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Vatican, colonialisme et doctrine chrétienne de la découverte: la débauche toute chrétienne d’un pape à un autre, de Borgia à Bergoglio…

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Au cureton en chef Bergoglio: Les crimes contre l’humanité sont UNIVERSELS ET IMPRESCRIPTIBLES. Un génocide au XVème siècle = un génocide au XXème ou XXIème siècle ! L’église catholique est génocidaire, forçons-la à enfin le reconnaître !…

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Le pape François n’est pas chrétien. Appliquez les traités

 

Steve Melendez, Pyramid Lake Paiute

President, American Indian Genocide Museum

 

25 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://bsnorrell.blogspot.com/2015/09/paiute-steve-melendez-pope-francis-is.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En l’an 1501, Johann Burchard, maître de cérémonies au Vatican écrivit dans son journal secret: “Dimanche soir, ce 30 Octobre, Don Cesare Borgia donna un souper dans ses appartements du palais apostolique; il y avait une cinquantaine de prostituées et de courtisanes en attendance, qui après le repas dancèrent avec les serviteurs et les autres présents, d’abord habillées puis nues.

Après le souper, des lampes sur pied avec des bougies allumées furent placés sur le sol et des marrons y furent éparpillés, que les prostituées nues et à quatre pattes devaient ramasser en marchant à quatre pattes entre les lampes. Le Pape (NdT: Rodrigo Borgia/Alexandre VI, père de Cesar et Lucrèce Borgia..), Don Cesare et Donna Lucrezia étaient présents et regardaient les ébats. Finalement, des récompenses furent offertes: des gilets de soie, des chaussures, des chapeaux et autres vêtements, pour les hommes qui avaient le plus de succès avec les prostituées. Cette performance se tint dans la Sala Reale et ceux qui y participèrent ont dit qu’en fait les prix furent présentés à ceux qui gagnèrent le concours.

Il est intéressant de noter que les enfants du pape, César et Lucrèce étaient présents à cette orgie au Vatican.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Rodrigo Borgia alias pape Alexandre VI, n’est pas commémoré pour sa débaucherie ou ses actes incestueux mais pour avoir publié une bulle/édit pontifical qui tira une ligne de séparation de la planète du pole nord au pole sud, qui donna la plus grande partie du continent des Amériques à l’Espagne et une partie, le Brésil, au Portugal. La salacité de Rodrigo Borgia était bien connue à cette époque. En tant que Cardinal, il reçût une réprimande du pape Pie II, écrite de sa propre main en Juin 1460.

Nous avons entendu qu’il y a trois jours, un certain nombre de femmes de Siène se sont rassemblées dans les jardins de Giovanni Bichi et que vous, oubliant vos responsabilité de saint office, étiez avec eux de une heure à 6 heures de l’après-midi. Votre compagnon était un de vos collègues dont l’âge, sinon son respect pour la saint siège apostolique, aurait dû lui rappeler ses devoirs. Nous avons été informés qu’il y a eu des danses, que des débaucheries amoureuses ne manquèrent pas et que vous vous êtes comporté de manière plus que cavalières. La décence nous interdit ici d’entrer dans les détails de ce qu’il s’est passé, car ce furent choses dont le nom même est indigne de votre rang. Les maris, frères et pères qui accompagnaient ces filles se virent l’entrée interdite de façon à ce que vous et quelques uns de vos intimes puissiez vous vautrer à votre aise dans le stupre et la luxure. Il est dit que ceci est un sujet majeur de conversation à Siène et que tout le monde se gausse de votre vanité…

Nous vous laissons seul juge de savoir si courtiser de jeunes filles, faire envoyer des fruits et des vins à la femme de votre choix, et passer des jours entiers à observer toute sorte de débaucherie pour finalement faire renvoyer les maris pour être plus libre dans vos mouvements, est compatible avec votre dignité. Nous sommes blâmés de votre faute, et votre oncle Callixtus est également blâmé pour vous avoir fait confiance pour tant d’honneur et de représentation… rappelez-vous de votre dignité et n’essayez pas de conquérir la réputation d’un galant vain parmi les hommes et les femmes… Ici à Bignio, il y a bien des ecclésiastiques et des gens du commun pour lesquels vous êtes devenu synonyme de luxure…

Bien des gens dans ce pays pensent que l’Amérique fut fondée comme une “nation chrétienne” mais personne ne doute du fait qu’il n’y avait rien de chrétien dans ce pape Alexandre VI.

Du génocide des populations natives que Christophe Colomb perpétra sur l’île actuelle de Haïti (Hispagnolia) au refus du gouvernement d’honorer les traités avec les nations indiennes, tout cela remonte à ce pervers, incestueux et licencieux pape Alexandre VI/Borgia. Comme nous le verrons, toute l’histoire depuis le Christ est remplie d’hommes professant être chrétiens, mais qui ne l’étaient certainement pas. C’est l’église catholique qui est la plus responsable du détournement du christiansime. La bulle papale de l’Espagnol Rodrigo Borgia du 4 Mai 1493, Inter Caetera, fut la base même de la doctrine chrétienne de la découverte, qui fut écrite dans la loi même des Etats-Unis. Le dictionnaire du droit Black définit la “découverte” comme “la fondation de l’affirmation de propriété nationale ou de souveraineté, la découverte est la trouvaille d’un pays, d’un continent, d’une île, auparavant inconnus ou seulement connu préalablement par des habitants non civilisés.

Qu’un pape espagnol ait pu donné le continent des Amériques à l’Espagne et au Portugal n’est qu’un vol de territoire à l’échelle d’un continent. Criminaliser les propriétaires et bénir les voleurs est simplement profondément satanique.

Aujourd’hui, le pape François 1er s’est adressé au congrès des Etats-Unis. Parlant des maux historiques faits aux peuples indigènes des Amériques, il a montré qu’il n’était pas plus chrétien que ne l’était le pape Alexandre VI/Borgia. Il y a dit: “Tragiquement, les droits de ceux qui étaient ici bien avant nous ne furent pas toujours respectés. Pour ces peuples et leurs nations, du cœur de la démocratie américaine, je veux leur réaffirmer ma plus grande estime et appréciation. Ces premiers contacts furent souvent turbulents et violents, mais il est difficile de juger le passé avec les critères du présent.

L’anté-christ est quelqu’un qui oppose ou prend la place de Jesus Christ et l’église catholique prend exactement cette fonction ! Si le saint esprit fut dans ces deux hommes, alors ils sauraient que le “critère” de la bible ne change jamais. Le bien et le mal ne changent jamais. La propriété volée doit être rendue. C’est la règle de la loi. Les traités doivent être mis en application. C’est la loi. Les lois injustes doivent être condamnées ; c’est la chose la plus juste à faire.

L’hypocrisie ensoutanée continue

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Résistance 71

 

13 Avril 2015

 

Le pape vient de nous gratifier d’un autre deux poids, deux mesures avec sa déclaration sur le génocide arménien. Si le pape a qualifié et à juste titre de génocide, ce massacre de plus d’un million d’Arméniens placés sous le joug Ottoman au début du siècle dernier, nous sommes en droit de nous attendre à ce que ce même pape reconnaisse publiquement le génocide des peuples et nations du continent des Amériques à partir de 1492 et de la soi-disante “découverte” du “nouveau monde” par les envoyés des royautés européennes et donc du pape.

Le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité s’est tenu entre la fin XVème et fin XIXème siècles sur le continent américain qui vit le massacre de 70 à 100 millions d’Amérindiens (selon les sources) en grande partie sous l’égide de l’église catholique apostholique et romaine et des roitelets européens mandatés par les bulles Romanus Pontifex (Nicolas V 1455) et Inter Caetera (Alexandre VI 1493), qui furent intégrés au système légal nord-américain dans le premier quart du XIXème siècle (cf notre traduction de larges extraits de l’ouvrage de Steven Newcomb à ce sujet “Païens sur la terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte” récemment publiée sur ce blog…).

L’Église aura t’elle le courage:

  • De reconnaître ses torts ?
  • De reconnaître sa responsabilité légale ?
  • De faire face aux conséquences qui s’imposent ?

 

Le pape est-il sur la voie d’une véritable réconciliation ou ne fait-il que diversion sur les malversations et turpitudes de l’église perpétrées au nom d’une mythologie religieuse ?

Les églises, catholique dans un premier temps, suivie de ses consœurs protestantes, qui ont assimiliées la doctrine chrétienne de la découverte telle qu’énoncée dans les édits papaux, sont responsables des vols, pillages, assassinats, de l’évangélisation et de l’enlèvement forcé des enfants indigènes qui moururent par dizaines de milliers dans des pensionnats-prisons aux Etats-Unis et au Canada (plus de 50 000 enfants morts/disparus au seul Canada, ce qui est un chiffre conservateur, dans ses pensionnats pour Indiens gérés pour l’essentiel par les églises catholique, anglicane, méthodiste et unifié du Canada) entre les années 1867 et 1996, date de la fermeture du dernier pensionnat pour Indiens au Canada.

Reconnaître le génocide d’un empire c’est bien, reconnaître celui de son propre empire (la chrétienté), c’est encore mieux. Allez cureton en chef, encore un effort, répudie ces bulles qu’enfin soient rendues caduques, nulles et non avenues toutes les lois sur la propriété au « nouveau monde » dont les terres ont été usurpées, volées, pillées et qui doivent être rendues à leurs propriétaires naturels: les peuples et nations originels du continent américain!

Pour de plus amples informations sur les crimes génocidaires perpétrés par l’église sur le continent des Amériques, veuillez consulter ces documents:

https://resistance71.wordpress.com/genocide-pensionnats-indiens-canada-kevin-annett/

https://resistance71.wordpress.com/colonialisme-doctrine-chretienne-de-la-decouverte/

https://resistance71.wordpress.com/2012/09/12/howard-zinn-ou-lhistoire-sous-bonne-influence-christophe-colomb-et-la-civilisation-occidentale1ere-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2012/09/20/howard-zinn-ou-lhistoire-sous-bonne-influence-christophe-colomb-et-la-civilisation-occidentale-2eme-partie/

https://resistance71.wordpress.com/?s=colonialisme

Les bulles papales responsables de la doctrine chrétienne de la découverte, Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493):

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

 

 

Résistance politique: La guerre coloniale européenne de 500 ans sur le continent américain touche à sa fin…

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Gouvernez-vous vous-même en accord avec la situation

 

Mohawk Nation News

 

30 Mai 2014

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/29/govern-yourselves-accordingly/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’entreprise de la couronne (City de Londres) appelée Canada a été jugée coupable de génocide par la Commission Vérité & Réconciliation. La CVR n’a aucun mandat du tribunal de l’amirauté pour attaquer en justice la couronne (Vatican). Toutes corporations multinationales qui font des affaires avec l’entité criminelle connue sous le nom de “Canada”, sont des co-conspiratrices dans la fraude, le vol et se rendent de facto complices de la continuité du génocide. Pour ceux et celles qui sont associés avec le Canada dans les industries d’extraction des ressources naturelles, nous vous avertissons vous et tous vos actionnaires. Vous serez jugés dans une cour de justice ne dépendant pas de l’amirauté. Arrangez vos affaires sous ce principe. La reine d’Angleterre est une des actionnaires de la couronne et le Canada est une entreprise/corporation de la couronne (City de Londres + Vatican), déguisée en état souverain.

Les véritables souverains de l’Île de la Grande Tortue (NdT: L’Amérique du Nord) vont mettre un terme à l’extraction illégale. Vous avez soutiré nos ressources sans faire affaires avec nous, les souverains de la terre. Ceci constitue une fraude et un vol. Chaque accord est un abus de confiance et est nul et non avenu. Vous êtes responsables légalement du vol de nos ressurces naturelles. Chaque actionnaire de chaque entreprise sera personnellement mis en accusation de complicité de génocide lorsque nous traînerons la couronne devant un forum international.

Le Vatican est la Couronne. Toutes les entreprises/corporations dans le monde reçoivent leurs numéros ISO (International Standard Organization) du Vatican. Chaque pays ou état reçoit un numéro ISO pour faire des affaires. Les tribunaux de l’amirauté sont aussi des entreprises à but lucratif. La loi de l’amirauté ne concerne que les banques et les corporations. Toute entreprise du Vatican qui fait des affaires avec le Canada sera accusée devant les tribunaux de complicité de génocide.

Nous, les véritables souverains de ce territoire, n’iront pas devant un tribunal de l’amirauté. Nous mettrons en accusation les actionnaires individuellement par le moyen de tribunaux n’appartenant pas à l’amirauté.

Tarsands list of corporations.

Le génocide inclut la destruction de notre monde naturel sous la loi de la terre et de la Grande Paix (Kaianerehkowa). La seule possibilité de transaction commerciale légale sur l’ensemble de l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord) est avec les souverains de la terre. La guerre de 500 ans appelée “colonialisme” contre les peuples indigènes du monde est terminée. Nous allons vous traîner devant les tribunaux pour ce que vous nous devez. Dans le même temps, nous sommes prêts à planter plus de nourriture et à faire face à un hiver plus rude, mais une superbe récolte s’annonce. L’ignorance de la Grande Loi de la Paix n’est pas une excuse. L’ignorance de la loi n’est pas une excuse.

Comme le reconnaît Ted Nugent, quand le Conseil des Femmes assume leur rôle naturel de “mère nature”;

“She’s got the power to turn out the light. She’s got the power over day and night. She’s the queen of the forest”.

Ted Nugent. “Queen of the Forest”.

Résistance politique au colonialisme: Analyse de la falsification historique du Vatican au sujet des bulles papales du XVème siècle (Steven Newcomb)

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Autres articles connexes de Steve Newcomb traduits par nos soins, cliquez ici

— Résistance 71 —

 

Désinformation de la part de la mission d’observation permanente du Saint Siège (Vatican)

 

Steven Newcomb

 

4 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/04/misinformation-permanent-observer-mission-holy-see

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 27 Avril 2010, la mission d’observation permanente du Saint Siège (Le Vatican) aux Nations-Unies a délivré sa déclaration officielle au sujet de la Doctrine (chrétienne) de la Découverte durant la 9ème session du Forum Permanent de l’ONU sur les problèmes indigènes. La déclaration est un excellent exemple d’obscurantisme et de falsification historique. Voyons donc cela d’un peu plus près.

La déclaration du Saint Siège clâme que le document pontifical de 1493 “Inter Coetera (sic), en tant que source de droit international.. a été abrogé par le traité de Tordesillas”. Ceci ne parle en rien de ce dont nous avons soulevé depuis 1992: les bulles papales de 1493 et leurs documents précédents, sont la génèse de la domination sur nos nations originelles et les peuples de l’Île de la Grande Tortue de cet hémisphère. Le Saint Siège tente, à notre vue, de faire glisser l’attention du problème de son autorisation de domination sur la question irrelevante de savoir si le document Inter Caetera est une source du droit international.

La déclaration du Saint Siège de 2010 dit également que la “division des terres entre la Castille-Aragon (Espagne) et le Portugal”, fut abrogée par le traité de Tordesillas de 1494.” Après avoir été informé de cet argument, Anthony Padgen, un éminent universitaire spécialiste de cette période historique m’a dit dans un courriel: “Je ne vois pas comment un accord (le traité Tordesillas) entre deux pouvoirs civils pourrait véritablement abroger une bulle papale.”

En y regardant de plus près néanmoins, le Saint Siège ne disait pas que le traité de Tordesillas a abrogé la bulle papale. Le sujet de la phrase du Saint Siège est “la division des terres entre l’Espagne et le Portugal”, qui fut faite par le pape Alexandre VI en 1493. Si le traité de Tordesillas “a abrogé” ou annulé quoi que ce soit, c’est la “division des terres” en rendant discutable le placement du pape quant à la ligne de démarcation de la division des dites terres.

Il y avait toujours une ligne de démarcation entre l’Espagne et le Portugal, mais elle a été déplacée vers un endroit différent à la suite d’un accord par traité civil auquel le pape donna sa bénédiction. La décision de l’Espagne et du Portugal de bouger la ligne de démarcation est ce que le Saint Siège caractérise maintenant apparemment comme une “abrogation” de la division terrestre du pape entre deux pays. Quoi qu’il en soit, abroger un document est “abolir par une action autoritaire, officielle ou formelle”, par le parti qui a créé le document. Clairement, le traité de Tordesillas n’abroge pas la bulle papale Inter Caetera en tant que tel parce que ni l’Espagne ni le Portugal n’était l‘entité qui a émis le document et ces pays n’avaient pas la jurisdiction, le pouvoir légal “d’abroger” un document émis par la pape.

De plus, le Saint Siège a affirmé en 2010 qu’ en tant “que source de loi canon ou loi de l’église… Inter Coetera (re-sic) a aussi été abrogée par les faits…” Le Saint Siège a dit que le document pontifical lui-même a été “abrogé” en tant que “source de droit canon ou ecclésiastique”. Comment cela a t’il pu bien pu se produire ? Une raison donnée fut “la colonisation de l’Amérique du Nord et des Caraïbes par le roi de France”.

Samuel Eliot Morison a écrit à ce sujet dans son “The European Discovery of America: the Northern voyages A.D 500-1600”, New York Oxford University Press, p.341. D’après Morison, en 1533, le roi de France François 1er, le pape Clément VII et l’évêque Le Veneur se sont rencontrés à Marseille pour célébrer le mariage entre un des fils de François 1er et la nièce du pape Catherine de Médicis. Morison dit que ce fut “facile de persuader le saint père de déclare que l’édit d’Alexandre (de 1493) ne s’appliquait qu’aux terres déjà découvertes, pas à celles trouvées plus tard par d’autres souverains. Ainsi, François 1er obtint le feu vert du Vatican (pour d’autres colonisations) et passa le mot à Jacques Cartier.”

C’est pourquoi le Saint Siège se doit de répondre à cette question: “Comment la colonisation française de terres non chrétiennes en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, que le pape Clément VII avait approuvé et bénit, a pu “abroger” la bulle papale Inter Caetera “comme source de loi canon ou ecclésiastique”. Elle ne l’a pas pu et ne l’a pas fait.

Puis, le Saint Siège dans sa déclaration de 2010 a affirmé que la bulle papale, document Inter Caetera “a aussi été abrogée par d’autres bulles papales, comme par exemple Sublimis Deus.” Le Saint Siège cita ensuite le document Sublimis Deus de 1537 du pape Paul III comme suit:

“Les Indiens et les autres peuples qui ont pu avoir été découverts plus tard par les chrétiens, ne sont en aucun cas privés de leur liberté ou de leur possession de propriété, et ce alors même qu’ils résident en dehors de la foi de Jesus Christ, et qu’il peuvent et doivent, librement et légitimement, jouir de leur liberté et de la possession de leur propriété, ils ne devront pas non plus être réduits en esclavage ; si le contraire se produisait, ce serait nul et non avenu et n’aurait pas d’incidence.”

Aussi merveilleux ce langage puisse t’il paraître, l’empereur espagnol Charles V ordonna que toutes les copies de la bulle papale Sublimis Deus qui avait atteint la “Nouvelle Espagne” (aux “Amériques”), fussent confisquées et ramenées en Espagne. Le document était lettre morte dans les colonies/dominions de l’Espagne aux “Amériques”. De plus, comme mentionné par le Dr. Luis Rivera-Pagan dans son ouvrage “Violent Evengelism” (1992), le pape Alexandre VI avait, par la bulle de 1493, attribué à perpétuité à l’Espagne un droit de domination en relation des terres non-chrétiennes “découvertes ou à découvrir”. Le don à l’Espagne par la papauté d’un droit de domination (colonisation) en relation aux terres non –chrétiennes découvertes, ne fut pas abrogé par la bulle papale Sublimis Deus, ni non plus le pape Paul III n’eut l’intention d’abroger par le moyen de Sublimis Deus, les dons fait par la papauté au préalable, d’un droit de domination territorial donné à la couronne espagnole.

Les avocats du Saint Siège ne sont manifestement pas des historiens. S’ils l’étaient, ils en sauraient bien plus que cela et n’essaieraient pas d’embobiner les gens à croire que le don par la papauté d’un droit de domination fut “abrogé” en 1537 par le pape Paul III et sa bulle Sublimis Deus. Comme l’a fait remarqué le Dr. Luis Rivera dans son livre de 1992 “A Violent Evangelization”:

“Dans l’arène juridique, les bulles alexandriennes ont maintenu leur caractère d’autorisation, comme montré par la première phrase de la première loi du premier chapitre du troisième livre de “The Compilation of the Leyes de Indias” (1680), qui les reconnaît (les bulles papales) comme la première fondation pour la possession à perpétuité des Amériques par la couronne de Castille:

“Par donation du Saint Siège apostolique et romain… Nous sommes les seigneurs des Indes de l’Ouest, terres et iles et océans découverts ou à découvrir et incorporés à notre couronne royale de Castille.. et nous donnons notre foi et notre parole royale et les rois nos successeurs, de façon à ce qu’elles (les Indes occidentales) ne puissent jamais nous être retirées ou séparées de nous en totalité ou en parties, pour quelque raison ou cause que ce soit.”

Et Rivera conclut: “Cette loi est basée sur les déclarations royales consécutives de Carlos V (Charles V) et Felip II (Philippe II), qui durant le XVIème siècle émirent la doctrine de la domination castillanne à perpétuité sur les peuples hispano-américains. Toutes ces déclarations font allusions aux bulles alexandriennes comme point crucial de référence. “Ainsi, en 1680 les lois des Indes occidentales étaient toujours reconnues das les publications royales espagnoles comme fondées sur le “caractère spécial d’autorisationdes bulles alexandriennes”. Si ces documents du pape Alexandre furent abrogés par le bulle papale de 1537, de manière évidente la monarchie espagnole (Charles V et Philippe II) n’ont pas eu ni lu le memo… voilà pourquoi la monarchie a continué à les utiliser comme fondation même de la loi des Indes occidentales.

Colonialisme et révocation des bulle papales Romanus Pontifex et Inter Caetera: Pape François 1er, gardien du dogme sous la soutane du faux-semblant…

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« Le clergé vit au détriment
Du peuple qu’il vole et qu’il gruge;
Et que finalement,
Il juge. »
~ Georges Brassens ~

Voici un article d’un journaliste iroquois, Mohawk, que nous avons traduit et qui résume parfaitement notre point de vue, exposé sur ce blog. C’est toujours mieux de le voir du côté des intéressés et des opprimés.

Nous répondrons à la question du titre: Le nouveau pape est une baudruche, en fait un leurre. Un « Obama » de l’église romaine, un poseur, chargé à la fois d’un côté de donner un « espoir » aux masses, et de l’autre, en tant que jésuite et donc garde-chiourme en chef du dogme, de renforcer la doctrine et verrouiller le système qui est sous attaque de partout.

Les nations autochtones des Amériques posent les bonnes questions et ont le potentiel de faire chuter cette ignominie cléricale responsable de génocides, de mise en esclavage, de pillage, de vols, de viols, de tortures et de crimes de sang ignobles dans le monde au cours de plus de 5 siècles d’histoire sanglante, entretenant le dogme du mensonge et de la fourberie à l’état pur.

Voir: doctrine de a découverte et l’importance de la lutte de l’occident contre son colonialisme

— Résistance 71 —

 

Le pape François 1er baudruche ou rédempteur ?

 

John Kane (journaliste et animateur radio Mohawk)

 

23 décembre 2013

 

url de l’article:

http://tworowtimes.com/opinions/columns/lets-talk-native/pope-francis-gimmick-game-changer/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous entendons beaucoup de choses au sujet de ce nouveau pape et de son soutien radical aux pauvres, mais la vérité est qu’il demeure des failles béantes dans sa prise de position et ce tant que les bulles papales responsables de la doctrine chrétienne de la “découverte” ne soient convenablement adressées. Seule une répudiation totale des bulles papales de Nicolas V (1455 Romanus Pontifex) et d’Alexandre VI  (1493 Inter Caetera) pourrait vraiment faire tenir les déclarations péremptoires du pape François pour sérieuses au lieu de mots totalement creux pour les peuples autochtones des Amériques.

Le pape François 1er va peut-être gagner le prix nobel de la paix pour faire la paire avec sa nomination comme “homme de l’année 2013” par le magazine Time, mais soyons honnêtes, ces honneurs ont bien moins à faire avec un vrai changement qu’avec de la pure propagande. Et pourtant, le pape a toujours l’opportunité de suivre le Conseil Mondial des Eglises et de produire une déclaration des plus fortes à ce sujet.

Ce n’est pas suffisant pour l’église catholique que de juste suggérer, comme elle l’a fait, que les bulles du XVème siècle ne sont plus la doctrine de l’église aujourd’hui. Le Vatican a commencé cette ignominie et il est du devoir du pape de faire une déclaration définitive rejetant une bonne foi cette doctrine raciste qui continue d’être la cause de tant de cette pauvreté dont il est si prompt à parler.

Bien sûr, de grosses déclarations des églises ou du Vatican seuls ne vont pas défaire le mal occasionné. Les Nations-Unies ont fait leur déclaration s’arrêtant juste à la limite d’une condamnation de la doctrine de l’église dans sa Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (UNDRIP), mais l’intention y était clairement énoncée, La troisième affirmation de l’UNDRIP stipule:

Que toutes les doctrines, politiques et pratiques fondées ou se faisant les avocates de la supériorité de peuples ou d’individus sur la base d’une origine nationale, raciale, religieuse, ethnique ou de différences culturelles, sont racistes, scientifiquement fausses, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes.”

Mais alors que les Etats-Unis rejettent l’opinion mondiale ou la loi internationale confrontant leurs lois “moralement condamnables et socialement injustes”, il semblerait qu’ils n’aient eu aucun problème à codifier dans leur loi la doctrine de l’église qui est clairement en conflit avec la prétention des Etats-Unis à séparer l’église et l’état.

Les Etats-Unis et le Canada se sont acculés eux-mêmes dans un coin sur ce sujet. Alors que ces deux pays essaient de se promouvoir eux-mêmes comme l’autorité morale du monde, alors même que l’équilibre de domination du monde leur échappe et qu’ils continuent à activement détruire la terre, l’eau et l’air dans leur poursuite effrenée des dollars, leur laide histoire et systèmes judiciaires fondés sur le dogme raciste de l’église ne peuvent pas ou plus être ignorés.

Le “château de cartes” que représente leur loi fédérale sur les Indiens ne peut pas survivre à toute observation légitime et leurs politiques oppressives incluant les raids, l’abus physique, les tribunaux kangourous et la criminalisation générale de tout ce qui est autochtone, deviennent de plus en plus difficiles pour eux à justifier comme n’étant ni plus ni moins qu’une forme plus “douce” de génocide. Dans le même temps, nos peuples continuent de défendre la terre et le future de tous nos enfants tandis que les Etats-Unis et le Canada continuent de perdre leur crédibilité devant quiconque n’est pas dans leur poche (par corruption…)

Je ne suis pas de ceux qui clâment aux réparations pour toutes les injustices passées ou pour une seconde chance sur les 500 ans écoulés. Ceci serait un grand rêve et aucune des deux propositions n’est réaliste. En fait, certains de nos propres peuples seraient victimes d’un renversement du château de cartes sur lequel les Etats-Unis et le Canada sont construits. Je pense que notre levier sur leurs faiblesses doit être utilisé pour pousser à des négociations honnêtes et efficaces afin de résoudre les conflits émergeant de la nature oppressive de ces deux bêtes. (NdT: Kane ici, sans aucune doute, fait allusion au traité déjà existant mais bafoué depuis plus de 400 ans: le Wampum Deux Rangées…)

Il y a beaucoup de travail que nous devons faire pour retourner à nos voies de résolution des problèmes. Rejeter les diktats et interférences de la “loi sur les Indiens” et du Bureau des Affaires Indiennes est un bon début (NdT: La bonne vieille désobéissance civile…). Nous devons aussi repousser l’impôt et tout contrôle de notre propre développement économique (NdT: Boycott de l’impôt et des institutions comme nous le préconisons pour la société occidentale…) et bien sûr l’obtention d’un siège à la table des négociations concernant tous les problèmes environnementaux est impératif. (NdT: C’est par le levier écologique que nous les occidentaux, devons principalement adhérer et soutenir les causes autochtones). L’accès sans restrictions aux ressources de nos territoires et les pratiques qui continuent à placer le futur de nos enfants en danger doit prendre fin et toute discussion pour aller de l’avant à ce niveau doit impérativement nous inclure.

Aussi raisonnable que cela puisse paraître au peuple autochtone, les Etats-Unis et le Canada sont loin, très loin d’être raisonnables sur ces sujets. Seule une répudiation de la doctrine chrétienne de la “découverte” et des décisions et opinions (biaisées) de la cour suprême des Etats-Unis commençant avec l’affaire Johnson contre McIntosh en 1823, peut gifler le bon sens à des pays qui ont permis une doctrine ecclésiastique “raciste, scientifiquement fausse et légalement invalide” de devenir le fondement des lois foncières de ces pays. Ceci est littéralement leur seule base légale et juridique pour atténuer et éradiquer la souveraineté autochtone.

Alors fais un effort “l’homme de l’année” et prends de grandes mesures pour vraiment prendre soin de la pauvreté. Après tout, c’est le Vatican et les autres entreprises des nations chrétiennes qui sont assis sur des richesses et ressources qui ont été tirées et continuent d’être tirées des terres des peuples autochtones et c’est cette accumulation et consolidation de cette richesse qui sont responsables de la pauvreté. Ce sont les bulles papales de papes du passé qui ont tracées la route de cette subjugation illégale qui continue aujourd’hui même.

Balaie le pas de ta porte pape François, et nous prendrons en charge la suite des évènements.

Les origines du colonialisme: Inhumain trop inhumain… selon le Vatican

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 12 octobre 2013 by Résistance 71

Cette traduction d’un article de recherche de Steve Newcomb (grand spécialiste de la nation Shawnee concernant les origines de la loi fédérale sur les Indiens) est très complémentaire de notre série sur le vol, pillage et génocide commis à l’encontre des nations autochtones des Amériques depuis 1492 et des informations en découlant au sujet des origines profondes religieuses et vaticanes de la colonisation menée tambour battant par les nations européennes depuis le XIème siècle et les premières croisades et son apogée entre la fin du XVème et la fin du XIXème siècles.

Pour plus d’information lire ces articles:

Dans l’ordre chronologique de ce qui a été traduit/publié:

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/19/societe-contre-letat-de-lorigine-du-genocide-introduction-au-livre-de-kevin-annett-hidden-no-longer-genocide-in-canada-past-and-present/

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/19/colonialisme-et-genocide-au-nouveau-monde-a-decouvert-genocide-au-canada-passe-et-present-introduction-1ere-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/23/colonialisme-et-genocide-au-nouveau-monde-a-decouvert-genocide-au-canada-passe-et-present-introduction-2eme-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/01/resistance-des-peuples-le-droit-coutumier-doit-remplacer-le-systeme-legal-planetaire-corrompu-lexemple-donne-par-le-tribunal-international-sur-les-crimes-des-eglises-et-des-etats/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/02/genocide-denfants-indiens-au-canada-quand-la-collusion-criminelle-de-letat-et-des-eglises-genere-la-farce-de-la-reconciliation/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/04/resistance-politique-le-grand-mensonge-qui-regit-le-colonialisme-bulle-papale-de-1493/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/05/au-sujet-de-lorigine-du-colonialisme-la-bulle-papale-inter-caetera-alexandre-vi-1493/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

 — Résistance 71 —

 

Cinq cents ans d’injustice

L’héritage du racisme religieux du XVème siècle

 

par Steve Newcomb

 

Source: Newcomb, Steve. « Five Hundred Years of Injustice. » Shaman’s Drum. Fall 1992, p. 18-20.

 

url de l’article original:

http://ili.nativeweb.org/sdrm_art.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quand Christophe Colomb posa le pied pour la première fois sur les sables blancs de l’île de Guanahani, il pratiqua une cérémonie de “prise de possession” de la terre pour le roi et la reine d’Espagne, agissant sous la loi internationale de la chrétienté occidendale. Bien que l’histoire de la “découverte” de Colomb ait pris des proportions mythologiques dans la vaste majorité du monde occidental, très peu de gens sont en fait au courant que cet acte de “possession” est fondé sur une doctrine religieuse connue dans l’histoire sous le vocable de la “doctrine de la découverte”. Bien peu réalisent même qu’aujourd’hui, plus de cinq siècles plus tard, le gouvernement des Etats-Unis (NdT: et du Canada et les gouvernements des nations sud-américaines) continue d’utiliser cette doctrine archaïque judéo-chrétienne pour nier les droits des Indiens des Amériques.

Les origines de la doctrine de la découverte

Pour bien comprendre la relation entre le principe de la découverte érigé par la chrétienté et les lois des Etats-Unis, nous devons commencer par examiner le document pontifical qui fut écrit quarante ans avant que Colomb ne fasse son voyage historique de 1492 ; le pape Nicolas V émit pour le roi Alphonse V du Portugal la bulle Romanus Pontifex en 1455, déclarant la guerre contre tous les non-chrétiens à travers le monde et spécifiquement promouvant la conquête, la colonisation et l’exploitation des nations non-chrétiennes et de leurs territoires.

Sous le coup de doctrines théologiques et légales formulées pendant et après les croisades, les non-chrétiens furent considérés comme ennemis de la foi catholique et ainsi dégradés au statut de sous-hommes. De manièrre concordante, dans la bulle de 1455, le pape Nicolas V donna des instructions au roi Alphonse de “capturer, de vaincre et de subjuguer les sarazins, les païens et autres ennemis du Christ” et de les mettre “en état d’esclavage perpétuel” et de “saisir toutes leurs possessions et propriétés” [Davenport: 20-26]. Agissant ainsi selon ses privilèges papaux, le Portugal continua son trafic d’esclaves africains et étendît sa domination coloniale royale en faisant des “découvertes” le long de la côte Ouest africaine, clâmant ces territoires comme territoires portugais.

Ainsi, lorsque Colomb mit les voiles à l’Ouest à travers la Mer des Ténèbres en 1492, avec la  claire compréhension qu’il était “autorisé de prendre possession” de toutes terres qu’il serait amené “à découvrir” et qui n’était pas sous la domination d’un dirigeant chrétien, lui et les souverains espagnols d’Aragon et de Castille suivaient déjà une tradition bien établie de “découverte et de conquête”. De fait, après que Colomb s’en revint en Europe, le pape Alexandre VI émit la bulle pontificale Inter Caetera du 3 Mai 1493, “garantissant” a l’Espagne, à la requête expresse du roi Ferdinand et de la reine Isabelle, le droit de conquérir les terres que Colomb avait déjà trouvées, ainsi que toutes terres que l’Espagne pourrait “découvrir” dans le futur.

Dans ce document Inter Caetera, le pape Alexandre exprima son désir que les peuples “découverts” soient “subjugués et amenés à la foi elle-même”. De cette façon, disait le pape, “L’empire chrétien” pourrait se propager.. Lorsque le Portugal protesta contre cette concession à l’Espagne, le pape Alexandre stipula dans une bulle suivante le 4 Mai 1493, que l’Espagne de devait pas tenter d’établir sa domination sur des terres qui étaient “déjà sous la possession de seigneurs chrétiens”. Puis, avant de museler les deux monarques rivaux, le pape dessina une ligne de démarcation entre les deux pôles, donnant à l’Espagne le droit de conquête et de colonisation d’un côté du globe et au Portugal l’autre.

Durant le cinq-centième anniversaire du voyage de Colomb aux Amériques, il est important de reconnaître que les actes cruels de génocide et de conquête commis par Colomb et ses hommes contre les peuples pacifiques des Caraïbes, furent endorsés pleinement par les documents sus-mentionnés de l’église catholique romaine. En fait, ces documents papaux furent souvent utlisés par les conquérants européens des Amériques pour justifier d’un système de colonisation incroyablement brutal et sans merci, qui déshumanisa les peuples autochtones en regardant leurs territoires comme “n’étant habités que par des animaux sauvages”.

La leçon à tirer de ceci est que les bulles pontificales de 1455 et 1493 sont deux exemples très clairs du comment les “pouvoirs chrétiens” ou “les différents états de la chrétienté”, voyaient les peuples indigènes: comme “les butins et proies légaux de leurs conquérants civilisés”. En fait, la “loi des nations” chrétiennes estimait que celles-ci avaient un droit divin, fondé sur la bible, de clâmer le titre absolu et l’autorité ultime sur tous nouveaux habitants non-chrétiens “découverts” ainsi que leurs terres et propriétés. Au cours des siècles qui suivirent, ces croyances ont donné naissance à la doctrine de la découverte utilisée par l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre, La France et la Holande et de fait toutes les nations chrétiennes.

La doctrine de la découverte dans la loi américaine

En 1823, la doctrine de la découverte chrétienne fut adoptée en catimini dans la loi américaine par la cour suprême des Etats-Unis dans le cas devenu célèbre de Johnson contre McIntosh. Ecrivant pour une cour unanime, le juge suprême John Marshal observa que les nations chrétiennes européennes avaient assumé la “domination ultime sous forme coloniale” (NdT: sens du mot “dominion” employé en anglais) des terres d’Amérique durant l’âge de la découverte et que avec cette “découverte”, les Indiens avaient perdu “leurs droits de souveraineté totale en tant que nations indépendantes” et ne retenaient que le droit “d’occuper” leurs territoires. En d’autres termes, les nations indiennes étaient soumises à l’autorité ultime de la première nation de la chrétienté qui clâma possession d’une région spécifique des terres indiennes.

D’après Marshall, les Etats-Unis, après avoir gagné leur indépendance en 1776, devinrent une nation héritière du droit de la “découverte” et acquérirent le pouvoir de “domination coloniales (dominion)” de la Grande-Bretagne. Bien sûr, lorsque Marshal définît en premier lieu le principe de “découverte”, il utilisa une langage qui n’attira pas l’attention sur le biais religieux, déclarant que “la découverte donne droit au gouvernement par les sujets ou l’autorité par lesquels la découverte fut faite, contre tout autre gouvernement européen”. Quoi qu’il en soit, en discutant le précédent légal soutenant les conclusions de la cour, Marshal cita de manière spécifique la charte anglaise donnée à l’explorateur John Cabot, afin de documenter la “reconnaissance totale” par l’Angleterre de la doctrine de la découverte. Ensuite, paraphrasant le langage de la charte elle-même, le juge Marshall nota que Cabot était autorisé de prendre possession de terres “sans se préoccuper de l’occupation des sols par les indigènes, qui sont des païens et dans le même temps en admettant le titre de propriété de tout chrétien qui en aurait pris possession au préalable.”

En d’autres termes, la cour suprême des Etats-Unis affirmait que la loi américaine était basée sur une règle fondamentale de la “loi des nations” et qu’il était possible de virtuellement ignorer les droits fondamentaux des “païens” indigènes et de clâmer que les “terres inoccupées” de l’Amérique appartenaient de droit aux nations européennes les découvrant. Il est bien sûr très important de comprendre que, comme l’a justement fait remarquer Benjamin Munn Ziegler dans sa Loi Internationale selon John Marshall, que le terme de “territoires inoccupés” se référait à “la terre en Amérique qui lorsqu’elle fut découverte était ‘occupée par des Indiens”, mais “inoccupés par des chrétiens’ ”

Ironiquement, la même année de la décision juridique de l’affaire Johnson contre McIntosh, lun des pères fondateurs des Etats-Unis, James Madison, écrivit: “La religion n’est pas la préoccupation du gouvernement humain. La religion est essentiellement distincte du gouvernement civil et exempte de sa reconnaissance ; une connexion faite entre les deux est injurieuse aux deux parties.”

La plupart d’entre nous ont été élevés dans la croyance que la  constitution des Etats-Unis fut faite pour maintenir une séparation de l’église et de l’état. Malheureusement, avec la décision de la cour suprême dans l’affaire Johnson, la doctrine chrétienne de la découverte fut non seulement pas écrite dans la loi américiane mais elle devint aussi la pierre angulaire de la politique américaine envers les Indiens au cours du siècle suivant.

De la doctrine de la découverte aux nations indépendantes intérieures

Utilisant comme base légale le principe de la “découverte”, la cour suprême déclara en 1831 que la nation Cherokee (et par implication toute autre nation indienne), n’était pas totalement souveraine, mais que “peut-être”, elle pourrait être étiquetée comme une “nation indépendante intérieure”. [Cherokee nation contre l’état de Georgie]. Le gouvernement fédéral en profita pour dire que les traités faits avec les nations indiennes ne reconnaissaient pas les nations indiennes comme étant libres du contrôle de l’état fédéral. D’après le gouvernement, les nations indiennes étaient des “nations indépendanes intérieures”, sujettes à l’autorité légale complète du gouvernement fédéral, ceci étant connu sous le vocable de “pouvoir pléniaire”. Ainsi, l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte et sa conquête et sugjugation des Indiens “païens”, furent étendues par le gouvernement fédéral en une doctrine mythique disant que la constitution des Etats-Unis permettait l’autorité gouvernementale sur les nations indiennes et leurs territoires.

Le mythe du “pouvoir pléniaire” sur les Indiens, un pouvoir du reste, qui ne fut jamais voulu par les auteurs de la constitution, a été utilisé par les Etats-Unis pour:

  • Circonvenir aux termes des traités solennels liant les Etats-Unis aux nations indiennes, malgré le fait que tous ces traités sont “loi suprême de la terre, malgré tout écrit constitutionnel”.
  • Voler les territoires ancestraux des peuples indiens vivant à l’Est du Mississippi en les déportant de leurs terres par la loi de 1835 concernant la déportation des Indiens.
  • Utiliser un statut congressionnel connu sous le vocable de la loi d’alotement général de 1887, pour priver les Indiens de quelques 90 millions d’acres de leurs terres. Cette loi, expliqua John Collier (commissaire aux affaires indiennes), fut une “méthode indirecte, pacifique sous forme légale, de prendre la terre que nous étions déterminés à prendre, mais ne voulions pas prendre ouvertement à cause des traités”.
  • Voler les Collines Noires (Black Hills), territoire sacrée de la grande nation Sioux en violation totale des termes du traité de Fort Laramie de 1868 (NdT: Le SEUL traité de l’histoire américaine, qui vit le gouvernement américain qui avait perdu la guerre, faire des concessions à ses vainqueurs !… Traité qui fut violé par les yankees à maintes reprises depuis…), qui reconnait à la nation Sioux la propriété absolue et exclusive de son territoire.
  • Payer le secrétariat à l’intérieur la somme de 26 millions de dollars pour 24 millions d’acres des terres de la nation Shoshone, parce que le peuple Shoshone a constamment refusé de vendre ses terres et refuser de la même manière de prendre quelque argent que ce soit. Bien que les limites frontalières du territoire Shoshone et leur droit de souveraineté furent reconnus clairement par le gouvernement fédéral dans le traité de la vallée de Ruby en 1863, le gouvernement proclame maintenant que le fait de s’être lui-même payé au titre de la nation Shoshone a mis fin à la souveraineté territoriale de la dite nation.

Les cas cités ci-dessus sont juste quelques exemples du comment le gouvernement des Etats-Unis a utilisé les décisions de justice des affaires Johnson contre McIntosh et la nation Cherokee contre l’état de Georgie pour dénigrer abruptement les droits des peuples indigènes. De fait, un grand nombre de politiques intérieures américaines sur les Indiens sont fondées sur la “rationalité” cachée du principe “de la découverte chrétienne”, une vision qui “subordonne aux premiers découvreurs chrétiens” ou à leurs successeurs, les “païens” indigènes des Amériques.

Comme l’avait déjà observé Thomas Jefferson, lorsque l’état utilise la doctrine de l’église comme moyen coercitif, le résultat en est “l’hypocrisie et la méchanceté”. Bien malheureusement, l’utilisation par la cor suprême des Etats-Unis de l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte, pour circonvenir à la constitution et comme moyen de saisir les terres indiennes et de placer les nations indiennes sous le contrôle du gouvernement fédéral, a prouvé que Madison et Jefferson avaient raison.

Mettre fin à cinq cent ans d’injustice faite aux peuples autochtones

Dans un pays fait pour maintenir une séparation stricte de l’église et de l’état, la doctrine de la découverte aurait dû être déclarée inconstititionnelle parce qu’elle est fondée sur un traitement raciste des nations autochtones pour le simple fait qu’elles n’étaient pas chrétiennes au moment de l’arrivée des Européens sur le continent. En pénalisant les peuples indigènes sur la base de leurs croyances religieuses non-chrétiennes et leurs pratiques cérémonielles traditionnelles, les privant de la vaste majorité de leurs terres ancestrales et de leur souveraineté, la décision Johnshon contre McIntosh devient un des piliers de la violation des “droits naturels” de l’humanité, tout autant que des droits fondamentaux des peuples indigènes.

Alors que nous allons au-delà des cinq cents ans de l’invasion des Amériques par Christophe Colomb, il est grand temps de renoncer de manière formelle et de mettre fin au racisme religieux qui fut écrit dans la loi des Etats-Unis par le juge de la cour suprême John Marshall. Que le peuple américain et spécifiquement la droite chrétienne, veuille assister les autochtones à abroger la décision Johnson, en dira beaucoup au monde sur le point de sérieux auquel se trouve les Etats-Unis en ce qui concerne les principes de liberté, de justice et de liberté religieuse.

Alors que nous approchons le 500ème anniversaire des bulles papales des 3 et 4 Mai 1493, il est important de garder présent à l’esprit que la “doctrine de la découverte” est toujours utilisée par un grand nombre de pays des Amériques pour nier les droits des peuples indigènes et de perpétuer la colonisation de tout le continent. Pour pouvoir mettre fin au système de colonisation et de sortir de la tradition culturelle et spirituelle de la subjugation, nous devons renverser la doctrine à sa racine. C’est pourquoi je propose que les personnes non indigènes, spécifiquement les chrétiens, s’unissent en solidarité avec les peuples autochtones du continent américain afin d’impressionner le pape Jean Paul II sur l’importance pour lui de révoquer la bulle Inter Caetera de 1493, dans une cérémonie formelle impliquant les peuples natifs.

Revoquer ces documents papaux et renverser la décision Johnson contre McIntosh sont deux étapes très importantes pour corriger les injustices qui ont été infligées aux peuples indigènes ces cinq cents dernières années. Ce sont aussi des étapes spirtituelles importantes vers la création d’un mode de vie qui ne sera plus fondé sur la veulerie et la subjugation et la coercition. Peut-être pourrons-nous alors utiliser notre nouvelle solidarité pour commencer à créer un style de vie fondé sur le principe des premiers occupants: “Le respect de la Terre et un respect sacré pour tout le vivant”.

References

Cherokee Nation v. Georgia 30 U.S. (5 Pet.) 1, 8 L.Ed. 25 (1831).

Davenport, Frances Gardiner, 19l7, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Vol. 1, Washington, D.C.: Carnegie Institution of Washington.

Johnson and Graham’s Lessee V McIntosh 21 U.S. (8 Wheat.) 543, 5 L.Ed. 681(1823).

Rivera-Pagan, Luis N., 1991, « Cross Preceded Sword in ‘Discovery’ of the Americas, » in Yakima Nation Review, 1991, Oct. 4.

Story, Joseph, 1833, Commentaries on the Constitution of the United States Vol. 1 Boston: Little, Brown & Co.

Thacher, John Boyd, 1903, Christopher Columbus Vol. 11, New York: G.P. Putman’s Sons.

Williamson, James A., 1962, The Cabot Voyages And Bristol Discovery Under Henry VII, Cambridge: Cambridge University Press.

Wheaton, Henry, 1855, Elements of International Law, Sixth Edition, Boston: Little Brown, and Co.

Ziegler, Benjamin Munn, 1939, The International Law of John Marshall, Chapel Hill: The University of North Carolina Press.

Steve Newcomb est un Indien Shawnee & Lenape. Pendant plus d’une décennie, il a étudié les origines  de la loi fédérale sur les Indiens des Etats-Unis et de la loi internationale, qui remontent toutes deux aux premiers jours de la chrétienté. Il met en ce moment même la dernière main à son livre , Pagans In the Promised Land: Religion, Law, and the American Indian.