Lutte contre le colonialisme: Balayer d’abord le pas de sa porte…

Vous ai-je entendu dire que 10% des ressources énergétiques des Etats-Unis se trouvent en territoire autochtone ?

 

John Kane

 

18 février 2014

 

url de l’article:

http://bsnorrell.blogspot.com/2014/02/john-kane-did-i-hear-you-say-10-percent.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Attendez une minute… Dites-moi, comment se fait-il que quelques ressources que ce soit sur nos terres puissent être considérées comme un pourcentage des ressources de quelqu’un d’autre ?

Laissez-moi vous le dire…

D’abord, ceci s’est produit sous le coup d’un vol en plein jour. Un vol commis au travers de la fraude et de l’extorsion… avec un petit peu de religion dessus pour mieux faire glisser. Puis le même vol a continué avec des miettes des fortunes réalisées jetées aux pauvres gens choqués et/ou leurs leaders corrompus afin de légitimer le vol en quelque sorte.

Puis on en arrive là où ceux qui ont été achetés parce qu’à vendre parmi nous, ont fait des accords pour recevoir l’argent rapide et facile, ceux se proclamant nos “leaders tribaux” déclarant que tout ceci était bien sûr au nom du progrès, du développement économique ou pire ; étiquetant nos ressources comme n’étant pas notre mais celles de la nation qui a déjà volé tout ce qui a déjà pu l’être et ainsi promettant nos ressources pour que l’Amérique soit fière de nous.

Durant son adresse à l’état de la nation indienne délivrée au National Congress of American Indian’s (NCAI) par  le président Brian Cladoosby, furent répété là-bas des références à ce que “nous, les peuples autochtones” représentons pour les Etats-Unis. Il insista sur les revenus que l’état de Washington (NdT: sur la côte Ouest, capitale Seattle à ne pas confondre avec Washington District of Columbia, capitale des Etats-Unis) reçoit des “tribus”, incluant sa propre tribu Swinomish et durant tout ce discours au sujet de notre place sous la jupe de Mme la belle Amerique, vint la référence de ce que 10% des ressources énergétiques de “la nation”, se trouvaient sur nos territoires.

Ceci n’est pas un problème de possession mal placée ou mal exprimée, c’est un problème d’intention réelle. Même si beaucoup d’entre nous ont tracé une ligne dans le sable, et pas seulement le sable bitumeux, sur l’extraction minière et la dégradation de l’environnmeent, il y a ceux d’entre nous qui sont entourés d’avocats, de lobbyistes, de consultants et d’investisseurs faisant des contrats de millions de dollars pour vendre chaque baril, chaque tonne, chaque m3 de quoi que ce soit qu’ils puissent avoir et vendre.

Les plus grands des facteurs sur l’impact négatif sur l’environnement, le profit et l’intérêt des investisseurs sont l’échelle et l’ampleur. Combien peut-on extraire et à quelle vitesse ? Bien sûr jettez-y un peu de “personne ne vit là à part un petit nombre de marginaux” et bingo! Vous avez la chose la plus formidable sur la réserve depuis… et bien… le Bingo…

Ceci m’amène à ce qui est le plus évident. Bon je sais qui et quoi sont ces “leaders tribaux”. Le gouvernement fédéral leur donne sa “reconnaissance” et donc, leur donne le pouvoir et bien que leur boulot consiste à se trouver une bonne petite niche tranquille au sein du pouvoir colonial pour en profiter, pouvoir qui ne fait que les utiliser, ce n’est en revanche pas mon boulot.

L’activiste féministe Nikki Craft a dit: “La tâche de l’activisme n’est pas de naviguer les systèmes du pouvoir avec le plus d’intégrité personnelle possible, mais elle est de démanteler ces systèmes.”

Notre tâche en tant que survivants de la tentative la plus longue de génocide que le monde n’ai jamais connu (NdT: Depuis 1492… quand même !…) et défenseurs de nos générations futures, protecteurs de la Terre-Mère, n’est certainement pas de nous coucher devant nos abuseurs et de négocier des positions  confortables dans le système qui utilise tout pour son profit (NdT: C’est exactemet ce qu’il s’est produit avec les syndicats et la lutte syndicale, phagocytés pour que leurs leaders puissent bouffer au ratelier du système. Ceci n’est pas une opinion, mais un fait établi…). Notre boulot n’est pas de protéger la “marque déposée” “Canada” ou “Etats-Unis” ou délivrer du “made in Canada” ou “made in the USA” sur le marché global. Ce n’est pas non plus notre boulot de regarder de l’autre côté tandis que la veulerie nous arrache les mains pour soutenir le sempiternel “made in China”. Si nous choisissons  de développer ces ressources, alors ceci devra se faire pour que leur production apporte le maximum de valeur à nos communautés que possible. Les matières premières ne doivent pas être arrachées à la terre, pompées et sorties de nos territoires pour assouvir la soif inextinguible de ceux qui voudraient détruire la planète pour le seul profit. Nos petites populations et les petits territoires encore sous notre contrôle devraient non seulement avoir un futur énergétique garanti mais aussi une échelle et un ampleur de production adaptées à nos communautés et à nos besoins, car ceux-ci et nos désirs, ne devraient jamais excéder ce que l’environnement peut de fait supporter.

Pourtant, malgré toutes ces ressources énergétiques vantées par Mr le président du NCAI, nous avons des membres de nos communautés mourant de froid, non pas au cours de marches forcées ou d’activités extérieures dans la nature sauvage, mais chez eux. Mourant de froid dans ce pays de Mr Obama qui échangeait il y a peu des plaisanteries sur le rachat de la Louisiane avec le président français, et ne tarissant pas sur le fait que cela avait été une super affaire, le tout sous les yeux de Mr le président du NCAI, honoré de se trouver parmi eux. Donc, alors que le débat et la lutte pour bloquer le pipeline Keystone XL  et les sables bitumeux font rage, nous devons regarder ces visages près de nous, pas seulement ces magnats de l’industrie. Nous devons les réveiller de la torpeur illusoire de la subjugation et du leurre de ce rêve américain. Nous devons devenir un phare d’espoir, pas seulement pour nous-mêmes mais aussi pour le nombre toujours plus croissant de personnes qui nous regardent, nous observent et nous demandent d’aider à briser le consensus du statu quo.

Un puit de gaz en territoire Seneca (NdT: nation de la confédération iroquoise) ne devrait pas remplir le pipeline des entreprises utilitaires américaines. Il devrait suppléer le peuple Seneca. Il devrait produire de la  chaleur, de l’électricité et du carburant. Les gens ne devraient pas être pompés par National Fuel pour rembourser des investisseurs qui financent la contamination des terres Seneca et met en danger la santé des personnes et de la vie dans la région.

On peut dire la même chose au sujet du charbon, du pétrole, du gravier, de l’eau et des arbres sur chacun de tous nos territoires. Vendre notre terre par bennes de camion, pipeline ou chemin de fer est toujours vendre notre futur et celui des générations à venir.

Ceci est un système de pouvoir qui se doit d’être démantelé…

Une Réponse vers “Lutte contre le colonialisme: Balayer d’abord le pas de sa porte…”

  1. Absolument d’accord !
    Et il faut attendre 2014 pour que ça commence à bouger, un tout petit peu ! C’est long ce réveil des consciences…

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