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Guerre impérialiste en Syrie: La partie d’échecs en simultanée continue avec le grand maître Poutine

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Le piège tendu par Poutine en retirant le contingent russe de Syrie

 

Valentin Vasilescu

 

19 Mars 2016

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=292939&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

Les médias occidentaux basés sur une rhétorique russophobe, ont été pris au dépourvu par la décision de Poutine, essuyant un cuisant échec quant à leurs prévisions de propagande liées à la Syrie. Ce n’est plus un secret que la guerre en Syrie a été déclenchée par des mercenaires islamistes provenant de l’extérieur, armés et payés par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et d’autres pays afin de renverser Bachar Al-Assad. Habilement, par la Conférence sur la sécurité à Munich, Sergei Lavrov ministre des Affaires étrangères de la Russie, a forcé la main au secrétaire d’Etat américain John Kerry, pour obtenir un arrêt des hostilités en Syrie qui est entré en vigueur le 27 Février 2015.

Les termes de cet accord pouvaient laisser prévoir, du point de vue américain, que les Russes resteraient encore en Syrie.

Les Russes ont montré qu’ils ont appris des expériences américaines ratées en Irak et en Afghanistan. Ils ont compris qu’ils ne peuvent pas miser que sur une réponse militaire, et qu’ils doivent apporter en Syrie une réponse intelligente, en utilisant habilement la crème de la diplomatie russe, reconnue comme la plus efficace dans le monde. 

Vladimir Poutine est un leader dont les actions sont imprévisibles par les adversaires, ayant plusieurs atouts dans sa manche avec lesquels il peut surprendre tout le monde. Comme pour un jeu d’échecs, Poutine intensifie le niveau du jeu par le retrait partiel du contingent russe en Syrie, exposant à nouveau intentionnellement Bachar Al-Assad comme appât pour dévoiler les intentions de la Maison Blanche et ses vassaux.

Dans ce contexte, Washington a deux options :

La première est de rallier inconditionnellement la position de la Russie pour une solution pacifique en Syrie, négociée avec les parties engagées dans le conflit, à l’exception des groupes terroristes. Ensuite, suivrait la reconstruction de la Syrie. Les négociations s’annoncent difficiles, parce que la Maison Blanche, par la voix de la soi-disant «opposition syrienne» continue à vouloir écarter Assad du pouvoir, avant de commencer une transition vers un nouveau format politique en Syrie.

Un autre obstacle à une solution pacifique en Syrie est, en plus de ce qui précède, lié aux intentions contradictoires des réseaux occidentaux, depuis les événements en Ukraine. La Russie accuse les Etats-Unis de saboter toute tentative pour parvenir à la paix en Syrie, après des discussions confidentielles entre les deux partis aboutissant à des déclarations à la presse de responsables américains qui, aussitôt après que les accords aient été approuvés par les présidents Américain et Russe, s’empressent de le remettre en cause. Le retrait a été ordonné par Poutine le 15 Mars, 2016, le jour même du début des pourparlers de paix à Genève, comme un signal que ceux qui ne suivent pas la voie proposée par la Russie pour que les négociations aboutissent, se discréditeront aux yeux de l’opinion publique.

La deuxième option pour Washington serait catastrophique. Il donnerait l’ordre aux groupes islamistes subordonnés de rompre la trêve et de commencer une offensive à grande échelle contre l’armée arabe syrienne. Jusqu’à l’arrivée du contingent russe en Syrie, le principal avantage des groupes islamistes consistait en un labyrinthe de centaines de kilomètres de galeries, de tunnels, d’abris et de bunkers, creusé pendant cinq ans par les moyens souterrains livrés par les Occidentaux. Ce labyrinthe ne pouvait pas être détecté et détruit par l’armée arabe syrienne à partir de la surface. Ce réseau de tunnels a permis aux islamistes de stocker des armes lourdes, de la nourriture, du carburant, des munitions, des capacités de production de munitions et d’aller derrière les troupes syriennes, les surprendre et causer d’innombrables pertes.

En déployant des bombardiers russes en Syrie, le président Poutine a montré que Moscou est un allié fiable, contrairement à Washington qui a trahi d’anciens partenaires, comme Hosni Moubarak, président de l’Egypte. Durant les cinq mois d’activité en Syrie, les capteurs des satellites militaires et des avions de reconnaissance russes ont localisé la quasi-totalité des réseaux de tunnels et de galeries, qui ont été neutralisés par des avions de bombardiers russes. Les bombardements russes ont également pris pour cibles le parc des véhicules et les principaux centres de commandement et de communication des rebelles dits «modérés» comme le Front Al Nosra, ce qui a eu pour résultat une incapacité à exécuter des manœuvres, d’organiser leur approvisionnement, de se coordonner et communiquer entre eux [1].

Sur les 40 avions de combat, les deux premiers jours, la Russie en a retiré 20 de la Syrie. Il est possible qu’il ne reste en Syrie que 4 bombardiers Su-25 SM et 4 bombardiers Su-24 M2. Entre temps, 21 bombardiers Su-24 MK de l’armée arabe syrienne avaient été re-motorisés et portés à la norme des Su-24 M2 dans l’usine d’avion N° 514 ARZ de Rzhev. Les avions syriens Su-24 M2 sont équipés de systèmes intégrés de navigation et de guidage d’armes de précision (PNS-M), comme ceux des Russes qui ont opéré à la base aérienne de Hmeymim. En Syrie, au lieu d’avoir 30 bombardiers russes en action, il y a désormais 29 bombardiers russes et syriens [2]. Si nécessaire, la Russie a montré qu’elle peut lancer avec succès en Syrie des missiles de croisière (portée 1500-2500 km) à partir de ses navires de la mer Caspienne et de ses bombardiers à grand rayon d’action décollant des aérodromes Russie.

Les groupes islamistes tels que le Front Al-Nosra sont si faibles qu’ils sont en dessous du niveau à partir duquel il serait encore possible de les remettre à flot pour poser de sérieux problèmes à l’armée arabe syrienne. Ils représentent la variante « ayant échoué » des plans américains visant au retrait du pouvoir de Bachar Al-Assad. Peu importe la façon dont elle investira sur eux, la Maison Blanche ne réussira qu’à prolonger les atrocités commises par ses mercenaires islamistes, mais n’obtiendra jamais de victoire contre l’armée arabe syrienne. Donc, pour les rebelles américains «modérés» le chapitre semble fermé.

Le seul groupe islamiste en Syrie, qui dispose d’une infrastructure solide et peut être approvisionné avec des armes modernes pour se battre d’égal à égal avec l’armée arabe syrienne, est l’État islamique.

La Maison Blanche pourrait ordonner au Pentagone d’armer secrètement l’État islamique pour modifier l’équilibre des forces au détriment de l’armée arabe syrienne.

Seulement, les États-Unis ont créé une coalition de 34 États contre l’État islamique, qui bombardent avec 180 avions de combat depuis presque deux ans les objectifs de ce groupe en Irak et en Syrie. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas encore de vision claire des lignes directrices suivies par les États-Unis en Syrie, ni ne savons à quelle stratégie obéissent ses actions et pour quels résultats.

Mais la Russie a conservé en Syrie un mécanisme de contrôle du respect de la trêve basé sur le complexe C4I, les systèmes S-400, plusieurs dizaines d’avions de reconnaissance sans pilote et une interface d’information fournie par le réseau de satellites de surveillance russes. Ce mécanisme est capable de détecter les livraisons d’armes à l’Etat islamique. Il reste à voir quelle explication donneront les néocons de Washington (en particulier la candidate à la présidentielle Hillary Clinton) quand le monde sera convaincu que l’Etat islamique, est en réalité leur création, et qu’ils les utilisent cyniquement pour satisfaire leurs propres intérêts, dans un contexte où, le 14 Mars 2016, le Congrès a voté (392 pour et 3 contre) une résolution similaire à celle du Parlement européen, selon laquelle l’État islamique est répertorié comme auteur de génocide en Syrie et en Irak [3].

Par Valentin Vasilescu

Source : Réseau International

[1]. Le pari de Poutine en retirant les troupes russes de Syrie (http://reseauinternational.net/le-pari-de-poutine-en-retirant-les-troupes-russes-de-la-syrie/).

[2]. Syria’s recently upgraded Su-24s (http://spioenkop.blogspot.ro/2014/01/syria-and-her-recently-upgraded-su-24s-2.html ).

[3]. La Chambre US des représentants accuse Daesh de « génocide » ( http://www.voltairenet.org/article190764.html ).

Résistance politique: Poutine à l’empire: « Rends-toi, tu es cerné ! »…

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Superbe analyse, originale de surcroit, de laquelle nous nous sentons proches… Il est bon de voir les choses présentées de l’autre côté de la barrière. Poutine joue une partie d’échecs en simultané, Obama pense que c’est une partie de dames et… préfère le golf !

Pas dans la même dimension, tsk, tsk, tsk…

— Résistance 71 —

 

Echec et mat: Le piège en or de Vladimir Poutine

 

Dimitri Kalinitchenko

 

26 décembre 2014

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/echec-et-mat-le-piege-en-or-de-vladimir-poutine-global-relay-network/5421592

 

Très peu de gens comprennent ce que fait Poutine actuellement. Et presque personne ne comprend ce qu’il va faire dans les temps à venir.

Tout aussi étrange que cela puisse paraître, mais d’ores et déjà, Poutine ne vend du pétrole et du gaz naturel russes qu’en échange d’or physique.

Poutine ne le crie pas sur les toits. Et bien sûr, il accepte encore les dollars US comme moyen intermédiaire de paiement. Mais il échange illico tous ces dollars obtenus de la vente de pétrole et de gaz naturel pour de l’or physique!

Afin de le comprendre, il suffit de regarder la dynamique de croissance des réserves en or de la Russie et de comparer ces données aux revenus d’échanges monétaires de la Fédération de Russie provenant de la vente de pétrole et de gaz naturel sur la même période.

En outre, au troisième trimestre les achats par la Russie d’or physique sont au plus haut niveau qu’ils aient jamais atteint. Au troisième trimestre de cette année, la Russie avait acheté une quantité phénoménale d’or, à hauteur de 55 tonnes. C’est plus que toutes les banques centrales de tous les pays du monde au même moment (selon les données officielles)!

Au total, les banques centrales de tous les pays du monde ont acheté 93 tonnes du métal précieux au troisième trimestre de 2014. Cela a été le quinzième trimestre consécutif d’achats nets d’or par des banques centrales. Des 93 tonnes d’achats d’or par des banques centrales autour du monde durant cette période, le montant le plus conséquent d’achats – 55 tonnes – appartient à la Russie.

Il n’y a pas si longtemps, des scientifiques britanniques sont parvenus avec succès à la même conclusion que celle qui fut publiée il y a quelques années dans la Conclusion de l’US Geological Survey. C’est-à-dire: l’Europe ne parviendra pas à survivre sans approvisionnement énergétique provenant de la Russie. Traduit de l’anglais dans n’importe quelle langue cela signifie: « le monde ne parviendra pas à survivre si le pétrole et le gaz naturel russes sont soustraits à la balance globale d’approvisionnement en énergie ».

Ainsi le monde occidental construit sur l’hégémonie du pétrodollar est dans une situation catastrophique, dans laquelle il ne peut survivre sans approvisionnement énergétique venant de Russie. Et la Russie n’est maintenant prête à vendre son pétrole et son gaz naturel à l’Occident qu’en échange d’or physique! Le piège dans le jeu de Poutine, c’est que le mécanisme de vente d’énergie russe à l’Occident uniquement en échange d’or fonctionne déjà, que l’Occident veuille ou non payer pour le pétrole et le gaz naturel russes avec son or artificiellement peu cher.

Puisque la Russie dispose d’un flux constant de dollars de la vente de pétrole et de gaz naturel, elle parviendra à convertir ces dollars pour acheter de l’or au prix actuel, tiré vers le bas de toutes les façons par l’Occident. Ceci équilibre le prix de l’or, qui avait été artificiellement et méticuleusement abaissé par la Fed et l’ESF (Fonds de Stabilisation des Échanges, Exchange Stabilisation Fund, ndlr) à plusieurs reprises… par le pouvoir d’achat artificiellement gonflé du dollar à travers la manipulation des marchés.

Fait intéressant: la manipulation à la baisse des cours de l’or par cette administration spéciale du gouvernement US – l’ESF – en vue de stabiliser la valeur du dollar est devenue une loi aux USA.

Dans le monde financier il est (généralement) considéré que l’or est anti-dollar… c’est-à-dire que le prix de l’or est inversement proportionnel à la valeur du dollar.

  • ▪ En 1971, le Président US Richard Nixonavait fermé la « fenêtre de l’or », mettant fin au libre échange de dollars pour de l’or, garanti par les USA en 1944 aux accords de Bretton Woods.
  • ▪ En 2014, le Président russe Vladimir Poutine a ré-ouvert la « fenêtre de l’or », sans en demander la permission à Washington.

En ce moment l’Occident dépense une bonne partie de ses forces et de ses ressources à tirer vers le bas les prix de l’or et du pétrole. Ainsi donc, d’une part pour distordre la réalité économique existante en faveur du dollar US… et d’autre part, pour détruire l’économie russe, qui refuse de jouer le rôle de vassal obéissant de l’Occident.

Aujourd’hui des biens tels que l’or et le pétrole semblent proportionnellement affaiblis et excessivement sous-évalués face au dollar US. C’est la conséquence d’un énorme effort économique de la part de l’Occident.

Et désormais Poutine vend les ressources énergétiques russes en échange de ces dollars US, artificiellement soutenus par les efforts de l’Occident. Avec ces dollars produits des ventes Poutine achète immédiatement de l’or, artificiellement dévalué contre le dollar US par les efforts de l’Occident lui-même!

Il y a un autre élément intéressant au jeu de Poutine. C’est l’uranium russe. Une ampoule sur six aux USA dépend de sa fourniture, que la Russie vend aussi aux USA… pour des dollars.

Donc, en échange du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium russes, l’Occident paye la Russie avec des dollars US, dont le pouvoir d’achat est artificiellement gonflé vis-à-vis de l’or et du pétrole par les efforts (manipulations) de l’Occident. Cependant, Poutine ne se sert de ces dollars que pour soustraire de l’or physique à l’Occident en échange d’un prix défini en dollars US, artificiellement abaissé par le même Occident.

Cette combinaison économique véritablement brillante de la part de Poutine met l’Occident, emmené par les États-Unis, dans la position d’un serpent dévorant agressivement et diligemment sa propre queue.

L’idée de ce piège économique en or pour l’Occident n’a probablement pas son origine chez Vladimir Poutine lui-même. C’est plus sûrement l’idée du conseiller en affaires économiques de Poutine – le Dr. Sergey Glazyev. Sinon pourquoi le bureaucrate Glazyev, sensiblement sans implication dans le monde des affaires a-t-il été, avec beaucoup d’hommes d’affaires russes personnellement inclus dans la liste des personnes sanctionnées par Washington? L’idée d’un économiste, le Dr. Glazyev, a été brillamment exécutée par Poutine… mais avec tout l’aval de son collègue chinois, Xi Jinping.

 

Dans ce contexte, la déclaration en novembre du premier Président Adjoint de la Banque Centrale de Russie (BCR) Ksenia Yudaeva semble particulièrement intéressante. Elle a souligné que le cas échéant, la BCR pouvait se servir de l’or dans ses réserves pour payer ses importations. Il est évident qu’au regard des sanctions du monde occidental, cette déclaration est adressée aux pays des BRICS, en premier desquels la Chine. Pour la Chine, la disposition de la Russie à payer des biens avec de l’or occidental est très commode. Et voici pourquoi:

La Chine a récemment annoncé qu’elle allait cesser d’augmenter ses réserves d’or et de monnaie sous la dénomination de dollars US. Prenant en considération le déficit commercial croissant entre les USA et la Chine (la différence actuelle est d’un facteur de cinq fois en faveur de la Chine), alors cette déclaration traduite depuis le jargon financier signifie: « la Chine arrête de vendre ses marchandises pour des dollars ». Les médias mondiaux ont choisi de ne pas prêter attention à ce plus marquant des événements monétaires historiques récents. Le sujet n’est pas que la Chine refuse littéralement de vendre ses marchandises pour des dollars US. La Chine, bien entendu, continuera à accepter des dollars US comme moyen intermédiaire de paiement pour ses marchandises. Mais, ayant pris les dollars, la Chine s’en débarrassera immédiatement et les remplacera par autre chose, dans la structure de ses réserves en or et en monnaie. Sinon la déclaration faite par les autorités monétaires chinoises perd son sens: « nous arrêtons l’augmentation de nos réserves d’or et de monnaie, sous la dénomination de dollars ». Cela veut dire que la Chine n’achètera plus de bons du Trésor US avec des dollars acquis via le commerce avec n’importe quel pays, comme elle le faisait auparavant.

Ainsi, la Chine remplacera tous les dollars qu’elle recevra dorénavant pour ses marchandises non seulement des USA mais du monde entier par quelque chose d’autre, pour ne pas augmenter ses réserves d’or et de monnaie définies en dollars. Et voici une question intéressante: avec quoi la Chine va-t-elle remplacer tous les dollars issus de son commerce? Avec quelle monnaie ou quel bien? L’analyse de la politique monétaire chinoise actuelle démontre certainement que les dollars venant du commerce, ou une portion substantielle d’entre eux, la Chine va les remplacer discrètement et de facto le fait déjà, par de l’or.

De ce point de vue, la partie de solitaire des relations russo-chinoises est extrêmement profitable à la fois pour Moscou et pour Beijing. La Russie achète des marchandises à la Chine directement pour de l’or à son prix actuel. Tandis que la Chine achète des ressources énergétiques russes pour de l’or à son prix actuel. Dans ce festival de la vie russo-chinoise, il y a de la place pour tout: des marchandises chinoises, des ressources énergétiques russes, de l’or – comme moyen de paiement mutuel. Seul le dollar US n’a aucune place dans ce festival de la vie. Et ce n’est pas surprenant. Parce que le dollar US n’est pas un produit chinois, ou une ressource énergétique russe. Ce n’est qu’un moyen intermédiaire de règlement – et un intermédiaire superflu. Et il est de coutume d’exclure les intermédiaires superflus des interactions entre deux partenaires commerciaux indépendants.

Il importe de noter par ailleurs que le marché global pour l’or physique est extrêmement petit en comparaison du marché mondial des ressources pétrolières physiques. Et surtout le marché global pour l’or physique est microscopique en comparaison de la totalité des marchés mondiaux de livraison de pétrole, de gaz naturel, d’uranium et de marchandises.

L’accent est mis sur les mots « or physique » parce qu’en échange de ses ressources énergétiques physiques, pas « sur le papier », la Russie soustrait aujourd’hui de l’or à l’Occident mais seulement sous son aspect physique, pas « sur le papier ». La Chine accomplit la même chose en recevant de l’Occident de l’or physique artificiellement dévalué comme paiement pour la livraison de marchandises réelles à l’Occident.

Les espérances entretenues par l’Occident que la Russie et la Chine veuillent bien accepter comme paiement pour leurs ressources énergétiques et marchandises  de la… « monnaie de singe » ou « or sur le papier » sous quelque forme que ce soit, n’ont pas prospéré. La Russie et la Chine ne sont intéressées que par de l’or tangible, et seulement le métal physique, comme moyen final de paiement.

Pour référence: le turnover du marché d’or sur le papier, ou uniquement d’options sur l’or, est estimé à $360 milliards par mois. Mais la livraison physique d’or ne représente que $280 millions par mois. Ceci donne un ratio d’échange d’or sur le papier face à l’or physique de 1000 pour 1.

En utilisant le mécanisme de retrait actif du marché d’un bien financier (l’or) artificiellement dévalué par l’Occident en échange d’un autre bien financier (USD) artificiellement surévalué par l’Occident, Poutine a ainsi démarré le compte à rebours qui mène à la fin de l’hégémonie planétaire du pétrodollar. De cette manière, Poutine a placé l’Occident dans un étau, en l’absence de perspectives économiques saines.

L’Occident ne peut dépenser que tant d’efforts et de ressources à augmenter artificiellement le pouvoir d’achat du dollar, abaisser les prix du pétrole et artificiellement dévaluer le pouvoir d’achat de l’or. Le problème de l’Occident est que les stocks d’or physique en sa possession ne sont pas inépuisables. Par conséquent, le plus l’Occident dévalue le pétrole et l’or contre le dollar US, le plus rapidement il perd de l’or dévalué de ses réserves qui ne sont pas infinies.

Dans cette combinaison économique brillamment jouée par Poutine, l’or physique des réserves de l’Occident afflue rapidement vers la Russie, la Chine, le Brésil, le Kazakhstan et l’Inde (c’est-à-dire les pays des BRICS). Au rythme actuel de réduction des réserves d’or physique, l’Occident n’a tout simplement pas le temps de faire quoi que ce soit contre la Russie de Poutine jusqu’à l’effondrement de tout le monde occidental du pétrodollar. Aux échecs la situation dans laquelle Poutine a placé l’Occident, emmené par les USA, est celle du « problème de temps ».

Le monde occidental n’a jamais affronté des événements et phénomènes économiques comme ceux qui se produisent en ce moment. L’ancienne URSS a rapidement vendu de l’or pendant la chute des prix de l’or. Aujourd’hui, la Russie achète rapidement de l’or pendant la chute des prix du pétrole. Ainsi, la Russie pose une réelle menace au modèle états-unien de domination du monde par le pétrodollar.

Le principe essentiel du modèle du monde selon le pétrodollar est de permettre aux pays occidentaux, emmenés par les États-Unis, de vivre aux dépens du labeur et des ressources d’autres pays… sur la base du rôle de la monnaie US, dominante dans le Système Monétaire International (SMI). Le rôle du dollar US dans le SMI est qu’il est le mode ultime de paiement. Ceci signifie que la monnaie nationale des USA dans la structure du SMI est l’ultime accumulateur de biens, en face duquel l’échange de n’importe quel autre bien n’a pas de sens.

Emmenés par la Russie et la Chine, ce que font actuellement les BRICS est en réalité de changer le rôle du dollar US dans le SMI. De l’ultime mode de paiement et d’accumulation de biens, la monnaie nationale des USA, par le biais des actions conjointes de Moscou et de Beijing, ne devient rien de plus qu’un moyen intermédiaire de paiement, dont l’usage n’est entendu que pour l’échange de ce moyen de paiement intermédiaire pour un autre et le bien financier ultime – l’or. Ainsi, le dollar US perd en réalité son rôle comme mode ultime de paiement et d’accumulation de biens, cédant ces deux rôles à un autre bien monétaire reconnu, dénationalisé et dépolitisé – L’OR!

Traditionnellement, l’Occident a utilisé deux méthodes pour éliminer la menace à l’hégémonie du modèle du pétrodollar dans le monde, et aux privilèges excessifs pour l’Occident qui en ont découlé:

L’une de ces méthodes est celle des révolutions colorées. La seconde méthode qui est habituellement employée par l’Occident si la première échoue, c’est l’agression militaire et les bombardements.

Mais dans le cas de la Russie ces deux méthodes sont soit impossibles soit inacceptables pour l’Occident.

Parce que tout d’abord la population russe, contrairement aux populations de beaucoup d’autres pays, ne désire pas échanger sa liberté et l’avenir de ses enfants pour de la kielbasa occidentale (saucisse à la viande). Ceci est évident vu les taux d’approbation records de Poutine, régulièrement publiés par les plus éminentes agences de sondages occidentales. L’amitié personnelle du protégé de Washington Navalny (opposant politique de Vladimir Poutine, ndlr) avec le Sénateur John McCain a joué pour lui un rôle particulièrement néfaste. Ayant appris ce fait des médias, 98% de la population russe ne perçoit désormais Navalny que comme un vassal de Washington et un traître aux intérêts nationaux russes. Donc les professionnels occidentaux, qui n’ont pas encore perdu l’esprit, ne peuvent rêver d’une quelconque révolution colorée en Russie.

Pour ce qui est de la seconde méthode traditionnelle d’agression militaire directe, la Russie n’est sûrement pas la Yougoslavie, l’Irak ou la Libye. Dans toute opération militaire non-nucléaire contre la Russie, sur le territoire de la Russie, l’Occident emmené par les USA est condamné à la défaite. Et les généraux du Pentagone, qui exercent le vrai commandement des forces de l’OTAN, en sont conscients. Tout aussi désespérée est une guerre nucléaire contre la Russie, y compris le concept d’une prétendue « frappe nucléaire préventive ». L’OTAN n’est tout simplement pas techniquement capable de livrer un coup qui désarme le potentiel nucléaire de la Russie dans toutes ses manifestations. Une frappe de représailles nucléaires massives contre l’ennemi ou un éventail d’ennemis serait inévitable. Et sa puissance totale suffira pour que les survivants envient les morts. C’est-à-dire, un échange de frappes nucléaires avec un pays comme la Russie n’est pas une solution pour le problème imminent de l’effondrement du monde du pétrodollar. C’est, dans le meilleur des cas, une dernière note et le dernier point de l’histoire de son existence. Dans le pire des cas – un hiver nucléaire et la ruine de toute vie sur la planète, à l’exception des bactéries qui auront muté à case des radiations.

L’establishment économique occidental peut voir et comprendre l’essence de la situation. Des économistes occidentaux éminents sont certainement conscients de la gravité du problème et du désespoir de l’impasse dans laquelle se trouve le monde occidental, dans le piège doré de Poutine. Après tout, depuis les accords de Bretton Woods, nous connaissons tous la règle d’or en vigueur: « celui qui a plus d’or impose les règles ». Mais tout le monde en Occident reste silencieux là-dessus. Silencieux parce qu’aucun ne sait comment sortir de cette situation.

Si vous expliquez au public occidental tous les détails du désastre économique à venir, le public posera aux promoteurs du monde du pétrodollar les plus horribles questions, qui ressembleront à ceci:

– Combien de temps l’Occident pourra-t-il acheter du pétrole et du gaz naturel à la Russie en échange d’or physique?

– Et qu’arrivera-t-il au pétrodollar US, après que l’Occident aura épuisé tout son or physique pour payer du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium russes, ainsi que pour payer pour des marchandises chinoises?

Aujourd’hui, personne en Occident ne peut répondre à ces questions, qui semblent simples.

Et cela, Mesdames et Messieurs, cela s’appelle « Échec et Mat ». La partie est finie.

Partie d’échecs géostratégique: Poutine joue avec les « blancs » et maîtrisent l’échiquier…

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… tandis que l’empire pense jouer avec les « blancs », mais joue avec les « noirs » dans une partie qui tourne au « cours après moi que je t’attrapes »… On peut même se poser la question de savoir s’ils jouent le même jeu ?… Quoi qu’il en soit, Poutine le fin stratège est en train de faire tourner la table. de là à ce que l’empire se retrouve en slip, il n’y a plus des kilomètres !…

— Résistance 71 —

 

Ce que Poutine ne nous dit pas

 

Pepe Escobar

 

21 décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/12/21/loeil-itinerant-ce-que-poutine-ne-nous-dit-pas/

 

Lors de sa conférence de presse annuelle et du marathon de questions et réponses qui a suivi, même aux prises avec ce qui, à tous égards, constitue une tempête parfaite, le président Poutine a affiché un comportement extrêmement mesuré.

Cette tempête parfaite évolue sur deux fronts : une guerre économique ouverte (comme un siège mené à coup de sanctions) ainsi qu’une attaque concertée et secrète menée dans l’ombre, au cœur même de l’économie russe. Pour Washington, l’objectif ultime est clair : appauvrir et dégriffer l’adversaire, pour le forcer à s’incliner docilement devant les lubies de l’Empire du chaos [1]. Et s’en vanter à tout bout de champ jusqu’à la victoire [2].

Le problème, c’est qu’il se trouve que Moscou a impeccablement percé le jeu, et ce, même avant que Poutine, lors de la réunion du club Valdaï d’octobre dernier, ne décrive avec perspicacité la doctrine Obama, en disant que nos partenaires occidentaux sont des adeptes de la théorie du chaos contrôlé.

Poutine a donc parfaitement compris en quoi consistait l’attaque monstre de cette semaine, de type chaos contrôlé. L’Empire dispose d’un pouvoir monétaire massif, d’une influence énorme sur le Produit intérieur brut mondial de 85 000 milliards de dollars et du pouvoir bancaire qui sous‑tend tout ça. Rien de plus facile donc que de faire jouer ce pouvoir, par l’entremise des systèmes bancaires privés, qui contrôlent en réalité les banques centrales, pour lancer une attaque sur le rouble. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Empire du chaosrêve de faire chuter le rouble d’environ 99 % (anéantissant du même coup l’économie russe). N’est‑ce pas là la meilleure façon d’imposer à la Russie la discipline impériale ?

L’option nucléaire

La Russie vend son pétrole à l’Occident en dollars US. Lukoil, par exemple, possède un dépôt en dollars US dans une banque américaine pour ses ventes de pétrole. Pour verser des salaires en roubles en Russie, Lukoil devra vendre ses dépôts en dollars US pour acheter en Russie un dépôt en roubles pour son compte bancaire, ce qui aura pour effet de soutenir la valeur du rouble. La question n’est pas de savoir s’ils accumulent des fonds à l’étranger, cela est une donnée.  La seule question est de savoir s’ils ne les font plus revenir en Russie. La réponse est non. Et il en va de même pour d’autres entreprises russes.

La Russie n’est pas en train de perdre ses économies, comme en jubilent les grands médias occidentaux. Elle peut toujours exiger des compagnies étrangères de se délocaliser en Russie. Apple pourrait par exemple y ouvrir une usine de fabrication. Les récents accords commerciaux sino‑russes incluent, entre autres, la construction d’usines en Russie par les Chinois. Vu la dépréciation du rouble, la Russie est en mesure d’exiger des entreprises manufacturières établies dans l’Union européenne de se délocaliser sur son territoire, sous peine de perdre leur accès au marché. Poutine a, en quelque sorte, admis que la Russie avait trop tardé à imposer une telle demande. La chose (positive en soi) est désormais inévitable.

Puis il y a aussi l’option nucléaire (option que Poutine n’a même pas eu à mentionner). Si la Russie devait décider d’imposer un contrôle des mouvements de capitaux ou un congé de remboursement de larges tranches de sa dette venant à échéance au début de 2015, cela équivaudrait au pilonnage du système financier européen (dans le style choc et stupeur). Après tout, une bonne partie du financement des banques et des grandes entreprises russes a été approuvée en Europe.

Pour ce qui est de la Russie elle‑même, l’exposition au risque n’est pas l’enjeu. Ce qui importe, ce sont les liens avec les banques européennes. Un banquier d’affaires me citait l’exemple de Lehman Brothers, qui a provoqué tout autant l’effondrement de l’économie européenne, que celui de la ville de New York (par le jeu des liens d’interconnexion). Et ça, même si Lehman était basée à New York. Ce qui compte, c’est l’effet domino.

Si la Russie devait déployer cette option financière nucléaire, le système financier occidental ne serait pas en mesure d’absorber le choc causé par l’interruption du service de la dette. Et cela prouverait (une fois pour toutes) que les spéculateurs de Wall Street ont érigé un château de cartes tellement fragile et corrompu, que la première vraie tempête aura suffi à le réduire en poussière.

Un seul coup suffirait

Et si la Russie cessait d’assurer le service de sa dette, créant du coup une sainte pagaille, compte tenu de ce que ça représente 600 milliards de dollars ? Ce scénario transparaît dans le fait que les Maîtres de l’univers demandent à Janet Yellen et à Mario Draghi de créer des crédits dans les systèmes bancaires, pour prévenir les dommages indus (comme ceux subis en 2008).

Mais imaginons qu’ensuite la Russie décide de couper l’acheminement du gaz et du pétrole vers l’Ouest (tout en maintenant les pipelines ouverts en direction de l’Est). Les services de renseignements russes pourraient causer des dommages considérables et constants aux postes de pompage, du Maghreb jusqu’au Moyen‑Orient. La Russie pourrait bloquer tout le gaz naturel et le pétrole en provenance des stans d’Asie centrale [3]. Le résultat ? L’effondrement financier le plus gigantesque de toute l’histoire. Et la fin des prétentions à l’exceptionnalisme de l’Empire du chaos.

Il s’agit bien sûr d’un scénario apocalyptique. Mais il ne faut pas provoquer l’Ours, car, ce scénario, il pourrait le réaliser en un éclair.

Lors de sa conférence de presse, Poutine [4] a affiché une attitude vraiment sereine, calme, contenue (et une ardeur à plonger dans les détails), car il sait que Moscou a les moyens d’une autarcie complète. Il va de soi qu’il s’agit d’une guerre asymétrique contre un empire dangereux qui s’écroule. Qu’en pensent les nains intellectuels qui fourmillent au sein de l’administration du canard boiteux Obama ? Qu’ils pourront vendre à l’opinion publique américaine (et mondiale) l’idée selon laquelle Washington (en fait, leurs caniches européens) affrontera une guerre nucléaire sur le théâtre européen au nom de l’État ukrainien en déroute ?

C’est une partie d’échecs. Le raid sur le rouble était censé faire échec et mat. Ça n’a pas marché. Pas quand le coup est porté par de simples amateurs de scrabble. Et n’oubliez pas le partenariat stratégique sino‑russe. La tempête est peut‑être en train de s’apaiser, mais la partie, elle, se poursuit.

Pepe Escobar

 

Article original : What Putin is not telling us (rt.com, anglais, 18-12-2014)

Traduit par Jacques pour vineyardsaker.fr

[1] Empire of Chaos: The Roving Eye Collection [amazon.fr, Kindle Edition]

[2] White House Brags Sanctions Put Russia On ‘Brink of Collapse’: Crippling Russian Economy Could ‘Force’ Putin to Obey US (antiwar.com, anglais, 16-12-2014)

[3] Les stans sont les pays dont le nom comporte ce suffixe : Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan

[4] Putin: Russian economy will inevitably bounce back, 2 years in worst case scenario (rt.com, 18-12-2014)

Résistance politique: La fine stratégie de la « terre brûlée » économique de Vladimir Poutine…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 décembre 2014 by Résistance 71

Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l’OTAN

 

Thierry Meyssan

 

8 Décembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article186136.html

 

La Russie réagit dans la guerre économique que lui livre l’Otan à la manière dont elle l’aurait fait dans une guerre classique. Elle s’est laissée atteindre par des « sanctions » unilatérales pour mieux emmener son adversaire sur le terrain qu’elle a choisi. Simultanément, elle a conclu des accords avec la Chine pour préserver son avenir, puis avec la Turquie pour désorganiser l’Otan. Comme jadis face à la France ou à l’Allemagne, sa défaite initiale pourrait être la garantie de sa victoire finale.

Lors du sommet annuel sur la sécurité, organisé par la Fondation Bertelsmann et l’Otan à Munich, en 2007, le président Vladimir Poutine avait souligné que l’intérêt des Européens de l’Ouest n’était plus uniquement outre-Atlantique, mais aussi et surtout avec la Russie. Depuis cette date, il n’a cessé de tenter de nouer des relations économiques, dont la construction du gazoduc North Stream sous la direction de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. De leur côté, les États-Unis ont tout fait pour empêcher ce rapprochement, dont l’organisation du coup d’État de Kiev et le sabotage du gazoduc South Stream.

Selon la presse atlantiste, la Russie aurait été gravement impactée par les « sanctions » unilatérales —en réalité des actes de guerre économique— prises à l’occasion du rattachement de la Crimée à la Fédération ou de la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines et par la baisse du prix du pétrole. Le rouble a perdu 40 % de sa valeur, les investissements inutiles dans le gazoduc South Stream ont coûté 4,5 milliards de dollars, et l’embargo alimentaire a coûté 8,7 milliards de dollars. En définitive, assure la presse atlantiste, la Russie est aujourd’hui ruinée et isolée politiquement.

La presse atlantiste fait par contre l’impasse sur les conséquences de cette guerre économique dans l’Union européenne. Outre que l’interdiction des exportations alimentaires est susceptible de détruire des pans entiers de son agriculture, le renoncement à South Stream pèsera très gravement sur l’avenir de l’Union en renchérissant le prix de l’énergie.

Il semble que les « sanctions » unilatérales aient eu comme conséquence imprévue la chute des cours du pétrole. En effet, ceux-ci ont débuté le 20 juin, mais ils ne sont sortis des variations habituelles qu’à la fin juillet, lors des premières « sanctions » économiques. Le prix du pétrole n’ayant aucun rapport avec la loi de l’offre et de la demande, mais comme pour tout marché spéculatif, avec le volume des capitaux qui y spéculent, le déplacement des capitaux russes à l’annonce des sanctions ont accéléré le mouvement. Dans un premier temps, on avait attribué la baisse du prix du pétrole à un effort de l’Arabie saoudite pour plomber les investissements états-uniens dans le gaz de schiste et les pétroles non-conventionnels mais, lors de la réunion de l’Opep, il s’est avéré que les Saoudiens n’y étaient probablement pour rien. Au demeurant, il semblait impossible que l’Arabie saoudite spécule contre son suzerain états-unien.

Quoi qu’il en soit, la Russie a surpris Washington en renversant l’échiquier diplomatique : Vladimir Poutine s’est rendu en Turquie, État membre de l’Otan, juste après le vice-président états-unien Joe Biden, pour y conclure de gigantesques accords économiques. Non seulement ils contournent les sanctions unilatérales de l’Alliance, mais ils la désorganisent profondément.

La Turquie actuelle est un État en passe de redevenir une terrible dictature. Selon le département d’État —pourtant complaisant vis-à-vis d’un membre de l’Otan— l’internet est censuré ; le gouvernement a abusé de son pouvoir pour stopper les enquêtes de corruption conduites contre ses membres et leurs familles ; il a sanctionné les policiers et les magistrats qui ont conduit ces enquêtes ; les minorités n’ont aucun droit, à l’exception des trois minorités désignées dans le Traité de Lausanne en 1923 ; l’administration Erdoğan détient des centaines de prisonniers politiques (principalement des officiers supérieurs coupables d’avoir pris contact avec l’Armée chinoise, des responsables politiques d’opposition, des journalistes et des avocats) ; la torture est généralisée, les détentions arbitraires et les assassinats extra-judiciaires sont légion.

La dérive criminelle de l’administration Erdoğan est devenue un grave sujet de préoccupation au sein de l’Otan. D’autant que la Turquie s’avère devenir aussi un allié récalcitrant. Ainsi, elle persiste à aider les jihadistes dans leur lutte contre le peuple kurde (pourtant très majoritairement sunnite) au lieu de rejoindre activement la coalition états-unienne contre l’Émirat islamique. C’est pourquoi le vice-président Joe Biden s’est rendu le 22 novembre à Ankara, manifestement pour menacer le président Erdoğan s’il ne rentrait pas dans l’ordre états-unien.

Or, le 1er décembre, Vladimir Poutine se rendait également à Ankara. Distinguant les questions économiques des politiques, il présentait une offre longuement préparée : une alliance économique sans précédent entre les deux nations. Comprenant que cette offre inattendue était sa seule issue face à Washington, le président Erdoğan signait tous les documents qui avaient été rédigés par les Russes. Il acceptait le renforcement du gazoduc sous-marin reliant son pays à la Russie via la Mer Noire ; il achetait à bon prix du gaz russe et même des centrales nucléaires civiles pour alimenter son industrie ; il livrait ses produits agricoles à la Russie malgré l’embargo de tous les autres États atlantiques ; etc.

Pour l’Otan, le problème turc vire au cauchemar.

Vladimir Poutine n’a certes pas changé d’avis sur Recep Tayyip Erdoğan. C’est un petit criminel qui a rejoint les Frères musulmans, a été propulsé au pouvoir avec l’aide de la CIA, et qui se comporte aujourd’hui comme un vrai chef mafieux. Mais le président russe a l’habitude de traiter avec des oligarques ou des chefs d’État d’Asie centrale qui ne valent pas mieux. Lui-même est parvenu au Kremlin en s’infiltrant dans le cercle de Boris Elstine et de Boris Berezovski.

De son côté, Recep Tayyip Erdoğan sait qu’il doit son pouvoir à l’Otan, et qu’aujourd’hui elle lui demande des comptes. Il n’a aucune difficulté à faire le grand écart : allié de Washington en politique et de Moscou en économie. Il sait qu’aucun État n’a jamais pu sortir de l’Alliance, mais il imagine se maintenir au pouvoir par ce double jeu.

Maintenant observons la stratégie de Vladimir Poutine.

La puissance des États-Unis réside à la fois dans leur monnaie, qu’ils imposent au reste du monde via le contrôle du marché du pétrole, et dans leur armée.

L’Otan vient de lancer une guerre économique contre la Russie. Pour les besoins de la propagande, elle masque ses attaques sous le vocable de « sanctions ». Pourtant des sanctions supposeraient une mise en examen, un procès et un verdict. Pas dans ce cas. Les « sanctions » les plus importantes ont même été décidées après la destruction d’un avion civil en Ukraine alors que, selon toute probabilité, il a été abattu par les nouvelles autorités de Kiev.

Pour y répondre, Vladimir Poutine a d’abord fait basculer l’avenir de son pays de l’Europe occidentale vers l’Extrême-Orient en signant les plus importants contrats de l’histoire avec ses partenaires chinois. Puis, il a utilisé la Turquie contre l’Otan pour contourner les « sanctions » commerciales occidentales. Que ce soit avec la Chine ou avec la Turquie, la Russie vend son énergie en monnaies locales ou en troc, jamais en dollars.

Les experts russes ont calculé que Washington interviendrait si le cours du pétrole se maintenait plus de six mois à un cours inférieur à 60 dollars le baril. Il y a deux mois, le gouverneur de la Banque centrale russe, Elvira S. Nabiullina, attestait devant la Douma être prête pour ce scénario, son institution détenant suffisamment de réserves.

Par conséquent, si pour le moment la Russie est gravement touchée par l’attaque économique de l’Otan, la situation pourrait s’inverser dans six mois. Pour maintenir sa domination sur le reste du monde, Washington serait alors contraint d’intervenir pour faire remonter les prix du pétrole. Mais entre temps, cette guerre aura plombé l’Union européenne et l’Otan, tandis que la Russie aura muté son économie vers son allié chinois.

En définitive, la Russie agit ici comme elle l’a toujours fait. Jadis, elle pratiquait la « stratégie de la terre brûlée » lorsque la France de Napoléon ou l’Allemagne d’Adolf Hitler l’envahissait. Elle détruisait elle-même ses propres richesses à la place des troupes ennemies et ne cessait de reculer vers l’Extrême-Orient. Puis elle refluait contre les envahisseurs exténués par leur trop longue pénétration.

Réaffirmation de la position russe… Poutine devant la Douma

Posted in actualité, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, politique et social with tags , , , , , , , on 5 décembre 2014 by Résistance 71

Synthèse du discours de Vladimir Poutine devant la Douma

 

RIA Novosti

 

4 Décembre 2014

 

url de l’article:

http://fr.ria.ru/politique/20141204/203152980.html

 

Une famille saine, la sécurité nationale et le respect des autres peuples du monde sont autant de priorités de la politique intérieure et extérieure de la Russie, a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine dans son 11e message annuel à l’Assemblée fédérale (parlement).

Dans son discours qui a duré une heure, le chef de l’Etat russe a évoqué un large éventail de questions, de la Crimée à la souveraineté nationale du pays, en passant par le conflit en Ukraine, la politique des Etats-Unis et un coup de pouce fiscal aux jeunes entreprises.

Famille saine et sécurité nationale

Une famille saine, les valeurs traditionnelles ancestrales, la stabilité comme condition du progrès, le respect des autres peuples et Etats, telles sont les priorités de la Russie, a affirmé le président dans son message au parlement.

Selon lui, « chaque peuple a le droit inaliénable et souverain d’assurer sa sécurité, de choisir sa propre voie de développement, ses alliés, les formes de son organisation politique et de son développement économique ».

Crimée: valeur sacrée pour la Russie

Le chef de l’Etat russe est persuadé que « la Crimée revêt une importance sacrale et civilisationnelle énorme pour la Russie, à l’instar du Mont du Temple à Jérusalem pour les Juifs et les Musulmans ».

Après avoir qualifié d’historique la réunification de la Crimée avec la Russie suite à un référendum, Vladimir Poutine a de nouveau souligné que ce processus était parfaitement légitime et fondé sur le libre consentement des habitants de la péninsule.

Cependant, a estimé le chef de l’Etat russe, les autorités fédérales doivent encore effectuer un travail important pour améliorer la situation économique en Crimée.

A cet effet, une zone franche sera mise en place, ce qui permettrait de « réunir des conditions favorables pour les milieux d’affaires, l’agriculture, le secteur touristique, l’industrie et les transports maritimes ».

Ukraine

Evoquant la situation en Ukraine, le président russe a qualifié d’hypocrites les affirmations selon lesquelles le coup d’Etat à Kiev pouvait être justifié par le désir de « respecter les droits de l’homme ».

« Tout ce que nous observons actuellement en Ukraine, notamment la tragédie du sud-est, confirme la justesse de notre position« , a déclaré Vladimir Poutine avant d’accuser les Etats-Unis et l’Europe d’avoir appuyé « l’usurpation armée du pouvoir, la violence et les meurtres ».

« Comment peut-on souscrire à ces dérives, tout en dissertant sur le respect du droit international et des droits de l’homme? C’est du pur cynisme », a constaté le président russe.

Souveraineté nationale

Les Etats-Unis ont toujours exercé une influence directe ou indirecte sur les relations entre la Russie et ses voisins, « à tel point que l’on ne sait parfois pas à qui parler: aux gouvernements de certains pays ou directement à leurs protecteurs américains« , a affirmé Vladimir Poutine.

« Nous sommes en droit de nous demander: à quoi bon cette tragédie en Ukraine? Est-ce qu’il était impossible de régler tous les litiges par la voie du dialogue et dans le cadre juridique? Pourtant, on cherche aujourd’hui à nous persuader que seule cette politique est correcte et pondérée, et que nous devons la suivre aveuglément et sans réfléchir. Nous ne le ferons pas« , a indiqué le chef du Kremlin.

Il a dans le même temps souligné que personne n’ôterait à la Russie sa souveraineté nationale.

« Si pour certains pays européens la fierté nationale est une notion oubliée depuis belle lurette et la souveraineté, un luxe inabordable, pour la Russie la souveraineté nationale réelle est une condition sine qua non de son existence« , a indiqué le président.

Selon lui, aucun Etat n’obtiendra une suprématie militaire sur la Russie.

« Nous avons une armée moderne et apte au combat, une armée «courtoise», comme on dit aujourd’hui, mais redoutable. Nous avons suffisamment de forces, de volonté et de courage pour défendre notre liberté« , a affirmé Vladimir Poutine.

La Russie restera ouverte au monde

La Russie restera ouverte au monde, à la coopération, aux investissements étrangers et aux projets conjoints, a indiqué le chef de l’Etat russe.

D’après lui, la Russie n’a pas l’intention de réduire ses échanges avec l’Europe et les Etats-Unis.

« Parallèlement, nous rétablirons et élargirons nos liens traditionnels avec le sud du continent américain, nous poursuivrons notre coopération avec l’Afrique et les pays du Proche-Orient », a ajouté le dirigeant russe.

Vladimir Poutine a annoncé une série de mesures visant à stabiliser l’économie russe. Il s’agit en premier lieu de « dissuader les spéculateurs de jouer sur les fluctuations du cours du rouble« .

Une autre mesure efficace consiste, selon le président, à « réduire le contrôle exercé sur les milieux d’affaires« .

Enfin, une dernière mesure tout aussi importante réside, d’après Vladimir Poutine, dans les facilités fiscales accordées aux start-ups.

« Il est indispensable de réaliser les décisions déjà adoptées en ce qui concerne l’allègement du fardeau fiscal, en premier lieu pour ceux qui ne font que commencer leurs activités. Comme nous avons convenu, des facilités fiscales seront accordées pour une période de deux ans aux petites entreprises enregistrées pour la première fois« , a déclaré le chef de l’Etat russe dans son message annuel à l’Assemblée fédérale.

Grand cirque impérialiste du G20… L’occident colonialiste agresse la Russie qui baille et s’en va…

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Les pathétiques marionnettes des banquiers que sont les « hommes et femmes politiques » occidentaux viennent une fois de plus de faire reculer les limites de l’hypocrisie, du mensonge et de l’indécence à Brisbane en Australie au cours de ce cirque du colonialisme planétaire qu’est le « G20 ». L’histoire les jugera.. mais après les peuples !

— Résistance 71 —

 

Le G20 se passe mal: Le fossé se creuse entre la Russie et les pays occidentaux sur fond de russophobie

 

Luc Michel & Karel Huybrechts

 

6 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-16883.html

 

Le G20 se passe mal. Poutine va partir sans participer au dîner de gala final. Mais comment en aurait-il pu être autrement alors qu’à la veille de l’arrivée du président russe celui-ci a été violemment attaqué, à la limite de l’insulte, par Cameron, le caniche favori d’Obama, et le premier ministre australien Abbott, qui est lui le second caniche des USA dans le Pacifique ? Le Premier ministre australien Tony Abbott a accusé M. Poutine de vouloir restaurer « la gloire perdue du tsarisme ou de l’Union soviétique», alors que David Cameron a stigmatisé une Russie qui agresse des pays plus petits qu’elle, en l’occurrence l’Ukraine. Vendredi, en amont du sommet qui dure jusqu’à dimanche, la Grande-Bretagne et l’Australie ont préparé un accueil saignant à Vladimir Poutine. Le tabloid australien Courrier Mail, un torchon anglo-saxon clone de la presse trash britannique, résumait la situation en placardant en Une un ours arborant la médaille soviétique de l’ordre de la guerre patriotique affrontant un kangourou boxeur…

Cerise sur le gâteau pourri du G20, l’Australie demande sans vergogne à nouveau des comptes à la Russie sur le crash d’Air Maisya MH17 au-dessus de Donetsk. Alors que tout le monde sait que Kiev est coupable. Des photos satellites russes montrant un jet ukrainien tirant au canon sur l’avion malais, d’origine anonyme (pour l’instant) sont apparues hier sur le net, corroborant les hypothèses russes.

Menacé de nouvelles sanctions par des dirigeants de l’EU – cessons de dire « européens » (**) pour les kollabos de Washington – suicidaires, le président russe Vladimir Poutine a déjà averti préventivement que d’éventuelles nouvelles sanctions occidentales contre Moscou auraient « de graves conséquences pour l’économie ukrainienne », encore très liée à celle de son grand voisin, lors d’une interview à la chaîne allemande ARD diffusée ce samedi. « Les banques russes ont actuellement accordé un prêt de 25 milliards de dollars à l’économie ukrainienne (tout çà pour se faire insulter par la Junte de Kiev …). Si nos partenaires européens et américains veulent aider l’Ukraine, comment peuvent-ils saper la base financière, en limitant l’accès de nos institutions financières aux marchés mondiaux des capitaux? », s’est interrogé Poutine dans cette interview réalisée jeudi, avant le début du sommet du G20.

C’est dans cette « ambiance délétère » (dit Libération) que les principaux protagonistes sont réunis à Brisbane, ville de l’est de l’Australie « dont le coeur au bord de la Brisbane River est transformé en camp retranché survolé d’hélicoptères »: Vladimir Poutine, Barack Obama, François Hollande, les dirigeants de l’OTAN et de l’UE. La France joue aussi un rôle dans cette empoignade puisque Moscou lui a adressé un ultimatum, lui donnant 15 jours pour livrer le premier navire militaire Mistral commandé par la Russie à la France, et qui empoisonne les relations des deux pays. En raison de la soumission de Paris à Washington.

Signe de la mauvaise humeur russe, déjà amorcée par l’arrogante mauvaise fois occidentale sur le dossier ukrainien et la malhonnêteté française sur la livraison des navires Mistral (déjà payés rappellons-le) et dont Hollande et Poutine n’ont pas parlé lors de ce G20, le président russe Vladimir Poutine entend quitter plus tôt que prévu ce dimanche le sommet du G20 à Brisbane, indique une source au sein de la délégation russe, « alors que l’homme fort du Kremlin doit faire face à une pression accrue des Occidentaux sur fond de crise en Ukraine » (dixit l’AFP). « Le programme pour la deuxième journée a changé. Il a été raccourci », indique ce membre de la délégation russe. Vladimir Poutine participera aux réunions du sommet mais ne sera pas présent lors d’un déjeuner officiel et parlera devant la presse plus tôt que prévu. « Ce déjeuner est plus une sorte de divertissement » (sic), a ajouté la source.

Résistance politique: « Il n’y a aucun mal que Washington ne soit pas capable de faire ou d’infliger » (Paul Craig Roberts)

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Il est important aujourd’hui d’être du bon côté de l’histoire…

— Résistance 71 —

 

Poutine parle espérons que Washington écoute

 

Paul Craig Roberts (Press TV)

 

17 Octobre 2014

 

url de l’article :

http://www.presstv.ir/detail/2014/10/17/382580/putin-speaks-hope-that-washington-hears/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un entretien cette semaine avec le journal serbe Politika, le président russe Vladimir Poutine a dit qu’il était futile et dangereux pour les Etats-Unis et ses marionnettes européennes d’essayer de faire chanter la Russie et que la “nation exceptionnelle” et ses vassaux devraient condidérer les risques qui sont inhérents aux disputes agressives entre des pays lourdement armés nucléairement parlant.

Poutine a fait remarquer qu’Obama avait adopté une attitude hostile envers la Russie dans son discours à l’assemblée générale de l’ONU le 24 Septembre dernier lorsqu’obama avait déclaré que la Russie était une des trois menaces auxquelles le monde devait faire face avec l’État Islamique et Ébola. Le président Poutine a dit que des actions punitives et unilatérales prises contre la Russie pourraient provoquer une crise et que si le but de Washington était “d’isoler notre pays, alors ceci est un but illusoire et absurde.”

Voici quelques citations du président Poutine:

“Comment pouvons-nous parler de désescalade en Ukraine tandis que des décisions sur de nouvelles sanctions sont introduites presque simultanément avec les accords sur le processus de paix ?”

“Avec des sanctions contre des segments entiers de notre économie, cette approche ne peut être qualifiée de rien d’autre que d’hostile.”

“Nous espérons que nos partenaires vont réaliser la futilité des tentatives de faire chanter la Russie et se rappeler quelles conséquences des désaccords entre des super-puissances nucléaires peuvent apporter à la stabilité stratégique.”

Si nous ne mourrons pas tous de détonations nucléaires, de radiations et de l’hiver nucléaire inévitable qui s’ensuivra, ce sera grâce à l’humanité et au bon sens commun, qui manquent tous deux à Washington, du président de la Russie.

Regardez autour de vous. Les économies et les marchés boursiers de la civilisation occidentale sont en totale retraite. Des autorités publiques stupides et incompétentes ont amené Ébola en Amérique et que fait Washington ? Les énergies du gouvernement exceptionnel sont focalisées à combattre un État Islamique, créature créée de toute pièce par Washington et à diaboliser la Russie.

Y a t’il une seule nation, où que ce soit sur Terre, à quelque période que ce soit de l’histoire qui a été si mal dirigée que les Etats-Unis ?

Les Américains ont besoin de comprendre que leur gouvernement n’est pas juste incompétent et immoral, mais qu’il est diabolique, qu’il est le mal absolu. Washington se cache derrière un langage moral mais est lui-même totalement dénué de morale et de conscience. Il n’y a aucun mal que Washington ne soit pas capable de faire ou d’infliger. Ceux qui soutiennent Washington, soutiennent le Mal.

Ingérence occidentale en Ukraine et conflit avec la Russie… Poutine avance sur le grand échiquier géopolitique (Paul Craig Roberts)

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Nous espérons que la question du titre de Roberts est purement rhétorique car il est évident que depuis le tout début de la crise syrienne en Mars 2011 jusqu’à aujourd’hui, dans un contexte géopolitique étatique et colonialiste imposé par l’occident, Poutine s’est affirmé comme LE grand stratège/diplomate de ce début de XXIème siècle. Le seul dirigeant politique que l’on puisse respecter dans un contexte étatique s’entend.

Nous avions dit au moment de la crise fabriquée par l’occident de l’emploi d’armes chimiques en Syrie que Poutine était le GARANT de la paix mondiale, cette position n’a fait que s’affirmer depuis… pour atteindre son paroxysme aujourd’hui. a question demeure: l’oligarchie financière mondiale a t’elle décidée de la guerre (historiquement, toute guerre d’importance depuis le début du XIXème siècle a été décidée par une seule famille: les Rothschild) ou le risque thermonucléaire étant trop grand, d’une nouvelle guerre froide, de la scission d monde en deux blocs, l’URSS d7avant étant remplacée par un consortium BRICS + Organisation de Shanghaï ? La guerre froide est très profitable aux oligarques, même si une guerre mondiale fait gagner plus de fric, plus vite et remet les compteurs des dettes à zéro sans autre dommage aux oligarques… Quoi qu’il en soit, les dindons de la farce seront toujours nous, les peuples, c’est pourquoi la fenêtre d’opportunité s’ouvre pour que les peuples disent ASSEZ ! et se débarrasse du système étatico-capitaliste totalement obsolète…

— Résistance 71 —

 

Poutine va t’il réaliser que la Russie tient les bonnes cartes en main ?

 

Paul Craig Roberts

 

6 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/08/06/will-putin-realize-russia-holds-cards-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Plus de preuves s’amoncèlent, au sujet desquelles j’espère pouvoir m’étendre, sur le fait que l’Europe a acquiescé à la poussée vers la guerre contre la Russie de Washington, une guerre qui sera vraisemblablement la guerre finale pour l’humanité. En demeurant timorée et sans réponse menaçante à l’agression de Washington, donnant ainsi à l’occident le faux signal que la Russie est faible et peureuse, le gouvernement russe a encouragé la poussée de Washington vers la guerre.

Il apparaît que la plus grande des faiblesses des Russes soit le fait que le capitalisme a donné à suffisamment de Russes des standards de vie plus que confortables pour les effrayer de la guerre que leur apporte Washington, guerre qu’ils veulent éviter afin de pouvoir continuer à vivre comme les Européens occidentaux décadents.

La même chose s’est produite il y a longtemps pour les féroces Vandales d’Afrique du Nord au VIème siècle, lorsque ces Vandales furent exterminés par une petite force armée émanant de l’empire romain oriental. Les Vandales avaient perdu cette valeur qui leur avait permis d’acquérir un gros morceau de l’empire romain.

La Russie a besoin de sauver le monde de la guerre, mais l’évitement de la guerre demande à la Russie de rendre les coûts transparents aux Européens.

Faisant face à des sanctions économiques très largement illégales et à des actions de quasi guerre, appliquées à différentes personnalités et à des entreprises russes par Washington et ses marionnettes que sont les états de l’UE + la Suisse, un pays auquel on a appris à avoir plus peur de Washington que de Moscou, le président Poutine a demandé au gouvernement russe de mettre en place des contre-mesures en réponse aux sanctions gratuites imposées à la Russie.

Mais Poutine dit que la Russie doit se réfréner: “De manière évidente, nous devons le faire de manière précautionneuse afin se soutenir nos manufacturiers et producteurs locaux, sans atteindre et blesser les consommateurs.

En d’autres termes, Poutine veut imposer des sanctions qui ne sont pas vraiment des sanctions, mais quelque chose qui apparaîtrait comme réciproque.

La chose la plus incroyable au sujet de la Russie se retrouvant dans une position défensive au sujet des sanctions, est que celle-ci et non pas Washington ou l’impotente UE, a les cartes en main. Poutine peut faire s’effondrer les économies européennes et amener l’ensemble de l’Europe dans un chaos politique et économique simplement en fermant les robinets énergétiques.

Poutine n’aurait pas à le faire très longtemps avant que l’Europe ne dise bye-bye à Washington et redevienne en bons termes avec la Russie. Plus Poutine attend, plus l’Europe a de temps de se préparer contre la meilleure arme de la Russie pour résoudre pacifiquement le conflit que Washington a orchestré.

Les actions agressives de Washington contre la Russie ne cesseront pas tant que Poutine ne réalise pas que c’est lui et non pas Washington, qui a les cartes en mains… et qu’il les joue.

Le monde en a plus qu’assez de Washington. De ses mensonges perpétuels, des ses guerres sans fin et de son harcèlement continu. Poutine ferait bien de passer quelques heures avec Belisarius, le grand général de l’empereur Justinien le Grand.

Quand je traite avec mes ennemis”, disait Belisarius, “J’ai plus l’habitude de donner que de recevoir des conseils ; mais je tiens toujours dans une main la ruine inévitable et dans l’autre la paix et la liberté.”

C’est exactement la position de Poutine aujourd’hui en ce qui concerne ses relations avec l’Europe. Dans une main il a la ruine totale de l’Europe, dans l’autre la paix et la liberté dans les relations entre la Russie et l’Europe.

Il doit appeler les abrutis de “leaders” européens et le leur dire.

Si Poutine ne frappe pas fort du pied et n’explique pas clairement aux Européens ce que sont les enjeux, Washington parviendra à ses fins, à mener le monde à la guerre et les “exceptionnels et indispensables” Américains mourront avec tout le reste.

Entretien de Poutine avec le Ministère de la Propagande français… Morceaux (tronqués) choisis…

Posted in actualité, désinformation, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 juin 2014 by Résistance 71

Les meilleures citations de l’entretien de Vladimir Poutine avec les médias français

 

RT

 

4 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/163676-putin-ukraine-french-us/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Article connexe: La véritable intégrale de l’entretien de Poutine avec les représentants du ministère de la propagande français:

http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/

 

Vladimir Poutine a fait face a un barrage de questions pièges de la part des médias français en avant-première de sa réunion avec les leaders du monde pour le 70ème anniversaire du débarquement de Normandie. Nous reproduisons ici ses meilleures réponses sur des questions clés: L’Ukraine, la Crimée et les relations avec les Etats-Unis (NdT: Nous savons depuis que TF1 a coupé 20 minutes d’entretien et certaines de ces questions clef à des fins essentiellement propagandistes, tout en disant que l’entretien diffusé était l’entretien intégral… Le ministère de la propagande dans toute sa splendeur et décadence…)

Sur l’Ukraine, sa souveraineté et les troupes russes:

La crise actuelle en Ukraine a occupé le centre de l’attention internationale depuis la fin de l’année dernière. Tandis que le gouvernement de Kiev, nommé par les putschistes, entreprend une opération militaire de répression dans le sud-est du pays, les Etats-Unis disent que des troupes russes sont impliquées dans cette crise et qu’ils en ont la preuve.

“Qu’en est-il de ces preuves ? Pourquoi donc ne les montrent-ils pas ?” a demandé Poutine aux médias français.

“Le monde entier se souvient du ministre des affaires étrangères américain démontrant la preuve des armes de destruction massive irakienne, agitant un tube à essai contenant du détergent devant le conseil de sécurité de l’ONU. Eventuellement, les troupes américaines envahirent l’Irak, Saddam Hussein fut pendu et plus tard on apprît qu’il n’y avait jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Vous savez, c’est une chose de parler, c’en est une autre de montrer des preuves.”

Citation 1: “Il n’y a pas de forces armées ni d’instucteurs militaires russes dans le sud-est de l’Ukraine et il n’y en a jamais eu.”

“Après le coup d’état anticonstitutionnel de Kiev en Février, la première chose que les nouvelles autorités ont essayé de faire, fut de priver les minorités ethniques du droit d’utiliser leur langue natale. Ceci fut préoccupant pour les personnes vivant dans la partie orientale de l’Ukraine.”

Citation 2: “Il est vital de dialoguer avec ces gens qui n’ont pas accepté le changement de pouvoir au lieu d’envoyer des chars là-bas ; comme vous l’avez dit vous-même, au lieu d’envoyer des missiles sur des civils et de bombarder des cibles non militaires.”

“Je ne les appelerais ni pro-russes, ni pro-ukrainiens. Ce sont des gens qui ont certains droits, des droits humanitaires, et ils doivent avoir la chance de pouvoir exprimer ces droits.”

“Lorsque le coup s’est produit, certaines personnes ont accepté ce régime et étaient contentes tandis que d’autres personnes, disons dans les parties sud et est de l’Ukraine ne l’ont pas accepté.”

Citation 3: “C’est folie de croire que les troupes russes ont annexé la Crimée. Les troupes russes n’ont rien fait de la sorte.”

Sur la Crimée, son referendum et ses liens historiques avec la Russie:

Après que la Crimée eut voté en Mars dernier pour rejoindre la Russie, l’occident a exprimé des doutes disant que les gens de la région ont pu avoir voté sous la menace des armes.

“Les troupes russes étaient en Crimée sous un traité de déploiement international pour sa base militaire. Il est vrai que les troupes russes ont aidé les Criméens à tenir le referendum

a)sur leur indépendance

b) sur leur désir de rejoindre la fédération de Russie. Personne ne peut empêcher ces gens d’exercer leur droit comme stipulé dans l’article 1 de la Charte des Nations Unies, le droit des nations à l’auto-détermination.

Citation 4: “Le budget de la défense des Etats-Unis est bien plus gros que celui de toutes les nations au monde combinées, alors qui s’engage dans une politique d’agression ?”

“Nous avons mené un dialogue exclusivement pacifique et diplomatique, je veux insister là-dessus, avec nos partenaires européens et les Etats-Unis. En réponse à notre attente de mener un tel dialogue et de négocier une solution acceptable, ils ont soutenu le coup anticonstitutionnel en Ukraine, ainsi nous ne pouvions plus être sûr que l’Ukraine ne deviendrait pas partie du bloc militaire nord-atlantique (OTAN). Devant cette situation, nous ne pouvions pas autoriser une partie historique de la Russie et de son territoire, ayant une population d’ethnie russe de manière prédominante, d’être incorporée dans une alliance militaire internationale, spécifiquement parce que les Criméens voulaient eux-mêmes, faire partie de la Russie.

Un journaliste a demandé au président s’il veut recréer les anciennes frontières de l’URSS.

“Nous voulons utiliser les politiques modernes pour améliorer notre avantage compétitif, ceci incluant l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace géographique post-URSS au sein de l’Union Douannière et aussi maintenant au sein de l’Union Eurasienne.”

Sur les relations avec les Etats-Unis et sa politique étrangère agressive:

“Au sujet de la politique américaine, il est clair que les Etats-Unis mènent la politique la plus rude et la plus agressive pour défendre ses propres intérêts, du moins, c’est de cette façon que le voient les leaders américains, et ils le font de manière persistente.”

“Il n’y a pour ainsi dire pas de troupes russes à l’étranger tandis que les troupes américaines sont partout. Il y a des bases militaires américaines partout dans le monde et ils sont toujours impliqués dans la destinée des autres pays, alors même qu’ils sont à des milliers de kilomètres des frontières américaines.”

Citation 5: “Quant à ma relation avec Barack Obama, je n’ai aucune raison de penser qu’il ne veuille pas parler avec le président de la Russie. Mais en fin de compte, c’est son choix. Je suis prêt au dialogue, en fait le dialogue est le meilleur moyen de résoudre des différents.”

“Quand les gens poussent les limites trop loin, ce n’est pas parce qu’ils sont forts mais parce qu’ils sont faibles. Mais peut-être que la faiblesse n’est pas la pire qualité d’une femme.”

“Ainsi il est particulièrememt ironique que nos partenaires américains nous accusent d’enffreindre quelques une de ces règles”, a dit Poutine apparemment se référant à la déclaration d’Hillary Clinton sur la politique étrangère de la Russie en Europe de l’Est, le comparant avec celle d’Hitler dans les années 1930.

Citation 6 : “Je pense à la tradition gaulliste et au général Charles de Gaulle, qui a toujours protégé la souveraineté de la France. Je pense que ceci force le respect.”

Sur la Russie, sa défense, sa souveraineté et les partis d’opposition:

Parmi les tensions que suscitent le dernier contrat militaire de 1,6 milliard de dollars de la France et de la Russie qui verra la France fournir à la Russie deux porte-hélicoptères Mistral, Poutine a dit qu’il espérait que les deux pays allaient continuer à développer leurs liens. “De manière générale, nos relations dans ce secteur se développent très bien, et nous voudrions continuer à les renforcer en termes d’aviation, de construction navale et dans d’autres secteurs.”

“Une politique expansionniste de conquête n’a aucun futur dans le monde d’aujourd’hui. Nous sommes confiants pour que la Russie puisse être et devienne un partenaire avec ses alliés traditionnels et ce dans le sens large du terme, maintenant et dans le futur… Tout pays qui devient un membre d’una alliance militaire abandonne une partie de sa souveraineté à un corps supranational. Pour la Russie, ceci serait inacceptable. Quant aux autres pays, cela n’a rien à voir avec nous. Ils doivent décider pour eux-mêmes de telles choses.”

Citation 7: “Nous voulons utiliser la politique moderne pour améliorer notre avantage compétitif, incluant l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace géographique post-URSS et au sein de l’Union Douannière et de l’Union Eurasienne.”

“Il y a un autre exemple: François Mitterand, qui parlait d’une confédération européenne avec la Russie pour membre. Je pense que cette opportunité existe toujours et que nous l’aurons dans le futur.”

Parlant au sujet des politiques intérieures, Poutine a dit que la Russie est un état démocratique commun et que son “régime actuel n’est pas connecté avec une personne en partculier”… “La très grande majorité des citoyens russes tendent à se fier à leurs traditions, leur histoire et, si je peux me permettre, leurs valeurs traditionnelles. Je vois ceci comme la fondation et un facteur de stabilité pour l’état russe, mais rien de tout cela n’est associé avec le président ou un quelconque individu. De plus, nous devons nous rappeler que nous n’avons commencé à introduire des institutions démocratiques standard que récemment. Elles sont toujours en cours d’évolution. Certains de nos opposants disent qu’il y a des restrictions inacceptables. Quelles restrictions avons-nous ? Par exemple nous avons banni toute promotion du suicide, des drogues et de la pédophilie. Ce sont nos restrictions, qu’y a t’il de mal à cela ? Puisqu’on en parle, il faut dire que l’homosexualité par exemple est illégale dans certains états des Etats-Unis. Nous n’imposons absolument aucune responsabilité criminelle. Nous n’avons fait qu’interdire la promotion de l’homosexualité pour les mineurs d’âge. C’est notre droit de protéger nos enfants et nous le ferons.”

Guerre en Syrie: La Russie maîtresse de l’échiquier diplomatique…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 13 septembre 2013 by Résistance 71

Moscou ne peut plus perdre la bataille diplomatique

 

Dimitri Kossyrev

 

13 Septembre 2013

 

Url de l’article:

 

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/274605-syrie-moscou-ne-peut-plus-perdre-la-bataille-diplomatique-par-dmitri-kossyrev

 

L’article de Vladimir Poutine publié hier dans le New York Times….

et la réponse malveillante d’une « source de l’administration Obama » font penser à une chose qui est passée inaperçue dans le tourbillon des événements autour de la Syrie. A savoir, comment la diplomatie de Moscou concernant la Syrie a réussi à placer la Russie dans une situation forcément gagnante?En général tous les commentateurs pointent du doigt les erreurs commises sur un dossier – ici comment Obama s’est retrouvé dans une situation où, quoi qu’il fasse, tout ira mal.Peu d’observateurs, par contre, s’intéressent à l’analyse des succès. C’est bien dommage car cette démarche peut être très utile.

La fausse joie de la Maison blanche

L’article de Poutine déploie des idées assez habituelles pour le lecteur russe, mais qui avaient du mal à parvenir jusqu’aux Américains et même aux Européens. Aujourd’hui c’est chose faite.Et voici ce que répond une « source anonyme de la Maison blanche » à la publication du président russe : « Poutine a fait une proposition et désormais c’est sa zone de responsabilité. Il s’est totalement impliqué dans le désarmement de la Syrie et… il doit faire ce qu’il a promis ».Rappelons qu’il est question de l’initiative russe de placer sous contrôle les armes chimiques syriennes, en coopération avec les USA et avec l’accord de la Syrie.

On ne peut en fait pas se réjouir aussi sincèrement de voir Poutine se retrouver dans la même situation qu’Obama. Car cette source a tort sur toute la ligne : la position de la Russie est complètement différente. Elle est, en fait, sans précédent. Quoi que fasse la Russie sur le plan syrien ou moyen-oriental, elle ne peut plus perdre. Bien que dans certaines situations elle n’ait rien à gagner. C’est de l’art.

Supposons qu’Obama et quelques uns de ses amis refusent d’évoquer la Syrie et continuent de préparer leur attaque qui, comme ils le savent pertinemment, est inutile mais pourrait entraîner de lourdes conséquences. Dans ce cas la Russie ne perdrait rien. Et en supposant qu’elle joue « contre » les USA ou les Européens en cherchant à les affaiblir, elle serait vraiment gagnante.

Pour le contraste, voici la situation diplomatique inverse, dans laquelle il est impossible de gagner. Elle ne concerne pas Obama, qui avait promis d’attaquer la Syrie si les autorités locales utilisaient l’arme chimique, et qui aurait découvert qu’en réalité ce n’est pas du tout le gouvernement syrien qui en avait fait usage. Je fais allusion à la Russie et Edward Snowden, qui a passé plus d’un mois dans la zone de transit de Cheremetievo. Voilà une situation où il était impossible de gagner. Le remettre aux Américains ? La Russie serait devenue la risée du monde entier, sans parler du fait que cela est contraire à la législation nationale. Le laisser entrer en Russie (ce qui s’est produit) ? Moscou n’en avait pas besoin et les Américains se voyaient forcés d’aller au conflit avec le Kremlin.

Une chose est réconfortante. L’affaire Snowden s’est simplement produite. Tandis que les bases de la position gagnante russe sur la Syrie ont été posées depuis des années. Le succès vient souvent d’une politique réfléchie et pas d’actes convulsifs.

Prévoir le succès à long terme

Il est encore possible de retrouver aujourd’hui sur internet les appréciations méprisantes des « experts » russes disant que Moscou avait mal réagi au début du Printemps arabe. Ces « experts » s’indignaient : comment peut-on s’accrocher au passé, aux régimes militaires et aux dictateurs obsolètes ? Bien sûr selon eux, il fallait immédiatement se reprendre et commencer à se lier d’amitié avec les nouvelles forces vives de la région, même s’il s’agissait des Frères musulmans. On ne sait jamais, ils pourraient pardonner ! Nicolas Ier se comportait de la même manière et luttait contre toutes les révolutions en Europe : on sait comment il a fini !

Mais à l’époque de Nicolas les révolutions n’étaient pas des processus dirigés, qui plus est par les technologies actuelles, utilisées pour faire sortir dans la rue une foule qui ignore même à qui tout cela profite.

En fait, la Russie n’a pas échoué sur ce plan. En revanche la situation qui a débuté en 2010-2011 était bien sans précédent et les débats, à l’origine, visaient à comprendre pourquoi les « occidentalistes » utilisaient leurs technologies informatiques pour renverser des régimes amis. Puis on a découvert que personne n’avait le monopole de ces technologies, que les initiateurs n’étaient pas les « occidentalistes » mais les « orientalistes » qui avait senti l’affaiblissement des USA et de l’Europe.

Et au final certains pays arabes, qui veulent « remettre les choses au clair » avec les Iraniens, les Syriens et d’autres régimes indésirables comme celui de Kadhafi en Libye, utilisent l’Occident prétendu tout-puissant comme une « call girl », pour bombarder telle cible et s’en aller. Moscou ne s’est pas retrouvé dans une telle situation et ce n’est certainement pas une perte.

Il ne faut pas non plus oublier la Libye : à la veille de l’opération libyenne au printemps-été 2011 la Russie avait cédé aux arguments des USA et des ses alliés en ne bloquant pas la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte avait ensuite été utilisé de manière perfide pour justifier l’opération militaire de l’Otan, au grand bonheur des « reconstructeurs arabes du

Moyen-Orient ». C’était une défaite pour la Russie, au moins morale. Mais elle a servi de leçon.

Voyons aujourd’hui qui la Russie a en face d’elle. Moscou ne se bat pas au Moyen-Orient contre les USA ou l’Europe – c’est désormais clair. Elle se bat pour le droit international mais aussi pour que son application corresponde à la disposition réelle des forces dans le monde. Elle n’a pas besoin d’aider Obama à s’embrouiller davantage dans sa politique au Moyen-Orient.

Imaginez que l’opération américaine commence en Syrie et qu’il devienne soudainement impossible d’ignorer que l’attaque chimique dans la banlieue de Damas du 21 août a été perpétrée par l’opposition syrienne… Moscou, avec son attitude actuelle, sauve en quelque sorte Obama d’une situation insupportable. Parce que la Russie n’a pas besoin de sa défaite. Elle le préfère sympathique et heureux.

Selon un journaliste du NYT, « Poutine a soudainement fait de l’ombre à Obama en tant que leader mondial dictant l’ordre du jour de la crise syrienne. Il a réaffirmé les intérêts de la Russie dans la région, où ils avaient été marginalisés après l’effondrement de l’URSS ».

Après tout, on ne peut pas être toujours au service des autres – il faut bien parfois s’occuper de soi-même. Mais je le répète, les racines du succès russe d’aujourd’hui ont été plantées en

2010-2011, lorsque chaque pays a décidé comment il réagirait au Printemps arabe.