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Ukraine: Diplomatie russe contre coercition impérialiste…

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La diplomatie de Poutine peut-elle prévaloir sur la coercition de Washington ?

 

Paul Craig Roberts

 

24 Juin 2014

 

url de l’article:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/06/24/can-putins-diplomacy-prevail-washingtons-coercion-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

24 Juin 2014, le président de la Russie Vladimir Poutine est en train d’essayer de sauver le monde de la guerre. Nous devrions tous l’aider.

Aujourd’hui, le directeur de presse présidentiel russe Dimitri Peskov a rapporté que le président Poutine avait demandé à ce que la loi sur l’autorisation d’utiliser la force, qui fut votée pour protéger les résidents des anciens territoires russes qui sont maintenant partie de l’Ukraine d’une féroce violence russophobe qui caractérise le gouvernement marionnette de Washington à Kiev, soit abrogée (annulée) ~ NdT: elle l’a été depuis que Roberts a écrit ce papier ~

Les néoconservateurs de Washington jubilent. Ils voient la diplomatiie de Poutine comme un signe de faiblesse et de peur et demandent des mesures plus fortes afin de forcer la Russie de rendre la Crimée et la base navale sur la Mer Noire.

En Russie, Washington promeut sa 5ème colonne d’ONG afin qu’elle court-circuite le soutien de Poutine au moyen d’une propagande disant que Poutine a peur de soutenir les Russes et a vendu à l’empire la population russe d’Ukraine. Si la sauce de cette propagande prend, Poutine sera distrait par des manifestations dans les rues. L’apparence de la faiblesse intra muros de Poutine donnera confiance à Washington. Bon nombre de membres de la jeune classe professionnelle russe est sensible à la propagande américaine ; essentiellement ces Russes conditionnés par la propagande et alignés sur Washington et non sur le Kremlin.

Poutine a placé son futur et celui de son pays sur le pari que la diplomatie russe peut prévaloir sur la politique de corruption, de menace, de chantage et de coercition de Washington. Poutine en appelle aux Européens de l’Ouest. Poutine dit: “Je ne suis pas le problème. La Russie n’est pas le problème. Nous sommes raisonnables. Nous ignorons les provocations de Washington. Nous voulons œuvrer pour trouver une solution pacifique.”

Washington dit: “La Russie est une menace. Poutine est le nouveau Hitler. La Russie est l’ennemi. L’OTAN et les Etats-Unis doivent commencer une montée en puissance militaire contre la menace russe, envoyer des troupes et des avions de combat en Europe de l’Est et les bases de l’OTAN à la frontière russe. Les réunions du G-8 doivent dorénavant se tenir sans la présence de la Russie. Des sanctions économiques doivent être émises contre la Russie et ce sans aucun regard sur les conséquences qu’ont ces sanctions sur l’Europe occidentale.” Etc…

Poutine dit: “Je suis là pour vous écouter. Résolvons cela ensemble.”

Washington dit: “La Russie est l’ennemi.”

Poutine sait pertinemment que la GB est un état totalement vassal des Etats-Unis, que Cameron est juste un autre politicien acheté-vendu, comme l’était Blair avant lui. L’espoir de Poutine pour que la diplomatie prévale sur la force repose sur l’Allemagne et la France. Les deux pays font face à des difficultés économiques, de budget et d’emploi et les deux pays ont des relations économiques conséquentes avec la Russie. Les intérêts du monde des affaires allemand sont un contre-poids à la faiblesse du gouvernement de Merkel et sa soumission à Washington. Washington a mis en colère la France de manière stupide en essayant de voler 10 milliards de dollars de la plus grande banque de France et de livrer la France à Wall Street.

Si le désir de souveraineté nationale existe toujours dans les gouvernements allemand et français, l‘un voire les deux, pourrait bien faire un bras d’honneur à Washington et déclarer publiquement qu’ils n’ont aucune intention de laisser leur pays se laisser embarquer dans une guerre contre la Russie pour les beaux yeux de l’empire de Washington et de l’hégémonie financière mondiale des banques américaines.

Poutine parie sur ce développement. Si son pari est mauvais et si l’Europe fait défaut non seulement à la Russie mais à elle-même et au reste du monde en acquiesçant à la poussée hégémonique mondiale des Américains, alors la Russie et la Chine auront deux choix possibles: se soumettre à Washington et son hégémonie ou se préparer pour la guerre.

Comme aucun des deux côtés ne peut se permettre de perdre la guerre, celle-ci sera nucléaire et comme des scientifiques l’ont déjà bien clarifié, la vie sur terre cessera d’exister et ce tout à fait indépendamment de la réussite ou non de la mission de protection du bouclier anti-missiles balistiques américain.

C’est pourquoi je suis tout à fait opposé à la politique de Washington et m’élève sans cesse contre l’arrogance méprisante qui définit Washington aujourd’hui. Le résultat le plus sûr de la poursuite de l’hégémonie mondiale par Washington et son empire est l’extinction de toute vie sur Terre.

Entretien de Poutine avec le Ministère de la Propagande français… Morceaux (tronqués) choisis…

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Les meilleures citations de l’entretien de Vladimir Poutine avec les médias français

 

RT

 

4 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/163676-putin-ukraine-french-us/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Article connexe: La véritable intégrale de l’entretien de Poutine avec les représentants du ministère de la propagande français:

http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/

 

Vladimir Poutine a fait face a un barrage de questions pièges de la part des médias français en avant-première de sa réunion avec les leaders du monde pour le 70ème anniversaire du débarquement de Normandie. Nous reproduisons ici ses meilleures réponses sur des questions clés: L’Ukraine, la Crimée et les relations avec les Etats-Unis (NdT: Nous savons depuis que TF1 a coupé 20 minutes d’entretien et certaines de ces questions clef à des fins essentiellement propagandistes, tout en disant que l’entretien diffusé était l’entretien intégral… Le ministère de la propagande dans toute sa splendeur et décadence…)

Sur l’Ukraine, sa souveraineté et les troupes russes:

La crise actuelle en Ukraine a occupé le centre de l’attention internationale depuis la fin de l’année dernière. Tandis que le gouvernement de Kiev, nommé par les putschistes, entreprend une opération militaire de répression dans le sud-est du pays, les Etats-Unis disent que des troupes russes sont impliquées dans cette crise et qu’ils en ont la preuve.

“Qu’en est-il de ces preuves ? Pourquoi donc ne les montrent-ils pas ?” a demandé Poutine aux médias français.

“Le monde entier se souvient du ministre des affaires étrangères américain démontrant la preuve des armes de destruction massive irakienne, agitant un tube à essai contenant du détergent devant le conseil de sécurité de l’ONU. Eventuellement, les troupes américaines envahirent l’Irak, Saddam Hussein fut pendu et plus tard on apprît qu’il n’y avait jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Vous savez, c’est une chose de parler, c’en est une autre de montrer des preuves.”

Citation 1: “Il n’y a pas de forces armées ni d’instucteurs militaires russes dans le sud-est de l’Ukraine et il n’y en a jamais eu.”

“Après le coup d’état anticonstitutionnel de Kiev en Février, la première chose que les nouvelles autorités ont essayé de faire, fut de priver les minorités ethniques du droit d’utiliser leur langue natale. Ceci fut préoccupant pour les personnes vivant dans la partie orientale de l’Ukraine.”

Citation 2: “Il est vital de dialoguer avec ces gens qui n’ont pas accepté le changement de pouvoir au lieu d’envoyer des chars là-bas ; comme vous l’avez dit vous-même, au lieu d’envoyer des missiles sur des civils et de bombarder des cibles non militaires.”

“Je ne les appelerais ni pro-russes, ni pro-ukrainiens. Ce sont des gens qui ont certains droits, des droits humanitaires, et ils doivent avoir la chance de pouvoir exprimer ces droits.”

“Lorsque le coup s’est produit, certaines personnes ont accepté ce régime et étaient contentes tandis que d’autres personnes, disons dans les parties sud et est de l’Ukraine ne l’ont pas accepté.”

Citation 3: “C’est folie de croire que les troupes russes ont annexé la Crimée. Les troupes russes n’ont rien fait de la sorte.”

Sur la Crimée, son referendum et ses liens historiques avec la Russie:

Après que la Crimée eut voté en Mars dernier pour rejoindre la Russie, l’occident a exprimé des doutes disant que les gens de la région ont pu avoir voté sous la menace des armes.

“Les troupes russes étaient en Crimée sous un traité de déploiement international pour sa base militaire. Il est vrai que les troupes russes ont aidé les Criméens à tenir le referendum

a)sur leur indépendance

b) sur leur désir de rejoindre la fédération de Russie. Personne ne peut empêcher ces gens d’exercer leur droit comme stipulé dans l’article 1 de la Charte des Nations Unies, le droit des nations à l’auto-détermination.

Citation 4: “Le budget de la défense des Etats-Unis est bien plus gros que celui de toutes les nations au monde combinées, alors qui s’engage dans une politique d’agression ?”

“Nous avons mené un dialogue exclusivement pacifique et diplomatique, je veux insister là-dessus, avec nos partenaires européens et les Etats-Unis. En réponse à notre attente de mener un tel dialogue et de négocier une solution acceptable, ils ont soutenu le coup anticonstitutionnel en Ukraine, ainsi nous ne pouvions plus être sûr que l’Ukraine ne deviendrait pas partie du bloc militaire nord-atlantique (OTAN). Devant cette situation, nous ne pouvions pas autoriser une partie historique de la Russie et de son territoire, ayant une population d’ethnie russe de manière prédominante, d’être incorporée dans une alliance militaire internationale, spécifiquement parce que les Criméens voulaient eux-mêmes, faire partie de la Russie.

Un journaliste a demandé au président s’il veut recréer les anciennes frontières de l’URSS.

“Nous voulons utiliser les politiques modernes pour améliorer notre avantage compétitif, ceci incluant l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace géographique post-URSS au sein de l’Union Douannière et aussi maintenant au sein de l’Union Eurasienne.”

Sur les relations avec les Etats-Unis et sa politique étrangère agressive:

“Au sujet de la politique américaine, il est clair que les Etats-Unis mènent la politique la plus rude et la plus agressive pour défendre ses propres intérêts, du moins, c’est de cette façon que le voient les leaders américains, et ils le font de manière persistente.”

“Il n’y a pour ainsi dire pas de troupes russes à l’étranger tandis que les troupes américaines sont partout. Il y a des bases militaires américaines partout dans le monde et ils sont toujours impliqués dans la destinée des autres pays, alors même qu’ils sont à des milliers de kilomètres des frontières américaines.”

Citation 5: “Quant à ma relation avec Barack Obama, je n’ai aucune raison de penser qu’il ne veuille pas parler avec le président de la Russie. Mais en fin de compte, c’est son choix. Je suis prêt au dialogue, en fait le dialogue est le meilleur moyen de résoudre des différents.”

“Quand les gens poussent les limites trop loin, ce n’est pas parce qu’ils sont forts mais parce qu’ils sont faibles. Mais peut-être que la faiblesse n’est pas la pire qualité d’une femme.”

“Ainsi il est particulièrememt ironique que nos partenaires américains nous accusent d’enffreindre quelques une de ces règles”, a dit Poutine apparemment se référant à la déclaration d’Hillary Clinton sur la politique étrangère de la Russie en Europe de l’Est, le comparant avec celle d’Hitler dans les années 1930.

Citation 6 : “Je pense à la tradition gaulliste et au général Charles de Gaulle, qui a toujours protégé la souveraineté de la France. Je pense que ceci force le respect.”

Sur la Russie, sa défense, sa souveraineté et les partis d’opposition:

Parmi les tensions que suscitent le dernier contrat militaire de 1,6 milliard de dollars de la France et de la Russie qui verra la France fournir à la Russie deux porte-hélicoptères Mistral, Poutine a dit qu’il espérait que les deux pays allaient continuer à développer leurs liens. “De manière générale, nos relations dans ce secteur se développent très bien, et nous voudrions continuer à les renforcer en termes d’aviation, de construction navale et dans d’autres secteurs.”

“Une politique expansionniste de conquête n’a aucun futur dans le monde d’aujourd’hui. Nous sommes confiants pour que la Russie puisse être et devienne un partenaire avec ses alliés traditionnels et ce dans le sens large du terme, maintenant et dans le futur… Tout pays qui devient un membre d’una alliance militaire abandonne une partie de sa souveraineté à un corps supranational. Pour la Russie, ceci serait inacceptable. Quant aux autres pays, cela n’a rien à voir avec nous. Ils doivent décider pour eux-mêmes de telles choses.”

Citation 7: “Nous voulons utiliser la politique moderne pour améliorer notre avantage compétitif, incluant l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace géographique post-URSS et au sein de l’Union Douannière et de l’Union Eurasienne.”

“Il y a un autre exemple: François Mitterand, qui parlait d’une confédération européenne avec la Russie pour membre. Je pense que cette opportunité existe toujours et que nous l’aurons dans le futur.”

Parlant au sujet des politiques intérieures, Poutine a dit que la Russie est un état démocratique commun et que son “régime actuel n’est pas connecté avec une personne en partculier”… “La très grande majorité des citoyens russes tendent à se fier à leurs traditions, leur histoire et, si je peux me permettre, leurs valeurs traditionnelles. Je vois ceci comme la fondation et un facteur de stabilité pour l’état russe, mais rien de tout cela n’est associé avec le président ou un quelconque individu. De plus, nous devons nous rappeler que nous n’avons commencé à introduire des institutions démocratiques standard que récemment. Elles sont toujours en cours d’évolution. Certains de nos opposants disent qu’il y a des restrictions inacceptables. Quelles restrictions avons-nous ? Par exemple nous avons banni toute promotion du suicide, des drogues et de la pédophilie. Ce sont nos restrictions, qu’y a t’il de mal à cela ? Puisqu’on en parle, il faut dire que l’homosexualité par exemple est illégale dans certains états des Etats-Unis. Nous n’imposons absolument aucune responsabilité criminelle. Nous n’avons fait qu’interdire la promotion de l’homosexualité pour les mineurs d’âge. C’est notre droit de protéger nos enfants et nous le ferons.”

Ingérence occidentale en ukraine: Vent de guerre ou guerre froide planifiée…

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Plus proche de la guerre

 

Paul Craig Roberts

 

26 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/04/26/moving-closer-war-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le régime Obama qui se complaît dans le mépris et l’arrogance a poussé par témérité imbécile la crise ukrainienne en une crise avec la Russie. Que ce soit intentionnellement ou stupidement, les mensonges propagandistes de Washington mènent la crise à la guerre. Sans plus aucune volonté d’écouter plus avant les menaces dénuées de sens de Washington, Moscou ne prend plus aucune communication téléphonique d’Obama et des hauts fonctionnaires américains.

La crise en Ukraine a pour origine le renversement par Washington du gouvernement démocratiquement élu et son remplacement par des sbires choisis par Washington. Ceux-ci ont procédé en paroles et en actions contre les populations des anciens territoires russes que des leaders du parti communiste soviétique ont rattaché à l’Ukraine. La conséquence de cette politique idiote est une agitation provenant de la population d’origine russe et/ou parlant le russe, poussant pour un rattachement à la Russie. La Crimée a déjà rejoint la Russie et l’Est de l’Ukraine ainsi que d’autres parties du pays ont pas mal de chance de faire de même.

Au lieu de comprendre son erreur, le régime Obama a encouragé les marionnettes de Washington installées à Kiev à utiliser la violence contre ces zones russophones qui s’agitent pour un referendum de façon à ce qu’elles puissent voter pour leur rattachement à la Russie. Le régime Obama a encouragé la violence et ce malgré la claire prise de position du président Poutine de ce que l’armée russe n’occuperait pas l’Ukraine à moins que la violence ne soit utilisée contre les manifestants.

Nous pouvons donc en conclure de manière quasi certaine que soit Washington n’écoute pas quand on lui adresse la parole ou bien qu’il désire la violence.

Comme à la fois Washington et l’OTAN ne sont pas positionnés en ce moment précis pour bouger des forces signifiantes en ukraine avec lesquelles elles confronteraient l’armée russe, pourquoi donc le régime Obama essaie t’il de provoquer une action de la part de l’armée russe ? Une réponse possible à cette question est que le plan de Washington de virer la Russie de sa base navale de la Mer Noire (à Sébastopol) ayant foiré, son plan B est de sacrifier l’Ukraine à une invasion russe de façon à pouvoir diaboliser la Russie et ainsi forcer de plus grandes dépenses pour l’armée des membres de l’OTAN ainsi que d’obtenir plus de persuasion pour le déploiement des troupes de l’organisation.

En d’autres termes, le gros lot du plan B est une nouvelle guerre froide et des milliers de milliards de dollars de bénéfices pour le complexe militaro-industriel et de la sécurité américain.

La poignée d’hommes (600) et d’avions que Washington a envoyé pour “rassurer” les régimes incompétents de ces endroits fauteurs de troubles permanents que sont la Pologne de l’Ouest et la région de la Baltique, ainsi que les quelques navires lance-missiles envoyés en Mer Noire ne ressemblent à rien d’autre que de la provocation symbolique.

Les sanctions économiques appliquées à des individus officiels russes ne signalent rien d’autre que l’incapacité de Washington. De véritables sanctions toucheraient les états marionnettes de l’empire menbres de l’OTAN bien plus que ces mêmes sanctions ne toucheraient la Russie.

Il est très clair que Washington n’a absolument aucun désir de traiter quoi que ce soit avec le gouvernement russe. Ses demandes ont rendu cette conclusion inévitable. Washington demande que le gouvernement russe retire le tapis de dessous les pieds des populations qui manifestent en Ukraine et qu’elles se soumettent à Washington et ses sbires de Kiev. Il demande aussi que la Russie réfute la réunification avec la Crimée et rende la Crimée à Washingrton de façon à ce que le plan de virer les russes de leur base navale de Sébastopol puisse être entériné et aller de l’avant.

En d’autres termes, Washington demande que la Russie raffistole Rondu-Pondu et le lui rende.

Ceci est tellement irréaliste que cela surpasse toute définition de l’arrogance. Le fou de la Maison blanche dit à Poutine: “J’ai foiré ma prise de votre pré carré, je veux que vous arrangiez tout çà pour moi et que vous assuriez le succès de la menace stratégique que j’avais l’intention d’amener dans votre jardin.”

La pressetituée occidentale et les états européens marionnettes de Washington soutiennent cette demande irréaliste. En conséquence, les leaders russes ont perdu toute confiance dans la parole et les intentions de l’occident et c’est de cette façon que commencent les guerres.

Les politiciens européens sont en train de mettre leurs pays en grand péril et à quelle fin ? Les politiciens européens sont-ils menacés, corrompus, les fait-on chanter, sont-ils achetés avec des sacs d’argent ou sont-ils tellement habitués à suivre Washington comme de bons toutous, qu’ils sont incapables de quoi que ce soit d’autre ? Comment l’Allemagne, la GB et la France vont-ils bénéficier d’être forcés à une confrontation avec la Russie par Washington ?

L’arrogance de Washington est sans précédent et est capable de mener le monde à la destruction totale. Où est le sens de la préservation, l’instinct de survie de l’Europe ? Pourquoi l’Europe n’a t’elle pas déjà émis des mandats d’arrêts pour tous les membres du régime d’Obama ? Sans la couverture offerte par l’Europe et les médias pressetitués, Washington serait incapable de mener le monde à la guerre.

Résistance politique à l’empire: L’intégrale de la conférence de presse de Vladimir Poutine

Posted in actualité, crise mondiale, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 14 mars 2014 by Résistance 71

Nous avons lu avec attention la conférence de presse de Poutine en anglais et avons bien entendu envisagé de la traduire. Nous refusant de ne traduire que des extraits, nous avons dû renoncer devant la longueur de l’entreprise pour la publier dans des délais raisonnables pour les lecteurs.

Merci donc au Grand Soir d’avoir entrepris cette tâche nécessaire. De plus, nous ne pouvons qu’abonder dans le sens de la note du traducteur en début d’article. Le propagandisme éhonté et la partialité de la pressetituée occidentale en général et française en particulier, sur tout sujet abordé, a atteint un niveau de pathétisme et de larbinisme jamais égalé à ce jour. Ils ne se cachent même plus. La prochaine étape devrait voir la création d’un « ministère de l’information et de la propagande », sérieusement, tout est prêt et il est certain que les politicards de tout poil se bousculeront au portillon pour avoir ce « portefeuille » de « prestige oligarchique ».

— Résistance 71 —

 

Texte complet de la conférence de presse de Vladimir Poutine sur la situation en Ukraine

 

Le Grand Soir

 

12 mars 2014

 

url de l’article en français:

http://www.legrandsoir.info/conference-de-presse-de-vladimir-poutine-sur-la-situation-en-ukraine-texte-complet.html

 

[Ndt] L’exercice vaut toujours le détour : lire le texte complet d’une conférence de presse et lire ensuite le compte-rendu donné par les médias occidentaux. Comparez, par exemple, au compte rendu de l’envoyée spéciale de Libération, Veronika DORMAN. Comment s’étonner dés lors que le journal pour lequel elle travaille perd des lecteurs (et de l’argent) ? Et toujours cette question lancinante qui surgit dans la foulée : pourquoi un capitaliste investirait des millions pour sauver une affaire qui perd autant d’argent, alors que dans le même temps, il fermera une usine qui en gagne, mais pas assez ?

 

(4 mars 2014) PRESIDENT DE LA RUSSIE VLADIMIR POUTINE : Bonjour, chers collègues.

Comment allons-nous procéder ? Voilà ce que je propose : nous allons avoir une conversation, plutôt qu’une interview. Par conséquent, je vous demande de commencer par poser toutes vos questions, je vais les noter et essayer d’y répondre, puis nous aurons une discussion plus détaillée sur des points précis qui vous intéressent le plus.

Commençons.

QUESTION : Monsieur le Président, je voudrais demander (vous avez fait une longue pause, nous avons donc pas mal de questions en attente) comment évaluez-vous les événements à Kiev ? Pensez-vous que le gouvernement et le président par intérim, qui sont actuellement au pouvoir à Kiev, sont légitimes ? Êtes-vous prêt à communiquer avec eux, et à quelles conditions ? Pensez-vous qu’il est maintenant possible de revenir aux accords du 21 Février, dont tout le monde parle si souvent ?

QUESTION : Monsieur le Président, la Russie a promis une aide financière à la Crimée et des instructions ont été transmises hier au ministère des Finances. A-t-on une idée claire du montant accordé, d’où provient l’argent, et à quelles conditions et quand ? La situation est très difficile.

QUESTION : Quand, à quelles conditions et dans quel cadre la force militaire peut-elle être employée en Ukraine ? Dans quelle mesure cela respecte les accords internationaux de la Russie ? Les exercices militaires qui viennent de se terminer ont-ils quelque chose à voir avec un éventuel recours à la force ?

QUESTION : Nous aimerions en savoir plus sur la Crimée. Pensez-vous que les provocations sont terminées ou qu’il y a encore une menace pour les citoyens russes la population russophone qui sont actuellement en Crimée ? Quelles sont les tendances générales là-bas – la situation s’améliore ou s’empire ? Nous entendons des versions contradictoires.

QUESTION : Si vous décidez d’employer la force, avez-vous envisagé tous les risques possibles pour vous-même, pour le pays et pour le monde : des sanctions économiques, une sécurité mondiale amoindrie, une éventuelle interdiction sur les visas ou un plus grand isolement de la Russie, comme exigés par des politiciens occidentaux ?

QUESTION : Hier, le marché boursier russe a chuté, en réponse au vote du Conseil de la Fédération, et le taux de change du rouble a atteint des niveaux historiquement bas. Vous attendiez-vous à une telle réaction ? Quelles sont les conséquences possibles pour l’économie ? Faut-il prendre maintenant des mesures spéciales, et de quel type ? Par exemple, pensez-vous que la décision de la Banque centrale de passer à un taux de change flottant du rouble était peut-être prématurée ? Pensez-vous qu’il faudrait revenir sur cette décision ?

VLADIMIR POUTINE : Très bien, arrêtons-nous là pour le moment. Je vais commencer, et puis nous allons continuer. Ne vous inquiétez pas, je vais essayer de répondre à autant de questions que possible.

Tout d’abord, mon analyse sur ce qui est arrivé à Kiev et en Ukraine en général. Il ne peut y avoir qu’une seule analyse : il s’agit d’une prise de pouvoir anticonstitutionnelle, une prise de pouvoir armée. Est-ce que quelqu’un le conteste ? Personne ne le conteste. Il y a une question que ni moi, ni mes collègues avec qui j’ai beaucoup discuté ces derniers jours de la situation en Ukraine, comme vous le savez – une question à laquelle aucun d’entre nous ne peut répondre. La question est pourquoi avoir fait ça ?

Je voudrais attirer votre attention sur le fait que le président Ianoukovitch, par l’intermédiaire des ministres des Affaires étrangères des trois pays européens – la Pologne, l’Allemagne et la France – et en présence de mon représentant (le commissaire russe des droits de l’homme, Vladimir Loukine) ont signé le 21 février un accord avec l’opposition. Je tiens à souligner qu’en vertu de cet accord (je ne porte pas un jugement, je rappelle simplement un fait) M. Ianoukovitch a tout simplement cédé son pouvoir. Il a accepté toutes les demandes de l’opposition : il a accepté des élections législatives anticipées, des élections présidentielles anticipées, et un retour à la Constitution de 2004, comme demandé par l’opposition. Il a répondu positivement à notre demande, à la demande des pays occidentaux et, avant tout, à celle de l’opposition de ne pas recourir à la force. Il n’a pas donné un seul ordre illégal de tirer sur les pauvres manifestants. En outre, il a donné des ordres pour retirer toutes les forces de police de la capitale, et elles ont obéi. Il est allé à Kharkov pour assister à un événement, et dès qu’il est parti, au lieu de libérer les bâtiments administratifs occupés, ils ont immédiatement occupé la résidence du président et le bâtiment du gouvernement – ce ce qu’ils ont fait au lieu de respecter l’accord.

Je me demande, quel était le but de tout cela ? Je veux comprendre pourquoi cela a été fait. Il avait en effet déjà renoncé à son pouvoir, et je crois, c’est ce que je lui ai dit, il n’avait aucune chance d’être réélu. Tout le monde est d’accord là-dessus, tous ceux avec qui j’ai conversé ces derniers jours. Quel était le but de toutes ces actions inconstitutionnelles, illégales, pourquoi ont-ils crée ce chaos dans le pays ? Des militants armés et masqués errent encore dans les rues de Kiev. C’est une question sans réponse. Voulaient-ils l’humilier et faire une démonstration de force ? Je pense que ces actions sont absolument stupides. Le résultat est l’exact contraire de ce qu’ils attendaient, parce que leurs actions ont fortement déstabilisé l’est et le sud-est de l’Ukraine.

Voyons comment nous en sommes arrivés là.

À mon avis, cette situation révolutionnaire couvait depuis longtemps, depuis les premiers jours de l’indépendance de l’Ukraine. Le citoyen ukrainien ordinaire, le gars ordinaire a souffert pendant le règne de Nicolas II, sous le règne de Koutchma et Iouchtchenko, et de Viktor Ianoukovitch. Rien ou presque rien ne s’est amélioré. La corruption a atteint des sommets inconnus ici, en Russie. L’accumulation de la richesse et de la stratification sociale – des problèmes qui sont aigus aussi chez nous – sont bien pires en Ukraine, radicalement pires. Là-bas, ils sont au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. En général, les gens voulaient un changement, mais il ne faut pas appuyer un changement illégal.

Seuls les moyens constitutionnels devraient être employés dans l’espace post-soviétique, où les structures politiques sont encore très fragiles, et les économies encore faibles. Dans une telle situation, sortir du cadre constitutionnel est toujours une erreur fondamentale. Par ailleurs, je comprends ces gens à Maidan, même si je n’approuve pas ce genre de dénouement. Je comprends les gens à Maidan qui réclament un changement radical du pouvoir plutôt qu’un ravalement de façade. Pourquoi le demandent-ils ? Parce qu’ils ont pris l’habitude de voir des voleurs remplacés par d’autres voleurs. De plus, les gens dans les régions ne participent même pas à la formation de leurs propres gouvernements régionaux. A une époque dans ce pays, le président nommait les dirigeants régionaux, mais les autorités législatives locales devaient les approuver, alors qu’en Ukraine, ils sont nommés directement. Aujourd’hui, nous procédons à des élections, alors qu’ils en sont encore loin. Alors ils ont commencé à nommer toutes sortes d’oligarques milliardaires pour gouverner les régions de l’est du pays. Il n’est pas étonnant que les gens ne l’acceptent pas, pas étonnant qu’ils pensent que, suite à une privatisation malhonnête (comme beaucoup le pensent ici aussi) des gens sont devenus riches et maintenant ont été portés au pouvoir.

Par exemple, M. Kolomoisky a été nommé gouverneur de Dnepropetrovsk. C’est un escroc unique en son genre. Il a même réussi à voler notre oligarque Roman Abramovitch, il y a deux ou trois ans. L’arnaquer, comme nos intellectuels se plaisent à dire. Ils ont signé une certaine affaire, Abramovich a transféré plusieurs milliards de dollars, et l’autre a simplement empoché l’argent, sans rien en échange. Quand je lui ai demandé [ à Abramovitch ] : « Pourquoi avez-vous fait ça ? » il a dit « Je n’ai jamais pensé que c’était possible. » D’ailleurs, je ne sais pas s’il a récupéré son argent et si la transaction a été conclue. Mais cela s’est réellement passé, il y a quelques années. Et maintenant, cet escroc est nommé gouverneur de Dnepropetrovsk. Pas étonnant que les gens sont insatisfaits. Ils étaient mécontents et le resteront si ceux qui se réfèrent eux-mêmes comme les autorités légitimes continuent de la même façon.

Plus important encore, les gens devraient avoir le droit de déterminer leur propre avenir, celui de leurs familles et de leur région, et d’avoir une participation égale. Je tiens à souligner ceci : partout où une personne vit, dans n’importe quelle partie du pays, il ou elle devrait avoir le droit à une participation égale dans la détermination de l’avenir du pays.

Les autorités actuelles sont-elles légitimes ? Le Parlement l’est partiellement, mais toutes les autres ne le sont pas. L’actuel président par intérim n’est certainement pas légitime. Il n’y a qu’un seul président légitime, du point de vue juridique. De toute évidence, il n’a aucun pouvoir. Cependant, comme je l’ai déjà dit, et je le répète : Ianoukovitch est le seul Président incontestablement légitime.

En vertu du droit ukrainien, il existe trois façons de démettre un président : l’une est sa mort, l’autre est sa démission, et la troisième est sa mise en accusation. Cette dernière est une procédure constitutionnelle bien connue. Elle implique la Cour constitutionnelle, la Cour suprême et la Rada (Congrès). C’est une procédure longue et compliquée. Elle n’a pas été réalisée. Par conséquent, du point de vue juridique, il s’agit d’un fait incontesté.

En outre, je pense que c’est peut être la raison pour laquelle ils ont dissous la Cour constitutionnelle, ce qui va à l’encontre de toutes les normes juridiques de l’Ukraine et de l’Europe. Ils ont non seulement dissous la Cour constitutionnelle d’une manière illégitime, mais ils ont aussi – réfléchissez-y – chargé le Bureau du Procureur général d’engager des poursuites pénales contre des membres de la Cour constitutionnelle. Qu’est-ce que ça signifie ? Est-ce cela qu’ils appellent une justice libre ? Comment peut-on demander à quiconque de lancer une procédure pénale ? Si un crime ou un délit a été commis, les organismes chargés de faire respecter la loi le constatent et réagissent. Mais leur demander de déposer des accusations criminelles est absurde, c’est des magouilles.

Maintenant, sur l’aide financière à la Crimée. Comme vous le savez, nous avons décidé d’organiser le travail dans les régions russes pour aider la Crimée, qui a fait appel à nous pour une aide humanitaire. Nous allons la fournir, bien sûr. Je ne peux pas dire combien, quand et comment – le gouvernement y travaille encore, en réunissant les régions frontalières avec la Crimée, en fournissant un soutien supplémentaire à nos régions afin qu’elles puissent aider les gens en Crimée. Nous le ferons, bien sûr.

En ce qui concerne le déploiement des troupes, l’emploi des forces armées. Pour l’instant, ce n’est pas nécessaire, mais c’est toujours possible. Je voudrais dire ici que les exercices militaires qui ont récemment eu lieu n’avaient rien à voir avec les événements en Ukraine. Ces exercices avaient déjà été planifiés, mais nous n’avons pas divulgué ces plans, bien sûr, parce que c’était des exercices d’inspection surprise pour tester la réactivité de nos forces. Ils étaient prévus depuis longtemps, le ministre de la Défense rapportait à moi et j’avais l’ordre prêt pour commencer l’exercice. Comme vous le savez peut-être, les exercices sont terminés ; j’ai donné hier l’ordre aux troupes de retourner à leurs bases.

Quelle pourrait être une raison d’employer les forces armées ? Une telle mesure constituerait certainement une dernier recours.

Tout d’abord, la question de la légitimité. Comme vous le savez, nous avons reçu un appel à l’aide direct du président légitime, comme je le disais, le président légitime de l’Ukraine, M. Viktor Ianoukovitch, nous demandant d’utiliser les forces armées pour protéger la vie, la liberté et la santé des citoyens de l’Ukraine.

Quelle est notre principale préoccupation ? Nous voyons des saccages commis par des forces réactionnaires, des forces nationalistes et antisémites, dans certaines régions de l’Ukraine, y compris Kiev. Je suis sûr que vous, les membres des médias, ont vu comment un des gouverneurs a été enchaîné et menotté à quelque chose et ils ont versé de l’eau sur lui, dans le froid de l’hiver. Après ça, d’ailleurs, il a été enfermé dans une cave et torturé. C’est quoi cette histoire ? Est-ce la démocratie ? Est-ce une manifestation de la démocratie ? Il avait été récemment nommé à ce poste, en décembre, je crois. Même en admettant qu’ils sont tous corrompus là-bas, il avait à peine eu le temps de voler quoi que ce soit.

Et savez-vous ce qui s’est passé quand ils se sont emparés de l’immeuble du Parti des Régions ? Il n’y avait pas de membres du parti présents à ce moment-là. Quelques deux ou trois employés sont sortis, l’un était un ingénieur , et il a dit aux assaillants : « Pourriez-vous nous laisser partir, et laisser les femmes sortir, s’il vous plaît. Je suis un ingénieur, je n’ai rien à voir avec la politique. » Il a été abattu sur place devant la foule. Un autre employé a été conduit dans une cave, puis ils ont jeté des cocktails Molotov sur lui et brûlé vif. Est-ce là aussi une manifestation de la démocratie ?

Quand on voit ça, on comprend ce qui inquiète les citoyens de l’Ukraine, à la fois russes et ukrainiens, et la population russophone dans les régions de l’est et du sud de l’Ukraine. C’est ce crime incontrôlé qui les inquiète. Par conséquent, si nous voyons de tels crimes se répandre dans les régions orientales du pays, et si les gens nous appellent à l’aide, alors que nous avons déjà reçu une demande officielle du Président légitime, nous nous réservons le droit d’utiliser tous les moyens disponibles pour protéger les personnes. Nous croyons que ce serait tout à fait légitime. C’est notre dernier recours.

De plus, voici ce que je voudrais dire : nous avons toujours considéré l’Ukraine non seulement comme un voisin, mais aussi une république voisine fraternelle, et nous continuerons de le faire. Nos forces armées sont des compagnons d’armes, des amis, dont beaucoup se connaissent personnellement. Je suis certain, et j’insiste, je suis certain que l’armée russe et ukrainienne n’auront pas à s’affronter, qu’elles seront du même côté dans un combat.

Par ailleurs, les choses dont je parle – cette unité – c’est ce qui est en train de se passer en Crimée. Il faut noter que, Dieu merci, pas un seul coup de feu n’a été tiré là-bas, il n’y a pas de victimes, à l’exception de cette bousculade sur une place, il y a une semaine. Que s’est-il passé ? Des gens sont venus, ont encerclé des unités des forces armées et leur ont parlé, pour les convaincre de respecter les exigences et la volonté de la population locale. Il n’y a pas eu d’échange de tirs, pas un seul coup de feu.

Ainsi, la tension en Crimée liée à l’éventualité d’un recours aux forces armées s’est tout simplement calmée et il n’a pas été nécessaire d’en arriver là. La seule chose que nous avions à faire, et nous l’avons fait, était de renforcer la défense de nos installations militaires parce qu’elles étaient constamment menacées et nous savions que des nationalistes armés s’en approchaient. Nous avons fait cela, c’était la bonne chose à faire et très rapidement. Par conséquent, je pars de l’idée que nous n’aurons pas à faire quoi que ce soit de ce genre dans l’est de l’Ukraine.

Il y a cependant quelque chose que je voudrais souligner. De toute évidence, ce que je vais dire maintenant ne relève pas de mon autorité et nous n’avons pas l’intention de nous ingérer. Cependant, nous croyons fermement que tous les citoyens de l’Ukraine, je le répète, où qu’ils vivent, doivent avoir les mêmes droits à participer à la vie de leur pays et dans la détermination de son avenir.

Si j’étais à la place de ceux qui se considèrent comme les autorités légitimes, je ne perdrais pas de temps et passerais par toutes les procédures nécessaires, parce qu’ils n’ont pas de mandat national pour mener la politique intérieure, étrangère et économique de l’Ukraine, et en particulier pour déterminer son avenir.

A présent, le marché boursier. Comme vous le savez, le marché boursier était nerveux avant même que la situation en Ukraine ne se détériore. Ceci est principalement lié à la politique de la Réserve fédérale américaine, dont les décisions récentes ont renforcé l’attirance du marché américain pour les investisseurs et ces derniers ont commencé à déplacer leurs fonds des marchés en développement vers le marché américain. Il s’agit d’une tendance générale qui n’a rien à voir avec l’Ukraine. Je crois que c’est l’Inde qui a le plus souffert, ainsi que les autres Etats BRICS. La Russie a été touchée aussi, mais pas aussi durement que l’Inde, mais elle a été touchée. C’est la raison fondamentale.

En ce qui concerne les événements en Ukraine, la politique a toujours une influence sur le marché boursier, d’une manière ou d’une autre. L’argent aime la sérénité, la stabilité et le calme. Cependant, je pense qu’il s’agit d’une évolution tactique temporaire et n’aura qu’une influence temporaire.

D’autres questions, s’il vous plaît.

QUESTION : Monsieur le Président, pouvez-vous nous dire si vous vous attendiez à une réaction aussi sévère aux actions de la Russie de la part de vos partenaires occidentaux ? Pourriez-vous nous donner des détails sur vos conversations avec vos partenaires occidentaux ? Nous n’avons eu qu’un communiqué du service de presse. Et que pensez-vous du sommet du G8 à Sotchi – aura-t-il lieu ?

VLADIMIR POUTINE : En ce qui concerne les réactions, le G8 et les conversations. Nos conversations sont confidentielles, certaines même ont lieu via des lignes sécurisées. Par conséquent, je ne suis pas autorisé à divulguer les échanges avec mes partenaires. Par contre, je vais me référer à certaines déclarations publiques faites par mes collègues de l’Ouest ; sans donner de noms, je vais les commenter d’une manière générale.

A quoi prêtons-nous attention ? On nous dit souvent que nos actions sont illégitimes, mais quand je demande : « Pensez-vous que ce que vous faites est légitime ? » Ils disent « oui ». Je dois ensuite leur rappeler les actions des États-Unis en Afghanistan, en Irak et en Libye, où ils ont agi soit sans l’aval de l’ONU soit ont complètement dénaturé le contenu des résolutions, comme c’était le cas avec la Libye. Là, comme vous le savez, la résolution ne parlait que de fermer l’espace aérien aux avions du gouvernement, alors que tout ça s’est terminé par des bombardements et des opérations terrestres des forces spéciales.

Nos partenaires, en particulier dans les Etats-Unis, expriment toujours clairement leurs propres intérêts d’état et géopolitiques et les suivent avec persévérance. Puis, en utilisant le principe « Vous êtes soit avec nous, soit contre nous », ils entraînent le monde entier dans le processus. Et ceux qui ne s’associent pas à eux se font « tabasser » jusqu’à ce qu’ils cèdent.

Notre approche est différente. Nous partons de la conviction que nous agissons toujours légitimement. Personnellement, j’ai toujours été un défenseur d’agir en conformité avec le droit international. Je tiens à souligner encore une fois que si nous prenons la décision, celle d’utiliser les forces armées, ce sera une décision légitime en pleine conformité avec les normes générales du droit international, puisque nous avons reçu l’appel du Président légitime, et avec nos engagements qui dans ce cas coïncident avec nos intérêts à protéger les personnes avec qui nous avons des liens historiques, culturels et économiques étroits. La protection de ces personnes est dans notre intérêt national. Il s’agit d’une mission humanitaire. Nous n’avons pas l’intention de soumettre quiconque ni de dicter sa conduite à personne. Cependant, nous ne pouvons pas rester indifférents si nous voyons qu’ils sont persécutés, détruits et humiliés. Cependant, j’espère sincèrement que nous n’en arriverons pas là.

QUESTION : Comment analysez-vous la réaction occidentale devant les événements en Ukraine et leurs menaces concernant la Russie : sommes-nous confrontés à la possibilité de sanctions ou de retrait du G8 ?

VLADIMIR POUTINE : En ce qui concerne les sanctions. C’est surtout ceux qui veulent les appliquer qui devraient envisager les conséquences. Je crois que dans le monde moderne, où tout est interconnecté et interdépendant, il est possible de causer des dommages à un autre pays, mais les dommages seraient mutuels et il faut garder ça à l’esprit. Première chose.

La deuxième chose, et la plus importante. Je vous ai déjà dit ce qui nous motive. Mais qu’est-ce qui motive nos partenaires ? Ils ont soutenu une prise de pouvoir armée inconstitutionnelle, ont déclaré que ces gens étaient légitimes et tentent de les soutenir. Par ailleurs, en dépit de tout cela, nous avons été patients et même prêts à coopérer ; nous ne voulons pas perturber notre coopération. Comme vous le savez , il y a quelques jours j’ai demandé au gouvernement d’envisager comment nous pouvions maintenir des contacts même avec ce pouvoir à Kiev que nous ne considérons pas légitime afin de préserver nos relations économiques et industrielles. Nous pensons que nos actions ont été absolument raisonnables, tandis que toute menace contre la Russie est contre-productive et nuisible.

En ce qui concerne le G8, je ne sais pas. Nous serons prêts à accueillir le sommet avec nos collègues. S’ils ne veulent pas venir – ainsi soit-il .

QUESTION : Puis-je ajouter quelque chose à propose des contacts ? A mes yeux, vous considérez le Premier ministre de Crimée M. Aksyonov comme le représentant légitime des autorités gouvernementales. Etes-vous prêt à avoir des contacts avec ceux qui se considèrent comme les autorités légitimes à Kiev ?

VLADIMIR POUTINE : Je viens d’en parler. Vous avez dû rater quelque chose.

QUESTION : Je veux dire, au plus haut niveau pour une solution politique .

VLADIMIR POUTINE : Je n’ai pas de partenaire au plus haut niveau. Il n’y a pas de président là-bas, et il ne peut pas y en avoir avant les élections générales.

Comme pour la Crimée, le Parlement a été constitué en 2010, en décembre 2010, si je me souviens bien Il y a 100 députés représentant six partis politiques. Après la démission de l’ancien premier ministre, le Parlement de Crimée, en conformité avec la législation et les procédures en vigueur, a élu un nouveau Premier ministre lors d’une session du Conseil suprême de Crimée. Il est certainement légitime. Ils ont respecté toutes les procédures prévues par la loi, il n’y a eu aucune infraction. Cependant, il y a quelques jours, lorsqu’un un groupe d’hommes armés a tenté d’occuper le bâtiment du Soviet suprême de Crimée, cela a provoqué l’inquiétude des riverains. Il semble que quelqu’un voulait appliquer le scénario de Kiev en Crimée et lancer une série d’attaques terroristes et provoquer le chaos. Naturellement, cela suscite de graves inquiétudes parmi les résidents locaux. C’est pourquoi ils ont mis en place des comités d’auto-défense et pris le contrôle de toutes les forces armées.

Incidemment, j’étudiais le rapport hier pour voir ce qu’ils ont pris – c’est comme une zone fortifiée. Il y a plusieurs dizaines d’unités C-300, plusieurs douzaines de systèmes de défense aérienne, 22 000 soldats et beaucoup plus. Cependant, comme je l’ai dit, tout cela est entre les mains du peuple de Crimée et sans un seul coup de feu tiré.

QUESTION : Monsieur le Président, une clarification, si vous me le permettez. Les personnes qui bloquaient les unités de l’armée ukrainienne en Crimée portaient des uniformes qui ressemblaient fort à l’uniforme de l’armée russe. Etait-ce des soldats russes, l’armée russe ?

VLADIMIR POUTINE : Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur états post-soviétiques. Il existe de nombreux uniformes là-bas qui sont similaires. Vous pouvez aller dans un magasin et acheter tout type d’uniforme .

QUESTION : Mais étaient-ils des soldats russes ou pas ?

VLADIMIR POUTINE : Ce sont des unités d’autodéfense locales.

QUESTION : Sont-elles bien formées ? Si on les compare aux unités d’auto-défense à Kiev …

VLADIMIR POUTINE : Mon cher collègue, observez comment les gens qui ont opéré à Kiev étaient bien formés. Comme nous le savons tous, ils ont été formés dans des bases spéciales dans les pays voisins : en Lituanie, en Pologne et en Ukraine aussi. Ils ont été longuement formés par des instructeurs. Ils ont été divisés en groupes de dizaines et de centaines, leurs actions étaient coordonnées, ils ont de bons systèmes de communication. Tout a marché comme sur des roulettes. Les avez-vous vus en action ? Ils avaient l’air très professionnel, comme des forces spéciales. Pourquoi pensez-vous que ceux en Crimée seraient pire ?

QUESTION : Dans ce cas, permettez-moi d’être plus précis : avons-nous pris part à la formation des forces d’auto-défense en Crimée ?

VLADIMIR POUTINE : Non, nous n’y avons pas pris part.

QUESTION : Comment voyez-vous l’avenir de la Crimée ? Envisagez-vous la possibilité qu’elle rejoigne la Russie ?

VLADIMIR POUTINE : Non, nous ne l’envisageons pas. En général, je crois que seuls les habitants d’un pays donné qui jouissent de la liberté et sont en totale sécurité peuvent et doivent décider de leur sort. Si ce droit a été accordé aux Albanais du Kosovo, si cela a été possible dans de nombreuses parties du monde, alors le droit des nations à l’autodétermination n’est pas exclu, ce qui, à ma connaissance, est défini dans plusieurs documents de l’ONU. Cependant, nous n’allons en aucune manière provoquer une telle décision et n’encouragerons pas de tels sentiments.

Je tiens à souligner que je crois que seules les personnes vivant sur un territoire donné ont le droit de déterminer leur propre avenir .

QUESTION : Deux questions. Vous avez dit que l’envoi de troupes en Ukraine est une mesure extrême, mais néanmoins vous n’excluez pas cette option. Pourtant, si les troupes russes entrent Ukraine, cela pourrait déclencher une guerre. Cela ne vous dérange pas ?

Et une deuxième question. Vous dites que Ianoukovitch n’a pas donné l’ordre de tirer sur les gens. Mais quelqu’un a tiré sur les manifestants. Et de toute évidence, il s’agissait de tireurs d’élite, de tireurs d’élite formés.

VLADIMIR POUTINE : Vous savez, certaines personnes, y compris ceux qui se trouvaient récemment parmi les manifestants, ont exprimé l’opinion qu’il s’agissait de provocateurs de l’un des partis de l’opposition. En avez-vous entendu parler ?

Réponse : Non, je n’en ai pas entendu parler.

VLADIMIR POUTINE : Regardez les documents – ils sont en libre accès. C’est pourquoi il est très difficile d’avoir une analyse précise de la situation. Mais vous et moi avons vu de nos yeux que lorsque les combattants Berkut étaient là avec leurs boucliers et se faisaient tirer dessus – et il ne s’agissait pas d’armes à air comprimé, mais d’armes d’assaut qui perçaient leurs boucliers. C’est quelque chose que nous avons vu sans aucun doute. Quant à savoir qui a donné l’ordre – je ne sais pas. Je sais que ce que M. Ianoukovitch m’a dit. Et il m’a dit qu’il n’avait pas donné d’ordres, et même plus, qu’il avait donné des instructions – après la signature d’un accord – pour retirer toutes les unités de la milice de la capitale.

Si vous voulez, je peux vous en dire encore plus. Il m’a appelé au téléphone et je lui ai dit de ne pas les retirer. J’ai dit : « Vous aurez l’anarchie, vous aurez le chaos dans la capitale. Pensez au peuple. » Mais il l’a fait quand même. Et dès qu’il l’a fait, son bureau a été occupé, ainsi que le siège du gouvernement, et le chaos sur lequel j’avais mis en garde, et qui se poursuit à ce jour, a éclaté.

QUESTION : Et la première question ? Craignez-vous que la guerre n’éclate ?

VLADIMIR POUTINE : Non, parce que nous n’avons pas l’intention et nous ne combattrons pas contre le peuple ukrainien.

QUESTION : Mais il y a des troupes ukrainiennes, l’armée ukrainienne.

VLADIMIR POUTINE : Écoutez attentivement. Je veux que vous me compreniez bien : si nous prenons une telle décision, ce sera uniquement pour protéger les citoyens ukrainiens. Et nous allons bien voir si ces troupes osent tirer leur propre peuple, avec nous derrière – pas devant, mais derrière. Qu’ils essayent donc de tirer sur des femmes et des enfants ! J’aimerais bien voir ceux qui donneraient un tel ordre en Ukraine.

QUESTION : Puis-je poser une question, Monsieur le Président ? Nos collègues, mes collègues, qui travaillons actuellement en Ukraine, disent pratiquement tous les jours que la situation pour les combattants Berkut ne fait que s’aggraver (à l’exception peut-être de la Crimée ). A Kiev en particulier, il y a des agents Berkut blessés qui sont dans les hôpitaux maintenant, où personne ne les soigne et où ils ne sont même pas alimentés. Et leurs familles, y compris les membres âgés de la famille, ne peuvent tout simplement pas quitter leur maison, parce qu’ils ne sont pas autorisés, il y a des barricades tout autour, ils sont humiliés. Pouvez-vous commenter cela ? Est-ce que la Russie peut aider ces familles et ces collègues ?

VLADIMIR POUTINE : Oui, cette question est d’une grande préoccupation pour nous. Après tout, ce ne sont pas des officiers du ministère de l’Intérieur de la Russie, et nous ne gérons pas la situation là-bas. Mais pour des considérations humanitaires, il serait bon que nos organisations des droits de l’homme s’impliquent dans cette affaire, nous pourrions demander à Vladimir Lukin, seul ou avec ses collègues, aux représentants de la France, de l’Allemagne et de la Pologne, avec qui nous avons participé à l’élaboration du document bien connu du 21 Février 2014, pour se rendre sur place et voir ce qui se passe là-bas avec ces agents Berkut, qui n’ont enfreint aucune loi et ont agi conformément aux ordres. Ce sont des militaires, ils étaient là à faire face à des balles, ils ont été arrosés avec du feu et des cocktails Molotov. Ils ont été blessés et sont maintenant dans un hôpital. C’est même difficile à imaginer – même les prisonniers de guerre sont nourris et soignés. Mais non seulement ils ont cessé de les soigner, ils ont même arrêté de les nourrir. Et ils ont encerclé le bâtiment où vivent leurs familles, qui subissent des brimades. Je pense que les organisations des droits de l’homme devraient se pencher sur la question. Pour notre part, nous sommes prêts à leur fournir des soins médicaux ici, en Russie .

QUESTION : Monsieur le Président, pour revenir à la réaction de l’Occident. Suite à la déclaration sévère du secrétaire d’état des Etats-Unis, le Conseil de la Fédération a suggéré que nous rappelions notre ambassadeur aux États-Unis. Êtes-vous favorable à cette idée ?

VLADIMIR POUTINE : Le Secrétaire d’État des États-Unis est certainement un personnage important, mais il n’est pas l’autorité ultime qui détermine la politique étrangère des États-Unis. Nous entendons des déclarations de divers politiciens et des représentants des différentes forces politiques. Ce serait une mesure extrême. S’il le faut, nous la prendrons. Mais je ne veux vraiment pas en arriver là, parce que je pense que la Russie n’est pas la seule intéressée par la coopération avec ses partenaires au niveau international et dans des domaines tels que l’économie, la politique étrangère et la sécurité, nos partenaires sont tout aussi intéressés par cette coopération. Il est très facile de détruire ces instruments de coopération et il serait très difficile de les reconstruire.

QUESTION : La Russie s’est impliquée dans le sort de M. Ianoukovitch. Comment voyez-vous son avenir ?

VLADIMIR POUTINE : Vous savez, il est très difficile pour moi de le dire, je ne l’ai pas analysé attentivement. Je pense qu’il n’a pas d’avenir politique, et je lui ai dit. Quant à « s’impliquer dans son sort » – nous l’avons fait pour des raisons purement humanitaires. La mort est le moyen le plus facile pour se débarrasser d’un président légitime, et je pense que c’est ce qui serait arrivé. Je pense qu’ils l’auraient tout simplement tué. Par ailleurs, se pose la question : pour quoi faire ? Après tout, regardez comment tout a commencé, ce qui a déclenché ces événements. La raison officielle était qu’il n’a pas signé l’accord d’association avec Union européenne. Aujourd’hui, cela semble absurde, ridicule même. Mais je tiens à souligner qu’il n’a pas refusé de signer l’accord d’association. Il a dit : « Nous l’avons soigneusement examiné, et son contenu ne correspond pas à nos intérêts nationaux. Nous ne pouvons pas augmenter fortement les prix de l’énergie pour notre peuple, parce qu’il est déjà dans une situation assez difficile. Nous ne pouvons pas le faire, pour telle et telle raison. Nous ne pouvons pas rompre immédiatement nos relations économiques avec la Russie, parce que notre coopération est très vaste. »

J’ai déjà présenté ces chiffres : sur environ 14 milliards de dollars d’exportations, environ 5 milliards sont constitués par des produits manufacturés de deuxième et troisième niveau exportés vers la Russie. En d’autres termes, à peu près tous les produits d’ingénierie sont exportés vers la Russie ; l’Occident n’achète pas des produits ukrainiens. Prendre tout cela et le briser, introduire des normes techniques européennes dans l’économie ukrainienne qui, heureusement ou malheureusement, ne sont pas utilisées pour le moment. Nous allons adopter ces normes un jour, mais actuellement ces normes ne sont pas en vigueur en Russie. Cela signifie que le lendemain, nos relations et des liens de coopération seraient brisés les entreprises seraient au point mort et le chômage augmenterait. Et qu’a dit Ianoukovitch ? Il a dit, « je ne peux pas le faire si soudainement, discutons-en un peu plus » Il n’a pas refusé de signer, il a demandé de discuter un peu plus, et c’est là que toute cette folie a commencé.

Pourquoi ? A-t-il fait quelque chose hors du cadre de son autorité ? Il a agi absolument dans le cadre de son autorité ; il n’a rien violé du tout. C’était tout simplement une excuse pour soutenir les forces opposées à lui dans leur lutte pour le pouvoir. Dans l’ensemble, il n’y a là rien d’extraordinaire. Mais fallait-il vraiment porter les choses à un tel niveau d’anarchie, à un renversement inconstitutionnel et une prise de pouvoir par les armes, plongeant par la suite le pays dans le chaos où il se trouve aujourd’hui ? Je pense que c’est inacceptable. Et ce n’est pas la première fois que nos partenaires occidentaux le font en Ukraine. J’ai parfois le sentiment que quelque part de l’autre côté de cet immense flaque d’eau, là-bas en Amérique, il y a des gens qui s’assoient dans un laboratoire et qui mènent des expériences, comme avec des rats, sans vraiment comprendre les conséquences de ce qu’ils font. Pourquoi ont-ils besoin de faire cela ? Qui peut expliquer cela ? Il n’y a pas d’explication.

La même chose s’est produite au cours du premier soulèvement Maidan, quand M. Ianoukovitch a été empêché d’accéder au pouvoir. Pourquoi a-t-il fallu un troisième tour des élections ? En d’autres termes, c’est devenu une farce – la vie politique de l’Ukraine a été transformée en une farce. La Constitution n’a absolument pas été respectée. Voyez-vous, nous sommes maintenant en train d’apprendre aux gens que si une personne peut violer n’importe quelle loi, alors n’importe qui peut faire la même chose, et c’est ça qui provoque le chaos. C’est là le danger. Au lieu de cela, nous devons apprendre à notre société à suivre d’autres traditions : des traditions de respect de la principale loi de la nation, la Constitution, et toutes les autres lois. Bien sûr, nous ne réussirons pas toujours, mais je pense que d’agir comme ils l’ont fait – comme un éléphant dans un magasin de porcelaine – est contre-productif et très dangereux .

S’il vous plaît.

QUESTION : Monsieur le Président, de votre point de vue, Turchynov est illégitime.

VLADIMIR POUTINE : En tant que président, oui.

QUESTION : Mais la Rada est partiellement légitime.

VLADIMIR POUTINE : Oui.

QUESTION : Est-ce Yatsenyuk et le Cabinet sont légitimes ? Et si la Russie est préoccupée par la montée en puissance des éléments radicaux, qui deviennent plus forts à chaque fois qu’ils se retrouvent face à un ennemi hypothétique qui, à leurs yeux, se trouve être la Russie et sa position d’être prête à envoyer des troupes. Question : est-il logique et est-il possible de tenir des pourparlers avec les forces modérées au sein du gouvernement ukrainien, avec Yatsenyuk, et est-il légitime ?

VLADIMIR POUTINE : Écoutez, il semble que vous n’avez pas entendu ce que j’ai dit. J’ai déjà dit qu’il y a trois jours, j’ai donné des instructions au gouvernement pour renouer des contacts au niveau du gouvernement avec leurs collègues dans les ministères et les départements correspondants en Ukraine, afin de ne pas perturber les relations économiques, pour les soutenir dans leurs efforts pour reconstruire l’économie. Ce sont mes instructions directes au gouvernement russe. Par ailleurs, M. Medvedev est en contact avec [ Arseniy ] Yatsenyuk. Et je sais que Sergei Narychkine, comme président du parlement russe, est en contact avec [ Oleksandr ] Turchynov. Mais, je le répète, toutes nos relations commerciales et économiques et autres, nos relations humanitaires, ne peuvent être pleinement développées qu’après une normalisation de la situation et des élections présidentielles,

QUESTION : Gazprom a déjà dit qu’ils allaient revenir à l’ancien prix du gaz, à partir d’avril.

VLADIMIR POUTINE : Gazprom n’a pas pu dire ça, vous n’avez pas écouté attentivement ou ils ne se sont pas exprimés clairement. Gazprom ne revient pas à l’ancien prix. Ils ne veulent tout simplement pas étendre les réductions actuelles, qu’ils avaient décidé de réviser sur une base trimestrielle. Avant même tous ces événements, avant même l’entrée en crise. Je suis au courant des négociations entre Gazprom et ses partenaires. Gazprom et le gouvernement de la Fédération de Russie ont convenu que Gazprom accorderait une remise en réduisant les prix du gaz à $ 268,50 pour 1000 mètres cubes. Le gouvernement de la Russie fournit la première tranche du prêt, qui ne constitue pas formellement un prêt, mais un achat d’obligations – un quasi-prêt, de 3 milliards de dollars dans la première étape. Et côté ukrainien, ils s’engagent à rembourser intégralement la dette du dernier semestre de l’année dernière et à effectuer des paiements réguliers pour ce qu’ils consomment – pour le gaz. La dette n’a pas été remboursée, les paiements réguliers ne sont pas versés intégralement.

En outre, si les partenaires ukrainiens ne parviennent pas à effectuer le paiement de février, la dette va augmenter encore plus. Aujourd’hui, elle est de l’ordre de 1,5 à 1,6 milliards de dollars. Et si l’échéance de février n’est pas réglée, elle s’élèvera à près de 2 milliards de dollars. Naturellement, dans ces circonstances, Gazprom a dit : « Écoutez les gars, puisque vous ne nous payez pas de toute façon, et que votre dette ne fait qu’augmenter, appliquons le prix habituel, qui est encore un prix réduit. »
Il s’agit d’un aspect purement commercial des activités de Gazprom, qui prévoit des revenus et des dépenses dans ses plans d’investissement, comme n’importe quelle autre grande entreprise. S’ils ne reçoivent pas l’argent de leurs partenaires ukrainiens à temps, cela affecte leurs propres programmes d’investissement, ce qui devient un réel problème pour eux. Et d’ailleurs, cela n’a pas à voir avec les événements en Ukraine ou de toute autre politique. Il y avait un accord : « Nous vous donnons de l’argent et des tarifs du gaz réduits, et vous effectuez des paiements réguliers » Ils leur ont donné l’argent et des tarifs réduits, mais les paiements n’ont pas été effectués. Alors, naturellement, Gazprom a dit : « Les gars, ça peut pas continuer. »

QUESTION : Monsieur le Président, le service de presse de [la chancelière fédérale allemande] Mme Merkel a déclaré après votre conversation téléphonique que vous aviez décidé d’envoyer une mission d’enquête internationale en Ukraine et de mettre en place un groupe de contact.

VLADIMIR POUTINE : J’ai dit que nous avons des gens qui ont la formation et les compétences nécessaires pour être en mesure d’examiner cette question et d’en discuter avec nos collègues allemands. Tout cela est possible. J’ai donné les instructions en conséquence à notre ministre des Affaires étrangères, qui s’est réuni ou se réunira avec le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Frank-Walter Steinmeier, hier ou aujourd’hui pour discuter de cette question.

QUESTION : Tous les regards sont braqués sur la Crimée à l’heure actuelle, bien sûr, mais nous voyons ce qui se passe dans d’autres parties de l’Ukraine aussi, à l’est et au sud. Nous voyons ce qui se passe à Kharkov, Donetsk, Odessa et Lugansk. Les gens hissent le drapeau russe sur les bâtiments du gouvernement et font appel à la Russie pour de l’aide et du soutien. La Russie va-t-elle répondre à ces événements ?

VLADIMIR POUTINE : Vous pensez que nous n’avons pas répondu ? Il me semble que nous venons de passer une heure à discuter de cette réponse. Cependant, dans certains cas, les événements prennent une tournure, à mon avis, inattendue. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais la réaction à laquelle nous assistons est compréhensible, par principe. Nos partenaires occidentaux et ceux qui se qualifient eux-mêmes de gouvernement à Kiev n’avaient-ils pas prévu cette tournure ? Je leur ai répété maintes fois : pourquoi faites-vous monter la frénésie dans le pays ? Qu’est-ce que vous faites ? Mais ils continuent à pousser en avant. Evidemment, les gens dans la partie orientale du pays se rendent compte qu’ils ont été écartés du processus de prise de décision.

Essentiellement, ce qui est nécessaire maintenant, c’est d’adopter une nouvelle constitution et la soumettre à un référendum afin que tous les citoyens de l’Ukraine puissent prendre part au processus et avoir leur mot à dire sur le choix des principes de base qui constitueront les fondements du gouvernement de leur pays. Mais ceci n’est pas notre affaire, bien sûr. C’est au peuple ukrainien et aux autorités ukrainiennes de décider. Je pense qu’une fois qu’un gouvernement légitime est en place, et qu’un nouveau président et parlement sont élus, ce qui est prévu, les choses iront probablement de l’avant. Si j’étais à leur place, je reviendrais à la question de l’adoption d’une constitution et, comme je le disais, le soumettrais à un référendum afin que chacun puisse avoir son mot à dire, de voter, puis de respecter le choix. Si des gens se sentent exclus de ce processus, ils ne seront jamais d’accord avec et continueront à le combattre. Qui a besoin de ça ? Mais comme je l’ai dit, ce n’est pas notre affaire.

QUESTION : Est-ce que la Russie reconnaîtra l’élection présidentielle prévue qui aura lieu en Ukraine ?

VLADIMIR POUTINE : Voyons d’abord comment les choses se déroulent. Si l’élection est accompagnée par le même genre de terreur que nous voyons maintenant à Kiev, nous ne la reconnaîtrons pas.

QUESTION : J’aimerais revenir à la réaction de l’Occident. Alors que les propos sont toujours sévères, il y aura l’ouverture des jeux paralympiques dans quelques jours à Sotchi. Y’a-t-il un risque pour ces jeux, du moins en ce qui concerne leur couverture médiatique internationale ?

VLADIMIR POUTINE : Je ne sais pas, je pense que ce serait le comble du cynisme que de perturber les Jeux paralympiques. Nous savons tous qu’il s’agit d’un événement sportif international où les personnes handicapées peuvent montrer leurs capacités, prouver à eux-mêmes et au monde entier que ce ne sont pas des personnes ayant des limitations, mais au contraire, des gens avec des possibilités illimitées, et de montrer leurs prouesses sportives. S’il y a des gens prêts à perturber cet événement, cela montre que pour eux il n’y a vraiment rien de sacré.

QUESTION : Je voudrais poser une question sur l’éventualité d’un recours à l’armée. Les gens de l’Ouest ont dit que si la Russie prenait une telle décision, elle violerait le Protocole de Budapest, en vertu duquel les États-Unis et certains partenaires de l’OTAN ont reconnu l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de sa promesse de renoncer aux armes nucléaires. Si les événements prenaient une telle tournure, est-ce qu’on pourrait assister à une intervention de grandes puissances dans ce conflit local et sa transformation en un conflit global ? Avez-vous pris ces risques en compte ?

VLADIMIR POUTINE : Avant de faire des déclarations publiques, et d’autant plus avant d’avoir pris des mesures concrètes, nous réfléchissons mûrement et prêtons beaucoup d’attention et essayons de prévoir les conséquences et les réactions que les différents acteurs potentiels pourraient avoir.

En ce qui concerne le protocole dont vous avez parlé, vous avez dit que vous étiez de l’agence Reuters, n’est-ce pas ?

RÉPONSE : Oui.

VLADIMIR POUTINE : Comment le public et le monde politique de votre pays voient ces événements qui ont eu lieu ? Après tout, il est clair qu’il s’agit d’une prise de pouvoir par les armes. C’est un fait clair et évident. Et il est clair aussi que cela viole la Constitution. Ca aussi, c’est évident, n’est-ce pas ?

RÉPONSE : Je vis en Russie.

VLADIMIR POUTINE : Tant mieux pour vous ! Vous devriez rejoindre le service diplomatique, vous feriez un bon diplomate. Les langues des diplomates, comme nous le savons, sont là pour occulter leurs pensées. Donc, ce à quoi nous assistons est un coup d’état anticonstitutionnel, et on nous répond, non, c’est pas vrai. Vous avez probablement souvent entendu déjà que ce n’est pas un coup d’état anticonstitutionnel ni une prise de pouvoir par les armes, mais une révolution. Avez-vous entendu cela ?

RÉPONSE : Oui.

VLADIMIR POUTINE : Oui, mais si c’est une révolution, qu’est-ce que cela signifie ? Dans un tel cas, il est difficile de ne pas être d’accord avec certains de nos experts qui disent qu’un nouvel état est en train d’émerger dans ce territoire. Exactement comme ce qui s’est passé quand l’Empire Russe s’est effondrée après la révolution de 1917 et un nouvel état a émergé. Et ce serait un nouvel état, avec lequel nous n’avons signé aucun accord contraignant.

QUESTION : Je tiens à préciser un point. Vous avez dit que si les États-Unis imposaient des sanctions, ce serait un coup porté aux deux économies. Est-ce à dire que la Russie pourrait imposer elle-même des contre-sanctions et, si oui, constitueraient-elles une réponse symétrique ?

Vous avez parlé aussi des réductions du prix du gaz. Mais il y avait aussi le contrat d’achat d’obligations ukrainiennes pour 15 milliards de dollars. L’Ukraine a reçu la première tranche à la fin de l’année dernière. Le paiement du solde a-t-il été suspendu ? Si la Russie fournit une aide, à quelles conditions économiques et politiques précises le fera-t-elle ? Et quels sont les risques politiques et économiques envisagés dans ce cas ?

VLADIMIR POUTINE : Pour répondre à votre question, nous sommes en principe prêts à prendre les mesures nécessaires pour rendre les autres tranches disponibles pour l’achat d’obligations. Mais nos partenaires occidentaux nous ont demandé de ne pas le faire. Ils nous ont demandé de collaborer à travers le FMI pour encourager les autorités ukrainiennes à mener les réformes nécessaires pour réaliser la reprise de l’économie ukrainienne. Nous allons continuer à travailler dans cette direction. Mais étant donné que Naftogaz de l’Ukraine ne paie plus Gazprom, le gouvernement envisage différentes options.

QUESTION : Monsieur le Président, la dynamique des événements en Ukraine évolue-t-elle pour le meilleur ou pour le pire ?

VLADIMIR POUTINE : Dans l’ensemble, je pense que la situation est en train de progressivement se stabiliser. Nous devons absolument faire comprendre au gens du sud-est de l’Ukraine qu’ils peuvent se sentir en sécurité, et savoir qu’ils pourront prendre part au processus politique général de stabilisation du pays .

QUESTION : Vous avez plusieurs fois mentionné de futures élections légitimes en Ukraine. Qui voyez-vous comme un candidat de compromis ? Bien sûr, vous allez me dire que c’est au peuple ukrainien de décider, mais je vous pose la question quand même.

VLADIMIR POUTINE : Pour être honnête, je n’en sais rien.

RÉPONSE : Il semblerait que les gens non plus n’en savent rien, parce que peu importe à qui on parle, tout le monde semble perdu.

VLADIMIR POUTINE : Je ne peux vraiment rien dire. Vous savez, il est difficile de faire des prédictions après des événements de ce genre. J’ai déjà dit que je ne suis pas d’accord avec cette manière de prendre le pouvoir et d’éliminer les autorités en place et le président, et je m’oppose fermement à ce type de méthode en Ukraine comme dans toute l’espace post-soviétique en général. Je m’y oppose parce que ce genre de méthode n’inculque pas une culture juridique, un respect de la loi. Si une personne peut s’en sortir en faisant ça, cela signifie que tout le monde a le droit de le tenter, et cela signifie le chaos. Il faut comprendre que ce genre de chaos est la pire chose qui puisse arriver à un pays qui a une économie chancelante et un système politique instable. Dans ce genre de situation, vous ne savez jamais quel genre de personnage surgira des évènements. Il suffit de rappeler, par exemple, le rôle que les troupes d’assaut de [ Ernst ] Roehm ont joué pendant la montée d’Hitler au pouvoir. Plus tard, ces troupes d’assaut ont été liquidées, mais elles ont joué un rôle dans la montée au pouvoir d’Hitler. Les événements peuvent prendre toutes sortes de tournures inattendues.

Permettez-moi de répéter que, dans des situations où les gens appellent à des réformes politiques profondes et à de nouveaux visages à la tête du pays, et avec toutes les raisons du monde – en cela je suis d’accord avec ceux de Maidan – il y a aussi le risque de voir soudainement surgir une bande nationaliste ou semi-fasciste, comme un génie sortant tout à coup de la lampe – et nous les voyons aujourd’hui, des gens qui portent des brassards avec signes qui ressemblent à des croix gammées, qui rôdent encore à Kiev à ce moment – ou des antisémites ou autre. C’est aussi un danger qui guette.

QUESTION : D’ailleurs, aujourd’hui même, l’envoyé ukrainien de l’ONU a déclaré que les crimes commis par les partisans de Bandera ont été falsifiés par l’Union soviétique. Avec le 9 mai qui se rapproche, nous pouvons voir maintenant qui est au pouvoir. Devrions-nous avoir encore le moindre contact avec ces gens-là ?

VLADIMIR POUTINE : Nous avons besoin d’avoir des contacts avec tout le monde, sauf avec les criminels évidents, mais comme je l’ai dit, dans ce genre de situation, il y a toujours le risque que les événements mettent en avant des gens avec des opinions extrêmes, ce qui, bien-sûr, a de graves conséquences pour le pays.

QUESTION : Vous avez dit que nous devrions avoir des contacts avec tout le monde. Il semble qu’Ioulia Timochenko prévoit de venir à Moscou.

VLADIMIR POUTINE : Comme vous le savez, nous avons toujours travaillé de façon très constructive avec tous les différents gouvernements ukrainiens, quelle que soit leur couleur politique. Nous avons travaillé avec Leonid Koutchma, et avec [ Viktor ] Iouchtchenko. Quand j’étais Premier ministre, j’ai travaillé avec Mme Timochenko. Je lui ai rendu visite en Ukraine et elle est venue ici en Russie. Nous avons eu à faire face à toutes sortes de situations différentes dans notre travail pour gérer les économies de nos pays. Nous avons eu nos différences, mais nous avons également conclu des ententes. Globalement, ce fut un travail constructif. Si elle veut venir en Russie, qu’elle vienne. Qu’elle ne soit plus Premier ministre, c’est autre chose. En quelle qualité viendrait-elle ? Mais je n’ai personnellement aucune intention de l’empêcher de venir en Russie.

QUESTION : Juste une petite question : qui pensez-vous est derrière ce coup d’état, comme vous l’avez appelé, en Ukraine ?

VLADIMIR POUTINE : Comme je l’ai déjà dit, je pense que c’était une action bien préparée. Bien sûr, il y avait des unités de combat. Elles sont toujours là, et nous avons tous vu combien elles ont été efficaces. Leurs instructeurs occidentaux ont fait bien sûr beaucoup d’efforts. Mais là n’est pas le vrai problème. Si le gouvernement ukrainien avait été fort, confiant, et avait construit un système stable, aucun nationaliste n’aurait pu mener à bien ces programmes et obtenir les résultats que nous voyons maintenant.

Le vrai problème est qu’aucun des précédents gouvernements ukrainiens n’a accordé une attention adéquate aux besoins de la population. Ici, en Russie, nous avons beaucoup de problèmes, et beaucoup d’entre eux sont similaires à ceux de l’Ukraine, mais ils ne sont pas aussi aigus qu’en Ukraine. Le revenu mensuel moyen par habitant en Russie, par exemple, est de 29 700 roubles, mais en Ukraine, si nous convertissons en roubles , il est de 11 900 roubles, je crois – près de trois fois moins qu’en Russie. La pension moyenne en Russie est 10 700 roubles, mais en Ukraine, elle est de 5500 roubles – deux fois moins qu’en Russie. Les anciens combattants de la Grande guerre patriotique en Russie reçoivent chaque mois presque autant que le travailleur moyen. En d’autres termes, il existe une différence importante du niveau de vie. C’est sur ça que les différents gouvernements auraient dû se pencher dès le début. Bien sûr, ils devaient aussi lutter contre la criminalité, le népotisme, les clans et ainsi de suite, en particulier dans l’économie. Les gens voient ce qui se passe, ce qui provoque un manque de confiance dans les autorités.

Cela s’est poursuivi pendant que plusieurs générations de politiciens ukrainiens modernes se sont relayés, et le résultat final est que les gens sont déçus et veulent voir un nouveau système et de nouvelles têtes au pouvoir. C’est la principale cause des événements qui ont eu lieu. Mais je le répète : un changement de pouvoir, à en juger par la situation dans son ensemble, était probablement nécessaire en Ukraine, mais il aurait dû n’avoir lieu que par des moyens légitimes, dans le respect et pas en violation de la Constitution en vigueur.

QUESTION : Monsieur le Président, si la Crimée organise un référendum et les gens là-bas votent pour la sécession de l’Ukraine, c’est-à-dire si la majorité des habitants de la région vote en faveur de la sécession, apporteriez-vous votre soutien ?

VLADIMIR POUTINE : En politique, vous ne pouvez jamais employer le conditionnel. Je vais m’en tenir à cette règle.

QUESTION : Est-ce que Ianoukovitch est même encore en vie ? Il y a eu des rumeurs selon lesquelles il est mort.

VLADIMIR POUTINE : Je l’ai vu une seule fois depuis son arrivée en Russie. C’était il y a seulement deux jours. Il était vivant et en bonne santé et vous souhaite la même chose. Il aura encore l’opportunité d’attraper un rhûme à l’enterrement de ceux qui répandent ces rumeurs sur sa mort.

QUESTION : Monsieur le Président, quelles erreurs pensez-vous qu’Ianoukovitch a commises au cours de ces derniers mois au fur et à mesure que la situation s’intensifiait en Ukraine ?

VLADIMIR POUTINE : Je préfère ne pas répondre à cette question, non pas parce que je n’ai pas d’opinion, mais parce que je ne pense pas que ce serait bon de ma part. Vous devez comprendre, après tout …

QUESTION : Avez-vous de la sympathie pour lui ?

VLADIMIR POUTINE : Non, j’ai des sentiments totalement différents. Toute personne à la tête d’un état porte une énorme responsabilité sur ses épaules, et elle a des droits et aussi des obligations. Mais la plus grande obligation de toutes est celle de respecter la volonté du peuple qui vous a confié le pays, en agissant dans le cadre de la loi. Il faut donc analyser, a-t-il fait tout ce que la loi et le mandat des électeurs lui conféraient de faire ? Vous pouvez analyser ceci vous-mêmes et tirer vos propres conclusions.

QUESTION : Mais quels sentiments avez-vous pour lui ? Vous avez dit « pas de la sympathie, mais d’autres sentiments ». Quels sentiments, exactement ?

VLADIMIR POUTINE : Nous en parlerons plus tard.

QUESTION : Vous avez dit précédemment que nous devons avant tout envoyer un signal clair aux habitants du sud et du sud-est de l’Ukraine. Le sud-est, c’est compréhensible, mais …

VLADIMIR POUTINE : En réalité, nous devons rendre notre position claire pour tout le monde.

Nous avons besoin d’être entendus par l’ensemble du peuple ukrainien. Nous n’avons pas d’ennemis en Ukraine. Permettez-moi de répéter que l’Ukraine est un pays ami. Savez-vous combien de personnes sont venus d’Ukraine en Russie l’année dernière ? 3,3 millions sont venus, et sur ce nombre, près de 3 millions sont venus en Russie pour le travail. Ces personnes travaillent ici – environ 3 millions de personnes. Savez-vous combien d’argent ils envoient à la maison en Ukraine pour soutenir leurs familles ? Comptez le salaire moyen de ces 3 millions de personnes. Ca fait des milliards de dollars et représente une grande contribution au PIB de l’Ukraine. Ce n’est pas une question à prendre à la légère. Ils sont tous les bienvenus, et parmi ceux qui viennent ici pour travailler il y en a aussi beaucoup qui viennent de l’Ukraine occidentale. Ils sont tous égaux à nos yeux, tous des frères.

QUESTION : C’est exactement ce que je voulais demander. Nous entendons surtout parler du sud-est de l’Ukraine en ce moment, ce qui est compréhensible, mais il y a des Russes ethniques et des russophones vivant dans l’ouest de l’Ukraine aussi, et leur situation est probablement encore pire. Ils ne peuvent probablement pas relever la tête du tout et sont une minorité opprimée là-bas. Qu’est-ce que la Russie peut faire pour les aider ?

VLADIMIR POUTINE : Notre position est que si les gens qui se qualifient de gouvernement espèrent maintenant être considérés comme un gouvernement civilisé, ils doivent assurer la sécurité de tous les citoyens, peu importe dans quelle partie du pays, et que nous suivrons bien sûr de près la situation.

Merci.

Traduction « rien en vaut la VO » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles (qui seront corrigées au fur et à mesure de leur signalement par les lecteurs o combien attentifs et exigeants)

Source en anglais : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=11635

 

Guerre en Syrie: Poutine donne une leçon de diplomatie à l’occident…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2013 by Résistance 71

Très marrant de voir d’un côté la presse atlantiste va t’en guerre de France (Libération, Le Monde, Figaro en tête de liste) présenter les propos du président russe comme étant un « rétropédalage » sur la Syrie, disant, comme pour influencer les politicards girouettes pour les débats de l’assemblée, que « La Russie envisage une action contre le régime d’Al Assad… » ; tandis que la presse russe et moyen-orientale (et alternative occidentale) présente l’entretien de Poutine avec les journalistes comme une leçon de diplomatie, disant que   toute action en dehors du CS de l’ONU ne serait que pure agression et violation du droit international… Ce qui est juste dans le contexte étatique auquel nous faisons logiquement face.

Ci-dessous, un condensé de cet entretien réalisé par RT, où Poutine donne à l’occident une leçon de diplomatie et de droit international, qui renvoit les énervés de la gâchette occidentaux à leurs pathétiques études néo-conservatrices impérialistes, sionistes et belliqueuses. Dans cet entretien, Poutine, profitant de la haute position morale qu’il occupe vis à vis de l’occident arrogant et belliciste, joue finement sur tous les terrains: politique, géopolitique, affectif, économique et termine sur une note de mise en garde fine (le dernier paragraphe fait allusion à des livraisons potentielles de S-300 ou 400 à l’Iran voire au Hezbollah… qui sait ?…)

Le monde mesure t’il la chance qu’il a qu’il y ait toujours un Poutine alentour ? Dans ce contexte de marasme étatique prévu et prévisible, il est le phare de l’espoir des nations obsolètes… Il est plus que jamais le garant de la paix mondiale en l’état actuel des choses !

— Résistance 71 —

 

Poutine met en garde contre toute action militaire contre la Syrie contournant le Conseil de Sécurité de l’ONU

 

RT

 

4 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/putin-syria-interview-ap-387/

 

~ Traduit de l’an glais par Résistance 71 ~

 

La Russie a besoin de preuves convaincantes, pas de rumeurs, de la part des experts de l’ONU, que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie a dit le président russe dans un entretien avec First Channel et Associated Press. Ensuite ce sera le rôle du conseil de sécurité de l’ONU de décider de la suite des évènements, a t’il dit.

Parlant a des journalistes de la chaîne de TV russe First Channel et d’AP, le président Vladimir Poutine a fait un nombre de remarques décisives en regard de la supposée attaque chimique dans le conflit syrien, qui a provoquée une menace d’attaque militaire des Etats-Unis sur la Syrie.

Nous croyons qu’au strict minimum nous devrions attendre les résultats de l’inspection de la commission de l’ONU en Syrie.  Nous croyons qu’au minimum les résultats de la commission d’inspection de l’ONU en Syrie devraient être prêts.”, a dit Poutine, ajoutant  que jusqu’ici aucune information n’était disponible sur quel type d’agent chimique avait été employé dans l’attaque près de Damas et qui l’avait perpétré.

J’ai déjà dit que je trouve absolument ridicule de dire que les forces gouvernementales syriennes, qui sont sur une mission offensive et dans certaines régions ont encerclé les soi-disant rebelles et sont en train de les finir, que les forces armées syriennes ont utilisé des armes chimiques prohibées”, a dit Poutine. “Elles savent parfaitement bien que ceci serait la cause de graves sanctions et même d’une opération militaire à leur encontre. Ceci serait stupide et totalement illogique.”

Nous partons du principe que si quelqu’un a des informations sur l’utilisation d’armes chimiques par l’armée régulière syrienne, alors ces preuves doivent être présentées au conseil de sécurité des Nations-Unies et aux inspecteurs de l’ONU”, a dit Poutine, insistant que la preuve se devait d’être “convainquante” et non pas fondée sur des “rumeurs” ou toute autre forme de renseignement résultant “de données d’écoutes”, de conversations, etc… “Mème aux Etats-Unis, des experts doutent du bien-fondé des faits présentés au gouvernement. Ces experts n’excluent pas la possibilité que l’opposition syrienne ait effectué une action de provocation planifiée au préalable afin de donner à leurs sponsors une raison pour une intervention militaire”, a t’il reconnu.

Poutine dit “ne pas exclure” que la Russie prenne part dans une opération militaire s’il est prouvé que le gouvernement syrien soit derrière cette attaque, mais qu’il insistait néanmoins qu’en accord avec le droit international, une décision du conseil de sécutité de l’ONU était requise pour ce faire.

Toutes autres raisons et moyens donnant une ‘excuse’ à une intervention militaire contre une nation souveraine sont inacceptables et ne peut pas être qualifiées autrement que par le mot d’agression”, a noté Poutine.

Répondant à une question concernant l’enregistrement vidéo d’enfants supposés être décédés des suites de l’attaque chimique près de Damas, Poutine a qualifié les images de ces enfants morts “d’horribles”.

“Les questions sont en fait qu’est-ce qu’il s’est passé et qui est responsable. La vidéo montrée ne répond aucunement à ces questions.”, a dit Poutine, partageant l’opinion que la vidéo de référence est une compilation faite par des militants qui, de l’avis même des Etats-Unis, ont des liens avec Al Qaïda et sont connus notoirement pour commettre des atrocités sans nom.

Poutine a recoommandé de faire attention au fait que dans la vidéo montrant des enfants morts, il n’y a pas de parents, de membres de la famille des enfants ou même de personnels médicaux, tandis que les personnes apparaissant dans la vidéo demeurent non-identifiées. Aussi terribles les photos soient-elles, ceci ne prouve en rien la culpabilité de quiconque, a dit Poutine et a appelé pour une enquête approfondie de l’incident.

La Russie remplit des contrats d’armement avec la Syrie “parce que nous croyons que nous travaillons avec un gouvernement légitime et que nous ne violons ni les lois internationales, ni nos obligations”, a assuré Poutine, insistant que l’ONU n’avait imposé aucune sanction sur l’exportation d’armes vers la Syrie.

Il a confirmé que Moscou avait signé un contrat avec Damas pour la livraison de systèmes complexes de défense anti-aérienne S-300. Le système S-300 est quelque peu démodé a dit Poutine “bien qu’ils doivent être un peu meilleurs que les missiles patriots américains”.

La Russie a déjà déployé pour elle-même les nouveaux systèmes S-400 et les S-500 à venir “et ceux-là sont très certainement des armes extrêment efficaces” a ajouté Poutine.

Nous avons un contrat de fourniture de missiles S-300, et nous avons déjà fourni une bonne partie, mais pas tout, parce que nous avons décidé de surprendre ces livraisons pendant un moment. Mais si nous voyons que la loi internationale est violée, nous reconsidèrerons nos actions futures, incluant la livraison de telles armes sensibles en certains endroits du monde,” a t’il promis.

Résistance politique à la 3ème guerre mondiale de l’empire: Poutine patron de la diplomatie mondiale…

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Poutine dit que les Etats-Unis doivent présenter leur preuve au conseil de sécurité de l’ONU

 

RT

 

31 Août 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/putin-us-syria-evidence-249/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré être un “non sens total”, l’idée que le gouvernement syrien ait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple et a appelé les Etats-Unis à présenter leurs supposées preuves devant le conseil de sécurité des Nations Unies.

Poutine a de plus qualifié la tactique occidentale de “provocation”.

Washington a basé sa stratégie de proposition d’attaque de la Syrie sur le fait que les forces du président syrien Bachar Al Assad ont utilisé des agents chimiques, tandis que la Russie trouve l’accusation totalement inacceptable et l’idée de commettre une agression militaire contre le pays encore plus extravagante. Spécifiquement alors qu’une telle mesure serait en violation flagrante de la loi internationale si effectuée en dehors d’un mandat de l’ONU et de son conseil de sécurité.

De plus, Poutine a dit à Obama qu’il devrait considérer les retombées potentielles d’une attaque militaire sur la Syrie et prendre en considération la souffrance de civils innocents.

Le président russe a exprimé sa certitude que la stratégie d’intervention militaire en Syrie est une mesure contingente de l’extérieur en réponse directe aux récents succès au combat des troupes gouvernementales, couplées avec la retraite des “rebelles” de positions qu’ils détenaient depuis longtemps.

Les forces du gouvernement syrien avancent, tandis que les soi-disants rebelles sont dans une situation très délicate, car ils n’ont pas le même équipement que le gouvernement”, a dit Poutine à l’agence ITAR-TASS. Il l’a ensuite traduit en langage direct:

Ce dont ont besoin ceux qui sponsorisent les soi-disants rebelles est très simple: Ils ont besoin d’être aidés dans leur combat… et si ceci se produit, ce sera alors un développement tragique”, a dit Poutine.

La Russie croit que toute attaque augmenterait dans un premier lieu les tensions qui existent déjà dans le pays, et ferait dérailler tout effort pour en terminer avec la guerre.

Toute utilisation unilatérale de la force sans autorisation du conseil de sécurité de l’ONU, peu importe aussi limitée soit-elle, serait une violation très claire du droit international et endommagerait les possibilités de résolution diplomatique de ce conflit et mènerait à une nouvelle bague de confrontations et de nouvelles pertes en vies humaines”, a dit le porte-parole du ministère des AE russe Alexandre Loukachevitch, ajoutant que les menaces furent émises par Washington “en l’absence de toute preuve” d’utilisation même d’armes chimiques.

Vendredi, Washington a dit qu’un plan de frappes limitées était envisagé pour punir Assad d’une “attaque brutale et flagrante à l’arme chimique” qui a soi-disant fait 1400 morts près de la capitale du Pays Damas il y a 10 jours.

Le gouvernement syrien a réfuté les accusations disant que celles-ci étaient invraisemblables tout en pointant ses propres accusations contre les forces “rebelles”, spécifiquement les extrémistes liés à Al Qaïda, qui ont semés le chaos dans le pays ces deux dernières années, depuis le départ de cette guerre civile (NdT: Qui est en faite une guerre d’agression par proxy, par procuration, effectuée par l’occident et ses alliés des royaumes féodaux du Golfe…).

Ingérence impérialiste en Syrie: Poutine arbitre extraordinaire…

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Syrie et armes russes: Contrats légaux avec un gouvernement légitime (Poutine)

 

RIA Novosti

 

18 Juin 2013

 

url de l’article:

http://fr.rian.ru/world/20130618/198571643.html

 

La Russie livre des armes en Syrie selon des contrats légaux avec un gouvernement légitime, et si de tels contrats sont conclus à l’avenir, les livraisons correspondantes auront lieu, a déclaré mardi le président russe Vladimir Poutine.

« Il y a livraisons et livraisons. Nous livrons des armes selon des contrats légaux au gouvernement légitime. C’est le gouvernement du président (Bachar) el-Assad. Et si nous concluons de nouveaux contrats à l’avenir, nous réaliserons les livraisons correspondantes », a indiqué le chef de l’Etat russe lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G8 en Irlande du Nord.

Dans le même temps, M.Poutine a appelé les partenaires européens à réfléchir encore une fois aux risques liés aux éventuelles livraisons d’armes aux rebelles syriens.

Les Etats-Unis et Israël expriment régulièrement leurs préoccupations face aux éventuelles livraisons de batteries antimissiles russes S-300 au régime de Damas. Pour sa part, Moscou déclare que tous les armements que la Russie livre en Syrie sont exclusivement défensifs et ne peuvent pas servir à réprimer l’opposition armée.