Renaissance de la conscience politique: Redevons le peuple, car celui-ci manque à l’appel…

Soyons ce peuple qui manque

 

Thomas Moreau

 

9 mai 2017

 

url de l’article original:

http://www.revue-ballast.fr/soyons-peuple-manque/

 

Les pires choses ont une fin, et celle de la campagne présidentielle ne se paie pas, ou si peu, le luxe du soulagement : seulement du sursis — il ne tient qu’aux têtes dures de transformer ce répit en offensive. C’est d’ailleurs l’objet du présent texte aux allures de manifeste : revivifier la démocratie, ancrer l’émancipation, réveiller l’imaginaire, fabriquer des socialistes, renouer pratique et pensée, bref, écrit l’auteur, cesser de « pétrir la matière politique qu’à seules dates fixes ».

Pléthore sont les spécialistes1 à avoir émis, depuis bien longtemps, l’avis de décès du caractère démocratique de nos sociétés libérales et représentatives — ces représentants qu’Étienne de La Boétie qualifiait déjà de « mange peuple ». Cette démocratie n’est qu’un hochet frénétiquement secoué par la bourgeoisie républicaine afin d’asseoir et de perpétuer sa domination économique, politique, sociale et culturelle sur les démunis. La récente élection lève, une fois de plus, le rideau sur la nature post-démocratique de nos institutions : le vrai vainqueur est l’abstention — 21,8 % des inscrits (auxquels il faut ajouter environs 10 % de non inscrits) au premier tour ; 18,02 au second. Ces contempteurs du vote proviennent pour la plupart des quartiers populaires, de la classe ouvrière et employée. Une démocratie post-démocratique ? Oui, car les droits juridiques élémentaires, déjà malmenés par l’État et ses dépositaires, risquent de pâtir plus encore, nouveau mandat oblige. Le régime Hollande a donné le la — état d’urgence continuellement prolongé et mise en place de nouveaux outils pénaux et administratifs —, qu’il suffira d’étendre pour encadrer de plus belle les populations (la répression dans les quartiers populaires et lors des manifestations contre la loi Travail indiquent le chemin). Signe des temps présents : Macron a annoncé publiquement qu’il allait gouverner par ordonnances. Le caractère inégalitaire du débat ou de l’espace dit « public » est intégré : le CSA a ainsi jugé que l’égalité stricte commençait deux semaines avant le premier tour et que le temps de parole devait, en amont, être jaugé sur le seul principe de l’équité (son communiqué ne cache pas les inégalités de temps de parole, patentes, ni son échec dans sa mission d’arbitre). Il a suffi d’un ouvrier — partout moqué — pour déchirer, le temps d’un live, l’entre-soi des belles personnes. Emmanuel Macron a bénéficié de l’alignement des planètes de l’oligarchie : sa légitimité n’est que peau de lapin, l’honorant même du titre de président le moins bien élu de la Ve République.

Revivifier la démocratie

Il n’est pas question de diminuer le signifiant démocratique ; il s’agit de lui donner une substance, et non une forme, à même d’induire une pratique active et régulière. Le peuple ne saurait se plaindre d’être représenté s’il consent au principe représentatif ou borne son propre rôle à quelque vote épisodique. Sa participation à la vie de la Cité est un préalable au statut plein et entier de citoyen — ce que l’on nomme « protagonisme » en Amérique latine. Pour ce faire, une démocratie revivifiée dépend de trois champs, à labourer avec attention : la structure organisationnelle, le processus démocratique et l’implication du citoyen. Comme toute structure, une organisation fabrique de la hiérarchie et du pouvoir — des moyens simples permettent de les sangler : le mandat impératif, la démocratie directe, la rotation des mandats, l’abolition de la différenciation entre tâches manuelles et intellectuelles, un droit de priorité de parole aux minorités… Une démocratie vivifiée se doit de suivre un processus long, dans lequel la parole est distribuée en égalité comme en équité : les femmes, les racisés et les moins dotés en divers capitaux doivent être prioritaires dans l’attribution de la parole, sans toutefois les y contraindre. La démocratie est le dissensus — le référendum de 2005 fut en cela exemplaire, au regard de la durée et de la qualité des échanges organisés par les citoyens eux-mêmes : il permit d’impliquer en éduquant, par le questionnement collectif. L’organisation a tendance à tuer le non-similaire, le questionneur, le pas de côté, quand ces éléments forment l’ensemble des touches qui brossent le portrait d’un intellectuel collectif se nourrissant des singularités. Mettre un bulletin dans une urne ne consiste pas à voter pour tel ou tel candidat de quelque émission de télé-crochet musical. Ne pétrir la matière politique qu’à seules dates fixes, c’est prendre le risque de trop étreindre, donc de mal embrasser. Un citoyen entier ne se pose pas la question de sa capacité d’agir ou de peser ; il fait. L’économiste et fondateur de Socialisme ou Barbarie, Cornélius Castoriadis, avait déjà repéré les signes d’une barbarie soft à venir : « Il n’y a pas seulement la dilapidation inversible du milieu et des ressources non remplaçables. Il y a aussi la destruction anthropologique des êtres-humains transformés en bêtes productrices et consommatrices, en zappeurs abrutis2»

Le ventre mou de la classe moyenne

Le prolétariat — entendu comme la classe sociale opposée à la classe capitaliste — ne cesse de se diversifier, sans néanmoins avoir conscience de sa force : son remplacement par le « précariat » le situe dans un rapport de soumission alors qu’il est le producteur de richesse. Son salaire ne correspond, en valeur absolue, qu’à quelques heures par jour sur la totalité du mois : le reste est capté par un patron et les professions d’encadrement qui pantouflent dans des bullshit jobs3. Prestidigitateur sans pareil, le capital cache cet état de fait en s’attaquant à la construction même de nos individualités. Par la marchandisation du monde, des êtres et des choses, le capital est parvenu à effectuer la jonction entre une fabrique égotique du moi et l’intégration d’un ordo-libéralisme faisant de l’individu le seul responsable de sa réussite ou de sa déchéance sociale. Ce prestidigitateur joue sur le désir d’appartenance à la classe moyenne — ce ventre mou vers lequel tout le monde se projetterait sans vraiment en être. Le tour de magie consiste à développer des modes de consommations au rabais, ressemblant de loin à celui des classes supérieures : le Club Med était une forme de tourisme de nantis camouflés sous les hardes de la consommation de masse ; Uber est un service de taxi réalisé par des défavorisés ; Airbnb transforme votre espace le plus intime en hôtel… Ce ne sont plus des services mais un rang social apparent désirable, car voulu par une supposée majorité de personnes : la dernière décennie se plut à multiplier les besoins superflus. Cette promesse, ce sous-texte, se déploie de la publicité à la promesse-sésame cachée du nouveau président à ses vaillants électeurs. La déconnexion entre le travail et la consommation s’avère de plus en plus prégnante : le revenu universel, porté par Hamon, en constitue la traduction électorale.

Le ressentiment social, le bluff ou l’émancipation

Cette marchandisation du monde se retrouve dans la votation, devenue acte de consommation électorale. Lors des élections, les dominants de tout poil ont, par leur bulletin, comme réflexe premier de maximiser leur rente et leurs divers capitaux : la messe est dite. Les masses déshéritées peuvent se tourner vers des partis du ressentiment social, souvent orienté contre des individus, eux aussi vulnérables, et non contre les structures mêmes de l’ordre économique dominant. Les populations fragilisées peuvent faire le choix de l’abstention — ce qu’elles font majoritairement —, par lassitude, par désintérêt ou par rejet d’un système institutionnel et politique qui, d’alternance en alternance, ne change rien, sinon la couleur de ses cravates. Dans les anciennes citadelles ouvrières — les fameuses « banlieues rouges » —, elles maintiennent cependant quelque horizon émancipateur — a minima (France insoumise), ou plus radicalement (NPA, LO). Enfin, elles peuvent céder à la séduction du mythe du self-made-man, fort des slogans bruyants de l’auto-entrepreneuriat (En marche ! en est le parangon). Contrer, ne serait-ce que partiellement, le saccage de nos conquis sociaux — par un Macron, une Le Pen ou un Fillon — tenait, au premier tour, de la toilette minimale. Gardons-nous de fétichiser l’urne : c’est même le moindre moyen de transformation sociale, par les temps qui courent. Bien plus qu’une vaste recomposition partisane et politicienne (toujours trop intégrée au système et sans grands effets matériels chez les gens ordinaires), il importe de recréer, sans délai, un imaginaire capable de révéler notre force collective.

Insuffler un autre imaginaire 

La critique n’aura bientôt plus d’intérêt — nous hésitons même à recourir au présent. De siècle en siècle, les textes s’accumulent et les théoriciens théorisent. La lutte contre le capitalisme ne saurait se borner à quelque invocation : elle se fait dans la tête, dans nos modes d’êtres, d’échanger et de consommer. Cela passe par le fait de (se) dégager du temps, en cette ère d’accélération constante du quotidien, puis de (se) donner les moyens d’être enfin citoyen. L’heure de cette idée est venue, chacun le sait, le sent : elle flotte dans l’air. Déjà plus que palpable lors du 15-M, d’Occupy Wall Street ou de Nuit debout, la question démocratique fut un thème majeur, bien qu’intrinsèquement biaisé, de la dernière campagne. Déjà effectives, au quotidien, chez les anarchistes, les conseillistes et les communistes libertaires, cette pratique émancipatrice de la démocratie assure la réconciliation entre individu (désormais capable dans la Cité) et souci du commun — il aide, en sus, à croiser pratiques et théories. C’est sur la base des mouvements sociaux existants que doit s’opérer cette démocratisation des structures du pouvoir afin de contrer l’ensemble des hiérarchies institutionnelles à l’œuvre à tous les niveaux territoriaux (local, régional, national, extra-national), et ce dans tous les domaines. Cette prise de conscience de la force des collectifs et des communs est un agent de transformation également individuel : il charrie des modes de vie à impacts sociaux — citons, entre cent, ces formes d’auto-limitation volontaire et d’augmentation des liens et des formes de solidarités et de sociabilités (le convivialisme comme éthique de vie). La création de nouveaux imaginaires passe aussi par l’élaboration de cadres permettant au citoyen d’acquérir un pouvoir sur (la domination, l’exploitation, l’exclusion…), un pouvoir de faire (d’action), un pouvoir avec (dans la diversité des composantes) et un pouvoir dedans (dans un groupe qui diminue les effets de pouvoir).

L’idée socialiste en quête de relais

Autres temps, autres lieux, mais la militante libertaire Lucy Parsons avait déjà saisi les manquements du tout-urne : « N’allez pas croire que les riches vous autorisent un jour à leur ôter leur richesse par les urnes. » L’aspect spectaculairement ridicule de la dernière séquence électorale démontre combien cette seule voie tient de l’impasse. Il est temps de remettre en cause le fétichisme, hégémonique, au sein de la gauche, du processus électif, perçu comme horizon légitime. Si Podemos s’affiche en perte de vitesse, c’est en partie qu’il a tourné le dos aux luttes. Le continuum entre engagement partisan et les combats de terrain n’existe plus, ou devient l’exception, alors que c’est leur mise en dialectique qui permit justement d’arracher des victoires sur l’organisation capitaliste de nos sociétés : le Front populaire, le programme du Conseil national… Le règne de la séparation organisée entre les mouvements sociaux et les organisations politiques charrie défaites sur défaites. Sous configuration capitaliste, l’organisation des forces économiques et des êtres s’établit par le haut, après conquête de l’appareil d’État via des formations partidaires. Un bloc idéologique nous fait défaut. Ses relais aussi.

Fabriquer des socialistes

Coup d’œil dans le rétroviseur. Nos aïeux possédaient souvent de multiples casquettes. La CGT des premières heures était en partie anarchiste et ses militants animaient des bourses du travail à valeur d’écoles théoriques, pratiques et idéologiques de conscientisation et d’actions. Le militant PCF de l’immédiat après-guerre était souvent syndicaliste CGT. En revendiquant une neutralité politique au nom de la Charte d’Amiens, la CGT s’extirpe des logiques politiciennes mais elle aurait tort de les laisser aux uniques appareils partisans (notamment pour éviter de voir ses membres embrasser le discours du Front national ou afficher des comportements contraires aux valeurs dudit syndicat). Notre incapacité à nous organiser dans plusieurs sphères, par trop imperméables, justifie notre faiblesse : on peut multiplier les déclarations sur le manque de conscience des classes populaires acquises à l’auto-entrepreneuriat ou sur la classe salariée non-abstentionniste, qui verrait dans le voisin immigré l’ennemi, mais ce n’est que la traduction d’une dilution, voire d’une disparition des rapports de force et d’exploitation dans nos sociétés. George Orwell énonçait dans les années 1930 : « Les socialistes ont assez perdu de temps à prêcher des convertis. Il s’agit pour eux, à présent, de fabriquer des socialistes, et vite. » Impératif pareillement impérieux.

À quand un intellectuel collectif et organique ?

Une contre-culture se forme actuellement dans les sphères intellectuelles — des revues4, des chaînes YouTube5, des entretiens filmés6 ou encore des émissions radio7. Elle ne parvient que fort peu à entrer en résonance avec l’ordinaire ou la colère des classes populaires. Ces « gisements culturels », tels qu’évoqués par Castoriadis, tournent le plus souvent en circuit fermé. Si l’intellectuel traditionnel existe et squatte plateaux et tribunes journalistiques, l’organique — lié au peuple — est parti à la pêche avec les abstentionnistes. Ce ne sont pourtant pas les cadres de luttes qui manquent, qu’ils soient citoyens, associatifs, mutualistes, coopératifs, d’entraides, syndicaux, d’organisations politiques non-partisanes (AMAP, SEL, monnaies locales…). Les adeptes du raffinement analytique peuvent invoquer les totems de la réification, de l’aliénation ou du fétichisme, mais allons à l’essentiel : c’est la sujétion, dans son injonction à l’unanimisme et à l’unicité, qu’il s’agit de détruire dès lors qu’elle pointe le bout de son nez. Les moyens diffèrent. Mais l’étincelle est la conscience d’appartenir à une classe : cette conscience garantit la liaison entre praxis et théorie, être et conscience, autonomie individuelle et sociale — autant d’éléments à réunir pour retrouver notre force agissante collective. L’intendance suivra. La conseilliste Rosa Luxemburg nous dressait la voie en déclarant qu’un prolétariat en lutte se dote spontanément de l’organisation dont il a besoin. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les chauffeurs Uber : ils se constituèrent in fine en syndicat, emboîtant le pas aux livreurs Deliveroo. Ces derniers — auto-entrepreneurs, salariés de fait mais sans les garanties minimales d’un travailleur — s’organisent, se syndiquent, rejoignent les cortèges de tête des dernières manifestations. Une fraction de la CGT (la Filière Traitement des Déchets Nettoiement Eau Égouts Assainissement) arbore à Paris les couleurs rouge et noire. Ce sont ces franges — où l’exploitation est la plus implacable et le travail le plus ingrat — qui redonnent de la combativité au mouvement syndical : ils sont à suivre dans la séquence qui vient. À l’instar des identités, les luttes se croisent, s’entre-croisent, se mélangent, se superposent, bref, nous fertilisent en dépit des dissensions et des points de départ respectifs. Le capitalisme s’est mué en fait social total : la lutte doit rivaliser d’ambition — l’exploitation dans les rapports de production, bien sûr, mais aussi le patriarcat, le racisme, le sexisme, l’homophobie, le validisme ou encore l’exploitation animale.

Une sphère militante qui tend la main

Prenons soin d’éviter la création d’un marquisat de la lutte — recherche perpétuelle du plus pur vécu, concours de qui pisse le plus loin, registre sacrificiel. Le militant, tout à son sincère dévouement à ses idées, oublie parfois que son rôle n’est pas de s’imposer mais d’accompagner la marche populaire, de l’aiguiser, de la ravitailler. Les trompettes de la radicalité rebutent : au mieux sans effets, au pire risibles. Si les militants peuvent anticiper la constitution d’un mouvement réel de mobilisation, jamais ils ne doivent chercher à le diriger : l’humilité est le socle de tout engagement activiste. Il faut savoir créer le désir, susciter des affects de joie ; s’impliquer dans les cadres militants n’est pas toujours chose aisée, notamment pour les moins dotés en capitaux économiques, sociaux, culturels, cognitifs… La création de Nuit debout, autour de la contestation de « la loi Travail et son monde », permit, malgré l’absence remarquée d’une banlieue ne se mobilisant pas pour la défense d’un salariat dont elle est exclue, une certaine diversité des profils sociaux et la rencontre, à défaut d’un rapprochement sur la durée, de traditions et de structures politiques diverses. Une esquisse à enforcir.

S’engager pour grandir et faire grandir ce peuple qui manque

Ces lieux d’engagement permettent de remplir des vies souvent aliénées par le travail ou vidées par l’organisation de celui-ci : donner un sens politique à sa vie, c’est tourner le dos à l’ère du vide, c’est se réapproprier en tant qu’être entier capable de faire. Le vide est plein de renoncements — s’impliquer dans une forme ou une autre d’activité militante, c’est commencer à construire des moments ou des espaces d’émancipation lorsque l’on travaille, lorsque l’on se trouve dans son quartier, lorsque l’on se détend ; c’est redonner de la densité à l’espace, une pesanteur au temps, quand tout, partout, « se liquéfie ». Des formes de projection et de conservation sont à façonner par une pratique en continu. Face aux périls économiques et autoritaires, il s’agit de faire bloc pour en créer un autre, en l’état de conquérir plus d’égalité et de justice sociale. Ce bloc ne peut marcher que sur deux jambes : la lutte sociale et la bataille politique. Face à Emmanuel Macron, il est plus que temps de le constituer. Pourquoi rester dans le chacun chez soi quand il y a tant de châteaux à raser ensemble ? Soyons ce peuple qui manque, dans toutes ses textures, pour nous libérer de toutes les formes d’exploitation d’un être vivant sur un autre. Construisons-le pas à pas comme sujet collectif ; il ne sera jamais que le fruit d’un processus politique d’élaboration, par-delà le seul et trop simpliste « eux » contre « nous ». Devenons nos propres maîtres et faisons faux bond à nos sectarismes — luttes et organisations politiques, théories et pratiques, être et conscience ont tout à gagner à savoir se parler et grandir ensemble.

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16 Réponses to “Renaissance de la conscience politique: Redevons le peuple, car celui-ci manque à l’appel…”

  1. Magnifique…
    Comme quoi, à force de se donner à lire, et à réfléchir, viendra nécessairement cette union à cette réflexion pour des actions directes efficaces.

    « Emmanuel Macron a bénéficié de l’alignement des planètes de l’oligarchie » d’ailleurs il a affirmé aujourd’hui même, lors de son « sacre » qu’il était investi d’une mission… Preuve en est qu’il s’est défini lui-même, comme le « Maitre des horloges » Tic tac, tic tac…

    Nous avons absolument le choix de vivre libres et heureux. Jo

    • Ouais, une bonne lecture revigorante.
      Je suis passé sur le Saker fr juste avant et me suis intéressé à un petit brouillon de Brandon Smith qui évoque l’importance de la communauté, de la structure et de la préparation.
      C’est un autre registre mais je ne peux que relier ces deux publications et conclure qu’il faut… Il faut… que je me bouge le cul !

      • Wouah ! J’ai fait la même !
        Et figures-toi quand lisant le texte de « Qui était Bakounine » ce texte de Smith me trottait dans la tête. Alors, c’est clair Smith présente les choses sous le prisme « Zunien » et l’angle « patriarcal » mais il y a vraiment des choses qui sont à relever et à mettre en lien oui ! Très juste mon Grumeau ! Jo

  2. Tenez, c’est ce texte là dont parle GC de B. Smith sur LSF ► http://lesakerfrancophone.fr/regles-et-dangers-pour-organiser-des-groupes-de-protection-et-de-survie

    Alors, pour ma part, je bloque avec Smith et sur de nombreux points, et très souvent. Notamment lorsqu’il affirme ceci ; « Tous ces traits et plus pourraient être des raisons de supprimer ces personnes d’un groupe, dès les premiers stades de l’organisation. C’est le monde réel de l’OPSEC – en passant par le difficile processus de trouver des personnes dignes de confiance, avant qu’une crise ne se produise. »

    Sans doute suis-je naïve, mais si je suis persuadée de notre nécessité à nous mutualiser à l’échelle locale, dans la vie réelle donc, et le plus tôt sera le mieux. Smith assène tout de même une « logique » à laquelle je suis totalement hermétique. Pour preuve ; L’organisation est absolument nécessaire à la survie
    Il n’y a aucun moyen d’y échapper – à travers l’histoire moderne, les personnes les plus organisées lors d’une catastrophe, sont les plus susceptibles de vivre. Les personnes qui ne sont pas organisées doivent compter sur la chance. Je ne crois pas à la chance.

    Smith résonne en mode « survie » et c’est là dessus que je bloque. Pour autant, il y a quelques points totalement lucides et construit qui méritent d’être relevés.

    • Tût – tût – tûûût !

      La chance existe, je l’ai rencontrée. Mais on ne se rend compte de notre chance souvent qu’avec un décalage temporel, lorsqu’on analyse après coup les événements concernés.

      La chance à mon avis serait le produit d’une rencontre, celle de nos actes et de notre être profond. Une paraphrase bien connue résume ma pensée : qui veut, peut.
      Mais c’est souvent dans les situations extrêmes que surgit cette fameuse rencontre, la chance est donc un produit rare.

      Smith n’est pas non plus mon blogueur préféré 🙂 .
      J’avoue trouver des idées intéressantes, ou du moins qui me touchent ou me correspondent, chez beaucoup de personnes qui détiennent ou écrivent des vérités contraires.
      Je ne peux donc rien faire d’autre que promouvoir la « mutualisation » des idées ou des actes par l’expression de la tolérance et de la compréhension, sans toutefois lâcher ma garde.
      Et sur ce point je trouve que Smith à raison : imagine qu’un trolleur se glisse dans tes relations et pourrisse ton blog, les boules non ?

      • Juste, mais Smith est quelque peu, expéditif. Y taille dans le vif direct. En fait, je trouve cet article plus en mode « survivaliste » que survie. Et j’estime, naïvement peut-être, que l’objectif est quand même la vie, non la survie. La liberté, non la coercition. Et Smith dans ce cas précis, ce pose en décideur, un poil « divin » non ? En mode Zunien, comme d’hab, à savoir l’être supérieur, exceptionnel et indispensable…

    • analyse juste. Smith est un étatiste, il n’a pas de solutions autre que réformer le système et espérer le rendre « vertueux », comme Chouard et consorts.. bref, tous ces gens ne font que pisser dans un violon… 😉

      • C’est pourquoi j’ai compris lorsque je l’ai lu, pourquoi vous ne l’avez pas relayé. Comme le dernier Escobar sur Emmanuel Clinton, et en cela le texte de Meyssan est beaucoup plus percutant. Alors Meyssan a toujours procédé ainsi (et c’est précisément ce qu’on lui reproche aussi) il a juste publié sur MacDeRoth beaucoup plus rapidement. Car pour Nicolas le Mauvais, il avait publié une bio détonante 1 an et demi après. Et pour François le Petit aussi. Alors que là, le lendemain…
        Tout démontre que cette élection était planifiée longtemps à l’avance et l’on comprend donc qu’il fallait que ce soit la Maréchal Nous Voilà, en face (et elle s’est couchée à la demande des Maitres, touchant une compensation surement) lors du débat, notamment où ça s’est vu ! Donc, votre texte sur Bakounine après Dilar Dirik tombent à pic, pour réveiller les indécis qui roupillent sec, enfin à mon sens… Jo

        • oui la comparaison est bonne: le Pen a fait un combat de boxe truqué où on lui a demandé de se coucher au 4ème ou 5ème round que ce soit pas (trop) voyant… et en bonne larbine, comme le gagnant du reste devenu larbin en chef, elle s’est couchée.
          Tout çà c’est grotesque et pathétique. qui peut encore croire une minute à ces inepties électorales ?
          Effarant d’être naïf à ce point !

          • Bah y’en a un bon paquet, et des pointures, notamment ceux qui ont appelé à veauter pour La Marine… Et c’est cela qui m’a fichue par terre, car je me suis dis que si tout ce monde pouvait soutenir cette dynamique, alors qu’il l’a dénonce dans leur livre, vidéo et bien souvent comme crimes ou mensonges d’État… C’est autant de difficulté pour nous pour déciller les yeux des indécis, vous comprenez ce que je veux dire ? Perso, j’ai vraiment eu l’impression depuis le 7 mai, d’être revenu au point 0. Parce qu’actuellement dans les « merdias » alternatifs (ceux de la dissidence contrôlée) on s’étonne que La Voix de Son Maitre applique le Plan… Ben non, logique, tout à fait logique. C’est le contraire qui y été étonnant non ? Comme aurait dit Desproges et impossible à l’aune de ce que nous savons, et dénonçons…

            • Naïveté ou complicité ? si complicité… volontaire ou tacitement involontaire à l’insu de leur plein gré ?… 😉 😀
              En ce moment, certains sites anarcho-syndicalistes sont en train de ressortir Proudhon du placard pour justifier le vote… Il y a toujours eu des foies jaunes et il y en aura toujours. Le pire c’est qu’à partir de 1937, la CNT en entrant au gouvernement espagnol a trahi la révolution sociale, les staliniens s’y sont associés pour finir le sale boulot…
              Le réformisme est l’arme absolue de l’oligarchie pour diviser le peuple. Le seul moyen est de sortir de cette fange. Il n’y a pas d’autre solution.
              çà fait un bail qu’on le dit ! La ligne est celle de la tangente tout le reste n’est que piss…. tu connais la suite 😉 ;-D

            • Oui… D’autant qu’on est totalement d’accord. Mais cela devient tout de même intenables pour certains, comme Ruffin par exemple qui a appelé à veauter Macron, tout en affirmant le combattre dès le 8 mai au matin. Parce qu’on voit bien le danger de l’avoir porter au pouvoir, légitimant ainsi tout ce qui allait suivre et absolument tout ! Pour autant, il n’a jamais été aussi clair, que veauter ne sert absolument à rien. Et que notre société des sociétés, finalement est 100 fois préférable à ce que Macron a été chargé de parachever puisqu’Hollandouille s’est révélé incapable d’aller au bout. Là la viande est tendre !

            • Tous les réformistes vivent dans le mensonge patenté, soit sciemment, soit par duperie, mais le résultat final est le même.
              L’expression con-sacrée est: « les idiots du système ».. c’est pas faux, c’est pas faux.. 😉

            • Oui, c’est pas faux du tout…
              D’ailleurs, on peut lire aussi « Les idiots utiles du Système » et là, ils lui sont même carrément indispensables et je crois qu’on le leur rend bien, sauf que ça ce voit… Alors qu’avant on le ne voyait pas, parce qu’on ne le savait pas. Et Udo Ulkotte notamment a largement contribué à percer à jour ces pratiques ! Sacré Udo ! Bon il ne fut pas le seul, Annett dans sa catégorie est toujours là et heureusement !

  3. […] Les pires choses ont une fin, et celle de la campagne présidentielle ne se paie pas, ou si peu, le luxe du soulagement : seulement du sursis — il ne tient qu’aux têtes dures de transformer ce répit en offensive. C’est d’ailleurs l’objet du présent texte aux allures de manifeste : revivifier la démocratie, ancrer l’émancipation, réveiller l’imaginaire, fabriquer des socialistes, renouer pratique et pensée, bref, écrit l’auteur, cesser de « pétrir la matière politique qu’à seules dates fixes ». Lire l’intégralité du texte sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/05/14/renaissance-de-la-conscience-politique-redevenons-le-p… […]

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