Archive pour Vénézuela chavez

La révolution bolivarienne montre le chemin d’une société égalitaire

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, politique et social, société libertaire with tags , , , , on 28 décembre 2010 by Résistance 71
Espérons que Chavez et la révolution bolivarienne ne se heurte pas au mur de la sclérose étatique. A notre avis, un des problemes majeur du bolivarisme est de conserver les structures de l’État alors qu’il est en superbe position de les supprimer pour un progressisme et une émancipation définitive, laissant la place a une société libertaire. La démocratie et l’économie participatives sont de maqniere de plus en plus évidente les solutions pour la société de demain, nettoyée de la fange du capitalisme parasitaire.
L’État est une entrave au progressisme social, même si Chavez en réduit l’impact négatif, que se passera t’il lorsqu’il quittera les commandes ?… L’apres Chavez sera libertaire ou ne sera pas. Il se doit d’oeuvrer des maintenant pour amener l’État a son extinction naturelle ou la réaction l’emportera. Le passage du pouvoir au peuple en autogestion et l’abolition de lÉtat est maintenant la suite logique du bolivarisme vénézuélien. Affaire a suivre…
– Résistance 71 –

« NOUS DEVONS ENTRER AU COEUR, AU PLUS PROFOND DE NOTRE RÉALITÉ. »
Journal de bord d’un certain Hugo Chavez

Thierry DERONNE

En 2010 le Venezuela a remporté de nombreuses victoires dans sa transformation structurelle : la démocratie participative vient d’être renforcée par de nouvelles lois qui multiplient le pouvoir des conseils communaux et des communes dans l’État ; la loi sur l’université, autre exemple, resserre ses liens avec ces organisations citoyennes. LaCEPAL, organisme de l’ONU qui mesure les progrès économiques et sociaux en Amérique Latine, a fait l’éloge en novembre du Venezuela “en tête, avec l’Argentine, le Brésil et la Bolivie, de la réduction de l’inégalité et de la pauvreté pour les dix dernières années”.

Ces derniers mois le gouvernement bolivarien a récupéré des entreprises immobilières aux mains de mafias qui escroquaient la classe moyenne, indemnisé leurs victimes, nationalisé au bénéfice des travailleurs et des usagers des entreprises ou des banques pratiquant la fraude. Les récentes inondations qui ont privé de toit des dizaines de milliers de familles donnent un coup de fouet à la politique du logement et à la réforme agraire (24000 hectares remis aux petits producteurs du Zulia en décembre) tandis que Hugo Chavez demande aux révolutionnaires de se “radicaliser à gauche et de travailler au sein du peuple, dans la rue, dans les quartiers, main dans la main”.

Les grands groupes médiatiques (les propriétaires de El Pais, du Monde, de Libération, etc..) ont occulté cette transformation, pour ne parler que d’un article de la Constitution qui permet de décréter des mesures d’urgence en matière économique et sociale …preuve de la “dictature”. Déjà, en 2007, lorsque le président Hugo Chavez avait usé du même article, le choeur médiatique avait martelé la même interprétation. Un simple suivi montre pourtant que les décrets de cette époque ne visaient qu’à accélérer le développement économique et social (nationalisations de l’électricité, sidérurgie, cimenterie, etc..). * Comptons sur les mêmes journalistes pour éviter tout suivi sur les mesures à venir… Nous offrons par contraste quelques pages du “journal de bord” d’um certain Hugo Chavez.

Thierry Deronne

De l’extrême inégalité dans la distribution de la terre

par Hugo Chavez, 20 décembre 2010

Le Ministre Loyo vient de m’informer qu’il est sur place avec le Commandant Général de l’Armée, avec les institutions, l’Institut des Terres, les organismes de sécurité de l’État Bolivarien. A midi selon ce rapport il restait encore sept grands domaines (latifundios) auxquels ils n’avaient pu arriver à cause des inondations, de l’état des voies d’accès, nous avons mis des hélicoptères, toute une armée civique et militaire en action, parce que là-bas les grands propriétaires se vantent d’être armés et d’avoir l’appui des paramilitaires, et j’ai dit aux généraux, qu’ils les dégainent leurs armes, s’ils le font nous nous défendrons, sur un pied d’égalité, non ? Ils menacent de mort les fonctionnaires de l’Institut des Terres, c’est une zone d’extrême pauvreté, et ce qui abonde au sud du Lac de Maracaibo dans ces planatations de bananes, aujourd’hui inondées pour la plupart, c’est l’esclavage, même pas le capitalisme, non, l’esclavage.

S’il y a un point pour lequel on peut remercier les pluies et les inondations, c’est qu’elles font affleurer le réel. Comme les eaux en crue des rivières du llano, comme le chante “El Cubiro”, Adàn connaît cette chanson, comment dit-elle encore ? Voguant, voguant sur le fleuve.. Comme dit “El Cubiro”, lorsqu’il entre en crue le fleuve réveille des paysages endormis, l’eau qui monte réveille les oiseaux guacharacas, les serpents fuient leurs cavités, même le caïman doit se secouer quand le fleuve Arauca déborde ; Les crues nous ont permis d’observer ce que parfois nous ne voyons plus, ce à côté de quoi nous passons sans le voir, soit parce que nous ne voulons pas nous rendre compte, soit parce que cela nous est difficile. En survolant en hélicoptère les grandes inondations de Tucacas, de Chichiriviche par exemple, on se rend compte très vite, que ce qui est inondé ce sont les quartiers pauvres ; les riches ont érigé leurs talus, ont élevé le niveau des terres avec des machines, ils ont fait de l’urbanisme, n’est-ce pas ce que disent les ingénieurs ? De l’urbanisme.

Mais les pauvres ont dressé leurs baraques sans urbanisme, là, au niveau de la terre, parfois sous le niveau de la mer comme à Higuerote, où la mer surpasse le niveau des quartiers. Nous avons parcouru la côte jusqu’au cap Codera, cela faisait des années que je ne volais pas là-bas, depuis la tragédie de Vargas.

Onze ans que je ne faisais pas ce parcours en hélicoptère, pour voir tous les villages de la côte, Cabo Codera, c’est la limite de Miranda avec Vargas, n’est-ce pas ? Les zones pauvres inondées, au coeur du village, c’est là où vivent les travailleurs qui servent dans les hôtels de luxe, les femmes et les hommes avec l’eau jusqu’à la poitrine, les femmes portent les enfants, les hôtels de luxe restés intacts.

Au sud du Lac de Maracaibo quelque chose d’étrange s’est produit, j’ai dit “le peuple a marqué un point”. En fait il a tout perdu parce que le fleuve a inondé tous les pauvres, mais le latifundio d’un riche, a été inondé aussi. J’ai demandé au maire “dis donc, c’est bizarre que ce grand domaine soit inondé aussi”. Il m’a dit : “non, c’est parce que nous avons ouvert un canal pour y évacuer l’eau , parce que les riches creusent des canaux pour que l’eau se déverse chez les pauvres”. Tu vois ?

Je fais ces commentaires sur la situation que nous vivons, parce que nous devons faire un effort suprême et nous rendre compte à travers ces petits détails, qui sont gigantesques, de l’extrême inégalité de la distribution de la terre. Quel est le premier des moyens de production ? Le plus important après l’humain, après celui des travailleurs ? La terre. La mère, la pacha mama, la mama pacha, la terre.

Je me rappelle que là-bas dans l’État d’Apure, pendant la saison sèche les latifundistes utilisaient des machines qui ne leur appartenaient pas, les machines du peuple, des machines publiques, comme un payloader appartenant à un conseil municipal ou au gouvernement régional, c’étaient les riches qui les utilisaient.

Ils emportaient un payloader, je me souviens d’avoir fait arrêter l’un d’eux, et cela m’a causé un problème terrible : j’avais dit aux soldats, ramenez cette machine, ramenez-la à la garnison. C’est qu’ils bouchaient les rivières, le Caño Caribe, ils le bouchaient pour que les indigènes ne puissent naviguer, pour que personne ne puisse naviguer, mais surtout les indigènes, les yaruros, les cuibas. Ils faisaient des bouchons de terre, et je me chargeais de les détruire, j’ai même usé de la dynamite pour en défaire un très dur, “faites-le sauter !”.

De même un jour j’ai fait tirer sur des cadenas épais qu’ils installaient sur les chemins communaux au milieu des terres : “passage interdit”. Comment osent-ils barrer un chemin comunal ? Ah, on ne trouvait plus la clef ? Poum ! Le juge m’a convoqué au tribunal, ils me dénonçaient, ils m’ont surnommé le casse-cadenas, “là-bas il y a un capitaine casse-cadenas”. Mais cette réalité reste vivante, cruellement, dans une grande partie de notre campagne, je parle de l’échelle nationale, pour les paysans, les zones rurales dans les villes, partout.

C’est pourquoi je demande de faire un effort suprême, comme lorsqu’on marche de nuit dans la plaine et qu’il faut aiguiser le regard ou emporter des jumelles spéciales. Comme dans un blindé, lorsqu’il faut ajuster le périscope, à la moindre fumerole, au moindre bruit, même le plus imperceptible.

Nous devons aiguiser à fond notre capacité de percevoir la réalité, ne pas tomber dans l’indifférence, ce qui est un autre extrême : chercher la ligne de moindre résistance pour éviter les conflits, pour ne pas entrer dans le vif du sujet. Non. Nous devons entrer au coeur, au plus profond de notre réalité.

Donc nous avons pris la mesure de récupérer ces grands domaines en application de la Constitution et de la Loi des Terres, trop retardée sur le terrain, vraiment. Une des causes de ce retard est que les mafieux de cette région ont fait assassiner plus de 200 dirigeants paysans. C’est le règne des sicaires, ils en tuent un pour en menacer cent. Ils ont menacé de mort des fonctionnaires civils et des militaires aussi.

Donc sous la pression d’une situation aussi dure, aussi dramatique, je me suis renseigné et me suis rendu compte que tous les dossiers étaient prêts pour ces premiers 47 latifundios. J’ai envoyé le chef de l’armée, le deuxième chef de l’armée, le troisième chef de l’armée et je leur ai dit : s’il vous faut déménager le Commandement Général sur place, au sud du Lac, hé bien que toute l’armée vénézuélienne se mette en mouvement, avec ses blindés et ses hélicoptères, et les milices paysannes, mais pas sans défense, armées.

Ces mafieux ne peuvent détenir, nous ne pouvons permettre qu’ils détiennent, plus de pouvoir qu’une Révolution.

Si nous permettions que la contre-révolution détienne plus de pouvoir que la révolution, ce jour-là serait notre perte. Le Pouvoir Moral, est le plus grand pouvoir que doit posséder une Révolution.

Eux se sont étiolés, ils n’ont pas de force morale.

Classe inaugurale prononcée à l’Institut Supérieur d’Études Politiques du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, Le 17 décembre 2010.

Traduction : Thierry Deronne pour La revolución vive

Source : Blog de Hugo Chavez

* Voir “Chavez déraperait-il ?”, dans l’Huma Dimanche, 1-7 mars 2007 :http://membres.multimania.fr/resoarchives/2007/doc%202007/fevr-mars/HD50_p90.pdf

Rubrique : Actualité  Thèmes :  Venezuela 

http://www.legrandsoir.info/Journal-de-bord-d-un-certain-Hugo-Chavez.html

Vénézuela: ce qui est inacceptable pour l’oligarchie globaliste et sa propagande incessante

Posted in actualité, économie, désinformation, documentaire, média et propagande, politique et social with tags , , , , , on 21 août 2010 by Résistance 71

« Enquête exclusive » et le Venezuela

Frédéric ANDRE

URL de cet article

http://www.legrandsoir.info/Enquete-exclusive-et-le-Venezuela.html

Dimanche soir, l’émission « Enquête exclusive » consacre un reportage à Benidorm, haut lieu d’ un tourisme de masse mêlant littoral bétonné, bordels et drogues. Fin du reportage, un autre s’apprête à commencer, son titre : « Caracas : Gang, favelas, Miss univers », une émission déjà diffusée en mars de cette année.

D’emblée, cela peut paraître quelque peu réducteur, dans un pays qui depuis un peu plus de 10 ans vit autre chose que les seuls crimes dans les favelas (appelés « ranchos » au Venezuela) – bien que cela soit un problème majeur – et l’élection de ses miss siliconées, puisqu’il est tout de même marqué par un processus politique important auquel la majorité de la population participe activement.

Au fil des minutes, la ligne du reportage apparaît de plus en plus clairement : il s’agit effectivement de ne montrer de Caracas que les miss et la violence, et quand on quitte l’un, c’est immédiatement pour retrouver l’autre.

En bonus, nous avons droit en début de reportage, à une petite parenthèse sur le président de ce pays, Hugo Chavez, cela dure très peu de temps, mais le commentateur a le temps de lâcher quelques petites phrases non-dénuées de sens : tout d’abord on nous dit qu’un homme a mis la main sur la manne pétrolière pour soutenir sa politique et ses ambitions. Magnifique utilisation des mots, car la phrase du journaliste pourrait laisser entendre que c’est M. Chavez lui-même et non l’Etat vénézuelien qui a récupéré le contrôle du pétrole et de ses revenus.

Ensuite, l’on réduit les objectifs de ce « président populiste de gauche » à une seule obsession : « contester la toute puissance du voisin le du Venezuela. Celui-ci ne ferait donc que de l’anti-américanisme primaire, sans projet sérieux pour son pays.

Nous comprenons bien dès lors, que ce reportage de M. de la Villardière ne dérogera pas à la règle communément admise dans les médias occidentaux qui consiste à diaboliser le leader vénézuelien et sa politique.

En politique internationale, le journaliste déclare que le président a l’habitude de s’afficher avec « des dirigeants qui ont en commun d’opprimer leur peuple », en premier lieu son « modèle » cubain Fidel Castro, mais aussi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et pour finir, que ces derniers mois, il s’est fait un nouvel ami en la personne du colonel Libyen Mouammar Khadafi.

Rétablissons la vérité sur quelques points essentiels :

En premier lieu sur les relations du Venezuela, qui ne seraient -selon le reportage- essentiellement qu’avec des « régimes qui oppriment leur peuple ».

LeVénézuela entretient bel et bien des relations avec Cuba, l’Iran et la Libye, comme de nombreux autres pays dans le monde et en Amérique latine.

La Havane et Caracas ont créé ensemble l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques) en 2004, et cette coopération apporte en effet une aide des plus importante au Venezuela, dans le domaine de la santé par exemple, et a envoyé dans le cadre d’un échange contre du pétrole, des milliers de médecins dans les bidonvilles vénézuéliens, ce qui a permis de sauver la vie de centaines de milliers de vénézuéliens modestes qui ont toujours été abandonnés par les pouvoirs néo-libéraux précédents (1).

Cette collaboration sanitaire cubaine (qui ne s’arrête pas aux simples consultations) a été élargie à un certain nombre de pays latino-américains comme la Bolivie ou l’Equateur, et permet aujourd’hui d’ambitieux programmes comme l’Operación Milagro » ou la « Misión Manuela Espejo » (2).

Les relations avec l’Iran sont également dynamiques, et quoi qu’on puisse penser de ce pays, les échanges commerciaux avec celui-ci apportent au Venezuela un transfert de technologie primordial dans certains domaines, principalement dans l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique.

De plus, ces deux pays ont crée ensemble l’OPEP, les relations entre eux sont donc tous simplement logiques et compréhensibles à plusieurs niveaux.

Mais contrairement à ce que laisse entendre le reportage, Mr Chavez ne limite pas les relations de son pays à Cuba, l’Iran et la Libye. Le Brésil et l’Argentine sont aussi de très proches alliés de Caracas, et les relations politiques et commerciales sont excellentes avec la plupart des pays latino-américains. De plus ces 10 dernières années, les échanges se sont multipliés avec la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, le Portugal, ou l’Espagne.

Le reportage accuse ensuite le président d’être la cause de l’immense insécurité qui règne dans son pays, pour preuve cet avis d’une habitante de Caracas interrogée sur le problème.

Si la criminalité est un problème majeur de Caracas, elle existait bien avant l’élection de M. Chavez, et le gouvernement a commencé à s’occuper sérieusement de ce problème, de par ses importantes politiques sociales dans les quartiers concernés, mais aussi avec la création il y a peu, de la Police nationale bolivarienne (3).

Ce reportage ne montre de Caracas, que criminalité (avec en prime, délires de criminels défoncés à l’alcool et à la drogue) et difficultés. A peine montre t-il une clinique populaire entièrement gratuite et une coopérative de textile (en tournant en ridicule au passage la conscience politique de ses ouvrières et ouvriers), pour aussitôt parler des problèmes d’approvisionnement du magasin « Mercal » du secteur, et continuer sur la soi-disant baisse importante de popularité du président Chavez et la « fermeture » par ce dernier de la chaine d’opposition RCTV.

Nos amis de M6 ont d’abord oublié de nous rappeler que cette chaine avait soutenu activement le coup d’Etat contre le pouvoir en 2002, et qu’il ne s’agissait pas d’une fermeture mais de la fin d’une concession publique (4). RCTV continue aujourd’hui d’émettre depuis le câble. En Europe, n’importe quel média de ce type aurait été fermé sur le champ. Et que dire de la chaine Globovision, qui s’est transformée en organisation politique véhiculant mensonges et manipulations contre la politique du président, quand ils ne violent pas tout simplement les lois. Son PDG Guillermo Zuloaga, recherché par la justice vénézuelienne et Interpol pour corruption, a les faveurs des grands médias dominants qui le font passer pour un persécuté politique.

Est-il normal d’oublier de parler dans cette parodie de journalisme, de la majorité de la population (les plus modestes) de ce pays qui s’est approprié la construction d’une société nouvelle, en donnant au concept de « démocratie active » toute sa considération ? Est-il normal de ne pas parler du fait que le Venezuela, malgré ses immenses difficultés, est parvenu à baisser son taux de pauvreté de moitié entre 1999 et 2009 ? (5) Abaisser son taux de mortalité infantile de 35%, son chômage de 19 à 8% (6).

Est-il normal de ne pas mentionner que depuis l’élection de M. Chavez, tous les citoyens, quel que soit leur milieu ont accès gratuitement à l’éducation supérieure, à la santé, à la culture ?..

Que presque 100% des enfants sont scolarisés avec distribution de 3 repas par jour ?

Que plus personne ne meurt de faim au Venezuela grâce aux politiques du gouvernement ?

Que 3 millions d’hectares de terres ont été redistribués aux petits paysans avec appuis techniques et financiers, alors qu’ils étaient quasi-esclaves de grands propriétaires auparavant ?

Enfin, pourquoi ne pas avoir mentionné le fait que le Venezuela avait atteint un certain nombre d’« objectifs du millénaire » fixés par l’UNESCO avant même la date prévue (7) ?

Je ne rédigerai pas ici de façon exhaustive les acquis de la révolution bolivarienne entamée en 1999 avec l’élection de Hugo Chavez – et qui a véritablement commencé avec la révolte de 1989 (8) -, mais ces quelques chiffres suffisent à démonter la propagande ridicule de l’émission de M. de la Villardière, qui avait déjà fait l’exploit de ne pas mentionner le système éducatif et de santé cubain lors d’un document sur ce pays, oubliant de dire notamment, qu’il n’y avait pas d’enfants des rues dans ce pays comme il en existe dans chacun des pays d’Amérique latine.

Quiconque aura vu ou regardera ce reportage, constatera le parti-pris flagrant de celui-ci et sa description réductrice du Venezuela et de son président. Un reportage de plus qui n’a encore une fois rien montré des acquis sociaux et démocratiques considérables de ce pays depuis 11 ans, mais qui a l’avantage de constituer un élément des plus intéressants pour quiconque veut étudier les mécanismes de manipulation des grand médias.

N’en déplaise à M6 et à M. De la Villardière, le peuple vénézuelien a bien des difficultés, mais les avancées qu’il a connu ces 11 dernières années sont des plus significatives, et il construit chaque jour cette alternative qui fait tant peur aux puissants et à leurs valets médiatiques : le socialisme du XXIème siècle.

Frédéric André.

(1) Actuellement, environ 30000 médecins cubains opèrent au Venezuela depuis 2003.

Lire également « La dette du Venezuela à l’égard de Cuba » de Salim Lamrani. http://www.mondialisation.ca/index….

(2) http://andes.info.ec/sociedad/misio…

(3) Lire : « La Police nationale bolivarienne relève le défi » de Maurice Lemoine http://www.monde-diplomatique.fr/20…

(4) Lire : « Venezuela : Reporters sans frontières et RCTV : Désinformation et mensonges » de Salim Lamrani. http://www.legrandsoir.info/Venezue…

(5) http://www.venezueladeverdad.gob.ve…

(6) De 2003 (lors du « lock-out » pétrolier mené contre le gouvernement) à 2010.

(7) http://www.minci.gob.ve/reportajes/…

(8) http://risal.collectifs.net/spip.ph…

En complément, LGS vous invite à lire ou relire :

Sur le coup d’Etat d’avril 2002 au Venezuela, l’implication des USA, les médias d’opposition et nos médias, les cerros (bidonvilles), le rôle de RSF, voir les Chapitres XVII à XXII de « La face cachée de reporters sans frontières » de Maxime Vivas (Aden Editions) et les articles référencés par les liens suivants qu’il a signés pour LGS pendant ou au retour de voyages qu’il a effectués au Venezuela, dont l’un pendant la campagne politico-médiatique sur la prétendue « fermeture » de RCTV.

Comment coller des centaines de milliers d’affiches en quelques heures http://www.legrandsoir.info/Comment…

Oubliez le guide. http://www.legrandsoir.info/Oubliez…

Choses vues à Caracas (et tues à Paris) http://www.legrandsoir.info/Choses-…

Venezuela : cerros, favellas, ordures et médias (ce titre contient peut-être des pléonasmes). http://www.legrandsoir.info/Venezue…

Chavez à Paris : Reporters sans frontières éructe ses mensonges. http://www.legrandsoir.info/Chavez-…

Venezuela – La chaîne de télévision privée RCTV, ou comment fermer une porte fermée ? http://www.legrandsoir.info/Venezue…

Venezuela : Bolivar sous le feu des mensonges. http://www.legrandsoir.info/Venezue…

RCTV Venezuela : Robert Ménard (Reporters Sans Frontières) et le rouge de la honte montent au front. http://www.legrandsoir.info/RCTV-Ve…

RCTV : les dessous cachés du cirque européen contre Chavez. (et le vote honteux de trois pelés et un tondu). http://www.legrandsoir.info/RCTV-le…

Venezuela : Chávez, les putschistes, la télé et le peuple. http://www.legrandsoir.info/Venezue…

Procès contre Chavez : Libé persiste et signe à un plus haut niveau. http://www.legrandsoir.info/Proces-…

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http://www.legrandsoir.info/Enquete-exclusive-et-le-Venezuela.html

Nouvel ordre mondial: le Vénézuela cible de l’Empire

Posted in actualité, guerres imperialistes, média et propagande, politique et social with tags , , , , on 1 août 2010 by Résistance 71
Les États-Unis et la Colombie planifie l’attaque du Venezuela.

Rupture des relations avec la Colombie

par Eva Golinger

Le président Chavez a ordonné l’alerte maximale à la frontière entre le Venezuela et la Colombie après que le gouvernement Uribe ait lancé de graves accusations contre le Venezuela, notamment que le gouvernement Chavez abriterait des terroristes et un camp d’entraînement pour terroristes.

La Colombie prétend que le Venezuela abrite des « terroristes » des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l’Armée de libération nationale (ELN) et qu’il accueille plusieurs « camps d’entraînement de terroristes » près de la frontière qui sépare les deux pays.

Lors d’une session extraordinaire de l’OÉA au siège social de l’organisation à Washington, le 22 juillet, convoquée à la requête du gouvernement Uribe, l’ambassadeur de la Colombie Luis Alfonso Hoyos a présenté des images vidéos et télévisuelles prises d’ordinateurs confisqués durant l’invasion illégale d’une partie de l’Équateur le 1er mars 2008, au cours de laquelle ont été tués le chef des FARC Raul Reyes et une dizaine d’autres citoyens colombiens, équatoriens et mexicains. Hoyos a également présenté plusieurs cartes et photographies générées par ordinateur de prétendus membres des FARC à l’intérieur du Venezuela.

Pas de preuve réelle

Or, aucune des ces images n’a été vérifiée par des sources autres que celles du gouvernement colombien. La Colombie a également utilisé des images satellites prises grâce à Google Earth pour « prouver » qu’il y a une coordination des membres du FARC au Venezuela.

Les photographies offertes par Hoyos n’étaient pas authentifiées, ne portaient ni date ni heure, et on n’y voyait que des membres des FARC et de l’ELN dans différentes régions côtières et dans la jungle.

Le Venezuela et la Colombie sont séparées par une région montagneuse et une jungle et les deux bordent la mer des Caraïbes. Ils partagent un même climat et une même végétation.

L’ambassadeur du Venezuela à l’OÉA Roy Chaderton a dit qu’à son avis les photographies ont été prises en Colombie. « Pour moi, cela ressemble à la plage de Santa Marta », a-t-il répondu à l’affirmation de Hoyos à l’effet que la photo, sur laquelle on voit un membre des FARC buvant de la bière sur la plage, a été prise à Chichirrivichi, un village du Venezuela.

« Il n’y a aucune preuve que ces photos ont été prises à ces endroits », a dit Chaderton, ajoutant que la « preuve » offerte par la Colombie est « confuse, imprécise et non convaincante ».

L’armée vénézuélienne a vérifié et examiné soigneusement les endroits signalés et coordonnés présentés par l’administration Uribe jeudi dernier et n’y a trouvé aucun des « sites de terroristes » ou « camps d’entraînement » de guérilla.

En arrivant au premier endroit indiqué dans le rapport de la Colombie, censé être un camp d’entraînement de terroristes d’alias Ruben Zamora, l’armée vénézuélienne n’a trouvé qu’une ferme de bananiers, de yucca et de maïs. Au deuxième endroit, où devait se situer le camp du commandant des FARC Ivan Marquez, il n’y avait qu’un grand champ sans structure ou présence humaine.

Intervention internationale

En conclusion de son exposé flamboyant de deux heures, Hoyos a demandé une « intervention internationale » au Venezuela pour vérifier la présence de camps d’entraînement et a donné au Venezuela « un ultimatum de 30 jours ».

« La Colombie demande une commission internationale incluant tous les pays de l’OÉA qui se rendra au Venezuela pour vérifier chaque allégation des sites terroristes et de coordination », a-t-il dit, ajoutant : « Nous donnons au gouvernement vénézuélien 30 jours », sans toutefois préciser ce qui se produira ensuite.

Hoyos a accusé le gouvernement du Venezuela de faciliter le trafic de la drogue, le blanchiment de l’argent, la vente d’armes illégales, les attaques contre les forces armées colombiennes et est allé jusqu’à prétendre que le gouvernement Chavez « écrase toute opposition » au Venezuela et « ne respecte pas les principes de la démocratie ».

Or, il a également dit que son gouvernement ne serait pas disposé à entendre « les accusations et les insultes » du gouvernement du Venezuela.

La Colombie fait tout simplement écho à la position de Washington, qui accuse le Venezuela d’abriter et de donner refuge à des membres des FARC depuis sept ans. Mais le gouvernement étasunien n’a toujours pas, lui non plus, présenté de preuve à cet effet et se contredit souvent dans ses accusations, ce qui semble confirmer l’absence de preuves solides.

En mars 2010, le général du Southern Command (SOUTHCOM) des États-Unis Douglas Fraser a dit n’avoir vu aucune preuve de liens entre le Venezuela et les FARC. « Nous n’avons pas vu de liens spécifiques qui me permette d’attester d’un rapport direct entre le gouvernement et les terroristes », a-t-il déclaré lors d’une audience du Comité sénatorial étasunien.

Or, le lendemain le général Fraser a dit à la presse : « Il y a en effet des preuves historiques documentées de liens entre le gouvernement du Venezuela et les FARC. »

Il faisait sans doute référence aux gouvernements vénézuéliens précédents, comme celui de Carlos Andres Perez (1989-1993) ou de Rafael Caldera (1994-1998), qui avaient permis l’établissement d’un bureau des FARC à l’intérieur même du palais présidentiel. Le président Chavez a fermé ce bureau lorsqu’il est arrivé à la présidence au début de 1999.

Cela pourrait aussi être une référence aux requêtes spécifiques de deux présidents colombiens, Andres Pastrana et Alvaro Uribe, demandant les services de médiation de Chavez dans la libération d’otages des FARC.

En septembre 2007, avec l’autorisation du président Alvaro Uribe, qui en avait fait personnellement la demande, le président Chavez avait accepté de jouer le rôle de médiateur pour obtenir la libération de plusieurs otages détenus par les FARC à l’intérieur du territoire colombien. C’est pour cette raison, et pour cette raison seulement, que Chavez avait rencontré le commandant des FARC Ivan Marquez et obtenu la libération de Claras Rojas et de Consuelo Ganzalez en janvier 2008.

Car à part ces situations, le gouvernement du Venezuela a toujours refusé d’entretenir des liens ou de soutenir les FARC ou toute autre armée, de la Colombie ou d’ailleurs.

Rupture des relations

Après l’intervention de la Colombie à l’OÉA, le président Chavez a annoncé la rupture complète des relations avec la Colombie.

« Cela me peine d’annoncer que nous allons rompre toutes les relations avec la Colombie. Nous n’avons pas le choix si nous voulons défendre notre dignité et notre souveraineté. »

Il a également ordonné à l’armée de protéger toutes les régions frontalières. « J’ai ordonné l’alerte maximale à nos frontières. Uribe est un mafioso et un menteur et il est capable de tout », a-t-il dit, rappelant que le président colombien a ordonné l’invasion du territoire de l’Équateur en 2008 et ensuite menti au président Rafael Correa au sujet de ce qui s’était produit.

Le Venezuela a accusé la Colombie d’avoir échoué à régler ses propres conflits intérieurs, dont la guerre civile qui dure depuis 60 ans et qui a un impact sérieux sur les pays voisins à cause de la violence et du trafic de drogue aux frontières. Plus de 4 millions de Colombiens fuyant la violence dans leur pays vivent aujourd’hui au Venezuela.

Le « spectacle » de la Colombie à l’OÉA semble s’inscrire dans un effort pour justifier une attaque préventive contre le Venezuela. L’année dernière, la Colombie a ouvert son territoire à sept bases militaires étasuniennes suivant une entente que les forces de l’air des États-Unis jugent nécessaire pour « mener une pleine gamme d’opérations militaires » partout en Amérique latine pour « combattre la menace constante que représentent les gouvernements anti-américains dans la région ».