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Occident, colonialisme et génocide passé et présent: L’Australie et la continuité ethnocidaire coloniale (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 13 avril 2016 by Résistance 71

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux s’émancipant de l’idéologie colonialiste et se tenant la main dans la main avec les peuples autochtones du monde pour un retour planétaire à la société humaine naturelle, égalitaire, solidaire, anti-autoritiare et anti-étatique. La connexion des peuples occidentaux avec les luttes indigènes d’auto-détermination sera le salut de l’humanité. Parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Famine en Australie: le sale secret d’Utopia

 

John Pilger

 

11 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/starvation-in-australia-utopia-s-dirty-secret

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai reçu un coup de téléphone de Rosalie Kunoth-Monks l’autre jour. Rosalie est une ancienne du peuple Arrernte-Alyawarra qui vit sur Utopia, une vaste région dans le “cœur rouge” de l’Australie. La ville la plus proche est Alice Spring (Territoire du Nord), plus de 300km au travers un très ancien paysage de spinifex et de nuages de poussière rouge tourbillonnants. Les premiers Européens qui vinrent ici, peut-être rendus fous par la chaleur, ont imaginé une Utopia blanche dont ils n’avaient aucun droit pour ce faire ; car c’est un endroit sacré, la patrie, la terre ancestrale de la plus vieille présence continuelle humaine sur la planète Terre.

Rosalie était sous stress, défiante et éloquente. Sa distinction caractéristique de quelqu’un qui n’a pas peur de parler, de l’ouvrir dans une société si souvent sourde aux cris et aux angoisses de son peuple premier, son unicité singulière, sont bien mérités. Elle apparaît dans mon film documentaire “Utopia” (2013) avec une description très intense d’un peuple ignoré, mis à l’écart: “On ne veut pas de nous dans notre propre pays.” Elle a décrit l’héritage d’un génocide : un mot que l’australie politique craint et fuit.

Il y a une semaine, Rosalie et sa fille Ngaria ont alerté que les gens meurent de faim sur Utopia. Elles ont dit que les anciens du peuple indigène des terres ancestrales n’ont reçu aucune nourriture d’un programme pour les personnes âgées du gouvernement australien et géré, administré par le conseil régional. “Un vieux monsieur en phase terminale de maladie de Parkinson a reçu deux paquets de viande hâchée et du pain blanc”, a dit Ngaria, “La vieille dame qui vit près de chez lui n’a elle rien reçu”. Appelant pour des largages de vivres, Rosalie dit: “La communauté entière, incluant des enfants et les anciens n’ont souvent rien à manger quotidiennement.” Elle et sa fille Ngaria et leur communauté ont fait à manger et distribué de la nourriture du mieux possible.

Ceci n’est pas rare. Il y a quatre ans, je me suis rendu dans le cœur rouge et y ait rencontré la Dr. Janelle Trees, une médecin généraliste dont les patients aborigènes vivent à quelques kilomètres de stations balnéaires pour touristes ayant des suites à 1000 dollars la nuit à proximité de Uluru (Ayer Rock). Elle m’a dit: “La malnutrition est très commune. J’ai voulu donner à un patient un anti-inflammatoire pour une infection qui serait anticipable si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu lui administrer parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture nécessaire pour pouvoir ingérer les tablettes en toute sécurité. Je sens parfois que je gère des situations médicales au sein de la classe laborieuse anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Il y a de l’amiante dans beaucoup des maisons aborigènes et quand quelqu’un a une fibre d’amiante dans les poumons et développe un mésothélioma, le gouvernement s’en moque. Lorsque les enfants ont des infections chroniques et terminent dans ces statistiques incroyables concernant les peuples indigènes mourant de maladie rénale et vulnérables à des ratio battants tous les records du monde pour les maladies cardiaques rhumatismales, rien n’est fait. Je me pose la question: pourquoi ?

Quand Rosalie m’a appelé d’Utopia, elle a dit: “Ce n’est pas tant la famine physique qui importe que le traumatisme subi par mon peuple, des communautés dans leur entièreté. On nous trompe tout le temps. L’Australie blanche met en place des organisations et des structures qui prétendent nous aider, mais ce n’est qu’une prétention, rien de plus. Si nous nous y opposons, c’est un crime. Le simple fait d’appartenir est un crime. Le suicide est rampant. (elle me donne alors des détails de la souffrance de sa famille). Ils sont là pour assassiner nos valeurs, pour briser notre mode de vie traditionnel jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de nous”. (NdT: ethnocide, débouchant sur le génocide, modus operandi classique)

Le conseil régional de Barkly dit que son programme pour les personnes âgées fonctionne et proteste que le conseil est “le plus pauvre des trois tiers du gouvernement et est très dépendant des gouvernements des Territoire du Nord et fédéral pour son financement afin de rendre ces services au fin fond de la brousse.” Barbara Shaw, la présidente du conseil, est d’accord pour dire que “c’est totalement inacceptable que des gens doivent être affamés dans un pays si riche et développé que l’Australie” et que “cela est écœurant et mal que des indigènes expérimentent une telle pauvreté.”

La famine et la pauvreté et la division souvent semées parmi les peuples indigènes eux-mêmes alors qu’ils essaient d’identifier ceux responsables, proviennent en grande partie d’un épisode extraordinaire connu sous le nom de “l’intervention”. Ceci est le sale secret de l’Australie.

En 2007, le premier ministre australien d’alors John Howard, envoya l’armée dans les communautés aborigènes du Territoire du Nord pour “sauver les enfants” qui, comme l’affirmait son ministre des affaires aborigènes Mal Brough, étaient harcelés et abusés par des gangs pédophiles en “nombres impensables”.

Exposée par la suite comme une vaste fraude par la Commission Australienne sur le Crime, la police de l’état du Territoire du Nord et un rapport dythirambique de pédiâtres, cette “intervention” permit néanmoins au gouvernement de détruire bien des vestiges de l’auto-détermination du Territoire du Nord, la seule partie de l’Australie où les peuples aborigènes avaient gagné des droits territoriaux fédéralement régulés. Ici, ils avaient administré leur patrie avec la dignité de l’auto-détermination et en connexion avec la terre et leur culture et, comme Amnesty International le rapporta, une baisse de plus de 40% du taux de mortalité. La distribution de la nourriture ne fut jamais un problème.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est un anathème à une industrie blanche parasitique de fonctionnaires, de contractants, d’avocats et de consultants qui contrôle et souvent profite grassement de l’Australie aborigène, ne serait-ce qu’indirectement au travers des structures corporatrices imposées aux organisations indigènes. Les terres ancestrales reculées sont vues comme une menace idéologique, car elles expriment un communalisme en porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie et demande “l’assimilation”.

C’est comme si l’existence persistante d’un peuple qui a survécu et résisté à maintenant plus de deux siècles de massacre colonial et de vol manifeste, demeure un spectre sur l’Australie blanche: une réminiscence de ceux à qui la terre appartient vraiment.

Note de Résistance 71: Replacez cette judicieuse remarque de Pilger dans le contexte des Etats-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Israël et des pays d’Amérique latine. Le même schéma se répète partout… Il est la clef de compréhension des solutions du futur: un peuple occidental émancipé se tenant la main dans a main avec les peuples indigènes du monde pour la construction de la société juste, équitable, solidaire et donc libre de tous pour tous, entre nous qui partageons cette même planète…

Je connais ces communautés et leur peuple qui m’ont montré les conditions qui leur étaient imposées. Beaucoup se sont vus refuser l’eau courante, l’assainissement des eaux et l’électricité. Que les conditions nutritives de base rejoignent maintenant cette liste n’est en rien surprenant.

D’après un rapport de richesse globale émanant de la banque du Crédit Suisse, l’Australie est l’endroit le plus riche de la planète. Les politiciens de Canberra en sont parmi ses plus riches citoyens ; ils adorent suspendre de l’art aborigène sur les murs blancs de leurs bureaux et dans leur parlement moderne. Leur dotation auto-générée est légendaire. La dernière ministre en date du parti travailliste (NdT: équivalent PS en France) pour les Affaires Aborigènes, Jenny Macklin, a fait refaire son bureau au frais du contribuable australien pour la modique somme de 331 144 A$ (225 000 Euros). Durant son ministère, le nombre d’Aborigènes vivant dans la pauvreté et dans des bidonvilles a augmenté de près du tiers.

Quand le professeur James Anaya, le très respecté rapporteur de l’ONU pour les droits des peuples indigènes, décrivit “l’intervention” australienne comme étant raciste, le porte-parole de l’opposition sur les affaires indigènes, Tony Abbott, a dit à Anaya “d’aller se faire voir aileurs” et de ne pas toujours “juste écouter la vieille brigade des victimes”. Abbott fut promu premier ministre de l’Australie, il fut évincé l’an dernier.

Lorsque j’ai commencé à filmer l’Australie indigène il y a quelques trente années, une campagne mondiale avait lieu pour mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ayant rapporté depuis l’Afrtique du Sud, je fus frappé par la similarité entre la suprématie blanche et la complaisance, le sentiment de défense et l’indifférence des gens que se voyaient eux-mêmes comme libéraux. Par exemple, l’incarcération des noirs en Australie et bien plus importante per capita que celles des noirs en Afrique du Sud de l’apartheid. Les indigènes ici vont en prison, sont tabassés et meurent en détention de manière très routinière. Dans les communautés désespérées, de jeunes enfants, parfois aussi jeunes que 10 ans, se suicident.

Et pourtant, pas encore d’opprobe internationale, pas de boycotts, n’ont perturbé la surface de l’Australie “la chanceuse”. Comme l’appel de Rosalie nous le rappelle, cette surface se doit d’être pulvérisée sans plus de délai.

Résistance au colonialisme: Pour l’université de Nouvelle-Galles du Sud, Cook a « envahi et colonisé » l’Australie…

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“Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi les mêmes questions refont-elles inlassablement surface comme si beaucoup de gens, en des temps différents, en des endroits différents, lisaient en fait le même script ? Pourquoi tant de gens posent-ils les mêmes questions sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ?”

~ Henry Reynolds, 1999 ~

 

Une université australienne (université de Nouvelle-Galles du Sud) dit que les Anglais ont envahi l’Australie au XVIIIème siècle

Press TV

31 Mars 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/03/31/458399/Australia-university-guidelines-Captain-Cook/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une université australienne de renom a défendu sa décision de conseiller à ses étudiants d’utiliser le terme “d’envahi” plutôt que celui “d’établi” pour décrire l’arrivée des Britanniques dans le pays au XVIIIème siècle.

L’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) a maintenu sa décision d’utiliser aussi le mot “d’occupée” et de “colonisée” en ce qui concerne l’appropriation de la terre après avoir été accusée de “réécrire l’histoire”.

Il est fortement conseillé aux étudiants de l’UNSW de ne pas dire que James Cook a “découvert” l’Australie, faisant remarquer que les peuples aborigènes et les insulaires du détroit de Torrès vivaient là bien longtemps avant l’arrivée de Cook.

Décrire l’arrivée des Européens comme un ‘établissement’ est une tentative de voir l’histoire australienne depuis les côtes de l’Angleterre plutôt que depuis les côtes de l‘Australie elle-même.” expliquent les recommandations.

Le capitaine Cook est arrivé: il était donc impossible pour Cook d’être la toute première personne à ‘découvrir’ l’Australie. La plupart des Aborigènes natifs du continent trouvent offensant l’utilisation du mot ‘découverte’ “ est-il dit dans les recommandations.

Les étudiants sont aussi avisés d’utiliser le terme “peuple aborigène” plutôt que le terme “Aborigènes”.

Ces recommandations ont déclenché la colère de plusieurs commentateurs, le quotidien australien du Daily Telegraph menant la meute des critiques imprimant en manchette de sa Une: “L’Université de Nouvelle-Galles du Sud réécrit les livres d’histoire pour dire que Cook a envahi l’Australie”. L’université a balayé les accusations qui disent qu’elle essaie de “dicter” le langage à utiliser par ses étudiants.

Le guide de recommandations n’impose aucunement quel langage doit être utilisé. Il utilise plutôt un format de démonstration de ce qui est approprié ou pas en donnant de multiples exemples,” a dit l’université.

Reconnaître le pouvoir du langage utilisé, le guide de la terminologie est fait pour être une ressource dans l’assistance aux personnels et aux étudiants de décrire correctement les peuples australiens indigènes dans leur histoire et leur culture”, explique la déclaration.

L’université est décidée à donner à tous nos étudiants une expérience d’enseignement inclusive et positive en respectant et en apprenant aux sujets des peuples indigènes, ceci fait partie de cela.

Une politicienne australienne de tout premier rang a pris position pour l’UNSW et ses recommandations, disant qu’elle soutenait toutes les universités à enseigner “la vérité”.

Depuis des années, les écoles et institutions australiennes n’ont pas dit la vérité au sujet de la manière dont fut établie l’Australie”, a dit Mercredi dernier la premier ministre de la province du Queensland Annastacia Palaszczuk.

Beaucoup d’indigènes du continent ont perdu la vie, ils furent massacrés et la vérité doit toujours être dite”, a t’elle dit. Il y avait déjà plus de 250 nations de peuples aborigènes vivant sur la côte Est de ce qui est aujourd’hui l’Australie lorsque Cook a pris possession de la terre pour le compte de la couronne et de l’empire britannique en 1770.

On refusa plus tard à ces peuples leurs droits à la terre, à leur citoyenneté et un statut d’égalité durant le processus de la colonisation et de la confiscation des terres.

Environ 500 000 personnes de la population actuelle de 22 millions de l’Australie, clâment un héritage et des valeurs culturelles aborigènes.

Amnesty International a critiqué le gouvernement australien pour ce qu’il décrit comme étant une politique raciale discriminatoire envers les peuples aborigènes.

Les communautés indigènes sont considérées comme étant les plus désavantagées en Australie, souffrant d’un bien plus haut taux d’incarcération, de chômage, de détresses sanitaires, médicales et de mortalité infantile que le reste de la population.

Résistance au colonialisme: 26 Janvier… Australia Day pour le grand silence de la honte coloniale… (John Pilger)

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On ne le répètera jamais assez: Le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite du Canada ne sont pas les seuls exemples passés et actuels de pays toujours ACTIVEMENT colonialistes. Nous avons déjà mentionné l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ici, John Pilger nous (re)fait réfléchir sur l’ignominie coloniale toujours silencieuse de son pays: l’Australie. Les pays sus-mentionnés ainsi que tous les pays du Commonwealth (soi-disantes ex-colonies britanniques toujours pour la plupart sous le joug de la « couronne »/city de Londres) sont toujours des pays colons qui sont LEGALEMENT dépourvus de territoire puisque la terre qu’ils OCCUPENT a été volé aux nations originellement habitant ces contrées au prix d’un génocide de leurs populations.

Pour pouvoir combattre le plus grand fléau de l’histoire de l’humanité: le colonialisme occidental (au fondement religieux chrétien) et changer de paradigme politique pour tous, encore faut-il comprendre les tenants de l’affaire. Ceci n’est pas de « l’histoire ancienne », çà se passe toujours aujourd’hui en 2016. Vaincre le colonialisme, son idéologie, sa pratique, véhiculées, facilitées et protégée par son garde-chiourme: l’État, ces deux fléaux de l’humanité, brandis par l’oligarchie parasite, nous devons comprendre l’histoire, admettre nos erreurs, nos crimes contre l’humanité et nous émanciper de cette spirale mortifère qui nous fait tourner toujours plus vite autour du trou de vidange de la baignoire à infamie qui se vide inexorablement.

Nous devons nous tenir debout, émancipés, côte à côte avec nos frères des nations des cinq continents pour enfin lier les liens de solidarité, d’entr’aide mutuelle, de compassion et de coopération qui nous mèneront ensemble à la création d’une société des sociétés d’associations volontaires, juste, égalitaire, non-coercitive et universelle, fondée de la loi naturelle et l’essence même de la nature humaine: l’entr’aide.

— Résistance 71 —

 

Le jour de l’Australie pour les secrets, les drapeaux et les lâches

 

John Pilger

 

21 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/australias-day-for-secrets-flags-and-cowards

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier, un des jours les plus tristes de l’histoire de l’humanité va être célébré en Australie. Ce sera “un jour des familles”, disent les journaux de la presse de Ruppert Murdoch. Des drapeaux seront mis aux coins des rues et sur des chapeaux rigolos. Les gens répèteront sans cesse combien il sont fiers (d’être Australiens).

Pour beaucoup, ce sera soulagement et gratitude. Dans l’espace de mon temps de vie, l’Australie non-indigène a changé pour passer d’une société anglo-irlandaise à une des plus ethniquement diverses sur terre. Ceux que nous avions l’habitude d’appeler “les nouveaux Australiens”, souvent choisissaient le 26 Janvier, jour d’ Australia Day, pour prêter serment en tant que citoyens (NdT: j’ai personnellement assisté à une de ces cérémonies en plein-air dans les années 1990…). Ces cérémonies peuvent être émouvantes (NdT: je confirme..). Regardez les visages de ces gens du Moyen-Orient et comprenez pourquoi ils serrent leur nouveau drapeau.

C’était au lever du soleil, un de ces 26 janvier il y a bien des années, lorsque je me tenais avec des indigènes et des Australiens non-indigènes et que nous jetions des couronnes de fleurs dans le port de Sydney (Sydney Harbour). Nous étions descendus sur une de ces parfaites petites criques de sable où d’autres se tinrent comme des silhouettes, regardant les navires de la “première flotte” britannique jeter l’ancre le 26 Janvier 1788. Ce fut le moment où la seule île continent de la planète fut prise à ses habitants ; l’euphémisme utilisé fut “établie” (NdT: pour colonisée). Ce fut, écrivit Henry Reynolds, un des seuls honnêtes historiens australiens qui soit, un des plus grand vol de territoire de l’histoire du monde. Il décrivit le massacre qui s’en suivit comme “un murmure dans nos cœurs”.

Les Australiens originels sont la plus vieille présence humaine. Pour les envahisseurs européens (NdT: et chrétiens ne l’oublions pas, ceci est lié encore et toujours à la doctrine de la découverte…), ils n’existaient pas parce que leur continent avait été déclaré terra nullius: terre vide. Pour justifier de cette fiction, un meurtre de masse fut ordonné. En 1838, le journal du Sydney Monitor rapporta: “Il a été résolu d’exterminer toute la race noire dans ce quartier.” Ceci faisait référence au peuple Darug qui vivait le long de la grande Hawkesbury River, pas très loin de Sydney. Avec une toute remarquable ingéniosité et sans armes à feu, ils combattirent et résistèrent de manière épique, ce qui demeure toujours aujourd’hui un quasi secret national. Sur une terre où fleurissent de partout les cénotaphes à la gloire des colons australiens morts dans des guerres impérialistes, personne ne se lève pour ces valeureux guerriers qui se sont battus et sont tombés en défendant l’Australie.

Cette vérité n’a pas sa place dans la conscience australienne. Parmi les nations coloniales à populations indigènes, mise à part une “excuse” facile en 2008, seule l’Australie a refusé d’accepter sa honte passée coloniale (NdT: et toujours présente, car comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Australie est toujours en 2016 un pays COLONIAL et à ce titre comme l’empire nord-américain, ne possède aucune terre et est un “pays” fondé sur le vol et le génocide…). Un film d’Hollywood, Soldier Blue, en 1970, a fameusement inversé les stéréotypes raciaux et donné aux Américains un regard éclair sur le génocide dans leur propre “établissement” (colonial) mythique. Près d’un demi-siècle plus tard, il est tput à fait juste de dire qu’un film équivalent ne serait jamais fait en Australie.

En 2014, lorsque mon propre film-documentaire “Utopia”, qui raconte l’histoire du génocide australien, a cherché un distributeur local, Je fus conseillé par une des lumières de ce business: “Jamais on ne pourra distribuer ceci. Les audiences ne l’accepteront jamais.”

Il a eu tort, jusqu’à un certain point. Lorsqu’Utopia fut présenté à Sydney quelques jours avant le 26 janvier, à la belle étoile, sur un terrain vague dans une zone aborigène de la ville connue sous le nom de The Block, plus de 4000 personnes vinrent, la vaste majorité non-indigène. Beaucoup voyagèrent depuis l’autre côté du continent. Les leaders indigènes qui apparaissent dans le film se tinrent devant l’éran et parlèrent dans la “langue”… la leur. Rien de semblable ne s’était jamais produit auparavant, et pourtant, il n’y avait aucun représentant de la presse. Pour la plus vaste communauté blanche du pays, ceci ne se passait pas. L’Australie est une Murdochratie, dominée par l’éthique d’un homme qui changea de nationalité pour le Fox News Network des Etats-Unis.

La vedette du football australien (AFL) indigène Adam Goodes écrivit émotivement au Sydney Morning Herald pour demander que “le silence soit brisé”. “Imaginez”, écivit-il. “regarder un film qui dit la vérité au sujet de terribles injustices commises envers votre peuple, un film qui révèle que les Européens et les gouvernements qui ont dirigé notre pays, ont violé, massacré et volé notre peuple pour leur seul profit. Imaginez maintenant ce qui peut être ressenti lorsque le peuple qui a bénéficié le plus de ces viols, de ces meurtres et de ce vol, le peuple au nom de qui ceci fut perpétré, se tourne avec dégoût lorsque quelqu’un expose les faits.

Goodes lui-même a déjà brisé ce silence lorsqu’il se dressa contre les abus racistes qui lui furent lancés ainsi qu’à d’autres athlètes aborigènes. Cet homme courageux et plein de talent, qui a pris sa retraite du football australien l’an dernier comme s’il était sous un lourd nuage avec, écrivit un commentateur sportif “la nation sportive divisée à son sujet”. En Australie, il est respectable d’être divisé en s’opposant au racisme.

En ce jour d’Australia Day le 26 janvier 2016, le peuple indigène préfère parler de Jour de l’Invasion ou le Jour de Survie, il n’y aura aucune reconnaissance que cette unicité de l’Australie réside en son peuple originel, le tout allant avec une mentalité coloniale infuse qui devrait être un embarras de longue date dans une nation indépendante. Cette mentalité s’exprime de bien des façons, de la prosternation politique sans relâche aux pieds d’Etats-Unis prédateurs en passant par un mépris presque normal pour les Aborigènes d’Australie, un écho de “kaffir”, des abuseurs sud-africains.

L’apartheid est pervasif dans la société australienne (NdT: expérimenté en première main sur place, surtout dans le Queensland et les Territoires du Nord…). Pas très loin de Sydney par avion, le peuple indigène a une espérance de vie des plus courtes. Les hommes meurent souvent avant 45 ans. Ils meurent de maladies remontant au temps de Dickens, comme les maladies cardiaques rhumatiques, les enfants deviennent aveugles de la trachoma et sourds à cause d’otites de l’oreille moyenne, des maladies typiques de la pauvreté. Un médecin m’a dit: “Je voulais donner à une patiente des anti-imflammatoires pour une infection qui aurait été inexistant si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture à manger et ne pouvait pas ingérer les tablettes (sans nourriture). J’ai le sentiment parfois de gérer des conditions similaires que celles de la classe ouvrière anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Le racisme qui permet cela dans une des sociétés les plus privilégiées de la planète est très profond. Dans les années 1920, un “Protecteur des Aborigènes” supervisa le vol, le kidnapping, d’enfants métis avec pour justificatif de “laver la couleur par le brassage”. Aujourd’hui, un chiffre record d’enfants indigènes sont enlevés de leurs foyers et beaucoup ne revoient jamais leur famille d’origine. Le 11 Février, un groupe qui force le respect appelé “Grandmothers Against Removals” mènera une marche sur le parlement fédéral de Canberra, demandant le retour des enfants volés.

L’Australie est le modèle des gouvernements européens qui cloisonnent leurs frontières auparavant ouvertes tout en facilitant le fascisme, comme en Hongrie. Les réfugiés qui osent faire route par mer vers l’Australie dans des bateaux surchargés en passagers, ont été depuis longtemps traités en criminels, avec les “passeurs” dont la notoriété est pompée hors de proportion par les médias australiens afin de faire diversion sur l’immoralité et les crimes de leur propre gouvernement. Les réfugiés sont parqués derrière du fil de fer barbelé en moyenne pour bien plus d’une année, certains indéfiniment, dans des conditions barbares, qui ont mené certains au suicide, au meurtre, à la maladie mentale. Les enfants ne sont jamais épargnés. Un goulag australien géré par des firmes de sécurité privées sinistres et qui inclut des camps de concentration sur les îles isolées du Pacifique de Manus et Nauru. Les gens n’ont aucune idée de quand ils serot libérés et si même ils le seront un jour.

L’armée australienne, dont les faits d’armes sont le sujet de tomes dénués de toute critique remplissant les pleins rayons des librairies d’aéroports, a joué un rôle important à “refouler les bateaux” des réfugiés fuyant les guerres, comme en Irak, guerre commencée et prolongée par les Américains et leurs mercenaires australiens. Aucune ironie et encore moins de responsabilité, ne sont reconnues dans ce rôle si lâche.

Ce jour de fête nationale de l’Australia Day qui vient, la “fierté des services” sera au balcon. Cette fierté s’étend au département de l’immigration australien qui envoie les gens dans son goulag pour un “service de contrôle au large”, le plus souvent de manière tout à fait arbitraire, laissant ces gens se morfondre, se désespérer et pourrir. La semaine dernière on a annoncé que les hauts fonctionnaires de l’immigration ont dépensé 400 000 dollars pour des médailles qu’ils vont s’attribuer à eux-mêmes pour tant d’héroïsme. Allez, sortez encore plus de drapeaux !…

Résistance au colonialisme: Aborigènes d’Australie et la loi de la terre…

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Nous avons dit ici à maintes reprises que ce que nous expliquons au sujet de la racine coloniale du continent américain est aussi valide en ce qui concerne le continent de l’Océanie, en voici un exemple australo-aborigène… Les peuples et nations aborigènes d’Australie en lutte contre le terrorisme depuis 1788 !

— Résistance 71 ~

 

La loi aborigène doit être au-dessus de la loi des blancs car “notre loi est la loi de cette terre”.

Sovereign Union Media Release

 

4 December 2013

 

Déclaration de: Pangarte Rosalie Kunoth-Monks and Ghillar Michael Anderson, porte-paroles en chef de la Sovereign Union:

Source: http://nationalunitygovernment.org/content/aboriginal-law-must-sit-top-whitemans-law-because-our-law-law-land

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La réunion de l’union souveraine des nations de Canberra des 23 et 24 novembre 2013 a mis plus que jamais la barre au plus haut pour l’agenda politique de la lutte aborigène.
Nos discussions avec les anciens Lawman Murray George of Pitjantjatara/Yankunytjatjara Nation (APY Lands) et Senior Lawman Harry Nelson, Alyewarre Nation ainsi que Lawman Ray Loy of the Atnatjere Nation ont confirmé que le mouvement de souveraineté aborigène a sa génèse et sa fondation au sein de l’ancienne loi aborigène.

Ceci fut confirmé lorsque l’ancien Lawman Harry Nelson présenta à l’assemblée des nations son plus sacré symbole légal qu’il amena de son pays, lorsque ceci était uni avec le symbole sacré de la nation Euahlayi.

Ceci souleva la fièreté et la dignité de tous ceux présents et créa une période spirituelle et émotionnelle dans l’histoire ; période qui fut profondément ressentie par tous ceux qui étaient présents. Ce fut une grande montée spirituelle.

Comme l’avait dit Murray George au début, la loi aborigène doit se situer au dessus de la loi blanche, parce que notre loi est la loi de cette terre.

Le fait que deux anciens symboles sacrés étaient disposés à la vue de tous donna un caractère d’autorité absolue aux discussions et aux décisions qui furent prises.

L’aspect le plus poignant de cette grande réunion des nations fut le fait que tout ceci se produisit dans le vieux parlement de Canberra, dans la vieille chambre des députés, là même où quelques unes des loi les plus oppressives contre nos nations et nos peuples furent débattues et votées, permettant à l’Australie de ne pas avoir à répondre ni même d’être inquiétée du crime de génocide.

Le fait que nous avons maintenant amené notre loi dans le tout premier bâtiment du parlement du Commonwealth change radicalement la façon dont nous allons procéder dorénavant.

Il est signifiant que ces symboles sacrés fussent rendus public, parce que la décision de la haute cour de Mabo* a dit que les droits de propriété des terres aborigènes, c’est à dire la terre native, vient de la loi aborigène et non pas du droit commun. La haute cour l’a décrite comme “sui generis”, ce qui veut dire “unique” en son genre.

Ce retournement de situation s’est maintenant produit, ce que les avocats colons blancs détestent admettre, ce qui veut dire que la loi aborigène, en regard du titre de propriété de la terre, souffre du titre foncier de la couronne. En d’autres termes, la Couronne (NdT: lire toujours la City de Londres et sa banque d’Angleterre…) a une racine encombrante de la propriété parce que le titre aborigène de propriété est le titre radical ultime.

La haute cour de Mabo* a confirmé que les Britanniques n’ont jamais eu le titre absolu de propriété à la terre, parce qu’en 1888, le conseil privé (Privy Council, comme au Canada…) confirma dans l’affaire St. Catherines Milling & Lumber Company, que le titre de propriété aborigène est présumé avoir survécu le changement de souveraineté. Bon nombre de nous doivent toujours cmprendre ce que cela signifie vraiment.

Les avocats blancs, qui sont payés par les corps représentants de la loi australienne du titre natif et les conseils fonciers/territoriaux, forcent nos peuples à signer et à abandonner leurs droits inhérents. (NdT: tout comme au pays du goulag levant et au Canada comme nous l’avons sans cesse répété…). Les hommes de loi mettent les demandeurs de titre natif à rude épreuve leur disant que la façon de faire des blancs est la seule qui vaille et forcent notre peuple à signer des documents de fin de droit datant du premier ministre John Howard au travers les Indigenous Land Use Agreements (ILUAs).

Le gouvernement australien, le système légal et tout le développement dans ce pays auront de gros problèmes lorsque le peuple aborigène va se ressaisir, cesser d’avoir peur et retirer son consentement sans réserve du processus et va résister en affirmant sa souveraineté sur les terres et l’eau de ce continent sous la loi aborigène. Toute action par des entreprises minières, des développeurs et des gouvernements qui avanceraient sans l’accord aborigène, auront un dilemme constitutionnel sur les bras qu’ils devront gérer dans le futur, parce que tout accord, toute transaction sans l’engagement aborigène seront nuls et non avenus, car mis en place sans le consentement préalable libre et informé des nations aborigènes.

Les conseils de territoire et les corps entrepreneuriaux constitués représentant le titre natif sont financés par le gouvernement et sont tous en faveur de mettre un terme aux droits et intérêts aborigènes au travers de la formule de la prescription légale, ce sans informer les gens de la perte non nécessaire de leurs droits inhérents.

A titre d’exemple, les avocats qui opèrent dans les corps représentant la loi sur le titre natif et les conseils territoriaux, refusent d’argumenter que sous la loi et la coutume aborigènes, chaque plante native, chaque arbre, chaque pousse, chaque herbe et tous les animaux, poissons etc font partis de notre culture, de notre loi et de notre tradition par totémisme. D’un autre côté la faune et la flore font partie de notre durabilité économique tout en étant utilisé dans notre médecine traditionnelle. Par exemple le gras d’émeu et de goanna ont des propriétés médicinales sacrées ; des racines et plantes sont utilisées pour les cérémonies et pour fumer, tout ceci ayant une grande valeur spirituelle, culturelle et économique sous notre loi. Ainsi ceux qui ont un titre de détention de terre ou une location pastorale à perpétuité pour utiliser la terre ne possèdent pas la flore native ni la faune, car tout ceci est réservé à la couronne comme bien commun (commonwealth) d’état et par la loi territoriale.

Même sans déclarer notre souveraineté continue et notre indépendance, nous avons un droit sur tout ce sur quoi la couronne possède un intérêt et nous devons affirmer nos droits en affirmant que nos droits à la faune et flore natives ne se sont pas éteints avec la loi sur le titre natif. De plus, nos droits aux nappes phréatiques et aux eaux de surface n’ont jamais été terminés sous cette même loi. Sous notre loi, beaucoup de nos esprits sacrés voyagent sous-terre et communiquent avec les nappes phréatiques, ils sortent et traversent la campagne, les déserts à partir des points d’eau.

Ceci est notre loi.

En aucun cas ne laisser l’envahisseur nous dire que nos droits ont été annihilés (NdT: par l’assertion de la souveraineté “supérieure” de la Couronne sur la souveraineté ancestrale aborigène, “sauvage et païenne”… refrain connu sur ce blog du moins)

Sous le titre natif, pour chaque plante, chaque animal qui a été déplacé, même sur les terres pastorales, nous devons être compensés pour l’interférence dans notre loi et notre culture, basé sur notre droit inhérent.

Nos droits inhérents vont bien au-delà de la loi sur le titre natif. Donc, ne signez pas l’abandon de vos droits souverains inhérents avec une ILUA pour une poignée de dollars. Si vous choisissez la voie d’abandonner et de signer vos droits adieu sur ces formulaires administratifs, posez vous la question:

Qui contrôle les bénéfices qui sont supposés découler d’une ILUA ? Demandez-vous, comme vous êtes les propriétaires, possédez-vous et contrôlez-vous les royalties et autres bénéfices, ou sont-ce les corps constitués gouvernementaux gérant la loi sur le titre natif qui en ont le contrôle ?

Sous le régime légal (colonial) du titre natif, la Couronne essaie de vous prendre vos terres, votre eau et les droits inhérents en utilisant la prescription légale, d’une manière fourbe et secrète.

De plus, là où nous possédons déjà la terre sous le titre de propriété australien, comme par exemple dans les Territoires du Nord, les gouvernements successifs australiens essaient de nous confisquer nos terres par la location à 99 ans de notre propre terre ! Notre peuple est rançonné, racketté pour la délivrance de services auxquels tous les Australiens ont automatiquement droit, comme des bâtiments et de l’argent. Ceci est une énorme menace à la sécurité de nos communautés alors que notre peuple craint toujours plus ce que réserve l’agenda de l’assimilation.

Nos droits souverains inhérents sont maintenant en grand danger sous les coups de butoir du régime de la loi australienne du titre natif. Nous avons dit que l’invasion par les Britanniques avait impliqué un grand pillage de nos terres et de nos ressources, mais ce qu’a fait la première flotte britannique en 1788 fait pâle figure en comparaison de ce qui se passe maintenant.

(*) note de Résistance 71:

Décision de la haute cour de Mabo: du nom d’Eddie Mabo, aborigène du détroit de Torrès qui défia le système légal australien et britannique sur l’application de la doctrine du Terra Nullius lors de la “découverte” du continent. Cette longue entreprise légale culmina avec la décision de la haute cour de justice que le 3 Juin 1992, décida en conclusion de l’affaire Mabo et al contre l’état du Queensland, que la doctrine de Terra Nullius ne pouvait pas s’appliquer au continent australien et qu’à ce titre, la souveraineté de la couronne ne primait pas sur la souveraineté des nations et peuples aborigènes.

Eddie Mabo engagea sa lutte en 1981 et décéda en janvier 1992, cinq mois avant ce qui fut son triomphe à tire posthume… La terre australienne est toujours colonisée aujourd’hui, mais les luttes aborigènes sont engagées… Elles se coordonnent de plus en plus avec les luttes amérindiennes.

 

Résistance au colonialisme occidental: Une vision australienne (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2014 by Résistance 71

Nous avons souvent mentionné sur ce blog que considérer que nous vivons dans « un monde post-colonial » comme le veut la doxa élitiste colonialiste occidentale est au mieux naïf, au pire complice des exactions commises envers les peuples indigènes du monde entier. Nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » mais dans un monde où l’empire anglo-américain plus que jamais hégémonique, est toujours fondé sur un colonialisme actif , dont les racines se trouvent dans les bulles papales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Si cela est une évidence pour le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite qu’est l’entreprise commerciale « Canada », on oublie par trop souvent le cas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. 

John Pilger nous rappelle ici l’ignominie coloniale également pratiquée « DownUnder » à l’encontre des peuples indigènes victime de la doctrine du « Terra Nullus »… La salut de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés de l’idéologie coloniale les accablant tout autant et se tenant debout, la main dans la main avec leurs frères autochtones des cinq continents ! C’est devenu une évidence.

— Résistance 71 —

 

Guerre, grand cirque et injustice en Australie

 

John PIlger

 

19 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/war-circus-and-injustice-down-under

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a des moments où la farce et la caricature vivante consumme presque le cynisme et le manque total de confiance en la vie quotidienne des dirigeants australiens. Sur toutes les manchettes de journaux se trouve la photo d’un Tony Abbot (NdT: premier ministre australien) résolu, se tenant avec des enfants indigènes à Arnhem Land, dans le lointain et isolé nord du pays. “Politique intérieure aujourd’hui, concentration sur la guerre demain” nous dit la légende.

Rappelant un anthropologue d’antan, le premier ministre se saisit de la tête d’un enfant indigène qui essaie de lui serrer la main. Il est aux anges, comme s’il ne pouvait pas croire au succès de cette double opération de relation publique: “gérer la nation” depuis une tente de savane sur la Gove Peninsula tout en “menant la nation à la guerre”. Comme dans toute “télé réalité” qui se respecte, il est entouré de caméras et de spectateurs frénétiques, qui alertent la nation de ses actions réfléchies et décisives.

Mais attendez un peu. Le chef de tous les Australiens doit s’envoler vers le sud pour dire au revoir au SAS, sur le départ pour sa dernière mission héroïque depuis son orgie sanguinaire d’Afghanistan. “Poursuivre le mal absolu” est une phrase bien sûr familière, un rôle historique de mercenariat est indiscible, cette fois-ci soutenant le tout dernier régime sectaire installé par les Etats-Unis à Baghdad et des anciens “terroristes” kurdes re-étiquetés, qui gardent maintenant les puits et champs pétroliers de Chevron, Exxon-Mobil, Marathon Oil, Hunt Oil et al.

Aucun débat parlementaire n’est autorisé ; aucune invitation fabriquée d’étrangers en détresse n’est nécessaire, comme ce fut le cas pour le Vietnam. La vitesse d’exécution est l’essence même de la chose. Quid des services de renseignement américains insistant qu’il n’y a aucune menace de l’État Islamique aux Etats-Unis ni même de manière présumée en Australie, la vérité pourrait mettre en péril la mission si on perd du temps. Si le spectacle médiatique et policier “anti-terreur” de cette semaine sur les arrestations au sujet d’un “complot contre Sydney” n’arrive pas à exciter les suspicions de la nation, alors rien ne le fera. Que l’acte de guerre irresponsable d’un Abbott impopulaire prouvera à un moment donné que les Australiens seront moins sécures, devrait aussi faire partie des manchettes de journaux. Rappelez-vous le choc en retour des guerres de Bush et de Blair.

Qu’en est-il des décapitations ? Pendant les 21 mois qui se sont écoulés entre la capture de James Foley et son exécution, il y a eu 113 personnes qui ont été décapitées en Arabie Saoudite, un des alliés les plus proche d’Obama et d’Abbott dans leur entreprise “morale et idéaliste”. De fait, la guéguerre d’Abbott aura sûrememt droit à sa petite plaque commémorative à l’Australian War Memorial aux côtés de toutes les invasions colonialistes reconnues dans ce grand sanctuaire du nationalisme blanc, sauf bien sûr, l’invasion coloniale de l’Australie elle-même durant laquelle la décapitation des défenseurs australiens indigènes n’était pas considérée comme mal absolu.

Ceci nous ramène au spectacle d’Arnhem Land. Abbott dit que la raison pour laquelle lui et les médias ont campé là-bas est qu’il pouvait consulter les “chefs” indigènes et “avoir une meilleure compréhension des besoins des gens vivant et travaillant dans ces zones.”

L’Australie est inondée de la connaissance des “besoins” de ses premières nations. Chaque semaine, semble t’il, une autre étude vient s’ajouter au torrent d’information existant au sujet de l’appauvrissement imposé et de la discrimination raciale vicieuse et éhontée se produisant contre le peuple indigène: L’apartheid sans en porter le nom. Les faits, qui ne peuvent plus être pirouettés, doivent être ancrés dans la conscience nationale si pas dans celle du premier ministre. L’Australie a un ratio d’incarcération de sa population indigène bien supérieur à celui de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Les décès en détention se produisent comme au son des tambours, les maladies de l’ère de Dickens sont légion, incluant pour ceux qui vivent au sein du boum économique minier qui fait engranger des milliards de dollars par semaine. Des maladies cardiaques rhumatiques tuent des indigènes trentenaires et quarantenaires et leurs enfants deviennent sourds et souffent de trachoma, maladie parasitaire qui les rend aveugles.

Lorsqu’alors qu’il était un ministre de la santé fantômatique en 2009, Abbott fut rappelé à l’ordre par le rapporteur des Nations-Unies sur les peuples indigènes, disant que l’”intervention” frauduleuse du gouvernement Howard était raciste, il rétorqua alors au professeur James Anaya d’aller se “faire voir” et “d’arrêter d’écouter la brigade des vieilles victimes”. Le très distingué Anaya revenait juste d’Utopia (NdT: territoire indigène du nord de l’Australie), une vaste région du nord où j’ai filmé la preuve du racisme et de la privation forcée qui l’ont choqué lui et des millions de spectateurs dans le monde entier. “La sous-alimentation est très commune”, m’a dit un médecin généraliste du centre de l’Australie.

Aujourd’hui, alors qu’Abbott pose pour les photographes avec des enfants d’Arnhem Land, les enfants d’Utopia n’ont pas accès à l’eau potable. Pendant 10 semaines, des communautés entières n’ont eu aucune eau courante. Un nouveau puit aménagé coûterait juste 35 000 $. L’impétigo et toujours plus de trachoma en sont le résultat. (par comparaison, considérez que la dernière ministre des affaires indigènes d’un gouvernement socialiste, Jenny Macklin, a dépensé 331 144 $ pour réaménager son bureau de Canberra).

En 2012, Olga Havnen, une officielle vétéran du gouvernement de la province du Northern Territory, a révélé que 80 millions de dollars ont été dépensés sur la surveillance des familles et sur le retrait des enfants indigènes de leur environnement familial, comparés aux 500 000 dollars aloués pour le soutien des familles appauvries. Sa mise en garde contre l’émergence d’une seconde génération perdue a eu pour résultat son limogeage. Cette demaine à Sydney, Amnesty et un groupe connu sous le nom des Grands-mères contre le retrait des enfants ont présenté plus de preuves du fait que le nombre d’enfants indigènes enlevés à leur famille, souvent de manière violente, est bien plus important aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire coloniale de l’Australie.

Will Tony Abbott, l’ami auto-proclamé du peuple indigène s’interpose t’il pour défendre ces familles ? Bien au contraire, dans son budget fédéral du mois de Mai, Abbott a coupé 536 millions de dollars pour les “besoins” du peuple indigène pour les cinq prochaines années, un quart de cet argent était aloué au système de santé. Bien loin d’être un “ami” des indigènes, le gouvernement Abbott continue le vol des terres indigènes avec une supercherie à la confiance appelée la “location sur 99 ans”. En retour d’abandonner leur terres, l’essence même de l’aboriginalité, les communautés vont recevoir des bribes de loyers, que le gouvernement prendra des royalties sur l’extraction minière en territoires indigènes. Peut-être que seulement en Australie peut avoir lieu une telle politique du mensonge, de la mascarade et de la tromperie.

Similairement, Abbott semble soutenir une réforme constitutionnelle qui “reconnaîtra” le peuple indigène dans un referendum proposé. La campagne “Reconnaissance” consiste en des gestes familiers et remise de récompense, promus par une campagne de relation publique “autour de laquelle la nation peut se rassembler”, d’après le journal du Sydney Morning Herald, voulant dire que la majorité ou ceux que cela intéresse, peuvent avoir le sentiment qu’ils font quelque chose tout en ne faisant rien.

Durant toutes les années de mes reportages et de mes documentaires sur l’Australie indigène, un “besoin” m’a toujours paru essentiel. Un traité. Par cela je veux dire une charte des droits effective et cohérente des droits indigènes: droits sur la terre, droits sur les ressources, droits sur la santé, droits sur l’éducation, droits sur le logement et bien plus. Aucune des soi-disantes “avancées” de ces dernières années, comme le Native Title, n’a donné les droits et les services accordés à presque tous les Australiens et que ceux-ci considèrent comme acquis.

Comme le dit si bien la leader Arrente/Amatjere Rosalie Kunoth-Monks: “Nous n’avons JAMAIS cédé la propriété de cette terre. Ceci demeure notre terre et nous devons négocier un traité légal avec ceux qui s’en sont emparés.” La vaste majorité si ce n’est pas tous les indigènes sont d’accord avec elle et une campagne pour l’obtention d’un traité, bien qu’ignorée par les médias, est en train de gagner un sérieux momentum, spécifiquement parmi la jeunesse indigène éduquée qui n’est pas représentée par des leaders corrompus et vendus au système, disant à la société blanche ce qu’elle désire entendre. Que l’Australie possède un premier ministre qui a décrit ce pays comme étant “inhabité” jusqu’à ce que les Britanniques n’y arrivent, ne fait qu’indiquer l’urgence d’une véritable réforme, de la fin du paternalisme et de la mise en action d’un traité négocié entre partenaires EGAUX. Car tant que nous, qui sommes arrivés bien plus tard, ne redonnons pas aux premiers Australiens leur nationalité, nous ne pourrons jamais clâmer la nôtre.

Crimes impérialistes: L’Australie pas en reste en bon satellite de l’empire…

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Population aborigène australienne et population amérindienne, même combat: en lutte permanente contre le terrorisme d’état colonialiste et sa litanie d’oppression et de crimes incessante !…

— Résistance 71 —

Rendre le monde plus dangereux, le rôle avide de Julia Gillard

John Pilger

Le 25 Octobre 2012

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/making-the-world-a-more-dangerous-place-the-eager-role-of-julia-gillard

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Le parlement australien pue la cire de parquet. Les sols de bois luisent tellement qu’ils réfléchissent les portraits de genre dessins animés des premiers ministres, des juges à perruques et des vices-rois. Le long des couloirs feutrés et brillants, les murs sont décorés d’art aborigène: une peinture après l’autre comme dans une galerie monolithique, totalement coupés de leur origine, dans une brutale ironie. Le peuple le plus pauvre, le plus malade, le plus incarcérés de la planète donne une façade à ceux qui supervisent le vol de leur terre et son pillage.

L’Australie possède 40% de l’uranium mondial, la totalité en territoire indigène. La première ministre Julia Gillard revient juste d’Inde où elle a vendu de l’uraniun à un gouvernement qui refuse de signer le traité de non prolifération nucléaire (TNP) et dont l’ennemi, le Pakistan est aussi non-signataire du traité. La menace de guerre nucléaire entre ces deux pays est constante. L’uranium est un ingrédient essentiel des armes nucléaires. Le contrat de Gillard à Delhi termine de manière formelle la longue politique du parti travailliste australien de refuser la vente d’uranium aux pays qui refusent de signer le TNP et l’obligation “de poursuivre des négociations de bonne foi sur les mesures effectives en rapport avec la cessation de la course à l’armement nucléaire le plus tôt possible et le désarmement nucléaire.”

Comme les Japonais, les Aborigènes australiens ont fait l’expérience de l’horreur des armes nucléaires. Durant les années 1950, le gouvernement britannique a testé des bombes atomiques à Maralinga dans le sud de l’Australie. La population aborigène ne fut pas consultée et ne reçût que de maigres mises en garde voire aucune et continue de souffrir des effets. Yami Lester était un petit garçon quand il vit le flash nucléaire et en devint aveugle. La lutte permanente du peuple Aborigène pour être reconnu comme étant des êtres humains a été une lutte non seulement pour leur terre, mais aussi pour ce qu’il y a en dessous, dans ses sous-sols. Comme leur statut était à peine plus élevé que celui des moutons jusqu’en 1971, et qu’à l’encontre des moutons ils n’étaient pas comptés, bon nombre de leurs modestes droits fonciers ont été corrompus ou diminués par les gouvernements successifs de Canberra.

En 2007, le premier ministre d’alors, John Howard, utilisa l’armée pour lancer une “intervention d’urgence” dans les communautés aborigènes des Territoires du Nord, riches en ressources naturelles minérales. Des histoires sordides et mensongères de cercles pédophiles furent la couverture pour l’opération, les indigènes furent avertis qu’ils ne recevraient pas les services de base s’ils n’abandonnaient pas le bail de leurs terres. Le ministre des affaires indigènes de Gillard a depuis donné à ce projet le nom orwellien de “Grands futurs”.

La tactique demande de faire en sorte que les gens se rendent dans des “villes high tech” et de refuser aux gens des logements décents ainsi les forçant à vivre à douze ou plus dans une chambre. La relocation des enfants aborigènes a atteint le niveau de la triste époque de la “Génération perdue” du siècle dernier. Beaucoup ne reverront sans doute jamais leur famille.

Dès que “l’intervention” fut commencée, des centaines de titres d’exploitation des terres furent données à des industries pour l’exploration minière et l’exploitation de l’uranium.

La politique contemporaine en Australie est souvent définie par le pouvoir des compagnies minières. Quand l’ancien premier ministre travailliste (NdT: équivalent du PS foie jaune de chez nous…) Kevin Rudd, proposa un impôt sur les profits records des compagnies minières, il fut deposé par une cabale d’arrière-boutique, incluant Gillard, qui réduisit l’impôt. Des câbles diplomatiques fuités par Wikileaks révèlent que deux des comploteurs contre Rudd étaient des informateurs de l’ambassade de Etats-Unis, que Rudd avait mis en colère en ne suivant pas à la lettre les plans des Etats-Unis faits pour encercler la Chine et de rendre disponible l’uranium à la vente pour des clients des Etats-Unis comme l’Inde.

Gillard a depuis retourné la relation australo-américaine à son niveau historique, de la même manière que l’était un pays satellite européen de l’URSS. La veille de l’arrivée d’Obama à Canberra l’an dernier pour déclarer que la Chine était le nouvel ennemi du “monde libre”, Gillard annonça la fin de l’interdiction par son parti sur les ventes d’uranium.

Les obsessions de l’après guerre-froide de Washington demandent aussi les services de l’Australie. Ceci inclut l’intimidation de l’Iran et la destruction de l’indépendance de cette nation, le torpillage du TNP et la prévention de l’établissement de zones non-nucléaires, qui menaceraient la dominance nucléaire dans la région des Etats-Unis et d’Israël. A l’encontre de l’Iran, signataire du TNP et grand supporter d’une zone non-nucléaire au Moyen-Orient, les Etats-Unis et Israël ne veulent pas entendre parler d’inspections. De plus ces deux pays menacent l’Iran d’une guerre, qui d’après les agences de renseignement américaines combinées, ne possède pas d’armement nucléaire.

L’inversion nécessaire de la réalité et la doctrine du double-standard demandent “un processus minutieusement orchestré”, assure un officiel australien à l’ambassade des Etats-Unis, cité par Wikileaks. D’après les câbles américains il y a des “idées australiennes” enthousiastes pour forger une information qui aidera à discréditer Mohamed El Baradei, qui en tant que directeur de l’AIEA de 1997 à 2009, a réfuté répétitivement les accusations américaines disant que l’Iran construit des armes nucléaires. Le directeur du bureau australien du contrôle de l’armement est mis en évidence comme étant un chien de garde américain, mettant en garde contre “la pente savonneuse” où s’engagent les gouvernements qui “exercent un jugement indépendant” sur les affaires nucléaires. Patrick Suckling, un autre officiel australien, a été rapporté dire aux Américains que “l’Australie désirent les sanctions les plus fortes et les plus incapacitantes contre l’Iran”. Les victimes de Sickling sont aujourd’hui des hommes, femmes et enfants ordinaires. Le 5 Octobre, l’alliance australienne contre le nucléaire, qui incorpore des groupes aborigènes à travers tout le pays, s’est rassemblée à Alice Springs. Elle a appelé à un moratoire sur toutes les exploitations et ventes d’uranium. Les femmes aborigènes ont fait une demande très spéciale à Gillard, qui a été élue par les médias blancs récemment comme une héroïne féministe. Aucune réponse n’était attendue.

Le 17 Octobre, tous les ronds de jambes et promesses de servilité à leurs puissant patrons ont fini par payer puisque l’Australie a été intronisée comme membre non-permanent du conseil de sécurité de l’ONU, connu à Canberra comme “la grande table”. Le timing est parfait. Une attaque par l’OTAN sur la Syrie ou l’Iran, ou les deux, n’a jamais été aussi proche. Une guerre mondiale pointe à l’horizon depuis la marque de 50 ans lorsque “le monde s’arrêta”, écrivit l’historien Sheldon Stern. C’était la crise des missiles de Cuba en 1962, lorsque les Etats-Unis et l’URSS furent si proches d’une guerre nucléaire. Des documents maintenant déclassifiés montrent que le président John F. Kennedy avait autorisé “à des avions de l’OTAN, pilotes turcs aux commandes, de décoller à destination de Moscou et de lâcher une bombe”.

L’écho aujourd’hui résonne on ne peut plus clairement.