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Résistance au colonialisme: En finir avec la sémantique colonialiste… (Steven Newcomb)

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Lectures connexes:

« Interdire un droit païen de domination »

Notre dossier: La sémantique colonialiste (Steven Newcomb)

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, version pdf)

 

Les constructions imposées et intrusives de l’esprit européen

 

Steven Newcomb

 

22 juillet 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/invasive-imposed-constructs-european-mind/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La théorie du “titre aborigène” est un ensemble d’idées produit par l’esprit euro-américain, par des métaphores et autres constructions mentales, qui, au moyen d’une vague d’actes génocidaires, fut imposé par la force sur nos peuples et nations originels, ainsi que bien d’autres idées de provenance étrangère. La “théorie du titre indigène” est focalisée sur le livre “Indian Pueblo Water Rights,” co-écrit par Charles T. DuMars, Marilyn O’Leary et Albert E. Utton. Le premier développement du chapitre 3, “The Pueblo Water Right as Aboriginal,” , parle du développement historique de la “théorie du titre aborigène”.

Au moment de l’exploration et de la colonisation européenne de l’Amérique du Nord, les seuls habitants du sous-continent étaient les Indiens.” nous disent les auteurs. Avant que les chrétiens européens n’amènent de manière invasive les mots d’”Indien” ou d’Indiens” sur cette terre maintenant usuellement appelée “l’Amérique du Nord”, il n’y avait personne vivant ici, qui était identifié par ce nom. Pas une seule nation originelle dans cette partie de la planète s’identifiant du nom “d’indien” ou “Indiens”. Pour le dire autrement, avant que les envahisseurs christo-européens n’envahissent notre partie de la planète, absolument personne ici ne vivait sous ce nom “d’Indien”, absolument personne.

De tels termes sont des métaphores, mentalement et linguistiquement inventées par les Européens et, soutenues par des formes et moyens variés de force, projetés par les Européens sur ces peuples et nations vivant dans une vaste zone géographique que les Européens d’il y a longtemps connaissaient sous le non des “Indes”. Nos peuples et nations n’étaient pas, si ce n’est dans l’imaginaire et le langage des chrétiens ainsi que leurs activités mentales, connus sour le vocable “d’Indiens”.  Nos ancêtres ne furent connus sous ce nom qu’en direct résultat de l’imposition de leur langage et idées par les christo-européens sur nos ancêtres. Les chrétiens européens ont mentalement projeté des mots et des idées tels qu’Indiens” et “occupation indienne”, ils affirmèrent ensuite “voir” ces apports exogènes alors qu’ils n’étaient que leurs propres projections mentales et linguistiques.

Le livre “Indian Pueblo Water Rights” parle de “l’occupation indienne des terres” sans jamais mentionner que “l’occupation indienne” est une idée totalement inventée par les Européens, puis imposée sur  nos peuples et nations et leurs territoires. Les auteurs disent: “L’occupation originale des sols indienne est appelée possession aborigène et porte avec elle le titre aborigène d’occupation des sols.” Leur utilisation du mot “originale” pose la question “originale de quoi ?” L’expression utilisée “l’occupation originale indienne” suggère que le concept ou idée “d’occupation des sols indienne” a un point de départ ou un endroit d’origine. A la réflexion, cet “endroit” d’origine est trouvé dans les opérations imaginaires de l’esprit intrusif et envahisseur européen. Pour insister plus avant sur leur vision, les auteurs ajoutèrent une note de bas de page où ils écrivent: “Il n’y a aucun doute que les Indiens Pueblo étaient les occupants aborigènes originels.” Cette mention du “aucun doute” rend pour sûr la terminologie imposée “d’occupants aborigènes” comme factuelle, vraie, et correcte basée sur une “observation” objective.

De plus, en utilisant le mot “étaient”, les auteurs commentent sur le “fait d’être” des Indiens Pueblo, suggérant par là, comme si c’était un fait physique, que les “Indiens” Pueblo étaient des “occupants aborigènes”, indépendants de l’esprit des Européens chrétiens, plutôt que le résultat des idées politiquement et subjectivement motivées de l’esprit des dhrétiens européens.

Ces concepts sont le résultat direct de la façon de penser européenne en matière de colonisation au sujet de peuples et de nations existant sur ce continent bien avant que ces colons n’eurent envahi l’endroit. Considérant ces faits importants, nous sommes alors capables de comprendre que des idées qui furent estimées être “vraies” par les chrétiens européens, n’étaient en fait “vraies” que dans le contexte des assomptions de domination de ces Européens sur nos peuples et nations existant sur place bien avant que la colonisation européenne ne commence.

Bref, le concept “d’occupation des sols Indienne” n’a rien à voir avec avec le comment les peuples originels du continent se percevaient et se comprenaient eux-mêmes et leurs relations avec la terre et territoires sur lesquels ils vivaient. Les concepts européens dérivaient de l’esprit européen (ethno/euro-centrisme) et non pas de l’esprit des peuples natifs de l’endroit. (NdT: aucune universalité là-dedans, ce ne sont même pas des “concepts” puisqu’un concept est juste et universel par définition, ce ne sont que des impositions résultant donc de la projection mentale eurocentrique des colonisateurs, imposées par la force, la ruse et le mensonge..).

Au lieu de se concentrer sur le développement “historique” du “titre aborigène”, les auteurs de l’ouvrage nous auraient rendu un fier service s’ils avaient focalisé sur le développement mental des colonisateurs et de leurs idées sur le “titre aborigène” et “l’occupation des sols aborigène”. Une vision des plus utiles aurait vu le jour en dénonçant les mots et les idées comme “indiens”, “occupation”, “occupants aborigènes”, “possession aborigène” et “titre aborigène” et étant des mots et des constructions mentales imposés par les Européens chrétiens, imposés sur nous sans le libre consentement de nos nations originelles. Ceci est vrai en regard de tout le répertoire de langue anglaise (ou espagnol, pour ceux qui ont été colonisés par L’Espagne, ou portugais pour la colonisation portugaise…)

Il aurait aussi été utile de voir que les auteurs de Pueblo Indian Water Rights avaient mentionné que ces mots et idées européens n’étaient pas et ne sont toujours pas des caractéristiques physiques du monde naturel. Aucun de ces mots ou idées ne sont provenus de la pensée indépendante européenne ou indépendamment de quelque système linguistique que ce soit. Pour être plus précis, les co-écrivains du livre auraient dû écrire: “Il n’y a aucun doute que les Espagnols et autres chrétiens européens, ont mentalement conceptualisé et nommé unilatéralement les Indiens Pueblo comme ‘aborigènes’ et ‘occupants aborigènes’, ayant une ‘possession aborigène’ “.

Cette ligne d’analyse mène en fait à ceci: Nos peuples et nations originels n’ont pas développé mentalement ou linguistiquement ces mots et idées qui sont toujours maintenant utilisés dans les états variés de domination pour opprimer nos vies et nos territoires. Comment donc est venue cette assertion que nous sommes de droit les sujets des “colonisateurs”, de leurs mots et de leurs idées sans notre libre consentement ? Ceci s’est produit et a été maintenu avec succès parce que nous ne passons pas assez de temps à questionner et à défier les mots et les idées des colons comme “le titre aborigène”, le “titre d’occupation des sols aborigène” le tout fondé sur la vision et la présence chrétienne (“découverte”) sur des terres non-chrétiennes.

Résistance au colonialisme occidental: Le contrôle des esprits par la sémantique de domination (Steven Newcomb)

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La loi fédérale indienne états-unienne et le contrôle des esprits

 

Steven Newcomb

 

1er Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/01/01/us-federal-indian-law-and-mind-control

 

~ Traduit de l’angpais par Résistance 71 ~

 

Clarifions bien quelque chose. Avant l’invasion des chrétiens européens dans notre partie du monde (l’Île de la Grande Tortue), nos nations vivaient libres et indépendantes de toute domination européenne chrétienne (avant d’être forcées de se soumettre à la volonté arbitraire de quelqu’un d’autre). Nos ancêtres avaient leurs propres langues, leurs propres idées, leurs propres systèmes légaux, et leurs propres conceptions de la façon dont il fallait interagir avec les autres formes du vivant au sein des territoires traditionnels de nos différentes nations. Nos ancêtres étaient ignorants de l’existence d’autres nations euro-chrétiennes et de leurs systèmes de pensée ; ces nations se situaient à des milliers de kilomètres à l’Est dans un endroit appelé la chrétienté occidentale (NdT: par opposition à la chrétienté orientale). Nos ancêtres n’étaient en aucune façon les sujets des peuples européens occidentaux et de langages, de systèmes idéologiques et légaux dont ils ignoraient l’existence.

Avancée aux voyages christo-européens de colonisation et d’invasion des territoires de nos nations originelles. Dans leur effort de développement de narratifs au sujet de ces évènements, les universitaires et érudits euro-américains développèrent une méthode raccourcie expliquant le mode de vie originel et libre de nos ancêtres, libres des systèmes idéologiques et légaux christo-européens. Un très bon exemple de cette technique est fourni par Lesley Bird Simpson lorsqu’il utilise “la conquête” pour tranquillement brouiller l’indépendance originelle de nos nations:

Les Espagnols qui conquérirent amenèrent avec eux des habitudes sociales accumulées au cours des siècles et ne relâchèrent pasd leurs efforts de les imposer aux populations indigènes du continent américain (The Encomienda in New Spain, 1966, p. vii).

L’expression de Simpson “la conquête” sert de technique linguistique qui nie et brouille le fait que nos ancêtres vivaient et existaient originellement libres et indépendants des systèmes idéologiques christo-européens. La connotation typique de “conquête” évoque quelque chose de valide et de légitime. Il y a eu une guerre. Un côté a gagné ; un autre a perdu et la “conquête” en fut le résultat.

Le mot “conquête” crée une connotation insinuant que l’existence libre et indépendante de nos nations fut annihilée de manière permanente, avec notre droit d’être jamais capables de vivre de nouveau de manière libre et indépendante comme nos ancêtres l’avaient fait. Cette imagerie empêche de manière convéniente de considérer toute possibilité d’envisager qe nos nations continuent jusqu’à ce jour d’être libres de droit et que la société dominante utilise un système de pensée justement nommé “loi” étatsunienne anti-Indien afin de nous empêcher de faire l’expérience d’un style de vie comme toutes nations existant de droit libres de toute domination.

La société dominante utilise la “conquête” comme une expression explicative du comment nos ancêtres passèrent de libres et indépendants de la domination chrtétienne européenne à un mode de vie de sujets aux systèmes idéologiques et légaux christo-européens. L’affirmation de la “conquête” ne demande aucune preuve que nos ancêtres furent en fait vraiment “conquis”. L’affirmer c’est déjà la preuve de la véracité de l’affirmation, tout en ignorant de manière bien convéniente tout argument de notre part expliquant que nos nations ont été dominées de manière malévolente par la société de ce qui est devenu les Etats-Unis et que nous avons parfaitement le droit de nous libérer de cette mauvaise et injuste domination étatsunienne.

Comme partie intégrante du processus de la colonisation, la société dominante a éventuellement forcé nos parents et grands-parents alors enfants, dans un système de pensionnat coercitif de domination (NdT: tout comme cela s’est également produit au Canada comme nous l’avons vu plus en détail sur ce blog…). Enfants, nos ancêtres ont dû se soumettre à un programme d’endoctrination (comportemental et de contrôle de la pensée). Une grande partie de cette endoctrinement et tentative d’assimilation forcée fut créée pour enseigner à nos ancêtres à s’identifier comme des “Américains” et non pas comme des citoyens de nos propres nations. Le temps, les efforts, l’énergie et l’argent que le gouvernement des Etats-Unis et les églises chrétiennes (protestantes et catholiques) mirent au service des pensionnats pour Indiens fut une tentative de mettre fin à notre existence en tant que nations au travers d’un processus de génocide (NdT: l’anthropologue français Robert Jaulin qualifierait cette manœuvre d’ethnocide avant de devenie un génocide par mort physique). Ceci fut fait en attaquant nos langues, nos cltures et nos traditions spirituelles. Simultanément, les Etats-Unis se hâtèrent à la tâche de nous exproprier de nos terres et territoires traditionnels.

Comme mentionné auparavant, la société dominante fit tout cela dans un effort de détruire nos nations, mais, de manière plus importante, de détruire notre conscience politique en tant que nations ayant une existence séparée et indépendante du système idéologique injustement et illégalement imposé sur nous par les Etats-Unis. Par le moyen de lieux de détention euphémistiquement appelés “pensionnats”, nos ancêtres furent, durant leurs années les plus formatrices, tenus à l’écart de nos familles, de nos communautés et de nos nations. Bref, le gouvernement des Etats-Unis a soumis nos ancêtres à la fois à un contrôle comportemental et de la pensée en étant forcé coercitivement à être socialisés dans la langue et la culture anglo-saxonne.

Après que nos ancêtres furent forcés de parler la langue anglaise colonisatrice, ce langage devint graduellement prédominant dans nos familles, nos communautés et nos nations. Nos peuples devinrent mentalement conditionnés à penser en termes de catégories occidentales qui étaient coutumières dans la société dominante. Le secreur de l’élite de la société dominante des Etats-Unis a œuvré durement pour coditionner mentalement nos ancêtres à penser à penser nos propres vies selon les lignes développées par des penseurs clef de cette société dominante.

Graduellement, nos ancêtres furent amenés à penser en termes de structure idéologique inférieure et supérieure, que la société dominante avait développée pour construire une méthode relationnelle hiérarchique du sommet vers la base, ce qui fut appliqué à la relation entre nos nations et le gouvernement fédéral des Etats-Unis. Certains de ces penseurs qui élaborèrent ces idées furent des gens comme le juge de la cour suprême John Marshall et son collègue Joseph Story. Ils, et bien d’autres intellectuels, passèrent une grande partie de leur temps à développer des idées et des arguments au sujet de ce qu’ils considéraient la manière correcte de caractériser la relation entre nos nations originelles et ce qu’il consid´´rait comme un “souverain supérieur”, à savoir les Etats-Unis. Ils le firent d’une telle manière que cela bénéficia principalement aux Etats-Unis en désavantageant nos nations en poursuivant les idées appelées “la loi fédérale américaine”.

L’explication ci-dessus est une longue introduction au sujet principal de cet article: “Que se passe t’il lorsque nos peuples natifs suivent l’enseignement de facs de droit non-natifs aux Etats-Unis ?” Depuis environ une quarantaine d’années des étudiants autochtones ont suivi les cours des facs de droits des universités américaines. Ils ont travaillé dur pour comprendre les idées et les arguments qui font partie du système légal non-indien, un système légal qui nous a été imposé et qui a été utilisé contre nos peuples et nations. Les facs de droit américaines ne passent pas de temps à faire réfléchir les étudiants indiens sur l’existence originellement libre et indépendante de nos ancêtres. Les étudiants n’y apprennennt pas non plus comment défier de manière la plus efficace pour les autochtones, le système légal anti-indien mis en place pour nos nations.

Les étudiants en droit autochtones qui sont dans les facs de droit des Etats-Unis finissent par avoir leur esprit profondément influencé et généralement contrôlé par des idées et des arguments que des juristes et des avocats non-autochtones, ainsi que des universitaires ont développé dans l’objectif spécifique de contrôler l’existence même de nos nations et de nos peuples. Il est ainsi triste de dire et de constater, que les facs de droit conditionnent mentalement les étudiants en droit d’origine autochtone à simplement accepter plutôt que de contester les assomptions fondamentales, les métaphores et le ténets d’un système d’idées anti-indien développé ar des juges et des intellectuels non-autochtones dans le passé. Ces concepts incluent le “pouvoir plénier” sur les nations indiennes, l’affirmation de la “domination ultime” de la part des Etats-Unis et un droit affirmé de domination américaine basée sur la fausse assertion que les chrétiens ont “découvert” les terres où des nations non-chrétiennes existaient préalablement.

Lorsque qu’un autochtone maîtrise le système de la loi fédérale des Etats-Unis, cette personne finit sous une forme de contrôle de la pensée. L’étudiant termine fièrement ses études, seulement pour devenir, neuf fois sur dix, un praticien natif d’un système légal anti-indien aux idées qui, inévitablement, finissent par être utilisées contre nos peuples et nos nations. Le résultat de cet endoctrinement handicape non seulement la capacité mais aussi le désir pour le praticien natif d’un sysème légal anti-indien, de passer du temps à contester ou défier les idées principales anti-indiennes qui ont été utilisées et continuent d’être utilisées pour contrôler l’existence même de nos nations. Il y a des exceptions, mais elles ne sont que des exceptions à la règle commune. Ainsi la question surgit de savoir ce que nous allons faire au sujet de ce dilemme ?

Résistance politique: Briser le code de la domination colonialiste…

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Répétition, schéma et briser le code

 

Steven Newcomb

 

28 Juin 2015

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/06/28/repetition-patterning-and-breaking-code

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un schéma répétitif peut-être répété au point de devenir fatigant et ennuyeux. Mais, de manière évidente, tout schéma répétitif n’est pas fastidieux. Lorsque des notes et des accords sont répétés de manière artistique et harmonieuse, fondée sur les règles de la composition musicale, on peut alors obtenir une mélodie ou une chanson qui résonne de nos émotions et nous emmène vers de nouvelles “hauteurs”.

Je mentionne la répétition à cause de la tendance de mes articles ces dernières années à avoir été focalisés répétitivement sur l’idée de la domination. J’ai utilisé la technique de la répétition dans un effort d’attirer l’attention sur ce schéma particulier. Ceci dit, permettez-moi de vous donner quelques exemples supplémentaires sur lesquels je suis tombés et qui documente le système de domination contre lequel luttent nos nations et nos peuples originels.

Dans la préface du livre de Walter Echohawk In the Light of Justice (2013), par exemple, James Anaya (envoyé, haut commissaire représentant spécial de l’ONU pour les peuples indigènes) écrit au sujet des “racines” des problèmes auxquels doivent faire face les peuples indigènes”. Ces “racines” dit-il, sont “dérivés de schémas similaires de domination…” (p. VIII). Karen Engle dans son livre The Elusive Promise of Indigenous Development, cite Rodolfo Stavenhagen et sa mention de “l’opposition indigène à la domination…” (p.13). Un livre en langue espagnole publié en 1910 par Manuel Moreno y Sanz donne encore un exemple. Le livre est intitulé: Origenes de la Dominación Española en América (De l’origine de la domination espagnole en Amérique)

Le grand nombre de colonnes et d’articles que j’ai écrits au sujet de la domination font partie de mes efforts pour que les gens remarquent et par là, “brisent” un schéma ou un code apparemment caché. Le quatrième chapitre du livre d’Alvin Toffler The Third Wave (1980) est intitulé “Briser le code”, il y écrit: “ Toutes les civilisations ont un code caché, un set de règles ou de principes qui se trouvent au sein de toutes leurs activités comme une fabrique à répétition.” Lorsqu’on la ré-exprime, cette déclaration de Toffler peut se lire comme suit: “Tous les systèmes de domination ont un code caché, un set de régles ou de principes de domination qui se trouvent au sein de toutes leurs activités comme une fabrique à répétition.” (en passant, la décision de justice Johnson contre M’Intosh de 1823 possède un code caché, un set de règles ou de principes de domination qui se trouvent au sein de son phrasé comme une fabrique à répétition)

Une définition clef du mot “civilisation” que j’ai mentionnée plusieurs fois dans mes articles se colle parfaitement à la vision de Toffler: “civilisation: l’imposition d’un schéma culturel sur une population qui lui est étrangère.” La civilisation est souvent définie comme “le processus d’être civilisé.” Pour nos peuples et nations originels, ce processus d’être soi-disant “civilisé” fut une chose que les Européens envahisseurs œuvrèrent à nous imposer pour que nous vivions “sous” ou “au sein” d’un système idéologique imposé de domination, parfois appelé “ascendance”. Nous pouvons appliquer la notion de Toffler de “briser le code” a nos propres efforts à comprendre plus profondément la schématisation gén´´rale du système de domination et la destruction résultante expérimentée par nos nations.

Quelque chose de très signifiant se produit lorsque nous commençons à remarquer et à nous concentrer sur le “code caché de domination” qui opère en schéma répétitif comme la répétition de “0” et de “1” utilisée pour le codage informatique (le mot latin colere est la racine de “coloniser” et de “fabriquer”). Nous gagnons en clareté lorsque nous apprenons comment appliquer les thèmes de la domination à notre lecture et notre écriture comme partie intégrante du processus de décolonisation (de libération) de nos vies. Lorsque nous avons amené le thème de la domination au niveau de l’attention consciente et organisé en un schéma prêt à la compréhension, il devient alors possible que nous considérions de traiter la domination comme le problème central que nous, les nations et peuples indigènes, devons résoudre et nous débarrasser, dans un monde appelé “indigène”. Une fois de plus, de mon point de vue, nous devons considérer la domination comme le problèmes essentiel à traiter et à être éliminé pour le bien-être et la sauvegarde non pas seulement des peuples indigènes, mais de tout être vivant sur terre, des écosystèmes et des voies, étendues d’eau sur la planète.

La domination est une nation ou un peuple, forçant d’autre(s) nation(s) ou peuple(s) à vivre sous une forme arbitraire de contrôle. (NdT: En cela, la domination s’exerce également sur les peuples occidentaux, forcés de se plier à la règle du petit nombre oligarchique depuis essentiellement la création de l’État engendré par la division politique. En cela nous sommes tous des colonisés de l’idéologie de la domination et de la division entretenues et ce texte s’applique également à nous, peuples occidentaux dominés à un degré différent, même si la violence du système s’est historiquement déchaînée sur les progressistes…) La domination peut aussi être définie comme une personne, un groupe, une nation ou un peuple étant forcé de vivre sous le contrôle d’une autre personne, groupe, nation ou peuple. Pour nous, ce que nous appelons domination est la conséquence de nos peuples et nations ayant été forcés d’exister (et sont toujours forcés aujourd’hui..) à être sujets d’un schéma culturel étranger au nom de la “civilisation” et de “L’État”.

La plupart des gens ne réalisent pas que la domination est à la fois la base et le contexte de ce système politique typiquement appelé “l’état”. Un état est présupposé sur quelque nation, peuple ou groupe élitiste clâmant un droit à la domination sur des écosystèmes entiers et sur des nations ou peuples appelés “indigènes”. En regard à la nature de “l’état”, le sociologue Max Weber a dit la chose suivante dans son classique essai “La politique comme vocation” (1917): “Tout comme les institutions politiques qui l’ont précédées, l’état est une relation d’hommes dominant des hommes, une relation soutenue par le moyen de la violence légitime (ou considérée comme légitime). Si l’État doit exister, le dominé doit obéir à l’autorité (dominante) clâmée par les pouvoirs en place.

Devenir hyper-conscient du schéma de la domination est voir ce schéma comme étant omniprésent dans la société dominante en relation aux peuples appelés “indigènes”. Le mot “civilisation” se traduit immédiatement par “domination” dans le contexte des peuples indigènes et ce qui est le plus souvent exprimé comme étant la “conquête” par les penseurs occidentaux est simplement une autre façon de réferrer à un autre schéma pour ce qui est plus précisément appelé “la domination”. Une fois que nous avons reconnu ceci, nous sommes alors capables de nommer précisément le schéma de domination trouvé dans les titres de livres très importants comme par exemple le livre de Kirkpatrick Sale The Conquest of Paradise (1990), devient “The Domination of Paradise” ; celui de Tzvetan Todorov The Conquest of America (1982) devient “The Domination of America” ; celui de Linsday Robertson Conquest By Law (2005) devient “Domination by Law”.

Notre façon d’interpréter ce que nous lisons change une fois que nous comprenons que le mot “conquête” veut dire “domination”. Une phrase du livre de Linda Parker Native American Estate (1987), dit par exemple: “Plus tard la doctrine [des croisades] a évolué pour justifier la conquête du monde”, ceci est plus précisément ré-exprimée de la sorte: “Plus tard, la doctrine [des croisades] a évolué pour justifier la domination du monde.” (p.2)

Une autre phrase du livre de Parker dit: “Par la loi divine les nations impérialistes chrétiennes étaient supérieures et avaient le droit de dominion et de régner sur les habitants non-chrétiens et leurs territoires.” Ceci est correctement ré-exprimé comme suit en suivant en termes de code de la domination: “Par la loi divine les nations impérialistes chrétiennes étaient supérieures et avaient le droit de dominer et de régner sur les habitants non-chrétiens et leurs territoires.” Les mots et expressions dans juste cette phrase contenant le thème de la domination incluent: “nations impérialistes chrétiennes”, “supérieures”, “dominion” et “régner”.

L’ historiographie de la domination des nations et peuples originels dans notre partie de la planète par les monarchies de la chrétienté occidentale, utilise une très grande variété d’euphémismes pour répéter le même thème de la domination encore et encore. Des exemples incluent: “guerre juste”, “nations impériales”, “conversion forcée”, “invasion, envahir”, “capturer”, “vaincre, vaincu”, “guerres de conquête”, “un droit naturel de conquérir les Indiens, utiliser leur travail et exploiter leurs terres”, “prévaut, prévaloir”, “supériotité des nations chrétiennes sur les nations païennes non-civilisées” etc, etc…

La loi et la politique fédérales indiennes sont un langage et un système idéologique fondé sur la domination par les Etats-Unis de nos nations et de nos peuples. Et pourtant nous avons éte conditionnés à utiliser habituellemet une grande variété d’euphémismes (mots à résonnance positive pour des mots ayant une connotation négative), qui divertit notre attention du phénomène de domination et résultant en une déshumanisation. Il est grand temps d’apprendre à briser le code et de lire le système idéologique sous-jacent de domination qui a été utilisé contre nos nations depuis plus de deux siècles par les Etats-Unis et d’autres pays (NdT: Canada, Mexique etc…). Si le professeur Anaya a raison et que les “racines” des problèmes auxquels nous devons faire face sont “dérivés de schémas similaires de domination”, alors nommons et occupons nous de ces schémas de domination.

La colonisation des mots, langages et attitudes comme outil de propagande…

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A propos des tribus

 

Steven Newcomb

 

5 Mai 2015

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/05/05/thinking-about-tribes

 

~Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans le premier chapitre du livre “L’évolution de la physique” (1938), Albert Einstein et Leopold Infeld disent qu’ils sont focalisés sur “la recherche aventureuse pour la connaisance du monde physique” et qu’ils sont “profondément concernés par le rôle des pensées et des idées.” Chercher la “connaissance du monde physique” mène à une question intrigante: “Les ‘tribus indiennes’ existent-elles physiquement dans un monde physique externe et indépendant du système de langue utilisé pour exprimer l’idée de ‘tribu’ ?” Y a t’il eu des tribus qui ont existées ici dans cette partie du monde avant que les chrétiens européens n’envahissent ce monde ? La répones est “Non”.

Avant la colonisation, nos ancêtres existaient ici sur l’Île de la Grande Tortue dans des réalités et des mots de leur propre cru, avec des expériences qui étaient le résultat de nos propres langues et de nos propres mots, qui étaient tissés dans notre existence libre et indépendante ; libre et indépendante de la colonisation et de la domination des chrétiens européens. Le mot “tribu” et les idées qui lui sont associées furent nécessaires pour créer l’expérience mentale (cognitive) d’une “tribu”.

Les “tribus” n’existent pas en tant que caractéristique du monde physique, mais en tant que résultat du mot et de l’idée de “tribu” et “tribus”, mentalement projetés sur et appliqués à certains groupements humains. Une fois que ce mot et les associations mentales qui vont avec ont été établis comme une habitude établie et récurente, une habitude partagée en commun avec d’autres, personne ne se soucie de demander si ce mot a un sens, ou s’Il y a un inconvénient à utiliser ce mot. Il est traité dans la vie quotidienne comme une simple caractéristique “naturelle” du monde de l’expérience quotidienne. Une fois que les gens se sont habitués à cette idée et à ce phrasé, c’est alors comme si la “tribu” existait physiquement, de manière indépendante de nos esprits ou du mot lui-même et de la langue anglaise.

C’est mon argument que de dire que nous faisons l’expérience de nos vies en termes des mots et des concepts mentaux de “tribus” et “tribal”, en tant que résultat direct de notre conditionnement mental et de notre adaptation au langage colonial qu’est l’anglais. C’est le produit d’une colonisation (domination), ce qui veut dire que la décolonisation (l’émancipation) doit impliquer un effort de transfert de notre langage de façon à construire la réalité mentale et physique que nous désirons expérimenter. Mais quelle est la réalité dont nous voulons faire l’expérience ? quels sont les obstacles sur le chemin de la réalisation de cet état désiré ? Si les mots “tribu”, “tribus”, “tribal” sont des mots d’auto-subordination et auto-réducteurs, alors quelle serait la logique sensible de la continuation de l’auto-identité en considérant de tels termes de diminurion et de subordination politiques ?

Dans le rendu du verdict de l’affaire Johnson contre M’Intosh (cour suprême des Etats-Unis, juge John Marshall, 1823), le juge Marshall utilisa une présupposition (quelque chose auquel on prétend) comme base de sa décision au sujet de droit de domination du gouvernement des Etats-Unis. Basés sur les besoins politiques et économiques des Etats-Unis, il a dit que la supposition (NdT: “pretension” en anglais) d’un droit américain de domination sur les nations indiennes serait regardée comme la “loi de la terre” et comme quelque chose qui nne peut pas être questionné. Ce sur quoi il écrivait néanmoins, est la façon dont la réalité humaine se construit et de maintient.

Marshall, en fin opérateur du système qu’il était, aligné sur une élite intellectuelle subtile opérant au plus haut niveau du gouvernement des Etats-Unis, avait très bien compris une chose. Dans la durée, tout le monde perdrait de vue le fait que tout cela avait commencé avec une prétendue réalité, celle de la domination et de la subjugation des Indiens. Les idées qui commencèrent à être prétendues commenceraient à être expérimenter par les générations futures (comme la nôtre…), comme si elles étaient des faits physiques et comme si elles existaient physiquement. Marshall savait pertinemment qu’une fois que cela se passerait, une fois qu’en quelque sorte, ces idées se seraient “solidifiées”, alors elles prendraient l’apparence de devenir une partie inquestionnable et inquestionnée de la réalité physique.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Toutefois, en tant que produit de l’esprit et des processus mentaux de l’homme blanc, la présupposition de la Cour Suprême dans Johnson contre M’Intosh a été et continue d’être ouverte aux questions et au défi de la part de notre point de vue original, libre et indépendant. C’est une fonction de nous-mêmes, il nous faut agir sur ce truisme et non pas comme si nous devions passivement accepter les mots et les idées que les colonisateurs nous ont métaphoriquement “faits descendre d’en haut”, donnés du haut de leur suffisance.

Résistance politique: Lutter contre le colonialisme des mots, la sémantique de la soumission ~ 2ème partie ~ (Steven Newcomb)

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Cet article fait suite à celui que nous avions traduit et publié le 12 décembre: « Leadership et libération de nos nations originelles » par le même auteur Steven Newcomb (Shawnee-Lemappe). Ces deux articles analysent la sémantique coloniale employée pour maintenir le statu quo colonialiste à la fois dans les pays à gouvernance coloniale (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande et toutes les nations du Commonwealth dépendantes de la « couronne britannique »), mais aussi ce qui est pire, aux Nations-Unies, qui n’est qu’un bureau de validation de l’hégémonie coloniale de l7occident et dont les institutions ne sont faites que pour mettre le « coup de tampon » officiel à la supercherie et aux crimes coloniaux occidentaux.

— Résistance 71 —

 

La sémantique coloniale des Etats-Unis et l’expression “les tribus de notre nation”

 

Steven Newcomb

 

16 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/12/16/colonial-semantics-united-states-our-nations-tribes

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un œil critique est très important lorsqu’il s’agit d’interpréter les déclarations des Nations-Unies au sujet de nos nations originelles (amérindiennes), qui sont si typiquement appelées “tribus indiennes”. Le 13 Septembre 2007, les Etats-Unis ont voté “non” à la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI), mais trois ans plus tard, le 15 Décembre 2010, le président Obama fît une annonce officielle de soutien à cette déclaration de l’ONU.

A cette époque, il semblerait que la plupart des peuples indiens ont alors pris le président Obama au mot et ne prirent jamais la peine d’interpréter le texte sous-jacent à cette déclaration. Quoi qu’il en soit, ceux qui payèrent quelque attention à ce qu’il se passait, ont noté sans coup férir qu’Obama avait aussi dit dans son annonce de décembre 2010 que le ministère des affaires étrangères américain publierait une explication plus détaillée et compréhensive de la position des Etats-Unis sur le sujet.

Glenn Morris (Shawnee), Peter d’Errico et moi-même (Shawnee-Lemappe), avons publié des articles au sujet de la déclaration du ministère des affaires étrangères américain de 2010. J’ai peut-être loupé l’analyse, mais je dois toujours voir une organisation majeure autochtone publier une analyse détaillée et profonde interprétant la déclaration du président Obama de 2010, aussi bien que celle du ministère des affaires étrangères sur la déclaration de l’ONU. Ce que je n’ai pas encore vu non plus de ces organisations indiennes est une analyse de comparaison entre la position américaine de 2007 et celle de 2010. Une telle comparaision montrerait qu’il n’y a quasiment aucune différence entres elles.

Un tel travail d’interprétation est critiquement important pour donner un contexte précis et sensé au sein duquel il est possible de discuter du document récent résultant de la réunion pléniaire de l’ONU sur les peuples indigènes, document nous dit-on, qui sera utilisé comme base d’une nouvelle Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU. Quand on y pense, nous devons nous rappeler que ce que les Etats-Unis vont mettre en application ne sera que sa propre interprétation de convénience de la déclaration de l’ONU, qui est épelée dans sa déclaration de 2010.

Lorsque nous faisons plus attention au contenu de l’article sur la position américaine datant du 16 décembre 2010, il devient alors évident de constater que le but des Etats-Unis est d’utiliser la DDPI pour renforcer le système de la loi fédérale sur les Indiens existant déja. Une partie de ce renforcement est accomplie en définissant les “tribus” reconnues fédéralement comme des possessions (physiques) politiques des Etats-Unis et en définissant le peuple amérindien comme “américain”, juste des Américains “natifs”, ou “premiers Américains”.

Une réalité américaine dominante qui cadre les “tribus indiennes comme des possessions des Etats-Unis” est renforcée à chaque fois que des nations indiennes originellement libres et de fait toujours libres de plein droit, sont citées comme étant des “tribus des Etats-Unis”. Une telle réalité de subjection est aussi renforcée lorsque les Etats-Unis utilisent la phrase “les tribus de notre nation”. Une telle utilisation coloniale du langage par les Etats-Unis démontre en fait qu’il n’y a aucun désir de ceux-ci à vouloir mettre fin à leur attitude de domination et leur attitude (coloniale) inhérente envers nos peuples et nations originels.

Le 2 décembre 2011, un an après avoir annoncé son soutien à la DDPI de l’ONU, le président Obama a signé le décret (executive order) 13592 sur l’éducation des Indiens dans lequel l’attitude coloniale de la Maison Blanche envers les nations indiennes est démontrée avec une simple expression employée: “nos tribus de la Nation”, qui dénote une tournure possessive de l’expression tout en établissant la hiérarchie des valeurs où les “tribus” avec un “t” sont positionnées sous la “Nation” avec un “N”, qui les possèdent en tant que “possession” coloniale. “Depuis des siècles, la relation du Gouvernement Fédéral avec ces tribus a été guidée par un contrat de confiance comcernant la responsabilité…” Avez-vous remarqué les “G” et “F” et “t” pour les entités respectives ? Ceci est significatif de la relation dominant/dominé dirigeant la structure politique de la relation entre nous et la loi et politique fédérales sur les Indiens.

Que devons-nous tirer de ces observations ? Avant son soi-disant soutien à la DDPI, les Etats-Unis exprimaient l’idée que les “tribus” indiennes fédéralement reconnues sont des possessions des Etats-Unis et depuis que le gouvernement américain a dit soutenir la DDPI de l’ONU, il a continué à exprimer et diffuser l’idée coloniale que les “tribus” fédéralement reconnues sont des possessions des Etats-Unis.

Voici ce qui est important: La sémantique coloniale des Etats-Unis n’a pas changé du tout en résultat de l’annonce par les Etats-Unis de leur soutien à la DDPI et tant que la terminologie états-unienne ne change pas, la réalité qui est construite par cette terminologie ne peut pas changer positivement ni même s’améliorer.

Les Etats-Unis utilisent la DDPI de l’ONU pour justifier de leur utilisation continuelle de la fondation conceptuelle de la loi et de la politique de la loi fédérale sur les Indiens dans sa forme actuelle et courante. Ce système présume que les Etats-Unis sont le “souverain” dans la relation aux “tribus indiennes fédéralement reconnues”, un “souverain” qui affirme sa propriété sous-jacente de tout territoire indien, que les Etats-Unis clâment être des “terres fédérales”, Aussi, le gouvernement des Etats-Unis, spécifiquement au travers de sa cour suprême, présume que les Etats-Unis possèdent un “pouvoir pléniaire” non pas seulement sur “les affaire indiennes” mais aussi sur les nations indiennes elles-mêmes.

Les Etats-Unis n’ont pas changé leur cadre conceptuel de la loi fédérale sur les indiens et leur politique inhérente pour coïncider avec leur “soutien” de la DDPI de l’ONU. Les Etats-Unis nous ont tous mis en demeure du fait qu’ils ont la pleine intention d’interpréter la déclaration de l’ONU en termes de la relation coloniale existante entre les nations indiennes et les dits Etats-Unis. Ceci est constamment démontré par l’utilisation de l’adjectif “tribal” apposé au mot “nations”.

Cadrer les nations indiennes en termes de “nations tribales” est une utilisation politiquement subordonnée de la langue anglaise contre nos nations. Dans la rhétorique états-unienne, les Etats-Unis sont la “Nation” avec le “niveau national”, tandis que nos nations ne sont que des “nations tribales” subordonnées, existant à un niveau sous-national, ce qui veut dire existant politiquement sous les Etats-Unis.

Le document résultant de la réunion pléniaire de haut niveau de l’ONU, qui est maintenant une résolution de l’ONU, ne fait qu’ajouter une couche suplémentaire à l’affaire. Le contenu de document des Etats-Unis émanant de son ministère des affaires étrangères en 2010, montre que rien n’a changé dans l’attitude des Etats-Unis sur son approche d’interprétation de la DDPI. Le document du MAE affirme frauduleusement que la déclaration de l’ONU “appelle” à une “nouvelle forme” d’auto-détermination pour les peuples indigènes. Ces organisations amérindiennes et autres qui négligent de vraiment porter toute l’attention nécessaire à la sémantique (coloniale) des Etats-Unis à ce sujet ne sont même pas engagées dans la plus simple et basique forme de discernement qui est critiquement important dans le contexte de l’arène politique internationale.