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Résistance au colonialisme: Vatican, doctrine chrétienne de la découverte et intégration des bulles papales du XVème siècle dans la loi fédérale sur les Indiens…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

Il est plus que grand temps de rejoindre nos frères Amérindiens et de mettre un terme à l’ignominie coloniale occidentale qui perdure et cancérise toujours e monde aujourd’hui. Quiconque croit vivre dans un monde « post-colonial » comme la propagande veut nous le faire avaler, est sérieusement naïf et à terme complice des crimes commis par l’occident hier et aujourd’hui.

— Résistance 71 ~

 

Le pape François 1er et les peuples indigènes

 

Steven Newcomb

 

8 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/10/08/pope-francis-and-indigenous-peoples

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 23 Septembre, l’avion du pape François se posait en territoire traditionnel et ancestral de la nation Piskataway (Washington D.C). De là, il voyagea en territoire traditionnel de la nation Lenape (à New York City et à Philadelphie). La visite du pape en Amérique du Nord a été célébrée par les catholiques et par ceux qui admirent sa prise de position sur des affaires comme le changement climatique (anthropique), la pauvreté, les droits des homosexuels, le besoin d’une responsabilité corporatrice et entrepreneuriale et la réforme du Vatican.

Pour ceux d’entre nous qui sont issus des nations “originelles” indiennes de ce sous-continent américain, la visite du pape soulève l’histoire sombre et complexe de l’église catholique dans sa relation avec nos peuples et nations originels. Alors qu’il était en visite en Bolivie au mois de Juillet dernier, le pape François 1er fit allusion au passé houleux avec les nations premières. Dans une déclaration se voulant de contrition, la pape a déclaré: “Je demande humblement le pardon, pas seulement pour les crimes de l’église elle-même, mais aussi pour les crimes commis contre les peuples natifs durant la soi-disant conquête des Amériques.”

Les crimes de l’église contre les peuples indigènes sont très bien illustrés dans bien des documents publiés par le saint siège des décennies avant et peu après le premier voyage de Christophe Colomb. (NdT: Colomb fit 4 voyages sur le continent américain: 1492, 1493, 1498 et 1502, il en partît chaque fois chargé d’esclaves Arawak, Tainos, Caribs etc dont les nations et cultures furent exterminées) Ces documents déclaraient la guerre contre les non-chrétiens/païens où qu’ils se trouvent. En 1452 par exemple, le pape Nicolas V autorisa le roi Alphonse du Portugal de voguer vers l’Afrique et toute autre terre non-chrétienne. Le pape exhorta le monarque portugais à “envahir, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins et les païens, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel” et aussi “de prendre et saisir toutes leurs possessions et propriétés.

Une lecture attentive des versions latine et anglaise des documents papaux émis au XVème siècle révèle un fait capital: l’institution catholique du Saint Siège autorisait spécifiquement ce que le pape François a appelé “la soi-disante conquête des Amériques”. En 1493, le pape Alexandre VI (NdT: Rodrigo Borgia…) appela à ce que “les nations barbares” soient dominées, soient “subjuguées”, en tant qu’élément de la “propagation/extension de l’empire chrétien (“imperii Chiristiani propagationem”).

La mention faite par le pape François des “crimes de l’église” se prend dans un sens bien plus profond lorsque nous lisons la version latine de la bulle Inter Caetera du 3 Mai 1493 émise par le pape Alexandre VI/Borgia, qui plaça tout son pouvoir apostolique derrière l’Espagne et sa proposition de “réduire” et de “soumettre” les “îles et terriroires” non-chrétiens, ainsi que “leurs habitants à la règle chrétienne”. Le pape Alexandre VI qualifia la proposition de la couronne espagnole de réduire et de soumettre les nations barbares de “sacrée” et de “méritoire”.

Le 24 Septembre, le New York Times rapportait que le pape François félicitait les Etats-Unis pour leur “dévotion dans la liberté du culte”. Clairement le pontife n’est pas au courant qu’il a fallu attendre 1978 pour que le congrès des Etats-Unis ne passe la loi American Indian Religious Freedom Act. Une telle législation était nécessaire à cause de l’héritage de l’ancienne bulle du Vatican intégrée dans la loi états-unienne. Cette connexion très peu connue et pour cause, fut rendue claire par le juge de la cour suprême Joseph Story dans son Commentaire sur la Constitution des Etats-Unis de 1833. Le chapitre 1 est intitulé: “Origine et titre de propriété des territoires des colonies”. Là, Story établît une connexion directe entre la version latine de la bulle papale de 1493 Inter Caetera et la décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre M’Intosh.

Paraphrasant Johnson c. M’Intosh, Story écrivit: “l’autorité papale aussi fut amenée à l’aide de ces grands desseins [de la colonisation chrétienne] et dans le but de renverser le paganisme et de propager la religion catholique, le pape Alexandre VI, dans une bulle émise en 1493, accorda à la couronne de Castille l’entièreté de l’immense territoire découvert alors ou encore à découvrir, aussi loin que ces territoires n’étaient pas déjà possédés par un prince chrétien.

Story a ensuite connecté ce langage papal au “droit de la découverte” exprimé par son patron juge de la cour suprême John Marshall dans la décision de Johnson contre M’Intosh. Jusqu’à ce jour, la décison de la cour suprême dans l’affaire Johnson définit le titre sur la terre original indien de nos nations comme n’étant qu’une “simple occupation des sols” dans la loi états-unienne, sujette à une réquisition de ce que Story a appelé “la domination absolue” comme “un droit acquis par la découverte”. En d’autres termes, la cour suprême des Etats-Unis a affirmé que la “prétention” de la découverte chrétienne sur des terres non-chrétiennes a eu pour résultat l’octroi par les colonisateurs à eux-mêmes d’un droit de domination envers le sol. Le ministère de la justice des Etats-Unis a appliqué cet argument à la cour suprême en 1954 dans l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans sa décision émise en 1955, la cour suprême cita “Les éléments de la loi internationale” de Henry Wheaton: “Les nations païennes des autres quartiers du monde étaient le butin légal et la proie de leurs conquérants civilisés.

Le Jeudi 24 Septembre de cette année, le pape François 1er s’est adressé aux deux chambres du Congrès des Etats-Unis et d’après Tim Murphy de la revue “Mother Jones”, François “fit un pas vers la reconnaissance du traitement souvent horrible que les Etats-Unis (et l’église) réservèrent aux Amérindiens,” lorsqu’il déclara: “Ces premiers contacts furent souvent turbulents et violents”, mais il ajouta: “Il est difficile de juger le passé avec les critères du présent.” Un tel langage prend finement à contre-pied le fait que les prédecesseurs de ce pape émirent des documents pontificaux qui appelaient à la propagation de l’empire chrétien et la domination des nations et des peuples au nom de l’évangélisation des païens.

Le pape François et le Congrès des Etats-Unis doivent reconnaître qu’en 2015, le langage de domination des anciens documents (bulles) pontificaux sert de support et de guide pour la loi et politique indienne fédérale des Etats-Unis. Ceci demeure une des manifestations de ce “traitement souvent horrible” de nos nations auquel le pape a fait référence. Il est temps pour le pape François de saisir l’opportunité de reconnaître pleinement devant le monde entier et de répudier les documents (bulles) pontificaux de domination et de déshumanisation desquels ont résulté un héritage incessant d’injustice, de dépossession et de traumatisme pour nos nations et peuples originels de ce continent.

Vatican, colonialisme et doctrine chrétienne de la découverte: la débauche toute chrétienne d’un pape à un autre, de Borgia à Bergoglio…

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Au cureton en chef Bergoglio: Les crimes contre l’humanité sont UNIVERSELS ET IMPRESCRIPTIBLES. Un génocide au XVème siècle = un génocide au XXème ou XXIème siècle ! L’église catholique est génocidaire, forçons-la à enfin le reconnaître !…

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Le pape François n’est pas chrétien. Appliquez les traités

 

Steve Melendez, Pyramid Lake Paiute

President, American Indian Genocide Museum

 

25 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://bsnorrell.blogspot.com/2015/09/paiute-steve-melendez-pope-francis-is.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En l’an 1501, Johann Burchard, maître de cérémonies au Vatican écrivit dans son journal secret: “Dimanche soir, ce 30 Octobre, Don Cesare Borgia donna un souper dans ses appartements du palais apostolique; il y avait une cinquantaine de prostituées et de courtisanes en attendance, qui après le repas dancèrent avec les serviteurs et les autres présents, d’abord habillées puis nues.

Après le souper, des lampes sur pied avec des bougies allumées furent placés sur le sol et des marrons y furent éparpillés, que les prostituées nues et à quatre pattes devaient ramasser en marchant à quatre pattes entre les lampes. Le Pape (NdT: Rodrigo Borgia/Alexandre VI, père de Cesar et Lucrèce Borgia..), Don Cesare et Donna Lucrezia étaient présents et regardaient les ébats. Finalement, des récompenses furent offertes: des gilets de soie, des chaussures, des chapeaux et autres vêtements, pour les hommes qui avaient le plus de succès avec les prostituées. Cette performance se tint dans la Sala Reale et ceux qui y participèrent ont dit qu’en fait les prix furent présentés à ceux qui gagnèrent le concours.

Il est intéressant de noter que les enfants du pape, César et Lucrèce étaient présents à cette orgie au Vatican.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Rodrigo Borgia alias pape Alexandre VI, n’est pas commémoré pour sa débaucherie ou ses actes incestueux mais pour avoir publié une bulle/édit pontifical qui tira une ligne de séparation de la planète du pole nord au pole sud, qui donna la plus grande partie du continent des Amériques à l’Espagne et une partie, le Brésil, au Portugal. La salacité de Rodrigo Borgia était bien connue à cette époque. En tant que Cardinal, il reçût une réprimande du pape Pie II, écrite de sa propre main en Juin 1460.

Nous avons entendu qu’il y a trois jours, un certain nombre de femmes de Siène se sont rassemblées dans les jardins de Giovanni Bichi et que vous, oubliant vos responsabilité de saint office, étiez avec eux de une heure à 6 heures de l’après-midi. Votre compagnon était un de vos collègues dont l’âge, sinon son respect pour la saint siège apostolique, aurait dû lui rappeler ses devoirs. Nous avons été informés qu’il y a eu des danses, que des débaucheries amoureuses ne manquèrent pas et que vous vous êtes comporté de manière plus que cavalières. La décence nous interdit ici d’entrer dans les détails de ce qu’il s’est passé, car ce furent choses dont le nom même est indigne de votre rang. Les maris, frères et pères qui accompagnaient ces filles se virent l’entrée interdite de façon à ce que vous et quelques uns de vos intimes puissiez vous vautrer à votre aise dans le stupre et la luxure. Il est dit que ceci est un sujet majeur de conversation à Siène et que tout le monde se gausse de votre vanité…

Nous vous laissons seul juge de savoir si courtiser de jeunes filles, faire envoyer des fruits et des vins à la femme de votre choix, et passer des jours entiers à observer toute sorte de débaucherie pour finalement faire renvoyer les maris pour être plus libre dans vos mouvements, est compatible avec votre dignité. Nous sommes blâmés de votre faute, et votre oncle Callixtus est également blâmé pour vous avoir fait confiance pour tant d’honneur et de représentation… rappelez-vous de votre dignité et n’essayez pas de conquérir la réputation d’un galant vain parmi les hommes et les femmes… Ici à Bignio, il y a bien des ecclésiastiques et des gens du commun pour lesquels vous êtes devenu synonyme de luxure…

Bien des gens dans ce pays pensent que l’Amérique fut fondée comme une “nation chrétienne” mais personne ne doute du fait qu’il n’y avait rien de chrétien dans ce pape Alexandre VI.

Du génocide des populations natives que Christophe Colomb perpétra sur l’île actuelle de Haïti (Hispagnolia) au refus du gouvernement d’honorer les traités avec les nations indiennes, tout cela remonte à ce pervers, incestueux et licencieux pape Alexandre VI/Borgia. Comme nous le verrons, toute l’histoire depuis le Christ est remplie d’hommes professant être chrétiens, mais qui ne l’étaient certainement pas. C’est l’église catholique qui est la plus responsable du détournement du christiansime. La bulle papale de l’Espagnol Rodrigo Borgia du 4 Mai 1493, Inter Caetera, fut la base même de la doctrine chrétienne de la découverte, qui fut écrite dans la loi même des Etats-Unis. Le dictionnaire du droit Black définit la “découverte” comme “la fondation de l’affirmation de propriété nationale ou de souveraineté, la découverte est la trouvaille d’un pays, d’un continent, d’une île, auparavant inconnus ou seulement connu préalablement par des habitants non civilisés.

Qu’un pape espagnol ait pu donné le continent des Amériques à l’Espagne et au Portugal n’est qu’un vol de territoire à l’échelle d’un continent. Criminaliser les propriétaires et bénir les voleurs est simplement profondément satanique.

Aujourd’hui, le pape François 1er s’est adressé au congrès des Etats-Unis. Parlant des maux historiques faits aux peuples indigènes des Amériques, il a montré qu’il n’était pas plus chrétien que ne l’était le pape Alexandre VI/Borgia. Il y a dit: “Tragiquement, les droits de ceux qui étaient ici bien avant nous ne furent pas toujours respectés. Pour ces peuples et leurs nations, du cœur de la démocratie américaine, je veux leur réaffirmer ma plus grande estime et appréciation. Ces premiers contacts furent souvent turbulents et violents, mais il est difficile de juger le passé avec les critères du présent.

L’anté-christ est quelqu’un qui oppose ou prend la place de Jesus Christ et l’église catholique prend exactement cette fonction ! Si le saint esprit fut dans ces deux hommes, alors ils sauraient que le “critère” de la bible ne change jamais. Le bien et le mal ne changent jamais. La propriété volée doit être rendue. C’est la règle de la loi. Les traités doivent être mis en application. C’est la loi. Les lois injustes doivent être condamnées ; c’est la chose la plus juste à faire.

Lutter contre l’empire, c’est lutter contre la Doctrine Chrétienne de la Découverte, diktat colonial depuis 1493 ~ une lectrice écrit…

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A tous les colonisés que nous sommes, pour aider tous les peuples originels à recouvrer leur terre

Erradiquons l’empire américain par la débaptisation de masse en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte, parce qu’un empire sans terre est un empire à terre !

Par JBL1960        

26 Août 2015

Considérant qu’on ne peut résoudre un problème en gardant le même processus mental, je me suis « éveillée » et j’ai reconsidéré les choses à partir de ce moment. En fait, mon déclic, fut le massacre à l’arme chimique de La Ghouta en Syrie en août 2013. Je n’étais plus complètement dans le brouillard, j’étais semi-éveillée mais cet évènement, dès le départ, m’a torpillé l’estomac. Dès lors, j’ai commencé à agir, je ne voulais plus être une spectatrice impuissante enrageant dans mon coin.
J’ai écrit à Hollandouille à l’adresse gratuite (cad non timbrée) sur une vieille carte postale non utilisée ; PAS DE GUERRE EN SYRIE – PALESTINE LIBRE –  En fait, j’ai rempli la carte postale de message de la sorte. J’ai scruté son attitude qui m’a décillé sur le fait qu’il exécutait le Plan sur ordre des Zélites mondiales, spécialement Zuniennes.
Les élections sont vraiment un piège à cons, car elles consistent à baliser le terrain afin de faire voter pour les personnes choisies par avance. Les différents partis politique n’étant que des leurres afin d’organiser l’illusion que les élections sont la dernière expression de la Démocratie. Mais nous savons que c’est faux, que c’est un mensonge, un de plus, auquel on se raccroche par peur.
Dès lors, j’ai décidé de ne plus perdre mon temps avec la politique institutionnelle.
J’ai commencé à organiser ma réflexion, ma pensée sur comment changer de paradigme, comment créer, initier et s’organiser vers un changement de paradigme.
J’avais compris que le réel entre parfois trop brutalement en contradiction avec le narratif du Système et qu’il en démasque au moins brièvement la supercherie.
J’avais surtout intégré que d’une manière ou d’une autre, à un moment donné, se posera pour tout citoyen, le choix de la désobéissance civile.
C’est la masse pacifique des peuples qui refusera d’obéir à la fange étatico-entrepreneuriale et ses institutions obsolètes et criminelles, qui fera tomber l’empire et ses oligarques eugénistes.
Car le Plan qui est mis en œuvre depuis plus de 250 ans est un plan eugéniste et nous ne devons pas douter que tous les moyens seront bons pour réduire la population mondiale idéalement pour “l’élite”, à 500 millions d’individus qui serviront d’esclaves. On me rit au nez si souvent lorsque j’affirme ce genre de choses.

Georges Orwell dans 1984 affirme qu’ « En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire ». Mais « 1984 » n’est plus une fiction depuis longtemps, c’est devenu notre réalité.
Ma difficulté première est que je ne suis rien, ni personne. Aujourd’hui, en France, si vous êtes sans travail, vous n’êtes personne. Et perso, je cumule ; sans emploi donc sans revenus, bientôt sans dents, je survie grâce au fait que mon mari perçoit une retraite de 1644 €. J’ai donc dû me persuader que je pouvais être utile dans le cadre d’un changement de paradigme et que je pouvais agir dès maintenant. Si je ne suis rien dans cette société là ; Cela n’a aucune importance. Par ailleurs, le fait que je ne possède rien se révèle un avantage, certes je suis invisible, mais je suis libre. Libre de penser, d’agir, de parler et d’aller où le vent me portera.

Formatée depuis ma naissance, comme beaucoup, sous le leitmotiv ; Obéis, tais-toi, consomme, baisse les yeux, obéis, marie-toi, consomme, tais-toi, baisse la tête, obéis, fais des enfants, tais-toi, consomme, travaillesobéis, tais-toi, consomme… J’ai malgré tout passé beaucoup de temps devant la télévision, seule, et à l’époque il n’y avait pas cette censure du « Je suis Charlie ». Certes elle était là en filigrane et ceux qui se croyaient en Démocratie, sous Pompidou, sous Giscard, étaient parfaitement intégrés au Système. Malgré une éducation catholique (j’ai été baptisée puis fait ma communion comme mon frère et ma sœur, suis allée en colonie de vacances avec les bonnes sœurs à Barneville-Carteret) je n’ai jamais cru en Dieu et pire très tôt je me suis rebellée contre l’église. Et tout de suite j’ai été moquée. Comme je lisais beaucoup, je me suis intéressée très tôt à l’égyptologie et instinctivement le narratif de l’époque, la chronologie des temps me paraissait étrange. Et puis, tout de suite j’ai été passionné par les peuples amérindiens.

Je précise que je suis d’origine espagnole par mon père et italienne par ma mère.
La découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb m’a d’emblée captivée mais pas pour les mêmes raisons que mes petits camarades. J’ai dévoré l’histoire du dernier empereur Aztèque Montezuma même si elle était racontée par les vainqueurs j’ai dès ce moment senti la problématique de la doctrine chrétienne de la découverte.
J’avais tout de même un voile devant les yeux ; Je me suis mariée, civilement, je n’ai pas fait baptiser mes enfants, mais j’ai subi la pression de la société en me mariant et en faisant des enfants. Alors que je pense sincèrement que c’est une aliénation à laquelle nous souscrivons volontairement sous prétexte que nous sommes « programmés » pour cela. Non, c’est des conneries tout cela ; Rien ne nous oblige à nous marier et à faire des enfants si nous n’en avons pas envie, or aujourd’hui vous devez vous justifier si vous ne voulez pas d’enfant. Obligation, pour une femme, puis pour un couple qui se marie, de faire des enfants. Je regrette, mais pour moi, faire un enfant est à la portée du premier débile venu et rien ne devrait nous contraindre à faire des enfants pour faire comme tout le monde. C’est pourquoi je pense que nous devrions être libres de nos choix ; Ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui puisqu’on nous bassine à longueur de temps que notre modèle de société judéo-chrétien est un modèle exceptionnel à l’exemple de l’Empire Zunien.

En fait, le Système nous balise le terrain pour nous conduire là où il veut que nous allions et si c’est vrai pour le vote, c’est vrai pour tout !
Germait alors en moi l’idée d’agir pour me faire débaptiser et le faire en contestation de la doctrine chrétienne de la découverte. J’avais envie de remuer les braises de l’histoire amérindienne car pour moi l’empire Zunien, tel qu’il s’était construit, l’avait fait sur un mensonge, sur un génocide, dès 1492.

C’est alors que j’ai rencontré la pensée Mohawk par l’intermédiaire du blog Résistance71. Grâce à la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNDLP), j’avais pris connaissance de la tentative de plusieurs personnes pour demander la radiation de leurs noms du Registre des baptêmes. C’est pourquoi j’ai décidé de faire radier mon nom de ce même registre de l’Église Catholique Romaine, en dénonçant l’acte de baptême lui-même qui avait servi à planter les racines doctrinaires de la découverte chrétienne donnant aux Chrétiens l’autorité pseudo-légale de circonvenir à la propriété non-chrétienne et aux droits de souveraineté depuis le XVème siècle et jusqu’à aujourd’hui puisque le pape François refuse de révoquer les bulles Romanus Pontifex du 8 janvier 1455 et Inter Caetera du 4 mai 1493.

Ce que je ne savais pas à l’époque c’est que l’Église Catholique Romaine refusait de radier votre nom du registre des baptêmes, même si vous lui demandez poliment et gentiment. L’église considère le baptême comme « un évènement historique” qui s’est tenu à la demande de vos parents alors que vous étiez encore mineure, évènement qui ne préjuge en rien de ce que sont vos convictions une fois parvenue à l’âge adulte, vous laissant libre de votre cheminement dans le sens indiqué dans votre correspondance. Il apparaît ainsi que les registres de baptêmes attestent en chaque acte, qui porte la signature de plusieurs témoins, un évènement public et historique, indéniable. Un fait historique ne s’efface pas. L’acte ne peut de ce fait être rendu illisible ni être effacé. Il faut remarquer que le registre n’est pas publiquement consultable ni communicable. Il n’est pas accessible à des tiers.

De plus la Cour de Cassation de Paris a rejeté un pourvoi le 19 novembre 2014. » Tout le monde peut consulter sur internet l’arrêt N°1441 du 19 novembre 2014 et comprendre que la Justice Française légitime le refus de l’Église Catholique Romaine de procéder à la radiation d’un nom du registre des baptêmes au mépris de la loi qui ordonne la séparation de l’Église et de l’État (1905) sacralisant du même coup l’acte de baptême et conférant force de loi au dit registre ; tout comme le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis John Marshall, qui en en 1823 a légitimé la doctrine chrétienne de la découverte dans son rendu du jugement de l’affaire  Johnson contre M’Intosh.

Dans le même temps, j’ai eu connaissance de cet expatrié français en Allemagne qui se déclarant athée se vit prélever plus de 500 € d’impôts sur son salaire, en paiement de l’impôt sur le culte de l’église catholique romaine pour cause de baptême. Cet article est lisible sur internet.

Sur le site de la Fédération Nationale de la Libre Pensée vous pourrez prendre connaissance de la réponse qui a été faite à cette personne par le diocèse de la Catholicité en Allemagne. Je n’invente rien, je n’exagère rien.
Forte de tous ces éléments, j’ai adressé un courrier à la Cour de cassation de Paris à la Présidente qui rendît l’arrêt n° 1441 du 19 novembre 2014. Ce courrier fut envoyé en contestation de la décision rendue et compte tenu des réponses qui m’ont été faites par le Diocèse de la Catholicité concernant ma demande de radiation de mon nom du registre des baptêmes et de l’introduction de nouveaux faits par l’article de presse concernant cet expatrié français en Allemagne.

Si je ne suis rien, ni personne, j’en ai parfaitement conscience. Force est néanmoins de constater que la Fédération Nationale de la Libre Pensée n’a pas plus de poids que moi dans ces affaires ; Aucune réponse ne m’a jamais été faite, soit, mais, la FNDLP n’a pas avancé d’un pouce sur le même sujet, bien que traitant directement avec le Ministère de la Justice.

La justice française, se moque de nous. Ce n’est qu’une Institution et nous n’avons rien à attendre d’une institution, surtout pas la justice.
Les archives de la catholicité m’ont adressé un dernier courrier ayant pour objet : “Apostasie”, m’informant qu’ils avaient bien pris acte de ma volonté de ne plus appartenir à l’Église Catholique, joignant une copie certifiée conforme à l’original d’extrait d’acte de baptême portant en marge « A renié avec force et en conscience son baptême par lettre datée du 2 avril 2015 ».
Pour beaucoup, tout ceci est vain, inutile, pire blasphématoire…
Pourtant, je considère par cette simple action, me libérer des chaînes que le Système nous pose dès notre naissance et que nous conservons volontairement par peur. Peur qui nous est ensuite distillée toute notre vie et tant que nous l’acceptons.

Cette action n’est pas inutile. Je ne la regrette pas. Elle me permet de me tenir aux côtés des peuples originels Amérindiens, Africains, Kanaks, Aborigènes, païens et infidèles du monde qui refusent d’être colonisés à tout jamais par tous mâles blancs et au nom du Christ depuis les siècles des siècles et pour les siècles des siècles.

Par cette action, je signifie à l’Église Catholique Romaine que je refuse que mon nom soit pour l’éternité complice des crimes de sang faits au nom de leur Dieu, en tout temps et en tout lieu.
Je dénonce les fondements religieux des lois établies à l’encontre des nations autochtones et qui prévalent encore aujourd’hui, à savoir l’affirmation de la doctrine chrétienne de la découverte dont le concept de titre par la découverte était fondé sur la même idée que les terres occupées par les païens et infidèles étaient ouvertes à toute acquisition par les nations chrétiennes.
Je me tiens aux côtés du peuple Palestinien qui subit violement depuis la naissance d’Israël une colonisation sur le mythe historiquement infondé de la Terre promise !
En fait très tôt j’ai compris que l’Empire Anglo-Américain, que j’appelle les Zunies, s’est construit sur ce présupposé : « Le colonialisme occidental depuis le XVème siècle jusqu’à aujourd’hui, est fondé sur une doctrine religieuse, raciste, eurocentriste, hégémonique et génocidaire : La doctrine chrétienne dite de la « découverte », édictée et codifiée dans les bulles papales Romanus Pontifex de 1455 et Inter Caetera de 1493. » Et comme nous ne vivons bien évidemment pas dans un monde « postcolonial », comme l’idéologie dominante voudrait nous le faire croire, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et bien sûr Israël, sont des pays coloniaux, dirigés par des gouvernements coloniaux. Leur pseudo-légalité est fondée sur la jurisprudence de décisions de cours suprêmes (Johnson vs McIntosh, Marshall, 1823), toutes émanant de la doctrine chrétienne de la découverte, devenue dogme fondateur de la société coloniale occidentale et de mythes bibliques concernant ces nations et Israël.



C’est pourquoi, il m’a paru juste d’initier un mouvement pour permettre à celles et ceux qui le veulent de se faire débaptiser et de le faire en contestation de la doctrine chrétienne de la découverte qui prévaut encore aujourd’hui puisque les États-Unis, tout comme Israël, se présentent comme le Nouveau Monde dédié au Nouveau “peuple élu”.

Même si je ne suis qu’un grain de sable dans le rouage du NOM. Nombreux, nous pouvons enrayer la machine, par notre questionnement, par la remise en cause des dogmes, par de simples actions ;
Sans haine, sans violence, sans armes. Au nom d’aucun dieu, ni d’aucun maître, chacun par sa réflexion peut initier un changement de paradigme. Il nous appartient ensuite de nous mutualiser, de nous interconnecter afin que cette idée prenne vie et avance. Si nous sommes sincères et déterminés, notre idée nous survivra. Pour ma part ; Il est temps…

 

= = =

 

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Articles connexes: A lire et diffuser sans modération

« Païens en terre promise, décoder la docrine chrétienne de la découverte »  (Steven Newcomb)

Questions aux chrétiens sur leur doctrine de la découverte

Les églises chrétiennes dans le génocide des pensionnats pour Indiens au Canada entre 1867 et 1996 (Kevin Annett)

Les bulles Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493)

Réflexions sur les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera, fondement de la doctrine chrétienne de la découverte et du colonialisme occidental

Colonialisme et luttes indigènes

Constitution de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle)

 

Aux sources du colonialisme occidental: L’usurpation des terres de l’empire fondée sur les prérogatives données à Colomb et consolidées par les bulles papales de 1493

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Nous l’avons dit et le répétons: L’empire actuel n’a aucune validité légale territoriale. Pour la première fois de l’histoire, l’empire est sans terre, il est temps de s’en rendre compte et de mettre fin à cette supercherie et aux crimes engendrés depuis le XVème siècle. Les peuples natifs et originels de l’Île de la Grande Tortue ont besoin de l’appui des occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale pour qu’ensemble nos  reprenions nos vies et la planète en main dans l’intérêt commun.

La seule solution au Nouvel Ordre Mondial, qui s’impose par la force est de se tenir debout, la main dans la main avec nos frères aborigènes de tous les continents. L’oligarchie est au bout du rouleau et elle le sait. Aidons ceux qui luttent contre le terrorisme depuis 1492 ! La Terre-Mère nous le rendra au centuple !

— Résistance 71 —

 

Terres sacrées apaches, métaphores et le sénateur John McCain

 

Steven Newcomb

 

17 Août 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/08/17/sacred-apache-lands-metaphors-and-senator-mccain

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Sur la base de la bigoterie chrétienne, du racisme, et du dominium (domination) des générations antérieures, les Etats-Unis se sont arrogés la permission et se l’arrogent toujours de prendre pour eux-mêmes et pour les entreprises commerciales de leur choix, les terres, territoires et ressources naturelles de nos nations et peuples originels. Nos voyons ceci aujourd’hui se dérouler devant nos yeux avec l’affaire des terres sacrées apaches en Arizona, des terres sacrées que les Etats-Unis ont déclaré être la “Tonto National Forest” dont une partie appelée Oak Flat, est maintenant programmée pour un projet d’extraction minière de cuivre. Cet exemple démontre une fois de plus ce qu’est le jeu de cette société fondée sur la domination que sont les Etats-Unis: utiliser créativement des métaphores pour étendre leur contrôle du territoire afin d’avoir accès et de profiter au maximum des ressources naturelles et de toutes choses de valeur se trouvant sur les territoires de nos nations originelles.

Faire des métaphores implique de nommer une chose par un nom qui appartient à quelque chose d’autre ou penser à une chose en termes de quelque chose de différent. Le philosophe du droit Steven L. Winter a dit que pour nous humains, “les métaphores sont notre façon d’avoir une réalité.” Mon ancien professeur C.A. Bowers a montré que les métaphores font avancer et maintiennent dans notre époque les idées problématiques (erronées, mal interprétées) du passé. Les Etats-Unis ont utilisé et continuent d’utiliser des métaphores pour créer une réalité du présent dans laquelle nos nations originelles sont maintenant attendues de vivre “recluses” (ce qui est en soi déjà une métaphore…)

Le peuple des Etats-Unis doit toujours comprendre et admettre la réalité de domination que les Etats-Unis ont construite comme moyen de tenir nos nations et peuples originels dans une forme de “captivité sémantique”, au nom d’un précédent politique et légal.

Un exemple de telles manipulations rendues possibles par les métaphores et une telle captivité sémantique est l’accord pour le moins douteux auquel est parvenu en décembre dernier le sénateur républicain de l’État d’Arizona John McCain (NdT: la même ordure néo-con va t’en guerre qui chante en public “bombardons, bombardons l’Iran” et qui a déclaré il y a quelques mois “être en contact permanent avec les rebelles/terroristes en Syrie”…) et quelques uns de ses acolytes du congrès US. Ils ont fait rajouter en catimini une provision, section 3003, dans la National Defense Authorization Act (NdT: NDAA, loi liberticide passée par le congrès…), sur le tard avant que la loi ne soit votée tard dans la nuit. La provision permet une subtilisation des terres sacrées apaches en Arizona pour les donner à une énorme transnationale minière: Rio Tinto (NdT: L’entreprise est un énorme conglomérat minier anglo-australien dont le QG est à Londres. L’entreprise fut rachetée en 1873 au gouvernement espagnol. Rio Tinto veut dire “Rivière Rouge” en espagnol. Elle est active sur tous les continents mais concentre ses activités minières essentiellement sur l’Australie et le Canada, sur les terres volées aux nations aborigènes. Ses liens avec la City de Londres et Wall Street sont très développés…) et sa succursale du cuivre: Resolution Copper. Se focaliser sur de telles entités colonisatrices nous amène à la racine du terme “colon”, qui peut-être pensée comme étant un énorme système digestif, celui d’un corps envahisseur (corpo), qui a l’intention de dévorer, d’assimiler, de digérer (de profiter) les territoires des nations originelles de ce continent.

Le mot “colon” peut–être divisé en “colo”, qui mène à l’imagerie métaphorique de “filtration des impuretés dans le processus de l’extraction minière (digérer).” Métaphoriquement, un processus “digestif” de l’extraction minière du sol, pour l’accumulation de richesse et de pouvoir, ceci est le contexte sous-jacent et le but des opérations de colonisation engagées par les entreprises comme Rio Tinto et Resolution Copper.

En ce qui concerne les terres sacrées d’Oak Flat, que Resolution Copper va détruire et “digérer” pour le profit, il en vient à la question de savoir qui a le droit de contrôle (subjuguer et dominer) le sol et d’en extraire la richesse. En remontant les systèmes politique et légal des Etats-Unis et de l’Arizona jusqu’à la source de l’empire espagnol, ceci révèle l’extension de ces métaphores déshumanisantes et dominantes créées il y a des siècles et qui continuent d’être maintenues par les Etats-Unis contre nos nations originelles dans le temps présent. Les anciennes idées au sujet des relations entre “le sol”, “la terre” et les nations originelles continuent d’être profondément d’influence en notre époque, spécifiquement en termes judiciaires, législatifs, exécutifs et d’attitudes entrepreneuriales envers nos nations originelles.

Quelques-unes de ces idées et attitudes colonisantes passées au sujet des relations entre “le sol” et les nations natives libres et indépendantes (“sauvages et nomades”), furent exprimées dans un rapport écrit en 1849 par William Carey Jones. Mr Jones fut nommé par le ministre des affaires étrangères des Etats-Unis et le sécrétariat à l’intérieur pour enquêter et rapporter sur la nature des titres fonciers dans la vaste zone couvrant le traité de Guadalupe Hidalgo, une zone dont ce qui est appelé l’Arizona fait partie. (NdT: ce traité fut signé le 2 Février 1848 et mit fin à deux ans de guerre entre les Etats-Unis et le Mexique. Les Etats-Unis annexèrent près de la moitié du “territoire” mexicain – terres aborigènes également ne l’oublions pas, volées préalablement par la couronne d’Espagne – dont la Californie, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada et l’Utah. 90% de la population “mexicaine” de ces territoires choisît alors de devenir américaine…)

A un moment donné dans son rapport, Jones dit ceci: “En ces tribus sauvages et nomades la loi espagnole ne reconnaît aucun titre de propriété de la terre que ce soit.” Ceci est une attitude métaphorique datant de siècles en arrière, que Jones applique aux nations natives, incluant la nation apache, en 1849. Cette attitude est toujours maintenue aujourd’hui par le sénateur McCain et les autres membres du congrès des Etats-Unis en ce qui concerne les terres sacrées apaches d’Oak Flat. La doctrine stipulant que la loi espagnole ne reconnaît pas de titre sur la terre en ces nations “sauvages et nomades” existantes libres et indépendantes, peut-être tracée à au moins deux sources anciennes de droit fondamental sur lequel se repose toujours les Etats-Unis aujourd’hui.

1) Les prérogatives royales accordées à Cristobal Colón par la reine Isabelle et le roi Ferdinand de Castille.

et

2) Les bulles pontificales du Vatican émises par le pape Alexandre VI en 1493.

Ces deux documents peuvent-être trouvés dans l’American Charters Constitutions and Organic Laws 1492-1908, de Francis Newton Thorpe, “Compiled and Edited under the Act of Congress of June 30, 1906.” Ces deux documents peuvent aussi être trouvés dans le Federal and State Constitutions Colonial Charters and Other Organic Laws of the United States, d’abord publié en 1877 par ordre des prédécesseurs de McCain au sénat des Etats-Unis. Ces deux livres furent publiés à Washington D.C par l’imprimerie nationale des Etats-Unis et ces deux livres tracent la loi organique américaine aux prérogatives données à Christophe Colomb (celles de “découvrir et de conquérir”) et à une version latine d’un des décrets pontificaux de 1493.

Les manœuvres législatives menées par le sénateur McCain sur la base des publications ci-dessus mentionnées, démontrent comment les Etats-Unis continuent d’appliquer dans les zones du traité de Guadalupe Hidalgo, la loi fondamentale des Etats-Unis, à savoir, les prérogatives en provenance de Colomb et les bulles pontificales de 1493. Ces documents, incluant leur langage de domination, servent de contexte de couverture légale pour la provision ajoutée par le congrès en regard des endroits sacrés de la nation Apache. Ces documents ont servi de base pour regarder la loi espagnole comme ne reconnaissant pas de titre de propriété du sol aux nations natives et en l’occurence à la nation Apache. Les Etats-Unis sont les successeurs de cette vision de ce qui est nommé les “tribus sauvages et nomades” existant dans la zone du traité de Guadalupe Hidalgo.

Les deux livres ci-dessus mentionnés, publiés par le congrès des Etats-Unis au travers de l’imprimerie nationale du gouvernement, sont là pour rappeler à quiconque l’existence de ces documents qui forment la base des lois fondamentales des Etats-Unis. Ces sources nous permettent de voir que les schémas idéologiques de domination trouvés dans les prérogatives données à Christophe Colomb ainsi que les bulles pontificales du XVème siècle, sont toujours maintenues aujourd’hui même par les Etats-Unis comme la base de la réalité existante pour nos nations originelles en regard de la loi américaine et de la politique des Etats-Unis.

Le commentaire subtil de C.A. Bowers au sujet des métaphores du passé continuant les idées et les attitudes des temps anciens nous permet de focaliser notre attention sur un point clef: Les concepts de domination et de déshumanisation du XVeme siècle, imbriqués dans la loi américaine existante, sont toujours utilisés aujourd’hui pour créer une forme subjective de la réalité pour nos nations et peuples originels de ce continent. Ces conceptions sont appliquées à la nation Apache en 2015 en ce qui concerne leurs terres sacrées d’Oak Flat. C’est sur cette base que les terres sacrées apaches sont appelées “terres publiques” des Etats-Unis.

Résistance au colonialisme: Doctrine chrétienne de la découverte et « extinction » de la souveraineté des nations…

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“Raviver les braises de la souveraineté qui se sont éteintes il y a longtemps”

 

Steven Newcomb

 

31 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/07/31/rekindling-embers-sovereignty-long-ago-grew-cold

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quand Cristobal Colón (NdT: la nom hispanisé de Christophe Colomb dans le texte original, qui veut dire “le colonisateur porteur de la croix”) posa le pied sur une plage sablonneuse des Caraïbes, il y planta les étendards royaux de Castille et d’Aragon et y fit un rituel cérémonieux de “découverte et de prise de possession”. Les “Standards” qu’il planta dans le sable furent des étendards certes physiques, mais ils symbolisaient également les idées de la chrétienté et les standards de jugement que Colón et les autres envahisseurs avaient l’intention d’imposer sur la nouvellement “découverte” terre et sur les nations non-chrétiennes libres et indépendantes qui existaient déjà en la place.

En 2005, la cour suprême des Etats-Unis a étendu l’idée de ces “standards” de la chrétienté dans l’affaire City of Shemill contre la nation indienne Oneida (iroquoise) de l’état de New York, lorsqu’elle cita: “Nous tenons pour acquis que ‘les standards de la loi fédérale indienne et la pratique d’équité fédérale’ rendent impossible pour la tribu [la nation indienne Oneida] de raviver les braises de la souveraineté qui s’éteignirent il y a longtemps.” Un conseil du feu traditionnel était le cadre de référence pour l’expression utilisée par la cour suprême “raviver les braises de la souveraineté” et un “feu déclinant” est le cadre de référence pour le terme “braises” et son allusion à l’idée d’un “feu déclinant, mourant” ; ceci rappelle à l’esprit qu’un “feu mourant” est en train de “s’éteindre”. Les deux sens du mot “éteindre ou extinction” sont reliés parce qu’il y a longtemps, le titre foncier, le titre de la terre des nations originelles fut dit “éteint” (par la découverte chrétienne) ; il s’en suit de ce fait que généralement, le feu du conseil des nations autochtones ne pouvait plus être trouvé sur leur terre parce que les gens avaient été déportés de leurs territoires traditionnels ancestraux.

L’utilisation par la cour suprême des mots “raviver” et “braises” évoque une image mentale idéalisée du conseil du feu d’une nation originelle. Ceci implique une toile de fond, qui par implication, vît la cour suprême écrire le faire-part de décès de la nation Oneida et, par extension, celui de chacune de nos nations originelles. La cour semble vouloir dire ceci:

Il était une fois un peuple qui avait un feu de souveraineté vif et ardent en tant que nation libre et indépendante, mais nos ancêtres ont réussi à éteindre ce feu. Ils le firent de telles manière que ne restait plus que quelques braises de votre feu de conseil mourant. Puis, le temps passant, ces braises sont devenues froides alors que la chaleur restante de votre feu de conseil graduellement disparaissait. Nos ancêtres ont éteint avec succès votre feu de souveraineté nationale et ils ont construit un système idéaliste appelé la loi fédérale indienne, qui fut créée de telle façon que cela rende impossible pour votre nation de jamais pouvoir raviver votre feu de conseil pour la souveraineté en tant que nation et peuple indépendants. Nous avons hérité de nos prédécesseurs de cette loi fédérale indienne et de ce système de pensée ainsi que leurs standards de pratique et nous avons parfaitement l’intention de continuer à l’utiliser contre vous.

D’une génération à l’autre, les nations colonisatrices de la chrétienté passèrent les idées dominantes, les valeurs et les standards de jugement qu’ils avaient pour intenton de “planter” dans le sol de vos territoire originaux libres. Aujourd’hui, les Etats-Unis (NdT: et le Canada et en Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande…) continuent d’imposer ces idées dominatrices, ces valeurs et ces standards de pratique et de jugement sur vos nations. Derrière l’utilisation par la cour demeure cette présomption clef: Nos nations et peuples originels et initialement libres et indépendants sont maintenant vus comme étant sous le coup du processus mental (idée et standards de jugement) du gouvernement des Etats-Unis de manière générale et de la cour suprême des Etats-Unis en particulier. C’est par le moyen de ces processus mentaux (prenant la forme à la fois d’idées et de décisions de “justice”), que les Etats-Unis prétendent maintenir nos peuples et nations originels captifs et de maintenir le jugement, la vue de l’esprit, que ces mêmes Etats-Unis ont “éteint” avec succès les conseils des feux de notre indépendance nationale.

La cour suprême a aussi utilisé la doctrine de la découverte pour le contexte de ce qu’elle a avancé au sujet des “braises de la souveraineté” dans son rendu de l’affaire City of Sherill de 2005. La note de bas de page numéro 1 dit ceci: “Sous la doctrine de la découverte… le titre de propriété des terres occupées par les Indiens lorsque les colons arrivèrent fut assigné au souverain…” La note continue en ces termes: “d’abord la nation européenne découvreuse puis ensuite les états originaux et enfin les Etats-Unis.” Le juge Ginsberg tira ce langage de la décision de 1974 dans l’affaire Oneida Indian Nation v. County of Oneida (414 US.661) dont le phrasé stipule:

“Il fut accepté très tôt cette doctrine dans cette cour stipulant que, bien que le titre des terres occupées par les Indiens lorsque les colons arrivèrent devint possession du souverain, d’abord la nation européenne découvreuse puis plus tard les états originaux pour finir avec les Etats-Unis, un droit d’occupation des sols pour les tribus indiennes fut néanmoins reconnu.”

Dans la décision de 1974 d’Oneida Nation que le juge Ginsberg utilisa pour Sherrill, la cour suprême en vint à faire remarquer que dans l’affaire Etats-Unis contre Sante Fe Railroad Company de 1941, elle avait “succintement résumé” unanimement “l’essence des affaires passées relevantes à ce sujet”. Dans son rendu de l’affaire de Santa Fe Railroad, la cour stipulait:

“Ce fut la politique du gouvernement fédéral de manière incontestable et ce depuis le début que de respecter le droit d’occupation des sols des Indiens, ce qui ne peut-étre interféré avec ou déterminé que par les Etats-Unis eux-mêmes.” Cramer v. United States, 261 U. S. 227. Cette politique fut pour la première fois reconnue dans le rendu de l’affaire Johnson v. M’Intosh, 8 Wheat. 543, en 1823 et a été réaffirmé à maintes reprises depuis.

Ainsi, le fait que le juge Ginsberg se soit appuyé sur la doctrine de la découverte dans l’affaire City of Sherrill v. Oneida Indian Nation of New York, nous mène directement au rendu de la cour suprême dans Johnson & Graham’s Lessee v. M’Intosh en 1823. Cette même décision de la cour suprême remonte à la cérémonie des étendards, de la prise de possession des terres et de l’impostion des “standards chrétiens” sur le sol de nos nations et sert de pierre angulaire aux “standards de la loi fédérale indienne”, que le juge Ginsberg, pour la majorité de la cour, a utilisé pour rendre impossible pour la nation Oneida et par implication, toute autre nation indigène, de raviver son feu de conseil de l’indépendance.

En d’autres termes, “Les standards de la loi fédérale indienne” auxquels se réfère le juge Ginsberg dans City of Sherrill, remontent à ce que le juge Marshall appelait “le droit à la découverte” dans son rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh de 1823. La Cour Suprême a dit que la proclamation du “droit à la découverte” (et de “domination ultime”) était exclusif au peuple chrétien lorsque la cour trancha que cela était un “droit” confiné aux “pays alors inconnus de tous les peuples chrétiens”. Imbriquée dans le rendu de l’affaire City of Sherrill v. Oneida Indian Nation of New York se trouve l’idée que les “standards” de la domination chrétienne (que le juge Marshall dénomma “L’ascendance”) empêchent nos nations originelles à ce continent de raviver nos feux de conseils de l’indépendance et nous empêchent d’être reconnues comme nations ayant droit de vivre et d’exister librement et indépendamment des proclamations des nations chrétiennes et de leur domination.
Les concepts, métaphores et catégories élucubrées par la cour suprême des Etats-Unis en regard des droits “d’ascendance” et de “domination ultime” doivent être rejetés, répudiés et démantelés. Au minimum en partie de notre travail pour insister sur et actualiser le droit de nos nations de vivre libres de toute forme de domination que ce soit, nous devons donc développer de puissants arguments contre toutes ces fausses proclamations.

Résistance au colonialisme: Questions aux chrétiens sur leur doctrine de la découverte fondement du colonialisme

Posted in altermondialisme, colonialisme with tags , , , on 31 juillet 2015 by Résistance 71

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Question pour les chrétiens: Demander pardon sera t’il suffisant ?

 

Peter d’Errico

 

29 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/07/29/question-christians-will-saying-sorry-be-enough

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

La demande de “pardon” du pape François 1er le 9 Juillet 2015, pour les “crimes commis contre les peuples natifs durant la soi-disante conquête des Amériques” indique combien a évolué la discussion sur la complicité chrétienne dans la domination coloniale (de l’occident), éperonnée par la critique croissante de la doctrine chrétienne de la découverte.

En 1993, lorsque Birgil Kills Straight, Steven Newcomb et Maria Braveheart Jordan envoyèrent une “lettre ouverte” au pape Jean-Paul II, appelant pour la révocation de la bulle papale vieille de 500 ans qui mettait en œuvre la doctrine chrétienne de la découverte (NdT: Inter Caetrera, pape Alexandre VI, Mai 1493), leur action paraissait être don quichotesque pour le moins. Beaucoup de gens (ré)agirent comme si les documents de l’ère coloniale étaient en quelque sorte sans importance dans le monde moderne.

Maintenant, près d’une génération plus tard, la révocation de la doctrine chrétienne de la découverte est passée d’un projet utopiste à une cible largement comprise et entendue dans le mouvement de libération des peuples et nations indigènes des Amériques (NdT: et d’ailleurs) comme ayant des effets continus et permanents incluant des programmes de domination. Aux Etats-Unis par exemple, la doctrine chrétienne de la découverte est sous-jacente à la loi fédérale sur les Indiens jusqu’à ce jour.

Le pape François n’a pas mentionné la doctrine chrétienne de la découverte, mais il a été plus loin que le pape Jean-Paul II, dont “les excuses” de l’an 2000 blâmaient en fait des individus, plutôt que l’église elle-même, pour la violence contre les peuples et nations indigènes et autres. François a demandé le “pardon” pour “les offenses de l’église elle-même”. Notez également que François a parlé de “crimes” ; il ne s’est pas limité à la douce rhétorique des “pêchés”.

Le pape François a également contribué à une importante clarification au sujet du rôle de la doctrine de l’église dans la colonisation lorsqu’il s’est référé à une “soi-disant conquête” de l’Amérique. Comme la Cour Suprême des Etats-Unis l’a déclaré dans sa décision dans l’affaire Johnson contre McIntosh de 1823, la doctrine chrétienne de la découverte sert de “prétention” à la conquête. Là où une conquête réelle possède des implications légales de domination justifiable, la doctrine chrétienne de la découverte n’est justifiable que pour ceux qui placent la discrimination religieuse contre les païens non-chrétiens comme fondation même de la loi.

D’après le New York Times, “les excuses pour la complicité de l’église dans l’ère coloniale a reçu une ovation immédiate de la foule présente”, foule qui était constituée “d’environ 200 activistes sociaux, fermiers, éboueurs et activistes de voisinages”, à Santa Cruz en Bolivie.

Comment les gens autochtones qui se considèrent chrétiens vont-ils répondre à la critique de la domination coloniale chrétienne ? Vont-ils demeurer satisfaits avec une demande du pape pour le pardon ? Ou vont-ils insister pour qu’une demande de pardon soit suivie par une action démontrant un changement réel, comme une révocation papale des décrets pontificaux offensants ?

Beaucoup de gens ont critiqué la canonisation plannifiée de Junipero Serra, le moine du XVIIIème siecle qui fut une force vive de la colonisation espagnole sur la côte ouest de l’amérique du Nord (Californie). Serra organisa l’effort de conquête spirituelle et temporelle de la conquête des peuples natifs en “Nouvelle Espagne”. Il fut responsable de la plupart de la violence qui eut lieu pour l’évangélisation au nom du christ alors qu’il cornaquait la force de travail native pour remplir les demandes de tributs et de trésors de la couronne espagnole.

Les autochtones chrétiens seront-ils capables de voir et de comprendre que Junipero Serra ne peut pas être un “saint” si ce qu’il fit est un crime ? Les natifs chrétiens lèveront-ils leurs voix pour défier la canonisation et verront-ils la “sainteté” de Serra comme la continuation des mêmes actes pour lesquels le pape François et d’autres papes ont demandé pardon ?

Y aura t’il plus de natifs chrétiens qui appelleront l’église à prendre l’étape suivante après la demande de pardon et qui est d’officiellement révoquer les bulles papales vieilles de 500 ans, qui ont autorisées la violence et la domination contre les peuples et nations indigènes ?

L’histoire de la résistance indigène au colonialisme espagnol en Amérique du Sud ne laisse aucun doute sur la capacité des peuples indigènes à aller au-delà de l’allégeance à l’église dans leur lutte pour l’auto-détermination.

Lorsque Tupac Amaru a commencé sa campagne contre le joug espagnol dans le Pérou du XVIIIème siècle, il croyait que l’église soutiendrait son mouvement de libération des peuples Incas de l’oppression des officiels coloniaux et des grands propriétaires terriens, qui maintenaient des communautés entières de peuples autochtones dans des conditions d’esclavage. Les demandes initiales de Tupac Amaru pour la fin de la domination espagnole étaient souvent faites depuis les marches des églises où il appelait ses suiveurs à respecter les prêtres tandis qu’il défiait les autorités séculières.

Malgré la volonté de quelques prêtes d’œuvrer avec les leaders natifs, la hiérarchie de l’église prit alors un rôle définitivement antagoniste. L’évêque Moscoso de Cuzco ordonna aux prêtres de prêcher contre les forces indigènes. Moscoso prit le rôle de leader dans l’assistanat de la réponse militaire espagnole à la rébellion. Il excommunia Tupac Amaru dans un effort de le dépeindre comme un païen plutôt qu’un héros.

Lorsque Tupac Amaru réalisa que les plus hautes instances de l’église ne lui étaient pas acquises et complotaient avec les officiels séculiers pour détruire la révellion incas, il fut abassourdi. L’excommunication l’affaiblit autant qu’elle le rendit fou de rage, car elle minimisait le soutien parmi les indigènes convertis, qui se distancièrent de la rébellion et rejoignirent mêmes pour certains, des milices espagnoles.

Dans un livre récent: “— »The Tupac Amaru rebellion« , l’auteur Charles F. Walker écrit ceci: “Hautement religieux, les leaders rebelles ne pouvaient pas concevoir le monde sans l’église et ne pouvaient pas parvenir à réduire au silence des leaders de l’église comme l’évêque Moscoso.

Walker écrit aussi: “Le plus grand ou du moins, le défi le plus inattendu auquel durent faire face les chefs rebelles fut de savoir comment réconcilier leur religiosité avec les efforts intensifs contre-révolutionnaires…. de l’église.

Aujourd’hui, les critiques de la doctrine chrétienne de la découverte ont le vent en poupe, atteignant même l’ONU et son Forum Permanent pour les Affaires Indigènes dont “l’étude” sur les impacts de la doctrine de la découverte appelle pour “des mécanismes, des processus et des instruments de redressement des torts” infligés aux peuples indigènes.

Comme l’a écrit Steven Newcomb, la pape François 1er “a pris un premier pas très important vers la révocation des bulles papales d’empire et de domination”. Newcomb mérite de recevoir les plus grandes accolades et le plus grand crédit pour avoir tant aider à forger les fondations de ce travail. Il fit suivre son rôle de co-auteur de la “lettre ouverte” au pape de 1993 avec un livre publié en 2008: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, ouvrage qui met à nu la fondation religieuse chrétienne toujours active de la loi fédérale sur les Indiens des Etats-Unis.

Le pape François 1er semble parfaitement au courant de la non-viabilité ou tout au moins de l’inacceptabilité de régimes fondés sur le schéma de la domination chrétienne. Il faudra voir si l’église, ses leaders et ses membres, sauront faire face à l’énorme tâche de construire un monde sans de tels schémas.

Résistance au colonialisme occidental: Mémo sur la doctrine de la découverte…

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Ceci est à lire en complément de notre traduction du texte de Newcomb « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (2008) et notre article très récent sur la fumisterie des « excuses » du pape François aux peuples et nations amérindiens en Bolivie.

~ Résistance 71 ~

 

Mémo sur la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb, 2014

 

Pour en savoir plus sur l’Indigenous Law Institute, Click Here.

La doctrine de la découverte a t’elle déjà été abrogée, rendant ainsi futile la résolution proposée ?

Il n’est pas possible d’abroger, d’annuler une doctrine de domination qui a été institutionnalisé et imbriquée dans la fabrique même de bien des sociétés dans le monde. “Abrogation” est un non-sens lorsque cela s’applique à une doctrine, qui est essentiellement “un enseignement ou une façon de penser”. C’est pourquoi nous n’avons jamais appelé pour une telle action. Ce que nous avons fait au sein de l’Indigenous Law Institute depuis 1992, est d’appeler la papauté (alors Jean-Paul II) de révoquer de manière formelle la bulle Inter Caetera du 4 Mai 1493, un édit qui appela à la subjugation et au renversement des “nations barbares”. Ceci et un autre language de domination et de déshumanisation furent dirigés contre nos nations et peuples de ce continent et ailleurs dans le monde. Cet appel à la révocation d’un édit est un appel pour une action très spécifique de la papauté contre un document très spécifique qu’elle a émis, document qui est la preuve de l’utilisation par l’église d’un paradigme de domination et de déshumanisation.

Comme le pape Alexandre VI, en tant que vicaire du christ sur terre a émis ce document au nom du saint siège, le pape François 1er est bien la bonne personne pour prendre en charge cette affaire. Mais quelle est exactement l’affaire de notre point de vue ? C’est le fait que le saint siège a déchaîné sur le monde un paradigme de domination codifié dans le language que l’on trouve dans bien des bulles papales remontant des années 1430 (les îles Canaries et le génocide commis contre les Guanches) jusqu’à 1514. La bulle Dum diversas de 1452 instruit le monarque portugais à aller en terres non-chrétiennes comme l’Afrique et “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les Sarazins, païens et autres ennemis du christ, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel et de saisir toutes leurs possessions et propriétés.” Ce même language fut répété et incorporé dans des bulles ultérieures et la dernière, émise par le pape Léon X en 1514, incorpora bien des bulles papales précédentes et leur language idoine. 2014 est le 500ème anniversiare de la publication de ce document.

Les bulles papales, comme celle de 1493 (Inter Caetera) utilisent des expressions telles “Dominorum Christianorum” (dominateur chrétien), rendant plus qu’évident le paradigme de domination qui a été utilisé contre nos peuples et nations originels libres et indépendants de droit et ce depuis maintenant plus de cinq siècles. D’après le livre du professeur Luis Rivera A Violent Evangelism (1992), la bulle papale de 1493 n’a pas établi in précédent, parce qu’elle fut précédée des bulles émises pour le Portugal. Celle de 1493 donna aux monarques espagnols la domination sur les terres indiennes “à perpétuité”.

Lorsque j’ai voyagé avec deux collègues aux archives des Indes occidentales qui sont maintenues dans la ville de Séville en Andalousie (Espagne) au mois de Mai dernier, on nous a donné l’autorisation de voir et de consulter deux documents originaux d’époque des bulles papales de Mai 1493. Au verso de l’un des documents, nous avons pu y lire une note du secrétariat royal disant que ce document était une concession du pape pour “gagnaran y conquestaran de las Indias” (“pour vaincre et conquérir les Indes). Une décision a été prise par la papauté. En d’autres termes, de divulguer et d’étendre la “foi chrétienne” par le moyen de la guerre. Une phrase clef du document du 4 Mai 1493 est celles-ci: “Nous croyons en Lui, de qui empires et gouvernements et toute bonnes choses proviennent.” Dans la version latine, le mot employé pour “gouvernements” est “dominationes”. Ceci une fois de plus, est un indicateur du paradigme de domination mis en place de manière croissante et diffusé sous la bannière du christianisme et de l’église catholique.

Vous avez reçu le Memorandum de 2008 que j’ai écrit et que j’ai personnellement délivré à l’assistant du nonce apostolique du saint siège à l’ONU, Mgr Migliore. C’est un document que les avocats du saint siège ont décidé d’ignorer et de ne pas y répondre. L’un d’entre eux ainsi que le successeur de Mr Miglione m’ont dit verbalement, que nous ne recevrions pas de réponse concernant les points que j’ai évoqué dans le Memorandum. Les privilèges et la domination qui furent donnés aux monarques d’alors, le furent “pour toujours” et “à perpétuité”. Il semble donc très idiot venant des représentants contemporains du saint siège d’affirmer que le language de domination utilisé dans les bulles a été “abrogé” bien des fois et de bien des façons, par implication ou par accords entre puissances civiles que sont l’Espagne et le Portugal. Plus important encore, le saint siège n’a jamais reconnu publiquement le language de domination et de déshumanisation qu’il a employé et déchaîné contre nos peuples et nations originels et contre le monde il y a des siècles de cela. C’est ce qui a permis de construire toute la sémantique et les schémas comportementaux de domination et de subordination qui continuent à être utilisés aujourd’hui contre nos peuples et nations libres et indépendants de droit.

Nous sommes tous liés,

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape)

Indigenous Law Institute

Author, Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery

Traduction en français de larges extraits du livre par Résistance 71, cliquez ici

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