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Controverse: Les (sales) dessous de Wikileaks ?…

Posted in actualité, colonialisme, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme with tags , , , , , , , , , , , , , on 11 octobre 2016 by Résistance 71

Nous publions ci-dessous la traduction d’un article récent de VT au sujet de Wikileaks. L’article présente un angle tout à fait différent de ce qui est communément connu, y compris dans la blogosphère alternative. En fait, bien des officines alternatives ne toucheraient pas cette info même avec une perche de 5m de long… Pour se faire une idée la plus proche possible de la réalité, il convient de lire et de développer ses connaissances par tous les angles possibles par lesquels un sujet puisse être abordé.

Nous avions déjà publié une certaine vision de Wikileaks. Il importe de lire un maximum sur tout sujet controversif et d’éviter de se laisser embrigader selon un narratif utile à la pensée de chacun (et de l’oligarchie surtout ?…). Pour certains Wikileaks et Assange sont des héros de la liberté, pour d’autres des traîtres qui devraient pourrir en prison, mais personne ne pose vraiment la question essentielle: qui est VRAIMENT derrière une telle opération ?

Nous ne disons pas que ce que dit GD ci-dessous est la réalité pur sucre, nous disons que c’est un angle d’approche qui de nos jours en les circonstances géopolitiques ambiantes, ne peut pas, ne doit pas être négligé. Les faits cités sont troublants pour le moins. Que cela du moins, fasse participer au débat sur la vérité…

~ Résistance 71 ~

Articles connexes sur Wikileaks:

“Dans un livre Julian Assange dit avoir freiné Wikileaks concernant des informations sur Israël” (2011)”:

https://resistance71.wordpress.com/2011/07/11/media-et-propagande-dans-un-livre-a-paraitre-assange-dit-avoir-freine-wikileaks-sur-des-revelations-compromettantes-concernant-israel-et-les-usa/

Sous cet article en lien ci-dessus, il y a des liens sur 5 autres articles édifiants sur le sujet.

 

La danse d’Assange et de la Russie avec le diable

 

Gordon Duff

 

8 octobre 2016

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2016/10/08/neo-assange-and-russias-dance-with-the-devil/

 

VT avec New Eastern Outloff (NEO) à Moscou

 

Cet article a été publié en Russie. Jusqu’ici, défendre Assange a été l’opération de guerre psychologique la plus réussie à ce jour contre à la fois la Russie et les Etats-Unis.

[Note de l’éditeur: Il n’y a pas de manière polie de dire ceci, je ne ferai donc pas de faible tentative. Tandis que Julian Assange, le grand manipulateur, pensait qu’il allait surfer sa renommée mondiale sur les élections américaines, il a oublié VT.

Malgré le blackout total sur nous de la part des médias américains, ceci ne s’étend pas au monde entier, loin de là.

Ainsi Gordon [Duff] a été capable d’en arracher une autre à Julian, utilisant des citations de l’ADL (Anti Defamation League) et du journal Haaretz comme lubrifiant, Julian peut essayer d’ignorer notre balle d’argent comme il le veut au sujet de comment les Israéliens, l’ADL, Shelly Anderson et toute l’infrastructure mondiale du lobby juif ont été capables de bloquer Wikileaks pour qu’il ne mette pas la main dans son froc.

C’est une blague bien sûr. Juli ne ferait jamais çà et nous savons pourquoi. Cher Mr Assange, vous savez où nous sommes [VT] et comment nous contacter si vous voulez débattre publiquement à un moment donné. Nos lecteurs adoreraient cela. Qu’avez-vous à perdre ?[…] Jim W. Dean ]

=*=

Il y a un puissant besoin, puissant et irrationnel besoin, de croire en Wikileaks. Ces sept dernières années, Wikileaks a guerroyé contre les ennemis d’Israël, poussé pour des attaques contre l’Iran, fuité des infos, souvent prouvées fabriquées, embarassant les ennemis politiques d’Israël. Ceci a été fait sous le déguisement d’un faux anti-impérialisme et anti-américanisme, faciles à vendre à un public abruti par une génération de “nouvelles-spectacles”.

Jamais un mot au sujet des bombardements du Yémen, du massacre des Palestiniens, ni des abus de sanctions et les menaces sans fin proférées contre l’Iran. Tout ce que publie Wikileaks est approuvé par Israël, comme l’a admis Assange en 2011 durant sa discussion avec le New York Times (NdT: la voix de la CIA…)

Nous trouvons aussi que le matériel de Wikileaks ou plutôt celui d’Assange, bien que souvent anti-Obama, n’est pas seulement d’un grand soutien à l’agenda va t’en guerre néoconservateur, mais aussi quasiment invariablement endommage la Russie et ses alliés.

Ceux qui prennent Wikileaks pour argent comptant ne prêtent simplement pas attention. En 2010, Veterans Today (VT) a fait une analyse sur Wikileaks et a fait une enquête de fond sur Assange. Nous avons trouvé que Wikileaks était une opération du renseignement qui utilise de l’info donnée à Israël par la NSA et ce sous un très bizarre accord de coopération et de partage d’information.

Assange lui-même a eu en toile de fond de sa vie une sorte de théâtre qui ressemble de très près aux “légendes” créées pour couvrir les agents du renseignement.

Les fabricants de fuites

Les Etats-Unis passent de manière routinière de l’information issue de la surveillance domestique à Israël incluant des données en provenance de courriers électroniques et de conversations téléphoniques. Ceci inclut également des données financières d’entreprises et aussi les courriels privés d’Hillary Clinton. Ceci constitue la véritable source des fuites, il n’y a pas de cabale magique de hackers à l’œuvre.

Israël simplement scanne le matériel fourni, l’envoie à des groupes de travail et l’utilise pour manipuler les marchés financiers, contrôler les monnaies, le marché des changes, faire chanter des politiciens et faire redescendre certaines infos à une opération de renseignement connue sous le nom de Wikileaks.

Le 3 décembre 2010, l’animatrice de la Radio Publique Nationale Judy Woodruff s’est entretenue avec l’ancien conseiller à la sécurité [du président Carter] Zbigniew Brzezinski. Ce qui suit est une transcription partielle de cet entretien:

ZBIGNIEW BRZEZINSKI: Mais je pense que les problèmes les plus sérieux ne sont pas ceux que l’on trouve en manchettes des journaux en ce moment. Qui se soucie que Berlusconi soit décrit comme un clown ? La plupart des Italiens sont d’accord avec cela. Qui se soucie si Poutine est décrit comme un chien alpha ? Il est probablement flatté du compliment.

Le véritable problème est qui fournit les infos de Wikipedia sur ce problème – Wiki – Wiki – Wikileaks sur ce problème ? Ils reçoivent beaucoup d’nformation qui paraissent triviales, inconséquentes, mais certaines de ces infos semblent être incroyablement ciblées… Les références très pointues sur des leaders arabes pourraient avoir comme objectif de les discréditer chez eux, parce que ce genre d’identification publique de leur hostilité envers l’Iran pourrait bien éventuellement jouer contre eux dans leur propre pays.

Note de l’auteur: L’utilisation du terme “ciblée” est ici la clef. Ceci indique deux classes d’information et aussi commence à construire une hypothèse pour soutenir “l’intention”. S’il y a “intention” dans les fuites, alors il y a opération de renseignement et non pas une fuite.

ZBIGNIEW BRZEZINSKI: C’est plutôt une question de savoir si Wikileaks est manipulé par des parties intéressées qui veulent soit compliquer notre relation avec d’autres gouvernements ou veut atteindre certains gouvernements, parce que quelques unes de ces infos qui ont fait surface sont mises en avant comme étant très ciblées.

Et je me demande bien si en fait, il n’y a pas une sorte d’opération internationalement, des services de renseignement qui fournissent la substance à Wikileaks parce que cela représente une opportunité unique de nous mettre dans l’embarras, d’embarrasser notre position, mais aussi de torpiller nos relations avec des gouvernements en particulier.

Author’s note: Brzezinski en arrive là exactement, indiquant sa croyance que Wikileaks est lié à une agence de renseignement. Ceci est un défi total et direct à la crédibilité de Wikileaks ne montrant absolument aucune réserve.

ZBIGNIEW BRZEZINSKI: Par exemple, laissons de côté les ragots personnels au sujet de Sarkozy ou Berlusconi ou Poutine, cette affaire au sujet des Turcs est clairement calculée en termes de son impact potentiel sur le déraillement des relations turco-américaines… les leaders Erdogan et Davutoglü etc, utilisent un langage vraiment, vraiment, très précis et aiguisé.

JUDY WOODRUFF: Mais ceci représente 250—C’est un quart de millions de documents…

ZBIGNIEW BRZEZINSKI: Précisément

JUDY WOODRUFF: A quel point serait-ce facile de planter cela afin de s’assurer que cela porte d’une certaine façon ?

ZBIGNIEW BRZEZINSKI: Semer. Semer est très facile. Je n’ai aucun doute que Wikileaks reçoit beaucoup d’information de sources relativement peu importantes, comme celle qui est peut-être identifiée sur les ondes. Mais il reçoit dans le même temps des infos en provenance de parties du renseignement intéressées qui veulent manipuler le processus et parvenir à certains objectifs très spécifiques.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Il y a près de 6 ans donc, Wikileaks fut “débusqué” comme une opération du renseignement. Comme Assange a souvent manifesté son admiration pour Israël et Netanyahou et a, dans des affaires très critiques comme les attentats du 11 septembre, agi pour mettre fin à la controverse et en fait, supprimer toute enquête, particulièrement celles qui pourraient mener sur la piste d’Israël, il ne peut y avoir que peu de doute sur qui opère Wikileaks.

Mener une enquête sur Sarah Harrison, la supposée éditrice de Wikileaks, créditée d’avoir mené Edward Snowden à Moscou, nous mène non seulement au beau milieu du MI6 britannique, vu par beaucoup comme une simple “franchise” du Mossad, mais à l’ancien employeur de Snowden, Booz Allen Hamilton, qui fut de longue date en charge d’endommager la réputation de Poutine au travers de leur opération russe, le journal du Moscow Times, géré sous couvert du paravent d’une entreprise suédoise.

Harrison a été à plusieurs reprises liée à des outils journalistiques du Mossad aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et a une association claire avec les efforts de déstabilisation contre à la fois l’Iran et la Russie.

L’organisation Wikileaks lorsqu’on étudie qui fait quoi, est entièrement constituée d’anciens employés de Radio Liberty et de Radio Free Europe, des organisations qui travaillent sous un comité de conseil qui inclut des anciens membres du cabinet de l’administration Bush comme Donald Rumsfeld et Condoleezza Rice.

Aujourd’hui, bien peu doutent que l’ADL, l’Anti-Defamation League, est une opération du renseignement israélien utilisée pour faire chanter les politiciens américains. Avant d’avoir été retiré de cette organisation, son ancien patron, Abe Foxman, devint la risée de tous, essentiellement un “don mafieux” en kippa.

Voici ce que l’ADL a publié sur VT et nos efforts d’exposer Wikileaks, ce qui soit dit en passant, peut-être pris comme une confirmation des liens de Wikileaks avec Israël:

“Beaucoup des théories conspirationnistes au sujet d’Israël et de Wikileaks sont promulguées par un conspirationniste antisémite du nom de Gordon Duff sur son site internet de Veterans Today, qui publie de la désinformation anti-israélienne et des informations négationnistes. Duff est l’auteur de bon nombre d’articles et apparaît dans des entretiens poussant ses allégations qu’Israël a orchestré Wikileaks comme campagne de relations publiques. Dans un entretien non daté avec la chaîne de TV basée en Grande-Bretagne IQRA TV, Duff a même insinué que le service de renseignement de l’Inde fait partie d’une conspiration pour améliorer l’image d’Israël.

Dans un autre entretien avec le quotidien de la presse israélienne Haaretz le 17 décembre 2010, Duff a dit au journal que “Wikileaks est de toute évidence concocté par une agence de renseignement. C’est une action en sous-main d’Israël pour faire sa relation publique.

Il y a deux façons de regarder ceci, la première est de dire que Veterans Today et l’auteur de cet article sont vraiment nuls et détestables, malgré le fait d’être endorsé et poussés par des médias de masse israéliens ou, juste peut-être que lorsque Duff et Brzezinski ont débusqué Assange, quelque chose d’autre s’est produit.

Nous pensons que la réponse est simple, que Wikileaks n’a jamais fuité un seul document ou courriel impliquant, incriminant Israël, une nation au centre d’une controverse mondiale et que Wikileaks est Israël.

Nous pensons que ce fut et que c’est toujours un “slam dunk”.

Média et propagande: Pour qui pédale Wikileaks ?

Posted in actualité, désinformation, guerre iran, média et propagande with tags , , on 3 décembre 2010 by Résistance 71
Wikileaks : à qui profite le crime ? 

url de l’article original: http://www.legrandsoir.info/Wikileaks-a-qui-profite-le-crime.html

Pierre PICCININ

Les « révélations » du site Wikileaks, qui vient de publier plusieurs dizaines de milliers de correspondances diplomatiques états-uniennes, sont hélas des plus décevantes, à ce stade du moins, car d’un commun navrant.

Rien, par exemple, sur le rôle des Etats-Unis quant à la déstabilisation du gouvernement iranien et à son intervention dans la « révolution verte » qui avait suivi les élections de juin 2009 ; rien sur le virus informatique « stuxnet » qui serait en train de paralyser l’armée iranienne et ses centres de recherche nucléaire ; rien sur la Syrie ; rien sur les négociations israélo-palestiniennes qui ont repris depuis peu et sont pourtant au cœur de la politique états-unienne au Proche-Orient ; et absolument rien sur Israël.

En outre, aucune information sur l’origine de ces documents et leur authenticité (que les principaux intéressés ne dénient cependant pas…). En fait, globalement, rien de vraiment nouveau, rien de sensationnel dans ce qui a été publié jusqu’à présent.

En effet, cette correspondance contient d’abord quelques mots malheureux de tel ou tel diplomate de second rang sur l’un ou l’autre chef d’Etat, mais pas de quoi fouetter un chat (rien d’inhabituel, en somme, dans ce genre d’échanges informels, comme le savent fort bien toutes les chancelleries du monde) : Mohammad Kadhafi aime les jolies filles ; Hamid Karzaï est corrompu jusqu’à la moelle ; Vladimir Poutine aime jouer des biceps ; Silvio Berlusconi est trop âgé et fatigué ; Angela Merkel est une dure à cuire ; et Nicolas Sarkozy serait quant à lui autoritaire… Dernière nouvelle ! Le président français est aussi qualifié de « roi nu » ; mais, là, personne ne comprend, ni ne se risque à une interprétation. Et Washington espionne l’ONU. Incroyable !

Pour le reste, la principale « nouvelle », c’est que la plupart des chefs d’Etat arabes (le président égyptien Hosni Moubarak, le roi de Jordanie, les dictateurs du Golfe persique, etc., tous alliés traditionnels des Etats-Unis) se sont déclarés très farouchement opposés au gouvernement de Mohammad Ahmadinejad et souhaitent une intervention états-unienne. Sans blagues ?! C’est le cas depuis 1980 et la guerre Iran-Irak, durant laquelle tous ces Etats avaient ouvertement soutenu et financé Saddam Hussein contre la République islamique des Ayatollahs…

Bref, on n’apprend rien.

Cependant, la diffusion de cette correspondance n’est peut-être pas dénuée de tout intérêt. N’est-il pas curieux, en effet, que les seules informations « pertinentes » concernent quasiment uniquement le Moyen-Orient et plus particulièrement l’Iran ? Et ne pourrait-on pas se demander, en fin de compte, si ces « fuites » n’auraient pas été organisées et utilisées, ne serait-ce que partiellement, par la Maison blanche elle-même ?

C’est que le fait de divulguer de la sorte ces déclarations permet de renforcer un peu plus la pression sur l’Iran et d’officialiser d’avantage encore son isolement au sein du monde arabo-musulman, tout en mettant les Etats arabes hostiles à Téhéran face à leurs responsabilités. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, n’a d’ailleurs pas hésité à renchérir en se réjouissant de ce que, désormais, Israël et les pays arabes sont officiellement d’accord sur le danger iranien et le moyen de le juguler.

De même, l’autre « grande info », la question de l’achat à la Corée du Nord, par l’Iran, de fusées capables d’atteindre l’Europe, survient à point nommé pour la politique étrangère des Etats-Unis, non seulement à l’égard de l’Iran, mais également précisément au moment où l’OTAN veut construire son fameux bouclier antimissile. Et voilà comment faire d’une pierre deux coups…

Ainsi, tout, pour l’essentiel de ces « révélations », ramène à l’Iran, désignée en tant que « menace pour le monde » (pour l’Europe en particulier, dont plusieurs gouvernements sont peu enclins à une nouvelle intervention musclée au Moyen-Orient et devraient dès lors être convaincus du danger), comme l’avait été l’Irak de Saddam Hussein, avant qu’il ne fût confirmé, par la guerre illégale de 2003, que le pays était en réalité sans défense.

A bien y réfléchir, cette affaire ressemble sensiblement à un beau coup de propagande qui pourrait viser à justifier une agression à l’encontre de l’Iran et à créer le consensus autour de cette perspective. En politique, les vieilles recettes éprouvées resservent souvent. Sur les traces de Sherlock Holmes, cherchons donc à qui profite le crime…

La plupart des chroniqueurs parlent d’un « 11 septembre de la diplomatie ». C’est en tout cas très surfait et fort excessif. Et garantissent que la diplomatie états-unienne ne sera plus la même à l’avenir. Rien de moins sûre…

Pierre PICCININ

(professeur d’histoire et de sciences politiques – Ecole européenne de Bruxelles I)