtres les accompagnant et dont la mission était de convertir les païens au christianisme sous menace de mort.

Un grand nombre de nos ancêtres européens s’enrichirent grandement des massacres de l’armée, de l’occupation et du vol des terres, de l’exploitation des ressources naturelles, de la colonisation et de la destruction du mode de vie indigène. Nous, la progéniture à la peau rose, avons été conditionnés pour croire bien trop de mythes au sujet de notre sombre histoire. Grâce à l’histoire habilement censurée des livres d’histoire et des mythes appris au catéchisme du dimanche au fil du temps, on nous a amené à croire cette histoire de “bons pèlerins” qui touchèrent terre à Plymouth Rock en 1620 et qui gracieusement partagèrent une fête avec leurs nouveaux voisins et amis indiens (qui seraient bientôt chassés de leurs terres et anéantis par les puritains se disant “chrétiens” et ceux qui les ont suivi).

Le processus de désinformation au sujet du Thanksgiving ou “jour d’action de grâce” (et les long week-ends qui lui succédèrent tous les ans le dernier Jeudi du mois de Novembre) a été créé pour absoudre nos ancêtres de la culpabilité de bains de sang cruels que perpétrèrent “en leurs noms” des soldats obéissants contre des aborigènes militairement inférieurs, un schéma qui s’est répété contre bien des nations plus faibles partout dans le monde au cours de notre histoire.

Les quelques histoires censurées au sujet de quelques-uns de no soi-disants “héros” doivent être dites dans le contexte de rétablir la vérité historique sur le génocide américain des premières nations, dont certains épisodes se sont déroulés ici même à River City (Minnesota). Ces “héros” incluent les deux premiers gouverneurs de l’état du Minnesota et un général humilié de la guerre de sécession.

Les citations suivantes et commentaires explicatifs renchériront sur le titre de cet essai.

“The Sioux (aka Lakota) Indians of Minnesota must be exterminated or driven forever beyond the borders of the state.” – Minnesota Governor Alexander Ramsey in a genocidal declaration made on Sept. 9, 1862. ~ Citation du début de l’article ~

Ramsey avait fait fortune dans l’immobilier avec ses affaires de ventes de propriétés aux colons blancs et aux hommes d’affaire après qu’il ait lui-même négocié les traités américano-Dakota qui volèrent les tribus Dakota (Sioux) de leur terre. (http://sites.mnhs.org/historic-sites/alexander-ramsey-house/history)

[…]

“Les 38 Indiens et métis dont vous avez ordonné l’exécution ont été pendus hier à 10 heures du matin. Tout s’est déroulé calmement.” – Henry Sibley, dans un télégramme au président Abraham Lincoln daté du 27 décembre1862. (http://law2.umkc.edu/faculty/projects/ftrials/dakota/sibley.html)

“Il n’y a aucune place dans cette région en vertu des traités et de la foi indienne. Il est de mon devoir d’exterminer les Sioux connus sous le nom de Dakota si j’en ai le pouvoir et même si cela demande une campagne d’une année. Détruire tout ce qui leur appartient et les forcer en dehors des plaines, à moins, comme je le suggère, que vous puissiez les capturer, Ils devront alors être traités comme des fous dangereux et des bêtes sauvages et en aucun cas comme des personnes avec lesquelles des traités ou des compromis puissent être atteints.” – Civil war Major General John Pope, dans une lettre au Colonel Sibley, insistant sur un effort total pour exterminer les Dakota.

[…] (http://www.civilwar.org/battlefields/secondmanassas/second-manassas-history-articles/second-battle-of-manassas.html et

http://usdakotawar.org/history/aftermath#sthash.XxnK8yhx.dpuf)

Note de Résistance 71: Il convient ici de noter que la guerre contre les nations premières des plaines: Lakota, Dakota, Brûlés, Yankton, Cheyennes s’est déroulée en plusieurs étapes. La dernière se déroula entre 1866 et 1868 qui vit la victoire militaire sans précédent des nations Sioux sur l’armée des Etats-Unis, débouchant sur le traité de Fort Laramie en 1868. Le traité de Fort Laramie est le seul traité signé par le gouvernement des Etats-unis après une défaite militaire dans toute son histoire ! Ce traité a vu le gouvernement américain accepter sans conditions toutes les revendications des nations des peuples des plaines, dont l’évacuation des forts. A cette occasion, AUCUNE CESSION DE TERRE ne fut bien évidemment concédée. Les territoires demeurèrent inchangés. Ce traité fut tronqué, falsifié pour ratification par le Congrès et fut dénoncé par les nations concernées. Il fut violé à maintes reprises et le vol, pillage des terres ancestrales continua jusqu’à aujourd’hui où le gouvernement yankee veut aussi voler les terres sacrées Lakota des Collines Noires (Black Hills), qui renferment comme par hasard, de grande quantité d’uranium…

“Alors que les Européens colonisaient la côte Est, ils déplacèrent les tribus de l’Est qui durent migrer hors de la civilisation expansionniste européenne. A leur tour, ils déplacèrent les tribus plus faibles qu’il rencontrèrent et les poussèrent plus avant hors de leur terres ancestrales, alors que ces nations migrantes s’en emparaient.”

[…]

“Vers 1750, Une bande Ojibwe de la côte Est fut poussée vers le territoire Dakota et ils utilisèrent des armes à feu et de la poudre françaises pour forcer les Dakotas hors de leur territoire des Mille Lacs.

Cette stratégie des colons européens diminua grandement le nombre de Dakotas des terres des mille lacs, ce qui encouragea et rendit possible pour une bande Ojibwe armés et manipulés par l’alcool des Français de chasser violemment les Dakotas de la région des Mille Lacs.

“…Ce qu’il s’est passé pour les Dakota en 1862 et par la suite, fut un grave crime contre l’humanité. Si cela se produisait aujourd’hui, l’ONU et la communauté internationale le condamnerait et le déclarerait ethnocide et génocide. Une mise en accusation auprès d’un tribunal des Nations-Unies serait édictée et les perpérateurs d’un tel ethnocide et génocide seraient arrêtés, traduits devant la justice et punis pour crimes contre l’humanité.” – Thomas Dahlheimer de son long essai intitulé, A History Of The Dakota People In The Mille Lacs Area (http://www.towahkon.org/Dakotahistory.html)

La proclamation de Thanksgiving ou jour d’action de grâce du gouverneur Ramsey le 3 novembre 1862:

“… Ainsi, moi, Alexander Ramsey, gouverneur de l’état du Minnesota, proclame que ce jour du vingt-sept novembre sera celui de l’action de grâce (Thanksgiving) à dieu tout puissant pour sa merveilleuse pitié de nous, pour tous les bon cadeaux de sa Providence, pour la santé et la restauration de la paix interne et de la prospérité générale dont nous bénéficions.

Reconnaissons tout spécialement sa pitié en ce qu’il a délivré nos frontières des ennemis sauvages qui se sont dressés contre nous, et les a jeté dans les fosses qu’ils avaient initialement prévues pour nous, que nos amis ont été sauvés des horreurs de la captivité et que nos maisons et trésors sont maintenant en sécurité de la violence des voleurs et assassins indiens. […]”

“Depuis 1970, les Amérindiens se sont rassemblés à midi sur la colline Cole de Plymouth, pour commémorer un jour natonal de deuil le jour de congé pour Thanksgiving. Beaucoup d’Amérindiens ne célèbrent pas l’arrivée des pèlerins et des autres colons européens. Pour eux, le jour de Thanksgiving est une commémoration du génocide de millions de personnes de leurs peuples, du vol de leurs terres ancestrales et de l’assaut incessant mené contre leur culture. Les participants à ce jour national de deuil honorent leurs ancêtres et les luttes des peuples autochtones pour survivre aujourd’hui. C’est un jour de souvenir et de connexion spirtituelle ainsi qu’une manifestation contre le racisme et l’oppression auxquels sont toujours soumis les peuples amérindiens.” – Texte inscrit sur la plaque commémorative de Cole Hill, surplombant Plymouth Rock, Plymouth, MA

Dr Kohls est un médecin de famille généraliste en retraite de Duluth dans le Minnesota, qui a été impliqué dans des évènements pour la paix, la non-violence, la justice et a souvent ´´crit au sujet du racisme, du militarisme, du fascisme, de l’impérialisme, du totalitarisme, de l’oppression économique de l’anti-environnementalisme et tous autres mouvements violents, non durables et anti-démocratiques.

Colonialisme et génocide américain: Un tribunal sur les pensionnats indiens se réunit du 22 au 25 octobre 2014…

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Après la nouvelle du génocide paraguayéen des Indiens Aché qui passe en justice en Argentine… Voici que passe en revue légale l’ethnocide/génocide des pensionnats indiens au pays du goulag levant… Il est plus que temps que l’occident paie pour ses crimes depuis le XVème siècle et que les peuples occidentaux comprennent enfin que la domination depuis plus de 5 siècle de la soi-disant civilisation occidentale sur le monde est fondée sur des dogmes fondamentalement racistes, ethnocidaires et génocidaires. La vérité nous libèrera, nous et le monde du paradigme politique colonial, fléau de l’humanité.

— Résistance 71 —

 

Tribunal sur les pensionnats pour Indiens Oneida, Wisconsin, Octobre 2014

 

Indigenous Resistance

 

17 Août 2014

 

url de l’article:

http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/08/tribunal-on-indian-boarding-schools.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Blue Skies Foundation a programmé un tribunal spécialisé sur les expériences des enfants autochtones qui furent forcés d’intégrer des pensionnats pour Indiens dans leur jeune âge. Ce tribunal doit se réunir du 22 au 25 octobre courant au Radisson Hotel and Conference Centre, Oneida, dans l’état du Wisconsin.

Blue Skies Foundation travaille avec le personnel de l’Human Rights Action Centre de l’université du Minnesota à Minneapolis, Jack Healey, Bill Means, co-fondateur de l’International Indian Treaty Council (NdT: et frère de Russell Means), ainsi qu’avec Sheron Leonard, Pele Films et bien d’autres personnes intéressées à documenter la sombre histoire des pensionnats pour Indiens.

Un panel de juges autochtones qualifiés écoutera les témoins qui donneront leurs expériences empiriques sur les abus et mauvais traitements dont ils ont souffert aux mains du gouvernement fédéral et du conseil des églises (qui géraient les pensionnats), alors qu’ils étaient forcés de vivre loin de leurs familles et de leurs nations. Des mots mêmes du fondateur et du superintendant de la tristement célèbre Carlisle Indian School, le général Richard Henry Pratt, il s’agissait de “transférer l’enfant né sauvage dans l’environnement de la civilisation et il grandira avec un langage et des habitudes civilisés.”

En conclusion des auditions du tribunal, les juges donneront un résumé exécutif de leurs trouvailles et conclusions qui sera partagé avec les communautés autochtones.

Ces auditions du tribunal seront diffusées en direct professionnellement depuis la Californie et les contenus des témoignages seront formatés en un DVD qui sera utilisé dans les écoles comme outil pédagogique. Nous essayons de rendre une histoire transparente tant que nous avons toujours à notre disposition quelques témoins capables de raconter leurs propres histoires.

Une des raisons de mettre en place un tribunal sur les pensionnats indiens est d’amener une certaine attention sur le traitement réservé aux enfants de ces pensionnats et de commencer à comprendre et à faire comprendre les effets que ces traitements eurent sur le long terme vis à vis des survivants et de leur vie. On nous explique les châtiments corporels subis par les enfants en punition d’avoir parlé leur propre langue, les abus sexuels, viols et la violence physique et mentale qui eut lieu au nom de “l’éducation” de nos enfants et afin de les dépouiller de leurs “racines sauvages” et de les introduire à la “civilisation”.

Nous pensons avoir la capacité de capturer une documentation de première main de la part de quelques personnes de nos peuples et ceci est vital car nous obtiendrons de vive voix, de leurs propres mots, la dure réalité de l’expérience de ces pensionnats pour Indiens.

Il y a ceux d’entre nous qui ressentent qu’en tant que peuple autochtone, nous sommes tous les victimes de cette ère des pensionnats. Certains de nos parents y sont entrés aussi jeunes qu’à 3 ou 4 ans. Dans leurs années les plus formatrices et laissant le plus d’impression, ils ne reçurent aucuns conseils de manière gentille et avec amour. D’après nos sources, ils furent élevés dans une sorte de code militaire, dans la façon même dont les repas étaient servis, dont ils devaient faire leur lit et de la façon dont ils devaient se déplacer d’un endroit à un autre. Tout ceci est directement issu d’un manuel militaire. Les châtiments corporels pour de petites fautes comme parler leur langue natale laissèrent une marque psychologique indélébile sur beaucoup. Certains des châtiments corporels restèrent avec les intéressés, qui les utilisèrent sur leurs propres enfants une fois adulte et après avoir fondé une famille.

Le tribunal va regarder les pensionnats pour Indiens comme une autre forme de génocide (NdT: ethnocide d’après l’anthropologue Robert Jaulin, qui peut mener au génocide comme c’est le cas en l’occurence…) contre nos peuples. Nous comprenons qu’il s’agit d’une sorte de vol de l’identité en ce qui concerne notre langue, notre culture, et notre façon spirituelle de vivre, qui nous furent retirés. Bien que certaines communautés aient pratiqué des cérémonies de cicatrisation du passé afin d’avancer dans la vie, nous pensons que nous ne pouvons pas aller de l’avant sans au préalable faire face à ce qui nous a handicapé émotionnellement depuis tant d’années. Nous allons tenter de bâtir une passerelle pour qu’en tant que nations, nous puissions établir un plan qui nous ramènera le plus près possible de nos origines. Nous voulons une coopération du gouvernement des Etats-Unis et du conseil des églises pour qu’ils aident à explorer toutes les possibilités d’authentification de notre belle et riche façon de vivre.

Ceci est une invitation à nous rejoindre, à participer soit en témoignant ou en écoutant et assistant financièrement pour rendre possible la documentation finale de l’histoire et de la vérité. Cette entreprise se doit d’être l’objet d’un effort communautaire total afin de pouvoir obtenir un impact qui aura force de processus de cicatrisation du mal fait. Nous savons qu’afin de pouvoir continuer à aller de l’avant de manière saine, nous devons confronter les problèmes qui nous ont blessé et nous blessent encore. Nous ne pouvons plus continuer à nous mettre la tête dans le sable et prétendre que tout va bien dans nos communautés. Le très haut taux de suicide, l’alcoolisme galopant, les abus de drogues et de substances toxiques et maintenant les problèmes de gangs de jeunes ne peuvent plus être ignorés plus longtemps. Nous devons faire face aux racines de tous les maux auxquels nous avons à faire. Nous devons faire face à temps de problèmes et de défis en tant que peuples autochtones.

Nous devons commencer à rendre responsable les “gérants” à qui fut donnée la force coercitive à utiliser contre nos enfants. Nos parents entrèrent dans ces pensionnats comme de très jeunes enfants innocents et ils furent forcés d’avoir honte d’eux-mêmes à cause de la couleur de leur peau et de la langue qu’ils parlaient, choses avec lesquelles ils étaient simplement nés avec.

Ils ont essayé d’échapper à la réalité parce qu’ils ont pensé qu’ils étaient dans une situation sans espoir et sans aucune chance de sortie. Certains se sont tournés vers l’alcoolisme, d’autres se sont suicidés et d’autres encore ont abandonné et se sont livrés à cette nouvelle forme de vie où rien n’est sacré (assimilation). Nous voulons essayer d’honorer nos ancêtres en reconnaissant les sacrifices qu’ils ont fait, nous voulons honorer tous les bébés et jeunes enfants qui dorment dans des tombes marqués du mot “inconnu” et des parents qui se demandèrent des années durant quand leurs enfants reviendraient-ils à la maison. Nous devons narrer notre propre histoire avec nos pieds fièrement ancrés dans le sol.

Je vais vous laisser sur un rappel de ce à quoi nos parents et nos grands-parents ont dû faire face et vous demande de nous rejoindre sur notre chemin vers la cicatrisation.

Je ne crois pas que les Indiens, des gens qui pour la vaste majorité ne parlent pas anglais, vivent dans l’insalubrité et la dégradation, qui font peu de progrès année après année, qui sont une source perpétuelle de dépenses pour notre gouvernement et une menace constante pour des milliers de voisinage blancs de ce pays, sont un frein à la civilisation et un blocage pour notre progrès, aient quelque droit que ce soit de retenir par la force leurs enfants hors de l’école afin qu’ils grandissent et deviennent comme eux-mêmes, une race de barbares et de demi-sauvages.” – T.J Morgan, commissaire aux affaires indiennes de 1889 à 1893.

La Fondation Blue Skies, Inc. a un statut fédéral 501C3 reconnu d’association à but non lucratif, organisée exclusivement pour des buts charitables, éducationnels et spirituels (ID#45-2364127). Spécifiquement, Blue Skies cherche à représenter, améliorer et préserver le peuple amérindien, sa culture et sa spiritualité.

Blue Skies Foundation, Inc.

N5679 Skylark Drive

De Pere, Wisconsin 54115

Introduction à la philosophie et la pensée amérindienne (Russell Means ~ Présentation)

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“Nous avons besoin d’une grande vision et la personne qui l’obtient doit la suivre comme l’aigle recherche le bleu le plus profond du ciel”

~ Crazy Horse ~

 

Si vous avez oublié les noms des nuages alors vous avez perdu votre chemin (Présentation)

Une introduction à la pensée et à la philosophie amérindienne

 

par Russell Means

 

~ Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

-o-o- Résistance 71 -o-o-

 

21 Avril 2014

 

Qui est Russell Means ?

 

Russell Charles Means (1939-2012) était un activiste Oglagla Lakota (Sioux) qui lutta pour les droits des autochtones américains, il fut un activiste politique sous la bannière libertarienne, acteur, activiste politique, peintre et musicien. Il est devenu un membre prominent de l’American Indian Movement (AIM) après avoir rejoint l’organisation en 1968. Il aida à organiser des évènements notables de lutte pour les droits natifs, évènements qui attirèrent une couverture médiatique nationale et internationale, comme l’occupation de l’ancienne prison d’Alcatraz (sise en territoire indien) en 1969, l’occupation du Mount Rushmore en 1971 et surtout le siège par les agents fédéraux de la réserve de Wounded Knee en 1973.

Il fut nommé prermier directeur national de l’AIM en 1970. Sous son leadership, le mouvement commença des campagnes d’activisme plus soutenues et plus remarquées.

Means fut actif internationalement concernant les problèmes des droits indigènes, ceci impliqua son activisme avec des groupes Indiens d’Amérique Centrale et d’Amérique Latine. Il participa à des réunions aux Nations-Unies et au congrès des États-Unis pour la reconnaisance des droits autochtones. Il fut politiquement actif dans sa réserve de Pine Ridge (Sud-Dakota) et aussi au niveau de l’état du Dakota et au niveau national.

Il commença sa carrière d’acteur en 1992. Il apparut dans plusieurs films dont le plus célèbre: “Le dernier des Mohicans” avec Daniel Day Lewis (rôle de Chingakook). Il a produit et édité ses propres CD musicaux. Il a publié son autobiography (extraits traduits et publiés sur Résistance 71) en 1995 “Where White Men Fear to Tread”

Russell Means est décédé d’un cancer à l’âge de 72 ans dans la réserve de Pine Ridge ou “le camp de prisonnier de guerre # 334” comme il aimait à la décrire. Camp de prisonnier en l’occurence totalement hors de propos puisqu’il est à noter que de la très jeune histoire des Etats-Unis, la seule guerre perdue par ceux-ci fut celle qu’ils menèrent contre les nations Sioux et Cheyennes, qui virent la défaite de l’armée américaine et la signature du traité de Fort Laramie en 1868, traité où les Etats-Unis faisaient des concessions territoriales et de souveraineté aux nations indiennes victorieuses et non pas l’inverse. Ce traité fut bien sûr bafoué par les Américains (comme les quelques 400 autres signés entre 1776 et la fin du XIXème siècle), qui continuèrent à voler et piller les territoires des nations qui les avaient pourtant militairement vaincu dans les grandes plaines centrales et les montagnes du Dakota. il faut bien que cela soit compris.

Dans la dernière année de sa vie, Russell Means travailla (entre autre) à laisser un écrit “testamentaire” de son passage sur terre. Il ne voulait sans doute pas que l’on se rappelle de lui seulement comme d’un activiste. Il entreprît donc, malade et aidé de son épouse et d’un co-auteur Bayard Johnson, la rédaction de ce petit ouvrage de 100 pages, simple et direct, expliquant les bases de la philosophie de la vie et de la vision du monde des Indiens des plaines et à quelques variantes près, de l’ensemble des nations amérindiennes. Le résultat fut cet ouvrage à la portée universelle: « If you’ve forgotten the names of the clouds, you’ve lost your way », dont nous avons traduit quelques passages marquant et qui fut publié en 2013, peu de temps après sa mort. Traduction du titre en français: « Si vous avez oublié les noms des nuages, vous avez perdu votre chemin« .

Russell nous a laissé un superbe testament et il a réussi sa nouvelle mission, celle de montrer aux yeux de toutes et tous, qu’il n’était pas seulement un activiste, mais aussi un philosophe et un sage dont le dernier message vibrant ouvre la porte à la fraternité et au retour à la loi naturelle des choses, faite de terre/femme nourricière.

Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés)

 

Nous publierons ces textes par épisodes comme suit:

 1ère partie:

  • La loi naturelle
  • Vivre en suivant la loi naturelle

2ème partie:

  • Né dans une vie de liberté
  • Le patriarcat toxique
  • La triste réalité du patriarcat
  • La réalité inversée de l’Heyoka et du patriarque

3ème partie:

  • Les mensonges proférés à notre sujet

4ème partie:

  • Il n’y a pas de peur de la mort dans le monde indigène
  • L’équilibre et la sacralité de toutes choses

Bonne lecture !

 

 

 

Résistance politique: L’imposture de l’ONU sur les droits des nations et des peuples indigènes (Steve Newcomb)

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Un texte direct, d’une grande rigueur analytique et qui appelle un chat un chat… et l’ONU une marionnette des états colonialistes, qui paient et contrôlent son existence…

— Résistance 71 —

 

Vers la libération globale de toutes les nations et de tous les peuples

 

Steve Newcomb (Shawnee/Lenape)

co-fondateur de l’ 
Indigenous Law Institute

 

= Traduit de l’anglais par Résistance 71 =

 

L’article 1er de l’International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) lit: “Tous les peuples ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.” Ce phrasé exact se trouve également dans l’article 1 de l’International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (ICESCR).

Ces deux accords des droits de l’Homme des Nations-Unies mentionnés ci-dessus ont été créés pour servir “une formulation des droits de l’Homme plus standardisée” que l’ “étape préliminaire” de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui fut adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1948. En d’autres termes, le langage ci-dessus en ce qui concerne les peuples ayant le droit à l’auto-détermination trouvé dans les accords du 16 décembre 1966, faisait partie de l’effort de l’assemblée générale de clarifier le cadre général des droits de l’Homme qu’elle avait commencé a exprimé dans sa Déclaration Universelle (voir Ian Brownlie, Basic Documents in International Law, 1983, p.257)

Dans le préambule de la déclaration universelle des droits de l’Homme, nous y trouvons que l’assemblée générale de l’ONU a déclaré les droits de l’Homme énumérés dans ce document comme “un standard commun à parachever pour tous les peuples et toutes les nations”. L’assemblée générale de plus déclare le besoin pour “une reconnaissance universelle et efficace” des droits énumérés, “à la fois parmi les peuples des états membres eux-mêmes et parmi les peuples des territoires sous leur jurisdiction”. En bref, l’ICCPR et l’ICESCR clarifient que l’auto-détermination est partie essentielle de ce que l’Assemblée Générale de l’ONU a déclaré être “un standard commun d’achèvement de tous les peuples et toutes les nations”, incluant les peuples considérés comme étant “sous la jurisdiction” des “états membres”.

Article 3 de la mouture de la déclaration sur les droits des peuples indigènes

L’article 3 de la déclaration de l’ONU sur les Droits des Peuples Indigènes fut directement tiré de l’article 1 de l’ICCPR et de l’ICESCR. Ainsi l’article 3 lit: “”Les peuples indigènes ont le droit à l’auto-détermination. Par vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et choisissent librement leur développement économique, social et culturel.” Ceux qui écrivirent cet article 3 ont voulu dire que tous les peuples, incluant les peuples indigènes, ont le droit à l’auto-détermination.” En ce moment, les délégations des gouvernements des états participant à l’Inter-Sessional Working Group on the Rights of Indigenous Peoples sont en train d’essayer de faire dire le contraire à l’article 3 que ce qu’il veut initialement dire, à savoir “tous les peuples, à l’exception des peuples indigènes, ont le droit à l’auto-détermination”.

Néanmoins, si les nations indigènes et les peuples tombent dans la catégorie “tous les peuples et toutes les nations” (comme trouvé dans la déclaration universelle des DH) et/ou dans la catégorie “des peuples sous la jurisdiction des états membres”, alors, en accord avec l’ICCPR et l’ICESCR, en tant que peuples ils sont considérés comme ayant droit à l’auto-détermination.

Les États s’opposant au principe que les nations indigènes et leurs peuples ont le droit à l’auto-détermination ont deux options principales ouvertes à eux. L’une est de tenter de retirer les nations indigènes et les peuples de la catégorie “peuples” comme trouvés dans la charte de l’ONU et les accords internationaux sur les droits de l’Homme. Une façon de satisfaire ce but est de placer les nations et peuples indigènes dans la catégorie “individus sous la jurisdiction d’états membres démocratiques”.

La seconde option ouverte aux opposants d’état à l’auto-détermination des peuples indigènes est de soutenir un type de groupe nominal indigène ou de droits collectifs sous la domination et la jurisdiction de l’état. C’est par exemple le modèle américain de la loi fédérale indienne et des “nations domestiquement dépendantes” (pupilles). Sous cette option, le statut politique des nations et peuples indigènes est prédéterminé pour eux par l’état ou les états, mais ils sont alors “libres de choisir leur développement économique, social et culturel”, mais sous la domination de l’état dans le lequel ces peuples et nations se trouvent situés. Si adoptée, cette option résultera dans l’application universelle d’un cadre démocratique colonial” mondial. Quelque soit le scenario, le statu quo colonial actuel devient inscrit, écrit, dans l’instrument international.

Définitions

Comme la déclaration universelle des droits de l’Homme réfère aux “peuples et territoires sous la jurisdiction des états membres”, nous devons nous demander: “Est-ce une référence à ce qui est maintenant communément appelé peuples indigènes.”

Le mot “jurisdiction”, est un mot dérivé du latin jus, juris, qui veut dire loi et dictio, de dico, qui veut dire “prononcer”. Ainsi la jurisdiction veut dire de manière littérale “prononcer la loi”. Quoi qu’il en soit, la définition plus générale et plus pertinente à cette discussion est “l’exension de l’autorité d’un gouvernement” ou “le district ou la limite au sein desquels le pouvoir peut-être exercé”. Parler de “peuples de territoires sous la jurisdiction d’états membres” veut dire: “sous l’autorité d’états membres”.

Le mot “autorité” nous amène à “pouvoir ou droit à commander ou action, domination, contrôle.” Sur cette base, la phrase ci-dessus peut-être comprise comme suit: “les peuples des territoires sous la domination d’états membres”. Qu’est-ce qu’un “dominion” ? Le terme dominion est dérivé d’un terme sanscrit damayati et du latin dominus, qui veut dire “celui qui subjugue” Cela remonte aussi au mot latin “domo”, qui veut dire subjuguer, placer en état de soumission, approvoiser, domestiquer, cultiver et aussi labourer. Le mot latin pour “cultiver” est colere ou “coloniser”.

D’après l’amiral Samuel E. Morison dans l’Histoire du peuple américain aux éditions Oxford, la colonisation “est une forme de conquête au cours de laquelle une nation contrôle un territoire distant, y impose ses propres citoyens et contrôle ou élimine la population autochtone.” Il y va de sa description de ce qu’il nomme le “colonialisme moderne” ou “cette incroyable extension du commerce et de l’influence” par les Européens “et qui résulta en une domination mondiale”. C’est ce processus de colonialisme moderne, dit-il, qui “a produit des résultats de longue durée en Amérique, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud et même dans ces pays d’Asie et d’Afrique qui ont gagné leur indépencance depuis la seconde guerre mondiale (p.34)

En bref, la colonisation est un processus de subjugation, de domination, de contrôle étranger et une ressource sans fin d’exploitation. Ceci correspond avec les racines étymologiques de domination de “celui qui sugjugue”. Ainsi, “l’histoire du colonialisme n’est pas simplement celle des migrations d’humains dans le monde. C’est aussi celle de la guerre et de l’exploitation des races et des nations les unes par les autres.” . » (Henry C. Morris, The History of Colonization, From the Earliest Times to the Present Day, Vol. 1, 1904, p. 10)

Dans le cas des Etats-Unis, du Canada (et du reste des Amériques), de l’Australie, de la NZ et de bien d’autres parties du monde, la phrase “peuples des territoires sous la jurisdiction d’états membres”, veut dire: “peuples des territoires historiquement colonisés par des états membres (ou par les prédécesseurs des états membres)”.

Le “problème indigène” est un problème colonial

D’après la fiche no9 des “Droits des Peuples Indigènes”, publiée par la Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU, “les peuples indigènes ou peuples aborigènes sont ainsi appelés parce qu’ils vivaient sur leurs terres avant que les colons ne viennent d’ailleurs.” Ce document poursuit que “les nouveaux arrivants” devinrent dominant par la suite “grâce à la conquête, l’occupation, l’implantation de colonies ou par d’autres moyens.” (on trouve ceci dans la première page de la fiche technique no9:

first page of Fact Sheet No. 9.)

Ainsi, d’après le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU, le terme “indigène” est correctement appliqué aux peuples soumis à une domination ou pour le dire un peu différemment, c’est justement appliqué aux peuples sur lesquels une domination s’est établie. De manière intéressante, c’est aussi la définition de “peuples coloniaux” donnée par l’anthropologue Laura M. Thompson dans son essai de 1943: « Steps Toward Colonial Freedom: Some Long-Range Planning Principles Toward a New World Order. » (NdT: la terminologie de New World Order, ou de Nouvel Ordre Mondial n’est pas nouvelle, H.G. Wells avait déjà intitulé un de ses livres “New World Order” dans les années 1930…). Il est toutefois très curieux de noter que la domination établie par les “nouveaux arrivants” sur les peuples indigènes “par conquête, occupation, colonisation ou autres moyens” ne soit pas caractérisé par le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme comme étant une violation des “droits des peuples indigènes”.

Dans la préface d’un autre live de Thompson, John Collier, qui fut le commissaire aux affaires indiennes américain de 1933 à 1945, identifia le lien entre la politique indienne américaine et le colonialisme. Il fit la remarque suivante: “Quand en 1941, Harold Ickes, alors secrétaire à l’intérieur et moi-même, alors commissaire aux affaires indiennes et William W. Beatty, alors directeur de l’éducation pour les Indiens, sollicitèrent la recherche dont ce livre est un des produits, nous regardions le Service des Affaires Indiennes du gouvernement comme juste une des entreprises de l’administration coloniale, une curatelle (fideicommis), un service aux dépendances et aux monorités, dans le monde entier.” (Laura M. Thompson, Culture In Crisis, A Study of the Hopi Indians, 1950, p.12-13).

“Les peuples coloniaux” ne sont pas les colonisateurs, les colons. Ils sont les gens soumis à la domination colonisatrice, la jurisdiction ou la règle coloniale. Les peuples coloniaux sont les peuples ou nations qui, en résultat d’avoir été historiquement soumis au processus violent de la colonisation par des populations colons, colonisatrices et tenues en un état perpétuel de ficelage colonial. Une fois placés sous la domination coloniale, les colons leur refusent alors le droit de restaurer une fois de plus leur façon de vivre indépendante issue de la pré-colonisation. C’est parce que les nations et peuples indigènes tentent d’utiliser la déclaration des droits des peuples et nations indigènes de l’ONU pour se libérer de l’héritage de la domination coloniale et de l’oppression que bien des états et en particulier les Etats-Unis, sont opposés à l’article 3 et autres provisions spécifiques de ce document.

La déclaration universelle des droits de l’Homme, en se référant spécifiquement aux “peuples des territoires sous la jurisdiction des états membres”, réfère aux peuples vivant sous la règle coloniale. Ceci décrit les nations et peuples indigènes. D’après le cadre des droits de l’Homme international, toutes les nations et tous les peuples du monde vivant sous la règle coloniale ont le droit à l’auto-détermination exprimée dans les accords internationaux sur les droits de l’Homme. Ils ont aussi le droit d’utiliser ce principe d’auto-détermination pour se libérer de la domination coloniale. Les États, d’un autre côté, n’ont aucun droit de bloquer ou de faire entrave à la libération des peuples et nations indigènes sans violer les standards internationaux des droits de l’Homme.

L’article 3 et la peur des états “colons”

Dans sa déclaration d’ouverture du 4ème Inter-Sessional Working Group de l’ONU, les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude au sujet de l’article 3 de la déclaration sur les droits de peuples indigènes. Certains, disent les Etats-Unis, interprètent l’auto-détermination comme moyen de droit pour se séparer ou de faire sécession du reste de la société. Répondons à ces deux préoccupations.

Séparation

D’après une converstaion avec un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères américain, la mention de séparation est en fait une peur que certains peuples indigènes n’interprètent l’article 3 pour dire que les nations et peuples indigènes ont le droit à l’indépendance.

Indépendance veut dire: “état ou qualité d’être indépendant”, tandis qu’indépendant veut dire “ne pas être influencé ou contrôlé par d’autres”. En disant que les Etats-Unis ne veulent pas que les nations et peuples indigènes soient indépendants, les US disent qu’ils veulent qu’ils demeurent dépendants. Appliquée à des peuples et nations originellement libres et indépendants qui ont été soumis à la colonisation et forcés de vivre sous une administration coloniale comme identifiée par l’ancien commissaire aux affaires indiennes John Collier, le terme de “dépendance” veut dire “subordination ou subjugation à la loi, à la règle coloniale”. Indépendance veut dire libre; dépendance veut dire emprisonné, subjugué ou tenu ficelé par les liens coloniaux.

Si c’est si inacceptable pour tous les peuples et nations du monde de devenir libres et indépendants de toute domination coloniale, pourquoi alors tant de peuples et de nations ont-ils été capables de faire cela depuis que l’ONU a été établie en 1945 ? Cette question devient même encore plus poignante lorsque nous considérons que les nations indiennes des Amériques, la nation Kanaka Maoli d’Hawaii et bien d’autres nations et de peuples forcés de vivre sous les nuages orageux du colonialisme, vivaient de manière totalement libres et indépendantes avant que les empires de la chrétienté n’établissent leur domination coloniale sur les terres ancestrales et les territoires des nations et peuples indigènes.

Lorsque les 13 colonie britanniques le long de la côte atlantique nord-américaine, ont fait leur déclaration au nom et par l’autorité des gens habitants ces colonies, ce fut “que ces colonies unifiées sont et ont le droit d’être, des états libres et indépendants.” Il n’avait pas de longue histoire d’existence au contraire des nations et peuples indigènes, qui avaient une existence originale, libre et indépendante. Malgré cela, Les Etats-Unis considèrent que cela était très moral et de fait même que ce fut un des points culminants des hautes valeurs morales de l’humanité, que ces leaders coloniaux aient établie leur déclaration d’indépendance d’avec la Grande-Bretagne.

La déclaration d’indépendance a marqué le début de l’indépendance pour les 13 colonies comme devenant des états libres et indépendants, ceci était une condition d’existence qu’ils n’avaient pas auparavant. D’un autre côté, nos efforts en tant que nations et peuples indigènes de nous libérer de la domination coloniale est un effort de la RESTAURATION DE NOUS-MEMES dans notre existence libre et indépendante que nos ancêtres ont eu pendant des générations et des générations, des milliers d’années même, fondée sur la spiritualité, notre connaissance des lois naturelles et des instructions originales qui nous ont été données par le créateur. Ceci est notre cheval de bataille de haute valeur morale.

Sécession

Lorsque les 13 colonies de la côte atlantique de l’Amérique du Nord se sont déclarées elles-mêmes libres et indépendantes et se sont jointes en une union, elles ont accédé (c’est à dire consenti) à la volonté de faire de la sorte. En d’autres termes, elles ont libement et volontairement été d’accord pour entrer dans une telle association. Une variante du mot accéder est accession, ce qui veut dire “consentement, accord ou fait d’approuver”. Le mot “sécession” est le contraire d’accession. Faire sécession veut dire: “se retirer d’une manière formelle d’une alliance, d’une fédération ou d’une association.” Ces trois relations politiques impliquent le fait que ces gens acceptent, consentent à ces relations.

La relation entre un empire dominant, un état ou un peuple colonisateur et les peuples colonisés, n’est pas enraciné dans l’accession, le consentement ou l’accord libre ; mais elle est enracinée dans l’oppression. Ainsi, il est impossible pour des nations et des peuples qui sont maintenus de force dans des liens de colonisation de faire sécession d’une telle relation politique abusive. Le faux problème de la sécession est non sequitur (qui ne suit pas) et ainsi, est un non-problème qui n’est mis en avant que pour des raisons inflammatoires et alarmistes.

L’empire américain et les nations et peuples indigènes

George Washington avait fait remarquer à un moment qu’en gagnant la guerre révolutionnaire, les treize états avaient “creusé les fondations d’un grand empire.” “Et c’est toujours dans notre caractère unifié, en tant qu’empire, que notre indépendance est reconnue, que notre pouvoir peut-être envisagé ou notre crédit soutenu parmi les nations étrangères”. Thomas Jefferson qui devint ministre des affaires étrangères et le 3ème président des Etats-Unis demanda à Washingon en 1784 s’il était “pratique de maintenir notre empire séparé du reste du monde “ (Richard Van Alstyne dans le jugement de la cour suprême des Etats-Unis sur l’affaire Loughborough contre Blake (1820), se référant aux Etats-Unis comme un grand empire). Dans l’affaire Downes contre Bidwell (1900), la cour suprême a dit en regard de l’expansion impérialiste américaine, “un faux pas en ce moment pourrait prouver être fatal pour ce que le juge suprême Marshall appelait l’empire américain”.

Dès que les treize colonies britanniques déclarèrent et réussirent à avoir leur propre statut politique indépendant, le nouvellement créé empire fédéral américain conspira pour voler les nations originelleset les peuples des Amériques de nos terres. Ils travaillèrent d’arrache-pied pour priver par la force nos ancêtres de leur propre existence libre et indépendante et de leur façon de vivre, ainsi que de forcer nos nations et peuples à vivre sous la règle coloniale américaine. D’après l’historien Richard Van Alstyne, le cadre de référence des colons américains était “l’empire de Rome à l’époque d’Auguste”. De fait, note Van Alstyne, “avec la venue de la révolution et avec l’ambition des 13 colonies d’être soudées dans un état national souverain, la substitution de la phrase ‘empire américain’ pour ‘empire britannique’ vint facilement et naturellement.” (Richard Van Alstyne, The American Empire, Its Historical Pattern and Evolution, 1960, p. 3). Maintenant, en 1998, ceux qui représentent l’empire américain tentent de maintenir le système de colonisation bâti par leurs ancêtres et prédécesseurs.

Sur quel principe fondamental cet édifice (colonial) a t’il été construit ? D’après Temple Bodley “Et qu’en est-il du droit des Indiens aux terres qui sont les leurs depuis des temps immémoriaux ? La réponse est qu’ils furent regardés par les nations chrétiennes comme n’ayant aucuns droits exceptés ceux que la nation dominante blanche s’appropriant leur pays voulait bien leur concéder. Sous la règle généralement reconnue par les grandes puissances d’Europe, les aborigènes non-civilisés, comme les Indiens d’Amérique, devenaient sujets de cette nation européenne et chrétienne qui les avait découvert et s’était appropriés en premier lieu leur pays, de facto, leurs terres devenaient la propriété de cette nation. C’était une règle très dure pour les Indiens, mais elle était écrite par les loups pour les agneaux.”(dans “Our First Great West, In Revolutionary War, Diplomacy and Politics”, 1938, p. 4)

A ce jour, la loi fédérale indienne de l’empire américain et sa politique demeurent fondées sur la doctrine chrétienne de la découverte et la domination inhérente, ou sur l’affirmation d’une ultime domination chrétienne sur les “Indiens, ces hérétiques”. Ceci se trouve dans le rendu de justice de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre mcIntosh (21 U.S., 8 Wheat., 543). Cet ancien principe de la chrétienté à été intriqué dans les lois et les décisions de la cour suprême des Etats-Unis et sert maintenant de base principale du système colonial sous lequel sontt maintenus les nations et peuples indigènes. C’est aussi utilisé par les pays de loi coutumière britannique comme le Canada, l’Australie et la NZ contre leurs nations et peuples indigènes. Les Etats-Unis ont utilisé des variantes de cette idéologie pour forcer d’autres nations et peuples indigènes, comme les Kanaka Maoli d’Hawaii, sous la domination américaine. La déclaration de l’ONU, incluant l’article 3, est un effort des nations et peuples indigènes d’utiliser les standards communs des droits de l’Homme pour éliminer à tout jamais l’utilisation de telles doctrine immorales et répugnantes telle que la doctrine chrétienne de la découverte et la domination inhérente, comme base de relations entre tout état et des nations et peuples indigènes.

Conclusion

Un des tenets centraux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est “le développement de relations amicales entre les nations”. La déclaration distingue également spécifiquement entre nations et “états membres” de l’ONU. Comme nous l’avons montré ci-dessus, l’expression des droits de l’Homme et des accords internationaux sur les droits de l’Homme, sont faits pour inclure dans leur cadre “les peuples des territoires sous la jurisdiction des états membres”. Lorsqu’une telle affirmation de “jurisdiction” est faite par des états membres, la domination se fonde sur les affirmations d’empire et de la doctrine de la découverte de “païens” et dans le cas des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la NZ, ceci est plus en conformité avec les bulle papales du XVème siècle (NdT: Romanus Pontifex 1455 et Inter Caetera 1493) qu’avec les standards des droits de l’Homme contemporains.

Ces bulle papales, doit-on rappeler, ont donné à la chrétienté une sanction “morale” des plus hautes pour la “subjugation de nations barbares” et pour “envahir, rechercher, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins, païens et autres ennemis du christ.” Les monarques chrétiens (l’équivalent des états aujourd’hui) devaient “réduire les personnes infidèles en état d’esclavage perpétuel” et de “saisir leurs possessions et propriétés”. (The Bull Romanus Pontifex, January 8, 1455. See, Frances Gardiner Davenport, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, 1917, p. 23). La bulle Inter Caetera émise par le pape Alexandre VI le 4 Mai 1493, exprimait le désir du pape que les “nations barbares soient subjuguées” et “l’empire chrétien” étendu.

Malheureusement, beaucoup d’états qui ont construit leurs sytèmes coloniaux sur l’héritage des bulles papales, les chartes des colonies britanniques et autres idéologies totalement démodées en provenance du passé, essaient maintenant de maintenir le statu quo ainsi que ses fondations immorales et ce, malgré le fait que ces doctrines aient été répudiées Par exempe la décision de la cour internationale de justice sur l’affaire du Sahara occidental, la décision Mabo en Australie et la condamnation universelle de l’apartheid en Afrique du Sud. Que des états récalcitrants s’accrochent à un cadre immoral, archaïqe et criminel du colonialisme alors que nous allons entrer dans le XXIème siècle (NdT: article écrit en 1998) est une insulte aux nations et peuples indigènes du monde entier en plus d’être totalement contre-productif. Ceci envoie le message constant que les peuples et nations indigènes ne pourront jamais se libérer d’un système de domination colonial qui remonte à plus de cinq siècles.

 

Source:

http://ili.nativeweb.org/global_liberation.html