Archive pour Poutine contre le nouvel ordre mondial

Géopolitique: La Russie telle qu’en elle-même ?

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2016 by Résistance 71

Si nous pensons que la Chine est partie prenante du Nouvel Ordre Mondial de contrôle hégémonique de la planète et se retrouve pas à pas intégrée dans l’empire actuel anglo-américano-sioniste (article très intéressant à suivre…), nous pensons également que la Russie lutte véritablement pour ne pas y sombrer. Nous pensons que la Russie, dans sa vision poutinienne du monde, est en grande partie sincère et lutte contre l’empire, l’hégémonie et pour la paix dans le monde, même si elle doit lâcher du lest de temps en temps aux hydres impérialistes.

Ainsi nous accordons un certain crédit à la présentation qui suit. Nous pensons également que dans le cadre et contexte de relations internationales toujours (hélas !!) gérées par des états, Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, est, et de très loin, le meilleur diplomate sur cette planète !

— Résistance 71 —

 

La Russie dit à l’occident ce qu’elle est et ce qu’elle veut

 

Oscar Fortin

 

1er septembre 2016

 

url de l’article:

http://www.mondialisation.ca/la-russie-dit-a-loccident-ce-quelle-est-et-ce-quelle-veut/5543701

 

L’image projetée de la Russie par l’Occident et ses médias en est une d’ennemie à mettre au pas et contre laquelle il faut se protéger par tous les moyens. Que n’a-t-on pas dit de Vladimir Poutine, l’actuel président ! N’est-il pas l’homme dont il faut se méfier et qui est capable de tous les coups bas ? Je vous invite à lire Occident vs Russie: pourquoi la faute revient toujours à Poutine et Vu de l’occident. Vladimir Poutine, “un discours hyperagressif” qui reflète la perception que se fait l’Occident des interventions de Poutine.

Cette perception de l’Occident institutionnel largement diffusée par les médias officiels n’est pas la même que répercutent les réseaux d’information alternative de ce même Occident. Il y a de nombreux articles qui relèvent les véritables motifs de cette « haine » de l’Occident à l’endroit de Poutine et de la Russie. Un de ces articles met en évidence l’intervention non prévue de la Russie en Syrie. Cette intervention a mis fin au projet de l’Occident  de prendre le contrôle de Syrie tout comme la reconnaissance de la Crimée a mis fin aux ambitions de l’Occident de contrôler tout ce territoire et les ports qui donnent sur la mer Noire.

Tout ceci pour dire que la Russie d’aujourd’hui se déclare suffisamment adulte pour  décider elle-même de son destin et de la nature de ses relations avec les autres peuples et États du monde. Dans une déclaration toute récente, le ministre des Relations extérieures de Russie, Sergueï Lavrov, a mis au clair ce qu’est devenue la Russie et l’esprit avec lequel elle prétend gérer ses relations avec l’Occident et les autres peuples de la terre. Voici quelques extraits de cette intervention qui n’aura que très peu d’échos dans nos médias officiels.

« La plupart des propositions avancées par Moscou se sont heurtées à l’égoïsme des hauts responsables cherchant à dominer sur la scène géopolitique au détriment des intérêts des autres. »

« Les partenaires occidentaux ont régulièrement violé leurs engagements en matière de sécurité obtenus dans les années 90 au niveau de l’OSCE. De ce fait, il n’est plus possible de faire des affaires avec l’UE, les États-Unis et l’OTAN comme avant. »

« Malgré le froid qui s’est installé dans les relations entre la Russie et l’Occident, Moscou n’envisage pas de tourner le dos à qui que ce soit et se dit prêt à travailler à leur normalisation. À condition qu’elles se basent sur le principe d’égalité, bien sûr. »

Pour bien comprendre, il faut savoir que la Russie a les moyens d’obliger ses adversaires à respecter son indépendance et sa souveraineté, ambition que tous les peuples ont, mais qui n’ont pas les moyens nécessaires pour faire reculer les forces impériales, dirigées par les États-Unis.

La Russie, libre et indépendante, n’est pas le genre de partenaire que souhaite l’Empire, d’autant moins si ce dernier se porte au secours de ceux qui en sont victimes, comme c’est actuellement le cas en Syrie.

La Russie est devenue entièrement libre et indépendante et exige que les partenaires étrangers respectent cette liberté et cette indépendance.

C’est pourtant simple à comprendre et tout à fait légitime à l’exiger.  Ce principe est celui-là même que reconnaissent les Nations Unies dans sa Charte du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

On peut conclure en disant que la Russie de Poutine et de Lavrov est ouverte au monde, intéressée à participer à la résolution des conflits et à travailler pour la paix avec l’Occident, pour autant que ces échanges soient fondés sur le principe d’égalité et de respect des peuples. La Russie d’aujourd’hui est un antidote à tout pouvoir impérial à caractère international.

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Résistance à l’empire: Poutine jeu set et match ?…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 3 juin 2015 by Résistance 71

La victoire diplomatique de Vladimir Poutine

 

Alfredo Jalife-Rahme

 

3 Juin 2015

 

url de l’article en français:

http://www.voltairenet.org/article187791.html

 

« Qui trop embrasse mal étreint », dit-on. À vouloir à la fois négocier avec l’Iran, détruire le « Moyen-Orient élargi » et l’Ukraine, ruiner la Russie, encercler et menacer la Chine tout en préparant de nouvelles guerres en Amérique latine, les États-Unis ont dû se résoudre à faire quelques pas en arrière. Pour calmer ses vassaux européens, l’Empereur Obama a dépêché son fidèle Kerry à Sotchi reprendre langue avec le chef rebelle Poutine auquel il refusait d’adresser un regard depuis un an. Il fut convenu de reprendre les affaires (et d’abroger les sanctions européennes lorsque les multinationales US auront été servies), de laisser la Novorossia tranquille, et de former un gouvernement de transition en Syrie.

Le New York Times est le seul média docile à la férule israelo-anglo saxonne à avoir osé rendre compte de la victoire diplomatique de la Russie [1], quatre jours après la visite inopinée de John Kerry à Sotchi, la ville chère à Poutine, Sotchi, la base touristique sur la Mer Noire où le tsar Poutine a investi plus de 50 milliards de dollars pour les Jeux olympiques. Tout un symbole.

D’après David Herszenhorn, la visite de Kerry a été interprétée partout comme le signe de la reddition des États-Unis. Je m’étais exprimé dans le même sens quatre jours plus tôt [2].

Impossible d’ignorer quelque chose d’aussi grandiose !

On est loin de l’apothéose d’Obama quand il se vantait d’avoir fait plier l’économie russe et son « dirigeant vaniteux » (sic) en faisant chuter le prix du pétrole, entraînant la fuite des capitaux, la dévaluation du rouble et les sanctions européennes [3].

Blabla et compagnie, aujourd’hui Poutine n’est plus le Hitler d’Hillary, et dans les termes d’Obama, le troisième danger pour l’humanité après ebola et les djihadistes.

Kerry n’a pas osé aborder le contentieux de la presqu’île éminemment stratégique de Crimée, qui a tout l’air d’avoir été bel et bien cédée à son propriétaire historique.

Va-t-on vers l’abandon de la partie occidentale de l’Ukraine usurpée par le coup d’État de Victoria Nuland, la belliqueuse sous-secrétaire d’État israélo-américaine ?

Obama qui voulait isoler tout le monde s’est retrouvé bien isolé, avec la parade militaire somptueuse qui a mis en scène l’association stratégique (à distinguer d’une alliance militaire) entre la Chine et la Russie, sans perdre de vue l’Inde et deux puissances moyenne qui comptent dans la géostratégie : le Khazakstan et l’Égypte.

Selon David Herszenhorn, Obama avait pris la tête de la charge occidentale pour punir Poutine de son intervention en Ukraine, et avait expulsé la Russie du G8.

Dans son meilleur style de judoka ceinture noire, et de grand joueur d’échecs, on a vu Vlady déjouer olympiquement les attaques des USA et de leurs alliés européens, et prouver qu’il comptait vraiment, sur la scène globale.

À la mi-décembre, les États-Unis ont lancé leur machine financiériste pour mettre à genoux la Russie et sa devise, le rouble, mais sous la table ce sont les finances colossales de la Chine qui ont rattrapé le coup, d’après ce qu’a laissé fuiter le britannique Alastair Crooke, membre du think tank Conflicts Forum [4].

La Russie a suggéré de faire plier le dollar, de le replonger dans la grave crise de 2008, mais la Chine n’a pas donné suite. Ce qui indique que Pékin ne souhaite pas se mettre à dos Washington, dans cette étape tripolaire, et alors que les Chinois se posent en émergents triomphants.

Toujours selon David Herszenhorn, le « dirigeant suprême » (sic) Poutine, a confondu constamment ses adversaires, étrangers ou internes, et une fois de plus il semble se dresser, dans sa dernière confrontation avec l’Occident, au moins comme un héros national, droit dans ses bottes, aux commandes, et sans avoir cédé d’un pouce, surtout en Crimée, le joyau de la couronne. Et il n’est pas loin d’être le champion gagnant aussi dans la confrontation avec l’Occident.

Notre journaliste cite le russophobe Mathew Rojansky, directeur de l’Institut Kennan –lequel à mon avis, n’a hérité en rien de la légendaire sagesse de de George Kennan [5]–, à Washington, qui insiste pour souligner que le renforcement de Poutine peut être illusoire, parce que l’économie russe est en récession et reste dangereusement dépendante de son approvisionnement en énergie au moment même où la plupart des analystes considère que les perspectives à long terme pour les prix du gaz et du pétrole sont désastreuses.

Wishful thinking, vulgaire réductionnisme financiériste d’économistes prenant leurs désirs pour des réalités…

À mon avis, les géostratèges US, fort novices, ont bien trop misé sur la guerre financiériste, qui aurait pu pulvériser une république bananière, mais non la Russie, superpuissance nucléaire.

Comment se fait-il que le New York Times admette que les sanctions occidentales semblent avoir échoué ?

Serait-ce que Kerry a devancé une fronde de l’Union européenne, pressée d’en finir avec des sanctions contreproductives ?

Chronos et Icare, celui qui défiait les lois de la gravité depuis la Crète, ont fait alliance en Ukraine occidentale et ont mis au bord de la débâcle le régime putschiste néonazi de Kiev incarné par le duo Petro Poroshenko le marchand de chocolat (ça ne s’invente pas) installé dans la place par l’Allemagne, et son Premier ministre puéril Arseni Iatseniouk, pantin manipulé par l’amazone Victoria Nuland, qui s’était quelque peu trompée dans ses calculs puisque la guerre financière contre la Russie a commencé par ruiner l’Ukraine.

Du point de vue de David Herszenhorn, le virage subtil d’Obama vaut reconnaissance pragmatique du fait que la politique consistant à isoler la Russie économiquement et diplomatiquement, est un échec. Il cite Viktor A. Kremenyuk, vice directeur du think tank Institut US-Canada, lié à la prestigieuse Académie des sciences de Russie, qui admet que le Kremlin a résisté aux sanctions et introduit des contre-sanctions.

Tout cela alors que Poutine n’a jamais cessé de coopérer avec les USA dans les contentieux pressants concernant la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord et le Yémen, se bornant à quelques menaces de se retirer des négociations sur l’armement nucléaire ou conventionnel, que Kerry utilise comme feuille de vigne pour justifier sa visite à Sotchi.

Paul Craig Roberts, assistant jadis au secrétariat au Trésor sous Ronald Reagan, dit que les États-Unis ont envoyé John Kerry en Russie en position de suppliant [6].

Or donc, si Obama a lâché l’Ukraine, c’est en échange de quoi ? Qu’en est-il de la France et de l’Allemagne reléguées par les États-Unis de Minsk II à Sotchi ?

David Herszenhorn ne lit même pas son propre journal ; il n’est pas au courant de l’avertissement donné par Vlady lors de sa conférence historique à Munich, il y a huit ans [7].

Il avait annoncé l’échec de toute la politique d’amateurs de l’administration Obama, alors que le meilleur géostratège de tous les temps pour les US, Georges Kennan, avait prévenu que c’était une grave erreur d’asphyxier la Russie, super puissance nucléaire [8].

À mon avis, le problème des USA vient de ce que leur politique étrangère est entre les mains de néophytes portés sur les bravades de bistrot, parce que la génération précédente est en voie de disparition : Kissinger a 91 ans, Brent Scowcroft 90, Brzezinski 87, et le Texan James Baker III 86. Et le plus imprudent parmi eux est le russophobe Brzezinski.

Aujourd’hui la politique étrangère des USA se trouve prise en otage par les multimédias israélo-anglosaxons et leurs clowns nocturnes et bavards, qui sévissent dans les talk shows et ne savent même pas ce qu’est une multi ogive nucléaire placée dans un missile intercontinental russe Topol M, qui couperait toute envie de rire à l’humanité.

À Moscou, on ne doit pas être rassuré par la retraite tactique des États-Unis d’Ukraine, alors que les alliés de Vicky Nuland dans les Balkans, avec à leur tête le méga-spéculateur George Soros – pantin présumé des banquiers esclavagistes Rothschild, poussent à la révolte islamique en Macédoine : c’est le nouveau front israélo-anglo-saxon contre la Russie.

Alfredo Jalife-Rahme

Professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Il publie des chroniques de politique internationale dans le quotidien La Jornada et l’hebdomadaire Contralínea. Dernier ouvrage publié : El Hibrido Mundo Multipolar : un Enfoque Multidimensional (Orfila, 2010).

 

[1] “A Diplomatic Victory, and Affirmation, for Putin”, David M. Herszenhorn, The New York Times, May 15, 2015.

[2] « Parada militar geoestratégica en Moscú : China e India, presentes ; « Occidente », ausente », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 13 de Mayo de 2015.

[3] « ¿Obama, detrás de la caída del precio del petróleo ? », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Mayo de 2015.

[4] « Comment les États-Unis ont substitué Wall Street aux Nations unies », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Maria Poumier, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 4 mars 2015.

[5] George Kennan est le théoricien de la Guerre froide.

[6] “Paul Craig Roberts : « EE.UU. envió a John Kerry a Rusia como un suplicante »”, Russia Today, 16 de Mayo de 2015.

[7] “Putin Says U.S. Is Undermining Global Stability”, Thom Shanket & Mark Landler, The New York Times, February 11, 2007. « La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 11 février 2007.

[8] “Filípica de Putin contra Obama : el oso ruso « maestro de la taiga » euroasiática”, Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 2/11/2014.

Résistance politique: Poutine à l’empire: « Rends-toi, tu es cerné ! »…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 28 décembre 2014 by Résistance 71

Superbe analyse, originale de surcroit, de laquelle nous nous sentons proches… Il est bon de voir les choses présentées de l’autre côté de la barrière. Poutine joue une partie d’échecs en simultané, Obama pense que c’est une partie de dames et… préfère le golf !

Pas dans la même dimension, tsk, tsk, tsk…

— Résistance 71 —

 

Echec et mat: Le piège en or de Vladimir Poutine

 

Dimitri Kalinitchenko

 

26 décembre 2014

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/echec-et-mat-le-piege-en-or-de-vladimir-poutine-global-relay-network/5421592

 

Très peu de gens comprennent ce que fait Poutine actuellement. Et presque personne ne comprend ce qu’il va faire dans les temps à venir.

Tout aussi étrange que cela puisse paraître, mais d’ores et déjà, Poutine ne vend du pétrole et du gaz naturel russes qu’en échange d’or physique.

Poutine ne le crie pas sur les toits. Et bien sûr, il accepte encore les dollars US comme moyen intermédiaire de paiement. Mais il échange illico tous ces dollars obtenus de la vente de pétrole et de gaz naturel pour de l’or physique!

Afin de le comprendre, il suffit de regarder la dynamique de croissance des réserves en or de la Russie et de comparer ces données aux revenus d’échanges monétaires de la Fédération de Russie provenant de la vente de pétrole et de gaz naturel sur la même période.

En outre, au troisième trimestre les achats par la Russie d’or physique sont au plus haut niveau qu’ils aient jamais atteint. Au troisième trimestre de cette année, la Russie avait acheté une quantité phénoménale d’or, à hauteur de 55 tonnes. C’est plus que toutes les banques centrales de tous les pays du monde au même moment (selon les données officielles)!

Au total, les banques centrales de tous les pays du monde ont acheté 93 tonnes du métal précieux au troisième trimestre de 2014. Cela a été le quinzième trimestre consécutif d’achats nets d’or par des banques centrales. Des 93 tonnes d’achats d’or par des banques centrales autour du monde durant cette période, le montant le plus conséquent d’achats – 55 tonnes – appartient à la Russie.

Il n’y a pas si longtemps, des scientifiques britanniques sont parvenus avec succès à la même conclusion que celle qui fut publiée il y a quelques années dans la Conclusion de l’US Geological Survey. C’est-à-dire: l’Europe ne parviendra pas à survivre sans approvisionnement énergétique provenant de la Russie. Traduit de l’anglais dans n’importe quelle langue cela signifie: « le monde ne parviendra pas à survivre si le pétrole et le gaz naturel russes sont soustraits à la balance globale d’approvisionnement en énergie ».

Ainsi le monde occidental construit sur l’hégémonie du pétrodollar est dans une situation catastrophique, dans laquelle il ne peut survivre sans approvisionnement énergétique venant de Russie. Et la Russie n’est maintenant prête à vendre son pétrole et son gaz naturel à l’Occident qu’en échange d’or physique! Le piège dans le jeu de Poutine, c’est que le mécanisme de vente d’énergie russe à l’Occident uniquement en échange d’or fonctionne déjà, que l’Occident veuille ou non payer pour le pétrole et le gaz naturel russes avec son or artificiellement peu cher.

Puisque la Russie dispose d’un flux constant de dollars de la vente de pétrole et de gaz naturel, elle parviendra à convertir ces dollars pour acheter de l’or au prix actuel, tiré vers le bas de toutes les façons par l’Occident. Ceci équilibre le prix de l’or, qui avait été artificiellement et méticuleusement abaissé par la Fed et l’ESF (Fonds de Stabilisation des Échanges, Exchange Stabilisation Fund, ndlr) à plusieurs reprises… par le pouvoir d’achat artificiellement gonflé du dollar à travers la manipulation des marchés.

Fait intéressant: la manipulation à la baisse des cours de l’or par cette administration spéciale du gouvernement US – l’ESF – en vue de stabiliser la valeur du dollar est devenue une loi aux USA.

Dans le monde financier il est (généralement) considéré que l’or est anti-dollar… c’est-à-dire que le prix de l’or est inversement proportionnel à la valeur du dollar.

  • ▪ En 1971, le Président US Richard Nixonavait fermé la « fenêtre de l’or », mettant fin au libre échange de dollars pour de l’or, garanti par les USA en 1944 aux accords de Bretton Woods.
  • ▪ En 2014, le Président russe Vladimir Poutine a ré-ouvert la « fenêtre de l’or », sans en demander la permission à Washington.

En ce moment l’Occident dépense une bonne partie de ses forces et de ses ressources à tirer vers le bas les prix de l’or et du pétrole. Ainsi donc, d’une part pour distordre la réalité économique existante en faveur du dollar US… et d’autre part, pour détruire l’économie russe, qui refuse de jouer le rôle de vassal obéissant de l’Occident.

Aujourd’hui des biens tels que l’or et le pétrole semblent proportionnellement affaiblis et excessivement sous-évalués face au dollar US. C’est la conséquence d’un énorme effort économique de la part de l’Occident.

Et désormais Poutine vend les ressources énergétiques russes en échange de ces dollars US, artificiellement soutenus par les efforts de l’Occident. Avec ces dollars produits des ventes Poutine achète immédiatement de l’or, artificiellement dévalué contre le dollar US par les efforts de l’Occident lui-même!

Il y a un autre élément intéressant au jeu de Poutine. C’est l’uranium russe. Une ampoule sur six aux USA dépend de sa fourniture, que la Russie vend aussi aux USA… pour des dollars.

Donc, en échange du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium russes, l’Occident paye la Russie avec des dollars US, dont le pouvoir d’achat est artificiellement gonflé vis-à-vis de l’or et du pétrole par les efforts (manipulations) de l’Occident. Cependant, Poutine ne se sert de ces dollars que pour soustraire de l’or physique à l’Occident en échange d’un prix défini en dollars US, artificiellement abaissé par le même Occident.

Cette combinaison économique véritablement brillante de la part de Poutine met l’Occident, emmené par les États-Unis, dans la position d’un serpent dévorant agressivement et diligemment sa propre queue.

L’idée de ce piège économique en or pour l’Occident n’a probablement pas son origine chez Vladimir Poutine lui-même. C’est plus sûrement l’idée du conseiller en affaires économiques de Poutine – le Dr. Sergey Glazyev. Sinon pourquoi le bureaucrate Glazyev, sensiblement sans implication dans le monde des affaires a-t-il été, avec beaucoup d’hommes d’affaires russes personnellement inclus dans la liste des personnes sanctionnées par Washington? L’idée d’un économiste, le Dr. Glazyev, a été brillamment exécutée par Poutine… mais avec tout l’aval de son collègue chinois, Xi Jinping.

 

Dans ce contexte, la déclaration en novembre du premier Président Adjoint de la Banque Centrale de Russie (BCR) Ksenia Yudaeva semble particulièrement intéressante. Elle a souligné que le cas échéant, la BCR pouvait se servir de l’or dans ses réserves pour payer ses importations. Il est évident qu’au regard des sanctions du monde occidental, cette déclaration est adressée aux pays des BRICS, en premier desquels la Chine. Pour la Chine, la disposition de la Russie à payer des biens avec de l’or occidental est très commode. Et voici pourquoi:

La Chine a récemment annoncé qu’elle allait cesser d’augmenter ses réserves d’or et de monnaie sous la dénomination de dollars US. Prenant en considération le déficit commercial croissant entre les USA et la Chine (la différence actuelle est d’un facteur de cinq fois en faveur de la Chine), alors cette déclaration traduite depuis le jargon financier signifie: « la Chine arrête de vendre ses marchandises pour des dollars ». Les médias mondiaux ont choisi de ne pas prêter attention à ce plus marquant des événements monétaires historiques récents. Le sujet n’est pas que la Chine refuse littéralement de vendre ses marchandises pour des dollars US. La Chine, bien entendu, continuera à accepter des dollars US comme moyen intermédiaire de paiement pour ses marchandises. Mais, ayant pris les dollars, la Chine s’en débarrassera immédiatement et les remplacera par autre chose, dans la structure de ses réserves en or et en monnaie. Sinon la déclaration faite par les autorités monétaires chinoises perd son sens: « nous arrêtons l’augmentation de nos réserves d’or et de monnaie, sous la dénomination de dollars ». Cela veut dire que la Chine n’achètera plus de bons du Trésor US avec des dollars acquis via le commerce avec n’importe quel pays, comme elle le faisait auparavant.

Ainsi, la Chine remplacera tous les dollars qu’elle recevra dorénavant pour ses marchandises non seulement des USA mais du monde entier par quelque chose d’autre, pour ne pas augmenter ses réserves d’or et de monnaie définies en dollars. Et voici une question intéressante: avec quoi la Chine va-t-elle remplacer tous les dollars issus de son commerce? Avec quelle monnaie ou quel bien? L’analyse de la politique monétaire chinoise actuelle démontre certainement que les dollars venant du commerce, ou une portion substantielle d’entre eux, la Chine va les remplacer discrètement et de facto le fait déjà, par de l’or.

De ce point de vue, la partie de solitaire des relations russo-chinoises est extrêmement profitable à la fois pour Moscou et pour Beijing. La Russie achète des marchandises à la Chine directement pour de l’or à son prix actuel. Tandis que la Chine achète des ressources énergétiques russes pour de l’or à son prix actuel. Dans ce festival de la vie russo-chinoise, il y a de la place pour tout: des marchandises chinoises, des ressources énergétiques russes, de l’or – comme moyen de paiement mutuel. Seul le dollar US n’a aucune place dans ce festival de la vie. Et ce n’est pas surprenant. Parce que le dollar US n’est pas un produit chinois, ou une ressource énergétique russe. Ce n’est qu’un moyen intermédiaire de règlement – et un intermédiaire superflu. Et il est de coutume d’exclure les intermédiaires superflus des interactions entre deux partenaires commerciaux indépendants.

Il importe de noter par ailleurs que le marché global pour l’or physique est extrêmement petit en comparaison du marché mondial des ressources pétrolières physiques. Et surtout le marché global pour l’or physique est microscopique en comparaison de la totalité des marchés mondiaux de livraison de pétrole, de gaz naturel, d’uranium et de marchandises.

L’accent est mis sur les mots « or physique » parce qu’en échange de ses ressources énergétiques physiques, pas « sur le papier », la Russie soustrait aujourd’hui de l’or à l’Occident mais seulement sous son aspect physique, pas « sur le papier ». La Chine accomplit la même chose en recevant de l’Occident de l’or physique artificiellement dévalué comme paiement pour la livraison de marchandises réelles à l’Occident.

Les espérances entretenues par l’Occident que la Russie et la Chine veuillent bien accepter comme paiement pour leurs ressources énergétiques et marchandises  de la… « monnaie de singe » ou « or sur le papier » sous quelque forme que ce soit, n’ont pas prospéré. La Russie et la Chine ne sont intéressées que par de l’or tangible, et seulement le métal physique, comme moyen final de paiement.

Pour référence: le turnover du marché d’or sur le papier, ou uniquement d’options sur l’or, est estimé à $360 milliards par mois. Mais la livraison physique d’or ne représente que $280 millions par mois. Ceci donne un ratio d’échange d’or sur le papier face à l’or physique de 1000 pour 1.

En utilisant le mécanisme de retrait actif du marché d’un bien financier (l’or) artificiellement dévalué par l’Occident en échange d’un autre bien financier (USD) artificiellement surévalué par l’Occident, Poutine a ainsi démarré le compte à rebours qui mène à la fin de l’hégémonie planétaire du pétrodollar. De cette manière, Poutine a placé l’Occident dans un étau, en l’absence de perspectives économiques saines.

L’Occident ne peut dépenser que tant d’efforts et de ressources à augmenter artificiellement le pouvoir d’achat du dollar, abaisser les prix du pétrole et artificiellement dévaluer le pouvoir d’achat de l’or. Le problème de l’Occident est que les stocks d’or physique en sa possession ne sont pas inépuisables. Par conséquent, le plus l’Occident dévalue le pétrole et l’or contre le dollar US, le plus rapidement il perd de l’or dévalué de ses réserves qui ne sont pas infinies.

Dans cette combinaison économique brillamment jouée par Poutine, l’or physique des réserves de l’Occident afflue rapidement vers la Russie, la Chine, le Brésil, le Kazakhstan et l’Inde (c’est-à-dire les pays des BRICS). Au rythme actuel de réduction des réserves d’or physique, l’Occident n’a tout simplement pas le temps de faire quoi que ce soit contre la Russie de Poutine jusqu’à l’effondrement de tout le monde occidental du pétrodollar. Aux échecs la situation dans laquelle Poutine a placé l’Occident, emmené par les USA, est celle du « problème de temps ».

Le monde occidental n’a jamais affronté des événements et phénomènes économiques comme ceux qui se produisent en ce moment. L’ancienne URSS a rapidement vendu de l’or pendant la chute des prix de l’or. Aujourd’hui, la Russie achète rapidement de l’or pendant la chute des prix du pétrole. Ainsi, la Russie pose une réelle menace au modèle états-unien de domination du monde par le pétrodollar.

Le principe essentiel du modèle du monde selon le pétrodollar est de permettre aux pays occidentaux, emmenés par les États-Unis, de vivre aux dépens du labeur et des ressources d’autres pays… sur la base du rôle de la monnaie US, dominante dans le Système Monétaire International (SMI). Le rôle du dollar US dans le SMI est qu’il est le mode ultime de paiement. Ceci signifie que la monnaie nationale des USA dans la structure du SMI est l’ultime accumulateur de biens, en face duquel l’échange de n’importe quel autre bien n’a pas de sens.

Emmenés par la Russie et la Chine, ce que font actuellement les BRICS est en réalité de changer le rôle du dollar US dans le SMI. De l’ultime mode de paiement et d’accumulation de biens, la monnaie nationale des USA, par le biais des actions conjointes de Moscou et de Beijing, ne devient rien de plus qu’un moyen intermédiaire de paiement, dont l’usage n’est entendu que pour l’échange de ce moyen de paiement intermédiaire pour un autre et le bien financier ultime – l’or. Ainsi, le dollar US perd en réalité son rôle comme mode ultime de paiement et d’accumulation de biens, cédant ces deux rôles à un autre bien monétaire reconnu, dénationalisé et dépolitisé – L’OR!

Traditionnellement, l’Occident a utilisé deux méthodes pour éliminer la menace à l’hégémonie du modèle du pétrodollar dans le monde, et aux privilèges excessifs pour l’Occident qui en ont découlé:

L’une de ces méthodes est celle des révolutions colorées. La seconde méthode qui est habituellement employée par l’Occident si la première échoue, c’est l’agression militaire et les bombardements.

Mais dans le cas de la Russie ces deux méthodes sont soit impossibles soit inacceptables pour l’Occident.

Parce que tout d’abord la population russe, contrairement aux populations de beaucoup d’autres pays, ne désire pas échanger sa liberté et l’avenir de ses enfants pour de la kielbasa occidentale (saucisse à la viande). Ceci est évident vu les taux d’approbation records de Poutine, régulièrement publiés par les plus éminentes agences de sondages occidentales. L’amitié personnelle du protégé de Washington Navalny (opposant politique de Vladimir Poutine, ndlr) avec le Sénateur John McCain a joué pour lui un rôle particulièrement néfaste. Ayant appris ce fait des médias, 98% de la population russe ne perçoit désormais Navalny que comme un vassal de Washington et un traître aux intérêts nationaux russes. Donc les professionnels occidentaux, qui n’ont pas encore perdu l’esprit, ne peuvent rêver d’une quelconque révolution colorée en Russie.

Pour ce qui est de la seconde méthode traditionnelle d’agression militaire directe, la Russie n’est sûrement pas la Yougoslavie, l’Irak ou la Libye. Dans toute opération militaire non-nucléaire contre la Russie, sur le territoire de la Russie, l’Occident emmené par les USA est condamné à la défaite. Et les généraux du Pentagone, qui exercent le vrai commandement des forces de l’OTAN, en sont conscients. Tout aussi désespérée est une guerre nucléaire contre la Russie, y compris le concept d’une prétendue « frappe nucléaire préventive ». L’OTAN n’est tout simplement pas techniquement capable de livrer un coup qui désarme le potentiel nucléaire de la Russie dans toutes ses manifestations. Une frappe de représailles nucléaires massives contre l’ennemi ou un éventail d’ennemis serait inévitable. Et sa puissance totale suffira pour que les survivants envient les morts. C’est-à-dire, un échange de frappes nucléaires avec un pays comme la Russie n’est pas une solution pour le problème imminent de l’effondrement du monde du pétrodollar. C’est, dans le meilleur des cas, une dernière note et le dernier point de l’histoire de son existence. Dans le pire des cas – un hiver nucléaire et la ruine de toute vie sur la planète, à l’exception des bactéries qui auront muté à case des radiations.

L’establishment économique occidental peut voir et comprendre l’essence de la situation. Des économistes occidentaux éminents sont certainement conscients de la gravité du problème et du désespoir de l’impasse dans laquelle se trouve le monde occidental, dans le piège doré de Poutine. Après tout, depuis les accords de Bretton Woods, nous connaissons tous la règle d’or en vigueur: « celui qui a plus d’or impose les règles ». Mais tout le monde en Occident reste silencieux là-dessus. Silencieux parce qu’aucun ne sait comment sortir de cette situation.

Si vous expliquez au public occidental tous les détails du désastre économique à venir, le public posera aux promoteurs du monde du pétrodollar les plus horribles questions, qui ressembleront à ceci:

– Combien de temps l’Occident pourra-t-il acheter du pétrole et du gaz naturel à la Russie en échange d’or physique?

– Et qu’arrivera-t-il au pétrodollar US, après que l’Occident aura épuisé tout son or physique pour payer du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium russes, ainsi que pour payer pour des marchandises chinoises?

Aujourd’hui, personne en Occident ne peut répondre à ces questions, qui semblent simples.

Et cela, Mesdames et Messieurs, cela s’appelle « Échec et Mat ». La partie est finie.

Partie d’échecs géostratégique: Poutine joue avec les « blancs » et maîtrisent l’échiquier…

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… tandis que l’empire pense jouer avec les « blancs », mais joue avec les « noirs » dans une partie qui tourne au « cours après moi que je t’attrapes »… On peut même se poser la question de savoir s’ils jouent le même jeu ?… Quoi qu’il en soit, Poutine le fin stratège est en train de faire tourner la table. de là à ce que l’empire se retrouve en slip, il n’y a plus des kilomètres !…

— Résistance 71 —

 

Ce que Poutine ne nous dit pas

 

Pepe Escobar

 

21 décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/12/21/loeil-itinerant-ce-que-poutine-ne-nous-dit-pas/

 

Lors de sa conférence de presse annuelle et du marathon de questions et réponses qui a suivi, même aux prises avec ce qui, à tous égards, constitue une tempête parfaite, le président Poutine a affiché un comportement extrêmement mesuré.

Cette tempête parfaite évolue sur deux fronts : une guerre économique ouverte (comme un siège mené à coup de sanctions) ainsi qu’une attaque concertée et secrète menée dans l’ombre, au cœur même de l’économie russe. Pour Washington, l’objectif ultime est clair : appauvrir et dégriffer l’adversaire, pour le forcer à s’incliner docilement devant les lubies de l’Empire du chaos [1]. Et s’en vanter à tout bout de champ jusqu’à la victoire [2].

Le problème, c’est qu’il se trouve que Moscou a impeccablement percé le jeu, et ce, même avant que Poutine, lors de la réunion du club Valdaï d’octobre dernier, ne décrive avec perspicacité la doctrine Obama, en disant que nos partenaires occidentaux sont des adeptes de la théorie du chaos contrôlé.

Poutine a donc parfaitement compris en quoi consistait l’attaque monstre de cette semaine, de type chaos contrôlé. L’Empire dispose d’un pouvoir monétaire massif, d’une influence énorme sur le Produit intérieur brut mondial de 85 000 milliards de dollars et du pouvoir bancaire qui sous‑tend tout ça. Rien de plus facile donc que de faire jouer ce pouvoir, par l’entremise des systèmes bancaires privés, qui contrôlent en réalité les banques centrales, pour lancer une attaque sur le rouble. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Empire du chaosrêve de faire chuter le rouble d’environ 99 % (anéantissant du même coup l’économie russe). N’est‑ce pas là la meilleure façon d’imposer à la Russie la discipline impériale ?

L’option nucléaire

La Russie vend son pétrole à l’Occident en dollars US. Lukoil, par exemple, possède un dépôt en dollars US dans une banque américaine pour ses ventes de pétrole. Pour verser des salaires en roubles en Russie, Lukoil devra vendre ses dépôts en dollars US pour acheter en Russie un dépôt en roubles pour son compte bancaire, ce qui aura pour effet de soutenir la valeur du rouble. La question n’est pas de savoir s’ils accumulent des fonds à l’étranger, cela est une donnée.  La seule question est de savoir s’ils ne les font plus revenir en Russie. La réponse est non. Et il en va de même pour d’autres entreprises russes.

La Russie n’est pas en train de perdre ses économies, comme en jubilent les grands médias occidentaux. Elle peut toujours exiger des compagnies étrangères de se délocaliser en Russie. Apple pourrait par exemple y ouvrir une usine de fabrication. Les récents accords commerciaux sino‑russes incluent, entre autres, la construction d’usines en Russie par les Chinois. Vu la dépréciation du rouble, la Russie est en mesure d’exiger des entreprises manufacturières établies dans l’Union européenne de se délocaliser sur son territoire, sous peine de perdre leur accès au marché. Poutine a, en quelque sorte, admis que la Russie avait trop tardé à imposer une telle demande. La chose (positive en soi) est désormais inévitable.

Puis il y a aussi l’option nucléaire (option que Poutine n’a même pas eu à mentionner). Si la Russie devait décider d’imposer un contrôle des mouvements de capitaux ou un congé de remboursement de larges tranches de sa dette venant à échéance au début de 2015, cela équivaudrait au pilonnage du système financier européen (dans le style choc et stupeur). Après tout, une bonne partie du financement des banques et des grandes entreprises russes a été approuvée en Europe.

Pour ce qui est de la Russie elle‑même, l’exposition au risque n’est pas l’enjeu. Ce qui importe, ce sont les liens avec les banques européennes. Un banquier d’affaires me citait l’exemple de Lehman Brothers, qui a provoqué tout autant l’effondrement de l’économie européenne, que celui de la ville de New York (par le jeu des liens d’interconnexion). Et ça, même si Lehman était basée à New York. Ce qui compte, c’est l’effet domino.

Si la Russie devait déployer cette option financière nucléaire, le système financier occidental ne serait pas en mesure d’absorber le choc causé par l’interruption du service de la dette. Et cela prouverait (une fois pour toutes) que les spéculateurs de Wall Street ont érigé un château de cartes tellement fragile et corrompu, que la première vraie tempête aura suffi à le réduire en poussière.

Un seul coup suffirait

Et si la Russie cessait d’assurer le service de sa dette, créant du coup une sainte pagaille, compte tenu de ce que ça représente 600 milliards de dollars ? Ce scénario transparaît dans le fait que les Maîtres de l’univers demandent à Janet Yellen et à Mario Draghi de créer des crédits dans les systèmes bancaires, pour prévenir les dommages indus (comme ceux subis en 2008).

Mais imaginons qu’ensuite la Russie décide de couper l’acheminement du gaz et du pétrole vers l’Ouest (tout en maintenant les pipelines ouverts en direction de l’Est). Les services de renseignements russes pourraient causer des dommages considérables et constants aux postes de pompage, du Maghreb jusqu’au Moyen‑Orient. La Russie pourrait bloquer tout le gaz naturel et le pétrole en provenance des stans d’Asie centrale [3]. Le résultat ? L’effondrement financier le plus gigantesque de toute l’histoire. Et la fin des prétentions à l’exceptionnalisme de l’Empire du chaos.

Il s’agit bien sûr d’un scénario apocalyptique. Mais il ne faut pas provoquer l’Ours, car, ce scénario, il pourrait le réaliser en un éclair.

Lors de sa conférence de presse, Poutine [4] a affiché une attitude vraiment sereine, calme, contenue (et une ardeur à plonger dans les détails), car il sait que Moscou a les moyens d’une autarcie complète. Il va de soi qu’il s’agit d’une guerre asymétrique contre un empire dangereux qui s’écroule. Qu’en pensent les nains intellectuels qui fourmillent au sein de l’administration du canard boiteux Obama ? Qu’ils pourront vendre à l’opinion publique américaine (et mondiale) l’idée selon laquelle Washington (en fait, leurs caniches européens) affrontera une guerre nucléaire sur le théâtre européen au nom de l’État ukrainien en déroute ?

C’est une partie d’échecs. Le raid sur le rouble était censé faire échec et mat. Ça n’a pas marché. Pas quand le coup est porté par de simples amateurs de scrabble. Et n’oubliez pas le partenariat stratégique sino‑russe. La tempête est peut‑être en train de s’apaiser, mais la partie, elle, se poursuit.

Pepe Escobar

 

Article original : What Putin is not telling us (rt.com, anglais, 18-12-2014)

Traduit par Jacques pour vineyardsaker.fr

[1] Empire of Chaos: The Roving Eye Collection [amazon.fr, Kindle Edition]

[2] White House Brags Sanctions Put Russia On ‘Brink of Collapse’: Crippling Russian Economy Could ‘Force’ Putin to Obey US (antiwar.com, anglais, 16-12-2014)

[3] Les stans sont les pays dont le nom comporte ce suffixe : Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan

[4] Putin: Russian economy will inevitably bounce back, 2 years in worst case scenario (rt.com, 18-12-2014)

Résistance politique: La fine stratégie de la « terre brûlée » économique de Vladimir Poutine…

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Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l’OTAN

 

Thierry Meyssan

 

8 Décembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article186136.html

 

La Russie réagit dans la guerre économique que lui livre l’Otan à la manière dont elle l’aurait fait dans une guerre classique. Elle s’est laissée atteindre par des « sanctions » unilatérales pour mieux emmener son adversaire sur le terrain qu’elle a choisi. Simultanément, elle a conclu des accords avec la Chine pour préserver son avenir, puis avec la Turquie pour désorganiser l’Otan. Comme jadis face à la France ou à l’Allemagne, sa défaite initiale pourrait être la garantie de sa victoire finale.

Lors du sommet annuel sur la sécurité, organisé par la Fondation Bertelsmann et l’Otan à Munich, en 2007, le président Vladimir Poutine avait souligné que l’intérêt des Européens de l’Ouest n’était plus uniquement outre-Atlantique, mais aussi et surtout avec la Russie. Depuis cette date, il n’a cessé de tenter de nouer des relations économiques, dont la construction du gazoduc North Stream sous la direction de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. De leur côté, les États-Unis ont tout fait pour empêcher ce rapprochement, dont l’organisation du coup d’État de Kiev et le sabotage du gazoduc South Stream.

Selon la presse atlantiste, la Russie aurait été gravement impactée par les « sanctions » unilatérales —en réalité des actes de guerre économique— prises à l’occasion du rattachement de la Crimée à la Fédération ou de la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines et par la baisse du prix du pétrole. Le rouble a perdu 40 % de sa valeur, les investissements inutiles dans le gazoduc South Stream ont coûté 4,5 milliards de dollars, et l’embargo alimentaire a coûté 8,7 milliards de dollars. En définitive, assure la presse atlantiste, la Russie est aujourd’hui ruinée et isolée politiquement.

La presse atlantiste fait par contre l’impasse sur les conséquences de cette guerre économique dans l’Union européenne. Outre que l’interdiction des exportations alimentaires est susceptible de détruire des pans entiers de son agriculture, le renoncement à South Stream pèsera très gravement sur l’avenir de l’Union en renchérissant le prix de l’énergie.

Il semble que les « sanctions » unilatérales aient eu comme conséquence imprévue la chute des cours du pétrole. En effet, ceux-ci ont débuté le 20 juin, mais ils ne sont sortis des variations habituelles qu’à la fin juillet, lors des premières « sanctions » économiques. Le prix du pétrole n’ayant aucun rapport avec la loi de l’offre et de la demande, mais comme pour tout marché spéculatif, avec le volume des capitaux qui y spéculent, le déplacement des capitaux russes à l’annonce des sanctions ont accéléré le mouvement. Dans un premier temps, on avait attribué la baisse du prix du pétrole à un effort de l’Arabie saoudite pour plomber les investissements états-uniens dans le gaz de schiste et les pétroles non-conventionnels mais, lors de la réunion de l’Opep, il s’est avéré que les Saoudiens n’y étaient probablement pour rien. Au demeurant, il semblait impossible que l’Arabie saoudite spécule contre son suzerain états-unien.

Quoi qu’il en soit, la Russie a surpris Washington en renversant l’échiquier diplomatique : Vladimir Poutine s’est rendu en Turquie, État membre de l’Otan, juste après le vice-président états-unien Joe Biden, pour y conclure de gigantesques accords économiques. Non seulement ils contournent les sanctions unilatérales de l’Alliance, mais ils la désorganisent profondément.

La Turquie actuelle est un État en passe de redevenir une terrible dictature. Selon le département d’État —pourtant complaisant vis-à-vis d’un membre de l’Otan— l’internet est censuré ; le gouvernement a abusé de son pouvoir pour stopper les enquêtes de corruption conduites contre ses membres et leurs familles ; il a sanctionné les policiers et les magistrats qui ont conduit ces enquêtes ; les minorités n’ont aucun droit, à l’exception des trois minorités désignées dans le Traité de Lausanne en 1923 ; l’administration Erdoğan détient des centaines de prisonniers politiques (principalement des officiers supérieurs coupables d’avoir pris contact avec l’Armée chinoise, des responsables politiques d’opposition, des journalistes et des avocats) ; la torture est généralisée, les détentions arbitraires et les assassinats extra-judiciaires sont légion.

La dérive criminelle de l’administration Erdoğan est devenue un grave sujet de préoccupation au sein de l’Otan. D’autant que la Turquie s’avère devenir aussi un allié récalcitrant. Ainsi, elle persiste à aider les jihadistes dans leur lutte contre le peuple kurde (pourtant très majoritairement sunnite) au lieu de rejoindre activement la coalition états-unienne contre l’Émirat islamique. C’est pourquoi le vice-président Joe Biden s’est rendu le 22 novembre à Ankara, manifestement pour menacer le président Erdoğan s’il ne rentrait pas dans l’ordre états-unien.

Or, le 1er décembre, Vladimir Poutine se rendait également à Ankara. Distinguant les questions économiques des politiques, il présentait une offre longuement préparée : une alliance économique sans précédent entre les deux nations. Comprenant que cette offre inattendue était sa seule issue face à Washington, le président Erdoğan signait tous les documents qui avaient été rédigés par les Russes. Il acceptait le renforcement du gazoduc sous-marin reliant son pays à la Russie via la Mer Noire ; il achetait à bon prix du gaz russe et même des centrales nucléaires civiles pour alimenter son industrie ; il livrait ses produits agricoles à la Russie malgré l’embargo de tous les autres États atlantiques ; etc.

Pour l’Otan, le problème turc vire au cauchemar.

Vladimir Poutine n’a certes pas changé d’avis sur Recep Tayyip Erdoğan. C’est un petit criminel qui a rejoint les Frères musulmans, a été propulsé au pouvoir avec l’aide de la CIA, et qui se comporte aujourd’hui comme un vrai chef mafieux. Mais le président russe a l’habitude de traiter avec des oligarques ou des chefs d’État d’Asie centrale qui ne valent pas mieux. Lui-même est parvenu au Kremlin en s’infiltrant dans le cercle de Boris Elstine et de Boris Berezovski.

De son côté, Recep Tayyip Erdoğan sait qu’il doit son pouvoir à l’Otan, et qu’aujourd’hui elle lui demande des comptes. Il n’a aucune difficulté à faire le grand écart : allié de Washington en politique et de Moscou en économie. Il sait qu’aucun État n’a jamais pu sortir de l’Alliance, mais il imagine se maintenir au pouvoir par ce double jeu.

Maintenant observons la stratégie de Vladimir Poutine.

La puissance des États-Unis réside à la fois dans leur monnaie, qu’ils imposent au reste du monde via le contrôle du marché du pétrole, et dans leur armée.

L’Otan vient de lancer une guerre économique contre la Russie. Pour les besoins de la propagande, elle masque ses attaques sous le vocable de « sanctions ». Pourtant des sanctions supposeraient une mise en examen, un procès et un verdict. Pas dans ce cas. Les « sanctions » les plus importantes ont même été décidées après la destruction d’un avion civil en Ukraine alors que, selon toute probabilité, il a été abattu par les nouvelles autorités de Kiev.

Pour y répondre, Vladimir Poutine a d’abord fait basculer l’avenir de son pays de l’Europe occidentale vers l’Extrême-Orient en signant les plus importants contrats de l’histoire avec ses partenaires chinois. Puis, il a utilisé la Turquie contre l’Otan pour contourner les « sanctions » commerciales occidentales. Que ce soit avec la Chine ou avec la Turquie, la Russie vend son énergie en monnaies locales ou en troc, jamais en dollars.

Les experts russes ont calculé que Washington interviendrait si le cours du pétrole se maintenait plus de six mois à un cours inférieur à 60 dollars le baril. Il y a deux mois, le gouverneur de la Banque centrale russe, Elvira S. Nabiullina, attestait devant la Douma être prête pour ce scénario, son institution détenant suffisamment de réserves.

Par conséquent, si pour le moment la Russie est gravement touchée par l’attaque économique de l’Otan, la situation pourrait s’inverser dans six mois. Pour maintenir sa domination sur le reste du monde, Washington serait alors contraint d’intervenir pour faire remonter les prix du pétrole. Mais entre temps, cette guerre aura plombé l’Union européenne et l’Otan, tandis que la Russie aura muté son économie vers son allié chinois.

En définitive, la Russie agit ici comme elle l’a toujours fait. Jadis, elle pratiquait la « stratégie de la terre brûlée » lorsque la France de Napoléon ou l’Allemagne d’Adolf Hitler l’envahissait. Elle détruisait elle-même ses propres richesses à la place des troupes ennemies et ne cessait de reculer vers l’Extrême-Orient. Puis elle refluait contre les envahisseurs exténués par leur trop longue pénétration.

Ingérence occidentale en Ukraine et conflit avec la Russie… Poutine avance sur le grand échiquier géopolitique (Paul Craig Roberts)

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Nous espérons que la question du titre de Roberts est purement rhétorique car il est évident que depuis le tout début de la crise syrienne en Mars 2011 jusqu’à aujourd’hui, dans un contexte géopolitique étatique et colonialiste imposé par l’occident, Poutine s’est affirmé comme LE grand stratège/diplomate de ce début de XXIème siècle. Le seul dirigeant politique que l’on puisse respecter dans un contexte étatique s’entend.

Nous avions dit au moment de la crise fabriquée par l’occident de l’emploi d’armes chimiques en Syrie que Poutine était le GARANT de la paix mondiale, cette position n’a fait que s’affirmer depuis… pour atteindre son paroxysme aujourd’hui. a question demeure: l’oligarchie financière mondiale a t’elle décidée de la guerre (historiquement, toute guerre d’importance depuis le début du XIXème siècle a été décidée par une seule famille: les Rothschild) ou le risque thermonucléaire étant trop grand, d’une nouvelle guerre froide, de la scission d monde en deux blocs, l’URSS d7avant étant remplacée par un consortium BRICS + Organisation de Shanghaï ? La guerre froide est très profitable aux oligarques, même si une guerre mondiale fait gagner plus de fric, plus vite et remet les compteurs des dettes à zéro sans autre dommage aux oligarques… Quoi qu’il en soit, les dindons de la farce seront toujours nous, les peuples, c’est pourquoi la fenêtre d’opportunité s’ouvre pour que les peuples disent ASSEZ ! et se débarrasse du système étatico-capitaliste totalement obsolète…

— Résistance 71 —

 

Poutine va t’il réaliser que la Russie tient les bonnes cartes en main ?

 

Paul Craig Roberts

 

6 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/08/06/will-putin-realize-russia-holds-cards-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Plus de preuves s’amoncèlent, au sujet desquelles j’espère pouvoir m’étendre, sur le fait que l’Europe a acquiescé à la poussée vers la guerre contre la Russie de Washington, une guerre qui sera vraisemblablement la guerre finale pour l’humanité. En demeurant timorée et sans réponse menaçante à l’agression de Washington, donnant ainsi à l’occident le faux signal que la Russie est faible et peureuse, le gouvernement russe a encouragé la poussée de Washington vers la guerre.

Il apparaît que la plus grande des faiblesses des Russes soit le fait que le capitalisme a donné à suffisamment de Russes des standards de vie plus que confortables pour les effrayer de la guerre que leur apporte Washington, guerre qu’ils veulent éviter afin de pouvoir continuer à vivre comme les Européens occidentaux décadents.

La même chose s’est produite il y a longtemps pour les féroces Vandales d’Afrique du Nord au VIème siècle, lorsque ces Vandales furent exterminés par une petite force armée émanant de l’empire romain oriental. Les Vandales avaient perdu cette valeur qui leur avait permis d’acquérir un gros morceau de l’empire romain.

La Russie a besoin de sauver le monde de la guerre, mais l’évitement de la guerre demande à la Russie de rendre les coûts transparents aux Européens.

Faisant face à des sanctions économiques très largement illégales et à des actions de quasi guerre, appliquées à différentes personnalités et à des entreprises russes par Washington et ses marionnettes que sont les états de l’UE + la Suisse, un pays auquel on a appris à avoir plus peur de Washington que de Moscou, le président Poutine a demandé au gouvernement russe de mettre en place des contre-mesures en réponse aux sanctions gratuites imposées à la Russie.

Mais Poutine dit que la Russie doit se réfréner: “De manière évidente, nous devons le faire de manière précautionneuse afin se soutenir nos manufacturiers et producteurs locaux, sans atteindre et blesser les consommateurs.

En d’autres termes, Poutine veut imposer des sanctions qui ne sont pas vraiment des sanctions, mais quelque chose qui apparaîtrait comme réciproque.

La chose la plus incroyable au sujet de la Russie se retrouvant dans une position défensive au sujet des sanctions, est que celle-ci et non pas Washington ou l’impotente UE, a les cartes en main. Poutine peut faire s’effondrer les économies européennes et amener l’ensemble de l’Europe dans un chaos politique et économique simplement en fermant les robinets énergétiques.

Poutine n’aurait pas à le faire très longtemps avant que l’Europe ne dise bye-bye à Washington et redevienne en bons termes avec la Russie. Plus Poutine attend, plus l’Europe a de temps de se préparer contre la meilleure arme de la Russie pour résoudre pacifiquement le conflit que Washington a orchestré.

Les actions agressives de Washington contre la Russie ne cesseront pas tant que Poutine ne réalise pas que c’est lui et non pas Washington, qui a les cartes en mains… et qu’il les joue.

Le monde en a plus qu’assez de Washington. De ses mensonges perpétuels, des ses guerres sans fin et de son harcèlement continu. Poutine ferait bien de passer quelques heures avec Belisarius, le grand général de l’empereur Justinien le Grand.

Quand je traite avec mes ennemis”, disait Belisarius, “J’ai plus l’habitude de donner que de recevoir des conseils ; mais je tiens toujours dans une main la ruine inévitable et dans l’autre la paix et la liberté.”

C’est exactement la position de Poutine aujourd’hui en ce qui concerne ses relations avec l’Europe. Dans une main il a la ruine totale de l’Europe, dans l’autre la paix et la liberté dans les relations entre la Russie et l’Europe.

Il doit appeler les abrutis de “leaders” européens et le leur dire.

Si Poutine ne frappe pas fort du pied et n’explique pas clairement aux Européens ce que sont les enjeux, Washington parviendra à ses fins, à mener le monde à la guerre et les “exceptionnels et indispensables” Américains mourront avec tout le reste.

Entretien de Poutine avec le Ministère de la Propagande français… Morceaux (tronqués) choisis…

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Les meilleures citations de l’entretien de Vladimir Poutine avec les médias français

 

RT

 

4 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/163676-putin-ukraine-french-us/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Article connexe: La véritable intégrale de l’entretien de Poutine avec les représentants du ministère de la propagande français:

http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/

 

Vladimir Poutine a fait face a un barrage de questions pièges de la part des médias français en avant-première de sa réunion avec les leaders du monde pour le 70ème anniversaire du débarquement de Normandie. Nous reproduisons ici ses meilleures réponses sur des questions clés: L’Ukraine, la Crimée et les relations avec les Etats-Unis (NdT: Nous savons depuis que TF1 a coupé 20 minutes d’entretien et certaines de ces questions clef à des fins essentiellement propagandistes, tout en disant que l’entretien diffusé était l’entretien intégral… Le ministère de la propagande dans toute sa splendeur et décadence…)

Sur l’Ukraine, sa souveraineté et les troupes russes:

La crise actuelle en Ukraine a occupé le centre de l’attention internationale depuis la fin de l’année dernière. Tandis que le gouvernement de Kiev, nommé par les putschistes, entreprend une opération militaire de répression dans le sud-est du pays, les Etats-Unis disent que des troupes russes sont impliquées dans cette crise et qu’ils en ont la preuve.

“Qu’en est-il de ces preuves ? Pourquoi donc ne les montrent-ils pas ?” a demandé Poutine aux médias français.

“Le monde entier se souvient du ministre des affaires étrangères américain démontrant la preuve des armes de destruction massive irakienne, agitant un tube à essai contenant du détergent devant le conseil de sécurité de l’ONU. Eventuellement, les troupes américaines envahirent l’Irak, Saddam Hussein fut pendu et plus tard on apprît qu’il n’y avait jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Vous savez, c’est une chose de parler, c’en est une autre de montrer des preuves.”

Citation 1: “Il n’y a pas de forces armées ni d’instucteurs militaires russes dans le sud-est de l’Ukraine et il n’y en a jamais eu.”

“Après le coup d’état anticonstitutionnel de Kiev en Février, la première chose que les nouvelles autorités ont essayé de faire, fut de priver les minorités ethniques du droit d’utiliser leur langue natale. Ceci fut préoccupant pour les personnes vivant dans la partie orientale de l’Ukraine.”

Citation 2: “Il est vital de dialoguer avec ces gens qui n’ont pas accepté le changement de pouvoir au lieu d’envoyer des chars là-bas ; comme vous l’avez dit vous-même, au lieu d’envoyer des missiles sur des civils et de bombarder des cibles non militaires.”

“Je ne les appelerais ni pro-russes, ni pro-ukrainiens. Ce sont des gens qui ont certains droits, des droits humanitaires, et ils doivent avoir la chance de pouvoir exprimer ces droits.”

“Lorsque le coup s’est produit, certaines personnes ont accepté ce régime et étaient contentes tandis que d’autres personnes, disons dans les parties sud et est de l’Ukraine ne l’ont pas accepté.”

Citation 3: “C’est folie de croire que les troupes russes ont annexé la Crimée. Les troupes russes n’ont rien fait de la sorte.”

Sur la Crimée, son referendum et ses liens historiques avec la Russie:

Après que la Crimée eut voté en Mars dernier pour rejoindre la Russie, l’occident a exprimé des doutes disant que les gens de la région ont pu avoir voté sous la menace des armes.

“Les troupes russes étaient en Crimée sous un traité de déploiement international pour sa base militaire. Il est vrai que les troupes russes ont aidé les Criméens à tenir le referendum

a)sur leur indépendance

b) sur leur désir de rejoindre la fédération de Russie. Personne ne peut empêcher ces gens d’exercer leur droit comme stipulé dans l’article 1 de la Charte des Nations Unies, le droit des nations à l’auto-détermination.

Citation 4: “Le budget de la défense des Etats-Unis est bien plus gros que celui de toutes les nations au monde combinées, alors qui s’engage dans une politique d’agression ?”

“Nous avons mené un dialogue exclusivement pacifique et diplomatique, je veux insister là-dessus, avec nos partenaires européens et les Etats-Unis. En réponse à notre attente de mener un tel dialogue et de négocier une solution acceptable, ils ont soutenu le coup anticonstitutionnel en Ukraine, ainsi nous ne pouvions plus être sûr que l’Ukraine ne deviendrait pas partie du bloc militaire nord-atlantique (OTAN). Devant cette situation, nous ne pouvions pas autoriser une partie historique de la Russie et de son territoire, ayant une population d’ethnie russe de manière prédominante, d’être incorporée dans une alliance militaire internationale, spécifiquement parce que les Criméens voulaient eux-mêmes, faire partie de la Russie.

Un journaliste a demandé au président s’il veut recréer les anciennes frontières de l’URSS.

“Nous voulons utiliser les politiques modernes pour améliorer notre avantage compétitif, ceci incluant l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace géographique post-URSS au sein de l’Union Douannière et aussi maintenant au sein de l’Union Eurasienne.”

Sur les relations avec les Etats-Unis et sa politique étrangère agressive:

“Au sujet de la politique américaine, il est clair que les Etats-Unis mènent la politique la plus rude et la plus agressive pour défendre ses propres intérêts, du moins, c’est de cette façon que le voient les leaders américains, et ils le font de manière persistente.”

“Il n’y a pour ainsi dire pas de troupes russes à l’étranger tandis que les troupes américaines sont partout. Il y a des bases militaires américaines partout dans le monde et ils sont toujours impliqués dans la destinée des autres pays, alors même qu’ils sont à des milliers de kilomètres des frontières américaines.”

Citation 5: “Quant à ma relation avec Barack Obama, je n’ai aucune raison de penser qu’il ne veuille pas parler avec le président de la Russie. Mais en fin de compte, c’est son choix. Je suis prêt au dialogue, en fait le dialogue est le meilleur moyen de résoudre des différents.”

“Quand les gens poussent les limites trop loin, ce n’est pas parce qu’ils sont forts mais parce qu’ils sont faibles. Mais peut-être que la faiblesse n’est pas la pire qualité d’une femme.”

“Ainsi il est particulièrememt ironique que nos partenaires américains nous accusent d’enffreindre quelques une de ces règles”, a dit Poutine apparemment se référant à la déclaration d’Hillary Clinton sur la politique étrangère de la Russie en Europe de l’Est, le comparant avec celle d’Hitler dans les années 1930.

Citation 6 : “Je pense à la tradition gaulliste et au général Charles de Gaulle, qui a toujours protégé la souveraineté de la France. Je pense que ceci force le respect.”

Sur la Russie, sa défense, sa souveraineté et les partis d’opposition:

Parmi les tensions que suscitent le dernier contrat militaire de 1,6 milliard de dollars de la France et de la Russie qui verra la France fournir à la Russie deux porte-hélicoptères Mistral, Poutine a dit qu’il espérait que les deux pays allaient continuer à développer leurs liens. “De manière générale, nos relations dans ce secteur se développent très bien, et nous voudrions continuer à les renforcer en termes d’aviation, de construction navale et dans d’autres secteurs.”

“Une politique expansionniste de conquête n’a aucun futur dans le monde d’aujourd’hui. Nous sommes confiants pour que la Russie puisse être et devienne un partenaire avec ses alliés traditionnels et ce dans le sens large du terme, maintenant et dans le futur… Tout pays qui devient un membre d’una alliance militaire abandonne une partie de sa souveraineté à un corps supranational. Pour la Russie, ceci serait inacceptable. Quant aux autres pays, cela n’a rien à voir avec nous. Ils doivent décider pour eux-mêmes de telles choses.”

Citation 7: “Nous voulons utiliser la politique moderne pour améliorer notre avantage compétitif, incluant l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace géographique post-URSS et au sein de l’Union Douannière et de l’Union Eurasienne.”

“Il y a un autre exemple: François Mitterand, qui parlait d’une confédération européenne avec la Russie pour membre. Je pense que cette opportunité existe toujours et que nous l’aurons dans le futur.”

Parlant au sujet des politiques intérieures, Poutine a dit que la Russie est un état démocratique commun et que son “régime actuel n’est pas connecté avec une personne en partculier”… “La très grande majorité des citoyens russes tendent à se fier à leurs traditions, leur histoire et, si je peux me permettre, leurs valeurs traditionnelles. Je vois ceci comme la fondation et un facteur de stabilité pour l’état russe, mais rien de tout cela n’est associé avec le président ou un quelconque individu. De plus, nous devons nous rappeler que nous n’avons commencé à introduire des institutions démocratiques standard que récemment. Elles sont toujours en cours d’évolution. Certains de nos opposants disent qu’il y a des restrictions inacceptables. Quelles restrictions avons-nous ? Par exemple nous avons banni toute promotion du suicide, des drogues et de la pédophilie. Ce sont nos restrictions, qu’y a t’il de mal à cela ? Puisqu’on en parle, il faut dire que l’homosexualité par exemple est illégale dans certains états des Etats-Unis. Nous n’imposons absolument aucune responsabilité criminelle. Nous n’avons fait qu’interdire la promotion de l’homosexualité pour les mineurs d’âge. C’est notre droit de protéger nos enfants et nous le ferons.”