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Projet de loi liberticide au Canada: Une porte-parole Mohawk questionne Ottawa (Ellen Gabriel)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 avril 2015 by Résistance 71

Le gouvernement du nazi Harper à la solde de la City de Londres et de Wall Street se remet la nation Mohawk à dos. Entre ce projet de loi patriot act canadien Bill C-51 et le vol planifié des terres Mohawk de la Seigneurie du Sault St Louis au sud de Montréal, printemps et été risquent d’être chauds et la clique oligarque va suer sang et eau.

La solidarité c’est maintenant ! Démasquons la fraude légale des « souverainetés » coloniales et aidons nos frères Ongwe’hon:weh à reprendre en main la gestion de la terre-mère pour que l’équilibre revienne sur cette planète. Notre salut passe par le leur, et n’oubliez pas que la prochaine loi liberticide passera en France, les ordures du haut de la pyramide font le forcing et jouent leur va-tout, le temps ne joue plus du tout pour eux, contrairement à avant. Retirons leur le tapis de dessous les pieds, que ce colosse aux pieds d’argile s’écrase comme la m…. qu’il est !

Un empire sans terre est un empire à terre !

— Résistance 71 —

 

Projet de loi C-51: Une loi pour criminaliser les défenseurs indigènes de la terre

 

Ellen Gabriel*

 

1er Avril 2015

 

url de l’article:

http://www.tworowtimes.com/opinions/opinion/bill-c-51-an-act-to-criminalize-indigenous-defenders-of-the-land/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce qui suit est une version édité de la lettre envoyée par Ellen Gabriel au comité parlementaire s’occupant du projet de loi C-51. Elle a été soumise au secrétariat de l’assemblée à Ottawa par courriel le 23 Mars 2015.

(*) Katsitsakwas, Ellen Gabriel fut la porte-parole du mouvement Mohawk qui lutta contre l’appropriation illégale de terres ancestrales et sacrées Mohwak pour l’agrandissement d’un parcours de golf. Ce mouvement est connu sous le nom d’Oka 1990. Enseignante d’arts et d’histoire tradtionnels, elle est devenue la présidente de l’association des femmes des premières nations du Québec entre 2004 et 2010.

* * *

Comme on ne m’a pas donné l’opportunité de témoigner en personne, j’écris aujourd’hui en tant que citoyenne de la nation Kanien’kehá:ka (Mohawk) depuis la communauté de Kanehsatà:ke, dont les terres non-cédées continuent à être appriopriées et volées par le Canada par le biais d’intérêts de partis tiers.

En tant que citoyenne de ma nation, j’ai passé les dernières 25 années de ma vie à éduquer le public canadien sur l’histoire du Canada dans la colonisation et le génocide. Mon parcours dans la participation à la protection des terres Kanien’kehá:ka (Mohawk) et de leurs ressources a commencé avant 1990, mais devint plus intense durant et après l’occupation de Kanehsatà:ke en 1990, connue sous le nom de la “crise d’Oka de 1990”.

Pendant la “crise d’Oka en 1990”, moi-même et d’autres membres des communautés de Kanehsatà:ke et de Kahnawà:ke avons été sous surveillance policière durant cette période nous en avons été notifiés par courrier. Dans cette note de mise en garde, les autorités m’informaient que toutes mes conversations téléphoniques avaient été enregistrées et me fournissaient la copie d’une page du code pénal du Canada qui mettait en évidence en stencil jaune les articles qui référaient à la justification de ma mise surveillance en tant que “menace à la sécurité publique” et pour “suspicion d’activités criminelles”.
J’ai reçu trois de ces notes jusqu’à environ l’année 1995, chacune ayant la même raison de suspicion d’activités “criminelles” comme justification de ma mise en surveillance.

En tant que personne qui a été directement affectée par la mise en surveillance des autorités de police, je désirerais adresser ici quelques graves préoccupations en regard de l’impact que cette loi C-51 va avoir sur la dignité, la sécurité, la liberté et l’accès à la justice pour les peuples indigènes. Une grave préoccupation est la section concernant les “interprétations” dont le flou artistique des définitions permet des interprétations unilatérales des termes par le Canada et ses autorités de police mettant ainsi en danger les droits humains des peuples indigènes et leur droit à l’auto-détermination.

La souveraineté assumée du Canada sur les peuples indigènes, leurs terres et leurs ressources est fondée sur des fictions légales datant de siècles passés et remontant à la doctrine chrétienne de la découverte, la doctrine de conquête et celle de Terra Nullius. Ces doctrines de supériorité ont été déclarées par les Nations-Unies comme étant: “… racistes, scientifiquement erronnées, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes.

Le gouvernement du Canada a mentionné que cette loi était faite pour protéger ses citoyens de ceux qui sont une menace à “… la souveraineté, la sécurité ou l’intégrité territoriale du Canada ou des vies ou de la sécurité du peuple du Canada.

Quoi qu’il en soit, comme mentionné précédemment, la criminalisation incessante des peuples indigènes qui défendent leurs terres de l’exploitation, perpétue les injustices historiques faites pour minimiser et dévaloriser l’espoir en une co-existence pacifique, cela pour le profit d’une sécurité économique et énergétique.

Une attention toute particulière devrait aussi être portée à la capacité des institutions gouvernementales de partager l’information avec d’autres agences. La loi C-51 stipule que les institutions gouvernementales pourront non seulement partager des informations privées mais qu’elles auront également le droit de détenir et de poursuivre en justice des individus qui apparaissent être des menaces pour “… la souveraineté, la sécurité ou l’intégrité territoriale du Canada ou des vies ou de la sécurité du peuple du Canada.” :

Ainsi la question demeure: Qui va contrôler les institutions gouvernementales sur ce que l’information collectée est a) juste, b) utile à une enquête en cours, c) ne viole pas la loi, les conventions, les raités et les déclarations sur les droits de l’Homme internationalement et domestiquement, d) est respectueuse, e) n’est pas discriminatoire, f) est confidentielle, g) si une personne est accusée à tort, qu’un système de juste compensations et un mécanisme de redressement des torts soit en place ; et bien plus de sujets qui impactent sérieusement les droits humains individuels et collectifs des peuples indigènes.

Alors que le développement s’intensifie au Canada et que les peuples et nations indigènes, défenseurs de la terre, protègent leur droit à l’auto-détermination, le gouvernement et les autorités de police doivent de concert prendre connaissance de l’universalité, de l’indivisibilité, de la non-discrimination et de l’inter-dépendance des droits humains dans leurs efforts pour maintenir la règle de la loi. Créer toujours plus de lois sans examiner les impacts qu’elles auront sur les droits de l’Homme en particulier, les droits individuels et collectifs des peuples indigènes, dérobe la société de la richesse de sa démocratie. Qu’ils soient de droits civil, politique, culturel, linguistique ou social, le respect et la jouissance de l’un d’entre eux sont inter-connectés à l’avancement des autres. Pareillement, la privation d’un droit affecte négativement la jouissance des autres.

En 1990, beaucoup de citoyens ainsi que moi-même de la nation Kanien’kehá:ka furent étiquetés comme criminels et terroristes par les autorités de police et les gouvernements du Québec et du Canada pour le simple fait de défendre notre terre. Je suis une personne parmi le grand nombre de générations de peuples indigènes dont les droits ont été menacés, violés par l’état colonial par le fait de la souveraineté assumée du Canada sur nos peuples, nos terres et nos ressources.

Les causes profondes de la dépossession et de l’oppression des peuples indigènes sont personnifiées dans les lois coloniales et le langage. Ce qui a été décrété de “légal” ou parfois de “criminel” dans la législation canadienne est souvent au détriment des peuples indigènes afin de nous contrôler et de nous contenir pour le seul bénéfice de la prospérité du Canada.

C’est le cœur lourd que je constate les réalités et le traitement réservés à mes ancêtres Onkwehón:we (Indigènes) en examinant l’histoire coloniale du Canada ; et nous pouvons conclure que le terme de “génocide” est bien approprié pour décrire une partie de l’histoire du Canada. Le génocide comme “crimes contre l’humanité” inclus: “gérer la persécution et l’extermination physique de minorités nationales, ethniques, raciales et religieuses.

La résistance à l’assimilation est un processus sans fin pour les peuples indigènes du Canada. Nous ne pourrons jamais trouver de repos tant que le Canada respecte et applique les droits de l’Homme et la dignité des peuples indigènes et nos droits d’auto-détermination. En tant que peuples indigènes, nous avons souffert d’injustices historiques et nous devons rester vigilants pour protéger et promouvoir nos enseignements ancestraux et nos lois coutumières, qui nous enseignent comment prendre soin de la terre et de toutes nos relations.

La Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU et la jurisprudence du système de l’ American Human Rights lui-même, requiert la participation pleine et effective des peuples indigènes dans toutes les décisions affectant leurs droits. Ceci est le standard minimum accepté globalement pour les droits individuels et collectifs des peuples indigènes. J’espère que ce comité prendre en sérieuse considération les implications de cette loi, l’histoire coloniale du Canada et comment cela continue à affecter négativement l’intégrité, la sécurité et le bien-être des peuples indigènes aujourd’hui.

par Ellen Gabriel
, clan de la Tortue, Kanien’kehá:ka Nation de Kanehsatà:ke

Redéfinir certains mots est nécessaire lorsque battent les tambours de la guerre…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 17 avril 2014 by Résistance 71

Ceci a une portée universelle au sein de toutes les sociétés traditionnelles non-étatiques. L’autogestion politique de la société implique nécessairement l’autogestion de sa défense, qui est l’affaire des citoyens/membres et non pas d’une clique de spécialistes, qui a terme, usurpera le pouvoir et instaurera la coercition étatique embryonnaire par division de la société.

« Les personnes âgées et les mères reconnaissent la folie de s’engager dans une bataille » (proverbe Lakota)

— Résistance 71 —

 

Ceux qui portent la charge de la paix

 

Ellen Gabriel

 

8 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://nationsrising.org/those-who-carry-the-burden-of-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis le siège de Kanehsatà:ke (NdT: territoire Mohawk près de Montréal) en 1990, connu sous le vocable de la “crise d’Oka” de 1990, le terme de “guerrier” (NdT: “warrior” en anglais) a été utilisé, galvaudé, de manière libérale pour se référer à ceux qui protestent, les protecteurs de la terre, ceux qui parlent publiquement contre les lois coloniales oppressives et en particulier, ceux qui sont arrêtés au cours de manifestations. “Guerrier” semble être devenu un mot surutilisé dans le mouvement de résistance indigène. Il y a des connotations variées de ce mot au sein des langues autochtones, mais il est important de noter l’interprétation de ce mot par les autorités (coloniales).

En Kanien’kéha (Mohawk), le mot est “Rotiskenrakéh:te”, ce qui veut dire “ceux qui portent la charge, la responsabilité de la paix”. Dans les jours plus jeunes de l’existence de nos sociétés, Rotiskenrakéh:te étaient entraînés au combat en utilisant le jeu de Lacrosse, afin de mettre en condition physique les “guerriers”. (NdT: Les Iroquois en général et Mohawks en particulier, étaient des “sociétés des forêts”, qui vivaient, chassaient, pêchaient, défrichaient et cultivaient dans les énormes forêts de la région des grands lacs et du St Laurent. Traditionnellement, les Iroquois sont connus pour leur talent de coureurs des bois et leur endurance extrême. Ils peuvent courir de très longue distance sur des pistes forestières reliant leurs nations et villages. Ce sont traditionnellement des coureurs, nageurs et pagayeurs à l’endurance légendaire) ; mais ce qui est plus important, ils portaient avec eux les enseignemennts de paix et les lois coutumières de leurs peuples. Ils enduraient des cérémonies pour les préparer à la physicalité des batailles et de nouvelles cérémonies lorsqu’ils en revenaient, comme la cérémonie des condoléances pour les laver mentalement et spirituellement de ce qu’ils avaient enduré durant la bataille.

Les leaders comme les mères des clans et les chefs étaient la voix du peuple (NdT: ce qui est une constante dans les cultures amérindiennes du nord et du sud, cf les recherches de Pierre Clastres sur la chefferie des sociétés “primitives” que nous avons relayées sur ce blog) ; ils écoutaient ce qu’il y avait dans les cœurs et les esprits des gens et amenaient devant la communauté les problèmes qui devaient être discutés. Dans les lois coutumières Haudenosaunee (iroquoises), les femmes sont les protectrices de la terre et détiennent le titre de celle-ci, tandis que les hommes sont les protecteurs du peuple. Pendant le siège de Kanehsatà:ke, ce type de gouvernance a été pratiquée par le peuple de la longue maison (Haudenosaunee) et ses alliés (NdT: L’auteure de cette article, Ellen Gabriel était une négociatrice Mohawk durant la “Crise d’Oka” en 1990, elle sait de quoi elle parle… Voir sa bio sous l’article)

Après que Kanehsatà:ke fut attaqué par la Sûreté du Québec (police provinciale) tôt le matin du 11 Juillet 1990, la stratégie de la communauté a changé et est passée du blocage pacifique d’un chemin de terre secondaire à celle d’une barricade défensive érigée. Pour la sécurité de leurs familles vivant dans d’autres communautés (NdT: notamment Kanawá:keh tout proche), quelques hommes de la nation Mohawk et de nos alliés se masquèrent. La grande majorité de la communauté soutenait cette stratégie du masque, considérant les tactiques de torture et de violence employées par la police immédiatement après le raid. (NdT: masques portés par la suite par les membres de l’EZLN zapatiste au Mexique en 1994 jusqu’à aujourd’hui…)

Ce qui est souvent oublié dans cette partie de notre histoire est le fait qu’une très grande majorité des gens derrière la barricade ne portait pas de masques et choisirent de continuer à rechercher la paix, insistant sur le problème de nos droits à la terre pour combattre les gouvernements provincial et fédéral et leur campagne de propagande contre le peuple Mohawk.

Ce fut en fait les médias qui nous ont systématiquement étiqueté comme “guerriers”, pas la communauté. En fait, beaucoup des membres de la communauté avaient des sentiments incertains au sujet du drapeau guerrier et ne se sont jamais vraiment identifiés avec le terme “guerrier” a cause des quelques connotations négatives associées avec eux durant cette période. Mais éventuellement, beaucoup embrassèrent ce terme alors que les communautés de Kanahsatà:ke et Kahnawà:ke faisaient soudain face à l’armée candienne et à la sûreté du québec en étant complètement dépassées à la fois en nombre et en puissance de feu.

Des organisations internationales et canadiennes des droits de l’Homme condamnèrent le Canada pour les milliers d’abus des droits de l’Homme qui furent commis par l’armée canadienne et les autorités policières, mais sans résultat. Le peuple Mohawk et nos alliés furent criminalisés pour la fraude commise par le Canada et le Québec, et pourtant, les vrais criminels demeurèrent libres et agirent au contraire en tant que victimes. Notre communauté n’a jamais vraiment récupéré complètement de cet évènement.

J’ai souvent entendu de naïfs leaders indigènes menacer le gouvernement avec des déclarations du genre: “si le gouvernement ne négocie pas ou n’agit pas, ils auront un autre Oka sur les bras..” Le dicton “faites toujours attention à ce que vous souhaitez” vient à l’esprit quand on entend ce genre de menace creuse, car ceci est une situation extrême qu’aucune communauté ou peuples ne devrait jamais avoir à vivre. J’espère et je prie pour que ceci ne se reproduise pas dans le futur.

Les médias bondissent sur l’image proverbiale machiste associée avec quelqu’un portant un masque ou un t-shirt portant le symbole de la “société des guerriers”, ou la drapeau guerrier des Mohawks, un symbole qui fut créé par feu l’artiste (et activiste) Mohawk Louis Hall (NdT: dont nous avons traduit quelques textes sur ce blog…). Utiliser les termes anglais ou français pour exprimer “guerrier” trahit le mouvement pour les peuples indigènes et nos histoires de résistance contre l’impérialisme colonial.

Il est important aussi de noter que dans les temps de guerre, les femmes ont toujours participé de manière égale avec les hommes sur la ligne de front.

Avec la résurgence du terme de “guerrier” dans notre vocabulaire quotidien nous devons nous rappeler que les autorités coercitives et les gouvernements ont une interprétation différente de ce mot, une interprétation qui alimente leur propagande et donne certaines fausses assomptions que les “guerriers” portent des armes de quelque nature que ce soit et sont impliqués dans des activités “illégales”. Ainsi, il reste un clash d’idéologies de nos interprétations des “guerriers”, de ceux qui portent la charge et la responsabilité de la paix, de protéger la terre à ceux qui sont entraînés comme des “guerriers”.

Cette sursimplification et la mauvaise représentation des activistes indigènes et de leurs soutiens comme menaces à la prospérité du Canada ont été utilisées au travers de l’histoire par l’État pour justifier de son utilisation de la force contre les contestataires indigènes et les protecteurs de leurs terres.

Pour beaucoup de Canadiens et d’autochtones, la célèbre photo du face à face entre un guerrier masqué et un soldat canadien tirée par Shaney Komulainan est l’épitome de la “crise d’Oka de 1990”.

La photo du “face à face” perpétue un stéréotype violent fondé dans l’histoire, un stéréotype qui ne s’est pas encore dissipé de la conscience du public ; et bien que j’admire, respecte et suis éternellement reconnaissante à Bradley Laroque, autant quà tous ceux qui ont mis leurs vies en danger pour soutenir Kanahsatà:ke, je reste convaincue que cette image n’est pas le reflet de notre lutte. Notre lutte inclut des hommes, des femmes et malheureusement même des enfants de nos nations qui, pour des centaines d’années, ont été forcées de combattre des colons sans cœur occupés à saisir, faire main basse sur nos terres et nos ressources.

Faire référence à la photo du “face à face” comme étant une image qui représente l’essence de la résistance des peuples indigènes délégitimise notre lutte. Cela ignore la nature génocidaire de la loi de l’Indian Act, du racisme et de la discrimination auxquels doivent toujours faire face les peuples Onkwehón:we (NdT: habitants de l’île de la Grande Tortue, les peuples autochtones) et cela répudie les efforts historiques de nos ancêtres et leur résistance au vol de nos terres et de nos ressources.

En 1990, beaucoup de braves hommes et de braves femmes (NdT: dont l’auteure) ont fait face à l’armée canadienne et à la police sans masques ni armes. Nous nous sommes exposés au danger de leur faire face, alors que nous étions mis en infériorité numérique et militaire par une force para-militaire de police et d’armée qui ne cherchait qu’une raison pour utiliser leurs armes contre nous.

La vérité est que les grands troubles historiques qui ont persévérés au cours de l’histoire avec les peuples indigènes des Amériques ont souvent résulté en conflit parce que le Canada, les Etats-Unis et d’autres colonialistes ont refusé de négocier de bonne foi avec les peuples indigènes.

Les peuples indigènes sont forcés coercitivement à entrer dans des tribunaux coloniaux partiaux, qui souvent interprêtent leurs droits de manière très étriquée. En fait, les lois canadiennes sur la propriété privée sont fondées sur les doctrines chrétienne de la découverte et de Terra Nullius (NdT: les lois américaines et mexicaines et d’Amérique du sud également…), quelque chose que la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU a clairement qualifié de “… raciste, scientifiquement faux, légalement nul et non avenu, moralement condamnable et socialement injuste” (préambule, paragraphe 4).

S’il y a en fait une image qui reflète la réalité que les peuples Onwehon:we ont enduré à travers notre histoire avec les forces coloniales, c’est celle des racistes brûlant de nuit, des effigies d’un “guerrier” Mohawk à Chateauguay pendant la crise d’Oka.

Un véritable guerrier utilise d’abord des moyens pacifiques, c’est quelqu’un qui honore, respecte et pratique la paix dans sa vie quotidienne mais a la capacité de protéger le peuple et la terre quand une menace à leur sécurité est imminente.

Mon espoir est que toute référence au terme de “guerrier” sera enracinée dans la compassion, l’honnêteté et la connaissance de ce que ce terme veut vraiment dire dans nos langues Onkwehón:we; ceux de nos nations qui ont la charge, la responsabilité de porter la paix. Ce terme devrait être utilisé par ceux qui possèdent l’enseignement de nos ancêtres et qui savent à quel point ceci est sérieux et important, à quel point il est sérieux d’être ceux qui portent la charge, la responsabilité de la PAIX.

Skén:nen  tánon Shakwenien’tshera – Paix et respect.

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Ellen Gabriel devint connue du public lorsqu’elle fut choisie par le peuple de la longue maison (Haudenosaunee, confédération iroquoise) et sa communauté de Kanehsatà:ke pour être leur porte-parole durant la “crise d’Oka” de 1990, qui vit le jour afin de protéger des pins d’une terre ancestrale sacrée, d’une extension d’un golf à 9 trous dans la petite ville d’Oka. Ces 22 dernières années, elle a été une porte-parole des droits de l’Homme et pour les droits individuels et collectifs des peuples indigènes.