La grande révolution française 1789-93: (Kropotkine 1909): Les revendications sociales et l’esprit de commune, les sections…

REVENDICATIONS SOCIALES. —
ÉTAT DES ESPRITS À PARIS, LYON.

 

Pierre Kropotkine

 

“La grande révolution 1789-1793”, 1909, chapitre 43

 

Si violente que fût par moments la lutte parlementaire entre la Montagne et la Gironde, elle aurait probablement traîné en longueur, si elle était restée enfermée dans la Convention. Mais, depuis l’exécution de Louis XVI, les événements se précipitaient, et la séparation entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires devenait si tranchée qu’il ne restait plus de place pour un parti mixte, diffus, placé entre les deux. Opposés à ce que la Révolution suivît son développement naturel, les Girondins se trouvèrent bientôt, avec les Feuillants et les royalistes, dans les rangs des contre-révolutionnaires, et, comme tels, ils durent succomber.

L’exécution du roi avait eu un profond retentissement en France. Si la bourgeoisie était saisie d’effroi à la vue de tant d’audace de la part des Montagnards, et tremblait pour ses biens et sa vie, la partie intelligente du peuple y voyait au contraire le commencement d’une ère nouvelle, l’acheminement vers ce bien-être pour tous, que les révolutionnaires avaient promis aux déshérités.

Grande fut cependant la déception. Le roi avait péri, la royauté avait disparu ; mais l’insolence des riches allait croissant. Elle s’étalait dans les quartiers riches, elle s’affichait même, cette insolence, dans les tribunes de la Convention ; tandis que dans les quartiers pauvres la misère se faisait sentir, de plus en plus noire, à mesure que l’on avançait dans ce morne hiver de 1793, qui apportait le manque de pain, le chômage, la cherté des denrées, la chute des assignats. Tout cela, au milieu de tristes nouvelles arrivant de toutes parts : de la frontière, où les armées avaient fondu comme la neige ; de la Bretagne qui se préparait à un soulèvement général avec l’appui des Anglais ; de la Vendée, où cent mille paysans en révolte égorgeaient les patriotes sous la bénédiction des prêtres ; de Lyon, devenu citadelle de la contre-révolution ; de la Trésorerie, qui ne vivait qu’en faisant de nouvelles émissions d’assignats ; — de la Convention, enfin, qui piétinait sur place, sans rien entreprendre, s’épuisant en luttes intestines.

Tout cela, la misère aidant, paralysait l’élan révolutionnaire. À Paris, les travailleurs pauvres, les sans-culottes, ne venaient plus en nombre suffisant aux sections, et les contre-révolutionnaires de la bourgeoisie en profitaient. En février 1793, les « culottes dorées » avaient envahi les sections. Ils venaient en nombre, enlevaient des votes réactionnaires — à coups de trique, au besoin, — destituaient les sans-culottes fonctionnaires et se faisaient nommer à leurs places. Les révolutionnaires furent même forcés de se réorganiser, de façon à pouvoir accourir des sections voisines, pour prêter renfort aux sections qui seraient envahies par les bourgeois.

À Paris et en Province, il fut même question de demander aux municipalités d’indemniser, à raison de quarante sous par jour, ceux des hommes du peuple, indigents, qui assistaient aux séances et acceptaient des fonctions dans les comités. Sur quoi, les Girondins s’empressèrent sans doute d’exiger de la Convention que toutes ces organisations de sections, de sociétés populaires et de fédérations des départements fussent dissoutes. Ils ne comprenaient même pas quelle force de résistance l’ancien régime possédait encore, ils ne voyaient pas qu’une pareille mesure, prise en ce moment, eût assuré le triomphe immédiat de la contre-révolution — et « la roche Tarpéïenne » pour eux-mêmes.

Malgré tout, le découragement ne s’emparait pas encore des sections populaires. Mais le fait est que de nouvelles idées s’élaboraient dans les esprits, de nouveaux courants faisaient jour, et ces aspirations cherchaient encore leur formule.

La Commune de Paris, ayant obtenu de la Convention de fortes subventions pour l’achat des farines, réussissait à peu près à maintenir le prix du pain à trois sous la livre. Mais pour avoir ce pain à trois sous, il fallait passer la moitié de la nuit à faire la queue sur le trottoir, à la porte du boulanger. Et puis, le peuple comprenait que lorsque la Commune achetait le blé aux prix que lui extorquaient les accapareurs, elle ne faisait qu’enrichir ceux-ci aux dépens de l’État. C’était rester toujours dans un cercle vicieux au profit immédiat de l’agioteur.

L’agiotage avait déjà atteint des proportions épouvantables. La bourgeoisie naissante s’enrichissait à vue d’œil par ce moyen. Non seulement les fournisseurs des armes — les « riz-pain-sel » — faisaient des fortunes scandaleuses, mais comme on spéculait sur toute chose, en grand et en petit : sur les blés, les farines, les cuirs, l’huile, le savon, la chandelle, le fer blanc, etc., sans parler des spéculations colossales sur les biens nationaux, les fortunes se formaient de rien avec une rapidité féerique, au vu et au su de tout le monde.

La question : « Que faire ? » se posait ainsi avec le caractère tragique qu’elle acquiert dans les temps de crise.

Ceux pour qui le remède suprême à tous les maux de la société est « le châtiment des coupables », ne surent proposer que la peine de mort pour les agioteurs, la réorganisation de la machine policière de « sûreté générale », le tribunal révolutionnaire ; ce qui n’était, au fond, qu’un retour au tribunal de Maillard, moins la franchise, mais non pas une solution.

Cependant, il se formait aussi dans les faubourgs un courant d’opinion plus profond, qui cherchait des solutions constructives, et celui-ci trouva son expression dans les prédications d’un ouvrier des faubourgs, Varlet, et d’un ex-prêtre, Jacques Roux, soutenus par tous ces « inconnus » que l’histoire connaît sous le nom d’Enragés. Ceux-ci comprenaient que les théories sur la liberté du commerce, défendues à la Convention par les Condorcet et les Sieyès, étaient fausses ; que les denrées qui ne se trouvaient pas en abondance dans le commerce étaient facilement accaparées par les spéculateurs — surtout dans une période comme celle que traversait la Révolution. Et ils se mirent à propager ces idées sur la nécessité de communaliser et de nationaliser le commerce et d’organiser l’échange des produits au prix de revient, — idées dont s’inspirèrent plus tard Fourier, Godwin, Robert Owen, Proudhon, et leurs continuateurs socialistes.

Ces Enragés avaient ainsi compris — et nous verrons bientôt leurs idées recevoir un commencement d’exécution pratique — qu’il ne suffisait pas de garantir à chacun le droit au travail, ou même le droit à la terre : qu’il n’y aurait rien de fait, tant que l’exploitation commerciale restait ; et que, pour empêcher celle-là, il fallait communaliser le commerce.

En même temps, il se produisait un mouvement prononcé contre les grandes fortunes, semblable à celui qui se produit aujourd’hui, aux États-Unis, contre les fortunes rapidement amassées par les trusts, ou compagnies d’accapareurs. Les meilleurs esprits de l’époque furent frappés de l’impossibilité d’établir une république démocratique, si l’on ne s’armait pas contre l’inégalité monstrueuse des fortunes, qui s’affirmait déjà, et menaçait d’aller en augmentant[1].

Ce mouvement contre les accapareurs et les agioteurs devait nécessairement provoquer aussi un mouvement contre l’agiotage sur les moyens d’échanges, et, le 3 février 1793, des délégués de la Commune, des 48 sections et des « défenseurs réunis des 84 départements » vinrent demander à la Convention qu’elle mît un terme à la dépréciation des assignats, due à l’agiotage. Ils demandaient l’abrogation du décret de la Constituante qui avait déclaré marchandise l’argent monnayé, et la peine de mort contre les agioteurs[2].

C’était, on le voit, toute une révolte des classes pauvres contre les riches qui, ayant retiré de la Révolution tous les avantages, s’opposaient à ce qu’elle profitât aux pauvres. Et c’est pourquoi, lorsque les pétitionnaires apprirent que les Jacobins, y compris Saint-Just, s’opposaient à leur pétition, de peur d’alarmer les bourgeois, ils ne se gênèrent pas pour parler contre ceux « qui ne comprennent pas les pauvres, puisqu’ils soupent bien tous les jours. »

Marat, lui aussi, essaya de calmer l’agitation ; il désapprouva la pétition et défendit les Montagnards et les députés de Paris, attaqués par les pétitionnaires ; mais il connaissait la misère de près, et lorsqu’il entendit les plaintes des femmes ouvrières qui vinrent le 24 février à la Convention, demander la protection des législateurs, il se rangea de suite du côté des miséreux. Dans un article très violent de son numéro du 25, « désespérant de voir les législateurs prendre de grandes mesures », il prêcha « la destruction totale de cette engeance maudite » — « les capitalistes, les agioteurs, les monopoleurs », que les « lâches mandataires de la nation encourageaient par l’impunité ». On sent les fureurs de la rue dans cet article, où tantôt Marat demande que les principaux accapareurs soient livrés à un tribunal d’État, et tantôt il recommande des actes révolutionnaires en disant que « le pillage des magasins, à la porte desquels on pendrait les accapareurs, mettrait bientôt fin à ces malversations qui réduisent vingt-cinq millions d’hommes au désespoir, et qui en font périr des milliers de misère. »

Le même jour, au matin, le peuple pilla en effet quelques boutiques, en enlevant le sucre, le savon, etc., et l’on parlait, dans les faubourgs, de refaire les journées de septembre contre les accapareurs, les agioteurs à la Bourse, les riches.

On peut imaginer comment ce mouvement qui, d’ailleurs, ne dépassa pas les limites d’une petite émeute, fut exploité par les Girondins, pour faire croire aux départements que Paris était une fournaise ardente, dans laquelle il n’y avait plus de sécurité pour personne. Heureux de trouver dans l’article de Marat la phrase sur le pillage que nous venons de citer, ils en battirent monnaie pour accuser la Montagne et les Parisiens en bloc de vouloir égorger tous les riches. La Commune n’osa pas approuver l’émeute et Marat même dut se dédire, en la représentant comme fomentée par les royalistes. Quant à Robespierre, il ne manqua pas d’en rejeter la responsabilité sur l’or étranger.

Cependant, l’émeute produisait son effet. La Convention porta de quatre millions à sept millions l’avance qu’elle faisait à la Commune pour maintenir le pain à trois sous la livre, et le procureur de la Commune, Chaumette, vint à la Convention développer cette idée qui, plus tard, fut introduite dans la loi du maximum ; qu’il ne s’agissait pas uniquement d’avoir le pain à un prix raisonnable. Il fallait aussi, disait-il, « que les denrées de seconde nécessité » fussent à la portée du peuple. Il n’existe plus « de juste proportion entre le prix des journées de la main-d’œuvre et de ces denrées de seconde nécessité ». « Le pauvre a fait comme le riche, et plus que le riche, pour la Révolution. Tout est changé autour du riche, lui seul [le pauvre] est resté dans la même situation, et il n’a gagné à la Révolution que le droit de se plaindre de sa misère[3] ».

Ce mouvement de fin février à Paris contribua puissamment à la chute de la Gironde. Alors que Robespierre espérait encore paralyser légalement les Girondins à la Convention, les Enragés comprirent que tant que la Gironde dominerait dans l’Assemblée, il n’y aurait aucun progrès économique de fait ; ils osèrent dire hautement que l’aristocratie des fortunes, des gros marchands, des financiers, s’élevait sur les ruines de l’aristocratie nobiliaire, et que cette nouvelle aristocratie était si forte dans la Convention, que si les rois n’avaient pas compté sur son appui, ils n’auraient pas osé attaquer la France. Il est même fort probable que dès lors, Robespierre et ses fidèles Jacobins s’étaient dit qu’il fallait profiter des Enragés pour écraser la Gironde, quitte à voir plus tard, selon la tournure des événements, s’il fallait les suivre ou les combattre.

Il est certain que des idées comme celles qui furent émises par Chaumette devaient travailler les esprits du peuple dans toutes les grandes villes. En effet, le pauvre avait tout fait pour la Révolution, et alors que les bourgeois s’enrichissaient, le pauvre seul n’y gagnait rien. Là même, où il n’y eut pas de mouvements populaires semblables à ceux de Paris et de Lyon, les pauvres devaient se faire la même réflexion. Et partout ils devaient trouver les Girondins formant le centre du ralliement pour ceux qui voulaient à tout prix empêcher que la Révolution profitât aux pauvres.

À Lyon, la lutte se présentait précisément sous cette forme. Il est évident que dans cette grande cité manufacturière où les travailleurs vivaient d’une industrie de luxe, la misère devait être affreuse. Le travail manquait, et le pain était à un prix de famine — six sous la livre.

Deux partis se trouvaient en présence à Lyon, comme partout : le parti populaire, représenté par Laussel et surtout par Chalier, et le parti de la bourgeoisie « commerçantiste » qui se ralliait autour des Girondins — en attendant le moment de passer aux Feuillants. Le maire, Nivière-Chol, un négociant girondin, était l’homme du parti bourgeois. Beaucoup de prêtres réfractaires se cachaient dans cette cité, dont la population a toujours eu un penchant vers le mysticisme, et les agents de l’émigration y venaient en nombre. Lyon était un centre pour les conspirateurs venus de Jalès (voyez ch. xxxi), d’Avignon, de Chambéry, de Turin.

Contre eux, le peuple n’avait que la Commune, dont les deux hommes les plus populaires étaient Chalier, un ex-prêtre, un communiste mystique, et un autre ex-prêtre, Laussel. Les pauvres adoraient Chalier qui ne se lassait pas de tonner contre les riches.

On ne voit pas clair dans les événements qui se produisirent à Lyon aux premiers jours de mars. On sait seulement que le chômage et la misère étaient affreux, qu’il y avait une forte effervescence au sein des travailleurs. Ceux-ci demandaient la taxation des grains, ainsi que des denrées que Chaumette appelait « denrées de seconde nécessité » (vin, bois, huile, savon, café, sucre, etc.). Ils exigeaient l’interdiction du commerce de l’argent, et voulaient un tarif des salaires. On parlait aussi de massacrer ou de guillotiner les accapareurs, et la Commune de Lyon (se basant probablement sur le décret de la Législative du 27 août 1792) ordonna des perquisitions semblables à celles qui eurent lieu le 29 août à Paris, afin de s’emparer des nombreux conspirateurs royalistes qui séjournaient à Lyon. Mais les royalistes et les Girondins réunis, se ralliant autour du maire, Nivière-Chol, réussirent à s’emparer de la municipalité et ils allaient sévir contre le peuple. La Convention dut intervenir pour empêcher le massacre des patriotes par les contre-révolutionnaires, et envoya à Lyon trois commissaires. Alors, appuyés par ces commissaires, les révolutionnaires se réemparèrent des sections, envahies par les réactionnaires. Le maire girondin fut obligé de démissionner, et le 9 mars, un ami de Chalier fut élu maire à la place de Nivière-Chol.

La lutte ne se termina pas là-dessus, et nous y reviendrons encore pour dire comment les Girondins, ayant repris l’ascendant, le peuple, les patriotes furent massacrés à la fin du mois de mai. Pour le moment, il nous suffit de constater qu’à Lyon, comme à Paris, les Girondins servaient de ralliement, non seulement à ceux qui s’opposaient à la Révolution populaire, mais aussi à tous ceux — royalistes et Feuillants — qui ne voulaient pas de la République[4]. La nécessité d’en finir avec le pouvoir politique de la Gironde se faisait ainsi sentir de plus en plus, lorsque la trahison de Dumouriez vint donner un nouvel appoint aux Montagnards.

 

  1. Le génie de Michelet avait très bien entrevu l’importance de ce mouvement populaire communiste, et Michelet en avait déjà indiqué les points essentiels. Jaurès (Histoire socialiste, IV, pp. 1003 et suivantes) a donné maintenant de plus amples renseignements, très intéressants, sur ce mouvement à Paris et à Lyon.
  2. Aller 
↑ L’agiotage pouvait-il influencer le cours des assignats ? Plusieurs historiens se sont posés cette question, pour y répondre par un non. La chute des assignats, disent-ils, était due à la trop grande quantité de signes d’échange mis en circulation. C’est vrai ; mais ce qui ont suivi de près les fluctuations des prix du blé sur les marchés internationaux, ou bien du coton à la Bourse de Liverpool, ou ses assignats russes à la Bourse de Berlin, etc., n’hésiteront pas à reconnaître que nos grands-pères avaient grandement raison d’attribuer à l’agiotage une forte part de responsabilité dans la dépréciation des assignats. Aujourd’hui même, alors que les opérations financières sont infiniment plus étendues qu’elles ne l’étaient en 1793, l’agiotage a toujours pour effet d’exagérer, hors de toute proportion, les effets de l’offre et de la demande à un moment donné. Si, avec les moyens de transport et d’échange actuels, l’agiotage ne peut pas faire hausser une denrée ou un papier d’une façon permanente, il exagère toujours la hausse naturelle et il agrandit d’une façon démesurée les fluctuations temporaires des prix qui auraient résulté, soit de la productivité variable du travail (par exemple dans la récolte), soit des variations de l’offre et de la demande. C’est là le secret de toutes les spéculations.
  3. Aller 
↑ Économiste plus perspicace que tant d’économistes de profession, cet homme si sympathique mettait le doigt sur le vif de la question. Il montrait comment l’agioteur exagérait les effets des conditions créées par la guerre et les assignats. « La guerre avec la puissance maritime, » disait-il, « les désastres arrivées dans nos colonies, la perte du change, et surtout une émission d’assignats qui n’est plus en équilibre avec le besoin des transactions commerciales, voilà quelques-unes des causes de cette hausse considérable dont nous gémissions ; mais combien est grande leur action, combien est terrible et désastreux leur résultat, quand, à côté, il existe des malveillants, des accapareurs, quand la misère publique est la base des spéculations intéressées d’une infinité de capitalistes qui ne savent que faire des fonds immenses produits par les liquidations. »

Aller 
↑ Le 15 avril, la bourgeoisie lyonnaise envoyait à la Convention une délégation des sections qu’elle dominait, pour dire que leur cité gémissait sous la tyrannie d’une municipalité jacobine qui ne cessait d’attenter aux propriétés des riches marchands. Elle invitait la bourgeoisie parisienne à s’emparer aussi des sections. Et, fin avril, Pétion publiait sa Lettre aux Parisiens, dans laquelle il faisait appel aux bourgeois contre le peuple, en leur disant : « Vos propriétés sont menacées, et vous fermez les yeux sur ce danger… On exerce sur vous des inquisitions de toutes manières, et vous les souffrez avec patience. » C’était un appel direct à la bourgeoisie, contre le peuple

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29 Réponses to “La grande révolution française 1789-93: (Kropotkine 1909): Les revendications sociales et l’esprit de commune, les sections…”

  1. Un passant Says:

    Et ouais… et maintenant on nous propose la révolution macronienne… on n’arrête pas le progès ! Cela dit, j’ai eu le Peuple au téléphone et il m’a dit: « Rothschild peut bien adouber qui il veut, nous on va voter Le Pen ! »… je lui ai raccroché au nez mais j’tenais quand même à vous en faire part…

    • Un passant Says:

      Et comme Para je pense que bien évidemment il ne suffit pas de dire NON surtout en restant planqué derrière son ordinateur et en s’imaginant refaire le monde alors que pas mal de blogueurs ne sont là que pour lustrer leur ego et combler leur pauvre solitude.
      De +, et je le déplore autant que vous, le peuple ne lit pas votre blog et n’en a strictement rien à foutre de Kropotkine et autres illustres penseurs ou même acteurs du plus respectable que tout Anarchisme… Dans l’temps il aurait voté Marchais, maintenant tu penses… bon y’en a encore qui vont y aller sur Méluche mais au 1er tour car au 2e (s’il y en a un car si les crapules continuent à s’entredéchirer, la Le Pen elle est cap de faire 50% au premier tour) ils n’auront que le triste choix entre Marine et Macrouille ou le remplaçant-escroc du Fion, bon, bien sûr, y aura aussi une belle part d’abstentionnisme mais sur celui-ci les mecs d’en haut s’asseyent dessus tranquille les mains (pleine de blé) dans les poches… Après est-ce que ce sera un événement historique (le triptyque Brexit-Trump-Le Pen) ou finalement juste une péripétie dans l’immensité des choses dans laquelle TOUS (mais bien peu le savent) nous sommes des êtres « divins »?
      L’Anarchie, ne perdons pas espoir, elle viendra en son temps, mais en attendant la REALITE de la vie se dirige vers tout autre chose… Et inutile d’ajouter que
      j’en ai ras la casquette
      moi aussi d’internet ! (comme ça au moins ça rime)

      • Bien entendu dire NON n’est pas suffisant, quand nous disons cela cela veut aussi dire d’y ajouter l’action politique complémentaire, c’est à dire le boycott total des institutions, du vote bien entendu et la reprise de notre société en associations libres confédérées. Tout repartira de la terre, des campagnes pour gagner rapidement les villes, les zones de libre associations se fédéreront et fonctionneront gérées par le peuple lui-même, ensemble.
        Il n’y a pas d’autres solutions viables. Toujours aller voter, c’est comme prendre de l’aspirine pour soigner un cancer.
        IL N’Y A PAS DE SOLUTIONS AU SEIN DU SYSTEME. La solution elle est sur le terrain, dans les communautés, à œuvrer pour que se fasse la société des sociétés.
        On en a tous marre d’internet, mais c’est la seule fenêtre qui reste…

        • Un passant Says:

          T’inquiète… l’ambiance est à l’électrique (linky ou pas).
          L’important c’est d’aimer, comme disait Zulawski.

        • Un passant Says:

          « Bien entendu dire NON n’est pas suffisant, quand nous disons cela cela veut aussi dire d’y ajouter l’action politique complémentaire, c’est à dire le boycott total des institutions, du vote bien entendu et la reprise de notre société en associations libres confédérées. »
          Je vous demandais, R71, si vous avez connaissance pour votre part de moyens de contact ou de listes d’associations via internet?

        • Un passant Says:

          1. Autrement dit: à chacun de créer à partir de son INDIVIDUALITÉ? (c’est effectivement une démarche Anarchiste) Enfin ceux qui en ont encore la capacité mentale et physique bien sûr – ceux qui peuvent prennent donc en charge tous ceux qui ne (n’en) peuvent plus?
          2. Je ne sais pas quelle « association libre confédérée » bienheureuse tu t’es créée (ça ne me regarde pas – les anars doivent se cacher??) mais pour l’ensemble de la population « là où on est », comme tu dis, c’est le désert spirituel et politique – mais comme tu vis les 2 pieds sur terre-mère je suppose que je ne t’apprends rien? quoique, un doute m’étreint…
          (ps: je pèse chaque mot et moi aussi ne les utilise pas par hasard et ceux-ci présentement sont adressés au(x) blogueur(s) R71)

        • Un passant Says:

          Je vois qu’on aime bien jouer sur les mots… T’inquiète, j’ai une patience de Sioux… Je regarde le désert (en vérité j’imagine car j’y ai pas encore foutu les pieds), la montagne, la mer… celle-ci par exemple nous enseigne que tout, comme les vagues, va et vient incessamment… Je voudrais délivrer ce message ce soir: je voudrais, et donc je n’ai (même si j’y suis pas encore, on s’en fout) aucun EGO ici… je t’envoie une vague, tu me la renvoies, je te la renvoie, et pour finir on danse ensemble (enfin, si y’a une gonze ds votre équipe, je préfère, hein, mais bon, soyons sérieux, le tatami est mixte et nous dansons, n’est-ce pas?)…Après, bien sûr, nous avons tous « nos petites personnalités » comme l’a dit Zénon ds un texte précédent… « Moi, président… »
          moi, modeste passant, je vais te dire: j’ai tendance à me méfier davantage de l’optimisme (béat) que du pessimisme (lucide)… mais tu me renvoies ta vague et nous dansons, certes ce ne sont que de petits pas h t m l…
          Je lirai ton PDF dès que possible, je vais d’abord m’atteler à la dernière livrée de mon frère de mots html, le fortiche Zénon…
          Aussi, n’oublie pas que j’ai la double « nationalité »: belge et nomade… si un jour on se croise, dans je ne sais quel désert, peut-être qu’on se reconnaitra?
          Un passant

          • cool, on est tous nomades ici… avec une nationalité accessoire obligée (pour l’heure)… surfons les vagues, même celles de sable, elles sont le lien avec l’énergie, essence même du nomadisme… 😉

      • Ce n’est pas tant d’Internet que l’utilisation qu’on en fait qui nous pompe, non ? Pas les éveillés, dont effectivement, c’est la seule fenêtre dont nous disposons pour nous relayer, affuter notre réflexion et nous préparer pour « sauter le pas » prendre la tangente dans le réel. Car assurément, il nous faudra quitter les claviers et les écrans à un moment pour construire la société des sociétés, en lien avec les Natifs, dans le réel. Ici on nous donne les clés pour ouvrir les portes et vaincre l’inertie de départ. C’est sur que celui qui se sert d’Internet uniquement pour jouer à Tetris (je sais même pas comment ça s’écrit) ou raconter sa vie sur Facebook. Ben ça va pas le faire, mais bon y nous lisent pas ceux-là, pas encore du moins ! Mais qui nous dit qu’ils nous rejoindrons pas ? C’est H. Zinn qui nous expliquait ceci : Une merveilleuse victoire

        Dans ce monde de guerre et d’injustice, comment une personne peut-elle demeurer socialement engagée, motivée à la lutte et demeurer saine sans s’épuiser mentalement ni devenir résignée ou cynique ? j’ai totale confiance non pas dans ce que le monde va s’améliorer, mais dans ce que nous ne devons pas abandonner la partie avant que toutes les cartes n’aient été jouées. La métaphore est délibérée : la vie est un pari. Ne pas jouer est se condamner à ne jamais gagner. Jouer, agir, est de créer au moins une possibilité de changer le monde.
        Tenez, c’est issu de ce billet de blog ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/11/03/the-final-countdown/ Dans lequel vous êtes présent en filigrane, puisqu’il y est question de « Ni dieu, ni maitre, une histoire de l’anarchisme. JBL

        • Un passant Says:

          Des communautés d’anarchistes j’en ai pas vu bcp à Bruxelles. Et vous, entre Saintes et Royan? Sinon, blague à part, R71, vs avez des adresses?

          • Beaucoup de gens ne savent pas que leur pensée est finalement « anarchiste » j’ai mis du temps à finalement l’assumer. Aussi, je suis pas sûre que qui que ce soit est envie de s’appeler communauté anarchiste avec itinéraire fléché et visites guidées, non ?

    • n’est-il (le peuple) pourtant pas aux abonnés absents ?… 😉

      • Un passant Says:

        Mais même si c’était via les pigeons-voyageurs je crois que son message serait passé.
        PS: Youtube est une filiale de Google (CIA).

    • Un passant Says:

      « pas mal de blogueurs ne sont là que pour lustrer leur ego et combler leur pauvre solitude » quand ce n’est pas pour vendre leurs bouquins comme ce faux réveillé de Jovanovic (et je suis resté poli).

  2. Le grand visionnaire Marat avait compris en avançant qu’il fallait « communaliser le commerce »… Et on comprend mieux pourquoi il fut assassiner, non ?
    On comprend mieux pourquoi, aujourd’hui, tout les prétendants à la poursuite du Système, se précipitent à Lyon ce week-end ► http://www.20minutes.fr/lyon/2006123-20170201-presidentielle-2017-pourquoi-macron-pen-melenchon-viennent-tous-lyon-week-end
    Y manque Fion et Hamon et l’appel de la bourgeoisie contre le peuple serait presque ressuscité non ? Jo

    • mais il n’est jamais mort… cette bourgeoisie arrogante et parasitaire a toujours été on ne peut plus fonctionnelle et morbidement active depuis la révolution et le 1er empire…
      Ces guignols n’en sont que les héritiers modernes dégoulinants…

      • On est bien d’accord… Ce texte tombe fort à propos car en France, outre que l’on doit se demander en permancence « Cui Bono » cette période doit surtout nous remettre en mémoire que la « révolution » de 1789 ne fut que cela « la bourgeoisie contre le peuple » et on n’en est toujours là. Pitoyablement au même stade. En cela, avec ce genre d’analyse nous avançons sur ce chemin tangent. Enfin il me semble, car c’est bien long tout de même. Alors, ce n’est pas que je sois impatiente, mais la France au contraire de la Belgique, de la Suisse et du Québec aussi, reste une « enfant » de cette Révolution de 1789, mais dans tous ces mauvais côtés. Alors qu’il suffirait (ce n’est que mon avis) que nous changions de braquet, de vision, de position pour voir les choses autrement. JBL

  3. […] suite des « revendications sociales et l’état d’esprit à Lyon et Paris » décrits par Kropotkine dans sa « Grande Révolution 1789-1793 » publiée en 1909. Ceci nous […]

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