Résistance politique: Briser le code de la domination colonialiste…

Répétition, schéma et briser le code

 

Steven Newcomb

 

28 Juin 2015

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/06/28/repetition-patterning-and-breaking-code

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un schéma répétitif peut-être répété au point de devenir fatigant et ennuyeux. Mais, de manière évidente, tout schéma répétitif n’est pas fastidieux. Lorsque des notes et des accords sont répétés de manière artistique et harmonieuse, fondée sur les règles de la composition musicale, on peut alors obtenir une mélodie ou une chanson qui résonne de nos émotions et nous emmène vers de nouvelles “hauteurs”.

Je mentionne la répétition à cause de la tendance de mes articles ces dernières années à avoir été focalisés répétitivement sur l’idée de la domination. J’ai utilisé la technique de la répétition dans un effort d’attirer l’attention sur ce schéma particulier. Ceci dit, permettez-moi de vous donner quelques exemples supplémentaires sur lesquels je suis tombés et qui documente le système de domination contre lequel luttent nos nations et nos peuples originels.

Dans la préface du livre de Walter Echohawk In the Light of Justice (2013), par exemple, James Anaya (envoyé, haut commissaire représentant spécial de l’ONU pour les peuples indigènes) écrit au sujet des “racines” des problèmes auxquels doivent faire face les peuples indigènes”. Ces “racines” dit-il, sont “dérivés de schémas similaires de domination…” (p. VIII). Karen Engle dans son livre The Elusive Promise of Indigenous Development, cite Rodolfo Stavenhagen et sa mention de “l’opposition indigène à la domination…” (p.13). Un livre en langue espagnole publié en 1910 par Manuel Moreno y Sanz donne encore un exemple. Le livre est intitulé: Origenes de la Dominación Española en América (De l’origine de la domination espagnole en Amérique)

Le grand nombre de colonnes et d’articles que j’ai écrits au sujet de la domination font partie de mes efforts pour que les gens remarquent et par là, “brisent” un schéma ou un code apparemment caché. Le quatrième chapitre du livre d’Alvin Toffler The Third Wave (1980) est intitulé “Briser le code”, il y écrit: “ Toutes les civilisations ont un code caché, un set de règles ou de principes qui se trouvent au sein de toutes leurs activités comme une fabrique à répétition.” Lorsqu’on la ré-exprime, cette déclaration de Toffler peut se lire comme suit: “Tous les systèmes de domination ont un code caché, un set de régles ou de principes de domination qui se trouvent au sein de toutes leurs activités comme une fabrique à répétition.” (en passant, la décision de justice Johnson contre M’Intosh de 1823 possède un code caché, un set de règles ou de principes de domination qui se trouvent au sein de son phrasé comme une fabrique à répétition)

Une définition clef du mot “civilisation” que j’ai mentionnée plusieurs fois dans mes articles se colle parfaitement à la vision de Toffler: “civilisation: l’imposition d’un schéma culturel sur une population qui lui est étrangère.” La civilisation est souvent définie comme “le processus d’être civilisé.” Pour nos peuples et nations originels, ce processus d’être soi-disant “civilisé” fut une chose que les Européens envahisseurs œuvrèrent à nous imposer pour que nous vivions “sous” ou “au sein” d’un système idéologique imposé de domination, parfois appelé “ascendance”. Nous pouvons appliquer la notion de Toffler de “briser le code” a nos propres efforts à comprendre plus profondément la schématisation gén´´rale du système de domination et la destruction résultante expérimentée par nos nations.

Quelque chose de très signifiant se produit lorsque nous commençons à remarquer et à nous concentrer sur le “code caché de domination” qui opère en schéma répétitif comme la répétition de “0” et de “1” utilisée pour le codage informatique (le mot latin colere est la racine de “coloniser” et de “fabriquer”). Nous gagnons en clareté lorsque nous apprenons comment appliquer les thèmes de la domination à notre lecture et notre écriture comme partie intégrante du processus de décolonisation (de libération) de nos vies. Lorsque nous avons amené le thème de la domination au niveau de l’attention consciente et organisé en un schéma prêt à la compréhension, il devient alors possible que nous considérions de traiter la domination comme le problème central que nous, les nations et peuples indigènes, devons résoudre et nous débarrasser, dans un monde appelé “indigène”. Une fois de plus, de mon point de vue, nous devons considérer la domination comme le problèmes essentiel à traiter et à être éliminé pour le bien-être et la sauvegarde non pas seulement des peuples indigènes, mais de tout être vivant sur terre, des écosystèmes et des voies, étendues d’eau sur la planète.

La domination est une nation ou un peuple, forçant d’autre(s) nation(s) ou peuple(s) à vivre sous une forme arbitraire de contrôle. (NdT: En cela, la domination s’exerce également sur les peuples occidentaux, forcés de se plier à la règle du petit nombre oligarchique depuis essentiellement la création de l’État engendré par la division politique. En cela nous sommes tous des colonisés de l’idéologie de la domination et de la division entretenues et ce texte s’applique également à nous, peuples occidentaux dominés à un degré différent, même si la violence du système s’est historiquement déchaînée sur les progressistes…) La domination peut aussi être définie comme une personne, un groupe, une nation ou un peuple étant forcé de vivre sous le contrôle d’une autre personne, groupe, nation ou peuple. Pour nous, ce que nous appelons domination est la conséquence de nos peuples et nations ayant été forcés d’exister (et sont toujours forcés aujourd’hui..) à être sujets d’un schéma culturel étranger au nom de la “civilisation” et de “L’État”.

La plupart des gens ne réalisent pas que la domination est à la fois la base et le contexte de ce système politique typiquement appelé “l’état”. Un état est présupposé sur quelque nation, peuple ou groupe élitiste clâmant un droit à la domination sur des écosystèmes entiers et sur des nations ou peuples appelés “indigènes”. En regard à la nature de “l’état”, le sociologue Max Weber a dit la chose suivante dans son classique essai “La politique comme vocation” (1917): “Tout comme les institutions politiques qui l’ont précédées, l’état est une relation d’hommes dominant des hommes, une relation soutenue par le moyen de la violence légitime (ou considérée comme légitime). Si l’État doit exister, le dominé doit obéir à l’autorité (dominante) clâmée par les pouvoirs en place.

Devenir hyper-conscient du schéma de la domination est voir ce schéma comme étant omniprésent dans la société dominante en relation aux peuples appelés “indigènes”. Le mot “civilisation” se traduit immédiatement par “domination” dans le contexte des peuples indigènes et ce qui est le plus souvent exprimé comme étant la “conquête” par les penseurs occidentaux est simplement une autre façon de réferrer à un autre schéma pour ce qui est plus précisément appelé “la domination”. Une fois que nous avons reconnu ceci, nous sommes alors capables de nommer précisément le schéma de domination trouvé dans les titres de livres très importants comme par exemple le livre de Kirkpatrick Sale The Conquest of Paradise (1990), devient “The Domination of Paradise” ; celui de Tzvetan Todorov The Conquest of America (1982) devient “The Domination of America” ; celui de Linsday Robertson Conquest By Law (2005) devient “Domination by Law”.

Notre façon d’interpréter ce que nous lisons change une fois que nous comprenons que le mot “conquête” veut dire “domination”. Une phrase du livre de Linda Parker Native American Estate (1987), dit par exemple: “Plus tard la doctrine [des croisades] a évolué pour justifier la conquête du monde”, ceci est plus précisément ré-exprimée de la sorte: “Plus tard, la doctrine [des croisades] a évolué pour justifier la domination du monde.” (p.2)

Une autre phrase du livre de Parker dit: “Par la loi divine les nations impérialistes chrétiennes étaient supérieures et avaient le droit de dominion et de régner sur les habitants non-chrétiens et leurs territoires.” Ceci est correctement ré-exprimé comme suit en suivant en termes de code de la domination: “Par la loi divine les nations impérialistes chrétiennes étaient supérieures et avaient le droit de dominer et de régner sur les habitants non-chrétiens et leurs territoires.” Les mots et expressions dans juste cette phrase contenant le thème de la domination incluent: “nations impérialistes chrétiennes”, “supérieures”, “dominion” et “régner”.

L’ historiographie de la domination des nations et peuples originels dans notre partie de la planète par les monarchies de la chrétienté occidentale, utilise une très grande variété d’euphémismes pour répéter le même thème de la domination encore et encore. Des exemples incluent: “guerre juste”, “nations impériales”, “conversion forcée”, “invasion, envahir”, “capturer”, “vaincre, vaincu”, “guerres de conquête”, “un droit naturel de conquérir les Indiens, utiliser leur travail et exploiter leurs terres”, “prévaut, prévaloir”, “supériotité des nations chrétiennes sur les nations païennes non-civilisées” etc, etc…

La loi et la politique fédérales indiennes sont un langage et un système idéologique fondé sur la domination par les Etats-Unis de nos nations et de nos peuples. Et pourtant nous avons éte conditionnés à utiliser habituellemet une grande variété d’euphémismes (mots à résonnance positive pour des mots ayant une connotation négative), qui divertit notre attention du phénomène de domination et résultant en une déshumanisation. Il est grand temps d’apprendre à briser le code et de lire le système idéologique sous-jacent de domination qui a été utilisé contre nos nations depuis plus de deux siècles par les Etats-Unis et d’autres pays (NdT: Canada, Mexique etc…). Si le professeur Anaya a raison et que les “racines” des problèmes auxquels nous devons faire face sont “dérivés de schémas similaires de domination”, alors nommons et occupons nous de ces schémas de domination.

2 Réponses to “Résistance politique: Briser le code de la domination colonialiste…”

  1. Il a raison, pour briser ce code, il faut répéter sans cesse que la solution pour faire tomber la domination c’est abolir la doctrine chrétienne de la découverte. Souvent on me ricane au nez quand je tente de parler de la possibilité de briser ce code par le simple reniement de l’acte de baptême… Pourtant voici les propos tenu aujourd’hui 4 juillet 2015 ;  » La guerre menée selon lui par Daech à la « civilisation européenne qui a des racines judéo-chrétiennes, que cela plaise ou non ». Ici, ça plaît. « En disant cela », ajoute l’ancien chef de l’Etat, « je ne fais l’apologie d’aucune église, je survole l’hexagone avec son long manteau de cathédrales » par, vous l’aurez compris Sarkozyzy. Voilà ce que pensent les fachos de ce pays, car ne vous y trompez pas, si vous ne vous prosternez pas aux pieds de ce dogme ; Vous n’existez pas et pire on ne vous reconnait pas le droit d’exister. Rien n’a changé depuis plus de 500 ans, rien. On n’a pas avancé d’un pouce dans ce domaine.

  2. Je n’avais pas eu connaissance de courrier qu’aurait transmis Tsipras avant son accession au pouvoir ; http://www.wikistrike.com/2015/07/rappel-la-lettre-ouverte-d-alexis-tsipras-aux-citoyens-allemands-sur-ce-qu-on-ne-leur-a-jamais-dit-sur-la-dette-grecque.html Sans doute est-ce trop tard à l’heure qu’il est. Mais, on ne pourra trop taxer Tsipras de brelle comme on ne cesse de l’entendre après sa lecture. Bon, sans doute sera-ce une maigre consolation pour lui mais au moins, rendons à César ce qui appartient à César…

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