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L’empire n’a pas de territoire… Il a usurpé la terre ancestrale au nom d’un dogme religieux raciste: la doctrine de la « découverte chrétienne »… (Steven Newcomb)

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Là réside comme nous l’avons dit à maintes reprises LA solution au problème colonial qui culmine avec l’empire anglo-américain actuel. La « nation indispensable », la « lumière sur la colline », la nation à la « destinée manifeste » au peuple élu (en concurrence avec .. l’autre…) pour « régner sur le monde », tel que cela est énoncé dans la doctrine américaine, est fondée sur un vol et un génocide. La nation, l’entreprise commerciale, Etats-Unis d’Amérique, n’a aucune légitimité territoriale. Question: Comment amener le « droit international » à le reconnaître ?

Dénoncer les atrocités et l’hégémonie économico-politique mondiale de l’empire ne fait que s’attaquer aux symptômes. Il faut le dire, mais adresser la racine du mal, la racine profonde du problème, c’est s’adresser à l’enfumage, à l’escroquerie légale qui entoure les fondements juridiques mêmes de la création de cette entreprise pirate. Steve Newcomb, légiste Shawnee, lève le voile sur une partie du problème en partant d’un problème concret de société, ironiquement lié à la société du spectacle yankee.

Pour faire cesser la gangrène impérialiste, il faut adresser le problème de la terre, des territoires et déposséder l’empire de la terre usurpée. Sans territoire, un empire s’effondre dans l’instant, sa structure implose. Les Indiens des Amériques ont entre leurs mains ce pouvoir de faire imploser l’empire. Les Aborigènes d’Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande, et tous les peuples dépendant toujours de la « couronne » de la City de Londres et de son Commonwealth colonial, l’ont également.

Aidons-les. Là réside la première partie de la solution à nos problèmes !

— Résistance 71 —

 

La vision panoramique au delà de l’affaire des “Red Skins”

 

Steven Newcomb

 

29 Août 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/08/29/big-picture-beyond-redskins-issue

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note du traducteur: Il y a plusieurs mois, une plainte suivie d’une forte campagne de lobbying a vu l’équipe de football de la NFL des Washington “Red Skins”, devoir abandonner son logo et sa “mascotte” jugés, à juste titre, racistes. “Red Skins” veut dire “Peaux Rouges” en anglais. Cette affaire a défrayé la récente chronique et a divisé l’Amérique. Dans l’article ci-dessous, le légiste Shawnee Steven Newcomb, fondateur de l’Ingigenous Law Institute, va au-delà de cette affaire et remonte comme il devrait toujours être fait, aux origines de ce qui est fondamental pour certains et anecdotique pour d’autres… Ce qu’on pourrait penser être une réaction puérile concernant le logo d’une équipe de sport rejoint la dimension fondamentalement raciste sur laquelle est fondée cette nation des Etats-Unis d’Amérique et dont les ramifications ont aujourd’hui une portée mortifère mondiale… Plongeon donc dans le linge sale d’une nation coloniale…

L’article le Susan Shown Harjo dans le numéro du 23 Juin de Politico, “The R-Word Is Even Worse Than You Think,” au sujet du problème avec l’équipe de la NFL de Washington D.C était excellent. Et pourtant, je me demande pourquoi la controverse n’est pas connectée et liée de manière plus générale à la “vision panoramique” à avoir du pays indien. Après tout, le problème des “Red Skins” et de leur mascotte est définitivement un symptôme d’une cause bien plus profonde ; une cause qui s’est manifestée dans tous les domaines de la société aux Etats-Unis et ce, jusqu’en haut de la pyramide légale que représente la Cour Suprême des Etats-Unis.

Cette cause sous-jacente provient, à mon sens, du fait que les Etats-Unis, en tant qu’empire américain, ont été fondés et construits sur la base de la domination et de la déshumanisation de nos nations originelles et de nos peuples. Mlle Harjo illustre ceci avec une phrase clef dans son article. Elle fait remonter le problème “au temps où les colonies, les entreprises commerciales et quelques états récompensaient au moyen de primes l’extermination des autochtones en prouvant une “mort d’Indien” avec la “peau rouge” sanglante”. Elle illustre par là même la domination et la déshumanisation de nos nations et peuples originellement libres de droit.

Le droit présumé de dominer et de déshumaniser nos nations et nos peuples est profondément ancré dans le psyschisme américain. Le racisme et la bigoterie religieuse judéo-chrétienne contre nos nations sont intimement tissés dans la fabrique même des institutions politiques et légales des Etats-Unis et de cette manière cela ne va pas se terminer de si tôt. Permettez-moi de vous fournir un exemple très concret:

Dans la décision de la cour suprême des Etats-Unis sur l’affaire Michigan vs Bay Mills Indian Community du 27 Mai 2014, à la fois la majorité et la minorité de la cour ont utilisé de manière explicite le mot “subjugation”, un terme qui veut dire “domination”, se référant à la relation du gouvernement des Etats-Unis avec nos nations et peuples originellement libres. Quelle fut la réponse du pays Indien ? L’utilisation par la cour d’un cadre de domination pour sa décision n’a apparemment pas causé la plus petite émotion parmi les leaders du pays indien.

Pas une seule organisation indienne majeure est sortie du lot et a décrié la majorité de la cour suprême disant que subjugation veut dire la “subjugation” de nos nations et de nos peuples “à la volonté du gouvernement fédéral”. Nous n’avons pas vu non plus une contestation publique du désaccord du juge Thomas dans l’affaire Bay Mills (rejoint par Alito, Ginsberg et Scalia) qui dit: “Malgré la subjugation des tribus indiennes à l’autorité et à la protection des Etats-Unis, ce tribunal les a qualifié de “nations domestiquement dépendantes” qui gardent des attributs limités de leur souveraineté historique ?”

Cela ne devrait pas être bien difficle d’utiliser toute l’attention gagnée par l’affaire des “Red Skins” et de ses mascottes pour aussi montrer au public ce point clé: C’est à cause du précédent de l’affirmation par l’ancien testament du gouvernement d’un droit à la découverte chrétienne et de domination qui ont mené nos nations à être définies par la cour suprême de “nations domestiquement dépendantes”.

La majorité et la dissidence de la cour suprême dans l’affaire de Bay Mills ont tous deux cité la phrase: “nations domestiquement dépendantes” depuis le rendu de l’affaire Cherokee Nation vs Georgia (1831). Cette phrase dans Cherokee nation… remonte à une phrase du rendu Johnson contre McIntosh (1823): “Elles (les nations indiennes) occupent un territoire sur lequel nous avons un titre de propriété indépendant de leur volonté…” Notez bien qu’il n’est pas dit que nos nations existaient libres et indépendantes sur nos propres territoires. Il est plutôt dit qu’elles “occupaient” un “territoire” pour lequel les Etats-Unis affirmaient avoir un titre de propriété. La cour suprême a dit que les Etats-Unis avaient clâmé un “titre de découverte” fondé sur l’affirmation d’un “droit à la découverte”.

Le juge suprême John Marshall expliquait dans un rendu unanime de la cour dans l’affaire Johnson contre M’Intosh la base pour les Etats-Unis justifiant une forme de titre de propriété sur les territoires de nos nations. Le juge Marshall, au nom d’une cour unanime, a dit que les nations d’Europe ont affirmé le titre de propriété des terres “alors inconnues de tout peuple chrétien” (NdT: En accord avec la bulle papale de 1493 Inter Caetera) et a dit “qu’elles avaient pris possession, assumé le titre de propriété” en “affirmant leur droit de prendre possession” de ces terres non-chrétiennes.

Les terres des autochtones “qui étaient des païens infidèles” a dit Marshall, ont été sujet à une assertion, par “le peuple chrétien”, de droit de possession. Par un accord commun des nations européennes, seul “le titre préalable d’un autre peuple chrétien qui aurait pu faire la découverte” avait à être reconnu.

Joseph Story était un assistant juge à la cour suprême lorsque l’affaire Johnson contre M’Intosh fut jugée et le rendu fut émis. Il était aussi un ami très proche du juge Marshall. Des années plus tard, dans deux des livres que Story écrivit, il expliqua le raisonnement derrière la décision de Johnson contre M’Intosh. Dans son livre A Familiar Exposition of the Constitution of the United States, Story demanda: “Comment alors, pourrait-on se demander, les nations européennes ont-elles acquis le titre général de propriété qu’elles ont toujours affirmé avoir sur la totalité du sol de l’Amérique, y compris sur les terres occupées par les tribus indiennes ?

Il répondit: “La seule réponse possible est la propre assertion des nations européennes qu’elles ont acquis un titre général de propriété sur la terre en vertu d’avoir été les premiers à découvrir cette dite terre ou en d’autres termes, que leur titre était fondé sur le droit de découverte.” En d’autres termes, les nations européennes “découvreuses” ont acquis de manière supposée le titre de propriété général qu’elles affirmaient posséder, simplement en affirmant qu’elles avaient acquis ce titre. Bizarre, bizarre.

Les mots de Story “le droit de découverte” correspondent à l’utilisation par le juge Marshall de ces mêmes mots dans le rendu de la décision de l’affaire Johnson contre M’Intosh

Le droit de découverte donné par cette commission (John Cabot) est confiné aux pays “alors inconnus au peuple chrétien” et de ces pays, Cabot avait l’autorisation d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre. Ainsi s’arrogeant le droit de prendre possession des terres nonobstant l’occupation par les autochtones, qui étaient païens et en même temps admettant le titre de propriété de tout peuple chrétien ayant fait la découverte au préalable.

De manière importante, et contrairement a ce que bien des universitaires contemporains ont écrit, le juge Story a expliqué que la “conquête” n’était pas la base de l’assomption du droit de découverte. Une logique différente fut utilisée. Celle-ci fut expliquée par Story dans ses “Commentaries on the Constitution of the United States” (1833) de la façon suivante: “parce qu’ils étaient considérés comme païens, infidèles et sauvages, les Indiens n’eurent pas le droit de posséder les prérogatives appartenant aux nations absolues, souveraines et indépendantes.”

Ainsi, le “droit de découverte” se réfère au “peuple chrétien” s’étant arrogé le droit de prendre possession des terres des “païens” (nos ancêtres libres et indépendants non-chrétiens). Les terres des non-chrétiens étaient soumises à la saisie d’une nation chrétienne au nom d’un droit de possession, qui incluait un présumé droit de domination par “le souverain”. C’est ce que la cour suprême appelle le “droit de la découverte”. De manière remarquable, à la fois la majorité et la dissidence votant dans l’affaire Michigan contre Bay Mills Indian Communities, en citant Cherokee Nation contre Georgia qui remonte à Johnson contre M’Intosh de 1823, a utilisé le droit chrétien de la découverte (NdT: qui remonte aux bulles papales du XVème siècle Romanus Pontifex et Inter Caetera…) comme cadre légal de la notion de domination/subjugation dans leurs décisions de justice de l’année 2014.

Les nations chrétiennes d’Europe et leurs successeurs, ont imposé sur nos ancêtres libres et souverains des concepts tels que ceux “d’infidèles, de païens et de sauvages”. Le juge Story révèle que cette imposition de terminologie de domination faisait partie de la logique utilisée par la cour suprême des Etats-Unis pour définir le titre foncier de nos nations comme n’étant que “seulement d’une simple occupation des sols”. L’imposition de ces définitions dominantes et déshumanisantes ont aussi mené nos nations à être définies dans Cherokee Nation vs Georgia et plus récemment dans l’affaire de Bay Mills, comme “des nations domestiques dépendantes”, le tout basé sur le supposé droit de la découverte chrétienne.

Comme ci-dessus mentionné, dans l‘affaire Bay Mills, la majorité des juges a dit que “la subjugation veut dire…” La “subjugation” de nos nations et des peuples à “la volonté du gouvernement fédéral”. Le juge Story remonte ce schéma exact au “droit de la découverte chrétienne” lorsqu’il dit que nos ancêtres “ont été autorisés à être les occupants légaux de la terre et autorisés à une possession temporaire, en étant assujettis à la souveraineté supérieure d’une nation européenne particulière, qui en fait possédait le titre de la découverte.

La cour suprême dans l’affaire Bay Mills n’a pas reconnu que son utilisation du terme “subjugation” en 2014 remonte directement à la “subjugation” des “païens, infidèles et sauvages” des siècles précédents. Il en va de notre responsabilité de mettre au grand jour ce fait. Il n’y a rien qui nous empêche d’utiliser ce point de contentieux à haut profil qu’est l’affaire des “Red Skins” pour faire focaliser l’attention sur le raisonnement raciste et de bigoterie religieuse, qui est utilisé jusqu’à ce jour par le gouvernement des Etats-Unis contre nos nations et nos peuples. Peut-être que cela irriterait plus le pays indien si le gouvernement américain utilisait une mascotte pour illustrer sa domination et sa subjugation de nos nations, spécifiquement si cette mascotte illustrait bien le “droit des chrétiens” de découvrir ce que la chrétienté occidentale considérait comme la “terre promise” par l’ancien testament (bible) de “l’Amérique du Nord”. Tandis que le dôme du capitole de Washington, qui fut construit par des esclaves noirs, n’est peut-être pas la mascotte du gouvernement américain, il est certainement un symbole valide et toujours présent de son système de domination.

La solution contre-impérialiste: Le démantèlement de la doctrine chrétienne de la « découverte », fondement du colonialisme occidental…

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Pour en savoir plus:

La doctrine chrétienne de la « découverte » sur Résistance 71

 

Déclaration pour le démantèlement de la doctrine chrétienne de la découverte

 

Nation Akimel O’tham

Nahuacalli, Ambassade des Peuples Originels

 

Avril 2013

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous, les nations des peuples originels, procédons à cet appel pour la réflexion et la prise d’action sur des problèmes d’importance critique pour notre survie présente et future.

Nous affirmons notre droit d’exercer notre existende libre en tant que nations et peuples de ce continent et de cet hémisphère Abya Yala, appelé Amérique, une existence qui remonte au début des temps comme cela a été exprimé dans nos histoires sur l’origine. Nos ancêtres ont évolué au moyen de systèmes profonds de connaissance et de multiples langages. La sagesse et la spiritualité de nos ancêtres ainsi que leurs profonds pouvoirs de discernement et d’observatons scientifiques ont grandement contribué à l’humanité en termes de nourriture, de médecine, de mathématiques, de connaissance spirituelle et de compréhension, tout en servant de gardiens aux vastes systèmes écologiques et aux eaux pures, qui sont la source de la vie. Nos ancêtres libres et indépendants ont étudié les lois de l’univers et ont développé nos systèmes originels de compréhension spirtituelle et d’harmonisation avec le monde naturel. Nos systèmes de gouvernance légaux uniques sont et seront toujours profondément enracinés dans notre Terre-Mère, nos terres et nos territoires ancestraux traditionnels.

L’année 1492 marque le début d’un processus récurent de crimes contre l’humanité, notre humanité en tant que peuples originels d’Abya Yala (Les Amériques). En 1492, Cristobal Colon (ou Christophe Colomb, dont le nom en espagnol veut dire le “colonisateur porteur de la croix ») fut commissionné pour naviguer vers nos patries ; il toucha terre à l’île de Taino de Guanahani et il affirma la prise de possession au nom de la croix chrétienne et la couronne de Castille. Il fit ceci sur la base de l’affirmation par la chrétienté (NdT: Christendom en anglais ou “domination chrétienne) que les monarques chrétiens avaient le droit divin de “découvrir” et de “conquérir” les non-chrétiens et ainsi d’affirmer leurs droit sur leur territoires, terres ancestrales et ressources. Colon rebaptisa cette première île San Salvador (Saint Sauveur) et il y ériga une croix et un échafaud symbolisant l’intention d’imposer la domination politique castillanne et la loi de la couronne sur les nations et peuples originels et leurs territoires. Ce processus fut répété à une échelle massive, où que les agents de la chrétienté envahissaient les terrritoires et les sites de cérémonies de nos nations, ayant l’intention de nous dominer et de nous déposséder de nos terres et de notre spiritualité.

En 1493, la pape Alexandre VI prétendît faire un “don” apostolique de terres non-chrétiennes à la couronne de Castille et de León pour “la propagation de l’empire chrétien” (empirii cristiani) et exprima son désir que les nations non-chrétiennes, barbares, soient subjuguées et “amenées à la foi chrétienne”. Le document du pape dit à la couronne de Castille et de León:

Nous, de notre propre volonté, par la teneur de la présente, que les dites îles trouvées par vos envoyés et capitaines, vous soient données, assignées à vous, vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de León, pour toujours, avec les colonies, villes, camps, endroits et villages et tous les droits, jurisdictions et appartenances de toutes les îles et terres découvertes et à découvrir, trouvées et à trouver… Nous vous faisons, nommons, vous et vos héritiers et successeurs, seigneurs de ces terres avec plein pouvoir de droit, toute autorité et toute jurisdiction nécessaire de quelque sorte que ce soit avec cette restriction néanmoins qu’aucune terre propriété d’un autre prince chrétien ne puisse lui être enlevée.”

Les droits à la colonisation antérieure de “tout prince chrétien”, spécifiquement du Portugal, devaient être protégés mais pas les droits des nations et peuples non-chrétiens. De ce décret résulta une tradition de domination politique, économique, sociale et culturelle et la subjugation imposée à nos peuples et nations au nom de la “civilisation” et la “conquête pacifique” comme les missionnaires catholiques, dominicains, franciscains et jésuites imposèrent la conversion religieuse comme instrument de domination coloniale.

Nous nous sommes rassemblés pendant trois jours sur le territoire traditionnel des nations d’O’otham afin de discuter les effets destructeurs, mortifères et génocidaires de la Doctrine Chrétienne de la Découverte sur nos nations et peuples originels. Nous nous sommes concentrés sur le besoin de démanteler et de défier les idées déshumanisatrices et les arguments qui ont typiquement été appelés la Doctrine de la Découverte (aussi connue sous le nom de “droit de la découverte”). Ces idées de domination et de subjugation sont parfaitement illustrées dans la bulle papale Inter Caetera de 1493 et autres documents issus par la saint siège au Vatican et adopté par les couronnes portugaise et espagnole et leurs successeurs.

Les pays d’Angleterre, de France, Hollande et Russie affirmèrent également de créer des droits de souveraineté au travers d’actes symboliques. En résultat de la succession politique internationale, des pays de part l’occident tracent tous leur lignée politique aux prérogatives de Colomb en 1492 et aux bulles papales des XV et XVIème siècles. Aux Etats-Unis par exemple, la formation politique des états de Californie, de l’Arizona, du Nouveau-Mexique, du Nevada, du Colorado et de l’Utah peut être drectement tracée à ces mêmes documents.

Après bien des présentations et une longue délibération à la “Conférence pour le Démantèlement de la Doctrine de la Découverte”. Nous avons trouvé que la Doctrine de la Découverte continue ses effets destructeurs et son impact négatif sur nos peuples et nations depuis tous ces siècles.

Nous affirmons par la présente que la domination, subjugation et déshumanisation persistantes de nos peuples et nations indigènes, sont une claire violation de nos droits humains. Comme moyen de gérer avec ces violations constantes et les insistances à la domination dont nos peuples souffrent quotidiennement, nous faisons et lançons cet appel à la conscience et affirmons notre détermination à former un Tribunal des Peuples indigènes pour faire reconnaîre, connaître et surveiller les droits de nos peuples et nations et de faire condamner les perpétrateurs de ces violations de nos droits, de faire distribuer mondialement une information éducative au sujet de la Doctrine de la Découverte et des ses effets et ce en affirmation des systèmes originaux et légaux de nos dits peuples et nations.

Nous notons de plus, que depuis l’invasion, la colonisation et l’imposition subséquente des états coloniaux sur ce continent, nos peuples ont souffert de la persécution, de massacres et du déni de nos droits humains de libre circulation en tant que peuples originels sur notre propre continent. La néo-colonisation actuelle impose illégalement des industries minières sur nos territoire et aussi nous criminalise au sein de frontières coloniales. Les impositions religieuses de la chrétienté continuent d’influer négativement sur nos pratiques spirituelles ancestrales, allant jusqu’à nous priver d’accès à nos centres de cérémonie qui sont maintenant considérés êtres des ruines de valeur archéologique vouées à être développées comme centre de distraction pour touristes.

Ainsi, nous affirmons que la domination, la subjugation et la déshumanisation actuelles et persistantes de nos peuples originels est une claire violation de nos droits.

Afin de gérer les violations systématiques de nos droits et libertés et des formes variées de domination et de domestication affectant nos peuples aujourd’hui et considérant que les Indiens ont un impératif en termes de sauvegarde de nos droits et de développement de notre destinée ; sous ce principe d’auto-détermination, nous appelons à la constitution du Tribunal des Peuples Indigènes afin de montrer la preuve des violations de nos droits et des effets désastreux qui empêchent un futur meilleur et qui condamnerait similairement ceux responsables de ces violations de droits humains, qui par leur nature sont des crimes contre l’humanité. Ce Tribunal des Peuples Indigènes doit être de caractère global et doit servir à disséminer la connaissance de la situation historique et actuelle des peuples indigènes et aussi surveiller chaque situation. Ce corps légal devra promouvoir et informer la société mondiale au sujet de la Doctrine de la Découverte et de ses effets négatifs et morifères contre l’humanité.

= = =

Source:

http://www.nahuacalli.org/#!contact/c55t

http://www.nahuacalli.org/

Résistance politique au colonialisme: Analyse de la falsification historique du Vatican au sujet des bulles papales du XVème siècle (Steven Newcomb)

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Autres articles connexes de Steve Newcomb traduits par nos soins, cliquez ici

— Résistance 71 —

 

Désinformation de la part de la mission d’observation permanente du Saint Siège (Vatican)

 

Steven Newcomb

 

4 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/04/misinformation-permanent-observer-mission-holy-see

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 27 Avril 2010, la mission d’observation permanente du Saint Siège (Le Vatican) aux Nations-Unies a délivré sa déclaration officielle au sujet de la Doctrine (chrétienne) de la Découverte durant la 9ème session du Forum Permanent de l’ONU sur les problèmes indigènes. La déclaration est un excellent exemple d’obscurantisme et de falsification historique. Voyons donc cela d’un peu plus près.

La déclaration du Saint Siège clâme que le document pontifical de 1493 “Inter Coetera (sic), en tant que source de droit international.. a été abrogé par le traité de Tordesillas”. Ceci ne parle en rien de ce dont nous avons soulevé depuis 1992: les bulles papales de 1493 et leurs documents précédents, sont la génèse de la domination sur nos nations originelles et les peuples de l’Île de la Grande Tortue de cet hémisphère. Le Saint Siège tente, à notre vue, de faire glisser l’attention du problème de son autorisation de domination sur la question irrelevante de savoir si le document Inter Caetera est une source du droit international.

La déclaration du Saint Siège de 2010 dit également que la “division des terres entre la Castille-Aragon (Espagne) et le Portugal”, fut abrogée par le traité de Tordesillas de 1494.” Après avoir été informé de cet argument, Anthony Padgen, un éminent universitaire spécialiste de cette période historique m’a dit dans un courriel: “Je ne vois pas comment un accord (le traité Tordesillas) entre deux pouvoirs civils pourrait véritablement abroger une bulle papale.”

En y regardant de plus près néanmoins, le Saint Siège ne disait pas que le traité de Tordesillas a abrogé la bulle papale. Le sujet de la phrase du Saint Siège est “la division des terres entre l’Espagne et le Portugal”, qui fut faite par le pape Alexandre VI en 1493. Si le traité de Tordesillas “a abrogé” ou annulé quoi que ce soit, c’est la “division des terres” en rendant discutable le placement du pape quant à la ligne de démarcation de la division des dites terres.

Il y avait toujours une ligne de démarcation entre l’Espagne et le Portugal, mais elle a été déplacée vers un endroit différent à la suite d’un accord par traité civil auquel le pape donna sa bénédiction. La décision de l’Espagne et du Portugal de bouger la ligne de démarcation est ce que le Saint Siège caractérise maintenant apparemment comme une “abrogation” de la division terrestre du pape entre deux pays. Quoi qu’il en soit, abroger un document est “abolir par une action autoritaire, officielle ou formelle”, par le parti qui a créé le document. Clairement, le traité de Tordesillas n’abroge pas la bulle papale Inter Caetera en tant que tel parce que ni l’Espagne ni le Portugal n’était l‘entité qui a émis le document et ces pays n’avaient pas la jurisdiction, le pouvoir légal “d’abroger” un document émis par la pape.

De plus, le Saint Siège a affirmé en 2010 qu’ en tant “que source de loi canon ou loi de l’église… Inter Coetera (re-sic) a aussi été abrogée par les faits…” Le Saint Siège a dit que le document pontifical lui-même a été “abrogé” en tant que “source de droit canon ou ecclésiastique”. Comment cela a t’il pu bien pu se produire ? Une raison donnée fut “la colonisation de l’Amérique du Nord et des Caraïbes par le roi de France”.

Samuel Eliot Morison a écrit à ce sujet dans son “The European Discovery of America: the Northern voyages A.D 500-1600”, New York Oxford University Press, p.341. D’après Morison, en 1533, le roi de France François 1er, le pape Clément VII et l’évêque Le Veneur se sont rencontrés à Marseille pour célébrer le mariage entre un des fils de François 1er et la nièce du pape Catherine de Médicis. Morison dit que ce fut “facile de persuader le saint père de déclare que l’édit d’Alexandre (de 1493) ne s’appliquait qu’aux terres déjà découvertes, pas à celles trouvées plus tard par d’autres souverains. Ainsi, François 1er obtint le feu vert du Vatican (pour d’autres colonisations) et passa le mot à Jacques Cartier.”

C’est pourquoi le Saint Siège se doit de répondre à cette question: “Comment la colonisation française de terres non chrétiennes en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, que le pape Clément VII avait approuvé et bénit, a pu “abroger” la bulle papale Inter Caetera “comme source de loi canon ou ecclésiastique”. Elle ne l’a pas pu et ne l’a pas fait.

Puis, le Saint Siège dans sa déclaration de 2010 a affirmé que la bulle papale, document Inter Caetera “a aussi été abrogée par d’autres bulles papales, comme par exemple Sublimis Deus.” Le Saint Siège cita ensuite le document Sublimis Deus de 1537 du pape Paul III comme suit:

“Les Indiens et les autres peuples qui ont pu avoir été découverts plus tard par les chrétiens, ne sont en aucun cas privés de leur liberté ou de leur possession de propriété, et ce alors même qu’ils résident en dehors de la foi de Jesus Christ, et qu’il peuvent et doivent, librement et légitimement, jouir de leur liberté et de la possession de leur propriété, ils ne devront pas non plus être réduits en esclavage ; si le contraire se produisait, ce serait nul et non avenu et n’aurait pas d’incidence.”

Aussi merveilleux ce langage puisse t’il paraître, l’empereur espagnol Charles V ordonna que toutes les copies de la bulle papale Sublimis Deus qui avait atteint la “Nouvelle Espagne” (aux “Amériques”), fussent confisquées et ramenées en Espagne. Le document était lettre morte dans les colonies/dominions de l’Espagne aux “Amériques”. De plus, comme mentionné par le Dr. Luis Rivera-Pagan dans son ouvrage “Violent Evengelism” (1992), le pape Alexandre VI avait, par la bulle de 1493, attribué à perpétuité à l’Espagne un droit de domination en relation des terres non-chrétiennes “découvertes ou à découvrir”. Le don à l’Espagne par la papauté d’un droit de domination (colonisation) en relation aux terres non –chrétiennes découvertes, ne fut pas abrogé par la bulle papale Sublimis Deus, ni non plus le pape Paul III n’eut l’intention d’abroger par le moyen de Sublimis Deus, les dons fait par la papauté au préalable, d’un droit de domination territorial donné à la couronne espagnole.

Les avocats du Saint Siège ne sont manifestement pas des historiens. S’ils l’étaient, ils en sauraient bien plus que cela et n’essaieraient pas d’embobiner les gens à croire que le don par la papauté d’un droit de domination fut “abrogé” en 1537 par le pape Paul III et sa bulle Sublimis Deus. Comme l’a fait remarqué le Dr. Luis Rivera dans son livre de 1992 “A Violent Evangelization”:

“Dans l’arène juridique, les bulles alexandriennes ont maintenu leur caractère d’autorisation, comme montré par la première phrase de la première loi du premier chapitre du troisième livre de “The Compilation of the Leyes de Indias” (1680), qui les reconnaît (les bulles papales) comme la première fondation pour la possession à perpétuité des Amériques par la couronne de Castille:

“Par donation du Saint Siège apostolique et romain… Nous sommes les seigneurs des Indes de l’Ouest, terres et iles et océans découverts ou à découvrir et incorporés à notre couronne royale de Castille.. et nous donnons notre foi et notre parole royale et les rois nos successeurs, de façon à ce qu’elles (les Indes occidentales) ne puissent jamais nous être retirées ou séparées de nous en totalité ou en parties, pour quelque raison ou cause que ce soit.”

Et Rivera conclut: “Cette loi est basée sur les déclarations royales consécutives de Carlos V (Charles V) et Felip II (Philippe II), qui durant le XVIème siècle émirent la doctrine de la domination castillanne à perpétuité sur les peuples hispano-américains. Toutes ces déclarations font allusions aux bulles alexandriennes comme point crucial de référence. “Ainsi, en 1680 les lois des Indes occidentales étaient toujours reconnues das les publications royales espagnoles comme fondées sur le “caractère spécial d’autorisationdes bulles alexandriennes”. Si ces documents du pape Alexandre furent abrogés par le bulle papale de 1537, de manière évidente la monarchie espagnole (Charles V et Philippe II) n’ont pas eu ni lu le memo… voilà pourquoi la monarchie a continué à les utiliser comme fondation même de la loi des Indes occidentales.

Au sujet de l’origine du colonialisme: La bulle papale Inter Caetera (Alexandre VI, 1493)

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En référence à notre article précédent « Le grand mensonge qui régit le colonialisme, la bulle papale de 1493« , voici qui nous montre à quel point les peuples peuvent faire confiance aux criminels de l’église !…

Plus nous creusons et plus nous nous rendons compte que les fondements profonds du fléau de l’humanité: le colonialisme, sont irrémédiablement ancrés dans les dogmes de la supercherie planétaire que sont les religions en général et le christianisme édifié en empire de la chrétienté en particulier.

Pourfendons les mythes et émancipons-nous… a tout jamais !…

— Résistance 71 —

 

Commentaire: Le Pape demande le pardon, le Vatican revoquera t’il la bulle Inter Caetera ?

 

Steven T. Newcomb,

Nation Shawnee, Director of the Indigenous Law Insitute
 and research fellow at the Fourth World Center for the Study of Indigenous Law and Politics at the University of Colorado at Denver

 

15 Mars 2000

 

url de l’article original:

http://ili.nativeweb.org/pope.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dimanche dernier, le 12 Mars 2000, la Pape Jean Paul II a imploré dieu de pardonner les pêchés des ses “fils et filles” de l’église. Son but est la “purification de la mémoire” en exprimant du regret pour les malfaisances commises par les chrétiens ces derniers 2 000 ans.

Alors que cette forte action est louable et sans précédent, ce qu’il manque clairement à cette requête du pape est un contexte historique spécifique. La Commission Théologique Internationale, qui a préparée un long rapport pour expliquer l’action du pape, a dit que le rapport “n’examinerait pas particulièrement de cas historiques.” Non seulement le pape ne mentionna pas l’holocauste, mais il n’a fait qu’une très obscure référence aux Indiens des Amériques, aux Africains et aux peuples indigènes pour “l’utilisation de la force au service de la vérité.” (NdT: Un cas typique “d’excuses sans prise de responsabilité”…)

Remercions quoi qu’il en soit le rapport de la commission qui implique fortement que plus de recherche historique doit être entreprise car nécessaire. En Afrique du Sud, un tel processus fut mené par la Truth and Reconciliation Commission (NdT: même nom pour la commission canadienne, qui est une véritable farce…)

Depuis 1992, nous, à l’Indigenous Law Institute, avons travaillé à la publication de la vérité au sujet de l’histoire de la bulle papale Inter Cetera papal bull, émise par le pape Alexandre VI le 4 Mai 1493. Ce document, émît peu de temps après le premier voyage de Christophe Colomb dans les Caraïbes, exprimait le désir ardent du pape pour que “les nations barbares soient subjuguées et amenées à la foi elle-même” et ce “pour la dissémination de l’empire chrétien”. Avant ces bulles de croisade du Vatican avaient appelé à la réduction en “esclavage perpétuel” les Africains, en les capturant, les conquérant et en les subjugant, ainsi qu’en prenant possession de leurs biens, territoires et propriétés.

L’année du cinqcentième anniversaire de la découverte de Colomb, nous avons commencé une campagne pour montrer au monde que ces documents papaux furent instrumentaux dans les injustices commises à l’encontre des peuples des Amériques, d’Océanie, d’Afrique et d’Asie. De telles bulles papales ont directement créé la colonisation, la traite des êtres humains sous la forme de l’esclavage et des campagnes sanglantes qui résultèrent en la mort de millions de personnes. Les universitaires ont correctement identifié la bulle Inter Caetera comme la pierre angulaire historique du colonialisme mondial.

Cependant, il n’est pas très bien connu que la bulle Inter Caetera a influencé le développement de la loi sur les Indiens aux Etats-Unis. Le juge de cour suprême Joseph Story a révélé que la cour suprême des Etats-Unis avait inclus dans son verdict de 1823 sur l’affaire Johnson contre McIntosh, la doctrine de la subjugation trouvée dans la bulle Inter Caetera. Jusqu’à ce jour, le rendu de ce cas dit de Johnson, avec sa distinction entre les “chrétiens” et les “indigènes”, qui étaient des païens, “demeure un “précédent actif dans la loi aux Etats-Unis en violation de nos droits humains en tant que nations et peuples indiens des Amériques.

En gardant ceci en tête, nous avons écrit une lettre au pape Jean Paul II en 1993, lui demandant de revoquer la bulle papale Inter Caetera de 1493 (http://ili.nativeweb.org/ricb.html ) et ainsi explicitement renverser la doctrine de l’église de conquête et de subjugation. Jusqu’ici nous n’avons reçu qu’un silence mural du Vatican.

Non seulement la révocation de cette bulle est la bonne chose à faire, ce serait également un acte moral héroïque qui, nous pensons, nous assisterait à défier et à renverser la doctrine de domination qui est sous-jacente à la loi sur les indiens aux Etats-Unis. Bien que l’esprit d’Inter Caetera fut répudié par la communauté internationale au travers de la décolonisation de l’Afrique et de l’Asie, les peuples indigènes du monde doivent toujours être libérés de l’héritage historique et du joug de l’idéologie dominante de la bulle.

La Commission Internationale de Théologie dit que l’église “n’a pas peur de la vérité qui émerge de l’histoire”. Nous devons maintenant attendre et voir si nous pouvons prendre au mot le Vatican et de voir si une révocation papale de la doctrine du Vatican de la subjugation accompagnera les nobles mots de contrition du pape.

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Note du traducteur: 13 ans après ce compte-rendu et donc 520 ans après la publication d’Inter Caetera, la révocation du Vatican n’est toujours pas venue… Nous laissons aux lecteurs le soin d’en tirer les conclusions évidentes qui s’imposent…