Projet de loi liberticide au Canada: Une porte-parole Mohawk questionne Ottawa (Ellen Gabriel)

Le gouvernement du nazi Harper à la solde de la City de Londres et de Wall Street se remet la nation Mohawk à dos. Entre ce projet de loi patriot act canadien Bill C-51 et le vol planifié des terres Mohawk de la Seigneurie du Sault St Louis au sud de Montréal, printemps et été risquent d’être chauds et la clique oligarque va suer sang et eau.

La solidarité c’est maintenant ! Démasquons la fraude légale des « souverainetés » coloniales et aidons nos frères Ongwe’hon:weh à reprendre en main la gestion de la terre-mère pour que l’équilibre revienne sur cette planète. Notre salut passe par le leur, et n’oubliez pas que la prochaine loi liberticide passera en France, les ordures du haut de la pyramide font le forcing et jouent leur va-tout, le temps ne joue plus du tout pour eux, contrairement à avant. Retirons leur le tapis de dessous les pieds, que ce colosse aux pieds d’argile s’écrase comme la m…. qu’il est !

Un empire sans terre est un empire à terre !

— Résistance 71 —

 

Projet de loi C-51: Une loi pour criminaliser les défenseurs indigènes de la terre

 

Ellen Gabriel*

 

1er Avril 2015

 

url de l’article:

http://www.tworowtimes.com/opinions/opinion/bill-c-51-an-act-to-criminalize-indigenous-defenders-of-the-land/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce qui suit est une version édité de la lettre envoyée par Ellen Gabriel au comité parlementaire s’occupant du projet de loi C-51. Elle a été soumise au secrétariat de l’assemblée à Ottawa par courriel le 23 Mars 2015.

(*) Katsitsakwas, Ellen Gabriel fut la porte-parole du mouvement Mohawk qui lutta contre l’appropriation illégale de terres ancestrales et sacrées Mohwak pour l’agrandissement d’un parcours de golf. Ce mouvement est connu sous le nom d’Oka 1990. Enseignante d’arts et d’histoire tradtionnels, elle est devenue la présidente de l’association des femmes des premières nations du Québec entre 2004 et 2010.

* * *

Comme on ne m’a pas donné l’opportunité de témoigner en personne, j’écris aujourd’hui en tant que citoyenne de la nation Kanien’kehá:ka (Mohawk) depuis la communauté de Kanehsatà:ke, dont les terres non-cédées continuent à être appriopriées et volées par le Canada par le biais d’intérêts de partis tiers.

En tant que citoyenne de ma nation, j’ai passé les dernières 25 années de ma vie à éduquer le public canadien sur l’histoire du Canada dans la colonisation et le génocide. Mon parcours dans la participation à la protection des terres Kanien’kehá:ka (Mohawk) et de leurs ressources a commencé avant 1990, mais devint plus intense durant et après l’occupation de Kanehsatà:ke en 1990, connue sous le nom de la “crise d’Oka de 1990”.

Pendant la “crise d’Oka en 1990”, moi-même et d’autres membres des communautés de Kanehsatà:ke et de Kahnawà:ke avons été sous surveillance policière durant cette période nous en avons été notifiés par courrier. Dans cette note de mise en garde, les autorités m’informaient que toutes mes conversations téléphoniques avaient été enregistrées et me fournissaient la copie d’une page du code pénal du Canada qui mettait en évidence en stencil jaune les articles qui référaient à la justification de ma mise surveillance en tant que “menace à la sécurité publique” et pour “suspicion d’activités criminelles”.
J’ai reçu trois de ces notes jusqu’à environ l’année 1995, chacune ayant la même raison de suspicion d’activités “criminelles” comme justification de ma mise en surveillance.

En tant que personne qui a été directement affectée par la mise en surveillance des autorités de police, je désirerais adresser ici quelques graves préoccupations en regard de l’impact que cette loi C-51 va avoir sur la dignité, la sécurité, la liberté et l’accès à la justice pour les peuples indigènes. Une grave préoccupation est la section concernant les “interprétations” dont le flou artistique des définitions permet des interprétations unilatérales des termes par le Canada et ses autorités de police mettant ainsi en danger les droits humains des peuples indigènes et leur droit à l’auto-détermination.

La souveraineté assumée du Canada sur les peuples indigènes, leurs terres et leurs ressources est fondée sur des fictions légales datant de siècles passés et remontant à la doctrine chrétienne de la découverte, la doctrine de conquête et celle de Terra Nullius. Ces doctrines de supériorité ont été déclarées par les Nations-Unies comme étant: “… racistes, scientifiquement erronnées, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes.

Le gouvernement du Canada a mentionné que cette loi était faite pour protéger ses citoyens de ceux qui sont une menace à “… la souveraineté, la sécurité ou l’intégrité territoriale du Canada ou des vies ou de la sécurité du peuple du Canada.

Quoi qu’il en soit, comme mentionné précédemment, la criminalisation incessante des peuples indigènes qui défendent leurs terres de l’exploitation, perpétue les injustices historiques faites pour minimiser et dévaloriser l’espoir en une co-existence pacifique, cela pour le profit d’une sécurité économique et énergétique.

Une attention toute particulière devrait aussi être portée à la capacité des institutions gouvernementales de partager l’information avec d’autres agences. La loi C-51 stipule que les institutions gouvernementales pourront non seulement partager des informations privées mais qu’elles auront également le droit de détenir et de poursuivre en justice des individus qui apparaissent être des menaces pour “… la souveraineté, la sécurité ou l’intégrité territoriale du Canada ou des vies ou de la sécurité du peuple du Canada.” :

Ainsi la question demeure: Qui va contrôler les institutions gouvernementales sur ce que l’information collectée est a) juste, b) utile à une enquête en cours, c) ne viole pas la loi, les conventions, les raités et les déclarations sur les droits de l’Homme internationalement et domestiquement, d) est respectueuse, e) n’est pas discriminatoire, f) est confidentielle, g) si une personne est accusée à tort, qu’un système de juste compensations et un mécanisme de redressement des torts soit en place ; et bien plus de sujets qui impactent sérieusement les droits humains individuels et collectifs des peuples indigènes.

Alors que le développement s’intensifie au Canada et que les peuples et nations indigènes, défenseurs de la terre, protègent leur droit à l’auto-détermination, le gouvernement et les autorités de police doivent de concert prendre connaissance de l’universalité, de l’indivisibilité, de la non-discrimination et de l’inter-dépendance des droits humains dans leurs efforts pour maintenir la règle de la loi. Créer toujours plus de lois sans examiner les impacts qu’elles auront sur les droits de l’Homme en particulier, les droits individuels et collectifs des peuples indigènes, dérobe la société de la richesse de sa démocratie. Qu’ils soient de droits civil, politique, culturel, linguistique ou social, le respect et la jouissance de l’un d’entre eux sont inter-connectés à l’avancement des autres. Pareillement, la privation d’un droit affecte négativement la jouissance des autres.

En 1990, beaucoup de citoyens ainsi que moi-même de la nation Kanien’kehá:ka furent étiquetés comme criminels et terroristes par les autorités de police et les gouvernements du Québec et du Canada pour le simple fait de défendre notre terre. Je suis une personne parmi le grand nombre de générations de peuples indigènes dont les droits ont été menacés, violés par l’état colonial par le fait de la souveraineté assumée du Canada sur nos peuples, nos terres et nos ressources.

Les causes profondes de la dépossession et de l’oppression des peuples indigènes sont personnifiées dans les lois coloniales et le langage. Ce qui a été décrété de “légal” ou parfois de “criminel” dans la législation canadienne est souvent au détriment des peuples indigènes afin de nous contrôler et de nous contenir pour le seul bénéfice de la prospérité du Canada.

C’est le cœur lourd que je constate les réalités et le traitement réservés à mes ancêtres Onkwehón:we (Indigènes) en examinant l’histoire coloniale du Canada ; et nous pouvons conclure que le terme de “génocide” est bien approprié pour décrire une partie de l’histoire du Canada. Le génocide comme “crimes contre l’humanité” inclus: “gérer la persécution et l’extermination physique de minorités nationales, ethniques, raciales et religieuses.

La résistance à l’assimilation est un processus sans fin pour les peuples indigènes du Canada. Nous ne pourrons jamais trouver de repos tant que le Canada respecte et applique les droits de l’Homme et la dignité des peuples indigènes et nos droits d’auto-détermination. En tant que peuples indigènes, nous avons souffert d’injustices historiques et nous devons rester vigilants pour protéger et promouvoir nos enseignements ancestraux et nos lois coutumières, qui nous enseignent comment prendre soin de la terre et de toutes nos relations.

La Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU et la jurisprudence du système de l’ American Human Rights lui-même, requiert la participation pleine et effective des peuples indigènes dans toutes les décisions affectant leurs droits. Ceci est le standard minimum accepté globalement pour les droits individuels et collectifs des peuples indigènes. J’espère que ce comité prendre en sérieuse considération les implications de cette loi, l’histoire coloniale du Canada et comment cela continue à affecter négativement l’intégrité, la sécurité et le bien-être des peuples indigènes aujourd’hui.

par Ellen Gabriel
, clan de la Tortue, Kanien’kehá:ka Nation de Kanehsatà:ke

2 Réponses to “Projet de loi liberticide au Canada: Une porte-parole Mohawk questionne Ottawa (Ellen Gabriel)”

  1. JBL1960 Says:

    Comme quoi ce combat est on ne peut plus d’actualité.
    À lire le préambule et la traduction on sait qu’on ne se trompe pas de route. Merci R71 car c’est en partie grâce à vous que j’ai trouvé mon chemin. Fraternellement ; A+

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