Guerre en Syrie: La Russie maîtresse de l’échiquier diplomatique…

Moscou ne peut plus perdre la bataille diplomatique

 

Dimitri Kossyrev

 

13 Septembre 2013

 

Url de l’article:

 

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/274605-syrie-moscou-ne-peut-plus-perdre-la-bataille-diplomatique-par-dmitri-kossyrev

 

L’article de Vladimir Poutine publié hier dans le New York Times….

et la réponse malveillante d’une « source de l’administration Obama » font penser à une chose qui est passée inaperçue dans le tourbillon des événements autour de la Syrie. A savoir, comment la diplomatie de Moscou concernant la Syrie a réussi à placer la Russie dans une situation forcément gagnante?En général tous les commentateurs pointent du doigt les erreurs commises sur un dossier – ici comment Obama s’est retrouvé dans une situation où, quoi qu’il fasse, tout ira mal.Peu d’observateurs, par contre, s’intéressent à l’analyse des succès. C’est bien dommage car cette démarche peut être très utile.

La fausse joie de la Maison blanche

L’article de Poutine déploie des idées assez habituelles pour le lecteur russe, mais qui avaient du mal à parvenir jusqu’aux Américains et même aux Européens. Aujourd’hui c’est chose faite.Et voici ce que répond une « source anonyme de la Maison blanche » à la publication du président russe : « Poutine a fait une proposition et désormais c’est sa zone de responsabilité. Il s’est totalement impliqué dans le désarmement de la Syrie et… il doit faire ce qu’il a promis ».Rappelons qu’il est question de l’initiative russe de placer sous contrôle les armes chimiques syriennes, en coopération avec les USA et avec l’accord de la Syrie.

On ne peut en fait pas se réjouir aussi sincèrement de voir Poutine se retrouver dans la même situation qu’Obama. Car cette source a tort sur toute la ligne : la position de la Russie est complètement différente. Elle est, en fait, sans précédent. Quoi que fasse la Russie sur le plan syrien ou moyen-oriental, elle ne peut plus perdre. Bien que dans certaines situations elle n’ait rien à gagner. C’est de l’art.

Supposons qu’Obama et quelques uns de ses amis refusent d’évoquer la Syrie et continuent de préparer leur attaque qui, comme ils le savent pertinemment, est inutile mais pourrait entraîner de lourdes conséquences. Dans ce cas la Russie ne perdrait rien. Et en supposant qu’elle joue « contre » les USA ou les Européens en cherchant à les affaiblir, elle serait vraiment gagnante.

Pour le contraste, voici la situation diplomatique inverse, dans laquelle il est impossible de gagner. Elle ne concerne pas Obama, qui avait promis d’attaquer la Syrie si les autorités locales utilisaient l’arme chimique, et qui aurait découvert qu’en réalité ce n’est pas du tout le gouvernement syrien qui en avait fait usage. Je fais allusion à la Russie et Edward Snowden, qui a passé plus d’un mois dans la zone de transit de Cheremetievo. Voilà une situation où il était impossible de gagner. Le remettre aux Américains ? La Russie serait devenue la risée du monde entier, sans parler du fait que cela est contraire à la législation nationale. Le laisser entrer en Russie (ce qui s’est produit) ? Moscou n’en avait pas besoin et les Américains se voyaient forcés d’aller au conflit avec le Kremlin.

Une chose est réconfortante. L’affaire Snowden s’est simplement produite. Tandis que les bases de la position gagnante russe sur la Syrie ont été posées depuis des années. Le succès vient souvent d’une politique réfléchie et pas d’actes convulsifs.

Prévoir le succès à long terme

Il est encore possible de retrouver aujourd’hui sur internet les appréciations méprisantes des « experts » russes disant que Moscou avait mal réagi au début du Printemps arabe. Ces « experts » s’indignaient : comment peut-on s’accrocher au passé, aux régimes militaires et aux dictateurs obsolètes ? Bien sûr selon eux, il fallait immédiatement se reprendre et commencer à se lier d’amitié avec les nouvelles forces vives de la région, même s’il s’agissait des Frères musulmans. On ne sait jamais, ils pourraient pardonner ! Nicolas Ier se comportait de la même manière et luttait contre toutes les révolutions en Europe : on sait comment il a fini !

Mais à l’époque de Nicolas les révolutions n’étaient pas des processus dirigés, qui plus est par les technologies actuelles, utilisées pour faire sortir dans la rue une foule qui ignore même à qui tout cela profite.

En fait, la Russie n’a pas échoué sur ce plan. En revanche la situation qui a débuté en 2010-2011 était bien sans précédent et les débats, à l’origine, visaient à comprendre pourquoi les « occidentalistes » utilisaient leurs technologies informatiques pour renverser des régimes amis. Puis on a découvert que personne n’avait le monopole de ces technologies, que les initiateurs n’étaient pas les « occidentalistes » mais les « orientalistes » qui avait senti l’affaiblissement des USA et de l’Europe.

Et au final certains pays arabes, qui veulent « remettre les choses au clair » avec les Iraniens, les Syriens et d’autres régimes indésirables comme celui de Kadhafi en Libye, utilisent l’Occident prétendu tout-puissant comme une « call girl », pour bombarder telle cible et s’en aller. Moscou ne s’est pas retrouvé dans une telle situation et ce n’est certainement pas une perte.

Il ne faut pas non plus oublier la Libye : à la veille de l’opération libyenne au printemps-été 2011 la Russie avait cédé aux arguments des USA et des ses alliés en ne bloquant pas la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte avait ensuite été utilisé de manière perfide pour justifier l’opération militaire de l’Otan, au grand bonheur des « reconstructeurs arabes du

Moyen-Orient ». C’était une défaite pour la Russie, au moins morale. Mais elle a servi de leçon.

Voyons aujourd’hui qui la Russie a en face d’elle. Moscou ne se bat pas au Moyen-Orient contre les USA ou l’Europe – c’est désormais clair. Elle se bat pour le droit international mais aussi pour que son application corresponde à la disposition réelle des forces dans le monde. Elle n’a pas besoin d’aider Obama à s’embrouiller davantage dans sa politique au Moyen-Orient.

Imaginez que l’opération américaine commence en Syrie et qu’il devienne soudainement impossible d’ignorer que l’attaque chimique dans la banlieue de Damas du 21 août a été perpétrée par l’opposition syrienne… Moscou, avec son attitude actuelle, sauve en quelque sorte Obama d’une situation insupportable. Parce que la Russie n’a pas besoin de sa défaite. Elle le préfère sympathique et heureux.

Selon un journaliste du NYT, « Poutine a soudainement fait de l’ombre à Obama en tant que leader mondial dictant l’ordre du jour de la crise syrienne. Il a réaffirmé les intérêts de la Russie dans la région, où ils avaient été marginalisés après l’effondrement de l’URSS ».

Après tout, on ne peut pas être toujours au service des autres – il faut bien parfois s’occuper de soi-même. Mais je le répète, les racines du succès russe d’aujourd’hui ont été plantées en

2010-2011, lorsque chaque pays a décidé comment il réagirait au Printemps arabe.

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16 Réponses to “Guerre en Syrie: La Russie maîtresse de l’échiquier diplomatique…”

  1. Les américains ont perdu parce que ont été révélé au monde entier tous leurs mensonges depuis les origines ( fabrication de fausses preuves ) mais aussi le chaos qu’ils ont laissé dans tous les pays où ils sont intervenus ( Irak, Afghanistan, Lybie ) et le manque de confiance qu’on peut leur accorder, sur une intervention limitée notamment, qui serait à coup sûr plus longue.

    Ce qui a fait se réveiller les opinions !

    Mensonges également sur les forces en présence et la disparition totale de cet ASL, coalition fantoche, au profit des fanatiques djiadistes, ce qui met encore plus en colère.

    Et pour masquer l’étendue de leurs mensonges, ils font tourner en boucle l’idée qu’on ne peut faire confiance aux russes, le comble ou à Assad.

    Ils n’arrivent pas à convaincre, car de plus en plus, le syrien moyen qui ne veut pas d’une intervention occidentale, se fait entendre.

  2. parabellum666 Says:

    Ne pas parler trop vite au passé de cette histoire.
    Poutine a gagner du temps pour effectuer les livraisons.
    Ça sera sûrement pour le mois d’octobre.

  3. parabellum666 Says:

    Apparemment le rapport de l’ONU présenté lundi,
    prouve l’utisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien.

    • exit carla del ponte… ils ont mis les marionnettes idoines pour pondre le rapport…
      L’ONU est payée par les yanks, le QG est sur un terrain donné par les Rockefeller à New York… que veut-on de plus ?

    • Pour le 11 septembre l’ONU disait la même chose pour les Talibans. Vraiment crois-tu à cette bande de profiteurs et hypocrite?

  4. Enfin ouvrez les yeux, les États Unies est l’ Éurope ont toujours été dirigés par une poignée de Juifs riches et influents. Ils sont toujours été proche des dirigeants et impliqués dans toutes les guerres chose super payant pour eux, même durant la deuxième guerre mondiale les banques juives Allemandes ont fait des milliards de bénéfice, c’était plus important pour eux l’argent que le destin des pauvres Juifs assasinnés. De toute façon ils ne font que suivre leur réligion à la lettre. Soit, détruire les non juifs, voler leur biens, les réduire à l’esclavage. Bravo! ils sont presque réussi.
    Ils se servent des médias pour manigancer les fausses nouvelles et de la puissance militaire Américaine pour détruire les pays qui pourrait présenter une minime ménace pour Israel.
    Le 11 septembre est un coup préparé par les Juifs justement pour pouvoir anéantir ces pays. Le président Bush était seulement leurs marionnettes ainsi qu’Obama l’est aujourd’hui. Même là ils se sont enrichies avec les assurances des trois édifices lesquelles ont été renégociées la véille de l’attentat à un prix gonflé au maximum. Combiens des juifs sont morts cette journée ?

  5. Les Chœurs de l’âme Russe

    http://www.lejournaldepersonne.com/2013/09/les-choeurs-lame-russe/

    Ni y a qu’à… ni faut pas…
    Parce qu’il n’y a que des faux culs.
    Mais les plus dangereux, ce sont les cul-culs.
    Tous ceux qui croient à quelque raison morale…
    Alors que depuis Hérode, on sait que le monde a les mains sales.
    La propreté c’est comme la propriété, c’est du vol hautement qualifié.
    Vous voulez en avoir le cœur net :
    Alors posez-vous à vous-même la question : jusqu’à quel point vous êtes mal propre…

    Je vais vous offrir quelques règles de conduite pour vous dissuader de prendre la fuite.

    Règle N°1
    Quand votre adversaire est de mauvaise foi, ne lui opposez surtout pas votre bonne Foi mais proposez lui une Foi encore plus mauvaise. À un problème chimique, il y a toujours une solution alchimique.

    Règle N°2
    Quand votre adversaire est plus fort que vous, ne cherchez pas à lui montrer que vous êtes vous plus fort que lui mais seulement qu’il n’est pas aussi fort que ce qu’il croit ou ce qu’il fait croire.
    Tout ce qui peut le faire douter vous offre une prise pour le déstabiliser.
    Ils ont dit : la Syrie…. j’ai dit oui, si et seulement si c’est moi qui vous dit comment décliner do ré mi fa sol la si!

    Règle N°3
    Quand votre adversaire s’évertue à redresser les torts, dressez-vous devant lui avec des exigences qui lui ôtent la maitrise de son sort. Il abandonnera avant la fin de la partie… pour ne pas défier la mort.
    À morale… morale et demi.

    Je voudrais conclure avec un mot sur la théorie du complot :
    Pas la peine de poursuivre vos investigations, la chose est simple à concevoir :
    Si en faisant trébucher quelqu’un vous êtes assuré de gagner la course, le feriez-vous ?
    Si vous, vous ne le faites pas… les autres ne s’en priveront pas.

  6. Hollande recevait hier les représentants des émirats et de la Jordanie ( il ne manquait qu’Erdogan ) ! et Hollande s’entraine aux méthodes américaines : plus cynique que moi tu meurs, certainement à la clef des contrats : tu nous donnes la Syrie et nous on te prend tes rafales !

    il ne faut pas oublier les 13 points de la Conférence de Doha qui actait ce partage en mettant à la tête de la Syrie une coalition fantoche venue de Londres, Paris et Washington ! et qui est certainement poursuivi par d’autres voies, pendant que tout le monde se penche sur les armes chimiques.

    N’oublions pas qu’à la tête du Mali a été mis un premier ministre inconnu tout droit débarqué des USA et ayant fait ses classes dans les instances bancaires américaines ! les yeux et les oreilles de Washington partout !

  7. Israël a perdu sa guerre en Syrie et devra maintenant renoncer à ses armes nucléaires, biologiques et chimiques et ratifier le traité qu’il n’a jamais ratifié. C’est inéluctable. Les Usa et Israël ont capitulé face aux Russes 5 secondes après le lancement de leur missile balistique sur la Syrie, qui a été détecté et détruit immédiatement par les Russes. La guerre n’aura duré que moins de 5 secondes et c’était la défaite totale. A partir de ce moment là, les Russes ont fait savoir aux américains que toute attaque sur la Syrie sera considérée comme une attaque directe sur la Russie qui réagira en conséquence.

    La guerre était finie à ce moment là. La seule préoccupation pour Obama c’était de sauver la face pour que le monde ne sache pas sa déconfiture. Il a accepté directement de signer l’acte de capitulation, en acceptant le plan russe sans condition. Assad peut maintenant poser ses conditions à Washington sans aucun complexe.

    L’étape suivante est le désarmement d’Israël par la communauté internationale. Poutine l’a dit, « toutes les nations, petites et grandes sont égales devant Dieu, car nous avons tous été crées égaux ». Message destiné au « peuple élu » d’Israël pour lui signifier que le pouvoir a changé de bord et que les règles ont changé.

    On ne pourra pas parler désormais du nucléaire iranien, sans parler du nucléaire d’israël. Poutine et Rohani ont déjà ficelé leur plan sur le nucléaire iranien. La peur a maintenant changé de camp. Israël tremble, car il ne pourra plus compter sur les Usa qui sont défaits et qui doivent maintenant se battre pour leur survie en tant que pays et non plus comme empire.

  8. Comment ils ont fait revivre l’économie locale, et repeupler un village qui était à l’abandon et qui commpte aujourd’hui 600 habitants

    ARDELAINE (France), coopérative de territoire(s) en Ardèche et ailleurs…
    12 juillet 2013
    Par chairecoop

    ardelaine1La SCOP ARDELAINE a fêté ses trente ans.

    « Créée par un groupe d’amis militants alternatifs, sur le site d’une ancienne filature, avec le projet de restructurer une filière laine locale, elle est aujourd’hui un pôle d’activités diversifiées qui occupe une cinquantaine de salariés dans un petit village de la montagne ardéchoise. »

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