Archive pour vatican doctrine chrétienne de la découverte

Colonialisme, Vatican et l’héritage de la domination

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 avril 2016 by Résistance 71

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Un héritage de domination dans les décrets de l’église catholique

Steven Newcomb

12 avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/12/legacy-domination-catholic-church-decrees

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

La Canadian Conference of Catholic Bishops (CCCB) ou Conférence Canadienne des Évêques Catholiques (CCEC) comprend quatre organisations catholiques du Canada. Le 19 mars 2016, la CCEC a publié “The ‘Doctrine of Discovery’ and Terra Nullius: A Catholic Response.” Ou “La doctrine de la découverte et Terra Nullius: une réponse catholique”, écrite en partie en réponse à Calls to Action #46 et #49 du rapport final de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) ; la déclaration catholique est dite “répudier les concepts utilisés pour justifier la souveraineté européenne sur les terres et peuples autochtones, tels que ceux de la doctrine de la découverte et de terra nullius.

Il y a 24 ans, mon ami et mentor Birgil Kills Straight (Oglala Lakota Nation) et moi-même avons démarré une campagne globale contre la Doctrine de la Découverte. Nous avions commencé par appeler le pape Jean-Paul II pour qu’il révoque le décret pontifical (bulle) Inter Caetera du 4 Mai 1493. Pourquoi ? C’était un parmi plusieurs documents du Vatican qui appelait à la domination (chrétienne) des nations non-chrétiennes. Parce que nous persistons avec notre travail international à ce niveau et sur ces documents, nous avons quelque chose à dire au sujet de la déclaration récente de l’église catholique sur cette doctrine de la découverte.

Malheureusement, le rapport final de la CVR n’inclut pas le point de focus de notre campagne ; le rapport n’utilise pas une seule fois le mot “domination”. Pendant plus de deux décennies nous avons utilisé les bulles pontificales du XVème siècle comme méthode d’éducation des nations et peuples autochtones ici et ailleurs autour du monde, pour faire mieux comprendre au sujet des schémas courants de domination et de déshumanisation que l’on peut tracer aux textes mêmes de ces vieux documents du Vatican. Pendant des siècles, les schémas dominants de pensée et de comportement ont été imbriqués dans les systèmes légaux et politiques de pays tels que les Etats-Unis, le Canada (et d’autres), où ils persistent aujourd’hui. Ce qui est typiquement et quelque peu ineptement appelé la doctrine de la découverte est un système de langage et de domination perdurant, qui est toujours utilisé à ce jour contre nos peuples et nos nations autochtones et originels.

Le 24 mars 2016, l’évêque Donald Bolen, du diocèse catholique de Saskatoon, a été interviewé au sujet de la déclaration publique de la CCEC. Ceux-ci révèlent que l’église catholique ne reconnaît pas les bulles pontificales comme étant des documents de domination. Plus encore, lorsqu’il lui fut demandé: “Quelle est la relation entre la doctrine de la découverte et les déclarations pontificales remontant au XVème siècle ?” Il répondit: “Il n’y a aucune relation directe.” Puis il continua de la sorte: “Il y a eu plusieurs bulles pontificales en cette fin de XVème siècle qui effectivement accordèrent des droits aux pays européens le droit sur des territoires d’autres peuples.” L’affirmation de l’évêque Bolen qu’il n’y a “aucune relation directe” entre les bulles pontificales et la doctrine est contredite par le phrasé spécifique de ces documents même: une gratification pontificale de “découvrir” et de “dominer” les territoires d’autres nations fut un droit affirmé de domination explicitement fondé sur le fait que nos nations n’étaient pas chrétiennes.

En Mai 2013, la Dr. Debra Harry (de la nation Paiute), l’avocate Sharon Venne (de la nation Cree) et moi-même, nous sommes rendus dans la ville de Séville en Andalousie, dans le sud de l’Espagne. Là, nous avons visité les Archives Générales des Indes (occidentales). Le directeur des archives nous a très gentiment accordé la permission de voir le parchemin pontifical original datant de 1493, émis par le pape Alexandre VI (NdT: Rodrigo Borgia, père de Cesar et Lucrèce Borgia…), que nous avons examiné exactement 520 ans jour pour jour après sa date d’émission le 4 Mai 1493. Au dos d’un des deux documents, nous y avons vu une anotation écrite par le secrétaire royal d’Espagne il y a plus de cinq siècles.

L’anotation royale dit en espagnol que le décret pontifical est un don du pape Alexandre VI pour “ganaran y conquistaron de las Indias” (“pour gagner et conquérir [dominer] les Indes.” Lorsque comprise dans le contexte du texte original en latin, cette anotation nous permet de saisir l’intention du pape à savoir que les monarques catholiques partiraient à la recherche de terres non-chrétiennes “à être découvertes”, avec pour but le “dominorum Christianorum” (dominateurs chrétiens), forçant les terres des “nations barbares” sous la domination chrétienne. Nos nations vivent maintenant avec/sous l’héritage de la tradition de la chrétienté de chercher un “nouveau monde” et de nouvelles terres à envahir et à dominer.

L’affirmation de l’évêque Bolen disant “aucune relation directe” entre les décrets pontificaux du XVème siècle et la doctrine de la découverte mène à une conclusion des plus importantes: La CCEC a échoué dans la compréhension que l’utilisation par la chrétienté de la domination comme moyen de tenter de détruire les nations non-chrétiennes a mené aux problèmes actuels expérimentés par nos peuples et nations originels. (NdT: ou la CCEC feint de ne pas comprendre… c’est notre position…) Le traumatisme concourant qui a résulté de ces décrets pontificaux (ex: la déshumanisation et la mort d’enfants de nos nations originelles dans les pensionats pour Indiens aux Etats-Unis et au Canada), est un des facteurs qui ont mené à la création d’une Commission pour la Vérité et la Réconciliation au Canada. Le mot “vérité” dans le titre de cette commission doit impérativement être au sujet de dire la vérité historique et non pas de la démanteler.

L’évêque Bolen a aussi dit que les bulles pontificales “adressèrent un conflit entre l’Espagne et le Portugal pas ceux qui colonisèrent ce qui est maintenant le Canada.” Il ne semble pas réaliser que l’Angleterre était toujours catholique en 1496 lorsque le roi Henri VII imita les bulles pontificales de 1493 en émettant une charte royale à John Cabot afin qu’il “subjugue” (domine) les terres des “païens et des infidèles”. Ce document résulta en l’assomption que la “souveraineté de la couronne” (la “domination”) est toujours affirmée aujourd’hui en relation de ce qui est maintenant typiquement appelé le “Canada” et “l’Amérique du Nord”. La France était catholique lorsque le pape Clément VII donna la permission au roi François 1er de s’engager dans ses propres voyages de colonisation chrétienne (avec, par exemple, le voyage de Jacques Cartier en 1534 dans la région maintenant appelée le fleuve Saint-Laurent).

L’église catholique manque totalement d’une perspective historique du point de vue des nations originelles de la terre quant à la domination que l’on trouve exprimée (NdT: et qui fut mise en pratique directement et violemment…) dans les décrets pontificaux du XVème siècle. Il est plus que grand temps que se réunisse une conférence internationale majeure au sujet de ces documents et des conséquences qu’ils ont eu sur nos peuples et nations originels. Un tel évènement créera une opportunité pour établir un dialogue plus profond entre le Saint Siège et nos leaders spirituels indigènes, se rassemblant avec nos universitaires et érudits et ceux que le Vatican choisira lui-même.

Nous n’avons pas besoin de réconciliation, nous avons besoin de décolonisation.

Le Vatican et la défense de ses crimes… L’arbre pédophile qui cache la forêt du crime contre l’humanité…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 mars 2016 by Résistance 71

Le système odieux de défense de l’église catholique

 

Paul Aries

 

20 mars 2016

 

url de l’article:

http://www.legrandsoir.info/le-systeme-odieux-de-defense-de-l-eglise-catholique.html

 

L’église de France est à son tour prise dans des affaires de pédophilie et d’agression sexuelle. J’explique dans La face cachée du pape François (Max Milo, 2016) comment la Vatican a élaboré son système de défense pour fuir ses propres responsabilités et accuser l’esprit de « Mai 68 » d’être le vrai coupable.

Est-ce pourtant anecdotique si un des prêtres lyonnais accusé d’agression sexuelle est aussi celui qui animait des messes pour la mémoire de Louis XVI ? Est-ce aussi un hasard si Mgr Barbarin, déjà célèbre pour avoir déclaré au sujet des crimes pédophiles que « la majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits » est proche idéologiquement de l’Ordre occulte des Chevaliers de Colomb, cette mouvance ultraconservatrice nord-américaine qui est parvenue à faire canoniser en septembre dernier par le pape un prêtre génocidaire des indiens ? Ces champions de la « Manif pour tous » devraient balayer devant leurs portes avant d’accuser les partisans de l’égalité des droits d’être immoraux !

L’italien Massimo Introvigne, délégué général de l’Alleanza Cattolica, une organisation d’extrême-droite, diplômé de l’Université pontificale grégorienne, enseignant au Regina Apostolorum Atheneum appartenant aux légionnaires du Christ, bien connu en France pour être le meilleur défenseur des sectes comme la scientologie, s’est fait aussi l’avocat de l’église dans ces affaires de pédophilie à travers la parution d’un ouvrage et d’un texte intitulé « L’ONU déclare la guerre à l’Église » dans lequel il s’en prend au Comité pour les droits de l’Enfance. Ce spécialiste autoproclamé, est célèbre pour avoir défendu Marcial Maciel, gourou des légionnaires du Christ, avant que son mouvement et le Vatican ne soient bien obligés de reconnaître la gravité et l’ampleur des crimes commis.

Tout en compatissant naturellement avec les victimes de ces crimes, Massimo Introvigne déploie le système de défense devenu celui de Rome. Il explique que les accusations contre l’église relèvent d’un cas de « panique morale », c’est-à-dire d’une « hyper-construction sociale » (sic). Le problème, lorsqu’il existe, ne serait pas celui du célibat des prêtres mais de l’homosexualité. L’église aurait souffert d’une trop grande tolérance à l’égard de l’homosexualité dans ses séminaires, notamment dans les années 1970. La faute incomberait donc aux idées de libération sexuelle et à « mai 68 ». Rome a entendu Introvigne puisque désormais les candidats prêtres qui présentent des tendances homosexuelles enracinées ne peuvent accéder à l’ordination . Nous avons donc là une nouvelle preuve que cette église qui parle de l’existence d’un lobby Gay en son sein est bien une église ultraréactionnaire. Ultraréactionnaire d’abord parce qu’elle établit un lien entre homosexualité et crime pédophile, ultraréactionnaire aussi parce qu’en faisant de la pédophilie non pas une conséquence de son propre fonctionnement (le célibat, entre autres) mais de la libération sexuelle, elle reporte la responsabilité du crime pédophile sur le reste de la société. L’église oublie chemin faisant que le principal reproche n’est pas d’avoir hébergé malgré elle des prêtres pédophiles mais de les avoir protégés, d’avoir fait pression sur les familles des victimes. Parler d’un lobby Gay au sein de la Curie, à propos des affaires de pédophilie, c’est faire des crimes commis dans l’église une affaire qui ne concerne pas l’église, c’est poser l’église en victime et même en solution. Les accusateurs de l’église ne chercheraient d’ailleurs pas tant à protéger les enfants qu’à défendre la pilule RU 486 (abortive), l’euthanasie, la reconnaissance des unions homosexuelles : « Ces lobbies plus ou moins maçonniques soulignent la puissance sinistre de la technocratie évoquée par Benoît XVI dans l’encyclique Caritas in veritate, et la dénonciation de Jean-Paul II lui-même dans le Message pour la Journée mondiale de la Paix 1985 , à propos de « desseins cachés » – à côté d’autres « ouvertement propagés » – « visant à assujettir tous les peuples à des régimes dans lesquels Dieu ne compte pas. En vérité, il s’agit d’une heure de ténèbres, qui nous rappelle la prophétie d’un grand penseur catholique du XIXe siècle, Emiliano Avogadro della Motta (1798-1865), selon lequel, aux ruines causées par les idéologies laïques, succéderait une authentique « demonolâtrie » qui se manifesterait notamment dans l’attaque à la famille et au véritable concept du mariage ».

François poursuit la même orientation lorsqu’il déclare en juillet 2013 qu’existe bien un lobby gay au sein du Vatican. Rome et François sont en train de (re)construire une machine de guerre anti-homosexuelle, à la fois pour laver l’église des accusations de protection des pédophiles, mais aussi comme contre-feu contre toutes les scandales financiers et politiques à répétition, tout en empochant le bénéfice d’apparaître plus « moral » que les autres, davantage intègre que tous ceux qui pactisent avec l’esprit de mai 68.

Paul ARIES

Politologue et socio-économiste, rédacteur en chef du mensuel « Les Z’indignés », adepte de la décroissance et du « buen vivir », Paul Ariès a écrit une trentaine de livres dont «  Daniel Cohn-Bendit, l’imposture », éditions Max Milo, 2010 et « Nos rêves ne tiennent pas dans les urnes, éloge de la démocratie participative », Golias, 2013. 
Le 30 mars 2016, on trouvera en librairie son essai : « La face cachée du pape François » (éditions Max Milo).

(1) http://www.croire.com/Definitions/Mots-de-la-foi/Vocation/Homosexualit…
(2) http://Ben

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La doctrine chrétienne de la découverte fondement de la doctrine colonialiste occidentale depuis le XVème siècle sur Résistance 71

 

Résistance au colonialisme: Quand le juge Scalia de la Cour Suprême du pays du goulag levant « ignorait » la doctrine de la découverte…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 11 mars 2016 by Résistance 71

L’hypocrisie du ramassis de baltringues siégeant dans les plus hautes fonctions des états est incommensurable. Le mensonge et la fourberie ont été institutionnalisés dans les états-nations dont l’obsolescence ne fait qu’apparaître de plus en plus au grand jour. grand temps de mettre fin à l’ignominie du colonialisme planétaire, parce que nous sommes tous des colonisés.

— Résistance 71 —

 

Ce que le juge de la Cour Suprême Scalia prétendait ne pas savoir sur la loi fédérale indienne

Steven Newcomb

26 Février 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/26/what-justice-scalia-said-he-didnt-know-about-us-indian-law

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La nouvelle du décès du juge de la cour suprême des Etats-Unis Antonin Scalia le 15 Février m’a fait repenser à la brève conversation que j’avais eue avec lui à l’université de San Diego en Californie le 30 Août 2006. Son discours de cette soirée là, hébergé par la fac de droit de l’université de San Diego, fut suivi d’une réception durant laquelle je pus parler face à face avec Scalia. Du fait qu’il siégeait alors depuis plus de 20 ans à la Cour Suprême, imaginez ma surprise lorsqu’il répondit à ma question initiale qu’il n’avait jamais entendu parler de la Doctrine de la Découverte ni de la décision de la CS dans l’affaire Johnson contre M’Intosh (1823), que les facs de droit aux Etats-Unis généralement reconnaissent comme le point de départ du droit foncier et du droit de propriété, ainsi que la base de la loi fédérae indienne.

Le sujet du discours de Scalia ce jour là était “l’originalisme constitutionnel”. Pas de grosses surprise là-dessus tant il semble que ceci fut le point de focalisation de sa longue carrière. Au début de sa présentation il mentionna le livre “Commentaries on the Constitution of the United States (1833), écrit par un autre juge de la CS des Etats-Unis: Joseph Story. Quand Scalia me dit plus tard qu’il n’avait jamais entendu parler de la doctrine de la découverte ou de l’affaire Johnson contre M’Intosh, je fus très surpris parce que la première section du livre de Story qu’il mentionna intitulée “Origin and Title to the Territory of the Colonies,” ouvre sur une explication complète de la doctrine de la découverte. Dans le premier paragraphe de cette section il y est dit par exemple:

“L’ambition d’Henry le septième fut titillée par les communications de Colomb et en 1495, il [Henri VII] donna une permission à John Cabot, un entrepreneur vénitien alors établi en Angleterre, de partir à la découverte, de subjuguer et de prendre possession de toutes terres inoccupées par une puissance chrétienne au non et au bénéfice de la couronne britannique.”

D’après ce que je préfère appeler la doctrine de la domination chrétienne, il était coutumièrement compris par les monarchies de la chrétienté de cette époque que “toute puissance chrétienne”, telle que l’Angleterre, avait “le droit” de “subjuguer” (dominer) et d’affirmer la saisie en possession des terres de nos nation natives originelles. La seule condition était que ces terres ne soient pas déjà habitées ou clâmées par d’autres nations chrétiennes. Si des nations chrétiennes y vivaient déjà alors c’était “bas les pattes” ; mais si des peuples et nations non chrétiens existaient et vivaient sur place, alors la politique des puissances chrétiennes et de la chrétienté dans les grandes largeurs était de les subjuguer, de les dominer et de clâmer un droit de possession (dominium) sur ces terres non-chrétiennes. Le juge Scalia affirma n’avoir aucune connaissance de cette information qui est pourtant si clairement expliquée dans le livre que ce même Scalia avait cité lors de sa présentation ce soir là.

En résultat de la pensée que Story identifie dans ses “commentaires”, la seule question à cette époque devint de savoir si les terres qui étaient “nouvelles” pour les aventuriers et les voyageurs de la chrétienté avaient déjà été clâmées par une autre puissance chrétienne au nom du christianisme. Dans ses “commentiares” sur la question, Story lie directement la décision dans l’affaire Johnson contre M’Intosh à la bulle pontificale de 1493 (Inter Caetera) et de la distinction catégorique entre les chrétiens et les “infidèles, païens et sauvages”.

Je me demandais alors comment était-il possible que Scalia ne connaisse rien de tout ceci ? Avait-il omis de lire l’ouverture des “commentaires” de Story à ce sujet ? Avait-il une si pauvre mémoire qu’il avait oublié ce que Story avait écrit au début de son livre ? Comment avait-il pu parvenir à la CS des Etats-Unis et gérer bien des cas impliquant des affaires en relation avec la loi fédérale indienne sans connaître la fondation conceptuelle du système pour lequel il prenait des décisions ?

Choqué à ce qu’il venait de me dire, j’ai dit au juge Scalia “Je ne comprends pas [comment vous n’avez jamais entendu parler de la doctrine de la découverte], juste au printemps dernier [2005], dans l’affaire City of Sherrill contre la nation indienne Oneida de New York, la cour suprême cita la doctrine de la découverte dans une note de bas de page, la toute première.

Il ignora simplement mon incrédulité et commença à comparer les politiques des Etats-Unis et de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande en regard de leurs peuples originels. Il résuma en disant que les Etats-Unis étaient parvenus à une politique de conquête. Il dit cela comme si c’était tout à fait ordinaire “Très intéressant”, dis-je “pouvez-vous me référer aux décisions de justice disant effectivement cela.” Il me répondit simplement “Non.” Réalisant qu’il était vain de continuer plus avant cette discussion, je le remerciais pour son temps et m’effaçais pour laisser la personne suivante lui parler.

Il y a toujours la possibilité que Scalia prétendait juste ne rien savoir sur la doctrine de la découverte et sur l’affaire Johnson contre M’Intosh. En assumant que ceci ne fut pas le cas, ce que je retirais de cette brève discussion avec le juge Scalia fut qu’il était sacrément mal informé sur les conceptions fondamentales de la loi fédérale indienne et sur le droit de propriété des Etats-Unis (en considérant qu’il n’a même pas reconnu la décision de la CS dans Johnson). Cela semble peut-être axionatique de dire ceci, mais les hommes et les femmes qui siègent à la CS des Etats-Unis ne peuvent prendre des décisions qu’au sujet de ce qu’ils connaissent. Ils ne peuvent pas prendre de décision sur la base d’une information qu’ils/elles ignorent.

Quelle triste situation pour nos nations natives et originelles. Nous, qui étions originellement libres et qui sommes de mon point de vue, toujours totalement et de plein droit libres, sommes vus par la société dominante comme sujets, assujettis à des idées mentalement créées par neuf hommes et femmes qui ont une bien piètre compréhension de notre histoire et de notre existence. Quelque soit l’affaire qu’ils examinent, les neuf membres de la CS utilisent comme point de départ une présomption établie par leurs prédécesseurs à la cour ; à savoir que nos nations aujourd’hui ne sont pas autorisées à exister librement de la domination des Etats-Unis (étant sous le “pouvoir plénier”…)

Pourquoi ? Parce que nos ancêtres étaient, des propres mots de Joseph Story des “infidèles, des païens et des sauvages” et ne furent pas autorisés par les puissances chrétiennes à être reconnus comme des nations qui étaient totalement indépendantes d’un droit de domination affirmé et clâmé par les nations chrétiennes. Maintenant, cela aurait été un point de discussion fascinant avec le juge Scalia étant donné ses très fortes orientations catholiques et du fait que rien de sa façon de penser ne se trouve dans le texte original de la constitution des Etats-Unis. Il sera très intéressant de voir si son remplaçant à la CS des Etats-Unis aura une meilleure compréhension du point de départ non-constitutionnel de la loi fédérale indienne.

Résistance au colonialisme: Le super mensonge du Vatican à l’ONU concernant la bulle pontificale Inter Caetera de 1493 fondatrice du colonialisme occidental…

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A lire et diffuser sans modération notre dossier « Colonialisme et doctrine chrétienne de la découverte ».

Participez au mouvement d’abolition de l’empire.

 

Le super mensonge du Saint Siège à l’ONU

 

Steven Newcomb

 

16 Février 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/16/holy-sees-whopper-falsehood-un

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 25 Novembre 2015, le Saint Siège (Vatican) est venu devant l’ONU et son Committee on the Elimination of Racial Discrimination (CERD). Répondant à une intervention sur la doctrine de la découverte faite par le groupe Apache-Ndee-Nee Working Group, le membre du CERD Carlos Manuel Vazquez demanda au Saint Siège de clarifier sa position sur le document de la bulle pontificale Inter Caetera de Mai 1493 et sur la doctrine de la découverte. Mr Vasquez demanda qu’une répudiation de la bulle papale “soit discutée à la réunion de haut niveau devant se tenir à Rome entre le pape et les représentants des peuples indigènes.” (CERD/C/SR.2395, Report of December 1, 2015, p. 8).

L’archevêque Tomasi répondit pour le Saint Siège. Il dit alors que le traité de Tordesilla de 1494 entre l’Espagne et le Portugal avait rendu “effectivement” la bulle papale “inopérante”. “Changer les conséquences historiques de l’idéologie réfléchie dans ces instruments nous demanderait de changer le traité plutôt que la bulle pontificale”, fit remarquer Tomasi (p.8). En droit, le terme “inopérant” veut généralement dire “sans effet, sans force pratique, invalide”. Si le Saint Siège a raison, il devrait alors être impossible de trouver des preuves que la couronne de Castille ou tout autre gouvernement, aient considéré la bulle papale Inter Caetera comme toujours opérationnelle et donc valide après 1494 ; alors nous devons dire que l’affirmation faite par le Saint Siège devant le CERD de l’ONU est clairement fausse.

Une vision de la vérité sur le sujet peut être acquise en regardant le territoire qui fut d’abord saisi par l’Espagne puis, basé sur le droit international de succession de la terre, par le Mexique puis ultimement par les Etats-Unis. Ce chemin de succession est tacitement trouvé dans le traité de Guadalupe Hidalgo de 1848 entre le Mexique et les Etats-Unis. A cause de ce transfert, le ministère des affaires étrangères états-unien écrivit le 3 Avril 1849 sur la nécessité de rassembler des informations fiables “au sujet de la condition du titre de propriété sur les terres de Californie”. Le ministère déclara qu’il “est important que les archives de ce territoire (Californie) et aussi de la ville de Mexico (aussi loin qu’elle soit concernée avec ces territoires) soient examinées et rapportées par des personnes compétentes.” Le juriste William C. Jones fut commissionné pour la tache “sous l’autorité du département d’état” (John Rockwell, A Compilation of Spanish and Mexican Law, 1851, p.425).

Quatre-sept ans plus tard, en 1895, 402 ans après Inter Caetera, un avocat de Californie nommé Frederick Hall publia son livre “The Laws of Mexico”. De manière consistante avec les directives du département d’état à Jones, Hall a compilé la plupart de sa recherche à Mexico City, où il reçut l’assistance d’Ignacio L. Vallarta, l’ancien patron et juge de la Cour Suprême du Mexique et de Don Justino Rubio, le conservateur en chef des archives du Mexique.

La table des matière de Hall s’ouvre comme suit:
“Compilation and Treatise on the Laws of Mexico,” “Part First. Crown Lands of Spain, Public Lands of Mexico, and Mines,” “Chapter I. Possession and Early Government of Mexico By Spain, § 1. Grant by the Pope to the Crown of Spain. § 2. Right by Discovery”. Dans le premier paragraphe du livre de Hall nous trouvons ceci:
Afin de mettre fin au paganisme et de faire avancer la religion catholique romaine, le pape Alexandre VI émît une bulle en 1493, donnant au royaume de Castille l’entièreté du vaste domaine qui venait d’être découvert, ou de ceux à découvrir entre les pôles Nord et Sud, ou tout ce qui pouvait l’être n’appartenant pas déjà à une puissance chrétienne.

Hall cite ensuite un peu de la bulle pontificale en latin:
Ut fides Catholica et Christiana religio nostres praesertim temporibus exaltetur, etc., ac barbarae nationes deprimantur, et ad fidem ipsam reducantur,’ sont les termes de la bulle. Traduction par Haz. Coll.3. Le latin appelle à ce que les “nations barbares” soient dominées en étant réduite à la foi catholique et la religion chrétienne. Le livre de Hall s’ouvre en citant en premier lieu la bulle du pape parce que, en accord avec la loi internationale de succession, les Etats-Unis sont le successeur des bulles du pape vaticanes en relation avec bien des domaines qui furent clâmés par la couronne de Castille.

Le fait que la bulle pontificale de 1493 Inter Caetera est toujours active et opérante a aussi été vérifié dans un livre que le gouvernement des Etats-Unis a fait lui-même publier depuis son imprimerie nationale en 1909. Le livre fut compilé et édité “sous la loi du congrès du 30 Juin 1906 et son titre en est: The Federal and State Constitutions[,] Colonial Charters, and Other Organic Laws of the States, Territories, and Colonies Now or Heretofore Forming The United States of America.” L’auteur du livre est Francis Newton Thorpe.

Dans la table des matières du livre de Thorpe se trouve une liste de documents qui constituent la loi organique des Etats-Unis. Des zones qui furent clâmées par l’Espagne, à savoir: le Texas, la Floride, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, le Nevada et la Californie, sont tracées dans le livre vers deux des documents qu’on trouve en exergue dans la table des matières: “Privileges and prerogatives granted to Christopher Columbus—1492” et “Bull of Pope Alexander—1493.” Cette documentation démontre très clairement que l’idéologie de domination de la bulle pontificale Inter Caetera est toujours opérante et active et qu’elle est traitée jusqu’à ce jour, comme une part critique du système légal organique des Etats-Unis.

De plus, dans son livre “A Violent Evangelism (1992),” le théologien Luis Rivera Pagán déclare: “Dans le domaine juridique, les bulles du pape Alexandre ont maintenu leur caratère d’autorité, comme vu par la première phrase de la première loi du premier chapitre du troisième livre de la ‘the Compilation of the Leyes de Indias’ (1680), qui reconnaît ces bulles papales comme la première fondation de la possession à perpétuité des Amériques par la couronne de Castille.” (p.32)

Rivera-Pagán dit que Leyes de Indias “est fondé sur les déclarations royales consécutives de Carlos V et de Philippe II d’Espagne, qui au cours du XVIème siècle martelèrent la doctrine de la domination castillane à perpétuité sur les peuples ibéro-américains. Toutes ces déclarations font allusion aux bulles alexandriennes comme point de référence crucial” (Ibid.). Dans ce qui est une contradiction majeure et significative avec la déclaration du Saint Siège devant le CERD de l’ONU en 2015, Rivera-Pagán déclare: “Bien que nous ne puissions pas élaborer sur ce point, il est cependant tout à fait approprié de montrer qu’au début du XIXème siècle, le don pontifical à perpétuité fut utilisé comme justification pour discréditer le mouvement d’indépendance latino-américain…” Rivera-Pagàn aussi cite les Leyes de Indias comme suit:

“Par don du Saint Siège apostolique… nous sommes le seigneur des Indes Occidentales, des îles et des terres émergeant de l’océan, découvertes ou qui seront découvertes et incorporées à notre couronne royale de Castille… [de façon] à ce qu’elles demeurent toujours unifiées pour leur plus grande perpétuité et établissement, nous interdisons qu’elles nous soient retirées.

Bref, la déclaration de l’archevêque Tomasi devant le CERD de l’ONU en Novembre 2015 était totalement fausse lorsqu’il déclara que la bulle du pape Alexandre de Mai 1493 Inter Caetera n’était plus active ou opérante à cause du traité de Tordesilla. Si la bulle pontificale n’avait plus de force ni d’effet pratique depuis 1494 comme stipulé, il n’y aurait eu aucune raison pour les lois de Castille des Indes Occidentales depuis 1680 de reconnaître “un don du siège apostolique”, par lequel la couronne de Castille se considérait elle-même “Seigneur des Indes Occidentales, des îles et des terres émergeant de l’océan, découvertes et à découvrir”. De plus, le don papal fut fait aux héritiers de Castille et leurs successeurs, à perpétuité ou pour toujours, c’est pourquoi ce don pontifical apparaît également dans les livres de Hall et de Thorpe.

Dans son livre de 2005 “On Bullshit” (“Sur la connerie”), le philosophe de Princeton Harry G. Frankurt remarque que “Un des traits de caractères les plus saillants de notre société dominante est qu’il y a tant de connerie.” Je doute que nous ne sachions un jour à quel point le saint siège croit vraiment en sa propre connerie au sujet de la bulle papale Inter Caetera. Il a faussement affirmé en 2007 que le traité de Tordesilla entre deux puissances civiles, l’Espagne et le Portugal, avait en fait abrogé la bulle Inter Caetera. En 2015, le Vatican perpétue la même fausse affirmation devant le CERD de l’ONU, disant que le traité de Tordesilla a rendu le docuement de la bulle Inter Caetera de 1493 totalement “inopérant”. La bonne nouvelle est que nous continuerons inlassablement à rappeler au saint siège sa connerie.

Au cœur du colonialisme euro-chrétien: Les 10 éléments constitutifs de la doctrine chrétienne de la découverte (Professeur de droit Robert J Miller université d’Arizona)

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“Cet état d’esprit de similarité de classe peut aussi être trouvé dans la position prise par les descendants des vieux colons britanniques en Amérique du Nord. Ceci correspond à la première apparition d’un nivellement de classe fondé sur une identité raciale fictive ; l’origine de la suprématie blanche, les projets idéologique et colonial essentiels et primordiaux en Amérique et en Afrique… L’idéologie de la suprématie blanche fut essentielle à la neutralisation des antagonismes de classe entre les sans-terre et les propriétaires et pour la distribution des terres et propriétés confisqués des Maures et des juifs en Espagne, des Irlandais en Ulster et des peuples et nations des Amériques et d’Afrique.”

~ Roxanne Dunbar-Ortiz ~

 

“Dans sa bulle Inter Caetera de 1493, la pape Alexandre VI n’a pas utilisé le terme ‘Européens’ pour exprimer le ‘droit de la découverte’, mais il a utilisé le mot ‘chrétien’. D’après ce décret pontifical, tout roi ou prince chrétien, ou toute nation chrétienne pouvaient ‘découvrir’ et assumer la domination et le contrôle sur des terres qui étaient au préalable connues de non-chrétiens mais inconnues des chrétiens… Ainsi le document fut écrit afin de protéger les droits fonciers de tout monarque chrétien, comme le roi du Portugal, mais pas les droits fonciers, de propriété des nation indigènes non-chrétiennes. Ce document appelait à ce que les non-chrétiens soient ‘subjugués’ pour le bien de la ‘propagation de l’empire chrétien’ “.

~ Steven Newcomb ~

 

Voir aussi notre traduction de larges extraits du livre de Steven Newcomb: « Païens en terre promise: Décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Ed, Fulcrum 2008)

 

La doctrine de la découverte: la loi internationale du colonialisme

Professor Robert J. Miller, Sandra Day O’Connor College of Law, Arizona State Univ. Chief Justice, Grand Ronde Tribe Court of Appeals

 

Johnson v. M’Intosh, 21 U.S. (8 Wheat.) 543 (1823).

 

Source:

http://www.doctrineofdiscovery.org/DiscoveryElementsOnondaga2014.pdf

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Novembre 2015

 

Voici les 10 éléments qui je pense constituent la Doctrine (chrétienne de la découverte) et qui sont utiles pour analyser et comparer comment les sociétés de colons / d’établisseurs ont utilisé cette loi internationale contre les peuples indigènes dans le monde.

Robert J. Miller, Native America, Discovered and Conquered: Thomas Jefferson, Lewis and Clark, and Manifest Destiny 3-5 (Praeger Publishers, 2006; paperback University of Nebraska Press, 2008).

 

  1. Première découverte. Le premier pays européen qui a découvert des terres inconnues des autres Européens clâme la propriété et les droits souverains sur ces terres et les peuples natifs qui les occupent. La première découverte était néanmoins considérée comme ayant créé seulement un titre incomplet.
  1. L’occupation et la possession physiques des terres. Pour faire passer la première découverte en titre de propriété reconnu, un pays européen devait physiquement occuper et posséder les terres nouvellement découvertes. Ceci était généralement fait en y construisant des forts militaires ou des colonies. La possession physique devait se faire dans un laps de temps raisonnable après la première découverte afin de créer un titre complet.
  2. La pré-emption du titre européen. Les pays européens découvrant les terres clâmaient aussi le pouvoir préemptif, c’est à dire le droit unique d’acheter la terre des peuples indigènes. Ceci est un droit de propriété très intéressant similaire à celui d’une option exclusive sur l’achat de la terre. Le gouvernement possédant ce droit préemptif empêchait tout autre gouvernement européen ou individu de pouvoir acheter la terre de ses occupants indigènes. Les Etats-Unis affirment et exercent toujours ce droit aujourd’hui sur les terres indiennes 25 U.S.C. section 177 (2006).
  3. Le titre de propriété indien ou autochtone. Après la première découverte, les systèmes légaux euro-américains ont affirmé que les peuples et nations indigènes avaient perdu leurs pleins drits de propriété et la totale propriété de leurs terres. Les Européens clâmèrent que seul demeurait le droit d’occupation des sols et de l’utilisation de leur terre pour les autochtones. Quoi qu’il en soit, ces droits pouvaient demeurer à tout jamais s’ils ne consentaient jamais à vendre au pays européen qui a affirmé sa préemption de pouvoir sur les autres. Si les nations autochtones décidaient de vendre, elles ne pouvaient le faire qu’en rapport avec le gouvernemet possédant le droit préemptif. Ainsi, le “titre de propriété indien” aux Etats-Unis (au Canada) et le “titre de propriété Maori” en Nouvelle-Zélande et tous les titres de propriété indigènes ailleurs sont soi-disants des titres de droit de propriété limitée.
  4. Les droits de souveraineté et de commerce tribaux limités. Après une première découverte, les Européens considéraient que les nations indigènes et les peuples avaient perdu certains aspects de leurs pouvoirs souverains inhérents ainsi que leurs droits au libre commerce international et aux relations diplomatiques. Ensuite, ils ne furent supposés communiquer et gérer leur relation qu’avec le gouvernement de la nation européenne qui les avait “découvert”.
  5. La contiguité. Sous la doctrine de la découverte, les Européens ont clâmé une grande partie de terre contigue et entourant leurs découvertes et colonies du nouveau monde.

La contiguité devint alors très importante lorsque des pays européens différents avaient des colonies assez proches les unes des autres. Dans cette situation chaque nation clâmait le droit sur les terres inoccupées entre leurs colonies/établissements jusqu’à un endroit à mi-chemin entre les colonies.

De plus, la contiguité déclarait que la découverte de l’embouchure d’un fleuve donnait au pays découvreur un droit sur les terres drainées par cette rivière, même si cela représentait des milliers de kilomètres de territoire. Par exemple, référez-vous aux limites territoriales du territoire de la Louisiane et de celui de l’Oregon comme étant définies par les Etats-Unis.

  1. Terra Nullius. Cette expression veut littéralement dire que la terre ou le territoire est vide, inoccupé, inhabité. Ceci stipulait que si des terres n’étaient pas possédées, occupées par une personne ou une nation et même si elle était occupée mais pas utilisée d’une manière compatible avec les systèmes légaux de propriété approuvés par les Européens, alors ces terres étaient considérées comme “vides” et “inhabitées” et disponibles pour saisie par la découverte. Les Européens furent très larges en ce qui concerne l’application de cet élément et considérèrent très souvent des terres occupées par des nations autochtones comme étant “vacantes” et disponibles à la saisie sous la doctrine de la découverte si elle n’étaient pas “utilisées” en accord avec les us-coutumes et lois euro-américaines.
  2. Le christianisme. La religion était (et est toujours) un aspect très important de la doctrine de la découverte, sous celle-ci, les non-chrétiens n’avaient aucun droit à la terre, ni à la souveraineté, ni à l’auto-détermination comme les chrétiens.
  3. Civilisation. Les idéaux européens de civilisation furent aussi une partie importante de la doctrine de la découverte ainsi que du concept de la supériorité. Les Européens pensaient (et pensent toujours) que dieu les a dirigé pour amener la civilisation, l’éducation et la religion chrétienne aux peuples indigènes ainsi que d’exercer un pouvoir paternaliste et de gardiennage sur ceux-ci.
  4. La conquête. Cet élément de la doctrine affirme que les Européens pouvaient acquérir le titre de propriété indien par victoires militaires dans des guerres “justes et nécessaires”. De plus, la conquête fut aussi utilisée comme terme artistique pour décrire les droits de propriété que les Européens “clâmèrent” avoir automatiquement acquis sur les peuples et nations indigènes par le simple fait de se montrer sur place et de faire la “première découverte”.

Pour un comparatif analytique légal sur l’utilisation de la Doctrine de la Découverte dans les différentes sociétés colonialistes européennes, voir de manière générale:

Robert J. Miller, The International Law of Colonialism: A Comparative Analysis, 15 Lewis & Clark L. Rev. 847 (2012); Robert J. Miller & Micheline D’Angelis, Brazil, Indigenous Peoples, and the International Law of Discovery, 37 Brooklyn J. Int’l Law 1 (2011); Robert J. Miller, Lisa Lesage & Sebastian Lopez Escarcena, The International Law of Discovery, Indigenous Peoples, and Chile, 89 Nebraska L. Rev. 819 (2011); Robert J. Miller, Jacinta Ruru, Larissa Behrendt & Tracey Lindberg, Discovering Indigenous Lands: The Doctrine of Discovery in the English Colonies (Oxford Univ. Press, 2010 and paperback 2012); Robert J. Miller & Jacinta Ruru, An Indigenous Lens into Comparative Law: The Doctrine of Discovery in the United States and New Zealand, 111 West Vir. L. Rev. 849 (2009); Robert J. Miller, Native America, Discovered and Conquered: Thomas Jefferson, Lewis and Clark, and Manifest Destiny (Praeger Publishers, 2006; paperback University of Nebraska Press, 2008).

The law review articles are available for free at http://ssrn.com/author=354803

Résistance au colonialisme: Vatican, doctrine chrétienne de la découverte et intégration des bulles papales du XVème siècle dans la loi fédérale sur les Indiens…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

Il est plus que grand temps de rejoindre nos frères Amérindiens et de mettre un terme à l’ignominie coloniale occidentale qui perdure et cancérise toujours e monde aujourd’hui. Quiconque croit vivre dans un monde « post-colonial » comme la propagande veut nous le faire avaler, est sérieusement naïf et à terme complice des crimes commis par l’occident hier et aujourd’hui.

— Résistance 71 ~

 

Le pape François 1er et les peuples indigènes

 

Steven Newcomb

 

8 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/10/08/pope-francis-and-indigenous-peoples

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 23 Septembre, l’avion du pape François se posait en territoire traditionnel et ancestral de la nation Piskataway (Washington D.C). De là, il voyagea en territoire traditionnel de la nation Lenape (à New York City et à Philadelphie). La visite du pape en Amérique du Nord a été célébrée par les catholiques et par ceux qui admirent sa prise de position sur des affaires comme le changement climatique (anthropique), la pauvreté, les droits des homosexuels, le besoin d’une responsabilité corporatrice et entrepreneuriale et la réforme du Vatican.

Pour ceux d’entre nous qui sont issus des nations “originelles” indiennes de ce sous-continent américain, la visite du pape soulève l’histoire sombre et complexe de l’église catholique dans sa relation avec nos peuples et nations originels. Alors qu’il était en visite en Bolivie au mois de Juillet dernier, le pape François 1er fit allusion au passé houleux avec les nations premières. Dans une déclaration se voulant de contrition, la pape a déclaré: “Je demande humblement le pardon, pas seulement pour les crimes de l’église elle-même, mais aussi pour les crimes commis contre les peuples natifs durant la soi-disant conquête des Amériques.”

Les crimes de l’église contre les peuples indigènes sont très bien illustrés dans bien des documents publiés par le saint siège des décennies avant et peu après le premier voyage de Christophe Colomb. (NdT: Colomb fit 4 voyages sur le continent américain: 1492, 1493, 1498 et 1502, il en partît chaque fois chargé d’esclaves Arawak, Tainos, Caribs etc dont les nations et cultures furent exterminées) Ces documents déclaraient la guerre contre les non-chrétiens/païens où qu’ils se trouvent. En 1452 par exemple, le pape Nicolas V autorisa le roi Alphonse du Portugal de voguer vers l’Afrique et toute autre terre non-chrétienne. Le pape exhorta le monarque portugais à “envahir, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins et les païens, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel” et aussi “de prendre et saisir toutes leurs possessions et propriétés.

Une lecture attentive des versions latine et anglaise des documents papaux émis au XVème siècle révèle un fait capital: l’institution catholique du Saint Siège autorisait spécifiquement ce que le pape François a appelé “la soi-disante conquête des Amériques”. En 1493, le pape Alexandre VI (NdT: Rodrigo Borgia…) appela à ce que “les nations barbares” soient dominées, soient “subjuguées”, en tant qu’élément de la “propagation/extension de l’empire chrétien (“imperii Chiristiani propagationem”).

La mention faite par le pape François des “crimes de l’église” se prend dans un sens bien plus profond lorsque nous lisons la version latine de la bulle Inter Caetera du 3 Mai 1493 émise par le pape Alexandre VI/Borgia, qui plaça tout son pouvoir apostolique derrière l’Espagne et sa proposition de “réduire” et de “soumettre” les “îles et terriroires” non-chrétiens, ainsi que “leurs habitants à la règle chrétienne”. Le pape Alexandre VI qualifia la proposition de la couronne espagnole de réduire et de soumettre les nations barbares de “sacrée” et de “méritoire”.

Le 24 Septembre, le New York Times rapportait que le pape François félicitait les Etats-Unis pour leur “dévotion dans la liberté du culte”. Clairement le pontife n’est pas au courant qu’il a fallu attendre 1978 pour que le congrès des Etats-Unis ne passe la loi American Indian Religious Freedom Act. Une telle législation était nécessaire à cause de l’héritage de l’ancienne bulle du Vatican intégrée dans la loi états-unienne. Cette connexion très peu connue et pour cause, fut rendue claire par le juge de la cour suprême Joseph Story dans son Commentaire sur la Constitution des Etats-Unis de 1833. Le chapitre 1 est intitulé: “Origine et titre de propriété des territoires des colonies”. Là, Story établît une connexion directe entre la version latine de la bulle papale de 1493 Inter Caetera et la décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre M’Intosh.

Paraphrasant Johnson c. M’Intosh, Story écrivit: “l’autorité papale aussi fut amenée à l’aide de ces grands desseins [de la colonisation chrétienne] et dans le but de renverser le paganisme et de propager la religion catholique, le pape Alexandre VI, dans une bulle émise en 1493, accorda à la couronne de Castille l’entièreté de l’immense territoire découvert alors ou encore à découvrir, aussi loin que ces territoires n’étaient pas déjà possédés par un prince chrétien.

Story a ensuite connecté ce langage papal au “droit de la découverte” exprimé par son patron juge de la cour suprême John Marshall dans la décision de Johnson contre M’Intosh. Jusqu’à ce jour, la décison de la cour suprême dans l’affaire Johnson définit le titre sur la terre original indien de nos nations comme n’étant qu’une “simple occupation des sols” dans la loi états-unienne, sujette à une réquisition de ce que Story a appelé “la domination absolue” comme “un droit acquis par la découverte”. En d’autres termes, la cour suprême des Etats-Unis a affirmé que la “prétention” de la découverte chrétienne sur des terres non-chrétiennes a eu pour résultat l’octroi par les colonisateurs à eux-mêmes d’un droit de domination envers le sol. Le ministère de la justice des Etats-Unis a appliqué cet argument à la cour suprême en 1954 dans l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans sa décision émise en 1955, la cour suprême cita “Les éléments de la loi internationale” de Henry Wheaton: “Les nations païennes des autres quartiers du monde étaient le butin légal et la proie de leurs conquérants civilisés.

Le Jeudi 24 Septembre de cette année, le pape François 1er s’est adressé aux deux chambres du Congrès des Etats-Unis et d’après Tim Murphy de la revue “Mother Jones”, François “fit un pas vers la reconnaissance du traitement souvent horrible que les Etats-Unis (et l’église) réservèrent aux Amérindiens,” lorsqu’il déclara: “Ces premiers contacts furent souvent turbulents et violents”, mais il ajouta: “Il est difficile de juger le passé avec les critères du présent.” Un tel langage prend finement à contre-pied le fait que les prédecesseurs de ce pape émirent des documents pontificaux qui appelaient à la propagation de l’empire chrétien et la domination des nations et des peuples au nom de l’évangélisation des païens.

Le pape François et le Congrès des Etats-Unis doivent reconnaître qu’en 2015, le langage de domination des anciens documents (bulles) pontificaux sert de support et de guide pour la loi et politique indienne fédérale des Etats-Unis. Ceci demeure une des manifestations de ce “traitement souvent horrible” de nos nations auquel le pape a fait référence. Il est temps pour le pape François de saisir l’opportunité de reconnaître pleinement devant le monde entier et de répudier les documents (bulles) pontificaux de domination et de déshumanisation desquels ont résulté un héritage incessant d’injustice, de dépossession et de traumatisme pour nos nations et peuples originels de ce continent.

Voyage de l’ensoutané en chef Bergoglio sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord)…

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Le pape sera t’il arrêté par Interpol cette semaine ?

 

Un mandat d’arrêt valide contre le pape Jorge Bergoglio a été remis au State Department des Etats-Unis par le bureau d’Interpol de Bruxelles – Un mandat similaire avait provoqué la démission de l’ancien pape Benoît XVI

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2015/09/21/will-the-pope-face-arrest-by-interpol-this-week/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Washington DC:

Juste avant l’arrivée aux Etats-Unis du pape François 1er, Jorge Bergoglio, le gouvernement américain a reçu d’Interpol la copie d’un mandat d’arrêt à mettre en application contre Bergoglio, mandat issus par le Tribunal International de Droit Coutumier le 18 Juillet 2014. A cette date, Bergoglio fut déclaré coupable de deux accusations d’avoir commis et aidé des crimes contre l’humanité, incluant le trafic d’enfants et fut condamné par contumace (in abstentia) à 25 ans de prisons.

D’après une source à Interpol, une copie du mandat d’arrêt a été délivrés au State Department (ministères des affaires étrangères) américain par courier spécial vendredi dernier, le 18 Septembre, avec une demande formelle pour le gouvernement américain d’appliquer les termes du mandat d’arrêt et de mettre en détention le criminel nommé Jorge Bergoglio.

L’émission d’un mandat similaire par un gouvernement européen au Vatican début Février 2013, déclencha la démission soudaine de l’ancien pape Benoît XVI, Joseph Ratzinger, qui fut condamné similairement ce même mois par le Tribunal International de Droit Coutumier.

Le pape François/Bergoglio fait déjà l’objet de protestations et de perturbations pour son séjour de cinq jours aux Etats-Unis suite à sa décision controversive de “canoniser” un missionnaire catholique génocidaire et pour se rendre à une réunion à Philadelphie qui est réputée être le nid d’un réseau de trafic d’enfants de l’église catholique.

“Ces controverses vont rendre difficile pour le gouvernement Obama d’ignorer la notification d’Interpol concernant le mandat d’arrêt”, a commenté Kevin Annett aujourd’hui depuis New York où il se trouve avec une délégation du Tribual de Droit Coutumier pour une réunion avec des officiels de l’ONU concernant la visite de Bergoglio.

“Jorge Bergoglio est un criminel dûment condamné et le mandat émis par le Tribunal (et relayé par Interpol) possède la force du droit international avec lui. En l’ignorant, les Etats-Unis peuvent être mis en accusation, à juste titre, pour complicité et recel de criminel recherché par la justice et de complicité avec des crimes contre l’humanité.”

Issued by the Central Office of the International Tribunal into Crimes of Church and State (ITCCS)

21 September, 2015