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Colonialisme et Vatican: Voyage du pape François 1er/Bergoglio au pays du goulag levant… Le cureton en chef devant les crimes de « l’église »…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

« L’esprit du glorieux Alexandre fut alors porté parmi le chœur des âmes bienheureuses. Il avait auprès de lui, empressées, ses trois fidèles suivantes, ses préférées : la Cruauté, la Simonie, la Luxure.”

~ Épitaphe du pape Alexandre VI/Rodrigo Borgia écrite par Nicolo Machiaveli ~

 

“Un objectif sacré et louable”

 

Steven Newcomb

 

21 Août 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/08/21/sacred-and-praiseworthy-purpose

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce mois de Septembre qui arrive, le pape François 1er vient sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord), François est le dernier successeur en date du pape Alexandre VI, qui émit un certain nombre d’édits pontificaux en 1493, documents qui fournissent un contexte historique pour la visite du pape François sur le territoire de la nation Piskataway (Washington D.C), puis sur le territoire de la nation Lenape (les villes de New York et de Philadelphie).

Le pape François servira la messe à la cathédrale nationale. Là, il devrait finaliser la canonisation du missionnaire franciscain du XVIIIème siècle Junipero Serra, que le pape François a appelé “l’évangélisateur de l’Ouest (américain)”. Lorsqu’il finalisera cette canonisation de Serra, le pape François donnera par la même occasion un coup de brosse à reluire sur la sanctification que son prédécesseur Alexandre VI appela dans ses bulles “la propagation de l’empire chrétien” et “un objectif sacré et louable devant dieu”, objectif qui fut de subjuguer, de réduire et d’asservir les terres et les îles non-chrétiennes, ainsi que leurs habitants, à la foi de l’église catholique apostolique et romaine.

Quelques phrases du livre “The Documents of Vatican II”, publié en 1966 chez Guild Press, New York, nous donnent quelques possibles vues sur le comment le saint siège va sûrement analyser l’appel du pape Alexandre VI pour un empire et une domination catholique et chrétien. Dans cet ouvrage, nous trouvons cette déclaration: “Le christ et l’église… transcendent toute race ou nation particulières.” En conséquence, “ils ne peuvent pas être considérés comme étrangers où que ce soit ni par qui que ce soit…” (page 594). Ceci est une élaboration de ce que le pape Jean XXIII déclara dans son “Mater et Magistra”: “Par droit divin l’église appartient à toutes les nations, car elle a, de fait, transfusé son énergie dans les veines des peuples, elle n’est pas ni ne se considère elle-même comme une institution qui s’impose aux autres de l’extérieur.” (p.594-595)

D’après la ligne de pensée ci-dessus, l’église catholique préférerait que nous n’interprétions pas le désir d’Alexandre VI pour la propagation d’un empire chrétien (“imperii Christiani”) par subjugation les nations non-chrétiennes et d’imposer la foi catholique et la religion chrétienne étrangères aux autres nations. (NdT: qui, rappelons-le, faisait partie de la famille espagnole championne toutes catégories confondues de l’intrigue politique en cette époque: les Borgia… le pape Alexandre VI était Rodrigo Borgia – 1431~1503 – qui fut pape de 1492 à 1503, pape veule et politiquement connecté, il monnayait les nominations au poste de cardinal de l’église et fut lourdement soupçonné de faire empoisonner les cardinaux les plus riches pour s’emparer de leurs richesses…Alexandre VI, Rodrigo Borgia est le père des tristement célèbres César et Lucrèce Borgia…). Pourquoi ? C’est très simple. L’église se perçoit elle-même comme une entité qui a réussi à “transfuser son énergie dans les veines” des autres peuples et nations. Quand nous lisons des bulles pontificales qui appellent des nations étrangères non-chrétiennes à être “subjuguées”, “réduites” afin de les “mener” a ce que le pape Alexandre VI lui-même appelle “une profession de la foi catholique”, rien de tout cela d’après Vatican II et d’après la phrase ci-dessus mentionnée de “Mater et Magistra” de Jean XXIII, ne devrait être pensé et construit comme étant une imposition extérieure de l’église catholique sur des nations et peuples non-chrétiens.

Dans la bulle pontificale du 3 Mai 1493, Inter Caetera, le pape Alexandre VI/Borgia s’engage dans un acte qu’il appelle “pouvoir apostolique”. Il concède à la reine Isabel et au roi Ferdinand d’Espagne “le moyen par lequel vous serez capables de poursuivre un but si sacré et si louable…” Quel est donc ce but si “sacré et louable” ? Les monarques, dit le pape Alexandre-Borgia, “ont proposé de subjuguer [conquérir et dominer]… et réduire à la foi catholique, les terres et îles mentionnées ainsi que leurs habitants natifs”, que Christophe Colomb a localisé, ainsi que toutes les terres qui seront localisées de la sorte dans le futur. Plus tard, le pape loue chaudement (“commande”): “ceci… comme étant votre but sacré et louable devant dieu.

La pape Alexandre VI-Borgia continue avec une concession à la reine Isabel et au roi Ferdinand: “afin que vous puissiez accomplir cette assignation d’une si grande tâche, si généreusement pourvue par la faveur apostolique.. nous donnons.. concédons, et assignons les terres et îles sus-mentionnées en général… qui ne sont pas [mais devraient être] établies sous la souveraineté temporelle actuelle [“dominio”, domination] de quelques souverains chrétiens [“dominorum christianorum”, “dominateurs chrétiens”]. Le pape dit que c’est “par l’autorité de dieu omnipotent qui nous fut accordée par St Pierre et le vicariat de Jesus Christ que nous exerçons sur terre…” qu’il fait cette concession aux monarques de subjuguer, soumettre et réduire les Indiens à la foi catholique.

En quoi donc les concessions du pape Alexandre VI/Borgia à la reine Isabel et au roi Ferdinand d’Espagne (de Castille et d’Aragon) s’appliquent-elles à la décision du pape François 1er de canoniser le père Junipero Serra ? Considérant le désir du pape Alexandre VI/Borgia que les peuples et nations non-chrétiennes soient subjuguées et réduites à la foi catholique, il est logique pour l’église catholique que le frère Serra mérite une canonisation. Pourquoi ? Parce que le frère franciscain Serra a mis en application de manière très diligente en Haute-Californie, les efforts “sacrés et louables” de subjuguer et de réduire les nations indiennes de Californie au moyen de ce que Serra appelait lui-même “ces conquêtes spirituelles”, à savoir les évangélisations des populations. La mort et la destruction qui furent semées sur les nations premières de Californie et d’ailleurs au travers du continent ne sont justes que des dégâts collatéraux s’étant produits au gré de la propagation de l’empire chrétien.

Dans une lettre que Junipero Serra écrivit en Juin 1771, il exprimait son “espoir” que “nous verrons avant longtemps, de grands et nouveaux territoires collectés dans le sein de notre sainte mère l’église et soumises à la couronne d’Espagne.” (Writings of Junipero SerraI, ed., Antonine Tibesar, O. F. M., Vol. I, Washington, D.C.: Academy of American Franciscan History, p. 209). Dans la version originale en espagnol de la lettre de Serra, nous y trouvons le mot “dominios” (au pluriel), qui est aussi trouvé dans la bulle papale Inter Caetera du 3 Mai 1493, quelques 278 ans avant la lettre de Serra, le pape Alexandre VI/Borgia utilisait le terme “dominio” lorsqu’il se référait aux terres: “sub actuali dominio temporali aliquorum dominorum Christianorum constitute non sint” (des terres qui ne sont pas encore mais devraient être établies sous la domination temporelle actuelle du dominant chrétien). Un “tel établissement de “dominio” temporel présent devait être accompli sur ces terres et les peuples natifs y vivant “soumis” devant être mis dans le processus de “subjugation” et de domination.

Le philosophe du droit Steven Winter fait remarquer que le contexte et le but sont des caractéristiques intrinsèques des catégories et doivent de ce fait être prises en compte lorsqu’il s’agit de leur interprétation. Ceci est aussi valide que nous interprétions des symboles ou des textes écrits sous la forme de décisions légales, des décrets pontificaux, ou la vie et la correspondance d’un frère franciscain. Le point de vue de celui interprétant est un facteur additionnel. L’office du saint siège, maintenant occupé par le pape François 1er, interprète la “signification” de la vie de Serra dans la ligne d’un contexte “sacré” et dans le but de “l’évangélisation” et d’une “nouvelle évangélisation”.

Le saint siège est dans un état de déni profond. Il n’interprête pas la vie de Serra en association avec le désir exprimé du pape Alexandre VI/Borgia “de subjuguer les nations barbares” et de divulguer, de propager l’empire chrétien par le moyen de l’expansion de la domination de l’église catholique espagnole. Le saint siège évite soigneusement son propre but “sacré et louable” du “dominio” et du “dominorum christianorum” par le moyen de la subjugation des nations originelles de ce continent. Il ne veut pas admettre ni reconnaître que la conséquence des ces décrets / bulles pontificaux du XVème siècle fut la mort, la destruction et la déshumanisation des peuples et nations originels vivant en basse et haute Californie et partout ailleurs sur le continent des Amériques. En se cramponnant à un tel déni de réalité, le saint siège va sans aucun doute continuer à associer la sanctification et la sainteté avec le système de domination (“dominio”) mis en pratique par des gens comme Junipero Serra.

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Vatican et colonialisme: Renforcer la doctrine en canonisant les bourreaux…

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“L’idée de dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines, elle est la négation la plus décisive de l’humaine liberté et aboutit nécessairement à l’esclavage des Hommes, tant en théorie qu’en pratique…
Si dieu est , l’Homme est esclave ; or l’Homme peut, doit être libre, donc dieu n’existe pas. Je défie quiconque de sortir de ce cercle… Toutes les religions sont cruelles, toutes sont fondées dans le sang, car toutes reposent principalement sur l’idée du sacrifice, c’est à dire sur l’immolation perpétuelle de l’humanité à l’inextinguible vengeance de la divinité. Dans ce sanglant mystère, l’Homme est toujours la victime et le prêtre, homme aussi certes mais homme privilégié par la grâce, est le divin bourreau.”
~ Michel Bakounine ~

 

La stratégie rhétorique du Vatican: Junipero Serra était un homme de son temps

 

Steven Newcomb

 

28 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/04/28/vaticans-rhetorical-strategy-serra-was-man-his-time

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 2 Mai, l’archi-diocèse de Los Angelès va abriter une célébration qui durera toute la journée au séminaire américain de Rome. Quelle est l’occasion pour cette “célébration” ? L’évènement va honorer Junipero Serra, missionnaire catholique et par là même, un agent envahisseur et colonisateur de l’église catholique en basse et haute Californie au XVIIIème siècle (NdT: oui, oui à l’époque de Zorro…). Serra travailla pour le désir d’expansion (de “propagation”) de l’empire chrétien (“imperii christiani”). Le pape Alexandre VI, homme de son temps, affirma ce désir impérialiste dans son édit Inter Caetrea de 1493, en relation avec la partie du monde qui attira l’attention de la chrétienté d’occident, suite au premier voyage de Christophe Colomb.

Comment le Vatican a t’il donc répondu à la vague de protestations et à la critique acerbe du peuple indien de Californie à l’annonce du pape François 1er de canoniser Junipero Serra ? Pour accompagner sa reconnaissance de l’utilisation par Serra de “punitions corporelles” sur les Indiens de Californie en tant “qu’outil pédagogique” de l’évangélisation, le Vatican a dit que Serra était “un homme de son temps”. Ce que le Vatican n’a pas reconnu en revanche est assez notoire: le contexte du “temps” dont Serra “était un homme” était un contexte exprimé en de multiples édits et bulles papaux du XVème siècle, émis par des papes qui eux aussi étaient des “hommes de leur temps”. On trouve ce contexte dans la directive du saint siège aux monarques catholiques portugais afin qu’ils “envahissent, capturent, vainquent et sugjuguent tous les Sarazins, païens et autres ennemis du christ” et “réduisent leurs personnes en esclavage perpétuel”, ainsi que de “leur prendre toutes leurs possessions et leurs propriétés”. (Dum diversas, 1452; Romanus Pontifex 1455). Il semblerait que pour le Vatican, quelqu’un qui a fait du bon boulot pour mettre en œuvre les directives divines de la papauté afin d’en remplir les objectifs en propageant l’empire chrétien au travers de l’évangélisation impérialiste, mérite d’être sanctifié.

Ce “temps” de l’évangélisation violente pour reprendre le titre du livre du Dr. Luis Rivera Pagàn (A Violent Evangelism, 1992), est le contexte mortifère dominant auquel le saint siège ne peut échapper. Comme le sera démontrer plus bas, Serra regarda le modèle des saints catholiques utilisant la violence, en tant qu’hommes de leur temps, au nom du prince de la paix, pour imposer sur les Indiens les coups et flagellations évangélisateurs. Cet héritage de la violence de l’église catholique utilisée contre les hommes et les femmes indigènes est ironique, si on peut dire, en considérant que d’après Associated Press (“Vatican Defends Decision to Canonize Serra”), en date du 21 Avril 2015,: “Serra était pour l’église un grand évangélisateur et un modèle pour les populations hispanisantes d’aujourd’hui.” Peut-être que “saint” Serra peut-être transformé en un contre-rôle-modèle pour toute campagne qui oppose la violence contre les femmes “hispaniques”.

L’impact des missions catholiques espagnoles de domination brisa les économies traditionnelles et les modes de vie des nations originelles. Une telle destruction ouvrit la voie pour l’évangélisation catholique. Cet impact destructeur fut dévastateur a tous les niveaux pour les nations originelles qui avaient expérimentées des milliers d’années d’indépendance et de liberté avant que les colonisateurs ne les envahissent. Serra utilisa le système missionnaire de domination comme partie de son effort de mettre en application l’appel de la papauté pour que les “nations barbares” (“barbarae nationes”) soient “réduites” et “subjuguées” (“deprimantur”), ce qui veut dire “dominées”.

Dans son excellent livre très documenté “A Cross of Thorns: the Enslavement of California’s Indians by the Spanish Missions” (Craven Street Books, 2015), Elias Castillo cite le “Padre President” Serra dans une lettre qu’il écrivit le 7 Janvier 1780. Ironiquement et étant donnée l’annonce faite de sa canonisation, Serra mentionne l’attitude et la main lourdes des “saints” envers les Indiens dans leur évangélisation violente des Indiens depuis la première invasion évangélique du continent:

“Que les pères spirituels (frères) aient puni leurs fils, les Indiens, par les coups paraît être aussi vieux que la conquête de ces royaumes et une pratique si générale en fait, que les saints ne semblent pas être une exception à la règle… Sans aucun doute, les premiers à avoir évangéliser sur ces côtes ont suivi cette pratique, et ils étaient sûrement des saints… Dans la vie de St François Solano, qui a été solennellement canonisé, nous lisons que tandis qu’il avait un don de dieu pour adoucir la férocité des plus barbares par la gentillesse de sa mission dans la province de Tucumán au Pérou, comme on nous le dit dans sa biographie, lorsque les Indiens ne respectaient pas ses ordres, ils donnaient des directives pour que ses Indiens soient fouettés. (p.81)”

Le “temps” de la déshumanisation du peuple indien par l’église catholique espagnole et la domination des nations indiennes, dont Serra était “un homme de”, était un temps de mort massive pour les nations et peuples natifs du continent, Ceci causa la “réjouissance” de “saint” Serra. D’après Castillo, les morts parmi les Indiens en résultat des maladies importées contre lesquelles ils n’avaient aucune immunité, également en tant que résultat des “conditions de vie insalubres en surpopulation forcée, ne causèrent aucune peine à Serra”. Comme le dit Castillo: “Serra s’en réjouissait en écrivant: ‘Grâce à dieu, maintenant pas une de nos missions n’a pas certains de ses fils au paradis.” (p.82)

Castillo note plus avant qu’alors même que “le grand nombre de morts chez les enfants indiens n’atténuait pas la sombre joie de Serra”, Serra écivit ce qui suit à son supérieur franciscain du Colegio de San Fernando de Mexico City:

“Parmi tous nos troubles, le côté spirituel des missions se développe de manière la plus agréable. Dans la mission de San Antonio, il y a eu deux récoltes simultanées, une pour le blé et une d’une peste parmi les enfants qui meurent.”

Le très grand nombre de mort chez les Indiens créa une véritable crise de “ressources humaines” pour les frères du système de mission catholique de domination. Comme le dit Castillo: “Leur (les frères) solution fut d’utiliser des moyens violents, incluant menace et enlèvements, pour forcer des groupes d’Indiens frais à quitter leurs villages pour venir remplacer tous ceux qui étaient morts.

Le “bureau des saints” du Vatican (NdT: traduction littérale du texte en anglais, il semblerait que la référence ici soit faite à la “congrégation pour la cause des saints”…) ~ je n’invente rien ~ fait un effort particulièrement maladroit pour excuser le rôle de Serra dans la colonisation mortifère catholique et du systeme de domination catholique espagnol (dominorum christianorum), qui résulta en ce que le démographe Robert Jackson nomma “un effondrement démographique” parmi les Indiens de Californie. Ceci était le résultat du système de domination géré par la mission catholique romaine et la doctrine d’imperii christiani du pape Alexandre VI.

Le système de diocèse de l’église catholique apostolique et romaine a été appelé une des institutions toujours en place de l’empire romain. Ce que la vaste majorité des gens ne voient pas est que l’église catholique romaine d’aujourd’hui est une manifestation du XXIème siècle et toujours en vie de la religion officielle de l’ancien empire romain. Ceci remonte à l’emprereur romain Constantin. Il fut l’empereur qui eut soi-disant une vision, celle d’une croix enflammée dans le ciel accompagnée par la phrase: “Par ce signe tu conquéreras” (qui est le mieux ré-exprimé par l’expression “Par ce signe tu domineras”). Aujourd’hui, l’église catholique romaine, au cours du règne du pape François 1er, tente de créer une atmoshère de célébration autour de ces siècles d’évangélisation destructrice, ce qui est un mot raisonnant de manière bien simplette pour ce qui est un colonialisme religieux en tant que partie de la domination d’un empire universel (catholique).

Le Vatican s’attend-il à ce que nous, les peuples indigènes du continent et en notre temps, ne prêtions pas attention et excusions un héritage de l’empire du Vatican allant de paire avec la déshumanisation parce que tout cela était jadis et que nous sommes dans le présent ? Pourquoi l’église catholique et le saint siège utilisent-ils les mots “saint”, “sainteté” et “célébration” en association avec un temps impérialiste et de domination catholique espagnole et en association avec l’héritage d’un homme qui a aidé à étendre un système qui eut pour conséquence la destruction et la mort de milliers et de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants indigènes, ainsi que la quasi-disparition de leurs propres langages, culture et traditions spirituelles ? La célébration de Serra par le pape François et l’église, le faisant saint est similaire à Serra se réjouissant des nombreuses morts d’Indiens et commentant “joyeusement” et de la “manière la plus sainte” les morts d’enfants indigènes comme étant une “moisson” pour l’église. C’est une glorification d’un temps et d’un contexte desquels Serra “était un homme”.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) est le co-fondateur et co-directeur de l’Indigenous Law Institute et auteur du livre “Pagans in the Promise Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery”, éditions Fulcrum, 2008. Il étudie la loi fédérale indienne et la loi internationale depuis le début des années 1980.