Résistance au colonialisme: L’intention génocidaire pour « l’extirpation de cette race exécrable » du général anglais Jeffrey Amherst dans le Massachussetts du XVIIIème siècle…

La recherche de d’Errico prouve conclusivement qu’il y a bien eu intention « d’extirpation de cette race exécrable » que sont les peuples et nations originels d’Amérique du Nord aux yeux du général anglais Jeffrey Amherst. Sa multiple correspondance avec différents officiels de l’époque montre que ce général avait tout à fait envisagé et ne demandait qu’à appliquer une « solution finale » à ce que les colons voyaient (et voient toujours pour beaucoup…) comme étant « le problème indien ». Alors qu’il est d’une logique implacable que ce n’était pas les « colons qui avaient un problème indien », mais bien les Indiens qui avaient « un sérieux problème d’invasion de leurs vies, nations, cultures, terres ancestrales ».

Nous l’avons dit et le répèterons sans cesse: le colonialisme (permis et encouragé par l’État) est le plus grand fléau sur cette planète. Pour la première fois dans l’histoire, l’empire régnant n’a pas de terres légitimes. L’empire anglo-américain résidant sur les terres volées du sous-continent d’Amérique du Nord n’a aucune légitimité, il est fondé sur un mensonge, un génocide et un vol manifeste. Le moyen de mettre un coup d’arrêt brutal à ses crimes et sa destinée mortifère est de lui retirer le tapis de dessous les pieds en lui refusant légalement toute légitimité territoriale. Un empire sans terre est un empire à terre ! C’est la solution de l’éradication pacifique, sans armes, ni haine, ni violence, en aidant les nations et peuples originels à reprendre ce qui leur appartient DE DROIT !

— Résistance 71 —

 

Université Amherst: Grand temps de laisser tomber le général variole

 

Peter d’Errico

 

18 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/11/18/amherst-college-time-dump-smallpox-general

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le dernier exemple de nom et de mascotte des guerres se trouve au Amherst College du Massachussetts. Le college/université fut nommé d’après la ville, qui elle fut nommée après le général anglais Lord Jeffrey Amherst, qui supervisa la distribution des couvertures infectées de la variole aux Indiens autour de Fort Pitt en 1763, durant ce que les Britanniques appelèrent la “rébellion de Pontiac”. (NdT: Il est à noter que le nom de ce général génocidaire Amherst a aussi été donné à bien des noms de rues, d’école, d’université et de quelques villes au Canada notamment en Nouvelle-Ecosse et au Nouveau-Brunswick qui furent les bastions loyalistes à la couronne d’Angleterre…)

Le New York Times a rapporté le 31 Octobre 2015 que “La poussée pour remplacer Lord Jeff par une nouvelle mascotte, comme un élan, un dragon ou même un écureuil mauve, paraît prendre un certain momemtum, mais cela a laissé quelques étudiants et athlètes d’Amherst dans le désarroi, confrontés par ce qu’ils voient et comprennent comme un rejet de la tradition du campus universitaire.

La controverse ayant lieu à l’université Amherst offre une nouvelle opportunité de comprendre que bien qu’un changement de nom ne change bien évidemment pas le passé, cela met fin à la célébration du passé, surtout si celui-ci n’est pas des plus reluisant.

A l’époque où la ville de Amherst fut nommée, Lord Jeff était “le héros militaire le plus glamour du Nouveau Monde”. Il fut peut-être adulé par les envahisseurs de ce “nouveau monde”, mais pour les peuples et nations indigènes qu’il attaquait, il était tristement célèbre.

Le chef Pontiac et ses correligionnaires indiens résistaient l’invasion britannique de leurs terres ancestrales, de leur patrie et ils le faisaient plutôt même bien. En fait, le colonel Henry Bouquet, l’officier qui mentionna le plan de contamination par la variole à Amherst dans un échange de lettres, décrivait l’atmosphère de terreur parmi les colons. Le 29 Juin 1763, environ deux semaines avant de pondre le plan des couvertures contaminées, Bouquet écrivit à Amherst que les colons étaient si effrayés des Indiens que pour eux “chaque arbre se transforme en Indien”.

Les envahisseurs colonisateurs voyaient les Indiens comme faisant partie de “la vie sauvage” qu’ils percevaient autour d’eux: Les guerriers Indiens ne suivaient pas les règles anglaises. Ils ne s’alignaient pas en rang d’oignons pour recevoir le feu de l’ennemi. Ils se repliaient dans la forêt pour rémerger de nouveau pour une nouvelle attaque. Ils défiaient la logique britannique et prouvèrent leur efficacité contre une chaîne de fortifications. Ils devinrent les cibles pour un génocide britannique.

Le 13 juillet 1763, le colonel Bouquet écrivit au général Amherst avec cette suggestion: “Je vais essayer d’inoculer les Indiens avec la variole au moyen de couvertures contaminées qui pourraient tomber entre leurs mains, en faisant attention néanmoins de ne pas attraper la maladie moi-même.

Bouquet ajouta: “C’est malheureux de faire affronter de bons soldats contre eux, j’aimerai tant que nous puissions utiliser la méthode espagnole et les chasser avec des chiens de chasse soutenus par des rangers et quelques cavaliers légers, ceci les extirperait je le pense de manière efficace et éliminerait cette vermine.

Trois jours plus tard, Amherst répondit ceci: “C’est une excellente idée que d’essayer d’inoculer les Indiens avec des couvertures contaminées ainsi que d’essayer toute autre méthode qui pourrait être utile pour extirper et éradiquer cette race exécrable. Je serai très heureux si votre plan de les chasser avec des chiens pouvait voir le jour, mais l’Angleterre est trop loin pour penser à cela pour le moment.

Le 26 juillet 1763, dix jours après l’accord d’Amherst d’utiliser une guerre bactériologique contre les Indiens et “toute autre méthode” pour se débarrasser de ceux-ci, Bouquet envoya une lettre de suivi: “J’ai reçu hier les lettres de votre excellence datées du 16 juillet courant avec leurs informations confidentielles… toutes vos directives seront observées.

La description des Indiens comme des animaux sauvages étaient chose courante parmi les leaders américains, incluant George Washington et Thomas Jefferson. L’historien David E. Stannard a écrit: “Comme ce fut souvent le cas, ce fut l’élite religieuse de la Nouvelle Angleterre qui établît le cas encore plus graphiquement que les autres. Se référant aux Indiens qui avaient parfois offensé les colons, le révérend Cotton Mather écrivit: “Une fois que vous êtes sur la piste de ces chiens immondes, poursuivez-les vigoureusement, ne retournez pas tant qu’ils n’ont pas été brûlés… Battez-les en menus morceaux comme la poussière au vent. Ne regardez pas ceci comme une simple rhétorique, quelque chose de vide d’intention, considérez qu’un autre leader religieux hautement estimé de la Nouvelle Angleterre, le révérend Solomon Stoddard en 1703, proposa formellement au gouverneur du Massachussetts que les colons reçoivent les moyens financiers d’acheter et d’entrainer de larges meutes de chiens de chasse ‘pour qu’ils chassent les Indiens comme ils chassent les ours’.

Les années passant, alors que les archives historiques étaient oubliées et ignorées, des gens commencèrent à douter de ces histoires. D’autres gens les connaissaient, mais assumèrent que la distribution des couvertures infectées du germe de la variole ne fut pas intentionnelle ou que Lord Jeff lui-même n’´était pas à blâmer pour cette guerre bactériologique.

Heureusement pour la vérité, la correspondance de Amherst fut microfilmée en tant que partie du British Manuscript Project, 1941-1945, qui fut entreprit pour le compte de la bibliothèque du congrès des Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale afin de préserver les documents historiques britanniques de tout dégât possible qui serait causé par la guerre. Il y a à la bibliothèque du congrès près de 300 rouleaux de microfilms juste sur Amherst !

En 2000, à la demande pressante de Floyd Westerman, j’ai entrepris la tâche de rechercher les documents d’archives sur Amherst, recherchant la preuve de l’histoire de la contamination par la variole. Le microfilm est difficile à lire, mais après plusieurs jours à scanner pièce par pièce, j’ai trouvé la piste, j’ai fait des copies, puis j’ai construit un site internet pour que les archives historiques soient publiques sur internet. J’ai donné l’autorisation d’utilisation et de reproduction à des fins éducatrices.
(site internet: http://people.umass.edu/derrico/amherst/lord_jeff.html )

Le journaliste du New York Times a fait un bon boulot à relater la controverse de l’université Amherst, pas mal jusqu’à cette ligne: “Quelques anciens élèves et étudiants actuels… ont fait remarquer qu’il n’y a pas de preuve conclusive que le général Amherst avait ordonné que les Amérindiens soient infectés avec des couvertures…” Fait remarquer qu’il n’y avait pas de preuve ?… Le journaliste avait déjà cité depuis les lettres historiques ! Les voix déçues ne “pointaient à rien du tout”. Elles ne faisaient que nier une archive, un fait archivé.

Lord Jeffrey Amherst haïssait les Indiens et il était un pro guerre bactériologique. Ses points de vue furent rendues claires pas seulement par sa correspondance avec le colonel Henry Bouquet, mais aussi avec d’autres officiels. Dans une lettre du 9 juillet 1763 à Sir William Johnson, le superintendant de département britannique pour les Indiens du Nord, Amherst référa que “de telles mesures devront être prises qui amèneraient l’extirpation totale de ces nations indiennes.” (NdT: on parle là de “solution finale” ni plus ni moins…)

Le 7 Août 1763, Amherst écrivit à George Croghan, l’agent adjoint aux affaires indiennes: “leur extirpation totale est à peine suffisante en rémission des actes sanglants et inhumains qu’ils ont commis.

Le 27 Août 1763, le général écrivit encore à Sir William Johnson pour lui dire: “L’entière race des Indiens devraient faire attention… La conséquence [de combattre les Anglais] va certainement occasioner des mesures à prendre qui, à la fin, mettront un coup d’arrêt des plus définitifs à leur existence même.” Le soulignage figure dans la lettre originale.

Nous ne prétendons pas que changer un nom ou une mascotte changent le passé. En fait, nous devrions conserver quelques noms de ces méchants afin de pouvoir contempler leur vilainie passée et aider à éviter plus de vilainie dans le présent. Mais à Amherst, le nom de Lord Jeff n’est pas invoqué comme le souvenir d’une vilainie. Il est plutôt crié, chanté de louanges dans des manifestations sportives et autres évènements, afin de célébrer, plutôt que de contempler.

Le College/Université Amherst a remplacé ses assiettes de gala de Lord Jeff chassant les Indiens dans les années 1970. Maintenant, 40 ans plus tard, il est plus que temps de larguer la mascotte du général ; ou pour utiliser ses propres mots: pour amener l”extirpation totale de toute célébration de son nom.

Peter d’Errico graduated from Yale Law School in 1968. He was Staff attorney in Dinebeiina Nahiilna Be Agaditahe Navajo Legal Services, 1968-1970, in Shiprock. He taught Legal Studies at the University of Massachusetts, Amherst, 1970-2002. He is a consulting attorney on indigenous issues.

3 Réponses to “Résistance au colonialisme: L’intention génocidaire pour « l’extirpation de cette race exécrable » du général anglais Jeffrey Amherst dans le Massachussetts du XVIIIème siècle…”

  1. Voilà pourquoi il est juste de se battre afin de retirer notre consentement à toutes ces infamies et leurs commémorations ad vitam aeternam… Nous ne sommes pas responsables, soit, ne soyons pas consentant, c’est le moins que l’on puisse faire. Votre préambule est tellement juste et constitue une magistrale introduction. Nous devons faire comprendre au plus grand nombre que retirer son consentement c’est juste dire NON ! Non, nous refusons que les choses continue comme avant, c’est le principe du changement, le vrai, pas celui en carton promis par Hollandouille… Heureusement, que des gens ont passé des heures à mettre en micro film la correspondance de ces colons pour que nous puissions brandir les preuves sur le museau de ces bovins… Merci pour la traduction de cet article, cela nous montre combien le chemin est difficile pour maintenir la vérité à flot…

  2. Jo on n’insulte pas les bovins en les comparant à ces monstres –
    Lentement, mais surement, il faut le faire savoir , et faire réfléchir –
    Merci pour les traductions, quel courage –

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