Fragment de la voie du surpassement et de la lutte pour notre humanité réelle… « L’antéchrist » (Friedrich Nietzsche, 1888, version PDF)

 

On pourrait tenter de résumer la philosophie, la pensée critique de Nietzsche, comme étant celle du dépassement ; de la mise à bas des artifices enchaînant l’humain pour que celui-ci puisse s’élever à sa véritable nature par delà le bien et le mal, par delà la morale établie en carcans religieux et philosophiques. Par sa récusation continuelle du carcan des lois, des obligations et des devoirs induits et anti-naturels, l’humain s’élève et transcende la condition où il est confiné par des idoles fictives et coercitives, qu’il s’est inventées et qu’on lui a également imposées.

Nietzsche nous incite à vouloir, parce que vouloir libère. Une des grandes étapes de la réconciliation entre le subjectif et l’objectif est de se libérer de l’illusion divine, car une fois débarrassé de “dieu et de sa morale”, l’humain retrouve sa solitude primordiale, il n’a plus de maître. En cela il proclame haut et fort, à l’instar de Max Stirner, le “je” non pas dans le sens égoïstico-maniaque, mais tel qu’il doit se constituer lui-même, dans une quête du devenir par delà le bien et le mal, affranchi de toute morale fictive. La Nature ne reconnaît ni bien ni mal, elle ne reconnaît que l’être et est amorale par essence. De fait, toute morale ne peut être que contre-nature, puisque la nature vue par le prisme religieux, est la source du pêché.

Albert Camus disait: “Pour Nietzsche, [à l’inverse de Marx,] la nature est ce à quoi on obéit pour subjuguer l’histoire.” Voilà qui ne serait sans doute pas désavoué par la pensée organique des peuples premiers de tous les continents.

La pensée de Nietzsche dresse l’humain contre les fléaux principaux de l’esprit qui minent la volonté de dépassement, de franchissement, de lâcher-prise, elle même menant à une surhumanité inhérente: la religion, la morale et l’État. En cela, la philosophie de Nietzsche est la philosophie la plus anti-hégélienne qui soit.

Avec Zarathoustra, Nietzsche a ironiquement mis en scène le prêcheur anti-religieux et anti-étatique, avec son “Antéchrist” (que Nietzsche établit être le christianisme lui-même…) que nous reproduisons ici sous format pdf, il détruit pièce par pièce le christianisme, fléau de l’humanité et ce afin que l’humain aboutisse à une humanité supérieure à qui la tâche de gouverner la terre incombera, par delà le bien et le mal. Bonne lecture !

~ Résistance 71 ~

Friedrich-Nietzsche_L’Antéchrist_1888

Version PDF réalisé par Jo de JBL1960

~ On sait ce que j’exige du philosophe : de se placer par-delà le bien et le mal, — de placer au-dessous de lui l’illusion du jugement moral.
[…] Le jugement moral a cela en commun avec le jugement religieux de croire à des réalités qui n’en sont pas. La morale n’est qu’une interprétation de certains phénomènes, mais une fausse interprétation.
C’est ce que l’Église a compris : elle a perverti l’homme, elle l’a affaibli, — mais elle a revendiqué l’avantage de l’avoir rendu « meilleur ».
[…] Le christianisme admet que l’homme ne sache point, ne puisse point savoir ce qui est bon, ce qui est mauvais pour lui : il croit en Dieu qui seul le sait. La morale chrétienne est un commandement ; son origine est transcendante ; elle est au-delà de toute critique, de tout droit à la critique ; elle n’a de vérité que si Dieu est la vérité,— elle existe et elle tombe avec la foi en Dieu.
~ Friedrich Nietzsche, “Le crépuscule des idoles”, 1888 ~


A. Camus, et la pensée de Nietzsche

 

Introduction à la philosophie de Friedrich Nietzsche

tirée de “L’homme révolté” d’Albert Camus, dans la partie “La révolte métaphysique”, 1951

Compilation R71, septembre 2018

Pour introduire la philosophie de Nietzsche, nous laisserons donc la parole à celui qui en a sans doute le mieux parlé, Albert Camus. De fait, nous conseillons même de lire ce sous-chapitre de ‘L’homme révolté” dans sa totalité (environ 20 pages) avant de lire tout écrit du philosophe allemand, qui est sans aucun doute le philosophe le plus mal compris de l’histoire de la philosophie. Camus aide grandement à ne pas faire les erreurs d’interprétation qui pourraient subvenir à la lecture de celui qui pratiquait la philosophie au marteau.
~ Résistance 71 ~

“Nous nions dieu, nous nions la responsabilité de dieu, c’est seulement ainsi que nous délivrerons le monde.” Avec Nietzsche, le nihilisme semble devenir prophétique… En lui, pour la première fois, le nihilisme devient conscient.
[…] La première démarche de Nietzsche est ainsi de consentir à ce qu’il sait. L’athéisme, pour lui, va de soi. Il est “constructif et radical.” On sait que Nietzsche enviait publiquement à Stendhal sa formule: “La seule excuse de dieu c’est qu’il n’existe pas.” […] Le monde ne peut être jugé. Tout jugement de valeur porté sur lui finalement aboutit à la calomnie de la vie. […] Nietzsche accepte le fardeau entier du nihilisme et de la révolte. […] Il n’a donc pas formulé une philosophie de la révolte, mais édifié une philosophie sur la révolte.
[…] Le royaume des cieux est immédiatement à notre portée. Il n’est qu’une disposition intérieure qui nous permet de mettre nos actes en rapport avec des principes et qui peut nous donner la béatitude immédiate. Non pas la foi, mais les œuvres, voilà, selon Nietzsche, le message du Christ. A partir de là, l’histoire du christianisme n’est qu’une longue trahison de ce message. Le Nouveau Testament est déjà corrompu et, de Paul aux Conciles, le service de la foi fait oublier les œuvres.
Quelle est la corruption profonde que le christianisme ajoute au message de son maître ? L’Idée du jugement, étrangère à l’enseignement du Christ et les notions corrélative de châtiment et de récompense.
[…] “Qu’est-ce que le Christ nie ? Tout ce qui porte à présent le nom de chrétien.”
[…] “Tout individu collabore à tout l’être cosmique, que nous le sachions ou non, que nous le voulions ou non.” […] Seule, la terre “grave et souffrante” est vraie, de même que cet Empédocle qui se précipitait dans l’Etna pour aller chercher la vérité là où elle est, dans les entrailles de la terre, Nietzsche proposait à l’Homme de s’abîmer dans le cosmos pour retrouver sa divinité éternelle et devenir lui-même Dyonisos.
[…] Dans l’histoire de l’intelligence, exception faite pour Marx, l’aventure de Nietzsche n’a pas d’équivalent, nous n’aurons jamais fini de réparer l’injustice qui lui a été faite. On connait sans doute des philosophies qui ont été traduites et trahies dans l’histoire. Mais jusqu’à Nietzsche et au national-socialisme, il était sans exemple qu’une pensée tout entière éclairée par la noblesse et les déchirements d’une âme exceptionnelle ait été illustrée aux yeux du monde par une parade de mensonges et par l’affreux entassement des cadavres concentrationnaires.
[…] Puisque le salut de l’Homme ne se fait pas en dieu, il doit se faire sur la terre. Puisque le monde n’a pas de direction, l’Homme, à partir du moment où il l’accepte, doit lui en donner une, qui aboutisse à une humanité supérieure.

[…]


“La tâche de gouverner la terre va nous échoir.”

4 Réponses vers “Fragment de la voie du surpassement et de la lutte pour notre humanité réelle… « L’antéchrist » (Friedrich Nietzsche, 1888, version PDF)”

  1. […] Fragment de la voie du surpassement et de la lutte pour notre humanité réelle… « L’antéchrist » (Friedrich Nietzsche, 1888, version PDF) […]

  2. Il est des invitations au voyage de lecture qu’on ne peut tout simplement pas refuser et au final qui vous transporte, vous chavire et vous transforme…

    Pour nous permettre d’affuter notre propre réflexion et sans s’en rendre compte jeter toujours plus loin nos filets dans l’espoir de semer les graines du futur et puisque demain se plante aujourd’hui…

    Selon le proverbe perse : Le chercheur de vérité qui voyage suffisamment devient le chemin ;

    Et selon Zénon, en conclusion de son tout dernier texte Tangente « sortir du piège de la toile d’araignée mondiale » ; La route n’existe que par notre marche – Elle n’attend plus que d’être empruntée…

    Ce PDF porte le N° 74 dans la page spéciale de mon blog ► https://jbl1960blog.wordpress.com/les-pdf-de-jbl1960/

    À la prochaine invitation à voyager sur le chemin… tangent !

  3. conférence professeur Richard Carrier :

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