Archive pour colonialisme sémantique

Résistance au colonialisme: En finir avec la sémantique colonialiste… (Steven Newcomb)

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Lectures connexes:

« Interdire un droit païen de domination »

Notre dossier: La sémantique colonialiste (Steven Newcomb)

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, version pdf)

 

Les constructions imposées et intrusives de l’esprit européen

 

Steven Newcomb

 

22 juillet 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/invasive-imposed-constructs-european-mind/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La théorie du “titre aborigène” est un ensemble d’idées produit par l’esprit euro-américain, par des métaphores et autres constructions mentales, qui, au moyen d’une vague d’actes génocidaires, fut imposé par la force sur nos peuples et nations originels, ainsi que bien d’autres idées de provenance étrangère. La “théorie du titre indigène” est focalisée sur le livre “Indian Pueblo Water Rights,” co-écrit par Charles T. DuMars, Marilyn O’Leary et Albert E. Utton. Le premier développement du chapitre 3, “The Pueblo Water Right as Aboriginal,” , parle du développement historique de la “théorie du titre aborigène”.

Au moment de l’exploration et de la colonisation européenne de l’Amérique du Nord, les seuls habitants du sous-continent étaient les Indiens.” nous disent les auteurs. Avant que les chrétiens européens n’amènent de manière invasive les mots d’”Indien” ou d’Indiens” sur cette terre maintenant usuellement appelée “l’Amérique du Nord”, il n’y avait personne vivant ici, qui était identifié par ce nom. Pas une seule nation originelle dans cette partie de la planète s’identifiant du nom “d’indien” ou “Indiens”. Pour le dire autrement, avant que les envahisseurs christo-européens n’envahissent notre partie de la planète, absolument personne ici ne vivait sous ce nom “d’Indien”, absolument personne.

De tels termes sont des métaphores, mentalement et linguistiquement inventées par les Européens et, soutenues par des formes et moyens variés de force, projetés par les Européens sur ces peuples et nations vivant dans une vaste zone géographique que les Européens d’il y a longtemps connaissaient sous le non des “Indes”. Nos peuples et nations n’étaient pas, si ce n’est dans l’imaginaire et le langage des chrétiens ainsi que leurs activités mentales, connus sour le vocable “d’Indiens”.  Nos ancêtres ne furent connus sous ce nom qu’en direct résultat de l’imposition de leur langage et idées par les christo-européens sur nos ancêtres. Les chrétiens européens ont mentalement projeté des mots et des idées tels qu’Indiens” et “occupation indienne”, ils affirmèrent ensuite “voir” ces apports exogènes alors qu’ils n’étaient que leurs propres projections mentales et linguistiques.

Le livre “Indian Pueblo Water Rights” parle de “l’occupation indienne des terres” sans jamais mentionner que “l’occupation indienne” est une idée totalement inventée par les Européens, puis imposée sur  nos peuples et nations et leurs territoires. Les auteurs disent: “L’occupation originale des sols indienne est appelée possession aborigène et porte avec elle le titre aborigène d’occupation des sols.” Leur utilisation du mot “originale” pose la question “originale de quoi ?” L’expression utilisée “l’occupation originale indienne” suggère que le concept ou idée “d’occupation des sols indienne” a un point de départ ou un endroit d’origine. A la réflexion, cet “endroit” d’origine est trouvé dans les opérations imaginaires de l’esprit intrusif et envahisseur européen. Pour insister plus avant sur leur vision, les auteurs ajoutèrent une note de bas de page où ils écrivent: “Il n’y a aucun doute que les Indiens Pueblo étaient les occupants aborigènes originels.” Cette mention du “aucun doute” rend pour sûr la terminologie imposée “d’occupants aborigènes” comme factuelle, vraie, et correcte basée sur une “observation” objective.

De plus, en utilisant le mot “étaient”, les auteurs commentent sur le “fait d’être” des Indiens Pueblo, suggérant par là, comme si c’était un fait physique, que les “Indiens” Pueblo étaient des “occupants aborigènes”, indépendants de l’esprit des Européens chrétiens, plutôt que le résultat des idées politiquement et subjectivement motivées de l’esprit des dhrétiens européens.

Ces concepts sont le résultat direct de la façon de penser européenne en matière de colonisation au sujet de peuples et de nations existant sur ce continent bien avant que ces colons n’eurent envahi l’endroit. Considérant ces faits importants, nous sommes alors capables de comprendre que des idées qui furent estimées être “vraies” par les chrétiens européens, n’étaient en fait “vraies” que dans le contexte des assomptions de domination de ces Européens sur nos peuples et nations existant sur place bien avant que la colonisation européenne ne commence.

Bref, le concept “d’occupation des sols Indienne” n’a rien à voir avec avec le comment les peuples originels du continent se percevaient et se comprenaient eux-mêmes et leurs relations avec la terre et territoires sur lesquels ils vivaient. Les concepts européens dérivaient de l’esprit européen (ethno/euro-centrisme) et non pas de l’esprit des peuples natifs de l’endroit. (NdT: aucune universalité là-dedans, ce ne sont même pas des “concepts” puisqu’un concept est juste et universel par définition, ce ne sont que des impositions résultant donc de la projection mentale eurocentrique des colonisateurs, imposées par la force, la ruse et le mensonge..).

Au lieu de se concentrer sur le développement “historique” du “titre aborigène”, les auteurs de l’ouvrage nous auraient rendu un fier service s’ils avaient focalisé sur le développement mental des colonisateurs et de leurs idées sur le “titre aborigène” et “l’occupation des sols aborigène”. Une vision des plus utiles aurait vu le jour en dénonçant les mots et les idées comme “indiens”, “occupation”, “occupants aborigènes”, “possession aborigène” et “titre aborigène” et étant des mots et des constructions mentales imposés par les Européens chrétiens, imposés sur nous sans le libre consentement de nos nations originelles. Ceci est vrai en regard de tout le répertoire de langue anglaise (ou espagnol, pour ceux qui ont été colonisés par L’Espagne, ou portugais pour la colonisation portugaise…)

Il aurait aussi été utile de voir que les auteurs de Pueblo Indian Water Rights avaient mentionné que ces mots et idées européens n’étaient pas et ne sont toujours pas des caractéristiques physiques du monde naturel. Aucun de ces mots ou idées ne sont provenus de la pensée indépendante européenne ou indépendamment de quelque système linguistique que ce soit. Pour être plus précis, les co-écrivains du livre auraient dû écrire: “Il n’y a aucun doute que les Espagnols et autres chrétiens européens, ont mentalement conceptualisé et nommé unilatéralement les Indiens Pueblo comme ‘aborigènes’ et ‘occupants aborigènes’, ayant une ‘possession aborigène’ “.

Cette ligne d’analyse mène en fait à ceci: Nos peuples et nations originels n’ont pas développé mentalement ou linguistiquement ces mots et idées qui sont toujours maintenant utilisés dans les états variés de domination pour opprimer nos vies et nos territoires. Comment donc est venue cette assertion que nous sommes de droit les sujets des “colonisateurs”, de leurs mots et de leurs idées sans notre libre consentement ? Ceci s’est produit et a été maintenu avec succès parce que nous ne passons pas assez de temps à questionner et à défier les mots et les idées des colons comme “le titre aborigène”, le “titre d’occupation des sols aborigène” le tout fondé sur la vision et la présence chrétienne (“découverte”) sur des terres non-chrétiennes.

La résistance au colonialisme passe par la résistance à la sémantique de l’oppression… (Steven Newcomb)

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“Les vrais proprios de ce pays savent la vérité, appelée le rêve américain… parce que vous devez être bien endormis pour y croire.”

~ George Carlin ~

 

Les mots, la réalité et l’empire américain dans l’ère Trump

 

Steven Newcomb

 

18 juin 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/words-reality-american-empire-age-trump/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous, nations originelles pré-américaines de ce continent, avons le pouvoir de la transformation. C’est un pouvoir appelé vocabulaire. Les mots sont la chose la plus simple avec lesquels nous faisons et façonnons la réalité. Comment emploierons-nous donc notre pouvoir des mots ? Développons d’abord un contexte afin de répondre à cette question.

Nous pouvons observer des siècles d’histoire ce qui inclut des colonisateurs envahisseurs venus ici d’un endroit appelé la chrétienté. Ils utilisèrent la violence génocidaire et la terreur avec leurs mots étrangers et leurs idées, dans un effort de forcer chaque nation libre et indépendante à vivre sous leur système-réalité de domination. La philosophe politique Hanah Arendt dit dans son livre “Origines du totalitarisme”:

La terreur sanglante extraordinaire se tenant durant les étapes initiales de la domination totalitaire est faite pour vaincre l’opposition et rendre toute opposition subséquente impossible…” Au travers des siècles, l’extermination des peuples natifs alla la main dans la main avec la colonisation des Amériques, de l’Australie, de l’Afrique.

Le système de colonisation des Etats-Unis a créé au moins trois noms pour son système de domination de nos nations: “la relation de confiance”, “le pouvoir plénier” et “la loi”. Si et lorsque nous contestons fondamentalement les concepts qui cimentent le système idéologique de domination américain, on nous considère comme étant contre le système “légal” des Etats-Unis, c’est à dire la force de l’habitude d’obéir et contre la “sécurité nationale du pays”. Ceci est mis en évidence par le rapport de l’Intercept sur la TigerSwan Corporation et son traitement des protecteurs de l’eau indigènes, les étiquetant comme des rebelles “insurgés” qui assument-ils, menacent ce que je préfère appeler la “sécurité nationale” du système de domination de l’empire américain.

Il y a une notion derrière l’expression de “la relation de confiance” qui est celle-ci: Nous avons le droit de “faire confiance” à nos “maîtres”, nos “oppresseurs” de “bien nous traiter”. Une simple définition du mot justice est de “donner à quelqu’un ce qui lui est dû” ou de “donner à quelqu’un ce qu’il peut avoir de plein droit.” Il y a néanmoins un problème majeur. Les colons se sont persuadés qu’ils étaient des “êtres supérieurs” qui méritent de plein droit le tribut et l’obéissance de nos nations originelles. Tribut sous la forme de la terre et l’obéissance à leurs idées imposées qu’ils appellent “la loi”.

Ils ont cru, se sont de fait auto-persuadés de mériter de plein droit le “dominion” ou droit de domination sur la terre et ses ressources au sein des limites de nos territoires traditionnels. Les premiers colons se pensaient même être des “élus de dieu” pour être les seigneurs de ces lieux. Pendant des siècles ces “seigneurs” auto-proclamés ont imposé leur système d’oppression sur nos nations, tout cela au nom du “don de la civilisation” qu’ils nous faisaient, ainsi que celui de la “liberté”. Ils ont utilisé ces mot mêmes pour nous enfumer et nous tromper. Le système de réalité que les envahisseurs ont éventuellement créé est le résultat de leurs mots, de leur vocabulaire, combiné avec leur profond désir de manifester un style de vie qu’ils appelèrent “américain” (NdT: pour l’expression de l’American Way of Life…)

Le style de vie américain est fondé sur un “rêve américain” impérialiste fait de richesses et de fortune obtenues au moyen d’un système de domination qui est utilisé pour abuser et profiter de la terre, des territoires et des eaux de nos nations originelles. Richesse et fortune ont pour résultat la puissance et le pouvoir et ce pouvoir mène au désir d’obtenir toujours plus de pouvoir pour avoir toujours plus de richesses et de fortune. Plus de pouvoir, combiné avec un système idéologique de domination, veut dire meilleur accès à la terre et aux ressources et une meilleure capacité de nous empêcher d’arrêter les projets comme celui du DAPL et ce même si le pétrole transporté est une sérieuse menace pour la santé de millions de personnes au travers de la pollution de l’eau.

Le cycle d’annihilation et d’exploitation de nos nations vieux de quelques siècles et la prise en compte de nos terres et territoires ancestraux est le moyen principal et central par lequel les Etats-Unis sont parvenus à leur “rêve américain”. La vie, la liberté et la poursuite du bonheur (cad des richesses et de la fortune) qui sont directement dérivés de l’exploitation des terres, des ressources et des eaux de nos nations. Il y a un sens caché dans la phrase de la campagne de Trump qui disait: “Faire de l’Amérique de nouveau une grande nation !” C’est en fait pour poursuivre plus avant l’amour américain pour les richesses et la fortune. Le slogan est un feu vert pour l’exploitation débridée de tout et n’importe quoi qui puisse être extrait et converti en fric. Maintenant il y a des “pourparlers” de “ventes” des soi-disantes “terres publiques, terres fédérales”, qui sont les terres et territoires traditionnels de nos nations originelles assujettis par les Etats-Unis sur la base de la Doctrine Chrétienne de la Domination.

L’aboutissement du “rêve américain” de richesses et de fortune est avalisé sur une affirmation de droit sur le sol et sur le pétrole. Des forces très puissantes au sein du systèmes des Etats-Unis ont affirmé un droit sur le sol, un droit de propriété, fondés sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte et de la Domination, qui s’est étendue à l’affirmation d’un droit sur le pétrole et le sous-sol de nos territoires. Bien entendu le pétrole est une substance hautement cancérigène fait d’hydrocarbures qui sont convertis en carburants et qui conduisent l’économie américaine, sans presque un regard sur la toxicité, la destruction de la santé humaine, des voies d’eau, des nappes phréatiques et des écosystèmes qui en résultent.

Donc, comment devons-nous appliquer notre pouvoir des mots pour libérer et renforcer nos nations pré-américaines ? Standing Rock et Oceti Sakowin ( le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux) ont bien démontré le modèle avec l’enseignement du “Mni Wiconi” ou “L’eau c’est la vie”. Cette simple phrase communique à un niveau où la plupart des êtres humains peuvent s’identifier. Il n’y a personne que nous connaissions qui puisse boire du pétrole pour survivre. Mon épouse Paige m’a fait astucieusement remarquer récemment que l’économie globale est fondée sur une addiction à une substance hautement toxique, un poison: le pétrole. La fragmentation et de massifs projets d’extraction comme celui de l’exploitation toxique des sables bitumeux, empoisonnent l’eau sur de très vastes étendues, tout en empoisonnant les gens et d’autres formes de vie.

Vers la fin de sa longue vie, le politologue Chalmers Johnson fit remarquer dans un classique sous-entendu: “Les empires ne durent pas et leurs fin est en général assez déplaisante.” Il l’écrivait bien évidemment en référence à l’empire américain. Il a aussi dit:

A cette heure tardive, il est difficile d’imaginer comment le congrès [des Etats-Unis], tout comme le sénat romain dans les derniers jours de la République, pourrait être ramené à la vie et nettoyé de sa corruption endémique. échouant en une telle réforme, Némésis, la déesse de la rétribution et de la vengeance, bourreau de l’arrogance, attend patiemment de nous rencontrer.

Le monde observe la paralysie et la panne totale de l’administration Trump de l’empire américain, noyée dans son arrogance malsaine. Il est possible que l’ère Trump mène à une reconnaissance plus avant  de l’importance vitale de nos enseignements traditionnels, tel que Mni Wiconi (l’eau c’est la vie).

= = =

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, 2008, traduit de l’anglais par Résistance 71 )

Résistance au colonialisme: La vaste fumisterie de la Déclaration des Peuples Indigènes de l’ONU…

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Recoloniser, Révangéliser, Réconcilier, Redominer

Steven Newcomb

29 Mai 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/05/29/re-colonize-re-evangelize-re-conciliate-re-dominate

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Les mots sont le moyen par lequel nous configurons et créons notre réalité. Quand nous changeons les mots, nous changeons notre réalité. Les mots que nous utilisons dans notre vie quotidienne, dans notre interaction avec les autres, constituent une réalité à part entière. Le changement d’un seul mot, parfois même d’une lettre de l’alphabet, peut avoir pour résultat un renversement complet de la réalité. Prenez par exemple (en anglais) la différence entre les mots “people” sans “s” et le mot “peoples” (avec un “s”). Le premier mot indique des individus (NdT: les gens en français), le second indique des peuples entiers (NdT: les peuples, les nations..)

Le préfice “re” veut dire “faire de nouveau”. R(e)-évangéliser par exemple, veut dire refaire ces actions impliquées dans l’expansion et la divulgation de l’évangélisation chrétienne, un processus par lequel de la combinaison des mots et de l’attitude, résulta une somme énorme de terre, de pouvoir, de richesse, se retrouvant sous la domination du monde (empire) chrétien, de l’église catholique (NdT: et des églises réformées également par la suite), des monarchies chrétiennes européennes et des états.

“Re-coloniser” veut dire, refaire, ou renforcer, les schémas comportementaux de colonisation et de domination (pensée et attitude), qui furent appliqués pendant des siècles. Initialement, pacifier des autochtones en colère impliqua le besoin de se les “concilier”, ce qui veut dire “calmer quelqu’un, faire en sorte qu’il ne soit plus en colère” ou “pacifier quelqu’un ou un groupe de personnes qui ont un ressentiment en faisant en sorte qu’ils abandonnent leur ressentiment”.

L’effort d’une nation pour s’engager dans la conquête physique d’une autre nation implique que la nation qui agresse entre violemment ou envahisse la terre natale d’une autre nation ; ceci est plus correctement appelé “invasion de la patrie ou terre ancestrale”. Dans cette démarche, quelle type de réalité se contitue t’elle dans un processus de “conquête spirituelle” au nom de l’évangélisation ? La conquête spitituelle se fait en envahissant physiquement une nation libre et indépendante et en envahissant, colonisant l’esprit même de la nation et du peuple qui sont envahis, en utilisant des techniques de guerre psychologique contre la nation envahie.

L’évangélisme, d’après l’écrit du théologien Walter Brueggemann dans son Biblical Perspectives on Evangelism (1993), est un “conte narratif” qui a “trois scènes”. “Dans la première scène, dit-il, il y a combat, lutte et conflit entre de puissantes forces qui bataillent pour le contrôle de l’endroit, le contrôle des récompenses, le contrôle du futur.” Il va même plus loin et déclare : “L’évangélisation n’a aucun sens à moins que l’on ait une perception et une compréhension du drame qui se joue… dans sa fonction de combat et de lutte.” L’évangélisation chrétienne était vue comme partie de la lutte cosmique entre le bien et le mal sur Terre. Brueggemann dit que dans la tradition évangéliste “des évènements qui se sont produits dans un endroit ont une grande importance dans un autre endroit”, et que “les victoires remportées à une époque continuent de compter de manière décisive dans une autre époque.” (p.17)

Les prêtres catholiques qui vinrent dans notre partie de l’Île de la Grande Tortue/Abaya Yala (ou “hémisphère occidental”) dirent de manière explicite que l’objectif de leur évangélisation était “la conquête spirituelle” de nos ancêtres qu’ils dénommaient “les gentils”. Ceci veut dire que les prêtres étaient activement engagés dans une bataille pour la chrétienté ou l’empire chrétien afin de contrôler le futur, incluant le futur de nos nations. Les évangélisateurs dominant amenèrent avec eux l’image de la “mère Marie”, qu’ils appelaient “La Conquistadora” ou la conquérante (dominatrice) qui s’engage dans la “conquête”. Re-évangéliser est s’engager dans une nouvelle évangélisation ou s’engager dans des activités de “conquête spirituelle” (domination), au nom de la “réconciliation”.

Le ré-conciliation mode XXIème siècle est, de mon point de vue, un effort moderne pour renouveler le processus d’évangélisation initial en persuadant nos nations et nos peuples d’accepter volontairement un statut politique diminué afin que nous ne restions plus le contrôle exercé sur nos existances par “l’État”. Je le vois comme une extension des mêmes schémas de pensée et d’attitude qui émanèrent des bulles pontificales de l’église catholique et du pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia) et de son plan d’extension de la domination chrétienne par “l’empire chrétien”, colportée hors des frontières européennes sous le nom d’évangélisation.

La définition acceptée de l’ONU pour les “peuples indigènes” suit la tradition des bulles pontificales en utilisant l’idée que le mot “indigène” veut dire peuples existant de manière permanente sous la domination de “l’État”. Une fois que vous avez appris à voir et reconnaître ce schéma, l’image devient très claire: il y a des siècles, il y avait des nations originelles, distinctes et libres vivant sur la planète. Puis nos nations furent soudainement envahies par les monarchies de la chrétienté occidentale.

Le fait que nos nations étaient déjà libres et indépendantes avant l’invasion de nos territoires par les puissances politiques chrétiennes est la base pour la définition de l’ONU en référence de nos nations originelles libres avant l’invasion ou “pré-invasion”. Le préfixe “pré” reconnaît l’existence originellement libre de nos nations avant que nos ancêtres, nations et territoires ne fussent envahis par les monarchies de la chrétienté occidentale. Aujourd’hui, certains d’entre nous continuent de souscrire au point de vue que nos nations originellement libres ont le droit de vivre libres de toute domination parce que le système de domination qui nous a envahi n’a jamais été valide ni acceptable.

Nos nations vivent maintenant sous une affirmation de droit de domination post-invasion. Une invasion est définie comme “une armée ennemie envahissant un territoire”. Envahir est le fait “d’entrer de force ou de manière hostile, venir en tant qu’ennemi… pénétrer et s’étendre…” L’invasion fait partie de la colonisation, que l’historien Samuel Morison a défini comme “une forme de conquête (domination) dans laquelle une nation prend possession d’un territoire lointain.” Il ajoute que la nation envahissante “amène ses propres personnes” et “contrôle ou élimine les habitants autochtones.” (The Oxford History of the American People, 1965, p. 34).

La définition des Nations-Unies des peuples indigènes utilise implicitement l’imagerie de l’invasion de nos terres et de nos territoires pour illustrer les sociétés dominantes émergeant graduellement de cette histoire et existant jusqu’à aujourd’hui. L’ONU appelle ces sociétés dominantes “prévalentes aujourd’hui” ou “maintenant prévalentes” (c’est à dire dominantes aujourd’hui) en relation avec nos nations originelles libres. Ceci suggère que les sociétés “maintenant prévalentes” dominent activement nos peuples et nations caractérisés comme “indigènes”, c’est à dire nations et peuples dominés.

Au vu de ce qui précède, une question se pose: Pourquoi tant de gens considèrent-ils la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU être la base d’une réforme fondamentale alors qu’elle ne contient aucune provision pour mettre fin au système de domination qui a été établi et imposé à nos nations par des états aussi variés que le Canada, les Etats-Unis et d’autres pays ?

Une fois que nous réalisons pleinement que la DDPI de l’ONU ne fut jamais écrite avec les mots nécessaires pour mettre fin au système de domination établi dans la réalité et maintenu par les états, nous nous trouvons alors face à face avec un point particulier auquel on ne peut échapper: Lorsque, par exemple, le gouvernement canadien dit, comme il l’a récemment fait, qu’il va s’engager dans un processus de “réconciliation” en mettant en application les mots de la DDPI de l’ONU de manière consistante avec la constitution canadienne, ceci nous dit que nous pouvons nous attendre à toujours plus dans ce jeu de la domination, simplement cela porte un autre nom.

Note de Résistance 71: Au sujet de la “constitution” canadienne, elle est inexistante. La “constitution” canadienne est en fait une charte commerciale plus connue sous le nom de British North America Act de 1867 (BNAA 1867). Le “Canada” fut enregistré en 1867 en tant qu’entreprise coloniale de la “couronne” c’est à dire de la City de Londres dont la vitrine politique est la “couronne” représentée par la dynastie royale britannique. Le BNAA fut voté par le parlement britannique et est à cet égard une décision coloniale de dominion britannique. Le Constitution Act of Canada de 1982 est une fraude (clause dérogatoire de la section 33 et non ratification par le peuple).
Il est aussi à noter que la nationalité “canadienne” n’existe que depuis 1947, auparavant les “Canadiens” vivant dans le dominion du Canada était sujet britannique avec un statut spécial. Aujourd’hui, la reine d’Angleterre est toujours souveraine du Canada et nomme un gouverneur général qui ne répond qu’au souverain britannique. Le chef de l’état du “Canada” est la reine Elisabeth II d’Angleterre et ses héritiers. Tous les passeports canadiens sont émis au nom de la reine d’Angleterre. Le gouverneur général du Canada nomme au nom de la reine les sénateurs, les juges de la cour suprême etc…
Pas plus d’indépendance “canadienne” que de beurre en branche donc. Les Etats-Unis d’Amérique et le Canada ne sont que des créations de la “couronne”/City de Londres et du monde de la haute finance transnationale.

Sémantique coloniale: Dominer par la métaphore… 2ème partie

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Métaphores et la commission indienne des réclamations

Steven Newcomb

11 Février 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/11/imposing-metaphors-original-nations-part-2

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La première partie de cet essai a examiné comment les Etats-Unis ont utilisé certaines créations de l’esprit humain pour imposer des idées de contrôle sur les nations natives originelles de ce continent. La loi fédéral indienne est un pur produit de l’imagination humaine. Quelques exemples des idées mentalement créées par l’homme blanc dans le passé au travers de la Cour Suprême des Etats-Unis incluent: un “titre indien d’occupation du sol” et l’affirmation que le droit de nos nations d’exister indépendemment de la domination des Etats-Unis a été “diminué” parce que les Etats-Unis assument une “domination ultime” ou un droit de domination en relation avec nos nations.

Sur quelle base a t’il été assumé que nos nations originelles furent automatiquement sujettes à quelqu’idée pondue par l’homme blanc ? On peut trouver une réponse dans le rendu de la décision de la cour suprême des Etats-Unis dand l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823. Là, le juge John Marshall a créé un contraste entre “le peuple chrétien” et nos ancêtres autochtones, qu’il caractérisa de “sauvages” et de “païens”. Le peuple chrétien “assuma que la domination ultime” (droit de domination) “résidait en lui-même”. Écrivit Marshall a nom de la Cour Suprême. Les chrétiens regardaient nos peuples et nations libres et indépendants comme “étant un peuple sur lequel le génie supérieur de l’Europe” avait clâmé une “ascendance”, ce qui est une affirmation du droit de contrôler, un pouvoir de gouverner, une domination.

Jusqu’à ce jour, la loi fédérale indienne est fondée sur l’assomption incroyable qu’un argument états-unien est devenu une REALITE dès que cette société l’eut mentalement créé, à savoir que nos peuples et nations autochtones n’ont plus le droit de demeurer libres et indépendants de la domination à cause d’une supposée “découverte” par des chrétiens. Dès que cet argument fut imaginé, soudainement, au sein de l’univers mental complètement isolé de l’homme blanc, cet argument a commencé à être traité comme une “réalité tangible” par les Etats-Unis. Ce fut ensuite répété et maintenu par chaque nouvelle génération de hauts-fonctionaires du gouvernement états-unien. Ceci est toujours maintenu aujourd’hui par les fonctionaires du gouvernement et utilisé contre nos nations.

Ceci se rapporte à une fine observation faite par l’ex-professeur C.A. Bowers. Il dit que nous devons prendre connaissance de la façon dont des idées métaphoriques du passé colonisent et contrôlent le présent. Pour nos nations natives, ceci est précisément le rôle joué par les précédents légaux anti-indiens dans la loi fédérale indienne. L’objectif du précédent légal de la loi fédérale indienne est de permettre aux idées racistes et bigotes inventées de toute pièce par l’homme blanc dans le passé, de continuer à contrôler les nations autochtones dans le présent. Cette utilisation de précédent légal est appelé en latin stare decisis ou “maintenir la décision”.

Un exemple de stare decisis de l’homme blanc qui est utilisé contre nos nations originelles est la loi sur la commission des réclamations indiennes ou Indian Claims Commission Act (ICCA) qui fut votée par le congrès US il y a 70 ans en 1946. Ce fut une loi qui fut établie pour une commission de réclamations indiennes, ce qui commença un processus de réclamations des nations ou “tribus” (selon la loi fédérale) indiennes enregistrées et archivées au nom d’un “titre [sur la terre] aborigène ou indien”. Ce phrasé fut exprimé par exemple dans une décision de cette commission le 20 juillet 1960 (13 Ind. Cl. Comm. 369, p. 514) en regard des Indiens de Californie.

Ce qui ne fut pas du tout traité durant l’époque de l’ICC est que le “droit indien à l’occupation” fut mentalement concocté comme moyen de limiter et de contrôler les nations indigènes. De plus, la vaste majorité des peuples autochtones ne furent jamais avertis que parce que l’ICC utilisait la décision de Johnson contre M’Intosh comme fondation de son travail, toute nation ou “tribu” indienne qui enregistrait une réclamation avec l’ICC était considérée être en accord avec l’idée d’un “titre d’occupation des sols” pour les “païens”. L’ICC ne donna aucun moyen de contester le droit affirmé de la découverte et de la domination chrétiennes et aucun moyen de dire que les terres incriminées appartenaient toujours de droit à une nation indigène particulière… Le Malheur Wildlife Refuge sis en territoire Paiute du Nord et qui défraya dernièrement la chronique, est un exemple typique de tout ceci.

Et pourtant, durant l’époque de cette commission ICC de 1946 à 1978, il y a eut quelque chose que les Etats-Unis ont échoué à prendre en considération: Après que chaque nation autochtone ait finalisé le processus requis par l’ICC, tout ce à quoi les Etats-Unis réussirent à “mettre fin” fut leur propre concept mentalement inventé et métaphoriquement imposé d’ “occupation indienne” des sols. Le processus complet de l’ICC était bâti sur l’idée que nos nations originelles étaient sujettes aux constructions mentales (pensées et idées) qui leur étaient imposées par l’homme blanc et les Etats-Unis.

Alors que se passera t’il une fois que nos nations se seront réveillées au fait que nous avons été manipulés dans l’acceptation apparente de la mentalité de l’homme blanc qui nous fut imposée concernant le “titre d’occupation des sols” par les “païens” que nous sommes ? N’est-il pas grand temps que nous commencions à nous demander si du processus de l’ICC résulta vraiment la fin validée par les Etats-Unis de notre connexion spirituelle, culturelle et légale avec nos territoires traditionnels, en “éteignant” un concept que les hauts-fonctionnaires états-uniens avaient créé mentalement et linguistiquement ?

“La loi et la politique féderales indienne” est un système en vase-clos qui émergea parce que des hommes blancs très intelligents du passé comme John Marshall, Joseph Story et bien d’autres, inventèrent mentalement un système d’idées qui donna aux Etats-Unis les moyens de s’accaparer les vastes richesses qui purent être dérivées et exploitées de la terre, des ressources naturelles et des eaux de nos nations. Depuis le tout début de sa création, le système dominant d’idées créé par les Etats-Unis est fermement demeuré sur l’assomption que nos nations libres et indépendantes sont sujettes aux pensées et aux idées créées, inventées par les hauts-fonctionnaires du gouvernement fédéral.

Par ce processus, il a été totalement assumé que nos ancêtres et maintenant nous, en tant que leurs descendants, n’avions aucun droit de refuser à être soumis aux idées de l’homme blanc et des métaphores résultantes inventées par les hauts-fonctionnaires états-uniens. Nos nations et nos peuples ont besoin de devenir bien plus proactifs dans leur défi du système de domination états-unien en questionnant la façon dont ces idées et métaphores sur la loi fédérale indienne nous sont imposées.

Sémantique coloniale: Dominer par la métaphore…

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Imposer des métaphores sur les nations originelles

1ère partie

2ème partie

 

Steven Newcomb

 

22 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/01/22/imposing-metaphors-original-nations-part-1

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Beaucoup de ce que nous prenons pour physiquement vrai n’est que métaphoriquement vrai. En voici une simple illustration: Supposez que j’ai une conversation avec quelqu’un et que je montre un arbre et dise: “Tu vois ce gros caillou devant cet arbre là bas ?” Et la personne me répond: “oui et alors ?” L’anecdote n’a rien à voir avec le caillou. C’est une manière d’illustrer un point de vue.

Un arbre n’a pas de devant ni de derrière sans que nous utilisions l’imagerie du devant et du derrière de nos corps physiques pour parler de cet arbre. Dans le contexte de la conversation, nous traitons l’arbre comme s’il avait un devant et un derrière de la même façon que nos corps en ont un. Donc, quelle partie est métaphore et quelle partie est réalité ? Comme le dit le philosophe du droit Steven L. Winter, la métaphore est notre façon “d’avoir une réalité”. Le devant et le derrière ne sont pas des caractéristiques naturels et physiques de l’arbre, indépendantes de la pensée humaine. En d’autres termes, beaucoup de ce que nous expérimentons comme réalité est le résultat de métaphores.

Faisons une application de notre exemple à Christophe Colomb (Cristobal Colón). Après son arrivée sur la première île Taino où il arriva de manière invasive, il utilisa une métaphore chrétienne pour l’appeler: “San Salvador” (Saint Sauveur). Le nom n’est pas devenu une partie physique de l’île. Pour Colomb et ses hommes, le nom religieux est devenu partie intégrante de la façon dont ils ont fait l’expérience de l’île, mentalement et métaphoriquement, en tant que résultat de leur interaction avec elle.

Colomb prit alors un nom religieux catholique et le projeta mentalement sur l’île en tant que partie d’un acte cérémonial (métaphorique) de “baptême” et de “prise de possession”. L’acte cérémonieux fut une utilisation de métaphores et de symboles pour faire “comme si” Colomb et ses hommes avaient physiquement pris possession de Taino Island. Une fois que ce sens de “possession” commença à interagir avec l’environnement en ayant suffisamment de force et de violence, une réalité chrétienne construite commença à “prendre pied”, pour parler figurativement.

En résultat de leur projection mentale et métaphorique, leurs actions soutenant leurs projections, Colomb et ses hommes commencèrent à réaliser que l’île était nouvelle pour eux, mais aussi familière en termes de la religion qui leur était familière et qu’ils y appliquaient. Ceci fit aussi partie d’un processus mental qui les vit commencer à incorporer linguistiquement et métaphoriquement l’île dans le système de language de la chrétienté (l’empire chrétien). Ils ne demandèrent pas l’autorisation de tout ceci bien évidemment au peuple Taino et imposèrent invasivement sur l’île et son peuple un nom étranger dérivé de la foi catholique et de la religion chrétienne. Les chrétiens commencèrent simplement à expérimenter verbalement et mentalement l’île en termes de mots et de métaphores de la chrétienté qu’ils connaissaient déjà. Bientôt, les chrétiens commencèrent à regarder et expérimenter Guanahani comme une île chrétienne baptisée “San Salvador” ou “Saint Sauveur”. Ce type de processus fut répété où que les colonisateurs espagnols envahirent.

Un point important à noter: En plus des objets physiques que Colomb et ses hommes transportaient avec eux sur leurs navires, ils portaient aussi avec eux, les mots et les métaphores qu’ils projetaient mentalement et linguistiquement sur les endroits variés où ils arrivaient et aussi sur les nations et peuples originales qui y vivaient. Les mots et les idées que les chrétiens projetèrent mentalement sur le peuple Taino ne faisaient pas partie du territoire ni de la culture des Taino, pas plus que le devant ou le derrière de notre arbre de tout à l’heure.

Discutons maintenant du contexte de la décision de la Cour Suprême (CS) des Etats-Unis dans l’affaire Johnson & Graham’s Lessee v. M’Intosh de 1823, qui fut la première fois que la CS projeta sur nos nations et nos peuples originels l’idée d’un “titre d’occupation des sols” et de la “diminution” de notre indépendance en tant que nations. Elle fit ces projections de la même manière que l’on puisse métaphoriquement projeter les notions de devant et de derrière sur un arbre. Ces idées d’”occupation des sols” et de “diminution de souveraineté” pour juste utiliser deux exemples parmi bien d’autres, sont des créations inventives de l’esprit humain et non pas des choses se produisant physiquement dans la nature. Mais la CS ne gère jamais sa propention à créer métaphoriquement la réalité sur laquelle elle prend des décisions et rend un jugement.

L’idée “d’occupation indienne des sols” n’est pas plus une caractéristique physique naturelle de nos nations que le devant ou le derrière n’est une caratéristique physique d’un arbre. Des idées telles que “Indiens”, “occupation”, “diminution”, “domination ultime”, “nations civilisées”, “nations non-civilisées”, “sauvages”, “peuple chrétien” et “païens”, qui figurent tous dans le rendu écrit du verdict de la CS dans l’affaire Johnson, sont des exemples de métaphores qui sont utilisées par des hommes blancs siégeant à cette époque à la Cour Suprême des Etats-Unis. Le concept d’une “diminution” de l’indépendance originelle de nos nations, par exemple, est un résultat d’une action métaphorique de l’homme blanc, par laquelle il “conçoit mentalement” l’indépendance de nos nations comme ayant été “diminunée” ou réduite. L’acte de “réduction” n’a été créé que dans la tête des membres de la CS des Etats-Unis, rien d’autre.

La CS utilise des chartes royales variées d’Angleterre comme base de sa projection mentale sur nos nations d’un “titre d’occupation des sols” indien et d’une “diminution” de notre indépendance originelle. Ces chartes autorisaient les “peuples chrétiens” à “découvrir” et à “subjuguer” (dominer) les îles, pays, régions et provinces des “païens et infidèles”. Mais il y avait aussi une autre idée puissante derrière la CS créant mentalement l’idée que l’indépendance de nos nations avait été diminuée par la “découverte chrétienne”. Ce “quelque chose d’autre” fut ce que le juge de la CS John Marshall, rédacteur du rendu de la décision, appelait la “domination ultime”, qu’il traçait à l’idée du droit ultime chrétien “d’ascendance”. Le dictionnaire universel Webster’s de la langue anglaise définit le mot “ascendance” comme étant un “pouvoir de contrôle ou de gouverner: une domination”.

L’idée de fond d’affirmer un droit chrétien de domination est ce qui cadre de manière tacite l’idée du titre indien “d’occupation des sols”. A chaque fois que nous voyons les Etats-Unis attribuer un “titre indien d’occupation” à une nation ou peuple autochtone, l’idée de l’affirmation d’un droit des “peuples chrétiens” à la domination des peuples non-chrétiens et de leurs terres est TOUJOURS en arrière plan.

Un titre indien de “simple occupation” et une “diminution” métaphorique de l’indépendance des nations autochtones (fondée sur l’affirmation que le “peuple chrétien” a “découvert” les terres des non-chrétiens) ne sont pas des caractéristiques physiques de l’existence de quelques nations ou peuples originels que ce soit. Ce sont des caractéristiques métaphoriques d’un monde, ou d’une réalité, de domination que la CS des Etats-Unis et le reste du gouvernement ont méticuleusement inventées et construites par leurs activités mentales. La CS a construit un système de réalité dominante pour le contrôle et la retenue de nos peuples et nations originels sur ce sous-continent.

L’objectif de ce système de réalité américain est l’enrichissement qui a toujours été l’appropriation de richesses pouvant être accumulées par l’empire américain en prenant possession des terres et ressources de nos nations en submergeant nos territoires. Dans la seconde partie de cet essai, nous examinerons comment les Etats-Unis ont utilisé la projection métaphorique du “titre indien d’occupation” contre nos nations et peuples originels par le moyen de l’ Indian Claims Commission que les Etats-Unis lancèrent il y a 70 ans en 1946.

Résistance au colonialisme occidental: Le contrôle des esprits par la sémantique de domination (Steven Newcomb)

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La loi fédérale indienne états-unienne et le contrôle des esprits

 

Steven Newcomb

 

1er Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/01/01/us-federal-indian-law-and-mind-control

 

~ Traduit de l’angpais par Résistance 71 ~

 

Clarifions bien quelque chose. Avant l’invasion des chrétiens européens dans notre partie du monde (l’Île de la Grande Tortue), nos nations vivaient libres et indépendantes de toute domination européenne chrétienne (avant d’être forcées de se soumettre à la volonté arbitraire de quelqu’un d’autre). Nos ancêtres avaient leurs propres langues, leurs propres idées, leurs propres systèmes légaux, et leurs propres conceptions de la façon dont il fallait interagir avec les autres formes du vivant au sein des territoires traditionnels de nos différentes nations. Nos ancêtres étaient ignorants de l’existence d’autres nations euro-chrétiennes et de leurs systèmes de pensée ; ces nations se situaient à des milliers de kilomètres à l’Est dans un endroit appelé la chrétienté occidentale (NdT: par opposition à la chrétienté orientale). Nos ancêtres n’étaient en aucune façon les sujets des peuples européens occidentaux et de langages, de systèmes idéologiques et légaux dont ils ignoraient l’existence.

Avancée aux voyages christo-européens de colonisation et d’invasion des territoires de nos nations originelles. Dans leur effort de développement de narratifs au sujet de ces évènements, les universitaires et érudits euro-américains développèrent une méthode raccourcie expliquant le mode de vie originel et libre de nos ancêtres, libres des systèmes idéologiques et légaux christo-européens. Un très bon exemple de cette technique est fourni par Lesley Bird Simpson lorsqu’il utilise “la conquête” pour tranquillement brouiller l’indépendance originelle de nos nations:

Les Espagnols qui conquérirent amenèrent avec eux des habitudes sociales accumulées au cours des siècles et ne relâchèrent pasd leurs efforts de les imposer aux populations indigènes du continent américain (The Encomienda in New Spain, 1966, p. vii).

L’expression de Simpson “la conquête” sert de technique linguistique qui nie et brouille le fait que nos ancêtres vivaient et existaient originellement libres et indépendants des systèmes idéologiques christo-européens. La connotation typique de “conquête” évoque quelque chose de valide et de légitime. Il y a eu une guerre. Un côté a gagné ; un autre a perdu et la “conquête” en fut le résultat.

Le mot “conquête” crée une connotation insinuant que l’existence libre et indépendante de nos nations fut annihilée de manière permanente, avec notre droit d’être jamais capables de vivre de nouveau de manière libre et indépendante comme nos ancêtres l’avaient fait. Cette imagerie empêche de manière convéniente de considérer toute possibilité d’envisager qe nos nations continuent jusqu’à ce jour d’être libres de droit et que la société dominante utilise un système de pensée justement nommé “loi” étatsunienne anti-Indien afin de nous empêcher de faire l’expérience d’un style de vie comme toutes nations existant de droit libres de toute domination.

La société dominante utilise la “conquête” comme une expression explicative du comment nos ancêtres passèrent de libres et indépendants de la domination chrtétienne européenne à un mode de vie de sujets aux systèmes idéologiques et légaux christo-européens. L’affirmation de la “conquête” ne demande aucune preuve que nos ancêtres furent en fait vraiment “conquis”. L’affirmer c’est déjà la preuve de la véracité de l’affirmation, tout en ignorant de manière bien convéniente tout argument de notre part expliquant que nos nations ont été dominées de manière malévolente par la société de ce qui est devenu les Etats-Unis et que nous avons parfaitement le droit de nous libérer de cette mauvaise et injuste domination étatsunienne.

Comme partie intégrante du processus de la colonisation, la société dominante a éventuellement forcé nos parents et grands-parents alors enfants, dans un système de pensionnat coercitif de domination (NdT: tout comme cela s’est également produit au Canada comme nous l’avons vu plus en détail sur ce blog…). Enfants, nos ancêtres ont dû se soumettre à un programme d’endoctrination (comportemental et de contrôle de la pensée). Une grande partie de cette endoctrinement et tentative d’assimilation forcée fut créée pour enseigner à nos ancêtres à s’identifier comme des “Américains” et non pas comme des citoyens de nos propres nations. Le temps, les efforts, l’énergie et l’argent que le gouvernement des Etats-Unis et les églises chrétiennes (protestantes et catholiques) mirent au service des pensionnats pour Indiens fut une tentative de mettre fin à notre existence en tant que nations au travers d’un processus de génocide (NdT: l’anthropologue français Robert Jaulin qualifierait cette manœuvre d’ethnocide avant de devenie un génocide par mort physique). Ceci fut fait en attaquant nos langues, nos cltures et nos traditions spirituelles. Simultanément, les Etats-Unis se hâtèrent à la tâche de nous exproprier de nos terres et territoires traditionnels.

Comme mentionné auparavant, la société dominante fit tout cela dans un effort de détruire nos nations, mais, de manière plus importante, de détruire notre conscience politique en tant que nations ayant une existence séparée et indépendante du système idéologique injustement et illégalement imposé sur nous par les Etats-Unis. Par le moyen de lieux de détention euphémistiquement appelés “pensionnats”, nos ancêtres furent, durant leurs années les plus formatrices, tenus à l’écart de nos familles, de nos communautés et de nos nations. Bref, le gouvernement des Etats-Unis a soumis nos ancêtres à la fois à un contrôle comportemental et de la pensée en étant forcé coercitivement à être socialisés dans la langue et la culture anglo-saxonne.

Après que nos ancêtres furent forcés de parler la langue anglaise colonisatrice, ce langage devint graduellement prédominant dans nos familles, nos communautés et nos nations. Nos peuples devinrent mentalement conditionnés à penser en termes de catégories occidentales qui étaient coutumières dans la société dominante. Le secreur de l’élite de la société dominante des Etats-Unis a œuvré durement pour coditionner mentalement nos ancêtres à penser à penser nos propres vies selon les lignes développées par des penseurs clef de cette société dominante.

Graduellement, nos ancêtres furent amenés à penser en termes de structure idéologique inférieure et supérieure, que la société dominante avait développée pour construire une méthode relationnelle hiérarchique du sommet vers la base, ce qui fut appliqué à la relation entre nos nations et le gouvernement fédéral des Etats-Unis. Certains de ces penseurs qui élaborèrent ces idées furent des gens comme le juge de la cour suprême John Marshall et son collègue Joseph Story. Ils, et bien d’autres intellectuels, passèrent une grande partie de leur temps à développer des idées et des arguments au sujet de ce qu’ils considéraient la manière correcte de caractériser la relation entre nos nations originelles et ce qu’il consid´´rait comme un “souverain supérieur”, à savoir les Etats-Unis. Ils le firent d’une telle manière que cela bénéficia principalement aux Etats-Unis en désavantageant nos nations en poursuivant les idées appelées “la loi fédérale américaine”.

L’explication ci-dessus est une longue introduction au sujet principal de cet article: “Que se passe t’il lorsque nos peuples natifs suivent l’enseignement de facs de droit non-natifs aux Etats-Unis ?” Depuis environ une quarantaine d’années des étudiants autochtones ont suivi les cours des facs de droits des universités américaines. Ils ont travaillé dur pour comprendre les idées et les arguments qui font partie du système légal non-indien, un système légal qui nous a été imposé et qui a été utilisé contre nos peuples et nations. Les facs de droit américaines ne passent pas de temps à faire réfléchir les étudiants indiens sur l’existence originellement libre et indépendante de nos ancêtres. Les étudiants n’y apprennennt pas non plus comment défier de manière la plus efficace pour les autochtones, le système légal anti-indien mis en place pour nos nations.

Les étudiants en droit autochtones qui sont dans les facs de droit des Etats-Unis finissent par avoir leur esprit profondément influencé et généralement contrôlé par des idées et des arguments que des juristes et des avocats non-autochtones, ainsi que des universitaires ont développé dans l’objectif spécifique de contrôler l’existence même de nos nations et de nos peuples. Il est ainsi triste de dire et de constater, que les facs de droit conditionnent mentalement les étudiants en droit d’origine autochtone à simplement accepter plutôt que de contester les assomptions fondamentales, les métaphores et le ténets d’un système d’idées anti-indien développé ar des juges et des intellectuels non-autochtones dans le passé. Ces concepts incluent le “pouvoir plénier” sur les nations indiennes, l’affirmation de la “domination ultime” de la part des Etats-Unis et un droit affirmé de domination américaine basée sur la fausse assertion que les chrétiens ont “découvert” les terres où des nations non-chrétiennes existaient préalablement.

Lorsque qu’un autochtone maîtrise le système de la loi fédérale des Etats-Unis, cette personne finit sous une forme de contrôle de la pensée. L’étudiant termine fièrement ses études, seulement pour devenir, neuf fois sur dix, un praticien natif d’un système légal anti-indien aux idées qui, inévitablement, finissent par être utilisées contre nos peuples et nos nations. Le résultat de cet endoctrinement handicape non seulement la capacité mais aussi le désir pour le praticien natif d’un sysème légal anti-indien, de passer du temps à contester ou défier les idées principales anti-indiennes qui ont été utilisées et continuent d’être utilisées pour contrôler l’existence même de nos nations. Il y a des exceptions, mais elles ne sont que des exceptions à la règle commune. Ainsi la question surgit de savoir ce que nous allons faire au sujet de ce dilemme ?

Résistance politique: Briser le code de la domination colonialiste…

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Répétition, schéma et briser le code

 

Steven Newcomb

 

28 Juin 2015

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/06/28/repetition-patterning-and-breaking-code

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un schéma répétitif peut-être répété au point de devenir fatigant et ennuyeux. Mais, de manière évidente, tout schéma répétitif n’est pas fastidieux. Lorsque des notes et des accords sont répétés de manière artistique et harmonieuse, fondée sur les règles de la composition musicale, on peut alors obtenir une mélodie ou une chanson qui résonne de nos émotions et nous emmène vers de nouvelles “hauteurs”.

Je mentionne la répétition à cause de la tendance de mes articles ces dernières années à avoir été focalisés répétitivement sur l’idée de la domination. J’ai utilisé la technique de la répétition dans un effort d’attirer l’attention sur ce schéma particulier. Ceci dit, permettez-moi de vous donner quelques exemples supplémentaires sur lesquels je suis tombés et qui documente le système de domination contre lequel luttent nos nations et nos peuples originels.

Dans la préface du livre de Walter Echohawk In the Light of Justice (2013), par exemple, James Anaya (envoyé, haut commissaire représentant spécial de l’ONU pour les peuples indigènes) écrit au sujet des “racines” des problèmes auxquels doivent faire face les peuples indigènes”. Ces “racines” dit-il, sont “dérivés de schémas similaires de domination…” (p. VIII). Karen Engle dans son livre The Elusive Promise of Indigenous Development, cite Rodolfo Stavenhagen et sa mention de “l’opposition indigène à la domination…” (p.13). Un livre en langue espagnole publié en 1910 par Manuel Moreno y Sanz donne encore un exemple. Le livre est intitulé: Origenes de la Dominación Española en América (De l’origine de la domination espagnole en Amérique)

Le grand nombre de colonnes et d’articles que j’ai écrits au sujet de la domination font partie de mes efforts pour que les gens remarquent et par là, “brisent” un schéma ou un code apparemment caché. Le quatrième chapitre du livre d’Alvin Toffler The Third Wave (1980) est intitulé “Briser le code”, il y écrit: “ Toutes les civilisations ont un code caché, un set de règles ou de principes qui se trouvent au sein de toutes leurs activités comme une fabrique à répétition.” Lorsqu’on la ré-exprime, cette déclaration de Toffler peut se lire comme suit: “Tous les systèmes de domination ont un code caché, un set de régles ou de principes de domination qui se trouvent au sein de toutes leurs activités comme une fabrique à répétition.” (en passant, la décision de justice Johnson contre M’Intosh de 1823 possède un code caché, un set de règles ou de principes de domination qui se trouvent au sein de son phrasé comme une fabrique à répétition)

Une définition clef du mot “civilisation” que j’ai mentionnée plusieurs fois dans mes articles se colle parfaitement à la vision de Toffler: “civilisation: l’imposition d’un schéma culturel sur une population qui lui est étrangère.” La civilisation est souvent définie comme “le processus d’être civilisé.” Pour nos peuples et nations originels, ce processus d’être soi-disant “civilisé” fut une chose que les Européens envahisseurs œuvrèrent à nous imposer pour que nous vivions “sous” ou “au sein” d’un système idéologique imposé de domination, parfois appelé “ascendance”. Nous pouvons appliquer la notion de Toffler de “briser le code” a nos propres efforts à comprendre plus profondément la schématisation gén´´rale du système de domination et la destruction résultante expérimentée par nos nations.

Quelque chose de très signifiant se produit lorsque nous commençons à remarquer et à nous concentrer sur le “code caché de domination” qui opère en schéma répétitif comme la répétition de “0” et de “1” utilisée pour le codage informatique (le mot latin colere est la racine de “coloniser” et de “fabriquer”). Nous gagnons en clareté lorsque nous apprenons comment appliquer les thèmes de la domination à notre lecture et notre écriture comme partie intégrante du processus de décolonisation (de libération) de nos vies. Lorsque nous avons amené le thème de la domination au niveau de l’attention consciente et organisé en un schéma prêt à la compréhension, il devient alors possible que nous considérions de traiter la domination comme le problème central que nous, les nations et peuples indigènes, devons résoudre et nous débarrasser, dans un monde appelé “indigène”. Une fois de plus, de mon point de vue, nous devons considérer la domination comme le problèmes essentiel à traiter et à être éliminé pour le bien-être et la sauvegarde non pas seulement des peuples indigènes, mais de tout être vivant sur terre, des écosystèmes et des voies, étendues d’eau sur la planète.

La domination est une nation ou un peuple, forçant d’autre(s) nation(s) ou peuple(s) à vivre sous une forme arbitraire de contrôle. (NdT: En cela, la domination s’exerce également sur les peuples occidentaux, forcés de se plier à la règle du petit nombre oligarchique depuis essentiellement la création de l’État engendré par la division politique. En cela nous sommes tous des colonisés de l’idéologie de la domination et de la division entretenues et ce texte s’applique également à nous, peuples occidentaux dominés à un degré différent, même si la violence du système s’est historiquement déchaînée sur les progressistes…) La domination peut aussi être définie comme une personne, un groupe, une nation ou un peuple étant forcé de vivre sous le contrôle d’une autre personne, groupe, nation ou peuple. Pour nous, ce que nous appelons domination est la conséquence de nos peuples et nations ayant été forcés d’exister (et sont toujours forcés aujourd’hui..) à être sujets d’un schéma culturel étranger au nom de la “civilisation” et de “L’État”.

La plupart des gens ne réalisent pas que la domination est à la fois la base et le contexte de ce système politique typiquement appelé “l’état”. Un état est présupposé sur quelque nation, peuple ou groupe élitiste clâmant un droit à la domination sur des écosystèmes entiers et sur des nations ou peuples appelés “indigènes”. En regard à la nature de “l’état”, le sociologue Max Weber a dit la chose suivante dans son classique essai “La politique comme vocation” (1917): “Tout comme les institutions politiques qui l’ont précédées, l’état est une relation d’hommes dominant des hommes, une relation soutenue par le moyen de la violence légitime (ou considérée comme légitime). Si l’État doit exister, le dominé doit obéir à l’autorité (dominante) clâmée par les pouvoirs en place.

Devenir hyper-conscient du schéma de la domination est voir ce schéma comme étant omniprésent dans la société dominante en relation aux peuples appelés “indigènes”. Le mot “civilisation” se traduit immédiatement par “domination” dans le contexte des peuples indigènes et ce qui est le plus souvent exprimé comme étant la “conquête” par les penseurs occidentaux est simplement une autre façon de réferrer à un autre schéma pour ce qui est plus précisément appelé “la domination”. Une fois que nous avons reconnu ceci, nous sommes alors capables de nommer précisément le schéma de domination trouvé dans les titres de livres très importants comme par exemple le livre de Kirkpatrick Sale The Conquest of Paradise (1990), devient “The Domination of Paradise” ; celui de Tzvetan Todorov The Conquest of America (1982) devient “The Domination of America” ; celui de Linsday Robertson Conquest By Law (2005) devient “Domination by Law”.

Notre façon d’interpréter ce que nous lisons change une fois que nous comprenons que le mot “conquête” veut dire “domination”. Une phrase du livre de Linda Parker Native American Estate (1987), dit par exemple: “Plus tard la doctrine [des croisades] a évolué pour justifier la conquête du monde”, ceci est plus précisément ré-exprimée de la sorte: “Plus tard, la doctrine [des croisades] a évolué pour justifier la domination du monde.” (p.2)

Une autre phrase du livre de Parker dit: “Par la loi divine les nations impérialistes chrétiennes étaient supérieures et avaient le droit de dominion et de régner sur les habitants non-chrétiens et leurs territoires.” Ceci est correctement ré-exprimé comme suit en suivant en termes de code de la domination: “Par la loi divine les nations impérialistes chrétiennes étaient supérieures et avaient le droit de dominer et de régner sur les habitants non-chrétiens et leurs territoires.” Les mots et expressions dans juste cette phrase contenant le thème de la domination incluent: “nations impérialistes chrétiennes”, “supérieures”, “dominion” et “régner”.

L’ historiographie de la domination des nations et peuples originels dans notre partie de la planète par les monarchies de la chrétienté occidentale, utilise une très grande variété d’euphémismes pour répéter le même thème de la domination encore et encore. Des exemples incluent: “guerre juste”, “nations impériales”, “conversion forcée”, “invasion, envahir”, “capturer”, “vaincre, vaincu”, “guerres de conquête”, “un droit naturel de conquérir les Indiens, utiliser leur travail et exploiter leurs terres”, “prévaut, prévaloir”, “supériotité des nations chrétiennes sur les nations païennes non-civilisées” etc, etc…

La loi et la politique fédérales indiennes sont un langage et un système idéologique fondé sur la domination par les Etats-Unis de nos nations et de nos peuples. Et pourtant nous avons éte conditionnés à utiliser habituellemet une grande variété d’euphémismes (mots à résonnance positive pour des mots ayant une connotation négative), qui divertit notre attention du phénomène de domination et résultant en une déshumanisation. Il est grand temps d’apprendre à briser le code et de lire le système idéologique sous-jacent de domination qui a été utilisé contre nos nations depuis plus de deux siècles par les Etats-Unis et d’autres pays (NdT: Canada, Mexique etc…). Si le professeur Anaya a raison et que les “racines” des problèmes auxquels nous devons faire face sont “dérivés de schémas similaires de domination”, alors nommons et occupons nous de ces schémas de domination.